Le texte qui suit est issu de l’intervention, quelque peu augmentée, faite aux Rencontres du « Monde Diplomatique » organisées sur le thème « Europe, des choix existentiels », à l’Ecole normale supérieure les 22 et 23 mai 2015.

Un de ces lieux communs que l’éditorialisme prend pour de la pensée profonde se plaît à répéter que nous vivons une époque de constante accélération et que tout va toujours plus vite… Qu’on se rassure, il reste des domaines où l’on procède encore avec une sage lenteur, par exemple à propos de l’euro quand il s’agit de mettre l’une derrière l’autre deux idées conséquentes.

Une ironie qui n’est sans doute pas inadvertante nous soumet la question de savoir si une autre Europe est possible dix ans après un référendum constitutionnel qui nous promettait déjà à sa manière une autre Europe possible — et dont on mettra difficilement au compte du « non » que la promesse n’en ait pas été tenue, puisque ce texte nous est revenu à l’identique sous la forme du Traité de Lisbonne (à quelques déclarations ronflantes près qui n’engageaient que de l’encre sur du papier). Moyennant quoi, il nous a été permis d’expérimenter en vraie grandeur en quoi consistait cette version-là de « l’autre Europe possible ». Il est vrai que les mêmes annoncent la bonne nouvelle de l’Europe sociale depuis 1992 — où l’on aperçoit tout de même que certaines choses continuent de bien prendre leur temps, et que l’autre Europe possible est une longue patience.

Comme toujours avec les patiences, il y a ceux qui ont les moyens d’attendre et ceux qui ne les ont pas. Bourdieu rappelait combien la skholé, le loisir, la position scolastique, et plus généralement la distance d’avec les nécessités matérielles, donnent en partie leur principe caché à la hauteur de vue, à la pensée globale, qui s’admirent elles-mêmes de se voir si capables d’embrasser l’histoire longue, et de se projeter à cent ans — il est bien certain qu’on peut se payer le luxe de contempler des horizons séculaires quand soi-même on ignore tout de l’idée de fin de mois. Aussi ces esprits bien installés, dégagés de toute urgence matérielle, ont-ils le loisir d’envisager les avenirs les plus lointains et de former en chambre des plans grandioses, solutions de papier coupées de tout, pour qui la durée n’est qu’une abstraction : qu’en chemin des générations soient sacrifiées, voire carrément que des peuples crèvent comme c’est le cas en ce moment, ce sont des considérations minuscules au regard de l’Idée majuscule dont ces esprits se font les desservants — en quelque sorte les œufs nécessairement cassés pour faire l’omelette de l’Histoire.

Les prérequis passionnels de la démocratie formelle

En cette époque qui ne corrige le sur-place intellectuel que par les accélérations imaginaires du gouvernement mondial, ou continental, il aura fallu presque deux décennies pour que certains se rendent compte qu’il y avait un problèmeavec l’euro, et qu’ils commencent à le dire — en gros il a fallu la décapilotade à grand spectacle pour que leurs yeux s’écarquillent et que leurs bouches finissent par s’ouvrir. Les voilà maintenant qui, réécrivant l’histoire, enfin surtout la leur, prétendent avoir dès le début lancé de vigoureux avertissements[1], ou bien proposent un nouveau tour de manège institutionnel, cette fois-ci avec un parlement de l’euro, dernière trouvaille en date destinée à nous rendre la monnaie unique enfin démocratique[2] — se peut-il qu’on nous ait menti et qu’elle ne l’ait pas toujours été ?

Le « manifeste pour une union de l’euro » publié début 2014 à l’initiative, entre autres, de Pierre Rosanvallon[3], offre ainsi un concentré des taches aveugles de l’européisme social-démocrate qui, confondant la substance et les attributs, imagine que planter quelque part un nouveau parlement vaut ipso factoconstitution politique de l’euro. Malheureusement il n’en est rien. Encore faut-il pour s’en apercevoir s’être formé une idée tant soit peu profonde de ce qu’est une communauté politique véritable, dont les institutions formelles ne sont que la superstructure. Le mot ici est à comprendre en un sens non-marxiste, pour souligner que le principe fondamental de la démocratie, tel qu’il est mis en œuvre dans les institutions formelles, à savoir la loi de la majorité, ne se soutient pas de lui-même, mais n’est opératoire que sous des conditions de consistance communautaire préalable, dont il faudrait être fou pour les imaginer réunies dans l’Europe d’aujourd’hui.

Est-ce à dire qu’elles ne pourraient jamais l’être ? Evidemment non. Car ce qu’il faut entendre ici par « consistance communautaire » n’a rien à voir avec d’imaginaires propriétés substantielles des peuples — « la nature ne crée pas de nations » rappelle Spinoza dans le Traité théologico-politique. C’est l’histoire qui les crée. Elle a d’ailleurs suffisamment montré sa capacité à former des peuples de peuples — peu ou prou toutes les nations européennes, qui, ex post, semblent parfaitement unitaires à nos regards habitués, ont procédé de ce schéma de composition de l’hétérogène. Il n’y a aucune raison a priori que l’Europe en soit privée. Mais il n’y en a pas davantage qu’elle en jouissenécessairement. Il y a surtout à se poser la question toute prosaïque, mais comme toujours politiquement décisive : quand ? Dans combien de temps ? C’est-à-dire, en l’occurrence, avec quelles difficultés réelles à surmonter ?

C’est qu’il y a en effet des conditions passionnelles de possibilité de la loi majoritaire. Ces conditions demandent qu’il existe entre les membres de la communauté politique un affect d’appartenance, un affect commun suffisamment puissant pour tenir la minorité à la communauté, c’est-à-dire pour éviter que la fraction mise en minorité n’ait aussitôt l’envie de faire sécession pour aller refonder ailleurs sa propre communauté politique[4].

A certains politologues n’ayant visiblement aucune compréhension du fait politique, il faut donc des épisodes maximaux, c’est-à-dire des cas de séparatisme aigu, comme il a failli s’en produire un en Ecosse — un cas spécialement intéressant d’ailleurs puisqu’il est d’un séparatisme moins « identitaire » que « politique » — pour apercevoir, mais généralement trop tard, tous les prérequis invisibles du fonctionnement ordinaire des institutions démocratiques — et ce qu’il en coûte de les ignorer. Ce prérequis passionnel de l’affect commun d’appartenance, seul à même de rendre viable le dissensus démocratique organisé sous la loi majoritaire, est-il satisfait dans le cas de l’Union européenne ? Non. Chez qui fait-il suprêmement défaut ? La Grèce, vers qui tous les regards accusateurs se tournent systématiquement ? L’Espagne qui, Podemos arriverait-il au pouvoir, connaîtrait le même sort ? Non : l’Allemagne. Est-il possible de parler de l’Allemagne ? Non plus[5]. Toute mise en cause de l’Allemagne est aussitôt accueillie aux glapissements de « germanophobie ». Il faut sans doute avouer qu’on trouve assez souvent le pire en cette matière, et qu’il est bien des discours sur l’Allemagne qui sentent le fusil Lebel et la ligne bleu horizon. Mais enfin la mauvaise monnaie intellectuelle ne devrait pas en principe chasser la bonne, ou au moins ne pas restreindre les droits légitimes de l’analyse – et empêcher que soient posées quelques questions. C’est pourtant le cas, si bien que l’accusation de germanophobie est devenue en Europe, spécialement en France, l’asile de la cécité volontaire.

Loi de la majorité et doctrine monétaire : la complication allemande

Il faudra bien pourtant se demander quel sens tant soit peu exigeant peut prendre « autre » dans « une autre Europe », et puis ce qui en hypothèque principalement la possibilité. C’est ici qu’il faudra en venir à l’Allemagne, non pas qu’elle pose des problèmes différents de (presque) tous les autres pays quand il s’agit de la domination du néolibéralisme, mais parce que, à ce problème général, elle donne une complication pour le coup tout à fait singulière.

Or voici : une autre Europe, c’est une Europe démocratique. Et une Europe démocratique, c’est une Europe décidée à vider le Traité de toute sa troisième partie pour rendre tous les contenus de politique publique à la délibération démocratique ordinaire. C’est-à-dire pour les soumettre de nouveau à la loi majoritaire. Cet impératif démocratique frappe de nullité toute discussion sur « l’autre Europe possible » qui contourne les deux questions suivantes : 1) l’Allemagne accepterait-elle que le statut de la banque centrale, la définition de ses missions, les règles de déficit et de dette, le régime de la circulation des capitaux, redeviennent matière ordinaire à délibération parlementaire ?, et 2) l’Allemagne accepterait-elle d’être mise en minorité sur l’un ou l’autre de ces sujets ? On peut bien d’ailleurs, si l’on veut « dégermaniser » le problème et poser la question à la cantonade : on verra bien qui répond quoi, et qui se qualifie, ou se disqualifie, à l’Europe réellement démocratique, seule configuration admissible de l’« autre Europe possible ». En tout cas, l’incapacité d’apporter des oui catégoriques à ces deux questions ramène tout projet d’« euro démocratique » à l’état d’élucubration spectrale — ou bien de cynique mensonge.

Je crois cependant qu’on se trompe, et même de beaucoup, quand on présente l’Allemagne sous les traits d’une agressive volonté de puissance. L’Allemagne est bien plutôt un hegemon à contrecœur, un dominant qui n’avait pas de projet positif de domination et n’a fini par prendre les commandes que sous le coup d’une angoisse fondamentale — mais qui ne détermine pas moins à la brutalité : l’angoisse de voir altérés des principes monétaires qui lui sont plus chers que tout, puisqu’ils sont devenus le cœur symbolique de la reconstruction nationale allemande après-guerre, parce qu’ils ont acquis par là une portée transpartisane et pour ainsi dire méta-politique, et parce que leur sanctuarisation absolue, par voie constitutionnelle, en l’occurrence par l’inscription dans les traités, a été posée comme la contrepartie sine qua non de la participation allemande à la monnaie unique.

Dans ces conditions, imaginer que l’Allemagne pourrait accepter de remettre aux aléas de la loi majoritaire des principes aussi fondamentaux, d’une valeur symbolique aussi élevée à ses propres yeux, n’est pas une anticipation raisonnable, je veux dire propre à un horizon temporel raisonnable, sans doute plus rapproché que celui des esprits scolastiques qui jonglent communément avec l’Histoire Universelle, et ne regardent pas à la dépense en matière de générations sacrifiées.

Gerxit ?

On pourrait même dire davantage : dans la prolifération des « X-xit », ce mot-valise destiné à désigner les candidats à la sortie plus ou moins brutale de la zone euro voire de l’Union elle-même, où on trouve déjà le Grexit (la Grèce), leBrexit (la Grande-Bretagne) et même l’Iberixit (l’Espagne — on ne sait jamais, si Podemos…), une monumentale tache aveugle empêche de voir le sortant potentiel peut-être le plus sérieux : le Gerxit — l’Allemagne.

Car rêvons un peu, et imaginons pour le plaisir « l’autre euro possible ». Aucune de ses dispositions ne figure plus dans le Traité, toutes ont été rendues au parlement de l’euro. Et voici qu’une majorité se forme pour remettre la BCE sous contrôle politique, pour lui assigner mission de soutenir la croissance et l’emploi, voici que les règles budgétaires automatiques sont supprimées au profit d’une pragmatique conjoncturelle, que la question de l’annulation de certaines dettes est posée, enfin qu’il est envisagé de restreindre les marges de manœuvre des marchés pour neutraliser leurs représailles contre une réorientation progressiste de la politique économique. Qui peut croire que l’Allemagne, sans doute d’autres pays avec elle, mais l’Allemagne au premier chef, accepterait cet « autre euro »-là ? Mise en minorité, c’est elle qui partirait au nom de la sauvegarde de ses principes considérés comme des enjeux vitaux. Et « l’autre euro » se ferait sans elle — s’il y a quelque sens à une monnaie unique européenne sans l’Allemagne…

On opposera sans doute que les élites françaises par exemple — qui ne sont donc pas allemandes… — n’en défendent pas moins, et mordicus, les mêmes principes de politique économique, en fait adéquats aux exigences du capital auquel ces élites ont tout cédé. Et c’est vrai ! Mais la Grèce en février, peut-être l’Espagne cet automne, montrent que le miracle d’une réelle alternance politique ne peut jamais être complètement exclu — et avec lui celui d’un projet de réorienter radicalement la politique économique. Toutes choses égales par ailleurs, ceci ne se produira pas en Allemagne, pour des raisons qui tiennent à l’ancrage symbolique de la doctrine néolibérale (ordolibérale), ailleurs simplement idéologique, donc en principe susceptible d’être politiquement défaite.

Rien de ceci bien sûr ne signifie que, même à propos de la question monétaire, la société allemande ne soit qu’un bloc. Il n’y a jamais, nulle part, à propos de n’importe quelle question, de monolithisme unanimitaire. Des économistes comme Peter Wahl ou Wolfgang Streeck, et d’autres, ou bien les manifestations au pied de la BCE à Francfort, attestent que la société allemande a sa part de dissensus et de contradictions même quand il s’agit de doctrine monétaire. Mais la question est de savoir où se situe son centre de gravité à ce sujet, quelle est sa consistance, et quelles sont les chances, à horizon raisonnable, de le déplacer significativement.

