Source : L’arène nue, Coralie Delaume, 04-03-2017

Olivier Delorme est écrivain et historien. Passionné par la Grèce, il est l’auteur de La Grèce et les Balkans: du Ve siècle à nos jours (en Folio Gallimard, 2013, trois tomes), qui fait aujourd’hui référence. Il vient également de publier Trente bonnes raisons de sortir de l’Europe.” Alors que la crise grecque semble sur le point de refaire surface en raison de la mésentente entre les différents créanciers du pays, et que l’idée d’un « Grexit » est récemment devenue, pour la toute première fois, majoritaire dans un sondage grec, Olivier Delorme a accepté de revenir pour L’arène nue sur la situation de la Grèce.
Cette analyse est en trois partie et traitera successivement de l’impasse économique, de l’impasse géopolitique et de l’impasse politique dans lesquelles se trouve Athènes. Ci-dessous, le premier volet.
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Aujourd’hui, la Grèce se trouve dans une triple impasse. La première est économique : depuis 2009, elle a connu plus de dix plans de rigueur assortis de coupes budgétaires, de mesures de démantèlement du droit du travail, de centaines de réformes dites structurelles (notamment lors de l’imposition à ses gouvernements des trois mémorandums de 2010, 2012 et 2015), des baisses de salaires et de pensions ainsi que des dizaines de hausses ou créations d’impôts. Car depuis sept ans, la Grèce s’est vu imposer par l’UE et le FMI un véritable délire fiscal dont la dernière manifestation consiste à taxer les contribuables sur la différence entre la montant minimal que, eu égard à leurs revenus, ils « doivent » avoir réglé par carte bancaire et le montant dont ils peuvent justifier qu’ils l’ont dépensé, si le second est inférieur au premier – mesure destinée, en réalité, à réduire la circulation d’argent liquide et à faire passer toutes les transactions par les banques.

Cette politique déflationniste, d’une violence inconnue en Europe depuis les années 1930 (où elle a amené Hitler au pouvoir en Allemagne), a étouffé la consommation intérieure, provoqué des milliers de faillites et l’évaporation d’au moins le quart (sans doute autour du tiers, nonobstant les habillages statistiques) de la richesse nationale. Elle a fait plonger le tiers de la population sous le seuil de pauvreté et gravement précarisé un autre tiers désormais lui aussi menacé de basculer ; elle a en grande partie liquidé les classes moyennes – fondement sociologique de la démocratie – et creusé les inégalités dans un pays qui était déjà, avant 2009, l’un des plus inégalitaires d’Europe.

Cette politique a mis les salariés dans l’entière dépendance d’employeurs qui payent les salaires de plus en plus irrégulièrement – quand ils peuvent ou quand ils veulent. Elle a jeté plus du quart de la population active (sans doute autour du tiers, nonobstant les habillages statistiques), et plus de la moitié des jeunes, dans le chômage dont l’indemnisation est quasiment inexistante. Elle a liquidé l’État social qui, du fait des circonstances particulières à la Grèce après 1945 (guerre civile, régimes autoritaire puis dictatorial sous protection américaine), ne fut construit qu’après 1974 et était déjà l’un des moins généreux d’Europe.

Cette politique déflationniste, motivée par la résorption de la dette, a également provoqué l’explosion de celle-ci – de 120 % à 180 % du PIB. Pire, elle menace la vie de nombreux Grecs. La fermeture d’hôpitaux publics, de blocs opératoires, de lits met les établissements qui demeurent hors d’état de remplir leur mission, la réduction des dotations conduisant certains à ne plus pouvoir fournir les médicaments aux malades, à assurer l’hygiène élémentaire, la blanchisserie ou la restauration. Des patients cancéreux ont parfois été renvoyés chez eux sans avoir pu recevoir une chimiothérapie programmée à l’avance. Des laboratoires pharmaceutiques occidentaux ont suspendu leurs livraisons faute d’être assurés de la solvabilité de leurs clients grecs.

Dans les îles, la hausse des tarifs des transports maritimes conduit de plus en plus les malades à différer le voyage jusqu’à un hôpital fonctionnant encore à peu près, si bien que nombre de pathologies sont prises en charge trop tard pour être efficacement soignées. Et un tiers des Grecs n’a plus, de toute façon, ni couverture sociale ni moyen de payer les soins. En 2014 déjà, le docteur Vichas, fondateur d’un des premiers dispensaires solidaires (celui d’Ellenikon dans la banlieue d’Athènes) qui se sont créés afin de pallier le défaut d’accès aux soins pour un nombre toujours croissant de Grecs, dénonçait par exemple les diabètes qui, en raison d’un défaut de traitement, entraînent de nouveau cécités ou amputations. L’état des hôpitaux psychiatriques est alarmant, les handicapés ont souvent été réduits à la précarité par la baisse de leurs allocations, les programmes de prévention ou d’accompagnement des toxicomanes ont été liquidés, ou peu s’en faut, le taux de contamination par le VIH a augmenté de manière inquiétante, en même temps que diminuait le taux de vaccination des enfants.

L’insécurité énergétique ne cesse de croître – en milieu urbain, la plupart des immeubles collectifs, quand ils sont encore chauffés en hiver, ne le sont plus – au mieux – que deux heures le matin et deux autres le soir, l’augmentation des prix de l’électricité rend pour beaucoup impossible l’utilisation d’un chauffage d’appoint, et les installations de fortune utilisant le bois ajoutent la pollution aux risques d’incendie. L’insécurité alimentaire progresse elle aussi, notamment chez les retraités mais, à maints endroits, des enseignants ont aussi dû mettre en place des systèmes de solidarité destinés à ceux de leurs élèves qui ne peuvent plus faire trois repas par jour…

Alors que, avant la crise, la Grèce figurait déjà parmi les pays européens où l’investissement public dans l’éducation était le plus faible, les coupes budgétaires imposées par les créanciers ont entraîné la fermeture ou la privatisation d’une importante partie de l’enseignement supérieur – grave hypothèque sur l’avenir. Mais elles altèrent aussi le fonctionnement des niveaux primaire et secondaire. « Entre 2009 et aujourd’hui, le budget a diminué de 70 %. Nous n’avons même pas de quoi acheter les craies. Nous avons dû organiser une collecte sur la place centrale de la ville pour nous procurer les fournitures scolaires », déclare au journal suisse Le Temps le directeur d’une école d’Éleusis, centre industriel à l’ouest d’Athènes dévasté par les politiques appliquées depuis 2010. De surcroît, le chômage de masse conduit à l’exode nombre des plus diplômés, dont le contribuable grec a payé la formation et dont la compétence va profiter aux États-Unis, au Canada, à l’Australie ou aux pays d’Europe occidentale vers lesquels s’exilent ces populations qui estiment ne plus avoir d’avenir en Grèce.

Parmi les conséquences multiples de ces politiques, il faut également citer les transferts de propriété. C’est le cas pour le patrimoine public et les infrastructures bradés à des prix sans rapport avec leur valeur réelle à des intérêts étrangers, allemands au premier chef, mais aussi français, italiens, chinois… C’est aussi le cas des propriétés privées, soit par le biais des lois imposées par les créanciers qui élargissent les conditions de saisie des biens immobiliers par les banques, soit que beaucoup de propriétaires ne pouvant plus faire face à l’accroissement indéfini de la charge fiscale, du fait de l’épuisement de leur épargne après sept ans de déflation, cherchent à se débarrasser de biens dont la valeur diminue à mesure que l’offre augmente. Dans tous les cas, ces transferts de propriété s’apparentent à un processus de spoliation des Grecs et de la nation dans son ensemble – une spoliation sur laquelle tout gouvernement soucieux de l’intérêt national devra revenir.

Enfin, de même que ces politiques justifiées par une dette excessive ont fait exploser celle-ci, le délire fiscal censé remédier à un rendement insuffisant de l’impôt n’a fait qu’encourager le développement de l’économie informelle. Lorsque les salaires ne suffisent plus pour vivre décemment, lorsque la survie des entreprises est menacée par un excès de taxes, lorsque l’État, déjà historiquement peu légitime en Grèce parce que, trop souvent, il s’est fait, comme aujourd’hui, le docile instrument d’un étranger dominant, est mis, par les politiques européennes, hors d’état de rendre les services qu’on attend de lui et pour lesquels on paye l’impôt, lorsque les politiques en question frappent les faibles et épargnent toujours les forts, il ne faut pas s’étonner que la société se défende avec les armes qui sont à sa disposition.

Avec une consommation intérieure asphyxiée et un euro qui continue à étouffer la production, l’économie grecque n’a pas la moindre chance de rebondir. Constamment démenties depuis sept ans, les prévisions de reprise de l’UE, de l’OCDE ou du FMI pour 2017 sont évidemment insincères et motivées, comme les politiques imposées à la Grèce, par la seule idéologie qui les sous-tend.

L’insignifiante « croissance » de 2016 (autour de 0,4 %) n’indique qu’une stabilisation provisoire sur un niveau très bas, due essentiellement à la baisse du taux de change de l’euro (qui reste néanmoins dramatiquement surévalué pour les structures de l’économie grecque), à celle des prix de l’énergie et à la situation géopolitique qui, de l’Égypte à la Turquie ou à la Tunisie, a permis au tourisme grec de tirer son épingle du jeu. Pour autant, hors phénomènes conjoncturels, dans un environnement de pays à monnaies faibles, ce tourisme reste lui aussi gravement handicapé par l’euro, tandis que le développement du « modèle » all inclusive irrigue de moins en moins l’économie locale, à la fois parce que les infrastructures appartiennent souvent à des sociétés non grecques qui ne réinvestissent pas sur place leurs bénéfices, et parce que les salaires, dans l’hôtellerie, ne permettent plus de vivre décemment – quand ils sont encore payés régulièrement.

