Tiens, aujourd’hui, une surprise depuis Bruxelles, et pour une fois, une bonne ! La Commission Européenne a surpris son monde en proposant une séparation des activités bancaires bien plus ambitieuse qu’attendu. Pas mal ce Barnier – j’avais eu l’occasion d’échanger 2 minutes chrono avec lui, et il avait l’air de ne pas vouloir se laisser manipuler par les banquiers ; j’étais dubitatif, mais bon, sur ce coup-là, chapeau ! (ok, quelques pensées électoralistes en tête aussi, mais vu les temps de disette régulatrice, je prends quand même !)

Bon, après ne rêvons pas, c’est loin d’être une vraie et grande séparation. Mais ça peut être un sérieux début. Genre 20 % du chemin. Comme avec la loi française, on en était à 1 %, il y a un sacré progrès…

Ce n’est encore qu’un projet, non encore validé, et encore moins discuté devant le Parlement, mais ça a une belle figure. C’est assez proche du rapport Liikanen (pour ceux qui suivent de près)

I. Le projet

En gros, 2 volets

  1. fin de la spéculation de la banque “pour compte propre”, autrement dit avec son argent
  2. possibilité donnée au régulateur d’imposer à une des 30 grosses banques européennes de séparer vraiment ses activités spéculatives, si elles sont très importantes. Si le régulateur ne le fait pas, il devra expliquer pourquoi…

II. L’analyse

Le premier point est très bien. Disons c’est le minimum : les fonds propres sont une garantie pour le client, il est juste indéfendable que la banque spécule avec. Point final. C’est par exemple le cas depuis toujours chez les assureurs. Et c’est le coeur de la réforme américaine (dite Volcker)

C’était un peu l’idée de la loi française, sauf qu’elle proposait de le filialiser (ce qui n’a aucun sens ; réfléchissez 2 minutes sur le sens “logique” de filialiser une activité pour compte propre, c’est assez drôle, car ça n’a aucun autre sens que de l’interdire. Bah oui, ex post, une activité spéculative dans une filiale, c’est plus une activité pour compte propre de la mère, par définition. C’est une filiale qui spécule, quoi. Comme avant. On ne peut pas différencier ces activités du reste des activités spéculatives, puisque le critère d’identification n’était pas un type d’activité précis, mais juste d’être fait pour compte propre, et ce critère disparait une fois que c’est filialisé… Bref, laissez tomber, c’est un message technique destiné aux contrôleurs de l’ACP – bon courage les gars !. Et surtout qu’elle essayait de distinguer du “trading pour compte propre utile” ou “inutile” – ce qui est aussi risible.

Ici, Barnier fait le job, tout doit s’arrêter, point.

Le souci, c’est que ce problème de trading pour compte propre, est une petite partie du problème. Car on a déjà vu ici que nos banques sont parmi les plus pauvres DU MONDE. Cela a été rappelé par Bloomberg la semaine dernière (manque de fonds propres des banques françaises : 285 milliards d’euros !!!! Près de 5 ans d’impôt sur le revenu pour situer…) Donc c’est mal qu’elles spéculent avec leur argent, oui, mais elles en ont tellement peu, que ce n’est pas le coeur de la spéculation, loin de là – allez, 5 % de l’activité au max, je suis généreux. C’est pourquoi la loi française ne concernait que 0.,5 % de l’activité au final suivant l’aveu des banquiers…

La seconde partie est intéressante, car elle permet une séparation assez avancée (bon, ça reste des filiales), mais le problème c’est que ça restera optionnel. Même s’il serait savoureux que le régulateur explique pourquoi il ne sépare pas Société Générale… Bien entendu, pour que ça marche bien, il faudrait expliquer que si le régulateur se trompe, c’est 5 ans de prison ferme pour lui – je pense que ça donnerait des visées séparatrices assez avancées – ça marche bien le “qui casse, paye”…

Jolis papiers du Monde et des Echos en synthèse

Pour le premier, on soulignera le titre pravdaesque : “L’ambitieuse réforme des grandes banques européennes de Michel Barnier”. Alors qu’il dit aux Echos :

Depuis longtemps, j’ai dit que mon objectif n’était pas de séparer les banques en deux. Je soutiens la diversité du paysage bancaire européen.

Bref, limitée l’ambition…

On notera cette phrase amusante dans le second article :

Ce n’est pas le grand, soir, et Bruxelles ne prône pas de couper en deux les banques comme les ONG en avaient rêvé.

Eh oui, pardi, il n’y a que les ONG pour penser ça (c’est bien les mecs en tong dans le Larzac, non ?), et en plus, “en rêve” !

