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29.décembre.201729.12.2017 // Les Crises

L’atlantisme : Une passion française, par Guillaume Berlat

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Source : Proche & Moyen-Orient, Guillaume Berlat, 11-12-2017

« L’OTAN est un faux-semblant. C’est une machine pour déguiser la mainmise de l’Amérique sur l’Europe. Grâce à l’OTAN, l’Europe est placée sous la dépendance des États-Unis sans en avoir l’air » déclarait le 13 février 1963 le général de Gaulle qui en connaissait un rayon sur nos meilleurs amis américains. Manifestement, les choses ont peu évolué dans notre Douce France. Au lieu de se tenir à distance respectable de cette institution avatar de la Guerre Froide comme l’avait fait le premier président de la Cinquième rompant avec la structure militaire intégrée de l’Alliance atlantique, ses successeurs n’ont eu de cesse que de reprendre une place pleine et entière à Evere et à Mons. Malheureusement, le rôle d’idiot utile n’est jamais payant auprès du grand frère américain, pas plus hier qu’aujourd’hui. La théorie de la servitude volontaire chère à Etienne de la Boétie n’a pas pris la moindre ride. Il est pathétique d’entendre déclamer par les servants de la liturgie des éléments de langage de l’OTAN les fadaises sur « l’alliance la plus durable de l’histoire ». Quelques précisions sémantiques s’imposent d’entrée de jeu pour mieux appréhender le concept d’atlantisme qui n’est pas neutre.

PRÉCISIONS SÉMANTIQUES

Avant toute chose de quoi parle-t-on concrètement dans un domaine où la confusion est souvent la règle ? D’un fort ancrage anglo-saxon de l’OTAN que l’on doit compléter par un questionnement sur la finalité de l’Alliance atlantique après la fin de la Guerre froide.

Un fort socle anglo-saxon de l’OTAN

Sur le plan de l’étymologie : le terme d’atlantisme est un dérivé d’atlantique, concept contenu dans l’appellation de l’ « Organisation du traité de l’Atlantique Nord » (OTAN sous son acronyme français et NATO en anglais). Le mot atlantique est issu du grec atlantikos, Atlantique. Il est un dérivé d’Atlas, du nom d’une chaîne de montagnes situées en Afrique du Nord. L’adjectif “atlantique” qualifie ce qui concerne l’Océan atlantique et les pays riverains. L’atlantisme désigne une politique extérieure caractérisée par le soutien apporté aux Etats-Unis, notamment dans le cadre de l’OTAN. Conceptualisé au début de la Guerre froide, l’atlantisme prône une étroite coopération entre les Etats-Unis, le Canada et les pays européens dans les domaines politique, militaire, économique et culturel. L’objectif avoué consiste, en principe, à assurer la sécurité des pays membres de l’OTAN (clause de solidarité de l’article 5 qui veut qu’une attaque contre l’un de ses membres est considérée comme une attaque contre tous) et de protéger les valeurs qui les unissent : démocratie, libertés individuelles et Etat de droit. L’atlantisme désigne aussi l’attitude politique, l’opinion, la doctrine de ceux qui font du Traité de l’Atlantique Nord (OTAN) la base de leur action extérieure et qui, au nom de ces principes, s’alignent de manière plus ou moins systématique, idéologique sur la politique extérieure des Etats-Unis qu’elle soit entièrement justifiée ou totalement infondée, ce qui arrive parfois.

Un questionnement sur la finalité de l’OTAN dans l’après-guerre froide

Depuis la fin de la Guerre froide, l’atlantisme est souvent dénoncé, dans les mouvements de gauche et altermondialistes de certains pays d’Europe, mais aussi chez ceux qui se revendiquent du gaullo-mitterrandisme, comme un soutien à la politique étrangère des États-Unis et à la défense d’une conception purement anglo-saxonne du libéralisme économique. Les préjugés envers l’atlantisme sont plutôt favorables au Royaume-Uni, en Pologne, dans les pays Baltes, et défavorables en France et en Allemagne. Un atlantiste est un partisan de l’atlantisme. L’adjectif atlantiste qualifie ce qui est relatif à l’atlantisme1. L’Atlantiste se revendique d’une vision occidentaliste et universaliste du monde consistant à prétendre se substituer aux autres peuples pour définir leurs intérêts, y compris par la force pour les plus récalcitrants d’entre eux (Cf. concept du Grand Moyen-Orient développé par George W. Bush après la guerre en Irak). On peut mesurer les effets négatifs d’une telle conception du monde à travers les expériences afghane, irakienne, libyenne. Cette approche atlantiste peut se résumer sommairement en un amour immodéré de l’OTAN2 complété par une haine viscérale de la Russie3.

Un retour en arrière sur l’immédiat après Seconde Guerre mondiale dans notre pays.

LA TENTATION OTANIENNE : UN MARQUEUR DE LA QUATRIÈME RÉPUBLIQUE

Durablement affaiblie sur la scène internationale après « l’étrange défaite » de 1940, la France de la Quatrième République n’a d’autre ressource que de se soumettre aux Diktats de Washington surtout à une époque où le péril soviétique est bien présent en Europe. La défaite de Dien Bien Phu ne redore pas le blason terni d’une France affaiblie politiquement, économiquement et diplomatiquement. En dépit des appels à l’aide lancés à l’Amérique pour l’aider à desserrer l’étau autour de la cuvette de la mort, Washington reste de marbre. Cela lui permettra de remplacer la France en Indochine. L’expédition franco-britannique de Suez est condamnée par les États-Unis. Les premières tentatives d’acquisition de l’arme atomique font l’objet de sévères mises en garde de Washington auquel l’OTAN emboîte le pas.

La France est accusée d’être un pays proliférateur et priée de cesser de jouer dans la cour des grands. La guerre d’Algérie vient ajouter un sujet de mécontentement américain à l’endroit de la « Grande Nation ». Mais, lorsqu’on est affaibli, il faut savoir faire bon cœur contre mauvaise fortune et se montrer un otanien discipliné et servile. Accepter sans coup férir les humiliations répétées, les Oukazes, les rabaissements… venus de Washington. Il faudra attendre le retour du général de Gaulle au pouvoir en 1958 pour que la donne change petit à petit… mais sûrement. Cela va décoiffer chez les esprits formés au moule de la servitude atlantiste.

Le retour du général de Gaulle aux affaires en 1958 constitue de ce point de vue une véritable rupture idéologique vis-à-vis de l’Amérique et de ses outils de domination, en particulier militaires.

