Jean Claude TrichetCher JC,

Je tenais à te remercier pour ta brillante intervention d’hier, couronnant plusieurs jours d’efforts.

Déjà, tu m’as épaté quand tu as réussi à faire voter par la BCE jeudi soir la reprise du programme d’achats d’obligations pourries des États européens en faillite (pléonasme lol). Tu as bien dû tordre le bras aux allemands, qui ne voulaient pas entendre parler de ceci, et même s’ils n’ont pas cédé, bravo !

Et alors dimanche soir, la réunion qui a validé le rachat des obligations italiennes, chapeau maestro !

Ca a bien marché : lundi matin, à 10h00, la Bourse faisait presque + 2 %, et BNP + 7 % ! Merci, cela m’a permis de te refourguer les obligations italiennes que j’avais, et de filer mes actions à quelques gogos, joli bénéfice pour moi aujourd’hui… Ceci étant, j’ai peu d’espoir sur l’efficacité à venir, au vu du succès précédent sur les autres pays fragilisés.

Source : ZeroHedge

Bon, j’avoue que j’ai parfois un peu mauvaise conscience de voir que tu rachètes tous mes investissements pourris, mais bon, je ne vais quand même pas perdre d’argent non plus… Et puis rien de grave ne peut arriver à la BCE – si ? Enfin, à part la légère chute de la valeur de la monnaie… Mais bon tant que les clowns de la télé continuent à bien employer le mot « hausse de l’or » et surtout pas celui de « baisse de la monnaie », tout roule – ils sont nazes quand même, comme si l’or pouvait « monter » alors que cela fait 6 000 ans que c’est l’étalon monétaire… Je me demande s’ils voient le mètre diminuer quand leurs gosses grandissent, lol.

Valeur de l'euro en or Quelle réussite…

Enfin, une chance que nos amis politiques aient bien pris la peine en 1993 de vous donner non seulement votre « indépendance » dans le traité de Maastricht (ça, ça peut se discuter), mais surtout de ne prévoir ni responsabilité, ni aucun contrôle démocratique, ni validation des choix effectués ! Ca te fait quoi de te dire que tu as bien plus de pouvoir que Louis XIV ? (et sans même besoin de parler de « droit divin », trop fort) Des fois, j’ai peur en pensant à ce qui pourrait arriver à mon portefeuille si on vivait dans un régime démocratique… Et l’autre jour, j’ai même fait un cauchemar : j’ai rêvé qu’il y avait une révolution et qu’on instaurait le capitalisme, où les investisseurs privés devaient prendre leurs pertes sans les refacturer aux banques centrales, FMI, gouvernements… Et où les rémunérations correspondaient aux services rendus à la société et à l’économie réelle – brrrrrrrr…

Quoique, tu me diras que le traité de Maastricht précisait bien aussi « l’acquisition directe, auprès [des États], par la Banque centrale européenne ou les banques centrales nationales, des instruments de leur dette est également interdite. » (art. 123) – dire que c’est toi qui l’as négocié ! Tu en as racheté combien de milliards aujourd’hui d’ailleurs ? Arf, trop drôle, comme si j’interdisais à mon fils d’acheter un scooter, et qu’il demandait à son meilleur ami de le faire, avant de le lui racheter…

D’ailleurs, il y a un truc que j’aimerais que tu m’expliques : je n’ai jamais compris pourquoi il a été indiqué dans le traité européen que « L’objectif principal du Système européen de banques centrales est de maintenir la stabilité des prix. » (art. 127) et non pas « L’objectif principal du Système européen de banques centrales est d’empêcher les investisseurs privés de perdre de l’argent. » Cela serait tellement plus simple, et éviterait de te contorsionner – car vu tous les actifs pourris que tu rachètes à grand coups de planche à billets, tu risques bien de déclencher une hyperinflation, alors que ton seul objectif est de faire le contraire ! Mais fais gaffe quand même – c’est un coup à ce que nous perdions de l’argent, et là ce serait grave, pas comme quand c’est les petits contribuables qui sont tondus… Enfin bon, je dis ça, je dis rien, mon Jean-Claude (surtout que je suis « non imposable », touchant mes dividendes aux îles Caïmans)…

Tiens sinon, tu as vu, les politiques nous on refait le coup de « il faut sauver l’Italie »… Tu remercieras l’agence de communication d’ailleurs pour l’idée. Car réussir à faire croire qu’on sauve un pays débiteur, alors qu’on le fait juste souffrir pour sauver ses créanciers, c’est prodigieusement génial ! « Il faut sauver la Grèce, l’Irlande, le Portugal, l’Italie, le soldat Ryan, Willy… » Arf ! Et qu’ils continuent bien à parler des 1 800 Md€ de dette de la France et du risque pour leurs enfants, sans jamais se demander qui détient les 1 800 Md€ de créances (dont environ 80 % sont détenues par les 10 % les plus riches de la population, une chance que le secret règne là-dessus et qu’on ne sache pas vraiment qui détient la dette…), si tu vois ce que je veux dire… ;)

Par ailleurs Liliane Bettencourt te remercie pour ses obligations, elle a vraiment cru qu’elle allait perdre de l’argent… Mais bon, tant que les peuples se serrent la ceinture pendant des années pour la rembourser, todo va bene… Une chance que tu aies aussi personnellement des obligations, comme les autres gouverneurs de la BCE, cela aide à prendre les bonnes décisions, si tu vois ce que je veux dire… ;)

Tant que j’y pense, tu ne voudrais pas racheter mes vieilles obligations eurotunnels de 1988 et mes actions France Telecom de 2000, ça m’a vraiment miné le moral de perdre de l’argent avec… ? Promis je dirai rien aux allemands – ils sont trop lourds avec leur « éthique » et leur « responsabilité », ces pète-sec… Enfin bon, tant qu’ils paient et continuent à exploiter leur population en la payant mal, ça me va… Mais surveille-les de près quand même, je sens qu’il va encore falloir les menacer pour qu’ils nous soutiennent de nouveau. En revanche, pour les Italiens, à priori c’est bon, ta lettre a fait son petit effet ! (ils vont voir qui c’est qui commande ! Pourquoi n’as-tu pas demandé la suppression du Parlement au fait ?).

Bon, allez, il faut que je te laisse, je dois appeler le petit Barack pour le réconforter. Tu l’as entendu hier , avec son pathétique “les États-Unis seront toujours un pays triple-A” ? Flute, je ne sais pas comment lui annoncer que son AAA est décédé ce week-end. Je vais essayer de lui expliquer que mais oui, c’est comme Michael Jackson, qui sera toujours vivant dans nos coeurs… [cf. les 5 étapes du deuil, 1ère étape : le déni]

Et sinon, on se voit toujours au Fouquet’s la semaine prochaine Clodio ? Je t’invite – je te dois vraiment bien ça !

