Source : Alia Allana, 18-02-2016

arton29944-50f67L’ancien am­bassadeur indien à Damas le fait comprendre dans un rapport significatif : la représentation occidentale selon laquelle le président syrien Assad devait être renversé par une insurrection populaire, n’est pas viable. La guerre a été importée du dehors, entre autres par les pays du Golfe et Al-Qaïda. Les Etats-Unis y ont collaboré en soutenant le Front Al-Nusra. Assad a sous-estimé le danger – parce qu’il pensait que son peuple le suivrait. De 2009 à 2012, V. P. Haran a été ambassadeur de l’Inde en Syrie. Il s’en est entretenu avec le magazine indien  Fountain Ink, plusieurs fois primé, expliquant comment certains des médias ont amplifié la révolte, et sur l’évidence de la présence d’Al-Qaïda sur le terrain dès les premiers jours du conflit. L’évaluation de l’ambassadeur confirme l’analyse du journaliste américain Seymour Hersh selon laquelle Assad n’avait à craindre aucune opposition militante dans son propre peuple.

A quoi ressemblait la Syrie lors de votre arrivée en janvier 2009 ?

V. P. Haran : La Syrie était un pays pacifique sans tensions internes. L’économie syrienne se portait bien, avec un taux de croissance moyen de 5%. Le taux de chômage était d’environ 8% mais les Syriens sans emploi pouvaient en trouver un dans les pays du Golfe. Il existait cependant un pourcentage élevé de chômage chez les diplômés. Le niveau de la dette extérieure de la Syrie se maintenait à un taux confortable de 12,5% du PIB. Le créancier principal était la Russie, qui avait annulé la plus grande partie de cette dette. La sécheresse dans le nord-est représentait le problème majeur entrainant une délocalisation massive des populations vers le sud et le sud-est.

Et comment vivait-on à Damas ?

Les diplomates ont tendance à mener une vie retirée mais je me rendais dans le centre-ville, parfois en taxi, pour prendre un thé dans un café et discuter avec les gens. C’étaient de merveilleux moments et des jours heureux. Le maintien de l’ordre ne posait jamais de problème. Mes collègues féminines m’expliquaient qu’elles pouvaient porter des bijoux et rentrer chez elles à pied à deux heures du matin en toute sécurité. Dans certains quartiers, les restaurants restaient ouverts jusqu’à cinq heures du matin. On avait l’impression qu’il n’y avait jamais de problèmes de sécurité dans les rues. Cela était supposé être dû à la mukhabarat (la police secrète militaire) mais il me semblait que les gens se sentaient responsables de la sécurité collective.

Quand je suis arrivé à Damas, on m’a raconté qu’une personne sur deux appartenait à la mukhabarat. C’est une surestimation grossière. Il existe une police secrète fonctionnant très efficacement à l’intérieur du pays mais je n’y ai jamais eu affaire directement. Une seule fois en quatre ans de présence j’ai fait l’objet d’une filature, à Media, dans la province d’Idlib. Une jeep nous a suivis, mais sans intimidation.

Aviez-vous anticipé un « Printemps arabe » en Syrie ?

Lors de la situation tendue en Tunisie et en Egypte, le président Bashar al-Assad est passé à la télé pour préciser que les conditions politiques et économiques étaient différentes en Syrie. Il a exprimé sa conviction que la Syrie ne suivrait pas le même chemin. C’était également l’évaluation générale de la communauté diplomatique.
Bashar al-Assad était un dirigeant populaire et c’est en partie la raison pour laquelle il est encore au pouvoir. Il n’existe pas d’opposition interne adéquate et un grand nombre de problèmes en Syrie ont été créés par des intervenants étrangers tentant de se débarrasser d’un régime dérangeant. Dans un sondage réalisé dans le monde arabe en 2009, 67% des votants l’ont élu en tant que personnalité arabe la plus populaire. La communauté diplomatique elle-même, tout comme les diplomates occidentaux, s’accordaient sur le soutien qu’il recevait de la part de 80% des Syriens. Il avait initié des réformes en 2000 mais n’avait pu les mener à bien à cause de l’opposition du parti Baas.

Ce n’était pas non plus un antagonisme sunnites–chiites. Jetez un coup d’œil aux chiffres : il y a plus de 50% de musulmans sunnites en Syrie, et les Kurdes, les Druzes, les Maronites, les Assyriens, les Alaouites et quelques autres composent le reste. Bashar al-Assad reçoit un soutien total de la part des minorités et même une forte proportion des musulmans sunnites se déclare en sa faveur. Mais à l’époque de mon départ en 2012, la Syrie avait beaucoup changé. Si les premières années de mon mandat avaient ressemblé au paradis, les choses ont commencé à se détériorer dès le début de l’année 2011.

Vous souvenez-vous des premières manifestations de 2011 ?

En février, alors que le Bahreïn connaissait des mouvements de protestations, certaines ONG ont tenté d’organiser des manifestations à Damas. Il y en a eu deux, deux week-ends de suite, mais il n’y eut pas plus de 20 ou 30 participants. Les journalistes et les membres de la communauté diplomatique étaient nettement plus nombreux que les manifestants. Puis, en mars 2011, les enfants ont tagué les murs de l’école et il y a eu une grande manifestation. La semaine suivante, il y a eu une manifestation à Latakieh et ensuite, chaque vendredi, quelque chose se produisait.
Rapidement, certains quartiers de Latakieh, d’Homs et de Hama sont devenus chaotiques mais Alep resta calme et ceci préoccupa énormément l’opposition, qui ne réussissait pas à soulever la population d’Alep contre le régime ; aussi ont-ils envoyés des bus chargés de gens vers Alep. Ces gens mettaient le feu dans les rues, puis s’en allaient. Les journalistes répandaient ensuite l’information selon laquelle Alep s’était soulevée.