Et pour aller plus loin, on pourra également regarder :


Source : L’arène nue, Coralie Delaume, 04-03-2017

[ Vers le Grexit ? 2/3 ] – Grèce : l’impasse géostratégique

Source : L’arène nue, Coralie Delaume, 11-03-2017

Par sa géographie, la Grèce se situe à un carrefour entre les bassins occidental et oriental de la Méditerranée et entre celle-ci et les Balkans. En raison de cette situation, elle n’a cessé, depuis une indépendance (1830) chèrement acquise à la suite d’une longue et meurtrière guerre d’indépendance dont elle est sortie lourdement endettée, de voir sa souveraineté étroitement limitée par des ingérences étrangères – principalement de la part du Royaume-Uni dont les États-Unis prennent le relais en 1947, tandis que l’Allemagne fait subir à ce pays, de 1941 à 1944, l’une des occupations les plus meurtrières et les plus destructrices en Europe. Cette situation et cette histoire ont généré un rapport très particulier de la Grèce à l’Europe occidentale – à laquelle elle a fourni les fondements de sa civilisation. Les Grecs se veulent profondément européens, mais la Grèce a presque toujours été considérée par les Européens de l’Ouest non comme un partenaire mais comme un objet dont les intérêts fondamentaux n’ont pas à être pris en compte.
Par sa religion et son histoire, la Grèce entretient par ailleurs des rapports spéciaux avec une Russie qui, du XVe siècle à 1917, s’est voulue à la fois dépositaire de l’héritage byzantin et protectrice des orthodoxes. Depuis l’indépendance de la Grèce, les intérêts géostratégiques de la Russie ont souvent convergé avec les siens, les Russes s’opposant à une puissance turque sur laquelle les Grecs conquièrent leur indépendance, qu’ils affrontent durant un siècle afin d’achever la construction de leur territoire national, et qui leur impose, depuis 1974, un défi stratégique permanent à Chypre comme en Égée.

Par deux fois, en 1976 et 1987, les différends sur la délimitation des eaux territoriales et de l’espace aérien égéens ainsi que sur les droits exclusifs d’exploitation du plateau continental ont failli conduire la Grèce et la Turquie – toutes deux membres de l’OTAN – à un conflit armé. Et en juin 1995, le Parlement turc a donné à son gouvernement une autorisation permanente de déclarer la guerre à la Grèce au cas où celle-ci étendrait ses eaux territoriales à 12 milles autour des îles habitées, en application de la Convention internationale sur le droit de la mer de Montego Bay (1982)… extension mise en œuvre par la Turquie en mer Noire et en Méditerranée.

En 1975, les Premiers ministres grec et turc avaient bien convenu de recourir, concernant ces litiges, à l’arbitrage de la Cour de justice internationale. Mais sitôt de retour à Ankara, le chef du gouvernement turc, alors prisonnier de sa coalition avec l’extrême droite, s’était dédit. Si bien que la question reste pendante, les tensions entretenues par la Turquie ayant conduit les deux pays à geler, depuis 1988, toute prospection et toute mise en valeur d’un sous-sol égéen qui pourrait pourtant être, pour la Grèce, une source d’énergie et de richesses dont elle a le plus grand besoin.

Dans cette affaire pas plus que dans la question chypriote (aujourd’hui compliquée par la volonté de la Turquie d’empêcher Chypre d’exploiter le gisement gazier découvert entre ses côtes et le littoral libano-israélien), la Grèce n’a jamais pu compter sur la moindre solidarité effective de la part de l’UE, laquelle a engagé (et poursuit) des négociations d’adhésion avec un État (la Turquie) qui occupe et colonise illégalement le tiers du territoire d’un de ses membres (Chypre), tout en niant les droits souverains d’un autre (la Grèce) – situation, en vérité, parfaitement ubuesque.

Pire, lorsque la Turquie engage, en 1996, une grave escalade autour des îlots grecs d’Imia dans le Dodécanèse, ni le Conseil européen, ni la Commission n’affirment la solidarité de l’Union, pourtant élémentaire, avec celui de ses membres qui se trouve agressé. Seul le Parlement vote alors une résolution – sans effet pratique – dénonçant la « dangereuse violation (…) des droits souverains de la Grèce ». Et c’est finalement au président américain qu’il reviendra de conduire la médiation qui aboutira au rétablissement du statu quo, avant un regain de tension autour des mêmes îlots en 2005. De même, la menace de frappes turques pour empêcher le déploiement par Chypre, en 1997, de 20 missiles S-300 achetés à la Russie, purement défensifs, ne suscitera-t-elle aucune solidarité de la part de l’UE. Et là encore c’est à une médiation américaine que l’on parviendra à une solution, les missiles étant « confiés » à la Grèce qui les déploie en Crète.

L’UE n’a pas davantage exigé que la Turquie renonce à sa doctrine dite des « zones grises » qui suppose, malgré les dispositions des traités dont elle est signataire, que plus de cent îlots dont le nom ne figure pas expressément dans ces traités ne soient plus considérés comme grecs. Quant au président Erdogan, il multiplie depuis la mi-2016 les déclarations aussi provocantes que potentiellement irrédentistes – évoquant les « frontières du cœur », celles du défunt Empire ottoman, ou affirmant que le traité de Lausanne qui fixa les frontières réelles de la nouvelle Turquie en 1923 est désormais caduc – des déclarations à l’évidence incompatibles avec les principes de l’UE… sans que celle-ci manifeste pour autant la moindre émotion.

Elle ne s’émeut pas davantage de la dangereuse multiplication des incidents depuis six mois : survols répétés d’îles grecques habitées ou non dans l’est égéen, violations des eaux territoriales, nouvelles provocations autour d’Imia depuis plusieurs semaines. Alors même que la Grèce s’inquiète de tractations entre Ankara et Tirana qui pourraient aboutir au déploiement d’une partie de la flotte turque dans les ports albanais. Car il faudrait alors, pour la Grèce qui, depuis la fin des régimes communistes, considère qu’il n’y a plus de menace sur sa façade maritime occidentale, y ramener des forces qui affaibliraient d’autant la défense de l’Égée.

En réalité, même si les Grecs ont toujours voulu croire que l’appartenance à l’UE constituait une assurance de sécurité face à la Turquie, il n’en a jamais rien été. Et il n’en est rien aujourd’hui. Ce qu’a encore confirmé la crise des migrants de 2015, dans laquelle les Grecs se sont retrouvés seuls face à un flot migratoire manipulé par le pouvoir turc. Car nonobstant les promesses, l’aide européenne n’est jamais arrivée que de manière dérisoire, tandis que les déclarations de la chancelière allemande jouaient comme une pompe aspirante, puis que la fermeture des frontières dans les Balkans, bientôt patronnée par l’Autriche, transformait la Grèce en nasse. Enfin, cédant au chantage d’Erdogan, la chancelière Merkel « négociait » l’arrosage d’un régime islamiste en pleine dérive autoritaire, expert en détournement de fonds vers les poches du clan Erdogan et du parti à sa dévotion : trois puis six milliards d’euros (en sus des subsides que l’UE a déversés sur ce pays au titre de la réalisation de l’union douanière) dans le même temps où, de l’autre main, l’UE continuait à étrangler la Grèce.

En fait, l’UE n’a jamais exercé la moindre pression sérieuse sur la Turquie pour qu’elle mette un terme à la tension permanente qui contraint la Grèce, dont la population est 6,5 fois moins importante que celle de son menaçant voisin (elle le sera 8 fois moins à l’horizon 2050), à fournir un effort de défense disproportionné par rapport à ses ressources (l’armée grecque est 3,5 fois moins importante que la turque, son budget est toujours, en pourcentage du PIB, le deuxième de l’OTAN après celui des États-Unis). Or cet effort a participé au premier chef à la « construction de la dette » comme à la corruption de la classe politique, dont les marchés d’armement ont été le moteur essentiel, dont le contribuable grec a supporté le coût et dont les industries de défense allemande et française figurent parmi les principaux bénéficiaires puisque la Grèce est régulièrement leur deuxième et troisième clients.

Face à une Turquie qui ne craint plus d’affirmer ses ambitions néo-ottomanes, voire son révisionnisme en matière de frontières, la Grèce se trouve donc à la fois affaiblie par les politiques que lui ont imposées l’UE et sans soutien effectif de la part de celle-ci, y compris dans la défense de ses intérêts fondamentaux. Au contraire, la politique de l’UE à l’égard de la Russie l’éloigne d’une puissance qui est son allié naturel dans le contexte géopolitique régional. De sorte que le gouvernement Tsipras a d’abord tenté de s’opposer à une perpétuation des sanctions contre la Russie, à l’évidence contraire aux intérêts grecs. Avant de capituler sur cette question-là comme sur les autres – au risque de faire les frais d’un véritable rapprochement russo-turc.

