Source : Tom Dispatch, le 02/07/2015

L’émergence et le déclin d’à peu près tout

L’ascension et le déclin des grandes puissances et de leurs domaines impériaux a été un élément central de l’Histoire pendant des siècles. Il a été le cadre raisonnable, dont la justesse a été maintes fois confirmée, pour la réflexion sur le destin de la planète. Il n’est donc guère surprenant qu’en présence d’un pays autrefois régulièrement qualifié par des expressions comme « seule superpuissance », « la dernière superpuissance », ou même « l’hyperpuissance » mondiale et qui, curieusement, n’est plus désormais désigné par rien du tout, que la question du « déclin » doive émerger. Est-ce oui ou non la situation des États-Unis ? Se peut-il, ou pas, qu’ils soient maintenant sur la pente descendante de leur impériale grandeur ?

Prenez un train lent – c’est-à-dire n’importe quel train – n’importe où en Amérique, ce que j’ai fait récemment dans le nord-est, et prenez ensuite un train à grande vitesse à n’importe quel autre endroit de la Planète, ce que j’ai fait également, et il ne vous sera pas difficile d’imaginer les États-Unis en déclin. La plus grande puissance de l’Histoire, la « puissance unipolaire » ne peut pas construire un seul kilomètre de réseau ferroviaire à grande vitesse ? Vraiment ? Et son Congrès est désormais embourbé dans une controverse pour savoir si des fonds budgétaires peuvent être levés pour maintenir les autoroutes américaines plus ou moins libres de nids de poule.

Parfois, je m’imagine en train de parler à mes parents décédés depuis longtemps car je sais combien de tels faits auraient stupéfié deux personnes ayant traversé la période de la Grande Dépression, la seconde guerre mondiale, et une période d’après-guerre de confiance volontariste où la renversante richesse et le pouvoir de ce pays étaient indiscutables. Et si je pouvais leur dire que les infrastructures essentielles d’une nation encore aussi riche, les ponts, les canalisations, les routes et le reste, sont désormais largement sous-financées et dans un état grandissant de délabrement, et commencent à tomber en ruine ? Ils en seraient incontestablement choqués.

Et que penseraient-ils en apprenant qu’avec une Union soviétique dans les poubelles de l’histoire depuis un quart du siècle, les États-Unis, seuls à triompher, ont été incapables d’appliquer efficacement leur écrasante puissance militaire et économique ? Je suis sûr qu’ils seraient restés sans voix en découvrant que, depuis que l’Union soviétique s’est désintégrée, les États-Unis ont été continuellement en guerre avec un autre pays (trois conflits et une lutte sans fin) ; et que je leur parlais là, aussi incroyable que cela puisse paraître, de l’Irak ; et que la mission là-bas n’a jamais été même le plus faiblement accomplie. Comment peut-on imaginer quelque chose d’aussi invraisemblable ? Et qu’auraient-ils pensé si j’avais mentionné que les autres grands conflits de l’ère post-guerre froide ont été contre l’Afghanistan (deux guerres séparées par une pause d’une décennie) et contre le relativement petit groupe d’acteurs non étatiques que l’on appelle maintenant des terroristes ? Et comment auraient-ils réagi en découvrant les résultats : échec en Irak, échec en Afghanistan et prolifération des groupes terroristes dans la plus grande partie du Moyen-Orient (y compris l’établissement d’un véritable califat terroriste) et dans de plus en plus d’endroits en Afrique ?

Ils auraient, je crois, conclu que les États-Unis avaient passé le faîte et étaient entrés dans la sorte de déclin qui, tôt ou tard, a été le sort de toutes les grandes puissances. Et si je leur dis que, dans ce nouveau siècle, il n’y a pas eu une seule action de cette armée, que les présidents des États-Unis appellent maintenant « la plus belle force de combat qu’ait jamais connue le monde », qui n’ait été autre chose qu’un lamentable échec ? Ou que les présidents, les candidats à la présidence et les politiciens de Washington sont tenus d’insister sur quelque chose que personne n’aurait eu besoin de dire, de leur temps : que les États-Unis sont à la fois une nation « exceptionnelle » et « indispensable » ? Ou que ces mêmes politiciens doivent continuellement remercier nos troupes (comme doit le faire aussi la population) pour… bon… jamais pour un succès, mais pour le seul fait d’être là et se faire mutiler, physiquement ou mentalement, ou mourir pendant que nous vaquions à nos affaires ? Ou que l’on doive toujours parler de « héros » en évoquant nos soldats ?

De leur temps, quand il était entendu qu’il y avait obligation à servir dans une armée citoyenne, rien de tout ceci n’aurait eu beaucoup de sens, et l’attitude défensive qui consiste à insister sans discontinuer sur la grandeur américaine aurait crevé les yeux. Aujourd’hui, sa présence répétitive est la marque d’une période de doute. Sommes-nous vraiment si « exceptionnels » ? Le pays est-il véritablement « indispensable » au reste du monde et si oui, en quoi exactement ? Ces troupes sont-elles vraiment nos héros et si oui, qu’ont-elles fait au juste pour que nous en soyons si diablement fiers ?

Renvoyons mes parents ébahis à leur tombe, réunissons tous ces faits, et vous avez l’ébauche d’une description d’une grande puissance sans égal en déclin. C’est une vue classique, mais une vue qui présente un problème.

Une puissance divine à détruire

Qui aujourd’hui se souvient des publicités des années 50 de ma jeunesse pour, si je me rappelle bien, des cours de dessin, et qui posaient toujours la question : « qu’est-ce qui ne va pas dans cette image ? » (Vous étiez censés remarquer les vaches à cinq pattes flottant parmi les nuages). Donc, qu’est-ce qui ne va pas dans cette image des évidents signes de déclin ? La plus grande puissance de l’histoire, avec ses centaines de garnisons dispersées sur toute la planète, ne parvient pas à appliquer efficacement sa puissance où que ce soit qu’elle envoie son armée, ou à rappeler à l’ordre par un ensemble complet de menaces, sanctions et autres, des pays comme l’Iran et la faible Russie post-soviétique, ou à éliminer au Moyen-Orient un mouvement-état terroriste modérément armé ?

Tout d’abord, regardez autour de vous et dites-moi que les États-Unis n’ont pas toujours l’air d’être une puissance unipolaire ? Je veux dire, où exactement sont ses rivales ? Depuis le quinzième ou le seizième siècle, lorsque les premiers bateaux en bois armés de canons se sont échappés de leurs eaux tranquilles et ont commencé à engloutir le monde, il y a toujours eu de grandes puissances rivales, trois, quatre ou cinq ou plus. Et aujourd’hui ? Les trois autres candidats du moment seraient censés être l’Union Européenne (UE), la Russie, et la Chine.

Certes l’UE est une puissance économique, mais quoi qu’il en soit c’est un médiocre conglomérat d’états qui se contente de suivre servilement les États-Unis et une entité qui menace de craquer aux coutures. A l’heure actuelle la Russie est de plus en plus une source de graves préoccupations pour Washington, mais elle demeure une puissance bancale toujours à la recherche de sa grandeur et de ses anciennes frontières impériales. C’est un pays qui dépend presque autant que l’Arabie Saoudite de son industrie énergétique, et qui n’a rien à voir avec une probable future superpuissance. Quant à la Chine, c’est manifestement la puissance émergente du moment et c’est officiellement le numéro 1 de l’économie mondiale. Cependant, elle n’en reste pas moins par bien des aspects un pays pauvre dont les dirigeants craignent une implosion économique dans l’avenir (ce qui pourrait bien arriver). Comme les Russes, comme tous ceux qui aspirent à être une grande puissance, la Chine cherche à peser de tout son poids sur ses voisins – actuellement l’est et le sud des mers de Chine. Et tout comme Vladimir Poutine en Russie, les dirigeants chinois sont en effet en train de moderniser leur arsenal militaire. Mais dans les deux cas le désir profond est d’émerger comme une puissance régionale avec laquelle il faut compter, et pas comme une superpuissance ou un véritable rival des États-Unis.

Quoiqu’il arrive à la puissance américaine, il n’y a aucun rival éventuel pour en endosser la responsabilité. Et pourtant, sans adversaire à leur hauteur, les États-Unis se sont montrés curieusement incapables de mettre en pratique leur puissance unipolaire et une armée qui (sur le papier) soumette tout le monde à ses volontés. Ce n’était pas l’état normal des choses pour les grandes puissances régnantes du passé. Autrement dit, que les États-Unis soient en déclin ou pas, ce récit d’ascension et de chute semble avoir atteint, après un demi-millénaire, une sorte d’impasse silencieuse et problématique.