A ce propos, il faut ajouter ceci : parmi les medias, certains ont exagéré en montrant la Syrie sous un jour négatif. Parfois, on a rapporté des choses qui ne s’étaient pas produites. Par exemple, j’étais en conversation avec un Sheikh important quand mes collègues ont commencé à m’appeler frénétiquement, m’informant que ce Sheikh jouerait un rôle dans les manifestations devant se dérouler cet après-midi-là. Mais rien de tout cela ne s’est produit ; en fait à ce moment-là, lui et moi déjeunions ensemble.
Il y a eu beaucoup d’exagération dans les medias.

Il y a eu un exemple marquant. A Idlib, des extrémistes sunnites se sont rendus à Alep et ont exhorté la population à rejoindre l’opposition. Les gens d’Alep les ont battus et forcés à partir. La foule est devenue ingérable et la police a dû intervenir pour en reprendre le contrôle. Les extrémistes sunnites ont dû se réfugier dans une maison sous la protection de la police qui leur a fourni des uniformes leur permettant de s’échapper sans être lynchés.

Damas a-t-il beaucoup changé pendant cette période ?

Je me souviens d’un incident le 14 avril 2011, alors que j’accomplissais ma promenade quotidienne jusqu’au stade situé à environ deux kilomètres. En chemin, j’ai dépassé la boulangerie devant laquelle je passais chaque jour et j’ai remarqué qu’il y avait une longue queue devant cette boutique habituellement si calme. Au retour, il y avait toujours la queue et j’ai demandé pourquoi. Les gens voulaient s’approvisionner en pain parce qu’ils avaient entendu dire qu’il allait se passer quelque chose. Le jour suivant, qui était pourtant un vendredi, rien ne s’est produit.

Lorsque la situation a empiré au cours de la seconde moitié de 2012, je remplaçai ma promenade au stade par une promenade autour du parc du quartier de Mezze. Un jour, une moto arrivant à toute vitesse, a tourné le coin de la rue en faisant hurler son moteur. Puis est arrivée une jeep de la sécurité qui a manqué le virage pris par la moto, ayant perdu sa piste. Ne pouvant la retrouver, ils sont entrés dans le parc pour voir si des gens avaient vu quelque chose. C’est alors qu’on nous a dit que ceux qui étaient sur la moto avaient planifié des attentats.

A Mezze, tout près du quartier où vivaient les diplomates, il y avait un champ de cactus où les rebelles s’étaient introduits en creusant un tunnel. Ils y avaient établi un camp d’où ils tiraient des fusées incendiaires en direction du cabinet du Premier ministre. Ensuite les forces de sécurité s’y sont introduis pour détruire ce camp. C’était une opération ciblée et lors d’une discussion avec une personne vivant dans un appartement disposant d’une vue sur l’endroit, celle-ci m’a dit qu’ils avaient pris pour cible un bâtiment et l’avaient détruit complètement. Une énorme cache d’armes et de munitions a été découvert dans ce bâtiment.

Mais certaines régions du pays sont restées calmes ?

Les commanditaires étrangers de l’opposition n’ont pas pu le digérer. Ils ont envoyé à la frontière jordano-syrienne un groupe ayant pris d’assaut deux postes de sécurité. Ils y ont tué tout le monde, certains d’entre eux de la manière la plus brutale, dans le style d’Al-Qaïda. Le gouvernement ne l’a pas immédiatement mentionné mais un membre de la communauté diplomatique a confirmé qu’il s’agissait d’Al-Qaïda en Irak. Il est évident qu’Al-Qaïda en Irak était présent en Syrie dès avril 2011.

Al-Qaïda était là dès la toute première semaine, et sinon la première semaine, dès fin 2011 quand les drapeaux d’Al-Qaïda firent leur apparition. Ce sont ces groupes soutenant l’opposition à travers la frontière. A Raqqa les combattants vinrent du nord et il est clair qu’il s’agissait d’Al-Qaïda.

Assad a dit dès le début qu’il s’agissait de terroristes. Pourquoi n’y a-t-il eu personne pour le croire ?

Les gens n’avaient pas l’esprit ouvert. Quel pouvait être l’intérêt pour Al-Qaïda en Irak de créer le chaos en Syrie ? Un grand nombre d’actions ont été dirigées de l’extérieur, notamment par les pays du Golfe. Al Jazzera aussi y a joué un rôle. En avril, ayant emmené un invité à l’amphithéâtre de Bosra puis à Sweida, j’ai dû emprunter l’autoroute vers la frontière jordanienne. Nous étions en route entre environ 9 heures 30 et 10 heures 30. Le même jour, un correspondant d’Al Jazzera a été prié de quitter la Syrie en empruntant la même route. A des intervalles de quelques secondes, il a signalé des check points. Prise de panique, mon ambassade m’appela parce qu’ils croyaient ce qu’ils voyaient à la télé. Je leur ai dit que je n’avais rencontré qu’un seul check point.

Pourquoi le gouvernement syrien ne présente-t-il pas de meilleures preuves de la présence de terroristes ?

Nous leur avons demandé pourquoi ils n’informaient pas mieux les médias et ils nous ont répondu que personne ne les croyait. Ils avaient de très mauvais services de relations publiques et de traitement des médias. Cela dit, il y eut aussi des excès de la part du gouvernement. La Syrie a des forces de police très inadéquates ce qui fait que lorsque les problèmes sont survenus, le gouvernement a été forcé de déployer des forces de sécurité pour traiter les problèmes habituellement dévolus à la police. Des excès ont été commis par certains des militaires et quelques-uns d’entre eux ont été mis aux arrêts ou en prison mais ceci n’a pas été publié.

