Un débat de haut vol sur France Culture le 29/05 – ça change tout de suite quand on n’a pas les “experts” médiatiques classiques… Après la partie sur l’Europe, voici aujourd’hui, la partie sur l’Ukraine…

Marc Voinchet – […] C’était La chronique de Brice Couturier sur franceculture.fr [N.B. Totalement sans intérêt]. Qui répond, commente ? Gabriel Robin ?

Gabriel Robin – Il n’y a pas de politique étrangère commune mais j’ai longtemps cru que c’était le simple vide et que le principal inconvénient qu’on pouvait y voir, c’est que ça tendait à réduire au silence les Etats. Mais je suis obligé de constater depuis quelques mois que c’est plus grave que ça. Cette politique étrangère inexistante est capable de faire des gros dégâts. Le cas typique est évidemment celui de l’Ukraine où nous avons laissé faire l’administration de Bruxelles, la soi-disant politique étrangère de Bruxelles qui a opéré de façon autonome, sous l’œil plus ou moins distrait des Etats membres. Et dans cette affaire-là, elle a fait d’énormes dégâts.

Brice Couturier – Attendez, c’était quand même les Français, les Allemands et les Polonais qui ont été régler l’affaire à Kiev, c’est pas Catherine Ashton…

Gabriel Robin – Ils n’ont rien réglé du tout !…

Brice Couturier – enfin c’est pas Catherine Ashton qui a pris ça en charge, c’est les Français, les Allemands et les Polonais qui sont directement intéressés.

Gabriel Robin – Oui mais vous êtes déjà à un stade très avancé de l’affaire où ils viennent parce qu’il y a le feu. Mais qui avait mis le feu en premier ?

Brice Couturier – Les gens qui ne supportaient pas le régime précédent peut-être, non ? On peut leur demander leur avis.

Gabriel Robin – Ce qui a été le déclic de la crise, c’est l’accord d’association, l’accord d’association entre l’Europe et l’Ukraine. C’est parce que, et c’est très curieux et c’est typique des temps modernes…

Brice Couturier – Mais qui a demandé cet accord, les Ukrainiens ou les Français ? Enfin les Européens ? Il me semble que ce sont les Ukrainiens, non ?

Gabriel Robin – Enfin les deux, les deux visiblement puisque finalement…

Brice Couturier – Et vous savez que tous les premiers ministres ukrainiens qui se sont succédés depuis l’indépendance en 1992 ont toujours accepté cet accord et l’ont poursuivi, cet accord de négociation ?

Gabriel Robin – Sauf au moment où monsieur Ianoukovytch a dit non, donc c’est pas tout le temps !…

Brice Couturier – Voilà, quand il est rentré de Moscou où on lui avait proposé quelque argent pour dire non…

Gabriel Robin – et c’est cette décision de Ianoukovytch qui a déclenché la crise, nous sommes bien d’accord, c’est donc l’accord d’association qui est instrumental dans la crise. Et pourquoi est-ce qu’on voulait cet accord d’association ? Pourquoi est-ce qu’on l’a proposé à l’Ukraine ? Parce qu’on voulait faire pièce à la Russie ! Il y a eu, à un moment donné, la Russie a proposé à l’Europe : il faudrait qu’on regarde, nous, nous avons un projet d’union douanière, l’Europe a projet d’union douanière avec l’Ukraine, il faudrait pour que ça s’arrange, qu’on en parle. L’Europe a refusé en disant : ‘’moi je ne parle pas avec les russes, c’est mon affaire avec l’Ukraine etc…’’. Et nous avons dit aux ukrainiens : ‘’il faut choisir ! Entre votre accord avec Moscou et l’accord avec l’Europe’’.

Brice Couturier – Et ils ont choisi l’Europe visiblement.

Gabriel Robin – Et alors ils ont choisi l’Europe…c’est plus difficile à dire que ça car en réalité Ianoukovytch a finalement refusé au dernier moment, il a dit non. Donc on ne peut pas dire qu’ils ont accepté. Ce qui a accepté…

Brice Couturier – A ce moment-là, la population s’est révoltée contre lui.

Gabriel Robin – à ce moment-là, la population s’est révoltée, spontanément bien entendu mais malgré tout encouragée par l’Europe, l’Europe n’a pas été neutre dans cette affaire.

Agnès Benassy Quéré – Enfin il faut quand même dire que l’Europe a des accords d’association avec tous ses voisins et c’est une politique qui n’est pas dirigée contre la Russie, c’est une politique générale de l’Europe de faire des accords d’association. On ne peut pas dire…c’est vraiment l’Ukraine…

Brice Couturier – Avec le Maghreb ou la Turquie par exemple…

Agnès Benassy Quéré – qui a été prise au piège de la Russie. Sinon l’Europe est relativement neutre là pour le coup.

OB : je vous recommande de relire mon étude sur le rôle néfaste central de l’UE dans l’affaire ukrainienne dans ce billet..

Marc Voinchet – Gabriel Robin ?

Gabriel Robin – L’Europe n’est pas neutre du tout dans cette affaire. Il suffisait d’entendre tous les gens qui allaient à Kiev soutenir les révolutionnaires de la place Maïdan. En réalité, il y avait une pointe antirusse absolument évidente et vaguement l’espoir, qui n’était d’ailleurs pas si vague que cela et pas si vaguement dit, que la révolution se transmette également à Moscou ! Il suffit de regarder pouvoir, c’est comme ça.

Brice Couturier – Ca serait une mauvaise chose pour l’Europe que Vladimir Poutine soit remplacé par un régime démocratique ?

Gabriel Robin – Je ne me prononce pas pour le moment, savoir ce qui est bon, ce qui est pas bon, je cherche à savoir ce qui est et ce qui n’est pas ! Et ce qui est, c’est qu’il y avait un conflit ouvert entre l’Europe de Bruxelles et Moscou. C’est comme ça ! On a choisi, on a choisi cette bagarre !…

Brice Couturier – Oui, ça arrive, on peut avoir des adversaires, on peut avoir des concurrents…

Gabriel Robin – et je dis qu’on a choisi cette bagarre en dépit du bon sens. Car on a ignoré que l’Ukraine était un pays complexe, divisé, que c’était un pays qui était mal gouverné et qui va le rester pendant un certain temps et enfin c’est un pays qui n’est pas entièrement libre de ses mouvements extérieurs, qu’on le veuille ou non…

Brice Couturier – Ah bon ? Souveraineté limitée. Mais attendez, on n’est plus à l’époque du rideau fer, on n’est plus à l’époque de l’Union Soviétique…

Gabriel Robin – Mais mon cher ça existe partout !…

Brice Couturier – la souveraineté limitée c’est terminée…

Gabriel Robin – Nous avons tous des souverainetés limitées, chacun fait…

Brice Couturier – Ah non !

Gabriel Robin – Oui oui ! Chacun ne fait pas n’importe quoi !

Brice Couturier – Nous on peut voter pour ce qu’on veut, les Américains ne vont pas nous envahir le lendemain matin.

OB : Ah ah ah… Non, mais j’attends de voir le cocktail CIA + NSA + marchés financiers

Gabriel Robin – Oui mais l’Ukraine a choisi d’être antirusse…

Brice Couturier – Mais c’est son choix !

