22 JUILLET 2015 | PAR LES INVITÉS DE MEDIAPART

L’historien britannique Perry Anderson revient sur la crise grecque et analyse l’échec de la stratégie du premier ministre grec. « Tsipras et ses collègues ont répété à qui voulait les entendre qu’il était hors de question d’abandonner l’euro. Ce faisant, ils ont renoncé à tout espoir sérieux de négocier avec l’Europe réelle — et non l’Europe qu’ils fantasmaient. »

La crise grecque a provoqué un mélange prévisible d’indignation et d’auto-satisfaction en Europe, où l’on oscille entre déploration de la dureté de l’accord imposé à Athènes et célébration du maintien in extremis de la Grèce dans la famille européenne, ou bien les deux à la fois. La première réaction est aussi futile que la seconde. Une analyse réaliste ne laisse de place à aucune des deux. Que l’Allemagne soit une fois de plus la puissance hégémonique du continent n’est pas un scoop en 2015 : la chose est évidente depuis au moins vingt ans. Que la France se comporte comme sa servante, dans une relation assez semblable à celle du Royaume-Uni vis-a-vis des Etats-Unis, n’est pas davantage une nouveauté politique : après De Gaulle, la classe politique française a retrouvé ses réflexes des années 1940. Elle s’accommode, et même admire, la puissance dominante du jour : hier Washington, aujourd’hui Berlin.

Moins surprenante encore est l’issue actuelle de l’union monétaire. Depuis l’origine, les avantages économiques de l’intégration européenne, qui vont de soi pour l’opinion bien-pensante de tout bord, ont en réalité été très modérés. En 2008, les calculs de Barry Eichengreen et Andrea Boltho, deux économistes favorables à l’intégration, concluaient que celle-ci avait augmenté le PIB du marché commun de 3 ou 4% entre la fin des années 1950 et le milieu des années 1970, que l’impact du Système Monétaire Européen était insignifiant, que l’Acte unique européen a pu ajouter 1%, et que l’Union monétaire n’avait quasiment aucun effet discernable sur la croissance ou la production.

C’était avant que la crise financière mondiale ne frappe l’Europe. Depuis, le carcan de la monnaie unique s’est révélé aussi désastreux pour les Etats du sud de l’Europe qu’avantageux pour l’Allemagne, où la répression salariale — masquant une très faible croissance de la productivité— a assuré à l’industrie allemande son avantage compétitif contre le reste de l’Europe. Quant aux taux de croissance, la comparaison avec les chiffres du Royaume-Uni ou de la Suède, depuis Maastricht, suffit à démonter l’affirmation que l’euro aurait profité à un pays autre que son principal architecte.

Voilà la réalité de la « famille européenne » telle qu’elle a été construite par l’Union monétaire et le Pacte de stabilité. Mais son idéologie est inébranlable : dans le discours officiel et intellectuel, l’UE garantit toujours la paix et la prospérité du continent, bannit le spectre de la guerre entre les nations, défend les valeurs de la démocratie et des droits de l’Homme, et fait respecter les principes d’un libre marché modéré, socle de toutes les libertés. Ses règles sont fermes mais souples, répondant à un double impératif de solidarité et d’efficacité. Pour les sensibilités baignant dans cette idéologie commune à l’ensemble du personnel politique européen et à la vaste majorité du commentaire médiatique, la souffrance des Grecs a été un spectacle douloureux. Mais heureusement, le bon sens a fini par triompher, un compromis a été trouvé et il ne reste plus qu’à espérer tous ensemble que l’Union n’a pas subi de dommage irréparable.

Depuis la victoire électorale de Syriza en janvier, le cours de la crise en Grèce était également prévisible, à l’exception du rebondissement final. Les origines de la crise étaient doubles : la qualification frauduleuse à l’entrée dans la zone euro par le PASOK de Simitis et l’impact du krach global de 2008 sur l’économie fragile d’une Grèce endettée et non compétitive. Depuis 2010, des programmes d’austérité successifs — autrefois appelés « plans de stabilisation » — dictés par l’Allemagne et la France, dont les banques étaient les plus exposées au risque de défaut grec, ont été mis en oeuvre sur place par la Troïka composée de la Commission européenne, de la BCE et du FMI. Cinq années de chômage de masse et de coupes budgétaires sociales plus tard, la dette atteignait de nouveaux sommets. Dans ce contexte, Syriza a gagné parce qu’il promettait avec fougue et conviction de mettre fin à la soumission à la Troïka. Il « renégocierait » les termes de la tutelle européenne.

Comment comptait-il y parvenir ? Tout simplement en implorant un traitement plus doux, et en jurant quand celui-ci ne venait pas — des implorations et des jurons, donc, adressés aux nobles valeurs de l’Europe, auxquelles le Conseil européen ne pouvait être indifférent. Il n’était que trop clair, dès le départ, que ce déversement de supplications et d’imprécations était incompatible avec toute idée de sortie de l’euro. Pour deux raisons. Les dirigeants de Syriza n’arrivaient pas à faire la distinction mentale entre l’appartenance à la zone euro et à l’UE, considérant la sortie de l’une comme équivalent de l’expulsion de l’autre, soit le pire cauchemar pour les bons Européens qu’ils assuraient être. Ensuite, ils savaient que, grâce aux fonds structurels et à la convergence initiale des taux d’intérêt européens, le niveau de vie des Grecs avait effectivement progressé pendant les années Potemkine de Simitis. Les Grecs avaient donc de bons souvenirs de l’euro, qu’ils ne reliaient pas à leur misère actuelle. Plutôt que d’essayer d’expliquer ce lien, Tsipras et ses collègues ont répété à qui voulait les entendre qu’il était hors de question d’abandonner l’euro.

Ce faisant, ils ont renoncé à tout espoir sérieux de négocier avec l’Europe réelle — et non l’Europe qu’ils fantasmaient. La menace économique d’un Grexit était certes beaucoup plus faible en 2015 qu’en 2010, les banques allemandes et françaises ayant été renflouées entre temps par les plans de soi-disant sauvetage de la Grèce. Malgré quelques voix alarmistes résiduelles, le ministère des finances allemand savait depuis un moment que les conséquences matérielles d’un défaut Grec ne seraient pas dramatiques. Mais du point de vue de l’idéologie européenne à laquelle adhèrent tous les gouvernements de la zone euro, ce coup symbolique porté à la monnaie unique, et au « projet européen » comme on aime à l’appeler ces jours-ci, aurait été une régression terrible qu’il fallait empêcher à tout prix. Si Syriza avait élaboré dès son arrivée au pouvoir un plan B pour un défaut organisé — en préparant les contrôles de capitaux, l’impression d’une monnaie parallèle et d’autres mesures de transition imposables en 24 heures pour éviter le désordre — et menacé l’UE de l’appliquer, il aurait disposé d’armes de négociation. S’il avait déclaré qu’en cas d’épreuve de force, il retirerait la Grèce de l’OTAN, même Berlin aurait réfléchi à deux fois à un troisième programme d’austérité, devant la crainte américaine que suscite une telle perspective. Mais pour les Candides de Syriza, ceci était encore plus tabou que l’idée d’un Grexit.

