Jacques sapir

Jacques Sapir

Le « nouveau » gouvernement, issu du remaniement ministériel annoncé ce mercredi 2 avril, pose un problème du rapport de la forme et du fond. Que ce problème soit à ce point évident que nombre de commentateurs l’évoquent est un symptôme de la crise de démocratie que nous connaissons aujourd’hui.

Ce gouvernement a une apparence…

Dans la forme, ce gouvernement pourrait laisser espérer un changement de politique. Certes, il y a une (grosse) dimension de jeu des chaises musicales, avec seulement deux entrants. Certes, il y a eu beaucoup de dosage et un gros souci de préserver les équilibres internes au Parti Socialiste et l’on comprend que, derrière les coups de menton et les déclarations tonitruantes, le gouvernement de Manuel Valls est en réalité plus proche de la IVème République que de la Vème. Il n’en reste pas moins que, sur le papier, ce gouvernement est intéressant. Après tout, la dimension de volontarisme politique et économique est bien mise en évidence par la présence non seulement d’Arnaud Montebourg à un porte-feuille renforcé, la promotion de Benoît Hamon, mais aussi la présence de Mme Ségolène Royal. On peut aussi remarquer que le Premier ministre avait en son temps longuement hésité à approuver le projet de Traité Constitutionnel, et n’avait voté « oui » au référendum de 2005 que par « discipline de Parti ». Son ministre des Affaires Étrangères, M. Laurent Fabius avait quant à lui voté « Non », ainsi qu’Arnaud Montebourg et Benoît Hamon. Il est donc vrai que, sur le papier, on peut considérer que ce gouvernement est bien préparé à la négociation.

C’est même pourquoi il a donc été constitué. On va donc (et l’on a commencé dès mercredi 2 avril) à nous « vendre » ce gouvernement comme un gouvernement de combat par rapport à Bruxelles qui, soit dit en passant avec le départ de Pierre Moscovici, devient de plus en plus un dépotoir pour Ministres remerciés… Il faudrait donc inventer un néologisme, ne plus dire « limoger [1]» mais « bruxelliser ». C’est l’un des paradoxes actuels de la politique française qui veut que plus on est soumis aux différentes décisions de l’Union Européenne plus ces institutions ne servent qu’à recaser les bras cassés. Chacun appréciera, à sa façon, ces pratiques.

D’ailleurs, le Ministre des Finances, dont le portefeuille est désormais séparé de celui de l’Économie, M. Michel Sapin, a tout de suite affirmé qu’il irait « négocier » le rythme de retour aux grands équilibres avec la Commission. Mais, en réalité, on voit bien qu’après quelques joutes verbales relevant plus de la posture que du fond, après l’obtention de quelques miettes tout au plus, le gouvernement s’inclinera. D’ailleurs, Bruxelles peut agiter d’autres dossiers, et ne manquera pas de la faire : qu’il s’agisse du statut de la RATP et de la SNCF ou de ce que l’on prétend être des « subventions indues » de la Poste… S’il était question de réellement négocier avec Bruxelles, ce gouvernement, et le Président, commencerait par construire un rapport de force, par exemple en indiquant ce qui se passerait si la France n’obtenait pas satisfaction.

Mais il a une réalité…

En fait, derrière les mots il y a une réalité : ce gouvernement n’est là que pour la mise en scène, le spectacle. Il va s’agiter (faisons confiance pour cela à Manuel Valls) tandis que va se mettre en place un « pacte de responsabilité » qui se traduira par un démantèlement un peu plus poussé de la sécurité sociale pour des avantages tout à fait marginaux pour les entreprises. On parlera beaucoup du nouveau « pacte de solidarité » évoqué par le Président de la République dans son allocution du lundi 31 mars. Mais, compte tenu de l’ampleur des économies que l’on se propose de faire, pas moins de 50 milliards d’euros, on peut franchement douter qu’il soit autre chose qu’un leurre. Et, dans la réalité, c’est bien de cela qu’il s’agit. Il faut leurrer les Français, pour les élections européennes et même après, leur faire prendre les vessies de la politique austéritaire pour les lanternes d’une politique de lutte contre le chômage qu’ils ont pourtant appelé de leurs vœux en votant, et même en ne votant pas, aux élections municipales.

