Parce qu’il n’y a pas que l’Ukraine pour la Propagande…

À ce stade, il me semble urgent de créer une Haute Autorité de l’Intégrité Journalistique, afin de s’assurer que les journaux bénéficiant d’aides publiques significatives (et les autres) s’assurent de diffuser une information équilibrée.

Car « Ce que le XXe siècle a montré, c’est que l’ennemi du pouvoir personnel n’est pas le suffrage universel, mais l’information du suffrage universel. » [Jean-François Revel]

 

Paris, 19 avril 2014 Médiateur du Monde, mediateur@lemonde.fr

Monsieur le médiateur,

Avez-vous conscience que votre quotidien accorde infiniment plus d’importance, en nombre de signes, d’articles, de pages (et de virulence) – examinez vos archives récentes, vous serez surpris du résultat ! –, à « la répression sans états d’âme » (28 mars) des étudiants et opposants vénézuéliens par le gouvernement de Nicolas Maduro qu’à (par exemple) la condamnation à mort, le 24 mars, de 529 partisans de l’ex-président égyptien Mohamed Morsi, pour des violences commises durant l’été 2013 ? C’est pourtant ce que tout lecteur du Monde, même moyennement attentif, peut constater. Curieuse disproportion…

Que votre collaborateur Paulo A. Paranagua mène une croisade personnelle et haineuse contre la gauche latino-américaine – et en particulier celle qui gouverne à Caracas, au terme d’élections reconnues par la communauté internationale – est son droit le plus strict. Qu’il entraîne Le Monde – en témoigne votre éditorial « Les Vénézuéliens dans l’impasse du “chavisme” » (11 mars) – dans sa dérive obsessionnelle participe d’un pic de pollution médiatique particulièrement préoccupant.

Je ne reprendrai pas ici point par point la prose de votre « journaliste », tant il y faudrait de la place et du temps. Elle prête d’ailleurs parfois à sourire quand, par exemple, il présente l’opposant Teodoro Petkoff comme une « figure de la gauche » vénézuélienne : ministre du président néolibéral Rafael Caldera (1994-1999), celui-ci a été à l’époque l’architecte des politiques de privatisation et de démantèlement du système de sécurité sociale ! Sourire encore lorsqu’il s’enprend, régulièrement, aux excellentes relations du Parti des travailleurs (PT) et du pouvoir brésilien avec les gouvernements « socialisants » – rebaptisés par vos soins « populistes » – environnants : si je ne me trompe, ce n’est pas moi, mais bien Le Monde, qui a fait de Luiz Inacio Lula da Silva, en décembre 2009, « l’homme de l’année » (il est vrai qu’à l’époque, il fallait un « bon » chef d’Etat progressiste à opposer à Hugo Chávez, « le méchant ») ! Chávez disparu, la grande Internationale conservatrice peut désormais s’en prendre à la gauche modérée (qui, je le précise, et pas plus que ses homologues se revendiquant du « socialisme du XXIe siècle », n’est exempte de critiques, cela va de soi). Mais le problème n’est pas là… Il réside dans une manipulation grossière de l’information, destinée à transmettre une image désastreuse des pays de la région qui, tout en mettant en œuvre des politiques sociales et en réduisant considérablement la pauvreté, ne se soumettent ni aux dogmes néolibéraux ni aux desiderata des Etats-Unis, de l’Union européenne et de leur excroissance mutuelle, l’OTAN. Il réside, sous couvert de soutien au centre gauche, d’appuyer en sous-main la droite (ce qui, en démocratie, n’a rien de honteux), la droite radicale (ce qui est déjà plus problématique) et même l’extrême droite (ce qui est proprement scandaleux).

Le Venezuela connaît des difficultés économiques réelles – inflation de 56 % (plus de 1000 % en 1996 !, soit dit en passant), insécurité et pénuries (démultipliées par un sabotage économique bien réel lui aussi, bien qu’occulté par votre quotidien). Depuis début février, le président Nicolas Maduro fait face à de violentes manifestations « d’opposants et d’étudiants » « durement réprimées » (vos éditions des 3, 16 et 17 avril, pour ne citer qu’elles). De fait, dans un contexte de violence qui, à l’heure où j’écris, a malheureusement fait quarante et une victimes, on notera que, au 31 mai, la justice vénézuélienne avait déjà ouvert 81 enquêtes concernant les excès des forces de l’ordre – 75 pour mauvais traitements, 2 pour torture et 4 pour assassinats –, dix-sept agents étant détenus. Toutefois, un journaliste professionnel digne de ce nom attirerait également l’attention sur le fait que sept des victimes sont des gardes nationaux (l’équivalent de nos CRS) ou des policiers (la majorité tués par balles) ; que huit des civils décédés ont été atteintspar des tirs de l’opposition, alors qu’ils contestaient, fuyaient ou tentaient de déblayer les barricades ; que six doivent leur mort aux obstacles ou aux fils de fer barbelés tendus dans les rues par les groupes de choc de ce qu’un témoin objectif qualifierait de « guérilla urbaine », etc, etc. Quand le diable se cache dans les détails, mieux vaut évacuer les détails, estime sans doute Paulo A. Paranagua…

Mais vos lecteurs sont trompés.

« Aucun manifestant n’a été arrêté avec une arme de poing », peut-on lire sous la plume de cet « envoyé très spécial » (3 avril)… Les agents des forces de l’ordre tués par balles l’ont donc vraisemblablement été avec des fusils de bois, des pistolets à eau ou à bouchons ! D’ailleurs, l’affirmation s’est révélée quelque peu prématurée : détenu alors qui dirigeait les « guarimbas » à San Cristobal, « épicentre des manifestations », Gabriel Alejandro Reyes est sous le coup d’un mandat d’arrêt d’Interpol pour… narcotrafic. Curieux étudiant ! Mais pourquoi Le Monde devrait-il mentionner les liens entretenus par certains des manifestants de cet Etat du Tachira avec les paramilitaires colombiens ? Ou même la présence de délinquants, rémunérés, au cœur des manifestations ?