Bashar al-Assad a trainé, non seulement à mettre en œuvre des réformes mais également à annoncer les changements entrepris. Par exemple, lorsqu’une réforme a été mise au point pour réduire la primauté du parti Baas, elle n’a été annoncée que trois mois plus tard. Son service de relations publiques n’a pas été bon, il n’a pas su gérer la crise. •

(Traduction Horizons et débats)

Illustration : Alep avant la guerre.

Source : Alia Allana, 18-02-2016

46 réponses à L’ambassadeur de l’Inde confirme : la guerre en Syrie a été fomentée de l’extérieur

Commentaires recommandés

Pierre Van Grunderbeek Le 02 mars 2016 à 08h46

@ Alberto,
Je ne suis pas d’accord avec vous ou alors il faut étendre plus largement votre remarque.
On peut aussi dire qu’on pouvait se promener en sécurité à New-York (pas partout) sans voir ce qu’il se passait à Abou-Graïb ou à Guantanamo. C’est la même chose.
La Syrie a le malheur d’être géographiquement proche de l’Arabie saoudite qui a utilisé le salafisme pour tenter de renverser le gouvernements relativement laïc de la Syrie. Les autorités syriennes n’avaient pas d’autre moyens que la répression pour se protéger de ce fléau. Il aura fallu un soutien massif en finances, en armes et en combattants djihadistes étrangers ainsi qu’une propagande médiatique pour déstabiliser la Syrie. Sans cela, le soi-disant printemps syrien aurait été étouffé dans l’œuf.
De tous les pays de la région, c’est la Syrie qui a la constitution (2012) la plus proche des européennes. La présence d’islamistes pour rédiger une autre constitution ne peut mener que vers plus d’islamisme, ce que je ne pense pas que la majorité des Syriens désirent.
Ne soyez pas si critique avec le Maroc. Ce n’est pas une démocratie à l’image des nôtres mais c’est un pays où les gens peuvent respirer et qui grâce à la fermeté de ses services de sécurité est à l’abri d’une révolution islamiste. Sauf évidement si elle venait de l’extérieur comme en Syrie.

  1. Max47 Le 02 mars 2016 à 05h28
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    Autant je suis persuadé que ce qui se passe en Syrie est complètement téléguidé, autant je trouve les propos de cet ex ambassadeur insuffisants. Il me fait penser à ces grands bourgeois qui parlent toujours par anecdotes (tels les hommes politiques racontant leur dernière conversation avec un chauffeur de taxi – leur seul contact avec le populo…). C’est bien de dire ce qu’on a vu en passant devant une boulangerie, mais un ambassadeur en titre a aussi en principe des informations fiables et de haut niveau concernant ce qui se passe et d’où cela vient etc. Or il parle de la boulangerie puis extrapole aussitôt mais là, du coup, sans donner aucune preuve ni indication de source.
    Quant à l’argument “Ils (l’Etat syrien) avaient de très mauvais services de relations publiques et de traitement des médias”, alors là chapeau… C’est de la prose de bourgeois dominant (si on est d’accord avec ça on va l’être aussi, par exemple, pour dire que Hollande a juste mal communiqué avec son projet de “réforme” du code du travail et qu’il suffit donc de le repousser un peu, pour se donner le temps de mieux expliquer les choses…).
    Bref : ce genre d’interview de notable est insuffisante, et contreproductive.Ca ne fait pas sérieux. Ca n’est pas avec ça qu’on aura des idées et informations valables sur la réalité des ingérences extérieures en Syrie, et c’est très dommage.


  2. Alberto Le 02 mars 2016 à 06h57
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    Le gars il sort de chez lui pour boire le thé et ne voit rien autour de lui. Ou plutôt il voit que les gens se tiennent tranquilles : c’est sûrement parce qu’ils ont un très fort sens civique ! A Rabat, très calme aussi, à part la traditionnelle manifestation hebdomadaire devant le parlement, le centre de torture de Samara n’est pas visible si on va se promener en ville. Le Maroc étant la seule dictature où j’ai un peu séjourné, je ne parle que de celle-là, mais je suppose qu’on peut voir le même calme un peu partout là où l’ordre règne. Cela ne remet pas en question le fait que le coup d’Etat soit organisé de l’extérieur, mais le côté idyllique de la vision de l’ambassadeur est plutôt comique.


    • Furax Le 02 mars 2016 à 08h34
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      Oui, en effet, il fut aussi un temps où l’ordre et le calme régnaient à Budapest, Prague, Varsovie ou Berlin.

      L’idée d’un coup de tonnerre dans un ciel bleu est en décalage total avec la réalité du Moyen-Orient qui, depuis des siècles est travaillé par des haines religieuses inexpiables.

      Néanmoins, ce qui est intéressant dans cet article ce sont les descriptions factuelles sur les procédés utilisés pour provoquer ou inventer des manifestations spontanées ou des soulèvements spontanés.


      • Alfred Le 02 mars 2016 à 08h53
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        J’ai vécu dans une dictature pendant 14 ans, travaillé dans d’autres et aussi visité la Syrie pendant un mois et demi du temps du père El Assad à 19 ans (parfois dodo dehors et stop dans toute la cambrousse de Deir Ez Zor à Bosra en passant par la cote).
        L’insécurité est totale pour les investissements (la mafia c’est le pouvoir); l’insécurité dans la rue existe mais est très rare et le fait du pouvoir et de manière ciblée.
        Il est difficile de faire comprendre en “démocratie” le sentiment de sécurité réel très fort qui peut exister dans de tels pays quand on intéresse pas le pouvoir. On peut parfaitement comprendre que cela intéresse des gens de vivre ainsi, si le couvercle maintenu sur de vieilles tensions les empêche de s’exprimer.


