Ce billet vise à vous procurer de nombreuses informations “pas (trop) vues dans les médias” pour mieux comprendre le bourbier syrien.

Je suggère aux plus intéressés de se référer d’abord à l’Histoire de la Syrie, puis à celle de la guerre civile syrienne – nous ne reviendrons pas sur leurs sources (ce dernier billet est très bien fait).

I. Les forces en présence

(Source : Wikipedia)

1. Le gouvernement

Ses forces comprennent l’armée syrienne (320 000 hommes au début du conflit, dont la moitié a aujourd’hui déserté, principalement des sunnites, qui n’y ont jamais occupé de postes à responsabilité), des milices pro-gouvernementales non officielles (généralement issues de la communauté alaouite), quelques milliers de soldats iraniens (la Syrie et l’Iran sont alliés depuis des décennies), des troupes du Hezbollah (la milice libanaise chiite pro-iranienne) et des combattants irakiens chiites.

Cela représente environ 180 000 hommes dans l’armée, plus environ 80 000 miliciens, plus 20 000 autres.

De nombreux cas d’exactions on été rapportés.

2. L’opposition politique

Le Conseil national syrien est une autorité politique de transition créée fin 2011 à Istanbul, en Turquie, pour coordonner l’opposition au régime de Bachar el-Assad. Composé de 400 membres et dominé par les sunnites, le CNS rassemble plus de 30 organisations d’opposants dont les Frères musulmans (qui y sont majoritaires), des libéraux mais aussi des partis kurdes et assyriens. Le 11 novembre 2012, le CNS adhère à la Coalition nationale des forces de l’opposition et de la révolution dont il reste la principale composante.

La Coalition nationale des forces de l’opposition et de la révolution (ou Coalition nationale syrienne), est une autorité politique de transition créée fin 2012 à Doha, au Qatar. Siégeant au Caire, plus large que le CNS, bien financée et bien reconnue au niveau international, la Coalition engage « les parties signataires à œuvrer pour la chute du régime”. La France fait partie des premiers pays à l’avoir reconnue (début 2012, avec principalement les États-Unis, l’Angleterre et l’Espagne) comme représentant légal du peuple syrien.

Denise Natali, professeur à la National Defense University, estime que la Coalition représente mieux les intérêts de ses soutiens étrangers que ceux des Syriens de l’intérieur, et ne se distingue du CNS que par une allégeance au Qatar et aux autres États du Golfe Persique plutôt qu’à la Turquie.

Selon Raphaël Lefèvre, doctorant en relations internationales à l’université de Cambridge, leur sens politique, leurs alliances et leur discipline, ont « donné aux Frères musulmans un rôle majeur, notamment au sein de l’opposition en exil, dans le Conseil national syrien (CNS) et, aujourd’hui, au sein de la coalition nationale. Alliés objectifs des djihadistes, les Frères musulmans, sans avoir nommément de brigades engagées en Syrie, y auraient également acquis un poids militaire en finançant, armant et entraînant plusieurs groupes dans les régions d’Idleb et d’Alep. Ils sont soutenus par le Qatar, mais surtout par la Turquie.

Pour Fabrice Balanche, directeur du groupe de recherches et d’études sur la Méditerranée et le Moyen-Orient et professeur à l’université Lumière Lyon 2, « la coalition [est] dominée par les Frères musulmans, il n’est guère surprenant de voir à sa tête un de leurs compagnons de route (Mouaz al-Khatib), proche de leur idéologie, qui défend lui aussi l’islam politique ». Haytham Manaa, président du Comité national pour le changement démocratique, rejoint cette analyse et affirme : « Ce modéré, bien qu’il se dise indépendant, ne peut aller dans le sens contraire voulu par les conservateurs islamistes qui ont la mainmise sur cette coalition ».

3. L’Armée syrienne libre (ASL)

Créée mi-2011, l’Armée syrienne libre était la principale force armée opposée au régime de Bachar el-Assad et à l’armée régulière au début de la guerre civile syrienne, avant d’être surpassée par les factions djihadistes et salafistes. Constituée d’anciens officiers de l’armée syrienne, elle se caractérise, pour l’essentiel, par son nationalisme arabe et son objectif démocratique.

En novembre 2011, l’ASL reconnaît l’autorité du Conseil national syrien (CNS) puis à la mi-décembre 2011, un camp de l’ASL est installé en Turquie. Son accès est strictement contrôlé par les Forces armées turques. En 2012, elle annonce son soutien à la nouvelle Coalition nationale des forces de l’opposition et de la révolution.

Le 1er avril 2012, le Conseil national syrien (CNS), lui-même financé par des pays étrangers, annonce qu’il va payer les salaires des membres de l’ASL.