Face à un interlocuteur privé de tout levier et alternant entre implorations et insultes, pourquoi les puissances européennes auraient-elles fait la moindre concession, sachant dès le départ que tout ce qu’elles décideraient serait in fine accepté ? Sous cet angle, leur conduite a été tout à fait rationnelle. La seule surprise notable dans cette chronique écrite d’avance fût que Tsipras annonce, en désespoir de cause, un référendum sur le troisième mémorandum et que l’électorat le rejette massivement. Armé de ce « Non » retentissant, Tsipras a émis un « oui » penaud à un quatrième memorandum encore plus dur que le précédent, prétendant à son retour de Bruxelles qu’il n’avait pas d’autre choix en raison de l’attachement des Grecs à l’euro. Mais dans ce cas, pourquoi ne pas avoir posé cette question là au referendum : être vous prêts à tout accepter pour rester dans l’euro? En appelant à voter Non, et en exigeant un Oui docile moins d’une semaine après, Syriza a retourné sa veste aussi vite que les crédits de guerre avaient été votés par la sociale-démocratie en 1914, même si, cette fois-ci, une minorité du parti a sauvé son honneur. A court terme, Tsipras prospérera sur les ruines de ses promesses, comme l’avait fait le premier ministre travailliste britannique Ramsay MacDonald, dont le gouvernement d’union nationale composé en majorité de conservateurs avait imposé l’austérité en pleine Grande dépression, avant de mourir dans le mépris de ses contemporains et de la postérité. La Grèce a déjà eu sa part de dirigeants de cet acabit. Peu de gens ont oublié lApostasia de Stephanopolous en 1965 (1). Le pays aura sans doute à en subir d’autres.

Quid de la logique plus large de la crise ? Tous les sondages montrent que, partout, l’attachement à l’Union européenne a — à juste titre — fortement décliné en dix ans. Elle est désormais vue comme ce qu’elle est : une structure oligarchique, gangrénée par la corruption, construite sur le déni de la souveraineté populaire, imposant un régime économique amer de privilèges pour quelques uns et de contraintes pour tous les autres. Mais ceci ne signifie pas qu’elle soit mortellement menacée par le bas. La colère monte dans la population, mais faute de catastrophe, le premier instinct sera toujours de s’accrocher à ce qui existe, aussi repoussant que cela puisse être, plutôt que de se risquer à ce qui pourrait être radicalement différent. Ceci ne changera que si, et quand, la colère sera plus forte que la peur. Pour le moment, ceux qui vivent sur la peur — la classe politique à laquelle Tsipras et ses collègues appartiennent désormais — peuvent être tranquilles.

(1) L’Apostasia désigne le transfuge de renégats menés par Stephanos Stephanopoulos d’un gouvernement d’Union des Centres à un régime nommé par le Roi, deux ans avant le coup d’Etat militaire de 1967.

Source : http://blogs.mediapart.fr

Quand le Coup contre la Grèce révèle ce qu’est l’Union Européenne depuis l’origine ! – par Annie Lacroix-Riz

Il n’aura donc pas fallu une semaine pour que le “OXI” massif des grecs soit piétiné, qu’un coup d’état financier mené de façon implacable par l’Union Européenne en étranglant la Grèce via la Banque central européenne démontre le caractère totalitaire, la nature de dictature de la classe capitaliste de ce qu’est réellement et concrètement l’Union Européenne à ceux qui en douterait encore. www.initiative-communiste.fr site web du PRCF publie cette tribune de notre camarade l’historienne Annie Lacroix-Riz, auteur notamment d’un ouvrage à lire absolument « Aux origine du carcan européen ».

La réalité de cette Union européenne, amorcée à la fin du 19e siècle par les associations capitalistiques franco-allemandes, et qui prit son visage définitif, sous la tutelle américaine ajoutée à l’allemande, entre les années 1920 et les années Jean Monnet-Robert Schuman d’après Deuxième Guerre mondiale, fait brutalement tomber le masque du « projet européen » qui a dupé tant de peuples et pendant si longtemps. Beaucoup prêtent à l’union européenne une identité sympathique, au moins fugace, qu’elle n’a jamais eu, ni en 1926 (fondation du cartel international de l’acier) ni en 1950 (discours de Robert Schuman sur la Communauté européenne du charbon et de l’acier). C’est d’ailleurs l’origine d’une déception sans objet. La casse de l’histoire, systématique, dans tous les pays concernés, et la propagande quotidienne ont entretenu les illusions.

Il fut un temps, et vous le savez, où les partis marxistes, bien informés, notamment par le « camp démocratique » guidés, eh oui !, par l’URSS (pays dont il serait temps de faire sérieusement l’histoire), et indépendants de « l’Occident » guidés par Washington, connaissaient les tenants et aboutissants de « l’Europe » (alors « occidentale »), l’écrivaient et le clamaient. Les archives originales l’attestent, qui révèlent, dans le cas français, l’effroi du Quai d’Orsay devant les révélations, incontestables mais encore parfois au-dessous de la cruelle vérité, que L’Humanité et la presse communiste diffusaient quotidiennement tant sur l’abominable Plan Marshall que sur celui d’Union Européenne qui en constituaient le prolongement : l’objectif était de créer un énorme marché européen pour l’impérialisme américain, avec la perspective d’y intégrer, sous la tutelle secondaire mais essentielle de l’ancien Reich (alors zone occidentale de l’Allemagne puis RFA), le continent européen entier, ce qui supposait entre autre de balayer le « camp socialiste ». Notons qu’on continue ces temps-ci à réclamer un Plan Marshall pour tout et n’importe quoi, notamment pour la Grèce : on ne croit pas si bien dire, on y est, avec une grande partie des conditions attachées aux emprunts « européens » de l’époque…

Un carcan de fer s’abat sur l’europe : l’Union Européenne

Le tout pris corps sous la « protection »-carcan américain du Pacte atlantique d’avril 1949 et de son organisation militaire, l’OTAN, disposant de bases dans le monde entier (stepping stones) et mettant en œuvre la « stratégie périphérique » (aérienne) qui vouait les peuples dépendants à la mission explicitement décrite de « chair à canon » (canon fodder). Cette ligne avait été entièrement définie à Washington pendant la Deuxième Guerre mondiale, à l’heure où l’URSS assurait la partie militaire, avec ses dizaines de millions de victimes militaires et civiles de la guerre d’attrition conduite par l’impérialisme allemand, de ce qui fut l’écrasante victoire économique et politique des Etats-Unis en 1945. L’option américaine n’eut donc rien à voir avec la chronologie de la « Guerre froide », attrape-nigauds aussi puissant et efficace que celui du « projet social » de l’Union Européenne. Rappelons qu’une base militaire, à l’ère maritime (britannique) et aéronautique (états-unienne) de l’impérialisme (voir même avant cette phase impérialiste, pour le cas britannique), constitue d’abord une base de contrôle économique de l’empire.