Gabriel Robin – Non, c’est son choix, non mais c’est un choix ! Mais bien entendu ! C’est comme si l’Allemagne choisissait d’être antifrançaise, ça serait son choix, ça serait très bien, oui ! En réalité les choses ne se passent pas comme ça et par conséquent, il a fallu un moment donné que les pays européens essaient de mettre le holà à cette affaire. Enfin c’est-à-dire la France, l’Allemagne et…

Brice Couturier – La Pologne…

Gabriel Robin – et la Pologne. Ils sont allés à Kiev, ils ont négocié difficilement un accord, avec Ianoukovytch, et ils n’ont pas plus tôt signé cet accord qu’il a été désavoué par la rue, parce que c’est la rue quand même. Il a été désavoué…

Brice Couturier – Comme en 1789 ?

Gabriel Robin – Oui c’est ça, c’est ça…

Brice Couturier – Nous les français, on a une vielle tradition de soutien aux révolutions démocratiques…

OB : c’est clair ! Indochine, Maroc, Algérie etc.

Gabriel Robin – mais aujourd’hui c’est à peu près la première fois que dans un pays où il y a des élections, il y avait des élections en Ukraine et il avait élu régulièrement le Monsieur Ianoukovytch qu’on trouve si mal, l’Europe avait négocié avec lui pendant des années, ce Monsieur qu’on trouve si tyrannique et…

Marc Voinchet – Mais comme la France a toujours négocié avec des tyrans : Ben Ali, Moubarak…

OB : Ianoukovytch un tyran ?????

Brice Couturier – Avec les tyrans égyptiens et tunisiens pareil…

Marc Voinchet – c’est une vielle tradition française…

Brice Couturier – libyens même !

Gabriel Robin – Oui mais je ne dis pas le contraire. Mais ce qui m’étonne, ce n’est pas qu’on ait négocié avec un tyran, on fait ça tout le temps. Ce qui est nouveau, c’est qu’ayant négocié avec un Monsieur, dès qu’il refuse de signer on dit : ‘’c’est un tyran’’. C’est à partir de ce moment-là seulement qu’on a découvert qu’il était un tyran…

Brice Couturier – Parce qu’il avait été acheté par Poutine qui lui a donné une fortune comme on le sait maintenant, c’est un des hommes les plus riches du coin…

Gabriel Robin – c’est ce que vous appelez acheter ?

Brice Couturier – oui c’est comme ça que Poutine procède vous savez bien…

Gabriel Robin – quand on donne une subvention, vous achetez les pays africains aussi ? Quand vous leur donnez de l’aide ? Qu’est-ce que ça veut dire ça ?

Brice Couturier – Non mais quand on donne de l’argent directement à un chef d’état pour qu’il renonce à une signature qu’il a donné pour qu’il négocie avec quelqu’un d’autre, ça rebute sa population…

O.B. : sérieusement ? Poutine aurait payé Ianoukovytch ? Il a une preuve M. Couturier ou il l’a juste rêvé très fort ? Ou alors Caroline Fourest lui a dit ?

Gabriel Robin – Mais bientôt nous allons demander aux Russes d’aider l’Ukraine…

Marc Voinchet – Alors attendez, est-ce qu’à ce stade-là, le débat qui est entre vous Gabriel Robin et Brice Couturier, est-ce qu’il n’est pas du fait que vous déplorez peut-être vous, de votre côté Gabriel Robin – et qui sait ? Je ne sais, Régis Debray ?- l’idée qu’il y ait eu, au fond, des définitions de ce qui s’est passé en Ukraine peut-être un peu angéliques et caricaturales où le bon aurait été représenté par Kiev et l’ouest de l’Ukraine et où le mauvais aurait été représenté par soit l’est et éventuellement la Russie avec l’affaire de Crimée ? Et sortie dans la livraison du mois de mai du Débat, un article fort intéressant d’Olha Ostriitchouk, qui est chercheuse postdoctorale à l’université d’Ottawa, et qui fait un très long article et je ne pourrai pas le citer intégralement bien sûr, sur les dessous de la révolution ukrainienne : D’une contestation civique à une guerre identitaire. Et au fond de rappeler que les régions de l’ouest et Kiev ont été surreprésentées au moment de la nomination du nouveau gouvernement approuvé par Maïdan et que la presse a un peu oublié qu’entre temps, ce nouveau gouvernement là et le mouvement initial de Maïdan n’était plus celui représenté aujourd’hui au pouvoir en Ukraine et qu’il n’est pas forcément nécessairement plus progressiste que le camp est et celui représenté par Vladimir Poutine. Est-ce que c’est l’idée qu’on ait au fond peut-être un peu caricaturé la situation qui vous fait vouloir la démentir ou qui vous met en colère, par exemple Régis Debray ? Ou qui vous fait douter de l’action du coup diplomatique européenne et française ?

Régis Debray – Ecoutez, on n’est pas caricaturaux, on est amnésiques. On oublie qu’il y a l’Histoire derrière l’actualité et nous sommes devenus je dirais, des néoconservateurs retardataires puisque l’Amérique du Nord ne l’est plus mais nous, nous voulons en découdre avec le mal. Moi je regrette que Saint Augustin n’ait pas gagné la bataille contre le manichéisme finalement parce que nous, nous sommes le bien et eux c’est le mal, c’est toujours ça, le mal. Alors à force de ne pas prendre l’Histoire, on fait des bourdes. L’histoire de l’Ukraine pour la comprendre :
-1054, le schisme orthodoxe.
– deuxième élément clé : 1204, le saccage de Constantinople par les latins.
– troisième élément clé : Moscou, c’est la troisième Rome, encore faudrait-il savoir ce que ç’a été que la deuxième Rome, c’est Byzance.

Mais on n’étudie absolument pas Byzance en France. Byzance lutte sur deux fronts : contre l’Islam et contre les occidentaux, ce que fait monsieur Poutine aujourd’hui quoiqu’il en soit.

Je constate que notre diplomatie se fourvoie parce qu’elle est inculte, c’est-à-dire qu’elle n’a aucune idée de l’histoire des civilisations et des religions. Faut-il fermer Sciences Po et l’ENA ? Moi je crois que ce serait bien parce que c’est tout de même une fabrique de gens incultes, dangereux donc à ce titre, on pourrait peut-être simplement réformer. Mais ce que je veux dire, moi il y a une chose qui me frappe, c’est que dans la grande lutte du bien et du mal qu’on appelle la lutte des néoconservateurs et qui est arrivée en France depuis une dizaine d’années, on oublie une chose fondamentale qui est la notion d’intérêt national. Au moment où dans le monde entier, que ce soit en Allemagne, en Amérique, en Inde et en Chine, la première chose dont un diplomate parle c’est : ‘’quel est mon intérêt national ?’’, en France le mot est absolument banni ! Au bénéfice d’un moralisme un peu flou, à la tête du client parce que chacun sait que le moralisme n’a pas un standard unique, qui nous empêche comme disait Gabriel Robin de voir le monde tel qu’il est ; or la diplomatie, cela a à voir avec les réalités. Mais les réalités, on ne veut pas les voir, elles sont comme je l’ai dit historiques, culturelles et je crains…

Marc Voinchet – Mais enfin attendez Régis Debray, les moments de la révolte ou de la révolution de la place Maïdan, c’est quand même aussi une réalité à prendre en compte, un peuple qui décide de descendre dans la rue et de…

OB : ils sont formidables sur France Culture. Des centaines de milliers de personnes dans la rue, soit 1 % de la population, cela devient “Les Ukrainiens” et “Le peuple”. Quand ils manifestent à l’Est, ce sont des rebelles, des séparatistes…

Régis Debray – Bien entendu…

Marc Voinchet – dénoncer une oligarchie qui se sert de…

Régis Debray – bien entendu mais au moment où on prend en compte cette réalité, c’est-à-dire c’est où elle envahit nos écrans et nos éditoriaux, on oublie qu’il y a une ligne Riga-Split qui coupe l’Europe en deux, d’un côté vous avez les orthodoxes uniates depuis… d’un côté vous avez les orthodoxes uniates c’est-à-dire l’espace disons polono-luthérien à l’ouest de l’Ukraine et on oublie complètement qu’il y a aussi un espace orthodoxe à l’est de la ligne Riga-Split qui fend l’Europe en deux et qui explique beaucoup de choses…

Brice Couturier – Donc vous ne voulez pas de la Bulgarie et de la Roumanie dans l’Union Européenne alors puisqu’elles sont précisément de ce côté de l’orthodoxie que vous…dont vous nous dites qu’il doit revenir absolument à la Russie ?