LE CHOIX DE L’INDÉPENDANCE NATIONALE : LE DÉSIR DU GÉNÉRAL

Seul un retour à une économie forte et dynamique permet au premier président de la Cinquième République de gagner son indépendance militaire.

Le retour de l’autonomie économique

C’est que le général de Gaulle a quelques idées bien arrêtées sur la nature de la relation qu’il entend développer avec les États-Unis qui lui ont donné pas mal de fil à retordre pendant la Seconde Guerre mondiale et à la Libération de la France qui avait vocation à un régime de tutelle. La première de ses préoccupations consiste à rembourser toutes ses dettes aux Américains tout en mettant un terme au conflit algérien pour retrouver les mains libres. Allié fidèle en cas de coup dur, il le sera comme pendant les crises de Berlin et de Cuba. Aligné indéfectible en temps normal, il refusera de l’être choisissant la voie de l’indépendance nationale. Construire une Europe avec un moteur franco-allemand, renforcer le franc, contester la convertibilité du dollar, réclamer voix au chapitre dans les grandes décisions otaniennes… telles sont les grands axes de la politique étrangère du général de Gaulle. Contrairement à certains de ses éminents successeurs, il fait ce qu’il dit. Les actes suivent les paroles au grand dam de nos excellents amis américains très peu portés à la contradiction et au rejet de leur politique hégémonique, pour ne pas dire parfois, leur politique impériale.

Le choix de l’indépendance militaire

Qui dit indépendance économique, dit indépendance diplomatique (parler avec Moscou, établir des relations diplomatiques avec Pékin, critiquer la guerre du Vietnam lors du discours de Phnom Penh ; titiller Washington en Amérique latine et au Québec…) et indépendance militaire (parvenir au seuil nucléaire sans l’aide américaine et faire ses premiers essais nucléaires dès le début des années 1960 dans le Sahara). Toutes choses, on l’imagine, qui ne sont pas du meilleur goût pour nos alliés américains et pour toute la piétaille française grassement rémunérée pour lutter contre le terrorisme mais surtout pour cultiver un état de servitude volontaire vis-à-vis du tuteur américain.

N’ayant obtenu aucune réponse favorable à ses demandes de traitement identique à celui des Britanniques, le général de Gaulle en tire les conséquences : retrait de la structure militaire intégrée, départ de toutes les troupes américaines stationnées en France, déplacement du siège de l’OTAN de Paris à Bruxelles… Circulez, il n’y a rien à voir en France. Allez voir chez nos voisins belges ! Ils seront ravis de vous héberger à Bruxelles et à Mons pour aller vous préparer à faire la guerre… surtout après la fin de la Guerre froide. Le premier président de la République traite directement avec l’ours soviétique et avec Mao sans aller chercher ses instructions à la Maison Blanche.

En France, les vieux démons ont la vie dure. Chassez le naturel, il revient au galop. Sortie par la grande porte de l’histoire gaullienne, la pensée atlantiste revient par la petite fenêtre de l’histoire sarkozyste.

LE RETOUR AU BERCAIL OTANIEN : LE CHOIX DE NICOLAS SARKOZY

Après quelques hésitations des successeurs directs du général de Gaulle en termes de positionnement par rapport à l’OTAN, c’est l’un de ceux qui se prétendent ses héritiers qui pratiquera la transgression, la trahison.

Les héritiers du général

Les successeurs du général de Gaulle, avec des degrés différents, maintiennent le dogme gaullien tout en se montrant plus souple sur la forme. Georges Pompidou n’aura pas le temps matériel de s’affirmer mais fait le voyage aux États-Unis sous les lazzis. Valery Giscard d’Estaing apprécie ses rencontres avec ses homologues américains, flattant ainsi son ego démesuré. François Mitterrand veut se différencier de l’homme du coup d’état permanent tout en le caricaturant mais doit, au moins au début de son premier quinquennat, montrer pattes blanches en raison de la présence de ministres communistes dans son premier gouvernement. L’affaire Farewell lui permet de démontrer qu’il est un allié fiable dans la lutte contre les menées subversives de l’URSS.

Reconnaissons-lui le mérite d’avoir proposé la création d’une confédération européenne après la chute du mur de Berlin (rejetée avec vigueur par tous nos alliés) et d’avoir interpellé George Bush père lors du sommet de l’OTAN à Rome en 1992, lui rappelant que l’Alliance atlantique n’était pas la Sainte Alliance. Quant à Jacques Chirac, il s’opposera, certes, à la guerre en Irak de 2003 mais fera assaut d’amabilités auprès de Washington pour se faire pardonner sa déviance anti-atlantiste. Il en faudra de peu pour qu’il rejoigne la structure militaire intégrée de l’OTAN. Il y renoncera dans la mesure où les Américains ne lui proposeront pas un grand commandement.

« Sarko l’américain », le capitaine de pédalo et Jupiter

Il faudra attendre l’arrivée au pouvoir en 2007 pour que « Sarko l’américain » brise le tabou en reprenant en 2009 le chemin perdu du Saint des Saints en se rangeant sous la coupe du Pentagone. Les Américains décident, les Français exécutent comme des idiots utiles. En échange, nous recevons un commandement à Norfolk en Virginie (SACT ou Commandement Suprême Allié de la Transformation). Tout est bien qui finit bien pour la France ! Le président de la République multiplie les attentions à l’endroit de ses interlocuteurs américains. Mais, contrairement à ce qu’il escomptait (ceci ne relevait-il pas de la vulgaire farce ?), les Américains et autres Britanniques ne font pas le moindre pas en direction de la politique européenne de sécurité et de défense.

L’argument est imparable en période de restrictions budgétaires, pourquoi faire mal au Berlaymont ce que l’on fait parfaitement à Evere ! C’est le règne du circulez, il n’y a rien à voir. Quant à François Hollande qui avait critiqué la décision de Nicolas Sarkozy alors qu’il était le chef de l’opposition, il n’y trouve rien à redire dès qu’il prend ses fonctions à l’Élysée. Il fait même rédiger un rapport par Hubert Védrine qui souligne les inconvénients d’un nouveau départ de la structure intégrée. Tout est bien qui finit bien. Jupiter écrase la main de Donald Trump mais essuie ses avanies successives (retrait de l’accord sur le climat, décertification de l’accord sur le nucléaire avec l’Iran, retrait de l’UNESCO au moment où une Française, Audrey Azoulay est désignée comme directrice générale Place Fontenoy…). Dans son discours sur la refondation de la Sorbonne, il se prononce pour une défense européenne en concertation avec l’OTAN, le membre de phrase qui tue. Ce qui signifie en clair que tout change pour que rien ne change ! La servitude volontaire a encore de beaux jours devant elle.