Voici donc des membres éminents de la confrérie des rêveurs en ONG (tiré du Verbatim des 130 personnalités publié par DiaCrisis) :

  • Bill Clinton – et son acolyte Républicain Newt Gringrich (ayant tué le Glass Steagall)
  • Michel Rocard
  • James Baker
  • John Mc Cain
  • Helmut Schmidt
  • Joseph Stiglitz (Nobel 2001)
  • Maurice Allais (Nobel 1988)
  • Edmund Phelps (Nobel 1996)
  • John Kay
  • Nicolas Baverez
  • Jacques Attali
  • Jean Peyrelevade
  • Bernard Esambert
  • Gael Giraud
  • Frederic Lordon
  • Charles Gave
  • les banquiers Sandy Weil et John Reed (ayant tué le Glass Steagall)
  • etc

Voilà. Des nains, quoi…

Bon, il est vrai qu’en face on a du lourd niveau personnes compétentes et non payées par les banquiers, qui défendent le modèle de banque universelle :

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Voilà.(le pire, c’est que je ne blague pas du tout, cherchez…)

Bon, il y aussi Pierre Moscovici, mais il ne répond pas au critère.

Ah, dans les rêveurs ONG, j’avais aussi oublié : le Financial Times !

III. Les réactions

Alors c’est là que c’est drôle. Comment a réagi le gouvernement néolibertaire aux propositions de l’UMP Barnier ?

Eh bien, sans surprise – et dans la droite ligne du billet de vendredi sur les 30 ans de la loi bancaire française : on n’est jamais déçu niveau néolibéralisme avec les “socialistes” !

Pierre Moscovici, le ministre de l’Economie français, a exprimé de façon claire ses réserves lundi, à l’occasion d’une conférence de presse à Bruxelles.

« Nous demandons que le texte respecte nos législations, qui sont adaptées à notre système financier. Nous en avons parlé ce matin avec Wolfgang Schäuble [son homologue allemand, NDLR] au comité franco-allemand », a expliqué le ministre. Interrogé pour savoir si cette déclaration valait office d’avertissement, il a répondu que « les législations française et allemande ont anticipé la législation européenne ». En clair, la France n’a pas envie d’aller plus loin.

Donc on a anticipé la législation, mais quand elle arrive, c’est le drame, elle va bien trop loin ! Note d’anticipation : 1/20

J’avais déjà expliqué que le but de la précipitation française à faire une loi bancaire était de torpiller la réglementation européenne à venir. Loupé ! Note de vision politique : 1/20

Ceci étant, je dirais aussi à Mosco “ben alors, elle est où “l’Europe fédérale la chance” ?”

Marie-Anne Barbat-Layani, la nouvelle directrice générale de la Fédération française des banques s’inquiète de la « confusion » nationale créée par cette « initiative intempestive ». Au-delà, c’est dit-t-elle, « un sujet préoccupant notamment pour le financement des entreprises ».

Bien sûr, 5 ans après la crise, la proposition arrive : c’est intempestif…

Après, classique, odieux chantage au financement des entreprises, pur pipeau, comme d’hab, mais plus c’est gros, plus ça passe… Je rappelle que ça a été séparé en France entre 1945 et 1995 : où y a t il eu des soucis pour financer les boites durant les 30 Glorieuses ??? C’est dingue, j’ai l’impression que c’est maintenant qu’il y a des soucis, non ? Et puis allez expliquer que les PME sont mieux financées quand la banque a le choix entre “leur prêter ou spéculer sur le yen à Tokyo” plutôt que quand son seul métier est de prêter aux PME, faut oser quand même…

Bon après, je jette pas la pierre, vu le pognon que la FBF a dépensé en graissage de pattes (allez, d’assiettes plutôt) à Bruxelles, pas rentable l’investissement…

Dans un courrier adressé à Michel Barnier, commissaire européen en charge des services financiers, Gérard Mestrallet, le président de Paris Europlace, renchérit : « Le refus de distinguer entre spéculation et activité de financement de l’économie constitue une faiblesse notoire de ce texte » . Le président de l’instance patronale, Pierre Gattaz, va de son côté jusqu’à parler de « menaces ». « Je regrette que le projet remette en cause les services complets proposés par nos banques universelles aux entreprises », dit il. Pour l’occasion, le Medef a fait cause commune avec la Fédération des industriels allemands. Dans un courrier à José Manuel Barroso, le président de la Commission européenne, les deux organisations demandent que soit reporté le projet de règlement pour donner le temps aux consultations.

Bah oui, c’est sûr que si on retrouvait BNP d’un côté et Paribas de l’autre, ce serait le drame. Tiens, ils ne sont plus pour la concurrence au Medef ? Et oui, 5 ans, c’est intempestif, prenons 5 ans de plus pour consulter. C’est tellement compliqué comme problème… On a vu, tous ces spécialistes indépendants qui hésitent…

A ses côtés, la Bundesbank a souligné que la problématique du « too big to fail » ne saurait être résolue en séparant une banque en deux, mais plutôt en instaurant un mécanisme solide de démantèlement de l’établissement.

Bah oui, c’est comme les centrales nucléaires. Qu’est ce qu’on s’emmerde à empêcher qu’elles sautent quand il est si simple de démanteler après l’explosion… Et puis démanteler les 2 200 Md€ de bilan de Deutsche Bank, trop facile (surtout en plein séisme qu’elle aura créé) ! Vouloir “démanteler” une banque qualifiée de “systémique” (= qui fait péter toutes les autres banques en gros), quand même, faut oser…

Mais tout est dans le titre du billet :

La France et l’Allemagne font front commun

Les deux pays ont adopté des textes visant une simple séparation des activités à risque. Ils s’opposent à la version dure de Bruxelles.