Si donc l’on cherche les raisons de l’impossibilité d’un autre euro, c’est d’abord de ce côté, du côté du point de plus forte résistance, qu’il faut avoir la lucidité de regarder. Et puis aussi du côté de l’expérience grecque, ou plutôt de ce que l’Union européenne sous principes allemands fait subir à la Grèce. Car nous savons maintenant ce que pèse une crise humanitaire en face d’une orthodoxie monétaire : rien.

>Entre le FN et le bloc eurolibéral,,une symbiose fonctionnelle

Tous les secteurs de la gauche qui se sont accrochés si longtemps à la fable « Un autre euro est possible » devraient trouver dans l’expérience grecque matière à quelques méditations, et peut-être à quelques révisions. Car les quatre premiers mois de Syriza ont confirmé les termes d’une rigoureuse alternative telle qu’elle vaut pour tous : plier ou sortir. Entre la complète résipiscence et l’affranchissement radical, il n’y a pas, il n’y aura pas, de tiers terme.

On cherche alors avec peine à expliquer que la gauche (la vraie) demeure ainsi interdite face au verrou qui frappe d’impossibilité radicale toute politique progressiste. Il y va sans doute des fourvoiements d’un internationalisme aussi louable en principe que mal pensé en réalité — mais il faudrait beaucoup de temps pour s’expliquer complètement sur ce point et, pour ce qui me concerne, j’ai déjà eu l’occasion de le faire ailleurs[6].

Il y va surtout, et en fait de plus en plus, d’une déformation monstrueuse du débat politique qui a conduit à faire de la sortie de l’euro le monopole du Front National, et en fait le stigmate même de l’extrême droite. Que le duopole indifférencié des partis de gouvernement, assisté de tout son appareil médiatique, se complaise dans cet argument ignominieux, la chose n’a rien pour surprendre. Elle est même bien faite pour indiquer le véritable rapport qui a fini par s’établir entre le FN et ce qu’on pourrait appeler le massif eurolibéral (dans lequel, on l’a compris, PS et UMP sont deux composantes de mieux en mieux substituables et en fait tendanciellement identiques). Ce rapport est de symbiose fonctionnelle — évidemment déniée par la comédie de l’intransigeance républicaine[7].

Un rapport de symbiose puisque le bloc eurolibéral se sert du FN comme disqualificateur universel, et renvoie systématiquement à l’extrême droite tout programme économique de rupture, quelle qu’en soit la teneur et quel qu’en soit le porteur. Le FN est ainsi devenu fonctionnellement nécessaire au bloc eurolibéral qui, à bout d’argument, ne peut plus se maintenir qu’à l’aide de l’extrême droite, dont il se sert comme un point d’assimilation auquel renvoyer toute critique économique radicale. Et en effet : comment mieux garantir la normalisation du débat qu’en assimilant toute dissidence à cette référence qui la frappe aussitôt d’indignité ?

Symétriquement, le FN prospère sur l’apparence de différence manifeste d’avec le massif eurolibéral, et ne continue de croître que tant qu’il peut revendiquer cette singularité. Mais le peut-il ? La différence manifeste n’est-elle pas que de l’ordre de l’apparence ? Mis à part son racisme congénital, et en fait constitutionnel, qui restera sans doute sa particularité (en tout cas il faut l’espérer…), on prête au FN de devoir ses succès récents à son inflexion économique en direction des classes populaires, et notamment à sa préemption du thème de l’euro. C’est à ce sujet qu’il faudrait y regarder de plus près.

Le FN, le capital et l’euro

En toute rigueur, le débat sur l’euro a sa parfaite légitimité propre, et n’a aucunement à prendre en considération cette préemption, qui n’est en fait qu’une pollution. En réalité il l’a d’autant moins qu’on peut soutenir que, le FN arriverait-il au pouvoir, il ne ferait pas la sortie de l’euro. En voici la raison : du moment où la perspective de l’arrivée du FN au pouvoir prendrait consistance, le grand capital pactiserait avec lui. Il le ferait sans la moindre hésitation car, l’histoire l’a suffisamment montré, le capital ne se connaît aucun ennemi à droite, et aussi loin qu’on aille à droite.

Il y a là, incidemment, de quoi faire ravaler leur dégueulis à tous ces misérables personnages qui n’ont rien eu de plus pressé que de poser un signe égal entre Front National et Front de gauche — et je le dis avec d’autant plus de liberté que je ne suis pas membre du Front de gauche, et que j’ai même de sérieux désaccords avec sa ligne actuelle. Mais enfin il n’est pas besoin d’être extralucide pour imaginer ce que serait l’attitude du capital face à un Front de gauche aux portes du pouvoir : il y a tout lieu de penser en effet qu’il chercherait moins à pactiser qu’il n’entrerait en mode « guerre », et même « guerre à outrance ». Il y a de quoi être atterré, et prendre la mesure du degré de corruption intellectuelle du débat politique contemporain, de devoir rappeler, contre ce mécanisme d’assimilation-disqualification évoqué à l’instant, l’asymétrie élémentaire, en réalité l’antinomie radicale, entre Front National et Front de gauche, que seuls les tauliers de la symbiose fonctionnelle peuvent avoir la bassesse de nier — misérables stratagèmes, qui signalent en réalité les régimes rendus à toute extrémité.

En tout cas le capital pactisera avec le FN. Et voici quels seront les termes de la transaction : le capital apportera ce qu’il sait apporter de mieux : de l’argent — de l’argent pré-électoral, post-électoral, de l’argent. Et puis aussi de l’assistance technique en prêtant ses cadres les mieux disposés. Mais la contrepartie sera que le FN ne touche pas à l’euro. C’est que l’euro dans sa construction d’ensemble est la plus puissante machine à discipliner le salariat que le capitalisme contemporain ait inventée, et cela, en effet, le capital ne permettra pas qu’on y touche.

Nul doute qu’il obtiendra complète satisfaction, et si l’on ajoute à ça que le « modèle économique » du FN consiste en réalité en une sorte de néo-corporatisme reaganisé essentiellement adressé aux patrons de PME, on mesurera l’imbécillité aussi bien intellectuelle que politique, de créditer le FN d’une posture « anti-système », c’est-à-dire de lui accorder sa principale revendication !, lui qui, parti de l’ordre, ne peut être que le parti du système, c’est-à-dire, autant que le bloc d’en-face, le parti du capitalisme, dont il propose simplement d’en revenir à une forme rétrograde — et il se confirme que les promesses de changement social faites par le FN aux classes populaires tourneront à la plus cruelle des désillusions.

Ces raisons-là n’étaient nullement nécessaires, mais elles devraient être en principe suffisantes pour déchirer le voile de stupéfaction qui, sous la forme du FN, a été jeté sur le débat de l’euro. Elle devrait l’être d’autant plus que s’y ajoute le démenti catégorique apporté par l’expérience grecque. Double démenti en vérité : démenti de la fiction d’une transformation de l’intérieur des institutions de l’euro ; démenti surtout de l’assimilation à l’extrême droite de tout projet de s’affranchir de la camisole ordolibérale et de la monnaie unique.

On dira, précisément, que Tsipras se bat pour rester dans l’euro. Mais d’une part, comme on pouvait en fait l’annoncer avant même son arrivée au pouvoir, ce combat est voué à l’échec[8], et n’admet pour seul alternative au renoncement que la sortie de l’euro. Et, d’autre part, Syriza doit compter avec une forte minorité interne, à laquelle s’ajoute une opposition externe de gauche qui, elles, plaident résolument pour la sortie de l’euro. Et que même l’éditorialisme le plus malhonnête aura du mal à faire passer pour des fourriers du nationalisme xénophobe. La vérité, c’est que cette gauche radicale-là, internationaliste — mais d’un internationalisme réel, et non imaginaire —, décidée à ne pas se laisser intimider, est le seul véritable rempart contre l’extrême droite, la vraie, qui reprendrait sa marche en avant du moment où les eurolibéraux reviendraient au pouvoir à Athènes.

Mais on a beau multiplier les arguments, les cas et les expériences, il y a une forme de cécité ou de tétanie politique inexplicables qui laissent en France la gauche interdite, et incapable de conséquence. Les choses ne vont pas si vite qu’on croit, disais-je en introduction. On peut ne pas être par principe un militant de l’accélérationnisme et malgré tout commencer à trouver qu’il serait temps que ça se bouge un peu maintenant.

Notes

[1] Daniel Cohen, « La crise tient fondamentalement aux vices de la construction de la zone euro », L’Express, 5 juin 2013.

[2] Thomas Piketty, « Il faut donner un parlement à l’euro », Le Monde, 20 mai 2014.

[3] « Manifeste pour une union de l’euro », Le Monde, 17 février 2014.

[4] Lire « Un peuple européen est-il possible ? dans Le Monde diplomatique d’avril 2014.

[5] Voir le dossier du Monde diplomatique de mai 2015, « L’Allemagne, puissance sans désir ».

[6] Lire « Leçons de Grèce à l’usage d’un internationalisme imaginaire (et en vue d’un internationalisme réel) », 6 avril 2015. Voir également La Malfaçon. Monnaie européenne et souveraineté démocratique, Les Liens qui Libèrent, 2014.

[7] Lire Joël Gombin, « Mythologie du front républicain, Le Monde diplomatique, mars 2015.

[8] Lire, sur ce blog, « L’alternative de Syriza : passer sous la table ou la renverser », 19 janvier 2015.

Source : Frédéric Lordon, le 1er juin 2015.

Nous vous proposons cet article afin d'élargir votre champ de réflexion. Cela ne signifie pas forcément que nous approuvions la vision développée ici. Dans tous les cas, notre responsabilité s'arrête aux propos que nous reportons ici. [Lire plus]Nous ne sommes nullement engagés par les propos que l'auteur aurait pu tenir par ailleurs - et encore moins par ceux qu'il pourrait tenir dans le futur. Merci cependant de nous signaler par le formulaire de contact toute information concernant l'auteur qui pourrait nuire à sa réputation. 

100 réponses à Les taches aveugles de « l’autre euro possible », par Frédéric Lordon

Commentaires recommandés

georges dubuis Le 06 juillet 2015 à 01h10

« Il y a là, incidemment, de quoi faire ravaler leur dégueulis à tous ces misérables personnages qui n’ont rien eu de plus pressé que de poser un signe égal entre Front National et Front de gauche… “ »”

Voilà un « dégueulis » qui a de la gueule ! Monsieur LORDON sait être méprisant ; mais le mépris n’est qu’une posture. Je lui suggère d’adopter l’humilité de son maître SPINOZA.

J’aime bien lire Mr LORDON quand il développe dans ses domaines de compétences en philosophie ou en économie

Mais quand il se commet en politique il pénètre dans le champ de l’intime conviction où la culture n’a que peu d’effet, où sous le vernis on découvre l’homme. Et en l’espèce l’homme ne brille pas par sa largesse d’esprit.

C’est ainsi qu’il croit, mordicus, que la Droite c’est la Droite – inutile de développer, c’est méchant ; point final – que l’Extrème Droite c’est à dégueuler – là encore inutile de développer, c’est dans les gènes, le FN ne peut que pactiser avec le grand capital. Ces affirmations péremptoires m’étonneront toujours et me rappellent l’assurance et aussi la morgue de ces militants marxistes d’il y a soixante ans qui avançaient sans rire : « l’avenir nous appartient inéluctablement car nous sommes dans le sens de l’Histoire ! ». Où sont-ils ces malheureux aujourd’hui ?

Encore ces militants avaient-ils une excuse pour justifier leur foi partisane : ils militaient au sein d’un grand parti profondément ancré dans les couches populaires. Mais où est le parti de Mr LORDON, s’il en a un ? Où est le FdG dans mon village ? Où même à la ville voisine ? Une chose est sûre : sans mouvement populaire les chapelles d’ultra-gauche, bien calées souvent dans des postures confortables peuvent déblatérer à l’infini sur, par exemple, le sexe du FN avec la certitude d’avoir un impact nul sur la politique – la vie de la cité – de notre pays. Du blablabla garanti « hors sol ».

Pendant ce temps il y a urgence. La trame du pays se désagrège. Plus d’industrie, plus de travail, plus de vivre ensemble, plus d’école, plus de monnaie, une diplomatie vassalisée et indigne, un corps politique attaché à ses privilèges. Qui ne voit que cette démolition de la nation profite à quelques bobos égoïstes mais surtout au grand capital apatride ? Il n’est plus temps de bavasser sur la Gauche ou sur la Droite. La Patrie est en danger.

Tiens, la PATRIE, un mot que Mr LORDON ne connaît pas ! Tant pis, on se passera de son talent ! La France a connu d’autres malheurs. En 1940, quand le pays était à terre, ce ne sont pas les élites intellectuelles ou politiques qui ont relevé le gant. Non, seulement un petit général (de Droite) un préfet inconnu (plutôt de Gauche) un capitaine par-ci, des communistes par-là et même des royalistes. La Droite, la Gauche, ils s’en foutaient !

  1. Michel Ickx Le 06 juillet 2015 à 00h41
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    « Un de ces lieux communs que l’éditorialisme prend pour de la pensée profonde se plaît à répéter que nous vivons une époque de constante accélération et que tout va toujours plus vite… »

    Petite devinette :
    La fuite en masse des Allemands de l’Est a précédé de peu la chute du mur de Berlin.