Ce gouvernement va donc chercher à nous faire croire qu’il est critique par rapport à l’Europe, voire qu’il serait peut-être même eurosceptique. Balivernes ! La vérité est que le Président est incapable de penser en termes d’un rapport de force. Nous le savons depuis l’élection de 2012. S’il avait voulu, comme il le prétendait à l’époque « renégocier » ce qui devint le TSCG, ce que l’on appelle le Pacte Budgétaire Européen ou le Traité sur la Stabilité, la Coordination et la Gouvernance, il aurait procédé à un référendum et ce serait appuyé sur son résultat pour négocier. Mais, c’était prendre le risque d’une rupture européenne, ce dont il ne voulait, et ne veut encore, à aucun prix. Il a donc su se présenter à Bruxelles en position de faiblesse, la tête sur le billot, et n’a obtenu qu’un ridicule codicille dont nous pouvons mesurer depuis 18 mois toute l’inanité. Bien entendu, il arrive que la France obtienne sur des points mineurs quelques satisfactions. Mais, elles sont rapidement vidées de leur sens par des mesures européennes ultérieures.

L’enjeu démocratique.

C’est là que gît le problème politique. Non pas tant dans le sens donné à la politique du pays, même si cette politique est suicidaire, même si la seule solution – et chaque jour des voix nouvelles le reconnaissent et la réclament[2] – serait une sortie de l’Euro. Ce point a déjà été largement développé sur ce carnet, et dans un livre datant de 2012[3]. Le point est essentiel, et une sortie de l’Euro est la condition nécessaire tant pour une relance immédiate de l’économie française que pour un changement d’orientation bien plus général, mais ce n’est pas ici celui qui nous occupe. Le problème politique vient de ce qu’un Président choisisse consciemment d’avancer masqué sur un point absolument essentiel de la politique du pays, et qu’il se soit trouvé 8 femmes et 8 hommes, dans ce gouvernement, pour être connivents de cette pratique. Que François Hollande soit intimement persuadé que les mérites supposés et potentiels de l’Euro l’emportent sur ses inconvénients bien réels est son droit. Qu’il pense que pour sauver l’Euro il faut infliger à la France, et aux pays de l’Europe du Sud une dramatique austérité qui brise leur économie et qui condamne des millions de personnes au chômage et à la misère est son droit. Qu’il pense qu’une structure technocratique, la Commission européenne, est plus à même de décider des orientations économiques que le Parlement français est son droit. Mais, son honneur d’homme politique voudrait qu’il défende ses orientations en pleine lumière. Au-delà de la question d’honneur personnel, il y a un principe intangible de la démocratie. Celle-ci suppose que, de manière récurrente, il soit procédé à des vérifications par l’intermédiaire d’un vote. Ce vote ne porte pas sur des personnes, mais sur des politiques, même si ces dernières s’incarnent, bien entendu, dans des femmes et des hommes, à la condition qu’ils prennent et assument leurs responsabilités. Or, rien de tout cela n’est mis en place. Avec un gouvernement-leurre, on cherche sciemment à tromper les Français, et ce faisant on brise le cadre même de la démocratie.

Tel est le reproche que l’on doit faire au Président de la République, et à son Premier Ministre. Qu’ils ne soient, ni l’un ni l’autre des hommes de gauche n’est pas en question. Ils ont tout à fait le droit d’avoir leur conviction et leurs opinions ; ils ont même en réalité le devoir de les défendre si l’on pense que la démocratie est, justement, une bataille de convictions. Mais, ce dont ils n’ont pas le droit, c’est de tromper le peuple souverain, c’est de se réfugier dans ces formules profondément anti-démocratiques de « pédagogie » et de « déficit d’explication » pour outrepasser leurs échecs électoraux. Ils auront beau se lamenter sur l’abstention et la crise de la démocratie, ils en sont à la source, ils en sont l’origine même. C’est par leur pratique haïssable de la politique qu’ils détruisent pierre à pierre l’édifice qui s’est construit depuis 1789 et qui fut, de multiples fois, refondé, la dernière étant par la Résistance et lors de la libération du territoire en 1944, il y aura cette année soixante-dix ans.