Régis Debray – Mais je n’ai pas dit cela ! Je dis simplement que la carte des cultures ne correspond pas mécaniquement à la carte politique, la carte politique est récente, la carte des cultures est archaïque et au moment des grandes crises on voit les archaïsmes revenir. Alors c’est vrai il y a l’OTAN, l’Union Européenne etc… mais il y a aussi des mémoires collectives, il y a aussi des plaques tectoniques. Excusez-moi, on les voit resurgir très nettement, au moment de la Yougoslavie c’était très net. Donc il faut tenir compte de, je dirais, du relief temporel et ne pas voir les choses à plat dans l’actualité…

Marc Voinchet – Est-ce que ça veut dire…

Régis Debray – Il vaudrait mieux d’ailleurs ne pas lire les journaux du tout…

Marc Voinchet – Est-ce qu’en tenir compte cela veut dire, Régis Debray et Gabriel Robin, qu’il faut s’abstenir de toute volonté d’intervention, de tout commentaire ?

Régis Debray – Non ! Mais absolument pas ! Il faut prendre des positions qui ne soient pas des postures ! C’est-à-dire qui n’aient pas pour objectif d’être le bon élève de la classe occidentale et d’avoir de bons articles dans Libération, Le Monde et le Figaro, voilà ! Il faut avoir des positions claires et quand on manie le bâton, avoir un bâton entre les mains au lieu d’avoir une armée de plus en plus squelettique !

Brice Couturier – Et la solidarité ?…

Régis Debray – … Car quand vous agitez le bâton et que vous ne l’appliquez pas, vous vous discréditez tout simplement…

Brice Couturier – Et la solidarité ?…

Régis Debray – donc je note un discrédit croissant de la France dans le monde qui est de plus en plus…

Marc Voinchet – Parce que quoi, Gabriel Robin ? Parce qu’on parle mais qu’on ne fait pas grand-chose finalement ?

Gabriel Robin – Mais quand on s’engage dans une bagarre politique sur le plan international, il faut quand même essayer de mettre dans son jeu les cartes nécessaires pour gagner ! Sinon c’est pas la peine ! Actuellement qu’est-ce qu’on a fait ? Qu’est-ce qu’a fait l’Europe ? Elle a fait le jeu de Poutine…

Brice Couturier – En quoi ?

Gabriel Robin – Elle a permis à Poutine de récupérer la Crimée et elle a permis à Poutine de montrer qu’on ne gouverne pas l’Ukraine sans elle. Si vous n’avez pas compris cette démonstration…

Marc Voinchet – On a laissé faire vous voulez dire ?

Gabriel Robin – C’est pas qu’on a laissé faire ! C’est pas qu’on a laissé faire, on a provoqué. On a cru qu’on était les plus forts et on a cru qu’à la moindre sanction Poutine se dégonflerait comme une baudruche…

Brice Couturier – Attendons la fin, vous avez vu ? L’économie russe est en très mauvais état depuis les sanctions…

OB : hein ? Les sanctions personnelles contre les 15 Russes ?

Gabriel Robin – Mais attendons la fin ! Attendez la fin très tranquillement !

Marc Voinchet – Laissez finir Gabriel Robin une seconde.

Gabriel Robin – Mais enfin pour le moment c’est lui ! Et il a toutes les cartes en main. C’est comme ça, il a toutes les cartes en main. La Crimée ? Elle est russe ! Elle est russe, qu’est-ce que vous voulez que je vous dise ? La Crimée est russe et il y a une grande différence. On demande toujours ce que va faire Poutine, mais c’est très simple ce que va faire Poutine. Il est clair qu’il fait une grande différence entre la Crimée et le reste, la Crimée il estime que c’est définitif et il ne reviendra pas là-dessus à mon avis. Enfin nous verrons bien si avec vos sanctions vous irez plus loin que ça.

Brice Couturier – Tout ce qui est à moi est à moi, tout ce qui est à vous est négociable, c’est ça ? Comme au temps de l’Union Soviétique.

Gabriel Robin – Non ce n’est pas ça ! Evidemment on peut caricaturer comme ça, ça ne mène nulle part.

Régis Debray – Non mais écoutez, mon cher Brice Couturier, vous poussez la russophobie un peu loin. Je voudrais signaler ce fait que nous avions beaucoup plus de rapports avec la Russie dans l’ère soviétique que nous n’en avons aujourd’hui. La coopération culturelle et technique, les visites de nos ministres des affaires étrangères à Moscou ont été constantes, que ce soit sous Staline bien entendu mais sous Brejnev aussi. Aujourd’hui on ne peut plus parler avec Poutine. Je regrette que les Allemands et les Français, après avoir été à Kiev, n’aient pas fait un petit saut à Moscou pour voir qu’est-ce que l’autre partie pensait. On se coupe de contacts essentiels pour des raisons…

Marc Voinchet – C’est ce qu’Hubert Védrine rappelle ici souvent ici le vendredi en nous disant qu’il faut toujours parler avec ses ennemis ou ses adversaires au lieu de leur tourner le dos…

Régis Debray – Par définition ! Si on ne peut plus parler qu’avec les gens de notre bord, on ne va pas aller très loin ! Alors fermons le quai d’Orsay une fois pour toute !

Agnès Benassy Quéré – Il est invité, il est invité Vladimir Poutine…

Brice Couturier – Il est invité à l’anniversaire du Débarquement je crois…

Marc Voinchet – Pas en même temps peut-être !

Régis Debray – On peut aussi fermer le quai d’Orsay après tout.

Marc Voinchet – Agnès Benassy Quéré ?

Agnès Benassy Quéré – Je voulais juste rappeler qu’il était invité très bientôt…

Brice Couturier – Aux cérémonies du débarquement oui…

Marc Voinchet – Il sera là.

Agnès Benassy Quéré – Donc je ne crois pas que ce soit coupé.

Régis Debray – C’est la moindre des choses tout de même !

Brice Couturier – Il y avait des soldats russes au Débarquement ? En Normandie ?

O.B. : Je suis vraiment pour la liberté d’expression, mais enfin, il relève aussi de la responsabilité d’une radio de limiter le temps d’antenne aux crétins remplis de haine…

Gabriel Robin – Mais enfin écoutez, sans Stalingrad et le reste…il faut quand même être sérieux !

Régis Debray – Attendez ! Je crois me souvenir qu’il y a eu vingt millions de morts en Union Soviétique et que c’est l’Armée Rouge qui a brisé la colonne vertébrale de la Wehrmacht ! Je crois me souvenir mais avant cela se disait, cela ne se dit plus. Excusez-moi c’est un fait !

Marc Voinchet – Gabriel Robin, pour essayer de comprendre ce que vous appelez au fond, ce qui serait quoi, une panne de la diplomatie française ?

