A mon sens (ce n’est que mon avis personnel, pas une accusation) l’affaire Kerviel me semble assez simple :

  • Kerviel est probablement coupable de faux et abus de confiance ;
  • la direction de la banque ne savait probablement pas qu’il jouait avec 50 milliards ;
  • MAIS il est probable que la banque (ou plutôt beaucoup à l’intérieur) savait qu’il ne fallait pas regarder de près ce qui ce passait dans ces services qui ramenaient beaucoup d’argent

C’est d’ailleurs une hypothèse qui rend logique les faits et comportements…

Il n’y a d’ailleurs qu’à voir la rentabilité hors-norme de la Société générale à l’époque Kerviel :

On rappelle que la Banque “casino” (BFI) de la Sogé représentait en 2006 30 % de la banque, mais 50 % des profits, avec une rentabilité des capitaux après impôts de près de 50 % :

Bref, “mais qui diable aurait pu penser qu’ils faisaient n’importe quoi ????”

Eh bien lisons le propre rapport de l’inspection générale de la Société Générale sur l’affaire Kerviel – il est à lui seul édifiant…

Le rapport de l’Inspection Générale de la Sogé (rapport Green)

Qu’y lit-on ? C’est assez simple :

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Bref, la banque est un gros gros bras cassé en contrôle…

Qu’a déclaré Kerviel à sa banque comme bénéfice en 2007 ?

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Donc ce petit trader indique avoir réalisé à lui seul 43 millions d’euros de bénéfice – tout va bien, où est le problème ?

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Bon, ok, à lui seul Kerviel représente donc 60 % du bénéfice de son service sur une activité qui n’est pas censée rapporter plus de 3 millions (ce qui, au vu de son activité, indique qu’il joue en fait sur un volume de 8 à 10 fois supérieur à celui des autres…)…

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Mais qui qui qui aurait pu s’en rendre compte ?

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Bon, 74 alertes, ça va ça vient, hein – dont 39 en rapport direct avec la fraude...

Allez, je vous les mets :

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La réponse judiciaire

La condamnation de la Sogé par la Commission bancaire :

“Sur les contrôles hiérarchiques

“Considérant qu’il ressort de l’instruction que de graves défaillances ont eu lieu dans le suivi et le contrôle de premier niveau, telles qu’elles étaient définies par les règles internes pour le premier niveau hiérarchique de l’opérateur de marché Monsieur A (ci-après l’opérateur) ; que, notamment, le suivi détaillé et quotidien de l’activité de cet opérateur n’a pas été assuré, alors que les informations mises à la disposition de la hiérarchie, en particulier la balance de trésorerie des portefeuilles gérés par cet opérateur, ont fait ressortir tout au long de l’année 2007 des soldes et des variations difficilement explicables au regard des activités confiées à celui-ci ; qu’aucun contrôle n’a été fait, sur la copie envoyée à la hiérarchie de l’opérateur, des réponses du service de déontologie à EUREX qui avait demandé des explications sur la stratégie sous-jacente à des prises de positions ; que les écarts identifiés à l’occasion des travaux de réconciliation des résultats comptables et de gestion, dont la ligne hiérarchique directe a été avisée en mars et avril 2007, n’ont pas donné lieu à des demandes de justifications à l’opérateur ; qu’il n’y a pas eu ultérieurement d’analyse suffisante de l’origine des gains affichés par cet opérateur, en dépit du fait que ces résultats très favorables paraissaient difficilement explicables par les seules opérations qu’il était autorisé à effectuer, notamment dans les conditions de marché prévalant au 4e trimestre 2007 ; que la hiérarchie n’a pas non plus veillé à ce que l’opérateur applique la procédure interne en vigueur en matière de prise de congés, qui fait partie du dispositif de surveillance permanente et a une importance spécifique pour les activités de marché ;”

