Il y a un an et demi, j’ai écrit un essai sur la façon dont les USA ont choisi de voir la Russie, intitulé l’Image de l’ennemi. A l’époque, je vivais en Russie et, après avoir observé la rhétorique antirusse américaine et les réactions des Russes, j’ai fait des observations qui m’ont paru importantes à l’époque. Il s’avère que j’avais réussi à déceler une tendance importante, mais étant donné l’allure rapide des derniers développements, ces observations sont tristement dépassées, et par conséquent, en voici une mise à jour.

A cette époque, les enjeux n’étaient pas encore très importants. On faisait beaucoup de bruit au sujet d’un type dénommé Magnitsky, un avocat d’affaires véreux qui s’était fait arrêter et qui mourut en détention provisoire. Il détenait des informations sur quelques escrocs occidentaux de plus grande envergure, qui, bien sûr, n’ont jamais été inquiétés. Les Américains ont choisi de traiter toute l’affaire comme une violation des droits de l’homme, et ont répondu par ce qui est communément appelé Loi Magnitsky, qui sanctionnait certains individus russes étiquetés comme “contrevenants aux droits de l’homme”. Les législateurs russes ont répliqué avec la “Loi Dima Yakovlev”, nommé d’après un orphelin russe adopté par des Américains qui avaient provoqué sa mort en le laissant dans une voiture fermée pendant neuf heures. Cette loi interdisait aux démons américains tueurs d’orphelins de continuer à adopter des enfants russes. Le tout se résumait à un mélodrame stupide.

Mais quelle différence depuis un an et demi ! L’Ukraine, qui en ce temps là s’écroulait à peu près du même pas régulier que ce qu’il avait toujours été depuis son indépendance vingt ans auparavant, est aujourd’hui un état réellement mort, avec son économie en chute libre, une région qui a fait sécession et deux autres en rébellion ouverte, une grande partie du pays terrorisée par des escadrons de la mort financés par des oligarques, et quelques marionnettes intronisées par les Américains, nommément en charge, mais qui tremblent dans leurs bottes à l’idée de ce qui va se passer. La Syrie et l’Irak, qui alors ne mijotaient qu’à petit feu, sont depuis entrés en éruption dans une guerre véritable avec des régions des deux pays sous contrôle du Califat Islamique, qui a été formé avec l’aide des USA et pourvu d’armes américaines via les Irakiens.

La Libye post-Khadafi semble travailler à établir un Califat Islamique de son cru. Sur ce fond de profond échec de la politique étrangère américaine, les USA ont trouvé pertinent d’accuser les Russes de maintenir des troupes “au seuil de l’Otan”, comme si cela n’avait rien à voir avec l’expansion de l’Otan à l’Est, jusqu’aux frontières russes. Sans surprise, les relations entre les USA et la Russie en sont arrivées à un point tel que les Russes ont jugé approprié d’émettre un avertissement sévère : toute autre tentative de coercition par menaces peut déboucher sur une confrontation nucléaire.

Le comportement américain à travers cette succession de défaites a été remarquablement constant, l’élément récurrent étant un refus catégorique de prendre en compte la réalité, de quelque façon que ce soit. Tout comme avant, en Syrie, les Américains cherchent inlassablement des islamistes modérés, pro-occidentaux, qui veulent faire ce que les Américains veulent qu’ils fassent (renverser le gouvernement Assad), mais qui n’iront pas jusqu’à exterminer tous les envahisseurs infidèles sur lesquels ils peuvent mettre la main. Le fait que ces islamistes modérés, pro-occidentaux semblent ne pas exister n’affecte en rien la stratégie américaine dans la région.

De la même façon, en Ukraine, le fait que le lourd investissement des Américains dans la “liberté et la démocratie” ou la “société civile”, ou ce que vous voudrez, ait débouché sur un gouvernement dominé par des fascistes et une guerre civile n’est, selon les Américains, que de la propagande russe. Parader sous la bannière de la division SS ukrainienne d’Hitler et sacrer héros nationaux des collaborateurs des nazis n’est pas assez convaincant à leurs yeux. Que doivent donc faire ces nazis pour prouver qu’ils sont bien nazis, construire des fours et brûler quelques Juifs ?

Massacrer des gens en mettant le feu à un immeuble, comme ils l’ont fait à Odessa, ou tirer dans le dos sur des civils désarmés pour ensuite les jeter dans des charniers, comme ils l’ont fait à Donetsk, n’est pas suffisant semble t-il. Le fait que de nombreuses personnes aient refusé d’être gouvernées par des voyous nazis et leur ont résisté avec succès est la raison de l’étiquette “séparatistes pro-russes” que les Américains leur ont collée, et qu’ils ont alors utilisée pour rejeter la responsabilité des troubles en Ukraine sur la Russie, et imposer des sanctions à la Russie. Ces sanctions seraient revues si la Russie retirait ses troupes de l’Ukraine. Le problème, c’est qu’il n’y a pas de troupes russes en Ukraine.

Notez que ce type de comportement n’a rien de nouveau. Les Américains ont envahi l’Afghanistan parce que les Talibans ne voulaient leur remettre Ossama Ben Laden (qui était un agent de la CIA) que si les Américains fournissaient des preuves de son implication dans les attentats du 11 septembre – lesquelles n’existaient pas. Les Américains ont envahi l’Irak parce que Saddam Hussein ne voulait pas renoncer à ses armes de destruction massives – qui n’existaient pas. Ils ont envahi la Libye parce que Mouammar Khadafi ne voulait pas renoncer à des positions officielles – qu’il ne détenait pas. Ils étaient prêts à envahir la Syrie parce que Bashar el Assad avait utilisé des armes chimiques contre sa population – ce qu’il n’avait pas fait. Et aujourd’hui, ils ont imposé des sanctions contre la Russie parce que la Russie a déstabilisé et envahi l’Ukraine – ce qu’elle n’a pas fait non plus (les USA l’ont fait).

Les sanctions contre la Russie ont un aspect d’autant plus surréaliste qu’elles se retournent contre l’Occident tout en donnant au gouvernement russe l’élan qu’il lui fallait pour réaliser ce qu’il voulait faire depuis longtemps. Les sanctions ont porté atteinte aux droits de plusieurs hommes d’affaires et officiels russes, qui ont brutalement retiré leur argent des banques occidentales et leurs enfants des écoles et universités occidentales, et ont tout fait pour démontrer qu’ils étaient de bons patriotes russes, et non les laquais des Américains.

Les sanctions ont affecté plusieurs compagnies d’énergie russes, en les coupant des sources occidentales de technologie et de financement, mais cela va d’abord sabrer les gains des compagnies d’énergie occidentales et profiter à leurs rivaux chinois. Il y a même eu la menace de couper la Russie du système SWIFT, ce qui aurait rendu assez difficiles les transferts de fonds entre la Russie et l’Occident, mais au lieu de cela, la conséquence de cette menace aura été de donner un élan à la Russie pour créer son propre système RUSSWIFT, qui inclura même l’Iran, et neutralisera toute velléité américaine future d’imposer des restrictions financières.

Les sanctions étaient censées causer des dégâts économiques, mais les efforts occidentaux pour infliger des dommages à court terme à la Russie sont en train d’échouer. Couplé à une baisse substantielle du prix du pétrole, tout cela était censé affecter fiscalement la Russie, mais comme les sanctions ont également fait chuter le rouble, le résultat net sur les finances de la Russie est nul. Les prix du pétrole sont plus bas, mais en partie grâce aux sanctions, il en va de même du rouble, et comme les revenus du pétrole sont encore généralement en dollars, cela signifie que les reçus d’impôts russes sont en gros au même niveau qu’avant. Et puisque les compagnies pétrolières russes gagnent des dollars à l’étranger mais dépensent localement des roubles, leurs budgets de production ne sont pas affectés.

Les Russes ont aussi répliqué par des contre-sanctions et par l’adoption rapide de mesures visant à neutraliser l’effet des sanctions passées contre eux. La Russie a interdit l’importation de certains produits de l’UE – au grand dam des agriculteurs européens. Parmi les membres de l’UE, les pays les plus férocement antirusses ont été les plus touchés : les pays Baltes, qui n’ont pas tardé à perdre une grosse partie de leur PIB, tout comme la Pologne. La Serbie, qui ne s’était pas jointe aux sanctions, fait figure d’exception. Ici, le message est simple : les amitiés séculaires comptent ; ce que les Américains veulent n’est pas ce que les Américains obtiennent ; et l’UE n’est qu’un bout de papier. De sorte que les contre-sanctions sont en train de créer une situation conflictuelle entre les USA et l’UE, et, à l’intérieur de l’UE, entre l’Europe de l’Est (la plus touchée par les sanctions russes) et l’Europe de l’Ouest. De façon plus significative, elles mettent en lumière un message simple : les USA ne sont pas les amis de l’Europe.

Il y a un autre point qui va devenir important sur le long terme : la Russie a compris le message et se détourne de l’Occident pour aller vers l’Est. Elle fait fructifier son défi ouvert aux tentatives de domination mondiale des USA en le transformant en relations commerciales à travers le monde, dont une grande partie en a plus qu’assez de payer un tribut à Washington. La Russie tient le premier rôle dans la mise en place d’un système bancaire international qui court-circuitera le dollar US et la Réserve fédérale. Sur ce terrain, plus de la moitié des territoires et des populations du monde sont carrément du côté des Russes et les applaudissent à grand bruit. De sorte que l’effort pour isoler la Russie a produit l’effet inverse : il tend plutôt à isoler l’Occident du reste du monde.

De plusieurs autres façons, les sanctions ont en réalité un effet positif. L’interdiction des importations de produits alimentaires depuis l’UE est une aubaine positive pour l’agriculture du pays tout en faisant ressortir un point politiquement important : ne prenez pas la nourriture de la main de ceux qui vous mordent. La Russie est déjà l’un des plus grands exportateurs de céréales au monde, et il n’y a aucune raison pour qu’elle ne devienne pas entièrement autosuffisante au plan alimentaire. L’élan pour le réarmement face à l’emprise de l’OTAN sur les frontières russes (il y a maintenant des troupes US basées en Estonie, à quelques heures de route de la seconde ville du pays, Saint-Pétersbourg) fournit la motivation nécessaire au redéveloppement industriel. Ce cycle de dépenses militaires est planifié de façon un peu plus intelligente que du temps des soviets, en incluant au plan dès le départ la conversion finale en industries civiles. Aussi, en plus d’avoir les meilleurs avions de combat du monde, la Russie est sans doute sur le point de commencer à produire des avions civils destinés à l’export pour faire concurrence à Airbus et Boeing.

Mais ce n’est que le début. Les Russes semblent avoir finalement réalisé à quel point le terrain de jeu a été faussé à leur détriment. Ils ont dû jouer selon les règles de Washington de deux façons déterminantes : en se soumettant à la volonté de Washington pour garder leur crédit auprès des trois agences majeures de notation occidentales et avoir accès aux crédits occidentaux ; et en jouant selon les règles occidentales en matière d’émission de crédit, ce qui a maintenu leurs taux d’intérêt intérieurs artificiellement élevés. Le résultat a été que les entreprises américaines ont pu financer leurs opérations pour des coûts inférieurs, les rendant artificiellement plus compétitives. Mais aujourd’hui alors que la Russie travaille vite à sortir du dollar en passant à des arrangements commerciaux en monnaies bilatérales (soutenues par de l’or en cas de déséquilibres du marché), elle cherche aussi des moyens de faire tourner la planche à billets à son avantage. Jusqu’à présent le diktat de Washington a été : “Nous pouvons imprimer autant d’argent que nous le souhaitons, mais vous, vous ne pouvez pas, ou bien nous vous détruirons.”

