Les attentats de Paris montrent l’hypocrisie de l’indignation occidentale, par Noam Chomsky, 19/01/2015

NdE : Noam Chomsky est professeur émérite du département de linguistique et de philosophie de l’Institut de Technologie du Massachussetts (MIT). Il a publié récemment « Masters of Mankind » [NdT : « Les maîtres de l’humanité »]. L’adresse de son site web est www.chomsky.info. Les opinions exprimées dans ce texte n’appartiennent qu’à l’auteur.

(CNN) Après l’attaque terroriste contre Charlie Hebdo qui a fait 12 morts dont le rédacteur en chef et quatre autres dessinateurs, et le meurtre de quatre juifs le lendemain dans un supermarché casher, le premier ministre français Manuel Valls a déclaré « la guerre contre le terrorisme, contre le djihadisme, contre l’Islam radical, contre tout ce qui vise à détruire la fraternité, la liberté, la solidarité. »

C’est sous la bannière « Je suis Charlie » que des millions de personnes ont manifesté pour condamner ces atrocités et dénoncer en chœur ces horreurs. Il y eut d’éloquents discours d’indignation, brillamment résumés par Isaac Herzog, chef du parti travailliste israélien et candidat favori aux prochaines élections, qui a déclaré que « Le terrorisme, c’est le terrorisme. Il n’y a pas d’autre manière de le définir », et que « toutes les nations qui cherchent la paix et la liberté [font face] à l’énorme défi » de la violence brutale.

Ces crimes ont également provoqué un torrent de commentaires, cherchant les racines de ces agressions choquantes dans la culture islamique et explorant des façons de contrer cette vague meurtrière de terrorisme sans sacrifier nos valeurs. Le New York Times a qualifié l’attentat de « choc des civilisations », mais il a été corrigé par l’éditorialiste du Times, Anand Giridharadas, qui a tweeté que cela « n’était pas et ne serait jamais une guerre de civilisations, entre elles. Mais une guerre POUR la civilisation, contre des groupes qui se trouvent de l’autre côté de cette ligne. #CharlieHebdo. »

Le déroulement des événements à Paris a été décrit de manière très détaillée dans le New York Times par Steven Erlanger, correspondant vétéran du journal en Europe : « une journée de sirènes, de survols d’hélicoptères, de bulletins d’informations ; de cordons de police et de foules angoissées ; de jeunes enfants emmenés loin des écoles par mesure de sécurité. C’était un jour comme les deux précédents, de sang et d’horreur, dans Paris et ses alentours. »

Erlanger a également cité un journaliste survivant qui disait que « Tout s’est effondré. Il n’y avait pas d’issue. Il y avait de la fumée partout. C’était terrible. Les gens hurlaient. C’était comme dans un cauchemar. » Un autre a raconté « une énorme détonation, puis tout est devenu noir. » La scène, rapporte Erlanger, « était une scène de plus en plus familière faite de verre brisé, de murs effondrés, de poutres tordues, de peinture brûlée, de dégâts émotionnels. »

Cependant, ces dernières citations – comme nous le rappelle le journaliste indépendant David Peterson – ne datent pas de janvier 2015. En fait, elles proviennent d’un reportage d’Erlanger datant du 24 avril 1999, qui avait reçu moins d’attention. Erlanger y décrivait « l’attaque des missiles de l’OTAN sur le siège de la télévision nationale serbe » qui avait « fait disparaître Radio Television Serbia des ondes », tuant 16 journalistes.

« L’OTAN et les responsables américains ont justifié l’attaque », a écrit Erlanger, « en disant qu’il s’agissait d’un effort pour affaiblir le régime du président Slobodan Milosevic de Yougoslavie. » Kenneth Bacon, le porte-parole du Pentagone a déclaré lors d’une réunion à Washington, que « la télé serbe fait autant partie de la machine meurtrière de Milosevic que son armée », ce qui en faisait par conséquent une cible militaire légitime.

Il n’y eut aucune manifestation ni pleurs d’indignation, ni slogan « Nous sommes RTV », pas d’enquête sur la raison des attaques, dans la culture chrétienne et son histoire. Au contraire, l’attaque contre la presse a été applaudie. Le très respecté diplomate américain Richard Holbrook, alors représentant en Yougoslavie, a décrit le succès de l’attaque de la RTV comme un « développement positif et, je pense, extrêmement important », sentiment partagé par d’autres.

Il y a beaucoup d’autres événements qui n’appellent aucune enquête sur la culture occidentale et son histoire – par exemple la pire atrocité terroriste en Europe de ces dernières années, en juillet 2011, lorsque Anders Breivik, un extrémiste chrétien ultra-sioniste et islamophobe, a massacré 77 personnes, principalement des adolescents.

Dans la « guerre contre le terrorisme », la campagne terroriste la plus extrême des temps modernes est aussi passée sous silence – la campagne mondiale d’assassinats de Barack Obama visant quiconque suspecté de peut-être vouloir nous faire du mal un jour, ainsi que les malheureux se trouvant dans les parages. On ne manque pas d’exemples de ces malchanceux, comme ces 50 civils tués dans un bombardement américain en Syrie, en décembre, dont on a à peine parlé dans les medias.

Une personne a effectivement été punie, en lien avec le bombardement du siège de la RTV (Radio-TV Serbe) par l’OTAN. Ce fut Dragoljub Milanović, le directeur général de la station, qui a été condamné par la Cour européenne des Droits de l’Homme à 10 ans de prison pour n’avoir pas réussi à faire évacuer le bâtiment, selon le Comité de Protection des Journalistes. Le Tribunal Pénal International pour la Yougoslavie a examiné l’attaque de l’OTAN et a conclu que ce n’était pas un crime, et bien que les pertes civiles aient été « malheureusement élevées, elles n’apparaissaient pas comme clairement disproportionnées. »

La comparaison entre ces cas nous aide à comprendre la condamnation du New York Times par l’avocat des droits civiques Floyd Abrams, connu pour son infatigable défense de la liberté d’expression. « Il y a des moments pour la retenue », a écrit Abrams, « mais dans le sillage immédiat de la plus grande attaque contre le journalisme de mémoire d’homme, [les éditeurs du Times] auraient mieux servi la cause de la liberté d’expression en s’engageant pour elle », en publiant les dessins de Charlie Hebdo ridiculisant Mahomet qui ont provoqué cette attaque.

Abrams a raison de décrire l’attaque de Charlie Hebdo comme « étant de mémoire d’homme, le plus grave assaut contre le journalisme. » La raison est liée au concept de « mémoire d’homme », une catégorie minutieusement élaborée pour inclure leurs crimes contre nous, tout en excluant scrupuleusement nos crimes contre eux – ces derniers n’étant pas des crimes, mais une noble défense des plus hautes valeurs, parfois perverties par inadvertance.

Ce n’est pas l’endroit pour analyser ce qui « était à défendre » lorsque la RTV fut attaquée, mais une telle recherche nous en apprend beaucoup (voir mon livre A New Generation Draws The Line [NdT: « Une nouvelle génération fixe ses règles »).

Il y a bien d’autres illustrations de cette intéressante catégorie qu’est la « mémoire des faits ». L’une d’elles est l’attaque des Marines contre Falloujah en novembre 2004, l’un des pires crimes commis lors de l’invasion de l’Irak par l’alliance américano-britannique.