Sur les contrôles permanents exercés par les autres services

Considérant qu’il ressort de l’instruction que les agents des unités chargées des contrôles, notamment du post-marché et du suivi de marché, étaient insuffisamment sensibilisés aux problématiques de fraude et de détournement, la détection de la fraude devant faire explicitement partie de leurs missions ; que, alors que ces services disposaient de certaines données dont le contrôle, s’il avait été effectué au niveau individuel, aurait pu permettre d’identifier les positions de l’opérateur contraires aux règles, leurs diligences se consacraient en priorité à l’apurement des anomalies ; que les écarts apparus à plusieurs reprises en 2007 n’avaient pas suscité d’investigations suffisamment approfondies, alors que les explications et justificatifs apportés par l’opérateur comportaient des anomalies ou des carences ; qu’en outre, il n’existait pas de dispositif de profilage permettant d’identifier un nombre élevé d’anomalies imputables à un même opérateur ; que de manière plus générale, ces services, qui étaient très chargés par les tâches d’exécution, manifestaient peu de recul par rapport à la nature des opérations ou des mouvements traités ; que, organisés par produit, en dehors de toute approche transversale, ils ne disposaient pas d’une vision globale des opérations en suspens ou en anomalie par « desk » ou centre d’activité ; que, de même, les investigations conduites par la Direction des risques dans le cadre du traitement d’écarts entre les résultats économiques et comptables et la réaction de la Direction de la déontologie aux demandes d’informations qui lui ont été transmises par EUREX sur les opérations initiées par cet opérateur n’ont pas été conformes à ce qu’exigeait la prévention du risque de fraude ; que ces faiblesses étaient de nature à affecter dans ce domaine la qualité du système de contrôle interne des activités de marché, faute d’être compensées par d’autres contrôles ;

Considérant, en outre, que sur plusieurs points les procédures internes, conçues pour la maîtrise des risques de marché, n’étaient pas bien adaptées au suivi du risque opérationnel et ont permis que les manoeuvres d’occultation ne soient pas détectées ; qu’il en est ainsi par exemple de l’absence d’échange de confirmations avec les contreparties internes au groupe ou de l’abandon du contrôle quotidien des flux dits de provisions en 2006, suite à l’automatisation des contrôles mensuels ;”

Etc, j’en passe et des meilleures… du genre “les moyens affectés au contrôle permanent étaient insuffisants en termes quantitatifs comme qualitatifs, au regard de la nécessité de prévenir le risque opérationnel” ou “il ressort de l’instruction que la sécurité du système d’information présentait des failles importantes” ou le grandiose “il ressort de l’instruction que le dispositif de limites encadrant l’activité du desk « Delta one » était inadapté au suivi du risque opérationnel en raison en particulier de l’absence de limites sur les positions brutes et sur les positions intra journalières”

Chacun jugera si la sanction consistant en un blâme et 4 millions d’euros d’amende est une réponse du régulateur adaptée à ceci…

Le 1er jugement de Kerviel :

La banque est blanchie…

L’arrêt de la Cour d’appel sur l’affaire :

La banque est encore blanchie…

L’arrêt de la Cour de cassation de Kerviel

Une vie intelligente développée semble exister à la Cour de Cassation, qui confirme la condamnation pénale, mais casse la condamnation au remboursement intégral de la banque (vu qu’elle a eu un rôle par sa négligence coupable), et renvoie le dossier en appel (on attend toujours l’arret) :

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On verra donc bientôt ce qu’en dira la justice – ce n’est pourtant pas la peine d’avoir fait Polytechnique pour voir qu’il y a un léger souci

Rappelons que, comme la justice a blanchi la banque, l’État a couru au secours de la banque – suivant le classique syndrome de Stockholm (ou la corruption ?) – l’autorisant à déduire fiscalement sa perte, ce qui a coûté environ 2,2 milliards d’euros à l’État

Comme on l’a vu, certains parlementaires ont tenté de défendre le contribuable en interpellant l’État (vérolé).

