Source : La Tribune, Romaric Godin, 29-02-016

Le comptage des voix en Irlande, ce week-end. Le gouvernement a été durement sanctionné. (Crédits : Reuters)

Le comptage des voix en Irlande, ce week-end. Le gouvernement a été durement sanctionné. (Crédits : Reuters)

La lourde défaite de la coalition sortante en Irlande est aussi une défaite pour la stratégie économique des autorités européennes à l’oeuvre depuis 2010. Quels enseignements tirer du scrutin irlandais ?

Les élections irlandaises du 26 février n’étaient pas qu’un test pour le gouvernement sortant du Taoiseach (premier ministre) Enda Kenny, c’était aussi une épreuve électorale pour les politiques imposées par les autorités européennes à partir de 2010 à ce pays comme au quasi-reste de la zone euro. Car la politique de la coalition sortante, qui regroupait le Fine Gael du premier ministre et les Travaillistes du Labour, n’est pas celle du programme de ces partis lors des précédentes élections, c’est celle qui a été imposée par la troïka (BCE, FMI, Commission européenne). Lorsque, en avril 2011, le nouvel exécutif a tenté, comme il s’y était engagé, de faire payer les créanciers des banques plutôt que les contribuables, la BCE, alors dirigée par Jean-Claude Trichet, l’a forcé à faire marche arrière, menaçant de « lancer une bombe sur Dublin », autrement dit, de sortir “manu militari” l’Irlande de la zone euro si elle désobéissait.

« Élève modèle »

A partir de 2013, l’Irlande a eu le statut « d’élève modèle » de cette politique : premier pays à sortir du « programme » de la troïka, premier à revenir sur les marchés, premier à retrouver une croissance entretemps devenue très rapide. En mars 2014, le Parti populaire européen (PPE) avait choisi Dublin pour lancer sa campagne pour les élections européennes, laquelle avait abouti à la nomination de Jean-Claude Juncker, le candidat soutenu par Angela Merkel, à la présidence de la Commission. La chancelière n’avait alors pas assez de louanges pour Enda Kenny. Un an plus tard, alors que l’Eurogroupe tentait de briser la volonté de changement du nouveau gouvernement grec, Wolfgang Schäuble, Jeroen Dijsselbloem et ce même Jean-Claude Juncker n’en finissaient pas de se référer, inlassablement, à l’exemple de l’Irlande, pour justifier le prétendu succès des « réformes ».

Échec cuisant pour Enda Kenny… et les dirigeants de la zone euro

C’est dire si le bilan d’Enda Kenny doit être identifié à celui des dirigeants de la zone euro. Et donc, si son échec est aussi le leur. Or, cet échec est cinglant. Sur les « premières préférences » (les Irlandais établissent des votes par ordre de préférence), le Fine Gael et le Labour obtiennent respectivement 25,52 % et 6,61 %. Ces 32,13 % des voix représentent un recul de 23,6 points. 43 % de l’électorat de la coalition en 2011 l’ont abandonné vendredi dernier. Certes, le Fine Gael demeure la première force d’Irlande, mais c’est une bien piètre consolation : il revient sous son score de 2007, à un niveau assez traditionnel. Bref, il retrouve son électorat habituel alors que la crise lui donnait l’opportunité de remplacer le Fianna Fáil comme parti dominant de la politique irlandaise. Surtout, Enda Kenny aura bien du mal à constituer une nouvelle coalition.

Cette défaite est donc aussi la défaite des autorités européennes. Aussi, ces dernières seraient-elles bien inspirées de retenir quelques leçons de ce scrutin irlandais de 2016.

1ère leçon : la croissance ne suffit pas

Le premier enseignement de l’élection est que la croissance du PIB ne suffit pas à effacer les effets négatifs de l’austérité et des « réformes ». Cet enseignement était déjà apparu clairement après les élections espagnoles du 20 décembre. Les taux de croissance, dont se félicitent les autorités européennes, ne représentent en effet qu’une partie de la réalité. Mais c’est oublier que cette prospérité est forcément très inégale car elle est fondée sur un abaissement du coût du travail. Ainsi, les ménages les plus fragiles sont encore plus fragilisés par une précarisation accrue de l’emploi, des salaires faibles, des transferts sociaux réduits et des services publics dégradés.