L’attaque a commencé par l’occupation de l’hôpital général de Falloujah, un crime majeur en soi, au-delà de la manière dont elle s’est déroulée. L’attaque a été largement reprise à la Une du New York Times, accompagnée de photos décrivant comment “les patients et le personnel soignant ont été sortis de leur chambre à la hâte par des soldats armés. Ceux-ci leur ont ensuite ordonné de s’asseoir ou de s’allonger sur le sol pendant que des soldats leur attachaient les mains derrière le dos”. L’occupation de l’hôpital était louable et justifiée, a-t-on estimé : elle a « forcé l’arrêt de ce que les agents considéraient comme une arme de propagande pour les militants : l’hôpital général de Falloujah et son flot de blessés civils. »

De toute évidence, il ne s’agissait pas d’une attaque contre la liberté d’expression, et cela n’entre pas dans la catégorie « mémoire des faits. »

D’autres questions viennent à l’esprit. On pourrait naturellement se demander comment la France fait respecter la liberté d’expression et les principes sacrés de « fraternité, liberté, solidarité ». Est-ce par exemple grâce à la Loi Gayssot, appliquée à de nombreuses reprises, qui accorde à l’état le droit de décider de la Vérité Historique et de punir quiconque a une interprétation divergente ? Ou bien en expulsant les malheureux descendants des survivants (Roms) de l’Holocauste vers l’Europe de l’Est où les attend une implacable persécution ? Ou alors en traitant de manière déplorable les immigrants nord-africains des banlieues de Paris dans lesquelles les terroristes de Charlie Hebdo sont devenus des djihadistes ? Est-ce enfin quand le courageux journal Charlie Hebdo a licencié le dessinateur Siné au motif qu’un de ses commentaires aurait eu des connotations antisémites ? Cela soulève tout de suite beaucoup d’autres questions.

Quiconque ayant les yeux ouverts aura immédiatement remarqué d’autres omissions assez frappantes. Ainsi, les palestiniens sont au premier rang de ceux qui affrontent « l’ énorme défi » de la violence brutale. A l’été 2014, lors d’une nouvelle attaque vicieuse d’Israël sur Gaza, au cours de laquelle de nombreux journalistes ont été assassinés, quelquefois dans des voitures clairement identifiables comme appartenant à la presse, en même temps que des milliers d’autres victimes, alors que cette prison à ciel ouvert gérée par Israël était à nouveau réduite à l’état de gravats, sous des prétextes qui ne résistent pas une seconde à l’analyse.

L’assassinat de trois autres journalistes d’Amérique latine en décembre, portant le total de l’année à 31, a également été ignoré. Il y a eu plus d’une douzaine de journalistes tués rien qu’au Honduras depuis le coup d’état militaire de 2009, qui a été reconnu par les États-Unis (mais par peu d’autres pays), ce qui place probablement le Honduras en tête de la compétition du meurtre de journalistes par habitant. Mais là encore, ce n’est pas, de mémoire d’homme, une attaque contre la liberté de la presse.

Ce n’est pas bien compliqué de détailler. Ces quelques exemples illustrent un principe très général qui est observé avec professionnalisme et constance : plus nous pouvons imputer de crimes à nos ennemis, plus ils sont violents ; plus notre responsabilité y est importante – et par conséquent plus nous pouvons les faire cesser – moins nous y porterons intérêt, plus nous aurons une tendance à l’amnésie ou même au déni.

Contrairement à l’éloquente déclaration, ce n’est pas vrai que « Le terrorisme, c’est le terrorisme. Il n’y a en a pas deux sortes ».

Il en existe clairement deux : le leur contre le nôtre. Et pas seulement pour le terrorisme.

Source : CNN, le 19/01/2015 Traduit par les lecteurs du site www.les-crises.fr. Traduction librement reproductible en intégralité, en citant la source.

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En bonus, un discours d’Howard Zinn, ami de Noam Chomsky, sur la guerre source : partage-le.com) :

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53 réponses à Beaucoup de journalistes ont aussi été tués à Gaza, par Noam Chomsky

Commentaires recommandés

Gotfried Le 26 janvier 2015 à 09h10

Nous ne sommes pas plus en démocratie que Louis XIV n’a été réellement choisi par Dieu pour gouverner la France. Les élections tiennent lieu de plébiscite institué périodiquement (plutôt qu’exceptionnellement), mais dans l’essence, nous vivons dans un régime ploutocratique et oligarchique, agrémenté d’un décorum rappelant vaguement la démocratie pour enrhumer le naïf. Ce qui a été fait du référendum de 2005 explicite d’ailleurs tout à fait le rôle réel qu’a le peuple dans ce régime: loin d’être le principe du pouvoir politique, il en est le prétexte et l’otage.

  1. vladimirK Le 26 janvier 2015 à 04h04
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    Oui, mais Gaza, la Serbie, la Syrie, le Honduras… c’est en dehors du périphérique, alors forcément, l’émotion, ça s’estompe avec les kilomètres.


    • Ataraxi Le 26 janvier 2015 à 08h07
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      C’est le genre de truc qu’on vérifie en laboratoire:

      http://www.nature.com/nrn/journal/vaop/ncurrent/abs/nrn3800.html

      On se demande combien de temps il faudra au cerveau humain pour s’adapter au monde qu’il a lui-même créé.


      • luc Le 27 janvier 2015 à 15h41
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        ça c’est un peu facile à dire : les hommes dans leur globalité sont responsables
        moi je vois plutôt deux catégories d’hommes, dont une très peu nombreuse parfois surnommée l’élite
        l’éducation officielle, les grands médias etc essaient toujours de nier la responsabilité énorme de cette élite en rappelant que l’homme a des instincts aggressifs…
        c’est vrai, oui, mais de là à croire que l’homme à la base est mauvais, c’est un pas que je ne franchis pas, un piège facile
        c’est bien plus compliqué


        • Ataraxi Le 27 janvier 2015 à 23h18
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          Ça n’est pas ce que je dis. Je fais allusion au fait que l’empathie dépend de la distance avec le sujet qui souffre, que cette distance soit culturelle, géographique ou d’apparence physique. C’est très clair sur les courbes EEG.

          Tous les mammifères fonctionnent à peu près sur le même modèle et on imagine aisément l’utilité pour la survie dans la nature d’un tel mécanisme. Ce n’est pas un jugement moral, c’est un simple constat.

          Dans ce monde où tous les humains sont connectés y compris par leurs économies, il y a une contradiction entre cette perception atténuée de la souffrance lointaine et le principe de justice, qui est par définition universel.
          Nous ne sommes pas seulement informés de ce qui se passe là-bas, nos destins sont liés, et c’est peut-être le besoin de lever cette contradiction qui nous pousse à venir ici.


    • Gaïa Le 26 janvier 2015 à 11h19
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      En plus un Français, ça vaut plus forcément et depuis des siècles.


    • anne jordan Le 26 janvier 2015 à 18h20
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      INSUPPORTABLE , la vidéo de ZINN , avec cette avalanche de pubs !


      • Vallois Le 26 janvier 2015 à 22h01
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        Utilisez ADblock Plus et Ghostery vous n’aurez plus ces désagréments et c’est ce qui déplait aux sites web financés par la publicité.