La voie est désormais libre pour tout ce que la France compte d’admirateurs de l’Amérique.

L’AMOUR DE L’AMÉRIQUE : LES NÉOCON TIENNENT LE HAUT DU PAVÉ PARISIEN

L’américanisme touche d’abord une haute administration passée par le même moule de l’ENA qui est majoritairement néo-conservatrice.

Une haute administration passée par le même moule

Mais, il y a plus grave encore dans cette otanomania. Elle concerne toute la haute administration française (formée sur les bancs de l’ENA) qui constitue le meilleur ambassadeur des thèses néoconservatrices en France et dans les institutions internationales. Que nous dit le général Pierre Lorenzi sur le sujet : quand les hauts fonctionnaires civils trustent la quasi-totalité des directions du ministère de la défense (des armées) et des postes interministériels à vocation stratégique ?

La qualité de l’administration civile française, la valeur de ses hauts fonctionnaires, issus pour un certain nombre de l’ENA et l’ouverture de la Défense à des savoir-faire originaux ne sont pas contestées. La Défense peut se sentir honorée de l’attrait de ces fonctionnaires civils pour la chose militaire. Mais cette tendance très nette à la substitution des personnels d’encadrement aboutissant peu à peu au monopole des personnels civils sur ces postes laisse perplexe quand on connait l’investissement de la Défense – et donc du contribuable français – dans la sélection et la formation permanente de ses officiers généraux. Aller chercher ailleurs ce dont la Défense dispose largement en son sein, à un moment où les contraintes budgétaires sont sans cesse rappelées, répond-il à un besoin effectif ?

Pour illustrer ces propos, observons la distribution des rôles dans l’appareil de sécurité et de défense français et les parcours universitaires et professionnels de leurs détenteurs : président de la République : inspecteur des finances ; Premier ministre : conseiller d’Etat ; ministre des Armées : conseillère d’Etat ; Secrétaire Général de la Défense et de la Sécurité Nationale : conseiller maître à la Cour des Comptes ; éphémère prédécesseur du ministre des Armées, directeur des Affaires financières au ministère de la Défense, directeur du Service Historique de la Défense, directeur des Relations Internationales et de la Stratégie au ministère des Armées, directeur de la DGSE, responsable national du contre-terrorisme, coordinateur du renseignement auprès du Président : tous diplômés de l’ENA !

Sans compter le nombre considérable de conseillers, membres et directeurs de cabinets de ces dirigeants, et la diminution considérable du nombre de militaires dans le pilotage des derniers Livres blancs de la Défense, dont l’extension à la sécurité constitue là encore un prétexte supplémentaire à la marginalisation des militaires. Plus largement, on peut s’étonner que le musée de l’air et de l’espace, à forte dimension militaire, ne soit plus dirigé par un officier général de l’armée de l’Air ou que la communication de la défense (DICOD) soit désormais pilotée exclusivement par des civils4.

Une haute administration majoritairement néo-conservatrice

Ce que l’on dit moins est que notre élite bienpensante pense (le terme est peu approprié), parle anglais, ne rêve que d’un monde unilingue et se nourrit au lait des « think tanks » d’Outre-Atlantique, du cinéma d’Hollywood, de la chanson anglo-saxonne, privilégie le « fast food » à la gastronomie française…. Elle se montre de plus en plus incapable de penser français de parler français. À Abidjan, le président de la République, Emmanuel Macron qui avait vanté la veille à Ouagadougou les vertus de la langue française et de la francophonie (il était accompagné de sa représentante personnelle pour la Francophonie, Leïla Slimani), n’hésite pas à évoquer une task force » (pour évoquer un groupe de travail ou une force opérationnelle) et « l’intelligence » (en parlant du renseignement).

En un mot, elle est néo-conservatrice, plus néo-conservatrice que les néo-conservateurs américains5. C’est la fable bien connue de l’élève qui dépasse le maître. Cette élite gagnerait à méditer le petit opuscule de Noam Chomsky intitulé « De la guerre comme politique étrangère des États-Unis »6. On reste confondu au spectacle d’une haute administration formée sur les bancs des meilleures écoles de la République, en particulier de l’ENA, qui succombe aux sirènes américaines sans mesurer les impasses auxquelles conduit la diplomatie (ou l’absence de diplomatie) d’une Amérique rongée par l’hubris alors même qu’elle perd de plus en plus son rôle de nation indispensable dans le monde. Pense-t-elle que la France serait une terre de mission américaine qui se grandirait en s’abaissant au rôle de valet de Washington ?7

Cette dérive néo-conservatrice préjudiciable aux intérêts bien compris de la France ne semble émouvoir que quelques esprits chagrins ! Comment parler sérieusement de « souveraineté européenne » comme le fait le président de la République, Emmanuel Macron lors de son discours de la Sorbonne tout en se mettant dans le même temps sous le parapluie américain de moins en moins fiable et de moins en moins crédible depuis l’arrivée de Donald Trump à la Maison-Blanche (le président jugeant « obsolète » l’OTAN) ? Nous devenons plus otanien que les Américains alors que ces derniers deviennent moins otanien. Méfions-nous que notre atlantisme ne se transforme un jour en Atlantide, cette île mythique évoquée par Platon qui fut engloutie par les flots dans un cataclysme provoqué à l’instigation de Zeus, dieu grec que les Romains appelaient Jupiter… Telle serait la morale de cette passion française, qui dévore nos élites et qui a pour nom l’atlantisme.

Guillaume Berlat
11 décembre 2017

1 www.toupie.org/Dictionnaire/Atlantisme.htm
2 Jaap de Hoop Scheffer, « La Turquie pose un sérieux problème à l’OTAN », Le Monde, 24 octobre 2017, p. 22.
3 Gaidz Minassian, L’illusoire « soft power » russe, Le Monde, 24 octobre 2017, p. 22.
4 www.asafrance.fr/item:la-defense-pilotee-par-des-hauts-fonctionnaires-civils-libre-opinion-du-general-pierre-lorenzi.html , 20 octobre 2017.
5 Juliette Grange, Les néoconservateurs, Agora Pocket, 2017.
6 Noam Chomsky, De la guerre comme politique étrangère des États-Unis, Agone, 2017.
7 Jean-Michel Autran, La France, terre de mission américaine, Vendémiaire, 2017.