Gabriel Robin – Non ce n’est pas une panne…

Marc Voinchet – C’est un manque d’idée ?…

Gabriel Robin – Non, c’est un excès. Le point de départ, il y a la politique de voisinage qui est menée par la superstructure européenne de Bruxelles. Elle a concerné la Géorgie avec le succès qu’on a vu et elle a exactement le même effet en Ukraine. Pour quel intérêt proprement européen ? Est-ce l’Europe a intérêt à étendre sa zone d’union douanière jusqu’en Géorgie ou jusqu’en Ukraine ? Moi je n’en suis pas persuadé, en tout cas je ne crois pas cela valle une guerre et d’ailleurs on ne la fera pas ! Par conséquent il faut savoir ce qu’on veut ! On ne peut pas à la fois vouloir aller gratter un peu la queue de l’ours et puis s’imaginer que l’ours de réagira pas. Jusque-là, la Crimée était restée ukrainienne, elle aurait pu le rester assez longtemps à condition que l’Ukraine se tienne tranquille, qu’elle fasse comme la Finlande a fait pendant longtemps à l’ombre de Moscou. Mais si elle veut jouer au petit soldat et bien elle va trouver un plus grand soldat qu’elle et puis c’est tout ! Alors on peut trouver que c’est malheureux, que c’est triste pour les grands principes etc…

Régis Debray – Que c’est immoral surtout…

Gabriel Robin – Que c’est immoral mais enfin c’est comme ça, c’est le résultat.

Marc Voinchet – Est-ce qu’au fond l’idée c’est de dire que le destin des Ukrainiens et du peuple ukrainien n’appartient qu’à lui et à lui-seul et qu’on y est pour rien dans cette histoire ?

Gabriel Robin – Non, on peut aider, on doit aider…

Marc Voinchet – C’est un peu…je me fais le porte-parole, je cite l’article tout bonnement d’Olha Ostriitchouk dans le débat sur les dessous de la révolution ukrainienne qui dit : ‘’Beaucoup de questions sans réponses, aujourd’hui l’administration postrévolutionnaire est très sélective, elle préserve les partis soigneusement au pouvoir et les oligarques qui ont rapidement déclaré à nouveau leur loyauté au pouvoir. Les intimidations dont sont victimes tous ceux qui n’adhèrent pas aux valeurs nationalistes sont une nouvelle façon de prôner la liberté d’expression.’’, dit-elle ironiquement, ‘’Les censures imposées aux médias accusés de velléités séparatistes suivies du blocage des chaines russes ne produiront-elles pas un effet inverse ? Bref, autant de questions sans réponses. La vérité…’’, dit Olha Ostriitchouk dans le Débat, ‘’c’est qu’au fond, le grand perdant de cette crise c’est le peuple ukrainien lui-même dans toute sa diversité, manipulé, trompé par ceux qui le dirigent sans le représenter vraiment, dévorés par leurs ambitions politiques et ayant une mémoire courte de leur promesses. Le défi de l’avenir ukrainien c’est d’abord un défi interne.’’

Régis Debray – Elle a tout à fait raison. Cessons de d’idéaliser nos amis et de diaboliser nos adversaires, enfin les amis et les adversaires du moment. Il est évident qu’il faut laisser les Ukrainiens régler leurs affaires, on peut les aider…

Brice Couturier – Ils viennent de voter. Est-ce que vous reconnaissez le vote qui vient d’avoir lieu dimanche dernier ?

Régis Debray – il y a une…

Marc Voinchet – Ils viennent de voter cela dit pour un oligarque qui ressemble comme deux gouttes d’eau à l’ancien.

Brice Couturier – Oui mais enfin ils ont voté.

Gabriel Robin – Oui mais ils avaient voté pour Ianoukovytch aussi.

Régis Debray – Oui, on remplace un oligarque par un autre, bon très bien ! Et puis il y a des conjonctures…

Marc Voinchet – Cela dit c’est le roi du chocolat, c’est déjà un bon point…

Régis Debray – Mais écoutez, il y a une seule phrase de Mao Zedong qui mérite référence parce qu’elle est fondamentale : ‘’La cause externe ne peut agir que par l’intermédiaire de la cause interne’’. C’est ce que les néoconservateurs américains et aujourd’hui français ne peuvent pas comprendre. On ne peut pas faire le bonheur des peuples malgré eux et on ne peut pas parachuter la démocratie avec des missiles. Cessons d’intervenir partout…

Brice Couturier – Ce n’est pas ce que nous faisons franchement !

Régis Debray – Cessons d’intervenir partout, cessons la guerre en Afghanistan, on a vu ce que ça a donné, la guerre en Irak, on a vu ce que ça a donné, la guerre en Libye, on voit ce que ça donne, attendons ce qui va se passer au Mali mais cessons de nous croire les maîtres du monde. Nous ne sommes pas les maîtres du monde et nous devons au moins respecter l’identité des autres au lieu de leur imposer la nôtre. Essayons un peu d’être à l’écoute, essayons un peu de développer une carte du monde, essayons surtout de la mettre en relief, tout ça n’est pas né il y a dix ans, n’est pas né à la révolution d’octobre, tout ça remonte à deux mille ans : opposition des Carolingiens et des Byzantins. Je m’excuse, c’est sur cette ligne qu’on se bat encore.

Marc Voinchet – Agnès Benassy Quéré je vous vois bouillir Agnès et ne pas intervenir bon sang de bois !

Régis Debray – Mais parce que vous êtes des militants, c’est très bien d’être des militants mais essayez de…

Marc Voinchet – Parce que vous n’êtes pas un militant vous peut-être Régis Debray ?…

Brice Couturier – Vous l’avez été ! Vous l’avez été à l’époque où vous étiez solidaire des peuples opprimés !…

Régis Debray – Je ne le suis plus !…

Brice Couturier – Vous étiez solidaire des peuples opprimés !…

Régis Debray – J’essaie de voir le monde tel qu’il est…

Marc Voinchet – Vous l’avez été et vous ne l’êtes plus vous dites ?

Régis Debray – Je ne suis plus militant d’une cause, la seule cause qui m’importe c’est la cause des peuples, si vous voulez mais je veux d’abord savoir qui ils sont, d’où ils viennent, quelle langue ils parlent… Vous avez mentionné la Lettre Internationale, formidable ! Son directeur actuel est un ami, j’y écris avec bonheur. Problème ? Vous avez parlé de spiritualité commune. Problème de l’Europe ? Quelle est la langue commune ? C’est ça le problème. Ah ?! C’est un point clé ?! La langue c’est la traduction…

Brice Couturier – Les Suisses non plus n’en ont pas mais ils ont une forte identité, vous avez vu ?

Régis Debray – D’accord ! Et donc je regrette qu’il n’y ait plus de… Mais il faut bien voir que si l’Europe parle anglais, elle n’est plus vraiment européenne, voilà.

Marc Voinchet – Un dernier mot, excusez-moi mais on arrive au bout Agnès Benassy Quéré.

Agnès Benassy Quéré – Moi je ne vois pas l’Union Européenne comme ça, l’Union Européenne justement n’a pas de pouvoir, n’a pas de volonté expansionniste. Au contraire, elle répond à des demandes, l’Ukraine a demandé un accord d’association parce que l’Ukraine ne peut pas rentrer dans l’Union Européenne et on fait la même chose avec la Turquie, on fait la même chose avec plein d’autres pays. Et quand on va au Mali, c’est quand même plutôt sur demande que par volonté d’imposer quoi que ce soit et donc je ne rentre pas vraiment dans cette logique-là, que vous décrivez.

OB : non, on est passé de 6 pays à 28 + négociations avec la Turquie + Ukraine en vue, MAIS QUI pourrait y voir un expansionnisme ?