      • Alae Le 02 mars 2016 à 13h58
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        “L’idée d’un coup de tonnerre dans un ciel bleu est en décalage total avec la réalité du Moyen-Orient qui, depuis des siècles est travaillé par des haines religieuses inexpiables.”
        Et allez, les stéréotypes qui rationalisent l’exportation de “démocraties” à coups de bombes !
        Vous en aviez beaucoup entendu parler, vous, des “haines religieuses millénaires inexpiables” du Moyen Orient avant qu’on vous en remplisse les colonnes des magazines ? Quant aux divisions ethniques, religieuses ou communautaires de tous types, sachez qu’il est très facile d’en fabriquer de toutes pièces. Un exemple tout récent, ici même en France : “Charlie-pas Charlie”.


        • Anne Le 02 mars 2016 à 14h46
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          Tout à fait d’accord avec votre commentaire Alae.

          C’est comme si, depuis la déstabilisation du Liban dans les années 1970, au Moyen Orient, tous les pays où arrivaient à cohabiter des religions multiples, dans des gouvernements où chaque minorité ethnico-religieuse se trouvait représentée, (des pays relativement prospères et en paix), ces pays se sont retrouvés brutalement la proie de mouvements terroristes, de bombes et de guerres civiles.

          Ces mouvements ont transformé ces pays multi ethniques et multi religieux, en champs de ruines, en zones de non droit et les pays ont sombré dans l’anarchie la guerre civile et la barbarie.

          A chaque fois la frange la plus extrêmiste de l’islam et les musulmans, furent instrumentalisé et soutenue de l’extérieur, pour détruire ces pays.

          Cela a été la même chose avec l’ex Yougoslavie.
          “La démocratie à coup de bombes”, en effet, et au final des dizaines de milliers de victimes, des pays détruits, asservis, où règnent les éléments les plus violents.


        • Bernard CORNUT Le 03 mars 2016 à 09h34
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          Rappelons aussi les propos du Premier Ministre David BEN GOURION au président DE GAULLE lors de sa visite à Paris en 1960, propos entendus par Edgard PISANI à ses côtés : « Les pays arabes, nous les aurons tous en les prenant un par un ». Et rappelons aussi la stratégie du Likoud pour Israël dans les années 80, publiée en 1982 par Oded YINON dans la revue Orientations de l’OSM (dont les traductions en français et anglais sont disponibles sur le web). Extraits :
          “La désintégration de la Syrie et de l’Irak en provinces ethniquement ou religieusement homogènes, comme au Liban, est l’objectif prioritaire d’Israël, à long terme, sur son front Est.”


      • Elisabeth Le 02 mars 2016 à 19h07
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        “les haines religieuses inexpiables…”? Sans doute largement moins qu’en Europe. Qui a mis des millions de juifs dans des camps? Les catholiques qui ne pouvaient accéder aux postes de responsabilité à Toronto au début du 20 ième siècle. Les protestants à qui les autorités fermaient les portes en pays catholique, en Suisse encore au 20 ième siècle. Et si l’on remonte dans le tems, c’est pas plus brillant.


    • Pierre Van Grunderbeek Le 02 mars 2016 à 08h46
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      @ Alberto,
      Je ne suis pas d’accord avec vous ou alors il faut étendre plus largement votre remarque.
      On peut aussi dire qu’on pouvait se promener en sécurité à New-York (pas partout) sans voir ce qu’il se passait à Abou-Graïb ou à Guantanamo. C’est la même chose.
      La Syrie a le malheur d’être géographiquement proche de l’Arabie saoudite qui a utilisé le salafisme pour tenter de renverser le gouvernements relativement laïc de la Syrie. Les autorités syriennes n’avaient pas d’autre moyens que la répression pour se protéger de ce fléau. Il aura fallu un soutien massif en finances, en armes et en combattants djihadistes étrangers ainsi qu’une propagande médiatique pour déstabiliser la Syrie. Sans cela, le soi-disant printemps syrien aurait été étouffé dans l’œuf.
      De tous les pays de la région, c’est la Syrie qui a la constitution (2012) la plus proche des européennes. La présence d’islamistes pour rédiger une autre constitution ne peut mener que vers plus d’islamisme, ce que je ne pense pas que la majorité des Syriens désirent.
      Ne soyez pas si critique avec le Maroc. Ce n’est pas une démocratie à l’image des nôtres mais c’est un pays où les gens peuvent respirer et qui grâce à la fermeté de ses services de sécurité est à l’abri d’une révolution islamiste. Sauf évidement si elle venait de l’extérieur comme en Syrie.


      • Alfred Le 02 mars 2016 à 11h01
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        Le Maroc est d’autant plus tranquille qu’à la différence de l’Algérie il a peu de ressources et est “atlantiste”…


        • At dahman Le 02 mars 2016 à 12h48
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          Et qu’il bénéficie de solides soutiens à Riyad, Tel-Aviv, Paris et Washington!


        • Heirani Le 03 mars 2016 à 13h07
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          “Le Maroc est d’autant plus tranquille qu’à la différence de l’Algérie il a peu de ressources”
          Ce pays détient tout de même 75% des réserves mondiales de phosphate… Vous savez le truc à la base des engrais…


          • Alfred Le 03 mars 2016 à 15h27
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            C’est vrai qu’il y’a le phosphate de khouribga. Je croyais que tout le phosphate “marocain” venait du Sahara occidental.
            Mea culpa.
            Cela fait une raison de plus d’être fortement tenté de rester du “bon côté”.


      • Scrongneugneu Le 02 mars 2016 à 16h31
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        Le Maroc est aussi un pays géostratégique à l’entrée de la Méditerranée et en ce sens bénéficie du soutien occidental ( au moins militairement ) et, de ce fait, à donc à peu de chance de subir une agression extérieure… ( si besoin il suffirait juste de ne plus le soutenir ).