      • guéguen Le 26 janvier 2015 à 22h44
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        Contrairement aux apparences, le prix à payer pour accéder à l’information gratuite est parfois très élevé…

        Ceci dit, quelqu’un connaît-il un autre moyen sans pub d’accéder à cet appel de Zinn,
        quand on ne dispose pas d’ADblock Plus ou Ghostery ?

        S’il n’existe que dans un p’tit recoin du net, y a du boulot pour multiplier les points d’accès, non ?


  2. guéguen Le 26 janvier 2015 à 04h19
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    Il se construit, pièce après pièce, sous nos yeux, et donc avec notre aval – car, que nous le voulions ou non, nous sommes en démocratie – un ennemi intérieur pour justifier “nos” opérations militaires, aussi serviles que viles, et de plus en plus nombreuses, un peu partout où c’est possible… Et ce, au nom d’une aussi crasse conviction de supériorité que celle du manitou du terrorisme de par la planète…

    A cette fin, serons-nous, en France, à nouveau sollicités pour des opérations d’appui tactique, du type de la récente injonction à l’‘Unité nationale’ (vraiment rien à voir avec les manifestations émotionnelles dans lesquelles même ‘un pays de grande culture’ s’est laissé piéger sous le 3ème Reich ?), et sous l’égide de l’Otan, participant ès-qualité ?
    A quand ‘la prochaine’ ? Et où ? Au stade ?

    Questions
    qui nous concernent plus directement ici-même :
    Participer à un forum comme celui de les-crises.fr, ça trouve quelle place dans ce contexte ? Est-ce plus réel que de signer distraitement une énième pétition en ligne ? Ou seulement plus délectable pour nos Ego ? Quels liens entre droit à nous exprimer dans un forum d’une part, et authentique contribution au désasservissement d’autre part ?

    Première incidence, décisive : sommes-nous chacun.e réellement prêt.e à assumer, pour nous-même et en général, toutes les conséquences des opinions que nous émettons ? Car c’est ça, le risque dont nous avons perdu l’habitude, à force de voter en bloc pour les blancs ou pour les noirs, c’est-à-dire encore et encore, sans risque, pour le même gris…

    Un ami écrit : « Nous vivons entourés d’opinions. (…) Elles sont sacrées par le simple fait d’être des opinions, comme toute marchandise par le simple fait d’être une marchandise. » Comment diable une démocratie du XXIème siècle parviendrait-elle à transcender la simple arithmétique des opinions qui pullulent sur une toile en rut ?

    Nous nous affichons ici sans que ça nous engage le moins du monde puisque 1- ce ne sont que paroles, 2- de surcroît souvent sous pseudonymes, 3- dans un lieu où ne se soigne pas pour de vrai la phase terminale de la démocratie. De la sorte, ne hâtons-nous pas sa fin, en aveugles et en toute bonne conscience ? Car le dépérissement du régime démocratique en France, mais pas seulement – et ne parlons même pas de sa version dite ‘représentative’ (sic) – est évident si l’on considère la masse grandissante de ceux qui sont loin d’y trouver leur compte. Les multiples catégories de métèques y constituent sans doute déjà la majorité. Majorité bâillonnée, non ? En tout cas ne s’exprimant guère dans ce forum, si je ne m’abuse…

    Accepter qu’une démocratie bâillonne en réalité toujours plus sa majorité pour des raisons déraisonnables ?

    Ou nous lever en masse avec, pour slogans :

    « Je suis Grec » ?

    « Je suis Kurde de Lybie » ?

    Qui dira à quelles conditions il serait judicieux d’énoncer ceci dans un espace virtuel ?


    • Gotfried Le 26 janvier 2015 à 09h10
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      Nous ne sommes pas plus en démocratie que Louis XIV n’a été réellement choisi par Dieu pour gouverner la France. Les élections tiennent lieu de plébiscite institué périodiquement (plutôt qu’exceptionnellement), mais dans l’essence, nous vivons dans un régime ploutocratique et oligarchique, agrémenté d’un décorum rappelant vaguement la démocratie pour enrhumer le naïf. Ce qui a été fait du référendum de 2005 explicite d’ailleurs tout à fait le rôle réel qu’a le peuple dans ce régime: loin d’être le principe du pouvoir politique, il en est le prétexte et l’otage.


      • Lt Anderson Le 26 janvier 2015 à 10h15
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        “un régime ploutocratique et oligarchique”
        A une époque (reculée?), certains parlaient de “dictature bourgeoise”. Faudra-t-il raviver cette formule?


      • Adrien Le 26 janvier 2015 à 10h22
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        Perso j’ai un point de vue plus pessimiste de la situation :

        Je pense qu’on est réellement en démocratie, on a la possibilité de choisir nos dirigeants, et les élections sont respectées. En ce sens, la démocratie fonctionne plutôt bien.

        MAIS les gens _choississent_ des sales types : mafieux, corrompus, ambitieux, etc. Lecteurs de ce blog, on préfèrerait très probablement autre chose, mais voila, la majorité préfèrent ces Hollande, Sarkozy, etc.

        Pourquoi ? une bonne part est du à la propagande qu’on subit tous, mais une part est du au choix volontaire et délibéré des gens : Ils préfèrent ces margoulins à des gens honnêtes. On retrouve cet aspect tyiquement dans les réelections de repris de justice : Balkany, Juppé, Fabius, etc.

        Bref, on est bien en démocratie, mais les idées de la République sont lointaines.


        • Roscanvel Le 26 janvier 2015 à 11h02
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          C’est une drôle de démocratie, celle qui nous oblige à choisir, au 2ième tour, entre 2 candidats qui ne représentent rien de ce que nous pensons. C’est une drôle de démocratie, celle qui ne tient pas compte du résultat du référendum de 2005. Dans le 1er cas, j’appelle cela une escroquerie, dans le 2ième cas, j’appelle cela une forfaiture.


          • Adrien Le 26 janvier 2015 à 11h52
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            Attention, la démocratie n’a jamais consistée à choisir un candidat « qu’on aime », ou « qui nous représente » ! Ça consiste à choisir un candidat, point barre.

            Aux dernières élections, pour une majorité de gens, la moins pire des solution était Hollande ou Sarko (55% des votants)… Moi aussi ça me fait mal, mais que veux-tu, on ne va pas imposter notre choix très minoritaire aux autres.

            Quand au referendum, effectivement, c’est un déni de démocratie évident. La réaction normale et minimale aurait été de bannir des urnes ceux qui nous ont trahit… malheureusement les faits montrent que les citoyens ont décidés de ne pas les punir, puisqu’une bonne partie de ceux favorable sont ré-élus.

            Que faire dans ce cas ?? On est entouré de con, qui votent n’importe comment, c’est pas nouveau.


            • Roscanvel Le 26 janvier 2015 à 16h09
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              Ce que je veux expliquer, c’est que l’élection présidentielle dans sa forme actuelle est par elle-même antidémocratique. Nullement l’intention chez moi d’imposer ma “minorité”. Selon les enquêtes d’opinion, les français ne remettent pas en cause cette élection. Donc j’en suis pour mes frais avec ma rancoeur sur l’estomac. Reste que cela est une perversion de la démocratie. Le pire est déja arrivé en 2002. Cela risque de se reproduire en 2016.