Que la plupart des partis, mouvements et syndicats révolutionnaires ou (vraiment) « démocratiques » aient changé d’avis sur l’Union Européenne et cédé aux illusions (certains, de longue date, d’autres, qui ont résisté plus longtemps, plus récemment, inutile d’établir ici le sinistre palmarès) mesure seulement l’ampleur des défaites et abdications successives du « mouvement démocratique » au bout de plusieurs décennies de crise systémique du capitalisme et de victoires politiques du « camp impérialiste » (camp très malade cependant). Ces illusions ont généré une situation aussi désespérante pour les peuples que celle de 1914, c’est à dire aussi momentanément désespérante qu’en 1914. A cet égard, la synthèse de Jacques Pauwels, 1914 1918. La grande guerre des classes, Bruxelles, Aden, 2014, riche sur les questions politiques et sociales, aidera les désespérés à réfléchir, par comparaison, sur les issues possibles. Sur la clé économique du phénomène, tant en 1914 qu’aujourd’hui, impossible de sortir du cadre de L’impérialisme, stade suprême du capitalisme, de Lénine, qu’il faut lire ou relire, tant cette brochure est adaptée à la période que nous vivons. Sans en négliger la portée politique, puisqu’elle souligne la responsabilité éminente de la fraction dirigeante des partis « ouvriers », « l’aristocratie ouvrière » de la Deuxième Internationale qui avait soutenu l’union sacrée et conduit ses mandants à la boucherie. De même, le chœur « européen » des partis de « gauche » et des syndicats nationaux groupés sous la bannière de la Confédération européenne des syndicats sanglote aujourd’hui sur le paradis perdu et conjure ses membres et sympathisants (de moins en moins nombreux, ce qui ne diminue pas toujours les moyens des organisations concernées) de se battre pour le maintien de l’euro et une union européenne fantasmée, ou plutôt de les soutenir par sa seule renonciation à lutter. Car ledit chœur empêche de toutes ses forces, depuis plusieurs décennies, ses mandants de défendre activement leurs propres intérêts politiques et sociaux, jusqu’ici avec grand succès, il faut l’admettre.

Avec le coup de force contre la Grèce, les yeux se décillent : combattre l’euro fascisation en marhce

Nous atteignons avec le coup de force ou coup d’État contre la Grèce (qui en effet, ressemble comme deux gouttes d’eau au Munich extérieur de la nuit du 29-30 septembre 1938 et au « Munich intérieur » consécutif) une phase de la crise de l’impérialisme décisive pour que les yeux se dessillent. Le problème supplémentaire, non scientifique assurément, est qu’il faudrait trouver une solution politique, et vite, pour sortir d’un enfer déjà atteint ou qui nous menace tous ou presque. Commençons par arrêter de crier au loup et au retour du « nationalisme » comme si les mouvements fascistes, naguère qualifiés de nationaux, avaient vraiment l’intention de reconstituer les nations mises à l’agonie par l’impérialisme, Etats-Unis et Allemagne en tête : c’est ce que les partis fascistes, financés par le grand capital (comme aujourd’hui), ont prétendu dans l’entre-deux-guerres, avant de se rouler aux pieds du vainqueur, montrant ce qu’il fallait entendre par « partis nationaux », tandis que les prétendus « métèques » se battaient pour les intérêts nationaux et sociaux de la population de leur pays d’accueil. Le fascisme, excellent moyen, pour le grand capital, d’écraser les salaires en cas de besoin, ne « passe » que si les populations omettent de se battre pour leurs intérêts sociaux : si le peuple grec et les autres luttent contre ce qui les accable, le « fascisme » ne passera pas ; s’ils y renoncent, laissant le grand capital libre de confier ses intérêts du jour à des auxiliaires politiques « à poigne », c’est une autre affaire.

Je me permets, sur l’aspect historico-scientifique de ces questions, de renvoyer à mon ouvrage Aux origines du carcan européen, 1900-1960 (2e édition), Paris, Delga-Temps des cerises, 2015, évidemment plus précis que le contenu des conférences. J’ai consacré nombre de travaux depuis les années 1980-1990 (dont plusieurs figurent dans la bibliographie du livre sur le Carcan) aux tentatives ayant abouti à la création de l’Union Européenne. Les sources contemporaines des événements ne laissent aucune illusion sur la similitude absolue entre les intentions de ses fondateurs et leurs réalisations, et sur l’inanité de la thèse d’une « dérive » de l’Union Européenne entre 1945-1960 et la période actuelle (voir le curriculum vitae de 2014 de mon site, qui sera bientôt actualisé à la date de juin 2015). Et, sur le fascisme, à mes travaux sur l’entre-deux-guerres, notamment LeChoix de la défaite : les élites françaises dans les années 1930, Paris, Armand Colin, 2010, et De Munich à Vichy, l’assassinat de la 3e République, 1938-1940, Paris, Armand Colin, 2008.

Source : www.initiative-communiste.fr

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44 réponses à La débâcle grecque, par Perry Anderson (+ Annie Lacroix-Riz)

Commentaires recommandés

FifiBrind_acier Le 04 août 2015 à 07h52

Comme l’explique l’excellente historienne Annie Lacroix Riz, (qui travaille sur les archives, et pas en recopiant les bouquins des autres), la construction européenne a été mise sur les rails le 10 août 1944, dans une réunion à Strasbourg, entre les Chefs nazis et les Américains.

Archives de l’ INA: ” L’Europe des collabos”
https://www.youtube.com/watch?v=WPnQIXfZ9q4&list=FLvmWSglyNEjCL-ecaHKXLow

Les responsables allemands demandaient à l’élite industrielle allemande (Krupp, Volkswagen, Messerschmit etc) ” d’organiser la renaissance de l’ Allemagne, de préparer le retour au pouvoir des nazis, d’oeuvrer pour un Empire allemand fort, en coopération avec les américains.”

Participaient à cette réunion, de Hauts fonctionnaires de l’ US Navy et du Ministère de l’armement. Ils répondirent que ce serait “un Empire économique, plutôt que militaire, et pas seulement avec l’ Allemagne”.

D’où un “recyclage ” de nombreux nazis, dont Walter Hallstein, le juriste d’ Hitler, qui est devenu… le 1er responsable de la Commission européenne. C’est le même Hallstein qui a signé le Traité de Rome au nom de l’ Allemagne en 1957.

Le mariage officiel des USA et de l’ Allemagne a eu lieu en 2004, sous la forme de ” Alliance germano américaine pour le 21e siècle”, totalement inconnue des Français, à qui on sert régulièrement le mythe du couple franco -allemand.

  1. georges dubuis Le 04 août 2015 à 00h47
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    Pourquoi utilise-t’il/elle encore le terme désuet, grand capital, au lieu de finance ? C’est la limite des analyses de la gauche dite radicale, sont ils rester au début du 20 ème siècle ? Et bien, OUI.


    • dupontg Le 04 août 2015 à 01h14
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      Annie Lacroix-Riz est une historienne pas une “analyste”…
      Professeur universitaire à la retraite agé de 67 ans
      un peu normal qu’elle vive dans le passé..


    • Mr K. Le 04 août 2015 à 01h21
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      à Georges dubuis.

      Si j’ai bien compris, c’est parce que “grand capital” est plus précis : il serait l’osmose entre les multinationales (terme plus actuel) et justement la finance.

      D’ailleurs ayant pour la première fois de ma vie lu Lénine (je crois que ce sera la seule), jetez un œil sur “L’impérialisme, stade suprême du capitalisme”, que l’on trouve facilement sur internet, recommandé par Annie Lacroix-Riz dans son article.