> L’erreur d’Enda Kenny

Enda Kenny a donc commis une erreur fondamentale en niant cette situation et en centrant son discours sur la « poursuite de la reprise », alors que la majorité des Irlandais vivent encore un quotidien marqué par les mesures d’austérité. Dès lors, la crédibilité de son discours a fondu comme neige au soleil. En deux semaines, son parti a perdu cinq points dans les sondages. Les électeurs ont compris, non sans raison, son slogan sur la reprise comme un simple déni de réalité.

> Une croissance malgré l’austérité, pas grâce à l’austérité

L’autre élément, plus propre à l’Irlande, est que la croissance du pays n’est, en réalité, pas le fruit de l’austérité. Elle est le fruit de la stratégie d’attractivité du pays pour les grandes multinationales, stratégie centrée sur la faiblesse des impôts sur les sociétés. Or, là encore, les électeurs irlandais n’ont pas été dupes. Ils savent que la croissance « à la chinoise » du pays ne leur profite pas parce qu’elle est dopée artificiellement par les transactions de ces groupes mondiaux dont la présence n’améliore que très partiellement la vie quotidienne des Irlandais. Le discours d’Enda Kenny – soutenu implicitement par les Européens -, qui consistait à lier la croissance du pays à la politique d’austérité, est donc apparu à la fois déconnecté du terrain et mensonger. Les Irlandais savent que la croissance est revenue en dépit de la politique de la coalition, non grâce à elle. Ils n’ont donc pas été « ingrats » ou « irréfléchis », mais bien logiques et réfléchis en sanctionnant le gouvernement sortant.

> Un modèle « non inclusif »

La leçon à retenir pour l’Europe est qu’il convient de remettre en question cette logique de « réformes » visant à abaisser le coût du travail. Cette stratégie est économiquement discutable et conduit à des croissances « non inclusives », pour reprendre les mots des grands instituts économiques européens. S’extasier sur des chiffres est donc inutile et contre-productif : la zone euro, pour survivre, doit promouvoir un modèle de croissance « inclusif ».

2e leçon : la destruction des systèmes politiques

La deuxième leçon est politique. Comme en Grèce et en Espagne – et dans une moindre mesure au Portugal -, les « réformes » et l’austérité ont fait exploser le système politique traditionnel. La cause en est évidente. En Irlande, lorsque la deuxième phase de la crise a débuté, en novembre 2010, le gouvernement Fianna Fáil de Bertie Ahern a tenté de réduire l’ajustement en faisant participer les créanciers au sauvetage des banques, seule source du déficit public. Mais la BCE a menacé le gouvernement, lequel gouvernement a finalement reculé, acceptant le « programme » de la troïka. En avril 2011, le nouveau gouvernement d’Enda Kenny a fait la même tentative – c’était sa promesse – mais comme la BCE a réagi de même, le gouvernement a, de nouveau, fait machine arrière. L’électorat a tiré de ces événements une conclusion très simple: les trois partis traditionnels du pays mènent la même politique et sont incapables d’imposer leurs vues à la zone euro – ils sont donc inutiles. Certes, en Irlande, l’alternance a toujours été rare et peu signifiante, les deux partis étant de centre-droit. Jusqu’en 2011, cette alternance de forme permettait au système politique de fonctionner. Ce n’est plus le cas aujourd’hui. Les Irlandais ont besoin d’une vraie alternance et le caractère factice du système politique traditionnel apparaît au grand jour. Ceci a conduit à un pays difficilement gouvernable.

> Fianna Fáil en hausse, mais pas assez pour sauver les partis traditionnels

Certes, Fianna Fáil obtient un beau score au regard de ses espérances de début de campagne : 24,35 % des voix, soit 6,8 points de plus qu’en 2011. Mais compte tenu du mécontentement général, cette hausse demeure bien réduite. L’ancien parti dominant de l’Irlande qui, jadis, était capable de rassembler dans toutes les classes de la société n’a pu récupérer que moins d’un tiers des déçus de la coalition. Pour se convaincre que ce score du Fianna Fáil est médiocre, il faut se souvenir qu’il s’agit du deuxième plus mauvais score depuis 1927… après celui de 2011. Bref, le Fianna Fáil n’apparaît pas vraiment comme une alternative. Les deux grands partis ensemble ne cumulent, du reste, que 49,9 % des voix, un record historique de faiblesse. Jamais Fine Gael et Fianna Fáil n’avaient mobilisé moins de la moitié de l’électorat. En 2007, par exemple, ils cumulaient 69 % des voix.