    Combien de temps faudra-t-il entre le non massif des Grecs et la chute du mur atlantique?


    • mlchel Le 06 juillet 2015 à 10h40
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      Comment comprendre que goldman sachs ait permis l entree de la grece dans l euro et que quelques annees apres la sortie de la grece va poser un probleme geopolitique majeur aux allies des etats unis ?


      • Renaud 2 Le 06 juillet 2015 à 11h52
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        J’ai l’impression que le but de Goldman Sachs et consorts est de tiers-mondiser l’Europe. Dans le même temps, “ils” vont tout faire pour empêcher un rapprochement de la Grèce avec la Russie. C’est pour cela que j’ai vraiment du mal à croire que la Grèce va quitter l’UE. Il est clair que si cela devait arriver, ce serait un sacré revers pour le bloc atlantiste.


  2. georges dubuis Le 06 juillet 2015 à 01h10
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    « Il y a là, incidemment, de quoi faire ravaler leur dégueulis à tous ces misérables personnages qui n’ont rien eu de plus pressé que de poser un signe égal entre Front National et Front de gauche… “ »”

    Voilà un « dégueulis » qui a de la gueule ! Monsieur LORDON sait être méprisant ; mais le mépris n’est qu’une posture. Je lui suggère d’adopter l’humilité de son maître SPINOZA.

    J’aime bien lire Mr LORDON quand il développe dans ses domaines de compétences en philosophie ou en économie

    Mais quand il se commet en politique il pénètre dans le champ de l’intime conviction où la culture n’a que peu d’effet, où sous le vernis on découvre l’homme. Et en l’espèce l’homme ne brille pas par sa largesse d’esprit.

    C’est ainsi qu’il croit, mordicus, que la Droite c’est la Droite – inutile de développer, c’est méchant ; point final – que l’Extrème Droite c’est à dégueuler – là encore inutile de développer, c’est dans les gènes, le FN ne peut que pactiser avec le grand capital. Ces affirmations péremptoires m’étonneront toujours et me rappellent l’assurance et aussi la morgue de ces militants marxistes d’il y a soixante ans qui avançaient sans rire : « l’avenir nous appartient inéluctablement car nous sommes dans le sens de l’Histoire ! ». Où sont-ils ces malheureux aujourd’hui ?

    Encore ces militants avaient-ils une excuse pour justifier leur foi partisane : ils militaient au sein d’un grand parti profondément ancré dans les couches populaires. Mais où est le parti de Mr LORDON, s’il en a un ? Où est le FdG dans mon village ? Où même à la ville voisine ? Une chose est sûre : sans mouvement populaire les chapelles d’ultra-gauche, bien calées souvent dans des postures confortables peuvent déblatérer à l’infini sur, par exemple, le sexe du FN avec la certitude d’avoir un impact nul sur la politique – la vie de la cité – de notre pays. Du blablabla garanti « hors sol ».

    Pendant ce temps il y a urgence. La trame du pays se désagrège. Plus d’industrie, plus de travail, plus de vivre ensemble, plus d’école, plus de monnaie, une diplomatie vassalisée et indigne, un corps politique attaché à ses privilèges. Qui ne voit que cette démolition de la nation profite à quelques bobos égoïstes mais surtout au grand capital apatride ? Il n’est plus temps de bavasser sur la Gauche ou sur la Droite. La Patrie est en danger.

    Tiens, la PATRIE, un mot que Mr LORDON ne connaît pas ! Tant pis, on se passera de son talent ! La France a connu d’autres malheurs. En 1940, quand le pays était à terre, ce ne sont pas les élites intellectuelles ou politiques qui ont relevé le gant. Non, seulement un petit général (de Droite) un préfet inconnu (plutôt de Gauche) un capitaine par-ci, des communistes par-là et même des royalistes. La Droite, la Gauche, ils s’en foutaient !


    • Dizalch Le 06 juillet 2015 à 06h59
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      En grande partie d’accord avec vous george dubuis, je trouve également que M. Lordon s’égare dans des postures “politiciennes”; En définissant des “camps” plus “valables” que d’autres, il se perd lui même dans les jeux “politiques” actuels et il tisse tout seul les fils avec lesquels les Créanciers aiment à manipuler les Nations; Car, eux, ont bien compris qu’ils n’avaient pas de partis politiques à proprement parlé, mais des “pantins”, qui, si “dociles”, pourraient bénéficier de quelques “faveurs”.
      En somme ce que M. Lordon oubli dans son analyse, en se laissant prendre par ses propres “idéaux politiques”, c’est que, en Grèce, tout comme dans d’autres pays de l’UE, si des partis dits “d’extrême gauche” ont le vent en poupe pour le moment, car œuvrant “véritablement” pour leurs citoyens, les partis d’extrêmes droite (Aube Dorée) n’ont qu’un pas à faire en cas de “trahison” des précédents… Et, étant élus les uns et les autres par les citoyens, ce qu’oubli M. Lordon, c’est que des peuples “asservis/méprisés/utilisés, etc.” ne se décident pas en fonction de “postures bien pensantes”, mais bien en fonction de “qui, à leurs yeux, les défendra réellement”, peu importe “la couleur du parti”… Et donc, si Syriza s’était couché pendant les négociations, il n’aurait pas fallut longtemps pour voir, à la proportionnelle, AD fleurter en tête… car le peuple Grec n’aurait plus cru en personne d’autre…


    • Crapaud Rouge Le 06 juillet 2015 à 12h08
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      @georges dubuis : “ le FN ne peut que pactiser avec le grand capital. Ces affirmations péremptoires (…)” : non, rien de péremptoire. L’extrême-droite a toujours été, (et sera toujours), férocement anti-syndicalistes, ceux-ci étant considérés par elle comme d’infâmes gauchistes, l’ennemi héréditaire. On dirait que vous avez déjà oublié les “expériences” d’extrême-droite en Amérique du Sud par exemple… Dans ces conditions, tout parti d’extrême-droite est pain béni pour le grand capital qui a grand intérêt à voir museler toute opposition interne. On a toujours vu qu’il s’accommodait fort bien de tout régime de droite, et fort mal de tout régime un tantinet rosé. En France, une belle fuite de capitaux a salué l’élection de Mitterrand. Déjà oublié ?


      • alf Le 06 juillet 2015 à 12h38
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        MODERATION: merci de cesser cette polémique totalement hors-sujet.


      • Manu Le 06 juillet 2015 à 13h32
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        Prendre Mitterand comme référence de la gauche, c’est osé…


      • Wilmotte Karim Le 06 juillet 2015 à 22h14
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        Quand les syndicats manifestaient pour les retraites, ils défendaient ” les immigrés ou les fonctionnaires”?

        “C’est fou ce que je peux entendre ou lire comme conneries et je comprends mieux pourquoi mon pays est dans une telle mouise !!!”
        De fait!

        Pour information, selon les études du FMI et de l’OCDE:
        – les pays a taux de syndicalisation élevés ont, à tout chose étant égale par ailleurs, des salaires plus élevés.
        – les pays avec moins d’inégalités/plus d’égalité ont, à toute chose étant égale par ailleurs, des potentiels de croissance plus important.

        On conclura du premier point que les syndicats, en favorisant des salaires et conditions de travail meilleures (ce qui passe par la défense du statut des fonctionnaires et des immigrés, mais on va passer là dessus rapidement), réduisent les inégalités entres les salaires (salaires hauts/salaires bas) et la répartition salaire/capital.

        Bref, ils renforcent l’égalité. Donc, les syndicats favorisent le potentiel de croissance.


    • Eric Le 06 juillet 2015 à 12h24
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      MODERATION: tout simplement parce que cette polémique n’a strictement rien à voir avec le sujet. Le post initial est acceptable et publié, la surenchère défoulatoire derrière NON.


    • bardamus Le 06 juillet 2015 à 13h24
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      “Il définit la gauche et la droite d’une manière très simple et pas aussi naïve que l’axe gentil/méchant que vous semblez lui attribuer. Il dit que la droite c’est ceux qui veulent maitenir le cadre actuel ”

      Bien mais …pourquoi ne le dit il pas clairement ?
      Il faut employer les choses par leur nom on y gagnera en clarté du débat.
      Tout le monde sait que ces mots (droite/gauche) ne veulent plus rien dire et son vidés de leur sens.

      Suggestion : qu’il mette en annexe de son billet un glossaire la terminologie employée, car quand un mot veut dire plusieurs chose, il y aura certainement plusieurs interprétations

      Conclusion:
      1) j’aime bien F.Lordon, j’adhere à ses analyses mais je n’aime pas les ambiguités (comme tout le monde)
      2) Je suis de gauche puisque je suis anti néo liberal
      3) Ensemble combattons les infâmes et ceux qui les protegent
      4) Modération : j’ai le droit dire (comme Alexandre Dumas et JP Chevenement) que le seul president de gauche de la 5eme est le Genéral de Gaulle (cf mon post effacé).

      Merci à vous et …serrez nous les coudes car la bataille sera terrible !


      • TacitusCosinus Le 06 juillet 2015 à 19h20
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        Le sujet est apparement tabou … mais il est très clair là-dessus.

        source : http://www.youtube.com/watch?v=paaA0in8WjQ

        “Il faut employer les choses par leur nom on y gagnera en clarté du débat.”

        Tout à fait, et j’aimerai faire remarquer que l’UNIVOCITE des termes est un marqueur de la pensée rationnelle avec ses définitions, des axiomes, des prémisses, des conclusions, etc… Et que, sans vouloir provoquer les modérateurs (que je remercie au passage, c’est le seul site sur lequel je prends du plaisir à lire les commentaires), ce n’est pas correct de dire que c’est hors-sujet, puisqu’il propose une définition (univoque, on est plus dans l’anathème là), cette définition fait partie de son raisonnement et de son discours.


    • Dizalch Le 06 juillet 2015 à 16h18
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      MODERATION: merci de relire la charte.


    • step Le 06 juillet 2015 à 17h17
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      c’est effectivement un procès d’intention qu’adresse frédéric lordon. Procès qui n’a de valeur que dans la certitude de l’intention, ce qui historiquement est plus complexe qu’il n’y parait.

      Certes l’extrême droite à déjà pactisé, la gauche aussi, voir n’a fait que substituer à une élite économique, une autre issu de leur sérail. Autant dire autant d’alternances qui sont passées loin au dessus de la tête des plus pauvres. Aucun ne doit pavoiser de son passif, je pense ni d’avoir de certitudes sur son camp ou celui de l’autre bord.

      A ce qu’il semble les partenaires “de droite” de syriza sont des alliés à ce jour valables . Mais comme pour l’ANEL, se pose l’accueil par la droite des remontées sociales des temps transitoires… et le chaos plus ou moins accentué qu’il faut endurer pour le laisser s’exprimer. Cela n’a jamais été le fort des mouvements de droite surtout issus de populations attachées à l’ordre (police,armée…) dont la capacité d’écoute et d’empathie est limitée.

      Ceci ne dénie pas certaines qualité à ces personnes. Le FN est un cas plus ambiguë sur ce point, il ne faut pas oublier qu’il n’y a de cela que quelques années il était libéral tatchérien. On peut faire son coming out en politique voire virer sa cuti, mais dans ce cas là il vaut mieux expliquer un tel revirement. Ce que le FN n’a pas fait à ma connaissance publiquement.


      • Wilmotte Karim Le 06 juillet 2015 à 22h31
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        Il se trouve qu’on en a connu aussi un paquet, des ni droite-ni gauche.
        Doriot par exemple.


    • Geslot nicolas Le 07 juillet 2015 à 19h26
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      Il arrive parfois que les gens aux idées méprisables soient méprisés


    • Christian Durante Le 08 juillet 2015 à 11h23
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      Tout à fait d’accord.
      Il serait temps de s’apercevoir et de prendre en compte qu’aujourd’hui les notions de droite et gauche sont largement dépassées. Ce qui importe, ce sont les faits et la façon dont on les appréhende : être pour ou contre la CE, est-ce de droite ou de gauche ? Ne pas vouloir être une colonie américaine, est-ce de droite ou de gauche ? S’insurger contre la novlangue, le totalitarisme mou et le panurgisme idéologique, est-ce de droite ou de gauche ? Etc.
      Beaucoup de temps perdu et je pense qu’il faudrait une redistribution complète de nos “représentants politiques et syndicaux” qui ne représentent plus grand chose : qui vote aujourd’hui pour quelqu’un ? Ne votons-nous pas le plus souvent “contre” ?
      Tirons-en les conséquences.


