Source : La Tribune, Romaric Godin, 16/01/2017

Quelle réponse de l'Allemagne à Donald Trump ? (Crédits : FABRIZIO BENSCH)

Quelle réponse de l’Allemagne à Donald Trump ? (Crédits : FABRIZIO BENSCH)

Face à la nouvelle doctrine européenne du président élu des Etats-Unis, l’Allemagne va devoir faire un choix : ou renforcer l’Europe, ou s’adapter seule à ce nouvel ordre mondial. L’avenir du Vieux continent dépendra du choix de Berlin.

L’interview accordée par Donald Trump à Bild et au Times a fait l’effet d’un choc outre-Rhin. Après des années où Barack Obama a tant pris soin de sa relation particulière avec l’Allemagne, a visité maintes fois Berlin et n’a pas lésiné sur ses louanges à Angela Merkel lors de son dernier déplacement, le réveil est brutal. Pour la première fois depuis 70 ans, un président des Etats-Unis affiche une vraie défiance a priori face à l’Allemagne fédérale, perçue clairement comme un rival.

L’Allemagne sous le choc

La presse allemande est naturellement groggy. Que Donald Trump s’en prenne à la Chine ou au Mexique, passe encore.Qu’il menace Ford, General Motors ou Toyota, soit. Mais qu’il s’attaque à l’Allemagne, qu’il menace un joyau comme BMW… L’éditorial de la Frankfurter Allgemeine Zeitung (FAZ) parle d’un « changement d’époque » et d’un « vent froid qui vient de l’ouest », reprenant une image souvent employée à l’époque de la guerre froide pour désigner… l’Union soviétique. « Donald Trump a clairement indiqué que nous devons économiquement et militairement sortir du confortable hôtel maternel des Etats-Unis », analyse le quotidien conservateur Die Welt. Le journal estime désormais que les Allemands vont devoir « se défendre » contre la politique agressive des Etats-Unis.

Cette prise de conscience ne semble pas encore complète outre-Rhin où l’on accuse clairement le coup. Le ministre des Affaires étrangères et sans doute prochain président fédéral Frank-Walter Steinmeier appelle à la prudence et à « voir quelle politique les Etats-Unis suivront » en matière de défense. Mais il reconnaît de « l’étonnement ». Concernant les menaces de droits de douane sur BMW, le ministre « part du principe que notre partenaire étasunien s’en tiendra encore aux obligations internationales de l’OMC ». Bref, le gouvernement de Berlin semble n’oser y croire. Son confrère de l’Economie, Sigmar Gabriel, candidat putatif de la SPD à la chancellerie, prend ces menaces de haut, et demande aux constructeurs des Etats-Unis de « faire de meilleures autos » pour se défendre. Mais là encore, il semble y avoir un manque certain de prise de conscience de la nouvelle situation. Ou du moins une sorte de détermination à espérer que tout s’arrangera avec le temps. Du reste, Angela Merkel elle-même a réclamé d’attendre avant de « voir quels types d’accords nous pourrons atteindre ». Alors que Donald Trump attaque tous azimuts, la chancelière ne cesse d’affirmer sa volonté de dialoguer avec la Maison Blanche.

Situation à risque pour l’Allemagne

Ces réactions ne doivent certes pas être prises au pied de la lettre. La stratégie d’Angela Merkel est souvent celle de l’attente. Mais la nouvelle doctrine européenne de Washington place désormais l’Allemagne dans une situation très inconfortable. Première puissance exportatrice du monde, la République fédérale est clairement en danger par le retour au protectionnisme. Confrontée à l’hostilité et au désintérêt stratégique d’un pays qu’elle a considéré pendant sept décennies comme son protecteur, elle est sommée de prendre en charge non seulement sa propre défense, mais aussi la direction de son hinterland économique. Car désormais, l’Union européenne n’est plus dans l’esprit de l’administration étasunienne un complément politique et économique de l’OTAN renforçant mutuellement une sorte de « grande alliance occidentale ». L’UE pour Donald Trump est un « instrument de puissance » de l’Allemagne qui est clairement ciblée par l’aide directe que le président élu entend donner au Royaume-Uni du Brexit.

Cette nouvelle situation contraint donc l’Allemagne à assumer une place de puissance qu’elle a toujours refusé d’assumer ouvertement et directement. Mais l’enjeu est considérable : son modèle économique est désormais en jeu, ainsi que sa sécurité. Dans une Europe fragmentée, l’Allemagne vieillissante, soumise à la double pression russo-étasunienne, privée de la solidarité des puissances militaires de l’Europe que sont le Royaume-Uni et la France, serait dans une situation fort peu enviable. Berlin va donc devoir tirer les conséquences de ce nouvel ordre mondial. Et ce ne sera pas simple.

Dans un tel contexte d’hostilité généralisée, l’Allemagne ne peut guère se passer d’un espace européen qui lui est favorable. Elle a besoin de conserver cet hinterland centre-européen qui fournit une sous-traitance peu coûteuse à son industrie, mais elle a aussi besoin d’une zone euro qui permet à l’Allemagne de neutraliser certains de ses concurrents, de bénéficier d’une monnaie sous-évaluée et de continuer ainsi à accumuler une épargne nécessaire à un pays vieillissant sans en payer le prix, c’est-à-dire une monnaie très forte. Politiquement et militairement, l’Allemagne doit aussi pouvoir compter sur un ensemble comme l’UE pour faire face à des Etats-Unis opportunistes et à une Russie qui est plus que jamais un concurrent de l’Allemagne en Europe de l’Est.

Changer de politique européenne pour répondre à Trump

Angela Merkel ne s’y est pas trompée et, en réponse à Donald Trump, elle a rappelé que « nous, Européens, avons notre destin en main ». Le message est clair : l’UE doit se défendre. Mais comment ? Pour prendre la tête du « monde libre » depuis l’UE comme l’y invite de plus en plus la presse anglo-saxonne, Angela Merkel devra changer de politique européenne. Car il est difficile de critiquer l’unilatéralisme nouveau qui s’installe à la Maison Blanche lorsque l’on pratique soi-même en Europe une certain forme d’unilatéralisme depuis 2010. L’Allemagne bloque depuis des années toute avancée vers la solidarité européenne. Son refus absolu et entêté du troisième pilier de l’union bancaire (la garantie commune des dépôts), de l’union budgétaire par la création d’Eurobonds, de tout vrai plan de relance et d’investissements en complément de la politique monétaire de l’UE, d’une vraie stratégie de défense, en sont autant de preuves. En revanche, l’Allemagne a réussi à imposer en zone euro une stratégie de convergence budgétaire forcée avec les directives Two Pack et Six Pack et le pacte budgétaire.