Moscovici avait répondu à l’époque à la saisie de Marie-Noëlle Lienemann (un petit merci fait toujours plaisir, je lui ai écrit mn.lienemann@senat.fr ):

Et là, c’est formidable, car quand on lit, on voit combien, comme avec Tapie, le ministre défend la banque plutôt que le contribuable, par une malhonnêteté foncière des arguments mis en avant. Le pompon étant :

moscovici

Donc “il faut voir s’il y a eu des carences graves de contrôle”, mais à ce stade la justice a dit que “les dirigeants n’étaient pas au courant”, sauf qu’on s’en moque, le but n’étant pas de voir s’ils savaient, mais “s’il y a eu des carences graves de contrôle”, et, pas de bol, c’est mot pour mot ce qu’a dit la Commission bancaire, pourtant citée par le ministre !

À quand la saisie de la Cour de Justice de la République – on parle de 2 milliards là… ?

On admirera la vision de la “journaliste” ici, qui passe son temps à ne pas répondre au seul sujet intéressant : les 2,2 milliards du contribuable et donc à la culpabilité de la banque (celle de Kerviel n’a aucun intérêt général)…

32 réponses à Affaire Kerviel : quand la justice se moque du monde…

Commentaires recommandés

jjp Le 07 juillet 2016 à 09h42

Non, mais, il faut arrêter, quand c’est votre compte en banque, la banque sait parfaitement ou est chaque centime, mais quand c’est leur propre trader, ils ne savent pas ou sont 50 Milliards.

Il faut arrêter de prendre les gens pour ce qu’ils ne sont pas.

Et depuis quand les patrons ne sont plus responsables des erreurs de la boite, peu importe qui est réellement le fautif?

Et même si JK est très intelligent, c’est exactement pour cette raison qu’il a été embauché, alors, il ne faut pas pleurer après.

Et enfin, si la direction ne savait pas (quasi impossible selon moi, mais je ne suis pas un spécialiste), elle est coupable de ne pas s’en être occupée, et si elle savait, elle est directement fautive.
Dans tous les cas, la direction est responsable.

  1. PatrickLuder Le 07 juillet 2016 à 06h09
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    Que l’Etat fasse un “geste” ponctuel pour sauver une banque : OK
    Mais la banque devra ensuite rembourser l’Etat, NON ???

    C’est juste “cadeau” ?

    Je n’arrive pas à comprendre …


    • athena42 Le 07 juillet 2016 à 07h29
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      “Mais la banque devra ensuite rembourser l’Etat, NON ???”

      Ben non, pas dans ce cas là, comme vous dites, c’est cadeau. Prétexte: aider la gentille banque qui a été victime d’un méchant escroc.

      Je vous mets en lien la note du blog de Mélenchon qui explique toute l’affaire+l’extrait qui répond à votre question:

      “il existe un mécanisme dans notre pays qui permet à une banque de récupérer une partie de ses pertes (33%) si elles résultent d’une action frauduleuse”
      http://melenchon.fr/2013/06/20/kerviel-est-innocent/


  2. JEAN DUCHENE Le 07 juillet 2016 à 06h22
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    C’est en effet assez simple. Le plus probable est que la banque (la hiérarchie de Kerviel) savait, mais si elle ne savait pas elle est hautement condamnable pour son incompétence. Le problème est de savoir si l’état a récompensé la complicité ou la négligence.


  3. Ardéchoix Le 07 juillet 2016 à 07h23
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    “On rappelle que la Banque “casino” (BFI) de la Sogé représentait en 2006 30 % de la banque, mais 50 % des profits, avec une rentabilité des capitaux après impôts de près de 50 % “:
    Voilà des chiffres qui parlent, cool pour la rentabilité qui ferait rêver n’importe quel entrepreneur, le problème ce n’est pas leur argent, mais le votre avec l’effet levier environ 70. Quand à la remise avant impôts, merci qui ? Merci “mon ennemi c’est la finance” !!! Mais bon il est vrai qu’avec une dette de 100% du pib on ramène pas sa science .