Mais cette menace résonne dans le vide, et la Russie n’utilisera plus ses revenus en dollars pour acheter de la dette US. Une des propositions actuellement sur la table est de rendre impossible le paiement des exportations russes de pétrole avec autre chose que des roubles, en établissant deux places de marché pétrolières, une à Saint-Pétersbourg et l’autre sept fuseaux horaires plus loin, à Vladivostok. Les acheteurs étrangers de pétrole devraient alors gagner leurs pétro-roubles de façon honnête – par le commerce bilatéral – ou, s’ils ne peuvent produire suffisamment de biens que les Russes veulent importer, ils pourront payer leur pétrole avec de l’or (tant que les approvisionnements dureront). Ou bien les Russes pourraient simplement imprimer des roubles, et, pour être sûr que cette production ne provoque pas d’inflation intérieure, ils pourraient exporter une partie de cette inflation en jouant sur le robinet de pétrole et les taxes douanières sur l’exportation de pétrole. Et si George Soros et ses semblables décident d’attaquer le rouble en vue de le dévaluer, la Russie pourrait défendre sa monnaie simplement en en imprimant moins pour un temps – plus besoin d’accumuler des réserves de dollars.

Jusqu’ici, tout cela ressemble à une guerre économique typique : les Américains veulent obtenir tout ce qu’ils veulent en imprimant de la monnaie et en bombardant les réfractaires, ou en sanctionnant quiconque leur désobéit, pendant que le reste du monde tente de leur résister. Mais début 2014, la situation a changé. Il y a eu un coup d’Etat à Kiev, à l’instigation des USA, et au lieu de se retourner et de faire le mort comme ils étaient censés le faire, les Russes ont mis sur pied avec un plein succès une campagne rapide et brillante pour reprendre la Crimée, puis ont pu faire échec à la junte de Kiev, l’empêchant de consolider son contrôle sur le reste des anciens territoires ukrainiens en laissant entrer les volontaires, les armes, les équipements et l’aide humanitaire – et des centaines de milliers de réfugiés sortir – à travers la frontière parfaitement théorique entre l’Ukraine et la Russie, tout en évitant toute confrontation militaire directe avec l’OTAN. En voyant tout ceci au journal du soir, la population russe s’est réveillée de sa torpeur politique, s’est redressée, a été attentive, et a propulsé la popularité de Poutine jusqu’aux sommets.

“L’optique” de tout ceci, comme ils disent à la Maison Blanche, est plutôt inquiétante. Nous voilà près du 70e anniversaire de la victoire de la Seconde Guerre mondiale, un moment historique pour les Russes, qui s’enorgueillissent d’avoir vaincu Hitler presque à eux seuls. Au même moment, les USA (l’ennemi de toujours autoproclamé de la Russie) entreprennent de réveiller et de nourrir le monstre du nazisme juste à la frontière russe (à l’intérieur des frontières de la Russie, diraient certains Russes/Ukrainiens). Ceci rappelle aux Russes ce qu’est la mission historique de la Russie dans “le concert des nations” : briser les tentatives des autres nations de dominer le monde, que ce soit la France napoléonienne, l’Allemagne hitlérienne ou l’Amérique obamaniaque. Chaque siècle ou presque, une nation oublie ses leçons d’histoire et attaque la Russie. Le résultat est toujours le même : des monceaux de cadavres dans la neige, puis la cavalerie russe galopant dans Paris ou les tanks russes entrant dans Berlin. Qui sait comment cela se terminera cette fois-ci ? Peut-être qu’il y aura des hommes polis et fortement armés, en uniformes verts sans insignes, patrouillant dans les rues de Bruxelles ou de Washington, DC. Le temps nous le dira.

Vous pourriez penser qu’Obama a déjà trop tiré sur la corde, et qu’il devrait se contenir. Sa popularité chez lui est à peu près l’inverse de celle de Poutine, c’est-à-dire qu’Obama est toujours plus populaire qu’Ebola, mais pas de beaucoup. Il ne peut absolument rien mener à bien, aussi inutile ou futile que cela soit, et ses efforts jusqu’à présent, que ce soit chez lui ou à l’étranger, ont été essentiellement des désastres. Alors que va décider de faire ce travailleur social devenu mascotte nationale ? Du point de vue russe, il a manifestement décidé de déclarer la guerre à la Russie ! Au cas où ça vous aurait échappé, voyez son discours devant l’assemblée générale de l’ONU. Il est disponible sur le site web de la Maison Blanche. Il a placé la Russie directement entre Ebola et EIIL parmi les trois plus grandes menaces auxquelles le monde fait face. Du point de vue russe, ce discours sonne comme une déclaration de guerre.

Il s’agit d’un nouveau type mixte de guerre. Ce n’est pas la guerre totale à mort, quoique selon les standards de la guerre froide, les USA soient plutôt imprudents vis-à-vis d’une confrontation nucléaire. C’est une guerre de l’information – fondée sur des mensonges et des calomnies injustes ; c’est une guerre financière et économique – par l’utilisation de sanctions ; c’est une guerre politique — qui utilise le renversement violent de gouvernements élus et le soutien à des régimes hostiles aux frontières de la Russie ; et c’est une guerre militaire – qui utilise des coups inefficaces, mais insultants, comme de poster une poignée de soldats américains en Estonie. Et les buts de cette guerre sont clairs : il s’agit de saper la Russie économiquement, de la détruire politiquement, de la démembrer géographiquement, et d’en faire un Etat vassal docile qui fournisse des ressources naturelles à l’Occident pratiquement pour rien (contre quelques oboles envers une poignée d’oligarques russes et de mafieux qui joueront le jeu). Mais il semblerait que rien de tout cela ne se produise parce que, voyez-vous, un grand nombre de Russes ont saisi les enjeux, et choisiront des dirigeants qui, en Occident, ne l’emporteraient pas à des concours de popularité, mais qui les mèneront à la victoire.

Étant donné la prise de conscience du fait que les USA et la Russie sont, qu’on le veuille ou non, en état de guerre, aussi opaque et confuse soit-elle, les gens en Russie essaient de comprendre le pourquoi de la situation et ce qu’elle signifie. De toute évidence, les USA ont vu la Russie comme l’ennemie depuis la Révolution de 1917, sinon avant. Par exemple, nous savons qu’après la fin de la Seconde Guerre mondiale, les décideurs militaires américains pensaient à déclencher une frappe nucléaire contre l’URSS, et la seule chose qui les a retenus était qu’ils n’avaient pas assez de bombes, ce qui voulait dire que la Russie pouvait prendre toute l’Europe avant que les effets des frappes nucléaires ne l’en ait empêchée (la Russie n’avait pas encore l’arme nucléaire à l’époque, mais elle comptait de nombreuses forces conventionnelles au cœur même de l’Europe).

Mais pourquoi avoir déclaré la guerre maintenant, et pourquoi a-t-elle été déclarée par ce travailleur social devenu bonimenteur national ? Quelques observateurs pénétrants ont mentionné son slogan “l’audace de l’espoir”, et se sont risqués à supposer que ce genre d'”audace” (qui en russe ressemble beaucoup à “folie”) pourrait être un élément central de son caractère, qui lui donne l’ambition d’être le maître de l’univers, comme Napoléon ou Hitler. D’autres ont étudié le charabia de sa première élection présidentielle (qui a tellement excité les jeunes bêtas américains) et découvert qu’il avait de belles choses à dire sur certains acteurs de la guerre froide. Pensez-vous qu’Obama soit peut-être un savant historien et un géopoliticien madré à part entière ? Cette question déclenche en général un bon éclat de rire, car la plupart des gens savent qu’il est juste un benêt qui répète quoi que ce soit que ses conseillers lui disent de dire. Hugo Chavez a dit de lui une fois qu’il était “otage à la Maison Blanche”, et il n’était pas trop loin de la vérité. Alors, pourquoi ses conseillers sont-ils si pressés d’entrer en guerre contre la Russie, maintenant, cette année?

Est-ce parce que les USA s’effondrent plus vite que ce que la plupart des gens ne l’imaginent ? Selon ce raisonnement, le schéma de domination mondiale américaine à travers l’agression militaire et la planche à billets illimitée est en train de s’écrouler sous nos yeux. Le public ne veut plus de troupes au sol, les campagnes de bombardement ne font rien pour contenir les militants que les Américains ont eux-mêmes aidé à organiser et à équiper, l’hégémonie du dollar s’effrite un peu plus chaque jour, la Réserve Fédérale est en panne de solutions-miracles et va devoir choisir entre sacrifier le marché boursier ou sacrifier le marché obligataire.

Afin d’arrêter, ou tout du moins d’anticiper cette chute dans un néant financier, économique et politique, les USA doivent agir rapidement pour saper toute économie concurrente dans le monde, par tous les moyens encore à leur disposition, que ce soit une campagne de bombardement, une révolution ou une pandémie (bien que cette dernière puisse être un peu difficile à garder sous contrôle). La Russie est une cible évidente, parce qu’elle est le seul pays au monde qui a eu le cran de montrer une stature internationale dans l’affrontement avec les USA et l’aptitude à les contenir ; c’est pourquoi la Russie doit être punie en premier, pour que les autres restent dans le rang.

Je ne suis pas en désaccord avec ce raisonnement, mais je voudrais y ajouter quelque chose.

Tout d’abord, l’offensive américaine contre la Russie, tout comme celle de la plus grande partie du reste du monde, porte sur ce que les Américains aiment appeler “les faits sur le terrain”, et il faut du temps pour créer ces faits. Le monde ne s’est pas construit en un jour, et il ne peut être détruit en un jour (à moins d’utiliser des armes nucléaires, mais alors il n’y a pas de stratégie gagnante pour quiconque, USA inclus). Mais le château de cartes de la finance peut être détruit assez rapidement et là, la Russie peut obtenir beaucoup en risquant peu. Financièrement, la position de la Russie est si solide que même les trois agences occidentales de notation n’ont pas eu le cran de dégrader la note de la Russie, malgré les sanctions.

Voilà un pays qui rembourse sa dette extérieure avec dynamisme, qui a un excédent budgétaire record, une balance des paiements positive, qui amasse des réserves physiques d’or, et pas un mois ne s’écoule sans qu’il ne signe un important accord commercial international (qui contourne le dollar US). En comparaison, les USA sont un cadavre ambulant : s’ils ne pouvaient continuer à refinancer des milliers de milliards de dollars de dettes à court terme chaque mois à des taux bas record, ils ne pourraient payer les intérêts de leur dette ou leurs factures. Adieu Etat providence, bonjour les émeutes. Au revoir industrie militaire et police fédérale, salut chaos et frontières ouvertes. Maintenant, changer les “faits sur le terrain” requiert des actions tangibles, alors que créer une panique financière nécessite juste quelqu’un pour crier “hou !” de manière assez forte et assez effrayante.