  3. Gilles Le 06 juillet 2015 à 01h33
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    Il semble que la table ne soit pas loin d’être renversée, et c’est très bien.
    Beaucoup de commentaires prédisant une défaite de Tsipras dans les négociations qui s’annoncent, oublient un peu vite l’option « grexit » qui me semble la plus probable au vu des réactions allemandes .
    A- En cas de grexit forcé par la zone Euro :

    – Les créanciers devraient s’asseoir sur la dette. (défaut total) Pas facile à faire avaler aux électeurs.
    – Les banques feraient faillite et parmi elles, 4 sont d’importance systémique : imaginez le risque pris.
    – Sur le plan géostratégique, la Grèce ne trouvant plus d’aide du coté de L’UE serait obligée de se retourner vers d’autres partenaires et on pense tout de suite à des investissements Chinois et Russes.
    On peut aussi penser que, dés qu’un semblant de reprise serait effectif, une partie des capitaux qui étaient partis, reviendraient en masse .
    Mais la monnaie unique à court ou moyen terme pourrait être en grand danger (attention aux comptes bancaires et autres plans d’assurance vie)

    B- En restant dans la zone Euro, Tsipras pourra t-il :

    – négocier sa dette sur les mêmes bases qui ont profité à l’Allemagne en 1953.
    – imposer un peu plus les hauts revenus, les armateurs et l’église pour préserver les revenus des plus démunis (voir son programme).
    – obtenir des aides à l’investissement venant de l’UE.

    Sachant que les autres pays endettés souhaiteront bénéficier du même traitement. ?


  4. rakosky Le 06 juillet 2015 à 01h52
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    L union européenne a un vrai problème, pas avec Tsipras ou Varouflakis,mais avec le peuple grec à qui plus aucun gouvernement ne pourra imposer de nouvelles mesures d austérité
    Le non grec est un encouragement pour tous les peuples d Europe à en finir avec les Valls et Macron qui sévissent dans tous les pays
    Une défaite pour le Pasok,pour Gabriel le félon qui a enchaîné le SPD.a la politique de Merkel
    En finir avec l union européenne ,cette exigence surgit aujourd hui et il ne sera au pouvoir de personne d empêcher le déferlement qui se prépare
    Bruxelles est la nouvelle Bastille de l Europe et comme toute Bastille,elle peut être prise


    • Wilmotte Karim Le 06 juillet 2015 à 02h24
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      Si Tsipras réussit son pari, il y aura “un peu” d’austérité (et une restructuration de la dette).
      Cfr les propositions de Syriza depuis janvier.


    • bardamus Le 06 juillet 2015 à 11h13
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      Bien vu.

      L’histoire ne se reproduit pas elle bégaye !!! comme dit fort justement F. Asselineau !

      J’avoue que je n’avais jamais pensé à ce symbole de la nouvelle Bastille installée à Bruxelles
      Cette abominable Monarchie Absolue et ses lamentables sujets n’ont que trop duré !

      Qu’ils dégagent !!!! Qu’ils aillent retrouver leur patrie chérie de l’autre côté de l’Atlantique et se prosterner devant leur zuzerain — le Diable en personne !

      Un empire n’a pas d’ami, il n’a que des … vassaux !


  5. jeff Le 06 juillet 2015 à 07h16
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    Penser, c’est dire non. Remarquez que le signe du oui est d’un homme qui s’endort ; au contraire le réveil secoue la tête et dit non. Non à quoi ? Au monde, au tyran, au prêcheur ?
    Alain


    • Alae Le 06 juillet 2015 à 14h16
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      “Penser, c’est dire non “
      Oulah, méfions-nous de ce genre de généralisation. Ce que vous décrivez là, c’est la guerre de tous contre tous de Hobbes avec au bout, l’annihilation de l’espèce humaine.
      La pensée ne peut pas être pure négation. Elle n’est féconde que par la liberté totale de dire oui ou non en se fondant sur des prémisses aussi proches de la réalité que possible. En ce sens, les pires ennemis de la pensée sont le mensonge manipulatoire, l’omission de données, l’alarmisme, le slogan réducteur, le terrorisme intellectuel et l’anathème, tous outils destinés à emporter un oui artificiel qui très, très loin d’un assentiment libre, n’est qu’une capitulation.


  6. Francois Dubreuil Le 06 juillet 2015 à 07h32
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    “mettre la BCE sous contrôle politique, pour lui assigner mission de soutenir la croissance et l’emploi, voici que les règles budgétaires automatiques sont supprimées au profit d’une pragmatique conjoncturelle,

    que la question de l’annulation de certaines dettes est posée, enfin qu’il est envisagé de restreindre les marges de manœuvre des marchés pour neutraliser leurs représailles contre une réorientation progressiste de la politique économique.”

    un peu cours comme programme. Les Etats Unis d’Amérique ont toute la partie 1. Ils ont aussi l’annulation des dettes si on pense aux dispositions concernants les villes et etats et les faillites individuelles .

    est ce que cela rend leur système plus viable ?

    Tout cela reste à coté du problème posé par la dynamique capitaliste même : l’accroissement continu du volume d’endettement, la concentration du capital dans un nombre toujours plus réduits d’entreprises toujours plus grandes et l’autonomisation de ces personnes morales par rapport aux personnes physiques censées les gouverner.

    On ne s’en sortira pas “juste” avec de la macroéconomie. Même un encadrement constitutionnel du crédit ne suffira pas. Il faudra bien s’en prendre aux acteurs qui portent en germe dans leur objet même (la croissance infinie du profit et du Chiffre d’Affaire) la destruction de la démocratie.


  7. Jo Le 06 juillet 2015 à 07h40
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    Le ministre grec des finances démissionne !


    • NLD Le 06 juillet 2015 à 08h32
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      Oui, Varoufakis explique sa décision de démissionner par les pressions des créanciers: “Soon after the announcement of the referendum results, I was made aware of a certain preference by some Eurogroup participants, and assorted ‘partners’, for my… ‘absence’ from its meetings”
      Et maintenant? Pour “plaire” à l’Eurogroupe… et ressouder le peuple grec avec un gouvernement orienté sur une union nationale, le prochain ministre des finances pourrait-il être un politique grec qui a milité pour le oui?!!


      • Homère d'Allore Le 06 juillet 2015 à 09h12
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        Rosine, Tsipras sait ce qu’il fait.

        Il l’a prouvé ces derniers mois. Déjà, Varoufakis avait été “évincé” de la table des négociations tout en restant Ministre des Finances. Mais il avait gardé la haute main sur la temporisation jusqu’aux dates fatidiques.

        Varoufakis va rester à l’Etat major, c’est certain. Doit-il monter au front ? Tsipras a considéré que non.

        Et je pense qu’il connaît les options tactiques de ce combat mieux que nous.


        • Kiwixar Le 06 juillet 2015 à 10h34
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          Je partage votre opinion optimiste. Il peut y avoir 1000 très bonnes raisons positives de cette démission :
          – remplacer Varoufakis par quelqu’un de similaire sur le fond, mais plus dur sur la forme (teigneux)
          – négocier avec les eurocrates n’est peut-être plus la priorité, il y en a peut-être d’autres où Varoufakis est nécessaire (drachme, nationaliser la Banque Centrale, création d’une crypto-monnaie grecque, etc.)
          Les 6 derniers mois ont montré qu’il fallait être d’emblée optimiste sur ce que Tsipras est en train de réaliser.


        • Chris Le 06 juillet 2015 à 13h16
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          J’aimerais pouvoir partager vos certitudes.
          Un Crisonaute a posé cette vidéo avant-hier. Je vous invite à l’écouter et vous comprendrez pourquoi je ne vendrais pas la peau de l’ours avant de l’avoir tué…
          3 juil. 2015 – Pourquoi la Grèce ne quittera jamais l’Euro (Gérard Foucher)
          https://www.youtube.com/watch?v=Mt1Q90Wip3s&app=desktop
          Les 6 dernières minutes sont particulièrement éclairantes. Néanmoins, je conseille d’écouter l’entier.
          Seule certitude : les milieux financiers/NOM tirent les ficelles est le fil rouge de tout le cirque politique que nous connaissons, à l’Est comme à l’Ouest.


          • Carabistouille Le 06 juillet 2015 à 13h45
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            C’est carrément ” ha que Paulo vous dit que pourquoi que la Grèce qu’elle sortira pas de l’euro” en direct du Bar des Halles.
            ça va plus là. 🙁 si maintenant on se met à mettre en lien le premier péquin venu qui donne son avis sur youtube, on en finit plus.
            Quel est l’intérêt, la pertinence la valeur d’un tel lien?


        • Tunk Le 06 juillet 2015 à 13h31
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          Si je comprends le détail stratégique :
          Varoufakis est un dur, (et un Bélier) qui est peu diplomate mais très intelligent. Il a été mis là par Tsipras pour aller au carton des premier mois avec l’Eurogroupe. Objectif : Mettre une pression sur un groupe qui n’en a jamais connu, mais qui, fort de ses certitudes, va tenter d’écraser de tout son poids les Grecs.

          Lorsque cette pression mise par la Grèce sur ses contradicteurs les a mené à perdre leur sang-froid, Tsipras a utilisé le référendum pour les obliger à se révéler. En effet, le référendum à tracer une ligne nette au sol, qui a permis de mettre les uns (NAI) d’un côté, et les autres (OXI) de l’autre. Ainsi, tout européen qui observe se positionne, d’un côté ou de l’autre de cette ligne, et voit quels voisins il a. (Si vous êtes pour le Oui, vous êtes avec les Banksters, sinon, vous êtes avec les Peuples).

          La marmite Eurogroupe étant désormais en surpression, il n’est plus nécessaire de la faire chauffer. De plus, Varoufakis, impulsif et vif, prenait (involontairement je crois) trop de place médiatique. Mais maintenant, c’est le second temps, celui ou la négociation peut avoir un effet notable. L’Eurogroupe SAIT que Tsipras n’est pas un rigolo. Il sait également que toute l’Europe est devenue attentif. Enfin, l’enjeu devient “Démocratie ou Diktat”, et pas juste “Payera ou payera pas”.

          Et pour cela, un autre ministre des finances peut être plus adapté. Et je pense que Syriza (et pas juste Tsipras) l’a bien compris. On peut permettre à l’Eurogroupe de se sauver la face, mais cette fois, il devra lâcher du lest, du vrai, du sérieux. Et enfin, un Varoufexit peut apparaitre comme une concession de Tsipras à l’Eurogroupe, ou en tout cas, un semblant de concession.

          Si l’Eurogroupe malgré cette (fausse) concession, continue de tenir, alors ça risque de péter très fort. Car c’est bien connu, lorsque ça chauffe, la pression monte, et si rien ne permet de l’évacuer …

          Je ne vous fais pas un dessin 🙂


        • Rosine Le 06 juillet 2015 à 14h37
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          Je vous présente mes excuses.

          ” En effet, quand on lit Jacques Sapir tout s’éclaircit. Bon vent donc à Alexis Tsipras, si au final, c’est lui qui souhaite une union nationale, et un nouveau ministre des finances eurosceptique. Tout cela irait donc dans le sens que je souhaite.”

          Merci de toute manière à ce blog qui nous permet avec tous les liens de se documenter, sereinement!


      • bluetonga Le 06 juillet 2015 à 11h41
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        Extrait de sa déclaration :

        “I consider it my duty to help Alexis Tsipras exploit, as he sees fit, the capital that the Greek people granted us through yesterday’s referendum.

        And I shall wear the creditors’ loathing with pride.

        We of the Left know how to act collectively with no care for the privileges of office. I shall support fully Prime Minister Tsipras, the new Minister of Finance, and our government.”

        “Je considère comme étant de mon devoir d’aider Alexis Tsiras à exploiter, de la manière qu’il juge la plus appropriée, le capital que le peuple grec nous a accordé hier au travers du référendum.

        Et je me parerai avec fierté de la répulsion des créditeurs à mon égard.

        Nous, gens de Gauche, savons agir collectivement, sans considération pour les privilèges de la charge. J’accorderai mon soutien total au premier ministre Tsipras, au nouveau ministre des Finances et à notre gouvernement.”

        Ça a de la gueule. Ce sont des mots de soldat, qui se met au service d’une cause plus grande que son intérêt personnel et qui sait se battre en équipe. Ce ne sont pas des mots de reddition, c’est un nouveau défi. Si un jour les peuples doivent vaincre les élites, ce sera en adoptant cette attitude de solidarité et en résistant à la tentation de la corruption. L’avenir jugera.


        • Greco Le 07 juillet 2015 à 02h49
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          Varoufakis n’est pas du tout parti. La preuve est que le nouveau ministre Tsakalotos est son meilleur ami. Le styl change seulement. Tsakalotos est calme mais determiné.
          Chose qui à nos jours est etonnant, c’est est de voir un ministre d’economie dans un pays pratiquement en faillite, avec les banques fermés, circuler sous les apludissements , sans protection policirere!
          https://www.youtube.com/watch?v=mgI5H0Fn8jA


      • Parousnik Le 06 juillet 2015 à 12h10
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        Faut lire l’article de Jacques Sapir au sujet de la démission de Mr Varoufakis remplacé par Mr Tsakalotos… pour peut être comprendre.


        • cryptoman Le 06 juillet 2015 à 12h31
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          Un petit lien vers l’article ne serait pas de refus 😉


          • step Le 06 juillet 2015 à 13h25
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            taper “russeurope” pour atterrir sur le blog du grand jacques.