Pourtant la Russie est désormais non seulement le pays d’origine d’un des principaux contingents de touristes fréquentant la Grèce, et un débouché essentiel pour son agriculture, qui, au pire moment pour le pays, a pâti des sanctions européennes, mais elle est aussi un partenaire potentiel précieux pour le relèvement économique notamment à cause du projet de gazoduc contournant l’Ukraine par le sud, qui pourrait permettre à la Grèce d’encaisser des droits, tout en obtenant des fournitures de gaz à un prix inférieur aux cours mondiaux, importantes pour un pays dont les ressources en énergies fossiles se limitent pour l’essentiel à quelques gisement de lignite.

Source : L’arène nue, Coralie Delaume, 11-03-2017

[ Vers le Grexit ? 3/3 ] – Grèce : l’impasse politique

Source : L’arène nue, Coralie Delaume, 01-04-2017


La troisième impasse dans laquelle se trouve la Grèce est politique. Après que Syriza eut perdu de peu les élections législatives de juin 2012, ses responsables jugèrent que, l’accession au pouvoir devenant probable, il convenait de renoncer à un programme radical au profit d’une approche qu’ils pensaient (ou feignirent de penser) acceptable par l’UE. L’aggiornamento s’opéra donc au profit d’un réformisme néokeynésien, en vérité très modéré, appuyé sur l’idée que les partenaires européens comprendraient que, pour que la question de la dette trouve une solution pérenne et raisonnable, le pays devait sortir de la spirale déflationniste résultant des politiques imposées par le FMI et l’UE depuis 2009-2010. Syriza faisait du même coup l’impasse sur le fait qu’il était fort peu probable que les gouvernements allemand et européens (conservateurs ou prétendument socialistes, mais tous acquis aux dogmes néolibéraux) fassent à un gouvernement de gauche qui s’affichait radicale (bien qu’il ne le fût déjà plus vraiment) un cadeau qu’ils avaient refusé à son prédécesseur conservateur, envoyant celui-ci à l’abattoir électoral alors même qu’il était leur allié idéologique.

Ce que Syriza n’a pas voulu comprendre (ou qu’elle a feint de ne pas comprendre), c’est la nature profondément idéologique de ce qu’il est convenu d’appeler la « construction européenne » dès l’origine, mais de manière bien plus brutale depuis la décennie 1986-1995 (Acte unique européen, traité de Maastricht, création de l’Organisation mondiale du commerce). Ce que Syriza, comme l’ensemble des partis socio-démocrates, feint d’ignorer, c’est que la moindre politique de gauche – fût-elle extrêmement modérée – est désormais impensable dans ce cadre. Et que ce cadre-là a précisément été conçu pour servir à cela. Qu’il est donc irréformable.

Avant comme après la victoire électorale de 2015, j’ai écrit et dit que si les dirigeants de Syriza pensaient ce qu’ils proclamaient, ils iraient dans le mur. Car la position de l’UE n’était pas rationnelle (ce qu’a confirmé l’ex-ministre des Finances Varoufakis dans ses témoignages sur les « négociations » de l’Eurogroupe) mais bien idéologique. Dès lors, le discours de Syriza n’était justifiable que dans la mesure où il permettait d’accéder au pouvoir, dans un pays où la peur des conséquences d’une sortie de l’euro était encore forte, puis de faire la démonstration devant le peuple qu’aucune solution raisonnable n’étant acceptable dans la logique qui sous-tend l’euro, la question qu’il reviendrait à ce peuple de trancher était de savoir s’il préférait rester dans l’euro, ce qui supposait la poursuite des mêmes politiques, ou changer de politique, ce qui supposait de sortir de l’euro. Et nous fûmes un certain nombre à croire, lors de l’annonce du référendum de juillet 2015, que c’était bien la stratégie du gouvernement – jusqu’à ce que celui-ci trahisse, presque immédiatement, le mandat qu’il avait sollicité et reçu.

Je n’avais pas envisagé la troisième solution quant à l’explication du discours de Syriza : qu’il était le paravent, au niveau du petit groupe de dirigeants, ou d’une partie de celui-ci, d’un opportunisme dont le but était d’occuper la place d’un système politique failli et effondré – celui de la Nouvelle démocratie (ND, droite) et du Parti socialiste panhellénique (PASOK) qui avaient alterné au gouvernement depuis le rétablissement de la démocratie en 1974 –, puis de se maintenir au pouvoir à n’importe quel prix.

Combien de mesures exactement contraires aux convictions affichées de Syriza ont été ratifiées par le deuxième gouvernement Tsipras ? Une capitulation n’est jamais que l’acte initial d’une série sans fin de capitulations. Jusqu’à l’automne 2016, celles-ci ont été justifiées par la perspective d’obtenir, en échange, un allègement de la dette – perspective fallacieuse, puisque le refus allemand d’une telle opération est tout autant idéologique que le refus de tout « accommodement raisonnable » en 2015 – idéologique et électoral, car dans une situation où elle se trouve concurrencée sur sa droite par l’AfD, la chancelière Merkel ne peut consentir la moindre concession à la Grèce.

Comme il était prévisible, la négociation sur la dette n’a donc abouti qu’à des mesures symboliques, en aucun cas susceptibles de permettre un rebond de l’économie grecque. Ces mesures ont d’ailleurs été suspendues par l’UE aussitôt que Tsipras a annoncé, en décembre 2016, quelques « cadeaux de fin d’année » pour les plus pauvres, pourtant eux aussi symboliques, manifestant ainsi que la Grèce était en réalité devenue – comme on disait au XIXe siècle pour des États formellement indépendants mais tenus dans une étroite dépendance par leurs créanciers d’Europe occidentale – une « colonie sans drapeau ».

Dans ces conditions, les discussions de ces dernières semaines ne pouvaient qu’aboutir au résultat auquel elles ont abouti. On sait depuis longtemps déjà que le FMI n’aurait pas dû participer aux plans indûment nommés « plans d’aide », puisqu’ils ne font que maintenir la Grèce dans un état de dépendance et aggravent la situation des Grecs. Pour le faire, le Fonds a en effet enfreint ses propres règles, en même temps qu’il a ignoré les analyses produites en son sein prouvant que les effets récessifs des politiques imposées à la Grèce avaient été massivement sous-évalués, puis que les politiques appliquées ne pouvaient qu’échouer sans une véritable restructuration de la dette permettant sa soutenabilité – une restructuration à laquelle se refuse le gouvernement allemand. Et il semble bien que, au nom des convenances électorales de Mme Merkel, le FMI soit une fois de plus en passe d’accepter ce qu’il devrait refuser au regard de ses propres principes, l’absence de restructuration le conduisant, une fois de plus et de manière absurde, à exiger davantage de mesures récessives dont on sait qu’elles ne feront qu’aggraver encore et toujours la situation.

La course à l’abîme et aux « réformes » structurelles, à la baisse des pensions (alors qu’en raison du chômage de masse, des familles entières n’ont plus que la pension de l’aïeul comme seul revenu régulier) et à la liquidation de ce qui reste d’État social aussi bien que de patrimoine national va donc se poursuivre. À la Vouli (le Parlement), le Premier ministre Tsipras a présenté cette nouvelle capitulation comme un « compromis honorable » consistant à aller « au-delà de l’austérité », à « en finir avec les plans d’aide » et à « faire sortir le pays de la crise ». Alors qu’il s’agit juste du contraire : cette inversion de la parole politique posant la question désormais centrale en Grèce : celle de la démocratie.

Déjà, l’adoption des trois mémorandums avait constitué une négation du droit d’amendement des députés et des prérogatives du Parlement, fondements de la démocratie représentative qui figurent parmi les principes dont se réclame l’UE. Puis, au lendemain de la victoire électorale de Syriza en janvier 2015, Jean-Claude Juncker affirma qu’il ne peut y avoir de choix démocratique contre les traités européens. Aujourd’hui, le même président de la Commission répond par lettre à deux députés grecs au Parlement européen – qui arguaient des principes mêmes de l’UE pour demander le rétablissement des conventions collectives abolies par les mémorandums – que « les mesures convenues dans le cadre d’un programme d’ajustement n’ont pas nécessairement à se conformer à l’acquis européen » et que « lorsque des mesures nationales sont convenues dans le cadre d’un programme d’ajustement, la Grèce ne met pas en œuvre la législation européenne et, par conséquent, la Charte des droits fondamentaux de l’UE ne s’applique pas comme telle dans les mesures grecques ». Autrement dit, l’UE est habilitée, en Grèce, à violer les principes sur lesquels elle prétend se fonder.

Dans ces conditions que reste-t-il des droits fondamentaux, économiques et sociaux, proclamés et garantis par la Constitution du 9 juin 1975 ? Quelle est encore la crédibilité de Syriza, dont toute la campagne pour les élections de janvier 2015 fut axée sur la volonté de rendre sa dignité au peuple grec, Tsipras annonçant, le soir même de la victoire, que son gouvernement serait « chaque mot de la Constitution » ? Que subsiste-t-il, en Grèce, d’un État de droit que l’UE prétend ranger au nombre de ses principes fondateurs et qu’elle a vaporisé, en Grèce, depuis 2010 ? Quelle est encore la crédibilité des mécanismes démocratiques – vidés de sens et de contenu par l’UE – et la crédibilité de la parole des formations politiques ?