En quête d’une explication, examinons une histoire en rapport concernant la puissance militaire. Pourquoi, dans ce nouveau siècle, les États-Unis semblent-ils incapable de remporter une victoire ou de changer des régions essentielles en places qui pourraient au moins être contrôlées ? La puissance militaire est par définition destructrice, mais dans le passé de telles forces ont souvent préparé le terrain pour l’établissement de structures locales, régionales, ou même mondiales, aussi sinistres et oppressives qu’elles aient pu être. Que la force ait toujours été destinée à briser les choses n’empêche pas qu’elle ait parfois accompli d’autres objectifs. Pour l’heure il semble qu’elle ne sache rien faire d’autre que tout casser, sinon comment expliquer qu’au cours de ce siècle, l’unique superpuissance se soit spécialisée – en Irak, au Yémen, en Libye, en Afghanistan, et ailleurs – à briser et non bâtir des nations ?

Si pendant ces 500 dernières années les empires se sont élevés puis effondrés, l’armement quant à lui n’a fait que s’élever. Au cours de ces siècles où tant d’adversaires s’affrontaient, se taillaient des empires, menaient leurs guerres, et tôt ou tard tombaient, la puissance destructive de l’armement qu’ils utilisaient a augmenté exponentiellement : de l’arbalète au mousquet, du canon au revolver Colt, du fusil à répétition au canon Gatling, de la mitrailleuse au dreadnaught, de l’artillerie moderne au tank, du gaz toxique au Zeppelin, de l’avion à la bombe, du porte-avions au missile, avec en bout de ligne, « l’arme de la victoire » de la seconde guerre mondiale, la bombe nucléaire qui allait rendre les tenants des plus grands pouvoirs et même plus tard les petits chefs, semblables aux dieux.

Pour la première fois les représentants de l’humanité avaient entre leurs mains le pouvoir de tout détruire d’une manière que seuls quelque dieu ou divinités auraient pu imaginer. Nous pouvions maintenant créer notre propre fin du monde. Mais voici la mauvaise nouvelle : cet armement qui a apporté la puissance des dieux sur la Terre n’a, d’une certaine manière, offert aucun pouvoir pratique aux dirigeants nationaux. Dans le monde de l’après Hiroshima-Nagasaki, ces armes nucléaires se seront montrées inutilisables. Car une fois lâchées sur la planète il n’y aurait plus ni ascensions, ni chutes. (Nous savons aujourd’hui, que le moindre échange nucléaire entre deux non moindres petites puissances pourrait, à cause de l’hiver nucléaire engendré, être fatal à la planète).

Le développement de l’armement dans une période de guerre limitée

Dans un certain sens, la seconde guerre mondiale pourrait être considérée comme l’instant ultime pour les récits de propagande à la fois de l’empire et de l’armement. Elle aura été la dernière « grande » guerre dans laquelle des puissances dominantes pouvaient lancer tout l’arsenal dont elles disposaient, dans leur quête de la victoire finale et de la réorganisation finale de la planète. Il en est résulté une destruction inouïe de vastes zones du globe, la mort de dizaines de millions de gens, la réduction de grandes cités à l’état de gravats et d’innombrables personnes à l’état de réfugiés, la création d’une structure industrielle pour perpétrer un génocide, et enfin la construction de ces armes de destruction définitive, ainsi que les premiers missiles qui deviendraient un jour leurs vecteurs indispensables. Et de cette guerre ont émergé les derniers rivaux de l’époque moderne – dont le nombre s’est ensuite réduit à deux : les « superpuissances ».

Ce mot même de superpuissance portait quasiment en lui la fin de l’histoire. Il faut se le représenter comme le jalon d’une nouvelle ère, puisqu’on avait quitté le monde des « grandes puissances » pour aller vers quelque chose de presque indicible. Tout le monde le percevait. Nous entrions alors dans le règne de « la puissance au carré », ou de la force multipliée dans de telles proportions qu’elle atteignait à la « superpuissance » – comme celle qu’on entent dans le terme « surhumain ». Ce qui a effectivement fait de ces puissances des superpuissances était tout à fait évident : les arsenaux nucléaires des États-Unis et de l’Union soviétique, c’est-à-dire leur capacité potentielle de destruction qui était sans précédent et qui pouvait être définitive. Ce n’est pas par un pur hasard si les scientifiques qui ont conçu la bombe H en parlaient comme ébahis, en la qualifiant de « super bombe » ou simplement de « la super ».

L’inimaginable s’était produit. Il s’est avéré qu’il pouvait exister une pareille chose qu’un pouvoir trop grand. Ce qui a été nommé lors de la seconde guerre mondiale « guerre totale », la pleine utilisation de la puissance d’un grand état dans le but de la destruction d’autres états, n’était plus concevable. La Guerre Froide a mérité son nom pour une bonne raison. Un conflit ouvert entre les États-Unis et l’URSS ne pouvait pas éclater, tout comme était inconcevable que s’ouvre une nouvelle guerre mondiale – éventualité que la crise des missiles cubains nous a fait toucher du doigt. Leur puissance ne pouvait s’exprimer que « dans l’ombre », ou dans des conflits restreints aux « périphéries ». Les puissances se retrouvaient, de manière plutôt inattendue, pieds et poings liés.

Cela se refléta rapidement dans la terminologie militaire américaine. A la suite de la frustration de l’impasse coréenne (1950-1953), une guerre dans laquelle les États-Unis se sont retrouvés dans l’incapacité d’utiliser la plus puissante de leurs armes, Washington a adopté un nouveau langage pour le Vietnam. Ce conflit était destiné à rester une « guerre limitée ». Et cela signifiait une chose : l’arme atomique serait exclue.

Pour la première fois, il semblait que le monde se trouvait face à une sorte de surabondance de puissance. Il n’est pas déraisonnable de supposer que, dans les années qui suivirent la fin de l’impasse qu’était la Guerre Froide, la réalité a en quelque sorte fui le domaine nucléaire pour s’infiltrer dans les autres aspects de la guerre. Dans ce mouvement, la guerre entre grandes puissances se trouvait limitée de nouvelles manières, tout en étant en quelque sorte réduite à ses aspects destructeurs et à rien de plus. Il a semblé soudain qu’elle ne recelait plus d’autre possibilité – ou du moins c’est ce que suggère l’attitude de l’unique superpuissance de ces années-là.

On peut difficilement dire que le vingt-et-unième siècle ait vu la fin de la guerre et des conflits, mais quelque chose a supprimé l’efficacité normale de la guerre. Le développement des armes n’a pas cessé non plus, mais les armements de haute-technologie les plus récents se révèlent à notre époque curieusement inefficaces. Dans ce contexte, l’insistance actuelle à produire des « armes de haute précision », non plus le tapis de bombes des B52 mais une capacité de frappe « chirurgicale » au moyen de JDAM [Joint Direct Attack Munition, un système de guidage des bombes par GPS, NdT], devrait être pensé comme l’arrivée de la « guerre limitée » dans le domaine du développement des armements.

Le drone, parmi ces armes de précision, en est un exemple frappant. Malgré leur penchant à produire des « dommages collatéraux », il ne s’agit pas d’une arme de massacre indiscriminé du style de ceux de la seconde guerre mondiale. De fait, ils ont été utilisés avec une certaine efficacité pour lutter contre les dirigeants de groupes terroristes dans une espèce de jeu de la taupe en abattant les chefs ou lieutenants les uns après les autres [Le jeu de la taupe est un jeu d’arcade dont le but est de taper avec un marteau en plastique sur la tête de taupes au fur et à mesures qu’elles sortent des trous, NdT]. Pourtant, tous les groupes contre lesquels ils ont été utilisés n’ont fait que proliférer, gagnant en puissance (et en brutalité) au cours de ces mêmes années. Pour le dire autrement, cela s’est avéré un excellent outil pour étancher une soif de sang et de revanche, mais pas pour faire de la politique. En fait, si la guerre est de la politique par d’autres moyens (comme le prétendait Carl von Clausewitz), la vengeance ne l’est pas. Personne ne devrait donc s’étonner de ce que les drones n’aient pas mené une guerre efficace contre la terreur, mais plutôt une guerre qui semble encourager la terreur.