Je me permets d’insister : est-il tout à fait secondaire que l’une des figures de proue de ce mouvement « pacifique » et « démocratique » que vous soutenez ostensiblement, le dirigeant étudiant Laurent Saleh (bien qu’il ait terminé ses études depuis longtemps !), ait assisté, le 6 juillet 2013, à Bogotá, en tant que représentant de l’ « opposition vénézuélienne », à une réunion politique organisée par un mouvement fascisant, l’Alliance nationaliste pour la liberté, en présence de Diego Cubillos, comandante de Troisième force, une organisation néo-nazie opérant dans la capitale et d’autres grandes villes de Colombie ? Comme l’a rapporté l’un de vos confrères d’El Espectador (21 juillet 2013), Saleh a déclaré à cette occasion : « Je viens vous dire que nous avons besoin de votre appui et que vous avez le nôtre ». Vous l’ignoriez ? Cela ne me surprend pas, si vous ne lisez que la prose de Paulo A. Paranagua ! Sa priorité réside dans la criminalisation des organisations populaires vénézuéliennes, en reprenant la propagande de l’extrême droite sur les fameux « collectifs » chavistes qui sèment la terreur en touteimpunité (on prétendait la même chose des « cercles bolivariens », avant avril 2002, pour justifier le coup d’Etat en gestation).

Puisque j’ai rapidement évoqué la Colombie, permettez-moi une digression (les vacances de Pâques nous accordent un peu de temps !). Ne serait-il pas possible que Marie Delcas, votre correspondante à Bogotá, s’intéresse d’un peu plus près aux événements se déroulant dans ce pays ? On la sent certes passionnée par ce qui se passe de l’autre côté de la frontière : « Au Venezuela, pénurie et petits trafics en série » (12 mars) ; « Nicolas Maduro ne cesse de conforter l’emprise des militaires sur le Venezuela » (25 février) ; « Au Venezuela, les municipales deviennent un plébiscite » (7 décembre 2013) ; « Nicolas Maduro mobilise l’armée contre l’inflation » (14 novembre 2013 ; « Le Venezuela empoisonné par l’insécurité » (2 avril 2013) – j’en passe, et des meilleurs (façon de parler !), sans toutefois oublier « Les dessous chics de la révolution bolivarienne » (29 mai 2009) ou « Démocratie participative à la Chávez » (20 avril 2007). Curiosité fort légitime, lorsqu’on a compris la priorité qu’accorde Le Monde à la stigmatisation de la « révolution bolivarienne » (bien que Delcas se montre moins caricaturale que Paranagua, ce qui, entre nous, n’est pas trop compliqué). Mais, à trop baguenauder dans le pays voisin, votre correspondante en oublie ce qu’un naïf pourrait considérer comme sa priorité : informer sur la Colombie. Certes, cette terre infiniment moins violente que le Venezuela « populiste » !!! ne mérite guère qu’on s’attarde sur elle, mais je n’en note pas moins que jamais vos lecteurs n’ont été informés, par un article détaillé ou une enquête fouillée, sans même demander qu’elle soit exhaustive, sur :

1) la découverte à La Macarena, en décembre 2009, d’une fosse commune contenant les corps de 1500 à 2000 paysans, syndicalistes, militants, opposants politiques assassinés par les paramilitaires et une unité d’élite de l’armée (imaginez une seconde qu’on ait trouvé un tel charnier au Venezuela… vous auriez mobilisé toute la « une » et doublé votre pagination !) ;

2) le scandale de la parapolitique (liens d’environ un tiers des membres du Congrès avec les paramilitaires) ;

3) le scandale des « faux positifs » : exécutions extra-judiciaires de civils ultérieurement revêtus de tenues de combat pour les présenter comme des guérilleros éliminés lors d’affrontements armés (plus de 1300 victimes identifiées) ;

4) la condamnation (décembre 2012) à treize ans de prison, aux Etats- Unis, pour narcotrafic, du général Mauricio Santoyo, chef de la sécurité et homme de confiance du président Alvaro Uribe au palais de Nariño ;

5) l’assassinat de plus de trente militants de la Marche patriotique, depuis la naissance de ce mouvement social, en octobre 2012 ;

6) la récente affaire de corruption touchant l’armée (fausses factures, détournement de matériel, trafic d’armes se chiffrant en millions d’euros).

Par action ou par omission, en taisant tous ces événements (d’autres parleraient de crimes d’une extrême gravité), Le Monde donne un sacré coup de pouce à l’extrême droite colombienne. J’ose espérer qu’il s’agit-il là d’un effet secondaire non désiré… Mais, dans ces conditions, et puisque Marie Delcas est monopolisée par les avanies du sulfureux régime « chaviste », pourquoi ne nommeriez-vous pas un correspondant à Caracas, qui, lui, pourrait s’occuper des deux ou trois bricoles tout à fait anodines qui se déroulent en Colombie ?

En bref, et revenant au Venezuela…

– La Conférence des évêques vénézuéliens (largement citée dans votre édition du 17 avril) « dénonce la promotion d’un gouvernement de type totalitaire » : le 12 avril 2002, lors du coup d’Etat contre Hugo Chávez, c’est par un décret contresigné par la hiérarchie de l’Eglise catholique, représentée par le cardinal José Ignacio Velasco, que le patron des patrons Pedro Carmona s’est emparé (pour quelques heures) de tous les pouvoirs, a dissout les institutions démocratiques et a déchaîné la répression contre les dirigeants de la « révolution bolivarienne ». La formule « persiste et signe » m’aurait paru assez adéquate pour commenter l’attitude de cette noble institution.

– « Aux élections législatives de 2010, les opposants étaient majoritaires en voix, à défaut de l’être en nombre d’élus » (16 et 17 avril, Paranagua ayant une fâcheuse tendance à rabâcher) : ici, la réalité est « trafiquée ». Le 26 septembre 2010, avec un taux de participation élevé (66,45 %), les candidats du Parti socialiste uni du Venezuela (PSUV) ont rassemblé 5 399 574 voix contre 5 312 293 pour l’opposition (Plateforme d’unité démocratique ; MUD), soit 46,23 % des suffrages exprimés contre 45,48 %. L’ « arnaque » de la droite, reprise par votre employé, a été de s’attribuer le chiffre farfelu de 52% des suffrages en rajoutant à ses voix celles du parti Patrie pour tous (PPT), une formation de gauche critique (mais qui ne s’est jamais revendiquée de droite !) – qui, depuis, a d’ailleurs rejoint le camp chaviste.