Le résultat est une Allemagne qui exige toujours plus de « réformes » de ses partenaires, en refusant de se réformer elle-même, notamment par la réduction de son excédent courant et par l’acceptation d’une inflation relativement plus forte que ses partenaires. Ces deux éléments permettraient de réduire les divergences et de rééquilibrer la zone euro. Mais la politique allemande reste focalisée sur son obsession budgétaire et sur celle des « réformes » qui ne sont que des moyens de renforcer la concurrence interne à l’UE et de rendre cette dernière toujours plus impopulaire, notamment parmi les victimes de la mondialisation qui pourraient être tentées par des expériences à la Trump. Si Berlin veut assurer la direction du « monde libre » face à un Trump et à un Poutine, elle doit donc rendre l’UE et la zone euro économiquement et socialement viable. Elle doit concéder plus de solidarité pour que son hégémonie soit acceptée comme bénéfique.

Accepter de payer le prix de l’Europe

Pour cela, l’Allemagne d’Angela Merkel doit cesser de penser son avenir dans le seul cadre allemand, elle doit se penser comme une puissance ayant des responsabilités et des devoirs envers l’Europe entière. Si elle poursuit sa politique actuelle, celle qui consiste à donner des leçons de « réformes » à l’Europe, à distribuer les bons et les mauvais points à ses partenaires, à faire des exemples cruels comme dans le cas de la Grèce, alors elle risque de se retrouver de plus en plus isolée et Donald Trump sera en permanence en embuscade pour l’affaiblir. L’Allemagne n’a cessé de se dire européenne, mais elle a trop tendance à ne prendre de l’Europe que les avantages. Elle doit accepter d’en payer le prix, désormais. L’arrivée de la nouvelle administration américaine en est l’occasion.

Pour répondre au protectionnisme et au dumping fiscal anglo-américain, l’UE doit abandonner sa naïveté commerciale, renforcer sa demande intérieure et investir massivement dans la qualité de sa production. Elle doit attirer les investisseurs par d’autres moyens que les coûts et s’en donner les moyens. Elle doit renforcer l’UE et la zone euro en en faisant à nouveau un moyen de développement commun et en n’hésitant pas à investir dans ce précieux hinterland.

Tentation unilatéraliste

Le pire danger serait que l’Allemagne réponde à la nouvelle politique de Washington par un nouveau cycle de baisses des coûts comme l’y invite Die Welt, le journal le plus proche de la CDU. Dans son éditorial, ce quotidien conservateur appelle l’Allemagne à « devenir plus conscient de sa puissance et à poursuivre ses propres intérêts ». Pour le quotidien conservateur, c’est l’occasion de se lancer dans une nouvelle phase de libéralisation : répondre à la baisse des impôts et au protectionnisme des Etats-Unis par la baisse des impôts et la dérégulation des marchés. Ce serait le pire scénario, celui qui déclencherait une nouvelle phase de course à la compétitivité coût au sein de l’UE. Il y a là une forme de naïveté allemande à croire que l’Europe acceptera de s’identifier toujours aux intérêts allemands et de suivre une politique fondée sur « ses propres intérêts ». Ce serait poursuivre la tentation unilatéraliste de l’Allemagne en Europe.

Rester dans le lien transatlantique

D’une certaine façon, tenir cette politique reviendrait à privilégier le lien transatlantique au lien européen. Ce serait malmener l’Europe pour lui faire accepter le nouvel ordre dicté par Donald Trump. Ce serait renoncer, donc, à une Europe capable de tenir le rang de grande puissance. In fine, ce serait l’essence même de la construction européenne qui serait abandonnée. L’Allemagne se rangerait à la vision de Wolfgang Schäuble d’une Europe d’un « petit cercle », formé de ceux capables de survivre à la compétition mondiale dictée par les Etats-Unis. Dans ce cas, Washington ne pourra plus accuser l’Allemagne d’utiliser les pays les moins compétitifs comme une façon de « manipuler » la monnaie. Et Berlin pourra espérer retrouver les grâces de Washington. Ce danger n’est pas mince. L’éditorial de l’autre grand journal conservateur allemand, la FAZ, de ce lundi explique ainsi qu’il est « ridicule » de penser que la chancelière pourrait être la « dirigeante d’un front anti-Trump » (« Gegenanführerin »). Et de conclure : « l’Europe a besoin d’un partenariat étroit avec les Etats-Unis ». Si les Européens ont leur destin en main, les Allemands vont devoir faire des choix. Reste à savoir si ces choix seront bons pour l’Europe. En cela, la réaction prudente de Berlin est assez inquiétante…

Nous vous proposons cet article afin d'élargir votre champ de réflexion. Cela ne signifie pas forcément que nous approuvions la vision développée ici. Dans tous les cas, notre responsabilité s'arrête aux propos que nous reportons ici. [Lire plus]Nous ne sommes nullement engagés par les propos que l'auteur aurait pu tenir par ailleurs - et encore moins par ceux qu'il pourrait tenir dans le futur. Merci cependant de nous signaler par le formulaire de contact toute information concernant l'auteur qui pourrait nuire à sa réputation. 

51 réponses à Donald Trump : un défi colossal pour l’Allemagne et l’Europe, par Romaric Godin

Commentaires recommandés

Fritz Le 19 janvier 2017 à 04h55

En 1989, quelques mois avant l’ouverture du Mur de Berlin, le président états-unien George Bush proposait à la RFA un “partenariat dans la domination” (partnership in leadership) : l’Allemagne devant relayer en Europe la domination de Washington.

https://usa.usembassy.de/etexts/ga6-890531.htm

Établie à partir de 1992, l’UE a donc été conçue comme un “instrument de puissance” au service de Berlin et de Washington : ce n’est pas une lubie de M.Trump, c’est sa raison d’être.