          • Chris Le 06 juillet 2015 à 13h26
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            6 juil. 2015 – OXI-non
            http://russeurope.hypotheses.org/4056
            “La décision de Yannis Varoufakis de démissionner de son poste de Ministre des Finances a beaucoup étonné. Il est en effet l’un des grands vainqueurs du référendum. Mais cette décision est assez logique.
            Son remplacement par Euclid Tsakalotos va plus loin qu’une simple concession tactique accordée aux « créanciers ». C’est ainsi d’ailleurs que Varoufakis présente d’ailleurs sa démission[7].
            Mais le nouveau ministre pourrait aussi signifier l’arrivée d’un homme plus résolu à une rupture. Tsakalotos ne cache pas qu’il est devenu un « Eurosceptique ». On ne l’a pas pleinement mesuré à Bruxelles, mais Varoufakis était en réalité passionnément attaché à l’Euro et à l’idée européenne. Ce n’est pas le cas de Tsakalotos. Ceci pourrait avoir des conséquences importantes dans les prochains jours.


            • step Le 06 juillet 2015 à 17h23
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              elle a une drôle de gueule la concession !


  8. DUGUESCLIN Le 06 juillet 2015 à 08h51
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    Ce qui est important c’est d’avoir la capacité de se rassembler derrière des idées et de conserver sa liberté de choisir.
    Si mon voisin, que je ne peux pas saquer, à une bonne idée, je ne vais pas la rejeter uniquement parce que je le méprise et que ses idées, par conséquent, ne peuvent être que méprisables.

    Il arrive que l’on soit pousser à voter contre des idées que nous soutenons uniquement pour faire chuter un parti “ennemi”. Finalement nous finissons par être perdant dans cette guerre de clans enfermés dans une idéologie mécanique épidermique au détriment des idées.
    Mais sommes-nous capables d’en finir avec cette mécanique destructrice d’une soit disant droite ou une soit disant gauche qui fait que nous finissons par donner le pouvoir à ceux qui mènent une politique dont on ne veut pas.
    Nous reprochons aux atlantistes de désigner les bons et les méchants, de nous indiquer le camp du bien et le camp du mal, ceux qu’il faut abattre et ceux qu’il faut soutenir et nous perdons notre libre arbitre alors évitons le entre nous.
    Je n’ai pas besoin de Lordon pour faire mon choix.


  9. sergeat Le 06 juillet 2015 à 09h07
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    La Grèce par ce vote historique montre que le droit des peuples ne peut être piétiné par l oligarchie hors sol.La Grèce va s’en sortir glucksmann junior et bhl n étaient pas à Athene.


  10. Patrick Luder Le 06 juillet 2015 à 09h17
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    Une gestion GLOBALE” s’apparente toujours à un DICTAT… Il serait enfin temps de constater la gabegie et l’échec complet de la mondialisation à tous niveaux, !!!

    Une humanité responsable ne peut qu’être gérée collectivement et localement (à l’échelle d’une région), même s’il faut débattre de certains sujets à plus large échelle.


  11. Renaud 2 Le 06 juillet 2015 à 09h29
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    Ce référendum sauve la tête de Tsipras. Ce serait quand même gros, un “regime change” juste après un plébiscite de la population. Belle manoeuvre donc.
    Maintenant, j’ai peur que l’accord qui va être signé soit encore insuffisant pour rendre sa dignité au peuple grec (quelques concessions de l’Eurogroupe, mais pas suffisamment pour annuler complètement la dette odieuse et relancer l’économie grecque).
    Reste à espérer que les autres peuples européens ouvrent les yeux sur l’aspect complètement anti-démocratique de la Commission Européenne, la BCE et le FMI (et de la Banque Mondiale pour le reste du monde), mais des décennies de propagande sont dures à éliminer, surtout quand on vit encore avec l’impression que “ça ne va pas trop mal pour moi pour l’instant”.


    • chris Le 06 juillet 2015 à 09h51
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      Je dirais que pour moi ça va pas mal du tout, cependant je suis prêt à sacrifier mon confort pour plus de liberté. Je ne suis pas prêt à me serrer la ceinture pour renflouer les banques, par contre je suis prêt à sucer des cailloux si il s’agit de rendre sa dignité à la France et au peuple. Ce qui n’est pas le cas aujourd’hui, on va plutôt dans le sens de serrer la ceinture pour renflouer l’oligarchie.


  12. Macarel Le 06 juillet 2015 à 09h29
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    Désormais en Europe, c’est eurocrates contre démocrates.
    Technocratie au service de la finance, contre souveraineté populaire.


  13. Renaud Le 06 juillet 2015 à 09h33
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    À peine le référendum grec s’est -il exprimé par le NON clair et net que, immédiatement, Hollande et Merkel doivent se rencontrer…Foin de ce couple de bras cassés franco-allemand contre nature, donc forcé, forcé par quoi ou qui d’ailleurs? De même le personnel en place “dirigeant” ces deux pays (je parle surtout s’agissant de la France) est arrivé à ces postes là par toute une série de labyrinthes, de compromission, de mensonges, de pressions médiatiques sur les opinions maintenues dans la confusion, bref des dirigeants au services d’intérêts qui ne son pas ceux des peuples et des sociétés, mais des marchés et des plus gros actionnaires formant une coterie ploutocratique prédatrice, etc, soit tout l’inverse des ânonnements politiques pseudos démocratiques etc. Cette politique européenne est frelatée de part en part. Les nations constituées au fil du temps doivent, selon l’ “Europe”, former une seule nation… Vouloir homogénéiser un ensemble hétérogène est déjà, à la base, une erreur purement physique. L’homogénéisation forcée (exemple : cet euro de malheur) ne fait qu’exacerber les hétérogénéités qui ont parfaitement raisons de vouloir se développer pour ce qu’elles sont, avec leurs – qualités et leurs spécificités propres – contre une homogénéisation étouffante et pathogène. Les relations bilatérales et multilatérales des pays suffisent largement. Toutes les coopérations industrielles intra-européennes et avec le monde entier, et il y en a beaucoup fonctionnent suffisamment bien pour ne pas avoir à faire à une structure superféta


    • téléphobe Le 06 juillet 2015 à 18h21
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      Vous vouliez dire “superfétafoutoire”, j’imagine ;o)


    • ulule Le 06 juillet 2015 à 19h27
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      Vive la bio-diversité !


    • lon Le 06 juillet 2015 à 19h51
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      le couple franco-allemand…ça me fait penser à ces couples qui tiennent encore parce qu’aucun des 2 partenaires ne veut être le premier à prendre l’initiative du divorce de peur de perdre sa part de patrimoine .


  14. chris Le 06 juillet 2015 à 09h34
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    Ce qui est incroyable dans cette histoire c’est qu’ils ont même trafiqué les sondages pour influencer le vote grec ! 20 points d’écart c’est pas possible une telle erreur.
    Du coup je me pose la question sur tout les sondages qu’on voit en France, je suis certain qu’ils sont trafiqués pour suivre une ligne politique.


    • Tunk Le 06 juillet 2015 à 13h08
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      “incroyable” – excusez moi, je risque d’être dur, mais ce disant, vous semblez avoir été plutôt naïf.

      Les sondages sont une machine à fabriquer de l’opinion, pas l’inverse. Souvenez vous en bien lors de nos prochaines élections – et ne forgez jamais de stratégie de vote sur de telles bases.

      (Le nombre de gens qui me disent “mais non regarde, tel parti est trop bas, ça sert à rien que je vote pour eux”…. ou alors “regarde tel parti est trop haut, il faut se regrouper sur un autre parti haut dans les sondages pour le bloquer”…)

      Pour ma part, je vote qu’avec le cœur (ET en lisant les programmes), parce que je sais qu’avec la tête, j’ai pas les éléments pertinents pour décider.

      Autrement dit, la faisabilité, le réalisme, etc. C’est pas à moi d’en juger.

      Et bordel, j’ai encore digressé.


    • ulule Le 06 juillet 2015 à 20h23
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      Jacques Sapir : “Des sondages et des votes”
      “On peut ainsi parler d’un véritable « raz de marée », que visiblement les sondeurs n’avaient su, ou voulu, voir venir.
      L’erreur des sondeurs peut avoir plusieurs explications…
      http://russeurope.hypotheses.org/4061

      Manos Giakoumis ‏@ManosGiakoumis
      (Head analyst at the economic and political analysis website Macropolis) (@MacroPolis_gr). All views my own
      18-24: 85%
      25-34: 72.3%
      35-44: 67.4%
      45-54: 69.2%
      55-64: 59.4%
      65+: 44.9%
      (via @publicissue) #Greece


    • Barbier Le 08 juillet 2015 à 18h44
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      Ce qui est le plus drôle , c’est que cela fait un certain nombre de fois que les sondages se trompent et pas qu’un peu…Pour ce réferendum, çà allait du coude à coude à 43% pour le oui contre 42% pour le non.

      19 points d’écart pour le non dans la réalité.

      Ben c’est pas grave , aux prochaines élections françaises , on va y avoir droit de nouveau…
      Quant aux coûts pour la collectivité de l’amoncellement de ces sondages , je vous dis pas…:o)

      Coté article de sieur Lordon, la connivence active ou passive du capital et de l’extrême-droite a souvent eu lieu . En 36 avec le Front Populaire , c’était plutôt Hitler que les cocos chez certains dirigeants et militaires français .

      Au Chili, avec ce pauvre Allende …Ben oui , nationaliser les mines de cuivre, fallait pas…
      Et dans tous les pays d’Amérique du sud ,où les descendants des peuples autochtones essayent un peu de se faire une place au soleil…
      Ben non, les descendants des conquistadores ont quasiment tout accaparé à l’époque et donc font tout ce qu’ils peuvent pour que rien ne change. (junte militaire, escadrons de la mort)


  15. Renaud Le 06 juillet 2015 à 09h41
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    Mon précédent message, sauf étourderie de ma part, est apparemment parti tout seul sans relecture, je m’en excuse. Je termine simplement en disant que le “couple” franco-allemand dont on nous aura rebattu les oreilles des décennies durant est simplement et essentiellement un couple d’équilibre et sûrement pas un couple d’union. Les dirigeants français sont des chiffes molles qui ne font que faire le jeu de ceux qui édifient des tours de Babel mondialisées pour le malheur de tous alors que nous avons tous les moyen potentiels qu’il en soit différemment pour la créativité et de développement harmonieux du tous.


  16. Andrea Le 06 juillet 2015 à 10h50
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    Lordon dit avec des mots compliqués ce que je dis depuis des années: l’UMPS (maintenant RPS) a besoin du FN comme défouloir pour le vote des mécontents, empechant ainsi une opposition viable à la domination RPS.

    Lordon: “En réalité il l’a d’autant moins qu’on peut soutenir que, le FN arriverait-il au pouvoir, il ne ferait pas la sortie de l’euro. En voici la raison : du moment où la perspective de l’arrivée du FN au pouvoir prendrait consistance, le grand capital pactiserait avec lui.” Peut-être, ou même probablement.

    Mais amha l’attitude du FN est ‘wait and see,’ le temps qu’ils arrivent qqpart, le temps que l’Eurozone change (perd des membres?), que l’opinion change, que l’Euro crashe, etc. Anti-Euro, c’est une carte éléctorale parmi d’autres, ca colle avec le nationalisme, la souveraineté des peuples, la France au Francais, la domination de l’UE, le manque d’indépendance, etc. Ce que Lordon ne dit pas c’est qu’être pro-Euro ou silencieux sur la question serait difficile, voire suicidaire, pour le FN.

    Du coté ‘gauche’ il semble difficile ou impossible d’être anti-Euro. On le voit magistralement avec Syriza. C’est beaucoup plus difficile à expliquer, et a effectivement à voir avec la non pertinence de l’axe gauche – droite (voir p. ex. le post en tête.) Personellement, je pense que ‘l’internationalisme socialiste / de gauche / communiste’ ne joue plus, je n’ai jamais entendu cet argument dans la vie de tous les jours. On peut le comprendre, le sentir, de facon vague et implicite – peut-être – dans des propos sur l’Union Européene (unité, solidarité, liens, amitié entre les pays/peuples etc. de l’Europe), mais pas pour l’Euro.


  17. Gribouille Le 06 juillet 2015 à 10h53
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    Sur France Culture ce matin, on faisait ses choux gras des commentaires de Jean-Claude Trichet sur la Grèce qui ne trouve pas trop normal qu’un pays puisse décider tout seul de se désolidariser des autres pays européens.
    Ce genre de décision ne devrait être prise que par l’ensemble des pays européens, et non par le peuple d’un seul pays selon Trichet. Et pour donner un semblant démocratique, quoi de mieux que le vote du parlement européen pour régler ces questions à l’avenir!
    Effectivement, quoi de mieux que nos représentants politiques élus au parlement pour parler en notre nom à tous comme au moment du Traité de Lisbonne. L’Europe est une grande famille où le petit pays doit fermer sa gueule quand on décide contre ses intérêts, en quelque sorte.
    Elle est belle la démocratie vue par des Eurocrates. On peut dire sans exagérer qu’avec eux la démocratie est moins que représentative, elle est devenue symbolique.


    • Emmanuel Le 06 juillet 2015 à 14h57
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      Pendant que nous y sommes, n’oublions pas que ce référendum ne correspondait pas au standard européen en la matière (un bulletin oui et un autre blanc auraient amplement suffit). Décidément, ils osent tout, ces eurocrates, faut-il encore s’étonner de quelque chose ?

      Mais ce qui m’amuse le plus c’est que désormais des gouvernants de plusieurs pays, Allemagne en tête, commencent à demander clairement aux Grecs de quitter la zone euro. Il y a 48 heures c’était rigoureusement interdit à cause des traités, maintenant c’est vivement recommandé.