Tous unis pour sauver 50 Inspecteurs des Finances et 500 traders millionnaires !

Hollande uni à Merkel, Cétipabo ? Oui oui, le PS se déchaine contre l’UMP Barnier pour que la Commisison européenne freine ses ardeurs à réguler.

Vous ne rêvez pas… Mais ça restera un cauchemar pour votre épargne – désolé…

Enfin, bon, cela n’étonnera que ceux qui s’obstinent toujours, après 1983, 1997 et 2012 à ne pas vouloir admettre que le PS est LE parti néolibéral français… Les faits sont têtus….

Bref, nous sommes tous des Trierweiler…

Amusant Barnier, sinon :

M. Barnier Que répondez-vous à la France et l’Allemagne, qui ont déjà fait leurs propres lois et qui ont dit leur opposition à votre projet ?

J’ai effectivement reçu une lettre des deux pays, que j’ai lu avec attention. Mais je suis commissaire européen, et j’ai donc une obligation de dégager l’intérêt général européen et de préserver le marché intérieur. Notre texte est à mon avis parvenu à un bon point d’équilibre. Nous allons plus loin et sommes plus ambitieux que ce qui a été fait en France et en Allemagne. Mais ces législations nationales sont un pas dans la bonne direction. Elles continueront à s’appliquer aux plus petites banques.

Sinon :

« Nous sommes sur une proposition dure et contraignante de la Commission européenne, regrette Karine Berger, députée socialiste des Hautes-Alpes, secrétaire nationale du PS chargée des questions économiques et ex-rapporteur de la loi de séparation des activités bancaires. Et il n’est pas normal que le Royaume-Uni bénéficie d’une exemption ! Comment imaginer un texte de régulation bancaire qui ne s’appliquerait pas à la City ? »

Rôôôô, c’est vrai ça, ils ont été “durs et contraignants” avec les banquiers, comme si c’était de vulgaires salariés ou Grecs !

En fait :

M. Barnier prévoit d’exempter le Royaume-Uni de sa réforme, la réforme Vickers étant en effet jugée plus sévère (elle sépare la banque de dépôts de la banque de marchés). Une exemption que la France et l’Allemagne entendent déjà contester au nom de l’égalité de traitement.

Ben, la loi anglaise, c’est déjà ça en gros, je vois mal où est le problème. Réaction classique, illustrant bien le “On est plus fort ensemble grâce à l’Europe” : non, c’est juste fait pour ne pas avancer, pour empêcher toute décision démocratique dans un ou plusieurs pays…

MAIS ALORS GRANDIOISE, pour la fin, Christian Noyer, le gouverneur de la banque de France, qui est à ce titre LE REGULATEUR, censé nous PROTEGER :

“Les idées qui ont été mises sur la table par le commissaire Barnier sont des idées, je pèse mes mots, qui sont irresponsables et contraires aux intérêts de l’économie européenne. J’espère beaucoup que la Commission ne le suivra pas et si la Commission le suit, j’espère que ce projet restera enterré et qu’il n’aura aucune suite.” (Reuters)

Mais comme on a accordé l’indépendance de la Banque de France, pour que la gouvernement ne dise rien aux gouverneurs non élus (arfff), on pourrait voter le contraire, pour avoir une indépendance des gouvernements ?

Ah, Christian Noyer. Énarque Promotion Guernica avec Naouri et Baudoin Prot (ça ne s’invente pas…), conseiller de Balladur, à la banque de France depuis 2003 (tss cette insécurité de l’emploi…), le régulateur qui n’a pas vu Kerviel, AIG, les subprimes, Emporiki pour le Crédit Agricole, Dexia, le CIF, PSA Banque, la crise des liquidités en dollars de 2011… Que de réussites !

Tiens, j’oubliais, encore un truc pas soulevé :

Libor : les banques françaises pas impliquées selon Christian Noyer / AFP – Mardi 10 juillet 2012

non, du tout !

Libor/Euribor: l’UE inflige une amende de 1,7 md d’euros à six banques / AFP – 4 décembre 2013
Dans l’affaire concernant l’Euribor, la plus forte amende, qui s’élève à 465,8 millions d’euros, a été infligée à Deutsche Bank, tandis que Société Générale devra payer 445,9 millions d’euros.

C’est plus français la Société générale ? Surtout qu’il me semble que l’information sur ce risque n’a pas été très bien faite dans les rapports annuels, non ? (les spécialistes iront vérifier le manifeste respect de l’information au marché sur les risques, ça vaut le coup… Si si 450 M€ c’est un risque…). Tiens, au fait : oooh, l’AMF, ça ne qualifie pas pour “diffusion de fausse (bonne) nouvelle” ça ? Y’a pas que les blogueurs à surveiller…

Mais bon, qu’attendre d’un régulateur qui ose être administrateur de l’association de lobbying des banques, EuroPlace – comment un tel mélange des genres ne peut-il pas mal finir ?