M. Godin a-t-il songé à l’obscénité des formules qu’il utilise ou rapporte : “si Berlin veut assurer la direction du « monde libre » face à un Trump et à un Poutine”, la Führerin Merkel osant dire : “nous, Européens, avons notre destin en main” ? Pour la dernière, demandez aux Grecs.

Si nous voulons reprendre en main notre destin, Français, sachons saisir l’occasion de l’arrivée de M. Trump : envoyons Merkel et l’UE dans les poubelles de l’histoire.

  1. Louis Robert Le 19 janvier 2017 à 02h25
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    Le régime américain n’a tout simplement plus les moyens ni de son exceptionnalisme, ni de l’Empire autoproclamé “indispensable”, ni de son hégémonie rêvée dominante absolument (“full spectrum dominance”), encore moins de “la fin de l’Histoire”. Nu dans le froid glacial européen, attaqué de toutes parts, le maître de la Maison Blanche en est réduit à y faire la manche. Même la guerre est redevenue froide et les vassaux, grands et petits, après avoir caressé leurs rêves de grande puissance, à la seule idée d’avoir leurs destins respectifs en main, de devoir donc se protéger et défendre chacun ses propres intérêts, s’inquiètent déjà et tremblent. Et tandis que la Route de la Soie à nouveau serpente vers l’Ouest, dangereusement, l’Empire vacille.


    • christian gedeon Le 19 janvier 2017 à 10h17
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      L’empire,puisque c’est le terme actuel,ne vacille pas du tout.C’est du wishfull thinking…c’est ce qu’on aimerait croire et penser.Parce qu’en quelque sorte,çà rassure de le penser. “L’empire”,ce n’est pas seulement les USA. C’est aussi le Canada,c’est aussi l’Australie et la Nouvelle Zélande,c’est aussi le Japon et la Corée du Sud,et c’est aussi et plus que jamais le Royaume Uni. Et là,je parle de ses membres semper fidelis.Et aussi étonnant que puisse paraître mon propos,c’est aussi le Mexique(en dépit des apparences). L’enterrement de “l’empire ” n’est pas pour demain,croyez moi…les trois empires,américain,russe et chinois sont en train de reconstituer les “blocs”…


      • Patrick-Louis Vincent Le 19 janvier 2017 à 10h42
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        C’est la raison pour laquelle va se constituer un autre empire, l’empire germano-russe, puisque les EU vont laisser tomber l’Allemagne. La France, dans tout cela, va être prise dans un étau, entre deux empire, l’empire anglo-saxon, que j’appelle l’empire de la mer, et l’empire germano-russe que j’appelle l’empire de la terre.
        Vous pouvez aussi remplacer les mots “empires” par “bêtes”.
        Bête de la mer et Bête de la terre.


      • Louis Robert Le 19 janvier 2017 à 16h40
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        @ c. gedeon

        Il n’y a qu’un Empire. Personne n’a le désir, encore moins le dessein, d’en créer un deuxième.

        Au-delà du “wishful thinking”, dans les faits, l’Empire donne de multiples signes de déclin accéléré. Trump lui-même le confirme, il veut “America First and Great Again!”, ce qui implique que les États-Unis ne le sont plus… ce que tout étudiant, habitué et citoyen de ce pays sait. Or pas d’Empire hégémonique sans grandeur américaine! Mais il y a pire: les vassaux européens et l’UE ne subsistent plus que sur l’air d’aller, aveugles et impuissants devant les problèmes structurels qui les assaillent et ne font que s’aggraver.

        L’Empire agonise par une crise globale, très profonde: à la fois financière, économique, politique, institutionnelle et sociale, militaire, idéologique, cybernétique et médiatique, climatique et environnementale… qui engage la survie de l’humanité, dont les meilleurs esprits ont du reste parlé et écrit abondamment et depuis fort longtemps. — Impossible de développer en moins de dix lignes, mais les preuves sont là pour quiconque veut apprendre et savoir.


      • Caramba! Le 19 janvier 2017 à 23h02
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        “C’est du wishfull thinking…”

        Vraiment?

        http://www.usdebtclock.org/

        Saddam Hussein voulait vendre le pétrole irakien en Euro…
        Kadhafi voulait une monnaie africaine basée sur l’or… (Au fait où est passé cet or?)
        Maintenant la Chine et la Russie non seulement se passent du dollar pour leurs échanges commerciaux, mais ont commencé à vendre leur stock de $.
        Alors oui, l’empire tient par le dollar et par l’armée. Sauf que l’armée est financée par l’étranger, par ceux qui acceptent d’acheter de la dette US. En se débarrassant du dieu dollar, l’empire est affaibli.

        La dette US n’est pas remboursable. Le dollar est donc une monnaie de singe qui n’a aucune contre-valeur et qui un jour ou l’autre…


  2. Kiwixar Le 19 janvier 2017 à 02h29
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    “Première puissance exportatrice du monde, la République fédérale est clairement en danger par le retour au protectionnisme”

    Il me semble que la Chine est le premier pays exportateur. Données 2015, Chine 2270 milliards $, Allemagne 1292 milliards $. De toute façon, je pense que notre préoccupation principale d’ici 2020 sera le pétrole et l’énergie, et que la re-fabrication locale sera une nécessité (dûe aux coûts de transport) et non pas la conséquence d’une volonté politique.

    L’Eurasie commencera à se recentrer sur elle-même et à développer le rail (merci les Chinois), pendant que les nords et sud-américains feront pareil, en se demandant si ça vaut la peine d’envoyer 10 porte-avions complètement obsolètes pour essayer d’aller voler le pétrole là où il est pas trop cher à extraire (Moyen-Orient). La fin de la globalisation “choisie”, pour sauver la face de la fin de la globalisation “subie” : une armée qui n’est plus capable d’aller faire la guerre loin pour le pétrole.