Amitiés M. Lémarché-Financillet

P.S. au fait, papy me dit de te demander si tu ne pourrais pas aussi lui racheter les emprunts russes de son grand-père ? Merci d’avance ! :)

Emprunt russe Dette

N.B il s’agit bien entendu d’une lettre ironique, à prendre comme telle…


EDIT 09/08: mon commentaire d’hier soir sur les marchés financiers, sur RTL

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Dessin Humour Cartoon Dette

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60 réponses à Lettre à Jean-Claude Trichet

  1. valuebreak Le 09 août 2011 à 05h43
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    bjr Olivier …

    vous auriez pu (dû ?) rajouter une allusion au courage personnel d’un type qui déclenche un tel merdier juste avant de se barrer en retraite …

    une question, svp …

    y a t’il une limite aux quantités d’obligations qu’une banque centrale puisse acheter ? la taille de son bilan est elle bornée ? peut on envisager un déséquilibre monstrueux entre actif et passif d’une BC ? ladite BC peut elle faire faillite si les états ne la recapitalisent pas ?
    en bref, quelle est la limite à la fuite en avant ?
    et quels sont les dommages collatéraux ? je vois l’hyperinflation et la ruine des épargnants bien sûr, mais quels autres ?
    enfin, le commerce international est il menacé par une hyperinflation mondiale ?

    merci


    • Marion Le 09 août 2011 à 18h53
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      Bonjour,
      vous trouverez des éléments de réponse à votre question dans l’article d’Alain Grandjean La BCE peut-elle faire faillite ?
      link to financerlavenir.fnh.org


      • valuebreak Le 13 août 2011 à 07h36
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        merci, l’ article mérite l’attention.


  2. Colas Le 09 août 2011 à 06h38
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    bonjour,

    au-delà de la moquerie, vous affirmez donc que la BCE n’a aucune intention d’aller vers un bien public, mais uniquement de permettre aux riches de rester riche, si je comprends bien.

    Je me sens mal à l’aise avec une telle vision qui me paraît trop simplistes et trouverait mieux à s’exprimer sur des blogs d’extrème (droite ou gauche, sur cela ils se rejoignent) que sur ce blog qui nous a habitué à mieux, beaucoup mieux.

    Cela ne m’empêche pas de rester abasourdi par votre capacité de mettre, avec pertinence et qualité, les réalités économiques à disposition du plus grand nombre, ce pour quoi je vous remercie encore et encore.


  3. Yann Le 09 août 2011 à 07h56
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    Bonjour,
    c’est bien çà : l’idée de profiter de l’altruisme bancaire : mon épouse a hérité d’un stock d’emprunt russe et d’euro tunnel d’un humaniste d’un autre genre : son grand père.
    bref j’ai bien ri en vous lisant. je sais pas jusqu’à quand, mais pour le moment je ris de bon cœur..


  4. leplusimportant Le 09 août 2011 à 08h48
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    boujour, j’ai découvert votre site il y a quelques mois en recherchant de l’information alternative ,une information honnete sensée et juste que j’ai découvert dans votre site. Vous faites un travail trés appréciable formidable et le mot est léger. Votre réponse à Colas est justement le vrai probléme, bien au dela de tous clivage politique! une poignée d’individu decident empochent et font et defonts notre vie economlique sociale et politique!vous avez raison piourquoi ne pas chercher à qui va tout cet argent? oui pourquoi se démennent t ils tant pour garder une telle situation en place le travail ne vaut plus rien, c’est l’argent qui fait l’argent ! pourquoi à ce jour les traité sont violés? oui pourquoi? moi je trouve ces questions que vous posez de vrais questions!!!mais les reponses me glacent! je crois que je commence a comprendre qu’une poignee d’hommes dans le monde veulent plus encore plus peu importe si les autres meurent ou pleurent des larmes de sang! j’ai commencé à m’interresser à la jp morgane et à comprendre ses ramifications!!mais pourquoi plus de gens n’en parlent t ils pas? pourquoi? moi j’aimerai lutter contre ces gens, vous avec votre votre blog vous nous permettez d’être éveillé en conscience mais c’est terrible et colas devrait se dire que nous avons passé un cap terrible et que ces gens avide de sang du notre feront tout pour ne pas perdre leur precieux argent car aux manettes des bourses et des marches financiers il y a des gens qui les manipulent ses manettes!!!!enfin colas il faut ouvrir les yeux!!!
    merci encore pour ce blog qui est citoyen et ose dire les choses je suis trois autres personnes sur le net JORION JOVANOVIC ET LES MOUTONS ENRAGES et je comprends mieux ce qui se passe et c ‘est terrible!!!!


  5. René Le 09 août 2011 à 09h08
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    Hello Olivier,

    Tout d’abord bravo pour votre travail qui m’aide à mieux comprendre les phénomènes (de foire…)qui m’entoure et aiguise mon esprit critique.

    Je viens de faire un bon sur votre commentaire “..connaitre la concentration précise des détenteurs de la dette publique..” comment ca c’est un secret, on ne sait pas qui détient la dette. C’est une vrai question pas une boutade !

    Bonne journée.


  6. Christopher Johnson Le 09 août 2011 à 09h09
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    Excellent texte, qui m’a bien fait rire devant mon café. Très juste au demeurant.
    Un vrai bon texte économique comme les journalistes devraient en pondre depuis quinze ans.

    Chargez la mule en or mes bons, chargez avant que vos poches ne se délestent totalement !


  7. Nihil Le 09 août 2011 à 09h24
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    J’aime bien le ton de ce billet et contrairement à Colas, dont je respecte la perception différente, je n’y vois aucun extrémisme; des positions “tranchées”, peut-être, et c’est normal.
    Il semble que la Fed aît 2 missions: lutter contre l’inflation ET pour l’emploi (qu’elle remplisse également les deux est une autre affaire). Le “système” US reconnaît donc un lien entre monnaie et emploi (cf le site Chômage et monnaie de Gabriel Galand, trop peu disert à mon avis). Il me semble parlant que la BCE ne se soit vue confier que la première de ces deux missions: l’UE de facto ignore cette relation de causalité, comme si (je dis bien: comme si) une politique pour l’emploi ne l’intéressait pas, du moins pas via la BCE. Et de fait, elle pratique à mon avis une politique DE l’emploi, c’est-à-dire d’ajustement du chômage à ses objectifs économiques et financiers en espérant que la main d’Adam Smith ne se perdra pas dans la culotte d’un zouave sur le départ.


  8. BA Le 09 août 2011 à 10h58
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    Mardi 9 août 2011 :
    Les cinq Etats européens en faillite ont une dette publique de 3117 milliards d’euros.