Ils attirent sur leur tête, et sur les nôtres par voie de conséquence, la foudre du désordre civil et de l’insurrection. Qu’ils cessent de s’étonner du climat de guerre civile froide qui règne aujourd’hui en France : ils en sont la cause. L’alliance d’une crise de légitimité et de pratiques manipulatrices à grande échelle, combinées à des injustices sociales criantes, est le chemin le plus court et le plus sur vers des révoltes de grande ampleur, et à terme vers une révolution. Il nous reste peu de temps pour tenter d’éviter les désordres qui immanquablement accompagneront une telle issue. Il faudra pour cela sanctionner à nouveau, et avec toute la force et la détermination possible, ce gouvernement lors des élections européennes du 25 mai prochain.

Par Jacques Sapir
Source : russeurope.hypotheses.org

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36 réponses à [Reprise] Re(ma)niements

  1. Patrick Luder Le 05 avril 2014 à 03h31
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    Ah Jacques … si tu veux faire avancer une vraie démocratie, commences par défendre une votation populaire plutôt qu une élection et remet en place des outils politiques tels le référendum et l initiative populaire.


    • Jean Le 05 avril 2014 à 09h10
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      Malgré le système de votation actuel, ça ne tien qu’à nous citoyens de changer les choses comme à Saillans dans la Drôme, où 56% de la population a décidée de redonner le pouvoir au peuple.

      Voir le lien ci-dessous, le titre par la journaliste aurait été mieux selon moi avec le chiffre des 812 adultes en âge de voter et donc de prendre des décisions.
      Mais 812 “maires” est toujours plus démocratique que de s’en remettre qu’à 1 seul qui peut s’avérer “tyrannique” malgré son appartenance au Modem considéré comme le parti le plus “mou” !

      http://rue89.nouvelobs.com/2014/03/29/a-saillans-les-1-199-habitants-ont-tous-ete-elus-premier-tour-251062


  2. perceval78 Le 05 avril 2014 à 07h18
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    in memoriam la revolutione

    http://les.guillotines.free.fr/doc.htm

    Oyes , Oyes citoyens ,

    je propose l’établissement de la fessée publique sur le champ de mars retransmise
    en direct sur BFM bizness , pour :

    1) informer nos élites que la rigolade is terminated
    2) pour exciter les téléspectators et relancer la natalité en chute
    3) procédé 100% écologique
    4) développement durable , un fessé est susceptible d’être fessé à nouveau
    5) le marché mondial de la fessée est ouvert : c’est un nouveau marché
    6) un fesséthon permettra de choisir chaque semaine 10 citoyens à fesser
    7) il conviendra de respecter une juste parité Homme – Femme
    8) le fessé pourra choisir le sexe de son fessoyeur : la fessée pour tous …
    9) au bout de 3 ans et si ça marche , la fessée sera élargie à tout le territoire
    10) choix d’une place de fessoyage dans chaque département
    11) organisation annuelle du concours de la plus belle fessée
    12) le concept fera l’objet d’un brevetage à l’INPI.

    Je proposerais bien une première liste de citoyens à fesser , mais ayant peur d’être poursuivi je m’abstiendrais , sachez cependant que cette liste contient de nombreux politiques très connus .


    • Milsabor Le 15 avril 2014 à 17h58
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      Depuis la chanson de Brassens, rien que le mot me file des mauvaises pensées….


  3. Norton Le 05 avril 2014 à 08h12
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    Excellente description de l’attitude de nos gouvernants…Rien n’y manque,pas même le déshonneur de nos dirigeants,bien que le terrain actuel ne soit pas le seul à en démontrer l’existence…

    Sortir de l’euro sans sortir de l’UE,bien que cette éventualité ne soit pas prévue par nos traités,ne serait utile à notre economie,que si le gouvernement reprennait à Bruxelles une bonne partie du pouvoir économique,propositionnel et décisionnel…Ce qui remet en cause les fondements même de l’UE.

    Jacques Sapir,comme tant d’autres propose de s’arrêter au milieu du gué.Un peu plus loin,certes,mais l’avancée n’est pas décisive,pas suffisante pour retrouver notre manœuvrabilité économique.