  4. athena42 Le 07 juillet 2016 à 07h23
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    Bonjour,

    Mélenchon a lancé une pétition à ce sujet il y a 3 jours justement.
    Ça n’a pas l’air de soulever les masses, et c’est bien dommage.
    Je vous laisse le lien au cas où…
    https://www.change.org/p/la-soci%C3%A9t%C3%A9-g%C3%A9n%C3%A9rale-doit-rendre-2-2mds-d-argent-public-re%C3%A7us-dans-l-affaire-kerviel-nosimpots


  5. Amélie Le 07 juillet 2016 à 08h17
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    Aie. Que la direction ne savait pas… si vous faites un sondage à la banque, environ 100% des employés non impliqués diront que leur opinion c’est que la direction savait. Kerviel est coupable de certaines choses c’est clair,mais certainement pas le seul.


  6. Renaud 2 Le 07 juillet 2016 à 08h40
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    C’est en effet très simple, on ne touche pas à La Banque. C’est encore une preuve de plus de la corruption totale de l’Etat face aux forces financières. A rapprocher du discours de Danièle Mitterrand sur François : “je suis président mais je ne peux pas affronter la Banque Mondiale”. Le coeur du pouvoir de notre système est bien là. Car Société Générale, bien que française, n’en est pas moins une multinationale. L’Etat français est donc là pour la servir et non la sanctionner. Vivement les TAFTA et TISA pour que soit gravée dans le marbre la supériorité des multinationales sur les Etats…


  7. blackisto Le 07 juillet 2016 à 09h22
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    Ce que dis Olivier est correct, le middle office avait en 2007 (et en fait TRES probablement aujourd’hui aussi) un pouvoir quasi nul sur l’activité des trader.

    En gros, quand le middle interroge un trader sur une alerte automatique; le trader peut facilement lui répondre “ta gueule”. De toute façon, l’information est cloisonnée, de sorte que le middle ne comprend quasiment rien aux choses qu’ils sont censés contrôler. C’est pas qu’ils sont idiots; c’est qu’ils n’ont pas d’information.

    En bref, c’est évident que le management savait que J.K faisait du “spliel”; puisque tous les trader font du spiel.
    Après; l’affaire Kerviel reste un énorme mystère pour moi; car il me parrait clair que la direction n’était pas au courant pour les 50 Milliards de position. Ils pensaient que c’était beaucoup beaucoup moins. Je ne porte pas de jugement : la SG est coupable de beaucoup de choses. Mais pour les 50 Milliards ils ne savaient pas.
    Ce que je ne comprend toujours pas; c’est l’intérêt — du point de vue de J.K — d’accumuler des positions aussi astronomiques. Il aurait pu se limiter à peut être 500 Millions que ça aurait été largement suffisant comme exposition. Peut être un craquage à la Nick Leeson… mais J.K. était qqn de très intelligent.


    • athena42 Le 07 juillet 2016 à 09h38
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      S’ils ne savaient pas (hypothèse la plus favorable pour eux) c’est qu’ils ont tout fait pour ne pas savoir, c’est déjà un tort quand vous assumez des responsabilités pareilles.

      A rapprocher de situations quotidiennes qu’on a (tous?) vécues, et où on s’est mis la tête dans le sable volontairement (le tonton louche, le mari trompé, le cousin jaloux…J’ai assisté à des réunions de famille très intéressantes à la Festen: un qui met les pieds dans le plat, les autres plongent le nez dans leur assiette en faisant semblant d’avoir les oreilles bouchées, et par la suite, “ne se rappellent plus de rien”). C’est le même mécanisme.

      JK n’avait pas d’intérêt perso mais psycho humaine plus compliquée que ça. Il n’y a que les néocons pour penser qu’une psycho humaine se réduit à la défense d’un intérêt perso. Hypothèses: engrenage dont on ne peut plus sortir, adrénaline dont on ne peut plus se passer, revanche sociale (je suis le meilleur alors que ma famille est modeste) etc. Les explications possibles sont innombrables.