> Poussée de la gauche radicale

Les déçus de la politique d’austérité sont donc allés ailleurs. Mais les Irlandais sont désemparés. Ils n’ont pas su choisir une direction claire et se sont dispersés dans trois directions. Première direction, la gauche radicale qui, avec le Sinn Féin, les Verts et l’Alliance contre l’austérité, obtient le plus haut score de son histoire dans ce pays très conservateur qu’est l’Irlande : 20,52 % des voix contre 14 % en 2011. Le caractère très particulier du Sinn Féin, longtemps vitrine de l’IRA, mais aussi une campagne électorale médiocre, ont cependant joué contre lui et son score, 13,85 %, est au final, très décevant pour lui. L’Alliance contre l’Austérité (3,95 %) en a profité, mais elle reste un mouvement marginal, quand bien même elle aura 5 sièges.

> Le succès des indépendants et de l’abstention est celui du non-choix

La deuxième direction empruntée par les électeurs a été celle des indépendants, lesquels recueillent 17,83 % des voix, contre 12,1 % en 2011. Les Irlandais, faute de mieux, ont donc souvent fait le choix de personnalités qu’ils jugent honnêtes et compétentes, en dehors des grands partis. Mais ce choix reflète en vérité surtout un désarroi : celui de ne pouvoir choisir sa politique car il existe des indépendants de tous bords, d’extrême-gauche, ultraconservateurs, libéraux ou sociaux-démocrates. Faute de pouvoir choisir sa politique, on a donc choisi des hommes. Cela ressemble en fait à un non-choix. Comme l’est le “choix” de l’abstention -la troisième direction -, en hausse de 5 points ce 26 février.

> Le désarroi des opinions publiques fabrique l’instabilité politique

La deuxième leçon pour l’Europe est donc celle-ci : en abandonnant l’idée de pouvoir proposer de vraies alternatives pour complaire aux autorités européennes, les partis traditionnels ont perdu leur capacité de mobilisation. Il s’ensuit un désarroi de l’électorat, cherchant où il peut des alternatives et de l’espoir, avec comme conséquence une dispersion des voix qui rend les pays difficilement gouvernables. Les élections portugaises du 4 octobre et espagnoles du 20 décembre ont confirmé cette leçon. Les « réformes » promues par tous les grands partis sont des machines à détruire les systèmes politiques. Ce sont des machines à créer de l’instabilité politique et à porter des partis radicaux au pouvoir. Ce sont donc des sources potentielles de crises nouvelles, non de prospérité, comme on le croit souvent. Ces dissolution des systèmes politiques se voient aujourd’hui sur tout le continent.

3e leçon : la leçon à la social-démocratie européenne

La dernière leçon est pour la social-démocratie européenne. Le Labour irlandais a subi ce 26 février une débâcle historique. Avec 6,67 %, les Travaillistes réalisent le troisième plus mauvais score de son histoire, le pire depuis 1987. Il perd près de 13 points en cinq ans et n’aura que 6 élus, un seul de plus que l’Alliance contre l’Austérité. Certes, le Labour irlandais n’a jamais vraiment percé dans le pays, bloqué par un Fianna Fáil qui était perçu comme le parti de la classe ouvrière. Il a toujours été très « centriste » et un allié traditionnel du Fine Gael. Mais 2011 et l’éclatement de ce dernier parti avait donné une chance historique au Labour. Avec 19,5 %, il réalisait alors son meilleur score depuis 1922 et parvenait à séduire les déçus du Fianna Fáil sur un programme anti-austéritaire. Mais il a bradé cette chance en s’alliant avec Enda Kenny. Pour beaucoup de ses électeurs, le Labour n’a pas su jouer son rôle d’amortisseur de la politique d’austérité du gouvernement. En réalité, soucieux de « bien faire », le Labour a été solidaire de cette politique et actif dans sa mise en œuvre, ne cessant d’insister sur le caractère « nécessaire » des réformes. Or, on l’a vu, ce caractère était loin d’être évident.

