Ce billet entame une petite série sur les dettes totales de différents pays. Nous parlons beaucoup des dettes publiques, mais il convient de garder également à l’esprit l’importance des dettes privées.

Toute l’étude est basée sur les chiffres de la Banque de France, qui s’arrêtent fin juin 2011.

Voici la composition et l’évolution de la dette totale de la France pour les 3 grands secteurs que sont : les ménages, les entreprises non financières et l’administration. N’est pas traité ici le cas particulier des dettes des entreprises du secteur financier (banques…), nous y reviendrons à la fin de la série.

Dette Totale secteurs France

Dette Totale secteurs France

On observe clairement pour notre pays que :

  • les ménages sont sur une nette tendance à l’endettement, et que la Crise n’y a rien changé. Ceci est en grande partie lié au fait que la bulle immobilière n’a pas encore éclaté ;
  • les entreprises, après une période de stagnation de leur dette, l’ont vu augmenter durant la Crise – le phénomène se poursuit ;
  • l’État, après deux brèves accalmies, a vu ses efforts balayés par la Crise, et sa dette exploser depuis 2008 – avec un léger répit depuis mi-2010.

Dette Totale secteurs France

Dette Totale secteurs France

L’évolution trimestrielle montre bien que les entreprises ont eu recours au crédit pour “passer la Crise”, mais que c’est surtout l’État qui a soutenu l’économie, en dépensant des sommes folles – jusqu’à 3 % du PIB en UN TRIMESTRE !

Ce temps semble désormais révolu – 2011 ayant vu l’arrêt des “plans de relance” (sic.) – et la conséquence ne s’est pas faite attendre : retour en récession.

Le moteur de la voiture Économie est cassé. L’État s’est ruiné la santé en poussant la voiture pendant 2 ans – les passagers étant tout content que la voiture roule de nouveau. Mais là, l’État va arrêter définitivement de pousser…

Retour sur plus d’historique :

Dette Totale secteurs France

Dette Totale secteurs France

On constate tout d’abord la plaie de notre modèle économique : un endettement croissant depuis 30 ans… On observe bien l’effet historique de la Crise de 2008 sur l’endettement du pays.

Seules les entreprises se sont montrées “raisonnables” dans cette période, la dette des ménages et de l’État ayant triplé…

Et après on s’étonnera de mes estimations sombres sur les conséquences de 30 ans de vie à crédit, bâtie sur une croissance fictive…

Dette Totale secteurs France

On observe bien l’effet des crises de 1993 et 2002, et les deux courtes périodes de désendettement de l’État, 1999 et 2006…

Nous verrons dans le prochain billet que le chemin de l’Allemagne et du Royaume-Uni n’a pas été si différent…

65 réponses à 0390 Dette totale de la France

  1. Eddie Constantine Le 15 décembre 2011 à 04h46
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    Bonjour Olivier,

    vos historiques auraient été davantage parlants si vous aviez bien voulu les faire remonter à 1970/1973. 
    Mais quand même, encore un beau travail, même si je suis un peu triste pour vous qui serez rémunéré en Francs, dans pas longtemps. 😉


  2. Marcus Le 15 décembre 2011 à 04h48
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    Merci pour ce travail Olivier !
    L’endettement de l’Etat est bien connu mais celui des ménages est aussi en hausse régulière et continue…
    A++


  3. Joanna Le 15 décembre 2011 à 05h49
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    J’espère que dans la série sur les dettes de différents pays que vous annoncez il y aura un pays dont on parle peu en ce moment : la Suisse.
    Comment ce pays complètement enclavé dans “l’Europe” s’en sort-il, ou non, dans cette période ?


    • Donmarlon Le 15 décembre 2011 à 07h07
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      La Suisse s’en est sortie plus ou moins bien jusqu’à présent et non pas en raison de l’exode fiscal ou du secret bancaire comme on peut l’entendre ici et là. Si Olivier le désire, je peux lui soumettre une étude approfondie à ce sujet mais dans les grandes lignes:
      ·       Le pays a voté un frein à l’endettement en 2001, qui est entré en vigueur en 2003. Résultat: le ratio Dettes/PIB de l’Etat (et de ses composants) a reculé à 38,3% en 2010 contre 52,4% en 2005.
      ·       La Suisse a su garder et développer un fort tissu industriel: l’emploi dans le secteur secondaire (industrie) a progressé au troisième trimestre de 1% et celui dans le tertaire (services) de 0,7%.

