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2.avril.20202.4.2020 // Les Crises

Le sud de l’Italie encore épargné par le coronavirus

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Source : Les Echos, Olivier Tosseri, 30-03-2020

Dans la guerre contre le coronavirus, le Sud de l’Italie redoute d’être la victime de deux bombes : l’une sanitaire et l’autre sociale. Le Mezzogiorno concentre les régions les plus pauvres du pays aussi bien en termes économiques qu’en infrastructures. Pour calmer les tensions sociales qui sont apparues ces derniers jours, l’Etat a débloqué 400 millions d’euros en faveur des communes, pour financer des bons alimentaires destinés aux plus démunis. Mais c’est la tension dans les hôpitaux qui préoccupent les autorités. Si ceux du nord sont au bord de l’effondrement, qu’en sera-t-il de ceux du sud qui souffrent déjà en temps normal de carences humaines et médicales ? Les restrictions budgétaires de ces dernières années ont aggravé l’écart entre le nord -où l’on comptait 791 lits pour 100.000 habitants avant l’épidémie- et le sud, qui en compte moitié moins.

Impréparation

« Nous ne sommes pas prêts et nous sommes lancés dans une course contre la montre », est le cri d’alarme que ne cessent de répéter les gouverneurs des Pouilles, de Calabre ou de Sicile. Celui de Campanie a écrit au président du conseil et demandé l’envoi au plus vite des masques et des appareils d’assistance respiratoires promis par le gouvernement : « Agissez tout de suite, nous sommes à deux doigts d’une tragédie sanitaire ». Un constat partagé par le gouverneur des Pouilles qui n’a reçu que 9 respirateurs et ventilateurs sur les 220 attendus.

« Cette semaine sera décisive pour le Sud, affirme Italo Angellino, le président de la Siti (società italiana di igiene e medicina preventiva). On verra les résultats des mesures de confinement et surtout les éventuelles contagions provoquées par le retour de nombreuses personnes du Nord il y a deux semaines. Si nous arrivons à surmonter ce moment, ce sera un bon signal. Jusqu’ici, nous avons traversé une période de relative tranquillité sans gros foyers de l’épidémie. »

Des échanges moins denses qu’ailleurs

Ils se situent en effet dans le nord, qui concentre plus de 90 % du nombre des victimes et personnes contaminées. Bien que 45 % de la population italienne réside dans le Mezzogornio, ce dernier enregistre moins de 5 % des morts causés par l’épidémie.

Plusieurs explications à cela : le Sud était déjà pour ainsi dire « confiné » avec des échanges nationaux mais surtout internationaux moins denses que ceux du Nord. La pollution atmosphérique et l’humidité de Lombardie auraient par ailleurs tendance à favoriser le virus. Des erreurs commises, enfin, ont été commises avec l’arrivée massive de patients qui ont transformé les hôpitaux lombards en foyers de contagions.

Les gouverneurs des régions du Sud promettent plus de tests de dépistages et la tolérance zéro pour faire respecter les mesures de confinement. « Nous avons eu plus de temps pour nous préparer mais le risque d’une vague de malades qui submergerait le système hospitalier existe », alertent les autorités sanitaires. Dans le Sud de l’Italie comme partout ailleurs, si la chance peut parfois ralentir une pandémie, elle n’a jamais pu la vaincre.

Olivier Tosseri (Correspondant à Rome)

Source : Les Echos, Olivier Tosseri, 30-03-2020

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16 réactions et commentaires

  • Eric83 // 02.04.2020 à 16h17

    « Plusieurs explications à cela… »
    N’est-ce pas un peu mince comme « explications » ?

    Peut-être d’autres pistes :
    https://www.zerohedge.com/health/german-infectologist-decimates-covid-19-doomsday-cult-open-letter-merkel

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  • calal // 02.04.2020 à 19h17

    bah,fait surement plus chaud et sec dans le sud de l’italie que dans le nord. Le mois de mars a deje ete super sec sur la moitie nord de la france,laissant craindre une nouvelle secheresse cette annee…

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    • weilan // 02.04.2020 à 22h35

      Cela n’a forcément rien à voir !
      En effet, ce virus se porte très bien en Australie et en Argentine (été austral), au Brésil, en Iran, bref partout sur la planète.

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      • Le Minotaure // 03.04.2020 à 03h34

        Actuellement il fait moins de 20 degrés pratiquement tous les jours à Téhéran, et leblois de février était plus froid.