Il nous faut ici ajouter un point : cette surabondance de pouvoir mondial s’est également accrue exponentiellement d’une autre manière. Durant ces années, le pouvoir destructeur des dieux s’est abattu sur l’humanité une seconde fois, avec ce qui pouvait sembler la plus paisible des activités : la combustion d’énergies fossiles. Le changement climatique promet aujourd’hui une version ralentie de l’apocalypse nucléaire, en accroissant la pression sur les sociétés et en accélérant leur fragmentation, tout en introduisant de nouvelles formes de destruction dans nos vies.

Qu’est-ce que je comprends à tout cela ? Pas grand-chose. Je fais juste de mon mieux pour parler de ce qui est évident : que le pouvoir militaire ne semble plus agir comme il le faisait auparavant sur la planète Terre. Sous différentes menaces apocalyptiques, quelque chose semble s’être brisé, quelque chose semble se fragmenter, et avec cela les histoires qui nous étaient familières – les cadres familiers qui nous permettaient de penser à comment tournait le monde – perdent de leur efficacité.

Peut-être le déclin sera-t-il l’avenir de l’Amérique, mais sur une planète poussée aux extrêmes, ne comptez pas trop que cela se produise de la manière habituelle, par la naissance et le déclin des grandes puissances – ou même des superpuissances [L’auteur fait allusion au célèbre ouvrage de l’historien britannique des relations internationales Paul Kennedy, publié en 1989, intitulé Naissance et déclin des grandes puissances, NdT]. Il se passe quelque chose d’autre sur la planète Terre. Tenez-vous prêt.

Source : Tom Dispatch, le 02/07/2015

Traduit par les lecteurs du site www.les-crises.fr. Traduction librement reproductible en intégralité, en citant la source.

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48 réponses à L’énigme de la Superpuissance, par Tom Engelhardt

Commentaires recommandés

johnjohn Le 24 août 2015 à 00h50

L’hyperpuissance ce sont les banques et les transnationales, qui ont confisqué la démocratie ici comme ailleurs. Nous assistons à la mise en place d’un nouveau totalitarisme.

  1. johnjohn Le 24 août 2015 à 00h50
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    L’hyperpuissance ce sont les banques et les transnationales, qui ont confisqué la démocratie ici comme ailleurs. Nous assistons à la mise en place d’un nouveau totalitarisme.


    • Jos Le Fur Le 24 août 2015 à 09h04
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      On dit que l’art n’a pas de patrie, mais la Finance et les Transnationales non plus comme le nom de ces dernières l’indique. Donc, pas de problème pour elles deux. Lors du déclin US, elles changeront leur centre de gravité et migreront vers la nation qui reprendra le sceptre tombé à terre. Elles constituent une espèce d’Alien..


      • Serge Le 24 août 2015 à 13h02
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        “On dit que l’art n’a pas de patrie”.Je ne sais pas qui est “On” ,mais “On” se trompe .Bien sûr que si ,l’art a une patrie .Dieu merci ! C’est le Non-art contemporain qui n’en a plus .
        Et c’est seulement à partir de sa singularité incarnée ,qu’on devient universel .


    • Tatsuya Le 24 août 2015 à 12h23
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      Oui voila.

      Ce texte est un peu confus à s’attacher toujours autant aux Nations, qui sont passées en second plan derrière les multinationales.
      On pourrait plutôt se demander “Qui dirige vraiment les armées?” ou “Qui dirige vraiment les pays?”.


    • luc Le 24 août 2015 à 13h48
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      quand l’auteur parle justement des trains et des autoroutes qui ne sont pas entretenues ou modernisées etc on pense bien sûr aux multinationales qui pratiquent l’évasion fiscale

      par exemple apple, société américaine? société brillante qui reverse aux USA moins de 3% d’impots?

      apple facebook et google voudraient bien en fait se construire une ile artificielle dans les eaux internationales, afin d’y installer leurs bureaux et ainsi de ne plus payer d’impot à aucun pays…


    • anne jordan Le 24 août 2015 à 17h56
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      et le lobby des industriels de l’armement , non ?


  2. arkantz Le 24 août 2015 à 00h59
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    Les États-Unis ne peuvent exister sans guerre. Elle leur est vitale. Comme ils ne peuvent exister sans ennemi. Leur force de frappe est aussi leur faiblesse, ils ne peuvent se passer de centaines de bases dans le monde dans des pays-liges. Il est triste de constater que toute superpuissance ne vit que de vanité sans se douter que l’éternité est un leurre.


  3. Pascalcs Le 24 août 2015 à 02h28
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    Aussi longtemps que la Navy dominera les océans du globe, le dollar les place financières et les transactions internationales et Hollywood les cervelles, les US n’ont pas de souci à se faire quant à leur domination mondiale. Et cela durera aussi longtemps que leurs suiveurs (et souvent admirateurs béats) estiment nécessaire de financer toute cette puissance à coup de trillards de dette.
    Cela dit, cette puissance est comme souvent aux US, beaucoup de communication bien élaborée et de clinquant. Le risque majeur pour les US étant un risque interne de dégénérescence en une espèce de quasi totalitarisme poussé par les logiques d’ivresse de puissance absolue dont rêvent les Neocons et leurs admirateurs.


    • jmdest62 Le 24 août 2015 à 07h14
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      “…Le risque majeur pour les US étant un risque interne de dégénérescence….”

      les deux “meilleurs” ennemis des zuniens : McDo et Disney :-))


    • Charlie Bermude Le 24 août 2015 à 14h46
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      Petit pb , ils dominent l’espace et les mers certes , encore , mais quand au terrestre , la dite Route de la Soie , en sont réduit à semer le chaos , et encore ils y arrivent mal , à grands couts pour nous , et pire n’en maitrisent plus les effets collatéraux , exemple les débordements par l’immigration hispanique , et gangs de drogue associés aux terroristes dits islamiques . Leurs Noirs et leurs Mafiosis perdent eux mémes le controle sur l’underground .
      Le chaos migre chez eux .


  4. José Paledire Le 24 août 2015 à 03h44
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    Le nouvel ordre mondial serait-il la seule possibilité que nous avons pour enrayer les différentes catastrophes qui pourraient détruire l’humanité ? Un gouvernement global pourrait-il nous aider à nous protéger des différentes crises politiques, économiques, militaires et écologique ?

    Je sais que les lecteurs qui arpentent les sites de réinformation ont une sainte horreur de cette idée et je partage une grande partie de leurs craintes, mais imaginez : sans conflit bilatéral la menace nucléaire serait réduite à néant, un désarmement généralisé pourrait s’effectuer, et surtout, la fin du principe de concurrence entre les pays pourrait permettre la fin de la course à la croissance à tout prix, une diminution de la pollution, un meilleur contrôle démographique, etc.

    Sur le plan strictement théorique, si le principe démocratique était respecté la gouvernance globale mettrait fin à tous les problèmes sous-tendus par la rivalité entre nations, ce qui n’est pas peu dire. C’est sûrement une utopie et dans les faits on se retrouverait avec une élite mondialisée abusant de son pouvoir, ceci ayant été maintes et maintes fois analysé.

    Je me doute qu’il y en a mais je n’ai pas encore lu d’articles de fond qui se contenteraient de penser la gouvernance globale de manière objective, sans la juger comme on le fait constamment. Si vous avez des liens et autres références à partager n’hésitez pas.


    • RGT Le 24 août 2015 à 13h09
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      J’avoue ne pas du tout partager l’entousiame de José Paledire sur une gouvernance mondiale.

      Chaque fois qu’un “gouvernement central” a émergeé, où que ce soiit, il a été très rapidement phagocyté par des “élites” qui se sont appropriées pour leur seul intérêt ce moyen légal d’assouvir leur cupidité.

      Ne rêvons pas, un gouvernement central mondial serait à coup sûr une dictature totalement inamovible, uniquement au service des puissants, donc des banques, des transnationales et de la finance décomplexée.

      La seule solution réellement humaine est totalement à l’opposé de ce projet : Elle serait basée sur un système partagé local dans lequel TOUS les citoyens auraient dans une stricte égalité le droit et le devoir de choisir leur destin.

      Et contrairement à tout ce que nous bassinent les “grands penseurs” qui ne pensent qu’à leur propre intérêt, ce ne serait pas du tout le bordel…
      Par contre ils se retrouveraient TOUS au chômage et leurs “grands amis” ne pourraient plus contrôler les populations à leur guise.

      L’humanité a des concepts globaux qui sont partagés par tous les humains (tu ne feras pas de galipettes avec la femme de ton voisin par exemple).
      Ces concepts de base ne devraient pas poser de problème pour faire consensus chez tous les peuples de la terre.

