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3.février.20163.2.2016 // Les Crises

Chuck Hagel : la Maison-Blanche a tenté de me « détruire »

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C’est juste l’ancien ministre de la Défense d’Obama…

L’intérêt n’est pas tant sa vision que la compréhension du niveau de chaos politique dans l’administration américaine…

Source : Foreignpolicy.com, 18-12-2015

Dans un entretien exclusif, Chuck Hagel a déclaré que l’administration Obama était intervenue de manière invasive dans la gestion du Pentagone, l’avait poignardé dans le dos sur le chemin de la sortie et n’avait toujours aucune stratégie pour régler le problème syrien.

Par Dan De Luce

De retour d’un long voyage à l’étranger et souffrant de décalage horaire, le ministre de la Défense Chuck Hagel venait juste de s’installer avec sa femme à la table d’un bon restaurant italien au nord de la Virginie pour un dîner tranquille, quand son téléphone a sonné. Au bout du fil, c’était la Maison-Blanche. Le président Barack Obama voulait lui parler.

C’était le 30 août 2013 et l’armée des États-Unis était prête pour la guerre. Obama avait publiquement averti l’homme fort de la Syrie, Bachar el-Assad, que son régime devrait faire face aux conséquences, s’il franchissait « une ligne rouge » en employant des armes chimiques contre son propre peuple. Assad le fit quand même et Hagel avait passé la journée à approuver des plans finaux pour lancer contre Damas un barrage de missiles de croisière Tomahawk. Des navires de guerre américains étaient en Méditerranée, attendant l’ordre de tirer.

Au lieu de cela, Obama dit à Hagel, stupéfié, de démissionner. L’attaque chimique d’Assad le 21 août dans une banlieue de Damas avait tué des centaines de civils, mais le Président dit que les États-Unis n’allaient lancer aucune opération militaire contre le gouvernement syrien. Le Président avait décidé d’ignorer sa propre ligne rouge — une décision qui, pense Hagel, a porté un coup sévère à la crédibilité tant d’Obama que des États-Unis.

« L’histoire déterminera si c’était ou non la bonne décision », a déclaré Hagel à Foreign Policy dans un entretien de deux heures sur la politique étrangère, ses premiers commentaires publics détaillés depuis son départ forcé de ses fonctions en février. « Il n’y a aucun doute dans mon esprit que cela a nuit à la crédibilité du discours présidentiel quand cela s’est produit. »

Durant les jours et les mois suivants, dans le monde entier, les homologues de Hagel lui dirent que leur confiance envers Washington avait été ébranlée par la volte-face d’Obama. Et l’ancien ministre de la Défense a dit qu’à ce jour il entend toujours des plaintes de dirigeants étrangers. « La parole d’un Président est importante et quand le Président parle, on en fait grand cas », dit-il.

Hagel, à présent que le temps a passé et qu’il est disposé à parler de son mandat ministériel, a cité cet épisode pour illustrer la difficulté pour la Maison-Blanche de formuler une politique cohérente sur la Syrie, tenant d’interminables réunions qui n’aboutissaient souvent à aucune décision, tandis que les conditions sur le terrain empiraient et que le nombre de morts allait sans cesse grandissant.

L’ancien sénateur du Nebraska âgé de 69 ans et vétéran de la guerre du Vietnam, parlant pour la première fois du traitement qui fut le sien dans le gouvernement Obama, a dit que le Pentagone était soumis à l’ingérence paralysante et à la micro gestion de la Maison-Blanche — une critique faisant écho à celle de ses prédécesseurs, Robert Gates et Leon Panetta.

En repensant à son rôle, Hagel a dit dans l’entretien du 10 décembre qu’il restait perplexe quant au motif pour lequel certains représentants de l’administration ont cherché à le « détruire » personnellement dans les derniers jours de son mandat, le critiquant via des commentaires anonymes dans les journaux, et cela même après qu’il eut remit sa démission.

Bien qu’il ne la désigne pas par son nom, les critiques de Hagel visent clairement la conseillère à la sécurité nationale d’Obama, Susan Rice et certains membres de son équipe. Les anciens collaborateurs de Hagel et d’anciens responsables de la Maison-Blanche disent que le ministre de la Défense était souvent en conflit avec Rice sur la politique en Syrie et sur la prison militaire américaine à Guantánamo.

L’ancien chef du Pentagone offre la vision interne d’une administration qui fut prise au dépourvu par le conflit complexe en Syrie et par l’offensive de l’État islamique qui s’en suivit. Son compte-rendu décrit une administration qui a manqué de stratégie claire sur la Syrie pendant la période où il était en fonction et suggère qu’elle n’en aura pas de sitôt — malgré l’extension du carnage et des vagues de réfugiés.

La Maison-Blanche a refusé de commenter ce récit après avoir été informée des commentaires de Hagel sur les retombées de l’annulation des frappes contre Damas sur injonction d’Obama, l’absence d’une politique claire sur la Syrie et le traitement que lui a réservé l’administration.

Mais un haut responsable de l’administration, parlant sous couvert de l’anonymat, a dit que le Président n’était pas prêt procéder à des opérations militaires en 2013 sans avoir au préalable consulté le Congrès et en avoir reçu l’approbation. Et le résultat final de la décision d’Obama a ouvert la voie à un accord diplomatique négocié par la Russie qui a vu le régime d’Assad remettre ses réserves d’armes chimiques déclarées. « Le résultat final de tout ceci est une Syrie débarrassée de son programme d’armes chimiques », a déclaré ce responsable à Foreign Policy.