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Source : Proche & Moyen-Orient, Guillaume Berlat, 11-12-2017

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Commentaire recommandé

Brigitte // 29.12.2017 à 09h41

Texte d’intérêt national, digne d’être affiché en mairie, lu à l’école, envoyé par courrier à tous les citoyens.
Une seule critique. Au lieu de consacrer presque un paragraphe à l’étymologie “d’Atlantisme”, n’aurait-il pas été plus important de parler de l’UE comme autre relais de notre servitude volontaire? L’UE n’est t-elle pas un avatar de l’OTAN?
Notre situation est différente de celle du Royaume Uni. Sans la triple sortie, comment retrouver notre indépendance nationale? Comment écarter les néocons, les néolibs et les néosos (marcheurs)?
Jupiter est là pour finir le travail commencé sous Giscard.
D’où l’importance de notre langue, notre dernier donjon qui est lui aussi bien fissuré et je le constate même sur ce site hélas. La Francophonie, c’est notre “Commonwealth”. Sans elle, nous sommes finis.
Je ne veux pas faire d’excès de pessimisme en cette fin d’année mais le temps presse. Au rythme où ça va, dans 10 ans il sera peut-être trop tard.

49 réactions et commentaires

  • basile // 29.12.2017 à 06h57

    intéressante et utile mise noir sur blanc de l’histoire de l’Otan, chose méconnue du grand public, qui n’a fait que subir les orientations de nos dirigeants successifs. Car même si on a connu toutes ces présidences, on n’avait pas forcément toutes les infos du dessous des choses, ou avantageusement emballées, ou pas le temps de se pencher dessus de façon critique.

    ceci dit, le plus inquiétant sur le plan de l’intelligence humaine : qu’est ce qui fait qu’un énarque est atlantiste en sortant de l’ENA, un journaliste est de gauche en sortant d’une école de journalisme ? N’est-ce pas une soumission à la basse, par pur carriérisme ?

    Une soumission corps et âme intéressée, digne des plus vulgaires valets. Pathétique pour ces prétendues élites. Heureux les populistes qui échappent à cette maladie.

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    • Xavier // 29.12.2017 à 09h30

      Vous mettez en évidence la source de tous les comportements : le besoin de dominer la pour obtenir les gratifications rêvées (la supériorité du système occidental à ce jeu en comparaison du système communiste est évidente, spectacle et tv aidant), puis pour les maintenir.

      Le langage produit dans les écoles (« valeurs », justice, république, humanisme, démocratie, etc.) n’est pas tant pour formater les esprits que pour fournir des alibis aux futurs dominants.

      D’où la nécessité pour cette classe sociale de faire exploser les principes, intangibles eux, au profit de préceptes creux.

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    • PLOUPY // 29.12.2017 à 09h59

      Pardon mais pour croire que les journalistes sont “de gauche” lorsqu’ils sortent de l’école de journalisme, c’est que vous n’avez pas du beaucoup lire la presse généraliste depuis ces vingt dernières années…

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      • Kiwixar // 29.12.2017 à 10h48

        Les journalistes sont à la fois de « gauche pentagone » et de « droite pentagramme » (libéralisme sauvage satanique permettant à l’oligarchie d’accaparer toutes les richesses pendant que nous crevons la gueule ouverte en nous battant entre nous pour des miettes et des clivages creux : ethnies, hommes/femmes, jeunes/vieux, fonctionnaires/privé, etc).

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      • basile // 29.12.2017 à 13h33

        @ploupy : vous n’avez pas lu le magazine Causer n° 14 de juin 2014, avec Natacha Polony, où elle démontre que les élèves journalistes qui veulent faire leur stage au Figaro, ou à Valeurs Actuelles, sont remis sur le droit chemin par leurs profs, avec éclat de rire général du reste de la classe.

        j’en profite pour ajouter que je pense qu’il n’y a pas que l’ENA ou les écoles de journalismes où il faut être politiquement correct. Je pense que c’est pareil au lycée ou au collège. Gare au jeune qui a une éducation politique avec des parents qui pensent autrement, et qui a le malheur de croire qu’on va l’écouter avec bienveillance.

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      • Fritz // 29.12.2017 à 13h43

        @PLOUPY : tout dépend de ce qu’on appelle “gauche”. Je vous ferais une réponse proche de celle de @Kiwixar. Sujet intéressant, mais adventice par rapport au texte de Guillaume Berlat, qui traite de l’atlantisme chez nos zélites.

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    • Pepin Lecourt // 29.12.2017 à 11h42

      Dans le prolongement de cet article est sorti cet été un livre remarquablement documenté sur le rôle constamment négatif et impérialiste des USA vis à vis de la France, de Eric Branca intitulé ironiquement “l’ami Américain “, révélant documents à l’appui tous les obstacles jusqu’au tentatives d’assassinat des Américains contre de Gaulle, et son arrivée au pouvoir, l’invraisemblable tissu de trahisons dont a été victime le Général jusqu’aux très proches, la compromission de quasiment tout le personnel politique Français excepté les communistes naturellement liés à Moscou, le général fut un homme bien seul à part quelques très fidèles issus des premières heures de la résistance, car même dans la résistance, celle à partir de 1942 compte beaucoup de ce que l’historienne Annie Lacroix-Riz appelle les ” Vichysto-résistants,” ces Vichystes de la 1ère heure, comme Mitterrand, qui dès l’arrêt des nazis devant Moscou ont compris que l’Allemagne ne pouvait gagner la guerre et commencèrent à prendre contact avec les Anglo-américains pour assurer leurs arrières et qui devaient selon Roosevelt être placés à la tête de la France libérée, car beaucoup plus malléables que de Gaulle qu’il détestait pour son esprit indépendant.
      On apprend ainsi que Roosevelt avait repris à son compte le projet Allemand de partager la France en 3, le Nord fusionné avec la Belgique, une partie des Pays-Bas et le Luxembourg, toute la rive gauche du Rhone cédée à l’Italie et le reste demeurant la France. Tel était leprojet de nos “amis américains” .

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      • UltraLucide // 30.12.2017 à 22h41

        Le gouvernement Roosevelt devant compter avec ses pro-nazi, observait intensément l’issue de l’opération Barbarossa. Ayant compris en Novembre 41 l’échec visible des Nazis face à l’URSS, et prévu la vague en retour qui sumergerait l’Europe , il a donc été décidé de mettre en oeuvre l’opération Pearl Harbor. L’objectif étant triple: Conquérir la maîtrise exclusive du Pacifique sans les européens et les japonais, contenir l’URSS, s’implanter en Europe continentale et la contrôler sans partage. Elle donnerait le prétexte à l’entrée décisive des USA dans la Seconde Guerre Mondiale.
        Comment? Provoquer le Japon jusqu’à la rupture tout en obligeant littéralement la base géographiquement stratégique de Pearl Harbor à devenir une proie irrésistible pour les bellicistes japonais. Ca a marché. Au bout de deux ans et demi, les troupes US ont pris pied en Normandie. La suite s’appelle l’OTAN. Les pays de l’Est soumis à l’URSS l’appelaient “Le Grand Frère”, et l’amitié forcée avec l’Union Soviétique était un Mantra de leurs élites. L’Atlantisme c’est pareil.