> La déroute du parti de “l’absence d’alternative”

Le Labour s’est alors enfermé dans une logique d’absence d’alternative, il est devenu le « parti TINA (“there is no alternative”, il n’y a pas d’alternative) ». Durant la campagne, il l’a confirmé en ne se dissociant guère du Taoiseach et en publiant une publicité très parlante dans les journaux : les opposants au gouvernement sous forme de groupe de rock baptisé « no direction ». Histoire de dire que seul le gouvernement sortant avait une direction. Mais comme cette direction n’était pas celle que souhaitait l’électorat, le Labour est apparu comme un parti d’opportunistes sans foi ni loi, inutile politiquement, et subissant logiquement les conséquences de la volonté de changement des électeurs. Une grande partie de ses électeurs de 2011 sont retournés au Fianna Fáil, qui s’est engouffré dans l’espace laissé au centre-gauche, d’autres sont allés à sa gauche. Désormais, les électeurs des partis qui se situent sur sa gauche représentent plus de trois fois ceux du Labour. On voit mal comment le Labour pourra se remettre d’un tel désastre politique et idéologique.

> Le choix de la social-démocratie européenne

L’histoire du Labour irlandais doit être une leçon pour la social-démocratie européenne. Lorsque cette dernière refuse d’incarner une alternative aux politiques de centre-droit, mais au contraire, se fait son bras armé et son allié, son sort est souvent scellé. Les travaillistes néerlandais de Jeroen Dijsselbloem pourraient connaître un score similaire : le dernier sondage le fait passer de 38 à… 9 sièges ! C’est ce qu’a compris le PS portugais, pourtant très réformiste, qui tente de porter une alternative au centre-droit en s’alliant avec la gauche radicale. C’est ce que refuse de comprendre un PS français pressé de couper l’herbe sous le pied du centre-droit, réduisant ainsi encore son utilité politique. Bref, les élections de la lointaine Irlande sont une nouvelle preuve de l’impasse des politiques d’austérité. Mais la leçon risque encore une fois d’être très rapidement oubliée.

Les résultats complets des élections irlandaises sur le site de l’Irish Times (en anglais).

Source : La Tribune, Romaric Godin, 29-02-016

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13 réponses à Élections en Irlande : les trois leçons pour l’Europe, par Romaric Godin

Commentaires recommandés

Spectre Le 02 mars 2016 à 03h09

Cher M. Godin, le P“S” français a dépassé depuis longtemps le stade de l’OPA sur le centre-droit : il chasse ouvertement sur les terres de la droite dure et pousse même l’impudence jusqu’à braconner sur les domaines de l’extrême-droite. Piégé par sa foi européiste, le Parti Scélérat est voué à dévaler la pente de l’eurolibéralisme austéritaire jusqu’au précipice. L’implosion finale en confettis façon PASOK sera de toute beauté en 2017.

Le résultat des élections irlandaises vient confirmer un mouvement de fond général : les grands partis traditionnels de gouvernement sont discrédités et en perte de vitesse. Il va devenir de plus en plus difficile d’embrigader les sans-dents avec l’austérité perpétuelle comme seul horizon, sans compter les repoussoirs absolus comme le TAFTA ou la fuite en avant fédéraliste. Le ciel européiste semble bien nuageux.

  1. Spectre Le 02 mars 2016 à 03h09
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    Cher M. Godin, le P“S” français a dépassé depuis longtemps le stade de l’OPA sur le centre-droit : il chasse ouvertement sur les terres de la droite dure et pousse même l’impudence jusqu’à braconner sur les domaines de l’extrême-droite. Piégé par sa foi européiste, le Parti Scélérat est voué à dévaler la pente de l’eurolibéralisme austéritaire jusqu’au précipice. L’implosion finale en confettis façon PASOK sera de toute beauté en 2017.

    Le résultat des élections irlandaises vient confirmer un mouvement de fond général : les grands partis traditionnels de gouvernement sont discrédités et en perte de vitesse. Il va devenir de plus en plus difficile d’embrigader les sans-dents avec l’austérité perpétuelle comme seul horizon, sans compter les repoussoirs absolus comme le TAFTA ou la fuite en avant fédéraliste. Le ciel européiste semble bien nuageux.


    • Ailleret Le 02 mars 2016 à 12h28
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      Les “grands partis de gouvernement” sont discrédités parce qu’ils ne représentent plus le peuple ou une partie du peuple : derrière leurs promesses mensongères, ils sont devenus les instruments serviles d’application de la politique de Bruxelles et de Berlin. En Irlande comme en Grèce, sans oublier la France.