    Irlande : dette publique de 148 milliards d’euros.
    Portugal : dette publique de 160 milliards d’euros.
    Grèce : dette publique de 328 milliards d’euros.
    Espagne : dette publique de 638 milliards d’euros.
    Italie : dette publique de 1843 milliards d’euros.

    link to epp.eurostat.ec.europa.eu

    Qui va assumer cette dette publique de 3117 milliards d’euros ?
    L’Allemagne ?
    Mais l’Allemagne a elle-même une dette publique de 2079 milliards d’euros.
    Alors ?
    Qui va assumer cette dette publique de 3117 milliards d’euros ?


    • Patrick Le 09 août 2011 à 13h52
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      C’est l’occasion de comparer la dette par habitant USA Vs Europe…
      quelque chose me dit que les USA sont les plus endettés.

      En France on est à 25700€ et au USA 46000$ par personne

      sources
      link to cluaran.free.fr
      link to usdebtclock.org


    • Sorroche Le 09 août 2011 à 15h17
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      Certe, la dette publique esoagnole = 638 milliards d’euros, mais ce que nous éffraye c’est la dette TOTALE, dette que à present monte a 4000 milliards €.


  9. Nihil Le 09 août 2011 à 11h12
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    J’ai lu “quelque part” (?) que la dette publique française est détenue à 70% environ par des créanciers étrangers et qu’un début de solution pourrait être une transfert (sous quelle forme, dans quelles proportions, etc ?) vers les/des épargnants français. Quels seraient les + et les – de ce transfert, est-il possible et comment, est-il souhaitable et réaliste ?


  10. DiscoTonio Le 09 août 2011 à 11h22
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    Selon toi Olivier, c’est Liliane Bettencourt qu’ils sauvent ou bien l’assurance vie de papy Robert ?


  11. François-Xavier D. Le 09 août 2011 à 12h21
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    Bonjour,

    Je suis assez d’accord avec Colas sur votre vision qui, si elle ne me paraît pas fondamentalement erronée, me paraît omettre la considération suivante :

    -La dette peut être certes le produit de jeux financiers hasardeux (la Grèce) mais elle peut aussi être le fruit d’une politique de soutien à la croissance : rien ne prouve que l’austérité anglaise fonctionne mieux ou que l’austérité américaine fonctionne ! même si la dette me paraît un mauvais système dans l’absolu, il présente au moins la qualité d’avoir soutenu notre prospérité économique pendant des années. Il s’agit moins de sauver les investisseurs privés que de sauver un système !

    La dette n’est pas toujours un fardeau : on peut voir par exemple que les américains que l’on décrit tant en ce moment se désendettaient durant les années 90 :
    link to krugman.blogs.nytimes.com

    Alors, oui, depuis la loi pompidou-giscard de 73, la dette appartient en grande partie à des fonds privés. Ce qui a certes l’inconvénient de rendre les états plus dépendants des taux d’intérêts mais permet aussi de réunir d’avantage de fonds sans générer d’inflation trop importante.

    Le système a certes ses inconvénients mais il présente aussi ses avantages, avantages que vous semblez négliger. Paul krugman dans son blog (j’ignore si vous le lisez) est beaucoup moins tranché que vous sur la dette. Pour lui, c’est un instrument qui doit servir à soutenir la croissance en cas de crise. Pour vous, j’ai l’impression à vous lire que c’est un système qu ne sert QUE à engraisser les riches.

    Je n’aime pas engraisser les riches mais est-ce qu’il vaut mieux foutre tout le système par terre (un défaut) qui, à court terme, sera plus néfaste pour les plus pauvres ? A long terme, je suis d’accord avec vous qu’il faudrait restructurer la finance internationale mais en l’état, c’est un vœu pieux. Alors, quelles solutions ? On peut gueuler sur les investisseurs privés et dire que c’est injuste (ce qui est le cas, on est d’accord) ou s’endetter encore plus en espérant que Krugman et le néo-keynesianisme ont raison. Qu’a-t-on à perdre à écouter krugman ? la dette est déjà trop grande pour être remboursée alors on est plus à quelques milliards près !


  12. Arno Le 09 août 2011 à 12h59
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    En exclu, l’echange lahagarde et le tricheur:

    Elle: Oulalalalaï!…loukatilosouk! Qui vascalava? No bibi hin!
    Lui: Calmina ma loviniou
    Elle: Ma so cradopoulo!
    Lui: Daqui FMI micro é crapoto bastafouitt !
    Elle: Oh so touti minirikiki!
    Lui: Ma kif kif costo
    Elle: Humm, qué séra séra
    Elle: Oh sobonoclin lo milou é so doudou locoto Bravomomicro (en l’embrassant: ) Humm gro crapoulo

    FMI Micro, lo touti rikiki, maousse costo.


  13. Jacques Le 09 août 2011 à 13h18
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    Peut-être pourriez-vous nous donner quelques précisions ou indications complémentaires :
    Vous avez l’air de dire que la BCE “allège” les mauvaises positions des banquiers européens qui ont des obligations d’Etat sur les pays exposés, mais en pratique auprès de qui et comment la BCE procède-t-elle pour effectuer ses achats ? Fait-elle une offre de prix ? Les données sont-elles publiques ?

    Par ailleurs je n’ai pas bien compris comment il fallait interpréter le 1er graphique de la page avec ses 2 échelles. Il me semble qu’il faudrait avoir un graphique ramenant les achats de la BCE aux émissions totales des pays concernés.
    Il faudrait quantifier tout cela mais il me semble que ces achats de soutien de la BCE représentent encore une goutte d’eau par rapport aux achats américains de leur propre dette et que cela est surtout symbolique par rapport à l’orthodoxie germanique de la BCE. Qu’en pensez-vous ?
    Le problème de fond reste les taux d’intérêt des dettes des pays européens en difficulté auxquels s’ajoutent maintenant l’Espagne et l’Italie qui vont je suppose rester très élevés quoi que face la BCE et qui vont entrainer l’Europe dans la récession.


  14. dot Le 09 août 2011 à 13h31
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    Si la fameuse loi Pompidou-Giscard de 1973 n’avait pas été votée, où en serions-nous maintenant ?
    Le contrôle citoyen sur les finances publiques serait-il meilleur ?
    Les banques seraient-elles aussi puissantes qu’actuellement ?
    Pourrions nous revenir en arrière, alors que semble-t-il les Usa avaient déjà donné ce pouvoir à leurs banques depuis longtemps?


  15. lau Le 09 août 2011 à 13h32
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    Eclairer en faisant rire et réfléchir…. !!!

    Bravo!


