Source : La Croix, Pascal Boniface, 15-02-2016

Pour Pascal Boniface, directeur de l’Iris (1), la menace terroriste ne saurait constituer le seul horizon de la réflexion stratégique et de l’action politique. Car il existe bien d’autres causes de mortalité qui doivent aussi nous préoccuper.

La menace terroriste est devenue le centre de l’horizon médiatique, politique et stratégique français. Pourrait-il en être autrement ? Les attentats des 7 et 9 janvier 2015 et ses 15 morts, le plus grand nombre de victimes du terrorisme depuis cinquante ans sur le territoire français, avaient frappé la nation au plus profond. Elle avait fait face avec près de quatre millions de citoyens manifestant leur refus de céder à la peur. Mais le 13 novembre, c’est 130 personnes qui perdirent la vie du fait d’attentats. Une escalade dans l’horreur, et dans les réactions qui ont suivi.

C’est devenu le sujet numéro un pour les médias qui ont vu leur nombre de téléspectateurs, auditeurs et lecteurs fortement augmenter et pour les responsables politiques qui doivent répondre à une demande de protection et de sécurité du public.

Dans l’ensemble, les Français ont réagi avec une très grande dignité à ces drames. Mais ils sont anxieux et ont besoin d’être rassurés.

Ne pas tomber dans le piège qui nous est tendu

On peut cependant se demander si, malgré l’intérêt marqué du public, on ne parle pas trop du terrorisme ? Et si, ce faisant, on ne tombe pas dans le piège qui nous est tendu ? Dès 1962, Raymond Aron écrivait que « les effets psychologiques du terrorisme étaient hors de proportion avec les résultats purement physiques ». C’est encore plus vrai à l’heure des chaînes d’informations permanentes parce que c’est exactement ce que recherchent ceux qui ont frappé et veulent encore le faire : marquer les esprits et prendre le leadership sur l’agenda. Ne risque-t-on pas alors de susciter un effet de galvanisation chez les terroristes, qui vont crier victoire au vu de l’ampleur des réactions qu’ils suscitent ? Cela leur permet de consolider leurs recrutements. Ne crée-t-on pas un effet d’imitation ou d’entraînement pour des esprits faibles qui pourraient, par mimétisme, essayer à leur tour de tenter de commettre un attentat ? Ne risque-t-on pas de nourrir un climat anxiogène qui pèse sur le moral de la nation et l’activité économique, à vivre dans l’angoisse de nouvelles frappes qui peuvent survenir à tout moment ? Et du coup de donner une victoire symbolique aux terroristes qui seront parvenus à marquer les esprits ?

La vigilance, pas la panique

Il ne s’agit pas de ne pas prendre en compte la menace. C’est indispensable. Mais faut-il en faire à ce point un élément du débat public ? Ne pourrait-on pas agir avant et en parler moins ? Par ailleurs, à trop se focaliser sur le terrorisme, n’oublie-t-on pas de réfléchir aux grandes évolutions mondiales, à la place de la France dans le monde, à ses marges de manœuvres qui ne peuvent se résumer à la lutte contre le terrorisme ?

Il y a d’autres facteurs de mortalité qui ne suscitent pas la même mobilisation. Il y a 130 personnes par jour qui meurent à cause de l’alcool. L’an dernier, 412 personnes sont mortes de froid dans la rue et 3 500 autres ont été victimes de la route, certes par accident, mais en grande partie par la délinquance routière. Chaque année, 150 personnes meurent de violences conjugales. Deux enfants meurent chaque jour sous les coups de leurs parents. Ces morts ne suscitent pas la même mobilisation.

Sans doute parce que ces morts ne sont pas le fait d’une action politique volontaire qui veut s’attaquer aux bases de notre société. Il y a une acceptation sociale beaucoup plus grande pour ces types de violence qui pourtant font chaque année, et depuis des décennies, beaucoup plus de victimes.

Les terroristes peuvent frapper en tous lieux et à tout moment. Il faut non pas s’y résigner mais s’y préparer, vivre avec ce risque comme nous vivons avec d’autres (maladies, accidents, etc.) en étant vigilants mais pas paniqués.