      Tout va bien, le bonheur est dans le pré et la Suisse est un pays de Cocagne? Ben non, le chômage a augmenté en novembre à 3,1%, en raison des effets de change qui plombent les comptes des entreprises et une mini-récession est prévue au début 2012. Pourquoi? Le franc suisse fait depuis le début de 2011  l’objet d’une spéculation frénétique qui a poussé la Banque Nationale Suisse a instauré un cours de change fixe face à l’euro. Avec quelles conséquences? Ben nul ne sait en Suisse mais la facture risque de faire très mal… A suivre donc mais l’inquiétude est bien présente dans le pays.
       


      • Pana Le 15 décembre 2011 à 08h47
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        Il faut aussi expliquer pourquoi le chiffre du chômage CH est très bas.
        1.Beaucoup d’employés sont “recyclés” hors du monde professionnel alors qu’ils atteignent un peu plus de 50 ans grâce aux arrangements financiers le fonds de pension dit du 2ème Pilier.
        2.Dans les statistiques CH, ne sont pris dans les calculs que les personnes qui touchent les indemnités du chômage durant quelque 400 jours.
        A la fin des 400 jours, les “fin de droit” qui n’ont pas trouvé du travail ne touchent plus les indemnités et elles sortent du pourcentage du chômage.
        Soit elles vivent avec leurs dernières économies, dont le 2ème Pilier, soit elles tombent à l’aide sociale.
        Si l’on tient compte uniquement de ces cas, je suis certaine que le chiffre du chômage serait nettement plus élevé.
        Beaucoup d’entreprises étrangères sont venues s’installer en CH en amenant leurs propres employés, cadres. Donc la création de postes de travail est aussi subjective.
        Les autorités CH comme les syndicats sont incapables de nous dire combien de frontaliers qui travaillent en CH occupent un poste de travail réellement créé et combien de ceux-ci remplacent effectivement un employé CH.
        Par employé CH, j’entends un CH ou une personne issu de l’immigration.
        Car j’ai aussi entendu le chef d’une petite entreprise CH dire qu’il ne voulait plus engager de CH !
        Le tout grand problème auquel les retraités vont être confrontés, c’est leurs rentes basées sur le 2ème Pilier, car il n’y a plus de rendement – actions, obligations, et maintenant l’immobilier, car les locations ne représentent plus un rendement intéressant du fait de la hausse des prix de l’immobilier.
        Effectivement, nous allons aussi au devant d’une sacré crise….


      • Serma Le 15 décembre 2011 à 16h04
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        Quelqu’un saurait-il nous expliquer comment la BNS s’y prend en pratique pour imposer le taux de change 1 Euro = 1.2 CHF ? Je croyais qu’on était dans un marché où s’applique la loi de l’offre et de la demande…
         


        • Pana Le 15 décembre 2011 à 19h08
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          Peut-être qu’elle vend du CHF et achète du Dollar…
          Peut-être qu’elle achète de l’Euro et vend du CHF….


    • Jacques Coeur Le 15 décembre 2011 à 13h41
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      La Suisse fait pour l’instant l’unanimité des agences de notation (troïka américaine + Dagong), soit le AAA.
      C’est assez remarquable pour être signalé.


      • Jack Le 15 décembre 2011 à 15h03
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        Quelle est la part de l’industrie financière Suisse dans le PIB?


        • Pana Le 15 décembre 2011 à 19h16
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          On paie nos impòts.
          On paie la Caisse maladie – env. CHF 3’500 à CHF 4’000.– min. par année.
          La grève n’existe pour ainsi dire pas.
          On travaille 45 heures par semaine et même plus….
          L’industrie financière dans le PIB !!!!
          Certainement en baisse grâce à la baisse des marchés, la suppression du secret bancaire, etc. etc. etc….


          • Jack Le 16 décembre 2011 à 10h51
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            Cette démonstration de chauvinisme Helvète est bouleversante, mais je me fous de votre porte-monnaie!
            Tout ce que je voulais savoir, c’est le poids de vos banques dans votre économie. Il me semble que par les temps qui courent, ce n’est pas négligeable.


          • Fenril 74 Le 18 décembre 2011 à 16h14
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            Semaine dernière, un reportage sur la TSR, 1 suisse sur 5 aurait refusé des soins pour raison financière. 