  2. triari Le 02 mars 2016 à 04h03
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    _Grèce : Tsipras traîne des pieds pour faire passer la réforme des retraites et pourrait profiter de la crise des migrants pour à nouveau négocier avec les allemands.
    _Portugal : la gauche temporise en s’alliant à l’extrême-gauche.
    _Italie : le système bancaire transalpin est à bout, les mesures européennes n’ont rien fait pour empêcher cela.
    _Espagne : Podemos a du plomb dans l’aile, mais la volonté séparatiste des catalans pourrait ouvrir la voie à un “Catalexit”.
    _Suède & Danemark ont sérieusement remis en cause le principe de Schengen dans un total silence.
    _la Pologne est et reste dominée par les eurosceptiques.
    _Idem pour la Hongrie.
    _Constitution de l’Union de Viksegrad.
    _Turquie & Ukraine s’enfoncent
    _l’Angleterre souhaite un Brexit ou utiliser cette arme pour faire chanter l’UE.
    _Là, c’est au tour de l’Irlande, pourtant élève-modèle, de se soulever.

    C’est moi ou il n’y plus un mois qui passe sans qu’une nouvelle voie d’eau ne se crée dans le Titanic eurocrate ?


  3. Alain Le 02 mars 2016 à 07h20
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    Le problème n’est pas tellement comment on renoue avec la croissance mais plutôt comment en sont utilisés les fruits. Et le nouveau mantra est qu’ils ne peuvent être utilisé pour la population que pour juste lui sortir la tête de l’eau (à l’image des réformes Harz allemandes) et que tous le reste est au profit des détenteurs de capitaux, le fameux 1%, et leurs valets. Et c’est encore plus difficile à combattre que les politiques d’austérité


    • benoi31 Le 02 mars 2016 à 17h38
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      C’est un problème d’offre et de demande, la base même de l’économie.

      Actuellement le problème, c’est que nos dirigeant sont concentrés sur une politique de l’offre (qui fait ressortir des gros profits, mais diminue la demande, de sorte que les entreprises n’ont au final plus de clients et tout s’effondre)

      On attend une politique de relance de la demande aujourd’hui, qui est plus que nécessaire. Cela peut passer par une redistribution plus juste des bénéfices des entreprises comme vous le faites remarquer, mais aussi par d’autres mécanismes : une imposition plus redistributrice et efficace (y compris pour l’optimisation fiscale), un salaire minimal plus élevé, un protectionisme qui assure la compétitivité pour la demande intérieure, un salaire universel (j’ai des doutes sur ce dernier point vis à vis de l’inflation, mais peut être que les banques centrales y viendront un jour, on voit déjà apparaitre l’idée du “QE pour le peuple” dans quelques pays)…Etc


  4. Eric83 Le 02 mars 2016 à 09h02
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    Nous pouvons constater que les peuples de l’UE sont les sacrifiés des politiques néolibérales austéritaires, conduites sous l’autorité de l’UE et de la BCE et avec la complicité, pour leurs mises en œuvre, des gouvernements nationaux.
    Mais ces politiques austéritaires pour les peuples ont des grands gagnants : le 1%. Or, l’UE et les gouvernants des pays de l’UE travaillent pour ce 1%.
    Dans ce contexte, les résultats des élections nationales qui voient un éclatement des votes et la formation de coalitions de circonstance, sont des victoires pour l’UE et le 1%.

    L’UE a de plus en plus de pouvoirs et toutes les coalitions de circonstance – donc faibles et fragiles par nature – sont donc “parfaites” pour l’UE. La division fonctionne toujours à merveille.

    Pour les gouvernements qui auraient tout de même des velléités de renverser la table, l’UE, la BCE et les autres gouvernements sont là pour agiter la peur et marteler que les foudres qui s’abattraient sur les peuples en cas de sortie de l’UE et/ou de l’Euro seraient terribles.

    Cette stratégie fonctionne bien – pour le moment – si l’on en juge par le degré de passivité des peuples.


    • Renaud 2 Le 02 mars 2016 à 12h07
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      Premier point. D’où le FMI, la Banque Mondiale, la BCE et la FED tirent leur pouvoir ? De la dette. Tant que l’on est dans le rang, on peut emprunter jusqu’au ciel, en revanche si on tente de renverser la table, il est temps de rembourser. Le système entier fonctionne de la sorte, tant qu’on ne changera pas ça, il n’y a pas d’amélioration à attendre.
      Second point. Concernant la passivité des peuples, les gens ne sont pas prêts à mourir, tout simplement. Quand on regarde un peu l’histoire, les révoltes venant véritablement du peuple se sont terminées par un massacre et la bourgeoisie (ou toute autre “élite”) a fini par récupérer à son compte le mouvement.
      De ces deux points, il résulte que la manière la plus efficace de lutter contre ce système est de s’affranchir au maximum de la dette. Problème, la création monétaire par les banques privées (rappelons que les banques centrales ont des banques privées comme actionnaires) passe par le crédit. L’argent créé porte donc en lui, intrinsèquement, de la dette. Donc ce qui gêne le plus le système, ce sont les échanges non marchands, c’est-à-dire non comptabilisés dans le PIB, donc exclus de la sacro-sainte “croissance”.


