« J’adore l’idée de me procurer un drone et d’asperger d’urine légèrement mélangée à du fentanyl les analystes qui ont essayé de nous mettre des bâtons dans les roues », a déclaré Alex Karp, PDG de Palantir, une entreprise émergente spécialisée dans les technologies militaires. Loin d’être une simple sortie impulsive, cette déclaration reflète une mentalité plus générale qui s’installe dans le secteur des technologies militaires de la Silicon Valley, une philosophie qui considère la coercition comme une innovation, la cruauté comme de la franchise, et l’utilisation sans limite du pouvoir technologique comme à la fois inévitable et souhaitable.
Source : TomDispatch, Janet Abou-Elias, William D. Hartung
Traduit par les lecteurs du site Les-Crises
Karp aime autant les joutes verbales que diriger une entreprise spécialisée dans la fabrication d’armes de haute technologie. Sa société a permis à Israël d’intensifier le rythme de ses bombardements et de ses massacres contre les Palestiniens à Gaza, et sa technologie a aidé l’ICE à accélérer les expulsions, tout en contribuant à localiser et à identifier les manifestants à Minneapolis. Non seulement Karp est sans complexe face aux dégâts causés par les produits de son entreprise, mais il s’en délecte ouvertement.
En février dernier, il a déclaré lors d’une interview sur CNBC : « Si vous contestez l’ICE, vous devriez plutôt descendre dans les rues pour réclamer davantage de Palantir. En réalité, notre produit, dans son essence même, oblige ses utilisateurs à respecter les dispositions du Quatrième amendement en matière de protection des données. » (Cet amendement étant celui qui protège les citoyens contre les « perquisitions et saisies abusives »). Pourtant, ses réflexions n’ont pas conduit Karp à demander à l’ICE de cesser d’utiliser son logiciel dans sa lutte contre la dissidence pacifique, et elles ne l’ont pas non plus dissuadé d’accepter un contrat à durée indéterminée d’un milliard de dollars avec l’agence dont dépend l’ICE, le Département de la Sécurité intérieure (DHS).
Fidèle à son soutien sans réserve à la répression tant dans le pays qu’à l’étranger, au plus fort de la guerre de Gaza, Karp a organisé une réunion du conseil d’administration de Palantir à Tel-Aviv, déclarant : « Notre action dans la région n’a jamais été aussi cruciale. Et elle se poursuivra. »
Dans une interview accordée à Maureen Dowd du New York Times, il a résumé sa philosophie en ces termes : « En réalité, je suis un progressiste. Je veux moins de guerre. On ne met fin à la guerre qu’en disposant de la meilleure technologie et en flanquant une trouille bleue à nos adversaires, et je parle poliment. S’ils n’ont pas peur, s’ils ne se réveillent pas terrorisés, s’ils ne s’endorment pas terrorisés, s’ils ne craignent pas que la colère de l’Amérique s’abatte sur eux, ils nous attaqueront. Ils nous attaqueront partout. »
La réalité, cependant, est tout sauf aussi simple. La technologie de Palantir a servi à tuer des dizaines de milliers de personnes à Gaza et ailleurs, dont beaucoup n’avaient aucun lien avec le Hamas, n’avaient aucun contrôle sur ses actions et, souvent, n’étaient même pas encore nées lorsque le mouvement a remporté les élections locales en 2006 et a commencé à administrer Gaza.
Il ne fait aucun doute que l’attaque menée par le Hamas contre Israël le 7 octobre 2023 était inacceptable. Pourtant, le fait qu’Israël ait réagi en tuant plus de 70 000 Palestiniens à Gaza, un chiffre relativement prudent que même le gouvernement israélien reconnaît désormais, constitue une réponse totalement disproportionnée que la plupart des experts indépendants qualifient de génocide. L’idée selon laquelle un tel massacre de masse pourrait être justifié comme un moyen d’effrayer les méchants et de réduire la violence est intellectuellement indéfendable et moralement obscène.
Bienvenue donc dans l’univers d’Alex Karp, l’un des figures de proue de la nouvelle vague des techno-militaristes de la Silicon Valley.