    • marie Le 02 mars 2016 à 14h50
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      Emile Lahoud,ancien president du Liban explique dans cet article qu’il avait relevé des signes en 1998que la Syrie allait etre déstabilisée
      http://arretsurinfo.ch/la-syrie-et-son-etat-national-une-victoire-certaine/


  3. Nerouev Le 02 mars 2016 à 08h34
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    Ce que racontent d’autres personnes ayant vécu en Syrie avant cette guerre est très proche de ce que raconte cet ambassadeur. Vu la grande diversité ethnique et religieuse, ça ne peut être que la calme et la tolérance ou les querelles perpétuelles. J’ai encore en mémoire ce que disait Assad à l’Occident au début des événements, à savoir qu’il fallait lutter contre les terroristes si l’Occident ne voulait pas les retrouver chez lui.
    Par ailleurs la vie économique ne battait pas son plein et les sécheresses avaient aussi leur importance comme le souligne Jancovici “De Daech à la COP21” le 19/11/2015 à l’ESPCI qu’on peut voir sur YouTube (le lien n’a pas l’air de marcher).
    https://www.youtube.com/watch?v=yiBrP7N9FkA


    • Furax Le 02 mars 2016 à 11h23
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      Le calme et la tolérance étaient forcés. C’est parce que le régime faisait respecter l’ordre d’une main de fer que la paix civile était maintenu. Mais les ferments de guerre civile étaient bien là, dans une partie de la majorité sunnite qui foncièrement attendait l’occasion d’arracher le pouvoir des mains des minorités rassemblées autour d’Assad et son clan.

      Les causes du soulèvement de 2011 sont multiples. Il y a bien sûr eu des manipulations par des puissances étrangères, mais il y avait aussi des causes internes spontanées propres à la Syrie.

      Un groupe majoritaire aime rarement être dominé par des groupes minoritaires. Certes, au sein de ce groupe, la bourgeoisie, les élites dites éclairées et ayant une bonne situation sont foncièrement pour la stabilité et trouvent des accommodements avec le pouvoir. Mais la masse endure. Quand sa situation matérielle se dégrade, elle s’agite et revendique davantage, et souhaite plus activement un changement. Le déclenchement de la révolte en Syrie est aussi survenu dans un contexte de mauvaises récoltes dues à la sécheresse.


      • Renaud 2 Le 02 mars 2016 à 15h11
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        Il faut arrêter avec ce clivage sunnite/chiite. Cela n’existe pas en Syrie, un Etat qui tient à sa laïcité, prônée par El-Assad. Si ce dernier a le soutien de sa population, c’est parce qu’il lutte contre les terroristes qui veulent imposer l’Etat Islamique, rien de plus.
        Comment expliquez-vous que l’Armée syrienne comporte 70% de sunnites ? Vous pensez que tous les sunnites sont djihadistes ?
        Comme le rappelle Alae, les gens veulent juste vivre en paix et non sous le joug de barbares. Rien n’annonçait une guère civile. Le problème le plus important était effectivement la sécheresse catastrophique, mais cela n’a rien de politique ou religieux.


      • tepavac Le 02 mars 2016 à 20h20
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        “Un groupe majoritaire aime rarement être dominé par des groupes minoritaires. ”
        “’arracher le pouvoir des mains des minorités rassemblées autour d’Assad ”

        Bah, justement en parlant de cette fameuse opposition contre le Gvt Syrien;
        D’après les chiffres de l’ONU, le “cessez-le-feu” à été signé par 97 groupuscules répartie dans 74 ville et totalisant le nombre de…..6111 combattants!

        …et évidement pas un mot du ridicule de la situation dans la presse, mais qui vient assoir les déclarations de l’Ambassadeur Indien, à savoir, que les troubles publics ont été le fait d’un terrorisme insidieux piloté par des apprentis stratège voisins des Syriens .


        • V_Parlier Le 02 mars 2016 à 21h08
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          Je me raccrocherais bien aussi à cette phrase (que je re-reprends):
          “Un groupe majoritaire aime rarement être dominé par des groupes minoritaires. ”

          Dans ce cas, puisque la religion est considérée ici comme un critère légitime de définition d’un “groupe” revendicateur pour une révolte, quelle est la religion majoritaire parmi les membres du gouvernement français? Allez, je suis sûr que si on fait le compte il y en a plus qui vont à la loge qu’à l’église… Et c’est un “groupe” majoritaire peut-être ? Que devrait donc faire le peuple dans cette logique? …

          Enfin, s’il s’agit simplement d’une affaire de classes (où ceux qui ne pâtissent de rien trouvent que tout va bien), je renverrais bien là aussi à des exemples bien proches de chez nous.


    • Pierre Van Grunderbeek Le 02 mars 2016 à 12h21
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      L’interview de l’ambassadeur indien peut être recoupée par de nombreux autres témoignages. Voici le lien vers une blogueuse non engagée et sans doute française qui a tenu un journal des premiers mois de la crise syrienne (à partir du 15 mars 2011). Ce qui est intéressant, c’est qu’elle constate sans prendre position. Cela confirme tout-à-fait ce que dit l’ambassadeur indien.
      Le grand mensonge de la propagande occidentale est de dire que Bachar al-Assad a tout de suite commencé à réprimer les manifestants et que les Syriens sont tout de suite descendu en masse dans les rues alors que la vérité est tout autre.
      http://alternatives-economiques.fr/blogs/moyenorient/2011/07/09/debut-de-la-revolution-syrienne/