    • LBSSO Le 19 janvier 2017 à 08h02
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      Le poids de l’excédent commercial par rapport au PIB est pour l’Allemagne le double de celui de la Chine.
      Données 2015, balance commerciale en % du PIB:

      Allemagne: 7,81
      Chine: 3,55
      France: -1,38
      US: -2,95
      Russie: 8,33 (énergie)
      Nouvelle-Zélande(2014): 0,71 (choisi au hasard 😉 )

      En valeur absolue ,vous avez raison Kiwixar de faire cette remarque.
      La présentation des chiffres choisie (en part relative dans l’économie du solde de la balance commerciale) par Romaric Godin a pour objectif ,de souligner que l’Allemagne:
      – est sensible à l’évolution du commerce international
      – a une stratégie mercantiliste vis à vis de ses partenaires.
      (A noter que les exportations vers les US ont fortement augmenté devançant la France pour la première fois depuis 1961).

      http://perspective.usherbrooke.ca/bilan/servlet/BMTendanceStatPays?codeTheme=7&codeStat=NE.RSB.GNFS.ZS&codePays=RUS&optionsPeriodes=Aucune&codeTheme2=7&codeStat2=NE.RSB.GNFS.ZS&codePays2=NZL&optionsDetPeriodes=avecNomP
      (Trés facile d’utilisation )


      • red2 Le 19 janvier 2017 à 11h09
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        Chiffres délirants qui ne sont possibles que grâce à l’euro qui empêche la devise allemande de s’envoler… Le mercantilisme truqué Allemand est aujourd’hui une catastrophe pour l’économie mondiale en empêchant toute hausse de la demande. Ce modèle n’est tout simplement pas viable et envoie le capitalisme mondial dans le mur par manque de demande globale. Il est tant de sortir de l’euro pour que le monde se rendent réellement compte de la situation de l’Allemagne, que deviendrons tout ces excédents volés avec une monnaie 25 à 30% plus chère ?


  3. Fritz Le 19 janvier 2017 à 04h55
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    En 1989, quelques mois avant l’ouverture du Mur de Berlin, le président états-unien George Bush proposait à la RFA un “partenariat dans la domination” (partnership in leadership) : l’Allemagne devant relayer en Europe la domination de Washington.

    https://usa.usembassy.de/etexts/ga6-890531.htm

    Établie à partir de 1992, l’UE a donc été conçue comme un “instrument de puissance” au service de Berlin et de Washington : ce n’est pas une lubie de M.Trump, c’est sa raison d’être.

    M. Godin a-t-il songé à l’obscénité des formules qu’il utilise ou rapporte : “si Berlin veut assurer la direction du « monde libre » face à un Trump et à un Poutine”, la Führerin Merkel osant dire : “nous, Européens, avons notre destin en main” ? Pour la dernière, demandez aux Grecs.

    Si nous voulons reprendre en main notre destin, Français, sachons saisir l’occasion de l’arrivée de M. Trump : envoyons Merkel et l’UE dans les poubelles de l’histoire.


    • christian gedeon Le 19 janvier 2017 à 10h44
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      Oui,oh combien. Petit souvenir de jeunesse…1973…promenade avec ma mère,polonaise,dans le parc du château des Radziwill. Un couple,très classe,dans les soixante ans fait un sourire. Loden et compagnie. Ma mère parfaitement germanophone entame la conversation. Et coupe court,rouge de colère au bout de deux minutes. A ma question,elle me répond,ils m’ont dit,vous savez madame,un jour nous reviendrons…en 1973… en Pologne communiste! Histoire vraie et édulcorée.


    • LBSSO Le 19 janvier 2017 à 11h46
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      Fritz vous avez raison concernant l’Allemagne de Merkel .Mais à l’intérieur même de ce pays des forces s’affrontent .L’angle des relations russo-allemandes pour illustrer:

      -rapidement:de l’ouverture ( 🙂 ; la chute ) du mur en passant le discours europhile de Poutine le 25 09 01 devant le Parlement allemand ,les relations russo-allemandes étaient en bon chemin.Jusqu’à la crise ukrainienne ,les investissements ,les échanges commerciaux (énergie/biens d’équipement ,scientifiques(brevets) culturels (apprentissage des langues).
      Mais A Merkel a commencé à faire des reproches publiques ,alors que G Schroder (SPD) les formuler en privé, à Poutine (Tchétchénie,valeurs occid.).

      – L’affaire ukrainienne a été l’occasion de revoir des débats surgir en Allemagne .4 exemples.


      • LBSSO Le 19 janvier 2017 à 11h48
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        (suite)

        EX 1 :Propos du Vice Chancelier allemand Gabriel (SPD) à Moscou !
        «Si nous considérons le passé, l’an 2000, lorsque l’Allemagne et la Russie avaient d’excellentes relations, il est très difficile de comprendre pourquoi le développement de nos deux pays est allé dans des directions totalement différentes.
        […]
        Et je pense que c’est une immense occasion de surmonter le conflit, en particulier parce qu’il y a des parties concernées, en Europe et aux États-Unis, qui bénéficient davantage de la poursuite de ce conflit plutôt que de sa résolution. Donc nous devons tout faire et utiliser toutes les possibilités pour dépasser ce conflit.» Et “pan” sur A Merkel.


        • LBSSO Le 19 janvier 2017 à 11h49
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          EX 2: Jean-Claude Juncker, le président de la Commission européenne, proche du collègue SPD de Gabriel, le ministre allemand des Affaires étrangères, Steinmeier.

          «Nous devons faire des efforts dans le sens de relations concrètes avec la Russie. Ce n’est pas sexy [sic], mais cela doit se faire, nous ne pouvons pas continuer comme ça. […] La Russie doit être traitée correctement. […] Nous ne pouvons pas laisser Washington dicter nos relations avec la Russie.»

          EX 3: Stratfor, l’agence de renseignements privée des États-Unis, publie alors un rapport qui analyse la visite de Gabriel à Moscou en détail et exprime clairement les préoccupations de Washington.


          • LBSSO Le 19 janvier 2017 à 11h50
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            (fin)
            EX 4 :la fondation Volkwagen avait alloué des fonds pour la recherche en sciences humaines à des chercheurs en Allemagne, en Russie et l’Ukraine. Mais le projet n’a jamais abouti : Kiev interdit aux savants ukrainiennes d’y participer sous la pression US.

            Bref (?!), je vois , l’Allemagne, comme la marionnette Pinocchio qui a la possibilité de s’émanciper.Mais le méchant Stromboli lui tape sur la tête de temps en temps (*) pour la remettre à sa place.Sa conscience ,Jiminy Cricket, a t elle toujours joué son rôle ?

            (*) amendes US concernant Siemens et Volkswagen ,deux symboles de l’industrie allemande.