          • Couleur Le 19 décembre 2011 à 08h24
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            Ne pas oublier la première exportation de la Suisse : le chomage justement. On ne paye les frontaliers au chomage qu’a hauteur de 80% de ce qu’ils auraient touché chez nous et pour les non européens c’est 3 mois et ensuite, retour au pays. Vu le nombre d’etrangers en Suisse (cause droit du sang on peut vivre en Suisse depuis 3 generations et toujours être un immigré) la procédure est très rentable.
            Pour nos autres exportations, le positionnement “luxe haut de gamme” nous permet de traverser les crises sans trop de difficultés. On continue à vendre à ceux que la crise enrichie.
             


          • step Le 19 décembre 2011 à 16h28
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            @jack en ratio de PIB, 3 fois la france pour les stricts activités financières. On tourne a 15% du pib total.


  4. Stephane PASQUIER Le 15 décembre 2011 à 05h58
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    Donc en fait, les Etats et banques centrales auront le choix suivant pour résoudre cette situation:

    1-  Au moins 2 décennies de récession afin de rembourser la dette, émeutes, pauvreté, déflation dans           toutes les classes d’Actif, augmentation de la valeur du “cash”
    2- Détruire la dette, et ruiner les Banques compagnie d’Assurance, et les ménages.
    3- Détruire la monnaie, ce qui revient à détruire tout le lien social… et la société.

    Ai-je oublié quelque chose ???? 


    • Tassin Le 15 décembre 2011 à 16h20
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      Comme le démontre très bien Olivier dans d’autres billets, “détruire” la dette ne serait dommageable que pour 10% de la population, les plus riches. C’est donc bien cette solution qui a ma préférence. Même s’il faut résoudre la problème de la coupure des marchés financiers après le défaut.


  5. Nihil Le 15 décembre 2011 à 07h04
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    Encore un bel exemple que des graphiques (presque) simples assortis de quelques commentaires valent tous les discours.
    Français, vous savez. 
    😉


  6. Marcel Le 15 décembre 2011 à 09h51
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    Warning: piège a c…
    J’ai entendu hier sur BFM que les entreprises américaines disposaient en cache 1,5 trillions de dollars ! Le danger : Le rachat massif des entreprises européennes car leur valeur en Bourse s’est effondrée. En fait ils se prépareraient une fois que les entreprises en situation de quasi faillite à les racheter pour une bouchée de pain.
    Plus efficace qu’une bombe atomique.
    Comme on a un de leur pion à la tête de l’Etat, cela devrait marcher.
    Donc merci aux chefs patrons du CAC et autre SFB de prévenir leurs employés pour qu’ils achètent leur entreprise afin de verrouiller l’actionnariat .


  7. Bernard Samson Le 15 décembre 2011 à 10h29
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    Concernant l’endettement des ménages en particulier : s’agit-il de la somme des dettes de chaque ménage? ou de la somme des endettements nets?
    Merci d’avance.


  8. Patrick-Louis Vincent Le 15 décembre 2011 à 10h34
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    “les deux courtes périodes de désendettement de l’État, 1999 et 2006…”

    C’est-à-dire sous l’ère Jospin puis cele de Dominique de Villepin.


    • Marcus Le 15 décembre 2011 à 11h37
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      Et Raffarin….


      • Patrick-Louis Vincent Le 15 décembre 2011 à 12h39
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        en 2006, Raffarin n’était plus premier ministre ; c’était De Villepin qui ne manque pas de rappeler que, pendant sa gouvernance, la dette de la France avait baissé.


        • Marcus Le 15 décembre 2011 à 12h42
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          Ah pardon, j’avais cru comprendre de 1999 à 2006 ce qui m’étonnait aussi…


  9. William Le 15 décembre 2011 à 10h49
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    Bonjour à tous,

    Impossible de trouver ailleurs une autre source d’informations aussi claires et transparentes. A quand, le site d’Olivier : 1er blog économique en France ! Il faut que le maximum de monde puisse bénéficier d’informations factuelles aussi claires et précises qui laissent à chacun le soin de se faire une opinion personnelle et de lire les commentaires pour les confronter.
    Félicitations Mr Olivier,
    Cordialement
    William


  10. BA Le 15 décembre 2011 à 10h54
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    Jeudi 15 décembre 2011 :
     
    Aujourd’hui, l’Espagne a emprunté.
     
    Les taux des émissions à 9 et 10 ans ont augmenté par rapport aux dernières émissions similaires, passant à 5,201 % pour les obligations à 9 ans (contre 5,006 % avant) et 5,545 % pour celles à 10 ans (contre 5,433 % la dernière fois).
     
