Je ressors ce billet, vu que le film de Pilger est sous-titré…

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Source : Consortium News, le 04/12/2016

Le 4 décembre 2016

Comme Washington est obsédé par la Russie, l’administration Obama monte une stratégie similaire contre la Chine, l’encerclant et puis l’accusant ensuite d’agression, comme l’explique John Pilger.

Par John Pilger

Quand je suis arrivé pour la première fois à Hiroshima, en 1967, l’ombre sur les marches était toujours là. C’était une impression presque parfaite d’une personne humaine décontractée : jambes allongées, penchée en arrière, une main sur le côté alors qu’elle attendait assise l’ouverture de la banque. A 8h15 au matin du 6 août 1945, elle et sa silhouette furent calcinées dans le granit. J’ai observé l’ombre pendant une heure ou plus, inoubliable. Quand je suis revenu de nombreuses années plus tard, elle était partie, emportée, “disparue”, politiquement embarrassante.

J’ai passé deux ans à réaliser un documentaire, “La Prochaine Guerre avec la Chine”, dans lequel l’évidence et des témoignages avertissent qu’une guerre nucléaire n’est plus une hypothèse, mais une possibilité. L’accumulation la plus importante des forces militaires américaines est en cours. Elles sont dans l’hémisphère nord, aux frontières ouest de la Russie, en Asie et dans le Pacifique, face à la Chine.

Le nuage en forme de champignon après le largage de la bombe atomique sur Hiroshima, au Japon, le 6 août 1945.

Le nuage en forme de champignon après le largage de la bombe atomique sur Hiroshima, au Japon, le 6 août 1945.

Le grand danger que tout ceci représente n’est pas nouveau, ou il est enterré ou déformé : la batterie de fausses informations grand public qui fait écho à la peur psychopathique ancrée dans la conscience du public durant le 20e siècle.

Comme le renouveau de la Russie post-soviétique, l’avènement de la Chine en tant que puissance économique est déclaré comme une “menace existentielle” pour le droit divin des États-Unis à diriger et dominer les affaires humaines.

Pour contrer cela, en 2011, le président Obama a annoncé un “basculement vers l’Asie”, ce qui veut dire que près des deux-tiers des forces navales américaines seraient transférées en Asie et dans le Pacifique en 2020. Aujourd’hui, plus de 400 bases militaires américaines encerclent la Chine, avec des missiles, des bombardiers, des bateaux de guerre et, par-dessus tout, des armes nucléaires. Depuis le nord de l’Australie jusqu’au Pacifique et le Japon, de la Corée à l’Eurasie via l’Afghanistan et l’Inde, les bases forment – comme le dit un stratège américain”, “le parfait nœud coulant”.

Plus de pensées impensables

Une étude de la Rand Corporation – qui, depuis le Vietnam, a planifié les guerres de l’Amérique – est titrée, La guerre avec la Chine : penser l’impensable. Mandatés par l’US Army, les auteurs évoquent la Guerre froide quand la Rand a rendu officiel le cri du stratège en chef, Herman Kahn – “penser l’impensable”. Le livre de Kahn, De la guerre thermonucléaire, élaborait un plan pour gagner une guerre nucléaire face à l’Union soviétique.

Les iles au centre d'un territoire disputé par la Chine et le Japon. (Crédit: Jackopoid)

Les iles au centre d’un territoire disputé par la Chine et le Japon. (Crédit: Jackopoid)

De nos jours, cette vision apocalyptique est partagée par ceux détenant la vraie puissance aux États-Unis : les militaristes et les néoconservateurs de la branche exécutive, le Pentagone, les services de renseignement et l’establishment de la sécurité nationale et le Congrès.

L’actuel secrétaire à la Défense, Ashley Carter, un provocateur verbeux, affirme que la politique US est de se confronter à ceux qui “voient la domination américaine et veulent nous la retirer.”

De toutes les tentatives pour détecter une évolution de la politique étrangère, c’est certainement la position de Donald Trump, dont les propos abusifs sur la Chine durant la campagne électorale sont allés jusqu’à parler de “viol” de l’économie américaine. Le 2 décembre, dans une provocation directe face à la Chine, le nouveau président élu Trump a dialogué avec la présidente de Taiwan, que la Chine considère comme une province renégate de la patrie. Equipée de missiles américains, Taiwan demeure un dossier brûlant entre Washington et Pékin.

“Les États-Unis,” a écrit Amitai Etzioni, professeur en politique étrangère à l’université George Washington, “sont en train de préparer une guerre avec la Chine, une décision capitale qui n’a pas réussi à être analysée en détail par les élus, c’est-à-dire la Maison-Blanche et le Congrès.” Cette guerre pourrait débuter par “une attaque aveuglante contre des installations de défense chinoises, y compris des lanceurs de missiles basés au sol ou en mer… des satellites et des armes anti-satellite.”

Le risque incalculable est que “des frappes dans l’intérieur du pays pourraient être perçues par erreur par les Chinois comme des tentatives préventives de détruire ses armes nucléaires, les acculant dans un terrible dilemme de les utiliser ou les perdre, ce qui entraînerait une guerre nucléaire.”

En 2015, le Pentagone a diffusé son Manuel sur la Loi de la Guerre. “Les États-Unis,” y est-il-dit, “n’ont pas accepté de signer un traité interdisant les armes nucléaires en soit, aussi les armes nucléaires sont des armes légales pour les États-Unis.”

A la recherche d’un ennemi

En Chine, un stratège m’a précisé : “Nous ne sommes pas votre ennemi, mais si vous (à l’Ouest) décidez que nous les sommes, nous devrons nous préparer sans délai.”

Le président chinois Xi Jinping accueille le président Barack Obama lors de son arrivée au sommet du G20 au centre international de Hangzhou, à Hangzhou, en Chine, le 4 septembre 2016. (Photo de Pete Souza, photographe officiel de la Maison Blanche)

Le président chinois Xi Jinping accueille le président Barack Obama lors de son arrivée au sommet du G20 au centre international de Hangzhou, à Hangzhou, en Chine, le 4 septembre 2016. (Photo de Pete Souza, photographe officiel de la Maison Blanche)

L’arsenal et les forces militaires chinoises sont petits comparés à ceux de l’Amérique. Cependant, “pour la première fois,” a noté Gregory Kulacky de l’Union des Scientifiques Concernés, “la Chine discute de mettre ses missiles nucléaires en alerte maximale de telle sorte qu’ils puissent être lancés rapidement en cas d’une alerte d’attaque… Ceci sera une évolution significative et dangereuse de la politique chinoise. En fait, les politiques en termes d’armement nucléaire des États-Unis sont le principal facteur extérieur influençant la Chine à augmenter son niveau d’alerte de ses forces nucléaires.”