Mais Barnier ne s’est pas laissé faire…

Je ne peux pas croire que Christian Noyer, qui est un homme compétent, ait pu faire ces déclarations en ayant pris connaissance du détail de nos propositions. Ce que nous faisons précisément, c’est de donner aux superviseurs le pouvoir d’imposer la filialisation de banques trop grosses pour faire faillite, trop complexes pour être résolues sans crise systémique et trop chères à sauver avec des fonds publics, lorsque ces banques prennent des risques excessifs.

Les ministres prendront leurs responsabilités, ils viendront me dire pourquoi ils veulent, pour certains, préserver le proprietary trading.

Au nom de quoi on autorise les banques à faire de la spéculation pure et simple avec l’argent des déposants (..) sans aucun bénéfice, sans aucun retour pour ces déposants ?

Il y a peut-être un problème de morale.

“Peut-être”, en effet…

39 réponses à Analyse de la proposition européenne de séparation des banques – Réactions éloquentes

  1. fabrice Le 30 janvier 2014 à 06h54
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    Du coup les banques vont demander au gouvernement que la commission soit élu afin d’y envoyer des élus qu’ils pourront plus facilement avoir sous leur coupe ? ce serait beau non ? Les deux se neutralisant mutuellement (ou presque pendant un temps) 🙂


  2. BA Le 30 janvier 2014 à 08h04
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    Billet très intéressant, et en plus, très marrant !

    On lit le billet d’Olivier, on rigole, on commence la journée en riant … et puis après on lit les actualités éco-fi, et là, on voit approcher un cyclone financier à l’horizon, un effondrement des pays émergents, etc, et on ne rigole plus du tout.

    La tempête repart de plus belle sur les devises émergentes.

    http://bourse.lefigaro.fr/devises-matieres-premieres/actu-conseils/la-tempete-repart-de-plus-belle-sur-les-devises-emergentes-966792


    • Ankou Le 30 janvier 2014 à 08h30
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      Oui, on rit jaune, quoi!

      Et les Politiques de tout bord continuent à faire en sorte de conserver leur job.

      Marrant, oui, cette position du PS face à une proposition européenne d’UMP. On croit rêver


  3. perceval78 Le 30 janvier 2014 à 08h31
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    Double 0 en vision politique mr Berruyer vous ne voyez donc pas que Moscovici vient de créer un précédent , une loi européenne ne peut outrepasser une loi Francaise … le programme du front national … c’est un Genie et vous ne le voyez même pas !!!


    • step Le 30 janvier 2014 à 10h01
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      excellent !


  4. despouys fanny Le 30 janvier 2014 à 09h15
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    execellent article .. qui résume bien la situation et puis j aime bien quand vous vous cedez a l ironie ma fois vous maniez fort bien le second degré!!!


  5. Flury Guy Le 30 janvier 2014 à 09h54
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    Comme je l’ai écrit par ailleurs, je n’imaginais pas qu’un jour, je me rangerai derrière un UMP fut-ce Michel Barnier qui n’a qd même rien de commun avec Jacob et Copé, pour ne prendre que ces deux là!
    L’intérêt de ce billet et de la revue de presse c’est d’illustrer de manière criante, la collusion de ce gouvernement et du monde bancaire – banquiers, hauts-fonctionnaires, conseillers, régulateurs. Et, çà, çà se paiera cash en 2017.


    • jducac Le 30 janvier 2014 à 11h20
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      @ Flury Guy Le 30 janvier 2014 à 09h54

      L’intérêt de ce billet et de la revue de presse c’est d’illustrer de manière criante, la collusion de ce gouvernement et du monde bancaire – banquiers, hauts-fonctionnaires, conseillers, régulateurs. Et, çà, çà se paiera cash en 2017.

      Ces gens là sont prêts à tout. Ils condamnent la morale et prônent l’éthique, mais ils sont avant tout attirés par le pouvoir et ne sont absolument pas gênés lorsque, pour y parvenir, ils abusent le peuple en tenant des discours de circonstance pour se faire élire avec le soutien de la gauche de la gauche quitte à prôner peu de temps après une politique de droite, celle qu’ils condamnaient, 18 mois plus tôt.

      En 1981 c’est ce qu’ils ont fait. En 2012 c’est ce qu’ils ont réédité en s’appuyant sur une oligarchie qu’ils ont installée dans les rouages administratifs de l’Etat (finances, justice, culture, éducation) dans les divers services des collectivités locales (grandes villes, régions, départements, services de santé) qui constituent la base de leur électorat et dont ils augmentent systématiquement les effectifs à chaque fois qu’ils le peuvent, même si cela nuit à la compétitivité du pays et le mène à la faillite.

      Ils sont incapables au plan économique et sont prêts à tout en politique. Ça n’est pas ce qui peut donner confiance et relancer le pays, bien au contraire.


