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3.février.20163.2.2016 // Les Crises

Patriarche Aphrem II : « Je demande une seule chose à l’Occident : arrêtez d’armer nos assassins »

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Mais l’avis des chrétiens de Syrie intéresse-t-il quelqu’un ?

Source:la Stampa, 29-06-2015

Interview du patriarche orthodoxe syrien Aphrem II : le martyre n’est pas un sacrifice humain offert à Dieu afin d’obtenir ses faveurs. C’est pourquoi il est blasphématoire d’appeler les auteurs d’attentats suicide des martyrs ».

« Quand on regarde les martyrs, on voit que l’Église n’est pas une église unique, sacrée, catholique et apostolique. Dans sa traversée de l’Histoire, l’Église a aussi été une Église qui souffre. » D’après le patriarche orthodoxe syrien d’Antioche, Moran Mor Ignatius Aphrem II, le martyre révèle un élément essentiel de la nature de l’Église. Une connotation qui pourrait être ajoutée à celles professées dans le Credo et qui accompagne toujours ceux qui suivent les traces du Christ, quels que soient les aléas qu’ils traversent dans la vie, agissant comme ses disciples. C’est un trait distinctif qui peut être clairement observé maintenant à travers les multiples expériences auxquelles les chrétiens et les Églises du Moyen-Orient sont confrontés.

Dans un passé récent, le Patriarche Aphrem — qui a rencontré le Pape à Rome le 19 juin — a été impliqué dans les épreuves et les vicissitudes qui affligent son peuple. Sa dernière mission pastorale, qui vient de se terminer, se situait à Kameshli, sa ville de résidence. Il y est allé pour rencontrer les milliers de nouveaux réfugiés chrétiens qui avaient fui devant l’offensive lancée par les djihadistes de Daech contre le centre urbain voisin de Hassaké, dans la province de la Jezire au nord-est de la Syrie.

Votre Sainteté, quelles sont les caractéristiques du martyre des chrétiens ?

« Jésus a souffert sans raison, gratuitement. Étant donné que nous le suivons, la même chose peut nous arriver. Et lorsque cela se produit, les chrétiens ne posent pas d’exigences, ne protestent pas « contre » le martyre. Après tout, Jésus nous a promis qu’il ne nous abandonnerait jamais, il ne nous prive jamais du secours de sa grâce, comme l’attestent les histoires des premiers martyrs et aussi des martyrs actuels. Ils font face au martyre avec une expression de joie et le cœur en paix . Le Christ lui-même le dit : soyez bénis lorsqu’on vous persécute à cause de moi. Les martyrs ne sont pas des vaincus, ils ne sont pas des personnes discriminées qui ont besoin de se libérer de la dite discrimination. Le martyre est un mystère d’amour gratuit. »

Et cependant, nombreux sont ceux qui continuent de parler du martyre comme d’une anomalie qui devrait être supprimée, ou comme d’un phénomène qui doit être dénoncé et contre lequel nous devrions nous mobiliser et nous opposer.

« Le martyre n’est pas un sacrifice offert à Dieu, comme ces sacrifices qui sont offerts aux dieux païens. Les martyrs chrétiens ne cherchent pas le martyre pour prouver leur foi. Et ils ne cherchent pas à verser leur sang pour obtenir des faveurs de Dieu ou une autre récompense comme le Paradis. Donc il est complètement blasphématoire de désigner les auteurs d’attentats suicide par le terme de martyrs. »

En Occident, nombreux sont ceux qui insistent pour que quelque chose soit fait en faveur des chrétiens du Moyen-Orient. Est-ce qu’une intervention militaire est nécessaire ?

« Nous ne demandons pas à l’Occident une intervention militaire pour défendre les chrétiens et tous les autres. Nous leur demandons de cesser d’armer et de soutenir les groupes terroristes qui détruisent notre pays et massacrent notre peuple. S’ils veulent nous aider, ils n’ont qu’à soutenir les gouvernements locaux qui ont besoin de forces armées en nombre suffisant pour maintenir la sécurité et pour défendre leur population respective contre les attaques. Les institutions d’État ont besoin d’être renforcées et stabilisées. Au lieu de cela, ce que nous voyons est leur démantèlement par la force encouragé de l’extérieur.