J’habite et travaille dans le 11e arrondissement de Paris, où ont eu lieu les attentats de novembre. J’ai plus peur pour mes enfants s’ils doivent faire de longs trajets de voiture que s’ils partent boire un verre dans le quartier.

Pour horribles qu’ils soient, ces attentats ne menacent notre société que si nous cédons à la peur. Il est contre-productif de se focaliser de façon excessive sur ce défi stratégique, au risque d’occulter tous les autres. Cela reviendrait à céder au spectaculaire et à l’irrationnel et ne pas voir le structurel et le rationnel.

(1) Institut de relations internationales et stratégiques.

Pascal Boniface

Source : La Croix, Pascal Boniface, 15-02-2016

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30 réponses à « Terrorisme, une focalisation excessive » par Pascal Boniface

Commentaires recommandés

Spectre Le 23 février 2016 à 02h28

Salutaire discours de raison à l’heure où les processus de manipulation de l’émotion se portent à merveille. La fonction “caisse de résonance” des médias, à grand renfort d’émissions spéciales aussi interminables qu’inutiles, rend service à l’ennemi — parfois plus que les actes eux-mêmes. Mais les vautours qui vendent aux masses un cocktail frelaté d’horreur et de peur en sont très satisfaits : souvenons-nous du PDG de BFM TV se félicitant d’un “record d’audience historique” après les attentats Charlie…

Plus de 180 personnes sont mortes hier en Syrie dans deux attentats. Qui s’en est ému ? Les médias en ont vaguement touché quelques mots ; à comparer à l’hallucinant battage médiatique autour d’un petit crétin du PSG dont tout le monde se fout ! 180 morts en Syrie ? Fatalité ordinaire dans les zones d’humanité secondaire que sont les pays non-occidentaux. Ces gens n’ont pas de visage, à peine existent-ils. On peut d’ailleurs se permettre de filmer leurs cadavres ensanglantés, pratique interdite ici. Leurs morts n’ont pas droit à la dignité puisque leurs vies n’ont pas de valeur. À la grande Bourse de l’horreur, que vaut une livre de chair syrienne, irakienne, afghane ou libyenne comparé à son pendant local ?

  1. Spectre Le 23 février 2016 à 02h28
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    Salutaire discours de raison à l’heure où les processus de manipulation de l’émotion se portent à merveille. La fonction “caisse de résonance” des médias, à grand renfort d’émissions spéciales aussi interminables qu’inutiles, rend service à l’ennemi — parfois plus que les actes eux-mêmes. Mais les vautours qui vendent aux masses un cocktail frelaté d’horreur et de peur en sont très satisfaits : souvenons-nous du PDG de BFM TV se félicitant d’un “record d’audience historique” après les attentats Charlie…

    Plus de 180 personnes sont mortes hier en Syrie dans deux attentats. Qui s’en est ému ? Les médias en ont vaguement touché quelques mots ; à comparer à l’hallucinant battage médiatique autour d’un petit crétin du PSG dont tout le monde se fout ! 180 morts en Syrie ? Fatalité ordinaire dans les zones d’humanité secondaire que sont les pays non-occidentaux. Ces gens n’ont pas de visage, à peine existent-ils. On peut d’ailleurs se permettre de filmer leurs cadavres ensanglantés, pratique interdite ici. Leurs morts n’ont pas droit à la dignité puisque leurs vies n’ont pas de valeur. À la grande Bourse de l’horreur, que vaut une livre de chair syrienne, irakienne, afghane ou libyenne comparé à son pendant local ?


    • Ovuef2r Le 23 février 2016 à 06h42
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      Si une “bavure” russe avait fait ces victimes en Syrie vous auriez vu une débauche de vidéos et de commentaires.
      Souvenez vous comme “on” a hué le président Assad quand il a dit que les français désormais connaissaient la douleur ressentie par les syriens.
      Hier soir Fédération de Russie et États Unis ont signé un accord a l’ONU qui instaure une trêve dans quelques jours. DAESH, Al Nosra, Fabius et la France n’en font pas partie…


      • Kaemo Le 23 février 2016 à 09h34
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        Ce matin, j’ai entendu à la radio l’intervention de Ayrault : “la France veillera à ce que l’accord soit respecté”. Je dois dire que j’ai failli provoquer un accident suite à mon fou rire. Certains ne sont pas revenu pour rien au gouvernement.