Marc Voinchet – Alors pour terminer, le dernier mot Gabriel Robin et Régis Debray, Gabriel Robin ?

Gabriel Robin – Mais cet échec de l’Europe en Ukraine en dit long sur ce que c’est que l’Europe. L’Europe c’est une énorme baudruche, bien gonflée, bien brillante et qui se dit : ‘’Moi je vais apporter les bienfaits de la civilisation à tout mon entourage, je vais aider, je vais gouverner, je vais pacifier etc…’’, et qui croit qu’elle peut tout faire. Et puis quand elle tombe sur un bec, elle s’aperçoit qu’elle est impuissante. C’est une espèce de mélange de puissance et d’impuissance qui est ultra dangereux, c’est un éléphant dans un magasin de porcelaine.

Marc Voinchet – Régis Debray, deux petits mots ?

Régis Debray – C’est vrai que mettre cinq mois pour décider d’envoyer mille hommes au Mali n’est pas vraiment la preuve d’un acteur de l’Histoire mais de quelque chose qui est en train de sortir de l’Histoire doucement. Peut-être y rentrera-t-elle un jour mais il faut d’abord se défaire de l’Union Européenne telle qu’elle est.

46 réponses à [Régis Debray & Gabriel Robin 2] Notre diplomatie se fourvoie parce qu’elle est inculte – Fermons Sciences-Po et l’ENA, qui fabriquent des gens incultes, donc dangereux

  1. Serge Le 05 juin 2014 à 04h47
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    J’interprète autrement la phrase de Mao Zedong – ‘’La cause externe ne peut agir que par l’intermédiaire de la cause interne’’-
    La cause interne c’est la corruption à l’intérieur de l’Ukraine ,un féodalisme de mafias + une situation sociale au plus bas ,avec des salaires de misère ,etc …avec l’envie qui en découle : celle de vouloir vivre mieux ,en regardant vers où cela semble être meilleur : vers l’Europe pour certains ou la Russie pour les autres .Tout cela sur fond de faille culturelle millénaire soulignée par Debray.
    La cause externe,c’est la volonté géo-stratégique des EU de tout faire pour empêcher la Russie de redevenir une grande puissance ,et de constituer un pôle brisant l’hégémonie Atlantiste .
    Ceci est connu,vérifié non seulement par les déclarations de Brezinski et consort ,mais aussi par les faits (Géorgie etc …) . pas la peine d’épiloguer …
    La “révolution orange” n’a pas fonctionné comme l’espéraient ses marionnettistes ,car n’ayant pas pu suffisamment se greffer sur la “cause interne .
    Cette fois-ci ,la concomitance et la convergence des deux causes a pris une autre tournure .

    Quant à l’Europe ,c’est essentiellement un marché vivant sous la pax américana .
    On oublie une évidence,à savoir que le capitalisme ne vit pas que de la production ,mais a aussi(et surtout) besoin d’un marché de consommateurs pour vendre sa marchandise .
    C’est pour cela que la puissance montante des EU a mis le paquet en 1944 ,non pas pour nous “libérer” ,mais pour (re)constituer un grand marché d’échange avec des pays suffisamment développés .C’est aussi pour cela,pour multiplier la masse des consommateurs que l’UE s’étend ,qu’elle fait venir des immigrés ,quitte à financer la croissance par la consommation en endettant les états les moins productifs (aides,emplois subventionnés etc ..).La dette publique et profit privé ..


    • Chris Le 05 juin 2014 à 11h48
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      Tout à fait mon avis. Ça me fait toujours bondir quand les Européens mettent en avant la générosité du plan Marshall. Or, nous l’avons remboursé rubis sur l’ongle, plus des intérêts pharaoniques s’exprimant dans le développement technologique et économique des Etats-Unis (15 ans d’avance sur l’Europe : ne pas oublier que tous les brevets développés sous l’ère hitlérienne et leurs scientifiques et techniciens ont été volé et exfiltré aux USA), nous inondant de leur produits… et de leur culture par la même occasion ! Marshall freinait aussi le développement du communisme sur le terreau de la pauvreté. Bref, que des avantages pour les visées hégémoniques américaines.


      • nd Le 10 juin 2014 à 13h41
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        Je suis bien d’accord, mais si nous ne voulions pas du plan Marshall il ne fallait pas avoir besoin des américains pour vaincre l’ennemi.

        Qui renonce à sa défendre renonce à sa liberté, dommage que les français de l’entre deux guerre n’est pas fait ce qu’il fallait face à la remilitarisation de l’Allemagne.

        L’histoire est ainsi faite et je ne me lancerais pas dans un jugement anachronique, sport national désormais.

        Néanmoins nous devrions retenir les leçons du passé.


  2. Julian Le 05 juin 2014 à 06h39
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    Depuis les années 60 Debray dénonce l’aveuglement et l’illusion lyrique des internationalistes de gauche (dont une multitude, tel Couturier, se rallieront à l’Internationale du Marché !).

    ” Un fait est sûr ; quiconque ne comprend pas que l’unification économique et technique de la planète Terre ira de pair avec l’accentuation de ses particularités nationales, quiconque ne saisit pas cette étonnante dialectique, qui est le tissu de notre présent , il est grand temps qu’il passe une fois pour toute pour un imbécile. Fût-il “socialiste”, pacifiste et mondialiste.
    Que de contemporains se croient modernes qui entreront à reculons dans le XXème siècle, avec les illusions d’un certain XIXème…”

    S’il le connaissait, Brice Couturier se reconnaitrait dans ce portrait cruel de “l’imbécile” moderne…

    Ce diagnostic n’a pas pris une ride. Au contraire. Il résume l’erreur fondamentale d’une intelligentsia qui a misé tout son crédit sur le “fait” post-national, et ne veut pas en démordre.

    Il date d’aout 1969. Régis Debray l’a écrit …dans la prison de Camiri en Bolivie !

    (In “De Gaulle références”. P de St Robert Édition Gréco. Page 103)


  3. Charles Michael Le 05 juin 2014 à 07h40
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    je commence par vous remercier Olivier Bérruyer pour votre espace de liberté, parce que la contre-propagande officielle, l’anti-conformisme, l’anti-formatage est indispensable.

    Devant les interruptions répétées, pour nous sortir des lieux communs de Brice Couturier, une voix intérieur me disait “vas-y Gabriel Robin, fermes lui son claquet”, et la formule de Marchais “taisez-vous Elkabach” me revenait en mémoire.

    l’autre duettiste Marc Voinchet (pas plus brillant) a d’ailleurs un peu tempéré son compagnon de misère intellectuelle.
    le final de Agnès Benassy Quéré est d’une indigence bien-pensante affligeante, un cas de myopie extrème.

    Mais qui sont ces gens? comment des incultes peuvent vocaliser ainsi sur Francerie Kultur ? ne pas savoir écouter, ne pas s’interroger ?

    Régis Debray et Gabriel Robin arrivent, (à travers ce barrage de banalités bien-peu-pensantes), à peu près à développer une autre approche pour l’un ancrée dans l’histoire et la culture, pour l’autre dans la pragmatisme et la lucidité. Dommage qu’ils n’est pas put développer plus, je pense cependant que l’essentiel est passé.

    PS: nouvel exploit de Tweetweiller: “heureuse de ne pas avoir à serrer la main de Poutine” Libé page d’accueil.

    à quelquechose malheur est bon.


  4. Patrick Luder Le 05 juin 2014 à 07h58
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    CORRECTION.
    “Incultes” n’est pas approprié,
    il faut parler de => “formatés” !!!