Le professeur Ted Postol a été conseiller scientifique de la direction des opérations navales US. Une autorité sur les armes nucléaires, il m’a dit : “Tout le monde ici veut montrer sa force. Regardez comment je suis fort… Je n’ai pas peur de me lancer dans des opérations militaires, je n’ai pas peur de menacer, je suis un gorille à la poitrine velue. Et nous sommes arrivés dans un état, les États-Unis se sont mis dans une situation où il y a beaucoup d’esbroufe, et ceci est réellement orchestré depuis le sommet.”

J’ai dit : “Tout cela semble incroyablement dangereux.”

“C’est un euphémisme,” a répondu Postol.

En 2015, dans le secret le plus total, les US mirent en scène le plus important exercice militaire américain depuis la Guerre froide. Ce fut Talisman Sabre, une armada de vaisseaux et de bombardiers à long rayon d’action répétant un scénario type “Concept de Bataille Air-Mer pour la Chine” (ASB pour Air-Sea Battle), avec blocage des routes maritimes du détroit de Malacca et coupure de l’accès de la Chine au pétrole, au gaz et à d’autres matières premières en provenance du Moyen-Orient et d’Afrique.

C’est une telle provocation, et la crainte d’un blocus par l’US Navy, que la Chine a en toute urgence mis en place une stratégie de construction d’aéroports sur des îlots disputés et des îles de l’archipel Spratly en mer de Chine du Sud. En juillet dernier, la cour permanente d’arbitrage des Nations Unies a condamné la souveraineté affirmée de la Chine sur ces îles. Même si la dénonciation est venue des Philippes, elle a été présentée par les avocats américains et anglais, et sa source se retrouve du côté de la secrétaire d’État US Hilary Clinton.

En 2010, Clinton s’est rendue à Manille. Elle a demandé que l’ancienne colonie américaine ré-ouvre les bases militaires US fermées dans les années 1990 après une campagne populaire face à la violence qu’elles généraient, notamment face aux femmes philippines. Elle a déclaré que la revendication chinoise sur les îles Spratly – qui se trouvent à plus de 7500 miles des États-Unis – constituait une menace pour la “sécurité nationale américaine” et la “liberté de navigation”.

Après avoir reçu des millions de dollars d’armes et d’équipement militaire, le président d’alors Benigno Aguino a rompu des négociations bilatérales avec la Chine et signé un Accord de Coopération Militaire Renforcée avec les USA. Ce dernier établit le retour de cinq bases US et remit au goût du jour une décision coloniale haïe que les forces américaines et leurs contractants ne sont pas concernés par les lois des Philippines.

L’élection de Rodrigo Duterte, en avril, a énervé Washington.

Se définissant lui-même comme socialiste, Duterte a déclaré : “Dans nos relations avec le monde, les Philippines poursuivront une politique étrangère indépendante” et a noté que les États-Unis ne se sont pas excusés pour leurs atrocités coloniales. “Je vais rompre avec l’Amérique,” a-t-il dit, et il a promis d’expulser les troupes US. Mais les US restent aux Philippines, et les exercices militaires conjoints se poursuivent.

“La domination de l’information”

En 2014, sous la rubrique “La domination de l’information” – le jargon pour dire “manipulation médiatique”, ou fausses informations, pour lesquelles le Pentagone dépense plus de quatre milliards de dollars – l’administration Obama lançait une campagne de propagande qui faisait de la chine, la plus grande nation commerciale du monde, une menace pour la “liberté de navigation”.

Le Pentagone, quartier général du Département de la Défense américain, vue de la rivière Potomac, et Washington D.C. en arrière-plan. (Photo du Département de la Défense)

Le Pentagone, quartier général du Département de la Défense américain, vue de la rivière Potomac, et Washington D.C. en arrière-plan. (Photo du Département de la Défense)

CNN a montré la voie avec son “journaliste de la sécurité nationale” qui fait un reportage enthousiaste à bord de l’avion de surveillance de la Navy survolant les îles Spratly. La BBC persuada des pilotes Philippins apeurés de faire un vol dans un Cessna mono-moteur au-dessus des îles disputées “pour voir comment la Chine réagirait.” Aucun de ces journalistes ne se demanda pourquoi les chinois étaient en train de mettre en place des couloirs aériens en dehors de leur ligne côtière, ou pourquoi les forces militaires américaines se massaient alors aux portes de la Chine.

Le chef assigné à la propagande est l’amiral Harry Harris, commandant militaire américain en Asie et dans le Pacifique. “Mes fonctions,” déclara-t-il au New York Times, “allaient de Bollywood à Hollywood, des ours polaires aux pingouins.” Jamais la domination impériale n’avait été décrite de manière plus concise.

Harris est un des nombreux amiraux et généraux du Pentagone à faire des comptes-rendus à une poignée de journalistes et de présentateurs malléables, avec l’objectif de justifier une menace aussi spécieuse que celle utilisée par George W. Bush et Tony Blair pour détruire l’Irak et la plupart du Moyen-Orient.

A Los Angeles en septembre, l’amiral Harris a déclaré qu’il était “prêt à se confronter à une Russie revancharde et à une Chine assertive… Si nous devons combattre ce soir, je ne veux pas que ce soit un combat équitable. Si c’est un combat au couteau, je veux ramener un pistolet. Si c’est un combat au pistolet, je veux ramener l’artillerie…et tous nos alliés avec leur artillerie.”

Ces “alliés” incluent la Corée du Sud, le site de lancement pour le dispositif “THAAD” du Pentagone (Terminal de Système de Défense Aérienne en Haute Altitude), ostensiblement tourné vers la Corée du Nord. Comme le souligne le professeur Postol, ce dispositif vise la Chine.

A Sydney, en Australie, l’amiral Harris a appelé la Chine à “démanteler sa grande muraille en mer de Chine du sud.” L’image a fait la une de la presse. L’Australie est le “partenaire” le plus obséquieux de l’Amérique ; son élite politique, militaire, ses agences de renseignement et ses médias sont intégrés dans ce qu’on connait sous le nom d'”alliance”. Fermer l’accès au pont du port de Sydney pour le défilé d’un “dignitaire” américain en visite n’est pas rare. Le criminel de guerre Dick Cheney a eu droit à cet honneur.

Bien que la Chine soit le premier partenaire commercial de l’Australie, dont la plupart de l’économie dépend, “affronter” la Chine est le diktat de Washington. Les quelques dissidents politiques à Canberra risquent un marquage maccarthyste dans la presse de Murdoch.

“Vous les Australiens êtes avec nous quoiqu’il advienne,” a dit un des architectes de la guerre du Vietnam, McGeorge Bundy. Une des plus importantes bases militaires américaines se situe à Pine Gap, près d’Alice Springs. Créée par la CIA, elle espionne la Chine et toute l’Asie, et contribue de manière irremplaçable à la meurtrière guerre par drone au Moyen-Orient.