Par ailleurs, quitte à évoquer les rendez-vous électoraux, pourquoi ne pas mentionner les deux derniers résultats (hors présidentielles) qui, lors des régionales du 16 décembre 2012, ont vu le PSUV triompher dans vingt des vingt- trois Etats du pays et, à l’occasion des municipales du 8 décembre 2013 – que l’opposition prétendait transformer en plébiscite –, remporter, avec ses alliés du Grand pôle patriotique (GPP), 76,42 % des municipalités, avec 54 % des voix contre 44 % (dix points d’écart) à l’opposition ?

« Maria Corina Machado, l’étoile montante de l’opposition (a été) déchue de son mandat de député pour avoir dénoncé les violations des droits de l’homme devant l’Organisation des Etats américains (OEA) à Washington » (16 avril) : on pourrait – on devrait ! – raconter l’histoire autrement… Le 21 mars, si M.C. Machado a pu s’exprimer devant le Conseil permanent de l’OEA – qui, réticent, n’a accepté de l’écouter qu’à huis clos – pour dénoncer son gouvernement et exprimer son soutien aux violences de l’opposition, c’est parce que le Panamá, aligné sur Washington et très hostile à Caracas, l’a accréditée en tant que représentante (une charge d’ambassadrice auxiliaire !) de la délégation du Panamá. Dès lors, la députée a violé l’article 149 de la Constitution vénézuélienne qui stipule : « Les fonctionnaires publics ne peuvent accepter de charges, d’honneurs ou de récompenses de gouvernements étrangers sans l’autorisation de l’Assemblée nationale. » La Constitution, vous avez dit la Constitution ? Oui, cela existe aussi au Venezuela.

« Maria Corina Machado (…), comme d’autres opposants (entre autres Leopoldo López) était partisane de reprendre la rue aux chavistes sans attendre les législatives de 2015. Leur idée ? Pousser dans les cordes M. Maduro, favoriser une “issue pacifique et constitutionnelle” : un mensonge de la taille du soleil ! En dirigeants de la droite « radicale » ayant personnellement participé à la tentative de coup d’Etat de 2002, Leopoldo López, Antonio Ledezma et María Corina Machado ont annoncé vouloir provoquer « le naufrage du régime ». Dès lors, c’est avec un slogan particulièrement explicite – « la salida » (« la sortie ») – que l’un et l’autre, cherchant à provoquer un chaos débouchant sur la démission du président Maduro, ont appelé à l’insurrection – laquelle, à Caracas, Paranagua oublie ce détail, se cantonne aux beaux quartiers (qui, d’ailleurs, commencent à sérieusement s’en fatiguer). Même si cela ne transpire pas dans vos derniers articles, sous l’égide de l’Union des nations sud-américaines (Unasur), une partie de la droite vénézuélienne négocie actuellement une (difficile) sortie de crise avec le gouvernement et a même, trahissant Paranagua et les siens, « condamné explicitement et clairement toute forme de violence », comme l’a déclaré, ce 17 avril, le ministre des Affaires étrangères équatorien, Ricardo Patiño.

Avant de terminer, car il ne serait pas raisonnable de reprendre toutes les manipulations relevées dans vos colonnes – le Venezuela n’étant pas seul concerné –, permettez moi de mentionner un point non dépourvu de signification.

Dans tous ses articles, je dis bien TOUS ses articles – si vous en avez le courage, relisez-les – Paulo A. Paranagua nous parle du « lieutenant-colonel » Hugo Chávez et du « capitaine » Diosdado Cabello. Curieux : l’un et l’autre ont quitté l’armée en 1994, il y a vingt ans ! Au cas où vous ne saisiriez pas l’intérêt du procédé, je vais vous l’expliquer : il s’agit de la formule qu’utilisent les médias vénézuéliens d’opposition (El Nacional, El Universal, Tal Cual, etc.) pour désigner, depuis 2002, feu le « président » Chávez et l’actuel « président de l’Assemblée nationale », exprimant ainsi qu’ils leur dénient la légitimité et le titre que les élections démocratiques et la Constitution leur ont pourtant octroyé. Tout en rappelant de façon subliminale la tentative de coup d’Etat à laquelle ils ont participé, le 4 février 1992, en omettant de rappeler l’une de ses causes, la terrible répression, trois ans auparavant, d’un soulèvement populaire – le caracazo – qui a fait, selon les sources, entre 300 et 3000 morts (voire même davantage), sous les auspices d’un président social démocrate, Carlos Andrés Pérez, ultérieurement destitué pour corruption. A défaut du prix Pullitzer ou du prix Albert Londres, Paulo A. Paranagua peut donc postuler avec les plus grandes chances de succès au Prix franco-vénézuélien de la connivence et du « copier-coller ».

Néanmoins, cette dernière démarche amène une réflexion. Puisqu’il se plaît à figer, selon son bon vouloir, tel ou tel dans son passé lointain, pourquoi votre collaborateur ne s’appliquerait-t-il pas cette règle à lui-même ? Ainsi, au nom de Paulo A. Paranagua, journaliste, pourrait-il substituer la mention comandante Saúl, pseudonyme qu’il utilisait au sein de l’organisation armée Parti révolutionnaire des travailleurs – Fraction rouge (PRT-FR) lorsque, le 21 mai 1975, en Argentine, il fut arrêté, après une série d’actions que, par pudeur et omettant de les détailler, nous qualifierons de particulièrement musclées (1). Très chanceux – et il y a lieu de s’en féliciter sans aucune arrière-pensée –, Paranagua, en pleine dictature, bénéficia d’un non-lieu et sortit de prison en 1977. Comme Chávez – « le lieutenant-colonel » – et Cabello – « le capitaine » – , qu’il semble tant mépriser, l’ont fait en 1994, dans d’autres circonstances, à leur tour amnistiés.