    • Lysbeth Lévy Le 23 février 2016 à 10h25
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      Il semble que certains morts valent plus que d’autres : http://www.lemonde.fr/afrique/article/2016/01/16/burkina-deux-francais-parmi-les-victimes-de-l-attaque-terroriste_4848611_3212.html
      “« Pourquoi exprimer son soutien seulement aux familles des victimes françaises ? Les morts d’autres nationalités n’ont-elles pas de valeur ? », s’agace Célestin Sawadogo, un jeune burkinabé de 25 ans. Sur les trente personnes tuées par les terroristes, trois sont de nationalité française.””

      Il parait que Mr Valls “fasse des bourdes” en ne parlant pas des “burkinabés” ayant aussi perdu la vie dans ces attentats mais on sait dans quel mépris il tient les “non white” ou non blancos” on ne devrait pas être surpris tout de même .

      .Le colonialisme et le racisme institutionnel en France sont toujours présent, “rien ne change derrière ce qui change” selon le proverbe….


  2. Alain Le 23 février 2016 à 07h09
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    Enfin un discours qui analyse les vrais risques et non les sempiternelles positions liés à l’événement brut et les mesures pour se protéger de ce qui s’est passé et non de ce qui risque de se passer. Et également une vison de la meilleure allocation des ressources pour protéger le maximum de vies plutôt que pour éviter des images traumatisantes à la télévision.

    Sans compter que ces réactions coûteuses et inefficaces sont une véritable victoire des terroristes car les gouvernements utilisent leurs nouveaux pouvoirs pour écraser les contestations les plus gênantes comme les assignation à domicile d’écologistes et les perquisitions brutales sans mandat, dans le plus pur style de la société que les terroristes veulent voir se mettre en place, eux qui haïssent la liberté


  3. DUGUESCLIN Le 23 février 2016 à 07h45
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    Cela revient à dire que la dictature par la terreur mise en place par les terroristes permet de mettre en place, en douce, la dictature d’état qui profite à ceux qui sont au pouvoir.
    Comme dans toutes les dictatures d’état, sous couvert de la démocratie, il sera de plus en plus difficile d’être dans l’opposition. Chaque attentat permettant d’augmenter le pouvoir de ceux qui le détiennent, de ceux qui veulent le garder au détriment de la démocratie. A ce rythme la consultation des peuples sera de plus en plus inutile. Majorer le danger du terrorisme, l’exacerber est un moyen d’imposer des lois antidémocratiques.
    A qui profite le crime?


    • jp Le 23 février 2016 à 08h08
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      que ce soit en temps de paix ou de guerre, la moyenne de 2 enfants par jour en France tués par ceux qui ont la charge de veiller sur eux n’émeut que de temps en temps, y a pourtant de quoi s’indigner non ?
      La guerre contre le terrorisme infligé aux enfants en France n’est pas “à la mode”


    • DUGUESCLIN Le 23 février 2016 à 08h09
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      La guerre provoquée partout dans le monde a importé la guerre chez nous, ce sont les responsables de cette situation qui en priorité doivent être dénoncés.


  4. J Le 23 février 2016 à 07h55
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    Ne pas céder à la peur, d’accord, mais si c’est seulement en parler moins c’est faire l’autruche quelque part. Mais la stratégie terroriste va un peu plus loin que faire parler d’elle. Avec l’offensive contre Salman Rushdie, les dessins danois, Charlie, le discours du Pape à Ratisbonne, et cetera, le but a été au moins en partie atteint : il devient difficile d’éditer ou publier quelque chose qui pourrait déstabiliser la foi islamique.
    Si on veut que cette stratégie échoue, donc qu’ils se découragent, il ne faut pas qu’elle devienne payante. Autrement, ils en voudront toujours plus.


    • DUGUESCLIN Le 23 février 2016 à 08h01
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      Tout excès au nom de la liberté d’expression permet aux terroristes de justifier leurs actes et à ceux qui prétendent lutter contre le terrorisme de justifier de lois antidémocratiques.
      L’escalade de l’excès permet à toutes les dictatures en puissance de se justifier.