En octobre, Richard Marles, le porte-parole de la défense du principal parti d’opposition australien, le Parti travailliste, a demandé que les “décisions opérationnelles” de lancer des opérations de provocation contre la Chine devraient être laissées au commandement militaire en mer de Chine du Sud. En d’autres termes, une décision qui pourrait mener à une guerre avec une nation dotée de la puissance nucléaire ne serait pas prise par des personnes élues ou par un parlement, mais par un amiral ou un général.

L’autorité du Pentagone

C’est la ligne officielle du Pentagone, le point de départ historique de tout pays qui se considèrerait comme démocrate. L’ascendant du Pentagone sur Washington – que Daniel Ellsberg appelle coup d’État silencieux – se voit clairement dans le montant record de 5000 milliards de dollars que l’Amérique a dépensé dans des guerres d’agression depuis le 11 septembre 2001, selon une étude de l’université Brown. La conséquence : un million de morts en Irak, et le flux massif de 12 millions de réfugiés en provenance d’au moins 4 pays.

Le lanceur d'alerte Daniel Ellsberg, qui a révélé les dossiers du Pentagone.

Le lanceur d’alerte Daniel Ellsberg, qui a révélé les dossiers du Pentagone.

L’ile japonaise d’Okinawa possède 32 installations militaires, desquelles la Corée, le Vietnam, le Cambodge, l’Afghanistan et l’Irak ont étés attaqués par les États-Unis. Aujourd’hui, la cible principale est la Chine, avec laquelle Okinawa a des liens très forts tant commerciaux que culturels.

Les avions militaires sillonnent le ciel d’Okinawa constamment, ils se crashent parfois sur des maisons ou des écoles. Les gens de peuvent pas dormir, les enseignants ne peuvent pas enseigner. Où qu’ils aillent dans leur propre pays, ils sont enfermés et interdits de sortir.

Un mouvement populaire anti-bases américaines formé par les habitants d’Okinawa grossit depuis qu’une fillette de 12 ans a subi un viol en réunion par des soldats américains en 1995. C’était un crime parmi des centaines, dont de nombreux n’ont jamais fait l’objet d’une enquête. A peine connu en dehors de l’île, la résistance a permis l’élection du premier gouverneur anti-bases, Takeshi Onaga, et présenté un obstacle inhabituel au gouvernement de Tokyo et au plan du premier ministre ultra-nationaliste Shinzo Abe pour révoquer la “constitution de paix” japonaise.

Ce mouvement de résistance comprend Fumiko Shimabukuro, agée de 87 ans, une survivante de la Seconde Guerre mondiale alors qu’un quart des habitants d’Okinawa périrent lors de la l’invasion américaine. Fumiko et des centaines d’autres trouvèrent refuge dans la magnifique baie d’Henoko, qu’elle se bat pour défendre désormais. Les États-Unis veulent raser la baie pour étendre les pistes de décollage pour leurs bombardiers.

“Nous devons faire un choix,” a-t-elle déclaré, “le silence, ou la vie.” Alors que nous nous rassemblions pacifiquement en dehors de la base américaine de Camp Schwab, d’énormes hélicoptères Sea Stallion faisaient des cercles au-dessus de nos têtes sans aucun autre but que de nous intimider.

L’île coréenne de Jeju se trouve en mer de Chine de l’Est, c’est un sanctuaire semi-tropical et un héritage du patrimoine mondial déclaré “île de la paix mondiale”. Sur cette île de la paix a été bâtie une des bases militaires les plus provocantes du monde, à moins de 650 kilomètres de Shanghai. Le village de pêcheurs de Gangjeong est dominé par une base navale sud-coréenne bâtie pour les porte-avions américains, sous-marins nucléaires et destroyers équipés de missiles Aegis, pointant vers la Chine.

Un mouvement de résistance populaire contre ces préparatifs de guerre existe sur Jeju depuis presque 10 ans. Chaque jour, souvent deux fois par jour, des villageois, des prêtres catholiques et des militants venant de partout dans le monde forment une masse fervente qui bloque l’entrée de la base. Dans un pays dans lequel les manifestations sont souvent interdites, mais pas les religions influentes, cette tactique a produit un résultat digne d’inspiration.

Un des leaders, le père Mun Jeong-hyeon, m’a dit : “Je chante chaque jour 4 chansons à côté de la base, quelle que soit la météo. Je chante même pendant les typhons – aucune exception. Pour construire cette base, ils ont détruit l’environnement, et la vie des villageois, et nous devons témoigner de cela. Ils veulent contrôler le pacifique. Ils veulent isoler la Chine sur le plan international. Ils veulent faire du monde leur empire.”

Une Chine très moderne

La dernière fois que j’ai décollé de Jeju pour Shanghai remonte à plus d’une génération. La dernière fois que je suis allé en Chine, je me souviens que le bruit le plus fort que j’ai entendu provenait du tintement des sonnettes de bicyclettes ; Mao Zedong était mort depuis peu, et les villes semblaient sombres, faites d’un mélange d’attente et de crainte. En quelques années, Deng Xiopeng, “l’homme qui a changé la Chine”, était le “leader suprême”. Rien ne m’avait préparé aux changements stupéfiants de la Chine actuelle.

La Chine a lourdement investi dans des infrastructures de transport modernes, dont des lignes de train à grande vitesse.

La Chine a lourdement investi dans des infrastructures de transport modernes, dont des lignes de train à grande vitesse.

La Chine est faite d’une délicieuse ironie, notamment la maison de Shanghai dans laquelle Mao et ses camarades ont fondé secrètement le parti communiste de Chine en 1921. Aujourd’hui, elle se tient au milieu d’un quartier commercial très capitaliste ; vous sortez de ce temple du communisme avec votre petit livre rouge et votre statuette de Mao et rentrez directement dans l’univers de Starbucks, Apple, Cartier, Prada.

Mao en serait-il choqué ? J’en doute. Cinq ans avant sa grande révolution de 1949, il a envoyé ce message secret à Washington. “La Chine doit s’industrialiser,” a-t-il écrit. “Cela ne peut être réalisé que par la libre entreprise. Les intérêts chinois et américains vont ensemble, économiques comme politiques. L’Amérique n’a pas besoin de craindre que la Chine ne coopère pas. Nous ne pouvons nous permettre aucun conflit.”

Mao a proposé de rencontrer Franklin Roosevelt à la Maison-Blanche, et son successeur Harry Truman, et son successeur Dwight Eisenhower. Ses invitations ont été déclinées, ou volontairement ignorées. L’opportunité de changer l’histoire contemporaine, d’empêcher des guerres en Asie et de sauver d’innombrables vies a été perdue car l’authenticité de cette ouverture a été niée par Washington quand “la transe catatonique de la guerre froide,” écrit le critique James Naremore, “a maintenu notre pays dans une position figée.”