Cher Monsieur, au début des années 1970, en menant une campagne de haine et de mensonges, le quotidien chilien El Mercurio, a préparé l’opinion de ce pays au coup d’Etat qui, finalement, a bien eu lieu, le 11 septembre 1973, contre le président Salvador Allende. Par son actuelle ligne éditoriale, Le Monde s’inscrit désormais, à l’échelle internationale (et il n’est malheureusement pas le seul), dans cette « glorieuse tradition ». Si, demain, sous une forme ou sous une autre, le président Nicolas Maduro est « sorti » du pouvoir par des voies nonconstitutionnelles, le public français – ou, pour le moins, votre lectorat – n’y verra que du feu, votre version des faits ayant préalablement soigneusement préparé l’opinion à un tel dénouement.

Je vous prie d’agréer, monsieur le médiateur, l’expression de mes sentiments atterrés, attristés – car c’est tout de même du Monde dont il s’agit – , mais aussi excédés.

Maurice Lemoine *

* Abonné parisien, auteur de Chávez presidente (Flammarion) et Sur les eaux
noires du fleuve
(Don Quichotte).

(1) « La policía desbarató una vasta organización subversiva que respondía a instrucciones de la Cuarta Internacional », La Razón, Buenos Aires, 22 mai 1975.

Nous vous proposons cet article afin d'élargir votre champ de réflexion. Cela ne signifie pas forcément que nous approuvions la vision développée ici. Dans tous les cas, notre responsabilité s'arrête aux propos que nous reportons ici. [Lire plus]Nous ne sommes nullement engagés par les propos que l'auteur aurait pu tenir par ailleurs - et encore moins par ceux qu'il pourrait tenir dans le futur. Merci cependant de nous signaler par le formulaire de contact toute information concernant l'auteur qui pourrait nuire à sa réputation. 

43 réponses à [Reprise] Courrier au médiateur du Monde concernant le Venezuela, par Maurice Lemoine

  1. theuric Le 25 avril 2014 à 01h46
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    Que pourra-t-on faire d’eux, ces journalistes, jardiniers?


    • Leveau Le 25 avril 2014 à 07h43
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      Jardinier, non, non…ce dernier sélectionne, observe, tri et ne se contente pas que de salades 🙂
      Je lui demanderai plutôt par quel biais il obtiens ses infos, ses “papiers” sont ils encadrés par quelques directive éditorialiste, la chambre est elle confortable à l’hôtel de la diplomatie?… bref, de m’assurer que les grands noms qui possèdent Le Monde et les grands médias, n’ont pas quelques intérêts à fourguer leur propagande pour mieux s’accaparer le précieux pétrole vénézuélien.
      N’oublions pas que les conflits sont très profitables et que la question politique est, ma foi, surement juste un épouvantail!


  2. Ded Le 25 avril 2014 à 07h49
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    Tout a fait d’accord avec M. Lemoine.
    M’enfin bon ! “Le Monde” est le journal des socialistes donc…de droite.
    CQFD


  3. Ivan Le 25 avril 2014 à 07h54
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    Bravo M Lemoine ! (il serait temps de résilier votre abonnement au Monde…)


  4. FL Le 25 avril 2014 à 08h38
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    Le Monde est né en 1944, de la volonté de Charles de Gaulle qui a placé Hubert Beuve-Méry à sa direction. Ce fut un très grand journal jusque dans les années 90 / 2000 (arrivée de J.M. Colombani…).

    Le Monde s’est construit sur les ruines de la guerre et précisément celles du journal le Temps.
    Le Temps, condamné pour collaboration! http://fr.wikipedia.org/wiki/Le_Temps_%281861-1942%29
    Une tragique révolution journalistique en quelques sorte.


  5. remi Le 25 avril 2014 à 09h28
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    très bon papier… avec lequel le médiateur de monde et toute sa rédaction vont généreusement se torcher.


  6. albert Le 25 avril 2014 à 09h34
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    oooh le monsieur il est pas content que ça ne soit pas SA propagande qui soit diffusé dans le monde?

    Extrait: “… insécurité et pénuries (démultipliées par un sabotage économique bien réel lui aussi…”

    Si ça, ça n’est pas de la propagande…


    • Surya Le 25 avril 2014 à 10h24
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      Il n’y a toujours qu’une seule propagande qui se diffuse dans les médias; celle du gouvernement local et des intérêts des grandes entreprises; c’est la seule à même de passer les filtres.


      • albert Le 25 avril 2014 à 12h06
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        le monde diplomatique, l’humanité, alternative economiques (et ce blog) ne sont-ils pas des médias?
        Ne propose-t-il pas une propagande alternative?


        • FabCH Le 25 avril 2014 à 13h13
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          Peut-être que vous pourriez commencer par voir la définition du mot propagande… car il semble que vous le confondiez avec “point de vue” 😉


        • grub Le 25 avril 2014 à 13h19
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          Et donc vous trouvez normal que Le Monde soit un journal de propagande ?


        • Surya Le 25 avril 2014 à 13h43
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          C’est quoi de la “propagande pro russe” ? Dire que Svoboda est un parti néo nazi ? Le centre SImon Wiesenthal et le parlement Européen aurait donc fait de la propagande pro russe un an avant Maidan ?


        • Eric Le 25 avril 2014 à 15h25
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          Pauvre Albert, c’est à se demander ce qu’il fait là plutôt que sur des forums type nouvel obs où ce genre de commentaires lui permettrait de se faire rapidement des amis au rayon idiots utiles.


        • albert Le 25 avril 2014 à 16h58
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          @FabCH: bien sur, je ne vois pas la contradiction
          propagande: (larrouse en ligne) Action systématique exercée sur l’opinion pour lui faire accepter certaines idées…

          @grub: “normal” dites vous? ça me laisse complètement indifférent en fait. Que ce soit un point de vue ou un autre, il s’agit toujours d’outils de propagande pour moi.

          @surya: la propagande pro-russes sur ce site (c’est un exemple) consiste en une action systématique exercé sur l’opinion pour lui faire accepter certaines idées… favorables à la position russes ou favorable a la position pro-russes des ukrainiens. L’action en l’occurence consiste à publier des billets fustigeant les déclarations “pro-EU/maiden/otan”

          @eric: c’est une bonne question, même si la formulation est à la limite de la politesse et de l’ouverture d’eprit.
          Effectivement, je partage de moins en moins l’idéologie véhiculé ici, mais je garde une profonde admiration pour le travail des auteurs, quand il y a travail, pas quand il s’agit simplement de reprises.
          Ensuite, je trouve intererssant de lire les avis et les argumentations même si je ne les partage pas; ce qui ne semble pas votre cas.