  16. dot Le 09 août 2011 à 14h41
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    François-Xavier dit “Ce qui a certes l’inconvénient de rendre les états plus dépendants des taux d’intérêts mais permet aussi de réunir d’avantage de fonds sans générer d’inflation trop importante.”
    Le tout est de savoir si ces avantages valent le prix que nous payons. Avec le système d’avant 1973, selon certains, nous n’aurions pratiquement aucun déficit à l’heure actuelle et donc nous rembourserions pas tous les jours 120 millions d’euros d’intérêt aux banques. Si ces affirmations sont véridiques le prix payé semblerait plutôt élevé.
    Qui détient LA vérité … si elle existe ?


    • François-Xavier D. Le 09 août 2011 à 14h54
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      Ce n’est que mon avis mais je pense que même si c’est macro-économiquement correct et fournit une meilleure croissance, ce n’est pas durable. Pour moi, c’est comme faire de l’agriculture intensive à coup d’engrais et de mécanisation plutôt que de faire de l’agriculture biologique : les rendements sont meilleurs et ça rapporte plus à court terme mais ça génère plein d’effets pervers néfastes à moyen et long termes (dans le cas de l’agriculture, c’est l’appauvrissement de la biodiversité, l’épuisement des sols pour le côté biologique et la dégradation de la condition rurale pour le côté social).

      Pour poursuivre la métaphore avec l’agriculture, j’avais lu dans le Courrier International un article qui disait qu’il fallait utiliser les produits financiers comme du compost plutôt que comme de l’engrais : des produits à maturité plus lentes, ayant des effets plus durables et qui puisqu’ils sont moins rentables ne génèrent pas de brusques bouleversements ou des bulles spéculatives.

      Mais bon, on peut rêver.


      • Leslie Bonnard Le 10 août 2011 à 11h29
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        Bonjour.

        Je vois que ce site vous éclaire l’esprit au fur et à mesure que je lis vos commentaires. C’est génial. Votre métaphore est superbe. Mais je voudrais ajouter qu’à force de reproduire de manière indéfinie les mêmes erreurs, l’homme passe son temps à perdre ses objectifs de vue. Pour ma part, le plus important, il me semble, c’est de pouvoir vivre bien de façon sûre du début à la fin de sa vie. C’est à dire sur le long terme, pour nous, nos enfants, petits enfants, etc… Or quand on regarde les politiques financières (entre autres) qui ne cessent de se développer depuis des années, on ne voit que le court terme. Pas étonnant qu’aujourd’hui, on en soit au point de se demander ce qu’il adviendra de nous demain… Comme on dit, chassez le naturel, il revient au galop. Indépendamment de toute explication technique financière et tranchée, il est très clair que la cupidité et l’avidité de certains homme est en train de causer la perte de l’humanité. Les faits sont bien plus graves que tout ce que vous avez pu voir ou imaginer jusqu’à présent. Certaines personnes (et il y a des noms connus, renseignez-vous sur la JP Morgane, elle est experte en la matière de destruction de l’humanité) devraient être traitée devant la justice pour crime contre l’humanité. Malheureusement, on en est pas encore là à mon plus grand désespoir… Vous êtes sur la bonne voie. C’est après avoir ouvert les yeux et pris conscience de la réalité qu’on peut commencer à la corriger quelque soit notre place dans le monde. Merci a Monsieur Berruyer mais également à Monsieur Jovanovic pour leur réveil massif ; )


  17. Fred Le 09 août 2011 à 15h37
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    Que dire, vous résumez parfaitement ce que beaucoup de personnes qui s’intéressent à la finance pensent.
    Je vous lis régulièrement et ceci avec grand plaisir.
    Merci


  18. José Le 09 août 2011 à 15h40
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    Monsieur Berruyer,
    je crois que nous sommes sur la bonne piste, inspirée par l’idée du “mètre qui diminue”: la contraction de la monnaie (et du porte-monnaie) est peut-être un effet relativiste du trading haute fréquence?


  19. chris06 Le 09 août 2011 à 16h41
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    bof

    vous confondez “perte de valeur de la monnaie” et “augmentation du cours de l’or” ainsi que
    “monétisation directe” (interdite par l’article 123) et ce que fait Trichet.


    • chris06 Le 09 août 2011 à 16h44
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      j’ajoute que c’est dommage car votre lettre commençait bien.

      Pourquoi vouloir dénaturer sa valeur en rajoutant des idées fausses?


  20. Pierre-Igor Le 09 août 2011 à 17h21
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    Bonjour,

    Dans ce contexte, j’aimerais avoir votre opinion sur ce billet :

    link to medelu.org

    Merci d’avance


  21. [...] Le Blog d’Olivier Berruyer sur les crises actuelles Aug 9, 2011 • http://www.les-crises.fr Le Blog d’Olivier Berruyer sur les crises actuellesLes-crises – Je tenais à te remercier pour ta brillante intervention d’hier, couronnant plusieurs jours d’efforts. Déjà, tu m’as épaté quand tu as réussi à faire voter par la BCE jeudi soir la reprise du programme d’achats d’obligations pourries des États européens en faillite (pléonasme lol). [...]


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    [...] Les crises.fr 9 août 2011 – Olivier Berruyer [...]


  23. DD Le 10 août 2011 à 14h49
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    Quelques petites questions :
    - N’est-il pas bon pour l’État grec, espagnol… que la BCE rachète à un prix inférieur au pair sur le marché secondaire obligataire une dette qui figure à un prix de 100% au bilan de ces mêmes États ? Rachats qui seront probablement transférés par la suite au FSEF.

    - Ce fonds n’est-il pas d’ailleurs un pas de plus vers un fédéralisme européen inexistant aujourd’hui ? Ce qui permettrai une éventuelle harmonisation des politiques économiques des pays de la zone. Un manque d’harmonisation qui rend de fait, on peut le reconnaitre qu’on l’aime ou pas, le rôle de la BCE plus compliqué et bien ingrat.

    - Par le passé, les pays européens donnaient des bols d’oxygène à leurs économies via des dévaluations de leurs devises respectives. Avec l’Euro et l’impossibilité pour les différents États de la zone d’user d’un tel procédé, n’est-on pas aujourd’hui en train de réaliser cet ajustement par la dette ?

    - Par ailleurs, avant de se poser la question de savoir à qui devons nous notre dette, ne faut-il pas se demander pourquoi l’avons nous contractée ?


  24. BA Le 11 août 2011 à 05h38
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    Pourquoi les banques françaises se sont-elles effondrées mercredi ?

    CAC 40 : les valeurs bancaires dévissent, la Grèce en cause.

    En cause, l’annonce par le gouvernement grec d’un possible prolongement du programme d’échange de titres (‘rollover’) auquel ont souscrit les banques françaises.