            (Merci à la modération si ce long commentaire passe .Dans le cas inverse je comprends aussi)


  4. numaroumestan Le 19 janvier 2017 à 05h11
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    Mme.Merkel vient du bolchévisme. En Allemgne de l’est, elle était spécialisée dans la délation de ses collègues.
    Elle n’a aucune envergure. Elle fut “achetée” par la CIA après la chute du mur de Berlin.
    Aucune grande politique ne peut sortir des esclaves allemands détruits par 70 ans de haine menée par les vainqueurs de 1945.
    Les Européens n’ont plus d’aristocrates (i.e.les meilleurs). Les minables style macron, fillon, valls, etc sont systématiquement promus pour ne pas faire de l’ombre à leurs maîtres globalitaires.
    Il serait finalement préférable de demander à ceux qui savent gouverner, les Chinois, de prendre la tête de l’Europe plutôt que de voir les européens retourner à l’âge de pierre.


  5. Fritz Le 19 janvier 2017 à 05h26
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    Un défi kolossal pour l’Europe : se débarrasser du IVe Reich.
    Avec l’inévitable Leparmentier, la presse collaborationniste est déjà mobilisée : http://www.lemonde.fr/idees/article/2017/01/18/trump-et-le-venin-germanophobe_5064696_3232.html

    Rappelons quand même que Donald Trump est d’origine allemande par son père, écossaise par sa mère. J’ai lu quelque part qu’il était le premier (?) président américain dont les quatre grands-parents sont nés en Europe.


    • Chris Le 19 janvier 2017 à 12h43
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      Et qui plus est, a choisi des épouses du bloc ex-soviétique (Tchèque et Slovène). Un profil qui ne connait pas de frontières tout en les “reconnaissant”, une rareté pour un américain.
      Je pense que son projet de se rapprocher de la Russie n’y est pas étranger, même si l’intention reste mercantile. Trump est un franc-tireur né.
      Je ne sais pas ce qu’il va en sortir pour l’UE et la France en particulier, mais va falloir s’accrocher aux cocotiers…


      • Lysbeth Levy Le 19 janvier 2017 à 13h16
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        Encore faut il que Trump (que je ne soutient pas hein) arrive au promontoire, le 20 janviers comme prévu ! L’intronisation de Trump sera sans doute agitée parce que “tonton Soros” a déjà “savonné la planche” sur laquelle il voudrait bien le voir glisser .Tout est là : http://www.disruptj20.org/event/our-resistance-march-against-trump-2/ antifa, anars LGBTV et autres communautés vont défiler pour dire leur haine de Trump (fasciste, homophobe, pro-poutine, anti-UE etc….) et peut-être le faire “sauter” ??
        Suivez le guide qui s’est déjà bien renseigné : https://twitter.com/ZlatkoPercinic/status/822045726758666240


  6. Pierre Le 19 janvier 2017 à 05h58
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    C’est bien beau, mais on en revient toujours au même problème : l’Allemagne le peut-elle vraiment ? Comment en effet faire accepter à une population vieillissante qui a besoin d’épargne le fait de concéder chaque année entre 8 et 12 % de son PIB aux transferts de richesse à l’intérieur de la zone €uro ?

    Vous noterez qu’au aucun moment il n’est question d’un recentrage dans une optique multipolaire : cela viendra (peut-être), le jour où on lira dans ce genre de canard le dernier tabou médiatique qui reste à tomber : la possibilité pour les pays européens d’un « pivot vers l’Eurasie » (en singeant le concept obamesque). Non, n’allons pas trop vite en besogne ! Il faudra encore des années d’effondrement pour qu’on en arrive à voir émerger cette idée dans nos médias. Mais il sera alors bien tard, tant les progrès des autres participants nous ferons rentrer par nécessité, mais à un rang inférieur, dans ce projet…


    • Pierre Le 19 janvier 2017 à 05h58
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      Pour finir, vous remarquerez qu’il n’est à un petit moment question dans l’article de la France. Vous savez, ce grand pays dont on nous vante (dans l’Exagone uniquement) le rôle moteur central dans la construction européenne, à parité avec l’Allemagne (le mythe du fameux « couple franco-allemand »). C’est l’un des constats de cet article : la France a bel et bien (presque) disparu.


      • Gier 13 Le 19 janvier 2017 à 07h48
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        J’ai lu, je ne sais plus où, que ce concept de “couple franco-allemand” n’existe pas …. en Allemagne !
        Serai-ce un mythe inventé par les médias français ?

        Quant à la disparition de la France, le simple fait quaucun média français n’ai été convoqué, témoigne bien du désintérêt que suscite notre ex grand pays.


        • Fritz Le 19 janvier 2017 à 09h08
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          Bien sûr, le “couple franco-allemand” est un mythe inventé par les journalistes collabos. Brasillach s’était déjà vanté d’avoir “couché avec l’Allemagne”.

          Côté allemand, on ironise sur la France, cette “grande nation” qui prétend “voyager en première avec un billet de seconde”…

          Entendons-nous bien : je n’ai rien contre les Allemands, j’aime l’Allemagne et sa culture, et je parle allemand. Mais je ne supporte plus cette langue de bois française qui place au pinacle l’Allemagne euro-atlantiste.

          Un bon exemple en est l’usage incorrect du terme “nazi” au lieu d’ “allemand”, quand on parle de “l’occupation nazie” par exemple. C’est bien l’armée allemande, ce n’est pas le NSDAP en tant que tel qui occupait la France. Mais cette langue de bois dissocie les gentils Allemands des méchants nazis, comme si ces derniers étaient des extra-terrestres.


          • LBSSO Le 19 janvier 2017 à 19h44
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            Fritz, si vous avez l’occasion d’écouter des gens de l’Institut Schumann et d’autres ,vous noterez qu’ à l’occasion du Brexit et de la politique de Trump ,ils évoquent une Europe de la défense fondée sur l’Allemagne,la France et …la Pologne .”Des fois” qu’il viendrait au “mythique” couple franco-allemand de sortir des nuées mieux vaut lui adjoindre un ange…gardien.