      Écrit en 1916, utilisant des données économiques de l’époque, c’est une analyse économique complètement incroyable de modernité, si on ne s’arrête pas à des termes employés qui peuvent paraître désuets.


      • georges dubuis Le 04 août 2015 à 20h09
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        Mr K
        En 1977 après mes classes en usine,au Matériel Téléphonique à Boulogne Billancourt,7 ans de salariat et de blabla communistes et trotsko,quand même, j’ai lu le livre ci dessous pendant un séjour colo/camarade/clubmed en RDA au château des travailleurs, ah, ah, sans rire. Je n’ai plus été employable, ni exploitable depuis. J’ai servi comme cuisinier privé en GB chez des riches, c’est fou ce qu’on y apprend de 1ere main…..un peu comme Luchini.
        http://leuven.pagesperso-orange.fr/enquete.htm
        L’impérialisme stade suprême du……cinéma, le lac des signes comme l’a approché Baudrillard, sans aller au fond.


        • georges dubuis Le 05 août 2015 à 09h30
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          Ce qui est exploitable est exploité donc ce n’est pas là que se situe le noeud de la question cacapitaliste du besoin sans cesse renouveler. Il est au niveau de l’Etat de diriger et de donner une direction dans tous les domaines et qu’il soit compris et réfléchis, c’est libérer , non les forces productives mais les forces de réflexions qui motivent à s’impliquer et non à s’exécuter dans une tâche singulière et parcellaire.
          Le gros mot fasciste à la racine est juste fascio, réseau, et bien j’en cherche tous les jours que jeu fait et c’est bien ce que nous cherchons tous avec le savoir.Connaissances/reconnaissances, c’est notre essence, notre nature. Parlez moi d’estime, pas d’amour…..jésus s’est trompé, 1er grand communiquant, sans le savoir, victime de sa singularité identitaire.


    • GaM Le 04 août 2015 à 01h38
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      Cosmétique : on ne fait pas de pub ou de comm’ pour se demander ce qui est désuet dans un mot mais s’il vérifie une réalité, ce qui est le cas.
      La novlangue actuelle appelle bien un “plan social” des licenciements ou “réformes” toute régression, là c’est problématique car entretenant volontairement une confusion mensongère.


      • Fulanodetal Le 04 août 2015 à 07h42
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        Le choix des mots est tout de même important. Il y a trop de termes désuets et connotés dans ce texte, qui reprend la plupart des tics du discours marxiste. Ce style (on croit entendre Georges Marchais) est de de nature à rebuter le lecteur. A quoi bon employer de mots “précis” qui décrivent bien la réalité si personne ne les lit ? Il suffit de parcourir quelques lignes pour comprendre à quelle famille politique appartient l’auteur. Avancer ainsi à découvert est n’est pas très futé.
        “Le grand capital” ne se gène pas pour employer des mot trompeurs pour sa propagande. Pourquoi ceux qui le combattent devraient-ils se handicaper et ne s’autoriseraient pas à utiliser les mêmes armes ? Si l’on veut convaincre, il faut s’en donner les moyens


        • BEYER Michel Le 04 août 2015 à 10h30
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          Oh!!! Le faux-cul!!!


        • achriline Le 04 août 2015 à 17h32
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          “A quoi bon employer de mots “précis” qui décrivent bien la réalité si personne ne les lit ?”
          A chacun ses choix, soit on s’informe avec “des mots précis qui décrivent bien la réalité” soit on reste dans son petit confort en écoutant la presse mainstream pleine de mots de bisounours qui rassurent.

          “Avancer ainsi à découvert n’est pas très futé”
          Peut-être pas futé mais honnête ce qui ne peut que donner plus de crédit à ses écrits.
          Je ne suis d’aucune manière lié avec Annie Lacroix-Rix mais elle fait partie des historien(ne)s avec Henri Guillemin entre autres, qui m’ont fait découvrir la vraie version de l’histoire, celle qui permet de comprendre beaucoup de choses, pas celle des livres scolaires qui est souvent celles des vainqueurs et/ou de la propagande et qui m’ennuyait prodigieusement.


          • Lysbethe Lévy Le 04 août 2015 à 20h32
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            En Uk, ils ont Michael Pinto-Duchinsky, historien “hors des sentiers battus” ou comme ALR qui s’attache a dénoncer les collusions des anciens nazis avec la nouvelle Europe et l’élite, dénoncer par exemple Alfred Toepfer très riche ayant eu sa place dans le régime nazi et actuellement “philanthrope” pour les jeunes générations ayant connu tous les pro-européens passés et présents.

            Un prix spécial lui a été décerné; le ‘prix du mensonge’ : http://standpointmag.co.uk/node/2878/full Alors combien sont-ils en vérité a s’être recyclés a faire surgir la nouvelle Union Européenne, après avoir trempés dans la seconde plus grande guerre d’europe ?


            • FEG Le 05 août 2015 à 13h33
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              Merci pour vos informations et vos références. Michael Pinto-Duchinsky m’était inconnu, sinon de nom et à travers des notes de bas de page.

              Je suppose que vous connaissez l’ouvrage sérieux d’Alfred Wahl, paru en 2006 : “La seconde histoire du nazisme : Dans l’ Allemagne fédérale depuis 1945”
              http://www.armand-colin.com/la-seconde-histoire-du-nazisme-9782200268442

              La liste des adeptes, des “sympathisants” et des alliés des nazis parmi le grand capital allemand, lesquels ont financé ouvertement ou servi dans l’ombre les criminels nazis, remis en selle après 2 ou 3 ans de détention ou acquittés par les alliés anglo-américains est édifiante.


        • Eric Le 04 août 2015 à 23h20
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          à “Fulanodetal”

          Tout simplement parce que la fin ne justifie pas les moyens !


    • Crapaud Rouge Le 04 août 2015 à 03h20
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      Le mot “finance” est connoté “techniques financières”, avec tout le prestige associé aux choses sophistiquées, alors que “grand capital”, tout le monde sait ce que ça veut dire, ça ne fait référence à aucune technique et c’est connoté classe sociale.


      • Léa Le 04 août 2015 à 04h31
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        Je n’étais pas sûre pour répondre, mais c’est ce que je pensais, surtout qu’elle a parlé ( dans une des vidéos ) de la famille De Wendell, ( Forges, aciéries )( 1000 héritiers aujourd’hui qui se réunissent une fois par an ) et de la famille Schneider ( Le Creusot , forges), donc des gens qui possèdent un capital depuis plus d’un siècle. C ‘était le domaine de la grande industrie du 19 et 20 ème siècle.

        Alors que dans la finance, ce ne sont souvent que des salariés, gros salariés mais pas propriétaires de la société et l’arrière petit fils du PDG actuel n’héritera de rien. C ‘est plus le domaine des banques et assurances.