Le haut responsable a aussi souligné que pour battre l’État islamique, le Président possédait une stratégie claire reposant sur la puissance aérienne américaine et la formation de forces locales, tout en promouvant des tentatives diplomatiques pour mettre fin à la guerre civile en Syrie et négocier le départ d’Assad.

Nommé pour faire évoluer les objectifs du Pentagone sur des bases pacifistes et superviser des coupes budgétaires strictes, Hagel a du faire face à l’incursion de la Russie en Ukraine et à une nouvelle guerre au Moyen-Orient peu après son entrée en fonction en février 2013.

Et au sein du département de la Défense, il faisait face à une série de crises : la réduction systématique des budgets, l’arrêt des activités gouvernementales qui provoqua le chaos dans les budgets du Pentagone, une fusillade meurtrière qui fit 12 morts dans le complexe maritime de Washington, une vague d’affaires d’agressions sexuelles dans l’armée et un scandale lié à une fraude commise par certaines des équipes des missiles nucléaires.

En tant que ministre de la Défense, Hagel exécuta scrupuleusement la politique de l’administration. Mais ses commentaires publics nébuleux semblaient inappropriés en ces moments d’agitation et, bien qu’il n’ait commis aucune grosse erreur, il n’avait pas non plus de réussite majeure. Au plus fort des mesures répressives d’Abdel Fattah al-Sissi, alors ministre de la Défense, contre les Frères Musulmans en Égypte, les assistants de Hagel se vantaient des dizaines d’occasions durant lesquelles le chef de la défense des USA parlait à son homologue égyptien, dépeignant Hagel comme le principal lien entre l’administration et Le Caire. Ce qui ne se disait pas est que Sissi ignorait les exhortations de Hagel et continua sa campagne de répression brutale contre le groupe.

Cependant, le plus grand obstacle rencontré par Hagel est qu’il n’a jamais vraiment été intégré par le cercle rapproché de l’équipe d’Obama. Avant même qu’il occupe ce poste, sa réputation avait été salie par une audition de confirmation du sénat exceptionnellement tendancieuse, durant laquelle de nombreux anciens collègues républicains le dénonçaient comme inapte à cette position, le dépeignant comme hostile à Israël et faible dans sa position sur l’Iran.

Quelques Républicains l’avaient averti à l’avance qu’ils auraient à le « malmener » à l’audition à cause de leur mécontentement envers le président. Des sites conservateurs l’avaient décrit comme « antisémite » avant que l’audition ne commence. Mais le niveau de virulence à l’audition — de la part de législateurs avec lesquels il avait longtemps travaillé et pour lesquels il avait même récolté des fonds — fut un choc pour Hagel.

Plus d’un sénateur prirent les commentaires de Hagel hors de leur contexte ou déformèrent simplement ses propos. Pendant la guerre du Liban de 2006, Hagel avait appelé à la fin de « l’écœurant massacre » perpétré par les deux camps, mais les législateurs républicains l’accusèrent à tort de cibler Israël.

Le sénateur Ted Cruz (Républicain-Texas), un des principaux candidats à la Maison-Blanche aujourd’hui, accusa Hagel de recevoir d’éventuelles indemnités d’allocution en provenance de « groupes extrêmes ou radicaux », mais ne fournit aucune preuve.

« Il est au moins pertinent de savoir si les 200 000 $ qu’il a déposés sur son compte en banque proviennent directement d’Arabie Saoudite ou de Corée du Nord, » dit-il dans une prestation que certains commentateurs ont comparée au style diffamatoire de Joe McCarthy.

Hagel sembla déconcerté, mais choisit de ne pas résister. « Tout cela m’avait sidéré », dit Hagel à Foreign Policy. À un moment, Hagel rapporta incorrectement les propos du président sur sa politique en Iran, disant que le but était de « contenir » Téhéran.

Face à l’opposition sévère des Républicains, l’ex-sénateur dit à la Maison-Blanche qu’il était prêt à retirer sa candidature « parce que je ne veux entraîner ni le président ni le pays là-dedans. »

Obama, le vice-président Joe Biden — un vieil ami du temps où il siégeait au sénat — et le chef de cabinet de la Maison-Blanche, Denis McDonough, l’appelèrent tous pour l’encourager à persévérer. Mais certains responsables ne rallièrent pas sa cause. « Je sais que tout le monde à la Maison-Blanche n’était pas aussi compatissant », dit-il sans apporter d’autres précisions.

Après un blocage de ses collègues républicains, un événement sans précédent pour la nomination d’un ministre de la Défense, Hagel a été élu par un vote serré de 58 voix contre 41 suivant majoritairement la ligne du Parti. Seuls quatre Républicains votèrent en sa faveur. Après-coup, raconte Hagel, certains sénateurs républicains lui présentèrent, en privé, leurs excuses pour leurs attaques.

Pour Hagel, le combat amer pour sa confirmation illustrait le nouveau style de politique qui a pris les commandes à Washington : extrêmement partisan et ne faisant pas de quartier. Et il a fait office d’énième rappel de la quasi disparition de la branche modérée qu’il représentait au parti Républicain. Hagel se voit comme un républicain dans la lignée de l’ancien président George H.W. Bush et de l’ex-conseiller à la Sécurité Nationale Brent Scowcroft, des pragmatistes rationnels qui favorisaient une politique étrangère centrée sur les intérêts nationaux et des décisions applicables. Mais ce courant « va en se tarissant », dit-il.