Les fausses informations des média grand public qui présentent une fois de plus la Chine comme une menace procèdent de la même mentalité.

“La Nouvelle Route de la soie”

Le centre de gravité du monde bascule inexorablement vers l’Est ; mais la stupéfiante vision qu’a la Chine de l’Eurasie est mal comprise par l’Ouest. La “Nouvelle Route de la soie” est une voie d’échanges commerciaux, de ports, de pipelines et de trains à grande vitesse rejoignant l’Europe. En tant que leader mondial de la technologie ferroviaire, la Chine est en train de négocier avec 28 pays pour installer des lignes sur lesquelles les trains pourront transiter jusqu’à 400km/h. Cette ouverture au monde a le soutien de la plupart de l’humanité, et permet en plus d’unifier la Chine et la Russie.

“Je crois en l’exception américaine au plus profond de moi,” a affirmé Barack Obama, évoquant le fétichisme des années 30. Ce culte moderne de la supériorité c’est l’américanisme, le prédateur dominant du monde. Durant le mandat du libéral Obama, qui a remporté le prix Nobel de la paix, les dépenses de fabrication de nouvelles têtes nucléaires ont été plus élevées que sous n’importe lequel des mandats des présidents américains depuis la fin de la Guerre froide. Une mini arme nucléaire est prévue. Connue sous l’appellation B61 modèle 12, elle signifiera, selon le général James Cartwright, ex vice-président du Staff des Chefs des Armées, que “la rendre plus petite [rendra son usage] plus imaginable.”

En septembre, le “Atlantic council”, un think-tank géopolitique américain grand public, a publié un rapport qui prédit un monde Hobbesien [https://fr.wikipedia.org/wiki/Thomas_Hobbes, NdT], “marqué par le désordre, un violent extrémisme [et] une ère de guerre perpétuelle.” Les nouveaux ennemis étaient une “Russie” renaissante et une Chine “de plus en plus agressive”. Seule l’Amérique héroïque peut nous sauver.

Cette belligérance est de la pure démence. C’est comme si le “siècle américain” – proclamé en 1941 par l’impérialiste américain Henry Luce, propriétaire du magazine Times – s’était terminé sans préavis et que personne n’ait le courage de dire à l’empereur de ramasser ses armes et de retourner chez lui.

Source : Consortium News, le 04/12/2016

Traduit par les lecteurs du site www.les-crises.fr. Traduction librement reproductible en intégralité, en citant la source.

42 réponses à Choisir une guerre avec la Chine, par John Pilger (avec vidéo)

Commentaires recommandés

L'aieuil Le 11 janvier 2017 à 06h19

Personne n’arrive à intégrer en occident c’est que la Chine et la Russie sont le même “”ennemi”” (principalement parque les analystes senior/dirigeants sont tous issue de la génération qui s’est fait avoir avec “l’alliance sino-soviétique”, alors qu’en vérité les deux était en fait en guerre larvé).
Les deux États sont totalement quo-dépendant économiquement, formellement liés par des accords de défense, par une coopération militaire très étroite (beaucoup plus que l’on ne le pense), partagent les mêmes intérêts stratégiques et agissent de concert, en parfaite unisson mais avec des rôles clairs et définis, sur la scène internationale. Aux russes les spot-lights et la confrontation, à la chine les coulisses et la négociation.
En ayant fermement ancrés l’Inde dans leur giron à cause de notre obsession arabe (et donc pakistanaise), puis maintenant l’Iran avec le sauvetage d’Assad… c’est bien ce bloc qui constitue + de 50% du PIB de la planète.
Pas nous.
C’est nous qui nous coupons du monde.
Pas eux, eux sont le monde.

  1. L'aieuil Le 11 janvier 2017 à 06h19
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    Personne n’arrive à intégrer en occident c’est que la Chine et la Russie sont le même “”ennemi”” (principalement parque les analystes senior/dirigeants sont tous issue de la génération qui s’est fait avoir avec “l’alliance sino-soviétique”, alors qu’en vérité les deux était en fait en guerre larvé).
    Les deux États sont totalement quo-dépendant économiquement, formellement liés par des accords de défense, par une coopération militaire très étroite (beaucoup plus que l’on ne le pense), partagent les mêmes intérêts stratégiques et agissent de concert, en parfaite unisson mais avec des rôles clairs et définis, sur la scène internationale. Aux russes les spot-lights et la confrontation, à la chine les coulisses et la négociation.
    En ayant fermement ancrés l’Inde dans leur giron à cause de notre obsession arabe (et donc pakistanaise), puis maintenant l’Iran avec le sauvetage d’Assad… c’est bien ce bloc qui constitue + de 50% du PIB de la planète.
    Pas nous.
    C’est nous qui nous coupons du monde.
    Pas eux, eux sont le monde.


    • PasUneBrebis Le 11 janvier 2017 à 11h47
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      +50% du PIB de la planète en cumulant la Chine, la Russie et l’Inde ? Ils sont à 20% du PIB mondial en 2015 d’après Wikipedia (cherchez liste pays par PIB nominal, l’info est dispo partout).

      Le PIB de l’Inde est encore bien inférieur à celui de la France et celui de la Russie est deux fois plus petit ! Seule la Chine est une immense puissance économique, bien qu’encore en dessous des USA ou de l’UE..

      Autre chose : USA + UE + Japon > 50% du PIB mondial (toujours d’après Wikipedia..)

      La Russie me semble effectivement plutôt indépendante économiquement grâce à leurs immenses réserves de matières premières, mais la Chine… ? ce pays a besoin du reste du monde, que ce soit en terme de marchés, de matières premières ou de terres arables.


      • Fritz Le 11 janvier 2017 à 12h44
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        Que signifie la comparaison des PIB ? On sait que cet indice est manipulé, rappelez-vous le PNB/PPA (produit national brut en parité de pouvoir d’achat) dont le sens véritable était de replacer les États-Unis en tête de classement du PNB par habitant. Emmanuel Todd l’avait souligné dans L’Illusion économique (Gallimard, 1997).

        Le PNB amalgame des richesses “produites” très différentes, y compris les honoraires de ces avocats qui pullulent aux États-Unis…

        Pourquoi avoir remplacé systématiquement PNB par PIB ? Parce que l’économie ne doit plus être nationale, mais “ouverte”, “mondialisée” et tout le baratin ?
        Mais que signifie le “PIB de la planète” ?
        Y aurait-il un produit extérieur à la planète Terre, un PEB (produit extra-terrestre brut) ?