      • J Le 23 février 2016 à 10h37
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        Quels excès au nom de la liberté d’expression ? La liberté de critiquer les religions ? Il a fallu des siècles pour l’arracher au Christianisme et à la terreur qu’il imposait sous d’autres formes, et on devrait y renoncer à présent ?


        • DUGUESCLIN Le 23 février 2016 à 17h20
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          De plus il ne faut pas confondre la critique qui est une liberté indispensable au progrès avec le mépris qui entraîne des réactions négatives et une escalade.
          La critique est du domaine de l’intelligence, elle aboutit à la réflexion et l’analyse, le mépris aboutit à la haine et à la rancœur.
          Tout le monde a déjà connaissance du bouc émissaire dans une cour d’école. Celui qui est victime des moqueries et des sarcasmes finit par se rebeller et devient violent.


  5. DUGUESCLIN Le 23 février 2016 à 08h24
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    Pour ceux qui disent que nous sommes en guerre, qu’ils commencent par la faire cesser là où on ils l’ont provoquée. En Irak, en Lybie, puis en Syrie. (au passage aussi en Serbie) Il est difficile à la fois de semer le chaos pour aliéner les peuples en s’emparant des richesses et en même temps dénoncer ce qu’on a provoqué et qui déborde chez nous.
    Les incendiaires crient au feu et en profitent pour accroître leur pouvoir sur les consciences pour continuer sans vergogne à soumettre les peuples par la peur et imposer des lois aliénantes.


  6. Macarel Le 23 février 2016 à 09h36
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    Syrie – Daesh – Révélations incroyables sur France Inter !

    https://www.youtube.com/watch?v=36YQKjBckcs

    http://yetiblog.org/index.php?post/1631


    • reneegate Le 23 février 2016 à 10h27
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      Vous avez raison de mentionner ce lien, mais aussi ce reportage de france2 qui dit exactement la même chose , pas de modérés et en somme ce que tous les complotistes radicaux, etc… échangent depuis 2011(http://www.francetvinfo.fr/replay-magazine/france-2/un-oeil-sur-la-planete/un-oeil-sur-la-planete-du-jeudi-18-fevrier-2016_1310651.html).
      Par contre est ce une “fuite” de la diplomatie française qui préparerait ainsi un revirement sur le sujet ou un sursaut de fierté de certains journalistes?
      Le lien sur le Yeti confirme mes doutes sur certains politiques qui n’ont d’autres ambitions que d’arracher une place au soleil.


  7. Simon Le 23 février 2016 à 10h52
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    Je me pose tout de même une question. Lorsqu’on nous dit que l’objectif de ceux pratiquants le terrorisme est de “marquer les esprits et prendre le leadership sur l’agenda”, j’ai l’impression que nous nous arrêtons sur une finalité qui n’en est pas une. Si l’objectif de panique et de présence implicite semble évident, quelle est la plus grande image?


  8. Nerouev Le 23 février 2016 à 11h03
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    Oui, mais ça augmente la côte de popularité. On est vraiment tombé bien bas.


  9. francois marquet Le 23 février 2016 à 11h23
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    Il y a une alliance objective entre les 1% et les terroristes : le terrorisme permet, par la peur qu’il engendre, de faire accepter une société de surveillance bien pratique pour exercer un contrôle social sur les 99%. D’où le battage médiatique…
    A comparer avec les 605 homicides non crapuleux (l’assassin connaissait la victime) par an en France, dont 143 morts par violence conjugale (chiffres 2013)
    Conclusion: vous avez quatre fois plus de chances d’être tué par une personne qui vous connait que par un terroriste (chiffres 2015).
    Sources étatiques: http://www.inhesj.fr/sites/default/files/reperes_25.pdf


    • Alae Le 23 février 2016 à 14h16
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      Beaucoup plus que la simple instauration d’une société policière ou d’une surveillance de masse, ce qu’un climat de peur permet, c’est tout un éventail de manipulations de la société.