Avant votre récent voyage en Europe, vous, ainsi que les évêques de l’Église orthodoxe syrienne, avez rencontré le Président Assad. Que vous a-t-il dit ?

« Le Président Assad nous a enjoint de faire tout ce qui est en notre pouvoir pour éviter que les chrétiens ne quittent la Syrie. « Je sais que vous souffrez », a-t il-dit « mais je vous en prie, ne quittez pas cette terre, qui a été votre patrie pendant des milliers d’années, même avant que l’Islam naisse ». Il nous a dit que le pays aura besoin des chrétiens lorsque le temps de la reconstruction de ce pays dévasté viendra. »

Est-ce que Assad vous a demandé de transmettre un message quelconque au Pape ?

« Il nous a dit de demander au Pape et au Saint-Siège d’utiliser leur diplomatie et leur réseau de contacts pour aider les gouvernements à comprendre ce qui se passe réellement en Syrie. De les aider à prendre la mesure du véritable état de choses. »

Il y a des cercles à l’Ouest qui accusent les chrétiens de l’Est de se soumettre à des régimes autoritaires.

« Nous ne nous sommes pas soumis à Assad et à des gouvernements prétendument autoritaires. Simplement nous reconnaissons les gouvernements légitimes. La majorité des citoyens syriens soutiennent le gouvernement Assad et l’ont toujours soutenu. Nous reconnaissons les autorités légitimes et prions pour ceux qui en font partie, ainsi que l’enseigne le Nouveau Testament. Nous constatons aussi que de l’autre côté il n’y a pas d’opposition démocratique, seulement des groupes extrémistes. Par-dessus tout, nous voyons qu’au cours des années récentes, ces groupes ont fondé leurs actions sur une idéologie qui vient de l’extérieur, apportée ici par des prêcheurs de haine qui viennent d’Arabie saoudite, du Qatar, d’Égypte, et sont soutenus par ces pays. Ces groupes reçoivent également des armes à travers la Turquie, comme les médias nous l’ont montré. »

En fait, qu’est réellement l’État islamique ? Est-ce le vrai visage de l’Islam ou est-ce une entité artificielle utilisée dans des jeux de pouvoir ?

« L’État islamique (Daech), n’est certainement pas l’Islam qu’on nous a enseigné et avec lequel nous avons vécu pendant des centaines d’années. Il y a des forces qui l’alimentent en armes et argent parce que c’est utile à ce que le Pape François appelle « la guerre sporadique ». Mais tout ceci attire aussi une idéologie religieuse perverse qui se prétend inspirée par le Coran. Et c’est possible parce que dans l’Islam il n’y a aucune structure d’autorité qui ait la force d’offrir une interprétation authentique du Coran et fasse preuve d’autorité en rejetant les prêcheurs de haine. Chaque prédicateur peut aussi donner son interprétation littérale de versets isolés, qui semblent justifier la violence et le lancement de fatwas sur cette base, sans aucune autorité supérieure pour les contredire. »

Vous avez mentionné la Turquie. Les autorités turques essayent de faire revenir le Patriarcat orthodoxe syrien. Pendant quelques siècles il avait été déplacé vers un emplacement près de Mardin. Que ferez-vous ?

« Notre Patriarcat porte le nom d’Antioche. Quand il est apparu, Antioche faisait partie de la Syrie. C’était la capitale de la Syrie à l’époque. Nos églises antiques en Turquie ont une grande valeur historique pour nous, mais Damas, la capitale actuelle de la Syrie, est notre base maintenant et donc le restera. C’est notre libre choix et aucune pression de gouvernements ou de partis politiques ne nous fera changer d’avis. Nous avons donné son nom à la terre qui est appelée la Syrie, un nom qu’elle a gardé. Et nous n’allons pas partir. »

Quels sont les effets des souffrances subies par les Chrétiens au Moyen-Orient sur les relations œcuméniques entre les différentes Églises et communautés ?