    En revanche, le taux des obligations à 4 ans baisse, à 4,023 % (contre 5,276 %).
     
    (Dépêche AFP)


    • Marcus Le 15 décembre 2011 à 11h33
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      Ah BA, une mine d’information avec ses chiffres, comme Olivier avec ses graphiques ! T’as vu que le 10 ans italien est remonté au-delà des 7%, donc pas tenable…
      A++


      • Patrick-Louis Vincent Le 15 décembre 2011 à 12h50
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        Les achats, par la BCE, de créances italiennes, ont fait baisser le taux à 10 ans de l’Italie de 7,237% à 5,87%. Mais l’effet de ces rachats est de courte durée. Le taux a remonté ; il est aujourd’hui à 6,68%.
        Le taux de l’Espagne est plutôt à la baisse depuis l’élection de Rajoy ; il est à 5,539% aujourd’hui.
        Dans les deux cas, c’est intenable à moyen terme.
        La BCE va donc continuer à racheter des créances italiennes et espagnoles pour que les taux ne s’envolent pas.
        La planche à billets a donc déjà commencé à fonctionner.


        • Marcus Le 15 décembre 2011 à 13h13
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          Et le dernier sommet européen n’aura servi à rien comme tous les précédents.
          C’est ce que je voulais montrer.
          D’ailleurs il y a déjà une date qui circule pour le prochain…


  11. raphaël Le 15 décembre 2011 à 12h47
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    Bonjour,

    Quand je regarde le quatrième graphique et le dernier, je ne comprends pas à quoi est dû exactement début 2008 le soudain excès d’endettement, à 3% du PIB ?!
    Lehman Brothers et le sauvetage du système financier c’était pourtant après, à partir de septembre 2008 ?
    A quoi est dûe cette poussée d’endettement ? Cadeaux fiscaux, Baisse des recettes ?…

    Par ailleurs, j’aime bien votre comparaison avec l’automobile.
    J’avais en tête aussi de mon côté une image un peu du même style qui caractérise la crise :
    Si la crise est un virage, alors nous ne l’avons pas vu arriver (ou voulu voir arriver) et sommes rentrés dedans à pleine vitesse. N’importe qui qui a son permis, sait qu’il est dangereux de relancer la voiture en début de virage, c’est le meilleur moyen de partir dans le décor ! Comme il est tout aussi dangereux de freiner des 4 fers. En fait le meilleur moyen aurait été de freiner en amont, bien avant le virage. Comme vous le suggérez, les plans de rigueur il aurait fallu les faire 10 ans en arrière ! Une fois qu’on est dedans c’est fini, il ne nous reste plus qu’à prier…
    C’est seulement en sortie de crise qu’il faut alors appliquer les plans de relance. Je pense que Keynes aurait dit la même chose.

    Bien à vous.
    Et encore merci pour votre précieuse expertise.


  12. Dubreuil Le 15 décembre 2011 à 12h59
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    La putain de classe ce post !!!
    Tu as encore amélioré les choses depuis cet été.
    Est ce que, rien que pour moi, tu pourrais faire la somme des variations d’endettement, et l’afficher en relation avec :
    le PIB, histoire de faire des hypothèses sur la dépendance croissante de la croissance à l’augmentation d’endettement
    L’inflation (en fait ça c’est pertinent si tu as les chiffres sur plus longue période)
     
    j’aimerai bien aussi voir, un pur graphique variation endettement public et variation PIb, ainsi que variation endettement méanges et variation prix immobiliers
     


  13. pacotille Le 15 décembre 2011 à 14h13
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    Très clair, merci. – manque les sociétés financières (banques, …) – une mise en parallèle avec les zétats-zunis (et DE/UK annoncés) avec les graphiques empilés verticalement aux mêmes échelles pour se faire une idée rapide de l’évolution et de la situation de chacun.


  14. julien Le 15 décembre 2011 à 14h33
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    on pourrait faire un petit graphe avec pour base de départ la mise en circulation de l’euro et ou entré de la chine dans l’omc , et superposer sur la période jusqu’à aujourd’hui la parité €/$ , la dette et le solde de la balance commerciale. 


  15. Thomas Le 15 décembre 2011 à 14h41
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    link to audit-citoyen.org

    Bonjour Olivier,

    Que penses-tu de cette initiative d’un audit citoyen de la dette ?

