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19.mai.202619.5.2026 // Les Crises

Revue de presse du 19/05/2026

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Une revue de presse sans parler du pétrole ni du détroit d’Ormuz ? C’est possible ! Merci à nos contributeurs.

CULTURE

Une écriture de l’Iran ancien sort du silence après 4000 ans

"L’élamite linéaire tire son nom de l’Élam, civilisation antique du sud iranien, contemporaine et rivale de la Mésopotamie. François Desset, qui collabore avec le département des sciences de l’Antiquité de l’Université de Liège, présente cette écriture comme la seule « vraiment locale » de l’histoire iranienne. Le cunéiforme, l’alphabet grec ou l’alphabet arabe ont été importés depuis l’ouest, rappelle-t-il dans l’entretien. L’affaire scientifique s’inscrit dans une recherche longue. L’ancien étudiant de la Sorbonne rencontre physiquement ces signes en 2006, lors de fouilles dans le sud de l’Iran. Le corpus reste alors trop restreint pour autoriser une lecture stable. Le tournant intervient en 2015, lorsqu’il consulte des vases anciens de la collection Mahboubian, du nom d’une famille iranienne installée à Londres. Ces objets livrent dix nouveaux textes, décisifs pour établir des correspondances."

Source : ActuaLitté

ENVIRONNEMENT

Le Premier ministre fait dépublier un guide de l’Ademe et de l’OFB sur la transition écologique

"Alerte disparition à l’Ademe : un guide destiné à accompagner les élus dans la transition écologique de leur territoire a mystérieusement disparu du site internet de l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie. Selon le média Contexte, l’ordre a été donné par le cabinet du Premier ministre. Nommé « Demain mon territoire », ce document a été corédigé par l’Ademe et l’Office français de la biodiversité (OFB). Il rassemble 23 fiches thématiques qui détaillent aux collectivités les leviers d’action à leur disposition pour entamer la transition écologique : alimentation durable, mobilité, énergies renouvelables, dynamisation des centres-villes… Le document n’aurait été disponible que quarante-huit heures sur le site de l’Ademe avant que Matignon n’ordonne son retrait et quelques heures seulement sur celui de l’OFB."

Source : Reporterre

« Une énergie n’en remplace jamais une autre, elles croissent en symbiose »

"Il date de quand ce concept de transition énergétique ? « Au départ, les inventeurs du terme sont des ingénieurs qui ont participé au projet Manhattan, à l’origine de la bombe atomique. Ils se sentent coupables et veulent montrer que le nucléaire n’est pas seulement destructeur, qu’il peut aussi être la clé de la survie de l’humanité à long terme. Il y a un aspect très messianique à ça : grâce au surgénérateur nucléaire, l’humanité obtiendrait une source d’énergie inépuisable et pourrait se libérer des énergies fossiles qui, elles, n’existent qu’en quantité limitée. Au début, la transition énergétique est donc un argument de promotion du nucléaire civil. Après les chocs pétroliers de 1973 et 1979, l’expression devient très courante parce que le prix du pétrole grimpe en flèche et que la dépendance des États-Unis au Moyen-Orient pose problème."

Source : CQFD

EUROPE

Le réseau de la honte : ces centaines de camps qui dessinent la nouvelle frontière de l’Europe

"Centres de tri et d’enfermement, les lieux de privation de liberté constituent un pilier des politiques migratoires européennes. D’abord mis en place de manière improvisée dans les années 1980, ils n’ont cessé de se développer pour devenir aujourd’hui un élément central de ces politiques. Selon les travaux de recherche les plus récents menés au laboratoire Migrinter, on recense en Europe et dans les pays voisins au moins 379 camps « fermés » (impossibilité d’en sortir), 69 « semi-ouverts ou clo-pen », 704 camps « ouverts » et 34 dont le statut reste indéterminé. Loin de se limiter au territoire européen, ces dispositifs de contrôle des migrations s’étendent bien au-delà des frontières de l’Union européenne. Cette extension s’inscrit dans un processus d’externalisation du contrôle migratoire, largement documenté par l’association Migreurop. Celui-ci consiste pour les États européens à déplacer en amont leurs dispositifs de surveillance, de tri et d’enfermement, en les déléguant, en tout ou partie, à des pays voisins ou de transit."