On sait que, après 2009, le PASOK qui, depuis les années 1980 réunissait autour de 40 % des suffrages, s’est effondré sous les 10 %, et que la ND, dont l’audience électorale était du même ordre est tombée à 18,85 % en mai 2012 pour se stabiliser entre 27,8 % et 29,7 % aux trois scrutins suivants (juin 2012, janvier puis septembre 2015). Alors que beaucoup de Grecs pensent que le gouvernement Tsipras est en sursis et que de nouvelles élections législatives se tiendront à plus ou moins brève échéance, les sondages donnent la ND et le PASOK à des niveaux du même ordre (sous les 30 % pour la ND, autour de 6 % pour le PASOK). D’autant que la ND est désormais dirigée par Kyriakos Mitsotakis, rejeton d’une des familles les plus caricaturales du vieux système clientéliste, qui affiche sa grande proximité avec l’Allemagne afin d’accréditer l’idée qu’on lui concédera, à Berlin, ce qu’on a refusé à ses prédécesseurs, ce qui, vu l’état de l’opinion grecque et le fort ressentiment à l’égard de l’Allemagne, est à double tranchant. De surcroît, ce leader, à la popularité déjà bien faible pour un chef du principal parti d’opposition candidat au poste de Premier ministre, est périodiquement mis en cause pour son implication présumée dans le plus grand scandale de corruption qu’ait jamais connu la Grèce – celui des innombrables pots-de-vin versés par l’Allemand Siemens. C’est dire combien le discrédit frappant Syriza, qui a obtenu 16,8 % en juin 2012, 36,3 % en janvier 2015, 35,4 % en septembre et se retrouverait autour de 15 %, ne profite pas aux formations de l’ancien système.

Les sondages semblent indiquer aussi que disparaîtrait de la Vouli le parti centriste pro-européen Potami (Le Fleuve), dont la fonction, comme Ciudadanos en Espagne ou Macron en France aujourd’hui, est de fournir une « roue de secours » à des majorités épuisées, en se réclamant de la nouveauté et de la modernité. Il en irait de même de l’Union des centres, entrée à la Vouli en septembre 2015, ainsi que des Grecs indépendants, scission de la ND qui s’affichait souverainiste, mais qui, partenaire de coalition de Syriza, subit logiquement les conséquences du rejet de la politique du gouvernement.

Dans l’état actuel, seuls les néonazis d’Aube dorée (prétendument partisans d’une sortie de l’euro et de l’UE) et les communistes orthodoxes du KKE (favorables la sortie de l’euro et au « désengagement » de l’UE) semblent en position de tirer une partie des marrons du feu – les uns et les autres restant néanmoins en-dessous de 10 %. Enfin les différentes formations qui se trouvent à la gauche de Syriza – l’EPAM, qui défend depuis le plus longtemps une sortie de l’euro ; ANTARSYA, gauche anticapitaliste et libertaire ; Unité populaire, issue de l’aile gauche de Syriza, et Cap sur la liberté de l’ancienne présidente du Parlement, Zoé Konstantopoulou, qui ont quitté Syriza après la capitulation de juillet 2015 – admettent désormais tous, plus ou moins ouvertement, la nécessité, avant ou après une négociation, d’une sortie de l’euro, voire de l’UE. Mais ces partis sont pour l’heure incapables de présenter un front commun et aucun d’entre eux ne semble en mesure d’obtenir une représentation parlementaire.

Dans ce paysage politique ravagé, par les injonctions européennes et les reniements de Syriza, beaucoup de Grecs estiment que si des élections intervenaient, elles ne serviraient à rien. Elles seraient les septièmes depuis 2007, aucune assemblée n’étant depuis cette date allée au terme de son mandat : ce qui montre à quel point les politiques européennes ont rendu le pays ingouvernable.

Le score étriqué que les sondages accordent à la ND et au PASOK risque en outre de ne pas leur permettre de pouvoir reconduire une coalition qui a gouverné le pays entre 2011 et 2015 (il faut totaliser autour de 40 % des suffrages pour obtenir une majorité absolue à la Vouli). À moins que le véritable but de Tsipras ne soit aujourd’hui de revenir avec assez de députés pour être indispensable à une formule de « grande coalition » qui se généralise en Europe à mesure que le rejet, par les peuples, des politiques induites par l’appartenance à l’euro et à l’UE réduit l’audience électorale des anciens partis de gouvernement : si l’on ajoute aujourd’hui les scores donnés à ces trois partis qui ont gouverné la Grèce depuis 1974, on parvient à peine à 50 % du corps électoral ! Et quelle serait d’ailleurs la viabilité d’une telle combinaison, dès lors qu’il s’agira, de toute façon, de poursuivre la même politique sous la même tutelle ? Ne serait-ce pas, surtout, la meilleure façon de permettre l’ascension électorale d’Aube dorée ?

Quant à l’abstention qui a atteint 43,5 % en septembre 2015, dans un pays où le vote est obligatoire et où la participation tourna longtemps autour de 80 %, elle sera le meilleur baromètre du discrédit, non de tel ou tel parti, mais bien de la démocratie elle-même. Sur le terrain en tout cas, l’épuisement psychique et parfois physique, en même temps que le rejet de toute parole politique, est sensible chez beaucoup.

Les perspectives apparaissent dès lors bien sombres. L’échec de Syriza a en réalité tué, et sans doute pour longtemps, l’idée qu’une alternance soit autre chose qu’un leurre permettant de poursuivre une politique déterminée ailleurs et hors de tout contrôle démocratique. La contestation sociale ne s’est jamais éteinte. Mais les niveaux de mobilisation sont loin des hautes eaux de 2010. Si les grèves et les manifestations sont permanentes, elles restent catégorielles, éclatées, elles ne coagulent pas (encore ?) en un mouvement populaire puissant capable d’emporter le régime comme ce fut le cas en Argentine, dans des conditions économiques et politiques assez comparables, en 2001 – depuis le début de la crise, remarquons que l’image d’un hélicoptère survolant le Parlement grec, en référence à celui qui exfiltra alors le président De la Rua de la Casa Rosada, est un classique de l’iconographie des manifestants.

De même, l’armée a-t-elle été dépolitisée depuis le retour de la démocratie en 1974, alors que, depuis l’indépendance, elle était intervenue maintes fois dans la vie politique, qu’il s’agisse de « coups » d’extrême droite (le plus connu étant celui des Colonels en 1967) ou d’officiers modernisateurs (en 1909, le coup de Goudi inaugura une des périodes de modernisation et de démocratisation les plus intenses de l’histoire du pays). Peut-on pour autant exclure que, si Erdogan envenimait la situation en mer Égée – dans une stratégie de fuite en avant classique pour des régimes autoritaires en difficulté intérieure –, une partie de l’armée considère que les gouvernements successifs, qui ont accepté le carcan imposé par l’UE, ont mis en danger les intérêts supérieurs de la nation ? Il est certain, en tout cas, que la fragilisation de la démocratie par l’UE rouvre un champ des possibles qui semblaient ne plus l’être depuis longtemps.

Un autre possible paraît d’ailleurs s’ouvrir avec l’arrivée au pouvoir du nouveau président américain et la dernière pseudo-négociation sur la poursuite de la participation du FMI au processus de mise en tutelle de la Grèce appelé « plan d’aide », qui a donné l’occasion au ministre des Finances allemand Schäuble d’agiter une fois encore la menace d’un Grexit forcé. Sur la chaîne Bloomberg, l’économiste Ted Malloch, pressenti par le président Trump pour représenter les États-Unis auprès de l’UE (où certains s’activent à empêcher cette nomination considérée hostile), a déclaré le 5 février dernier que la Grèce ne pouvait continuer à souffrir ainsi de stagnation, ajoutant : « je ne veux pas parler à la place des Grecs, cependant du point de vue d’un économiste, il y a de très fortes raisons pour la Grèce de quitter l’euro », ce qui devrait, selon lui, être assorti d’un plan d’accompagnement.

Venant peu après l’entretien accordé par le président Trump au Times (16 janvier) dans lequel ce dernier se prononçait en faveur de la conclusion rapide d’un accord commercial bilatéral avec le Royaume-Uni et d’une aide américaine aux pays qui choisiraient de quitter l’UE, la déclaration de Malloch a bien sûr été entendue à Athènes. Il faut rappeler ici combien une partie des « élites politiques » grecques, quelle que soit leur appartenance partisane – y compris des membres du groupe dirigeant de Syriza et de l’actuel gouvernement –, est intimement liée aux États-Unis où nombre d’hommes politiques grecs (qui parlent parfois mieux l’anglais que leur langue « maternelle ») ont été formés, où ils ont souvent accompli tout ou partie de leur vie professionnelle.

C’est dans cette perspective qu’il faut dès lors considérer ce que, dans son précieux blog, l’historien et ethnologue Panagiotis Grigoriou, relevait récemment quant aux rumeurs de plus en plus insistantes d’un retour à la drachme – une drachme adossée au dollar. Pour l’observateur de la politique grecque, il ne serait pas très étonnant de voir une partie de ces élites, à la fois coincées dans l’impasse de l’euro allemand et habituées à être les courroies de transmission d’un étranger dominant, envisager de troquer une tutelle euro-allemande inflexible, et de plus en plus impopulaire, contre un retour à la tutelle américaine espérée moins contraignante, plus bienveillante – à un moment où, pour les États-Unis, l’importance géostratégique de la Grèce (et donc l’intérêt d’y être plus présents) pourrait être réévaluée alors que le régime islamo-autoritaire d’Erdogan devient de plus en plus imprévisible.