« Je ne suis pas sûr que si vous demandiez au gens, ‘Qu’est-ce que le parti Républicain ?’ ils pourraient vous répondre », dit Hagel. Quand le poste de ministre de la Défense lui a été offert après la réélection d’Obama en 2012, un poste pour lequel il dit n’avoir jamais fait de demande ou de démarche, sa seule requête fut d’avoir accès au président.

Une fois en poste, sa requête était généralement acceptée. Mais il découvrit que parfois l’accès au président ne voulait pas forcément dire une réunion en tête à tête dans le bureau ovale. « Il y a des fois où j’avais appelé et demandé à avoir une réunion privée avec le président, mais quand j’arrivais, il y avait d’autres personnes dans la pièce », dit-il.

Ajournement des décisions

Alors que Hagel préférait les réunions en plus petit comité et les conversations téléphoniques à deux, la Maison-Blanche le convoquait souvent à de grandes sessions dans la Salle de crise dont l’ordre du jour de dernière minute était envoyé la veille au soir ou le matin même de la réunion.

Les délibérations de la Maison-Blanche sur la politique en Syrie et d’autres sujets conduits par Rice et ses adjoints semblaient ne mener nulle part, d’après Hagel. « D’abord, il y avait beaucoup trop de réunions et elles n’étaient pas productives », a déclaré Hagel. « Je ne pense pas qu’il y ait eu beaucoup d’occasions où nous soyons parvenus là où nous aurions dû. Nous avons continuellement reporté les décisions difficiles. Et puis il y avait toujours trop de monde dans la pièce. »

Au milieu d’assemblées plus grandes, comprenant des employés qu’il ne connaissait même pas, Hagel éprouvait des réticences à développer ses propos, de crainte que son point de vue ne se retrouve dans les médias. « Plus vous avez de monde dans une pièce, plus il y a de possibilités de fuites — servant des intérêts tout personnels — afin de modeler et influencer les décisions au sein de la presse », a-t-il révélé.

Hagel quant à lui préférait transmettre ses opinions au cours de réunions hebdomadaires que lui-même et le général Martin Dempsey, à l’époque commandant de l’état-major interarmées, avaient avec le Président ou lors d’échanges téléphoniques et de rencontres avec Rice, Biden ou le ministre des Affaires étrangères, John Kerry.

Les conseils sur la sécurité nationale conduits par le Président contrastaient par leur efficacité et leur précision, sans temps perdu à partir sur des digressions, précise-t-il.

« En deux temps trois mouvements », dit Hagel. « J’ai fini par atteindre le point où j’ai dit à Susan Rice que je ne passerai pas plus de deux heures dans ces réunions. Certaines d’entre elles duraient quatre heures. »

Mais le même haut fonctionnaire du gouvernement défendait les longues réunions du Conseil national de sécurité, plaidant que leur longueur s’expliquait naturellement par la complexité des défis que le pays rencontrait. « Cela démontre le processus politique rigoureux que nous menons. »

Toutefois Hagel déclara qu’on passait trop de temps à « couper les cheveux en quatre et à chercher des poux dans la tête », tandis que des questions plus importantes étaient ignorées. « On semblait se détourner des grandes questions. Quelle était donc notre stratégie politique en Syrie? »

Bien qu’il fût d’accord avec les réticences d’Obama à déployer un grand nombre de troupes au sol en Syrie ou en Irak, il voulait que le gouvernement forge un plan pour une résolution diplomatique en Syrie et clarifie si Bachar el-Assad devait partir et dans quelles conditions, a-t-il ajouté.

Tandis que la Maison-Blanche cherchait à rester en dehors du conflit syrien, l’avancée foudroyante de l’État islamique dans le nord de l’Irak en juin 2014 — alors que l’armée de Bagdad s’effondrait dans sa retraite — eu l’effet d’un « choc » sur le gouvernement, nous dit Hagel.

En août de cette même année, à la question posée par des journalistes lors d’une conférence de presse sur la nature de la menace posée par l’État islamique, Hagel répondit que : « cela dépasse tout ce que nous avons connu jusqu’ici ». Il fit référence aux compétences militaires, aux ressources financières du groupe et à son habile propagande en ligne comme à des dangers sans précédent qui surpassaient les organisations terroristes connues auparavant.

De hauts représentants du gouvernement n’étaient pas satisfaits de la description de Hagel, ce qui « me valut quelques critiques de la part de la Maison-Blanche » dit-il. Cependant les événements ont validé ses observations.

« Ensuite, on m’a accusé d’essayer de faire un battage médiatique, d’exagérer et d’amplifier les faits », dit Hagel. « Je n’avais pas toutes les données mais je savais que nous affrontions là quelque chose que nous n’avions jamais vu auparavant. Et qu’à bien des égards, nous n’étions pas préparés à cela. »

Pour Hagel, l’indécision de l’administration sur la façon de s’occuper du conflit syrien fut révélée avec force durant une audition du Congrès en septembre 2014, quand il fut cuisiné par des sénateurs à propos des plans du gouvernement pour constituer une force de combattants rebelles pour attaquer l’État islamique.

Le sénateur John McCain (Républicains – Arizona), un critique véhément de la stratégie anti-État islamique de la Maison-Blanche, demanda à Hagel si l’administration viendrait au secours des rebelles soutenus par les États-Unis s’ils se faisaient attaquer par le régime Assad. L’administration avait débattu de cette question pivot des semaines sans prendre de décisions et Hagel fut forcé d’improviser.