    De plus,qu’attendre de bon pour nos peuples européens,d’un classe politique sans honneur,qui jamais ne reconnaîtra s’être trompé,attirée et détournée qu’elle était et qu’elle est encore de l’intérêt général,par l’odeur de la soupe au carré des officiers?


    • perceval78 Le 05 avril 2014 à 11h10
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      J’ attire ton attention #norton sur le fait que J.Sapir est un économiste ,
      la sortie de l’europe est un sujet politique et donc hors de son scope.


      • Norton Le 05 avril 2014 à 11h46
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        @Perceval78

        L’UE et ses traités définissent la totalité des programmes économiques des états membres par l’intermédiaire de la commission…Ce que vous dites est une ineptie.


        • yt75 Le 05 avril 2014 à 12h15
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          Par ailleurs l'”économie”, mis à part dans son aspect “mesure et étude de la chose en cours”, est -toujours- politique dès qu’elle se positionne sur “ce qu’il faudrait faire”.


          • perceval78 Le 05 avril 2014 à 12h25
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            @yt75 :

            Je me souviens que nous avons eu le même problème dans le domaine du logiciel il y a 1 quinzaine d’années . Face aux problèmes de maintenance insolubles et aux dérapages verbaux inter équipes , nous en sommes venus à penser en couches ayant chacune 1 fonction précise : interface graphique , interface métier , interface données .

            Si l’on considère votre réaction épidermique je pense que vous avez 15 ans de retard sur les informaticiens . Je vous suggère d’imaginer un traitement des sujets de société en plusieurs couches , exemple :

            couche graphique : Communicants , Politiques
            couche métier : Politiques , Economistes
            couche données : Economistes

            Ce n’est qu’une suggestion , mais elle mérite d’être étudier .
            Je tiens à signaler que nous avons également inventer des méthodes permettant de développer rapidement , de tester le code , etc etc …


            • yt75 Le 05 avril 2014 à 16h34
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              @perceval78

              lol … je vous conseille de savoir lire un petit peu, surtout …

              Et de comprendre un peu qui donne des conseils actuellement (à Bruxelles ou ailleurs)


  4. C Balogh Le 05 avril 2014 à 08h14
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    à Perceval78,
    Citoyenne de France, J’adhère totalement à votre proposition, nous tirerons au sort, peut-être?pour plus d’équité.
    ;O)

    à Norton,
    Peut-être que donner un pouvoir prépondérant aux parlements serait déjà une avancée?Réduire les pouvoirs de la commission et des chefs d’états.


    • Norton Le 05 avril 2014 à 11h05
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      @C.Balogh,

      Vous dites “Réduire les pouvoirs de la commission et des chefs d’états.”…

      Qu’elle bonnes raisons avez-vous de vouloir préserver certains pouvoirs à la commission?

      Trouvez-vous vraiment que le chef de l’état ait encore le moindre pouvoir,puisque c’est la commission qui détient le pouvoir économique et donc,celui de financer ou pas telle ou telle politique,y compris par la pression des sanctions et des amendes (OGM) ?

      Je sais,c’est dur la liberté…,il faut lutter un peu,pour s’affranchir des murs sécurisants d’une prison où l’on a passé tant d’années…


      • C Balogh Le 05 avril 2014 à 11h27
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        Je pense que la commision pourait n’avoir qu’un avis consultatif, si tant est qu’elle représente à un moment ou à un autre une quelque autorité en matière de défense des droits des peuples et qu’en effet, son existence soit légitimée par une nécessité.
        Il me semble que nos schémas sont essoufflés, dépassés.Il sera sans doute nécessaire d’unventer un autre mode de gouvernement, celui-ci ayant largement fait ses preuves.J’étais par un moment tentée par un représentation de chaque orientation politique, un peu comme en Suisse, mais je pense qu’en France, ce n’est guère possible, nous obtiendrions la même chose que maintenant, à peu de chose près.
        Nous avons besoin d’un renouvellement majeur en politique.Et en finir avec cet élitisme.Nous avons besoin de débats sur notre vision commune de l’avenir et de toutes les voix, pas seulement celles de nos “représentants”, qui larvés dans leur ‘entre soi’, n’ont plus que “marché”, “concurrence déloyale” , “revoir les services publics”, “la dette”à la bouche.