Source : L'Humanité

FRANCE

Le non-alignement, nouveau clivage pour la présidentielle ?

"Moyen-Orient à feu et à sang, nouveau choc pétrolier, guerre d’usure entre la Russie et l’Ukraine, interventionnisme belliqueux de Donald Trump, guerre commerciale… Le contexte international pèsera comme une chape de plomb sur la prochaine élection présidentielle. Face au spectacle d’impuissance de leur pays sur la scène mondiale, les Français hésitent sur la réponse à apporter. Entre un large bloc centriste qui ne voit de salut que dans l’Europe et un Rassemblement national qui cherche la bonne distance face à Donald Trump, deux personnalités tentent de faire entendre une autre voix : Dominique De Villepin et Jean-Luc Mélenchon. Le succès respectif qu’ils rencontrent fait état de la nostalgie d’une bonne partie des Français pour une politique de non-alignement."

Source : Le Vent Se Lève

Le temps du muguet ?

"Le 1er mai, on célèbre les travailleurs. Mais, d’abord, le 28 avril, journée internationale de la santé et de la sécurité au travail, on fait les comptes. En 2024, 764 salariés sont morts dans un accident du travail, 1 297 en incluant les trajets professionnels et les maladies reconnues. Si le nombre d’accidents recule un peu, celui des décès ne diminue plus. Un ouvrier happé par une machine, un apprenti tué sur un chantier ? Guère plus qu’un fait divers : la faute à pas de chance, à un outil mal réglé, à l’imprudence supposée de la victime. L’organisation ? Les cadences ? La sous-traitance ? Hors de cause. De toute façon, pour la plupart des médias, l’univers de la production demeure hors champ. Dans ce domaine, les politiques publiques s’inscrivent dans cette économie de l’attention. Plutôt que d’agir sur les causes, on privilégie ce qui se voit ou permet de se faire entendre : la prévention (indispensable), les campagnes d’information, les dispositifs à destination des plus jeunes — ceux qui cumulent inexpérience, précarité, et disposent donc de moins de ressources pour refuser le danger."

Source : Le Monde diplomatique

Pourquoi le jugement Lafarge est-il qualifié d’historique en France et à l’étranger ?

"Il a été perçu comme historique en France et à l’étranger parce qu’il a très vite semblé dépasser très largement le seul cadre français. En France déjà, Le Monde, Le Figaro et Les Échos lui ont donné un relief particulier en insistant sur la condamnation d’un grand groupe du CAC 40 pour financement du terrorisme, sur l’incarcération immédiate de deux de ses anciens dirigeants et sur la portée exceptionnelle de la décision. Les Échos ont même parlé d’« une décision historique » et d’« une première dans l’histoire judiciaire française ». À l’étranger, plusieurs médias européens et américains y ont vu non pas une simple affaire nationale de droit pénal des affaires, mais une décision de principe sur la responsabilité pénale des grandes entreprises opérant dans des zones de guerre. Le New York Times, par exemple, a présenté le verdict comme une décision qui « rewrites the rules of corporate morality » ; d’autres médias en Espagne, au Royaume-Uni et en Italie l’ont aussi présenté comme une décision exceptionnelle."

Source : Le club des juristes

INTERNATIONAL

De l’embargo au blocus étasunien contre Cuba : la révolution socialiste plie, mais ne rompt pas

"Le peuple cubain et son gouvernement traversent actuellement l’un des moments les plus graves et périlleux depuis le début de la Révolution en 1959, comparables à – et peut-être pires que – ceux de ses tout premiers temps dans les années 1960 ou ceux de la « période spéciale » qui suivit la chute de l’URSS au début de la décennie 1990. En effet, depuis janvier 2026, en violation du droit international, l’approvisionnement de Cuba en pétrole est bloqué par les forces armées des États-Unis, sur ordre du président Donald Trump, lequel laisse même planer le risque d’une possible intervention militaire directe. Cette éventualité est d’autant plus crédible que l’US Navy dispose d’une base militaire dans la baie de Guantánamo, dans le sud-est de l’île, que Washington refuse de restituer et qui rappelle, telle une plaie qui ne cicatrise pas, un douloureux passé d’occupation néocoloniale par les États-Unis."