    Salut à tous,

    Thomas


  16. Immobilier-danger Le 15 décembre 2011 à 15h18
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    La forte hausse continue de l’endettement des ménages provient en très grande partie de la croissance forte de la bulle immobilière française. Entre 2003 et 2011, le taux d’encours de crédit immobilier a doublé pour passé d’un peu plus de 32 % à plus de 63 % en 2011 (voir les travaux de Jacques Friggit sur le sujet).
     
    Pour l’instant, la bulle immobilière ne dégonfle que dans quelques endroits précis. Il faudra pourtant arriver à une forte baisse des prix pour stopper cette spirale destructrice pour les prochaines années.


  17. Serma Le 15 décembre 2011 à 15h57
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    Bonjour,
    Vous nous parlez toujours de dette brute. Ne serait-il pas plus pertinent d’analyser la dette nette, écart entre la valeur de ses dettes et celle des créances détenues sur d’autres acteurs ?
    La dette en soi n’est pas un mal absolu, il faut la comparer aux actifs. Pourriez-vous nous éclairer à ce sujet.
    En fait, j’aimerais bien avoir votre avis sur ces 2 pages tirées du blog de Michel Volle (vous connaissez ?).
    link to michelvolle.blogspot.com
    link to michelvolle.blogspot.com
    Merci !


    • Christophe Vieren Le 30 octobre 2012 à 09h53
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      Concernant la dette publique, ok globalement avec Olivier.
      En revanche concernant la dette des ménages, ne faudrait-il pas parler de taux d’endettement net (= dette – épargne) qui est de 32% pour les ménages français alors que le taux brut est de 48% (32+16, cf. chiffres ci-dessous donné par J. Coeur). D’ailleurs sur la courbe présentée par Olivier, ce dernier chiffre semble aux alentours de 55%. Quelle erreur commets-je ?


  18. yoananda Le 15 décembre 2011 à 16h21
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    link to wikirating.com
     
    juste énorme !!!


  19. Jacques Coeur Le 15 décembre 2011 à 16h55
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    Juste un petit comparatif entre la France et les EUA, avec les données fournis par notre irremplaçable Olivier et puis par François Asselineau.

    Ménages :
    – F, 55%
    – EUA, 93%

    Entreprises non-financières :
    – F, 67%
    – EUA, 76%

    Administrations publiques :
    – F, 88%
    – EUA, 170%
    * Les chiffres précédents sont au regard des graphiques.

    D’après F. Asselineau – 2009
    Le EUA ont-ils vraiment utilisé leur pouvoir d’endettement pour tout acheter ? Oui

    Taux d’épargne des ménages :
    – France, 16%
    – EUA, -1%

    Taux d’endettement net des ménages (en % du PIB) :
    – France, 32%
    – EUA, 110%

    Taux d’endettement des entreprises (en % du PIB) :
    – France, 57%
    – EUA, 210%

    Dette publique (en % du PIB) :
    – France, 65,7%
    – EUA, 67,4 % – après le plan Paulson 100%

    Déficit budgétaire (en % du PIB) :
    – France, 2,9%
    – EUA, 4% – après le plan Paulson 12%

    Où il apparaît que la crise est bien plus importante outre-Atlantique qu’en France et que pourtant on ne cesse de nous parler des problèmes économiques de l’Europe. Pourquoi ?
    Pour nous forcer à vendre notre patrimoine. Puisqu’il existe une monnaie qui peut tout acheter, et que les régulations ont sauté alors il est facile de s’emparer du patrimoine d’autrui (EDF, …). Ces exemples de rachat ne manquent pas, mais un des plus cocasses est le rachat de l’imprimerie nationale ainsi que de la Banque de France par le groupe Carlyle ; cocasse parce que nous trouvons à la tête de nos fleurons nationaux… Nicolas Sarkozy, et à la tête du Carlyle Group… Olivier Sarkozy.

    Tiré de son livre testamentaire, je vous laisse une phrase d’un de nos anciens présidents de la République :
    « La France ne le sait pas, mais nous sommes en guerre contre l’Amérique. Ils sont durs les américains, ils veulent un pouvoir sans partage ». F. Mitterand.


  20. BA Le 15 décembre 2011 à 17h19
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    Jeudi 15 décembre 2011 :
     
    C’est dans la zone euro que devront débuter les efforts pour inverser les perspectives sombres de l’économie mondiale, a exhorté jeudi à Washington Christine Lagarde, la directrice générale du Fonds monétaire international (FMI).
     