        • Norton Le 05 avril 2014 à 12h03
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          @C.Balogh,

          Les “avis consultatifs”,c’est comme le pouvoir “non contraignant” des pétitions…,tout le monde s’en fout !…

          D’autre part,si l’on sort de l’UE,ne vous inquiétez pas pour le renouvellement de la classe politique et des idées…
          Il y aura ceux qui auront défendu le système et qui seront bannis et il y aura ceux qui l’auront dénoncé depuis ses origines jusqu’à nos jours et qui veulent rassembler les français de touts bord dans un grand Conseil National,pour décider démocratiquement des nouvelles orientation politiques souhaitée.

          http://www.upr.fr/videos/videotheque-upr/les-peres-fondateurs-europeens#.Uz-oGn8aySM


        • perceval78 Le 05 avril 2014 à 12h28
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          J’aurais tendance à penser comme #norton que la commission doit être dissoute , point barre . Quand à l’europe , je ne suis pas aussi catégorique …


          • Norton Le 05 avril 2014 à 13h31
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            @Perceval78,

            Si la commission est dissoute,les traités européens seront,de fait,obsolètes et donc dissous également et avec eux,l’UE…
            Quant à s’organiser différemment en vue d’une coopération européenne sur des sujets majeurs,rien ne se fera sans la Russie qui,si elle était isolée rejoindrait la Chine,( ce dont elle n’a aucune envie…) et nous laisserait nous dépatouiller avec notre atlantisme moribond.
            L’Europe,avec les mains attachées dans le dos,deviendrait alors l’herbe où se battront les éléphants d’une nouvelle guerre froide,…la “Pologne” du vingt-et unième siècle…
            Non merci.
            Pour en finir avec la guerre froide,il faut une Europe autonome qui s’impose comme troisième puissance mondiale,tout en évitant d’en faire un nouveau “machin”…


            • C Balogh Le 05 avril 2014 à 13h57
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              à Norton,
              Pourquoi la dissolution de la commission entraînerat-elle le fait de rendre obsolètes les traités?je ne suis pas sûre que ceci entraîne cela, mais effectivement si c’est le cas, alors, disparition des traités faits à notre insu, moi, je suis pour.


            • perceval78 Le 05 avril 2014 à 14h01
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              @norton : J’ai du mal à vous suivre , vous voulez dissoudre l’europe pour la reconstituer …. la je dois avouer que je ne comprends plus …


            • Norton Le 05 avril 2014 à 14h36
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              @C.Balogh,

              Il est question de la commission à chaque ligne de nos traités…je vous encourage à les lire,au moins un peu…Mais n’abusez pas si vous êtes sujette aux nausées…

              @Perceval78

              Il ne s’agit pas de refaire un nouveau “machin”…c’est inutile.

              Le jour ou le regard de chaque pays d’Europe envers ses voisins ne sera plus faussé par la soumission bruxelloise à la politique de Whashington et de wall street,une nouvelle Europe apparaîtra,celle qu’il était impossible de considérer en 1945 à cause des politiques staliniennes.

              Cette nouvelle Europe ne se fera pas,…elle sera.

              L’URSS n’existe plus!…Le peuple russe demande lui aussi à en finir avec ces décennies de souffrances…Il a les mêmes aspirations que NOUS !…,les mêmes problèmes à résoudre dans le futur que NOUS !

              Une Russie libérée de ses vieux démons et une Europe de l’ouest enfin libre,…C’EST l’Europe de la paix !


            • Norton Le 05 avril 2014 à 16h21
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              J’ajouterais que la tentative de déstabilisation de l’Ukraine par qui l’on sait…( et je ne reviendrais pas sur ce sujet tellement bien traité ces jours derniers,sur les colónes de ce blog…),ne sont que l’ultime tentative des adversaires de la paix,pour que nous gardions ce regard désormais obsolète envers une Russie,pourtant purgée du stalinisme…

              Cette Russie européenne,qui veut être regardée autrement et admirée pour ce qu’elle est,regarde aujourd’hui ceux qu’elle a aidé à se libérer de la tyrannie nazie et constate que nous somme enchaînés dans une alliance atlantique qui n’a plus de sens et qui nous dessert…et qui nous ruine…et qui nous empêche de traiter les vrais problèmes d’un futur, ENSEMBLE !