      • Gwen Le 19 janvier 2017 à 18h23
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        Nous avons pourtant un magnifique réseau d’ambassades, consulats et “établissements culturels” de par le monde. Je crois que la France est le pays qui a le plus grand réseau diplomatique au monde (plus que les U.S.A.). Et puis on a plein d’avantages, comme une base de lancement de fusées en Guyane, des pieds à terre un peu partout (dans les Antilles, à côté du Canada (Saint Pierre et Miquelon), la papouasie nouvelle guinée, les îles Kerguelen….) On a des bases militaires dans de nombreuses anciennes colonies, on entretient de fortes relations avec lesdites anciennes colonies (pas vraiment une bonne chose mais c’est une forme de puissance que de faire la pluie et le beau temps d’un claquement de doigt). Le trésor public français contrôle aussi la masse monétaire qui peut circuler et les investissements des pays qui utilisent le Franc CFA par ceux qui utilisent le CFA.

        Alors oui, c’est dégueulasse, mais c’est une forme de puissance.

        Est ce qu’on peut parler de protectorats ou de gouvernements fantoches dans ces cas là ?


  7. Patrick-Louis Vincent Le 19 janvier 2017 à 08h16
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    Je sens comme l’émergence de deux empires. La reconstruction de l’empire de la mer, constitué des EU et la Grande Bretagne, et une naissance à venir d’un empire de la terre, constitué de l’Allemagne et de la Russie. Car, ne nous leurrons pas. Si l’Allemagne a été partisane des sanctions contre la Russie, c’est en raison de son alliance stratégique avec les EU. Si ceux-ci la laisse tomber, l’Allemagne renouera avec son Ost-Politik, car c’est son intérêt économique.
    La France, dans tout ça, sera coincée entre deux empires et va se trouver considérablement affaiblie. Suivra-t-elle la bête de la mer où la bête de la terre ?
    La France aura deux cartes géopolitiques à jouer si elle veut s’en sortir. Soit (re)créer une Union Latine avec l’Italie et l’Espagne, de façon à former un bloc compact et cohérent, géographiquement et culturellement, soit de négocier avec l’Allemagne pour reformer l’Europe des 6, noyau dur de la construction européenne, mais de manière complètement intégré politiquement et économiquement.
    L’enjeu est donc de taille et les choix qui seront faits seront déterminants pour la paix en Europe.


    • Chris Le 19 janvier 2017 à 12h57
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      En effet, la France aurait tout intérêt à composer avec les pays latins et… africains francophones.
      La France aurait tout intérêt à flirter avec les “autres” blocs (multiralisme) du fait de son positionnement géographique et de son Histoire.
      Mais cela se fera dans les errements et la douleur, jusqu’à ce qu’elle transcende et dépasse ses pulsions colonialistes, si jamais elle y parvient.


      • Ovni de Mars Le 19 janvier 2017 à 13h49
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        Oui mais la francophonie est en déshérence depuis que les présidents Sarkozy et Hollande soumis aux intérêts germano-anglosaxons l’ont laissé tombée . Pas évident de pouvoir remonter la pente alors que par ex., la Chine s’impose en Afrique


    • Gier 13 Le 19 janvier 2017 à 21h55
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      Ce que vous dites, PL Vincent, c’est déjà joué dans l’Antiquité.
      Athènes la vertueuse (elle se voit telle), démocratique et son empire maritime contre Sparte, la tyrannique et son empire terrestre. Il me semble qu’à la fin, c’est Sparte qui gagne, puis les Romains vont venir mettre d’accord tout le monde… vous en tirez les leçons que vous voulez, si tant est que l’on puisse tirer des leçons de l’histoire !


  8. Vassili Arkhipov Le 19 janvier 2017 à 09h05
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    Poursuivre l’intégration européenne plus avant coûterait à l’Allemagne entre 5 et 10 % de son pib. (Voir sapir). Personnellement, je ne leur en veux pas, et refuse poliment leur “leadership du monde libre”.
    En passant regardez comme les termes les plus novlanguiens de la Guerre Froide sont recyclés… bientôt un Axe du Mal? J’ai hâte


  9. Lysbeth Levy Le 19 janvier 2017 à 09h57
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    Pas hors sujet mais utile de lire la peur de l’élite mondiale à Davos de la fin de la Mondialisation sous couvert de peur du “populisme” populaire (entendre des peuples fatigués) et c’est le Monde qui s’y met : http://www.lemonde.fr/international/article/2017/01/19/a-davos-les-elites-redoutent-la-fin-de-la-mondialisation_5065120_3210.html

    “Les participants du Forum économique mondial s’interrogent sur les raisons de la déferlante populiste à l’origine de l’élection de Donald Trump””.


    • BEOTIEN Le 19 janvier 2017 à 23h39
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      Leur peur devrait SURTOUT être la nôtre. Car elle signe pour les derniers d’entre eux qui ne l’avaient pas encore compris, la nécessité* d’encore plus user du pouvoir de nous contrôler via le big data et le corpus juridique (que les attentats leur fourni prétexte à rendre toujours plus liberticide).

      * Une poignée qui a tout contre des milliards qui n’ont rien… vous éprouveriez quoi à leur place ? Ce que vous devriez éprouver si vous réalisiez qu’en tant que peuple (des pays développés) c’est exactement la situations dans laquelle nous trouvons face au 6 milliards qui manquent de tout ce que nous avons, à commencer par les terres arables.


  10. christian gedeon Le 19 janvier 2017 à 10h05
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    Ben dis donc… Il fait un peu peur là Romaric,présentement. Il voit l’Allemagne comme socle et leader du “monde libre ” maintenant ? hoho ! Pour le coup,j’hallucine,comme on dit de nos jours.Ceux qui ne connaissent pas l’histoire sont condamnés à la répéter,décidement. Mais cher M. Godin,depuis que Kohl a littéralement empapaouté le si futé Mitterrand (ah mon Dieu,cette image pathétique du colosse tenant la main du petit François),le couple franco-allemand est devenu une histoire de dominant / dominé.On a lâché sur tout,partout. Sur la monnaie,sur la souveraineté,sur l’industrie,et on en est même arrivé à servir de supplétifs militaires gratuits à une “europe ” germano formée,avec ses satellites hollandais,belges,luxembourgeois et depuis le nouveau drang nach osten,slovène,croate,polonais et balte…pendant que se reforme tranquillement un Reich qui maîtrise la monnaie et pratiquement toutes les strates de”l’europe”,il s’en trouve encore pour faire de l’Allemagne un rempart…c’est de la folie pure.