    Combattre la crise “va demander des efforts, un ajustement, et cela devra à l’évidence commencer par là où est le coeur de la crise actuellement, les pays de la zone euro”, a-t-elle déclaré lors d’un forum au département d’Etat sur les femmes en politique.
     
    Mme Lagarde a souligné que la crise était “un sujet d’inquiétude pour toutes les économies”. En raison de leur “interconnexion”, aucune économie “ne sortira indemne de la crise qui non seulement a lieu, mais s’intensifie”.
     
    Le FMI a annoncé le 8 décembre qu’il allait participer aux “efforts” de la zone euro face à la crise de la dette.
     
    Les Européens ont annoncé le lendemain qu’ils renfloueraient le Fonds à hauteur de 200 milliards d’euros pour qu’il vole, en retour, au secours de la zone euro.
     
    link to boursorama.com
     
    1- Les Etats membres de la zone euro sont surendettés.
     
    2- Dans les semaines qui viennent, les Etats membres de la zone euro vont emprunter 200 milliards d’euros sur les marchés internationaux : les Etats membres de la zone euro vont donc se surendetter encore plus.
     
    3- Ensuite, les Etats membres de la zone euro vont prêter ces 200 milliards d’euros au FMI.
     
    4- Enfin, dernière étape, le FMI va voler au secours des Etats membres de la zone euro : le FMI va leur prêter ces 200 milliards d’euros.
     
    5- Les dirigeants européens sont des cerveaux.
     
    6- Christine Lagarde est une cervelle.


  21. CARLOS Le 15 décembre 2011 à 17h47
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    Bonjour!
    Merci pour ton analyse lucide et objective sur les dettes de la France!
    Je pense que tu auras une sacrée surprise si tu t’intéressais aux données de la dette extérieure de la France, en particulier après 1973. Je rapelle que les non-résidentes détiennent plus de 70% de la dette publique. Etrangement, il n’y pas tellement de travaux sur les dettes extérieures des grandes pays de la zone EURO, et je pense en particulier à celle de l’Allemagne, de la France, de l’Italie et de l’Espagne. A quoi attribues-tu ce manque d’intérêt pour un sujet grave et important?
    Salut!


  22. Marcus Le 15 décembre 2011 à 18h19
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    Même Kafka n’y aurait pas penser : mieux vaut en rire qu’en pleurer…
    link to unmondeencrise.com
    A++


  23. Patrick Juignet Le 15 décembre 2011 à 20h24
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    On constate tout d’abord la plaie de notre modèle économique : un endettement croissant depuis 30 ans… On observe bien l’effet historique de la Crise de 2008 sur l’endettement du pays.
    Seules les entreprises se sont montrées “raisonnables” dans cette période, la dette des ménages et de l’État ayant triplé…
    Et après on s’étonnera de mes estimations sombres sur les conséquences de 30 ans de vie à crédit, bâtie sur une croissance fictive…

    Je ne suis que partiellement d’accord avec vos attaque réitérées sur l’endettement. Elles négligent que c’est le fondement même du système économique dans lequel nous vivons.

    Il se peut que mon analyse soit fausse, ou la vôtre, en tous les cas l’un de nous deux a tort.


    • Marcus Le 15 décembre 2011 à 20h51
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      Peut-être fais-tu référence à la création monétaire ?
      En tout cas, peu importe, l’important c’est de s’informer les uns les autres pour mieux comprendre ce système qui est en train ou finira par tous nous broyer (même nos amis suisses avec leur excellent chocolat !).
      En particulier il faut bien avoir compris la création monétaire avant toute chose car c’est la base même de notre système économique :
      Paul Grignon : les 2 parties de l’Argent Dette


      link to dailymotion.com
      link to vimeo.com
       
      Amicalement.
      Marc
       
       


      • step Le 19 décembre 2011 à 16h38
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        le chocolat ! mais c’est bien sûr, il suffisait d’y penser. Le secret est dans le chocolat!