Ensuite, il faut bien comprendre qu’à ce stade l’élite dirigeante américaine est presque entièrement sénile. Les plus vieux semblent réellement séniles au sens médical du terme. Prenez Leon Panetta, l’ancien secrétaire de la Défense : il fait la promotion de son nouveau livre, et il en est encore à accuser le président de la Syrie, Bachar el Assad, d’avoir gazé son propre peuple ! Aujourd’hui, n’importe qui d’autre sait qu’il s’agissait d’une attaque sous fausse bannière menée par quelques rebelles syriens sans cervelle aidés par des Saoudiens, dans le but de fournir une excuse aux USA pour bombarder la Syrie – vous savez, encore la bonne vieille blague des “armes de destruction massive”. (D’ailleurs, ce genre d’insistance idiote, répétitive, sur de faux prétextes semble un signe certain de sénilité.) Ce plan n’a pas fonctionné parce que Poutine et Lavrov sont intervenus et ont rapidement convaincu Assad d’abandonner ses stocks inutiles d’armes chimiques. Les Américains étaient livides. Tout le monde connaît cette histoire,  sauf Panetta. Vous voyez, quand un officiel américain commence à mentir, il ne sait plus comment s’arrêter. L’histoire commence toujours par un mensonge, et quand des faits qui contredisent l’histoire initiale se font jour, ils sont simplement ignorés.

Voilà pour la vieille garde sénile, mais alors quid de leurs successeurs ? Eh bien, le représentant parfait de ces jeunes est Hunter Biden, le fils du vice-président, qui a fait une tournée des vices en Ukraine l’été dernier, et s’est retrouvé par inadvertance dans un siège du conseil d’administration de la plus grosse compagnie de gaz naturel d’Ukraine (à qui il ne reste guère de gaz). Il en est parti parce qu’il était accro à la coke. En plus des nombreux héritiers désignés d’office, tel le fils du vice-président, il y a aussi un certain nombre de bergeries pleines de diplômés bêlants des universités de l’Ivy League (NDT : Harvard, Yale, Princeton…) qui ont été spécialement dressés pour occuper des postes hauts placés. Ce sont les “excellents moutons” du professeur Deresiewicz.

Il n’y a pas grand-chose auquel ces gens, jeunes ou vieux, ne puissent faire face. Honte internationale, défaite militaire, catastrophe humanitaire – tout cela rebondit sur eux et vous revient dans la figure pour l’avoir évoqué et avoir été trop négatif envers leur propre vision en rose d’eux-mêmes. Le seul coup qu’ils puissent ressentir est un coup au portefeuille.

Ce qui nous ramène à mon premier point : hou !

Source : Club Orlov, le 21/10/2014

Traduit par les lecteurs du site www.les-crises.fr. Traduction librement reproductible en intégralité, en citant la source.

88 réponses à Comment déclencher une guerre et perdre un empire, par Dmitry Orlov

Commentaires recommandés

grog Le 05 novembre 2014 à 07h36

Merci pour cette belle analyse de la situation.
A propos de la popularité de Poutine, je peux en témoigner.
Quand je suis arrivé en Russie, il y a 3 ans, les Russes ne l’aimaient pas vraiment. Ils blaguaient souvent sur le couple Medvedev-Poutine, qui jonglait avec les postes de président et de premier ministre.
Et les Russes “normaux”, à l’époque, ce qui vivent avec moins de 20000 roubles par mois (400 euros), ne parlaient jamais politique.
Aujourd’hui, c’est très différent.
Tous saluent en lui l’homme fort.
Il y a quelques semaines, 3 babouchki (des femmes de plus de 60 ans qui touchent une retraite de 7000 roubles par mois, et qui sont obligées de travailler pour gagner 6000 roubles de plus) avec qui je buvais un peu de vodka, ont tenu à porter un toast pour Vladimir Vladimirovitch, leur président.
Un petit geste qui en dit long sur la popularité du président.
Ce n’est pas demain que ma grand-mère boira à la santé de François Hollande !

Pour en savoir un peu plus sur la vie quotidienne en Russie, c’est par ici :

link to leblogdegrog.blogspot.ru

  1. grog Le 05 novembre 2014 à 07h36
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    Merci pour cette belle analyse de la situation.
    A propos de la popularité de Poutine, je peux en témoigner.
    Quand je suis arrivé en Russie, il y a 3 ans, les Russes ne l’aimaient pas vraiment. Ils blaguaient souvent sur le couple Medvedev-Poutine, qui jonglait avec les postes de président et de premier ministre.
    Et les Russes “normaux”, à l’époque, ce qui vivent avec moins de 20000 roubles par mois (400 euros), ne parlaient jamais politique.
    Aujourd’hui, c’est très différent.
    Tous saluent en lui l’homme fort.
    Il y a quelques semaines, 3 babouchki (des femmes de plus de 60 ans qui touchent une retraite de 7000 roubles par mois, et qui sont obligées de travailler pour gagner 6000 roubles de plus) avec qui je buvais un peu de vodka, ont tenu à porter un toast pour Vladimir Vladimirovitch, leur président.
    Un petit geste qui en dit long sur la popularité du président.
    Ce n’est pas demain que ma grand-mère boira à la santé de François Hollande !

    Pour en savoir un peu plus sur la vie quotidienne en Russie, c’est par ici :

    link to leblogdegrog.blogspot.ru


    • le vengeur Le 05 novembre 2014 à 08h21
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      Analyses objectives et sans langue de bois de Dmitry Orlov, j’adore, un texte qui mériterait d’être lu par nos politicards européens, les tactiques guerrières et les mensonges US sont dévoilées au grand jour.


    • sadsam Le 05 novembre 2014 à 10h16
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      @merci pour votre témoignage Grog.

      Je ne connais rien sur la Russie d’aujourd’hui mais en regardant un peu les journaux on-line, j’ai l’impression que certains intellectuels et artistes russes suivent cette évolution eux aussi. J’ai lu quelques billets de l’écrivain Zakhar Prilepine, par exemple.
      J’ai vu aussi toutes les polémiques sur les concerts ( certaines en tous cas).
      Peut-être pourriez vous nous en parler à l’occasion ? Il ne me semble pas que les journalistes occidentaux se soient intéressés à cette question.


    • erde Le 05 novembre 2014 à 20h41
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      Un peu de grandeur d’âme ( russe ) dans la sinistrose ambiante….

      Un paysan russe a parcouru près de 4000 kms de la Sibérie à Donetsk pour apporter sa modeste contribution au peuple du Donbass.

      link to novorossia.today

      Avouez que cela change de l’individualisme des O ( o )ccidentaux !


    • VladimirK Le 06 novembre 2014 à 14h07
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      Le respect pour Poutine dépasse étonnamment les frontières russes. Même aux États-Unis et au Canada, de plus en plus de voix – au niveau du peuple, bien entendu, pas au niveau de l’élite, encore que… – saluent le travail de Poutine et en viennent à espérer avoir un jour un tel homme à la tête de leur pays.

      Même Forbes a élu Poutine comme l’homme le plus puissant de la planète :
      link to forbes.com


  2. Lutfalla Le 05 novembre 2014 à 08h06
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    Je ne peux m’empêcher d’être l’avocat du diable sur deux points : Ben Laden aurait bien commandité les attentats du 11 septembre ; et si Hunter Biden est un affairiste qui veut piller le sous-sol ukrainien, le traiter de cacoinomane me semble décrédibiliser tout le texte sur le final.


    • Ana Maria Le 05 novembre 2014 à 09h32
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      à Lutfalla :
      Traiter le fils du vice président Biden de cocaïnomane n’est pas une exagération de Monsieur Orlov c’est un fait connu depuis quelques temps : les télés et les journaux américains en ont parlé. Je mets le lien de cette information (par la grande chaine de télévision américaine ABC) sur l’usage de la cocaïne par le fils Biden

      link to abcnews.go.com

      et ici la même info sur la cocaînomanie du fils Biden par la grande chaîne de télé américaine NBC :

      link to nbcnews.com

      Conclusion : le fils Biden est un affairiste qui pille le sous-sol ukrainien et un cocaïnomane.


    • franckmilan Le 05 novembre 2014 à 10h24
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      premier point : vous utilisez le conditionnel..
      deuxième point : vous dites une contre-vérité…
      parler de discrédit est donc osé.


    • achriline Le 05 novembre 2014 à 15h39
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      En ce qui concerne le premier point, je vous conseille, entre autres, le film “Zero” que vous pouvez visualiser gratuitement grâce au lien ci-dessous. Une opération aussi complexe avec toute l’organisation, la technicité et la synchronisation qu’elle a demandée ne peut avoir été organisée par quelqu’un comme Ben Laden, il n’avait pas les ressources suffisantes (je ne parle pas finances).
      Même le FBI a avoué que Ben Laden n’était pas recherché pour cet attentat.
      Quand au deuxième point, je viens d’apprendre quelque chose mais rien d’étonnant à ça j’apprends énormément de choses depuis que je fréquente ce site.

      link to reopen911.info


    • lon Le 05 novembre 2014 à 17h31
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      Quand on est un affairiste qui veut piller le sous-sol ukrainien, avec une ligne de coke c’est ” après moi le déluge “


    • harvest Le 05 novembre 2014 à 23h47
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      A Lutfalla: “l’avocat du diable”, combien cette expression est appropriée dans ce cas !
      Rappelons qu’un avocat n’est pas sensé soutenir une quelconque vérité mais procurer une bouée de sauvetage à son client. Quant au diable, certains l’identifient comme le grand Satan ! Serait-ce votre cas par second degré ?


    • Moreau Le 06 novembre 2014 à 14h12
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      Biden’s son discharged from Navy after testing positive for cocaine
      By Eric Bradner, CNN
      October 18, 2014 — Updated 0023 GMT (0823 HKT)


    • benoit Le 11 novembre 2014 à 12h23
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      “Ben Laden aurait bien commandité les attentats du 11 septembre …”

      -> tout comme un immeuble de 47 étages victime de quelques feux de bureaux localisés, s’effondre sur lui même à la vitesse de la gravité, et avec une belle uniformité (ce qui suppose que TOUTES ses fondations, au nombre d’une centaines, lâchent exactement au même moment, alors que le feu est par nature hétérogène),

      -> tout comme un 767 qui vole à 510 noeuds à une altitude de 300 m (vol 175 WTC2), où la densité de l’air est sans commune mesure avec celle qui règne à 10 000 m d’altitude, reste parfaitement contrôlable, demandez donc à Russ Wittemberg, pilote à la retraite qui se trouve avoir piloté précisément cet appareil ainsi que celui du vol 77 sur le Pentagone, pense de cette assertion … (je signale qu’avec internet, des gens comme vous n’ont plus aucune excuse, il vont suffit de saisir le nom indiqué en recherche de vidéo dans Google …).

      Bref, un postulat de départ auquel il ne suffit pas d’être relayé par les médias occidentaux, pour être exact, désolé pour vous …


  3. Kiwixar Le 05 novembre 2014 à 08h38
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    Merci pour cet article remarquable de quelqu’un qui connaît très bien à la fois la Russie et les US.

    “Obama est toujours plus populaire qu’Ebola, mais pas de beaucoup.”

    La popularité des dirigeants est un bon indicateur de démocratie, dans le sens où le gouvernement oeuvre pour l’intérêt du pays et de ses citoyens (comme en Chine, où le gouvernement reste relativement populaire). Sur ce point, les pays de l’Otanie sont des parfaites dictatures de type URSS (y compris au niveau de la propagande) avec façade de démocratie, une sorte de nazisme 2.0 où le marketing orwellien est poussé à son niveau le plus extrême, mais en pire : avec un internationalisme dont le but est la destruction des nations (qui protègent les plus faibles).