« Nous n’étions jamais arrivés à une réponse ou à une conclusion à la Maison-Blanche », dit Hagel à Foreign Policy. « J’ai dit ce que je pensais devoir dire. Je ne pouvais pas dire ‘Non.’, Bon Dieu, tous nos alliés nous auraient lâchés au Moyen-Orient. »

McCain le pressa et Hagel dit aux législateurs : « Nous aiderons ceux que nous avons entraînés et qui nous soutiennent en cas d’attaque contre eux. »

Mais la question resta une « criante » lacune dans la politique de l’administration, ce qu’il fit remarquer lors des réunions suivantes.

« Est-ce qu’on va soutenir nos gars ou est-ce qu’on ne va pas les soutenir ? » dit Hagel à Foreign Policy. « C’est une question cruciale. » Sollicité cette semaine pour faire ses commentaires, le haut responsable du gouvernement a rejeté le portrait dressé par Hagel comme trompeur et dit que le Département de la Défense avait un rôle majeur dans l’établissement du programme d’entraînement et aurait pu faire face à tous les problèmes survenant.

Un mois plus tard, ses inquiétudes s’accumulant à propos de l’absence d’une politique globale concernant la Syrie et le combat contre l’État islamique, Hagel écrivit une note de deux pages à Rice et Kerry — et une copie au président — disant que l’administration devait décider de son approche sur le conflit en Syrie et sur sa position envers le régime Assad. Le mémo soutenait que « nous n’avons pas de ligne politique », déclara Hagel à Foreign Policy.

« J’y écrivais : Nous ne parvenons pas à nos fins, souhaitées et souhaitables », disait-il « parce que c’est ce que me disent tous mes collègues du monde entier. Tous mes homologues m’interpellent au cours de réunions de l’OTAN et partout ailleurs, avec les mêmes questions : Que faites-vous donc ? Où cela va-t-il nous conduire ? »

Mais Hagel a dit que la note — qui ne fut pas bien reçue par la Maison-Blanche — ne devait être entendue que comme un appel à inventer une marche à suivre cohérente et non une tentative de dicter une politique.

« Dans la note, je n’accusais personne. Nom de Dieu, je faisais partie du Conseil de Sécurité nationale! », dit Hagel.

Depuis qu’il a quitté ses fonctions en février, Hagel dit n’avoir vu aucune stratégie sur la Syrie se concrétiser. « Le gouvernement a encore des difficultés à établir une stratégie politique mais le ministre des Affaires étrangères, John Kerry, effectue des progrès dans la bonne direction », a encore déclaré Hagel, citant des entretiens avec la Russie, l’Iran ainsi que plusieurs gouvernements arabes.

Bien que Hagel s’oppose à une escalade majeure de la campagne militaire contre l’État islamique, ses critiques de l’administration vont très certainement nourrir une critique républicaine menée par McCain, disant que l’administration Obama a été faible et indécise sur le conflit syrien.

Ce résultat prend une tournure ironique pour Hagel dont les violentes critiques envers l’administration du Président George W. Bush à propos de la guerre en Irak — et son opposition au déferlement de troupes de 2007 — ont généré un ressentiment durable parmi ses confrères républicains, McCain inclus.

Ingérences au Pentagone

Le penchant de la Maison-Blanche à intervenir était un problème fréquent, dit Hagel. Dempsey se plaignait que des membres de la Maison-Blanche appelaient des généraux « et posaient des questions de niveau 5 dans lesquelles la Maison-Blanche ne devrait pas être impliquée », dit-il

Les prédécesseurs de Hagel, Gates, Panetta ainsi que Michèle Flournoy, l’ancienne n°3 au Pentagone, ont tous critiqué les prises de décisions centralisées de la Maison-Blanche et ses interférences dans les rouages du département de la Défense.

Hagel dit que les ingérences politiquement motivées combinées avec une prolifération de la bureaucratie au Conseil National de Sécurité posent un vrai problème pour la branche exécutive — pouvant potentiellement enrayer le bon fonctionnement du Pentagone et de bureaux dans d’autres cabinets.

« Il y a un danger dans tout ça », dit-il. « Il s’agit ici de gouvernance; pas d’objectifs politiques. Il s’agit de faire fonctionner le pays et de devancer les dangers et les menaces que vous voyez arriver. »

Réagir à la Russie

La prise de la péninsule de Crimée en mars 2014 par la Russie et son soutien aux séparatistes pro-Russes en Ukraine a pris de court Washington et produit un autre désaccord entre Hagel et les représentants de la Maison-Blanche.

Lors des réunions du Conseil de Sécurité nationale, Hagel dit qu’il avait souligné l’importance d’éviter une confrontation directe avec Moscou et de garder les canaux de communication ouverts avec les militaires russes. Mais il exhorta l’administration à envoyer un signal clair à Moscou — et aux alliés des Américains en Europe — en expédiant des messages et du matériel au gouvernement ukrainien pour son combat contre les séparatistes pro-Russes.

« J’ai aussi fait remarquer que les États-Unis devraient donner plus d’équipement non-létal aux Ukrainiens que nous ne le faisions et beaucoup plus rapidement », dit-il. « Il faut garder à l’esprit qu’il y avait une optique de leadership global. Le monde, nos partenaires de l’OTAN compris, observait pour voir comment nous allions répondre. »

L’administration bougea trop lentement pour aider Kiev, dit-il, bien qu’il ne pense pas que Washington aurait dû donner des armes aux Ukrainiens.

« Je pense que nous aurions dû faire plus, que nous aurions pu faire plus », dit-il.