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      • Brice // 31.12.2017 à 18h38

        Grâce à vous je suis en train de lire le livre d’Eric Branca : passionnant !
        Merci pour cette référence.
        Bien à vous.

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  • François Lacoste // 29.12.2017 à 09h26

    Dans ces conditions à quoi bon une force de dissuasion nucléaire?

    C’est bien ce à quoi travail lentement mais certainement, les mêmes énarques. Les moyens budgétaires indispensables à la maintenance de sa crédibilité sont dorénavant totalement soumis au bon vouloir de Bercy.
    https://www.latribune.fr/entreprises-finance/industrie/aeronautique-defense/bercy-va-t-il-etre-le-fossoyeur-de-la-loi-de-programmation-militaire-761987.html

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    • Pepin Lecourt // 29.12.2017 à 11h48

      Le projet du Général de doter la France de la Force de frappe nucléaire reçu de la part de nos ” alliés américains ” à peu près le même accueil que Kim Jon Un actuellement !

      Ils mirent tout en oeuvre pour le retarder, le faire échouer et le patron du projet le général Galloi choisi par de Gaulle allait régulièrement en douce à l’ambassade US moucharder sur l’avancement des travaux.

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      • Fritz // 29.12.2017 à 16h00

        De la part de Pierre-Marie Gallois, ça m’étonnerait. Vraiment pas son genre, même s’il avait fréquenté des officiers américains dans le cadre de l’OTAN, avant 1960.

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        • Pepin Lecourt // 29.12.2017 à 16h31

          C’est en tout cas affirmé par Eric Branca, ce qui n’exclue pas que Galois ait été manipulé , accusé il a tenté de justifier son comportement !

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          • Fritz // 29.12.2017 à 16h34

            Merci pour votre référence, je lirai le livre d’Éric Branca.
            Avec A.illeret, Beaufre et Poirier, Gallois est considéré comme l’un des pères de la doctrine française de dissuasion nucléaire : les “quatre généraux de l’apocalypse”.

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      • moshedayan // 29.12.2017 à 17h36

        Il faut être prudent , je demande à voir, car en matière de recherches nucléaires, les Américains ont donné “leur aval” dans la création du CERN. Ils souhaitaient contrôler et avoir accès à toutes les “matières grises” possibles face à l’URSS. L’idée que la France devienne puissance nucléaire ne leur était pas forcément désagréable. D’ailleurs, à moins que vous m’en donniez la preuve -toutes les forces nucléaires françaises jusqu’en 1989 n’avaient qu’un seul horizon stratégique – vitrifier les grandes villes russes. Ce n’est qu’après cette date que la France a annoncé une “reprogrammation” tout azimut de ses missiles -je crains qu’elle les ait orientés à nouveau vers la Russie. On n’est pas membre de l’OTAN sans exigence.

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  • Brigitte // 29.12.2017 à 09h41

    Texte d’intérêt national, digne d’être affiché en mairie, lu à l’école, envoyé par courrier à tous les citoyens.
    Une seule critique. Au lieu de consacrer presque un paragraphe à l’étymologie “d’Atlantisme”, n’aurait-il pas été plus important de parler de l’UE comme autre relais de notre servitude volontaire? L’UE n’est t-elle pas un avatar de l’OTAN?
    Notre situation est différente de celle du Royaume Uni. Sans la triple sortie, comment retrouver notre indépendance nationale? Comment écarter les néocons, les néolibs et les néosos (marcheurs)?
    Jupiter est là pour finir le travail commencé sous Giscard.
    D’où l’importance de notre langue, notre dernier donjon qui est lui aussi bien fissuré et je le constate même sur ce site hélas. La Francophonie, c’est notre “Commonwealth”. Sans elle, nous sommes finis.
    Je ne veux pas faire d’excès de pessimisme en cette fin d’année mais le temps presse. Au rythme où ça va, dans 10 ans il sera peut-être trop tard.

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    • christian BERNARD // 29.12.2017 à 10h16

      Absolument d’accord avec vous, Brigitte !
      Le lien Otan-UE est évident ; le lien UE-disparition de la souveraineté nationale, plus encore; le lien langue maternelle-souveraineté aussi, même si peu le voient.
      Et le tout est lié à l’existence réelle, ou non, d’une démocratie.

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      • Brigitte // 29.12.2017 à 18h38

        Merci Christian Bernard. Vous êtes apparemment le seul à vous préoccuper de la langue française ici et je trouve cela très inquiétant. En effet, peu de personnes voient le danger. Une immense majorité de français sont aveugles (et sourds…?).

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        • christian BERNARD // 29.12.2017 à 19h11

          Je vous explique : je suis belge (et bruxellois) et je vis sur le ‘front’ d’un combat linguistique dont je vois depuis 30 ans toutes les batailles perdues par les francophones ; pour de multiples raisons, dont la tranquille conviction qu’une grande langue se défend toute seule … cruelle erreur.

          Loin du front (au coeur de la France) cette torpeur est plus présente encore… d’autant que, lorsque l’adversaire n’est pas une vague langue flamande (procédant de la réunion récente de dialectes) mais l’anglais, mis à la mode par Hollywood et servi par la finance et le commerce internationaux, le combat est plus rude encore.

          C’est un drame : une langue n’est pas un véhicule vide, coque nue, ou un outil neutre, mais un véhicule dont les soutes sont pleines d’une certaine culture : décidément, Rousseau (même s’il avait lu Locke) n’est pas Adam Smith..

          Vive la France, vive la langue française, et bonne fin d’année !

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          • Brigitte // 29.12.2017 à 20h43

            Ah je comprends mieux….
            Vous êtes, en Belgique comme au Québec, menacés directement par une offensive linguistique plus conquérante que le français. Au coeur de la France comme vous dites, la lutte semble lointaine mais c’est faux. L’offensive gagne du terrain et surtout, nous devons être solidaires de nos amis francophones.
            Vive la Belgique, la Suisse et le Québec!
            …et sans oublier les pays d’Afrique.

            Joyeuse fin d’année à vous aussi.