    • alfred Le 07 juillet 2016 à 09h51
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      1-Beaucoup de gens sont réputés intelligents jusqu’à ce qu’il soit prouvé qu’ils sont bêtes.
      2- l’agilité intellectuelle ne protège pas de la connerie (suffit de se racornir, de ne pas se remettre en questoon, d’avoir peur etc etc..)
      Bref jt’aime bien meluche m ais pas d’accord pour faire de kerviel une pov victime. Coupable comme la banque point.


    • Olivier Berruyer Le 07 juillet 2016 à 10h41
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      Folie du jeu… Ca arrive tous les jours dans un casino…

      allez voir le film


  8. jjp Le 07 juillet 2016 à 09h42
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    Non, mais, il faut arrêter, quand c’est votre compte en banque, la banque sait parfaitement ou est chaque centime, mais quand c’est leur propre trader, ils ne savent pas ou sont 50 Milliards.

    Il faut arrêter de prendre les gens pour ce qu’ils ne sont pas.

    Et depuis quand les patrons ne sont plus responsables des erreurs de la boite, peu importe qui est réellement le fautif?

    Et même si JK est très intelligent, c’est exactement pour cette raison qu’il a été embauché, alors, il ne faut pas pleurer après.

    Et enfin, si la direction ne savait pas (quasi impossible selon moi, mais je ne suis pas un spécialiste), elle est coupable de ne pas s’en être occupée, et si elle savait, elle est directement fautive.
    Dans tous les cas, la direction est responsable.


    • blackisto Le 07 juillet 2016 à 09h55
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      Oui je n’ai pas dit le contraire.

      La SG est entièrement responsable de ce qui s’est produit; et ce que sens les ristournes d’impôt devraient être restituées. La SG a eu des contrôles défaillant et fait d’une certaine façon exprès d’avoir des contrôles défaillants.
      De plus, J.K. a été “créé” par la SG; tout les gens qui travaillent en Front Office vous diront la même chose.

      Ceci étant dit, on a toujours pas le “mobile” dans cette affaire. Le commentaire d’athena42 est bien à l’ouest dans le sens ou — sauf gros craquage — les trader agissent TOUJOURS dans un unique but : maximiser leur bonus. C’est la seule chose qui compte, et encore une fois il suffit de mettre les pieds en salle de marché pour le savoir. Et, dans cette perspective là; ces positions de 50 Milliards n’ont aucun sens. Une fraude plus petite (je disais 500 Millions) aurait été bien plus judicieuse.
      Il reste l’hypothèse du “craquage”, “burn-out”, “adrénaline”, appellez le comme vous voulez. Mais je trouve cette hypothèse légère et j’espère que vous m’en excuserez.


      • jjp Le 07 juillet 2016 à 10h03
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        Pas la société, la direction est responsable.

        Comment les contrôles ont pu être défaillants, alors que les contrôles sur votre compte en banque ne sont JAMAIS défaillants.

        La banque sait parfaitement comment faire pour ne pas être défaillante, la seule hypothèse donc, c’est que les contrôles ont été conçus pour être défaillants. La direction est donc doublement fautive alors.

        Quelle que soit la psychologie de JK, il faisait ce que la boite voulait qu’il fasse, il ne lui aurait jamais été permis de faire qqchose que la banque ne voulait pas qu’il fasse.

        JK n’est pas le pb, c’est la banque le pb.

        Et concernant sa motivation personnelle, elle est évidente, il pouvait se faire des bonus monstrueux avec l’argent des autres, pourquoi se serait il arrêté?


      • athena42 Le 07 juillet 2016 à 11h09
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        les trader agissent TOUJOURS dans un unique but : maximiser leur bonus. C’est la seule chose qui compte, et encore une fois il suffit de mettre les pieds en salle de marché pour le savoir.