Discorde sur Guantánamo

A part son irritation vis à vis des dérives de l’administration concernant la Syrie, Hagel dit que certains de ses plus gros désaccords avec la Maison-Blanche venaient du controversé centre de détention de la baie de Guantánamo à Cuba.

Suite à une loi adoptée par le Congrès, Hagel, en tant que ministre de la Défense, avait la responsabilité ultime de l’approbation du transfert de prisonniers vers d’autres pays. Ce qui voulait dire qu’il serait tenu responsable si un détenu relâché prenait plus tard les armes contre les États-Unis.

La Maison-Blanche, dans une tentative de tenir la promesse d’Obama de fermer l’établissement, qui avait été condamné par des groupes de défense des droits humains comme une zone de non-droit, fit pression sur Hagel pour approuver les extraditions de prisonniers.

Mais Hagel refusait ou retardait souvent la signature de dizaines de transferts quand il jugeait le risque envers la sécurité trop important, se fondant souvent sur des avis internes au département de la Défense.

La Maison-Blanche fut de plus en plus profondément exaspérée par Hagel et ses retards.

« C’est devenu assez méchant, assez brutal », dit Hagel. « Je me faisais tout le temps rentrer dedans à ce propos à la Maison-Blanche. »

Bien qu’il ait soutenu depuis longtemps la fermeture du centre de détention, Hagel soutint qu’il ne voulait pas être poussé à approuver des transferts. La Maison-Blanche continua à faire pression, arguant que les intérêts de sécurité devaient être comparés aux dommages causés à l’image de l’Amérique à l’étranger tant que Guantánamo restait ouvert et aux arguments que cela fournissait à la propagande extrémiste.

Les querelles concernant les prisonniers de Guantánamo furent citées par des responsables de la Maison-Blanche comme la dernière goutte qui obligea Hagel à démissionner. Mais durant ses deux années en poste, Hagel avait approuvé 44 transferts de détenus. Son successeur, Ash Carter, a autorisé seulement 15 transferts selon le Pentagone, citant des chiffres datant du 15 décembre. À ce rythme, à la fin du second mandat d’Obama, Carter aura autorisé moins d’extraditions que Hagel.

Après s’être affronté régulièrement à la Maison-Blanche, Hagel dit qu’il était probablement inévitable qu’il ait à démissionner du poste de chef du Pentagone, étant donné les désaccords qui s’étaient développés. Mais il n’était pas préparé à la façon humiliante dont il fut écarté, « avec certaines personnes qui m’ont calomnié officieusement comme des lâches. »

La Maison-Blanche demanda à Hagel s’il voulait rester jusqu’à ce qu’un successeur soit trouvé et il accepta. Mais même après qu’il ait accepté de partir, dit-il, certains officiels le démolirent dans des commentaires anonymes dans les journaux, affirmant qu’il parlait rarement aux réunions de crises et s’en remettait à Dempsey, le chef d’état-major des armées.

« Ils avaient déjà ma démission, quel intérêt y avait-il à continuer d’essayer de me détruire ? » dit-il.

C’était une fin douloureuse pour une carrière durant laquelle Hagel avait remporté succès après succès. Après avoir combattu au Vietnam en 1968, où il a été décoré de deux médailles Purple Heart, il a servi en tant que membre du personnel du Capitol Hill, le siège du congrès, puis il a travaillé comme administrateur adjoint à l’administration des vétérans sous la présidence de Ronald Reagan, fait fortune au début de l’industrie du téléphone portable, gagné habilement deux mandats de sénateur du Nebraska et fut à un moment considéré comme un éventuel candidat à la Maison-Blanche.

Malgré la façon dont son passage au Pentagone s’est terminé, Hagel dit toujours tenir Obama en haute estime « J’ai toujours eu une très bonne et positive relation avec le Président. »

Hagel — qui partage avec Obama un scepticisme sur l’usage de la force militaire — se félicite que le président n’ait pas réagi de manière excessive aux menaces terroristes, pour chercher un rééquilibrage stratégique envers l’Asie-Pacifique et pour avoir scellé un traité marquant avec l’Iran visant à limiter son programme nucléaire.

Mais Hagel reste peiné par la façon dont son mandat en tant que chef du Pentagone a été détruit par ce qu’il voit comme des coups de poignard dans le dos de la part de certains membres de la Maison-Blanche.

« Je ne sais pas quel était le but. A ce jour, j’en suis toujours perplexe. Mais je vais de l’avant. Je suis fier de mes états de service », dit-il.

Cependant, il ajoute : « J’aurais préféré que mes jours en tant que ministre de la Défense ne se terminent pas de cette façon. »

Photo crédit: NICHOLAS KAMM/AFP/Getty Images

Source : Foreignpolicy.com, 18 décembre 2015

Traduit par les lecteurs du site www.les-crises.fr. Traduction librement reproductible en intégralité, en citant la source.

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Commentaire recommandé

Sébastien // 03.02.2016 à 02h12

Ah ben mon pauvre Hagel, tu sais, nous aussi on peut se faire virer sur un coup de fil ou un SMS. C’est moderne, quoi.
Et pis un politique, ça ment comme un arracheur de dents. Tu ne le savais pas???
Ah, et puis juste un détail au milieu de cet évènement cataclysmique: Bachar El Assad n’a jamais utiliser d’armes chimiques. C’est ballot.
Bien essayé la tentative de désinformation tout en parlant d’un autre sujet…. C’est Obama qui te l’a soufflé au téléphone? Ah la stratégie militaire, ça vous marque à vie.