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  • Patrique // 29.12.2017 à 09h55

    Heureusement il y a des exceptions parmi les élites françaises, notamment cet énarque qui a créé un parti politique qui a l’ambition de sortir la France de l’OTAN.
    De manière plus générale il y a eu de tout temps en France des élites qui étaient pour ce que Marie France Garaud avait fait dire à Chirac lors de l’appel de Cochin, à savoir le “parti de l’étranger”. Que ce soit notamment les émigrés de Coblence, les collabos de Vichy ou aujourd’hui les atlantistes. Mais on pourrait remonter bien plus loin dans l’histoire de France.
    Ces gens ont toujours préféré être asservis que libres. Ils n’ont jamais accepté la Révolution Française et l’un de ses principaux résultats, le droit du peuple français à disposer de lui-même. Ce sont des gens qui considèrent que le peuple ne doit pas décider mais leur obéir. Et ils sont donc prêts à s’allier avec des ennemis de la France (Angleterre, Allemagne, EU…) plutôt que de voir la démocratie s’installer en France.

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    • moshedayan // 29.12.2017 à 17h57

      Pas d’accord sur cette interprétation, la Révolution française c’est aussi les “Noyés de Nantes”, la guillotine instrument de la Terreur et Napoléon à Moscou, avec un bilan des guerres révolutionnaires (800.000 jeunes Français tués). Et certes, la France était à l’Ouest le pays le plus peuplé. Ce qui me fait craindre que le “bon bilan démographique” actuel de la France n’est pas loin de la tête de certains Français qui font voler des avions de chasse français aux frontières de la Russie. L’histoire est complexe …

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    • Jérôme // 31.12.2017 à 00h41

      La révolution française n’a absolument rien inventé en matière de souveraineté en politique étrangère. Elle n’a fait, sur ce point, que reprendre l’héritage de la monarchie capétienne qui avec les Philippe Auguste et Philippe le bel notamment ont tout fait pour imposer le principe que le roi de France est empereur en son royaume.

      Quant à ceux des nobles émigrés qui ont refusé la révolution, peut-être l’auraien-ils mieux acceptée si elle ne s’était pas conçue, selon les mots de Siéyès, comme visant à extirper de la Nation ce corps étranger qu’était, selon lui, la noblesse.

      La souveraineté nationale n’est l’exclus ni de la gauche, ni de la droite. Ce qu’elle moins que tout, en revanche, c’edt centriste : les centristes étant le parti de l’étranger par excellence.

      Cette précision apportée, je suis d’accord avec vous.

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  • Kkai // 29.12.2017 à 09h57

    Bonjour,
    C est juste que pendant la 2ème guerre mondiale, les américains choisit le poulain français et qu’ après en tant que business nation ils veulent un retour sur investissement

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    • Brice // 29.12.2017 à 14h06

      C’est exactement avec ce genre de “raisonnement” que l’on annihile toute fierté nationale.
      Les USA n’ont pas à demander un “retour sur investissent” pour la bonne et simple raison qu’il n’ont pas “investi”. Le plan Marshall à cet égard n’était que de la poudre aux yeux au regard de ce que les français eux mêmes ont investi dans leur propre redressement.

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      • Khai // 29.12.2017 à 20h57

        L on peut très bien être fier d être français et dire aussi que les états unis n ont pas besoin de demander un retour sur investissement mais juste l exiger suite à la conférence de yalta, il s agit quand même d un redécoupage de l Europe. Si je puis vous suggérer un excellent documentaire “la souterraine”. La création de l otan n est qu’ une émanation d une volonté de la business nation par formalisme.

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      • vlois // 29.12.2017 à 22h33

        Je cite la fiche wikipedia :
        “Les milliards débloqués ne sont pas un don mais un prêt accordé par des banques américaines avec une garantie des États-Unis. Le mécanisme retenu consistait à fournir un crédit à un État européen. Ce crédit devait servir à payer des biens et services provenant des États-Unis. L’État européen bénéficiaire encaissait, en monnaie locale, le produit des ventes de ces importations sur son marché national, ainsi que les droits de douanes afférents.”

        Depuis, obliger les Etats à s’endetter en dollars (imprimés à volonté) mais remboursé avec des biens réels et tangibles est vivement conseillé pour qui auraient des vélléités d’indépendance nationales (cf . Confession d’un assassin économique de John Perkins)…

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    • clauzip // 30.12.2017 à 11h51

      Les USA avaientde tres gros interets dans l’economie allemande avant 1939.
      Ces investissements ont été continus et incitait les USA à opter pour la victoire d’Hitler
      Il aidaient en armement la GB.
      Ce n’est que des lors que l’URSS à créé un revers aux nazis a Stalingrad notamment qu’ils sont entrés en guerre. Ensuite toute leur action à été motivée par la protection de leurs intérêts en allemagne(aucun bombardement des industries nazies utilisant les humains des clans de concentration alors qu’il bombardaient les villes. ..,après la fin de la guerre,absolution de tout domages de guerre…)et de contrer l’URSS,la vraie vainqueur des nazis.
      Le bombardement de Dresde avec des dizaines de milliers de morts civils par les alliés,alors que que Yalta(qq jours avant) avait situé la ville !en zone sovietique n’était justifie par aucun interetb strategique mais politique.
      Ce ne fut pour les USA qu’une action écocomique et colonialiste.La GB aurait eu le même sort à que la France.
      Churchill et de Gaulle se sont unis tardivement pour résister et éviter la colonisation territoriale
      La colonisation culturelle est encours.

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  • Duracuir // 29.12.2017 à 10h14

    La France a un point commun avec la Russie. De tous les temps, une énorme partie de ses classes dirigeantes(ils ne méritent pas le mot “élite”) a détesté son pays pour ce qu’il est ou ce qu’il n’est pas. De tous les temps, une énorme partie de ces classes a trahi. Sous les Romains, elle livra le peuple Gaulois aux chaines en échange d’une citoyenneté romaine. Elle fit tout son possible pour éradiquer la culture celte. On saute 1400 ans et là, elle en pince pour l’envahisseur Anglais, daubant le dauphin Charles. Les plus hautes autorités intellectuelles accréditent alors la fake-news d’une ignoble reine débauchée qui déclara son fils issu d’un adultère et donc illégitime pour accréditer le roi d’Angleterre. Un de ses représentants brula Jeannne d’Arc. Encore 150 ans et elle ronronne pour la puissance dominante du moment, l’Espagne, inventant une “sainte ligue” pour mieux collaborer et désignant comme chef un duc de Guise félon soudoyé par l’Espagne qui veut participer à rien d’autre que le démembrement de la France.
    Encore deux siècles, et les fins esprits aristocratiques et philosophiques en pincent pour la moderne Angleterre au point où les capitaines de vaisseaux Anglais prennent l’habitude de porter un toast à Voltaire “qui vaut bien, à lui tout seul, une flotte Anglaise complète”. Cette même armée d’Angleterre dans les bagages de laquelle la droite Française reviendra prendre le pays en 1815 sous les pâmoisons de Talleyrand. Je passerai pudiquement l’épisode Allemand. Et nous voici avec l’atlantisme. Tradition(trahison?) française.
    Par contre, jusqu’ici, il y eu une vraie élite française qui sut vaincre ces avatars d’abjecte soumission. Existe-t-elle encore?