    • Lage Le 05 novembre 2014 à 23h07
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      Je pense que c’est mal comprendre la mentalité chinoise que de penser que penser que le pouvoir y cherche la “popularité”. La popularité, c’est bon pour les présidents élus tous les quatre ans ! Le pouvoir chinois cherche la légitimité.

      Et il l’obtient : bien des chinois disent craindre ou haïr le régime actuel, mais cela ne les empêche pas de ne pas souhaiter sa chute – de le trouver, donc, légitime.


  4. Nerouiev Le 05 novembre 2014 à 09h26
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    Tout est dit et bien dit, un régal de vérité et de bon sens. Merci à OB et aux traducteurs de nous l’avoir mis en français. Quand je vois qu’aux futures présidentielles en France on va nous pousser à un choix entre un pro USA et un pro USA nos médias portent une responsabilité qu’il faudra leur faire payer. La Russie ne cherche que la paix et le respect des vraies règles du jeu, alors pourquoi hésiter afin d’éviter de se jeter dans la gueule du loup. Ce texte bien écrit mérite d’être plus connu.


    • boduos Le 05 novembre 2014 à 14h08
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      Tout est dit ,effectivement, et pourrait suffire à expliquer la suite des événements c.a.d la chute du système .
      Une péripétie non négligeable et qui vient compliquer le dessein US n’est pas évoquée par D.O. :
      -la démonstration du bouclier anti missile faite en méditerranée par les S300 qui ont abattu les tomawaks déjà lancés sur la Syrie, suite à l’agression chimique sous faux drapeau et programmée comme ligne rouge par Obama la marionnette
      – et l’attaque simulée de deux Sukois24 non détectés à l’approche du fleuron de la marine américaine en Mer Noire en avril de cette année ,attaque déconnectant l’électronique de ce navire dès lors devenu complètement aveugle,d’où la démission de 27 officiers US sous le choc.
      L’excuse de la destruction de l’armement chimique syrien pour stopper l’agression américaine n’est surement qu’un habillage de Lavrov et Kerry pour sauver la face des américains. Obama a du prévenir Cameron mais a du oublier ” flamby et fafa “sur leur pédalo en pleine mer.
      Ce qui est surprenant et révélateur de leur schizophrénie (ou de leur sénilité pour citer D.O.) c’est la poursuite suicidaire par tous les moyens de la tentative de réalisation de leur plan hégémonique.
      et le revolver sur la tempe,nous suivons….


      • achriline Le 05 novembre 2014 à 15h47
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        Quelle autre alternative ont les américains compte tenu de l’état dans lequel est leur pays ?
        Aucune et c’est en ça qu’ils sont dangereux.
        Ils se voyaient déjà les maîtres du monde réalisant ce que César, Napoléon ou Hitler n’avaient pas réussi.
        Plutôt que de couler seuls ils préféreront emmener tout le monde avec eux


      • kenny Le 05 novembre 2014 à 16h47
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        @boduos la pour le coup, j’aimerais bien des liens sur ces 2 infos! (militaires)


  5. K Le 05 novembre 2014 à 10h10
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    Texte admirable.
    Je trouve Orlov encore un peu plus offensif que d’habitude.
    Et il n’hésite pas à s’approcher très près de la ligne jaune sur 2 sujets (je trouve cela courageux):

    L’utilisation secrète d’armes bactériologiques par les USA :
    “les USA doivent agir rapidement pour saper toute économie concurrente dans le monde, par tous les moyens encore à leur disposition, que ce soit une campagne de bombardement, une révolution ou une pandémie”

    L’origine du 11 septembre (son explication est ambiguë) :
    “des preuves de son implication dans les attentats du 11 septembre – lesquelles n’existaient pas”.

    J’ignore quelle est la part de vérité sur ces 2 questions mais j’applaudie ceux qui ont le courage d’analyser et d’enquêter de manière indépendante sur ces 2 sujets, au péril de leur crédibilité vis à vis du grand public.


    • RGT Le 05 novembre 2014 à 21h05
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      Concernant les armes bactériologiques, les USA détiennent les plus gros stocks de ce type d’armes et ne VEULENT pas s’en débarrasser.

      Je crois même (je ne suis pas certain, mais c’est bien dans leur nature) qu’ils ont toujours refusé de signer des traités de non-prolifération concernant ces armes, comme ils n’ont signé aucun traité de non-prolifération d’armes de destructions massives…
      Ces traités sont bons pour les “pouilleux” mais “l’Exceptionalisme Américain” les dispense de ce genre de contrainte…

      Ils avaient certes signé un traité avec l’URSS (START) concernant les armes nucléaires simplement parce qu’ils avaient finalement compris que chaque fois qu’une nouvelle bombe sortait de leurs arsenaux les russes en fabriquaient deux… Et que ça commençait à coûter très cher aux contribuables américains qui commençaient à grincer des dents…

      Par contre, en 2003, ils se sont simplement retirés de START “selon leur bon vouloir”… Et ont recommencé à se réarmer en pensant que la Russie ne le ferait pas.
      Manque de bol, Poutine veillait au grain et ils ne peuvent pas lui reprocher de le faire car les russes pourraient leur répondre que ce sont les USA qui ont commencé.

      Ce pays est né dans un climat de violence et de guerres expansionistes et n’a cessé depuis de continuer dans cette voie (génocide des Amérindiens, annexions territoriales au Mexique).

      La détention d’armes est légale (et même un acte “civique”) dans ce pays, d’où un taux de criminalité extrêmement élevé depuis sa création.

      Gros problème pour les politiques d’ailleurs car ils doivent en permanence maintenir le peuple au niveau minimum alimentaire car ça pourrait vite tourner en guerre civile grave, avec un arsenal dans chaque maison, il vaut mieux éviter les émeutes.

      Jusqu’à présent, les gouvernements ont réussi à contenir les populations, mais je suis certain (sans aucun cynisme) que si l’armée US conserve de tels stocks d’armes “sales” (chimiques et biologiques) c’est sans doute pour “mater” une possible révolte locale.

      Ce pays est dirigé par des tarés.
      Et moins de 10% de sa population se rend vraiment compte de la vraie nature de leurs institutions.

      Par contre, le jour où “ça va péter”, je préférerais être planqué au fin fond de la Sibérie sous plusieurs mètres de neige, parce qu’il y aura des éclaboussures sur toute la planète.


      • Lage Le 05 novembre 2014 à 23h29
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        Le traité de Genève de 1925 interdisant les armes chimiques et bactériologiques a été ratifié par les Etats-Unis le 22 janvier 1975 – après 22 ans d’obstruction parlementaire et quarante ans de développement de ces armes.

        On doit cela à Nixon, qui a pris en 1969 la décision de faire détruire toutes les armes bactériologiques et chimiques existantes aux USA et fermer les centres. La fermeture fut annoncée être effective en mars 1973.


        • harvest Le 05 novembre 2014 à 23h55
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          Bien sur, et les USA ne détiennent plus d’armes bactériologiques et chimiques !
          Au contraire de Saddam et Bachar, par exemple !
          Pendant ce temps, les bisounours …


          • Lage Le 06 novembre 2014 à 00h18
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            J’ai bien dit “fut annoncée être effective” ! Ensuite, je n’ai aucune information contraire. Si vous en avez, merci de les donner.


          • Lage Le 06 novembre 2014 à 01h02
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            Du reste, si Nixon a pris cette décision, c’est que les USA avaient intérêt à la prendre : quand on a la bombe atomique, à quoi bon avoir des armes bactériologiques ou chimiques ? Mieux vaut les interdire pour tout monde.

            Si vous avez un fusil chargé, c’est votre intérêt de signer un traité interdisant les sarbacanes. Tant pis si vous devez jeter votre propre sarbacane…


  6. Olposoch Le 05 novembre 2014 à 11h57
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    “Mais quelle différence depuis un an et demi” dixit M. Orlov…

    Il est vrai qu’il y a un an et demi Poutine me semblait un personnage peu recommandable et aujourd’hui il semble un des rares digne de la fonction de chef d’état…

    Et dernière mise à jour, les burkinabés sincères qui pensent avoir ousté leur autocrate se retrouvent avec un protégé des USA au pouvoir…
    link to washingtonpost.com


  7. kenny Le 05 novembre 2014 à 12h12
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    tout ca n’est guere rassurant.
    je suis de ceux qui pensent que le declin de l’occident est feroce (et du a la mediocrite de nos dirigeants, leur ideologie qui pour moi peut se resumer en 2 livres: Choc Doctrine et Economic Hitman de Perkins).
    Je serais moins affirmatif que l’auteur sur le 11 septembre et autre sujets (j’ai d’enormes doutes, mais pas de certitudes comme lui) mais enfin, je lui donne raison sur pas mal de points, et c’est bien ca qui me fait peur.

    Je ne me rejouis pas du tout du declin de l’occident, car c’est quand meme ma culture, mes racines, mon pays. J’aurais aime que l’occident mene un role de developement interne et de reste du monde plutot que de domination. Hors ce qu’on voit c’est plutot une erosion depuis une 30aine d’annees – (des conditions de vie, de l’economie, des libertes – en douce – et la volonte de dominer les autres date de plus loin encore.

    Pas sur que le modele russe ou chinois soit au final tellement meilleur – mais force est de constater que les US et l’Europe se sont tellement eloignes de nos ideaux que ca semble facile de trouver des arguments pour les descendre en flamme, malheureusement


    • boduos Le 05 novembre 2014 à 14h33
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      Non Kenny ,ce n’est pas notre culture , ils font passer leurs sectes pseudo chrétiennes comme représentatives de l’occident (rappelles- toi du distinguo “la vieille Europe” convoquée par de Villepin a l’ONU en 2003) .Non,je ne m’associe en aucune manière avec ceux éradiquent les chrétiens d’orient par EIL interposé.
      Et je ne prends pas pour culture profonde le mimétisme de notre classe dirigeante formée par la ” french american fondation “qui emboite le pas de ces empereurs déchus . Cette classe n’est pas,je l’espère,le substrat de la France.


      • kenny Le 05 novembre 2014 à 16h51
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        Ca va, je ne me refere pas a “tiens, allons buter des dirigeants et allons envahir un pays en guerre”
        je te parles si tu preferes de ma culture, laique, democratique, liberte de presse, progressiste, et tout ce que tu veux.
        qui, a ce que je sache, vient quand meme de la civilisation occidentale, des lumieres, de la science.
        Qu’elle soit partie en decacence (pourr ne pas dire autre chose) est ce qui m’attriste
        Ma culture est avant tout Europeene, occidentale, ni russe, ni chinoise.


        • RGT Le 05 novembre 2014 à 21h29
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          Les “Lumières” n’étaient pas si lumineuses que ça…

          Il suffit de lire attentivement les écrits de leur “chef de file” (Voltaire, adulé par nos “élites”) pour se rendre compte que les “luminaires” n’étaient que des représentants de la riche bourgeoisie qui souhaitaient faire tomber les dernières entraves à leur liberté d’exploiter les autres. Voltaire était esclavagiste et ne défendait QUE les intérêts de la riche bourgeoisie.