L’IA militarisée, ou l’optimisme technologique qui dérape
Ce n’est pas le complexe militaro-industriel (CMI) de l’époque de grand papa. Les dirigeants actuels du CMI, ceux qui sont à la tête de géants industriels tels que Lockheed Martin, RTX (anciennement Raytheon), Boeing, General Dynamics et Northrop Grumman, sont bien plus prudents dans leurs propos que Karp. Il peut leur arriver de faire une déclaration sur la façon dont les tensions accrues au Moyen-Orient ou en Asie pourraient générer une demande pour leurs produits parmi les alliés américains dans ces régions, mais ils ne se risqueraient jamais à tenir le genre de discours carrément orwelliens dont Karp semble avoir fait son fonds de commerce.
Pourtant, le complexe militaro-industriel (CMI) de demain n’annonce pas seulement une évolution technologique ou des pratiques commerciales, mais, comme le laisse penser Karp, un éventuel glissement culturel qui verrait le militarisme ouvertement glorifié, sans qu’il soit nécessaire de recourir à des discours de façade sur la promotion de la stabilité mondiale ou la défense d’un « ordre international fondé sur des règles ». Ce nouveau CMI doit être considéré comme une version individualiste et high-tech de la « guerre de tous contre tous » du philosophe Thomas Hobbes. Et ceux qui le dirigent voudraient bien nous faire croire que la seule façon de « gagner » une guerre future est de remettre les clés de notre monde politique à une clique de gens se définissant eux-mêmes comme des êtres supérieurs, dirigée par des gens du style d’Alex Karp, du fondateur de Palantir Peter Thiel, du directeur d’Anduril Palmer Luckey et de l’inimitable Elon Musk.
Alex Karp est coauteur d’un ouvrage intitulé The Technological Republic: Hard Power, Soft Belief, and the Future of the West (La République technologique : hard power, croyances non contraignantes et l’avenir de l’Occident). Il y expose sa vision de ce qu’il faudrait pour que les États-Unis retrouvent leur position dominante sur la scène mondiale. Cet ouvrage est une longue lamentation sur la façon dont la plupart des Américains ont perdu leur sens du devoir, leur patriotisme, gaspillant leur temps dans des activités futiles telles que la télé-réalité et les jeux vidéo. Avec son coauteur Nicholas W. Zamiska, il appelle à une nouvelle mission nationale unificatrice pour fustiger cette nation de fainéants et la remettre au pas afin de redonner aux États-Unis la place qui leur revient en tant que puissance politique et militaire sans égale au monde.
Quant à la question de savoir ce qu’il faut faire, la réponse de Karp est un nouveau « Projet Manhattan » (qui, au cas où vous ne vous en souviendriez pas, a permis de mettre au point la bombe atomique qui a mis fin à la Seconde Guerre mondiale). Cette fois-ci, l’objectif ne serait pas de développer des armes nucléaires, mais d’accélérer les applications militaires de l’intelligence artificielle (IA) et de donner aux États-Unis un avantage technologique permanent sur la Chine. Il est difficile d’imaginer une vision plus déplorable ou erronée de l’avenir des États-Unis, ou une vision plus dépourvue de toute humanité de base.
Les faucons, les réalistes traditionnels et les technomilitaristes se moqueront bien sûr de toute approche de la politique étrangère et intérieure qui placerait l’humanité au coeur des préoccupations, la qualifiant de naïve, mais en réalité, ce sont les militaristes de la nouvelle vague qui sont réellement naïfs. Après avoir gaspillé des milliers de milliards de dollars et sacrifié des centaines de milliers de vies dans les guerres de ce siècle, guerres qui sont loin d’avoir atteint les objectifs annoncés (tout comme la dernière en date en Iran ne manquera pas de le faire), tout en rendant le monde nettement plus dangereux, ils continuent de débiter des platitudes sur la poursuite de la « paix grâce à la force » et l’utilisation de la puissance militaire américaine pour soutenir un « ordre international fondé sur des règles. » Vu les pertes américaines de ce siècle face à des adversaires plus modestes financièrement et moins avancés technologiquement en Irak et en Afghanistan, cette rhétorique éculée commence à ressembler à une cruelle plaisanterie, voire aux derniers soubresauts des représentants d’un empire en déclin.