            • et-hyene Le 26 janvier 2015 à 16h59
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              Vous confondez démocratie et république représentative.
              Pour moi, la démocratie signifie que le peuple est souverain, qu’il vote la constitution. En ce sens, le système suisse est plus démocratique que le notre. Lorsque la 1ère république a été instaurée, la distinction était affirmée et le choix a été fait de ne pas donner la souveraineté au peuple. Le peuple était en majorité paysan, en partie royaliste, et n’était représenté ni par les bourgeois riches ni par ceux des faubourgs. Les grecs aussi faisaient la différence.
              Notre système n’est pas démocratique


            • et-hyene Le 26 janvier 2015 à 17h02
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              Par ailleurs, la démocratie n’est pas par essence incompatible avec la tyrannie. Il n’est pas exclu qu’un peuple souverain décide de s’imposer des strictes limitations à la liberté.


            • el Le 27 janvier 2015 à 00h09
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              “55% des votants” alors ca fait combien % des citoyens?

              pourquoi on ne parle jamais du abstention du vote? pourquoi on ne compte pas des votes nuls?
              peut etre c est la minorité votante qui impose ses choix?


            • benoit Le 27 janvier 2015 à 07h45
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              @roscanvel : le pire se produit tous les 5 ans. Le système est fasciste par essence. Le peuple est manipulé par la Presse-Système (et ce site le prouve parfaitement) pour donner une caution “démocratique” à ce système.


        • Old Ohm Le 26 janvier 2015 à 11h20
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          «Tout le rêve de la démocratie est d’élever le prolétaire au niveau de bêtise du bourgeois. Le rêve est en partie accompli.» (G.Flaubert)


        • boduos Le 26 janvier 2015 à 14h58
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          @adrien
          la démocratie existait chez nos ancêtres les gaulois, ils élisaient leur chef de guerre,le “duc”…. tous les ans ! le chef de guerre ayant surtout fonction de protéger.
          aujourd’hui ,c’est une piètre caricature de démocratie qu’on n’est pas près de retrouver un jour si on se refuse a voir toutes les mesures prises pour maintenir une nomenklatura alternée:
          -épreuve des 500 signatures sachant que les maires dépendent des subventions de l'”establishment” pour leur commune et que leur griffe est publiée.
          –accès au media s filtrés
          -commentaires et présentations des journaleux qu’on déplore suffisamment sur ce forum.
          -aucune dose de proportionnelle (sauf en régions et mairies)( seuls 30% des français sont représentés à l’assemblée si on tient compte des abstentions,il suffit donc à une caste représentant 15% d’allaouites pour gouverner.)(c’est ce qu’on reproche à bachar)
          -découpages des circonscriptions au scalpel et à l’ordinateur .
          -moyens financiers très inégaux et dépassements hypocrites des plafonds de dépenses par l’umps.
          -ostracisme,répression,flicage,harcèlement fiscal…pour les opposants potentiellement dangereux, ….et beaucoup de français moyens manipulés par l’émotion,l’anathème,le panurgisme et le bashing système semblent participer par paresse intellectuelle a l’enterrement de leur démocratie.
          –écouter l’autre,lui autoriser une expression équitable ,même à son présumé adversaire politique,c’est difficile mais c’est le prix de la véritable démocratie.
          -ne pas l’admettre,c’est abandonner définitivement notre rêve de démocratie au slogan,au mot d’ordre et à tous les “JE SUIS…” qui court-circuitent la raison.
          que choisit-on?


          • Lacombe Lucien Le 26 janvier 2015 à 17h10
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            mais a-t-on le choix ?
            les candidats ne sont pas choisis au départ, mais imposés par les partis. ils sont aidés financièrement par ceux à qui ils font allégeance.
            ceux qui se présentent, sont ceux qui veulent, pas ceux qui peuvent. l’ambition prime sur les compétences et sur les capacités.
            je jeu est faussé, car les règles sont faites par ceux qui sont dans la place. et pourtant, le délit d’initié est sensé être poursuivis.
            la démocratie, aujourd’hui, est une illusion.


            • Adrien Le 26 janvier 2015 à 19h40
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              Tout d’abord il existe de nombreuses élections en France, dont certaines ne sont pas vraiment maitrisés par les partis, comme les maires (surtout vrai dans les petites communes).

              Ensuite si on regarde l’élection où il est le plus difficile pour un citoyen de se présenter : la présidentielle, on s’aperçoit qu’à chaque fois il y a des petits candidats : la dernière fois on pouvait voter pour 10 candidats.

              Si Philippe Poutou ou Jacques Cheminade arrivent à être candidat, je pense que le choix de l’élection n’est pas « imposé dès le départ ».

              Mais sur internet, c’est de bon ton de dire tout mettre sur le système, en oubliant savamment les citoyens. C’est à mon avis une erreur historique : il est simplement le résultat des luttes de nos prédécesseur ! Vous dite que le jeu est faussé, je suis d’accord, mais il est probablement moins faussé que par le passé.

              Aujourd’hui les citoyens peuvent exercer un certain pouvoir, il faut savoir le reconnaître… et par la même, reconnaître qu’on peut se planter collectivement. C’est impératif pour le bon fonctionnement de la démocratie.


        • Chris Le 26 janvier 2015 à 17h53
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          Un blanc seing donné à un gugus, n’a rien à voir avec la démocratie. C’est un citoyen suisse (en Suisse et citoyen français en France) qui attire votre attention sur cette réalité.


        • Petiot Pierre Le 26 janvier 2015 à 20h43
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          La démocratie chez les Grecs consistait à élaborer les alternatives puis à voter pour choisir la plus adéquate. Or, les alternatives sont élaborées pour nous et il arrive même désormais en Europe que les votes soient truqués (Cf. Vote à propos de la “Constitution Européenne”).
          Si les gens votent pour des sales types, c’est surtout parce qu’il n’y en a pas d’autres d’autres à choisir. Et quant aux alternatives, elles sont de la même eau… stérité ou austérité. Choisissez comme vous voulez :-). De même qu’à l’hypermarché, quoi que vous choisissiez, ce sont toujours les mêmes qui empochent.
          Comme disait un ex-paysan, “Je ne suis pas dupe. Je sais encore comment on mène les vaches au pré”.


    • guéguen Le 26 janvier 2015 à 16h38
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      Beaucoup de commentaires sur démocratie/adémocratie.

      J’attendais pourtant surtout que l’on critique

      – ma référence aux instrumentalisations des émotions populaires par le IIIème Reich (je n’ai rien lu de tel jusqu’ici)

      – mon questionnement sur la place du ‘torrent de commentaires’ (dixit Chomsky) dans la pratique d’une éventuelle démocratie à l’heure de l’internet.


      • guéguen Le 26 janvier 2015 à 20h20
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        Je peux préciser :

        – à quelles conditions nos interventions sur un forum politique sont-elles autre chose qu’une activité occupationnelle, un enfilage de perles… ?

        – des débats qui ne sont pas de face à face peuvent-ils d’authentiques débats ?


        • Petiot Pierre Le 26 janvier 2015 à 21h30
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          Il me semble qu’une chose peut-être possible dans un forum serait précisément d’élaborer des propositions, et de discuter ces propositions vis à vis des buts poursuivis (après avoir identifié des buts même très généraux, naturellement), les propositions étant critiquées et amendées sur la base de leur efficacité relativement aux buts poursuivis et aux risques encourus.