    • Nérouiev Le 05 juin 2014 à 09h26
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      Les deux, l’un amenant l’autre. Je me rappelle lors du tête à tête électoral entre SarKozy et Ségolène Royal : aucun des deux n’a été capable de répondre à la question du journaliste concernant le pourcentage d’électricité nucléaire en France et pourtant l’un des deux sort de l’ENA. Qu’y apprennent-ils ?


  5. ErJiEff Le 05 juin 2014 à 08h24
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    Le Bloc Américaniste Occidentaliste est en train, d’un avis de plus en plus largement partagé, de s’isoler du reste du Monde.
    Un nouveau Mur de Berlin est en construction ; le problème, si bien exprimé par LEAP Europe 2020 en mars dernier, c’est que nous nous retrouvons du mauvais côté.

    Ce n’est pas Poutine qui se trompe d’Histoire, c’est nous.


    • Mianne Le 05 juin 2014 à 10h32
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      Hélas, les incultes-formatés qui nous gouvernent nous rangent du mauvais côté, celui de l’esclavage. Sortons de l’OTAN et de ses guerres pétrolières pour les intérêts US, l’OTAN dont nous avait sortis De Gaulle et auquel le président précédent nous a rattachés en catimini sans referendum. Choisissons nous-mêmes nos amis en abandonnant le dollar, en pratiquant nos échanges commerciaux, comme les BRICS, dans nos monnaies nationales, pour l’instant l’euro en ce qui nous concerne. L’affaire BNP, avec son amende de 10 milliards de dollars, doit nous servir de leçon. Déchirons sans état d’âme ce traité transatlantique qui nous expose à cette vampirisation et qui nous fâchera avec le reste du monde. Sortons illico de l’U.E. avec ce traité européen de Maastricht-Lisbonne concocté par les multinationales au détriment des peuples, que nous avons refusé par referendum à 54% et qui nous est appliqué quand même dans un parfait déni de démocratie.


  6. Joséphine Le 05 juin 2014 à 08h30
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    Je m’étais juré de ne plus écouter B C et les matins de FC, à cette heure, ça va me plomber toute la journée. Autant de manichéisme, autant d’aveuglement, autant de bêtise…


  7. reneegate Le 05 juin 2014 à 09h03
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    “On ne peut pas faire le bonheur des peuples malgré eux et on ne peut pas parachuter la démocratie avec des missiles. Cessons d’intervenir partout” c’est du Robespierre dans le texte (sans missile), celui qui a la réputation d’un tyran…….


    • pierre9459 Le 05 juin 2014 à 19h54
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      J’ai eu exactement la même réaction en entendant ça … Ce magnifique discours de Maximilien Robespierre du 2 Janvier 1792…extrait :
      “La plus extravagante idée qui puisse naître dans la tête d’un politique, est de croire qu’il suffise à un peuple d’entrer à main armée chez un peuple étranger, pour lui faire adopter ses loix et sa constitution. Personne n’aime les missionnaires armés ; et le premier conseil que donnent la nature et la prudence, c’est de les repousser comme des ennemis.”

      D’une justesse de vue assez extraordinaire !


  8. moderato si cantabile Le 05 juin 2014 à 09h46
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    Que dire ? C’est le “vide” contre le “plein”.
    Quand on voit ce que disent Couturier et cette Agnès, que je ne connais pas, c’est la même chose que sur tout les plateaux télé et toutes les radios. Que des “experts” qui se gargarisent des même phrases vides de sens, des mêmes slogans, des mêmes raccourcis et comme le dit Régis Debray, qui partagent les joies inconscientes de la même inculture.
    Comment la France a t-elle pu y arriver ? Il ne s’agit plus du niveau des écoles des quartiers difficiles, mais de ceux qui se prétendent comme l’élite intellectuelle d’un pays qui était une de “voix” du Monde….c’est d’une tristesse !


  9. Alainjrdva Le 05 juin 2014 à 09h55
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  10. Un_passant Le 05 juin 2014 à 10h59
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    L’aveuglement idéologique, la démagogie internationaliste, le pacifisme béat de certains est à pleurer. La seule politique qui peut éviter les guerres, c’est la “real-politik” justement parce qu’elle est froide et cynique. Les idéologies aveugles qui ne prennent pas en compte l’Histoire des peuples, leur héritage culturel et civilisationnel mènent droit dans le mur.

    La démocratie ne se décrète pas, elle se construit. Certains oublient que l’on est passé, si je ne m’abuse par deux empires et une restauration (autrement dit une monarchie) avant d’avoir une démocratie et que cette même démocratie est passée par cinq régimes constitutionnels/institutionnels. Et certains parlent d’une sixième république, c’est dire.

    Se gargariser de notre démocratie, lorsque l’on voit où mène notre interventionnisme (en fait on suit lâchement et bêtement l’impérialisme américain débile)… un peu de modestie, d’humilité, ne ferait pas de mal.

    Quant à l’élargissement à l’aveugle de l’UE. Que dire? Encore un autre exemple du manque de vision (ou sinon fantasmagorique).


  11. Niya Le 05 juin 2014 à 11h15
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    Tout d’abord, un grand merci à Olivier Berruyer et pas que.. pour le travail effectué. Vraiment indispensable !
    Enfonçons quelques portes ouvertes.
    Nous savons depuis longtemps (Ministre de l’information, ORTF, etc. qui sont devenus aujourd’hui inutiles) que les “journalistes” qui envahissent l’étrange lucarne et les grandes stations radiophoniques, ont donné des gages d’allégeance aux “maîtres”. Il en est de même pour l’écrit depuis que “l’indépendance financière” a été assurée totalement par des oligarques.
    Maintenant les “journalistes” ont le sentiment de faire partie des Zélites (Dîner du Siècle, etc.), ce sont maintenant des gardiens du “désordre établi” et effectivement des militants mais totalement manipulateurs.
    A partir de là, peu importe les faits, les actes, les dires, ne doit être rapporté que ce qui assure, conforte, prépare les projets des Zélites.
    Obligé sur l’Ukraine d’aller sur des sites officiels (ou pas) russes pour sans perdre son esprit critique, tenter de s’informer est absolument INTOLÉRABLE.


  12. Olposoch Le 05 juin 2014 à 11h18
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    Je reste ahuri de constater la totale imperméabilité de la majorité des journalistes (ciblés en tant que tels car on pourrait espérer de leur part une volonté d’informer…)…
    Totalement étanches et réactifs à une parole libre de préjugés idéologiques, incapables d’entendre un son de cloche qui ne respecte pas la ligne choisie.
    On peut leur décrypter les évènements, les mettre en perspective, relativiser et voir plusieurs aspects contradictoires…
    Mais, non, ils restent droits dans leurs bruits de bottes…
    Trop jeunes pour avoir fait la guerre.
    Trop proches du graal pour envoyer leurs enfants la faire.


    • samuel Le 05 juin 2014 à 13h20
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      “Je reste ahuri de constater la totale imperméabilité de la majorité des journalistes (ciblés en tant que tels car on pourrait espérer de leur part une volonté d’informer…)… Totalement étanches et réactifs à une parole libre de préjugés idéologiques, incapables d’entendre un son de cloche qui ne respecte pas la ligne choisie.”

      Je suis un peu comme vous, mais faudrait que je creuse la question, faut dire qu’ils en sont bien les premiers porte paroles réceptifs des plus fausses valeurs courantes de leur temps.