« Ceux qui tuent des chrétiens ne font pas de différence entre les catholiques, les orthodoxes et les protestants. Le pape François le rappelle continuellement quand il parle d’œcuménisme du sang. Les choses ne restent pas en l’état. Vivre ensemble de telles situations nous rapproche, nous conduit à découvrir la source de notre unité. Les prêtres se découvrent frères dans la même foi et peuvent prendre ensemble d’importantes décisions. Par exemple, il sera important de décider d’une date commune pour célébrer Pâques. Au regard des épreuves et des malheurs du peuple de Dieu, que nous subissons ensemble, les disputes à propos de questions concernant le pouvoir ecclésiastique s’avèrent dénuées de pertinence. »

Que manque-t-il pour réaliser une communion sacramentelle pleine et entière ?

« Il nous faut professer ensemble la même foi et régler les questions doctrinales et théologiques sur lesquelles existent toujours des divergences. Mais je dois dire que les chrétiens syriens ont déjà progressé en ce domaine parce qu’il existe un accord d’accueil réciproque entre les chrétiens orthodoxes syriens et les catholiques. Quand les croyants ne peuvent pas participer à la liturgie et recevoir les sacrements de leur propre Église, ils peuvent participer aux célébrations dans les lieux de culte d’autres Églises. Et ils peuvent même participer à l’Eucharistie. »

Vous avez récemment participé à une conférence organisée par la communauté de Sant’Egidio à Rome, sur le Sayfo, le génocide perpétré par les Jeunes Turcs à l’encontre des chrétiens syriens au même moment que le génocide arménien. Pourquoi tenez-vous tellement à préserver le souvenir de ces événements douloureux ?

« A Kameshli, alors que j’étais un jeune garçon, je me rendais souvent à l’église une heure avant la prière. Je m’asseyais parmi les anciens et j’écoutais leurs histoires. Nombre d’entre eux étaient des survivants du Sayfo. Ils évoquaient des familles déchirées, des enfants arrachés à leur famille et donnés À des musulmans. J’ai compris que pour eux, parler de ces épreuves terribles était un moyen de se soulager d’un grand poids. Mais pendant longtemps il a été impossible de parler de cela en public. Ces dernières années, quand les Églises ont commencé à commémorer publiquement ces événements tragiques, de nombreuses personnes ont pu entendre des histoires qui avaient été enfouies dans la mémoire familiale comme taboues, quelque chose dont vous ne deviez même pas faire mention. Pour elles, ce fut une libération. Quand nous parlons du Sayfo en tant qu’Églises, notre but n’est autre que d’encourager ce sentiment intérieur de réconciliation. Et nos amis turcs devront comprendre ceci tôt ou tard : se souvenir de ces faits n’est pas pour nous un prétexte pour nous opposer à eux, mais peut aussi les aider à mieux comprendre leur passé et se réconcilier avec lui. »

Source:la Stampa, le 29 juin 2015.

Traduit par les lecteurs du site www.les-crises.fr. Traduction librement reproductible en intégralité, en citant la source.

Nous vous proposons cet article afin d'élargir votre champ de réflexion. Cela ne signifie pas forcément que nous approuvions la vision développée ici. Dans tous les cas, notre responsabilité s'arrête aux propos que nous reportons ici. [Lire plus]Nous ne sommes nullement engagés par les propos que l'auteur aurait pu tenir par ailleurs - et encore moins par ceux qu'il pourrait tenir dans le futur. Merci cependant de nous signaler par le formulaire de contact toute information concernant l'auteur qui pourrait nuire à sa réputation. 

Commentaire recommandé

LBSSO // 03.02.2016 à 08h04

L’avis des chrétiens ,pfff… des zombies !
L’avis des marxistes,pfff…des gauchistes !
L’avis des libéraux,pfff…,des néocons !
L’avis des souverainistes,pfff…des nationalistes !
L’avis des chômeurs,pfff…des fainéants !
L’avis des taxis,pfff…des voleurs !
L’avis des grecs,pfff…des truqueurs,je vous dis Madame.
La vie de Maurice,pfff…encore un poète celui-là !?

“Broyez-la… ce n’est qu’une guêpe.
Cueillez-le… ce n’est qu’un muguet.
Encagez-le… ce n’est qu’un merle.
Tuez-le… ce n’est qu’un orvet.

Savez-vous la raison profonde
De ces petites vies
Et de quels poids est pour le monde
L’injuste mort d’une fourmi?”