          C’est exactement de cette manière qu’on procède dans le domaine technique, les risques étant généralement : que ça ne marche pas, ou que l’on ne sache pas réaliser à temps, que cela coûte trop cher, ou que le résultat soit de mauvaise qualité.

          Rien ne fonctionne jamais en technique qui n’ait été discuté par les parties prenantes du projet, c’est à dire par ceux qui sont possiblement directement impactés par les travaux à réaliser et par les risques pris.
          Il en va de même dans les sciences.

          Ces deux types de mises en oeuvre de la démocratie fonctionnent, et la preuve est que nous pouvons utiliser le moyen d’expression que nous utilisons actuellement.

          Je parle ici d’Internet en général et absolument pas des “forums” dont l’interface homme machine et la structure mêmes ne peuvent conduire comme le note Henri Gueguen qu’à en enfilage de perles sans queue ni tête et sans autre fin que l’épuisement physique ou mental de ceux qui s’y livrent. (vous aurez noté que les interfaces de type “facebook” ou équivalents sont du même acabit — êtes vous sûrs que ce soit par hasard ?)

          Cela signifie qu’il serait intelligent (et même urgent) de re-structurer nos outils numériques de manière à ce que leur emploi conduise NORMALEMENT à quelque chose, et non pas simplement à une accumulation d’opinions où le souci de vérité et d’efficacité est totalement perdu de vue comme cela a cours quasi systématiquement. (Pourquoi ce “quasi” d’ailleurs 🙂 ?)

          Plus généralement je crois question qui est posée est : “quelles structures et quelles interfaces numériques permettraient aux gens de travailler ensemble au lieu de se borner à émettre des opinions ?”

          Il me semble que ce qui précède appelle des réponses politiques et techniques.

          Il me semble que des groupes de travail dans la mouvance d’Ars Industrialis travaillent sur ce sujet mais je n’ai pas d’informations précises sur ce point.

          De toutes façons, même si Ars Industrialis travaille déjà sur ce sujet, il serait parfaitement possible et même plutôt sain d’élaborer des propositions parallèles, concurrentes ou simplement différentes.


          • guéguen Le 26 janvier 2015 à 22h20
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            Merci Pierre Petiot.

            Je ne suis guère versé dans l’élaboration d’outillages informatiques.

            Ça signifie : créer un groupe de travail politico-technique, non ?
            Si oui, ça dépasse le cadre de ce ‘fil’ et même de ce site, non ?

            Si le problème (usage de ce qui existe pour converser, à défaut de mieux) est général (ce que je subodore), que faire ?
            Élargir la recherche du côté des développeurs de ‘libre’ ?


            • Petiot Pierre Le 26 janvier 2015 à 23h32
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              Sans médire le moins du monde des développeurs logiciels — dont j’ai été — il est connu qu’un bon développeur ne fera jamais mieux que les spécifications à partir desquelles il travaille.

              D’un autre côté il ne travaillera jamais aussi bien que s’il participe à égalité avec les gens qui ont un besoin à l’élaboration des dites spécifications. D’autant que s’il y participe, il lui poussera des idées, et généralement des idées pas trop bêtes.

              Même si beaucoup de non-informaticiens n’en sont pas conscients, tout logiciel réalise (rend efficace) une certaine vision du monde. Je n’encourage pas à la paranoïa sur ce point, mais enfin il vaut mieux le savoir.

              Aller voir des gens du logiciel libre est certainement une bonne idée, mais elle ne résoudra pas le problème de savoir ce que nous voulons, ce qui nous semble nécessaire, et est-ce que cela aura une chance de fonctionner, non pas au niveau technique (qui finit toujours par marcher) mais au niveau social, au niveau d’un groupe de gens qui auraient décidé de… comment dire… Ah! Oui ! De travailler 🙂 ensemble.

              Et donc le genre de questions à traiter avant toute chose est plutôt : quels types de groupes de travail fonctionnent à peu près bien ? Quelles sont leurs caractéristiques ? Aimerions-nous travailler de cette manière ? Nous en sentons-nous capables ?
              Bien entendu, même à ce niveau, il pourrait être précieux de discuter avec les gens du logiciel libre, puisque justement, eux semblent être capables de produire quelque chose.

              Un bon logiciel, comme n’importe quel objet technique (Cf. Gilbert Simondon), repose sur des idées. Il faut donc préalablement produire des idées, du genre QUOI puis COMMENT, et en général on boucle là dessus, jusqu’à ce que l’objet du désir ressemble un peu à quelque chose dans les têtes de toutes parties prenantes.

              Ce que je décris là, je viens de m’en rendre compte, correspond à une méthode d’ingénierie assez connue et ancienne qui s’appelait SADT et qui fonctionnait relativement bien. Elle a d’ailleurs, je crois, fait l’objet d’un standard dont j’ai hélas oublié le nom.

              Elle implique un rôle appelé bibliothécaire, correspondant justement à ce que sans y penser j’ai mentionné dans mes autres “commentaires”, c’est à dire que le rôle du bibliothécaire consiste à “ramasser” ce que les autres ont dit, et à faire circuler la synthèse aux autres participants, qui proposent des modifications, qu’on étudie avant la séance de travail puis dont on décide pendant la séance de travail et on recommence ainsi jusqu’à ce que tout le monde converge vers une description satisfaisante de l’Objet du Désir 🙂 c’est à dire de ce qu’il est souhaitable (et possible) de construire.
              C’est con j’ai perdu ce bouquin sur SADT écrit par un auteur nommé Michel Lissandre et qui m’a toujours semblé un petit bijou de pensée.

              Comme on peut voir, la méthode SADT ne ressemble pas vraiment à fait à un “forum” et même dans les cas où elle ne produirait rien, elle produira de toutes façons au moins un texte de synthèse, réalisable ou non, mais réutilisable comme point de départ (ou comme exemple de ce qu’il ne faut pas faire 🙂 ) en d’autres circonstances.

              Je dois ajouter que le rôle de bibliothécaire devrait probablement être tenu par chacun des participants à tour de rôle, ou a défaut, par plusieurs des plus courageux des participants (ne serait-ce que pour éviter l’effet “Staline” rappelé plus haut).

              Peut-être dois-je ajouter qu’une part de “brainstorming”, c’est à dire de pensée non censurée est probablement un des ingrédients nécessaires de SADT, je ne me souviens plus très bien.

              L’Internet n’existant pas à l’époque de l’invention de SADT, j’ai du mal à évaluer l’impact de discussions non-“physiques sur l’efficacité des choses. Ainsi que l’exigence ou le degré exact de discussions “physiques”.

              Il me semble évident qu’aucune compétence technique n’est requise pour faire ce genre de travail, mais simplement de bonnes idées et une certaine capacité d’ECART par rapport à tout ce qui existe.

              Bref, il s’agit simplement de rêver, de rêver avec un peu de rigueur, certes, mais au fond, rien d’autre que de rêver.

              Après quoi, bien sûr, on peut aller voir les gens du Logiciel Libre, dont l’accueil ne saurait être que chaleureux, puisque justement, leur objectif, c’est que les logiciels APPARTIENNENT à leurs utilisateurs.

              Voilà. Ce serait… Comment dire… Une sorte d’aventure, voyez-vous.


            • Petiot Pierre Le 26 janvier 2015 à 23h56
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              Techniquement, il me semble que la mise en place d’un groupe de travail de ce genre pourrait être réalisée assez confortablement au moyen d’une utilisation REGLEE des outils mis à disposition par Google Drive.