        Je ne suis pas d’accord. Ce que vous voyez dans une salle des marchés n’est pas le reflet du fonctionnement profond des gens. Je n’ai vu qu’un côté du miroir: je reconnais bien volontiers n’avoir jamais mis les pieds dans une salle des marchés. En revanche, j’ai connu des traders et des grands commerciaux (gestion + recherche grands comptes) sur le plan privé. A chaque fois il s’agissait de gens qui avaient des embrouilles perso à régler avec la société, leur famille etc. Donc si vous voulez, le but apparent pouvait être de maximiser le bonus, mais ce n’était pas le vrai sujet. D’où dérives possibles.


      • JCH Le 07 juillet 2016 à 16h42
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        Le “mobile”? Je vois peut-être ça de manière simpliste, mais je doute que tout au long de sa carrière, JK ait eu 100% du temps un P/L positif. Il a réussi à réaliser des gains astronomiques, mais j’imagine que de temps en temps il était dans le rouge et arrivait (avec un bon mélange de chance et de talent) à redresser la barre. Et je suppose aisément qu’il avait les félicitations de toute sa hiérarchie jusqu’au plus haut niveau lorsque ses résultats sur base annuelle apparaissaient, et qu’il était encouragé à continuer.

        Et puis un jour, la position dans le rouge était telle qu’il n’a pas été possible de faire le dos rond et ignorer l’exposition monumentale, et JK n’a pas eu le temps / l’opportunité de continuer à trader et rétablir la situation. Lorsque l’instruction de sortir des positions immédiatement est tombée, non seulement les pertes ont été réalisées, mais j’imagine bien que les autres intervenants sur le marché ont senti le sang dans l’eau, ce qui a alourdi la note finale.

        De mon avis, JK a été encouragé par sa hiérachie jusqu’au dernier moment, et n’oublions pas qu’il a alors 31 ans, et que la SG a été son unique employeur: il a du tomber de haut quand il a compris qu’il était le lampiste.


  9. Pierre VICTOR Le 07 juillet 2016 à 10h08
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    La SG doit sans tarder rembourser la somme faramineuse que les contribuables français lui ont indûment versée. Que l’État utilisé la totalité de cet argent pour accueillir DIGNEMENT les Migrants ayant fui leurs pays pour cause de manque de liberté, de guerre, de misère économique, etc…ainsi que pour installer DÉCEMMENT tous les Roms situés sur notre territoire.
    Les fonds seront alors utilisés pour des êtres humains qui en ont vraiment besoin !


    • jjp Le 07 juillet 2016 à 10h19
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      Et nos 10 millions de chômeurs, ils n’ont droit à rien?


  10. Prométhée Enchaîné Le 07 juillet 2016 à 10h33
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    Thinkerview interroge Maître Koubbi, avocat de J. Kerviel, sur cette affaire :
    https://www.youtube.com/watch?v=jiMv-YIifTI


  11. Pierre Bacara Le 07 juillet 2016 à 10h34
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    Quel est le sujet ? Autrement dit : sur quel(s) type(s) de titres Jérôme Kerviel a-t-il pris des positions ? Quels étaient les sous-jacents de ces derniers ?


  12. JT Le 07 juillet 2016 à 14h57
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    Bonjour,

    Il me semble que vous pourriez également être intéressé par cet article :

    http://www.latribune.fr/entreprises-finance/banques-finance/banque/20100107trib000459472/societe-generale-va-regrouper-en-france-ses-35-milliards-d-euros-d-actifs-toxiques.html

    On y apprend qu’en 2010, la SocGen a regroupé en France 35 milliards d’actifs toxiques qui ont été purgés grâce à la clémence de l’administration fiscale. Je cite :

    “En clair, Société Générale pourra ainsi défalquer les pertes liées aux actifs toxiques de son résultat imposable en France.”

    En d’autres termes, ces 35 milliards ont été aux frais du contribuables. Mais il fallait un bouc-émissaire en la personne de Kerviel pour masquer des pertes en réalité bien plus colossales. De mon point de vue, nous sommes face à un scandale d’état qui a savamment été étouffé… Il est même étonnant que la Tribune ait publié cet article.