Petites Vies
de
Maurice (Carême)

18 réactions et commentaires

  • DUGUESCLIN // 03.02.2016 à 05h28

    Les martyrs chrétiens ne choisissent pas la mort, ils sont tués pour leur foi qui donne la priorité à l’amour.
    Ceux qui ont choisi de tuer, y compris eux-mêmes, sont des assassins qui agissent à l’encontre d’Allah, le miséricordieux. (Dieu se dit Allah en arabe aussi bien pour les chrétiens que pour les musulmans). Ni l’Islam ni le christianisme n’enseigne le meurtre.

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  • LBSSO // 03.02.2016 à 08h04

    L’avis des chrétiens ,pfff… des zombies !
    L’avis des marxistes,pfff…des gauchistes !
    L’avis des libéraux,pfff…,des néocons !
    L’avis des souverainistes,pfff…des nationalistes !
    L’avis des chômeurs,pfff…des fainéants !
    L’avis des taxis,pfff…des voleurs !
    L’avis des grecs,pfff…des truqueurs,je vous dis Madame.
    La vie de Maurice,pfff…encore un poète celui-là !?

    “Broyez-la… ce n’est qu’une guêpe.
    Cueillez-le… ce n’est qu’un muguet.
    Encagez-le… ce n’est qu’un merle.
    Tuez-le… ce n’est qu’un orvet.

    Savez-vous la raison profonde
    De ces petites vies
    Et de quels poids est pour le monde
    L’injuste mort d’une fourmi?”

    Petites Vies
    de
    Maurice (Carême)

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  • Bordron Georges // 03.02.2016 à 09h05

    Sur ce site, vous aurez rapidement la réponse à votre question par le nombre de commentaires à ce sujet.
    L’humanisme laïc est un humanisme anticlérical qui dans notre environnement quotidien ne sait pas voir certains génocides, surtout quand ils sont progressifs comme celui perpétré au Soudan depuis plus de vingt ans.

      +20

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  • Alae // 03.02.2016 à 10h37

    hub, à ce que je vois, vous continuez votre retape islamophobe ?
    Tapez dans google “à toi ta religion, à moi ma religion” pour tomber sur les sourates sur la tolérance qu’on trouve dans le coran. Vous verrez, il y en a. 🙂

      +7

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    • Jusdorange // 03.02.2016 à 12h04

      À alae,

      Je pensais vous répondre, mais je me suis rendu compte que cela allait mener à un débat sur l’islam. Et comme je n’aime pas franchement me casser le cul à écrire un commentaire, simplement pour le voir ensuite disparaître, je préfère laisser tomber d’emblée.

      Toutefois, je n’en veux pas à la modération, car les risques existent. Et c’est pourquoi je me permets d’évoquer ce qui me semble être un préalable nécessaire.

      Ne croyez-vous pas que sur ce sujet ( et sur d’autres ) il faudrait d’abord et avant tout modifier les lois qui empêchent le débat.

      À savoir : l’article 32 de la loi de 1881. Je ne vous cite pas l’article, trop long, je vous suggère légifrance. Je dirai simplement que, désormais , en France, on peut aller jusqu’à un an de prison pour des délits de presse, si cela vise une personne ou un groupe de personne en fonction de leur religion, race, ethnie, sexe, orientation ou identité sexuelle, handicap (oui il y a bien tout ça, et oui c’est passible d’un an de prison, je ne plaisante pas vérifiez).

        +7

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      • Alae // 03.02.2016 à 12h21

        “Ne croyez-vous pas que sur ce sujet ( et sur d’autres ) il faudrait d’abord et avant tout modifier les lois qui empêchent le débat.”