La « technowar » sera-t-elle moins coûteuse, et nous protégera-t-elle ?
Si l’on met de côté l’idéologie un instant, il reste à se demander si les entreprises technologiques émergentes sont réellement capables de produire de meilleurs dispositifs de guerre à moindre coût. Palmer Luckey, d’Anduril – un protégé du fondateur de Palantir, Peter Thiel – a récemment fait la une des journaux lorsqu’il a déclaré à un journaliste de CNBC : « Si les États-Unis cessaient simplement d’acheter les « mauvais équipements », ils n’auraient peut-être besoin que de la moitié du budget actuel du Pentagone, qui s’élève à 1 000 milliards de dollars, pour disposer d’un système de défense plus efficace. »
L’idée qu’un fournisseur d’armement puisse proposer d’en faire plus pour moins cher semble presque révolutionnaire à une époque où la cupidité et la corruption continuent de sévir au sein du complexe militaro-industriel. En fait, la philosophie qui se cache derrière la déclaration de Luckey à CNBC est résumée dans un document remarquable d’Anduril intitulé « Rebooting the Arsenal of Democracy » [Recycler l’arsenal de la démocratie], une critique cinglante des pratiques commerciales actuelles du Pentagone et des géants de la défense tels que Lockheed Martin.
Le manifesto de Luckey doit être considéré comme une attaque contre les cinq plus grands conglomérats de l’armement, avec en tête Lockheed Martin et RTX (anciennement Raytheon), qui se partagent désormais un tiers des contrats attribués par le Pentagone. Selon cet essai, ces géants ont fait leur temps, ayant accompli un travail nécessaire et utile pendant les années de la Guerre froide, désormais révolues, du siècle dernier. « Pourquoi les entreprises de défense existantes ne peuvent-elles pas simplement faire mieux ? », demande-t-il. « […] Ces entreprises travaillent lentement, alors que les meilleurs ingénieurs aiment travailler rapidement. […] Ces entreprises ont construit les outils qui nous ont protégés par le passé, mais elles ne sont pas l’avenir de notre défense. »
Ce document laisse pratiquement entendre qu’il faudrait décerner un prix récompensant l’ensemble de leur carrière à des entreprises comme Lockheed Martin, puis les écarter pour que des personnalités comme Thiel, Karp, Luckey et Musk puissent prendre les rênes de l’industrie de l’armement.
Mais réduire les dépenses en armement, aussi utile que cela puisse être compte tenu d’autres priorités nationales urgentes, ne saurait être le seul objectif de la politique de défense. La question la plus importante est de savoir si les systèmes basés sur l’IA, présentés comme moins coûteux, plus souples et plus précis, peuvent en fait être déployés d’une manière qui favorise la paix et la stabilité plutôt que de nouvelles guerres. En réalité, le danger est que, si les États-Unis pensent pouvoir utiliser de tels systèmes pour intervenir militairement de manière courante tout en subissant moins de pertes, la tentation d’entrer en guerre pourrait en fait s’accroître.
Même en tenant compte de tout ce qui précède, l’idée de briser l’emprise des grandes entreprises sur le développement et la production de l’arsenal américain est séduisante. Mais les affirmations du secteur de la Tech affirmant qu’il peut faire le travail mieux et à moindre coût restent à prouver. Un drone est certes moins cher qu’un avion de chasse F-35, mais qu’en est-il des essaims de drones utilisés par vagues et rapidement renouvelés en pleine guerre, ou des navires et véhicules blindés sans pilote fonctionnant avec des logiciels complexes et non éprouvés qui pourraient bien tomber en panne à des moments cruciaux ? Et que se passerait-il si, comme le souhaiteraient le secteur technologique et son groupe croissant de lobbyistes, les militaristes de la nouvelle ère étaient autorisés à opérer avec peu ou pas de contrôle, avec un affaiblissement des garde-fous tels que les tests indépendants et les restrictions sur la pratique des prix abusifs, des garde-fous qui sont déjà trop faibles pour remplir pleinement leur rôle ?