          • Eric Le 25 avril 2014 à 17h15
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            Mettre sur un même plan information à peu près digne de ce nom et désinformation éhontée au motif que les deux peuvent se voir qualifiées de propagande au sens étymologique, voilà qui est au minimum osé.
            Personnellement je suis comme vous vous ouvert aux avis et opinions d’autrui, du moins quand ils peuvent prétendre à ce titre, ce qui n’est pas le cas de votre commentaire initial … et je n’y suis pour rien. Bonne fin de journée à vous quand même.


          • Fab Le 25 avril 2014 à 18h36
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            Vous n’avez manifestement toujours pas compris la différence entre point de vue et propagande. Au reste, selon la définition que vous reprenez, les-crises.fr est un site de propagande 😉


          • remi Le 25 avril 2014 à 20h45
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            @Albert : la différence entre point de vue et propagande est sans doute subtile pour vos yeux délicats, mais enfin pour vous aider je vous invite à vous fonder sur un rapport de proportionnalité.
            La propagande, c’est un point de vue qui a pour lui d’être du coté du pouvoir, et promu par lui. Quand j’entends dans la matinale d’une grande radio de services publique que notre pays est assailli par une horrible propagande eurosceptique (désignant par là quelques malheureux blogs comme celui ci) je me dit que le chroniqueur officiel est atteint de la même cécité que la vôtre, a ceci près qu’au moins il payé pour cela. Sans doute la pravda parlait elle aussi de propagande trostko-zinovieviste à propos des quelques samizdat qui s’échangeaient devant son nez.
            Tous les pouvoirs ont des ennemis, par conséquent tous les ennemis du pouvoir sont les complices d’autres pouvoir. Libre à vous donc de penser que ce blog et ses lecteurs sont une 5e colonne infiltrée au service de l’affreux Vladimirillich Poutine. Pour vous répondre je paraphraserai simplement le canard enchaîné dans son tout premier éditorial de 1914 : puisque toutes les informations dont nous abreuvent les journaux officiels sont rigoureusement vraies, nous aimons nous changer les idées en lisant les informations de l’ennemi, qui sont rigoureusement fausses.


    • Bruno Le 25 avril 2014 à 20h58
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      Depuis toujours, le Monde vehicule inlassablement sa propagade atlantiste. Le Monde n’est pas de droite ou de gauche : il est pro americain, quoi qu’il advienne.

      Par ailleurs, le Monde opere un lechage de bottes systematique des pouvoirs francais en place.

      Enfin bref, le Monde est le representant meme du journaliste au service du grand capitalisme, en se teintant d’un peu de rose a l’occasion, pour faire bien et pour se donner bonne conscience sans doute.

      Ses analyse seraient donc sans aucun interet si elles n’etaient pas dangereuses.


  7. Eg.O.bsolète Le 25 avril 2014 à 09h54
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    Voir et revoir le documentaire “Les nouveaux chiens de garde (2012)” accessible sur le Net.


  8. moderato si cantabile Le 25 avril 2014 à 11h58
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    Ça fait peur et pourtant c’est une excellente analyse. Les arguments sont irréfutables et Venezuela y trouve sa place dans la crise “ukrainienne”, crise aussi vaste que le Monde.

    “Le Venezuela. Les hydrocarbures du Venezuela sont ceux qui doivent garantir que l’USA/UE/OTAN puisse poursuivre ses prétentions d’imposer un nouvel ordre international hégémonique. Du coup, ce qui se prépare pour le Venezuela, c’est une attaque avec la combinaison de tous les instruments possibles de la part de Washington pour mettre en déroute le gouvernement bolivarien, parce que son pétrole est requis d’urgence. Ce pétrole pour les USA est la garantie de ne pas disparaître de la scène internationale en tant qu’empire. Les pays qui disposent de ressources énergétiques suffisantes et qui peuvent être appropriés par les intérêts US doivent s’attendre à la même médecine. Les pays qui posèdent du gaz ou du pétrole se verront offrir des « bombardements humanitaires » et la démocratie leur viendra par des drones.”

    http://www.alterinfo.net/Ukraine-gaz-petrole-et-laboratoire-neonazi-et-la-piece-maitresse-Venezuela_a101970.html


    • TZYACK Le 25 avril 2014 à 19h24
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      Le grand Satan :
      « Depuis la fin de la seconde guerre mondiale, les Etats-Unis ont :
      1. Tenté de renverser plus de 50 gouvernements la plupart d’entre eux démocratiquement élus.
      2. Tenté de supprimer un mouvement populiste ou national dans 20 pays.
      3. Interféré honteusement dans des élections démocratiques dans au moins 30 pays.
      4. Bombardé les populations de plus de 30 pays.
      5. Tenté d’assassiner plus de 50 leaders politiques étrangers.
      Au total, les Etats-Unis ont commis une ou plus de ces actions dans 69 pays. Dans la plupart des cas, la Grande-Bretagne a été la complice et la collaboratrice. L’ ”ennemi” change de nom, de communisme à islamisme, mais le plus souvent c’est la montée de mouvement démocratique indépendant du pouvoir occidental ou une société occupant un territoire stratégiquement utile, jugée aléatoire, comme les îles Chagos. »


  9. Pierre Le 25 avril 2014 à 13h45
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    Merci Olivier pour votre travail, et ces 2 remarquables billets du jour… ça fait du bien de lire ce genre de messages, ça donne du baume au coeur !