    • perceval78 Le 30 janvier 2014 à 12h07
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      Tu fais une remarque interessante Guy : comment aurait on pu imaginer que M.Barnier puisse pondre quelque chose de non neutre ? En gros le lecteur moyen (dont je suis un brillant représentant) est paumé et n’arrive plus à discerner qui a raison , la nouvelle grille de lecture devient doc qui est neutre et qui ne l’es pas …. et la tout le monde es d’accord … Moscovici est 100% neutre . Le nouveau monde divise donc : les NEUTRES et les ANTI NEUTRES . Ce n’est pas un hasard si les scientifiques viennent de trouver un nouveau moyen de créer des cellules souches , il suffit d’introduire un peu d’Acidité . D’ou logiquement la proposition suivante : ne choisissons que les politiques qui ont une tete de Citron , voir de Pamplemousse , banissons radicalement les elus qui ont une tete de Pomme


      • samuel Le 30 janvier 2014 à 23h36
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        D’un point de vue économique, le monde ce divise en deux certes, mais plutôt que la neutralité, j’adopte plus facilement le micro et la macro.
        On peut comprendre, à l’échelle micro, l’intérêt d’être libéral (vie privé, initiative local, petite et moyenne entreprise).
        Et on peut comprendre à l’échelle macro, l’intérêt d’être antilibéral:
        -contrôle des capitaux, si ils entrent on doit savoir d’où vient cette richesse qui veut faire partie de notre espace monétaire, donc de notre confiance,
        -découpe des monopoles ou nationalisation
        – un ministre au plan pour repartir les emplois qualifiés dans l’espace monétaire, avec un Ricardo brut, il n’y aurait pas eût de développement des régions (comme l’école des télécoms à Brest, ou Airbus à Toulouse). Les transferts seuls créaient des tensions sociales entre régions, la dignité passe par là.

        Si on définit la monnaie comme la représentation de la richesse sur le territoire, le libéral conçoit bien la notion de richesse, mais il ne conçoit pas le territoire au delà de l’individu (d’où une énorme réflexion sur la monnaie, si je fais un billet Samuel personne ne lui accordera de la confiance et un besoin de solution actuel est par conséquent la multiplication des monnaies pour en permettre le libre choix).
        Le libéralisme historique il n’était pas grave que ce territoire manque (un peu d’émancipation contre un état féodal), le territoire était puissant.
        Mais, lorsque l’état est faible, alors la violence, ce fait sur le seul territoire qui prévaut, par conséquent l’individu:
        -soit par le marketing, un pouvoir d’achat à conquérir.
        -soit par les ordinateurs, une vie privé à contrôler;
        -soit par des drones
        -soit par la réussite individuelle (plus de première dame)
        -soit par une administration qui veut responsabiliser uniquement le contribuable et par conséquent rendre toute les démarches actives (alors qu’une bonne partie pourrait être passive)
        On est loin de faire des individus “libres et non faussés”, ou de l’individuation des philosophes.


        • samuel Le 31 janvier 2014 à 12h26
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          histoire de préciser “exit la première dame”, je pars du principe que la projection des ambitions parentales sur les filles (plutôt que sur les fils ou les gendres) est un mécanisme social bien plus profond, que les actuels rituels (nostalgiques) d’invocations des trente glorieuses.
          Je pars aussi du principe que la réussite est permise par un contexte, mais aussi par ses proches (famille, amis, collaborateurs).
          Par conséquent les dix jours de latence avant la visite présidentielle, pour celle qu’y a participé à sa campagne (qui est un évènement violent), illustre bien une vision très personnel de la réussite.


  6. Caroline Porteu Le 30 janvier 2014 à 10h07
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    Séparation d’autant plus indispensable que les manipulations de cours continuent allégrement , sur tout , y compris les matières premières .
    La Deutsche bank a cessé de participer à la cotation de l’or il y a une dizaine de jours , on comprend pourquoi :

    La Bafin est sur le sujet et les préjudices seraient nettement supérieurs aux préjudices des fraudes bancaires sur le Libor

    http://www.bloomberg.com/news/2014-01-16/metals-currency-rigging-worse-than-libor-bafin-s-koenig-says.html


    • perceval78 Le 30 janvier 2014 à 12h09
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      A mon avis Caroline , la deusche Bank s’est retiré de la cotation de l’or , surtout par crainte des amendes qui allaient lui tomber dessus .


  7. step Le 30 janvier 2014 à 10h14
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    “Pierre Moscovici, mais il ne répond pas au critère”…. Compétence ou rémunération ?


  8. jducac Le 30 janvier 2014 à 11h08
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    Bravo Olivier !

    On finit toujours par être récompensé des efforts que l’on déploie pour de bonnes actions. Parfois on est déçu, mais il ne faut jamais désespérer car le cours des choses finit toujours par se réaligner dans la bonne voie. C’est alors que l’on peut se dire, parfois après avoir mordu la poussière et avoir dû attendre des décennies, “je suis maintenant récompensé” alors que tout le monde a oublié votre engagement et votre lutte initiale.

    Par contre il est souvent imprudent de se réjouir trop tôt. Beaucoup de gens sont de mauvais perdants et, plutôt que de reconnaître loyalement leurs erreurs, n’hésitent pas à renverser la table et à pourrir la vie de tous à seule fin de ne pas être les seuls à payer les conséquences des mauvais choix, souvent intéressés, qu’ils ont soutenus envers et contre tout.