  4. Alae Le 02 mars 2016 à 12h10
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    Mais les ferments de guerre civile étaient bien là, dans une partie de la majorité sunnite qui foncièrement attendait l’occasion d’arracher le pouvoir des mains des minorités rassemblées autour d’Assad et son clan.
    Pardon, mais beaucoup de gens ici semblent ignorer un point : la plupart du temps, ce que veulent les gens, c’est non pas la guerre, mais se lever tranquillement le matin pour aller au travail, vivre une vie sans snipers ou bombes, manger à leur faim, avoir un toit sur la tête et voir leurs enfants prendre en toute sécurité le chemin de l’école ou de l’université.
    Et les Syriens n’étant pas des idiots, ils ont forcément vu les résultats calamiteux des interventions en Irak et en Lybie, les troubles dûs au Frères Musulmans en Égypte, et j’en passe. Je ne pense donc pas que les “conditions d’une guerre civile” étaient réunies en Syrie. Au contraire, il y avait amplement de quoi réfléchir, et ne surtout pas partir à l’aveuglette dans ce genre d’aventurisme. Les prochaines élections en Syrie, de toutes façons, nous éclaireront sur les vraies demandes du peuple syrien. D’ici là, trop d’intérêts étrangers brouillent les cartes.


    • Nerouev Le 02 mars 2016 à 12h46
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      Surtout, la Syrie se trouve au carrefour de gazoducs d’intérêts contradictoires et notamment entre la Russie et les USA. Et dans ce cas, l’ingérence USA et toutes ses opportunités sont autant d’éléments pour remplacer un chef d’Etat par un pion à eux comme Porochenko en Ukraine, d’où les attaques sur la personnalité d’Assad, semblables à celles contre Poutine.


    • Furax Le 02 mars 2016 à 14h07
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      Ah ? On se demande alors bien comment ont pu éclater d’innombrables guerres civiles ou guerres trop court. Parlez-en aux arméniens, aux juifs et aux allemands, aux indiens et aux pakistanais, aux rwandais, aux ex-yougoslave, … Etc.

      Le rationalisme économique n’est pas le plus puissant moteur de l’action humaine. Les passions politiques, identitaires et culturelles sont un facteur bien plus souvent décisifs que les facteurs économiques.


    • Furax Le 02 mars 2016 à 15h01
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      Oui. Et en même temps ils voudraient bien dominer le voisin different qu’ils haïssent pour sa différence.

      Votre vision me paraît bien trop rationaliste, et pour être plus précis votre rationalisme est focalisé sur le matérialisme, l’économiste.

      Or les êtres humains ne sont pas uniquement ni même principalement des homo economicus. Ils sont aussi mis par des passions politiques, identitaires, religieuses, … etc.

      Les preuves historiques en sont nombreuses tout au long du 20ème siècle (genocide rwandais, 2ème elle guerre mondiale et shoah, guerre-civile entre hindouistes et musulmans lors de l’indépendance de l’Inde, Yougoslavie et Rwanda).


      • Alae Le 02 mars 2016 à 23h42
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        “Oui. Et en même temps ils voudraient bien dominer le voisin different qu’ils haïssent pour sa différence. “
        Non, pas par eux-mêmes. Ça, c’est exclusivement quand on fait de la retape racialiste.
        “Or les êtres humains ne sont pas uniquement ni même principalement des homo economicus. Ils sont aussi mis par des passions politiques, identitaires, religieuses, … etc.”
        Vous tenez absolument à ce que les peuples se haïssent, apparemment ? Puisque vous parlez de la Yougoslavie, excellent exemple : un pays multi-ethnique qui vivait en parfaite harmonie jusqu’à ce que les puissances occidentales, le FMI, les USA, l’OTAN, etc, viennent y fourrer leur nez, attisent des divisions à base de discrimination positive et de paupérisation néolibérale, y ajoutent des islamistes de type Al-Qaïda importés, armés et entraînés par avions entiers et, pour faire bonne mesure, des bombardements “démocratiques”. Jusqu’à démembrer le pays et l’asservir, ce qui était le but.
        http://www.globalresearch.ca/dismantling-former-yugoslavia-recolonizing-bosnia-herzegovina/370


        • Furax Le 03 mars 2016 à 05h52
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          Non je n’y tiens pas. Mais c’est un fait politique, voire anthropologique, souvent constaté.

          Rien de racialiste là dedans. Les facteurs de division sont parfois ethniques, parfois non ethniques.

          Et désolé mais vous ignorez apparemment jusqu’aux grandes lignes de l’Histoire des slaves du sud puis de la Yougoslavie ainsi que du déroulement des événements des annees 90 pour affirmer que la guerre civile yougoslave serait due aux manipulations du FMI, des USA et de l’OTAN.


          • Garibaldi2 Le 03 mars 2016 à 17h02
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            Concernant la guerre en ex-Yougoslavie, je vous invite à regarder ce documentaire, qui me semble remettre sérieusement les pendules à l’heure, à savoir que ce sont bien les Occidentaux, qui en appuyant d’abord les Croates, ont provoqué l’explosion de l’ex-Yougoslavie :

            http://www.dailymotion.com/video/xg9fy_yougoslavie-une-guerre-evitable_news


  5. vincent Le 02 mars 2016 à 12h24
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    Qu’importe ce que fut la Syrie avant tout ceci, rien ne légitimera une action de ce genre en soutenant des terroriste pour permettre un changement démocratique. Je rappel notre propre histoire, la révolution de 1789, une sorte de Maïdan, car elle est aussi financée par des oligarques bourgeois voulant renverser le pouvoir en place, est passée par dix ans de guerres internes et de conflits externes. Ce qui en est sorti, la première dictature militaire du genre, avec Napoléon pour passer ensuite à la restauration d’ancien régime.