          Le seul qui ait eu une pensée réellement humaniste fut Rousseau, que l’on a ensuite trainé dans la boue pour faire oublier le caractère réellement humain de sa pensée.

          Les autres étaient tous des “racailles” opportunistes et intéressées.

          N’oublions pas que la “Révolution Française” est partie du parlement de Vizille, entièrement dominé par des bourgeois Dauphinois pleins aux as qui devaient leur fortune à des privilèges qui leur avaient été octroyés par Louis XI en échange de quelques “coups de mains” pas très reluisants pour “exploser” ses opposants.

          Cette révolution a été organisée en manipulant habilement le peuple pour permettre de mettre en place un système capitaliste, et rien d’autre.

          Essayez de trouver un seul élément RÉEL qui permette de prouver le contraire.

          Dur dur, mais dire que “c’était mieux avant” est aussi très difficile surtout quand l’histoire a été ré-écrite par les vainqueurs…

          Je ne suis absolument pas nostalgique de la monarchie qui était aussi un régime pourri. Mais le monarque avait l’obligation (c’était la justification officielle de sa fonction) de protéger le peuple (des invasions extérieures mais aussi des “rapaces” de l’intérieur, d’où certaines lois “restrictives” à la liberté du commerce ou au taux d’usure bancaire entre autres).

          Ce que nous vivons n’est que la sinistre suite de la parodie de “démocratie” qui a émergé de la révolution française.

          Avec les petites parenthèses du front populaire et du CNR jusquà l’éviction de De Gaulle.

          L’égalité, c’est bien, mais au niveau de sa caste : Les gueux sont égaux avec les gueux, et les “élites” avec les élites.
          Vouloir qu’un gueux soit l’égal d’un “prince”, c’est totalement hérétique…

          Il n’y a que dans les contes de fées que ça arrive.


  8. Perekop Le 05 novembre 2014 à 12h30
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    Moi aussi, j’ai aimé ! Une question : qui est ce Dmitry Orlov ? J’ai cliqué sur Club Orlov mais n’y ai trouvé aucune présentation de l’auteur. Je vois juste que tout est en anglais et que les noms des “fans” (?) sont tous anglo-saxons ou presque.


    • dany2 Le 05 novembre 2014 à 12h36
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      ” Je poursuis la petite série de textes que je trouve intéressants de Dmitry Orlov, ils aident à la réflexion. Il est né à Leningrad et a immigré aux États-Unis à l’âge de douze ans. Il a été témoin de l’effondrement soviétique lors de plusieurs visites prolongées sur sa terre natale russe entre la fin des années 1980 et le milieu des années 1990. Il est ingénieur et a contribué à des champs aussi variés que la physique des hautes énergies et la sécurité informatique.” ( Les crises.fr )


  9. Chaban Le 05 novembre 2014 à 13h23
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    Ouais, beauf… Je suis Orlov depuis pas mal de temps et ça fait un moment qu’il raconte que l’empire américain est sur le point de s’effondrer.

    Le problème est qu’aujourd’hui, c’est la Russie qui est en grande difficulté: le rouble s’effondre, le prix du baril de pétrole est en chute libre, les sanctions font du mal à l’économie et elle vont certainement s’intensifier.

    Notez que ce constat m’attriste et que je suis bien conscient que les cours du rouble et du pétrole sont manipulés pour faire le plus de mal possible à la Russie. D’ailleurs l’empire en contrepartie continuent de maintenir les bourses de l’Occident à des niveaux artificiellement élevé, qui ne reflètent absolument pas la réalité economique du terrain.

    Oh et puis j’allais oublié… Bientôt Poutine perdra son allié ô combien stratégique au niveau géopolitique Bashar El Assad.

    Tout ça est écœurant et nous sommes tous à la mercie de ces manipulations, mais au final, cela prouve la puissance de L’empire.

    Comme le dit Gabriele Adinolfi, qui a combattu l’impérialisme americain toute sa vie, l’empire n’a jamais été aussi puissant.


    • Kiwixar Le 05 novembre 2014 à 15h10
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      “le rouble s’effondre”

      Ca ne veut rien dire, le rouble s’effondre. Tous les pays du monde essaient de faire baisser leur monnaie par rapport aux autres pour favoriser les exportations. Orlov explique bien que la baisse du rouble par rapport au dollar compense la baisse du prix du baril en dollar : après conversion (moins de dollars en raison de la baisse du prix du baril) le gouvernement russe se retrouve avec la même quantité de roubles qu’avant pour son budget.

      L’article d’Orlov est précis sur tous les points et il comprends bien de quoi il parle (il est ingénieur), on n’a pas l’impression de se retrouver à lire du journalope qui ne pige même pas les trucs de base. Et non seulement il les comprend bien, mais il les explique bien, et son article vaut bien plusieurs lectures.


    • Kiwixar Le 05 novembre 2014 à 15h20
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      Autres avantages de la baisse du rouble :
      – diminuer les importations, donc favoriser les producteurs locaux (notamment alimentaires, vu que c’est un point clé au niveau stratégique)
      – favoriser le tourisme vers la Russie (exemple récent, forte augmentation du nombre de touristes venant d’Asie, notamment Corée du Sud)
      – favoriser les exportations hors énergie (armement, aviation civile, etc).

      Il y a peut-être d’autres avantages que l’on ne voit pas, notamment sur l’Union Douanière Eurasiatique (1er janvier 2015), peut-être que la baisse du rouble peut faciliter l’adhésion de nouveaux membres.


      • yann Le 05 novembre 2014 à 15h37
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        Au passage on peut rappeler que la France aurait bien besoin d’une dévaluation de 20 à 30% pour soulager un peu ses entreprises face à l’Allemagne. Le général De Gaulle avait lui même dévalué de 30% le franc lorsqu’il est arrivé au pouvoir en 1958. Cela n’a pas été un drame bien au contraire.


        • Chaban Le 05 novembre 2014 à 16h49
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          Je vois où vous voulez en venir. Et permettez-moi d’ajouter que je reviens régulièrement sur lescrises.fr principalement pour les commentaires éclairants de certains commentateurs, notamment Kiwixar, que j’apprécie particulièrement.

          Ne vous méprenez-pas, moi je suis de votre côté. Petite précision au passage, j’habite dans le coeur de l’empire… et je dois dire que pendant des années j’ai promu la théorie de la chute inévitable, etc.

          J’aurais peut-être du passer un peu moins de temps à lire certains blogs (Zero Hedge s’est gourré sur quasiment tous les sujets depuis 5 ans) et passer plus de temps dehors à observer…

          Et que vois-je aujourd’hui? Les gens qui essayaient de vendre leur maisons depuis X temps se mettent à les vendre tout à coup. Tous mes voisins se mettent à acheter des voitures neuves, à rénover leurs maisons, à sortier au restaurant, etc.

          Croyez-moi, la chute de l’empire, malheureusement, c’est par pour maintenant.

          Quant à ces fameuses dévaluations… j’ai toujours trouvé le concept idiot puisque si l’on suit le raisonnement, une fois qu’un pays se lance dans cette brêche, et bien tout le monde suit; ce qui, au final, rend tout le procédé de dévaluation caduque.

          Non, les états dévaluent principalement pour financer leurs déficits budgétaires. Rien d’autre.


          • Chaban Le 05 novembre 2014 à 17h11
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            Flash:

            Le rouble continue de s’écrouler (j’aurais du précisé plus haut qu’il y a quand-même une grande différence entre une dévaluation et un crack) et la banque centrale russe parle de vendre des réserves d’or pour supporter le rouble.

            C’est une véritable catastrophe. Voila pourquoi je trouvais l’analyse d’Orlov d’un ridicule…

            Je pense que l’erreur que j’ai faite, et que beaucoup de personnes qui en ont raz-le-bol de l’empire ont faite, c’est que nous sommes tombés dans le “wishful thinking”, nous avons pris nos désirs pour des réalités, renforçant ce désir par la lecture continue de blogs qui nous présentent tous Poutine comme un maître des échecs, etc.

            Alors qu’en fait, quand on analyse la situation objectivement, on s’aperçoit qu’il est de plus en plus affaibli géopolitiquement et économiquement.

            Ca n’enlève rien au fait que OUI, le maidan était une révolution colorée pour mettre en place un gouvernement pro-EU, oui le M-17 était sans doute une attaque sous faux drapeau, oui, ils ont tué des milliers de civils pour arriver à leur fin… et oui, la Russie dans tout ça ne fait en fait que subir.

            En résumé… tout ça démontre la puissance absolument hallucinante de l’empire… ils peuvent se permettre absolument tout ce qu’ils veulent.


            • Kiwixar Le 05 novembre 2014 à 18h26
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              “Wishful thinking” : je partage votre avis sur les US, qu’il ne faut pas prendre nos désirs (qu’ils nous lâchent la grappe) pour des réalités, et qu’il ne faut pas les enterrer trop vite, notamment :
              – leur souplesse et énergie individuelle
              – leur capacité de se mettre à tous ramer dans le même sens en même temps
              – leur possibilité de changer de paradigme dans leur intérêt (exemple : prôner l’isolationnisme alors qu’ils ont prôné l’inverse pendant 50 ans)
              – leur possibilité de rembourser toute leur dette d’un coup, en imprimant des papiers “ceci vaut 1 trilliard” pour payer leur dette “je dois 1 trilliard”

              Néanmoins, ils traînent des sacrés handicaps qui les mettent bien loin de leur Age d’Or :
              – les good jobs qui ont été délocalisés en Asie
              – les zuniens intelligents qui deviennent lawyers et non ingénieurs ou biophysiciens (médiocrité technique qui est visible sur le programme F35, où même l’informatique embarquée est pourrie)
              – leur croissance basée sur l’endettement : ils finissent de payer leur dette étudiante à 55 ans alors qu’ils ont des emprunts sur plein d’autres trucs qu’ils devront bosser jusqu’à 95 ans heureusement leur espérance de vie sera inférieure
              – la disparition de la classe moyenne
              – leur Deep Governement anti-démocratique
              – dédollarisation en cours
              – importateurs d’énergie, et ça va empirer à la fin de leur pétrole/gaz de schiste (2016-18?)
              – les baby-boomers qui sont en train de partir à la retraite (pour ceux qui peuvent)
              – leurs (désormais) problèmes militaires : ils ne sont plus capables de se débarasser d’un concurrent pendant 20 ans en rasant le pays

              Concernant la Russie, je suis très optimiste car ils ont tous les atouts dans leur manche : énergie, formation, territoires, matières premières, proximité de la route de la Soie et de la Chine.

              Un bon moyen pour les US d’avoir du pétrole pas (trop) cher pendant encore longtemps (2020-2025), c’est de détruire la demande d’une des 3 zones grosses consommatrices (l’UE), en la renvoyant à l’âge de pierre par une crise économique et une coupure avec leur gros fournisseur de gaz (Russie).


            • bluetonga Le 06 novembre 2014 à 01h36
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              J’ai signalé un commentaire de Chaban à Kiwixar par erreur. Fausse manœuvre sans plus.

              La dégénérescence morale américaine dont vous parlez me paraît un des obstacles les plus importants. Les américains ont été drillés pendant toute leur histoire au matérialisme et à l’individualisme (avec en contre-partie positive le sens de l’entreprise et de la compétition, l’opportunisme, la flexibilité, la self-reliancy, et peut-être, la nostalgie d’une époque plus romantique). Ils ont la capacité de rebondir, mais peu de se fédérer, les intérêts individuels, locaux, partisans refaisant rapidement surface.