  10. BOURDEAUX Le 25 avril 2014 à 14h12
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    De toute façon, je répondrais bien à Mr Lemoine que sa démarche est un peu ridicule, car pour qu’il existe une bonne presse, il faut nécessairement accepter qu’il puisse aussi en exister une mauvaise, et il est bien plus important de s’attacher à ce que la presse, dans son ensemble, soit équilibrée, et donc pluraliste, plutôt que de solliciter de fantomatiques « médiateurs ». Ceux qui veulent vraiment s’informer finissent toujours par trouver l’information là où elle se trouve ; le véritable enjeu consiste à ce qu’elle puisse être accessible partout et pour tout le monde. Je complète la citation qu’OB a mise en exergue de ce papier par une autre du même auteur, qui fut directeur de l’express et connaissait bien la question : « …Et, dans les civilisations de la liberté, la mission de lutter contre la “fausse objectivité” incombe précisément à la vraie, et non à quelque bureaucratie extérieure à la culture. C’est l’histoire sérieuse qui élimine, ou refoule, l’histoire partiale; c’est le journalisme probe qui peut faire reculer le journalisme vénal, et non point une commission administrative, dont le premier soin est en général de distribuer quelques fonds secrets. Une presse libre n’est pas une presse qui a toujours raison et qui est toujours honnête, pas plus qu’un homme libre n’est un homme qui a toujours raison et qui est toujours honnête. S’il avait fallu, pour autoriser la littérature, attendre d’avoir appris d’abord à en bannir la mauvaise, nous serions encore occupés à corriger le premier jeu d’épreuves de l’histoire de l’imprimerie. Ne pas comprendre que la liberté est une valeur par elle-même, dont l’exercice comporte nécessairement un bon et un mauvais pôle, c’est démontrer que l’on est décidément réfractaire à la culture démocratique.”
    Quant au terme propagande, il ne me semble pas approprié ; une information, si partisane qu’elle puisse être, ne se mue en propagande que dans une société qui n’en laisse aucune autre se diffuser.


  11. Benjamin Franklin Le 25 avril 2014 à 14h17
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    Question : qu’il y ait de l’extrême droite voire des nazis dans l’opposition aux chavistes sanctifie-t-il pour autant le régime chaviste ?

    Le fait brut, c’est que Chavez a récupéré un pays dans un état pas terrible et géré par des oligarques, et qu’il a remplacé ces oligarques par sa propre mafia.
    Il a ensuite profité des prix élevés du pétrole qui lui ont rapporté une énorme manne pétrolière. Il a dépensé cet argent dans des programmes sociaux, ce qui a fait reculer la pauvreté au Vénézuéla. Il a aussi dépensé beaucoup d’argent en corruption, et en transferts vers Cuba.

    Malheureusement ces dépenses sociales n’ont pas du tout été faites intelligemment, puisqu’en subventionnant l’achat de produits de bases importés, elles ont bousillé l’économie locale. L’idéologie anti-entreprise du régime n’a évidemment pas aidé non plus. Enfin, les élites chavistes étant aussi corrompues et incompétentes que leurs prédécesseurs, elles ont laissé pourrir leur principale source de revenu, à savoir PDVSA, le producteur de pétrole national, qui souffre de sous-investissements chroniques, sans même parler de sa gestion.

    Maintenant que les prix du pétrole sont redescendus, la gueule de bois s’annonce. Maduro, le successeur de Chavez, n’a plus d’argent pour régler ses importations, il fait tourner la planche à billets à fond la caisse pour payer les dépenses publiques, et l’économie réelle du pays est bien en peine de produire quoi que ce soit. Au passage, phénomène courant dans les pays qui négligent un peu les droits civils, la criminalité a explosé.

    Chavez a lourdement sous-performé. A titre de comparaison, Poutine est arrivé au pouvoir presque en même temps que lui, dans un autre pays pétrolier, en plus piteux état que le Vénézuéla (en niveau de vie). Aujourd’hui, même si Poutine tarde à combattre la corruption et à libéraliser son pays, il a néanmoins rétabli l’état de droit, un certain niveau de vie, et épongé la dette publique. Les vénézuéliens aimeraient en être là.
    Par rapport à d’autres pays d’Amérique Latine, le Vénézuéla s’est développé moins vite, a moins réduit la pauvreté, et ne parlons bien sûr pas de la corruption et de la violence.

    Donc bon, se poser en défenseur d’un régime dont le président a été élu à 50.7% (belle unanimité), qui est en train de faire exploser l’inflation, instaure les tickets de rationnement et prive le peuple de papier toilette (entre autres…), moyen…
    Mais c’est vrai, “c’est un complot de la CIA, des sabotages économiques” ! Mais bien sûr. Et la chute de l’URSS, c’était aussi les sabotages de la CIA ?

    Et pendant ce temps, les chavistes continuent de faire risette avec le régime de Castro, qui a lui aussi son quota de tortures et d’exécutions sommaires d’opposants politiques.

    Tout ça pour dire que s’opposer aux nazis ne dispense pas de s’opposer aussi aux bolcheviks.

    Un petit détail : dans une des dernières revues de presse internationale, un article évoquait le nouveau salaire minimum vénézuélien “le plus élevé d’Amérique Latine”. Pour faire la comparaison, les économistes ont procédé à la conversion en dollars. Au taux de change OFFICIEL du Vénézuéla, bien entendu…


    • C Balogh Le 25 avril 2014 à 17h37
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      à Benjamin,
      Le Venézuela, quoi de mieux qu’un Vénézuelien pour en parler:
      http://venezuelainfos.wordpress.com/2014/04/13/venezuela-medias-et-terrorisme-par-luis-britto-garcia/

      Extrait:” Cependant des adultes cagoulés, notamment paramilitaires et mercenaires étrangers, se feront passer pour eux. D’ailleurs, le 14 mars, Nicolas Maduro déclarera que sur les 1529 personnes détenues à l’issue d’un mois de violences, seulement 558 d’entre elles -c’est-à-dire 1/3 de celles-ci- sont réellement des étudiants.”
      Comme chez nous, les médias racontent ce qu’ils veulent, ils pratiquent la désinformation et la propagande, décidément, ils ne s’en lassent pas.
      Lers machiavéliques dont ils sont les serviteurs étudient le truc, voient ce qui n’a pas marché et recommencent, en pire…..
      Faut trouver un vaccin.


      • Benjamin Franklin Le 26 avril 2014 à 00h08
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        “Quoi de mieux d’un vénézuélien pour en parler” ?

        Va falloir choisir son vénézuélien avec précaution alors, parce que visiblement la moitié d’entre eux n’aime pas le régime chaviste. J’ai rencontré un étudiant vénézuélien il y a deux ans de ça, avant la montée des troubles post-mort de Chavez, et lui ne goûtait pas trop le bolivarisme.