      Mais peut-être qu’un jour les premières élites médiatiques en reconnaîtront leur première responsabilité comme les banquiers et politiques, elles semblent souvent vouloir écarter l’impensable dans leur professionnalisme. Vu qu’à travers leur première manière de fonctionner, nous pouvons bien nous rendre qu’ils en sont bien déconnectés des premières réalités içi bas, un peu comme la plupart des élites Américanistes sur tant de choses sur lesquelles elles peuvent moins avoir de l’emprise.


  13. Carole G Le 05 juin 2014 à 12h02
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    Emmanuel Todd:” l europe est allée chercher sa mort en Ukraine”
    http://fr.awdnews.com/politique/5196-emmanuel-todd-l’europe-est-allée-chercher-sa-mort-en-ukraine.html


  14. bm607 Le 05 juin 2014 à 12h12
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    Une toute petite lueur d’espoir, qu’il faut peut-être appuyer, notre Président devrait réussir à diner 2 fois le même soir, une avec Obama, l’autre ensuite avec Poutine.
    On trouve l’information dans nombre de journaux journaux, http://www.ouest-france.fr/70e-d-day-hollande-dinera-jeudi-avec-obama-et-soupera-avec-poutine-2593166 par exemple.

    J’ai pour ma part été agréablement surpris, je ne doute pas que cette position doit “légèrement” incommoder le “maître de la maison blanche” (pour faire le pendant du titre dont on affuble trop souvent Poutine), et même si on peut douter de l’effet d’une telle attitude de la France, et de ces rencontres, ça me semble enfin être un petit pas dans la bonne direction : la discussion et peut-être un peu d’écoute (ce qui ne sera pas le cas entre Poutine et BO qui ne se rencontreront pas en tête-à-tête).

    C’est la première fois depuis très longtemps en tout cas que je donne un bon point à notre ScooterMan 1er.


    • moderato si cantabile Le 05 juin 2014 à 13h36
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      je pense que vous vous trompez, pour ce qui est du “cette position doit “légèrement” incommoder le “maître de la maison blanche”.
      Regardez un peu “l’emploi du temps” du Grand Maître de la Maison Blanche, ces jours-ci :
      – ce n’est pas la France qui l’intéresse, pas plus l’Allemagne (qui l’inquiète)
      – son nouveau “théâtre d’opération” c’est l’Europe Centrale et de l’Est
      – c’est là qu’il se déploie….
      – c’est par là qu’il compte et chantage l’UE, autant qu’il fait pression sur la Russie.
      J’ai lu une “transcription” de l’itw de Poutine dans la presse roumaine. On ne saurait pas s’il faut en rire ou en pleurer…Poutine y apparaît comme un petit rustre, macho, débile….3 fois mieux comme falsification que celle faîte par Piotr Smolar.
      Et, en plus, la presse roumaine fait croire que le milliard que Obama&Comp investisse dans les “campements” de l’OTAN serait une aide intégrale pour l’économie de la Roumanie.
      Multipliez tout cela avec le nombre des pays concernés et vous verrez la taille de la manipulation.
      Mais…que fait l’Europe, je veux dire l’UE, la CE, le PE…pendant ce temps là ?
      Ben…ça se chamaille sur le Double-Zéro qui sera le prochain “Chef du Vide”.


    • samuel Le 05 juin 2014 à 18h05
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      ” en tout cas que je donne un bon point à notre ScooterMan 1er.”

      A mon avis il se fera tôt ou tard bouffer.

      Vous savez je serais à la place du président, je rechercherais pas trop à m’aligner sur les USA, j’échangerais bien alors son scooter contre ma vieille télé. Mon propos pourrait paraître très je ne sais quoi, mais en réalité je ne le suis pas, c’est juste que je ne rêve pas de l’Américanisme mondial. Et si je devais dire autre chose, je dirais que l’Amérique de l’oncle Sam a grandement échoué sur bien des plans, sans doute depuis la fâcheuse époque du Maccarthysme ou du Vietnam. Je me demande alors si l’exceptionnalisme Américain n’aurait pas été le terreau de l’émergence du nazisme lors de la seconde guerre mondiale. Alors vous les verrez de nouveau faire la commémoration de façade sur les premières plages de Normandie, mais on se demande si c’est bien les USA qui en ont payés le coût le plus dur en Europe ? Je sais bien qu’Obama est le premier président de couleur du “nouveau” monde, mais est-ce vraiment une bonne raison de vouloir toujours se servir de cela, ils en commettent bien pourtant des erreurs de jugement sur le green, mais non répéteront-ils dans la perte des souverainetés, ils en seront jamais les premiers responsables aux yeux de l’histoire.


    • Ghosties Le 05 juin 2014 à 23h38
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      Le maître de l’Elysée va devoir doubler le nombre de digestifs, parions pour du bourbon à la première étape, et de la vodka à la deuxième…mauvais mélange, gueule de bois garantie.


  15. Nicolas Le 05 juin 2014 à 13h05
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    Nouvelle base militaire prise par les résistants de Lougansk (après un poste frontière hier, pris après 2 jours de combats) : Après discussions, les militaires se sont rendus, pas un coup de feu n’a été tiré. Personne n’a été fait prisonnier (comparer avec la prise de Krasniy Liman par les kiéviens, qui ont massacré les blessés à l’hôpital) .
    Les résistants ont constaté la totale désorganisation de la base (documents pas du tout en ordre, le stockage des armes ne respectait pas du tout les règles).
    http://www.vesti.ru/doc.html?id=1655339


  16. samuel Le 05 juin 2014 à 13h12
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    “Notre diplomatie se fourvoie parce qu’elle est inculte – Fermons Sciences-Po et l’ENA, qui fabriquent des gens incultes, donc dangereux”

    Quelle bonne idée, mais n’est-ce pas principalement le carriérisme et le copinage qui prédomine dans les médias les plus déformés de leur monde, s’en rendent-ils seulement bien compte.


  17. Nicolas Le 05 juin 2014 à 14h15
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    Ah! Ya un énorme article sur l’intervention militaire russe en Ukraine, sur wikipedia. par contre pas d’intervention US hein, Academi y est allé de son propre chef, par amour de la démocratie, et ils seront payés en fleurs. https://en.wikipedia.org/wiki/2014_Russian_military_intervention_in_Ukraine


  18. azert56 Le 05 juin 2014 à 14h34
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    excellente vidéo de l’historienne mentionnée par debray et robin
    http://vimeo.com/21808582


  19. YpLee Le 05 juin 2014 à 14h37
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    Vraiment dommage qu’ils soient aussi souvent interrompu …

    A part ça il serait vraiment très interessant d’avoir une page sur ce blog qui recense les personnes et les sites francophones à suivre pour avoir de l’info de la vrais.

    Car je me sent souvent perdu et je ne sais pas trop où chercher.