    • Perekop Le 19 janvier 2017 à 11h29
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      Sans parler de cette phrase ridicule sur la nécessité militaire pour l’Allemagne de se protéger de la Russie… ce cher Godin qui semblait si lucide sur la Grèce est décidément gagné par les virus russophobes/poutinophobes ambiants. Dommage.


    • Azza Le 19 janvier 2017 à 12h59
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      Ca fait beaucoup rire Emmanuel Todd

      a 14:10….

      https://www.youtube.com/watch?v=EBwfop1OuzI


    • BEOTIEN Le 20 janvier 2017 à 00h05
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      Même que, nonobstant ce que je viens d’écrire à propos de Trump, si les institutions américaines (et la quantité d’armes individuelles en circulation qui, ont tous les défauts, sauf celui de rendre ce peuple là facile à asservir par la force*) s’avèrent assez résilientes pour le contenir, ils se pourrait bien qu’on ait encore à remercier ce côté là de la mare aux harengs de nous protéger de celui dont il faut craindre le réveil de ces vieux démons. A commencer par la propension historique des Allemands à se croire tellement meilleurs que les autres peuples (Ach bedits Franzouzen dizibline bas aimer) qu’il doit se charger de les mettre au pas… de l’oie. D’autant que, nous, Français souffrant d’une autre forme de sentiment de supériorité tout aussi dangereuse… nous ne devrions jamais nous croire prémuni du risque de retour des pires heures d’une Histoire trop riche de nos “guerres civiles entre européens”.

      * Bien pour ça que les dominants le font par le verbe (“rêve américain”, idéologie libérale et autres fariboles qui font accepter à la masse de toujours plus trimer pour engraisser ceux qui les gratifient de leurs miettes).


  11. Azza Le 19 janvier 2017 à 12h44
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    Olivier, Il va etre temps de reinviter Todd.


    • BEOTIEN Le 20 janvier 2017 à 00h12
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      En gros ce que je viens d’exprimer à ma façon. A ceci près que je crains fort qu’il ne voit pas une donne entièrement nouvelle : le pouvoir d’automatisation du contrôle individuel ET le fait que TOUS les dominants de toutes les contrées y ont un égal intérêt (inclus pour se combattre) ET qu’une fois en place il ne pourra plus jamais être arraché à ceux qui s’en seront (sont ?) emparés.


  12. Chris Le 19 janvier 2017 à 13h06
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    Un défi “Kolossal” pour l’Allemagne… (Je préfère le mot allemand)
    Sans aucun doute, puisque Trump a l’intention de marcher sur les mêmes plates-bandes que l’Allemagne : production industrielle et export.
    Pour l’Europe ? Le mal est déjà fait : les caniches bien en laisse attendent leur maitre pour aller pisser. Ou finiront-ils par casser le collier pour satisfaire leurs besoins ? Grosse Frage.


  13. Renaud Le 19 janvier 2017 à 13h25
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    Les teneurs des messages ci-dessus dessinent en creux et par défaut que la France va, si elle ne l’est déjà, se trouver assise entre deux chaises. Je n’ai aucun atome crochu avec Sarkozy, mais la presque seule chose bien inspirée qu’il aura voulu faire, une Union Méditerranéenne, lui a été formellement interdit au coup de sifflet donné par sa patronne Madame Merkel, et ce, au “nom” de l’ “Europe” (alias l’Allemagne). C’est là un exemple affligeant de la finitude de la France.
    Je me suis toujours demandé pourquoi la France n’a jamais resserré les liens avec l’Italie, l’Espagne et le Portugal (par exemple, la communauté franco-portugaise en France est importante et plutôt “bien dans sa peau”, les liens avec l’Italie sont séculaires, etc). Il existe bien une communauté ou entité latine, hélas marginalisée à cause du “poids” économique de l’empire anglo-américain devenu une gêne pour le monde tout comme l’Allemagne ce contremaître dont nous devrions nous passer en France.


    • Ovni de Mars Le 19 janvier 2017 à 13h53
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      Oui mais les liens latins ont été distendus. Pour prendre un exemple : Il y a quelques décennies les Italiens parlaient bien le français. Aujourd’hui ils n’apprennent que l’Anglais, la langue imposé à l’Europe par l’empire Nord-Américain


    • BEOTIEN Le 20 janvier 2017 à 00h30
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      Pourquoi ?

      Parce que Miťterand, effrayé par la réunification, a cru juguler le danger en arimant nos destins communs à l’euro.

      Louable intention. Mais analyse un peu courte par méconnaissance des mécanismes économiques et myopie vis à vis de la permanence des mentalités ?

      A moins que conscient de tout ça, il ait juste voulu acheter un répit le temps que notre natalité nous redonne le dessus. Inclus au plan économique une fois mangé par l’Allemagne le pain blanc que lui donne actuellement une population qui fait l’économie des jeunes sans que ses vieux n’aient encore commencé à trop ruineux la ruiner (hormis ses sentiments chrétiens, pour faire court : bien parce qu’elle s’inquiète de qui poussera son fauteuil roulant que la chancelière s’est montrée si accueillante aux réfugiés !).


  14. christian gedeon Le 19 janvier 2017 à 13h30
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    Je ne veux embêter personne…mais la défiance à l’égard du bloc germanique ne date pas d’aujourd’hui…les dirigeants censés du monde,et çà commence avec Frédéric II de Hohenstaufen,brillant s’il était,(et néanmoins germanique),puis Charles Quint,les deux ayant largement les moyens militaires de faire une unité allemande,s’en sont bien gardé,et même au détriment de leurs propres intérêts…les empereurs d’Autriche,à l’heure de leur gloire eussent pu faire la même chose.Eux aussi s’en sont gardé…ils craignaient tous,par dessus tout,un bloc allemand uni. Et pour cause. Qu’on y pense bien.


  15. Nanker Le 19 janvier 2017 à 16h08
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    “Pour la première fois depuis 70 ans, un président des Etats-Unis affiche une vraie défiance a priori face à l’Allemagne fédérale, perçue clairement comme un rival”

    On a le droit de dire “bien fait Merkel!”?
    Après avoir sournoisement profité de l’euphorie européenne (années 90-2000) pour vendre des Mercedes à tout le continent l’Allemagne a retourné sa veste en 2008 en se disant “bye-bye l’UE, l’avenir c’est la Chine!”.
    Et dans ce “bye-bye l’UE” il y avait l’idée de se séparer des PIIGS suitant de l’Europe du sud et de se rapprocher de “l’aristocratie” anglo-saxonne dont “naturellement” les Allemands font partie.