        • PasUneBrebis Le 11 janvier 2017 à 16h58
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          C’est vrai, le PIB est loin d’être la panacée pour comparer la puissance des pays. Mais c’est déjà un critère moins absurde que la quantité de médailles aux jeux olympiques, le nombre de têtes nucléaires ou la virilité de son président (avec ou sans scooter/cheval/twitter, faites votre choix).

          Todd dit plutôt que le PIB, utilisé comme l’alpha et l’omega de nos politiques économiques (la sacro-sainte croissance), donne l’illusion de progresser dans la bonne direction alors que l’on patauge dans notre marigot déclinant.

          En outre, je ne faisais que réagir au commentaire expliquant que la Chine, la Russie et l’Inde représentaient + de 50% du PIB de la planète (ce qui faux), et donc équivalaient, à elles trois, au monde (!).

          Si la Chine, la Russie ou l’Inde représentent beaucoup dans ce monde, ce n’est pas par leur PIB (modeste en fin de compte) mais plutôt par leur histoire, leur peuple, leur géographie, leur culture.


        • Dominique Le 11 janvier 2017 à 17h04
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          Même sans être manipulé, le PIB n’indique pas grand-chose sur ce que produit vraiment le pays. Voire les 1200 Milliards de dollars qu’à couté jusqu’à présent le programme du F35 et qui a ce jour n’a produit aucun avion opérationnel.


      • Fritz Le 11 janvier 2017 à 16h32
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        Quant à l’assertion de Wikipédia (USA + UE + Japon > 50 % du « PIB mondial­ »), elle me rappelle le programme de « géographie » imposé à la fin des années 1990 en Troisième : il y avait la Triade (États-Unis, Union européenne, Japon), encore la Triade, et rien que la Triade, le reste du monde n’existant pas, qu’il s’agisse des nains africains, sud-américains, moyen-orientaux, russes, chinois, indiens, et j’en passe.

        Une idée pas du tout boursouflée, et qui était conçue pour enseigner aux élèves “le respect de l’Autre”, ce respect que les valeureux soldats de la Grande Démocratie Indispensable ont infligé aux nains d’Hiroshima, de Nagasaki et d’Abou Ghraïb.


      • L'aieuil Le 11 janvier 2017 à 19h03
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        Vu leur abandon partiel du pétro-dollar, seul le PIB (PPP) n’a maintenant de sens pour quantifier leurs économies (encore plus vu l’ingérence constante des banques centrales en matière monétaire depuis 2008), vous verrez bien que BRICS + SCO > USA + EU + Japon.
        Et c’est sans même compter l’ASEAN dont la quasi-totalité des pays qui ne sont pas des quasi-protectorats chinois sont alliés des russes (très asiatique, vaut mieux demander au copain russe de votre gigantesque ennemi chinois de calmer ce dernier, qu’à son ennemi américain. Tout le monde y gagne de la face). Duterte a enfoncé le dernier clou dans le cercueil de l’influence anglo-saxonne dans la région.


    • LBSSO Le 11 janvier 2017 à 17h46
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      “C’est ici qu’il faudrait ne pas être dupes : si les temps actuels donnent l’impression de la création d’un axe Moscou-Pékin et du retour d’une Guerre froide américano-russe, la réalité est toute autre. La Chine est le véritable ennemi commun des Etats-Unis et de la Russie. Chacun des deux le sait mais ne veut en tirer les conséquences qu’à la marge ou sous forte contrainte (comme en Syrie actuellement) et repousse l’augure de cette confrontation cardinale en germe pour ne pas affronter le spectre terrifiant d’une “montée aux extrêmes” et des aléas de sa gestion.”
      Publié le 14 avril 2016 par Caroline Galactéros
      http://galacteros.over-blog.com/2016/04/les-porte-avions-sont-ils-devenus-des-cimetieres-flottants.html
      D Trump et d’autres semblent l’avoir compris.Le seul point que je partage avec vous est que ces réflexions se font par dessus notre tête au sens figuré comme au sens propre (cf article)


    • Alain Cavaillé Le 15 janvier 2017 à 12h18
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      Les USA ont très très mal joué leur politique extérieure, comme ils en ont l’habitude :
      Sans réfléchir, ils veulent courrir deux lièvres à la fois…et pas des moindres.
      Ils ont rejeté et humilié la Russie alors qu’elle ne demandait qu’à entrer dans l’Europe,
      du coup, Poutine en a eu assez de courber l’échine et il s’est résolument tournée vers la Chine.
      Les américains sont cons. Ils laissent la CIA et le Pentagone analyser et agir à la place des Assemblées. Ce sont en principe des experts, mais ces gens sont obsédés par la maîtrise
      du monde et influent sur la présidence.
      Les USA ne représentent plus du tout LA DÉMOCRATIE, mais bien une sorte d’oligarchie de fonctionnaires et militaires…alors qu’ils ne nous emmerdent plus avec leur démocratie à la noix !


      • Raoul Le 16 janvier 2017 à 18h36
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        Les États-Unis, comme la plupart des empires, sont arrogants. Tout doit plier devant eux. Ils ne cherchent pas à comprendre les autres, à discuter avec eux. Sachant qu’en plus ils ont enrobé leur exceptionnalisme d’un aspect quasi religieux, il n’est vraiment pas certain que leur légendaire pragmatisme arrive à reprendre le dessus.

        D’ores et déjà – et cela les russes l’ont bien vu – le monde à venir (si nous ne nous sommes pas détruits d’ici là) sera multipolaire. C’est évidemment intolérable, non pour l’états-unien moyen qui ne demande qu’à vivre tranquillement, mais pour les « élites » dirigeantes qui vont devoir apprendre à composer.

        Nous assistons aux soubresauts de l’agonie d’un empire et cela peut être très dangereux.


  2. PatrickLuder Le 11 janvier 2017 à 07h34
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    Les USA ont largué plus de 26’000 bombes sur sept pays en 2016 … voir l’article de la TSR : http://www.rts.ch/info/sciences-tech/reperages-web/8297919-les-etats-unis-ont-largue-72-bombes-par-jour-l-an-passe.html


    • Xavier Le 11 janvier 2017 à 07h52
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      “Selon un décompte effectué par un institut américain indépendant”…

      Le CFR (Council of Forein Relations) indépendant ? De quoi ?…

      Être journaliste devient compliqué mais la moindre des choses serait de pointer sur un lien ce sulfureux organisme…


      • Lysbeth Levy Le 15 janvier 2017 à 16h44
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        Oui il se pourrait que les chiffres soient sous évalués ? Sinon ma soeur qui vie aux Usa m’a dit elle qu’il s’agit d’une “bombe toute les 3 minutes”.:
        Donc oui sous évalué ! le site du CFR : “Et selon le Council on Foreign Relations, ces chiffres sont sous-estimés car les données ne sont disponibles que pour certains pays et qu’un raid peut impliquer plusieurs bombes ou munitions””.Comptent ils les drônes qui assassinent tant de personnes dans le monde ? http://blogs.cfr.org/zenko/2017/01/05/bombs-dropped-in-2016/
        Alors ce qui est vrai ou pas ce n’est pas normal si ce pays est une démocratie, et c’est souvent au nom “de la démocratie” que ces bombes sont largués ! En ce cas il s’agit plutôt d’une dictature en expansion…


  3. Homère d'Allore Le 11 janvier 2017 à 07h42
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    Les pro-Trump assez nombreux parmi les commentateurs du blog ne veulent pas voir que sa politique étrangère, loin d’être isolationniste, va simplement changer le barycentre de son interventionnisme.