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    • Jérôme // 31.12.2017 à 00h51

      Aie.

      Il n’y avait pas de peuple gaulois. Il n’y avait pas une Gaule mais des Gaules. Et les tribus gauloises, éduens notamment, ont appelé à l’aide leurs alliés romains pour les protéger des envahisseurs germaniques, 450 ans avant les grandes invasions.

      Le retour de la monarchie des Bourbons en 1814, ce n’était pas la droite. Sauf à considérer que Napoléon et le régime impérial c’était la gauche. Tout ce beau monde s’est réconcilié en 1814/1815 pour avoir enfin la paix et jouir de leurs biens et positions.

      Au passage, Richelieu et sa politique visant à briser l’geg Habsbourg dans la 1ère moitié du 17ème siècle, ce n’etai pas la gauche, ni la droite.

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  • Homère d’Allore // 29.12.2017 à 10h15

    En référence, Berlat cite Juliette Grange.

    Or cette dernière décrit les néo-conservateurs français comme faisant partie de l’extrême droite catholique ou proche des milieux créationnistes.

    Or, cette conception du néo conservatisme empêche de comprendre l’emprise actuelle des milieux atlantistes français, bien plus proches du Parti Démocrate etatsunien que de la droite religieuse.

    C’est donc une référence à bannir.

    .

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    • Duracuir // 29.12.2017 à 10h24

      Un peu comme Fourrest qui prétend dénoncer les néo-cons. La bonne blague. C’est incroyable tous ces gens qui n’assument pas leurs idées et se présentent sous des faux nez. Ils sont devenus légions

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    • Fritz // 29.12.2017 à 11h04

      Comme aussi Rudy Reichstadt, qu’il ne faut surtout pas qualifier de néo-conservateur sur les pages de discussion de Wikipédia, sous peine de se faire traiter de tous les noms (conspi, etc.) par les chiens de garde qui veillent sur la ligne de cette encyclopédie.

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  • Fritz // 29.12.2017 à 10h19

    Très bon texte de M. Berlat, mise au point utile qui devrait être proposée à l’attention des lycéens, des étudiants… et des élèves de l’ENA. Juste une remarque de détail : c’est fin 1995 que la France a réintégré l’OTAN, Paul-Marie de la Gorce avait écrit un article sur ce “retour honteux”.
    https://www.monde-diplomatique.fr/1996/01/LA_GORCE/5189

    Je me rappelle distinctement que le 30 août 1995 au matin, un haut fonctionnaire civil du Ministère de la Défense (le groupe épinglé à juste titre par M. Berlat) annonçait que la France participait à l’opération aérienne contre les Serbes de Bosnie “sous le commandement de l’OTAN”. Je guettais ce moment car j’avais remarqué une inflexion atlantiste de la position française dès le début des années 1990.

    Georges Pompidou voulait améliorer les relations avec l’Amérique mais il refusait de réintégrer l’OTAN. Trois semaines avant sa mort, ses entretiens avec Leonid Brejnev à Pitsounda ne laissent aucun doute à cet égard.

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    • Larousse // 29.12.2017 à 20h08

      Précision. L’OTAN ne s’est pas contentée de bombarder que les Serbes de Bosnie, elle a bombardé toute la Serbie : des usines, des ponts, des immeubles, un hôpital, un train de civils… et la France a cautionné. Les Serbes ont vu et s’en souviennent (voir ce qu’a dit le patriarche de Serbie récemment) : qui osera maintenant parler de la France amie de la Serbie à Belgrade (pour l’instant le président Macron n’envisage même pas une tournée vers l’Europe de l’Est sans l’aval de Berlin ! j’espère me tromper. Il faudra virer plus de la moitié de l’état-major français pour peut-être voir les Slaves penser que la France est une amie ???)

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  • d’Aubrac // 29.12.2017 à 10h25

    “…cette passion française, qui dévore nos élites et qui a pour nom l’atlantisme.”

    Belles synthèse et conclusion.

    Un aspect à ne pas négliger, pour autant, dans la “passion de nos élites” : pendant qu’elle ne s’occupe ni ne défend vraiment les intérêts du pays, la gent qui occupe les emplois directionnels déploie beaucoup d’énergie à la maximalisation de ses carrières et des revenus afférents, directs, indirects ou induits.

    Avec les années 1970 et 80, s’est éteinte l’ère des grands serviteurs qui ont mis leur existence, et une intégrité absolue, au service exclusif de l’État, l’ère des Massigli, Laroque, Goetze, Bloch-Lainé, Delouvrier, Racine… pour ne citer que quelques exemples pris parmi des centaines.

    Y a succédé l’ère de grands carnassiers, femmes tout autant qu’hommes, pour qui les distinctions entre carrières publiques et privées, de même qu’ entre fonds publics et argent privé, sont devenues très floues.
    Quelques uns ne sont-ils pas à ce jour ministres, titulaires de grands ministères ?

    Il apparait que la soumission de la Haute Administration à l’atlantisme le plus décomplexé soit souvent allé de pair avec une vénalité galopante. Signe d’un délitement extrême et inquiétant.

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    • vlois // 29.12.2017 à 22h44

      Le Général me répète, avec encore plus d’énergie, ce qu’il m’a dit déjà plusieurs fois au sujet des journalistes: « Peyrefitte, je vous supplie de ne pas traiter les journalistes avec trop de considération. Quand une difficulté surgit, il faut absolument que cette faune prenne le parti de l’étranger, contre le parti de la nation dont ils se prétendent pourtant les porte-parole. Impossible d’imaginer une pareille bassesse – et en même temps une pareille inconscience de la bassesse.