              C’est aux pays d’Europe de se débarrasser des bases de l’OTAN disséminées chez eux et de retirer de la vue de la Russie ces bastions menaçants d’une époque révolue.

              C’est aux peuples européens de se débarrasser des laquais de wall street qui n’ont d’intérêt que dans la déstabilisation perpétuelle…

              Je ne pense pas exagéré de dire que depuis 1945,mais surtout depuis Gorbachev,la Russie a fait sa part de chemin pour mériter un autre regard.

              Une Europe de paix exige désormais ce nouveau regard.


    • perceval78 Le 05 avril 2014 à 11h16
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      @baloch : votre suggestion mérite d’être prise en compte ,on pourrait améliorer le système :

      1) des fessées de droites à caractère répressif (choix par tribunaux populaires)
      2) des fessées de gauches à caractère préventif ( tirage au sort )

      et pourquoi pas un service de volontariat à la fessée , il ne faut pas négliger les marchés potentiels c’est l’offre qui fait la demande mais l’inverse n’est pas à négliger.


      • C Balogh Le 05 avril 2014 à 11h33
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        à percheval78,
        Je ne suis pas pour les fessées préventives.
        ;O)
        Mais je suis pour “les sanctions”


  5. Téji Le 05 avril 2014 à 08h49
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    J’ai bien ri, Perceval 😀
    Plus sérieusement, ce qui s’est passé aux municipales de Montpellier (encore faut-il transformer l’essai) laisse peut-être augurer de ce qui se passera plus largement pour l’UMPS…
    je pense en particulier au rôle que pourront jouer des personnes telles que celles de “Nouvelle Donne”, hors grands partis sclérosés ayant tant perdu le sens du bien commun et la capacité de se remettre en cause.


  6. steeve Le 05 avril 2014 à 09h36
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    Le pire est de ne rien faire et c’est justement ce que l’ancien gouvernement a fait et ce que le nouveau va faire, même si la forme va changer.
    Oui, il y a un enjeu démocratique, mais il n’y a pas de démocratie viable sans croissance. La forme n’a jamais amené de la croissance.
    Sapir peut philosopher autant qu’il veut, seule une reprise de la vraie économie rassurera les électeurs et rendra le gouvernement populaire. Et, la ce nouveau gouvernement est constitué uniquement de technocrates autistes et dogmatistes. Le mur approche. Mieux vaut surveiller les adjudications de l’agence france tresor que de lire ce cher Jacques.


    • Norton Le 05 avril 2014 à 09h45
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      L’économiste français Vincent Brousseau qui avait dénoncé la manipulation du Libor vient de démissionner de la BCE après 15 années passées au cœur du système de l’euro.Il ne dénonce pas que la monnaie unique mais également les principes de fonctionnement de l’UE…
      Il déclare:
      “”La tâche prioritaire est de restaurer l’indépendance politique et la souveraineté du pays.
      Cela passe, non pas par une « autre Europe », mais par une sortie pure et simple de l’UE, non pas par un retrait du commandement intégré de l’OTAN, mais par une sortie pure et simple de l’OTAN, non pas par une réforme de l’euro, mais par la restauration pure et simple d’une monnaie nationale. Et cela passe aussi par un nettoyage approfondi de notre législation qui a accumulé, au fil des décennies, pléthore de textes d’origine bruxelloise qui n’auraient jamais été voulus, souhaités ou approuvés par le peuple français.””

      http://blogdejocelyne.canalblog.com/archives/2014/04/04/29590547.html


  7. pratclif Le 05 avril 2014 à 10h49
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    Jacques Sapir est un économiste de tendance keynesienne et qui se réclame de l’institutionalisme de Thorstein Veblen. Il milite pour la sortie de l’euro, le retour aux monnaies nationales et la dévaluation des pays les plus affectés par la divergence économique due à une monnaie unique imparfaite car sans unité politique.
    Voir son billet “Impact d’une sortie de l’euro sur l’économie français” http://russeurope.hypotheses.org/987
    J’ai publié sur mon blog deux billets sur le sujet:
    Faut-il sortir de l’euro? http://bit.ly/1kycEih
    et Sortir de l’euro, et protectionnisme; est-ce notre avenir? http://bit.ly/1h2e4TQ