    La Grèce envisage d’inclure dans son programme d’échange d’obligations des titres arrivant à échéance « un peu après 2020 », a indiqué mercredi à une radio grecque le ministre des Finances, Evangélos Vénizélos. Jusqu’ici, la restructuration de la dette grecque devait s’achever en 2020.

    Par ailleurs, l’Allemagne a répété mercredi qu’elle n’envisageait pas d’augmentation du Fonds européen de stabilité financière (FESF), alors que tous les observateurs s’accordent à dire que ce dernier n’est pas calibré pour sa nouvelle mission de pompier de la zone euro.

    Les banques françaises sont enfin particulièrement exposées à l’Italie, qui vient d’annoncer un plan de rigueur en réponse à l’inquiétude des marchés sur sa dette.

    link to easybourse.com

    La Grèce à l’origine de la panique.

    Première cause de cette panique sur les banques : l’annonce faite par la Grèce d’étendre son programme d’échanges d’obligations pour échelonner ses remboursements. Ce qui pénaliserait ses créanciers privés, dont les banques françaises font partie.

    Mais c’est surtout l’exposition de ces banques françaises en Italie, évaluée à 410 milliards d’euros, qui inquiète. Elles détiennent de la dette publique, mais aussi des filiales (BNL pour BNP, ou Cariparma pour Crédit Agricole).

    link to ouest-france.fr


  25. BA Le 11 août 2011 à 05h39
    Afficher/Masquer

    Pourquoi les banques françaises se sont-elles effondrées mercredi ?

    CAC 40 : les valeurs bancaires dévissent, la Grèce en cause.

    En cause, l’annonce par le gouvernement grec d’un possible prolongement du programme d’échange de titres (‘rollover’) auquel ont souscrit les banques françaises.

    La Grèce envisage d’inclure dans son programme d’échange d’obligations des titres arrivant à échéance « un peu après 2020 », a indiqué mercredi à une radio grecque le ministre des Finances, Evangélos Vénizélos. Jusqu’ici, la restructuration de la dette grecque devait s’achever en 2020.

    Par ailleurs, l’Allemagne a répété mercredi qu’elle n’envisageait pas d’augmentation du Fonds européen de stabilité financière (FESF), alors que tous les observateurs s’accordent à dire que ce dernier n’est pas calibré pour sa nouvelle mission de pompier de la zone euro.

    Les banques françaises sont enfin particulièrement exposées à l’Italie, qui vient d’annoncer un plan de rigueur en réponse à l’inquiétude des marchés sur sa dette.

    link to easybourse.com

    La Grèce à l’origine de la panique.

    Première cause de cette panique sur les banques : l’annonce faite par la Grèce d’étendre son programme d’échanges d’obligations pour échelonner ses remboursements. Ce qui pénaliserait ses créanciers privés, dont les banques françaises font partie.

    Mais c’est surtout l’exposition de ces banques françaises en Italie, évaluée à 410 milliards d’euros, qui inquiète. Elles détiennent de la dette publique, mais aussi des filiales (BNL pour BNP, ou Cariparma pour Crédit Agricole).


  26. Dubreuil Le 12 août 2011 à 11h26
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    perso je continue à penser que la déflation nous menace.
    Pas l’hyper inflation.

    Cf le japon.
    tous les rachats n’empecheront pas les faillites des entreprises et des ménages et donc chomage, baisse de salaires et des prix, actions immobiliers…

    l’hyper inflation dans ce contexte est totalement impossible.

    Par ailleurs le fait que l’or augmente en période de déflation est également normal, il s’agit d’une manifestation normale de la préférence pour la liquidité : aucun actif ne rapporte de l’argent donc c’est or ou argent liquide.


    • nicoletta forcheri Le 12 août 2011 à 15h49
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      C’est une hyperinflation par taches de guépard, dans les bulles des financiers, dans une déflation généralisée pour la population, c’est ce qu’on appelle la spéculation…


  27. Dubreuil Le 12 août 2011 à 11h29
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    Cf irlande
    link to gecodia.fr

    L’hyper inflation … On l’attend encore, et on l’attendra encore dans 5 ans.
    c’est juste un mythe pour imposer des plans de rigueur aux pays, faire agraver la crise et permettre à certains de racheter des actifs européns à bas cout.


  28. BA Le 12 août 2011 à 12h08
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    Vendredi 12 août 2011 :

    Grèce deuxième trimestre : aggravation de la contraction du PIB sur un an (- 6,9 %).

    Le produit intérieur brut (PIB) grec s’est fortement contracté au deuxième trimestre 2011 de – 6,9 % par rapport à la même période en 2010, contre – 5,5 % au premier trimestre, selon les estimations provisoires publiées vendredi de l’Autorité des statistiques grecques (Ase).


  29. Dubreuil Le 12 août 2011 à 14h45
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    oups le commentaire ci dessus était destiné a faire suite au commentaire que j’ai posté sur un autre post… (voila ce que c’est que d’etre multi fenetres


  30. BA Le 15 août 2011 à 08h27
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    Vendredi 12 août 2011 :

    Italie : record de la dette en juin à plus de 1900 milliards d’euros.

    La dette publique de l’Italie, qui est l’une des plus élevées du monde en valeur absolue, a atteint un nouveau record en juin, à 1901,9 milliards d’euros, contre 1897 milliards d’euros au mois de mai.

    Elle représente 120 % de son produit intérieur brut (PIB).

    Elle s’accentue ainsi pour le troisième mois consécutif. Sur un an, elle a progressé en juin de 3,19% en données absolues.

    “Chaque nouveau-né se trouve avec une dette publique de 31’700 euros, qui s’élève à 90’565 euros par ménage”, ont dénoncé les associations de consommateurs italiens.

    link to lematin.ch


  31. Loréal Le 09 août 2011 à 08h20
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    Bien vu et bien dit !
    Go, go Olivier…


  32. Trevisan Le 09 août 2011 à 08h54
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    Il y a des années j’avais demandé par e-mail à France Trésor (link to aft.gouv.fr) qui détenait la dette de la France. Je n’ai jamais reçu de réponse de leur part. Je suppose que la partie contact de leur site devait mal marcher à l’époque. Ça devrait être réparé depuis le temps.


  33. Trubli Le 09 août 2011 à 09h02
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    Je suis 100% en phase avec Olivier et cela même si j’ai l’impression qu’Olivier est un libéral du type Jean-jacques Rosa et moi un keynésien statolâtre.

    Il ne faut pas se faire avoir par la rhétorique et la novlangue de la presse.