    C’est l’Asie qui va remplacer le Moyen-Orient dans les préoccupations des stratéges US.

    Certes, les néo-conservateurs “classiques” avaient déjà pointé la région mais avec Trump, elle va devenir prioritaire comme le prouve le très long entretien téléphonique entre le Président élu et la Presidente de Taïwan.


    • LBSSO Le 11 janvier 2017 à 08h43
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      Bonjour Homère d’Allore,

      tant qu’il y aura une goutte de pétrole ou un soupçon de gaz au Moyen-Orient et tant que ces énergies fossiles seront nécessaires à l’économie mondiale ,cette région restera stratégique pour les américains.Le contrôle de la Chine,dépendante énergétiquement, passe par cette partie du monde et un ” rapprochement” avec la Russie.La (presque) nomination de James Mattis au poste de secrétaire d’Etat à la Défense en témoigne.C’est un spécialiste du Moyen-Orient et un partisan de la présence américaine .


      • Homère d'Allore Le 11 janvier 2017 à 11h00
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        Bonjour LBSSO,

        Bien sûr, les USA n’abandonneront pas totalement le Moyen-Orient mais le rapport gain/coût parfaitement analysé par l’équipe Trump va rendre bien moins probable des opérations du style Irak ou même Syrie.

        En revanche, je ne donne pas cher de la peau de Duterte.

        Et pour contrôler aujourd’hui l’approvisionnement en hydrocarbures de la Chine, le contrôle du détroit de Malacca suffit.
        Bien sûr, demain, les tubes russes vont pouvoir amener gaz et pétrole sibériens à la Chine…

        Et si c’était ça, in fine, le deal que Trump va proposer à Poutine ? Un retour accepté de la puissance russe au Moyen-Orient (acté depuis Alep), l’abandon de Porochenko et des dirigeants géorgiens contre un ralentissement du rapprochement avec la Chine.


        • LBSSO Le 11 janvier 2017 à 13h43
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          Je voulais préciser votre commentaire ,loin de moi l’idée que vous ayez une approche erronée de la politique US au MO sur ce point.
          Pour le reste je déchiffre la politique US avec deux clés: la Chine et l’énergie.Je pense que les US ont commencé à sentir que ce pays ne serait pas un simple atelier du monde vers la fin des années 90 (cf budget militaire chinois,1998) et l’ont conceptualisé au milieu des années 2000 (cf “collier de perles” 2004),et observent aujourd’hui la mise en place d’autres facteurs de puissance (finance).
          Vous remarquerez qu’en 92 les bases US aux Philippines sont fermées assez facilement démontrant ainsi qu’à cette époque les US avaient sous estimé l’importance à venir de cette région :ils pensaient dominer la Chine par d’autres moyens.
          (ps : @martin “Mais sait-on qu’aujourd’hui, pas un seul porte-avion US ne navigue” ?? .Pour info et cela rejoint l’échange avec H d’A;https://www.navytimes.com/articles/carrier-vinson-to-deploy-in-early-january-to-the-western-pacific)


          • Alfred Le 11 janvier 2017 à 21h19
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            Pour info certains analysaient le fait qu’en ce moment tous les portes avions us doivent rallier leurs ports (sous divers prétextes techniques) en estimant que cela constituait une précaution prise par les haut gradés vis à vis de l’administration sortante et de ses veleiites de foutre la merde partout et de contraindre.trump: ex: false flag contre.l’iran? Techniquement pas possible:. Rotation technique des pa.


    • martin Le 11 janvier 2017 à 09h34
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      “Certes, les néo-conservateurs “classiques” avaient déjà pointé la région mais avec Trump, elle va devenir prioritaire”

      Oui. Le plan de départ, côté US, était d’abaisser d’abord la Russie et l’Iran, puis de concentrer la pression sur la Chine grâce au pivot oriental. Face à l’échec de la partie ouest du plan, il ne reste plus aux bellicistes américains qu’à tenter une conciliation avec la Russie en espérant la détacher un peu de la Chine.

      Mais sait-on qu’aujourd’hui, pas un seul porte-avion US ne navigue? Le processus de délabrement des forces américaines se poursuit inexorablement. Par exemple, Trump a fait savoir qu’il préférait la construction d’un “nouveau” F18 à la place du F35, or c’est un avion des années 70.

      Certes, les forces chinoises sont petites comparées à celle des Etats-Unis, mais les Dong Feng de dernières génération (et tout le reste, voir le J31 par exemple), constituent une menace terrible pour toute force qui attaquerait la Chine. Les chinois, contrairement aux russes, ont commencé leur réforme par les matériels, ils s’occupent à présent des personnels.

      Bref, ce que les stratèges américains ont devant eux est tout sauf une force négligeable, y compris dans le domaine nucléaire.Je pense que l’entourage de Trump le sait parfaitement, et il s’agît pour eux de créer les conditions pour “dealer” avec la Chine au mieux de leurs intérêts. C’est de l’intimidation, dangereuse bien sûr, mais limitée.

      Là aussi, me semble-t-il, la fin de partie approche pour l’oncle Sam.

      DM


      • Chris Le 11 janvier 2017 à 14h05
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        A propos de l’aviation militaire, vu la comparaison suivante, laquelle induit forcément des choix par temps incertains :
        Le 10 février 2016, un F-22 se fait détecter par les radars VHF chinois en mer de chine
        le F-22 n’ a pas été engagé en Irak, ni en Libye car trop vulnérable, peu fiable et peu opérationnel.
        Le Rafale avec son système Spectra est plus furtif que le F-22.
        Quand au F35, toujours pas armé et ne peut pas voler par temps pluvieux…
        Un F-22 avion exige 10h d’entretien pour 1h de vol soit 38 000€ d’entretien par heure de vol. Un F-35A coute 28 000€ d’ entretien par heure de vol. Un Rafale F3 10 000€ d’entretien et un sukhoi Su-35 7000€ d’entretien.