  24. gus Le 15 décembre 2011 à 20h39
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    Il serait intéressant que la communauté des Berruyers (noirs…) trouve des choses sur la Chine, prochaine déflagration à venir, car on ne voit pas comment un pays qui exporte 40% de son PIB et dont l’immense majorité de la population a, quoi qu’on en dise, un niveau bas, pourra tenir face à la grosse chute de la consommation de ses clients.
    La chine, elle aussi, est une victime de la mondialisation qui l’a poussé vers un mode de développement extraverti. De toute façon c’est la logique même du système, la panade est par définition globale.
    C’est là qu’on voit qu’un autre mode de développement aurait été possible, plus centré sur les marchés régionaux (ce qui dans le cas de la chine représente un monde en soi!) sans que cela empêche les transferts de techno et les échanges. C’est en ce sens que le terme de démondialisation doit être entendu. C’est d’ailleurs ce que pratique en fait le Brésil : droit de douane et contrôle des capitaux, extension du marché intérieur par dvpt de la classe moyenne et ouverture des échanges avec ses voisins latinos.


  25. CARLOS Le 16 décembre 2011 à 01h52
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    Olivier,
    Encore une fois: pourquoi tu fais fi de la dette extérieure de la France? Pourquoi tu te limites à l’analyse de la dette interne sachant que 70% de celle-ci sont entre les mains des non-résidents? Et de plus, on sait que la vulnérabilité de l’économie du pays dérive de l’importance de la dette extérieure?
    Merci… si jamais tu peux répondre à ces deux petites questions.
    Salut!


  26. Joanna Le 16 décembre 2011 à 04h51
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    François Lenglet directeur de la rédaction de BFM Business s’exprime sur la dégradation de la note française qui pourrait bien arriver … ce soir !

    J’ai bien noté que les pays européens hors de la zone euro s’en sortent mieux que nous …

    link to rutube.ru 

    (à noter à droite le lien sur la prestation de P Jovanovic de dimanche dernier sur radio courtoisie – zapper les 25 premières min pour entrer dans le vif du sujet)


    • step Le 19 décembre 2011 à 16h41
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      nous sommes (en particulier depuis NS) un élève médiocre de la classe euro (endettement, équilibre courant etc..)


  27. bourdeaux Le 16 décembre 2011 à 11h49
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    Une question peut-être idiote: les stats sur la dette comptent-elles en déduction la valeur des créances sur l’étranger ?


    • step Le 19 décembre 2011 à 16h43
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      aucune question idiote mais bien sûr que non. Les possessions de dette ne sont pas circulaires. Ce n’est pas l’état allemand mais les riches allemands qui possèdent de la dette française, idem dans l’autre sens. On ne peut donc pas faire la soustraction, sinon il va y avoir des émeutes à neuilly.


  28. Antoine Le 16 décembre 2011 à 13h32
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    C’est un tout petit peu dommage on ne voie plus sur certains diagrammes les lignes d’abscisses. (masquées par les couleurs). Sinon blog très didactique. Bonne continuation.
     


  29. Dubreuil Le 16 décembre 2011 à 16h34
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    Pour ceux qui lisent l’anglais et l’économie
     
    a lire absolument, tout est dit.
    link to eap-journal.com
     
    Since debt cannot accelerate indefinitely, this is also why asset bubbles, ultimately, have
    to crash—and therefore also a reason why macroeconomic policy should attempt to prevent
    them in the first place.
    VIII. Conclusi on: towards a new ma croeconomi cs
    The analysis here is still only preliminary, but the data gives far stronger empirical support to the
    endogenous money, credit-driven perspective than to the neoclassical. For both theoretical and
    empirical reasons, Neoclassical macroeconomics does indeed deserve to be “thrown out with
    the bathwater”, and a new dynamic, disequilibrium macroeconomics constructed in its stead.
    Failure to honestly confront the theoretical weaknesses and empirical failures of the
    dominant school of economics will not preserve it. Indeed, continuing to ignore the gulf
    between the predictions of neoclassical economic models and the state of the economy will
    simply accelerate the steep decline in the public respect accorded to economists since this
    crisis began. Ultimately, complacency and denial will lead economics back to the position of
    disdain that Keynes described so well during the last Depression:


  30. RV Le 16 décembre 2011 à 17h53
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    Bonjour et merci pour toutes ces infos que vous réorganisez pour nous, vos lecteurs.
    Avez vous déjà fait (sur une autre page peut-être ?) le même travail sur les recettes des Etats depuis 1973 ?
    Je serais assez curieux que vous fassiez le parallèle entre les politiques fiscales (niches fiscales, exonération de charges, nombre de tranches d’impôt et leur taux etc.) et l’endettement des Etats.


    • step Le 19 décembre 2011 à 16h45
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      voir plus tôt dans le blog. Aux US en particulier, la symétrie est flagrante. Moins en France car les classes riches y sont moins favorisées.