    Le problème structurel de la Grèce n’a pas été réglé.
    Pire les aides mises en places l’ont été à la condition que la grèce continue à acheter du matériel militaire français et allemand. Les grecs ont-ils besoin d’acheter des hélicos et des sous-marins alors qu’ils sont dans une des pires crises de leur histoire ??? Comment peut-on alors oser parler d’AIDE ?!

    Dans une vraie démocratie, l’Agence France Trésor devrait avoir l’obligation de dire quelles personnes physiques sont nos créanciers. On sait que la dette française est détenue à 70% par l’étranger. Et ces pays étrangers détenant notre dette ce sont principalement les îles Caïman, le Luxembourg et le Royaume-Uni. Les deux premiers sont des paradis fiscaux et le troisième un paradis fiscal où vit une forte communauté française.

    Le gouvernement nous dit qu’il faut plus de rigueur alors que dans une vrai démocratie, il doit appartenir à la population de savoir envers qui elle s’est endettée et de déterminer comment elle compte rembourser cette dette et si elle compte la rembourser en totalité ou en partie.


  34. Pierre, citoyen révolté Le 09 août 2011 à 09h53
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    @Olivier Berruyer : Grâce à vous (et quelques autres) la population prend (lentement) conscience de la réalité de la situation. Cela se terminera immanquablement par une reprise du pouvoir par le peuple en réaction aux abus des riches.
    Toutefois ça peut être très long… Pour mémoire, il a fallu un siècle (celui des lumières) avant la révolution de 1789. L’idéal serait d’éviter la phase sanglante et de régler tout ça dans les urnes… Mais quand je vois les candidats à la présidentielle, UMPS ou extrême droite… Je suis pessimiste.


  35. Trubli Le 09 août 2011 à 10h27
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    Vous avez raison de ne pas mettre d’étiquette.
    Oui il faut une ouverture d’esprit. C’est pourquoi je lis en ce moment le livre de J.J. Rosa “l’Euro comment s’en débarasser”. Car je me demandais comment un libéral comme Rosa et un interventionniste comme Sapir peuvent arriver à la même conclusion qu’il faut sortir de l’Euro. Je ne souscrits pas à toute l’argumentation de Rosa mais c’est lui qui explique le mieux les motivations pratiques des grandes banques, grandes entreprises et gouvernements.


  36. BA Le 09 août 2011 à 11h03
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    Il y a aussi une autre limite : c’est quand les dirigeants de la BCE vont EN PLEURNICHANT à une réunion des chefs d’Etats et des chefs de gouvernements européens. Les dirigeants de la BCE leur demandent EN PLEURNICHANT :

    “Ouin ! Vous devez recapitaliser la BCE ! En clair : vous devez faire payer vos contribuables pour recapitaliser la BCE ! Vous comprenez : notre bilan est vraiment trop pourri !”

    Dernier exemple en date :

    En décembre 2010, les chefs d’Etat membres de l’Union européenne se sont réunis à Bruxelles. Ils ont vu arriver les dirigeants de la Banque Centrale Européenne qui leur ont expliqué le problème :

    les dirigeants de la Banque Centrale Européenne ont demandé aux 16 chefs d’Etat membres de la zone euro de recapitaliser la BCE car elle était surchargée d’obligations pourries (obligations de l’Etat grec, obligations de l’Etat irlandais, obligations de l’Etat portugais, obligations de l’Etat espagnol).

    En décembre 2010, la BCE avait dans ses livres 72 milliards d’euros d’obligations d’Etat pourries.

    Les 16 chefs d’Etat membres de la zone euro ont alors accepté de recapitaliser la BCE. En décembre 2010, les 16 Etats de la zone euro ont recapitalisé la BCE.

    Concrètement : en décembre 2010, les contribuables européens ont recapitalisé la BCE : ils ont payé 5 milliards d’euros.

    Lisez cet article :

    « Le contribuable à la rescousse de sa banque centrale.

    Ce n’est qu’une phrase dans la déclaration finale des chefs d’Etat de la zone euro lors du Conseil européen du vendredi 17 décembre. Mais elle pourrait peser plusieurs milliards d’euros dans les comptes publics des seize états de la monnaie unique.

    Ces dirigeants européens déclarent en effet « être déterminés à garantir l’indépendance financière des banques centrales de l’Eurosystème », c’est-à-dire de la Banque Centrale Européenne (BCE) et des seize banques centrales nationales des pays ayant adopté l’euro, à l’instar de la Banque de France.

    Cela rappelle que les contribuables des seize Etats membres doivent renflouer la banque centrale de leur pays (par exemple les Français pour la Banque de France) si elle n’était plus suffisamment capitalisée pour continuer sa mission.

    Le président de la BCE, Jean-Claude Trichet, a pris soin de faire répéter cette obligation aux chefs d’Etat lors du dîner du jeudi 16 décembre. Le matin même, il avait acté avec ses homologues du Conseils des gouverneurs de la BCE le doublement du capital de la banque, grâce à une injection de 5 milliards d’euros venant des seize banques centrales nationales (711 millions d’euros pour la Banque de France).

    Jean-Claude Trichet s’inquiète de couvrir les pertes éventuelles qu’encourent la BCE et, par ricochet, les banques centrales nationales de la zone euro, si les obligations de la Grèce, de l’Irlande, du Portugal et de l’Espagne, qu’elles ont achetées pour 72 milliards d’euros depuis mai 2010 pour aider ces Etats membres, n’étaient pas remboursées.

    Dès lors, le contribuable paierait aussi cette note d’une faillite d’un Etat de la zone euro, comme la Grèce ou l’Irlande, jusqu’ici secouru par la BCE et ne pouvant plus rembourser ses emprunts. »

    Frank Paul Weber, La Tribune, lundi 20 décembre 2010, page 6.


  37. Nihil Le 09 août 2011 à 12h37
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    @ BA
    Merci de ce rappel, j’avais oublié ce “détail” qui vaut son pesant de junk ! :-)


  38. nicoletta forcheri Le 12 août 2011 à 15h36
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    Recapitaliser la BCE ne veut dire rien d’autre que de la part des BCN donner l’autorisation d’imprimer de la monnaie ex nihilo qui ne prend de la valeur qu’en échange de nos dettes ‘souveraines’. Notre BCN italienne est tout-à-fait privée donc composée de banques privées, voire des banque étrangères comme BNP paribas, qui est à la fois dealer de notre dette et le notre principal créancier que tricherie vient de “sauver” avec le “sauvetage” de l’Italie..
    Qu’on y pense, Tremonti a même envisagé la possibilité d’inscrire dans la Constitution le budget en actif… Si ce n’est pas un golpe blanc à l’avantage de BNP (et donc AUSSI de la France…), c’est quoi? C’est comme ça que ça marche: la France est endettée envers des fonds américains qui sont endettés envers la Banque de Chine, nous somme créanciers FORCéS de la Grèce et ainsi de suite. LA SEULE SOLUTION? UNE ANNULATION DE TOUTES CES DETTES DEMENTES, selon le principe qu’un Etat ne DOIT PAS EMPRUNTER L’ARGENT aux banques privées POUR payer lES BIENS ET les SERVICEs produits par le peuple qu’il représente, de la même façon que les km pour projeter une route ne peuvent jamais manquer, comme disait notre maitre juriste économiste Prof. Auriti….car la monnaie ne doit être qu’un instrument de la valeur que nous produisons, et une mesure de la confiance que nous posons en nos projets, de nous vis-à-vis de nous-mêmes sans intermédiaires de la sorte…les fameux oligarches que notre De Gaulle avait chassé, au grand dam de la France..
    N. Forcheri