        Si, bien sûr que si.
        Mais aujourd’hui, Jusdorange, les débats sur l’islam sont instrumentalisés, généralement par des individus qui n’y connaissent rien, pour inventer des prétextes à encore plus de tapis de bombes sur des pays musulmans et s’assurer de la complicité des populations. Pour ça, il faut les persuader qu'”après tout, ce ne sont que des musulmans. Ils l’ont bien cherché”.
        Bref, dans le climat actuel, ce n’est pas le moment.
        Il sera toujours temps d’y revenir, de façon apaisée, quand les puissances occidentales cesseront enfin leurs bombardements.
        A propos, savez-vous que les USA souhaitent re-bombarder la Libye ? Ne me demandez pas pour quelle raison, je n’en sais rien. Ils ont peut-être des bombes en trop et il leur faut un endroit pour les vider ?
        http://www.globalresearch.ca/western-insanity-momentum-grows-to-bomb-libya-again-this-time-against-the-islamic-state-isis/5504668

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        • ThylowZ // 03.02.2016 à 13h34

          Je suis de votre avis, mais d’un autre côté, toute tentative de réflexion sur certains “manques” (pointés d’ailleurs ici par le patriarche) sont très vite catégorisés chez nous dans le chapitre “islamophobie”.

          L’aspect très binaire des “débats” fausse totalement toute conversation (on est forcément “pro” ou “anti”).

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          • Bozi Lamouche // 03.02.2016 à 16h31

            Et alors ?? L’islamophobie règne, normal que vous souleviez une méfiance certaine…rassurez vous en Afghanistan c’est la même chose vis à vis dés chrétiens…..vois n’êtes pas seul !!!!

              +2

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        • Jusdorange // 04.02.2016 à 00h50

          Chère Alae,

          Votre échelle des priorités est bonne. J’y souscris.
          Toutefois ces mêmes lois, et cette peur d’être considéré comme raciste, poussent les médias et les politiques à des attitudes de silence, de non dits et de censure, laissant entendre au peuple qu’un complot est ourdi contre lui, et que si le verbe ne parvient pas à régler le litige, la violence deviendra un recours de plus en plus considéré comme légitime.

          Avons-nous le temps d’attendre que le bloc BAO se désintègre ? Cela arrivera-t-il avant les troubles sérieux que des évènements comme Cologne ne manqueront pas de susciter ?

            +1

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      • anne jordan // 03.02.2016 à 16h25

        En revanche , on peut librement , sans même être interrogé par le journaliste ( Guillaume Erner ), on peut , sur France culture , – ce matin , accuser le mouvement de boycott des produis israéliens d’avoir été inspiré , voire créé par des nazis et d’être une ” arme de guerre ” .

        http://www.franceculture.fr/programmes?p=0
        qui a dit cela ?
        voyons , qui peut tout oser , et c’est même à cela , etc…?

          +5

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  • Malta // 03.02.2016 à 18h01

    D’habitude je ne dis rien, car je suis d’accord avec la plus part des commentaires, mais aujourd’hui je n’ai pas l’impression qu’ils commentent l’interview.
    Je viens d’une famille catholique, je suis athée. J’ai des amis musulmans.
    L’interview du Patriarche orthodoxe m’intéresse car je vois qu’il ne fait pas du bashing Assad comme l’ensemble des médias.
    Je pense avec lui que pour que la Syrie se sorte de cette impasse, il est nécessaire d’abord de s’appuyer sur le gouvernement légitimement en place et que la France doit arrêter de prêter main forte aux magouilles qui ont mis ce pays par terre pour des raisons certainement illégitimes, avec des moyens dangereux et en se targuant d’être un pays démocrate

      +21

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  • christian gedeon // 03.02.2016 à 18h59

    Aaaaah. enfin… il était temps de donner la ,parole aux chrétiens d’Orient…il est vrai cher Olivier que longtemps on les a évité…comme si tu n’existais pas,comme dit la chanson… surtout ceux de Syrie et d’Irak,parmi les premiers chrétiens du monde,longtemps très longtemps avant que l’islam n’émerge…. ceux d’Irak et de Syrie font profil bas et ce qu’ils peuvent. Ceux d’Egypte,en dépit des vexations quotidiennes qu’ils subissent aux mains des musulmans font masse et résistent comme ils peuvent. les seuls qui constituent encore une force capable de se battre,sans espoir toutefois de remporter la victoire,sont ceux du Liban. Il était temps que vous donniez la parole à cet homme d’Eglise mais surtout d’un peuple en voie d’extermination,que seul le régime syrien en place continue à protéger,comme il peut…pour ma prt,je n’ai qu’une seule chose à dire… mais non,je ne la dirais pas!