        • Yann LARGOEN Le 04 août 2015 à 20h29
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          Pas que des gros salariés, des moyens également qui comptent sur la finance pour valoriser leur épargne, même relativement modeste, jusqu’à perdre de vue qu’ils en sont victimes, dans leur travail notamment et le destin promis à leurs enfants. C’est cette diffusion du capital dans la société qui assure sa domination politique à travers les partis dits de gouvernement. Il faut avoir vu à la tv l’interview de la présidente [je crois] de la présidente des actionnaires salariés de la Société Générale au moment de l’affaire Kerviel pour se convaincre que ces petits rentiers minables ne sont pas les moins redoutables.


    • achriline Le 04 août 2015 à 17h13
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      Annie Lacroix-Riz est une historienne (une vraie) que sa sympathie pour la gauche, effectivement celle du temps du parti communiste, m’empêche pas d’être honnête. Les faits cités dans ses livres sont sourcés jusqu’à parfois prendre une demie page.
      Il suffit de lire ceux qui traitent de la fin du 19ème siècle et du début du 20ème et qui révèlent la collusion entre la finance et les grands industriels (De Wendel, Renault, etc …) ainsi que leurs alliances avec leurs homologues allemands, jusqu’à leur collaboration pour voir que ce n’était pas qu’une question de finance mais effectivement de grand capital. (Industriels et banquiers français sous l’Occupation, Le Choix de la défaite : les élites françaises dans les années 1930) https://fr.wikipedia.org/wiki/Annie_Lacroix-Riz
      Il faut appeler un chat un chat.
      En quoi le terme grand capital serait-il désuet ? Vous ferait-il peur ? Un vieux reste de la propagande anti-communiste ?


    • Embrun632 Le 05 août 2015 à 16h24
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      Alors, comme ça, ce qui vous paraît important dans le texte d’Annie Lacroix-Riz, ce sont des termes “désuets” comme “grand capital” ? Que dites-vous de l’analyse qu’elle présente, est-elle également désuète ? C’est curieux, cette confusion entre l’essentiel et l’accessoire… Les termes employés relèvent de l’analyse marxiste, on ne peut plus valable à l’heure actuelle. Elle permet de comprendre pourquoi il faut quitter non seulement l’euro mais aussi l’Union européenne et l’OTAN qui entretiennent un chaos mondial parfaitement organisé : consultez le programme du PRCF, vous en saurez davantage…


  2. Caliban Le 04 août 2015 à 01h00
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  3. Greco Le 04 août 2015 à 01h38
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    En ce qui concerne l’article de Perry Aderson, je voulais ajouter quelque chose qui n’est pas connu en dehors de la Grèce et qui montre à quel point l’histoire peut se répéter, malgré les affirmations contraires de Marx. L’article mentionne en note de bas de page l’apostasie (qui a ouvert les portes au régime des colonels 2 ans après). Les journaux qui a cette époque avaient soutenu l’apostasie, pendant les manifs et protestions de cette période, étaient régulièrement prises par les kiosques et les manifestants les brulaient en guise de protestation pour leur soutien aux apostâtes. Ces journaux étaient…. To Vima et les autres journaux du group Lambrakis…To Vima , on le voit partout, même après 40 ans d’essayer de influencer la politique de chaque gouvernement en Grèce…A la prochaine chers journalistes..Come votre ami, le ministre de l’intérieur a dit » il faut se préparer parce que l’automne va être très chaud….Et faites voter le 15/8 le memorandum3, un Samedi férié, pas le 18/8 Mardi ou la plupart de personnes sont rentrés de leurs vacances…et vont trouver les factures dans les boites aux lettres….


  4. michael Le 04 août 2015 à 07h24
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    “Quand le Coup contre la Grèce révèle ce qu’est l’Union Européenne depuis l’origine ” .

    Je ne suis pas certain qu’ il y’ avait un probleme dès l’ origine . J ‘ai observe comment l EU fonctionnait dans les annees 70 et 80 avec 6 a 12 membres . L’ Europe était beucoup moins critiquée a cette époque.et avait beaucoup mois de pouvoirs que maintenant . C’ est l’elargissement de l ‘ Europe , l’ Euro , Shengen , et le transfert de pouvoirs supplémentaires vers Bruxelles qui a rendu cette Europe non démocratique . La tentation du “toujours plus” a tué le project européen.


  5. FifiBrind_acier Le 04 août 2015 à 07h37
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    Merci Olivier pour ces articles sur l’ Europe fantasmée et l’ Europe réelle, bien éloignée de la propagande.

    A titre d’exemple, voici la déclaration en date du 27 février 2015, de Pierre Laurent, Président du Parti de Gauche européen, à propos de la victoire électorale de Syriza qui venait de se produire.
    Le titre est éloquent: ” L’Europe est un atout pour Syriza”. Rêve!
    http://www.euractiv.fr/sections/politique/pierre-laurent-leurope-est-un-atout-pour-syriza-pas-un-obstacle-312493

    On y lit que l’accord trouvé ” marque la fin de la Troïka”.
    Que l’arrivée au pouvoir de Syriza ” est une chance pour l’ Europe”.
    Que Syriza va pouvoir ” rouvrir le débat sur l’austérité et les déficits publics”
    Que la Grèce est maintenant “dans la position de négocier avec du temps”.
    Que l’austérité ” ne fait pas partie des règles intangibles de l’ Europe, la démocratie oui.”
    Que ” l’ Europe est un atout, car tous les peuples sont concernés par les enjeux soulevés par la victoire de Syriza.”
    “Qu’il faut changer les statuts de la BCE”, comment? mystère.
    “Qu’il faut consulter les peuples par référendum”
    Que la Gauche européenne “n’est pas eurosceptique, mais la seule à porter l’idée de l’ Europe de la solidarité.” etc

    Ceux qui essayaient d’informer les citoyens sur l’ Europe réelle, et pas l’ Europe fantasmée, se sont fait couvrir d’insultes. Des excuses seraient les bienvenues.


  6. FifiBrind_acier Le 04 août 2015 à 07h52
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    Comme l’explique l’excellente historienne Annie Lacroix Riz, (qui travaille sur les archives, et pas en recopiant les bouquins des autres), la construction européenne a été mise sur les rails le 10 août 1944, dans une réunion à Strasbourg, entre les Chefs nazis et les Américains.

    Archives de l’ INA: ” L’Europe des collabos”
    https://www.youtube.com/watch?v=WPnQIXfZ9q4&list=FLvmWSglyNEjCL-ecaHKXLow

    Les responsables allemands demandaient à l’élite industrielle allemande (Krupp, Volkswagen, Messerschmit etc) ” d’organiser la renaissance de l’ Allemagne, de préparer le retour au pouvoir des nazis, d’oeuvrer pour un Empire allemand fort, en coopération avec les américains.”

    Participaient à cette réunion, de Hauts fonctionnaires de l’ US Navy et du Ministère de l’armement. Ils répondirent que ce serait “un Empire économique, plutôt que militaire, et pas seulement avec l’ Allemagne”.

    D’où un “recyclage ” de nombreux nazis, dont Walter Hallstein, le juriste d’ Hitler, qui est devenu… le 1er responsable de la Commission européenne. C’est le même Hallstein qui a signé le Traité de Rome au nom de l’ Allemagne en 1957.

    Le mariage officiel des USA et de l’ Allemagne a eu lieu en 2004, sous la forme de ” Alliance germano américaine pour le 21e siècle”, totalement inconnue des Français, à qui on sert régulièrement le mythe du couple franco -allemand.