              Je n’ai évidemment pas de recette magique concernant la dite utilisation réglée, mais au moins les moyens d’expression dans Google Drive offrent un nombre intéressant de possibilités.

              Mais ce qui compte encore bien plus, c’est l’art et la manière de s’en servir intelligemment collectivement.


        • Petiot Pierre Le 26 janvier 2015 à 22h36
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          Si vous observez avec attention la structure et l’interface de l’outil que nous utilisons, vous rendrez peut-être compte que cette structure est très particulière. Personnellement, elle me fait penser à la structure d’un débat scolaire anglo-saxon.

          Or la fonction d’un débat scolaire anglo-saxon n’est pas du tout de produire un résultat, mais de former des jeunes à l’éloquence, à la capacité de convaincre et de persuader.

          Ayant travaillé dans la Recherche et Développement avec des Américains, je peux vous assurer que cette structure très particulière de “débat” n’est évidemment pas utilisée dans les projets de développement. 🙂

          Curieusement, la structure des forums prévoit généralement un ou des modérateurs, mais il n’y existe aucun rôle déterminé dont la fonction soit de réaliser la moindre synthèse de ce qui a été dit…

          Il me paraît assez clair que si aucune instance n’est en charge de l’élaboration d’un quelconque résultat, on peut effectivement craindre qu’il n’y en ait aucun. :-). Et il me semble bien que ce que la logique prévoit, l’expérience le confirme.

          Ayant sournoisement toujours fait de mon mieux pour éviter de rédiger les compte-rendus des réunions auxquelles je participais, je suis parfaitement au fait qu’il s’agit d’un travail qui rebute tout le monde, sauf celui qui a intérêt à “ramasser” la discussion, comme le font tous les journalistes du monde entier à la suite d’un “débat”, en veillant bien que le débat ne conduise nulle part.
          Mais aussi comme faisait le petit père des peuples, le bon Joseph Staline, qui non seulement préparait ses réunions, mais travaillait aussi à ce que l’issue de la discussion lui soit favorable, qu’elle l’ait été effectivement ou non.

          Nous ne sommes pas exposés à ce genre de risque dans un forum Internet, hypocritement assurés que nous sommes qu’il n’en sortira rien.

          J’ai employé plus haut le mot “scolaire”. Je ne vais pas cracher trop dans la soupe dont je suis issu, mais vous aurez certainement constaté lors de vos études que l’école prend les gens pour des cons. Ce n’est pas si grave parce que l’école est un lieu d’essai, et qu’il vaut mieux savoir, avant d’essayer que les chances de passer pour un con sont considérables surtout quand on les compare à celle de découvrir une idée inconnue et praticable du genre que tout le monde applaudit APRES:-).
          (On nous parle toujours de Dar-win, mais on oublie toujours de nous parler de Dar-lose 🙂 ).

          En bon Français, il me semble que la structure et l’interface homme-machine des “forums”, se moque un peu de nous. Quant à celle de logiciels du genre “facebook”, ou équivalent, il me semble qu’il s’agit d’une certaine sorte de mépris implémenté (réalisé) par des moyens logiciels.

          Ce que je pense, c’est qu’au lieu d’utiliser une forme de débat qui n’a pas du tout pour fonction de produire un résultat, nous devrions nous inspirer du type de débat que nous rencontrons sur nos lieux de production, parce que nous sommes assurés que ceux là ont produit quelque chose. Ils ont même en faiut produit la quasi totalité de ce qui nous entoure.


    • Georges Le 26 janvier 2015 à 21h30
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      @guéguen

      Bien d’accord avec votre texte.

      Nous “communiquons” sur le net, mais la communication réelle comme je la connaissais il y a une vingtaine d’années en arrière seulement, semble mal en point.
      J’ai l’expérience de réactions démesurées, de discussions qui ne peuvent pas dépasser les 30 secondes, un état d’excitation qui émerge soudainement et fortement alors que vous pensiez que la personne était d’un calme olympien.
      Alors à défaut de vraies discussions, on discute sur internet, mais c’est pour moi une régression.

      Sur tous les points, nous sommes dans un monde d’apparences.

      Pour la somme des opinions que vous semblez regretter, on se construit en s’exprimant et en comparant des positions ou des opinions.
      C’est à dire, rien que par le fait de lire et d’intervenir sur le site, je sais que dans un mois, je ne penserai pas tout à fait pareil, ou même pas du tout pareil.

      Mais évidemment, ça n’est même pas l’ombre d’une éventuelle solution.

      Le point qui me semble le plus important désormais, ce n’est pas l’opinion en soi, mais la façon dont elle est exprimée.
      Si on fait attention à la façon d’exprimer son idée, qui en fait se construit au fur et à mesure, on exprime une idée différente, et même souvent radicalement différente. Et petit à petit on chemine dans ses découvertes, sinon on reste sur ses a priori.
      Ce que je viens d’écrire, je ne l’avais jamais conçu clairement auparavant, mais en me relisant, je m’y reconnais. C’est une façon d’être plus profonde que la pensée, qui s’exprime par la pensée. Et si on fait bien attention à comment on dit les choses, ou comment les autres s’expriment, on apprend énormément, même sur des sujets anodins. Ca nécessite une certaine vigilance.

      Et vous signalez très bien le risque mainte fois constaté. On joue à se construire une petite image de contestataire, mais dès que le problème concret arrive où la position devrait faire pencher d’un côté ou de l’autre, souvent on se ravise et on devient bien vite conservateur. Et ceux qui étaient les plus enflammés sont en général ceux qui rentrent le plus vite dans le rang.

      Les grands qui ont su maintenir une position sur le long terme, exprimaient avec force des évidences (Gandhi, Martin Luther King, Mandela et tout un tas d’autres moins connus) et avec un grand calme et une grande sérénité, ils avaient la confiance de leur position juste, même au risque de leur vie.

      Mais il faut bien qu’on se forme au nouveau monde, aux nouvelles gens, à la nouvelle société, car j’ai l’impression que ça va bouger dans pas très longtemps, et pas forcément vers du progrès. C’est la vie et c’est passionnant.


      • guéguen Le 26 janvier 2015 à 21h50
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        Merci.

        Notre ‘ici et maintenant’ est le seul à être de notre responsabilité à l’instant t.
        Le pratiquer en commun exigerait plus que l’on ne s’arrête pas à la succession des opinions/réactions (et d’autres source d’information ! fort heureusement).
        Mais j’n’ai pas de solutions toutes faites!

        Quant à la maturation que permet l’écriture, mille fois d’accord.
        Idée : transposer ça même dans des débats de face à face : par exemple en effectuant des poses pour écrire (ce qui permettrait en outre de maturer non seulement ce qui nous travaille, mais ce qui a été dit par d’autres…).

        Nous manquons de méthodologies. Et ça fait de nous de vilains spontanéistes.