              Les points forts de la Russies sont une autarcie virtuelle en ce qui concerne les matières premières, une tradition forte en ingénierie et sciences appliquées, une forme de messianisme christique qui fédère la nation avec une tonalité ethnique, et avait été redéfini pendant la période soviétique sans disparaître pour autant, le sens de leur propre histoire, et manifestement, une énorme capacité à encaisser et à faire preuve de pragmatisme et de créativité en cas de besoin (la grande guerre patriotique…). Leurs initiatives diplomatiques récentes plaident dans ce sens, et leur rapprochement avec les asiatiques leur promet un second souffle en matière de technologies. Sur le plan diplomatique, ils inspirent des nations sur les cinq continents, et pour l’instant, ils font suffisamment peur pour qu’on n’imagine pas les soumettre par la force.


          • yann Le 05 novembre 2014 à 17h12
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            Ce que vous dites est complètement faux. Dans un système de change flottant comme le nôtre, les pays qui ne dévaluent pas sont les dindons de la farce. Mais la dévaluation peut avoir deux objectifs soit la croissance par l’exportation, soit la croissance par la demande intérieure protégée par la dévaluation. À l’heure actuelle, les pays cherchent à dévaluer pour exporter plus ce qui est idiot puisqu’il n’y a plus de vraie croissance nulle part. Mais l’on pourrait dévaluer et relancer la demande intérieure en même temps c’est d’ailleurs ce que Patrick Artus avait proposé il y a quelques années.

            À titre personnel je préférerai évidemment que l’on taxe simplement les importations de façon à relocaliser la production pour permettre une hausse des salaires et par conséquent une hausse de la demande intérieure. Il n’empêche qu’une dévaluation couplée à une relance aurait des effets très bénéfiques. Ensuite il faut arrêter de gober le discours libéral sur la dette qu’il faudrait rembourser et les déficits publics. Ils sont le produit du libéralisme. À l’époque keynésienne jamais l’état français n’avait de tels déséquilibres, c’est bien le libéralisme et son obsession des déficits qui a produit les déficits par ses âneries continuelles et la privatisation de l’instrument monétaire. Plus les libéraux luttent contre la dette et plus elle enfle, c’est curieux non ?


            • Chaban Le 05 novembre 2014 à 19h38
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              @Kiwixar:

              Je partage votre analyse de la situation aux Etats-Unis à 100%. A votre liste, j’ajouterais peut-être également la dégénérescence morale… toutes les valeurs ont été annhilées ici.

              Toujours j’ai du mal à partager votre optimisme quant à la Russie ces derniers temps.

              Disons que j’espère simplement que vous avez raison. Personnellement je perçois Poutine comme une bête acculée dans les filets OTANIENS aujourd’hui et je ne vois pas trop comment il pourrait s’en sortier.


          • Olivier M Le 05 novembre 2014 à 22h05
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            “Et que vois-je aujourd’hui? Les gens qui essayaient de vendre leur maisons depuis X temps se mettent à les vendre tout à coup. Tous mes voisins se mettent à acheter des voitures neuves, à rénover leurs maisons, à sortier au restaurant, etc.”

            Merci pour ce témoignage. Pouvez-vous préciser si vous connaissez des gens qui achètent des maisons. Il semblerait en effet qu’une partie des QE ait servi -via les banques- à acheter de l’immobilier en masse…
            Par ailleurs, d’après ce que j’ai pu lire, les ventes de voitures sont quasiment toutes financés intégralement à crédit.

            L’économie US -et mondiale- a été shootée par la planche à billet pendant 20 ans, avant que l’overdose ne survienne en 2007/2008.
            J’imagine que les américains retournent au resto pour fêter leur capacité retrouvée à se shooter au surendettement.

            Je suis beaucoup moins optimiste que vous quant à la capacité des américains de se reprendre en main. L’histoire du “Bundy ranch”, et ses derniers rebondissements fin octobre -l’état fédéral va voler les terres des fermiers et miliciens qui se sont révoltés pour protéger ce ranch- ne me rend plutôt pessimiste au sujet de la stabilité intérieure de ce pays.


            • harvest Le 06 novembre 2014 à 00h10
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              Peut-être aussi que notre ami américano-bordelais (Chaban) n’a pas forcément gout à visiter les sans-dents des grandes banlieues US, car en villégiature ou en détachement à l’étranger, on vit parmi une moyenne bourgeoisie locale et on en reçoit aussi le brainstorming.
              Ayant passé pas mal de temps là bas, je peux aussi affirmer que la fin n’est plus très loin. Le premier effet sera une sécession (tiens, tiens) de quelques états riches comme la Californie, les nantis étant toujours recalcitrants à payer pour la collectivité, n’est-ce pas.


            • boduos Le 06 novembre 2014 à 01h39
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              le déclin américain apparaitra lorsque leur “partners” colonisés par leur ixième plan Marshall n’y trouveront plus leur compte avec ces faux dollars minant l’économie mondiale
              ce déclin poindra lorsque les dirigeants de ces pays partners ne pourront plus servir la comédie de leur fausse alternance à leur population et lorsque la bourgeoisie majoritaire s’estimant cocufiée laissera les rênes du pouvoir à une vraie alternance.
              les USA ne sont puissants que de nos faiblesses; quand l’élite de nos nations aura les poches vides ,là sonnera le tocsin .
              sauf si conflagration planétaire, seule obsession semble-t-il de l’empire.


          • Yannick humblet Le 06 novembre 2014 à 00h32
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            Actuellement je suis profondément malheureux car j’ai exactement la même experience que vous . J’ai lu trop de blog et trop de livre . L’empire atlantique ne moura pas


            • Subotai Le 06 novembre 2014 à 01h19
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              “”L’empire atlantique ne moura pas””

              Ça serait une première dans l’histoire de l’humanité…
              Je me souviens qu’en 1998, ils avaient inventé le mouvement perpétuel en économie et que la pompe économique du capitalisme ne pouvait plus ni s’arrêter, ni tomber en panne. Sans rire, c’était à la télé durant le grand boum des nouvelles technologies.
              C’est à ce moment que je me suis dit “nous sommes mal” et que j’ai commencé à décrocher du “Progrès”. Parce que c’est au moment où on se croit invulnérable qu’on commence à mourir… 🙂
              2001 n’a pas tardé… 🙂


            • Yannick humblet Le 06 novembre 2014 à 02h15
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              ( Je demande d’avance pardons pour les faute d’orthographe j’ai pas de bac mais j’essaye d’être lisible)

              Il y a quelque année j’ai clôturée mon compte d’épargne par-ce-que je croyais que le système s’effondrerais brutalement . j’avais tors même si je ne regrette pas de l’avoir fait . Il y aura une crise mondiale mais l’empire atlante en sortira renforcé contrairement a ce que je croyais il y a seulement une année .

              Je crois que j’ai compris mon erreur et celle de toute les personnes qui perçoivent la nature pourri du système . Intuitivement nous pensons que la faiblesse des état unis est sa dette . mais je crois que c’est le contraire c’est leur énorme dette en complément de la monnaie monde qu’est le dollar qui fait leurs force . Etrangement le fait d’être un empire de la dette les rends plus puissant .

              quand la phase final de la crise fini par se manifesté le bloc atlantique se renforcera en faisant fusionné otan et ocde . La crise sera douloureuse mais ce qui ressortira de tout cela ne sera pas vertueux .


          • bluetonga Le 06 novembre 2014 à 01h22
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            Bonjour Chaban.

            Je partage votre scepticisme quant à l’imminence de la chute de l’Empire, même s’il me semble que tout empire finit par chuter. Je pense en revanche que l’économie américaine s’est précipitée dans une impasse irrémédiable, et que l’option prise voici quelques décennies d’une économie virtuelle via les opérations boursières et la spéculation, destinée à accélérer la suprématie d’une petite élite restreinte, n’est plus viable à court ou moyen terme. 2008 à été un coup de semonce important, et le système a montré son incapacité à se réformer.

            Comme vous, de plus en plus, je me méfie des méfaits du wishful thinking d’un certain nombre de sites alternatifs qui annoncent à grand renforts de roulements de tambours le spectacle de la chute de Wall Street, de la City et du capitalisme. Je ne sais pas s’ils vont chuter avec fracas dans une gerbe de flammes et de poussières, mais je pense qu’à terme ils devront pour le moins muter sérieusement et ne pourront plus faire l’impasse sur le facteur epsilon, le peuple, les gens. Entretemps, il y aura certainement eu des catastrophes, des tragédies, des émeutes.

            En ce qui concerne l’exemple de votre voisinage qui redémarre une vie économique, je me faisais la réflexion du same old same old : le crédit, la solution miracle américaine.

            Et comme le hasard fait bien les choses, Mike Whitney est venu promptement à mon secours :

            link to counterpunch.org

            Je pense que quoiqu’on en pense l’EEG de l’économie américaine est en train de s’aplatir, son pouls devient irrégulier, et la FED souffle frénétiquement dans ses poumons. Mais ils n’ont pas de solution. Il n’ont toujours pas d’économie réelle, seulement une domination militaire et diplomatique, qui lentement, se désagrège.


          • VladimirK Le 06 novembre 2014 à 14h28
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            Bonjour Chaban,

            Où habitez-vous au coeur de l’empire exactement ?

            BIen que j’habite de l’autre côté de la frontière (Nord), j’ai beaucoup à faire avec les États-Unis, et c’est de plus en plus difficile pour nos partenaires américains, ceux qui survivent. D’autre part, si l’effritement de l’empire n’est pas visible partout apparemment, il y a des endroits où il est flagrant ;

            Prenons Honolulu par exemple, une ville très attractive touristiquement, et fortement subventionnée par la présence de bases militaires. En 2011, les bidonvilles étaient assez discrets, limités à l’Ouest de l’ile… puis ils ont commencé à s’étendre au sud. En 2012 ils avaient atteint l’Est de l’île, et maintenant ils font tout le tour.

            Autre endroit, la Silicon Valley, autrefois un exemple de réussite. Malgré la présence de Google, Apple, Facebook, les temps sont durs. Les emplois royaux ont été remplacés par de contrats de travail précaires, et on ne ressent plus la bonne humeur et la détente qui existait encore il n’y a pas si longtemps.

            L’Arizona est assez touché aussi, avec des villes entières qui ont été désertées, et un redémarrage difficile.

            Je ne parle pas du Michigan, allez faire un tour à Détroit, ça se passe de commentaires.

            Alors, il y a sans doute des endroits qui ont été préservés, notamment la côte Est, mais ça ne va tout de même pas si bien que ça.

            J’imagine aussi qu’avec la baisse du cours du pétrole, les investissements sur l’extraction du gaz de schiste, autrefois présentée comme une révolution, vont en prendre un sacré coup..


            • Chaban Le 06 novembre 2014 à 21h06
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              J’habite dans le sud: nous sommes donc loin des régions les plus affluentes des E.U.

              En dépit de ce que raconte Olivier Delamarche, que je respecte au demeurant, la quasi totalité des salariés aux E.U., si l’on exclut les petits bouleaux, sont investis dans les marchés.

              Et que voient-ils ces gens-là? Et bien ils voient les indices américains battre de nouveaux records quasiment chaque semaine depuis maintenant près de deux ans. Est-ce justifié? la véritable économie se porte-elle à merveille? Pas du tout!