      Ensuite, au niveau local, il serait possible de définir des règles partagées et approuvées par par TOUS les membres de la communauté et uniquement valables localement.

      Si ces “lois” sont énoncées et approuvées par l’ensemble de la population il n’y a pas de raison que certains les transgressent… Et si un nouvel arrivant ne les approuve pas, personne ne l’oblige à rester, qu’il aille ailleurs trouver un lieu de vie avec des règles qui lui conviennent.

      Les lois “démocratiques” nationales votées à l’arrache par des professionnels de la politique qui ne préservent que leur propre intérêt ne peuvent qu’être transgressées.
      Regardez la “loi de renseignement”…
      Elle a eu votre approbation ?
      Bien sûr que non, et pourtant vous êtes obligé de la respecter sous peine d’être embastillé.
      Sans vous parler des lois qui obligent les états à renflouer les banques avec de l’argent public sans poursuivre leurs dirigeants en justice, ni celles qui favorisent tel ou tel groupe de pression “de copinage” à l’encontre de l’intérêt de l’ensemble de la population.

      Un “gouvernement mondial” serait entièrement inféodé à Coca-Cola, Goldman-Sachs, Total et les autres…
      Elle serait belle la vie, il n’y aurait sur cette planète aucun endroit offrant la possibilité d’échapper à la mainmise des nouveaux tyrans.

      Il faut au contraire créer des petites structures à dimension humaine dans lesquelles TOUS LES MEMBRES seraient écoutés et auraient le droit de contester et de bloquer une décision arbitraire.

      Bref, l’opposé exact de cette dictature mondiale.
      De plus, une petite structure locale n’aurait pas la puissance de soumettre ses voisins, et ça aussi c’est très important.

      Les teigneux pourraient se retrouver isolés sur leur territoire sans possibilité d’aller foutre le bordel ailleurs (tant que le pouvoir de ses voisins ne serait pas monopolisé par un enragé assoifé de pouvoir).

      Seul problème : Ce concept est purement utopique et a fort peu de chances de se développer.
      Les “enfumeurs” ont trop à perdre et se battront jusqu’à l’extermination de ceux qui défendent ce système égalitaire afin de préserver leur pouvoir et leurs sources de revenus indécents.


      • luc Le 24 août 2015 à 15h08
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        j’ai la conviction que les lois, qui sont par définition restrictives des libertés (et la justice punitive qui va avec) sera toujours un frein à une société harmonieuse

        ton exemple est justement le plus typique : “ne fais l’amour avec la femme de ton voisin”, en fait c’est un des plus grands complot contre l’humanité (eyes wide shut) = par la loi du mariage imposant une fidélité jusqu’à la mort, on crée des frustrés sexuels…

        je n’ai pas la solution bien sûr, l’impasse est réelle jusqu’à présent


        • Milsabor Le 24 août 2015 à 17h56
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          Luc je crois que vous n’avez pas bien compris le film de Kubrick. Il expose exactement le contraire de l’apologie de la jouissance sans interdit nostalgique de mai 68. Il propose la fidélité conjugale, non pas comme une soumission, mais comme une tentative d’antidote au harcèlement pervers séducteur exercé par la société de consommation qui nous tire vers la confusion du consommateur avec le produit. La frustration sexuelle qu’exploitent le capitalisme, la société du spectacle et la société de consommation provient de la perte du contrôle sur notre devenir social créé par la perversion du politique selon laquelle la démocratie se confond avec le néolibéralisme.


          • luc Le 25 août 2015 à 00h26
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            merci pour votre réponse, je suis ouvert aux idées, surtout que ce film est surement bien compliqué, je ne prétends pas le saisir parfaitement
            mais… je vous cite
            “La frustration sexuelle … provient de la perte du contrôle sur notre devenir social”
            je ne comprends pas très bien, si vous pouvez m’expliquer… à moins que vous voulez dire qu’en réalité, on a pas envie de devenir (socialement) quelqu’un de marié… et c’est vrai que les gens se marient de moins en moins, c’est un progrès en quelque sorte
            mais en tout cas, ce que je me rappelle surtout dans le film, c’est que tom cruise en veut énormément à sa femme, après qu’elle lui avoue avoir eu envie un jour de le tromper avec un autre homme
            elle lui explique que ce fut un désir naturel et sincère, et cela rend tom cruise d’autant plus en colère
            tom cruise est là dans le rôle du mari typique, qui veut supprimer les libertés de sa femme, lui interdire l’adultère et il aimerait pouvoir même supprimer ses désirs… mais ça c’est impossible, et ainsi la femme qui a des désirs d’autres hommes finira frustrée
            c’est un thème de ce film : quand on limite la liberté de quelqu’un, on ne peut pas dire qu’on l’aime , c’est autre chose que de l’amour véritable, car quand on aime quelqu’un c’est pour ce qu’il est et non ce que l’on veut qu’il soit
            c’est fondamental pour moi, car on peut faire le parallèle avec la justice et ses lois qui sont en décalage avec les aspirations de sa population, et quand un état met une partie de sa population en prison (et il faut voir l’état de celles-ci), on ne peut pas dire qu’il aime sa population… je ne dis pas qu’il ne faut rien faire, mais surement pas ça, si l’état a de la force, alors il peut agir mais pour le bien de tous et notamment du délinquant, ce qui est loin d’être le cas avec l’emprisonnement, et surtout revoir les lois bien sur… dans l’idéal
            bref, pour en revenir au mariage, je ne suis pas foncièrement contre, mais un mariage heureux nécessite deux personnes équilibrées
            malheureusement, la société patriarcale est par définition déséquilibrée, et le capitalisme ravage la sensibilités des gens, car l’argent remplace l’amour comme source de bonheur…
            alors ensuite, d’imposer socialement (ou religieusement…) le mariage et la promesse qui va avec de fidélité sexuelle jusqu’à la mort , cela crée des générations et des générations de frustrés sexuels, qui cherchent à se défouler dans un tas de déviations, notamment la guerre, la compétition, économique notamment etc


            • Milsabor Le 25 août 2015 à 15h28
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              La clé du film est donnée dans la scène finale qui se passe en un lieu et un temps paradigmatiques de la société de consommation : un rayon de jouets dans un grand magasin un soir de Noël. A ce moment et à cet endroit, les amants se jurent de s’efforcer de s’aimer le plus longtemps possible.
              Auparavant les deux protagonistes ont témoigné de l’insoutenable légèreté de leur désir. Lui par la tentation de la sexualité prostitutionnelle, elle par le récit d’un rêve. C’est la nature du rêve que de révéler les désirs inconscients. La tentation adultère est montrée ici comme relèvant à la fois d’un désir conscient et d’un désir inconscient. La ruse de la société de consommation est d’exciter ces désirs et de les canaliser, leur offrir une voie de satisfaction de substitution par la consommation. Par ce stratagème l’objet de la consommation est confondu avec le corps sexuel. C’est le sens de la cérémonie sectaire autour des vestales dénudée dont fait partie la prostituée en relation avec le mari. On peut identifier les membres de la secte à la société secrète des grands capitalistes décidant des destinées de ce monde et du formatage des désirs des contemporains vers une sexualité faussement libérée, réellement frustrée et donc dérivable vers les objets de consommation. La « libération » sexuelle dont il est question ici, passe par la réduction du partenaire à l’état d’objet de consommation. Il ne s’agit pas de la transgression d’un interdit mais d’un déni d’humanité. La manipulation opérée par la société de consommation passe par le biais culturel (publicité, art, presse) pour assurer son emprise sur la psychologie des citoyens, et s’étend dans le champ de la conscience avec la complicité de l’ambivalence inconsciente des désirs de chacun tels que dévoilés dans les rêves. Cette fragilité du citoyen face à la séduction narcissique de la société de consommation s’origine en partie dans la précarité du rapport du sujet à son destin produite par la dictature capitaliste cachée. Le chemin parcouru par les membres du couple de Kubrick pendant le film les amène à se dégager de l’emprise de la matrice par la double prise de conscience de leur identité de sujet et de la dépendance de cette identité à leur appartenance au couple, puisqu’étant sexués, donc incomplets, ils ne peuvent parvenir au statut de sujet valide qu’en couple. Le couple c’est l’autonomie dans la dépendance et non pas l’interdit du défoulement sexuel tous azimuts. Une micro démocratie dans un océan de dictature orwellienne.
              A contrario le pornographe est un individu atomisé par l’indifférenciation de son désir sexuel, producteur soumis à toutes les exploitations, consommateur réduit à l’objet de consommation, petit soldat prêt à s’engager dans la guerre de tous contre tous.
              Mais l’amour conjugal fidèle dont il est question ici ne saurait se confondre avec le mariage bourgeois paternaliste traditionnel. Il est une construction psychologique à deux qui ne saurait se réduire à une institution. De là votre désarroi si j’ai bien compris votre critique.