    • Wilmotte Karim Le 04 août 2015 à 11h08
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      “Comme l’explique l’excellente historienne Annie Lacroix Riz […] la construction européenne a été mise sur les rails le 10 août 1944, dans une réunion à Strasbourg, entre les Chefs nazis et les Américains.”

      ALR, dans l’article au dessus:
      “La réalité de cette Union européenne, amorcée à la fin du 19e siècle par les associations capitalistiques franco-allemandes, et qui prit son visage définitif, sous la tutelle américaine ajoutée à l’allemande, entre les années 1920 et les années Jean Monnet-Robert Schuman d’après Deuxième Guerre mondiale”

      Amorcée fin du 19e, franco-allemand, visage définitif sous tutelle (et non domination totale) “américaine ajoutée à l’allemande”.

      ALR ne fait en aucun cas de la construction de l’UE un projet exclusivement US et/ou allemand.
      Elle cite, en permanence, l’impact des grands bourgeois français! Ce que vous gommez systématiquement!


      • FifiBrind_acier Le 04 août 2015 à 19h41
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        Je crois qu’il n’y a pas contradiction.
        Entre l’idée européenne de la fin du 19e siècle (Cf Victor Hugo) et la construction réelle, il s’est passé 50 ans. Hitler avait initié “l’ Europe nouvelle”, les USA ont repris le flambeau en 1944. Je connais les analyses d’ALR, sur le rôle des banquiers et des patrons français pendant l’occupation, mais là, je parle d’après 1944.

        L’état de l’économie française à la fin de la guerre n’a rien à voir avec la puissance économique des USA à cette époque, à son apogée. Les USA n’ont jamais voulu que la France, encore moins le PCF au sommet de sa popularité, et De Gaulle qu’ils détestaient, soient à l’initiative de quoi que ce soit.

        Les USA sont arrivés en pays conquis, avec l’ AMGOT, des francs déguisés en dollars, pour coloniser la France. Ils ont mis sur pied dès la fin de la guerre, l’ OTAN et le Mouvement européen pour propager l’idée européenne.

        Kennedy est intervenu pour faire capoter le Traité de l’ Elysée, qui justement liait la France et l’ Allemagne. Je parle de l’après guerre 1944/ 1960.

        Dans ce document ” Histoire secrète du patronat de 1945 à nos jours”, au chapitre ” la ruée vers l’ Est”, il est mentionné que le patronat français s’est opposé à diverses initiatives européennes, au Traité de Rome et autres projets d’ Europe de la Défense et d’une armée européenne…

        Mais si vous avez des infos différentes sur le rôle du patronat français dans la construction européenne après la Libération, je suis preneur.

        https://books.google.fr/books?id=GFKcBAAAQBAJ&pg=PT42&lpg=PT42&dq=le+patronat+fran%C3%A7ais++%C3%A0+la+lib%C3%A9ration&source=bl&ots=rQCYfMa4vQ&sig=8f6o85XSDWy0jAma4c_wICwlsY0&hl=fr&sa=X&ved=0CEEQ6AEwBjgKahUKEwiyp6uL-Y_HAhXFVRQKHUj_AKI#v=onepage&q=le%20patronat%20fran%C3%A7ais%20%20%C3%A0%20la%20lib%C3%A9ration&f=false


    • H. Toin Le 04 août 2015 à 14h16
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      Pourriez-vous nous donner quelques références sur cette “alliance germano américaine” de 2004?

      Une recherche rapide sur le oueb ne donne absolument rien du tout… et le timing est quand même bizarre, en plein milieu du fiasco diplomatique irakien et pendant la chancellerie du très russophile Schröder.
      Merci


      • FEG Le 04 août 2015 à 17h19
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        Sur le site de la Maison-Blanche, tout simplement.

        http://georgewbush-whitehouse.archives.gov/news/releases/2004/02/20040227-10.html

        Également, quelques archives sur le Spiegel Online

        http://www.spiegel.de/politik/deutschland/dokumentation-das-deutsch-amerikanische-buendnis-a-288388.html

        La réaffirmation du partenariat dans la direction USA & UE s’avère entérinée (cf. “partners in leadership” proposé par George Herbert Walker Bush père en octobre 1990 à Helmut Kohl après la réunification allemande).

        Les objectifs poursuivis en commun sont confirmés : suprématie de l’OTAN comme dispositif de défense, élargissement de l’UE, abolition des restrictions aux échanges commerciaux et financiers transatlantiques, etc.

        Comme dans toute association, rapports de bon voisinage, vie de couple ou relation d’amitié, il existe des divergences, des conflits internes, voire des rivalités, mais celles-ci finissent par se surmonter en définitive, en application du principe bien senti des intérêts à long terme partagés. Le rapprochement germano-américain sur l’Irak est ici manifeste.

        En revanche, il serait intéressant de connaître en détail “l’agenda d’action commune”, régulièrement actualisé et d’évidence jamais publié, lequel fixe la feuille de route mutuelle qui détermine les politiques allemandes et américaines sur le sous-continent européen.

        Le dernier paragraphe est explicite : “With a common agenda of action, the German-American alliance will prove as critical to the advance of freedom, security, and prosperity in the 21st Century as it was in the second half of the 20th Century”.

        Peut-être que Paris devrait en demander une copie aux acteurs souterrains si souvent jumeaux, savoir le BND et la NSA ?


      • FEG Le 04 août 2015 à 17h33
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        La formule “demander une traduction” serait plus pertinente que “demander une copie”, par allusion au mutisme absolu des medias français et autres chantres du soi-disant “couple” franco-allemand (expression inexistante outre-Rhin).


    • FifiBrind_acier Le 04 août 2015 à 20h00
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      Les journalistes anglais ont bien plus de marges de manoeuvre que les journalistes français, sans doute une tradition différente de la presse…

      Quand des milliers de documents de la CIA et de la Maison Blanche ont été déclassifiés en 2000, c’est Evans Pritchard, un journaliste anglais, qui est allé farfouiller dans ces archives. C’est là qu’il a découvert que la CIA avait mis en place le Mouvement européen pour faire de la pub à la construction européenne.

      Et que la zone euro avait été décidé à Washington en juin 1965, par 4 hauts fonctionnaires au Département d’ Etat (Affaires étrangères) et Robert Marjolin, représentant la CEE de l’époque. Et que cela devait rester secret jusqu’à sa mise en place, la politique du fait accompli.

      Voici l’article d’Evans Pritchard après la consultation de ces archives, publié dans le Daily Telegraph le 19 septembre 2000.

      http://www.telegraph.co.uk/news/worldnews/europe/1356047/Euro-federalists-financed-by-US-spy-chiefs.html


  7. Macarel Le 04 août 2015 à 07h58
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    Devant la désaffection des populations envers un projet qui ne “fait plus rêver”, les fédéralistes sont de plus en plus tenté par la manière forte et l’autoritarisme. L’affaire grecque l’a montré de manière explicite. Le fédéralisme à coups de pieds dans le cul !
    Un fédéralisme, au bénéfice d’une minorité de classes dirigeantes en Europe.
    L’européisme, est-il en train d’accoucher d’un fascisme européen ?