  9. aurel Le 30 janvier 2014 à 11h11
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    ce qui tend a démontrer quand même que ce qui fait capoter l’europe, c’est bien les dirigeants nationaux des 3 grandes économies qui refusent a tout prix de perdre leur petit pouvoir local car ils savent bien qu’à l’échelle continentale ce sont des nains intellectuels.

    en particulier les francais, les anglais et les allemands. d’ailleurs ce sont ces trois là qui font toujours passer les pires trucs et détruisent les bonnes propositions européennes.

    et de ces 3 là, la france est largement le plus nauséabond des états (chalutage eaux profondes, agro industrie, propriété intellectuelle, et libéralisation de la finance).


    • Casquette Le 30 janvier 2014 à 12h35
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      @Aurel

      Alors rêvons un peu et imaginons une europe fédérale ou nos agriculteurs ne pollueraient plus nos cours d’eau mais seraient esclaves de l’industrie agroalimentaire (qui polluerait nos assiètes), ou la finance serait subitement régulée comme si l’Acte Unique conçu par le grand eurosceptique Jacques Delors n’avait jamais existé ,ou toute la création passerait en license globale pour le plus grand bien des artistes indépendants qui se feront connaitre grâce à leur talent et sans l’aide de quiconque ( les intérmédiaires n’entravent pas toujours l’échange)…
      Entre nous je remarque surtout que la nullité de notre classe dirigeante est étrangement corrélée au niveau de leur adhésion au projet européen…les exemples choisis par vos soins démontrent l”influence néfaste des lobbies qui gravitent par milliers autour de Bruxelles.


      • aurel Le 30 janvier 2014 à 14h09
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        ben les lobbies fr qui payaient directement les politiques fr paient des consultants pour aller lobbyer a bruxelles… y’a quand mm une étape de plus.

        y’a pas que les lobbies qui payent les politiques fr d’ailleurs, y’a aussi quelques ex dirigeants arabes… et l’état français adore filer des tunes a dassault, eads, amesys etcetc que des firmes bossant pour l’amitié entre les peuples…

        maintenant, pour l’instant je vois pas en quoi l’europe a réduit nos droits… oui il y a plus de concurrence sans frontières mais rien ne nous dit que notre économie n’aurait pas été ravagée non plus sous gouvernorat exclusif des francais (on est gouvernés par traités internationaux).

        perso, j’ai cherché attentivement avant de trouver des deshumidificateurs français… ben pas trouvé. le moins cher et européen, c’était un allemand. pas ma faute, ni celle de bruxelles, si on est bidon, que les dirigeants français sont des abrutis à la ramasse et que les francais sont bons à rien pour fabriquer du matos. et c’est pas une histoire de coûts salariaux ou quoi… c’est juste qu’on est BIDON sur pas mal de trucs dont le manageuriat (je sais pas si c’est du a la cosanguinité ou quoi ou juste de la crétinerie chronique ou une mentalité moyennageuse mais dans le domaine on est très fort pour être naze).

        le hic de l’europe c’est pas d’être bcp, c’est d’être bcp de PAYS avec des parasites électoraux qui tentent de tirer la couverture égoistement en permanence. Donc faisons un seul pays et voila. On s’en fout comme de l’an 40 que certaines parties du pays parlent allemand ou francais ou italien… Dans ma boite la moitié des employés sont non francais (allemands, anglais, italiens, espagnols, belges, danois, israélien, croates etc etc) et tout le monde s’entend très bien et ca marche comme sur des roulettes.

        Après si vous êtes trop bêtes pour pas réussir à vivre avec des non-français… je peux rien pour vous (l’histoire rebattue du “les peuples sont trop différents pour s’entendre bla bla bla”… cte blague, tant que les vieux singes dictatoriaux s’en mêlent pas, les gens s’entendent très bien).

        ps : les agriculteurs fr sont parmis les plus gros pollueurs ET les plus vendus à l’industrie agro industrielle, notamment à cause de la survalorisation des grandes surfaces dans notre pays.


        • eBry Le 30 janvier 2014 à 17h54
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          Le bon vieux “diviser pour mieux régner” semble éternel…


  10. Gibbus Le 30 janvier 2014 à 11h46
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    La réponse de Barnier à Noyer est un grand moment!!!
    On voit apparaître une différence au sein même de la superstructure, entre ceux qui veulent sauver le système en le réformant (Barnier, pour un membre du politologue de Bruxelles, c’est beau!!) et les fanatiques néolibs qui ne pensent que fuite de capitaux et à ne pas effrayer les investisseurs (qui sont les vrais maîtres du monde apparemment). C’est peut être déjà trop tard??

    @ olivier vous qui faites souvent référence aux libs-libs, je vous conseille de lire ceci:http://halshs.archives-ouvertes.fr/docs/00/65/08/25/PDF/LIB_2_03_Angaut.pdf
    J’ai personnellement trouvé cette publication très intéressante pour bien trier les libéraux classiques, les néolibéraux, les libs-libs, les libertariens et les libertaires “classiques” (les anarchistes).


    • Gibbus Le 30 janvier 2014 à 13h19
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      Ne pas lire : membre du politologue de Bruxelles mais membre du politburo de Bruxelles, les corrélations automatiques sont parfois traîtres!!