        Evidemment que les media racontent ce qu’ils veulent. Tout le monde raconte ce qu’il veut. D’ailleurs le bonhomme ici raconte aussi ce qu’il veut http://www.legrandsoir.info/venezuela-l-augmentation-du-salaire-et-la-baisse-du-chomage-continuent.html
        C’est cet article de la revue de presse que j’évoquais. Mais bien entendu, le taux de change officiel vénézuélien est parfaitement crédible…

        Maintenant posez vous la question : est-ce que, derrière les guignoleries de façade de Chavez et Maduro, les américains ne préfèrent-ils pas un Vénézuéla chaviste, c’est à dire un Vénézuéla qui contrôle sa population de manière autoritaire et se trouve entièrement dépendant de ses exportations pétrolières, donc du monde occidental, pour survivre, à un Vénézuéla pas chaviste qui verrait son économie croître et se diversifier, donc être moins dépendante des occidentaux ?


        • remi Le 26 avril 2014 à 10h41
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          Rassurez moi : vous voyez la différence de positionnement diplomatique des USA entre l’arabie saoudite et l’iran ? Vous voyez la différence proportionnelle de traitement médiatique ?


          • Benjamin Franklin Le 26 avril 2014 à 12h03
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            http://atlas.media.mit.edu/profile/country/ven/

            Rassurez moi : vous lisez bien comme moi qui est le premier partenaire commercial du Vénézuéla ?

            Et dans la catégorie positonnement diplomatique, à votre avis, Saddam, l’incarnation de l’Axe du Maaaal, avant de se faire dérouiller en 2003, son pétrole, il le donnait à qui ?


            • remi Le 26 avril 2014 à 12h29
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              C’est bien Benjamin Franklin qui dit qu’aucune nation n’a jamais été ruinée par le commerce. La question n’est pas de savoir à qui vous vendez mais qui retire les bénéfices de la vente…
              Si Chavez n’avais pas nationalisé ses compagnies pétrolières, son régime aurait autant de couverture médiatique que la junte birmane ou tant d’autres


            • Benjamin Franklin Le 26 avril 2014 à 14h17
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              PDVSA appartient à 100% à l’Etat vénézuélien depuis 1976, et dispose d’un monopole total jusqu’en 1997. De 97 à 2007, des entreprises étrangères furent autorisées à ouvrir des filiales pour la distribution et la vente de dérivés pétroliers, à des prix fixés par le gouvernement. En sachant que ces concessions n’ont, légalement, jamais concerné les réserves pétrolières elles-mêmes.

              Chavez n’a donc jamais “nationalisé ses compagnies pétrolières”. Le boulot a été fait depuis 76, et pendant tout ce temps, les amerloques s’en sont accommodés. La seule chose qu’a faite Chavez, c’est de prendre une part majoritaire dans les joint-ventures de DISTRIBUTION de produits pétroliers finis qui ont été autorisées aux compagnies étrangères à partir de 97.

              Donc ce que vous me dites, c’est que les américains se sont satisfait du monopole de PDVSA de 76 à 97, et que parce que Chavez a nationalisé une poignée de leurs stations-services en 2007 (qu’il a payées un bon prix), ils se seraient énervés ?


            • remi Le 26 avril 2014 à 15h33
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              Ce n’est pas parce qu’un pays se dote d’une compagnie nationale qu’il exerce pour autant un contrôle souverain sur l’exploitation de ses ressources énergétiques. Les états unis s’accommodent en effet très bien d’un PDVSA au Venezuela comme d’une Sonangol en Angola… pour autant que ces compagnies et leurs gouvernements s’acquittent de leur fonction d’hommes de paille.
              Pour savoir de quel façon la reprise en main par Chavez de son pétrole a contrarié les USA et leurs amis, on peut se fier au témoignage du figaro (assez modérément chaviste vous en conviendrez) : http://www.lefigaro.fr/temp/2007/04/30/04012-20070430ARTFIG90234-le_venezuela_nationalise_son_eldorado_petrolier.php


    • step Le 25 avril 2014 à 23h49
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      “même si Poutine tarde à combattre la corruption et à libéraliser son pays” … poutine n’est pas un imbécile, la libéralisation de son pays n’est pas une fin en soi, surtout si la libéralisation sert des intérêts extra-territoriaux (ie les multinationales déjà constituées américaines et en sous main le gouvernement us). Il a surtout pas envie de se retaper les oligarques qu’il a du mettre à la porte pour pouvoir manœuvrer son pays comme il l’entend (et vu ses réélection dans un fauteuil) comme une bonne part de sa population l’entend.


      • Benjamin Franklin Le 26 avril 2014 à 00h07
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        Ca fait 5 ans que le niveau de vie stagne en Russie. La crise mondiale a évidemment un rôle, mais si Poutine veut continuer à se faire réélire dans un fauteuil sans devoir forcer sur la propagande, va falloir qu’il trouve des relais de croissance plus sains que le pétrole, parce que même s’ils sont plus riches que les ukrainiens, c’est pas encore la fête pour les russes.


        • Benjamin Franklin Le 26 avril 2014 à 00h52
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          Si ça fait le bien du peuple russe, tant mieux pour lui.

          On ne peut s’en prendre qu’à nous mêmes.


    • Wilmotte Karim Le 25 avril 2014 à 23h58
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      “il a remplacé ces oligarques par sa propre mafia.”

      Source?

      “Malheureusement ces dépenses sociales n’ont pas du tout été faites intelligemment, puisqu’en subventionnant l’achat de produits de bases importés, elles ont bousillé l’économie locale.”

      Il est rigoureusement impossible de bousiller l’inexistant. Et avant, il n’y avait pas d’autres économies que le pétrole.

      “la criminalité a explosé.”

      Source (en particulier, sur une comparaison un peu pas trop foireuse avec l’avant Chavez).

      Je me suis donc arrêté là, je suppose que le reste est dans la même veine.