Lorsque le président Ronald Reagan a négocié des accords de contrôle des armements avec le dirigeant soviétique Mikhaïl Gorbatchev au siècle dernier, sa devise était « faire confiance, mais vérifier. » Dans le cas de Palantir et de ses semblables, peut-être la devise devrait-elle être « se méfier, et aussi vérifier. » Il nous faut aller au-delà de leurs slogans marketing et exiger qu’ils démontrent que leur nouvelle technologie fonctionne comme annoncé et qu’elle est bel et bien supérieure à ce qui existait auparavant. Si tel est le cas, alors Palantir et Anduril devraient être traités comme de simples fournisseurs et payés pour leurs prestations, en n’ayant aucun droit de s’immiscer dans l’élaboration de notre budget militaire ou de notre politique étrangère, et encore moins dans le fonctionnement même de notre démocratie déjà chancelante.
Le lobby des technologies militaires : des perturbateurs sous stéroïdes
Avant l’actuelle poussée de développement d’armes dans le secteur technologique, il fut un temps où certaines entreprises de la Silicon Valley agissaient comme si leurs produits étaient suffisamment performants et bon marché pour qu’elles n’aient pas besoin de se salir les mains dans des activités traditionnelles de lobbying. Aussi irréaliste que cela puisse paraître, la Silicon Valley s’est désormais livrée sans retenue au trafic d’influence légal, qu’il s’agisse de contributions de campagnes électorales soigneusement ciblées ou du recrutement d’anciens fonctionnaires pour servir leurs intérêts. Le premier exemple est, bien sûr, celui du vice-président JD Vance, qui a été employé, mentoré et financé tout au long de son ascension au Sénat puis à la vice-présidence par …oui ! …le fondateur de Palantir, Peter Thiel. Lorsqu’il a été choisi pour faire partie du ticket de Donald Trump en 2024, un afflux de nouveaux fonds a déferlé sur la campagne en provenance du secteur des technologies militaires, dont des dizaines de milliards de dollars donnés par Elon Musk. Une fois sur le ticket, l’une des principales missions de Vance s’est avérée être d’obtenir encore plus de dons auprès des militaristes de la Silicon Valley.
Et puis est arrivé le Département de l’efficacité gouvernementale (DOGE) de Musk, cette organisation qui a jeté le discrédit sur la notion d’efficacité en réduisant les programmes fédéraux et les effectifs de manière apparemment aléatoire, et en démantelant des outils essentiels comme l’Agence des États-Unis pour le développement international (USAID), tout en laissant le Pentagone pratiquement intact. L’USAID avait certes connu des problèmes, mais elle finançait à l’échelle mondiale des initiatives essentielles en matière de développement et de santé publique au bénéfice de millions de personnes. Une véritable initiative en faveur de l’efficacité se serait penchée sur ce qui fonctionnait et ce qui ne fonctionnait pas au sein de cette agence. Au lieu de cela, les acolytes de Musk, qui ne connaissaient rien à l’aide économique, l’ont simplement dissoute.
On compte désormais un nombre important de cadres issus de la Silicon Valley occupant des postes clés au sein de l’administration Trump, avec Vance à leur tête, mais aussi des dizaines d’autres personnes occupant des fonctions clés dans l’armée, à la tête du Pentagone et au sein de diverses agences chargées de la politique intérieure et de la politique étrangère.
Peter Thiel et Alex Karp sont manifestement convaincus que ce qui est bon pour Palantir l’est aussi pour l’Amérique, mais la vision de l’Amérique qu’ils prônent est à la fois dangereuse et déshumanisante.
Revenir sur terre (et freiner les technophiles)
Le problème avec ces nouveaux techno-militaristes n’est pas qu’ils surestiment le pouvoir de la technologie, mais qu’ils se trompent dangereusement sur l’identité de ceux qui devraient en faire usage, sur les fins à atteindre et sur les limites à respecter. Le pouvoir sans limites n’est pas de l’innovation. C’est de l’imprudence déguisée en fatalité. Une part croissante des dispositifs qui façonnent la politique américaine en matière de sécurité intérieure et extérieure est conçue, mise en œuvre et promue par un petit groupe d’acteurs privés dont les motivations sont exclusivement financières, dont la vision du monde est profondément militarisée et dont l’obligation de rendre des comptes à la population est pour le moins limitée.