  8. Bruno Adrie Le 04 août 2015 à 11h54
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    Extrait: “Une vulgaire affaire de rente, la mondialisation, assortie des contraintes nécessaires que sont les pressions, la dette, les coups d’Etats en couleur ou en noir et blanc, les assassinats, les guerres et les exécutions médiatisées des tyrans ennemis – car il y a des tyrans amis comme Pinochet et ses cinquante millions dormant dans les caisses de la banque Riggs.”
    https://brunoadrie.wordpress.com/2015/08/03/leuropillage-de-la-grece-par-bruno-adrie/


  9. Doctorix Le 04 août 2015 à 13h10
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    Ils ont dit:
    “Pitié, gardez-nous dans l’Euro”
    Alors qu’il suffisait de dire
    “Si vous continuez à nous faire ch…, on quitte l’Euro”.
    Et alors, les Grecs auraient obtenu la lune…


  10. Lysbethe Lévy Le 04 août 2015 à 13h21
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    Oh le saviez vous ? Charles Beigbeder fait de l’agriculture en Ukraine dès 2009 :

    http://www.ouest-france.fr/charles-beigbeder-reste-agriculteur-en-ukraine-334829

    puis en 2014 :
    http://www.lesechos.fr/08/04/2014/LesEchos/21664-137-ECH_en-ukraine–la-crise-de-liquidite-plane-sur-les-cultures-de-cereales.htm

    http://www.lesechos.fr/12/03/2015/LesEchos/21896-098-ECH_cereales—agrogeneration-tente-de-reduire-une-dette-abyssale.htm

    Et voilà comment l’Ukraine et son peuple sont fait voler le “grenier a blé'” de l’Europe, au profit des occidentaux, et tous les mafieux de l’agro-alimentaire.


    • anne jordan Le 05 août 2015 à 19h00
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      à vérifier !
      je crois avoir lu en 2014 qu’il renonçait
      je vais chercher et si qqun me devance , grand merci .


  11. georges glise Le 04 août 2015 à 14h08
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    mais je suis complètement votre analyse historique de l’UE.


  12. Macarel Le 04 août 2015 à 14h28
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    Rendons hommage à Philippe Séguin :

    “1992 est littéralement l’anti-1789.”

    14:18 de la vidéo

    https://www.youtube.com/watch?v=mTaPLQtFHsY


  13. Macarel Le 04 août 2015 à 14h38
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    Le discours prémonitoire de Philippe Séguin

    en 1992

    http://blogs.mediapart.fr/blog/danyves/180313/le-discours-premonitoire-de-philippe-seguin

    Il est temps de dire que bâtir l’Europe des Douze sur la peur obsessionnelle de la puissance de l’Allemagne est tout de même une bien étrange démarche, proche de la paranoïa. D’autant qu’à force de vouloir faire cette intégration à tout prix, on va finir par faire l’Europe allemande plutôt que de ne pas faire l’Europe du tout, ce qui serait un comble.

    Il ne servira à rien de tenter de ficeler l’Allemagne. Car l’Allemagne, et c’est bien naturel dans sa position, et avec les moyens dont elle dispose, ne renoncera à sa souveraineté que si elle domine l’ensemble, certainement pas si elle lui est subordonnée.

    Tout est dit, mais le “parti de l’étranger” a si bien vendu le leurre de l’Europe sociale, que le OUI l’a emporté d’une courte tête en 1992.

    A propos de l’Europe sociale d’ailleurs :

    Enfin, et je souhaite insister sur ce point, la normalisation de la politique économique française implique à très court terme la révision à la baisse de notre système de protection sociale, qui va rapidement se révéler un obstacle rédhibitoire, tant pour l’harmonisation que pour la fameuse « conver­gence » des économies.


  14. Rimbelautre Le 04 août 2015 à 19h06
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    Je rattrape avec intérêt la discussion « capital/finance » !

    Marx a introduit un certain nombre de concepts encore utilisés aujourd’hui même par les économistes les plus réactionnaires. … et personne n’a été en mesure de contester l’ idée majeure de la « contradiction fondamentale » du capitalisme : les moyens de production sont possédés par un petit nombre d’individus qui organisent l’économie en fonction de leurs intérêts propres. La satisfaction des besoins du reste de la population n’est donc pas un objectif, les capitalistes se contentant de redistribuer des miettes pour garantir la paix sociale et la pérennité du système.

    Bien. Aujourd’hui, le PIB mondial fait à peu près 70 000 milliards de dollars quand le seul domaine des produits dérivés devrait passer le … million de milliards à la fin de l’année !

    Pour autant, rien ne remet en cause l’idée de Marx sur le fonctionnement du système. La finance n’est pas un phénomène nouveau, elle dépend toujours de l’économie, elle y est toujours totalement assujettie. On ne spécule pas sur des abstractions, on spécule sur les développements de l’activité réelle.

    Quand l’avidité devient trop forte (« Tiens, si on faisait croire à tous les Américains qu’ils peuvent être propriétaires d’une grande maison pour leur refiler du crédit aux petits oignons ? » ) et qu’elle n’est plus du tout régulée (démantèlement de Bretton Woods et libéralisation totale de l’économie à partir de 2000) , et on se retrouve avec la crise de 2008. Les mêmes mécanismes des mêmes crises de surproduction se répètent depuis le début du 19éme siècle… et se reproduiront ad lib…

    Des intellectuels peu soupçonnables d’idées révolutionnaires pensent que 40 ou 50 000 personnes dans le monde prennent les décisions fondamentales qui impactent, organisent le mode de vie du reste du reste de la population mondiale. En d’autres termes, non seulement la « contradiction fondamentale » est toujours le cœur du système, mais qui plus est, elle s’exacerbe.

    Rosa Luxembourg fut la première à énoncer l’idée « Socialisme ou Barbarie », souvent reprise par la suite par les trotskystes : elle illustrait le concept de « nécessité historique » de Marx. Un phénomène nouveau, le réchauffement climatique, directement issu de l’anarchie capitaliste, renforcera son urgence avant la fin du siècle…


    • Gilles Le 04 août 2015 à 19h25
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      n’y aurait-il pas une confusion?

      vous dites, et c’est vrai, que “le PIB mondial fait à peu près 70 000 milliards de dollars quand le seul domaine des produits dérivés devrait passer le … million de milliards à la fin de l’année !”

      et un peu plus loin: “On ne spécule pas sur des abstractions, on spécule sur les développements de l’activité réelle. ”

      Au contraire la finance ne dépend pas de l’économie réelle, elle en est complètement déconnectée.

      Les produits dérivés, qui étaient au départ des produits d’assurance, sont devenus pour XXL % d’entre eux des produits de pure spéculation. Et cette situation est relativement nouvelle (inconnue du temps de Marx, ce qui ne veut pas dire qu’il n’y avait pas, à cette époque, d’autres systemes de concentration de capital)

      D’après Piketti, le système inégalitaire a connu son apogée vers 1900/1910, pour se réduire jusque vers les années 1970 et qui, depuis, n’arrête plus d’augmenter principalement dans le monde anglo-saxon, mais la situation en Europe suit avec une quinzaine d’années de retard.