En Grèce en tout cas, la magie de l’euro semble désormais ne plus vraiment fonctionner : pour la première fois, un sondage donne une majorité, et très nette : 54,8 % (soit 29,6 % des électeurs de la ND et 66,2 % de ceux de Syriza lors des dernières élections législatives) sinon pour une sortie de l’euro par principe, du moins pour un rejet des nouvelles mesures exigées par les créanciers, même si cela doit conduire à une sortie de l’euro et un retour à la drachme, 32,2 % des personnes interrogées se prononçant pour l’acceptation et le maintien à tout prix dans l’euro.

Pour ceux qui, comme moi, pensent depuis le début de la « crise grecque » que l’euro en a été la cause essentielle, la prise de conscience de l’opinion que semble traduire ce sondage est sans doute une raison d’espérer que le peuple grec trouve enfin une issue à la triple impasse actuelle. Il reste que le temps perdu ne se rattrape pas et que la sortie – de toute façon inéluctable – serait plus dure aujourd’hui qu’elle ne l’aurait été en 2010, 2012 ou 2015 parce que, tout au long de ces années sacrifiées, le potentiel productif – et donc de rebond – n’a cessé de fondre. Pour les mêmes raisons, cette sortie sera plus difficile demain qu’aujourdhui ; elle le sera d’autant plus qu’elle sera imposée ou/et improvisée, au lieu d’être choisie, préparée et négociée.

Pour aller plus loin, on peut également regarder ce reportage sur la Troïka :

Source : L’arène nue, Coralie Delaume, 01-04-2017

Nous vous proposons cet article afin d'élargir votre champ de réflexion. Cela ne signifie pas forcément que nous approuvions la vision développée ici. Dans tous les cas, notre responsabilité s'arrête aux propos que nous reportons ici. [Lire plus]Nous ne sommes nullement engagés par les propos que l'auteur aurait pu tenir par ailleurs - et encore moins par ceux qu'il pourrait tenir dans le futur. Merci cependant de nous signaler par le formulaire de contact toute information concernant l'auteur qui pourrait nuire à sa réputation. 

53 réponses à [ Vers le Grexit ?] – Grèce : l’impasse économique, par Olivier Delorme

Commentaires recommandés

Fritz Le 15 avril 2017 à 00h46

On ne dira jamais assez la gravité de la trahison de Tsipras. Il n’avait pas seulement promis aux Grecs la justice sociale et la fin de l’austérité, mais aussi la souveraineté nationale retrouvée. On connaît la suite : dès qu’il eut reconnu la légitimité de la troïka, en février 2015, le constat de trahison était dressé par des sites aussi différents que wsws.org (trotskiste) et zerohedge.com (libertarien).

Certes, la partie n’était pas facile, mais Tsipras avait une chance de la gagner en jouant franchement la carte russe. Au lieu de quoi son gouvernement a voté la reconduction des sanctions de l’UE contre la Russie. C’est alors qu’Andreï Raevsky (le faucon sacre) a laissé tomber ces mots : “Oublions Syriza. Le rêve était beau quand il durait”.

Espérons que Jean-Luc Mélenchon a médité les leçons de cette sinistre capitulation. Quant au cauchemar que vivent les Grecs, vous le connaîtrez vous aussi, mes chers compatriotes, si vous élisez Emmanuel Macron à la présidence de la République.

  1. Fritz Le 15 avril 2017 à 00h46
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    On ne dira jamais assez la gravité de la trahison de Tsipras. Il n’avait pas seulement promis aux Grecs la justice sociale et la fin de l’austérité, mais aussi la souveraineté nationale retrouvée. On connaît la suite : dès qu’il eut reconnu la légitimité de la troïka, en février 2015, le constat de trahison était dressé par des sites aussi différents que wsws.org (trotskiste) et zerohedge.com (libertarien).

    Certes, la partie n’était pas facile, mais Tsipras avait une chance de la gagner en jouant franchement la carte russe. Au lieu de quoi son gouvernement a voté la reconduction des sanctions de l’UE contre la Russie. C’est alors qu’Andreï Raevsky (le faucon sacre) a laissé tomber ces mots : “Oublions Syriza. Le rêve était beau quand il durait”.

    Espérons que Jean-Luc Mélenchon a médité les leçons de cette sinistre capitulation. Quant au cauchemar que vivent les Grecs, vous le connaîtrez vous aussi, mes chers compatriotes, si vous élisez Emmanuel Macron à la présidence de la République.


    • Laurent Le 15 avril 2017 à 04h14
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      La faute de Tzipras est la faute commune à la plupart des politiciens : promettre ce qu’on est incapable de tenir. promettre la fin de l’austérité et les lendemains qui chante aux grecques c’étaient vraiment les prendre pour des gogos ou des abrutis. La seule manière pour les grecques de s’en sortir sans casse aurait été de faire prendre en charge l’intégralité de leur dette accumulé de façon totalement irresponsable par leur autres pays européen ce qui est non seulement moralement inique mais qui conduisait tout droit à la catastrophe car si cette possibilité était offerte à la grèce tous les autre paniers percè de l’Europe (la France est dans le lot) se serait bousculé au portillon pour bénéficier du même passe droit et c’en aurait été finis de l’europe (les allemands aurait quitté ce radeau de la méduse et les clochards que le hante).


      • toub Le 15 avril 2017 à 09h18
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        Une autre solution aurait été de laisser les banques ayant prêtées à la Grèce prendre leurs pertes plutôt que de racheter leurs créances au nom des contribuables français et allemand puis de dresser ces mêmes contribuables contre ces cigales de grecs qui profitent l’épargne des fourmis françaises et allemandes.
        Ce serait aussi de reconnaître que l’euro n’est pas adapté à l’économie grecque et en tirer les conséquences plutôt que de rester dans le déni part pure idéologie.


      • gracques Le 15 avril 2017 à 09h59
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        La’morale étriquée de l’harpagon , contre la plus’simple rationalité et humanité.
        L’existence de créance et de dettes à toujours été le’moyen le’plus ‘moral’ de justifier l’esclavage ou tout ce qui’peut s’en rapprocher.


      • TuYolPol Le 15 avril 2017 à 16h07
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        Voici donc l’uniforme de pensée : “irresponsable” “panier percé” “passe-droit”, patati, patata. Cette morale c’est la monétisation de la souffrance. Tu souffres donc tu es. Après avoir été véhiculée par les religions, elle revient par le Nouveau Nouveau Testament : Je Dis Que Tu Es Endetté à Mon Égard. Je Dis que Tu Dois Souffrir Ainsi Que Tes Enfants et Leurs Enfants Parce Que C’est La Loi Sacrée De Ma Comptabilité. Ainsi Soit-Il. Amen (Le Fric)


      • Le Rouméliote Le 15 avril 2017 à 17h56
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        Une dette en 2009 qui se montait à 324 milliards d’euros, soit trois fois rien à l’échelle de ce que la BCE a été capable d’émettre… La dette accumulée ne l’a pas été par la faute de politiciens incapables et corrompus, mais à cause de la fragilisation du système productif grec depuis son entrée dans la CEE en 1981 et aggravé par l’euro, car il n’a pu faire face à la concurrence européenne. Et les multinationales européennes ont été bien contentes de trouver des clients à crédit pour leurs bagnoles, leurs hélicoptères et leurs téléphones ! Comment maintenir dans la pauvreté une population qui a passé plus de deux siècles dans la misère à cause de la domination des “puissances” européennes et américaine ?


      • vlois Le 15 avril 2017 à 18h36
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        La fin de l’Europe, non, de l’Union Européenne, ou plus précisément l’Europe allemande oui ?
        Surtout pas de leçons à recevoir de ceux qui trichent, mentent par exemple, trafiquent leurs moteurs et leurs bilans bancaires Deutsche Bank en premier et de la dette historique qu’ils ont notamment envers la Grèce où ils ont massacrés des villages entiers au lance-flamme… en se considérant comme honnètes et exemplaires…mais qui discutent de la frontière Oder Neisse (cf livre le hareng… de Mélenchon) et sont toujours travailléq par l’Empire.
        Pas de haine, juste les remettre à leurs places et appeler à la modestie et à la raison.


    • Homère d'Allore Le 15 avril 2017 à 09h33
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      @Fritz

      “Si vous élisez Emmanuel Macron…”

      Oui. Mais aussi Fillon, Hamon, Le Pen et même certainement Mélenchon…

      Mélenchon, c’est bien le type qui a soutenu Tsipras ?

      Et Varoufakis a un faible pour Macron…

      https://brunoadrie.wordpress.com/2017/02/22/varoufakis-aime-beaucoup-macron-personnellement-par-bruno-adrie/

      Marre de tous ces leurres…. le Frexit est urgent.


      • Sayo Le 15 avril 2017 à 14h22
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        Oui il a soutenu Tsipras mais dans son combat, pas dans sa capitulation. Quoiqu’on en dise, la France ne représente pas le même poids que la Grèce et Mélenchon a clairement prévenu qu’un plan B de sortie de la France était possible si les négociations étaient stériles. Dès le départ Tsipras excluait le Grexit !

        Sans oublier le Brexit qui donne un précédent et démystifie cette UE dont il serait impossible de sortir et dont la sortie entrainerait l’hiver nucléaire économique.

        Mélenchon a la volonté de changer l’Europe, en s’appuyant sur le rôle central de la France et de soutiens éventuels venant de pays tels que l’Espagne, l’Italie, la Grèce ou le Portugal, qui goûtent actuellement au “rêve européen”. C’est une démarche audacieuse, probablement vouée à une fin de non-recevoir, mais ne pas la proposer en claquant la porte unilatéralement avec l’article 50 serait irresponsable et égoïste.