            • luc Le 26 août 2015 à 00h42
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              merci encore pour cet éclairage lumineux milsabor, il faudra que je regarde le film à nouveau, il est clair que le sujet est passionnant, et je partage vos points de vue
              j’approuve évidemment votre rapprochement entre l’objet de consommation jetable et la condition du célibat de fait, la recherche perpétuelle du plaisir et la perte d’humanité du pornographe…
              cela tient notamment par le fait de favoriser le mariage pour des raisons autres que l’amour
              et cependant, bien sur, le fait de se jurer de s’efforcer de s’aimer le plus longtemps possible, cela me pose problème… même à la fin du film.. l’amour ne peut pas être forcé…j’ai un doute sur les promesses faite pour l’avenir
              je suis de votre avis bien sur tout de même, car je suis un romantique : la majorité des couples harmonieux vivra un épanouissement malgré le capitalisme, et la fidélité sera logique et naturelle
              mais la promesse sur l’avenir, c’est tout comme le fait de tenter d’être maître de son destin, c’est la grande illusion, le piège classique
              la précarité face à son destin, je pense qu’elle est inéluctable, dictature ou non, et on sait par expérience que vouloir être maître de son destin est utopique
              personnellement, je pense que le tout est de cultiver son rapport au présent au lieu de se projeter dans l’avenir, et cela nécessite de cultiver sa paix intérieure
              en connaissant ses aspirations profondes on se dirige à travers le quotidien et notamment on décèle les pièges de la dicature capitaliste cachée…
              une étape importante intérieure est la tolérance et la bienveillance neutre envers les autres, difficile étape mais indispensable pour avancer léger
              et même dans un couple, il faut pouvoir laisser l’autre vivre les expériences qui l’attendent
              ma conviction mystique est que le destin est un vent fort, et que la résistance rigide face à lui ne fait que risquer la cassure, il faut rester souple et disponible à tout moment
              et les promesses sont surtout des entraves potentielles… tout comme le fait d’être coincé dans le système social, ces entraves doivent être aussi limités que possible
              bon je dis ça… c’est relatif!


            • Milsabor Le 26 août 2015 à 12h17
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              Evidemment « les amants se jurent de s’efforcer de s’aimer le plus longtemps possible » recèle un paradoxe apparent si l’on se réfère à la nature spontanée de l’amour qui ne saurait devoir sa substance au moindre effort. Pourtant c’est bien d’effort, et même de lutte dont il est question ici. Il s’agit d’une double lutte : lutte contre soi-même et ses propres désirs, et lutte contre la séduction narcissique capitaliste qui entend exploiter cette fragilité à son profit. Cette lutte s’inscrit dans la durée. Il s’agit de faire durer un état d’accomplissement de soi-même, parallèlement à l’évolution propre au couple, indissociables d’un déroulement historique depuis le début jusqu’à la fin. Il s’agit bien du projet de faire la vie ensemble, si possible de vieillir ensemble, et d’affronter la mort ensemble. A partir d’un choix, l’engagement permet d’accomplir le projet jusqu’au bout. J’aime cette citation d’Alessandro Barrico : «Parmi toutes les vies possibles, il convient d’en choisir une et de s’y ancrer fermement afin de pouvoir contempler toutes les autres sereinement». On pourrait ainsi dire : « Parmi tous les amours possibles etc… ». A contrario le choix de changer de partenaire au gré du désir de l’instant inscrit dans une temporalité constituée de tranches de présent suspendu mises bout à bout sans continuité historique, sans évolution : la répétition du même. Alors que dans la perspective historique, il apparait que le seul savoir qui vaille est celui concernant le chemin parcouru depuis les origines jusqu’à la fin. Durer c’est savoir, savoir c’est être et être c’est se dégager de toutes les forces d’emprise qui s’y opposent, conscientes ou inconscientes, extérieures ou intérieures. Hors de ce savoir fondamental il n’est de vie que « les yeux grand fermés ».


            • luc Le 27 août 2015 à 00h49
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              attendez, bien sur qu’il est bon d’avoir un projet, de s’y tenir et de faire des efforts sur soi-même, et aussi, vous avez bien rappelé les avantages d’une vie de couple harmonieuse par les temps qui courent : une micro-démocratie dans un océan de dictature orwellienne, je suis d’accord
              mais il ne faut pas être tétu, l’amour que l’on ressent au moment présent, ce n’est pas la même chose que le projet social vers lequel on aspire, chacun des deux change plus ou moins avec le temps
              le premier est une émotion et le second est un point de vue mental
              l’émotionnel et le mental sont liés, et dans l’idéal, ils sont même entrelacés
              un projet social personnel peut inclure l’amour, heureusement et c’est d’ailleurs fortement conseillé
              mais il arrive que lors de l’établissement de ce projet, l’amour disparaisse progressivement, provoquant une mélancolie et une résignation, une blessure au niveau émotionnel
              or le soi est la première chose à entretenir : l’harmonie entre l’émotionnel et le mental
              en théorie, une situation sociale nous paraissant correcte mentalement ne peut pas inclure la mélancolie, et il sera souhaitable de modifier le projet
              par ailleurs, je ne suis pas d’accord, deux tranches de présent mises bout à bout représenteront toujours une évolution historique car on évolue constamment, simplement plus ou moins vite, et on est donc une personne différente lors du deuxieme bout de présent, pour les amours passagères comme pour tout le reste
              c’est le jeu de la vie, découvrir la connaissance nouvelle acquise grâce à l’expérience passée, et en tirer la sagesse qu’elle contient avant de vivre l’expérience qui suit
              d’ailleurs n’importe quel être humain se lasse tôt ou tard de la répétition, chacun à son rythme


      • Charlie Bermude Le 24 août 2015 à 16h14
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        Nul ne peut prévoir l’avenir . Aristote l’avait déjà formulé , avec ses ‘futurs contingents’ , d’autres l’ont reformulé depuis , d’une maniére plus sophistiquée , comme le mathématicien Mandelbrot , en remettant en cause la loi des grands nombres , et encore auparavant Kolmogorov sur les fondements des probabilités , et encore auparavant la mécanique quantique dont on se refuse à admettre le sens physique , tellement çà dérange …
        Le fait est que le troisiéme principe de la thermondynamique est démenti par l’existence de la vie , et plus encore de la société humaine .
        La vie pour s’en tenir à elle ne met pas tous ses oeufs dans le méme panier , elle veut de la diversité , pour amplifier la société humaine a besoin de Liberté , pour préserver l’avenir .
        Gouvernement mondial donc y aura pas , sauf régression de l’espéce .


  5. Charlie Bermude Le 24 août 2015 à 07h34
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    Hyperpuissance militaire et hyperpuissance financiére ne sont pas opposées , elles sont nécessaires l’une à l’autre , donc aussi une limite l’une pour l’autre .
    L’auteur est bien optimiste de supposer que l’hyperpuissance des oligarques qui chapeaute les deux est suffisamment charitable pour ne pas avoir recours à l’arme atomique , ce qui les retient ce sont les moyens financiers , d’obtenir un net avantage .
    Ils ne peuvent aller plus loin et décliner que pour une raison simple , arithmétique ; en gros ils atteignent le controle de 50% des richesses mondiales , mais se nourissent des autres 50% qui restent . Ils ont donc atteint leur zénith et ne peuvent plus que regresser .
    Cet un pb de baignore qu’on remplit et qui fuie en méme temps , pour qu’elle se remplisse il faut que l’alimentation soit plus rapide que les pertes .


  6. Christophe Le 24 août 2015 à 08h24
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    Allez, après la pluie le beau temps : ci-dessous un dessin animé artisanal permettant de visualiser en 2′ chrono l’émergence et la chute de l’empire romain. Tout parallèle avec la situation existante est évidemment hors de propos.

    https://youtu.be/xZWaFvLot6k

    Voir les commentaires liés à la vidéo pour quelques précisions utiles.

    Bonne chance à tous.