  18. JOUFFF Le 06 juillet 2015 à 11h56
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    Mr Trichet sur L.C.I a rappelé que c’est la Grèce qui demande de l’aide.
    Curieusement tous les commentaires supposent qu’elle serait en mesure de dicter ses conditions pour obtenir un nouveau paquet de milliards.
    Monsieur TSIPRAS qui se réclame de la gauche devrait prendre les mesures nécessaires pour obliger les riches de son pays à rapatrier les 300 milliards d’euros déposés en Suisse et à l’ensemble de la population de payer les impôts et les charges sociales.
    Ce serait la preuve qu’il se donne les moyens de redresser effectivement l’économie de son pays, car déverser des milliards supplémentaires dans ce tonneau des Danaïdes ne fera qu’accroître une dette déjà impossible à rembourser.


    • Carabistouille Le 06 juillet 2015 à 12h22
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      Vous êtes mal informé. La Troika entend interdire à Tsipras de prendre à ses riches. Au prétexte que ça ferait fuir l”investissement. La troika exige le sacrifice des seuls pauvres.


      • JOUFFF Le 06 juillet 2015 à 12h32
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        D’où proviennent vos informations à propos de cette interdiction ?
        Il me semble que la lutte contre la fraude et le recouvrement de l’impôt sont des priorités pour les bailleurs de fonds.


        • Carabistouille Le 06 juillet 2015 à 13h16
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          D’où viennent vos infos pour prétendre ça?
          Parce qu’au contraire, FMI, Commission et BCE ont critiqué la proposition Grecque en reprochant qu’elle faisait la part belle aux impots et pas assez à la baisse des “charges”.
          Et oui mon vieux, faut vous renseigner avant de raconter n’importe quoi.


        • Tunk Le 06 juillet 2015 à 13h49
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          http://www.marianne.net/troika-corrige-copie-grece-pas-ses-propres-erreurs-100234826.html

          Le document des propositions est disponible sur ce site. Si vous lisez l’anglais, vous pouvez analyser vous même les propositions. Gardez en tête qu’un an avant, les pensions de retraites Grecques ont déjà été diminuée, ainsi que le nombre de fonctionnaires, et que de nombreuses privatisations ont été lancées (que Tsipras ne remettra pas en question).

          Il faut aussi noter que le FMI lui même veut réduire la dette grecque :
          http://www.lefigaro.fr/flash-eco/2015/07/03/97002-20150703FILWWW00363-grece-les-europeens-ont-cherche-a-bloquer-le-rapport-du-fmi.php

          Donc que cette volonté de Syriza n’est pas juste un délire de feignants hippie communistes révolutionnaires.


      • Emmanuel Le 06 juillet 2015 à 15h07
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        Mais elle a raison cette troïka, les investissements étrangers en Grèce n’ont été multipliés que par huit (et même un peu moins, en vérité) entre 2010 et 2013. Le jour où les pauvres seront dignes de l’économie de leur pays et daigneront investir au capital des entreprises, là oui on en pourra les exempter un peu.
        Cf. article de Liliane Held-Khawam sur le site des éconoclastes http://leseconoclastes.fr/2015/07/il-ny-aura-pas-de-grexit/


    • bluetonga Le 06 juillet 2015 à 12h30
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      Alexandre Tsipras s’est expliqué sur ce thème auprès du lectorat allemand:

      http://www.24hgold.com/francais/actualite-or-argent-la-lettre-ouverte–d-alexis-tsipras-aux-citoyens-allemands-sur-ce-qu-on-ne-leur-a-jamais-dit-sur-la-dette-grecque.aspx?article=6325773958H11690&redirect=false&contributor=Mish.

      et voici un extrait qui devrait vous rassurer en partie quant à la perméabilité du tonneau des Danaïdes :

      “Notre parti, et moi-même, nous nous sommes opposés à l’accord de prêt de mai 2010, non pas parce que l’Allemagne et nos autres partenaires ne nous ont pas donné assez d’argent, mais parce que vous nous avez donné beaucoup plus d’argent que ce qu’il fallait et que nous pouvions accepter. De l’argent qui par ailleurs ne pouvait ni aider le peuple grec puisqu’il disparaissait aussitôt dans le trou noir du service de la dette ni arrêter l’alourdissement continu de celle-ci, obligeant de la sorte nos partenaires prolonger ce fardeau à perpétuité aux frais des citoyens.”

      Je pense qu’il est grand temps de comprendre que les Grecs ne sont pas ces mendiants fantasmés qui tendent éternellement leur sébile pour aller s’acheter un autre litron de gros rouge, mais que pour l’instant ils disent en substance : payer nos dettes, d’accord, dans la mesure où c’est possible, et pas à n’importe quel prix (non pour buter nos retraités et nos bouches inutiles). Sinon, pas de remboursement. Alors en fait, monsieur Trichet, la donne est plutôt : pas de bras, pas de chocolat. Vous ne voulez pas admettre notre point de vue, nous nous réservons la possibilité d’ignorer le vôtre. De toute façon, vous nous étranglez, qu’avons nous à perdre? Et vous, qu’avez vous à perdre? Et si par hasard, c’est beaucoup plus que nous, alors, un changement de ton serait le bienvenu. Les gros yeux et le gros doigt, ça ne marche plus.

      Et quant à tous ceux qui avaient cyniquement prêté à un insolvable, en espérant rafler la mise quand même, puis qui voyant venir la catastrophe, ont encore plus cyniquement refilé leurs pertes aux peuples européens, et bien voyons… Qu’est-ce qu’on pourrait donc leur souhaiter?


    • Dellac Le 06 juillet 2015 à 12h45
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      Pour rapatrier les 300 milliards il doit pouvoir compter sur la coopérations de ses “partenaires “donneurs de leçons et accessoirement organisateurs de fraude fiscale.(Luxleaks)


  19. Alae Le 06 juillet 2015 à 12h40
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    « la nature ne crée pas de nations » rappelle Spinoza”
    Justement si. Elle y passe même son temps. Les fourmis travaillent pour leur fourmilière, les gazelles, les éléphants vivent en horde dans leur coin de savane, les lionnes chassent en groupe sur un territoire donné, les animaux en général marquent leur territoire et les hommes se sont constitués en tribus, chacune sur ses terres, depuis les débuts de l’humanité.
    Dès le passage à l’agriculture du néolithique, les hommes ont défendu, y compris par les armes, les lopins de terre dont ils tiraient leur subsistance contre les animaux, les voisins et les pillards. Plus tard, les Romains ont même divinisé les bornes qui marquaient les limites des champs de chacun pour s’assurer qu’aucun voisin indélicat ne les déplacerait, une idée que leurs flamines et augures ont rapidement étendu, symboliquement, aux frontières du pays. Ce qui n’empêchait pas les voisins, chacun étant assuré de la protection de son champ, de procéder ensemble, en bonne harmonie, aux cérémonies de la divinité des bornes et d’entonner ses hymnes en chœur…
    De ce besoin de protéger l’étendue de terre dont on vit et d’assurer l’avenir du groupe (famille étendue, tribu, village, puis ville et pays) est né l’idée de nation ou de patrie. Rien de plus naturel, donc.
    Ce qu’il faut promouvoir, ce sont des principes unificateurs supra-nationaux garantissant une bonne entente entre les peuples, pas un internationalisme artificiel.
    Le fric (par exemple l’euro) ne peut en aucun cas être chargé de cette responsabilité parce que par essence, étant intimement lié à un pouvoir matériel inégalitaire, il crée des conflits et des divisions. Partant, pour “unifier”, il ne peut que recourir à la loi du plus fort. Le pouvoir donné au pognon, à la quantité pure inégalement divisée, débouche forcément sur le règne d’Al Capone, des banques ou de Mussolini. “Le riche tient la loi dans sa bourse” (Rousseau).
    Il faudrait aller chercher du côté d’idées et de principes éthiques universels sur lesquels, à moins de narcissisme malsain, tout le monde tombe d’accord, par exemple la protection collective des plus faibles, cette “common decency” qu’Orwell avait décrite comme une caractéristique fondamentale du peuple. Et, au fait, c’est précisément cette “common decency” qui a remporté une si belle victoire hier en Grèce.


    • Wilmotte Karim Le 06 juillet 2015 à 14h21
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      Tellement naturelle que la nation n’existait pas à l’époque Romaine.
      La nation, c’est ce truc “naturel” créé sur le tard.

      Et largement construit par les états.


      • Emmanuel Le 06 juillet 2015 à 15h10
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        Quand on confond fourmilière et nation, faut-il vraiment répondre ?


        • Alae Le 06 juillet 2015 à 17h10
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          Pardon, mais c’est vous qui n’arrivez pas à sortir du cadre étroit de la définition actuelle de la nation pour remonter aux origines du concept, qui est tout bêtement celui, naturel, du territoire délimité.
          Après, quand on réduit avec autant de mauvaise foi mes propos aux fourmis de ma première phrase, comment s’étonner ?
          On en sera réduits à ces arguments à l’emporte-pièce tant que la gauche libérale kollabo continuera à prétendre que la notion de patrie est “de droite” alors qu’il n’en est rien.
          “Patria o Muerte”, “la patrie ou la mort” – Che Guévara.


          • Wilmotte Karim Le 06 juillet 2015 à 18h34
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            La Patrie est de gauche depuis longtemps.
            La Nation n’en est pas moins une création récente.


            • téléphobe Le 06 juillet 2015 à 22h27
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              On croit rêver !!!

              Définition de patrie :
              Du latin patria (« terre des aïeux ») dérivé de pater (« père »).
              La terre des ancêtres, le pays où l’on est né, la nation dont on fait partie, la société politique dont on est membre.
              Conclusion : quand on parlait le latin on n’était pas forcément de “gauche” autant que je sache et c’est plutôt gauche et pas très adroit de penser le contraire ;o)


            • Wilmotte Karim Le 06 juillet 2015 à 22h36
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              Non, mais 1789, pour moi, c’est longtemps.
              (même si cela reste récent par ailleurs).


      • lon Le 06 juillet 2015 à 19h57
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        arrêtez de couper les cheveux en 4 , vous savez très bien de quoi Alae veut parler .


    • lon Le 06 juillet 2015 à 20h10
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      Tout à fait d’accord, et d’ailleurs je pense que le grand échec du projet européen a été son incapacité à susciter un nationalisme européen .
      C’est sympa de vouloir dépasser les vieux nationalismes ( source de toutes les guerres bla bla bla ) et pourquoi pas de liquider les vieux états nations en Europe, le problème est que la nature a horreur du vide . Alors ces états nations on les remplace avec quoi ? La concurrence libre et non faussée ? Le traité nord atlantique ? Le projet européen comme idée humaniste universelle ?
      Qui c’est qui a envie de mourir pour ça ?
      La plupart des êtres humains ont besoin de s’identifier à une communauté , un espace géographique, des valeurs spirituelles . Allez voir les enfants portugais ” de 2ème génération ” c’est à dire nés et éduqués au Luxembourg : vous pensez qu’ils sont ” européens” ? Que nenni, ils sont encore plus luxembourgeois que les ” natives “


  20. passerby Le 06 juillet 2015 à 12h42
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    Un petit sommaire. Donc déjà établi:
    – L’Ukraine montre les limites de “l’élargissement à l’est” de l’UE
    – Les sanctions contre la Russie montre les limites de la puissance économique de l’UE.
    – La Grèce, montre les limites à la politique d’austérité et le “Consensus de Washington”.
    – le référendum du royaume-Uni montre les limites à l’intégration au sein de l’UE.
    Toujours a voir:
    – en Autriche, un référendum a demandé un débat parlementaire à propos de la sortie de l’UE.
    – le futur traité PTCI avec les états-unis nous laisse sans défense contre les multinationales.


  21. Chris Le 06 juillet 2015 à 13h06
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    Perso, je suis très dérangée et agacée que le FdG bavasse sur une 6ème constitution alors qu’il y a une fenêtre qui s’ouvre, qui est ouverte, sur une réactualisation propice de l’idéologie communiste version 2015, c’est-à-dire dans un contexte de néolibéralisme pur et dur qui renvoie l’Europe au rang de pays émergents !
    Peut-être est-ce cela que les peuples veulent ?
    J’en doute si j’en juge la part croissante que prennent les partis anti-européens/européistes qui ont compris que nous finirions broyés par la machine de guerre socio-économique aux profit d’intérêts privés (délocalisations, ponctions des banques racketeuses, nivellement des salaires et sécurité sociale, TAFTA-TISA), comme sécuritaire (OTAN, lois liberticides) rôle assumé par une Union Européenne à l’architecture dictatoriale.
    Je ne suis pas communiste, mais pour le bien-respect de chacun…


    • Kiwixar Le 06 juillet 2015 à 14h07
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      La 5e République est un danger pour les eurotalibans, puisqu’elle permet la venue au pouvoir d’un président homme-providentiel venu de quasi nulle part (style Tsipras / Sapir) et qui foutrait en l’air tous leurs plans d’Internationale Financière et de servage inextricable. La 6e République du FdG est sans doute sur un modèle foireux permettant “plus de démocratie”, c’est-à-dire un contrôle parfait par Bruxelles, sans plus aucune possibilité d’en sortir.