  11. Casquette Le 30 janvier 2014 à 12h01
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    L'”indépendance” fait parti de ces mots qui ont pris un sens totalement orwellien après la bascule financière et laissez-fairiste des années 80…Que craint Christian Noyer au fond avec la séparation , que les banques une fois redimensionées ne prêtent plus ou plus assez aux Etats auprès desquelles ces derniers se sont mis en situation de quasi servage ?
    Dans l’idée de rendre la BCE ou les banques nationales indépendantes des états se cache une hostilité prodonde envers le poilitique, hostilité dont bénéficie comme par hasard le pouvoir économique et financier… indépendance mon oeil.
    Le libéralisme des Lumières se méfiait de l’absolutisme qu’il soit monarchique ou religieux , quand on voit la liste des partisans de la séparation bancaire on se dit que cette méfiance n’est pas totalement morte , même si beaucoup des personnalités cités sont loin de vouloir rendre à la politique ses lettres de noblesse.


    • Fabolo Le 30 janvier 2014 à 16h58
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      “Que craint Christian Noyer au fond avec la séparation , que les banques une fois redimensionées ne prêtent plus ou plus assez aux Etats auprès desquelles ces derniers se sont mis en situation de quasi servage ?”

      J’en suis persuadé.
      La main qui prête est au dessus de la main qui reçoit.
      Quand on voit à quel point les leçons de la crise de 2008 ont été tirées, on peut se rassurer en se disant que le prochain accident bancaire est pour bientôt et qu’il n’y aura que la nationalisation comme issue.


  12. eBry Le 30 janvier 2014 à 12h17
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    Quel chaos dans la perception des politiciens par les électeurs!

    Un élu UMP qui défend la séparation des activités de dépôt de celles de placement contre l’avis de socialistes. On croit rêver!!!

    Cela n’annonce rien de bon pour les prochaines élections qui verront plus que jamais sortir du lot des “on rase gratuit” et autres faiseurs de rêves sans lendemains…


    • perceval78 Le 30 janvier 2014 à 13h48
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      Il y a UMP et UMP Olivier , Barnier est tendance gaulliste , il y a parmi les autres tendances UMP , des neo liberaux aussi neo liberaux que le PS , a la difference près (et ce n’est pas anodin je le concède) qu’ils s’assument .

      http://www.slate.fr/story/80429/typologie-familles-ump#table_droites_cat_1


      • Julian Le 30 janvier 2014 à 14h39
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        Perceval 78 : ” Barnier est tendance gaulliste”.

        Arrêtons le délire : un “gaulliste” qui vote l’Acte Unique, Maastricht et Lisbonne … cela n’existe pas.
        Ou seulement dans l’imagination de ceux qui n’ont pas lu les conceptions européennes de de Gaulle qui… en la matière peut tout de même est pris comme la bonne référence, non ?

        L’Europe souhaitée par de Gaulle est une “coopérative” d’États-nations, unie dans le respect des souverainetés et l’indépendance à l’égard des USA et des marchés financiers, travaillant à de grandes opérations d’intérêts partagés. (Relisez le Plan Fouchet !). Pas ce salmigondis inféodé au “marchés” qui se prétend l’Europe unie.

        Et d’ailleurs cette “coopérative” aurait sans doute créé plus de vraies solidarités que n’en a suscité la prétendue Union qui nous lie depuis 20 ans…

        Certes, Barnier a habilement su exploiter, à son profit, le fond de commerce gaulliste . (Je peux en parler : nous étions à l’UJP ensemble au tout début des années 70. Il y brillait déjà par sa “pensée conforme” !).

        Mais il est très rapidement devenu un eurolatre béat.

        Qu’il soit aujourd’hui effrayé par le cours pris par l’EU, et horrifié par la main-mise des multi-nationales et milieux financiers sur les instances bruxelloises, c’est peut-être possible.

        Dans ce cas, Il ferait pathétiquement penser à l’incendiaire cerné par les flammes qu’il a lui-même contribué à déclencher!


        • perceval78 Le 30 janvier 2014 à 17h34
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          @JULIAN : d’accord pour le “gaulliste” alors ayons une autre lecture , BARNIER ne vient pas du monde de la Banque , une separation des activites lui parait normale . On es sur des schemas simple , si tu vas voir un chirurgien pour une douleur a la hanche , il te dira qu’il faut operer , si tu vas voir un psy il te diras qu’il faut voir du coté de tes representations parentales , si tu vas voir un banquier , il te diras qu’il ne peut pas t’accorder de pret .


        • dany 2 Le 30 janvier 2014 à 22h15
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          Vous avez raison mais celui que vous appeliez le mou au RPR n’a pas cédé devant Chirac pour les jeux d’Albertville…Paris n’ayant plus aucune chance pour l’été…


      • oisif polétaire Le 30 janvier 2014 à 21h01
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        Je pense que Sarko réélu n’aurait pas agi différemment.
        Le pouvoir est à Bercy,à la direction du Trésor.
        “Gauche” ou droite de gouvernement n’y change rien.
        Pour ceux que cela intéressent je recommande vivement la lecture de:
        “la nouvelle raison du monde,Essai sur la société néolibérale”
        de Pierre Dardot et Christian Laval édition La Découverte/poche.
        Pour bien comprendre ce qu’est et ce que n’est pas le néolibéralisme.
        Et son moment fondateur,le colloque Walter Lippmann qui s’est tenu à….Paris à partir du 26 août 1938 et durant cinq jours.
        Pour les paresseux un débat entre Lordon et Laval lui-même organisé par la Revue des Livres:http://www.dailymotion.com/Revue-des-Livres#video=xo7ktl