        • Petiot Pierre Le 26 janvier 2015 à 23h37
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          C’est un peu ce que j’ai voulu dire, oui 🙂


  3. jmdest62 Le 26 janvier 2015 à 07h56
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    “…Un expert musulman accuse les dirigeants saoudiens d’aider à propager un islam extrême. Celui dont se revendiquent les fanatiques de l’État islamique. …”

    “….Reporters sans frontières lance un appel au roi d’Arabie saoudite Abdallah ben Abdelaziz al-Saoud afin qu’il accorde sa grâce au cyberactiviste saoudien Raef Badawi. A l’issue d’un procès inique, le citoyen-journaliste a été condamné, le 1er septembre 2014 par la Cour d’appel de Riyad, à dix ans de prison,….. ”

    et malgré cela :

    “…Le président français François Hollande,….ainsi que d’autres chefs d’Etat, de gouvernement, princes héritiers ou ministres sont venus témoigner de leur sympathie après le décès vendredi du roi Abdallah qui a dirigé de facto le pays pendant 20 ans….”

    Alors dites moi !
    Comment pourra_t_on faire comprendre aux Français que le discours ambiant sur la liberté de la presse et le terrorisme ne sont pas pas qu’une vaste hypocrisie , quand celui qui est censé les incarner et qui a récupéré , au profit de son indice de popularité , l’émotion de millions de français , se précipite au chevet de ce personnage ?

    je suis révolté

    @+


    • Nerouiev Le 26 janvier 2015 à 08h47
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      … ils ont plein de pétrole sous les pieds, et ça vaut mille démocraties car sans pétrole pas de liberté de consommer.


      • jmdest62 Le 26 janvier 2015 à 09h04
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        … ils ont plein de pétrole sous les pieds…

        c’est même plus cynique que ça…

        “….L’Arabie Saoudite est au 19e rang des destinations des exportations françaises . L’augmentation exceptionnelle des exportations est due quasi uniquement aux gros contrats dans l’aéronautique, notamment les avions militaires.

        Ce secteur représente près de 40% des exportations françaises vers le royaume. Du coup, malgré les 2,5 milliards d’euros de combustibles que nous lui achetons chaque année, notre balance commerciale reste positive…..”

        je me demande si nous ferions autant la chasse aux terroristes si ceux-ci utilisaient des FAMAS au lieu de KALACH
        (Humour made in CHARLIE – HEBDO)

        Business must go on

        voilà voilà

        @+


      • chios Le 26 janvier 2015 à 11h42
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        Il ne faut pas oublier Daesh.

        Il semble que les idéologies soient très proches, et que les populations d’Arabie Saoudite ne sont pas insensibles aux sirènes du “frère” ou “fils” ennemi.
        Que penserions -nous d’une Arabie Saoudite aux mains de ces énergumènes?
        Un mur hyper-sophistiqué avec l’Iraq
        http://www.telegraph.co.uk/news/worldnews/middleeast/saudiarabia/11344116/Revealed-Saudi-Arabias-Great-Wall-to-keep-out-Isil.html
        et déjà une attaque suicide lors de la visite d’inspection du général en chef.
        http://www.telegraph.co.uk/news/worldnews/middleeast/saudiarabia/11325032/Saudi-general-killed-in-attack-on-border-with-Isil-held-Iraq.html

        Voilà un blog quii en parle, développements un peu extrêmes, mais les faits sont vérifiés, un des articles parle aussi de Charlie-Hebdo et du “trap” dans laquelle la France risque de se trouver, si elle continue son “escalade”, comme les US en 2001
        A vous de voir
        http://globalguerrillas.typepad.com/globalguerrillas/2015/01/index.html


        • Gaïa Le 26 janvier 2015 à 14h51
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          Retenons alors cette phrase de Einstein dans ce vidéo qui dénonce toute la mécanique guerrière: ”La guerre ne peut être humanisée, elle ne peut être qu’abolie”.


    • boduos Le 26 janvier 2015 à 15h24
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      @jmdest62
      l’un se nourrit de l’autre…
      l’AS forge djihadistes et prétextes à la destruction des pays arabes laïcs en nourrissant les troubles .(Libye,Égypte,Syrie,Irak(sous Sadam) Tunisie (mais ça a foiré) troubles qui justifient nos interventions déstabilisatrices de ces régimes
      En perspective ,un futur accord Syckes-Picot de redécoupage et de protectorat surtout israélien qui deviendrait le gendarme du moyen orient avec des gouvernements à sa botte(ce qui explique les raisons pour que cet état n’a pas encore défini ses frontières.)
      évidemment,c’est sans compter sur la Russie qui a besoin de sa base en méditerranée et sur l’Iran qui reprend du poil de bête .
      si la Grèce sort de l’euro,voire de l’Europe donc de L’OTAN je parie que Poutine aura une deuxième base en Grèce.
      y dérange Vladimir !!! un terminal méthanier en Grèce ,ça serait pas mal.
      tout cela est peu probable mais va permettre a syriza de peser sur Merkel


      • Chris Le 26 janvier 2015 à 17h56
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        C’est la meilleures chose qui pourrait arriver à la Grèce, mais aussi à la France si nos abrutis de service sortent de leur coma idéologique.


  4. Henri THEUREAU Le 26 janvier 2015 à 09h55
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    A vicious attack ne signifie pas une “attaque vicieuse” mais une attaque brutale, violente, avec intention de faire souffrir.


    • Lt Anderson Le 26 janvier 2015 à 14h17
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      Voilà, il faut se méfier des faux-amis… Huhu, jeux de mot…


    • Old Ohm Le 26 janvier 2015 à 15h42
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      J’en profite pour remercier les traducteurs. Leur travail fait honneur aux interventions de ce bon Chomsky.

      P.S.: Un “journaliste indépendant” se devrait de relayer cet article (au moins son essence) sur un grand média ? (R.F.I. par exemple) [sifflote]


  5. RGT Le 26 janvier 2015 à 21h39
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    Article excellent.

    Comme d’habitude, une très bonne analyse de Noam Chomsky (en connaissez-vous une seule qui ne soit pas juste – Sauf si vous êtes néocon bien sûr).

    J’ai réellement été scotché par la vidéo d’Howard Zinn.
    Rien à ajouter, tout est dit et cet exposé est à la portée d’un enfant d’école primaire.

    Si cette vidéo pouvait être diffusée dans toutes les écoles de toute la planète le problème de la guerre pourrait être résolu rapidement.

    Un seul hic : Cette allocution est restée dans l’oubli le plus total et personne n’en a entendu parler.
    C’est sans doute la raison pour laquelle rien n’ait bougé depuis 2006 (bientôt 9 ans chers amis).

    Il faut dire qu’il y a de tels intérêts économiques en jeu (armement, pillage des ressources des pays “libérés”, et tout les “security business” / “charity business”).

    Ça doit quand même bouger un peu du côté des mentalités.

    La meilleure preuve est le flicage de plus en plus intrusif de nos vies privées.

    Nos “chères élites adulées” commenceraient-elles à envisager que ça puisse sentir le roussi?


    • Dany Le 27 janvier 2015 à 21h19
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      J’ai aussi beaucoup apprécié la vidéo d’Howard Zinn et son désir d’abolir la guerre est bien sûr louable et je partage tout à fait ce sentiment.

      Néanmoins, je suis assez pessimiste pour l’avenir, car s’il est vrai que la majorité des gens ne souhaitent pas la guerre et n’aspirent qu’à vivre en paix, il y en a d’autres qui voient dans la guerre des opportunités de s’enrichir et d’assouvir leur besoin de domination sur le monde.

      Et malheureusement, je crois que ce sont ceux qui aujourd’hui détiennent déjà les rênes du pouvoir qui ont cet esprit prédateur.