Au printemps 2013, l’ASL gagne du terrain au sud de la Syrie. L’ASL réclame alors des missiles antiaériens à courte portée, des missiles antichars, des mortiers, des munitions, des gilets pare-balles, des masques à gaz et une zone d’exclusion aérienne. Elle affirme peu après avoir obtenu satisfaction en ayant reçu de l’étranger des quantités d’armes « modernes » susceptibles de « changer le cours de la bataille » : il s’agit d’armes antiaériennes et antichars ainsi que de munitions.

En août 2013, Le Figaro révèle que « les premiers contingents syriens formés à la guérilla par les Américains en Jordanie seraient entrés en action depuis la mi-août dans le sud de la Syrie, dans la région de Deraa. Un premier groupe de 300 hommes, sans doute épaulés par des commandos israéliens et jordaniens, ainsi que par des hommes de la CIA, aurait franchi la frontière le 17 août. Un second les aurait rejoints le 19 ».

En septembre 2013, des groupes appartenant à l’ASL affirment, de concert avec treize des groupes rebelles islamistes les plus puissants en Syrie et dont l’ASL était proche, qu’aucune organisation basée à l’étranger, y compris la Coalition nationale, ne saurait les représenter : ils forment alors une alliance avec les djihadistes du Front al-Nosra. De nouveaux groupes de l’ASL font défection en octobre.

En décembre 2013, l’ASL perd le contrôle de ses bureaux, à Bab Al-Hawa, près de la frontière turque, ainsi que de plusieurs entrepôts. Ces sites, qui abritent du matériel fourni par des pays alliés (notamment par les États-Unis), passent sous le contrôle du Front islamique.

En juin 2014, le gouvernement de la Coalition nationale syrienne dissout le Conseil supérieur militaire de l’Armée syrienne libre et défère ses membres devant le comité de contrôle financier et administratif du gouvernement pour qu’ils fassent l’objet d’une enquête.

Les groupes djihadistes Front al-Nosra et Ahrar al-Sham prêtent main forte aux rebelles de l’ASL contre les troupes du régime syrien et se sont avérés d’une grande utilité pour ces derniers lors de la bataille d’Alep.

Le financement et l’armement extérieurs de l’ASL semblent venir principalement de pays du Golfe arabique comme l’Arabie saoudite, le Qatar, d’autres pays comme la Turquie et quelques pays occidentaux. Elle dispose également de l’aide d’agents de la CIA opérant à partir de la Turquie.

En avril 2013, le secrétaire d’État John Kerry annonce le doublement de l’assistance directe aux rebelles syriens et la livraison d’équipements militaires défensifs, le montant total de l’aide américaine atteignant ainsi 250 millions de dollars. En juin 2014, Barack Obama annonce son intention de débloquer 500 millions de dollars pour « entraîner et équiper » l’opposition modérée armée en Syrie, après enquête sur les groupes bénéficiaires.

En septembre 2013, François Hollande annonce que la France va finalement fournir des armes à l’ASL « dans un cadre contrôlé » et « élargi avec un ensemble de pays ». En décembre 2013, la France indique que contrairement aux États-Unis et au Royaume-Uni, elle maintient « ses livraisons d’aide militaire non létale » à la suite de la perte des bureaux et de plusieurs entrepôts de l’ASL. Plusieurs livraisons ont ainsi eu lieu au cours de l’année 2013, comprenant notamment des mitrailleuses de calibre 12,7 mm, des lance-roquettes, des gilets pare-balles, des jumelles de vision nocturne et des moyens de communication. Les livraisons sont toujours en cours à l’été 2014.

Des combattants ont été à plusieurs reprises convaincus de crimes de guerre.

En mars 2013, le chercheur suédois Aron Lund publie un article dans lequel il proclame que l’Armée syrienne libre n’existe pas en tant que telle, mais fut à l’origine « a branding operation » (une opération de nom de marque), avançant que la plupart des brigades se sont réclamées de l’ASL sans être réellement sous son commandement et que le nom d’Armée syrienne libre sert davantage à distinguer les brigades non-idéologiques des groupes djihadistes. Il affirme par ailleurs que les premiers commandants étaient sous tutelle turque, sans possibilité de fonctionner en toute autonomie.