28 réactions et commentaires

  • Sébastien // 03.02.2016 à 02h12

    Ah ben mon pauvre Hagel, tu sais, nous aussi on peut se faire virer sur un coup de fil ou un SMS. C’est moderne, quoi.
    Et pis un politique, ça ment comme un arracheur de dents. Tu ne le savais pas???
    Ah, et puis juste un détail au milieu de cet évènement cataclysmique: Bachar El Assad n’a jamais utiliser d’armes chimiques. C’est ballot.
    Bien essayé la tentative de désinformation tout en parlant d’un autre sujet…. C’est Obama qui te l’a soufflé au téléphone? Ah la stratégie militaire, ça vous marque à vie.

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  • odjo // 03.02.2016 à 02h49

    Chuck Hagel le serviteur de l’empire du bien qui ne voyait lui aussi sans doute que des terroristes moderes en Syrie . Et c’est encore heureux qu’il ne lui fut pas permis de detruire l’Etat laic Syrien car ses “bons terroristes moderes” feraient de nos jours encore plus de carnage .

      +45

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  • grub // 03.02.2016 à 02h55

    Une confirmation supplémentaire de la puissance de l’état profond américain.
    Des lobbys aux intérêts contradictoires qui paralysent de plus en plus le gouvernement.
    La faillite de l’état face aux intérêts privés voire étrangers.
    Avec quelques années de retard, c’est ce que l’on peut observer en France aussi.

      +7

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  • DUGUESCLIN // 03.02.2016 à 05h12

    Le peuple syrien a eu chaud. Les bombardements américains, comme l’expérience le montre, sont dramatiques pour les civils qui y survivent. Le but étant, bien sûr, de mettre fin au massacre du peuple par les méchants. Les gentils ont le droit de massacrer pour que les méchants ne puissent pas le faire.
    Mais on leur a collé Daesh à la place.

      +22

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  • atanguy // 03.02.2016 à 06h48

    Le but de la bureaucratie du Pentagone c’est: Faire la guerre,acheter des armes,empocher des dessous de table,faire la guerre… etc.. Ça s’appelle le complexe militaro-Industriel et ça marche bien mieux encore que quand Eisenhower l’a dénoncé. Dans tout cela Hagel n’était qu’une marionnette qui n’a pas plus compris les règles du jeux maintenant que quand il s’imaginait être aux commandes,enfin c’est peut-être ce qu’il voudrait nous faire croire..

      +26

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  • Pierre Bourdon // 03.02.2016 à 07h06

    À part les attaques chimiques qui ont été orchestré non pas par le régime Assad mais bien par les djiadhistes à qui la Turquie avait fournis le matériel, il y a ces deux missiles balistiques tirés depuis les bateaux us stationnés en Méditerranée qui ont été interceptés par les russes. Raison de plus pour demander ta démission cher M. Hagel

    http://www.legrandsoir.info/les-dessous-du-tir-des-deux-missiles-en-mediterranee.html

      +38

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  • RonRon // 03.02.2016 à 07h30

    Comme Sarkozy nous a fait regretter Chirac, comme Hollande nous a fait regretter Sarkozy, le prochain président US va nous faire regretter Obama.

      +18

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    • Philippe30 // 03.02.2016 à 07h57

      Surtout si c’est une présidente , femme d’un ancien président

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  • FifiBrind_acier // 03.02.2016 à 07h33

    Ce qui s’est passé en 2013 est simple: l’ US Navy est tombée sur un os.

    “La technique habituelle des Américains est rodée : ils brouillent les radars et les systèmes de défense, liquident les défenses anti-aériennes et les avions, puis déposent tranquillement un tapis de bombes. Une fois l’ennemi rendu aveugle, la messe est dite.”

    Mais cette fois ils sont tombés sur un os: impossible de localiser les radars syriens.
    L’armée syrienne avait eu le temps d’anticiper le scénario, et avait confié le soin aux Iraniens et aux Russes d’être ses yeux et ses oreilles. Confirmation avec les deux missiles tirés par les Américains en Méditerranée, qui avait pour objectif de tester les radars syriens.
    Ce sont les Russes qui ont signalé l’incident. Tout est dit.

    Le détail et la suite : ” Échec et Obamat en Syrie”
    http://www.agoravox.fr/actualites/international/article/echec-et-obamat-en-syrie-140767

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  • Ouaille // 03.02.2016 à 07h59

    Je continue à me souvenir de ces deux missiles tombés en mer alors qu’ils se dirigeaient vers la Syrie, soi-disant dans le cadre d’un exercice americano-israélien.

      +18

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  • clandais // 03.02.2016 à 08h57

    Comment voulez-vous qu’on prenne au sérieux une minute cet article quand :

    1) Il n’est nul fait mention de la raison pour laquelle les Etatsuniens ont reculé (déploiement russe, qu’ont confirmé des officiers de l’armée française)
    2) Il est considéré comme allant de soi que Bachar El Assad avait utilisé des armes chimiques contre son peuple – alors qu’une enquête officielle effectuée par la suite n’a pu confirmer cela.

    On se dit que tout le reste est aussi de la propagande.

      +39

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    • RMM // 03.02.2016 à 09h38

      Effectivement, gros mensonges par grosses omissions. C’est la politique russe qui paralysait la politique syrienne US.
      Mais le plus gros, c’est de faire croire que les USA n’ont pas aidé les terroristes…
      Quant à avoir été pris de cours par la réaction russe en Ukraine, cela démontre une absence totale d’analyse et de prévision. D’ailleurs, ce à quoi Hagel aurait du s’opposer, c’est à un coup d’état idiot et dont il voyait bien que personne n’avait mesuré les conséquences – et lui encore moins.
      Mais le plus extraordinaire, c’est de voir les Européens et autres otanesques continuer de suivre aveuglement un gouvernement dont ils voient bien qu’il ne sait pas ce qu’il fait.