    Hé bien Trump vient de fermer la porte du club au nez de Merkel! Il veut bien y faire entrer Theresa May mais pas Angela, qui se retrouver bien seule avec ces pays crasseux et sous-développés que sont l’Espagne l’Italie le Portugal… et la France?


  16. Nanker Le 19 janvier 2017 à 16h08
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    De toute façon il fallait être bien naïve pour ne pas voir que si Obama faisait du pied à Merkel c’était seulement pour la retourner et en faire le pivot de l’opposition européenne à Poutine. Car cette opposition n’est rien sans l’Allemagne: vous imaginez la Pologne et les Baltes offrir un contrepoids sérieux à la Russie?


  17. Larousse Le 19 janvier 2017 à 16h33
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    “Cette nouvelle situation contraint donc l’Allemagne à assumer une place de puissance qu’elle a toujours refusé d’assumer ouvertement et directement.” les termes “contraint” et “a toujours refusé” sont des termes soit naïfs soit volontairement faux.
    Selon moi, l’Allemagne a, par instinct, une volonté de puissance naturelle – l’analyse d’Emmanuel Todd sur le “système familial autoritaire” de l’Allemagne. Et Pierre a de bonnes remarques sur la population allemande et ses besoins, mais cela ne change pas le “système familial”.
    Quant à moi, je me méfie :
    la volonté allemande a commencé en Slovénie et Croatie (Hinterland) par la dislocation de la Yougoslavie… puis au Kosovo (bataillon allemand…) et tout récemment avec la sale affaire de “Maïdan” en Ukraine (voire les victimes du Donbass peut-être)
    Donc, pour moi oui à la fin de l’UE allemande, oui aux nations européennes … et juste de temps en temps : oui à la “deutsche qualität” pour quelque produit


    • LBSSO Le 19 janvier 2017 à 19h17
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      Ce point de la gestion de l’hinterland par l”Allemagne du point de vue des relations avec la Russie est capital.G Schroder semblait avoir trouvé un équilibre que n’a pas maintenu ou approndit A Merkel .Etait-ce possible ? Je suis bien incapable de répondre mais je suis certain qu’une certaine volonté n’a plus été au rendez-vous….
      Enfin les différents modèles familiaux, allemand autoritaire non égalitaire ,américain libéral indifférent à l’inégalité , russe autoritaire et égalitaire permettent-ils d’anticiper des alliances ?
      Cette question a t elle un sens ? Emmanuel si “tu” nous écoutes …


  18. Julie Le 19 janvier 2017 à 18h23
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    Donc Obama écoutait “poliment” les conversations privées de Merkel et autres membres du gouvernement allemand. Ca soulage, c’est sûr.


  19. Lysbeth Levy Le 19 janvier 2017 à 20h20
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    Bah on nous répète qu’il ne faut pas faire du racisme “anti-allemand” voir a propos du livre de Mélenchon sur le “Hareng de Bismarck”, critiqué car anti-allemand, mais pour les “autres”(pays, nations ou ethnies !) comme la Russie il ne faut pas se gèner hein. Au fait Martin Schulz Eurodéputé allemand veux faire payer les “fakes news” ou plutôt censurer l’internet au niveau européen : http://www.dw.com/en/german-eu-politicians-talk-tough-punishments-for-fake-news/a-36816135
    Est-ce très “allemand” cette censure ? Surfant sur le prétendu “piratage russe” ou les “leacks” contre Trump”, les voilà nos “démocrates européens” près a faire payer les sites, ou facebook avec une somme énorme Que du bonheur.: quand l’histoire sera débunkée (aux Usa c’est presque déjà fait) et bien merci a eux d’avoir créer un “fake-news” pour censurer nos sites ou nos internets. .


  20. Krystyna Hawrot Le 19 janvier 2017 à 21h33
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    Ce qui est bien avec Trump; c’est qu’il dit les choses en face. Que l’Allemagne doit cessé de jouer à l’agneau et assumer ce qu’elle est: une puissance dominante, avec le risque qu’il faille ouvertement défendre son bifteck, au lieu de se dissimuler confortablement derrière le rideau de fumée propagandiste de l’UE. Et être une puissance dominante c’est être aussi exposée à des critiques, à la concurrence et la rivalité. Peut etre que les autres Européens se prendrons enfin en main et vont enfin s’émanciper… il est temps, car l’Allemagne domine le continent non pas depuis 2010 mais depuis 1989.


  21. BEOTIEN Le 19 janvier 2017 à 23h27
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    S’il n’y avait à s’inquiéter que de Trump !

    A faire lire d’urgence à tous les grands “petits n’enfants” qui rêvent de se faire botter le c… par des “hommes forts” avant qu’ils ne nous ramènent les nouveaux Hitler*, Mussolini, Staline, Mao, Castro… dont, technologie de controle via big data oblige, nous ne pourrons plus jamais nous débarrasser (en tout cas avant que le plus fou d’entre-eux finisse par déclencher le grand feu d’artifice qui signera l’extinction de notre espèce).

    http://theconversation.com/trump-poutine-erdogan-comment-expliquer-le-succes-des-cesars-du-xxi-siecle-71421

    * Dont certains devraient se souvenir qu’avant de mettre l’Europe à feu et à sang ses viciferattions dans les brasseries de Munich ont longtemps attiré un public qui s’en amusait comme d’aucun aujourd’hui de Trump.

    PS : suggestions à Olivier de consacrer une page à cet éclairant papier.


  22. lon Le 21 janvier 2017 à 13h33
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    “…..et à une Russie qui est plus que jamais un concurrent de l’Allemagne en Europe de l’Est…..”

    Je me demande où Godin va pêcher de telles affirmations , l’Europe de l’est est devenue une chasse gardée allemande sous protection militaire otanienne .

    L’avenir c’est peut-être l’alliance germano-russe :
    https://francais.rt.com/economie/27990-poussee-investissements-allemands-russie-malgre-sanctions

    Les français , deuxièmes investisseurs européens en Russie après l’Allemagne , attendent que leurs politicards sanctionnards descendent de leur nuage atlantiste . Bon en attendant ils peuvent toujours vendre des armes aux saoudiens , c’est toujours ça de pris .


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