      • Rémi Le 11 janvier 2017 à 15h29
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        Sur cette histoire de Porte avions j’ai un doute:
        -Beaucoup y voient un affaiblissement de la puissance US. Pourquoi pas, mais il reste 10 PA en service aux US.
        Alors j’envisagerais d’autres hypothéses:
        -La Navy aurait délibérement bloquée les PA pour éviter une Bétise de ses politiques?
        -Mais cela pourrait être l’inverse: Accélération du calendrier pour disposer de toute la flotte disponible à la fin de S1 2017. Et là la question serait pourquoi faire.
        On sous estime souvent que les PA sont l’arme du déploiement avancé et pas celle de la défense territoriale. Même tous les PA au ports les Etats-unis sont bien défendus par l#aviation basée à terre.
        Vos opinions?


        • Olivier77 Le 11 janvier 2017 à 17h22
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          Le porte avion n’a plus d’utilité tactique, trop cher, trop vulnérable et inadapté au conflit entre grands blocs. Un missile et c’est en fini de 40 chasseurs bombardiers. On s’est fait un petit plaisir avec le cdg, mais operationnellement on s’en sert très peu ou pour des conneries.

          Les USA ont un gros problème de réalité, fatalement ça va coincer parce que les chinois ne vont plus vouloir subir un néo-colonialisme.
          Que le cow-boy remballe son gun, et commence à s’occuper de sa prairie.


          • Rémi Le 11 janvier 2017 à 17h31
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            Je suis d’accord avec vous pour le coût et la vulnérabilité, mais ca reste quand même le seul moyen actuel de projeter une bulle de puissance de 1000km de diamétre.
            Donc ne l’enterez pas trop vite surtout que les chinois qui sont en position de challenger (Marine à construire) se mettent eux aussi à faire des PA et pas des armes exotiques (En dehors du dong feng)
            Si ils le font c’est que leurs évaluations leur disent que cela vaut encore le coups.


          • martin Le 11 janvier 2017 à 20h07
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            Je suis d’accord. La tactique US depuis 20 ans est toujours la même:

            1> Approcher les côtes du pays visé à 1000-1500 km, loin de ses défenses anti-navires.

            2> Balancer dix bons kilos de patates sur les infrastrutures civiles et militaires.

            3> Finir le travail avec l’aviation et ce qui est disponibles au sol.

            Les russes et les chinois possèdent des missiles tactiques à longue portée. Ergo? Finie la machine à patates, elle est cassée sur place avant d’avoir commencé son sale boulot. A mon avis, les PA chinois regardent plus vers la Russie que vers les USA.

            DM


            • moshedayan Le 12 janvier 2017 à 12h14
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              Oui tout à fait exact, les missiles russes et chinois peuvent être efficaces. La Russie a même un modèle hypersonique (de croisière je crois) donc un porte-avions est vulnérable


    • Fabrice Le 11 janvier 2017 à 09h39
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      pro-trumpiste ou pro-clintoniste cela veut dire quoi c’est idiot les américains et les russes défendent leurs intérêts.

      Il n’y a qu’en Europe que l’on cherche à faire avancer un camp ou un autre souvent au désavantage des Européens.


    • Raskolnikov Le 11 janvier 2017 à 12h35
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      C’est également l’impression que j’ai des agissements de Trump jusqu’ici.

      Seulement, les EU ont foutu le boxon au Moyen Orient et ils s’en iraient comme si de rien était? Je pense qu’ils se mettent le doigt dans l’oeil. Je pense qu’ils ne pourront pas se dépêtrer de la situation épineuse dans laquelle ils se trouvent.


  4. Fritz Le 11 janvier 2017 à 07h44
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    Dominer le heartland asiatique (Chine, Russie, Iran) : les émules de Mackinder ont des idées fixes.
    Ce qui change, c’est l’habillage rhétorique, et encore : la Chine ne respecte pas les droits de l’homme, gna gna gna, et puis elle menace la liberté de navigation, gna gna gna.

    https://fr.wikipedia.org/wiki/Th%C3%A9orie_du_Heartland#L.27.C3.AEle_monde_et_le_Heartland

    J’attends que nos médias nous parlent des droits de l’homme aux États-Unis quand ce charmant pays sera encerclé par des bases chinoises, russes et iraniennes.


  5. Mo. Le 11 janvier 2017 à 07h48
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    La Chine serait avisée à ne pas suivre l’escalade américaine. Elle pourrait même se permettre l’arrogance de désarmer légèrement tout en continuant sa feuille de route terrestre vers l’ouest.
    En cas de conflit nucléaire, tout le monde perd. Ce n’est pas la route à suivre.
    En cas de conflit militaire conventionnel, une invasion/attaque des troupes US ne pourra être qu’un bourbier sans nom. Il est impossible d’occuper et piller un pays de 1400M d habitants. Ce serait plus sûrement la fin de l’empire.
    N’oubliez pas non plus que de nombreux Chinois vivent au US. Pas sûr de répéter facilement les rafles de 1941 contre les américains d’origine japonaise.


  6. Dizalch Le 11 janvier 2017 à 07h54
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    Sous couvert de vouloir “protéger le monde libre”, les US se rendent responsables d’une escalade sans précédent des risques de conflits armés avec les deux Super-puissances qui, si elles se laissaient aller au jeu de la surenchère, pourraient aboutir à la WWIII… D’autres “grandes guerres” ont commencées pour moins que ça dans l’Histoire de l’Humanité…

    Mais il est inutile de compter sur les Néoconservateurs parangons du “monde libre” et de “l’ingérence pour votre bien” pour s’affranchir de ces risques…

    La citation que je retiendrais dans le contexte actuelle?
    “Le chef assigné à la propagande est l’amiral Harry Harris, commandant militaire américain en Asie et dans le Pacifique. “Mes fonctions,” déclara-t-il au New York Times, “allaient de Bollywood à Hollywood, des ours polaires aux pingouins.” Jamais la domination impériale n’avait été décrite de manière plus concise.

    Harris est un des nombreux amiraux et généraux du Pentagone à faire des comptes-rendus à une poignée de journalistes et de présentateurs malléables, avec l’objectif de justifier une menace aussi spécieuse que celle utilisée par George W. Bush et Tony Blair pour détruire l’Irak et la plupart du Moyen-Orient.”

    Tout y est, et tout est dit…


  7. Dizalch Le 11 janvier 2017 à 07h56
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    La citation de cette pertinente analyse que je retiendrais dans le contexte géopolitique actuel et le comportement des médias:

    “Le chef assigné à la propagande est l’amiral Harry Harris, commandant militaire américain en Asie et dans le Pacifique. “Mes fonctions,” déclara-t-il au New York Times, “allaient de Bollywood à Hollywood, des ours polaires aux pingouins.” Jamais la domination impériale n’avait été décrite de manière plus concise.