    • FifiBrind_acier Le 24 août 2015 à 18h45
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      Christophe,
      Excusez-moi pour cette digression…
      Merci pour cette vidéo, qui me fait penser que nous devons aux romains… le droit romain.
      Dans les lois Macron, il y a aspect méconnu, qui fait passer du droit romain au droit anglo saxon, encore plus discriminant selon que vous serez puissant ou misérable…

      Sujet qui pourrait faire l’objet d’un billet à lui tout seul, car il s’agit d’un basculement dans un autre type de civilisation. S’il y a un juriste dans la salle…

      J’ai trouvé ceci sur le Figaro: ” Le cheval de Troie anglo-saxon”
      http://www.lefigaro.fr/vox/politique/2015/08/14/31001-20150814ARTFIG00105-loi-macron-le-cheval-de-troie-anglo-saxon.php


      • Jeanne L Le 24 août 2015 à 19h06
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        Vous soulevez un point qui me paraît très important, mais je ne suis pas juriste non plus …
        J’aimerai bien qu’il y ait un article la dessus, des historiens du droit devraient s’y coller…


  7. Michel Loncin Le 24 août 2015 à 08h54
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    De fait, par leur existence même, dès leur origine et du fait de leur développement (assortis de TUERIES, de MASSACRES voire même du GENOCIDE des populations amérindiennes – si tant est que ce terme, forgé en 1945, peut s’appliquer anachroniquement à la … “Conquête de l’Ouest” par les masses immigrées venues d’Europe et comportant à leur “ordre” bien plus de gangsters que d’honnêtes gens -), les Etats-Unis ont BESOIN de la guerre pour survivre !!! Leur système économique est d’ailleurs consubstantiel à la guerre … Considérons que, depuis 1776, les Etats-Unis n’ont quasi JAMAIS connu UNE année de Paix !!!

    Et considérons aussi que l’URSS puis la Russie représentent des … “providences” pour cette NECESSITE guerrière “vitale” des Etats-Unis !!! Dès lors, on ne peut que déplorer que les Etatsuniens n’aient pas “vu” leurs villes réduites en cendres : ils seraient à même de mesurer ce qu’est VRAIMENT la guerre … qu’ils s’entendent si bien à DECHAÎNER chez les autres !!!


    • Vasco Le 24 août 2015 à 14h47
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      En ces temps de propagande comment savoir s’il y a un fond de vérité ou pas derrière cette multiplication des accidents industriels. Lois des séries ou conspirations ?

      http://reseauinternational.net/y-a-t-il-des-lecons-a-tirer-des-explosions-du-texas-et-du-japon/


      • theuric Le 24 août 2015 à 23h08
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        Toujours, lors d’un événement de ce genre, commencer par envisager l’explication la plus simple, celle d’une loi des séries, la même remarquable dans l’aviation civile.
        D’autant plus que cela est compréhensif avec l’affaiblissement continuel des investissements industriels et de l’administration de ces deux pays (le contrôle), quand bien même les raisons en seraient différentes.
        La privatisation criminelle de nos centrales nucléaires nous font peser des risques énormes et, ce, pour les mêmes raisons.


  8. naz Le 24 août 2015 à 10h10
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    Y a-t-il eu une seule guerre déclarée entre deux pays depuis la deuxième guerre mondiale?
    Des combats entre les US et n’importe quel autre pays, ou entre deux pays sans que les US s’en mêlent s’ils n’en sont pas les instigateurs?
    Ne s’agit-il pas d’ingérences sous faux prétextes, de guérillas avec une évidente disproportion d’armement?…
    Excellent texte placide.


  9. DUGUESCLIN Le 24 août 2015 à 10h18
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    Cette analyse de Tom Engelhardt ne manque pas d’intérêt. la vision globale semble pertinente, mais je note des lacunes qui méritent un minimum de développement.
    Ce que je retiens c’est la question des puissance rivales potentielles des USA, notamment celle de l’UE dont il est évident qu’elle a manqué à sa vocation d’origine, en s’aliénant à la domination impérialiste des USA.
    L’Europe que préconisait De Gaulle était une Europe indépendante destinée à rééquilibrer le monde et de contrer l’hégémonie anglo-américaine impérialiste. De Gaulle avait doté la France de l’arme atomique, non pas pour dominer le monde ou restaurer l’empire colonial mais pour se défendre “tous azimut”. C’était le début de la fin de l’empire colonial et la libération des pays d’Afrique décolonisés et appelés à devenir des partenaires alliés. Cette volonté d’indépendance a valu à la France une révolution (colorée).
    L’autre puissance rivale est la Fédération de Russie qui selon l’auteur est une puissance bancale.
    Je pense que la méconnaissance de la politique russe continue à encombrer les cerveaux.
    En fait la politique russe est un refus de l’unipolarité de la vision du monde. La Russie n’a aucune volonté impérialiste. Sa politique est la recherche d’amis et d’alliés dans le respect de la souveraineté de chacun. Ce qui fait son succès dans le cadre des brics.
    C’est une politique qui semble proche de celle de De Gaulle en son temps.
    C’est l’émergence d’une nouvelle vision du monde qui est susceptible de mettre fin à la super-puissance de la haute finance internationale qui s’empare des états souverains pour leur imposer un système qui les soumets et leur interdit toute forme d’indépendance.
    Voilà le vrai tournant historique. C’est la fin potentielle du parasitage des pays libres par une finance dominatrice, abjecte, et apatride. Elle s’installe là où elle a le plus d’intérêt aussi bien au détriment du peuple américain que des autres peuples.
    Cette nouvelle politique amorcée déjà par De Gaulle et totalement abandonnée dans la pseudo Union Européenne, trouve son relais dans les Brics et particulièrement en Russie.
    C’est précisément ce que veut combattre la haute finance apatride et dominatrice. Le multi-polarisme est l’ennemi numéro un pour elle, car elle pourrait mettre fin à cette domination insensée et criminelle.
    La Russie se dote d’un armement efficace dans un but dissuasif et certainement pas dans un but impérialiste. Cela se voit clairement dans les prises de position du gouvernement russe. La Fédération de Russie est forte car elle est capable de rassembler de nombreuses ethnies et toutes les religions dans le respect de chaque entité.
    Ce modèle ne plait pas aux impérialistes.
    Donc contrairement à la vision d’une Russie bancale de l’auteur je pense au contraire que cette nouvelle vision multipolaire est en passe de remporter un succès.
    Quand à l’économie russe, encore une fois les stéréotypes restent ancrée dans les mentalités. Toute l’économie russe est tendue vers l’indépendance et l’auto-suffisance compte tenu du contexte imposé par les impérialistes atlantistes.
    Je reviens de Russie et les changements (chaque année) sont surprenant. Des étendues immense entre Moscou et Ryazan sont transformées en champ agricole à perte de vue. Dans les centre commerciaux de Ryazan j’ai découvert des magasins immenses regroupés dans des grands espaces clairs vitrés et remarquablement achalandés d’un modernisme étonnant.
    Les magasins d’alimentation sont étonnamment achalandés également. J’ai vu un rayon de vin de bordeaux français, de bourgogne et de baujolais d’excellentes qualités dont les prix variaient entre 6 à 10 €.
    Des légumes en grande quantité. Des immeubles neufs qui tranchent avec les vieux immeubles rectangulaires de l’époque soviétique, avec des formes harmonieuses et colorés entre l’ocre jaune ou l’ocre orange composés d’appartements spacieux et parquetés. Tous les immeubles sont entourés de végétation et arborisés offrant des promenades et des sentiers.
    La chute du rouble spectaculaire ne perturbe pas en apparence les braves gens. Le désir d’entreprendre et de créer est palpable.
    Les trottoirs sont d’une propreté excellente et dans l’ensemble les russes respectent les lieux(pas tous).
    Il est temps de revoir notre vision de la Russie et les stéréotypes anti-russes volontairement entretenus. Et que ceux qui doutent de ce que je rapporte n’ont qu’à aller voir eux-mêmes.
    Mais la volonté d’abattre ce pays qui ose gagner progressivement son indépendance et qui propose la paix n’est pas celui qu’on veut nous faire croire pour justifier une guerre économique et culturelle et géopolitique en vue de soumettre la Russie comme l’UE l’est de plus en plus.
    Conclusion: deux visions du monde s’affronte le multipolarisme contre l’unipolarisme. Les pays souverains contre les pays soumis. La liberté de choisir son destin contre l’impérialisme apatride.
    Le succès de cette nouvelle vision du monde pourrait être la fin de la domination de la haute finance internationale dont l’impérialisme atlantiste est complice.
    C’est le nouveau combat qui explique la répression guerrière contre toute velléité de non soumission.
    Mais l’Amérique aurait peut-être une chance de mieux vivre si, elle-même, se libérait de cette domination démoniaque. La fin de l’impérialisme financier n’est pas la fin des peuples et de leur liberté de choisir leur destin.