        +23

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    • Dominique // 03.02.2016 à 12h37

      « alors qu’une enquête officielle effectuée par la suite n’a pu confirmer cela. »
      Pire que ça ! La très respectable MIT a démontré que le vecteur des rames chimiques n’a pu partir que d’une zone contrôlée par les rebelles.

        +16

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    • Pascal // 03.02.2016 à 20h27

      Ce qui est interessant (quand on voit d’où vient le texte), c’est d’essayer de comprendre pour quel but il a été écrit (car il s’agit de politique intérieure).
      Peut-être pour pousser l’administration à prendre position plus franchement ? (Chose que Hager semble regretter …)
      En tout cas cet article a une visée politique interne, ca semble évident.

        +3

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  • Pepin Lecourt // 03.02.2016 à 10h01

    Ces Messieurs du Pentagone débattant de la manière de faire partir Assad !

    Ah bon ?

    Et l’avis du peuple Syrien là-dedans ?

    Ah j’oubliais, pour les USA il n’y a que des colonies, ou des ennemis à chasser et détruire !

    Mais au nom de la démocratie et des droits de l’homme naturellement !

      +27

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  • istina // 03.02.2016 à 10h37

    Baracka Obama annula les lancements de missiles de croisières contre
    Damas, lorsqu’il eut confirmation que les contenants étaient issus de
    i’Arabie Saoudite
    .
    Il ne restait plus que la France pour insister que Damas soit liquidé
    ainsi que Bachar el Assad le mal aimé des occidentaux réputés
    anti dictatures triées au préalable et, de préférences Socialistes ? Parti BAAHS; de
    véritables Fadas ignorant tout du Wahabisme et, comme le disait Jésus
    il y a quelques deux Millénaires {{{ Ils ne savent pas ce qu’ils font }}}
    Les Camarade Socialistes Soviétiques eux, les internaient en Hôpitaux Psychiatriques;
    auraient-ils fait école depuis ?

      +2

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  • Olposoch // 03.02.2016 à 12h01

    A propos des USA, je ne sais pas si c’est hors sujet, [modéré]

    Il ne vous a pas échappé que les primaires ont commencé là-bas…

    Première primaire et déjà des doutes.

    De doutes comme en 2008, entre Clinton et Obama, doutes évacués et primaires lissées en haut lieu (Chantilly, VA, 2008)…

    Et donc nous avons comme d’habitude des “candidats” républicains tous plus cons les uns que les autres, Trump, Palin et des fous de dieu, USA oblige, des “candidats” démocrates, financée par les militaro-industriels et les saouds pour l’une, et un discours à la Tsipras-d’avant pour l’autre…

    Pop-corn

    Première primaire, avec tirage au sort chez les démocrates, Clinton gagne 6 fois de suite, et donc gagne. Sanders demande le recompte des voix…

    Same old story… pour ceux qui s’amusent à regarder la première puissance du monde incapable de faire fonctionner un semblant de démocratie sur son sol, je conseille la lecture des billets du meilleur journaliste indépendant, et expert, voire référence absolue en la matière…

    Brad Friedman, et son blog: http://www.bradblog.com/

      +5

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    • Olposoch // 03.02.2016 à 12h17

      A noter aussi que ces élections avaient suscité la candidature d’une personnalité de valeur, mais que celle-ci a promptement été évacuée par le système…
      “Lessig dropped out of the Democratic primary on November 2, 2015, shortly after the rules for participation in the next debate were changed such that he would no longer qualify” (source wikipedia)

      “the rules… were changed”… “”would no longer qualify”

        +7

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    • luc // 03.02.2016 à 13h32

      je soupçonne fortement les usa d’être champion dans le trucage d’élections, surtout depuis le sketch des présidentielles ex aequo qui se seraient jouées à 3 électeurs de palm beach près, avec une histoire de machines à faire des trous dans les bulletins pour voter, machines qui étaient peut-être trop vieilles et qui faussaient les votes accidentellement, je vous passe la suite de l’aventure (https://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89lection_pr%C3%A9sidentielle_am%C3%A9ricaine_de_2000#L.27imbroglio_de_Floride) oui messieurs dames, il s’agit bien du pays d’hollywood

        +10

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      • Lysbeth Lévy // 03.02.2016 à 16h10

        Exact Luc, le trucage à eu lieu deux fois : en 2000 déjà (et 2004) le clan Bush devait passer pour la mettre en place le programme néoconservateur du PNAC et celui du 11 septembre 2001 : http://www.agoravox.fr/actualites/international/article/c-est-officiel-bush-n-avait-jamais-33140

        Et dire qu’on pense que ce pays est démocratique et que seuls les autres, dont la Russie peuvent tricher aux élections. Accusé, Poutine par l’élite pro-occidentale (agents de l’étranger) de son pays d’avoir truqué ses élections pour prendre et garder le “pouvoir”.

        De toute façon le système n’est pas et n’a jamais été démocratique, pas plus que le notre, hein, Zbigniew Brzezinski ne se gêne pas pour dire qu’après Kennedy tous les présidents qui sortiront seront “élus” par la “Trilatérale” et sans doute la COG (l’état profond) qui a les vrais pouvoirs, avec ceux de la FED. ….