      +8

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  • Lea_ // 03.02.2016 à 22h56

    “Nous constatons aussi que de l’autre côté il n’y a pas d’opposition démocratique, seulement des groupes extrémistes.”
    Ca alors! Il n’y a donc pas de “gentils rebelles” que la plupart des responsables politiques et médias occidentaux nous vendent depuis longtemps ?! Al Nosra ne fait pas” du bon boulot” ? J’en reviens pas!

      +5

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    • Silk // 03.02.2016 à 23h58

      on va dire que depuis le temps, Fabius s’est informé ^^
      D’ailleurs, tout comme à Maïdan beaucoupn’avait pas remarqué la présence de certains groupes d’extrême droite puis declaré par la suite que ceux ci ne représentaient rien, en Syrie, au début on nous a dit que c’était une opposition démocratique. Puis que les djihadistes ne représentaient pas plus de 15% de l’opposition :
      Article de mediapart, 12 septembre 2013 :

      titre :
      En Syrie, relativiser l’importance du phénomène djihadiste
      Chapeau :
      “Les djihadistes ne représenteraient que « 10 à 15 % » des combattants de la rébellion syrienne, selon le chercheur Romain Caillet. Ils sont mieux entraînés, mais le rapport de force sur le terrain est en train de changer à l’avantage des laïques et islamistes modérés.”

      En fait les versions évoluent avec le temps.
      Et quand les faits deviennent (particulièrement) têtus et surtout incontournables, la vérité éclaté forcément (quelques soient les diverses manières de la présenter, elle ressurgit).

      On remarquera aussi l’usage par Hagel dans l’article précédent du terme “Nos gars”.
      Il semble y avoir beaucoup de ” gars” étranger en Syrie tout de même.
      On peut comprendre que la chose prioritairement demandée par les syriens est de commencer par arrêter d’intervenir en armant et finançant les divers groupes sur le terrain.

        +2

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  • Catherine // 03.02.2016 à 23h52

    A l’occasion de cet article, il est intéressant de se rappeler l’avertissement lancé au Patriarche Maronite RAÏ fin décembre 2011.

    http://silviacattori.net/article2394.html

    N’était-ce pas que l’on anticipait ce qui pourrait advenir des chrétiens d’Orient, dès lors que l’on allait lâcher les coupeurs de tête en Syrie, projet élaboré quelques années auparavant comme en atteste les déclarations de Rolland Dumas ?

      +3

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  • christian gedeon // 04.02.2016 à 17h29

    Depuis des décennies les chrétiens d’Orient mettent en garde les occidentaux. Depuis des décennies ils sont ignorés,quand ils ne sont pas méprisés. EUX savaient depuis longtemps ce qui se passerait si on touchait au MO… Ils ont été vilipendés pour leur appui à saddam comme à assad… ils ont supplié que l’arrogance occidentale ne vienne pas mettre en péril les pays où ils sont installés depuis le premier siècle de notre ére… Chirac,qui a des défauts terribles,mais fin connaisseur du MO,avait mis en garde les vrais cons,même s’ils sont neos… Rien n ‘y a fait. le plus teerible c’est que Assad père,aveuglé par sa haine pour Saddam et les promesses américaines s’était joint à la première guerre du Golfe… erreur fatale. Il n’avait pas compris qu’il était le suivant sur la liste… et maintenant le MO est un champ de décombres et de souffrances. Et personne n’écoute les chrétiens d’Orient ,même à présent. Ou alors d’une oreille distraite. Et pourtant la prochaine étape est l’Europe que personne n’en doute…

      +3

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  • christian gedeon // 08.02.2016 à 13h45

    J’en termine avec mes interventions,que d’aucuns trouveront trop nombreuses,sur ce sujet en lançant un avertissement amical aux occidentaux,fussent ils les plus laïques. la destruction des chrétiens d’Orient préfigure votre propre destruction. Vous pouvez toujours sourire,me moquer,ou prendre des airs de vierges effarouchées.Si vous laissez faire,c’est votre condamnation à mort. je n’en dirais pas plus,tellement çà tombe sous le sens…mais en tous cas,vous aurez été avertis.

      +0

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