    • Charlie Bermude Le 24 août 2015 à 14h25
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      Tout à fait exact . J’ajoutrai que De Gaulle , en bon stratége avait compris quand cas de menace nucléaire de la Russie , les USA , laisseraient tomber leurs alliés , d’où sa volonté de disposer d’une force indépendante . Hypothése implicite , non formulée , mais lourdes de reflexions , c’est qu’aussi jamais les USA ne parviendraient à obtenir une supériorité décisive , en ce domaine sur la Russie .
      De Gaulle fut plus qu’un bon stratége , un penseur , chose rare .


    • Krystyna Hawrot Le 24 août 2015 à 21h15
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      Merci beaucoup pour vos informations sur la Russie. Cela fait du bien d’entendre cela!

      Quant à l’auteur de l’article il me semble prisonnier du paradigme états-unien. Tous les pays ne cherchent pas à devenir des hyperpuissance, loin de là. Parce qu’il y a, au délà de la force brute, des choix moraux, des valeurs…; La Russie cherche juste à vivre là ou elle est. La Chine a peut etre des vélleités de revanche sur l’humiliation que l’occident lui a infligé au 19 siècle, mais elle n’a peut etre pas envie de contrôler la planète entière….
      L’Union Européenne, au départ, devait UNIR les Européens… je me rappelle de l’enthousiame que soulevait la vision de “Maison commune” que Gorbatchev avait propagé en 1989… Mais justement, c’était une vision… russe de l’Europe, pas une vision occidentale!

      La notion d’hyperpuissance, ce besoin de tout contrôler, limite infantile, c’est justement la marque de fabrique des USA. Et bien, la bonne nouvelle c’est que de vaste pans du globe ne sont pas ou plus d’accord avec la domination de ces “valeurs” et le font savoir.


  10. troll Le 24 août 2015 à 11h36
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    Un tableau intéressant qui s’arrete toutefois au vernis sans réellement creuser la nouvelle ( ??? ) nature des USA. johnjohn a tres bien résumé ceci en quelques mots expliquant beaucoup de chose. le reste, à propos de la géopolitique internationale, y compris les directions prises par les BRICS, s’en déduit aisément. Le combat global mené aujourd’hui semble de manière caricaturale assez binaire. les Siths contre les Jedis. La tristesse de tout cela est que les peuples ne peuvent/veulent choisir leur camp.

    La dernière phrase de l’article me plait beaucoup. Quelque chose d’autre oui…. la question n’est pas pour savoir quoi, mais OU cela va nous mener…

    C’est mon premier post sur ce site que je suis depuis assez longtemps et je tiens à adresser un clin d’oeil a son auteur ainsi que mes remerciements !


  11. Zo Le 24 août 2015 à 13h12
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    “Et ce serait bien pire, si depuis 1846, ils n’avaient fait des guerres de manière incessante pour piller le reste de la planète…, ils seraient, sans cela, un pays comme les autres.”

    Ou peut-être plusieurs pays, avec une dislocation entre les différents états pour que les plus riches surnagent en se débarrassant des plus pauvres.


  12. Guillaume Le 24 août 2015 à 14h50
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    J’ai relevé ces deux passages:
    “La plus grande puissance de l’histoire [..] ne parvient pas […] à éliminer au Moyen-Orient un mouvement-état terroriste modérément armé ?”
    et
    “la Russie […] demeure une puissance bancale toujours à la recherche de sa grandeur et de ses anciennes frontières impériales.”

    La première phrase semble faire l’impasse sur le soutient des divers groupes/entités US qui soutienent ce “mouvement-état terroriste”.
    Ainsi nous avons deux mouvements opposés: le soutient à ce “mouvement-état terroriste” par certaines entités US et le combat de ce même mouvement par d’autres entités US à la façon d’une main droite et d’une main gauche.
    La question qui vient naturellement est donc: à qui appartient ces deux mains? Qui est la tête.
    Je pense que le commentaire de JohnJohn (premier commentaire) apporte un début de réponse à cette question.

    La deuxième phrase suit la pensée mainstream, dictée par cette superpuissance décriée ailleurs dans l’article, à savoir: “la Russie cherche à récupérer ses frontières impériales.”
    S’en suit un “Et tout comme Vladimir Poutine en Russie, les dirigeants chinois sont en effet en train de moderniser leur arsenal militaire”. Cette phrase est effectivement juste mais ne doit pas être pris hors contexte, c.a.d sans parler de la proposition d’accord sur la non-prolifération des armes nucléaire proposé par Moscou mais débouté par Washington.
    Dans ce contexte, une pause dans la course aux armements étant refusée par les Etat Unis, la modernisation de l’arsenal nucléaire des Russes et des Chinois est une obligation pour ces pays afin de ne pas de faire distancer par les US.

    Je n’ai pas eu le courage de poursuivre…


    • Pierre Bacara Le 24 août 2015 à 18h41
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      Etat islamique

      le soutien des divers groupes/entités US qui soutienent ce “mouvement-état terroriste [l’EI]”.

      Pourrions-nous savoir à quels “groupes/entités US” vous faites allusion, et quelles sont vos sources ? Il s’agirait là d’informations essentielles qui mériteraient un recoupement méticuleux.

      Je pose cette question parce que je ne suis pas convaincu que les USA soutiennent l’EI. Voici pourquoi : le soutien historique de Washington à des mouvements djihadistes (moudjahidines afghans ayant engendré el-Qaida, rebelles sunnites syriens puis libyens) a probablement eu pour but la destruction d’Etats constitués capables de créer des difficultés à la géopolitique de la Maison-Blanche dans le monde arabo-musulman. Sur ce point, je ne vois pas bien ce qui pourrait contredire les analyses de Paul C. Roberts. Il se trouve d’ailleurs que la guerre symétrique, puis asymétrique, d’Irak, a débouché sur un résultat identique.

      L’ensemble de cette politique a rayé de la carte les états irakien puis libyen (les deux seuls Etats arabo-musulmans à avoir voulu vendre leur pétrole en d’autres devises que le dollar), et mis l’état syrien en bien plus grande difficulté que les médias ne l’estiment.

      Or, l’EI a pour ambition de construire un Etat. Son fondateur, Abour Bakr el-Bagdadi, dont les connaissances historiques sont à mettre en avant, n’a pas choisi le nom d’EI comme simple marque commerciale, mais sur une base sémantique : le dawla de el-Dawlat al-islamiya (EI en arabe) signifie bel et bien “Etat constitué”.

      Sur le terrain, l’EI ne se réduit pas à l’organisation terroriste qui ravage tout sur son passage, présentée par la télévision sans le moindre début d’analyse. Le califat compte un grand nombre de soutiens sunnites de toutes natures, à l’intérieur comme à l’extérieur. Autant les victimes potentielles de l’EI sont nombreuses (chiites, chrétiens, Kurdes, Yézidis etc) et fuient, épouvantées, son extension, autant ceux qui vivent sous son ordre de fer s’en félicitent pour des raisons hétérogènes (commerciales, ethniques, religieuses), mais en particulier parce que cet Etat-là assure l’ordre et la sécurité, tout au moins aux coyants qui “croient dans le bon sens”- et ils sont nombreux. Le slogan “Baqiya !” (“Pérennité !”) très en vogue chez les dirigeants de l’EI est à cet égard limpide.

      En première analyse, il me semble donc que le surgissement de l’EI est peut-être l’un des pires cauchemars que la Maison-Blanche pouvait imaginer (le pire étant évidemment un effondrement de l’UE). Je ne vois pas très bien l’intérêt des Etats-Unis à financer un califat territorialement assis, structuré et puissant, et peut-être capable de déstabiliser des alliés de toute première importance comme l’Arabie saoudite.

      Mais je peux me tromper. Il ne s’agit là, je le répète, que d’un tout premier point de vue personnel depuis l’émergence du califat le vendredi 4 juillet [sic] 2014.

      Au sujet d’un soutien des USA à l’EI, merci d’avance, donc, pour vos précisions.