      “La manipulation par la peur”, de Noam Chomsky.
      https://chomsky.info/20050716/


  10. philippe chatreix Le 23 février 2016 à 13h21
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    Une seule question: à qui profite le crime…? Anxiogène au niveau de la sécurité intérieure et extérieure mais aussi dans un climat social fragilisé par le chômage… Notre pays vit sous une médiatisation orchestrée pour nous faire croire que nous sommes devenus vulnérable et ainsi limiter notre résistance aux décisions prises qui nous dépassent par nos gouvernants bien veillants.


    • Bruno Le 23 février 2016 à 18h21
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      100% d’accord avec vous: terrorisme du chomage et états d’urgence arbitraires se répondent pour maitriser une population de plus en plus hargneuse.


  11. adrien Le 23 février 2016 à 13h46
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    Il faut reconnaitre à Pascal Boniface le grand mérite d’avoir contesté l’aura médiatique de certains ” intellectuels ” http://www.les-crises.fr/pascal-boniface-pourquoi-je-suis-attaque/ . Mais dans cet article il ne fait que relativiser la menace terroriste, sans contextualiser : expliquer c’est excuser, il faut donc prendre le parti de l’ignorance. De plus, nous avons une campagne anti-complotisme !
    En tant que géopolitologue, Pascal Boniface n’ignore pas les raisons du terrorisme sur notre sol, ni les raisons de la dérive autoritaire de ce gouvernement qui protègerait notre mode de vie hexagonal. Mais aller jusque là dans la réflexion l’exclurait totalement des principaux médias .


  12. thmos Le 23 février 2016 à 14h41
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    Impensable de l’évoquer aujourd’hui, pour cause de traumatisme réel, et relatif par rapport à ce qu’endurent d’autres populations ( comme les chiites ), les “terroristes” représentent toujours des idéologies/enjeux/revendications/forces avec lesquels pays des victimes finissent par négocier. Ici l’occident préfère se focaliser sur les assassins que leurs soutiens. Le chaos n’éxonèrera pas ad vitam nos “responsables” de devoir nous expliquer. Embarrassing… L’épisode de la “ligne rouge” du gazage de Goutha est intéressant. A suivre…


  13. thmos Le 23 février 2016 à 14h47
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    SVP un billet sur le nouveau .gouv “anticomplotiste” :
    http://www.gouvernement.fr/on-te-manipule
    “on te manipule” a au moins l’honnèteté d’annoncer d’emblée notre ministère de la propagande.
    mi professeur Choron, mi “Bazooka” -commando graphique punk- forcément du 2ème degré, à visiter absolument !
    Petit bijou de propaganda à analyser ( graphisme, rédaction etc) par des experts es propaganda ou par des publicitaires anonymes


  14. thmos Le 23 février 2016 à 15h03
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    Que Mr Boniface, par ailleurs scandaleusement censuré par des médias, se rassure, non ses enfants ne “risquent pas grand chose ” dans le 11 ème, hyper sécurisé mais c’est parce que nous n’avons jamais remonté la porte de Bagnolet que nous n’avons jamais traversé le périph’ que nous sommes sonnés, battus, perdus.


  15. Andrae Le 23 février 2016 à 20h27
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    L’Ukraine a trouvé un ennemi intérieur, les moskals, colorados, etc., ‘russes’, le Donbass en tant que territoire, ainsi que l’opresseur, un ennemi extérieur effrayant, la Russie, qui est ‘l’argresseur violent’, l’ennemi à vilipender.

    La Turquie, a aussi un ennemi intérieur (Kurdes..) est maintenant également une énemi extérieur (Kurdes en Syrie, Iraq), des ‘vrais terroristes.’

    Israel est bien sur le modèle, les Arabes et les Palestinens, à l’intérieur, et tout le monde Arabe à l’extérieur, tous ‘terroristes.’

    Pq la France suit ce modèle? Les terroristes, les djihadistes, les islamistes, les musulmans, l’ennemi à l’intérieur? Etat d’urgence, i tout i tout, etc., répression, etc.? On peut comprendre, des boucs émissaires, les souffres douleurs, faut trouver qui tapper dessus, augmenter la surveillance, le pouvoir de la police, l’arbitraire judiciaire, changer les lois, style Patriot Act, faut faire peur, soumettre les gens, etc.