    Harris est un des nombreux amiraux et généraux du Pentagone à faire des comptes-rendus à une poignée de journalistes et de présentateurs malléables, avec l’objectif de justifier une menace aussi spécieuse que celle utilisée par George W. Bush et Tony Blair pour détruire l’Irak et la plupart du Moyen-Orient.”

    Tout y est, et tout est dit…


  8. Louis Robert Le 11 janvier 2017 à 11h49
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    “… mandat… Obama… dépenses de fabrication de nouvelles têtes nucléaires… (les) plus élevées… depuis la fin de la Guerre froide… mini arme nucléaire…prévue… (pour) “la rendre plus petite, [rendre son usage] plus imaginable.” En septembre, le “Atlantic council”… prédit un monde… “marqué par le désordre, un violent extrémisme [et] une ère de guerre perpétuelle.”… nouveaux ennemis… “Russie” renaissante et… Chine “de plus en plus agressive”. Seule l’Amérique héroïque peut nous sauver. Cette belligérance est de la pure démence.”

    ***

    “Démence”, “folie”, “insanité”, sans cesse, à juste titre, ces mots parsèment le discours public, ces temps-ci. Du jamais vu. L’a-t-on seulement remarqué?

    Par la provocation incessante de l’Empire (nous en sommes!) et ses actes de guerre, menace en des termes ignobles de haine, hystériques et terrifiants la guerre totale, peut-être nucléaire.

    Or jamais même prononcé, le mot “PAIX” est totalement absent, comme le sont l’ONU et la communauté des nations… L’a-t-on remarqué? Si la réalité qu’il désignait n’existe plus, le mot même existe-t-il encore?

    Si oui, dites, à quoi bon?


    • Gwen Le 11 janvier 2017 à 14h39
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      La paix peut désigner plusieurs choses. Il y a la “glorieuse” paix imposée à ses ennemis dans la victoire, et la paix “honteuse” et “humiliante” qui résulte de la défaite.


    • Catherine Le 11 janvier 2017 à 21h10
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      Je suis entièrement d’accord avec vous et je l’ai déjà dit ici, la Paix ne “les” intéresse pas.

      Les dirigeants du monde militaire ou politique sont des belligérants par nature et c’est parce qu’ils le sont qu’ils sont là où ils sont.

      Les politiques utilisent des expressions militaires ; “nous gagnerons la bataille”,” nos adversaires”, “le camps d’en face”, “j’ai un ennemi, il n’a pas de nom…” :-).

      C’est le peuple qui doit réclamer la Paix et avec force !


    • Moussars Le 12 janvier 2017 à 00h28
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      Intéressante réflexion. Trump, fin stratège ? Ce n’est pourtant pas l’impression qu’il me donne…


  9. ratafio Le 11 janvier 2017 à 13h47
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    Même si la dénonciation est venue des Philippes -> Philippines

    dans lequel l’évidence et des témoignages avertissent -> “preuves et temoignages” plutôt, l’evidence anglais est un faux ami ^^


  10. Dominique Le 11 janvier 2017 à 14h11
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    « Je crois en l’exception américaine au plus profond de moi,” a affirmé Barack Obama »

    Imaginez un allemand disant cela de son pays…
    Ou Poutine…

    A propos, c’est ce dernier qui est comparé à Hitler.


  11. bob Le 11 janvier 2017 à 16h39
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    Bonjour
    Jusqu’ou irons ces gesticulations, et surenchères guerrières, j’espère pas jusqu’à l’apocalyspe nucléaire. mais les USA se battent pour maintenir leur suprèmacie militaire , mais aussi, et surtout économique.Le contrôle des matières premiéres, leur acheminement, les marchés de consommateurs, les Chinois font de mêmes et les Russes aussi. Pour l’instant les USA reste la puissance la plus agressive…….


  12. David Le 11 janvier 2017 à 16h49
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    On peut voir le dernier documentaire de Pilger sur ce sujet ici: https://www.youtube.com/watch?v=k7CSA7PqqGY


    • Chris Le 15 janvier 2017 à 18h05
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      Un brutal rappel des réalités hégémoniques US qui font froid dans le dos.


  13. Lysbeth Levy Le 15 janvier 2017 à 17h16
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    Dernières nouvelles, le journaliste allemand Udo Flock est mort d’une crise cardiaque le 13 décembre : https://fr.wikipedia.org/wiki/Udo_Ulfkotte :””Dans son livre La guerre de l’ombre, la vraie puissance des services secrets, il donne les détails des opérations de deux unités du Mossad israélien : le Metsada, spécialisé dans le sabotage, incluant attaques terroristes et assassinats commis sous de « fausses bannières », et le LAP (Lohamah Psichlogit) qui œuvrerait dans la guerre psychologique. Il y soutient que l’empreinte du renseignement israélien serait retrouvée dans certains événements, parmi lesquels les émeutes de 2005 dans les banlieues françaises, y voyant un lien avec la candidature de Nicolas Sarkozy à l’élection présidentielle française de 2007 et une possible manipulation de l’opinion publique durant la campagne présidentielle française de 2007″”


  14. Logic Le 15 janvier 2017 à 19h08
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    Udo Ulfkotte, l’ancien rédacteur en chef de la Frankfurter Allgemeine Zeitung, qui avait révélé en 2014 avoir travaillé pour la CIA comme « agent non officiel sous couverture » est décédé le 13 janvier 2017, à l’âge de 56 ans.

    “Les médias américains et allemands [et autres membres de l’Otan] essaient d’amener la guerre en Europe, en Russie. C’est le point de non retour et je vais dire ce que j’ai à dire… Ce que j’ai fait dans le passé est mal, manipuler les gens, construire une propagande contre la Russie. Ce n’est pas juste ce que mes collègues font également, ce qu’ils ont fait dans le passé, parce qu’ils sont corrompus, trahissant le peuple, pas seulement en Allemagne, mais partout en Europe… J’ai très peur d’une nouvelle guerre en Europe et je ne veux pas voir une fois de plus cette situation se produire, car une guerre ne vient jamais toute seule, il y a toujours des gens qui poussent à la guerre et ce ne sont pas seulement les politiciens, ce sont les journalistes également… Nous avons trahi notre lectorat, nous avons juste toujours poussé en faveur de la guerre… J’en ai assez, j’en ai ras le bol de toute cette propagande. Nous vivons dans une république bananière et non pas dans un pays démocratique où nous aurions la liberté de la presse.”

    Source :
    http://arretsurinfo.ch/udo-ulfkotte-qui-avait-avoue-avoir-travaille-comme-agent-non-officiel-sous-couvertureest-decede/


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