    Si on fait le bilan aujourd’hui combien y a t’il de vrai démocratie? On peut citer l’Islande, la Suisse, pourquoi pas les Belge. Le reste ne sont que des régimes représentatifs tenue par les grands financiers, puisque dans l’exercices démocratique, on a développé les stratégies qui permettent de manipuler les masses et d’entretenir une classe politique. La seule différence que l’on a avec la Syrie c’est une certaine liberté, de parole, de mouvement, une liberté qui est contrainte au monde du travail soumit à la finance, une liberté donc limitée.
    Enfin plutôt que de faire la guerre, essayons de dialoguer, de comprendre, et d’encourager les mesures d’ouverture, (comme la fin de l’état d’urgence en Syrie)
    Mais cela ne serait possible que si l’occident était vraiment démocratique.


    • Django Le 02 mars 2016 à 15h31
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      Non, concernant la Belgique, ce n’est pas ce que vous pensez. Comprenez que ce pays est tenu exactement comme l’est la France aujourd’hui, depuis longtemps. Les ministres sont les mêmes depuis 25 ans (cela marche de père en fils également) et jouent à la chaise musicale sans honte, avec des grands sourires. Ils trahissent le peuple tous les jours et sont autant corrompus intellectuellement et financièrement qu’en France. De plus, pensez à Verhofstadt et Van Rompuy…


  6. Carabistouille Le 02 mars 2016 à 12h33
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    Le premier péquin venu peut comprendre ça en reliant les faits, simplement les faits.
    Ce qui me sidère c’est que les russophobes et atlantistes(néocon?) vicéraux comme Guetta, Jorion, Plenel et autres, croient dur comme fer à leur narrative à eux, lamentablement exposée ici même par le clampin de science po(et on appelle ça l’élite…).
    Par exemple, comment ces gens peuvent-ils prétendre que c’est Putine qui veut détruire l’UE avec les réfugiés alors qu’il est notoire que c’est Erdogan qui le fait et que Putine n’a pas encore le don de téléportation pour balancer les syriens(et Afgan et 50% d’Africains au passage) directement du pays à la Grèce.
    C’est insensé.
    L’autre jour, un clampin inconnu sans qualification quelconque a osé présenter une “analyse” des évènements de Syrie chez Jorion. Un certains Cedric Mas, et ça reprenait presque mot pour mot les mêmes éléments narratifs et de language que chez Guetta, que chez le zozo de science-po, que bizarrement, tous les think tank néocons d’occident.


  7. miki Le 02 mars 2016 à 13h20
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    BONJOUR

    concernant l’ingérence extérieur il y a une doc pdf qui confirme ces faits
    http://www.cf2r.org/images/stories/RR/rr11-syrie-une-libanisation-fabriquee.pdf

    ensuite bon tous les régimes autoritaires sont relativement sur , Ouzbékistan , Arabie saoudite, Tunisie (avant le printemps arabe). mais le pays le plus sur au monde est incontestablement la Corée du nord y a pas de problème , quand on va visiter ce pays il y a mêmes des “accompagnateurs” qui veillent sur vous 24 h sur 24 . 🙂


  8. Rimbus Le 02 mars 2016 à 13h53
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    Témoignage d’un autre ambassadeur spécialiste du proche-orient, Michel Raimbaud :

    « Le départ d’un ministre aussi étranger aux Affaires étrangères, qui ne se réveillait qu’au nom de Bachar al-Assad, ne fera guère pleurer que lui-même et ses complices », écrit cet éminent diplomate élevé dans la haute tradition gaulliste. Bien avant le départ de Fabius, Michel Raimbaud disait tout haut ce que les anciens du Quai d’Orsay pensaient tout bas. ”

    http://www.tunisie-secret.com/Lecon-historique-de-l-Ambassadeur-Michel-Raimbaud-a-Laurent-Fabius_a1536.html


  9. PIPO INZAGHI Le 02 mars 2016 à 14h04
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    “Son service de relations publiques n’a pas été bon” C est sûr le problème de la Syrie venait du service de communication pas de la dictature au pouvoir depuis 50ans, de la répression de la liberté d’expression ou de la torture des opposant politiques…


  10. Pampita Le 02 mars 2016 à 15h27
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    En parlant de l’Inde, New Dehli et Moscou se sont mis d’accord pour dédollariser leurs échanges : http://www.chroniquesdugrandjeu.com/2016/03/shiva-n-aime-pas-le-dollar.html
    Un clou de plus dans le cercueil de l’hégémonie du dollar…


  11. Pierre Le 02 mars 2016 à 22h14
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    Vu de l’Est,
    le point de vue d’un Ambassadeur est subjectif, seul intérêt : il montre comment ont été activées quelques manoeuvres et manipulations : à mettre donc en relation avec un article d’un neveu de l’ancien président J F Kennedy paru récemment qui a déclaré que les Etats-Unis s’étaient intéressés à la Syrie, avant les événements… suite à son refus de faire passer un gazoduc-oléoduc ? qui était de l’intérêt de l’Arabie saoudite. Enfin, 2 anciens amis tchèco slovaques qui ont travaillé en Afrique du Nord m’ont dit ne plus rien comprendre de la politique française dans toutes ces histoires Lybie, Syrie, Tunisie. .. Et nous sommes inquiets pour la paix en Europe


  12. Patrice Le 02 mars 2016 à 23h32
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    En février 2012, James Clapper, directeur de la DNI, avait témoigné devant la Commission des Forces Armées du Sénat US “Les attentats de Damas portent toutes les marques d’Al-Qaeda”.

    Cette info a été aussitot publiée dans des medias tels que le Télégraph, mais aussi sur RFERL (la voix de la propagande US), ainsi que par l’UNHCR
    http://www.rferl.mobi/a/us_officials_say_al_qaeda_likely_behind_syria_bombings/24486854.html
    http://www.unhcr.org/cgi-bin/texis/vtx/refdaily?pass=52fc6fbd5&id=4f3e05025

    Et tout le monde sait, savait, qui finance le terrorisme sunnite…

    La Syrie était effectivement en situation pré-insurrectionnelle: baisse des revenus pétroliers, “libéralisation” économique et inégalités (au profit souvent des élites économiques sunnites!!), six années de sécheresse ayant entrainé un exode rural vers les zones urbaines, où ces populations pauvres et laissées de coté ont été “travaillées” par les Frères Musulmans.