  8. jducac Le 05 avril 2014 à 11h40
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    Tel est le reproche que l’on doit faire au Président de la République, et à son Premier Ministre. Qu’ils ne soient, ni l’un ni l’autre des hommes de gauche n’est pas en question. Ils ont tout à fait le droit d’avoir leur conviction et leurs opinions ; ils ont même en réalité le devoir de les défendre si l’on pense que la démocratie est, justement, une bataille de convictions

    Jacques Sapir se trompe. Ni le Président de la République, ni son Premier Ministre, pas plus que tous les responsables politiques de gauche et d’extrême gauche, ne peuvent défendre les convictions qu’ils avaient. Pour qu’ils le fassent il faudrait que la mise en application de leur idéologie ne se heurte pas à la dure réalité des contraintes physiques et biophysique, qui gouvernent la marche du monde, sous le couvert de contraintes dites économiques.

    Ces personnes se trouvent dans la même situation que les dirigeants socialo communistes de l’ex URSS, des pays d’Europe de l’Est, et de Chine, à la fin des années 80. En final, ils ont fait un virage à 180° avec leur idéologie, lorsqu’ils ont décidé d’adopter des politiques compatibles avec les principes capitalistes, alors qu’antérieurement ils se faisaient les chantres de l’anticapitalisme.

    Aucun d’eux n’a dit que les convictions qu’ils défendaient antérieurement et qui les ont portés au pouvoir, étaient fondées sur des erreurs d’analyse et de jugement de leur part. Le plus courageux, celui qui a tenu le discours le plus net et franc est probablement Deng Xiaoping qui au début des années 90 à lancé son appel aux chinois en leur disant « enrichissez-vous »

    Il y a effectivement un problème avec F. Hollande lorsqu’il déclarait ne pas aimer les riches ce qui le conduisait à privilégier la consommation. Cela n’incitait pas l’ensemble de la population à tenir compte des besoins de l’écologie (consommer moins) ni des besoins en investissement afin de s’adapter à l’inévitable évolution du monde et préparer un futur viable pour les générations suivantes désireuses de survivre en France.

    http://www.dailymotion.com/video/x58md_je-n-aime-pas-les-riches-f-holland_news

    Quant à M. Valls il s’est toujours montré plus à droite et aurait été en mesure de s’impliquer dans une politique mieux en accord avec ce que nous allons être contraints de suivre, s’il avait répondu favorablement à la proposition de N.Sarkosy d’entrer dans son gouvernement début 2007. Il est probable qu’il à refusé parce qu’il était trop obnubilé par l’accès au pouvoir suprême.

    En fait F. Hollande et M.Valls ont, l’un comme l’autre fait perdre, pour des raisons personnelles, plusieurs années à notre pays, ce qui va entraîner un surcroît de handicap qu’il faudra résorber dans des conditions bien plus difficiles que ce quelles auraient été, tout en entraînant des souffrances bien plus grandes et tout cela, sans avoir encore parlé franchement aux Français.

    Il est certain que l’électorat qui se révèle plus mature que les leaders de la gauche (y compris verte et extrême) feront payer cela lorsqu’ils s’exprimeront dans les urnes. A moins que les écologistes+FdeG+ communistes++ qui se tiennent en embuscade, en profitent avec l’aide des syndicats, pour déstabiliser encore plus de pays par des désordres, histoire de nous offrir, un retournement par l’installation du bazar dans la rue. La saison printanière y est propice, même si ce qui s’est fait dans le monde Arabe a montré que cela ne peut pas résoudre les problèmes du monde actuel qui relèvent tous bien plus de la physique et de la biophysique que de la démagogie, qu’elle soit politique ou religieuse.


  9. FL Le 05 avril 2014 à 12h24
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    Jacques Sapir est toujours clair précis, libre dans sa pensée.
    Ses articles sur sont blog sont toujours remarquables quelques en soient les sujets.