        • Le Rouméliote Le 15 avril 2017 à 18h02
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          … Sauf qu’il se heurtera à l’intransigeance de Schäuble, Dijsselbloem et Draghi qui exigeront que la France paie immédiatement les milliards qu’elle doit au titre de Target 2. Et là il se déculottera comme Tsipras, car les taux d’intérêts devront vite insoutenables pour la France qui devra faire appel au MES et se retrouvera avec la troïka et les mémorandums ! Alors, pour éviter ça il faudrait que Méluche ait le cran de sortir avec l’article 50 et de laisser tomber l’euro sans plan d’assistance. Bon courage !


          • douarn Le 16 avril 2017 à 12h19
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            Bonjour Rouméliote

            il faudrait que Méluche ait le cran de sortir avec l’article 50 et de laisser tomber l’euro sans plan d’assistance. Bon courage !

            Et donc, qu’elles sont vos conclusions? Il ne faut rien faire? Continuer à s’enfoncer encore plus au titre du fait que cela, bien que désagréable reste encore supportable? Comme la grenouille qui supporte l’augmentation de la température de la casserole dans laquelle elle se trouve? Supportable jusqu’à quand? Et d’ailleurs, encore supportable pour qui? parce qu’il ne fait aucun doute que pour certains, tout va bien, tout va même de mieux en mieux….


            • Le Rouméliote Le 17 avril 2017 à 12h12
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              Bonjour Douarn,
              Bien sûr qu’il faut faire quelque chose : le mieux est de sortir tout de suite avec l’article 50, mais si Mélenchon met en oeuvre son programme, cela revient à dire qu’il devra s’opposer frontalement au sinistre Schäuble et aller jusqu’au frexit, car l’autre sera aussi intransigeant qu’avec la Grèce. Et ce d’autant plus que la France est une proie beaucoup plus intéressante à dépecer que la Grèce et avec une bombe atomique gratuite en prime ! Donc, la France se retrouvera seule face aux “institutions”européennes, aux pays du Nord et à l’Espagne et à la spéculation mondiale. Le tout est de s’y préparer.


          • Romuald Le 18 avril 2017 à 14h44
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            Non, les soldes interbancaires Targets sont pour la France d’environ 40 Milliards d’€. Et ce sont les placements des avoirs des banques françaises et non une fuite de capitaux comme on peut le constater pour la Grèce ou l’Italie. Par conséquent, nous pouvons sortir sans mal de l’Euro. La position de la France est centrale dans l’UE. elle a été, souvent en collaboration avec l’Allemagne, à l’origine de cette construction libérale. Les élites françaises que ce soit chez LR ou au P”S” sont absolument sur la même ligne idéologique et à force de propagande ont convaincu la majorité des français que si l’on devait quitter ce cadre institutionnel il se mettrait à pleuvoir des grenouilles !
            Il est dans l’intérêt de tous d’arriver à un compromis. Mais nous avons les moyens d’une rupture.


        • Un homme averti en vaut deux Le 15 avril 2017 à 21h30
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          1) « Il ne peut y avoir de choix démocratique contre les traités européens. » (JC JUNCKER).
          2) Toute décision et modification concernant les traités européens doit être approuvée à l’UNANIMITE, soit par les 27 (28 moins 1) pays composant la zone.
          C’est comme proposer du poisson à 28 convives, bonjour l’unanimité !

          Êtes vous sûr à 100 % que vouloir renégocier les traités soit une voie à suivre ?
          Croyez vous réellement que Mme Merkel va dire “Jawohl” aux demandes (qu’elles viennent de MLP, JLM, NDA ?)

          Il faut d’abord faire jouer l’article 50 et on verra à ce moment là ce que les eurocrates penseront d’une sortie de la zone de la deuxième puissance économique de la dite zone.

          Les allemands qui asphyxient lentement mais surement toutes les nations d’Europe sont ils égoïstes ? Probablement ! Et sont-ils responsables ? Sûrement !


          • Subotai Le 16 avril 2017 à 06h40
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            Il faut toujours faire semblant de jouer le jeu quand l’adversaire est un tricheur, ensuite on renverse la table et on sort le flingue.
            Pull da trigga, pull da trigga Boum!


        • Dominique Le 17 avril 2017 à 12h43
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          « Mélenchon a clairement prévenu qu’un plan B de sortie de la France »
          Je prends cela pour une plaisanterie dans la mesure où il n’indique aucun objectif ni délais avant de passer au plan B. Donc, bien que Mélenchoniste dans l’âme, je voterai par raison pour le seul candidat qui désire sortir de l’UE par l’article 50 le lendemain de son élection.


          • Romuald Le 18 avril 2017 à 14h51
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            Vous oubliez la convocation d’une constituante. Nécessairement cette assemblée remettra en cause une bonne partie des traités…
            Et la stratégie, énoncée clairement, est de ne plus appliquer une partie des traités dés le début. Travailleurs détachés, libre circulation des capitaux. çà va couter en amendes ? Oui ! Il faut bien miser quelques jetons lorsque l’on veut s’assoir à la table de jeu !


    • Catus Imperator Rex Luminae Le 16 avril 2017 à 15h14
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      La Grèce, ce berceau de la civilisation occidentale devenue la putain humiliée d’un monde dégénéré. Les Grecs n’ont que ce qu’ils méritent. La Liberté se gagne au prix du sang et des larmes. Ne venez pas vous plaindre !!!

      Au premier européiste, au premier politique corrompu (La majorité) à qui il sera fait un sort, la marche triomphale pourra débuter. Pas avant.


  2. Gier 13 Le 15 avril 2017 à 07h38
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    En décembre j’avais écris ce témoignage relatif à un déplacement professionnel en Grèce. Dans le nord du Péloponnèse.

    Ce matin j’ai visité un lycée professionnel dans le nord du Péloponnèse.
    J’y ai vu un établissement délabré.
    Dans la salle des profs, deux femmes sont collées au radiateur. Elles discutent enthousiastes et souriantes. Elles portent leurs manteaux.
    Dans son bureau le directeur est souriant, accueillant, plein de projets à développer avec la France. Il porte lui aussi son manteau.
    Il est difficile d’avoir une discussion suivie. Nous sommes interrompus un nombre incalculable de fois. Il n’y a plus de secrétaire ni de personnel administratif. C’est le directeur qui doit donc tout régler. C’est un défilé de profs et élèves.
    La plupart de ceux qui entrent ou passent la tête à la porte portent leur manteau.
    C’est que le lycée n’est plus chauffé. Il n’y a plus les moyens de la faire. Il y a juste le hors-gel qui marche. Ce qui explique les deux collègues collées au radiateur.
    C’est le résultat des politiques d’austérité de l’UE.
    Ce matin, dans le Péloponnèse, la température devait être légèrement négative.

    Vive l’UE !


  3. Gier 13 Le 15 avril 2017 à 07h50
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    Pour justifier le pillage de l’économie grecque et la mise en misère des grecs, il est de bon ton de mettre en avant la paresse de tout un peuple et sa propension à profiter sans rien faire.

    Toujours dans la même région du Nord Péloponnèse :
    J’ai rencontré Vassilis. C’est un type qui doit faire 2 mètres et 100 bon kilos. Il est militaire de carrière et a un bon grade dans l’armée. Quand il a fini son métier il travaille dans l’industrie agroalimentaire et l’été il est barman. C’est pas pour accumuler les revenus, c’est parce qu’il y a 3 ans sa solde de militaire à été divisée par 2.
    Encore une fois, cette mesure a été imposée par Bruxelles, la banque centrale européenne et l’Eurogroupe, institution européenne sans existence légale.
    3 jobs pour un seul type, juste pour faire vivre sa famille, je trouve qu’on peut trouver mieux comme exemple de paresse.
    Vassili à fait un malaise la semaine passée. Il a fallu le conduire aux urgences. C’était juste de l’épuisement.

    Voilà ce qu’est le gouvernement par les banques de l’UE. La machine à voler les peuples et à tuer les gens. Il faudra s’en souvenir au moment de voter en 2017.


  4. Milsabor Le 15 avril 2017 à 08h28
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    “Ce que Syriza n’a pas voulu comprendre (ou qu’elle a feint de ne pas comprendre), c’est la nature profondément idéologique de ce qu’il est convenu d’appeler la « construction européenne » dès l’origine. Ce que Syriza, comme l’ensemble des partis socio-démocrates, feint d’ignorer, c’est que la moindre politique de gauche – fût-elle extrêmement modérée – est désormais impensable dans ce cadre. Et que ce cadre-là a précisément été conçu pour servir à cela. Qu’il est donc irréformable.”

    A comparer avec l’interview de JLM dans Ouest-France de ce matin :

    « Il y a déjà sur la table un projet de négociation d’un traité européen. C’est un processus qui est ouvert. Je veux qu’on modifie plusieurs points clefs et notamment celui de l’harmonisation sociale. Aujourd’hui elle est interdite. Si la négociation n’aboutit pas, nous nous en allons. Mais je pense que la parole de la France sera entendue. »
    Vous je ne sais pas, mais moi je pense qu’un homme qui erre dans un tel déni de réalité et fait montre d’une telle personnalité paradoxale, ne tiendra pas et cèdera au moment de la confrontation. De plus sa majorité, elle-même divisée entre euro-réformistes et souverainistes se disloquera face à l’opposition virulente des eurolâtres-Système mobilisés de l’extrême-gauche à l’UMPS, renforcée par les électeurs de MLP ravis de se venger de la haine que FI leur voue depuis son origine.