Source : Positions

Au Mali, un échec français, aussi

"Depuis les attaques conjointes menées le 25 avril par les insurgés djihadistes et indépendantistes, qui ont abouti, entre autres, à la chute de Kidal et à la mort du ministre de la Défense, on se gausse, dans les médias français, des déboires du régime militaro-civil malien et de l’incapacité de son allié russe à le soutenir dans cette guerre interminable. Sur un air de « c’est bien fait pour eux » aussi cynique que puéril, les commentateurs français (journalistes, militaires à la retraite, « experts » en géopolitique, représentants politiques) se plaisent à mettre en lumière l’échec des officiers qui ont pris le pouvoir par les armes en 2020 et s’y accrochent depuis, et surtout l’inefficacité de l’appui militaire apporté par Moscou, d’abord sous le label du groupe Wagner, et désormais sous celui de l’Africa Corps. Leur discours aussi simple que simpliste peut être résumé ainsi : « Ils n’avaient qu’à pas nous chasser ! »"

Source : Afrique XXI

LIBERTÉS

Hadopi (2009–2026)

"Aujourd’hui, le Conseil d’État a donné raison à La Quadrature du Net, French Data Network (FDN), Franciliens.net et la Fédération FDN. Il a reconnu que le système de surveillance de la Hadopi (opéré depuis 2021 par l’Arcom) n’est pas compatible avec le respect des droits fondamentaux protégés par l’Union européenne. En conséquence, il a enjoint au gouvernement de procéder à l’abrogation d’une partie d’un décret central de la Hadopi qui organise la riposte graduée. Ce combat contre la Hadopi, que La Quadrature mène depuis les premiers débats législatifs à l’Assemblée en 2009, est emblématique de la vision archaïque qu’ont les différents gouvernements, de gauche comme de droite, sur la question du partage de la culture et de la connaissance en ligne. Il revient désormais au gouvernement d’acter la mort de la Hadopi et, au lieu de tenter de la ressusciter, d’admettre enfin que le partage non-marchand de la culture en ligne ne doit pas être criminalisé."

Source : La Quadrature du Net

Interdiction des réseaux sociaux aux moins de 15 ans : « La loi ne remplacera ni l’éducation, ni le dialogue »

"Avocat spécialisé en droit des données et des nouvelles technologies, ancien président de l’association e-Enfance, ex-secrétaire général de la CNIL, Yann Padova conseille aussi bien des grands groupes industriels que des acteurs natifs du numérique. Alors que le Sénat vient d’adopter la proposition de loi visant à interdire l’accès des mineurs de 15 ans aux réseaux sociaux, et que la commission des affaires culturelles et de l’éducation de l’Assemblée nationale a été saisie au fond, il livre une analyse à la fois juridique et pratique : favorable au principe de l’interdiction, il appelle à ne pas céder à la tentation de la solution simple, et pointe deux angles morts majeurs : la proportionnalité de l’interdiction et la sécurité des données des enfants."

Source : Actu-Juridique

MEDIATHÈQUE

« Le Monde » contre Georges Ibrahim Abdallah

"« L’Affaire Abdallah », le film de Pierre Carles actuellement en salles, retrace l’histoire d’une opération de désinformation et son influence sur le sort d’un homme, qui passa plus de quarante années en prison. En tant que membre des FARL, qui recouraient à la lutte armée contre l’expansionnisme israélien, Georges Ibrahim Abdallah est impliqué dans l’assassinat de deux agents du renseignement, l’un américain, l’autre israélien. Mais il a aussi « payé » pour des attentats aveugles commis à Paris au même moment, qui lui furent fallacieusement attribués dans la presse, alors qu’ils étaient l’œuvre du Hezbollah sur instigation de l’Iran. Une vaste campagne médiatique diffamatoire, alimentée par plusieurs dizaines d’articles du Monde signés de la main d’Edwy Plenel, a largement contribué à la peine exorbitante dont il a écopé. Cet article revient sur l’accueil du film de Pierre Carles par ce journal qui fut longtemps, et très abusivement, qualifié « de référence »…"