      Vos journalistes ont en commun avec la bourgeoisie française d’avoir perdu tout sentiment de fierté nationale. Pour pouvoir continuer à dîner en ville, la bourgeoisie accepterait n’importe quel abaissement de la nation. Déjà en 40, elle était derrière Pétain, car il lui permettait de continuer à dîner en ville malgré le désastre national. Quel émerveillement ! Pétain était un grand homme. Pas besoin d’austérité ni d’effort ! Pétain avait trouvé l’arrangement. Tout allait se combiner à merveille avec les Allemands. Les bonnes affaires allaient reprendre.

      Bien sûr, cela représente 5% de la nation, mais 5% qui, jusqu’à moi, ont dominé. La Révolution française n’a pas appelé au pouvoir le peuple français, mais cette classe artificielle qu’est la bourgeoisie. »

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      • d’Aubrac // 30.12.2017 à 09h17

        Excellente citation.

        La haute administration issue de la grande bourgeoisie fut un soutien essentiel du Pétainisme et de la politique de Collaboration.

        Elle et ses rejetons ont beaucoup à se faire pardonner. D’où souvent une grande détestation de ce qui constitue notre pays ? La souveraineté, la langue, la culture.
        Sans doute !

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  • Fritz // 29.12.2017 à 10h28

    Quant à l’élément de langage que les atlantistes martèlent régulièrement depuis vingt ans : “la France n’est jamais sortie de l’OTAN, gna gna, elle s’est seulement retirée du commandement militaire intégré de l’OTAN, gna gna gna”, c’est un sophisme qu’il faut dénoncer sans relâche.

    Comme le dit M. Berlat, l’OTAN est la structure militaire intégrée de l’Alliance atlantique. En 1966, la France annonce qu’elle reste partenaire de cette alliance, tout en se retirant de l’organisation militaire intégrée : en se retirant de l’OTAN. C’est pourquoi ladite organisation a dû déménager son siège en Belgique, les bases américaines comme celle de Châteauroux ont été évacuées, le lycée de l’OTAN à Saint-Germain est devenu le lycée international…

    En 1914, la France faisait partie de la Triple Entente. Mais il n’y avait pas de commandement militaire intégré correspondant à cette alliance. Un commandement commun n’a été décidé qu’en 1918 (conférence de Doullens, le 26 mars), et il a été confié à un Français : Ferdinand Foch.

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  • tchoo // 29.12.2017 à 10h39

    Mais c’est ce qui va nous arriver, quand l’OTAN ne représentera plus rien, nos élites seront toujours là pour être les derniers otaniens.
    Nous nous serons anhiliés ainsi, tous les partenaires avec qui nous aurions pu coopérer

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  • Fritz // 29.12.2017 à 10h40

    Alain Peyrefitte a noté sa conversation avec le président de Gaulle, le 13 octobre 1965 :

    De Gaulle : L’Alliance est souhaitable tant qu’une menace subsiste à l’Est ! L’Alliance, oui, mais pas l’OTAN, pas l’organisation militaire intégrée aux ordres des Américains.
    Peyrefitte : Le rideau de fer se lèvera seulement le jour où il n’y aura plus l’Alliance atlantique face au pacte de Varsovie ?
    De Gaulle : Je dirais l’inverse : l’Alliance ne cessera d’exister que le jour où le rideau de fer se lèvera et où les pays de l’Est deviendront pareils aux autres.

    (C’était de Gaulle, t. 2 , p. 73). Commentaire de Peyrefitte, en 1997 : « Le rideau de fer s’est levé en 1989. Les pays de l’Est sont devenus “pareils aux autres”. Et pourtant, il n’est pas question de mettre fin à l’OTAN, mais au contraire de l’étendre et, avec elle, l’hégémonie américaine. Faut-il que les habitudes d’asservissement de l’Europe se soient invétérées ? Plus que ne l’avait craint de Gaulle, qui était si confiant, finalement, dans le génie collectif de l’Europe. »

    Une dernière remarque : les lecteurs apprécieront la qualité du français de M. Peyrefitte. Rien à voir avec les expressions conformistes qui ont envahi notre langue depuis les années 90 : “la chute du Mur”, “le Mur est tombé”, “le rideau de fer est tombé”, “la guerre froide” (prolongée de 1947 à 1989, ce qui n’était pas du tout notre manière de voir les chose à l’époque)…

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  • riton // 29.12.2017 à 14h57

    Pour information le pacte de Varsovie a été créé après l’OTAN, et non avant …

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    • Larousse // 29.12.2017 à 20h18

      Tout juste et peut-être sans rire : à quand un nouveau pacte de Varsovie 2.0 ?

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  • Catalina // 29.12.2017 à 19h40

    “le coup de Prague”, celui qui est l’excuse pour la création de l’Otan mais le “coup d’Hitler” lui n’a pas eu du tout le même effet alors qu’il était bien plus dévastateur pour les nations occidentales…
    Belle excuse en vérité…..pour metttre en place une hégemonie militaire américaine…..sur notre continent….

    .

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  • Catalina // 29.12.2017 à 19h41

    ..
    Riton, le pacte de Varsovie était une sorte de réponse à l’OTAN
    .

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  • Dion // 29.12.2017 à 22h16

    Merci à Guillaume Berlat pour ce tableau critique sur l’OTAN.
    N’aurait-elle pas dû être dissoute comme ce fût le cas du Pacte de Varsovie à la fin de la guerre froide ? Elle y a non seulement survécu, mais lui a en plus raflé des parts de marchés.
    On mesurait jadis la grandeur d’un empire à l’aune du nombre de ses colonies, aujourd’hui, si l’on considère le nombre des bases militaires, plus de 700, et la grosseur du budget militaire, 600 milliards de dollars annuels (Chine 200, Russie 70, France 60), alors il s’agit bien d’un empire. A son apogée ? Sur son déclin ? à chacun d’observer les grands bouleversements du moment…
    C’est en tout cas le terme qu’emploie le chercheur suisse en histoire et irénologue Daniel Ganser dans son livre “Les guerres illégales de l’OTAN”, qui vient de sortir en France et que je vous recommande. D Ganser a fondé et dirige l’Institut de recherche SIPER Swiss Institute for Peace and Energy Research.

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  • Bili // 30.12.2017 à 01h25

    De Gaulle avait l intérêt de la france et des français au tripe
    Aujourd’hui la france est dirigée par des [Modéré] qu on ne paie pas cher… au service d intérêt etranger.

    Tres pessimiste pour l avenir, à moins qu un signe noir ne surviennent…

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  • Baudolino // 31.12.2017 à 11h35

    Rien de nouveau sous le soleil , déjà les romains formaient les entités gauloises, pour en faire de parfaits gallo-romains
    Les USA forment les élites françaises pour en faire de parfaits Gallo-Americain

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