    • Suzanne Le 15 avril 2017 à 11h47
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      C’est faire peu de cas de l’expérience politique et diplomatique et de la pugnacité de Jean-Luc Mélenchon. Je crois à la validité de son plan A parce qu’il est l’expression d’un RAPPORT de FORCE. Sans la France l’UE explose, c’est un pays trop important politiquement et économiquement, et un pays cofondateur. L’UE face à la France, ce ne sera pas comme l’UE face à la Grèce. Ce sera plus difficile de chasser la France d’un revers de main. Donc, ce n’est pas un déni, c’est de la négociation impitoyable. Je suis sûre que ça va d’ailleurs énormément tanguer, il va falloir s’accrocher aux branches. Mais je préfère m’accrocher aux branches plutôt que baisser les bras tout de suite.


      • Le Rouméliote Le 15 avril 2017 à 18h06
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        Mais la France est un pays autrement plus intéressant à dépecer que la Grèce ! ce n’est plus Peugeot qui rachètera Opel, mais Mercedes qui rachètera Renault et Volkswagen qui se farcira Peugopel pour une bouchée de pain !


    • Suzanne Le 15 avril 2017 à 11h48
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      Deuxième point, JLM ne fait pas du tout montre d’une personnalité paradoxale, au contraire il se laisse connaître parfaitement je trouve : obstiné, mauvais caractère, pas touché par des affaires, sachant où il va, idéaliste mais bien briefé par ses nombreuses années dans le système. Je comprends parfaitement qu’on puisse détester ce genre de personnalité. Pour moi, je me fous complètement de sa personnalité, la seule chose que je vois c’est que cette personnalité est suffisamment forte, qu’il gueule suffisamment fort et avec suffisamment d’arguments pour ne pas se laisser faire.


      • Emin Le 15 avril 2017 à 13h18
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        Je crois pourtant qu’en ce qui concerne le rapport de force il y a méprise.
        L’union européenne est construite de sorte que le Luxembourg ait dans la renégociation des traité le même poids que la France.
        A ceci vous pourriez m’objecter qu’un départ (simulé) de la France pourrait inciter les tenants d’une Europe et d’un monde Ultra libéral à changer le projet d’union européenne en Europe enfin du coté des peuples, sur un mode sans cesse plus généreux pour ce qui est du traitement des peuples et par là j’entends une Europe à la française (avec une ébauche de modèle social qui lui convient).
        La technique du plan A semble devoir irrémédiablement s’incliner devant l’évidence. Les Allemands n’auront (presque) aucun état d’âme à laisser crever l’UE si on leur impose avec un flingue sur la tempe une Europe à la française.
        Par la présente JLM donne un sursis à l’Europe Ultra libéral; et pour quel bénéfice aurions nous souffert des mois supplémentaires si la négociation échoue?


        • vlois Le 15 avril 2017 à 19h33
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          Mon scénario est que pour quitter l’euro il faut être fourbe vis-à-vis des spéculateurs pour éviter la catastrophe… il faut allier surprise et vitesse avec le contrôle des changes donc surtout ne pas prévenir !


          • Alfred Le 15 avril 2017 à 22h25
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            C’est exactement mon espoir secret. Si cela se passe ainsi vous n’aurez pas de mots assez doux pour benir Mélenchon d’avoir bien écouté sapir et consorts et d’avoir réussi à rester assez flou et rapide….


            • Le Rouméliote Le 17 avril 2017 à 12h15
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              Prions le Seigneur pour que vous ayez raison ! Personnellement, j’en doute, mais je souhaite avoir tort !


      • Emin Le 15 avril 2017 à 13h36
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        L’argument de Misalbor sur le déni de JLM me semble juste malgré vos objections que j’entends et que je considère comme théoriquement juste mais… Dans les faits le moment venu lorsque les autres européens auront refusé le plan A (je ne suis pas devin mais c’est ce qui arrivera) je met en doute la capacité de l’électorat insoumis à se mobiliser sur une sortie de l’UE qui ne pensait pas sur la base du rapport de force (Largement fantasmé) que l’Allemagne notamment pouvait lui dire non (ce que cette dernière à toujours fait sans ambiguïté). Les insoumis sont bien trop occupés à se raccrocher aux branches moisies d’une Europe dont l’essence et depuis les début d’être Ultra-libérale pour penser à préparer la chute.
        Le résultat probable et malheureux, une gueule de bois à la syryza.
        Je souhaiterai chère Suzanne ardemment me tromper et que vous ayez raison pourtant.
        Le coup JLM ce n’est qu’une Jospinade pour moi actualisé. On nous a fait cent fois le même manège.


      • persona Le 15 avril 2017 à 14h56
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        Je voudrais bien vous croire Suzanne. Mais il ne s’agit pas de personnalité, de caractère personnel, même si celui de JLM le conduira, au pire, plutôt du côté de Mendès-France que de celui de Tsipras. Il s’agit de rapports de force et qui seront d’autant plus violents qu’effectivement la France n’est pas la Grèce et que si l’Euro et l’UE auraient pu survivre à une sortie de la Grèce, ils ne le pourront pas à la regénociation des traités par la France. Et croyez vous que la temporalité financière se croisera les bras tandis qu’on négociera ? Croyez-vous que la BCE ne fera pas tout pour que la négociation soit beaucoup plus dure qu’elle ne paraît aujourd’hui ? Ce n’est pas seulement pour des raisons de caractère que Tsipras, y compris avec une majorité de Grecs après le referendum, a capitulé. Je vais voter JLM au premier et j’espère au second tour, mais je sais que si nous ne sommes pas après mobilisés, prêts au combat, prêts à recevoir des coups, la France insoumise sera soumise, quel que soit le caractère de son président.


    • Suzanne Le 15 avril 2017 à 11h57
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      Troisième point, plusieurs choses à dire. D’abord l’extrême-gauche n’est pas du tout idolâtre, on sent que vous ne les avez pas souvent entendus parler. Ils sont également souverainistes, bien que cela ne soit pas pour eux le premier point de leur programme.
      D’autre part, je ne crois pas à la haine entre les électeurs de MLP et ceux de FI. La haine entre Mélenchon et Le Pen, OK, la haine entre les militants fascistes de MLP et les militants radicaux de JLM, OK, mais les ELECTEURS de JLM et MLP, ce sont, à mon avis, des personnes différentes. Et la preuve en est que sinon, ces deux candidats n’auraient pas tant de promesses de vote à l’heure actuelle. Leurs futurs électeurs, aussi bien ceux de JLM que ceux de Philippot (car il faut bien dire, ce ne sont pas les idées de Le Pen qui ont du succès, mais celles de Philippot), seront pragmatiques, à mon avis. Ils feront passer leur souverainisme avant la haine entre les deux partis.
      Je suis persuadée qu’il n’y aura pas de front républicain au second tour.


    • Subotai Le 16 avril 2017 à 06h45
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      Le mec a 66 ans, gars et il en vu d’autre… Et c’en est un de 65 qui te cause.
      Quand on n’est pas sénile à 60 berges, tu ne peux pas imaginer la détermination qu’on a. 🙂
      Notre vie étant derrière nous et plus rien à prouver à quiconque, nous avons toutes les audaces. 🙂


  5. DUGUESCLIN Le 15 avril 2017 à 08h33
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    L’UE et le système qu’elle défend, permet de réduire les peuples à l’esclavage avec quelques kapos (bobos) un peu plus privilégiés qui se prennent pour une classe supérieure et participent à l’écrasement du peuple.
    Cette “main d’oeuvre esclave”, qui produit des richesses pour pas cher, permet de fabriquer des bombes, utilisées au nom des droits de l’homme, contre toutes les velléités patriotiques et populaires de souveraineté des états nations.
    Il serait peut-être temps pour nous de rejoindre les brics, comme aurait du faire la Grèce.


  6. Rond Le 15 avril 2017 à 09h53
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    Bonne description d’une descente aux enfers d’un Peuple, conçue et planifiée par “une certaine idée de l’Europe”, réussie grâce à son arme de destruction massive, l’euro. Maintenant, à qui le tour ? Nous, les autres ? Peu importe, ça nous touchera un jour.
    Tant que nous ne serons pas assez atteints au quotidien, nous ne comprendrons pas. Lorsque la prise de conscience sera faite, il sera trop tard. Alors que pour ne plus perdre, il suffit de ne plus jouer.


  7. Jean-Paul B. Le 15 avril 2017 à 09h55
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    J’espère fermement que M. Mélenchon et son équipe ont tiré toutes les leçons de l’échec de Syriza en 2015 et qu’en cas d’élection en mai prochain,ils vont vite mettre en oeuvre la sortie de l’Euro pour ne pas être obligés de se “Tsiprasiser” et nous remettre une couche d’austérité.


    • Ivan Le 15 avril 2017 à 10h22
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      Mélenchon veut-il sortir de l’euro ? Non. Il “menace” de le faire, ce qui est fort différent. Cela se terminera donc par une capitulation en rase campagne, comme pour Syriza, car son électorat est majoritairement pro UE…


      • Caliban Le 15 avril 2017 à 14h05
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        @Ivan

        “car son électorat est majoritairement pro UE…”
        55% des électeurs ont voté non à cette UE en 2005. Il ne fait guère de doute que cette proportion a augmenté depuis, comme partout en Europe et notamment du fait de la violence faite à la Grèce, qui a mis à nu la fiction d’une UE solidaire.