        Dans les autres pays que vous citez, le virus se développe effectivement, mais tout de même dans des proportions biens moindres que dans le Nord. J’ai vu passer il y a quelques jours une étude qui ndique que le virus est moins virulent et résiste moins longtemps à l’air libre quand la température dépasse durablement les 20 degrés. Les auteurs étaient cependant prudents sur les résultats.

        Bref il est trop tôt pour l’avancer avec certitude mais voilà peut-être une source d’espoir.

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  • nulnestpropheteensonpays // 02.04.2020 à 21h32

    Question de température apparement , une belle fable pour l’Italie et son deux poids deux mesures entre le nord et le sud .

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  • catherine // 02.04.2020 à 22h09

    Merci pour de nous avoir fait connaître cette précieuse source de données.

    Faut-il en conclure que l’on se fout de nous à longueur de journée ?

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    • Eric83 // 03.04.2020 à 09h47

      Vidéo concernant des déclarations de scientifiques et/ou de médecins spécialistes sur les chiffres du coronavirus :

      https://www.youtube.com/watch?v=izzadeWl3b0&feature=youtu.be

      Par ailleurs, pour remettre les chiffres « officiels » communiqués en perspective :

      Epidémie de la grippe asiatique en France en 1957 :
      9 millions de personnes infectées et 100 000 morts

      Covid19 sur le Diamond Princess : environ 3 700 passagers TOUS testés :
      712 personnes infectées et à ce jour 11 décès. ( Population croisiériste, par nature, relativement voire très âgée ).

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    • Le Minotaure // 03.04.2020 à 13h04

      Arrêtez de comparer nombre de décès hospitalier (les chiffres qu’on a du covid-19) et estimation de la surmortalité saisonnière (chiffres de la grippe).

      Nombre de décès dus à la grippe en milieu hospitalier en 2020 : 89. En 2017 avec une souche très virulente qui a mis les hôpitaux sous tension on a eu environ 500 morts. C’est maintenant le chiffre QUOTIDIEN des décès du au covid-19, enregistrés en milieu hospitalier.

      La grippe n’oblige pas les Chinois à construire deux hôpitaux en quelques jours, elle n’oblige pas l’armée italienne à évacuer des cadavres de Bergame par camions, elle n’entraîne pas l’évacuation de patients des hôpitaux du Haut-Rhin par hélicoptères et TGV. Résidant dans un département très touché, j’ai deux connaissances en réa, et trois autres qui ont du faire des passages aux urgences à cause de difficultés respiratoires ces deux dernières semaines. Jamais rien vu quoi que ce soit de comparable avec la grippe.

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  • bab23 // 02.04.2020 à 22h16

    et que peut on en conclure ?
    – que la grippe a occasionné peu de morts cette année ?
    – que le confinement diminue les accidents de la route ?
    – qu’une partie des gens qui sont port du Covid19 serait mort d’AVC ?
    – que des gens qui seraient mort a l’hôpital suite a une complication d’une opération ne sont pas mort parce que leur opération a été repoussée ?
    – que le covid tue peu ? humm… peu réaliste avec 500 morts par jour en France sur les 1600 morts « habituels »

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    • Kensei // 02.04.2020 à 23h20

      Je suis tombé sur un article de l’INSEE comparant la mortalité sur mars en France par rapport aux années précédentes (https://www.insee.fr/fr/information/4470857).
      Il y a entre 50 000 et 60 000 décès sur mars en France.
      Effectivement, sur ce mois – du moins jusqu’au 16 mars (dernier jour de disponibilité de la statistique à ce jour), on constate plutôt une sous-mortalité. Attention toutefois, le nombre de décès Covid sur la deuxième partie de mars est bien plus important. Et il y a un effet confinement comme déjà souligné. Difficile de savoir où nous en serions sans confinement.

      Comptablement, pour le moment, dans la mesure où les statistiques fournies sont valides, nous ne vivons pas encore un hécatombe globalement en France. L’analyse par département montre par contre que les clusters ont déjà un fort impact local.
      Il faudra je pense attendre la fin de cette crise pour mieux estimer la surmortalité engendrée.