      Il ne faut pas juger le FdG et Mélenchon sur les jolies paroles, mais sur leurs actes (prêts à toutes les compromissions avec le Parti Solférinien pour un strapontin électoral). Ce n’est pas d’eux que viendra la solution, hélas.


      • Homère d'Allore Le 06 juillet 2015 à 20h29
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        Entièrement d’accord, Kiwixar. Ces débats sur la Sixième République sont stupides. La Cinquième est très bien mais il faudrait revenir au septennat.

        Et puis j’avoue, j’aime bien l’article 16… Tous les problèmes juridiques sont mis entre parenthèses avec son emploi. Certes, il ne faut pas en abuser mais ça peut servir…


  22. sg Le 06 juillet 2015 à 13h29
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    Un petit récap de toute la propagande anti-grecs et du plan américain en une vidéo de 12.33 minutes (tout y passe: les grecs faignants qui travaillent moins et qui partent plus tot à la retraite sans payer de taxes, les allemands super bosseurs qui gèrent super bien leurs comptes, “a United States of Euro”, etc.):

    The European Debt Crisis Visualized, by Bloomberg Business, 11/02/2014
    https://www.youtube.com/watch?v=C8xAXJx9WJ8


    • Bruno Le 06 juillet 2015 à 15h55
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      Pas d’accord avec vous : cette video est parfaitement OK. Elle dit +95% ou plus de verites.

      Ce qu’elle ne dit pas par contre c’est pour qui roulent les technocrates, les Dr Folamour qui ont mis tout cela en place et qui tentent aujourd’hui de maintenir le systeme coute que coute.


  23. Gribouille Le 06 juillet 2015 à 13h37
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    Le dernier billet de Jacques Sapir
    http://russeurope.hypotheses.org/4056
    où l’on apprend que le nouveau ministre de l’économie, Tsakalatos est un eurosceptique contrairement à Varoufakis qui était pour le maintien de la Grèce dans l’Euro.

    Acrimed pour le plaisir de retrouver nos éditorialistes à la manœuvre
    http://www.acrimed.org/article4715.html


    • V_Parlier Le 06 juillet 2015 à 17h27
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      Remarque intéressante, surtout quand on la recoupe avec ceci: http://www.agoravox.fr/actualites/europe/article/pourquoi-washington-soutient-il-le-169416 (le contenu est plus juste que le titre trop imprécis à mon avis).
      Ca sous entendrait que la raison du départ de Varoufakis n’est peut être pas celle qu’on croit, et que ce serait finalement… une nouvelle pas si mauvaise.


      • aleksandar Le 06 juillet 2015 à 23h45
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        Cet article est un tissus de mensonge.
        Que des insinuations, aucune preuve.
        Du journalisme de caniveau, on dirait du Colombani


  24. Mr K. Le 06 juillet 2015 à 13h57
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    LORDON : “du moment où la perspective de l’arrivée du FN au pouvoir prendrait consistance, le grand capital pactiserait avec lui.”

    Cela semble bien en route. MARINE LE PEN dans les cent personnalités les plus influentes de l’année du magazine Times.

    Le Figaro, journal au combien gauchiste, pose bien la question : «Marine Le Pen au Time? Étonnant pour quelqu’un qui dit rejeter le système!».

    http://www.lefigaro.fr/vox/politique/2015/04/22/31001-20150422ARTFIG00212-marine-le-pen-au-time-etonnant-pour-quelqu-un-qui-dit-rejeter-le-systeme.php

    Cela ressemble furieusement à François HOLLANDE : “Mon ennemi est la finance” qui s’empresse après d’aller rassurer la “City” à Londres…

    Le plus gros problème pour Mme LE PEN n’est pas d’être dans les cent, c’est surtout d’être allée à ce gala…

    Il serait intéressant d’avoir votre avis sur ce déplacement à New-York Mr GEORGES DUBUIS.


  25. dissy Le 06 juillet 2015 à 17h33
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    Alexander Mercouris

    YAROUFAKIS GOES

    Before discussing Yaroufakis’s resignation I want to clarify a widespread misunderstanding about him which has heavily distorted the media commentary about him outside Greece.

    Though Yaroufakis may have appeared to many people over the last few months as the public face of Syriza, that is simply wrong.

    Yaroufakis is by all accounts a brilliant academic economist. However until a short time ago he was not a member of Syriza and I am not sure that he is even a member now.

    Though the media repeatedly calls Yaroufakis a “Marxist” (on the basis of one ill-judged remark) he is no such thing.

    Yaroufakis is a British and US trained Keynesian economist closely aligned with the US Keynesians such as Stiglitz, Krugman, Reich and especially James Galbraith, who is a personal friend. He is also very close to Stuart Holland, a former leading voice within the British Labour Party.

    So far from being a Marxist Yaroufakis is a supporter of more privatisation. He holds Australian citizenship, has strong family connections to the oligarchy (we were classmates in the same school) and his traditional social and political alignments are with the Anglophone world – the Democrats in the US and the Labour Party in Britain.

    Yaroufakis is most definitely not a Syriza insider, he is not personally close to Tsipras and he is not one of the hardliners within Syriza – some of whom actually are Marxists in the classic sense – who regard Yaroufakis with deep mistrust and in some cases even dislike.

    The reality is that behind his abrasive personality Yaroufakis has actually always been a moderate who has wanted to keep Greece within the euro.

    It seems Tsipras trusted him to deliver on Syriza’s election promise of an end to austerity within the euro by explaining to the eurozone leaders as only an economist can why that made economic sense. That is in fact the improbable feat Yaroufakis has tried to pull off as minister ever since he was appointed.

    When it became clear 10 days ago that Yaroufakis could not deliver on this impossible objective, his days as a minister and as a senior member of Tsipras’s team became obviously numbered. The fact that Yaroufakis is also deeply unpopular with the eurozone leadership would for Tsipras simply have been a further plus when the moment came to part with him.

    The key hardliners within Syriza are Panayiotis Lafazanis, a former Communist who is now Greece’s Energy Minister and who is the leader of Syriza’s Left Platform, and Zoe Konstantopoulou, a fiery French trained human rights lawyer who is now Speaker of the Parliament.

    Yaroufakis’s problem is that he is one of those individuals who does not suffer fools gladly and this has made him a host of enemies both within the Eurogroup and within Syriza itself.

    In my opinion he was never a good choice for Finance Minister. He is the sort of person who is best placed as a ministerial adviser – a post he previously held in George Papandreou’s PASOK government. In the event he fell out badly with George Papandreou and I would not be surprised if unwisely he made it a condition of joining Tsipras’s team that he be appointed Finance Minister so as not to repeat that experience again.

    The real hardliners within Syriza – people like Lafazanis and Konstantopoulou – have been greatly strengthened by yesterday’s referendum result. Their position is unaffected by Yaroufakis’s departure and may even have been further strengthened by it.

    None of this unfortunately means that Yaroufakis’s departure is going to harden Syriza’s position.

    Tsipras still appears to think that he can trade his referendum victory for more concessions from the eurozone.

    As to that I am sure Tsipras is wrong. The big question is what he will do when he finally realises it. Will he go with the hardliners and quit the euro or will he back down and split with the hardliners despite the fact that it is now clear that their stance commands majority support? Time is short, the clock is ticking and we should know soon enough.

    Tout ce referendum n’est que du théatre.

    Tout ce scénario est prévu depuis fin 2014.

    Syriza est complice ce qui est un droit,mais ils devraient le dire


    • bluetonga Le 06 juillet 2015 à 21h05
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      Excellent Mercouris, comme toujours.

      Je ne comprend pas votre conclusion, Dissy. Mercouris explique que Varoufakis (Yaroufakis) n’est en rien un ultra de Syriza, n’est certainement pas marxiste, et est plutôt un partisan de l’euro et de l’Europe. Simplement, à titre personnel, il ne supporte pas les cons, et ça le met régulièrement en difficulté là où il passe (dixit Mercouris qui le connaît personnellement depuis l’école). La mission de Varoufakis était de convaincre ses collègues européens de la nécessité absolue et structurelle de modifier les termes du remboursement. Ayant (prévisiblement) échoué, Varoufakis ne présente plus d’intérêt majeur pour la suite de la partie, et est logiquement remplacé. Mercouris estime que Tsipras va de toute façon tenter de convertir la légitimité de Syriza récoltée au travers du référendum en davantage de concessions de la part de la Troika, ce qu’il estime être une grossière erreur d’appréciation, vouée à l’échec.

      Cela n’implique pas que le référendum était une farce, cela implique seulement que Syriza a joué son va tout en réclamant une sanction populaire de ses décisions. Maintenant, ils disposent d’un levier supplémentaire pour négocier, et surtout, pour résister à la pression. Le coup est de toute façon habile, car il positionne clairement la Troika comme une entreprise tyrannique, non-démocratique, qui prétend opprimer un peuple et une nation, ce qui les délégétimise irrémédiablement aux yeux du grand public. Et surtout, il sème les graines de la dissension et de l’agitation au sein même des autres nations endettées de l’Europe, c’est à dire, tout le sud, France et Belgique comprises. Et ça, c’est vraiment le problème majeur pour une union européenne en très nette perte de vitesse, au bord du décrochage économique, et divorçant chaque jour un peu plus de ses concitoyens. Quand chacun voudra renégocier l’austérité et la dette en exigeant des référendums, là, ce sera vraiment chaud boulette pour les eurocrates.


      • georges dubuis Le 06 juillet 2015 à 22h57
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        Tout à fait Bluetonga, dans une société d’impression et de reconnaissance, qui est notre essence, la publicité du possible, du virtuel peut être extrêmement contagieuse, ils se décrédibilisent par toutes leurs manœuvres grossières qui rentrent en résonance à la mesure de leurs très puissants réseaux de communications.
        L’on peut même commencer à les voir se bouffer entre eux pour briller dans l’abstraction, le père Ubu/hubris n’est jamais très loin.


  26. step Le 06 juillet 2015 à 17h34
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    on ne peut pas identifier le rôle de syriza par le biais des réactions des marchés mondiaux :

    1) La Grèce n’a pas la taille requise pour déclencher une panique
    2) Prévoir ? En bourse on réagit. Tant qu’on aura 90% de bull, il n’y aura aucun crash, quelque soit l’état de la réalité.

    Le crash boursier se produira quand les traders auront vent de la réalité. Pour l’instant ils sont devant leurs ordis et la clim fonctionne… donc tout va bien. La bourse n’est pas un instrument d’anticipation.


  27. FifiBrind_acier Le 06 juillet 2015 à 17h39
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    La Grèce emprunte pour rembourser les intérêts de sa dette.
    La France et l’ Allemagne empruntent à o,7 ou o,8%, la Grèce à plus de 10 %.
    Sortir de l’ UE permettrait à la Grèce d’emprunter à sa banque Centrale à 0%, comme la France l’a fait de 1801 aux années 1980. Mais il ne faut pas le répéter…

    https://www.youtube.com/watch?v=4TB85XwzqZk&feature=youtu.be


  28. Gribouille Le 06 juillet 2015 à 17h54
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    Si on pouvait se risquer à quelques réflexions sur la crise actuelle.

    Le non au référendum grec met toutes les parties dans une situation explosive :
    Du coté grec, le gouvernement ne peut plus négocier sans trahir le résultat du scrutin. C’est toute sa légitimité démocratique qui serait en jeu.
    Du coté des créanciers, beaucoup de pays ont expliqué ces derniers mois à leur opinion publique que les Grecs étaient de mauvaise volonté, et qu’ils n’acceptaient pas de mettre en oeuvre les réformes qu’on exige d’elle pour pouvoir un jour les mettre en position de rembourser leur dettes.
    En clair, si vous prenez à témoin vos opinions publiques respectives, vous enfermez vous-même dans une position qui ne vous permet plus de revenir en arrière. Il devient impensable de céder pour l’une ou l’autre des parties. Et nous sommes aujourd’hui dans cette situation.

    Du coté du FMI, nous savons que la dette grecque doit être répudiée pour une grande partie. Nous savons également que les Européens devront mettre en place un nouveau plan de sauvetage. A ceci s’ajoute le fait que le maintien de la Grèce dans la Zone Euro l’empêche de recouvrer sa compétitivité et donc de renouer avec la croissance à cause d’une monnaie sur-évaluée à l’aune des fondamentaux de l’économie. Il y aurait bien la solution d’investissements massifs en Grèce pour mettre l’économie grecque à niveau (ce qui in fine permettrait à la Grèce de rester dans l’UEM). Cependant cette solution supposerait que des acteurs publics et privés agissant de manière non coordonnée, décident unilatéralement, au même moment, et irrationnellement (il est plus rentable d’installer une usine en Roumanie qu’en Grèce), de déverser des milliards d’investissements sur le pays. Et dans les tensions politiques actuelles où l’on annonce que la Grève va revenir à l’âge de pierre, nous sommes au stade du rêve éveillé.