        Par ailleurs s’agissant du programme du candidat Mélenchon,
        • je crois que l’idée est de provoquer un ralliement de l’Europe du Sud pour forcer l’Allemagne à céder à ses exigences
        • et in fine, le résultat des négociations se terminera par un référendum auprès des Français, avec à la clé, en cas de désaveu, la démission de M. Mélenchon

        Tous ces éléments semblent aller à l’encontre de votre prédiction d’un destin “à la Syriza”. S’il y a capitulation ce sera du fait d’un vote et non pas d’une négociation à huit-clos.


        • Subotai Le 16 avril 2017 à 06h48
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          “• et in fine, le résultat des négociations se terminera par un référendum auprès des Français, avec à la clé, en cas de désaveu, la démission de M. Mélenchon”.

          C’est exactement ce qu’il a dit dans une interview récente.


      • Gilles Le 15 avril 2017 à 15h47
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        C’est quoi ces déclarations?:”Cela se terminera donc par une capitulation en rase campagne, comme pour Syriza, car son électorat est majoritairement pro UE…”

        Mais de quel droit vous parlez au nom de son électorat ? Vous êtes comme les jounalopes!!
        je vote JLM et je suis contre l’UE telle qu’elle existe aujourd’hui. Mais je ne suis pas anti-européen. ce qui n’est pas la même chose …..


      • DUGUESCLIN Le 15 avril 2017 à 18h55
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        Les européistes ont pris l’Europe en otage. Ils la divisent et l’appauvrissent. Ils ne sont pas représentatifs de l’Europe et sont au service de puissances mondialistes anti-européennes et contre tous ceux, en Europe, qui luttent contre la mondialisation et sa gouvernance. La Russie étant la plus grande puissance européenne elle est la seule, en Europe, qui résiste avec succès.


      • Suzanne Le 15 avril 2017 à 22h33
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        Ce sont des sondages qui disent que nous sommes majoritairement contre la sortie de l’euro. Et si c’était une question tellement fondamentale pour l’oligarchie qu’il y avait des pressions sur les instituts de sondage pour que, par exemple, les questions soient posées habilement, satisfaisant les commanditaires? Je ne suis pas complotiste, là, j’ai juste regardé la très instructive émission d’Envoyé spécial sur les sondages. J’espère que tout le monde l’a vue :

        https://www.youtube.com/watch?v=zxRlJTmxunY&t=255s


  8. BEYER Michel Le 15 avril 2017 à 10h35
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    Je pense qu’il faut revenir très souvent aux analyses de Jacques SAPIR. Sa dernière mouture sur la situation dans laquelle se trouverait M.LE PEN ou JL.MELENCHON en cas d’élection au 2ième tour donne un peu plus de clarté sur les difficultés à envisager et les impossibilités dans lesquelles “il ou elle” seront confrontés.
    Ce qui donne aussi une image de TSIPRAS différente

    https://russeurope.hypotheses.org/5906


    • Suzanne Le 15 avril 2017 à 12h12
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      Je suis d’accord pour revoir notre image de la trahison de Tsipras, sait-on exactement à quoi il a été confronté? (menaces directes par exemple, pour lui ou pour son pays).
      Par contre, Sapir met sur le même plan, psychologiquement, Le Pen et Mélenchon, alors que je n’y crois pas. Le Pen a moins d’expérience politique réelle, Mélenchon est un “vieux singe”, probablement plus dur et résistant, ce qui est un bon point.
      Mais en tout cas, les éléments précieux que donne Sapir concourent à évaluer l’importance de cette élection. Ca va bouger, ça c’est sûr !
      Mais c’est quoi l’autre solution?? La descente aux enfers économique + la guerre?
      Faut savoir ce qu’on veut, hein, une bonne fois…


  9. Eric83 Le 15 avril 2017 à 12h06
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    Tsipras écrira probablement “ses mémoires” d’ci quelques années et expliquera peut-être les raisons pour lesquelles il a trahi le peuple Grec. Sur les raisons de sa trahison, nous ne pouvons que faire des suppositions.

    En revanche, nous pouvons constater les faits concernant la Troïka et sa vision de l’Humanité, du respect des Droits de l’Homme et de la démocratie.
    La Grèce est beaucoup plus endettée depuis les plans de “sauvetage” de la Troïka et le peuple Grec, qui est enfoncé de plus en plus dans la misère, doit encore accepter de nouveaux sacrifices.

    Y a pas à dire, c’est beau l’UE.


  10. Gwen Le 15 avril 2017 à 12h48
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    Lors de la colonisation, les européens, pour contrôler les populations locales, ont déployés leur arme secrète : la religion.
    Aujourd’hui, en Europe, l’Union européenne a déployé l’euro.
    Quelle sera l’arme de destruction massive de demain ?


  11. Plocot Le 15 avril 2017 à 15h50
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    On peut dire tout cela.
    Et se demander pourquoi les grecs ne bougent pas une oreille depuis l’extraordinaire trahison du Tsiprias.


    • Le Rouméliote Le 15 avril 2017 à 18h17
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      Les Grecs ne bougent pas car ils sont trop occupés à SURVIVRE !
      Une image de la Grèce vue cet été : sur Odos Athinon, à un feu rouge, un vieil homme grattait les pare-brises pour quelques euros. Il avait une splendide tumeur d’apparence maligne au cou. Il aurait dû être à l’hôpital, pas dans la rue. Tout ce qu’écrit Olivier Delorme est parfaitement exact. Je pourrais le confirmer par ce que raconte la presse grecque que je lis régulièrement et parce que j’ai vu et entendu cet été. J’ai plein de témoignages qui rejoignent ceux de Gier 13.
      On peut simplement ajouter que les 0,4% de croissance statistique sont dus aux “plans” d’investissement inutiles : éoliennes dans des régions désertiques, panneaux photovoltaïques au milieu de jachères et autoroutes surdimensionnées… Le tout pour le plus grand profit des entreprises allemandes et américaines !


      • Olivier Delorme Le 17 avril 2017 à 01h22
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        Et en réalité, ces 0,4% ont été revus à la baisse après la publication de mon article lors de la seconde estimation. En effet, le dernier trimestre 2016 s’est révélé catastrophique avec un recul de 1,2 %, le plus mauvais résultat pour un quatrième trimestre depuis 1998, annulant les faibles rebonds de trimestres précédant. Le PIB ressort donc désormais à -0,1 % sur 2016, soit la 8e année consécutive de récession.


        • Le Rouméliote Le 17 avril 2017 à 12h21
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          Exact, j’ai lu ça sur 247News. Et bien le bonjour, Olivier : on s’était vu à Port-de-Bouc et à Romans.


  12. Frédéric Le 15 avril 2017 à 19h56
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    Le sondage récent que cite O. Delorme, où les grecs qui sont prêts à sortir de l’Euro pour ne pas avoir à subir de nouvelles restrictions sont majoritaires devrait amener les mêmes migraines à Tsipras que le referendum de l’été 2015. Pourtant il a promis aux Grecs, avec l’autorisation encore tacite des “créanciers” que chaque mesure de restriction serait votée en même temps que des mesures de soulagement, et tout cela aurait une somme nulle pour le citoyen grec. Il faut croire que les Grecs sont tout simplement incapables d’avaler encore des pilules amères, même avec un enrobage sucré, sucre qui manquait aux mesures précédentes.


  13. keg Le 18 avril 2017 à 09h18
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    Faut-il rester spectateur-voyeur de l’agonie grecque?
    Ne faut-il pas en tirer des leçons pour nous, pour demain?
    Doit-on rester dans l’UE pour atteindre à ce niveau d’abaissement?

    L’intelligence ne serait-elle pas de s’extraire -exfiltrer de l’enchaînement européen…?

    http://wp.me/p4Im0Q-1DG


  14. UltraLucide Le 22 avril 2017 à 16h55
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    Un pouvoir supranational qui veut créer des guerres pour relancer une économie en échec mondialiste et en panne de croissance ne s’y prendrait pas autrement pour créer de toutes pièces une très forte tension géostratégique dans une région clé, la mer Egée, le Bosphore. Tout conflit dans ce coin va impliquer et menacer la Russie qui sera forcée d’intervenir. Appauvrir et désorganiser la Grèce à ce point revient à la transformer en appât extrêmement tentant pour un dictateur mégalomane comme Erdogan. Une chèvre attachée au piquet pour attirer un loup islamique inconscient et sans scrupule? Poutine serait forcé d’intervenir et de se mettre en danger face à l’OTAN. Tout ce bordel profiterait à qui en fin de compte? pas aux peuples d’Europe en tous cas…La Grèce est une de nos frontières, la Guerre permanente du monstre militaro-banco-industriel US se rapproche de nous.


  15. UltraLucide Le 22 avril 2017 à 17h09
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    Appauvrir et affaiblir à ce point la Grèce ne peut plus être un processus explicable par la stupidité de l’UE ou la volonté de puissance du 4ème Reich bismarckien, mais par la volonté de créer un nouveau couloir de Dantzig dans la zone mer Egée-Bosphore. Erdogan est Adolf, les Grecs sont les nouveaux tchèques et Polonais à sacrifier….


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