    • Fund_touch Le 30 janvier 2014 à 14h28
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      A croire que la pseudo différenciation (et polarisation) gauche/droite n’existe plus que dans l’unique but d’embrouiller les masses. Ou de diviser pour régner (débats sans fin). Ou les deux.
      😀


  13. Beaugrand Le 30 janvier 2014 à 13h53
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    Monsieur Berruyer, vos propos sur l’oligarchie des banquiers et hauts fonctionnaires sont de plus en plus caustiques et virulents. Soyez prudent : un contrôle fiscal doublé d’une vérification urssaf et couronné d’une garde à vue ou convocation au tribunal sont si vite arrivés …


  14. Martial Le 30 janvier 2014 à 14h51
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    Ca boxe dur dis-donc ! Q_(‘-‘Q)

    Un régal ce billet, tant au niveau de l’information que du ton employé 🙂

    J’adore ce passage :

    “Bien entendu, pour que ça marche bien, il faudrait expliquer que si le régulateur se trompe, c’est 5 ans de prison ferme pour lui – je pense que ça donnerait des visées séparatrices assez avancées – ça marche bien le “qui casse, paye”…”

    Enfin quelqu’un qui qui clairement que sans sanction dissuasive, on ne peut pas compter sur la “bonne foi” ou “l’honnêteté” des banquiers ou même l’autorégulation des marchés pour que la situation s’améliore. On l’a cru, et on voit ou on en est.

    Le problème c’est qu’on a aucun moyen d’obliger les politiques d’instaurer ce genre de sanction, alors qu’il n’est pas exagéré d’imaginer que l’énorme majorité des français y seraient favorable …

    Merci pour ce billet et bonne continuation à vous !


  15. nico Le 30 janvier 2014 à 17h15
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    Ça peut aussi être une stratégie de l’UE pour dire que les vraies réformes sont faite grâce à l’Europe alors que les politique nationales ne marchent pas sans l’Europe.
    Ce qui redorerait le blason de l’Europe sur un épiphénomène alors que si on prend le projet européen dans sont ensemble on sait très bien que c’est vouer à disparaître..


  16. moi Le 30 janvier 2014 à 18h50
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    En page 19 de Libération d’aujourd’hui vous êtes cité :
    «La proposition de la Commission européenne n’est pas miraculeuse, commente Olivier Berruyer, actuaire et blogueur financier. Elle ne s’attaque pas à la spéculation pour le compte des clients, qui est beaucoup plus dangereuse que le trading pour compte propre. Mais, alors que le gouvernement socialiste est tenu par le lobby bancaire, le texte de Barnier va dans le bon sens.»


    • Kiwixar Le 31 janvier 2014 à 03h50
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      Libé est officiellement recommandé pour les voyages en Inde sur la page web des “Conseils aux voyageurs” du Ministère des Affaires Etrangères. Mais parvenir à la page 19, elle devait être sacrément carabinée, cette turista !


  17. Jacques Le 30 janvier 2014 à 23h31
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    Michel Aglietta,
    il y a quelques jours,
    évoquait ce sujet, à la fin de cette conférence (par ailleurs excellente, de bout en bout):

    http://vimeo.com/85024079
    (à partir de 1h32)

    Continuons le débat!
    Continuons le combat!


  18. Franck Le 31 janvier 2014 à 10h27
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    Bravo pour ce très ironique, caustique et brillant billet.
    Hélas derrière cette façade il est totalement désespérant.
    Je ne sais plus quel est l’oligarque américain (Soros peut-être?) qui disait «la lutte des classes existe, et c’est ma classe, celle des riches, qui est en train de la gagner».
    C’est au fond ce que vous démontrez.
    Déprimant.
    Heureusement le petit dessin m’a remonté le moral !
    ;-))


  19. El JEm Le 31 janvier 2014 à 13h11
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    Qui a dit : «Essayer d’interdire la spéculation serait comme essayer d’interdire la pluie de tomber» ?

    Réponse : Michel Barnier

    http://ec.europa.eu/commission_2010-2014/barnier/headlines/articles-interviews/2010/09/20100916_fr.htm


  20. Un_passant Le 03 février 2014 à 18h22
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    De toute manière est-ce que ça existe un vrai libéral qui ne soit pas étiqueté, sous ce terme, selon une approche pleine de préjugés d’un bord ou d’un autre?

    Si un libéral se conçoit au travers de la propriété privée (limitons nous à un sens relativement marxiste, en tout cas compréhensible par un marxiste), partir du principe qu’une banque de dépôt ne peut être qu’exclusivement de dépôt et mutualiste, puisque les clients sont aussi les propriétaires légitimes des dépôts (et donc aussi, au passage, seuls décideurs de l’usage qui doit en être fait), c’est bien être favorable à la propriété privée et donc éminemment libéral, non?

    Et là, vous devinez que aussi bien des libéraux que des marxistes s’étranglent. Pourtant.


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