  39. François-Xavier D. Le 09 août 2011 à 15h11
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    Merci d’avoir pris le temps de me répondre. C’est l’une des choses que j’apprécie le plus dans ce blog, l’échange que l’on peut avoir avec vous via les commentaires.

    Pour le 2) : si on investit cet argent et que par la croissance on génère plus d’argent que l’on en perd avec les intérêts, on gagne de l’argent et on peut rembourser la dette. Pour moi, l’erreur a été de penser qu’on pouvait maintenir une croissance de manière indéfinie, même dans notre société de consommation (et heureusement d’ailleurs car notre croissance est tout sauf durable au niveau de l’environnement et des ressources).

    3) D’accord avec vous mais l’argument principal de Krugman est que l’économie américaine souffre juste d’un problème de liquidités, pas d’un problème structurel. Si il a raison, un stimulus économique peut effectivement débloquer les choses.

    Pour continuer sur Krugman, il est très critique sur la politique américaine mais il n’est pas du tout convaincu que les problèmes américains soient structurels, ils pensent qu’ils proviennent de mauvais choix fiscaux durant les années Bush.

    Quant à l’endettement privé, même s’il a augmenté, la sphère économique privée américaine ne doit pas faire face aux mêmes problèmes que la sphère publique pour son endettement (durée des échéances, taux des intérêts, etc…)

    Enfin, son argument sur le très bas taux des bons du trésor américain est pertinent : ils sont négatifs sur 5 ans. A moins d’une déflation brusque (je ne me rappelle pas en avoir déjà vu à grande échelle), on gagne de l’argent à emprunter pour investir :

    link to krugman.blogs.nytimes.com

    (Si vous avez un contre-argument sur ce dernier point, je serai très intéressé de l’entendre)

    Quant à votre question sur mon endettement personnel, je crois que c’est toute la différence entre la micro-économie et la macro-économie, non ?

    P.S. : je ne suis pas un fanatique aveugle de krugman mais je lis son blog depuis un mois en parallèle du vôtre et je dois reconnaître que le barbu est convaincant !


  40. valuebreak Le 13 août 2011 à 07h24
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    pardon vous êtes justement un contempteur de la dette, puisque ca veut dire mépriser et décrier …


  41. Marion Le 09 août 2011 à 21h46
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    Merci de votre réponse !
    L’idée n’est pas de faire tourner la planche à billet sans limite mais d’autoriser de nouveau l’emprunt à la Banque centrale pour les Etats européens dans des conditions prédéfinies. Cela permettrait d’éviter de payer des intérêts à n’en plus finir et de voir la dette s’alourdir uniquement du fait de payer des emprunts (le solde primaire de la dette française par exemple a régulièrement été positif au cours des dernières années). Par ailleurs, cette opportunité serait limitée à certains cas bien précis à la fois en termes quantitatif et en termes qualitatif (des projets fléchés).


  42. chris06 Le 10 août 2011 à 02h31
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    1. La perte de valeur de la monnaie ne se mesure pas par rapport à un SEUL bien physique, l’or ou ou le pétrole ou le Big Mac ou quel qu’il soit, mais par rapport à l’ENSEMBLE des biens et services. La perte de valeur de la monnaie se mesure par le taux d’inflation, pas par l’augmentation du prix de l’or.

    2. L’article 123 interdit à aux banques centrales de l’Union Européenne de financer directement les administrations publiques. Il est valable et respecté par toutes les banques centrales de l’Union Européenne, la BCE, la Bank oF England, la Banque Centrale de Suède ou de Norvège. Aux Etats Unis, la même interdiction existe dans l’article du Federal Reserve Act Section 14b.

    Toutes les banques centrales sont légalement interdites de financer directement leurs états respectifs et de passer par le marché secondaire pour acheter les obligations d’état. C’est vrai pour la BCE, la FED, la Bank of England, la Bank of Japan, la Banque Nationale Suisse, etc…

    Patrick Artus qui a écrit cet article de Natixis semble lui même complètement ignorer comment la FED conduit ses opérations d’achats de titres d’état américains, c’est à dire à travers des Open Market Operations auprès des 18 primary dealers qui sont les 18 banques privées qui ont l’exclusivité de la distribution des fonds émis par la FED.

    D’autant plus que quelques mois plus tard il écrit un autre article parlant de la monétisation de la dette publique qui contredit son article précédent et ne parle soudainement plus de ce qu’il appelait monétisation indirecte par les banques:
    link to cib.natixis.com

    Pour info :

    article de la FED qui explique ce qu’est la mnétisation
    link to research.stlouisfed.org

    article de la FED qui explique ce qu’est une Open Market Operation
    link to newyorkfed.org

    article de la FED qui explique ce qu’est un primary dealer
    link to newyorkfed.org

    article de loi qui oblige la FED a acheter tous ses titres d’état et ceux garantis par le gouvernement des Etats Unis à travers le
    link to federalreserve.gov


  43. chris06 Le 10 août 2011 à 08h38
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    Bien sûr que ça me choque mais c’est la conséquence d’avoir abandonné en 1971 un système où les gouvernements avaient le contrôle de leurs monnaies et en fixaient les taux de changes pour un système de changes flottants où ce sont les marchés qui le font.

    Vous semblez assumer qu’on aurait pu passer à un système de changes flottants où se sont les marchés qui déterminent les taux de changes et donc où l’intégralité du financement des acteurs économiques, qu’ils soient publics ou privés doit se faire par les marchés, tout en autorisant les banques centrales à financer directement les états. Or c’est impossible.

    Ce n’est ni à Trichet, ni à la BCE, qu’il faut reprocher la mise en place d’un système de changes flottants après l’abandonnement des accords de Bretton Woods en 1971. De plus, dans votre lettre vous reprochez à Trichet de ne pas suivre la politique monétaire qui lui est prescrite par la loi et par les statuts qui lui sont imposés par les états membres. Or c’est totalement faux, Trichet les suit à la lettre, que cela soit sur l’article 123 et sur le contrôle de l’inflation aux alentours de 2%/an.