    Ensuite, il y a l’Allemagne, qui n’a pas une grande envie de son coté de voir émerger une Europe fédérale qui serait une Europe de Transfert dans laquelle, elles déverserait des dizaines de milliards chaque année rien que pour maintenir l’UEM à flot. Elle a récupéré les usines de ses voisins et attirés leurs travailleurs qualifiés sur son territoire en laminant l’industrie française notamment. Il est peut être temps de partir avec la caisse avant qu’on lui demande de verser au pot ? N’oublions que l’Allemagne a autant intérêt que la Grèce à sortir de la zone Euro dans ces circonstances. Dès lors faire imploser la monnaie unique par le Grexit serait une façon de mettre en place un plan de sortie sans être tenu pour responsable.

    Enfin, il y a cette naïveté à penser que la sortie de la Grèce de la zone Euro ne créerait pas à terme un phénomène de contagion. Sur ce point, les bras m’en tombent. D’abord, dans une économie financiarisée où les spéculateurs sont à la recherche de paris juteux, il ne faudra pas attendre bien longtemps avant qu’ils lancent leur dévolu sur le prochain maillon faible de la zone Euro (surveiller les taux souverains). Les candidats ne manquent pas. Ensuite, si la Grèce montre une alternative à l’austérité, et qu’elle arrive à renouer avec la croissance après une dévaluation massive, il sera difficile aux gouvernements de résister à la pression de la rue en refusant de sortir.

    Ce sont quelques idées sur le papier ce soir mais j’en conclu que l’implosion de la zone Euro a commencé à se matérialiser sous nos yeux. Le calme des marchés est relativement trompeur. Il suffit simplement que l’information se diffuse et arrive aux cerveaux des décideurs.


    • JOUFFF Le 06 juillet 2015 à 18h27
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      Excellente analyse.
      La seule solution pour les pays en difficultés c’est la sortie de l’Allemagne de l’Euro.
      Elle rétablirai le mark en conséquenece l’euro “club med” serait lourdement dévalué ce qui arrangerait la France , l’Italie, l’Espagne, le Portugal et ben sur la Grèce.


  29. dissy Le 06 juillet 2015 à 18h00
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    On s’oriente vers un IMMENSE SCANDALE en Grèce, qui pourrait éclabousser les autorités européennes…

    DE SOURCE OFFICIELLE, DES PLAINTES VONT SANS DOUTE ÊTRE DÉPOSÉES ET DES SANCTIONS ENVISAGÉES CONTRE DE NOMBREUSES STRUCTURES PRIVÉES QUI ONT POUSSÉ LA PROPAGANDE À SON PAROXYSME, EN ABUSANT DE LA CORRUPTION ET DU MENSONGE, ET EN VIOLANT LES LOIS ET RÈGLEMENTS EN VIGUEUR :

    1 – C’est d’ores-et-déjà certain pour la plupart des chaînes de télévision qui n’ont pas du tout respecté l’égalité de temps d’antenne entre le NON et le OUI (rapport de 1 à 5, voire plus !). Les sanctions pourraient toucher jusqu’à la licence et le droit d’émettre temporairement.

    2 – C’est probable pour Youtube qui a diffusé massivement de la publicité pour le OUI durant le jour de l’élection, avant les vidéos en Grèce.

    3 – C’est possible pour le réseau de téléphonie mobile WIND qui a pratiqué ouvertement la corruption de vote en offrant des avantages à tous ses utilisateurs lui envoyant OUI par SMS.

    4 – Un soutien sera apporté aux salariés violemment menacés par leurs employeurs et contraints d’aller aux rassemblements du OUI. Certains ont été licenciés et s’apprêtent à contre-attaquer.

    5 – Le cas du chef d’état-major des armées sera examiné, car il a brisé son devoir de réserve et de neutralité en appelant publiquement à voter OUI.

    6 – Une enquête est quasi-certaine pour les instituts de sondages qui ont presque tous énormément triché :
    6a – annonçant une nette victoire du OUI en fin de semaine ;
    6b – puis une possible victoire du OUI à l’annonce des premières estimations (pour freiner l’élan des rassemblements spontanés et affaiblir l’impact de l’information dans le monde) avec des fourchettes presque toutes entre 47% et 51% pour le OUI ;
    6c – le résultat final, en réalité, semble proche de 60% ou encore supérieur, ce qui signifie un écart de 20%, voire plus. Il s’agit, par conséquent d’un immense manipulation organisée massivement durant la semaine et jusqu’à ce soir sur laquelle toute la lumière devra être faite.

    Ce soir, le gouvernement donne la priorité à la fête de la victoire et au débat sur les perspectives.
    Mais, dans les prochains jours, ce scandale éclatera très probablement en Grèce, et pourrait éclabousser les autorités européennes.

    Les masquent tombent. Le vent se lève.

    Salut fraternel à vous tou-te-s de la part de la foule athénienne !


    • catherine Balogh Le 06 juillet 2015 à 18h25
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      Dissy,

      La Loi, rien que la Loi.
      ça, c’est nouveau dans l’UE et si ça fait des petits……


  30. catherine Balogh Le 06 juillet 2015 à 18h20
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    Sdonne,

    ben avec ce “non”, du coup, moi, j’y recrois un peu à la démocratie et puis surtout, les soutiens partout à cette expression du peuple.

    Alors, non, il ne s’est pas rien passé.

    Les marchés?ont pas bougé?tant mieux, dès qu’ils bougent, ils tuent.

    Rêver que les gens payés pour défendre nos intérêts fassent leur boulot?
    Exiger, vouliez-vous dire, non?

    “Induire les lecteurs en erreur”, c’est prendre les lecteurs pour des idiots, merci pour nous mais acceptez que je ne partage pas votre point de vue et que j’ai pour les lecteurs de ce blog plus de considération.
    Bien sûr, la modo, c’est toujours frustrant mais bon, soit on accepte, soit on n’écrit pas.Je pense qu’on y est tous passé.
    Heureusement qu’il y a des volontaires pour la faire sinon, nous ne pourrions sans doute pas profiter des nombreux débats souvent enrichissants et des liens.


  31. ulule Le 06 juillet 2015 à 20h16
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    PRESS RELEASE
    6 July 2015 – ELA to Greek banks maintained
    http://www.ecb.europa.eu/press/pr/date/2015/html/pr150706.en.html

    – Emergency liquidity assistance maintained at 26 June 2015 level
    – Haircuts on collateral for ELA adjusted
    – Governing Council closely monitoring situation in financial markets

    The Governing Council of the European Central Bank decided today to maintain the provision of emergency liquidity assistance (ELA) to Greek banks at the level decided on 26 June 2015 after discussing a proposal from the Bank of Greece.

    ELA can only be provided against sufficient collateral.

    The financial situation of the Hellenic Republic has an impact on Greek banks since the collateral they use in ELA relies to a significant extent on government-linked assets.

    In this context, the Governing Council decided today to adjust the haircuts on collateral accepted by the Bank of Greece for ELA.

    The Governing Council is closely monitoring the situation in financial markets and the potential implications for the monetary policy stance and for the balance of risks to price stability in the euro area. The Governing Council is determined to use all the instruments available within its mandate.


  32. ulule Le 06 juillet 2015 à 20h32
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    Commission pour la vérité sur la dette grecque
    Traduction en français du chapitre 7 du rapport préliminaire du 18 juin 2015 : Comment la Troïka et la Grèce ont violé leurs obligations internationales au moment de la conclusion des memoranda et des conventions de prêt ? (Cadtm, 6 juillet)

    La Grèce est responsable en premier lieu des violations décrites au Chapitre 6. Toutefois, dès lors que ces mesures ont été imposées à la Grèce par les différents prêteurs, ces violations engagent également la responsabilité juridique de ces créanciers. Tel est le cas des États membres de la zone euro (les « prêteurs ») signataires de plusieurs instruments protégeant les droits humains, comme le Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels (PIDESC), la Convention internationale des droits de l’enfant (CIDE) et la Charte sociale européenne (CSE). En outre, en participant à ce programme, les institutions européennes (la Commission européenne et la Banque centrale européenne) devaient également prendre en compte les dispositions de la Charte des droits fondamentaux (CDF), le Traité sur l’Union européenne (TUE) et le Traité sur le fonctionnement de l’Union européenne (TFUE). Enfin, le FMI et ses membres ont l’obligation de respecter les droits humains et les libertés fondamentales lorsqu’ils imposent des programmes d’ajustement.

    Aucun de ces acteurs n’a en outre respecté les exigences les plus élémentaires en matière de prévention des atteintes aux droits humains. Que ce soit en amont ou en aval, aucune étude d’impact n’a été conduite alors qu’il s’agit d’exigences juridiques et politiques fondamentales du droit de l’UE et du droit international. De telles exigences prévoient notamment de consulter les personnes susceptibles d’être affectées par ces politiques, un accès à l’information et la transparence quant à l’accès public aux résultats des évaluations

    Concernant la procédure prévue par la Constitution grecque, tant les Protocoles d’accord que les conventions de prêt, qui ont dépouillé la Grèce de la plupart de ses droits souverains, sont des accords internationaux et auraient donc dû être ratifiés par le Parlement hellénique. À ce titre, la Constitution grecque a donc été violée. Par ailleurs, les deux clauses de délégation de pouvoir au Ministre des finances lui permettant de prendre des décrets afin d’appliquer les mesures budgétaires nécessaires pour atteindre les objectifs du programme d’ajustement sont manifestement anticonstitutionnelles.

    Enfin, certaines des clauses stipulées dans les accords entre la Grèce et ses créanciers sont abusives et démontrent que la Grèce a bien été contrainte de renoncer à des pans importants de sa souveraineté. En soumettant ces accords au droit anglais, les créanciers avaient comme objectif implicite de court-circuiter la Constitution grecque et les obligations internationales de la Grèce relatives aux droits humains. Toutefois, dans la mesure où le droit anglais n’inclut ni ne contredit les obligations de la Grèce en matière de droits humains, il ne peut faire valoir sa primauté. De plus, la mauvaise foi avec laquelle les créanciers tentent de court-circuiter la Constitution grecque et les obligations du pays au regard du droit international, ajoutées au caractère déraisonnable des accords, rend ces accords invalides, y compris en application du droit anglais.

    Lire la suite http://cadtm.org/Comment-la-Troika-et-la-Grece-ont


  33. Charlie Bermude Le 06 juillet 2015 à 20h51
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    Là je suis un peu déçu , par sa prestation . Ce que dit Emmanauel Todd sur la structure familiale répandue en Allemagne , c’est entré par une oreille et sortie par l’autre , il n’en voit pas les incidences sociales et économiques qui oppose cette Allemagne au reste de l’Europe . Je le précise dés fois que celà aurait échappé aux lecteurs , cette structure familiale autoritaire et patriarcale à un sens et un but , méme si Todd ne le précise pas çà coule de source : l’accumulation du patrimoine , au dépend si besoin est de la jeunesse et de la reproduction démographique . C ‘est évidemment plus performant au point de vue économique . Historiquement c’est une vue à court terme quand méme faut le souligner . A quoi çà vous sert d’étre riches , perdu dans un océan d’étrangers , qui finissent par vous dominer par le nombre , et où vous avez perdu votre propre culture ? Une telle anomalie anthropologique ne s’explique que par le contact avec d’autres civilisations où les patrimoines étaient encore plus concentrés .
    Celà trouve un écho en France et ailleurs dans des régions confrontées plus tot aux mémes problémes , en France en gros France de Vichy d’ailleurs aussi la plus performante .
    On veut quoi au juste et Lordon il veut quoi ?
    Autre question passée à la trappe , L’euro résulte d’un compromis ( pas seulement mais d’importance ) entre une France qui cherche des changes stables du fait de sa tradition à exporter des capitaux , via de puissantes banques d’affaires , et une Allemagne qui cherche elle avant tout des prix stables du fait de son orientation principalement industrielle . Ces deux objectifs peuvent étre compatibles , mais aussi antagonistes , selon les circonstances , et c’est la cas en ce moment pour la France , pour l’Allemagne aussi mais puisque on y sacrifie par nature la jeunesse et la démographie , en Allemagne c’est pas un pb .


  34. Mr K. Le 06 juillet 2015 à 22h20
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    MODERATION: merci de relire la Charte. Sinon, pour essayer d’avoir un forum de qualité, outre les propos injurieux, illicites, discourtois, diffamatoires qui font l’objet d’une modération immédiate, nous sommes aussi amenés à éliminer les commentaires hors sujet par rapport à l’objet du fil. A moins que ceux-ci ne présentent un intérêt d’information sourcée. Trop souvent, un commentaire hors-sujet, n’est que le prétexte à l’émission d’un avis sans intérêt dans le cadre de cette discussion précise, trop répétitif, limite retape pour un parti, une organisation ou une page mais surtout, au départ de polémiques sans fin et stérile.
    Le post de Dubuis était déjà limite hors-sujet mais nous l’avons laissé car en soi intéressant. Le problème c’est qu’il a suscité un défoulement inadmissible et totalement hors sujet.
    Encore une fois, ce forum n’est ni un dazibao sur lequel on vient lâcher ses humeurs, encore moins le bar des sports.
    C’est à ce prix qu’on pourra faire un forum de qualité qui ne sera pas à la merci des invasifs, des intéressés, des omniprésents et des grandes gueules. Alors effectivement il peut y avoir des erreurs. Mais nobody’s perfect.
    On y passe déjà beaucoup de temps.
    Demandez vous si le post que vous avez publié aurait été bien perçu dans une réunion publique d’Olivier.


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