    Mais, hic de taille: La France est, la première du monde, par rapport à certains pays, et non des moindres, comme la Syrie et la Lybie, du coté des djihadistes (…opposants, rebelles modérés, al Quaida, al Nusra, et autres, pareil, même combat, les distinctions sont factices.)

    La Turquie et Israel n’affrontent pas ce type de contradiction. Des opposants existent, bien sur, mais c’est une autre rubrique.


    • Furax Le 23 février 2016 à 21h02
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      Il y a quand même une différence fondamentale entre la France et les pays que vous citez.

      Les minorités se sont retrouvées contre leur volonté en Ukraine, en Turquie, en Israël, où en Russie. On leur aurait demandé leur avis, elles auraient choisi d.être indépendantes ou bien d’être rattachées au pays dont elles partagent l’identité culturelle.

      Les minorités auxquelles vous faites référence en France sont venues de leur plein gré, soit par des dispositifs légaux à guichet ouvert (l’immigration du travail jusqu’en 1974 puis le regroupement familial), soit illégalement mais ont ensuite été régularisées ou bien se sont trouvées être non expulsables bien qu?entrées ou restées illégalement.

      Alors blâmer la France de réagir en raison des dérives d’ûe partie de ces populations, non. Les seuls reproches qu’encourt la France, ce sont ceux de l’incohérence, du manque de fermeté pendant des décennies, du renoncement à l’assimilation.

      Pour ce qui est de l’article. J’ai un désaccord profond avec la manière dont Pascal Boniface aborde le problème.

      Comparer le terrorisme djihadiste aux décès par le froid, par l’alcool ou les accidents de la route est un sophisme qui manque l’essentiel : l’intentionnalité fondée sur la haine.

      Le virus du SIDA ou de la grippe, le froid, l’accident de la route, ils ne baissent pas la victime. Ils n’ôt pas l’intention criminelle de tuer leurs victimes pour ce qu’elles sont et parce qu’elles les haïssent.

      Le nazisme exterminateur, ce n’est pas la même chose que la grippe espagnole ou la grande peste noire.

      Il n’y a pas là de hasard et de fatalité mais l’action délibérée d’êtres humains qui embrassent le mal et la haine d’autrui.

      Donc non, ce n’est pas la même chose de savoir que ma gazinière peut exploser accidentellement et qu’un salopard peut piéger ma gazinière ou ma conduite de gaz pour nous tuer moi, ma famille et mes voisins.

      Un sophiste trop “bien-pensant”, voici ce qu’est Pascal Boniface.


  16. nicolas chambru Le 24 février 2016 à 12h15
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    “Il y a d’autres facteurs de mortalité qui ne suscitent pas la même mobilisation. Il y a 130 personnes par jour qui meurent à cause de l’alcool. L’an dernier, 412 personnes sont mortes de froid dans la rue et 3 500 autres ont été victimes de la route, certes par accident, mais en grande partie par la délinquance routière. Chaque année, 150 personnes meurent de violences conjugales. Deux enfants meurent chaque jour sous les coups de leurs parents. Ces morts ne suscitent pas la même mobilisation.”

    Le relativisme, le fléau le plus stupide de ce début de XXI eme siecle


  17. bobob Le 24 février 2016 à 16h00
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    Pour prémunir une population des effets indirects du terrorisme, il suffit de ne pas la laisser être… terrorisée. Ça c’est de la stratégie. Merci Captain Obvious !

    Mais sans développement sur les moyens à mettre en place pour appliquer une si brillante stratégie, c’est digne du café du commerce. Censure politique ? A moins qu’il ne compte sur le service de l’intérêt national que tout le système médiatique va décider unanimement d’appliquer…
    Quid de l’internet ?

    ps : c’est surtout parce qu’on s’habitue à tout que les victimes dus aux problèmes familiaux ou routiers ont un impact assez limité sur l’ensemble de la société.
    Et s’il y avait 10 morts par jour dus au terrorisme, nul doute qu’on s’y habituerait de la même manière (et il n’est donc pas délirant de penser que les terroristes organisés en sont conscients et préservent alors leurs effets…).


  18. Martina Le 27 février 2016 à 06h51
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    C’ est donc par excès de panique que l’État prolonge pour une durée indéterminée l’état d’ urgence? Enfin…ç a c’ est la raison officielle invoquée


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