    Le problème est bien plus fondamental que ce que vous semblez reprocher malencontreusement à Trichet : c’est l’intégralité du système monétaire international qu’il s’agit de repenser : il faut abandonner au plus vite ce système infernal qu’est le système des changes flottants et revenir à un système où ce sont les gouvernements qui déterminent les taux de changes et contrôlent leurs monnaies.

    Or ceci est la prérogative des dirigeants politiques des cinq nations qui ont mis en place ce système infernal en 1971 : les USA, le Royaume Uni, le Japon, la France et l’Allemagne

    C’est à eux de convoquer un nouveau Bretton Woods et d’abandonner ce système monétaire aberrant. Avant qu’il ne soit trop tard.


  44. chris06 Le 10 août 2011 à 14h28
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    Mais les banques centrales ont toujours fait cela, acheter des obligations d’état aux banques comme collatéral de leurs réserves. Ce qui se passe c’est qu’elles sont passées avec l’assouplissement quantitatif à la cadence supérieure.
    Ce n’est pas “l’esprit des traités” qui est floué. Ce n’est pas cela qu’il faut dénoncer, mais le fait que l’intégralité des sommes injectées par les banques centrales par assouplissement quantitatif sont allées dans les poches des détenteurs d’actifs divers et variés et rien pour les travailleurs.

    Aux Etats Unis, depuis la soi-disant reprise de la croissance au deuxième trimestre de 2009, reprise entièrement fabriquée par l’assouplissement quantitatif de la FED, 99% des sommes injectées ont été dans les poches des capitalistes (88% en profits d’entreprise, 11% en intérêts et loyers) et 1% pour les travailleurs.:
    link to economix.blogs.nytimes.com

    Il s’agit ni plus ni moins du plus grand pillage de l’histoire.
    Vous commenciez bien avec la première partie de votre lettre et la partie sur Bettencourt. Oui, c’est un véritable scandale, un énorme scandale. Mais pourquoi avoir voulu y rajouter des choses qui n’ont rien à y voir?


  45. nicoletta forcheri Le 12 août 2011 à 15h48
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    En plus dans les opérations d’open market la BCE rachète des titres nés pour l’occasion de sociétés écrans pour aider les banques et les multinationales qui lui plaisent, càd normalement les filiales, les spin off, le associées des actionnaires des BCN et des dealers en bons du trésor..


  46. DD Le 10 août 2011 à 16h04
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    Je suis d’accord si la BCE achète, le cours convergeront vers le pair. Mais quand on voit du 2 ans grec ou portugais se traiter respectivement à 67% et 88%, on peut se dire qu’il y tout de même un peu de marge, non. ;-)

    Et puis prendre le marché à son propre jeu, ça peut pas lui faire de mal. C’est d’ailleurs ce que fait marginalement Bercy tout au long de l’année sur les OAT.

    S’agissant des allemands, ça fait quelques années qu’ils acceptent déjà de payer les pots cassés. La question n’est pas de savoir s’ils vont accepter encore mais plutôt jusqu’à quand accepteront-ils de le faire ?

    On peut considérer aujourd’hui qu’en achetant des obligations d’États la BCE achète avant tout du temps.

    Sans doute pour organiser le défaut grec. On peut estimer aujourd’hui que la Grèce fera probablement défaut et que ses bonds ne seront remboursés qu’à hauteur 60%, 70% ou 80%. Ce qui allégera d’autant la facture pour les allemands, et dans une moindre mesure les hollandais, les finlandais…

    Bien sur le problème grec reste de moindre importance comparé à l’Espagne, car il s’agit plus d’un problème de collecte d’impôt que d’un problème de modèle économique.


  47. René Le 10 août 2011 à 16h46
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    Tiens les grands esprits se rencontrent…

    link to lemonde.fr


  48. DD Le 11 août 2011 à 14h49
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    Si je comprend bien vos arguments il aurait été préférable de laisser des banques faire faillite quitte à ce que des millions de personnes se retrouvent sans épargnes ni revenus (les salaires étant encaissable sur un compte) ???

    J’imagine plutôt que vous vouliez dire qu’il eut été préférable que la Fed adopte une attitude plus ferme dès 2000-2001, période qui me semble être la réelle racine de la crise actuelle, non ?

    Si je peux me permettre une simple critique sur votre lettre, ce serait la caricature d’opposition pauvre/riche qu’elle suggère. Après tout, l’ensemble des produits d’épargne (Livret A, Assurance Vie…), que bon nombre de personne utilise (et pas que des personnes payant l’ISF), est investi sur les marchés financiers.


  49. nicoletta forcheri Le 12 août 2011 à 21h33
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    plus la faillite des ménages..


  50. valuebreak Le 13 août 2011 à 07h20
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    non, ahma, c’est Papy Robert … puisque la majeure partie de l’argent emprunté par l’Etat lui revient sous forme de retraite, frais de santé, boom immo … en échange de son vote, bien sûr …


  51. Zol46 Le 16 août 2011 à 10h08
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    Bonjour,
    Tout d’abord je rejoins les autres lecteurs pour vous adresser un grand bravo pour ce travail formidable. Il est aussi rassurant de voir que certaines personnes dans ce monde cherchent un peu à comprendre ce qui se passe et ne se contente pas des médias traditionnels affligeants de bêtise.
    Par contre une question me taraude depuis que je lis vos posts. Quelles sont les données qui vous permettent de dire que 80% de notre dette publique est detenue par les 10% les plus riches alors qu’il est impossible de savoir précisemment qui détient notre dette? (j’ai fait pas mal de recherche et je ne trouve rien! c’est honteux! ca nous montre à quel point on ne vit plus en démocratie!)
    Si vos chiffres sont justes, cette histoire de dette est juste une vaste arnaque. Il suffirait de faire enfin payer des impots aux 10% les plus riches et d’arreter de culpabiliser ce bougre de francais moyen qui veut juste se soigner et assurer une bonne éducation à ses gosses…
    Merci beaucoup et bon courage pour la suite qui s’annonce de plus en en plus interessante…


  52. j f Le 14 août 2011 à 19h43
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    les administrations centrales ne répondent pas aux simples particuliers .Si vous souhaitez des réponses de leur part , posez vos questions par l’intermédiaire d’un parlementaire et de préférence pour plus d’efficacité celui de votre circonscription électorale .
    J’en profite pour vous féliciter et remercier pour vos exposés clairs et compréhensibles
    vos travaux me font penser aux théses exposés dans les ouvrages de Michel DRAC “crise ou coup d’état” et “crise économique ou crise du sens? “


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