Selon l’universitaire Thomas Pierret : « Le problème est que la situation est très variable d’une région à l’autre : dans certaines zones, l’ASL est une coquille vide, dans d’autres, comme à Damas, elle est structurée et serait sûrement en capacité de prendre la main si la situation le permettait ».  Malik al-Kurdi, le second du général Riad el Asaad, déclare en août 2013 :

« L’ASL n’est plus qu’un nom. Certaines katibas [unités de combattants] s’en revendiquent, mais cela ne veut pas dire qu’elles suivent l’état-major. […] les groupes, même sous la bannière de l’ASL, font ce que bon leur chante. En outre, beaucoup d’entre eux quittent publiquement ou non l’ASL pour rallier les groupes dits islamistes »

En décembre 2013, l’universitaire Fabrice Balanche indique : « L’ASL n’a jamais vraiment existé. Il y a eu un état-major composé d’une cinquantaine de généraux déserteurs, majoritairement réfugiés en Turquie. On parlait d’armée organisée, ce n’était rien de tout cela, c’était du vent ». En février 2014, Le Monde affirme : « Plusieurs brigades, islamistes et non islamistes, continuent […] de se réclamer de l’ASL, qui désigne désormais plus la rébellion qu’une coalition bien structurée ». Pour Frédéric Pichon, chercheur et spécialiste de la Syrie, l’ASL n’existe pas et a toujours entretenu des liens étroits avec salafistes et djihadistes ; il précise qu’elle collabore également avec Al Qaïda.

Les effectifs de l’ASL (principalement des civils ayant pris les armes) sont estimés à :

  • 15 000 hommes fin 2011,
  • 40 000 hommes début 2012,
  • 100 000 hommes mi-2012,
  • 140 000 hommes en avril 2013,
  • 50 000 hommes fin 2013
  • 15 000 hommes dispersés en 2014

4. Le Front islamique

Le Front islamique est formé en novembre 2013 à la suite de l’alliance de groupes rebelles islamistes. Sa création aurait été financée par la Turquie, le Qatar et l’Arabie saoudite. Le mouvement rassemble des brigades salafistes ou proches des Frères musulmans.

Dans une déclaration publiée lors de sa création, le Front islamique annonce que son objectif est de créer un état islamique dirigé par une choura et établir la charia comme base du droit. Il affirme que dans cet état, les minorités religieuses et ethniques seraient protégées. Il rejette la démocratie et le nationalisme kurde.

Rassemblant 50 000 à 80 000 hommes, le Front islamique est alors le plus important groupe rebelle de Syrie.

5. Le Front al-Nosra / L’armée de la conquête

Le Front Al-Nosra (Jabhat an-Nuṣrah li-Ahl ash-Shām : « Front pour la victoire du peuple du Levant »), est un groupe salafiste djihadiste affilié à Al-Qaïda.

Le Front al-Nosra est initialement une extension en Syrie de l’État islamique d’Irak, mais il s’en sépare en 2013. Depuis janvier 2014, les deux groupes sont en conflit direct.

Le 9 avril 2013, Abou Bakr al-Baghdadi, chef de l’État islamique d’Irak (EII), révèle le parrainage du Front al-Nosra par son organisation, caché jusqu’ici pour des raisons stratégiques et de sécurité. En novembre 2013, Ayman al-Zaouahiri, émir d’Al-Qaïda, annonce finalement que le Front Al-Nosra est bien la seule branche d’Al-Qaïda en Syrie.

Les relations d’al-Nosra avec les autres parties prenantes de la rébellion sont fluctuantes. Le groupe combat généralement aux côtés du Front islamique, de l’ASL et des autres groupes rebelles. Mais sa volonté d’imposer la charia lui a attiré l’hostilité d’une partie des Syriens et d’autres organisations rebelles, qui dénoncent son origine étrangère et estiment qu’elle « a volé la révolution syrienne », pillé des entreprises et imposé son intolérance religieuse.

Le Front est responsable de nombreux attentats-suicides, dont plusieurs explosions meurtrières à Damas en 2011 et 2012.

Les estimations des effectifs du Front al-Nosra varient de 6 000 à 15 000 hommes, incluant des combattants étrangers.

En novembre 2012, Laurent Fabius déclara qu’Al-Nosra “faisait du bon boulot”. Voici l’article savoureux (Source : Le Monde, 13/12/2012, réservé aux abonnés) :

C’est cependant sur le terrain diplomatique que l’opposition syrienne a engrangé cette semaine les résultats les plus probants. Réunis à Marrakech, mercredi, le groupe des “Amis de la Syrie“, qui rassemble plus d’une centaine de pays occidentaux et arabes, organisations internationales et représentants de l’opposition syrienne, a formellement reconnu la Coalition nationale de l’opposition syrienne comme “seule représentante” des Syriens, à la suite de la France, du Royaume-Uni, et des États-Unis.

Présent à Marrakech, le ministre français des Affaires Étrangères, Laurent Fabius, s’est félicité de cette décision : “Créée il y a un mois, la Coalition nationale syrienne, qui réunit l’opposition et que la France a été la première à reconnaître, est aujourd’hui reconnue par plus de cent pays comme la seule représentante légitime du peuple syrien. C’est très important pour le peuple syrien.” “En plus, il y a toute une série de décisions qui ont été prises sur le plan humanitaire avec des apports de fonds importants, notamment de l’Arabie saoudite, qui a offert 100 millions de dollars pour aider la population syrienne“, a précisé le ministre.