    • AKPOONNE Le 26 avril 2014 à 08h34
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      Benjamin, =>” Mais bien sûr. Et la chute de l’URSS, c’était aussi les sabotages de la CIA ?”
      Il faut te renseigner, mais je reconnais que tu mis un “?”, cela signifie que tu as besoin d’infos.
      Petit rappel => Tchernobyl 1986, la Russie dépense 50% de son PIB pour faire face au désastre (dixit Gorbatchev himself).
      S’en suivent des années + que difficiles pour l’URSS.
      Durant ces 4 années les US s’aperçoivent que le budget URSS est seulement de 30 milles milliards de $, venant à 70% des exportations de pétrole.
      La CIA etc. mettent 2 ans à convaincre leurs alliés producteurs du golfe à faire tomber le prix du baril à 8$ afin d’écrouler l’économie URSS.
      Ce qui devait arriver arriva, l’URSS était morte économiquement, et le mur est tombé grâce à la CIA etc. pour répondre à ta question.
      Oui la CIA etc. est derrière tous les mouvements qui se passent dans des pays stratégiques, et l’Ukraine en est un, la Venezuela aussi, la Russie tout comme l’ancienne URSS etc.


      • Benjamin Franklin Le 26 avril 2014 à 11h54
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        D’accord.
        Donc ce que tu m’expliques, c’est que :
        1) l’URSS avait des centrales nucléaires pourries qui lui ont coûté une blinde
        2) Après 70 ans de communisme, c’était toujours un pays pauvre et arriéré
        3) Le plus grand pays du monde et ses 300 millions d’habitants n’était pas foutu de produire et d’exporter autre chose que des hydrocarbures
        4) Le revenu de l’URSS était entièrement dépendant des prix internationaux du pétrole, donc de la coopération des autres producteurs.

        J’ai envie de dire : l’URSS n’a absolument pas eu besoin de la CIA pour s’écrouler, tellement elle était vermoulue. A la limite, je dirais même que c’est le soutien actif des services secrets américains, qui avaient besoin d’un grand méchant en face pour justifier leurs budgets, qui a permis à l’URSS de survivre aussi longtemps.

        Et puis, petit détail : les prix du pétrole entre 85 et 90 n’ont fait que revenir à leur niveau pré-1979. Pourquoi l’URSS ne s’est pas écroulée dans les années 70 ?

        Ils sont quand même balèze à la CIA, arriver à contrôler le monde comme ça. Allez, une petite liste des brillants succès de la CIA des 50 dernières années, tellement ils sont trop forts à tout planifier :
        -Baie des Cochons
        -Vietnam (des milliards de $ perdus, des milliers d’hommes aussi)
        -guerre du Kippour (un allié ridiculisé, des milliards de $ perdus après le choc pétrolier)
        -révolution iranienne (un gros méchant de plus, encore des milliards perdus avec un 2e choc)
        -invasion de l’Afghanistan : des milliards perdus pour tenir quelques arpents de neige
        -invasion de l’Irak : des milliards perdus en budget militaire, une production pétrolière locale détruite, plein de terroristes en plus

        Il n’y a pas à dire, la spectaculaire évolution géostratégique mondiale, clairement en faveur des ricains, est bien l’oeuvre de la CIA


  12. Julian Le 25 avril 2014 à 15h27
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    Il y a 50 ans De Gaulle méprisait déjà l’engeance du Monde.

    Le “Beuve-merysme” y sévit toujours :

    la même soumission aveugle aux maitres Américains, l’option européiste jusqu’au déni des réalités, la haine de soi s’agissant de la France, avec en prime la tartuferie de ceux qui font profession de vertu (sauf pour eux-mêmes).
    Un livre de Philippe Cohen (La face cachée du Monde, avec Pierre Péan) avait il y a quelques années largement éventé les pratiques et étrillé les Trissotins du Monde.


  13. vérité2014 Le 25 avril 2014 à 18h43
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    Eco:Sauve qui peut hors de l’euro ! F. Dedieu, J. Sapir, F. Lordon

    La situation de la zone euro vue par Franck Dedieu :

    L’euro entraîne de la dévaluation fiscale et sociale,

    La solution fédérale n’avance pas (BCE, ersatz d’union bancaire, eurobonds morts-nés, etc),

    La crise étend ses méfaits à toute vitesse.

    L’urgence du temps présent réclame une solution rapide :

    La solution du double euro : des pays, pour éviter cette guerre fiscale et sociale, pourraient faire des dévaluations. Un outil puissant qui apporte de la souplesse

    La solution de l’euro comme monnaie commune (euro-franc, euro-marck…) : monnaies réévaluées ou dévaluées pérodiquement, suivant des critères négociés. Combattre l’envolée de la dette : emprunt souscrit grâce à l’épargne des Français, planche à billets (utilisée partout ailleurs dans le monde), “dans un monde en déflation, on peut l’utiliser…”

    http://www.agoravox.tv/actualites/economie/article/sauve-qui-peut-hors-de-l-euro-f-44829


  14. Nanker Le 25 avril 2014 à 23h08
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    Une solution? Cessez d’acheter « Le Monde » qui est devenu le torchon libéral-européaniste que l’on connaît, et avec les sous-sous économisés faites-vous plaisir en achetant chaque mois « Le Monde diplomatique », journal d’un tout autre calibre (auquel collabore d’ailleurs Maurice Lemoine).

    Dans quel journal Paul Jorion annonçait dès 2007 (!!) la faillite prochaine de Fannie Mae et Freddie Mac, qui allait précipiter le grand Big-bang financier mondial?
    Certainement pas « Le Monde » : à cette époque on devait sûrement y lire une tribune de Minc ou Marc Touati suggérant qu’il fallait placer les retraites des Français à la Bourse. Non c’était dans le « Diplo »! Journal où il y a pas mal de temps (2010?) Fred Lordon proposait de sortir UN pays de la zone euro : pas la Grèce (ça c’est le prêt-à-penser du « Monde ») mais l’Allemagne.

    Pour l’hygiène mentale et la culture générale LISEZ chaque matin une page du « Monde diplomatique » le mensuel qui fait du bien! 🙂


  15. Nanker Le 25 avril 2014 à 23h10
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    “atterrés, attristés (…) excédés”

    C’est ça notre triple A, à nous lecteurs du blog d’Olivier! 🙂
    Bon week-end!


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