      Ce que je crains, c’est que dans un avenir plus ou moins proche, des robots pourront remplacer les soldats, on envoit déjà bien des drônes pour bombarder dans des pays bien éloignés de ceux qui les guident. Ce sont ces paramètres qui me font craindre le pire pour l’avenir, car si même la majorité de la population refuse la guerre, ça ne sera pas suffisant puisque la guerre pourra se faire de toute manière, et ce sont les populations civiles qui en feront les frais.

      Il faut bien comprendre que pour certains, ceux qui déjà aujourd’hui, pillent les ressources naturelles sans vergogne pour assouvir leurs plaisirs, pour ces gens donc, que personnellement j’assimile à des psychopathes, il y a trop de monde sur terre!

      Je ne crois pas que pour eux la vie humaine ait beaucoup de prix!

      Enfin, peut-être est-ce que je me trompe, ce que j’espère de tout coeur, mais je crains hélas que non.


  6. Fred Destray Le 27 janvier 2015 à 19h39
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    Bonjour,

    Lecture attentive de vos divers commentaires tres interessants. Revenons a nos moutons : les evenements de Charlie Hebdo. Pourquoi tant de bruit de la part du gouvernement ? Pourquoi tant de pompeuses declarations sur le terrorisme, la haine, la guerre ?

    Peut-etre pour nous eloigner du centre : Charlie Hebdo etait menace. Une attaque etait jugee tout a fait probable tout ou tard. Le journal etait sous “protection” policiere 24h/24. Pourtant … 12 morts. N’y a -t-il pas eu une “petite” erreur de la part des services de police ? Ne faudrait-il pas demander quelques comptes au ministere de l’interieur ??

    Autre point : lorsque les 2 freres terroristes quittent finalement l’atelier d’imprimerie, ils sont immediatement abattus. Il eut ete preferable, a mon sens, de viser les jambes et les epaules afin de les neutraliser. Puis de les faire parler par apres. De tacher de comprendre … Ces 2 personnages ont ete sciement tues. On appelle cela un meutre. Etes-vous surs que ce sont bien eux qui ont attaque le journal Charlie Hebdo ? Pas moi …

    L’expression de sa propre colere par les armes n’est pas un moyen acceptable de se faire comprendre. Il doit etre naturellement reprime. La population doit comprendre cependant combien la violence de nos dirrigents est infiniment plus brutale que les actes desesperes de certains individus.


    • guéguen Le 27 janvier 2015 à 23h30
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      Vos questions n’ont guère cours…
      Comme tant d’autres.
      Etonnnant, non ?

      Un ministre qui ne saute pas après un tel événement, ça s’interprète comment ?
      Le fait que les ‘terroristes’ soient fumés, idem… La Justice française ne s’en offusque pas, alors qu’elle est la gardienne de …la justice !
      Faut dire qu’aucune Justice ne s’était non plus affolée après l’exécution extra-judiciaire (l’assassinat, dirait-on en sens inverse) de Ben Laden.

      Tiens, au fait, Bush et Blair vont-ils bientôt être inculpés ?
      J’aurais bien vu une Une de Charlot-Hebdo janvier 2015 :
      Bush & Blair,
      dessinés en plongée
      assis sur un sol de béton,
      une barbe de huit jours
      et menottés,
      interrogeant leurs geôliers :
      « Toujours pas d’audience en vue ? »
      Réponse :
      « On a jusqu’à vos derniers jours pour y pourvoir ! »

      Mais, non c’était vraiment pas le genre de C-H !


      • guéguen Le 28 janvier 2015 à 04h38
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        Oublié de rappeler ce cri triomphal dans l’univers Dassault
        http://blog.lefigaro.fr/threard/2015/01/justice-est-faite.html?cmtpage=1

        “Justice est faite. L’État a eu le dernier mot contre les terroristes.”

        Ici non plus, la Justice n’a pas inquiété l’auteur pour cette injure caractérisée à son encontre.
        Tu parles mal d’un juge, on te colle au trou. Tu parles mal de la Justice, celle-ci s’en fout…


  7. Richard Le 27 janvier 2015 à 21h40
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    Concernant la liberté d’expression chère à certain journaliste de passage dans les colonnes de ‘les-crises’ j’ai trouvé cette video fort éducative.
    Sur la Liberté d’Expression régnant à RFI.
    Video intéressante concernant le Redac Chef RICHARD LABEVIERE de RFI mis sur la touche par sa direction pour avoir osé diffuser des informations sur le conflit israelo-palestinien et réalisé une interview de Bachar Al Assad… Il est vrai avec une certaine tendance à exprimer des faits peu relatés par l’AFP.
    https://www.youtube.com/watch?v=H7R1Gdf2emA
    Je pense que M. MILCAREK soucieux d’objectivité pourra nous exposer son point de vue sur cette question dont j’espère, il aura entendu parler.
    Cdt


  8. Arthurbg Le 28 janvier 2015 à 14h00
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    Ou parce que les journalistes sont souvent poussés à publier ce qui va se vendre et donc le racisme , une valeur sure et on en rajoute:
    Guerre au MALI : Hollande son vrai motif…
    http://www.monde-diplomatique.fr/2013/02/ZAJEC/48725

    http://www.opinion-internationale.com/2013/03/22/guerre-au-mali-la-clef-du-developpement-partie-1-le-sahel-occidental-un-hub-energetique-mondial-mal-exploite_16491.html

    Le Niger, où les deux jeunes Français ont été enlevés avant d’être tués, possède le troisième gisement d’uranium au monde et, comme l’ensemble de la région du Sahel, il est devenu un espace de convoitises. C’est dans ce périmètre, où sévissent les terroristes d’Aqmi, que s’aiguisent les stratégies occidentales pour le contrôle des richesses naturelles : pétrole, gaz, or, phosphate, diamants, cuivre, fer, charbon, nickel, zinc, bauxite, uranium, plutonium, manganèse, cobalt, argent, chrome, étain, sels minéraux. Et les conflits d’intérêts dans la région attisent les appétits des grands groupes internationaux. Outre Areva, premier producteur mondial d’uranium, American Corporation, BHP, Gencor, Ashanti Goldfields, Barrick Gold, Rand Gold sont à pied d’œuvre au Sénégal, au Burkina Faso, au Mali, au Niger et en Mauritanie.
    Le contrôle de cet ensemble sahélo-saharien est au cœur des préoccupations de Paris et de ses alliés depuis déjà quelques années. De ce point de vue, l’activisme de l’Aqmi, malgré de réelles menaces, sert d’alibi pour légitimer le discours et la stratégie sécuritaires occidentaux. La France est particulièrement active avec des troupes positionnées dans la région du Sahel ou à proximité. Elle dispose de quatre bases militaires permanentes en Afrique – au Sénégal, au Tchad, en Côte d’Ivoire, au Gabon et à Djibouti –, en plus de sa présence limitée et non permanente dans d’autres pays comme au Cameroun, en Mauritanie, au Burkina Faso et en Centre Afrique.
    « Les français pourraient-ils imaginer des bases maliennes en France : sont vraiment C.. ces racistes si manipulés ! » commentaire perso
    Lisez la suite un peu longue mais la meilleure info !
    http://www.grip.be/sites/grip.org/files/NOTES_ANALYSE/2012/na_2012-12-06_fr_b-rouppert.pdf


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