      P.S. : la finalité de les-crises étant de diffuser l’information, je me permets d’attirer l’attention sur les analyses suivantes :

      Abour Bakral-Baghdadi, le calife de l’état islamique, Olivier Hanne, Conflits, printemps 2015
      Les armées du golfe face à l’Etat islamique : la puissance impuissante, Défense et Sécurité Internationale hors-série n° 40, février 2015


  13. Charlie Bermude Le 24 août 2015 à 14h56
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    https://fr.news.yahoo.com/thalys-hollande-d%C3%A9cerne-l%C3%A9gion-dhonneur-h%C3%A9ros-am%C3%A9ricains-britannique-041450553.html
    J’adore cette photo . Le Hollande dépassé de deux tétes au moins par les héros du Thalys .
    Métaphore pour la puissance des USA , dépassée de plusieurs tétes , par l’héroisme quotidien , des ordinaires , qu’ils ‘dominent’ .


  14. Andrae Le 24 août 2015 à 17h31
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    Un aspect que Tom Englehart ne traite pas.

    La Gouvernance, au sens large: Federation, autorités locales, Constitution, sécurité intérieure, investisssement, liens entre Gpuvernement et économie (les trains qui n’existent pas aux US), la structure profonde de la ‘démocratie’ USA, le budget militaire ou autre, etc.

    Le Gvmt. des USA est faible, et depuis longtemps.

    Il est basé sur des interactions ‘individualistes’ – influence, argent, manipulation, dynasties, deals, le profit, le statut. L’expansion – quasi la seule valeur – est concue comme celle d’une personne (Bill Gates) ou d’un groupe bien défini (industrie bio-énergie, armements, secteur drogue-médical, p. ex.) Le profit, l’innovation, la coercition, les contacts persos etc. sont prédominants. Donc, peu collectiviste, peu de perspectives à long terme, gouvernance lache.

    Un Gvmt. de ce type est défaillaint car OUVERT à des influences extérieures: des alliances temporaires ou à long terme, avec des pays, des Corporations, des partis politiques externes, des individus, des despotes, etc. qui ne profitent qu’à certaines élites, des deals de partout, in fine aucune politique extérieure cohérente. Cacophonie…

    (Tout cela marchait bien 1850 – 1950, disons. Quand l’expansion, la croissance intérieure suivait…)

    Pour faire adopter un modèle, quand l’influence ne suffit pas, et pour compenser la faiblesse, il y la force militaire. Ce que les USA pratiquent depuis longtemps.

    Comme lla Mafia, la force en armes – hommes – tenue de territoire avec marionettes, ou de menaces, ne suffit pas. On finit avec une force qui est purement destructrice (anéantir les rivaux potentiels, détruire le paysage de racket stable, se replier, continuer, vaincre coute que coute..) sans bénéf réel pour soi-même.

    T. E., l’article: Pour l’heure il semble qu’elle ne sache rien faire d’autre que tout casser.

    C’est là le point crucial. Est-ce que les USA vont accepter une relative perte de pouvoir, publiquement assumée! Ou vont-ils continuer l’esacalade jusqu’à une confrontation nucléaire? En ce qui concerne l’Ukraine par exemple?


  15. levengeur Le 24 août 2015 à 18h26
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    Je confirme ce que dit Duguesclin,ayant passé le mois de juin en Russie,et je ne me suis pas contenté d’aller à Moscou,mais je suis allé au fin fond de la Sibérie,en passant par Oulan oudé, Irkoutsk ,Novossibirsk ,Iekaterenbourg,sans compter des petits villages dans l’oural, autour du baikhal,puis kazan ,et la remontée sur moscou.Partout des immeubles gratte ciel,des grues ,des gares avec billetterie electronique ,villes tres propres, et dans les coins les plus reculés ,si il existe encore quelques vieilles isbas, beaucoup sont refaites et repeintes,des jardins entretenus,tous ont des serres,sans compter les nouvelles constructions belles datchas aux abords des villes pour la classe moyenne dont beaucoup en briques.Sur la ligne du transsibérien ,les trains immenses de marchandises de minerais ,de bois circulent les uns derriere les autres.Les villes sont en plein boum,les jeunes travaillent et s’achètent des appartements,c’est leur premier désir , et ils restent chez eux,le taux de chômage est très bas (Eikatarinbourg o,7%).En dehors de la forêt ,des champs à perte de vue,j’ai d’ailleurs pris beaucoup de photos,en particulier les marchés et les hypermarchés qui sont pleins et qui valent les nôtres.On retrouve les même enseignes que chez nous,aussi bien de bricolage que de vêtements et ceci au fin fond de la Siberie.A la différence de certains ,j’ai voulu voir par moi même et non pas à travers l’oeil de médias corrompus mal intentionnés .Les russes sont confiants en leur président car ils estiment qui leur a rendu leur fierté,même chez les opposants,c’est un peuple un peu réservé au départ mais très ouvert quand on les connait mieux.Et ils étaient heureux qu’on vienne les voir.
    Pour reprendre l’article du jour ,je dirais que nous allons dans des zones de grande turbulence et l’europe est en première ligne,dirigée par des gouvernants incapables ,qui se retrouvent dans une situation impossible,économie et finances en chute libre,déliquescence des états et des politiques,aux ordres d’une désastreuse Merkel qui n’a pas les moyens de son ambition,complétement entre les mains d’une oligarchie internationale chapeautée par une cacophonie états Unienne,y a t ‘il un pilote dans l’avion à la maison blanche?j’en doute.Leur politique est totalement absurde même pour eux.Quand on revient de ses pays Chine asie centrale,Russie ,Mongolie,on a une impression d’ une gigantesque pétaudière qui me rappelle la fin de l’empire romain.


  16. Max Le 24 août 2015 à 21h49
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    Personnellement, je j’utiliserai le terme d’érosions continuelles qui années après années ont amenées a la situation d’aujourd’hui pour les USA.
    L’industrie, comme le dit un article du Monde diplomatique est le socle de la puissance.
    Les USA doivent tout a ce constat mais la décision des dirigeants des USA, a la demande de lobbys financiers, de transférer leurs usines en Asie a été une erreur monumentale et est maintenant irrécupérable.
    Ils ont pensés que de la finance frelaté allait compenser et maintenant ils ne peuvent que retarder l’issue……………….. Et cela peut les rendre très dangereux.
    Sur le plan de la puissance militaire.
    En 1939 la France était considéré comme étant six fois plus puissantes que l’armée rouge, on sait ce qu’il est advenu de l’armée française en 1940.
    Egalement, il faut se méfier de sites comme GlobalFirepower.
    Lisez simplement cette analyse ci-dessous.
    http://www.secretdifa3.net/2015/03/24/de-limportance-dignorer-les-classements-des-armees-sur-internet/
    Mais comme souvent le plus grand fourvoyer des USA ce sont leurs décideurs regardons un instant leurs échecs technologiques.
    Les 10 plus grands échec technologiques des USA.
    http://warontherocks.com/2014/12/top-10-failed-defense-programs-of-the-rma-era/
    Auquel il faut rajouter le JSF.
    http://www.atlanticcouncil.org/blogs/defense-industrialist/what-if-there-had-never-been-a-jsf-part-1
    Idem pour le programme spatial et en particulier la Navette de l’espace.
    http://www.forbes.com/sites/carolpinchefsky/2012/04/18/5-horrifying-facts-you-didnt-know-about-the-space-shuttle/

    Les USA ont été les artisans de leurs propres échecs en rendre la Russie ou/et la Chine ne sert a rien.


  17. grondin Le 25 août 2015 à 04h56
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    très beau travail


  18. Alain Le 25 août 2015 à 10h15
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    L’auteur est partiellement dans l’erreur:
    – les interventions militaires sont un succès puisque leur objectif n’est pas de construire des pays démocratisés (comme pour l’Allemagne et le Japon en 1945) mais simplement d’installer le chaos pour affaiblir directement les pays visés et indirectement les concurrents (ex la crise des réfugiés à charge de l’Europe mais pas des USA)
    – si les autres puissances potentielles (il oublie Inde, Brésil, …) ne veulent effectivement pas concurrencer les USA, elles ne cherchent pas seulement le rôle de puissance régionale, elles veulent surtout échapper à l’hégémonisme des USA


  19. chb Le 30 août 2015 à 09h28
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    « Hiver nucléaire » ?
    Cette catastrophe finale tabou pourrait-elle compenser l’autre, j’ai nommé le Réchauffement de la planète qui, à coup de 1° par ci, de 2° par là, promet de griller toute vie sur la moitié du globe ?
    Quel logiciel post-prométhéen envisage un équilibre durable entre ces deux créations funestes, pour que le jeu continue ?


  20. Julien Le 07 septembre 2015 à 20h31
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    sur la diplomatie des USA:
    https://www.youtube.com/watch?v=QHLqaSZPe98


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