  15. Rimbelautre Le 04 août 2015 à 19h46
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    @Gilles

    Je respecte votre opinion, mais je ne la partage pas du tout. Piketty pense comme des milliers d’intellectuels avant lui que le capitalisme est adapatable, réformable, qu’on peut y introduire de la justice sociale… et je pense qu’il est de bonne foi !
    Mais le système est plus inégalitaire que jamais : la population mondiale a été multipliée par cinq ou six depuis le début du 20ème siècle. Au global, le nombre de gens qui cherchent à accéder à une alimentation correcte, un logement, ainsi qu’à l’eau et à l’energie est 2 à 3 fois plus élevé que la population mondiale totale de 1900…
    Quand à la finance, elle est plus que jamais dépendante de l’activité réelle : un des secteurs où elle fait le plus d’argent aujourd’hui, par exemple, est le secteur des bio-technologies que tout le monde voit comme un futur poids lourd de l’activité réelle…

    Mais OB pourrait pt-être dire qques mots à ce sujet, je n’ai ni la prétention ni les moyens de dépasser les généralités…


    • FifiBrind_acier Le 04 août 2015 à 20h12
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      Ce que j’ai compris , c’est que Piketty trouve qu’il n’y a pas assez d’ Europe, il veut une Europe fédérale… “Une seule solution, le Fédéralisme”…
      http://piketty.pse.ens.fr/fr/articles-de-presse/42


    • Gilles Le 04 août 2015 à 20h22
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      c’est vous-m^me qui donnez les arguments allant à l’inverse de ce que vous dites:

      70000 Mds pour le PIB et plus d’un million de Mds pour les produits dérivés : ou voyez-vous une finance en rapport avec l’économie réelle ?

      Piketti ne “pense” pas ce qu’il avance, il le prouve avec des données. Et je ne crois pas avoir lu dans son livre que le capitalisme était adaptable.

      j’essaie, mais j’ai du mal à vous comprendre.


  16. Rimbelautre Le 05 août 2015 à 01h54
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    Proposer un certain nombre de mesures, de réformes, sous le contrôle de l’État et de la loi pour obtenir une meilleure redistribution des richesses, c’est bien vouloir adapter le système.

    C’est-à-dire prétendre obtenir des résultats sans remettre en cause le principe de l’économie de marché et de la propriété privée des moyens de production.

    Or les 150 dernières années de l’histoire politique, qui correspondent au développement du capitalisme industriel, démontrent que c’est impossible. Le rôle de l’État, qu’il soit considéré comme autoritaire ou démocratique, c’est avant tout de maintenir un minimum de paix sociale, une situation de crise permanente «supportable» pour les travailleurs. Il n’est pas «au-dessus de la mêlée», il est clairement au service d’une classe contre une autre (cf. L’État et la Révolution de Lénine). Les seules mesures progressistes obtenues au cours du 20ème siècle l’ont été du fait de mobilisations sociales.

    C’est donc un vœu pieux, une posture morale ou se fourvoyer sur la fonction du politique, que de prétendre agir sur les inégalités naturellement produites par le capitalisme sans supprimer le capitalisme lui-même. C’est en ce sens qu’il n’est pas adaptable.

    Pour ce qui est de la finance, que ce secteur ait cru de façon démesurée ces dernières années notamment du fait de la dérégulation, c’est une chose. Mais il n’y a là rien de nouveau, si ce n’est l’ampleur des montants investis : on assiste au gonflement d’une bulle spéculative qui conduira à un nouvel écroulement tôt ou tard.

    Le système financier a une fonction dans l’économie réelle, il joue un rôle particulier d’irrigation de l’activité et on pourrait dire qu’il en contrarie de plus en plus le développement depuis 2000 et la dérégulation, en préférant s’ alimenter de ses profits plutôt que d’investir, ce qui est moins rentable : il y reste donc clairement connecté et en partie dépendant. Mais il constitue en outre un secteur du capitalisme en tant que tel, où le taux de profit a toujours été plus important que dans les autres. En ce sens également, je ne le considère pas fondamentalement «déconnecté» de l’activité réelle.


  17. RGT Le 05 août 2015 à 20h21
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    L’explication de tous les travers que nous vivons aujourd’hui, et dont les grecs sont les victimes extrêmes, est fort bien expliqué par… Un psychiâtre.

    Je vous conseille vivement de regarder cette vidéo, et même si elle vous paraît un peu longue (plus d’une heure 40 minutes).

    Elle vous éclairera sur les causes du comportement de nombreux “décideurs” ainsi que sur celles de notre propre comportement (parfois moutonnier, parfois opportuniste ou manipulateur).

    Un exposé époustouflant d’un très grand universitaire qui devrait être diffusé dans tous les lycées en cours de philo. Notre société serait bien moins “dégénérée” si nous prenions TOUS conscience de ce qu’énonce Roland Gori.

    La vidéo : https://www.youtube.com/watch?v=2FEtiA18lZU&index=24&list=FLvmWSglyNEjCL-ecaHKXLow

    Résumé (pardon pour la modération, mais c’est important) :
    L’imposteur est aujourd’hui dans nos sociétés comme un poisson dans l’eau : faire prévaloir la forme sur le fond, valoriser les moyens plutôt que les fins, se fier à l’apparence et à la réputation plutôt qu’au travail et à la probité, préférer l’audience au mérite, opter pour le pragmatisme avantageux plutôt que pour le courage de la vérité, choisir l’opportunisme de l’opinion plutôt que tenir bon sur les valeurs, pratiquer l’art de l’illusion plutôt que s’émanciper par la pensée critique, s’abandonner aux fausses sécurités des procédures plutôt que se risquer à l’amour et à la création.
    Voilà le milieu où prospère l’imposture ! Notre société de la norme, même travestie sous un hédonisme de masse et fardée de publicité tapageuse, fabrique des imposteurs.
    L’imposteur est un authentique martyr de notre environnement social, maître de l’opinion, éponge vivante des valeurs de son temps, fétichiste des modes et des formes.

    L’imposteur vit à crédit, au crédit de l’Autre. Soeur siamoise du conformisme, l’imposture est parmi nous.
    Elle emprunte la froide logique des instruments de gestion et de procédure, les combines de papier et les escroqueries des algorithmes, les usurpations de crédits, les expertises mensongères et l’hypocrisie des bons sentiments.
    De cette civilisation du faux-semblant, notre démocratie de caméléons est malade, enfermée dans ses normes et propulsée dans l’enfer d’un monde qui tourne à vide.
    Seules l’ambition de la culture et l’audace de la liberté partagée nous permettraient de créer l’avenir.”

    A travers cette conférence, organisée dans le cadre des conférences de l’Université permanente de l’Université de Nantes, Roland Gori revient sur les idées fortes de son dernier ouvrage “La Fabrique des imposteurs”.

    Il a aussi écrit entre autres :
    “La dignité de penser”,
    “La santé totalitaire : Essai sur la médicalisation de l’existence”,
    “La Folie Evaluation: Les nouvelles fabriques de la servitude”,
    “Faut-il renoncer à la liberté pour être heureux”,
    “Logique des passions”…

    Pour résumer, il n’est pas un “vendeur de cravates à la petire semaine”…


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