    • FifiBrind_acier Le 02 mars 2016 à 21h48
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      Une Europe et une Russie exsangues, c’est exactement ce qu’il faut pour empêcher la constitution de l’ Eurasie… , comme dirait Bzrezinski:
      http://www.les-crises.fr/le-grand-echiquier-de-zbigniew-brzezinski/


  5. Werrebrouck Le 02 mars 2016 à 09h41
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    Il n’y a pas que l’Irlande, l’Espagne, la Grèce, le Portugal, et d’autres pays de la zone euro qui commencent à connaitre, comme on dit , des problèmes de “gouvernance”. L’ensemble de la planète se trouve, mondialisation oblige, de plus en plus concernée…et même la très conservatrice Fondation Bertelsmann l’admet dans son dernier rapport sur l’étude de 129 pays.
    http://www.lacrisedesannees2010.com/2016/02/la-france-peut-et-doit-revivre-un-appel-du-18-juin-1940.html


  6. Vareniky Le 02 mars 2016 à 12h33
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    Une phrase assez caractéristique dans la bouche de Manuel Valls au Salon de l’agriculture face à l’agriculteur “Vous avez le Premier Ministre en face de vous…”
    Comme si la fonction définissait le résultat ! Et ce n’est pas la peine d’en faire plus.
    On se souvient que Romulus Augustule, fut empereur romain, ça n’a pas empêché l’Empire Romain d’Occident de s’écrouler.
    On se souvient que Louis XVI était Roi ça n’a pas empêché la Monarchie de s’écrouler.
    On se souvient que Bokassa était Empereur de Centrafrique ça n’a pas empêché son pouvoir de s’écrouler.
    Des pans entiers de notre pays partent en lambeaux mais pour ces gens la carte de visite suffit pour prouver l’action, alors que leurs tâches c’est de défendre leurs administrés.
    Pendant ce temps là les médias ont préféré retenir les insultes des agriculteurs ou Canal+ le taux d’alcoolémie de Manuel Valls.
    Heureusement d’autres pays d’Europe osent dire que cette attitude n’est plus supportable.


    • Spectre Le 02 mars 2016 à 14h56
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      Ce qui est amusant, c’est que les médias dominants s’offusquent d’une “violence” populaire bien dérisoire (huées, insultes, chemise déchirée) envers les puissants, mais jamais de la violence quotidienne et silencieuse du système mis en oeuvre par les mêmes puissants. Crime de lèse-majesté que d’insulter Hollande ou d’interpeller Valls, gestion ordinaire de dirigeants responsables que de laisser crever les gens la gueule ouverte. Et les mêmes perroquets du pouvoir de pérorer ensuite sur le fait que “tout fout l’camp, on n’respecte plus la fonction” ! Quels ingrats, ces sans-dents ! Pas même foutus de faire risette lorsqu’on leur met la tête sous l’eau !

      Mais les médias dominants sont bien contents de bavarder sur ces petits symboles ; ça permet de dépolitiser les sujets, ça les dispense de faire leur travail de restitution des faits dans le temps long. Le seul fait que X. Beulin puisse parader sur tous les plateaux sans qu’il ne se trouve un seul journaliste pour lui mettre le nez dans sa bouse est symptomatique de l’impunité totale des élites à notre époque.


  7. Gier 13. Le 03 mars 2016 à 22h54
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    Je crois que l’objectif final des libéraux est l’affaiblissement des états et leur dissolution….afin de prendre leur place. A ce titre, l’ingouvernabilité des états devient une victoire pour ceux qui exercent le pouvoir dans l’ombre ; banques, financiers, banksters qui n’appartiennent plus à l’humanité.
    On assiste au début de la phase finale de la mise sous tutelle des peuples.


  8. BA Le 04 mars 2016 à 08h31
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    Un très bon éditorial du mensuel RUPTURES :

    « Triste tropisme »

    http://ruptures-presse.fr/varoufakis-reves-federalistes-gauche-radicale/


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