    • Papagateau Le 07 juillet 2016 à 22h48
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      C’est le scandale à l’intérieur du scandale.

      Pourquoi devrait-on “aider” de 35 milliards, une banque qui s’est fait escroquer de seulement 2 milliards ?

      Pourquoi ?


  13. Picolo Le 07 juillet 2016 à 16h12
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    “À quand la saisie de la Cour de Justice de la République – on parle de 2 milliards là… ?”

    Ben oui mais qui ?

    Qui va jouer au gentil Zoro et le faire ?

    C’est comme l’attitude à Juncker, qui peut faire quelque chose contre ca ?

    Ces gens/entreprises sont au-dessus des lois, on évolue pas dans le même monde ni avec les même règles.

    Et même si quelqu’un porte cette affaire devant la justice, je doute que la SOGE en sorte perdante.

    C’est d’autant plus déprimant quand on voit la quantité de travail qu’il a dû falloir pour ce dossier.


  14. Nicolas D. Le 07 juillet 2016 à 17h24
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    Juste un rappel (j’ai pas eu le temps encore de lire toute la doc plus haut) : toute la hiérarchie de Kerviel, jusqu’au pdg Daniel Bouton, a perdu son job suite à cette affaire. Y a que Ch. Mianné qui s’en est sorti. C’est la sanction directe liée à leur négligence dans cette affaire qui s’ajoute à la sanction reçue par la banque pour les manquements dans ses contrôles.

    Mais, sérieusement, comment penser une seconde que ces mecs qui gagnaient des millions et des millions sur la bête auraient mis leur destin dans les mains d’un autodidacte qui pétait les plombs…


    • Papagateau Le 07 juillet 2016 à 22h58
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      Parachutes dorés …
      La 2eme résidence secondaire acheté sans crédit (pas besoin).
      Toutes les enveloppes fiscales au taquet.
      Pas de problème de réembauche : peut être un salaire un peu moins, mais toujours à 5 fois le smic minimum.

      Le ron-ron quotidien, un milliard de plus, de moins, c’est tout les jours.
      Et surtout ne pas déranger un chef qui vous paie si bien, etc …


    • Surya Le 08 juillet 2016 à 12h12
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      S’il n’a pas giclé c’est parce qu’il a copié le contenu de sa messagerie sur une clé USB.


  15. Ztong Le 07 juillet 2016 à 18h07
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    Corrections :
    En première instance, une décision judiciaire s’appelle : “jugement”
    En appel comme en cassation, une décision judiciaire s’appelle : “arrêt”.

    Il n’y a donc pas de “jugement d’appel”, mais un “arrêt d’appel”. Idem pour la cass.

    C’est technique, mais je sais que tu aimes la précision…


  16. Ztong Le 07 juillet 2016 à 18h19
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    Au sujet des 2,2 M€ du contribuable.
    Si je suis bien, une cour de renvoi est saisie de l’évaluation du préjudice, compte tenu de la faute de la victime (savoir la Banque). Traduction : l’affaire revient en appel à Versailles, dont le courage face à l’Etat n’est pas légendaire.

    Toutefois, la banque ayant par anticipation été indemnisée de son préjudice par l’Etat (les justiciables lambda doivent attendre que leur décision soit définitive, stupid, pour être indemnisés par la CIVI) on en déduit qu’elle devrait reverser tout éventuel trop perçu, sous la surveillance du Parquet, dont le Procureur est investi de la défense de l’intérêt général…

    Je salive à l’avance d’entendre son réquisitoire.

    Il me vient cet adage étatsunien : ” Si vous devez un million à la banque, la banque vous tient. Si vous devez un milliard à la banque, c’est vous qui la tenez”.


  17. Diouspikangliche Le 07 juillet 2016 à 18h20
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    Bien sur que la Société générale était au courant,

    D’abord, la Commission Bancaire a établi ses comptes en s’appuyant sur les chiffres de l’inspection générale de la banque. C’est comme si une victime évaluait ses propre pertes.