              Toutefois, tant que les E.U. conserveront leur hégémonie mondiale par le biais du dieu dollar, l’une des plus grandes arnaques de toute l’histoire de l’humanité, et bien ça continuera. Gardez-bien à l’esprit que les zuniens vivent de cette manière depuis des décennies. Et en plus aujourd’hui les banques centrale européenne, japonaise et anglaise (même si là on pourrait discuter sur qui contrôle vraiment qui quand on fouille un peu) leur sont complètement asservies. Alors vous vous doutez bien que ce petit jeu peu durer encore longtemps…

              Alors oui, tout autour de moi je vois des gens acheter des maisons, des voitures, faire des rénovations… moi je suis beaucoup plus pauvre parce que je ne suis pas investi et que j’ai cru à toutes ces histoires d’effondrement imminent, etc.

              Ayant étudié la question plus en profondeur, je sais maintenant que ça n’était pas possible, notamment parce que, comme précisé un peu plus haut, les banques centrales travaillent de concert à innonder le monde de fausse monnaie.

              Ca n’enlève rien au fait, qu’effectivement, l’économie réelle est quasiment nulle, que les infrastrucures sont pathétiques, que moralement il ne reste plus rien, etc.

              Toujours est-il que nous pensions tous que Poutine mettrait fin à l’hégémonie, mais j’ai l’impression que c’est pas pour demain. N’est pas De Gaulle qui veut! Etudier un peu ce qu’a fait De Gaulle quand les services secrets français ont démasqué l’escroquerie du dollar. Ca, ça réclamait une sacrée paire, si vous voyais ce que je veux dire.

              En même temps, petit bémol, je m’aperçois que la propagande anti-Poutine accélère, partout en “occident”. Ca devient complètement hystétique… et d’un grotesque…

              Alors quand je vois ça, je me dis que finalement, Poutine est peut-être beaucoup plus en avance que je le pense.


    • boduos Le 05 novembre 2014 à 16h04
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      c’est vrai qu’il y a un risque pour Bachar el Hassad ,bien que le canard soit toujours vivant.
      Il ne faut pas oublier que l’ouverture de fronts tous azimuths par les USA peut tout aussi bien être un piège qui se referme sur le belligérant (Pakistan,Afghanistan ,mer de chine du nord et mer de chine du sud,Afrique ,Irak,Iran,Ukraine,Amérique du sud,Lybie,arctique,….et pire : la planche à billets) il faut les entretenir tous ces feux lorsqu’ils sont contre nature (souvent avec beaucoup de bluff et un peu de poudre).Qui trop embrasse mal étreint?
      Ces boutefeux sont scrutés du coin de l’œil par une majorité de pays hors OTAN qui,bien que craignant cette puissance seront les premiers a sonner l’hallali .
      Tout ce qu’on peut espérer c’est un sursaut de bravoure de notre pays avant ce retournement,car des gens qui volent au secours de la victoire,c’est pas ce qui manque .


    • Subotai Le 05 novembre 2014 à 18h34
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      L’Empire n’est jamais aussi près de la mort qu’au faîte (visible) de sa puissance.
      La vraie puissance ne s’exprime pas, elle est.
      Quand la puissance doit s’exprimer pour exister, c’est qu’elle a disparu.


    • Manant Le 05 novembre 2014 à 18h39
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      “il va perdre Al-Assad”?!! Sur quoi se base cette prophétie?


    • olivier69 Le 05 novembre 2014 à 23h40
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      Bonsoir,
      j’ai un moyen de vous mettre d’accord… Ne regardez pas la partie émergée de l’iceberg mais la partie immergée ! L’évolution du hors bilan et taux d’intérêt réel négatif.
      Cdlt


  10. Daniel Le 05 novembre 2014 à 14h12
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    Peu de fois j’ai lu une analyse aussi claire et précise que celle-ci de Dmitry Orlov. Sa manière de cerner et de formuler un sujet aussi complexe que les actuels enjeux géopolitiques entre la Russie et les Etats-Unis est d’une objectivité très didactique, brillante. Cette analyse devrait être traduite en plusieurs langues pour être véhiculée dans les universités, les associations civiles et d’autres forums de débat dans le but d’expliquer aux gens de façon objective et directe ce qui se passe actuellement en Europe de l’est.

    Un billet précieux, Olivier, un grand merci.


  11. bocanegra Le 05 novembre 2014 à 14h25
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    la russie fut leur meilleur ennemie …ne pas l’oublier. cette bonne vieille
    russie solide et rationnelle pas comme ces orientaux roublards et encore
    roublards. poutine est fort il tient la pression et la vodka, obama ? cela fait
    des années que je l’apprécie pas, déjà en 2008 son “yes we can” m’avait
    insupporté sans savoir encore pourquoi : maintenant je sais, ce type est
    méprisant, hautain, sous couvert de métissage, il est un imposteur, même pas un
    travailleur social, ce type est pire encore que bush d’une certaine façon, avec
    bush une certaine distance nous maintenait loin des us mais avec ce type, une
    idolâtrie à gauche et même à droite s’est propagée comme une trainée de cocaïne !
    nous avons laissé la porte grande ouverte à ce produit de la sous-culture
    américaine dans toute sa splendeur ! et voilà le travail une ue au bord de la
    crise de nerfs, une russie aussi froide que ces célèbres hiver. les russes ont
    bien appris de la chute du mur et ils savent qu’ils n’ont pas besoin des us mais
    les us eux ont besoins des russes mais ils ne savent plus comment s’y prendre
    tant l’argent les a dénaturé, tant ils ont menti, trahi , ils sont perdus …un peuple de consommateurs rien d’autres. la moitié de leur dette sont des dépenses militaires ! help me if you can …
    un peuple adepte de leur narcissisme mais pas de la civilisation ! quant à admirer la russie il y a un pas que je ferai pas ! je tiens à mon pays.


  12. kenny Le 05 novembre 2014 à 14h30
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    je pense surtout qu’on exagere l’importance du pouvoir reel du president des etats unis. Si dans les annees 50 qq un comme Ike Eisenhauer prevenait deja du pouvoir du complexe militaro industriel imaginez aujourdhui.
    Ce que je veux dire c’est que Obama me semble pas toujours faire ce qu’il veut.


  13. Olposoch Le 05 novembre 2014 à 14h40
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    Je crois qu’il va falloir ajouter un nom à la liste des journalistes ineptes…

    Anthony Bellanger

    Je vous laisse savourer le chef-d’œuvre:
    link to lesinrocks.com

    extrait définitif de notre expert:
    “Reste que l’image de la Russie s’est beaucoup dégradée lors de la re-soviétisation de sa politique extérieure. Comment pourrait-il en être autrement alors que l’Europe unie s’est bâtie sur la recherche du consensus entre égaux ? Dans un contexte occidental apaisé, où les budgets militaires n’ont jamais été aussi faibles, les démonstrations de force russes sont insupportables”

    C’est court, dense, une concentration qui sera difficile à surpasser…


    • lon Le 05 novembre 2014 à 17h12
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      link to tempsreel.nouvelobs.com

      Proprio des Inrocks


    • harvest Le 06 novembre 2014 à 00h17
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      Bah, sans les regarder, je présume que Pujadas ou Pernaud font aussi bien tous les jours.


  14. Ahmed Le 05 novembre 2014 à 15h08
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    Bonjour,
    merci pour la traduction de cet arctile et le partage

    magnifique !!! analyse et explications des derniers devolopement des évenements qui s’accèlerent de manière incroyable .


  15. theuric Le 05 novembre 2014 à 15h52
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    Deux points me semblent intéressant dans ce texte:
    -le premier concerne, bien sûr, l’extrême fragilité économique U.S. décrit par Monsieur Orlov rendant ce pays autant que ses satellites et ses livreurs de biens et de services au bord de la banqueroute;
    -le second a rapport à ce que dit Monsieur Orlov au sujet de Monsieur Hunter buten et de son addiction à la cocaïne.
    Il faut connaître ses effets sur le long terme (link to sante.lefigaro.fr, par exemple) pour comprendre que si ce dernier monsieur n’est que l’un des multiples utilisateurs occidentaux de cette drogue à ce niveau social, la tendance incohérente de la politique et de l’économie américaine et, pourquoi pas, européenne, deviendrait compréhensible.
    Je mets ce second point au-devant d’un questionnement que, pas plus tard qu’hier, je me faisais…


    • Kiwixar Le 05 novembre 2014 à 16h14
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      On a ŕecemment eu un président assez agité qui se touchait souvent l’aile du nez en public…
      Je dis ça je dis rien….


  16. theuric Le 05 novembre 2014 à 16h12
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    Ces sites, plus complets, me paraissent également intéressants et il y en a d’autres: ( link to sante-medecine.commentcamarche.net) ( link to canalvie.com).


  17. lon Le 05 novembre 2014 à 16h46
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    Sur l’Afghanistan, l’énoncé des événements par Orlov est exacte ( à part que rien ne prouve formellement que Ben Laden était un agent de la CIA, donc là c’est la version Orlov ) : suite aux attentats du 11/9 le gouvernement Bush a bien exigé que les talibans lui remettent Ben Laden, désigné coupable d’office; ceux-ci se sont bien dits prêts à le faire si on leur fournissait les preuves …Bush a envoyé les B52 .
    Quant aux preuves elles n’existent pas , ce n’est pas Orlov qui le dit c’est le FBI

    On June 5, 2006, the Muckraker Report contacted the FBI Headquarters, (202) 324-3000, to learn why Bin Laden’s Most Wanted poster did not indicate that Usama was also wanted in connection with 9/11. The Muckraker Report spoke with Rex Tomb, Chief of Investigative Publicity for the FBI. When asked why there is no mention of 9/11 on Bin Laden’s Most Wanted web page, Tomb said, “The reason why 9/11 is not mentioned on Usama Bin Laden’s Most Wanted page is because the FBI link to informationclearinghouse.info no hard evidence connecting Bin Laden to 9/11.”

    link to informationclearinghouse.info

    Pour Bin Laden agent de la CIA ( ? ), il y a ce fameux article du Figaro de 2001 référencé ici
    link to tempsreel.nouvelobs.com


  18. Jacques Le 05 novembre 2014 à 19h00
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    Merci pour cette traduction, très agréable à lire. Et le fond répond à la forme, clair et rigoureux, un bon éclairage USA/Russie.


  19. vérité2014 Le 05 novembre 2014 à 19h05
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    Soros propose à l’UE d’attaquer la Russie….économiquement voire plus..

    C’est la grrrrrrrrrrrosssssssssssseee panique chez les banksters.

    “Europe Is Under Threat By Russia” George Soros Warns The EU To Take Action, “Freedom Isn’t Free”
    link to zerohedge.com


  20. HELLEBORA Le 05 novembre 2014 à 19h15
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    [Sanctions de l’Ouest] Une des réponses du berger à la bergère :
    link to lesechos.fr


    • Lage Le 05 novembre 2014 à 21h27
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      Intéressant. Il semblerait aussi que le TGV Moscou Kazan échappe à Alstom et Siemens et soit confié à des chinois. Les Echos considérait encore en janvier dernier que Alstom était le favori…


      • Kiwixar Le 06 novembre 2014 à 07h45
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        Difficile pour un client des BRICS d’attendre la livraison de son matériel (Mistral, Rafale, TGV, produit alimentaire) selon le bon vouloir du fournisseur sur la base d’arguments spécieux (“les conditions géopolitiques ne sont pas optimales”)…

        La non-livraison de Mistrals (et même les tergiversations seules) vont avoir des graves conséquences sur l’industrie militaire française, et sur les exportations vers les pays non-Otan en général. C’était bien le but des US au départ, détruire l’industrie militaire française, pour que le pays puisse être contrôlé facilement par une armée “européenne” et pacifié par un Eurogendfor international. Les sans-dents et les bonnets-rouges seront confrontés à des étrangers, pas à des forces de l’ordre françaises.