Ce dont ce pays a besoin, c’est tout sauf d’une nouvelle caste d’ingénieurs milliardaires qui nous disent que la guerre est inévitable, que la peur est la seule voie vers la paix et que la démocratie doit s’incliner devant la sagesse supérieure de ceux qui codent des algorithmes et fabriquent des armes. En réalité, nous avons déjà entendu ce discours, de la bouche des stratèges nucléaires de la Guerre froide, des fanatiques du décompte des victimes de la guerre du Vietnam et des architectes de la doctrine du « choc et effroi » qui a contribué à détruire l’Irak. On promet à chaque génération que cette technologie (quelle qu’elle soit) rendra enfin la guerre, à l’américaine, propre, précise et décisive. À chaque fois, les cadavres s’accumulent quand même.
Ce qui rend la situation actuelle particulièrement dangereuse, c’est la rapidité et l’opacité avec lesquelles ces systèmes sont développés et déployés. Les outils de ciblage basés sur l’IA, les plateformes de surveillance prédictive, les armes autonomes et les systèmes de fusion de données sont tous intégrés dans les structures militaires et policières nationales, sans véritable débat public, avec un contrôle insuffisant et pratiquement sans le consentement réel des gens qui devront vivre avec ces conséquences, et en mourir. Le discours sur la disruption induite par l’IA est devenu un prétexte commode pour contourner complètement les processus démocratiques.
Le postulat de base des techno-militaristes est que la guerre permanente est l’état naturel de notre monde et que notre seul choix réside dans l’efficacité avec laquelle nous décidons de la mener. En réalité, la sécurité ne s’obtient jamais en terrorisant le reste de la planète pour le contraindre à se soumettre. Elle passe par la diplomatie, la retenue, le respect du droit international et de la justice économique, ainsi que par le travail lent et peu gratifiant de la mise en place d’institutions qui rendent la violence de masse moins probable plutôt que plus systématique.
Alex Karp et ses semblables se considèrent peut-être comme des réalistes, osant dire ce que d’autres n’osent pas dire. En réalité, leur vision du monde est fragile et nihiliste : elle confond domination et force, innovation et sagesse. L’humanité mérite mieux qu’une course aux armements sans fin menée par des hommes (et ce sont presque tous des hommes !) qui croient être les seuls habilités à décider quelles vies ont une valeur et lesquelles peuvent être sacrifiées. Cette version du « Meilleur des mondes » d’Aldous Huxley, telle qu’elle est incarnée par cette nouvelle « Meilleure machine de guerre », devrait toutes et tous nous effrayer.
Si la technologie doit façonner l’avenir de la guerre (et ce sera le cas), alors c’est à la société qu’il revient de définir les règles qui régissent son utilisation. L’alternative serait de céder notre capacité d’action morale à une poignée de visionnaires autoproclamés en espérant qu’ils fassent les bons choix. L’histoire nous montre que c’est un pari que nous ne pouvons pas nous permettre de tenter.
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Janet Abou-Elias est chercheuse au sein du projet « Democratizing Foreign Policy » (Démocratisation de la politique étrangère) du Quincy Institute for Responsible Statecraft et l’une des fondatrices de l’organisation Women for Weapons Trade Transparency. Ses articles ont été publiés dans The Hill, In These Times, Responsible Statecraft, The National Interest, Fair Observer et d’autres médias.
William D. Hartung, collaborateur régulier de TomDispatch, est chercheur principal au Quincy Institute for Responsible Statecraft et coauteur, avec Ben Freeman, de The Trillion Dollar War Machine: How Runaway Military Spending Drives America into Foreign Wars and Bankrupts Us at Home (à paraître chez Bold Type Books) (La machine de guerre à un million de milliards de dollars : comment l’explosion des dépenses militaires entraîne les États-Unis dans des guerres à l’étranger et nous mène à la faillite chez nous).
Source : TomDispatch, Janet Abou-Elias, William D. Hartung, 08-03-2026
Traduit par les lecteurs du site Les-Crises
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