  20. blusky Le 05 juin 2014 à 14h42
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    Une Femen a encore frappé…

    Le vrai nom de ces créatures est Crimen…

    http://www.lepoint.fr/societe/la-statue-de-poutine-vandalisee-par-une-femen-au-musee-grevin-05-06-2014-1832704_23.php#xtor=CS3-191

    C’est la culture française, la grande, celle d’ Hugo et de Voltaire, qui est tombée sous le pieu d’une décervelée…sous les regards placides de l’intelligentsia…

    L’article se garde de dire si la police est intervenue…


    • Nicolas Le 05 juin 2014 à 16h14
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      Le sponsor des FEMEN, selon Andrey Foursov qui dit des choses intéressantes, est Vadim Rabinovitch, milliardaire ukraino-israelien qui a une dent contre Poutine, apparemment.
      Bon, son site et vidéos ne sont qu’en russe je crois, mais pour ceux qui comprennent, c’est intéressant http://andreyfursov.ru/
      La conférence où Foursov analyse les intérêts des divers clans oligarchiques et leurs relations avec les occidentaux https://www.youtube.com/watch?v=GXLUJpqaQpY


    • pierre9459 Le 05 juin 2014 à 20h00
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      Pour Hugo, je veux bien mais l’autre …..
      “Un pays bien organisé est celui où le petit nombre fait travailler le grand nombre,
      est nourri par lui et le gouverne…”
      Voltaire


  21. nono Le 05 juin 2014 à 15h54
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    Olivier, un papier d’il y a un mois dans la presse “normale”. Très bon.
    http://www.huffingtonpost.fr/charles-grandjean/liberte-democratie-armes-desinformation-massive-ukraine_b_5252155.html


  22. Ras Le 05 juin 2014 à 16h22
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    Agnès Benassy Quéré – “L’Ukraine a demandé un accord d’association parce que l’Ukraine ne peut pas rentrer dans l’Union Européenne et on fait la même chose avec la Turquie.”

    Je ne suis, pas sur que le peuple ukrainien en soit vraiment conscient, mais que dire alors de son élite oligarque qui de toute évidence lui ment en affirmant le contraire ?


  23. step Le 05 juin 2014 à 16h26
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    A propos de l’interview de poutine hier soir sur sa “goujaterie” qui fait bien plus parler que le fond, malheureusement.

    http://www.liberation.fr/monde/2014/06/05/poutine-traduction-imprecise-ou-veritable-goujaterie_1034276

    Bilan, erreur de traduction….


  24. Nicolas Le 05 juin 2014 à 16h31
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    Déjà 4000 réfugiés sont arrivés en Russie. 3000 personnes arrivent tous les jours, mais beaucoup ne demandent pas le statut de réfugiés (je suppose, parce qu’ils peuvent aller chez la famille et comptent bientôt rentrer)
    Kiev dit qu’il n’y a aucun réfugié, Medvedev répond “les discours selon lesquels il n’y a pas de réfugiés, ce sont des bobards” http://www.vesti.ru/doc.html?id=1655298


  25. Charli Le 05 juin 2014 à 16h33
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    Bonjour, je partage un article de CHArles Grandjean tout à fait intéressant :
    http://www.huffingtonpost.fr/charles-grandjean/liberte-democratie-armes-desinformation-massive-ukraine_b_5252155.html


  26. Omar Le 05 juin 2014 à 17h09
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    C’est à cause de gens comme Brice Couturier que je n’écoute plus les Matins de France- C. Ce qu’il ose dire sur les Russes et la seconde guerre mondiale est obscène. Et ça se prétend historien!! Et ça se répand sur une radio comme France Culture!!! Je ne lui confierais pas la rubrique des banquets du 3ème âge à Brive-La-Gaillarde!!! C’est déprimant que tant d’incompétence ait cette publicité pour une parole aussi inepte…

    Merci encore Olivier pour ce super travail d’intèrêt général.

    Amitiés.


    • Ghosties Le 05 juin 2014 à 22h44
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      J’allais vous demander de réfléchir avant de condamner Brice Couturier….puis finalement non.
      son odieuseté (oui, néologisme) devient trop flagrante.

      une suppression de la carte de presse s’impose ! (on n’est pas en Russie, on n’envoie pas au goulag, nous !)


  27. Nicolas Le 05 juin 2014 à 17h38
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    “comme ils l’ont fait avec JFK.” euh, je veux pas vous chagriner, mais dans le genre impérialiste sanguinaire, JFK était effrayant. Cf. son rôle dans l’escalade de la guerre du Vietnam dès fin 1961 (début des bombardements massifs), et dans le programme de “déplacements de population” Hamlet.
    A son actif il a aussi la préparation du coup d’état au Brésil, exécuté en 1964.
    Ce coup d’état était le premier d’une longue série : Chili, Uruguay, Argentine, puis Honduras, El Salvador…
    Seule une machine de propagande extrêmement efficace peut faire croire que JFK était un gentil. Il était un architecte acharné de l’impérialisme américain, et les services secrets américains ne pouvaient qu’être heureux d’un tel président. Enfin sauf si vous voulez dire qu’il les a fâché tout rouge en rejetant l'”operation northwoods”…

    Par contre oui, les services secrets américains (et leurs “organisations non gouvernementales) sont engagés dans une lutte acharnée contre Maduro.


  28. alfred Le 05 juin 2014 à 17h40
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    J’attire votre attention sur cet article d’un fou furieux malheureusement très habile.

    http://www.leuropeen.eu/2014/06/05/la-modernite-du-nouveau-regime-russe/
    A lire surtout la partie sur l’ukraine (“La 5° colonne européenne” et “Les opportunités de déstabilisation dans l’ « étranger proche”)

    Quand on parle d’hubris européenne… Certains nous veulent visiblement en Guerre et avec en plus une DST européenne (pour fliquer les mauvais européens?)
    Quand on pense que ce type est un ex député européen (qui a travaillé avec E. Bonino il me semble). J’aimerai bien connaître son réseau de petits copains et d’appuis..

    J’ai parfois la sensation engoissante que si nous échouons un jour dans un système totalitaire le coup ne viendra pas forcément de là ou nous montre (FN et autres) mais bien de ces “modérés”-hystériques que sont les européistes forcenés (cf aussi le clip délirant du modem).


  29. Ray Le 06 juin 2014 à 00h46
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    Mon dieu, on voit la différence criante de niveau entre les interlocuteurs….


  30. marc douziech Le 06 juin 2014 à 05h23
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    OB : ils sont formidables sur France Culture. Des centaines de milliers de personnes dans la rue, soit 1 % de la population, cela devient “Les Ukrainiens” et “Le peuple”. Quand ils manifestent à l’Est, ce sont des rebelles, des séparatistes…

    ..’et vous êtes gentil Olivier, le gouvernement élu les appelle des “terroristes”, comme Fabius et BHL.


  31. Un_passant Le 06 juin 2014 à 09h30
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    Tiens on a supprimé mon passage sur JFK. A quel titre? Que je sache c’est dans wikipédia et plusieurs documentaires sur ARTE en ont parlé…

    Les liens du gouvernement américain avec la mafia a cuba sont prouvés et sont l’une des raisons de la révolution cubaine. Et ça n’a rien d’une légende que JFK a été élu en partie grâce à la mafia. JFK lui-même aurait demandé le soutien des “Syndicats”.

    Où est le problème de rappeler ces vérités? Les Etats-Unis sont loin d’être un chevalier blanc. Est-ce mal de le rappeler?


  32. éric Le 07 juin 2014 à 00h42
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    Brice couturier oriente le débat à sa convenance et impose ses idées à ses invités qui semblent là pour lui donner la réplique …s’il les laisse s’exprimer.
    Brice Couturier appartient au comité de rédaction “Le Meilleur des Mondes”, un repaire de néo-cons. français . Radios et télés … publiques ?


  33. arraslahcen Le 26 juin 2014 à 21h15
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    le problème simple et actuel est celui de la volonté de la Russie de retrouver sa puissance et son importance diplomatique perdue depuis la fin de la guerre froide ,elle recommence a petit pas a travers la guerre de Syrie son ingérence dans le moyen orient devient de plus en plus visible ,le problème de l’Ukraine c’est une des régions les plus valorisantes industriellement et culturellement pour elle et elle ne veut pas que cette parte de “Russie” lui échappe elle entend se maintenir et s’imposer au détriment des européens qui ont d’autres calculs économiques et politiques et même culturels pour leur renforcement de leur main mise sur l’Europe de l”Est .


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