  21. Van Le 05 novembre 2014 à 21h19
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    bon texte sur le fond mais un peu romancé sur la logique des américains et leur structure dirigeante . je crois que lon survolent trop les mécanismes dans lequel travaille officieusement les penseurs et décideurs américains, et que cest surtout pas des séniles retraités qui mènent la danse avec leur vision archaïque , encor moins des simple d’esprits et acteurs comme bush ou obama .
    il ya aussi dans le texte une remarque que les américain en crise veulent saper toute économie concurrente , je crois cela n’est pas un réflexe temporaire mais plutôt une logique de guerre économique qui fait partie d’un ensemble d’outils que les usa ont toujours pratiqué (sanctions économique , embargo …) .


    • theuric Le 05 novembre 2014 à 22h55
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      @Van,
      Sachez, comme je l’ai déjà écrit ici, que la sottise de ses dirigeants fit plus pour détruire un empire que sa confrontation à plus puissant que lui.
      Les exceptions sont rares tout au long de l’histoire.


  22. vérité2014 Le 05 novembre 2014 à 22h35
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    LuxLeaks: les accords fiscaux secrets du Luxembourg dévoilés.

    28.000 pages de documents fiscaux confidentiels mis au jour par « Le Soir » et l’International Consortium of Investigative Journalists (ICIJ, Washington). Plus de 340 sociétés multinationales – dont 26 sociétés belges – ont bénéficié du dumping fiscal du Grand-Duché. Enquête

    Allo Juncker????????

    link to lesoir.be


    • vérité2014 Le 05 novembre 2014 à 22h46
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      Un marché unique sans unité fiscale est un marché de dupes.

      link to lesoir.be


  23. olivier69 Le 05 novembre 2014 à 23h01
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    Bonsoir,
    Nous assistons à une leçon de politique économique et monétaire….
    Je pencherai pour le marché boursier en premier (JPM par exemple) . Il aurait l’avantage d’imposer des dictatures pour “raison supranationale”. Les interconnections entraîneront le marché obligataire dans la foulée. Cependant une attaque des marchés sur un pays vassal qui voudrait s’émanciper, pourrait également servir de déclencheur en dernier ressort (et surtout de bouc émissaire à un effondrement). Ce serait pourtant la meilleure des solutions pour perturber ou retarder l’échéance d’un conflit mondial (la désorganisation). Et le hors bilan ? Il faut faire attention à ceux qui tirent les ficelles, car les US ne sont qu’un instrument…..Rappelons que certains, nous ont averti ouvertement qu’ils iraient jusqu’à une guerre mondiale, si il le fallait. A la mesure de l’option russe, il semble que nous nous y dirigions. En effet, une idéologie insensée poursuit sa route dans le cadre d’une spécificité culturelle (elle transpire dans nos modes de vie).
    Conclusion : A la lumière de deux blocs qui pourraient s’affronter, il reste néanmoins dans l’ombre des ficelles qui se déterminent, pour un objectif à peine voilé.
    Cdlt


    • Alarc'h Le 10 novembre 2014 à 19h45
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      “Il faut faire attention à ceux qui tirent les ficelles, car les US ne sont qu’un instrument…..Rappelons que certains, nous ont averti ouvertement qu’ils iraient jusqu’à une guerre mondiale, si il le fallait”

      Voilà une belle illustration d’une certaine idéologie dans le cadre d’une spécificité culturelle… :

      link to youtube.com


    • lepragmatique Le 21 novembre 2014 à 11h30
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      “Ce serait pourtant la meilleure des solutions pour perturber ou retarder l’échéance d’un conflit mondial (la désorganisation). Et le hors bilan ? Il faut faire attention à ceux qui tirent les ficelles, car les US ne sont qu’un instrument…..Rappelons que certains, nous ont averti ouvertement qu’ils iraient jusqu’à une guerre mondiale, si il le fallait.”

      Olivier69,

      Je suppose que vous faites référence à ça?

      link to youtube.com


  24. matt Le 05 novembre 2014 à 23h23
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    Une analyse très critique de la politique de la BC russe
    et une perspective pessimiste sur le rouble :

    link to novorus.info

    link to translate.google.fr


  25. vérité2014 Le 05 novembre 2014 à 23h36
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    On est trop riches, l’UE va donner 11 milliards à l’Ukraine(sur ordres US je suppose mais eux ils ne paient rien): L’Union européenne est prête à débloquer de l’argent pour couvrir les dettes gazières de l’Ukraine, a communiqué l’ambassadeur de l’UE en Russie Vigaudas Usackas.

    Selon lui, l’Union européenne accorde à l’Ukraine une aide sans précédent d’un montant de 11 milliards d’euros.
    Lire la suite: link to french.ruvr.ru


  26. vérité2014 Le 05 novembre 2014 à 23h39
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    La CE prévoit de conserver le régime de sanctions contre la Russie
    Lire la suite: link to french.ruvr.ru


  27. NanarBer Le 06 novembre 2014 à 00h00
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    Quelqu’un pourrai-il m’expliquer cela? J’ai des bonnes notions en économie mais je ne vois absolument comment cela tient….
    “Les sanctions étaient censées causer des dégâts économiques, mais les efforts occidentaux pour infliger des dommages à court terme à la Russie sont en train d’échouer. Couplé à une baisse substantielle du prix du pétrole, tout cela était censé affecter fiscalement la Russie, mais comme les sanctions ont également fait chuter le rouble, le résultat net sur les finances de la Russie est nul. Les prix du pétrole sont plus bas, mais en partie grâce aux sanctions, il en va de même du rouble, et comme les revenus du pétrole sont encore généralement en dollars, cela signifie que les reçus d’impôts russes sont en gros au même niveau qu’avant. Et puisque les compagnies pétrolières russes gagnent des dollars à l’étranger mais dépensent localement des roubles, leurs budgets de production ne sont pas affectés.”


    • Kiwixar Le 06 novembre 2014 à 18h44
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      19 juin 2014 : baril de brent à 115$ = 3989 roubles
      5 nov 2014 : baril de brent à 83$ = 3686 roubles
      Baisse du brent de 28% en dollars, mais de seulement 8% une fois converti en roubles.
      Une fois converties en roubles, les recettes fiscales russes d’origine pétrolière ont peu baissé (l’Etat russe dépense en roubles, de même que les sociétés pétrolières russes).

      Par contre, à mon avis, un pétrole à 83$ est une catastrophe pour les US :
      – puits pétroliers US non-rentables notamment le pétrole de schiste, mais aussi sans doute les forages profonds en golfe du Mexique
      – risque de faillites de sociétés pétrolières, y compris d’une des Majors = séisme d’ampleur mondial, alors que les banques “ne sont pas en très bonne santé” (euphémisme)


  28. burno Le 06 novembre 2014 à 00h28
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    complètement hors sujet mais ça serait bien de s interesser aux bienfaits énormes apportés par l UE à des pays ex communistes comme la Bulgarie où les gens sont pris d une soudaine envie de s immoler par le feu pour exprimer sans doute leur bonheur de vivre dans un monde capitaliste débridé et libéral qui leur apporte chômage , précarité et avenir totalement radieux


  29. Lithan Le 06 novembre 2014 à 12h52
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    Alors qu’il s’opposait à Vladimir Poutine il y’a peu encore, le dernier dirigeant de l’URSS, M.Mikhail Gorbatchev, vient une nouvelle fois d’approuver la politique de l’actuel chef de l’Etat Russe.

    link to lefigaro.fr

    Rappelons que Gorbatchev s’était déjà enthousiasmé par le retour de la Crimée dans le giron Russe et qu’il s’était récemment illustré pour ses propos très durs à l’encontre de l’Otan à la Télévision Suisse Romande.

    Petit florilège de ses déclarations : “Je suis absolument convaincu que Poutine défend aujourd’hui mieux que quiconque les intérêts de la Russie” …. “La Russie a créé de nouvelles relations et de nouvelles structures de coopération. Et tout allait pour le mieux, mais cela ne plaisait pas à tout le monde aux Etats-Unis” ….. “Je suis fermement convaincu que le problème de l’Ukraine n’est qu’un prétexte utilisé par les Etats-Unis pour s’ingérer”


  30. theuric Le 06 novembre 2014 à 14h50
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    Les événements ukrainiens comme ceux du proche-Orient sont, politiquement, bien plus complexe que ce qui s’en laisse à voir, cela dû, pour l’essentiel, à l’affaiblissement régulier de Tonton Sam.
    Sinon la Turquie ne ferait pas preuve de cette indépendance d’action d’aujourd’hui et les U.S.A. ne se tourneraient pas vers l’Iran, Iran, rappelons-le qui est un allié incontournable de la Russie et de la Chine.
    Il est, ainsi, devenu difficile de déterminer qui, de certains pays de l’Union-Européenne ou des Amériques, décide du calendrier des affaires ukrainiennes ou qui fait réellement pression sur qui au Proche-orient.
    Si, comme moi, vous prenez en compte cet état de fait, vous pourrez commencer à entrapercevoir les décisions politiques de chacun des nombreux pays acteurs.
    L’histoire est tout autant importante en prenant en considération que le temps des peuples et des nations n’est pas le même que celui d’une personne en raison d’un inconscient sociétal dont l’échelle temporelle peut traverser de très nombreux siècles.
    Ainsi, est-il possible de comprendre la France, la Germanie, l’Angleterre, l’Italien, la Hollande et la Belgique, pour l’essentiel, si nous ne comprenons pas ce qu’à induit les guerre de 14/18 et 39/45 dans l’inconscient sociétal de ces peuples?
    Comment pouvons-nous comprendre les actions polonaises en Ukraine sans comprendre ce qu’il s’y est passé depuis 1938 voire bien en-deçà (merci Monsieur Berruyer pour votre petite leçon d’histoire).
    En vrai, c’est elle, l’histoire, qui fera exploser l’U.E. et l’euro en raison des dissentiments déjà préexistants entre les peuples les composants.
    A y bien réfléchir, la détestation de François Hollande est-elle en raison de ce qu’il fait, de ce qu’il est ou pour ce qu’il représente pour notre inconscient social?
    Parce que, après tout, n’importe quel autre élu à la présidence de la République de l’U.M.P., de l’U.D.I. ou du P.S. n’aurait-il pas pris exactement les mêmes décisions que lui, juste sous un formalisme différent?
    La rétrogression, Messieurs-Dames, la rétrogression, vous dis-je!
    Et son prédécesseur ne ressemblait-il pas à une sorte de Charles X?


  31. Ankalogon Le 09 novembre 2014 à 12h15
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    Pour ceux qui souhaitent découvrir d’autre textes de Dmitry Orlov,
    ici en français des traductions de Tancrède Bastié.

    link to orbite.info

    Portez vous bien.


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