  31. carlos Le 17 décembre 2011 à 10h37
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    Bonjour Olivier!
    Je renouelle ma question: pourquoi vous ne parlez pas de la dette extérieure de la France? Ni de celle de l’Allemagne et de tous les pays de la zone euro?
    Salut!


    • step Le 19 décembre 2011 à 16h46
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      déjà fait voir plus tôt dans le blog. Pour la question précise, la réponse est on a pas les chiffres. Impossible de savoir précisément qui possède de la dette française (en tout cas pour nous, simples béotiens).


  32. JacquesIoffe Le 18 décembre 2011 à 20h00
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    Dommage que vous n’incluez pas les dettes des banques a cote de la dette publique, la dette des menages et la dette des entreprises non-financieres. Cela aurait donne ceci:
    L’Irlande 1200%, Angletterre 1000% , la France 450%, USA 350% du PIB. Interessant, n’est ce pas?


  33. Pascom Le 19 décembre 2011 à 16h05
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    Une question qui me vient sur la formation de la dette publique : est-ce que la différence entre déficit prévu (dans le budget voté) et déficit constaté (et donc couvert par des emprunts complémentaires) est significative ? Il me semble que l’optimisme souvent constaté des hypothèses de croissance dans la préparation du budget pourrait signifier la résignation à, ou même peut-être la volonté de, accroître la dette.


    • step Le 19 décembre 2011 à 16h50
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      je ne pense pas qu’il faille voir les choses comme cela. Il est aussi pour les politiques intéressant de tabler sur des hypothèses hautes, car elles demandent moins d’efforts pour les populations. Et que pour un politique, le calcul entre demander des efforts à sa population et aller piquer des sous à son banquier est vite fait…. surtout si il souhaite se prolonger.
      C’est une faute des politiques, mais aussi de tout un chacun. On aime bien les droits, moins les devoirs.


  34. Erwan Le 19 décembre 2011 à 18h04
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    Pour tous ceux et toutes celles qui souhaitent exprimer leur opinion sur la dette de la France ou sur celles d’autres pays, je vous invite à visiter le site wikirating: http://www.wikirating.org. Il s’agit d’une plateforme communautaire autour des notations financières des états et des sociétés. Outre le fait de pouvoir voter sur la notation d’un pays ou d’une société, Wikirating cherche à fournir des méthodes de notations transparentes et compréhensibles, fournies, revues et corrigées par la communauté d’utilisateurs… au même titre qu’un article publié sur Wikipedia.


  35. Julo Le 19 décembre 2011 à 18h50
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    Salut Olivier,
    Désolé pour mon inculture et mon lexique économique déficitaire.
    J’aimerais savoir si il existe des indices ou des facteurs économiques séparant

    l’endettement issus d’un investissement (donc a fortiori rentable) et de
    l’endettement dû à de la sur-dépense ou des coûts de fonctionnement. Pour le domaine public et privé.

    (serais-ce la différence entre l’actif et le passif?).
     


  36. odeur_de_sapin Le 19 décembre 2011 à 20h04
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    C’est à perdre son Latin, on est endetté à mort, on va perdre notre AAA, et le journal La Tribune nous annonce qu’on prête gratos des milliards à la France sur du court terme. Elle est ou la logique dans cette affaire ?

    A moins qu’on se dise la dette de la France c’est encore un bon coup … mais uniquement à court terme. Mais gratos !? étonnant.


  37. izarn Le 11 octobre 2012 à 18h35
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    Non mais attendez!
    Et les sociétés financières?
    C’est la cause à 90% de la hausse des dettes d’état.
    Que cherchez vous à dire? Quel les états sont causes de la crise?
    Vous savez bien que c’est l’inverse.
    Ha ben voui! Grace aux QE de la Fed et de la BCE, tout va bien!
    Hahahahahha!
    Elle est bien bonne!
    Allez, on rigole bien sure ce blog!


  38. Minerve Le 15 décembre 2014 à 22h52
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    Bonjour Olivier,

    Pourriez-vous rentrer plus dans le détail de la dette des administrations publiques, sociétés non financières et ménages ? Plus précisément des dépenses vs ce qui rentre dans les « caisses ».

    Merci


  39. Gaugain Le 06 juillet 2015 à 10h54
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    Grâce à votre site j’ai réalisé une BD pour essayer de rendre le décryptage de la dette plus aisé : link to ladettedelafranceenbd1.e-monsite.com
    Bonne lecture


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