    Ensuite, la justice a repris, encore et toujours, les comptes de la banque.
    De plus, les réquisitoires du Parquet étaient écrits par … les conseils de la banque elle-meme.
    La justice et les arrets cités plus hauts sont également viciés par la production de faux enregistrements, et par la subornation de témoins.

    Enfin, la banque a augmenté les objectifs de Kerviel chaque année, comme si à son niveau c’était normal qu’il obtienne 55 millions d’euros de résultat à lui tout seul sur une année, résultat d’un desk de 6 traders en principe. Elle a accepté de payer des montants d’appels de marge énormes sans cligner les yeux pendant toute l’année 2007. Elle n’a pas répondu aux demandes d’Eurex et a laissé passer de nombreuses alertes sans traitement.

    En un mot, cette fable a été mise en place par la Société Générale pour masquer ses propres turpitudes sur les subprimes et le gouvernement l’a suivie à l’aide de sa fameuse équipe déjà trempée dans de nombreuses affaires (Christine Lagarde, Eric Woerth, Sarkosy et d’autres).

    La meilleure lecture rapide et synthétique qui puisse etre faite de cette affaire est la décision du Conseil des Prudhommes. L’analyse tient d’une reflexion logique, convaincante et imbattable.
    https://www.doctrine.fr/CPH/Paris/2016/DE201606071

    Bien à vous


  18. clauzip12 Le 11 juillet 2016 à 18h43
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    La SG voyant ces bénéfices décliner comme toutes les banques2007 mais un peu plus à monté et utilisé une défaillance interne connue mais rentable jusqu’alors.
    Le déficit annoncé mais jamais vérifiér(manipulation des enquêteurs voire de certains magistrats) à permis de satisfaire malgré tout les actionnaires.Ils ont été les destinataires de cette réduction d’impots.donc tout allait bien.
    .Le PDG a ainsi été protégé d’une sanction,c’est à dire son remplacement avec tt la haute hiérarchie.
    Cette opération permettait donc de cacher une gestion déficitaire en reportant sur un employé(hors de la caste des polytechniciens et centraliens…)la responsabilité de détournements et vol ayant conduit au déficit.
    La suite nous permettra dde vérfier vraisemblablement la justesse de mon hypothèse.
    Malheureusement il est plus que sùr que de nombreuses affaires de ce type devraient émaillé notre vie politique.
    Une vaie mafia des “élites”ont en main les rouages majeurs de l’administration et des entreprises publiques ou privées dans lesquelles l’Etat est actionnairenotamment.
    La nomination de ces PDG doit devenir plus transparente ,les controles effectifs et indépendantsorme. la n.


  19. jacques heurtault Le 11 juillet 2016 à 19h44
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    On peut aussi préciser que Daniel Bouton, le patron de la banque au moment des faits, n’a pas IMMEDIATEMENT présenté sa démission alors que, selon moi, c’eut été une attitude correcte motivée par une explication : “Mes services auraient du voir les anomalies. Ils ne les ont pas vu. Je suis responsable de leurs manquements”. Je refuse de croire que le même Daniel Bouton a sciemment trempé dans une magouille à la Bernard Tapie …
    Toute la hiérarchie de Kerviel a été gentiment mais fermement mise à la porte. Ils ont reçu de confortables indemnités à la condition exprès de se taire. Une seule a immédiatement démissionné sans demander quoi que ce soit. Elle est la seule à mes yeux à avoir eu un comportement responsable. Il devient, dès lors, évident que Kerviel sert de bouc émissaire, chose qui est, en soi, un vrai scandale.
    Les pertes de la Société Générale ayant eu pour cause, notamment, son incurie et son incapacité à détecter les fraudes, il tombe sous le sens qu’elle ne peut prétendre à une quelconque indemnité civile … Et encore moins à une “faveur” des contribuables représentés par l’Etat.


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