Source : Hors-Série

Frédéric Martel, une tournée promo au secours de l’Occident

"« Voici un livre événement, une enquête monumentale sur tous ceux qui nous détestent ! Et quand je dis "nous", c’est nous, les citoyens français, les Européens, l’Occident, nos valeurs… » Nous sommes le 10 avril dans l’émission « Quotidien » (TMC), et Yann Barthès reçoit le nouvel héraut de l’Occident : le journaliste Frédéric Martel. Celui-ci vient de sortir un livre, Occidents (Plon, 2026), qui se présente comme une « enquête monumentale » composée de « plus de 1 900 entretiens », « sur 8 ans », « dans 52 pays ». Un travail qui n’a toutefois pas empêché Frédéric Martel de tenir une émission hebdomadaire (« Soft Power ») sur France Culture durant la même période. Ou encore d’éditer les « Dits et écrits » de Jack Lang. Un véritable bourreau de travail ! La thèse de Martel est audacieuse : « Cet Occident c’est au fond un fantasme », explique-t-il sur le plateau de « Quotidien », « c’est quelque chose qui a été inventé par nos ennemis pour nous critiquer… »"

Source : Acrimed

Caroline Fourest, Matthieu Pigasse et l'esprit "Charlie"

""Radio Nova, il en a fait Radio Gaza, et maintenant Radio Dieudonné." Nous sommes le 12 mai, sur LCI, et l'éditorialiste Caroline Fourest a la parole dans l'émission 24h Pujadas. Le "il" en question, c'est Matthieu Pigasse, propriétaire du groupe de médias Combat, dont fait partie Radio Nova. Et Radio Nova, donc, est au coeur d'une actualité brûlante : dans le cadre de l'émission humoristique La Dernière, animée par Guillaume Meurice et sa bande, l'humoriste Pierre-Emmanuel Barré a fait une blague. Sa chronique avait pour sujet l'Eurovision, et sa blague était la suivante : l'Eurovision, dit Barré, est "l'événement dans tout l'univers dont [il] n'a le plus rien à foutre". "Je dirais, en 1) l'Eurovision, en 2) la candidature de François Ruffin, et en 3) le cancer de Gabriel Attal", listait-il, en précisant que ce cancer n'existe pas, mais qu'il s'en ficherait tout autant s'il était réel. Phrase importante, mais que Fourest ne reprend pas sur LCI."

Source : Arrêt Sur Images

RÉFLEXION

La naissance d’Israël, la Convention sur le génocide et les juifs d’Europe

"Avant de faire du génocide juif la pierre angulaire de son récit national, Israël a manifesté de grandes réticences face à la Convention pour la prévention et la répression du crime de génocide, pourtant issue directement de l’assassinat de six millions de juifs en Europe durant la Seconde guerre mondiale. Ses réserves tenaient à la fois aux conditions de naissance de l’État d’Israël, mais également à l’idéologie sioniste elle-même. Dans l’histoire des juifs européens, 1948 n’est pas seulement une année importante parce que l’État d’Israël y déclare son indépendance le 14 mai. C’est aussi l’année où, le 9 décembre, est signée la Convention pour la prévention et la répression du crime de génocide. On la doit à Raphaël Lemkin, juif polonais émigré aux États-Unis pendant la guerre. Il en aura été le principal rédacteur et le promoteur obstiné."

Source : Orient XXI

Habiller le discours dominant en rigueur historique

"Il existe une forme de malhonnêteté intellectuelle plus redoutable que le mensonge, celle qui emprunte le langage de la rigueur pour mieux maîtriser la conclusion. Le documentaire « Palestine : une histoire », diffusé sur France 5, en offre un exemple particulièrement travaillé. Sur trois épisodes, il convoque le paradigme du colonialisme de peuplement, donne à voir la dépossession historique du peuple palestinien, interroge des témoins, palestiniens notamment, cite des archives, partage des cartes, etc. Tout cela pour aboutir, dans son dernier épisode, à la conclusion la plus convenue qui soit : deux camps, deux extrémismes religieux responsables de manière symétrique. Les Palestiniens seraient finalement tout autant responsables de leur dépossession et du génocide qu’ils subissent actuellement. Le détour historique n’aura servi qu’à habiller d’un vernis de rigueur ce que le discours dominant occidental répète depuis des années."

Source : FRACBI (French Academic and Cultural Boycott of Israel)

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