    Egypte-Tunisie-Syrie (comme Bahrein ou Yemen d’ailleurs….) des insurrections ou révolutions de cette ampleur ne peuvent etre alimentées de l’extérieur en l’absence de facteurs socio-économiques internes suffisants. Le cas Libyen se distingue, le seul facteur insurrectionnel interne ici était des petits groupes d’activistes islamo-salafistes genre GICL (alliés à d’anciens kadhafistes parfois renvoyés pour…leur brutalité/corruption) qui n’auraient pas tenu 15jours sans l’intervention directe (et très rapide…) des occidentaux.


    • Patrice Le 02 mars 2016 à 23h44
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      Le lecteur attentif lira cet article de Yassin Saleh, opposant historique des Assad, ancien communiste, emprisonné à Palmyre: “Don’t rush the revolution” http://query.nytimes.com/gst/fullpage.html?res=9D01E1DC1438F937A35755C0A9639C8B63

      Un papier publié dans “la vieille dame grise” (NY-Times) sous GW.Bush, et qui dit simplement et directement:
      – il ne faut pas faire d’opération de “regime change” en Syrie, l’approche US en Iraq a été un échec, détruire l’état et faire du “nation building” à coup d’ingénierie sociale est la seule chose dont les syriens ne veulent pas…
      – il faut amener le régime à évoluer graduellement, ce qui peut permettre d’éviter un bain de sang (sic!!), tout en permettant aux syriens de s’impliquer plus dans la vie publique, car la vraie démocratie nécessite un processus de maturation.

      Ce papier de Saleh date de 2005….


  13. Krystyna Hawrot Le 03 mars 2016 à 14h54
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    C’est vrai que la vision de l”ambassadeur indien n’est pas suffisante. Dans une dictature le calme règne parfaitement dans la rue, mais les gens parlent à la maison… et lui il n’en dit mot de ce que les gens disaient à la maison alors qu’il a ces informations….
    Ce qui est sur est que rien n’est blanc ou noir – Assad n’est surement pas le boucher absolu comme il est présenté en Occident, mais que la Syrie n’ait pas du tout eu de problèmes avant 2011 cela me laisse dubitative. Certes, ce n’était pas une société organisée selon les clivages religieux, mais ces clivages pouvaient exister en dessous et être exploités par l”étranger. De même les problèmes économiques ont surement du être exploités – en 2008 commence la crise, il y a des émeutes de la faim dans de nombreux pays notamment importateurs de nourriture de base, du fait de la spéculation sur les matières premières agricoles; C’est peut etre là qu’on a commencé à payer des “opposants” internes et externes syriens….
    Et Assad a aussi commis des erreurs par une répression par la police politique. On ne peut tout nier comme cela. Le but est de trouver le meilleur moyen de reconstruire…


    • Patrice Le 04 mars 2016 à 12h30
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      Crise alimentaire mondiale de 2007-2008 => prix du blé (et du pain) multiplié par deux. Impact dans les pays pauvres et/ou importateur, particulièrement dans le cas de l’Egypte (et Tunisie). Dans le cas de la Syrie, c’est six années de sécheresse ayant occasionné un exode rural massif => foyers pré-insurrectionnels (masses de pauvres dans les centres urbains). Erreur de la “jeune garde” de Assad : répression excessive par les services de sécurité, alors que la “vieille garde” restant de l’époque Assad père pointait cette erreur politique. Quand Assad a voulu corriger l’erreur, c’était déjà trop tard.


  14. Krystyna Hawrot Le 03 mars 2016 à 15h07
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    J’ajouterais une histoire personnelle de rencontre avec des “opposants syriens” – en aout 2015 j’ai participé à un rassemblement politique européen organisés par la Marche Mondiale des Femmes en Pologne, dans le cadre de la Caravane féministe qui avait parcouru l’Europe – du Kurdistan par la Grèce, les Balkans, l’Europe occidentale jusqu’au Portugal. Parmis les nombreuses militantes venues de l’Europe entière nombreuses étaient les Allemandes. Comme on était en plein dans la crise des réfugiés – et que j’avais vu la crise de mes yeux en chemin d’Athènes à Wroclaw en passant par Belgrade et Budapest avec les militantes des Balkans – nous avons organisé en urgence un débat sur la crise et la guerre en Syrie. Un des jeunes militantes allemandes présentes était en fait une Syrienne d’origine. Elle a expliqué la haine qu”elle vouait à Bachar Al Assad (qui lui a fait dire que Assad est pire que Daesh, si si) est que son grand père, grand propriétaire syrien, avait été exproprié par Hafez El Assad dans le cadre de la construction socialiste en Syrie. Ou l’on voit que les “opposants” syriens sont pour beaucoup des descendants des anciennes classes dominantes qui cherchent à reprendre le pouvoir avec l’aide de l’Occident quitte à mettre leur pays à feu et à sang avec un cynisme dont cette jeune femme faisait preuve avec aplomb. Je la soupçonne d’ailleurs être payée par certains services car elle a tout fait en Pologne pour dépolitiser le débat sur la guerre en Syrie…


  15. georges glise Le 07 mars 2016 à 19h34
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    il est de plus en plus évident que la guerre a été importée en syrie par une offensive islamiste des pays du golfe, qui ne supportaient pas la laicité du régime d’assad, et ce avec l’évidente complicité de washington et des pays de l’otan, y compris la france; fabius pendant des années a essayé de nous vendre la fable d’uneinsurrection populaire démocratique. foutaises!


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