    Pour rire un peu maintenant.
    http://www.dailymotion.com/video/xz7q3u_laspus-valls-espere-le-retour-de-la-droite-le-plus-longtemps-possible_news


  10. grub Le 05 avril 2014 à 12h44
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    • Julian Le 05 avril 2014 à 14h00
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      Merci.
      On trouve dans ce bulletin un très éclairant portrait de cet eurocrate “en chef” qui semble totalement dans la main des Étasuniens : David O’Sullivan.

      Sans doute le vrai patron, le vrai tireur de ficelles du foutoir bruxellois.


  11. Goldfinger Le 05 avril 2014 à 13h20
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    Bonjour,

    Très accessoire et uniquement sur la forme (mais qui trahit quand même toujours des pensées sous-jacentes) Jacques SAPIR (éminemment respectable) donne le titre de Monsieur ou Madame à certains des politiques cités alors que d’autres n’ont droit qu’à leur nom et prénom. Simple curiosité suite à une lecture critique.

    Merci à Norton qui par le lien de son commentaire me permet de découvrir l’existence du parti UPR (dont la notoriété n’est pas encore parvenue en Belgique).

    Je constate donc qu’il existe des alternatives crédibles et démocratiques au FN.

    Lequel est finalement aussi instrumentalisant (poujadisme) qu’instrumentalisé par les grands partis traditionnels.

    Ce blog est une mine d’or … vu mon pseudo je vais bientôt ne plus pouvoir m’en passer 😉
    S’il n’existait pas il faudrait l’inventer: donc ne le laissons surtout pas disparaître et soutenons le !
    http://www.les-crises.fr/l-association-diacrisis/

    Très cordialement


  12. Beaugrand Le 05 avril 2014 à 14h08
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    @ Perceval. On apprend que Merluchon et Hollande ont partagé un apéro de départ d’une journaliste de l’AFP. Il y avait aussi Debré et d’autres personnalités de droite et de gauche. Cette totale collusion entre médias, financiers et politiques va déboucher sur une dissolution totale de la démocratie.


  13. wuwei Le 05 avril 2014 à 18h51
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    “Notre régime présumé démocratique s’est effondré. Ce que nous observons fait partie d’un futur européen alors très proche. L’amiral Cosmas Christidis, chef (d’honneur) d’état-major de la Marine vient de déclarer sur onalert.gr que par trois reprises déjà depuis deux ans, une partie de l’armée avait été mobilisée, “positionnée sur le terrain” et mise en état d’alerte dans le but… d’affronter les manifestants, notamment durant la fête nationale du 28 octobre 2012, “puisque les unités MAT (CRS) seraient débordés” (quotidien “Avgi” du 5 avril).”

    http://www.greekcrisis.fr/2014/04/Fr0340.html

    C’est pour quand le bruit des bottes chez nous ?


  14. ber075 Le 07 avril 2014 à 19h28
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    A moitie d’accord avec l’analyse qui est faite.
    Bien sur ca serait beaucoup plus facile si on avait la politique de la fed
    a la place de la Bce. Bien sur la politique de la Bce est mauvaise. Bien sur le Tscg est mauvais
    est ne donne pas les bons critéres de réduction des déficits (pas de prise en compte du déficit conjoncturel, malgré ce qu’affirme le traité -cf rapport articles 3 et 4-).
    Mais la n’est pas le plus grave. Que l’Euro soit globalement un boulet pour la France, c’est défendable. Mais le pire du pire est la politique économinque menée par le gouvernement Hollande.
    Pas assez de réforme de structures: mille feuille territorial. Pas de volontée de laisser de cote les réformes societales pour se concentrer sur l’économie (mariage pour tous, réformes pénitentiaires..). Le pire de tout le pacte de responsabilité qui ne va donner quasiment aucune amélioration de la compétitivité, mais seulement soutenir (un peu) artificiellement l’emploi. Pas de réforme d’ampleur de la fiscalité. pas assez de lutte contre l’évasion fiscale. Presque pas de réforme dans le domaine financier. La transition écologique quasiment différée: pas de politique incitative. Bref si on passe à 3% de déficit en 2017, ce sera sur un champ de ruines..


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