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      • Le Minotaure // 03.04.2020 à 07h15

        Pour l’instant on ne peut rien en conclure. Les statistiques françaises s’arrêtent au 16 mars, c’est à dire avant le début de la crise pour la plupart des départements. Rappelons que le nombre total de décès dus au coronavirus, enregistré en milieu hospitalier, était de 148 jusqu’au 16 mars. C’est 3x moins que le bilan QUOTIDIEN de ces derniers jours. Et la sumortalité était déjà importante dans le Haut Rhin à l’époque (+38%).

        Dans le lien donné par Changui, il est bien fait état d’une surmortalité en Europe,sur la semaine du 23-29 mars. Rappelons que cette semaine là, la plupart des pays européens venaient à peine d’entrer dans la crise sanitaire. Par ailleurs les rédacteurs de l’article appellent à la prudence sur l’interprétation des données en raison des retards dans la remontée des chiffres des décès. Et de fait les derniers chiffres complets publiés par l’insee courent jusqu’au 16 mars, ceux de l’Istat italienne au 21 mars.

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  • fanfan // 03.04.2020 à 10h31

    Pour completer : « Facts about Covid-19 » (Updated: April 1, 2020), lien https://swprs.org/a-swiss-doctor-on-covid-19/
    France: According to the latest data from France, overall mortality at the national level remains within the normal range after a mild influenza season. However, in some regions, particularly in the north-east of France, overall mortality in the over-65 age group has already risen sharply in connection with Covid19 (see figure ‘France: Total mortality at national level (above) and in the severely affected Haut-Rhin department (SPF / 15 March 2020’ : https://swprs.files.wordpress.com/2020/03/france-mortality.png).
    France also provides detailed information on the age distribution and pre-existing conditions of test-positive intensive care patients and deceased patients (see figure below):
    • The average age of the deceased is 81.2 years.
    • 78% of the deceased were over 75 years old; 93% were over 65 years old.
    • 2.4% of the deceased were under 65 years of age and had no (known) previous illness
    • The average age of intensive care patients is 65 years.
    • 26% of intensive care patients are over 75 years old; 67% have previous illnesses.
    • 17% of intensive care patients are under 65 years of age and have no previous illnesses.

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    • fanfan // 03.04.2020 à 10h31

      The French authorities add that « the share of the (Covid-19) epidemic in overall mortality remains to be determined.“ (figure ‘France : ‘Age distribution of hospitalized patients (top left), intensive care patients (top right), patients at home (bottom left), and the deceased (bottom right). Source: SPF / 24 March 2020’ : https://swprs.files.wordpress.com/2020/03/france-age-distribution-march-24.png).

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    • Le Minotaure // 03.04.2020 à 13h15

      Il suffit de regarder la source de l’article pour voir que la comparaison se fait jusqu’à la semaine 11, c’est à dire celle du 9 au 15 mars, soit avant le confinement et les élections. Au 15 mars on en était à 127 décès reportés, on en est maintenant à 5287 (au 2 avril en comptant les décès en EPHAD).

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  • fanfan // 03.04.2020 à 10h41

    Pour l’Italie (Facts about Covid-19, https://swprs.org/a-swiss-doctor-on-covid-19/) :
    According to the latest data (https://www.epicentro.iss.it/coronavirus/sars-cov-2-decessi-italia / https://www.epicentro.iss.it/coronavirus/bollettino/Report-COVID-2019_30_marzo_eng.pdf) of the Italian National Health Institute ISS, the average age of the positively-tested deceased in Italy is currently about 81 years. 10% of the deceased are over 90 years old. 90% of the deceased are over 70 years old.
    – 80% of the deceased had suffered from two or more chronic diseases. 50% of the deceased had suffered from three or more chronic diseases. The chronic diseases include in particular cardiovascular problems, diabetes, respiratory problems and cancer.
    – Less than 1% of the deceased were healthy persons, i.e. persons without pre-existing chronic diseases. Only about 30% of the deceased are women.
    – The Italian Institute of Health moreover distinguishes between those who died from the coronavirus and those who died with the coronavirus. In many cases it is not yet clear whether the persons died from the virus or from their pre-existing chronic diseases or from a combination of both.
    …/…

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    • fanfan // 03.04.2020 à 10h42

      The two Italians deceased under 40 years of age (both 39 years old) were a cancer patient and a diabetes patient with additional complications. In these cases, too, the exact cause of death was not yet clear (i.e. if from the virus or from their pre-existing diseases).

      Northern Italy has one of the oldest populations and the worst air quality in Europe, which had already led to an increased number of respiratory diseases and deaths in the past and is likely an additional risk factor in the current epidemic.

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