          +12

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  • Michel Ickx // 03.02.2016 à 12h45

    Les jérémiades du bon Chuck Hagel me rendent presque sympathique le fragile Nobel d’économie qui harangue les peuples depuis son Bureau Oral de la maison Blanche.

    Mais tous les commentaires précédents, basés sur des faits réel et maintenant connus, ont souligné la faiblesse de ses arguments sur la situation en Syrie.

    Je suis une fois de plus impressionné par les analyses de Philippe Grasset (dedefensa) sur la confusion totale qui règne dans l’administration USA et au sein du groupe atlantique/UE.

    Voir Hagel contre Obama, mais en même temps attaqué par McCain donne une idée du chaos politique et militaire à Washington.
    Les nombreuses factions et tendances semblent répondre au même chaos qui règne entre la variété de groupes jihadistes et fanatiques de tout poil : Al Nosra, Boko Haram, Les Frères Musulmants, Daesh etc.

    Les déclarations des va-t-en-guerre et des fantaisistes de la Présidentielle ajoutent à cette sensation de confusion totale. Ce n’est guère mieux chez les européistes et chez les guerriers de l’OTAN.

    Avec, pour toile de fond, la crise Chinoise et l’incertitude croissante des marchés, les cygnes noirs ne manquent pas.

    A quand l’effondrement de ce monde hérité du XXème siècle pour laisser place au nouveau paradigme qu’il faudra bien construire malgré les grandes difficultés et les risques prévisibles?

      +7

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  • Chris // 03.02.2016 à 13h17

    En pleine campagne électorale, les squelettes des placards dorés prennent l’air, pendant que s’amorce le règlement du conflit syrien :
    http://www.romandie.com/news/Syrie-la-Russie-narretera-pas-ses-bombardements-avant-davoir-reellement-vaincu-_RP/672967.rom
    Comme savent si bien communiquer les Russes, les raisons sont claires et précises !

    Le but de cet épanchement ? Je ne suis pas suffisamment la politique US pour en trouver les motifs et cibles. Mais une certitude (la fameuse intuition féminine), Chuck Hagel est en service commandé.

      +5

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  • thmos // 03.02.2016 à 13h54

    Nous constatons la médiocrité des politiques américains ( ou français) lors des primaires. Pourquoi ces mêmes gens incultes, corrompus et violents se transformeraient-ils soudainement en “compétences” ou en responsables, une fois au pouvoir ? Hagel pleurniche en dénonçant un système auquel il a participé, soucieux de son image de sa carrière (ce sont les turcs qui ont franchi la ligne rouge en organisant la gazage de Ghouta par les dlihadistes) Même pourrissement des situations par l’inaction des gouvernements là bas comme en France. Même parti pris illégitime pour les faucons israéliens, même russophobie criminelle ( + 200 russes assassinés par Daesh ), même économies exsangues. Mais aux USA des voix dénoncent la mainmise maffieuse sur le pays ( sur la Fed et les affaires militaires ) par une communauté.

      +5

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  • luc // 03.02.2016 à 14h00

    cet article est peut-être simplement un exercice de communication qu’on appelle “propagande de guerre” : il faut que la population s’indigne en cas d’une autre hésitation du style de celle concernant l’affaire des armes chimiques en syrie, et qu’elle se mobilise lors de la prochaine possibilité d’envoyer la magnifique armée américaine au combat ( ce qui ne tardera pas)
    pour cela, on pousse la population à retrouver l’esprit compétitif américain, la célèbre “winning attitude”, afin de rester le numéro un mondial…

      +2

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  • petitjean // 03.02.2016 à 16h17

    ce que dit ce Hagel n’est pas forcement la vérité

    ces gens vivent dans le mensonge

    en tout cas Obama a bien fait de ne pas intervenir en Syrie. Leurs interventions en Iraq et en Afghanistan se sont soldées par un désastre et des centaines de milliers de morts : excusez du peu !

    Et à propos des armes chimiques que Assad aurait utilisé contre son peuple, il a été démontré depuis que ce sont les islamistes qui les ont utilisées.

    Les USA sont très forts pour inventer des prétextes à leurs guerres. Sadam est ses supposées armes de destructions massives en sont encore un exemple.

    des infos ici:
    http://www.dedefensa.org/

      +4

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  • openmind // 03.02.2016 à 18h30

    Comme dit Olivier, la vérité ne sort pas de la bouche de Hagel, mais il est extraordinaire de voir à quel point il croit à tous ces mensonges( pas ses mais ces), c’est l’autosuggestion d’Orwell (double pensée) en action jusqu’à en être convaincu. Bref je pense que au dessus de lui, il y a quelques personnes qui savaient que les missiles et les appareils de brouillage russes étaient supérieurs à ceux de l’OTAN et on donc prudemment fait marche arrière au moment de balancer des tomawaks sur la Syrie comme sur l’IRAK…voilà…j’ai même cru comprendre qu’ils en avaient essayé 2, 1 a été détruit en vol et le second détourné pour s’écraser en mer …mais je ne suis pas un journaliste(un vrai je veux dire) donc je ne suis plus capable de me rappeler où j’ai lu ça, propagande certainement…

      +3

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  • Ailleret // 03.02.2016 à 22h35

    Hagel se révèle comme une pitoyable marionnette. Et Foreign Policy, une “revue prestigieuse” comme disent les perroquets pour les torchons anglophones ? Tu parles ! Laissons ce monde-là s’écrouler, il ne mérite même pas notre mépris.

      +3

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