Nous avons eu le témoignage du nouveau président de la Coalition nationale syrienne, qui a beaucoup insisté sur le fait que, dans le futur gouvernement, toutes les communautés syriennes, majoritaires ou minoritaires, seront respectées, a ajouté M. Fabius. C’est un jour important. Il reste encore beaucoup de souffrance et beaucoup de travail pour que M. Bachar Al-Assad “dégage”, comme on dit maintenant. Je pense que c’est un jour d’espoir pour le peuple syrien.”

En revanche, la décision des Etats-Unis de placer Jabhat Al-Nosra, un groupe djihadiste combattant aux côtés des rebelles, sur leur liste des organisations terroristes, a été vivement critiquée par des soutiens de l’opposition. M. Fabius a ainsi estimé, mercredi, que “tous les Arabes étaient vent debout” contre la position américaine, “parce que, sur le terrain, ils font un bon boulot“. “C’était très net, et le président de la Coalition était aussi sur cette ligne“, a ajouté le ministre.

(si quelqu’un peut compléter Wikipedia svp, merci)

(Eh oui, quand les Américains placent un groupe sur la liste des groupes terroristes, l’américanolâtre Fabius critique et préfère écouter ses nouveaux amis syriens – un peu Frères Musulmans sur les bords… Ami lecteur membre des renseignements extérieurs, je compatis, mais ne te suicide pas tout de suite !)

Le 24 mars 2015, le Front al-Nosra, Ahrar al-Sham et d’autres groupes rebelles se rassemblent dans une alliance appelée l’Armée de la conquête, forte d’environ 30 000 hommes, soutenue par l’Arabie saoudite, le Qatar et la Turquie, et active principalement dans le gouvernorat d’Idleb. D’après le chercheur Fabrice Balanche, 20 à 25 % de la population syrienne vit alors sur les territoires tenus par le Front al-Nosra et ses alliés.

Le 27 mai 2015, Abou Mohammad Al-Joulani, le chef du Front al-Nosra, accorde une interview à Al Jazeera. Il affirme que le seul objectif de son groupe est la chute du régime de Bachar el-Assad, il dément l’existence du groupe Khorassan et affirme qu’Ayman al-Zaouahiri a donné des ordres pour ne pas lancer d’attaque contre l’Occident depuis la Syrie. Il confirme d’ailleurs son allégeance à ce dernier, voulant ainsi mettre fin aux rumeurs sur une éventuelle rupture entre le Front al-Nosra et Al-Qaïda central.  Selon les analystes, le Front al-Nosra cherche alors à donner à l’Occident une image plus présentable et se faire passer comme une force politique légitime en Syrie, notamment en se distinguant de l’extrémisme de l’État islamique vis-à-vis des minorités religieuses chrétiennes et alaouites.

En septembre 2015, « l’Armée de la conquête », composée du Front al-Nosra et du groupe islamiste Ahrar al-Sham, est touchée par des frappes russes dans les provinces d’Idlib, de Hama, et de Homs.

6. L’État islamique

Né en 2006 en Irak, l’État islamique est une organisation salafiste djihadiste, dirigée par Abou Bakr al-Baghdadi, proclamé calife le 29 juin 2014. Le groupe apparaît en Syrie le 9 avril 2013 sous le nom d’État islamique en Irak et au Levant et prend le nom d’État islamique lorsqu’il proclame l’instauration du califat, mais ses adversaires lui donnent le surnom de « Daech ».

Considéré comme moins corrompu que les autres groupes djihadistes, l’EIIL est aussi le plus extrémiste, il est craint pour sa violence, son intransigeance et son indifférence aux notions occidentales de droits humains. Très impliqué sur les réseaux sociaux, il attire un grand nombre de djihadistes étrangers venus de tout le monde musulman et même d’Occident.

Cependant sa radicalité et ses ambitions lui attirent rapidement l’hostilité des autres groupes rebelles. En janvier 2014, le Front islamique, l’Armée syrienne libre et le Front al-Nosra et plusieurs autres groupes rebelles lui déclarent la guerre.

En 2013 et 2014, les effectifs en Syrie de État islamique sont estimés de 5 000 à 13 000 hommes. Ils augmentent sensiblement à la suite de la proclamation du califat. En 2015, les estimations vont de 20 000 à 80 000 combattants, tant en Syrie qu’en Irak et sans compter le ralliement de nombreux groupes djihadistes à travers tout le monde musulman.

7. Les Kurdes

Les populations kurdes de Syrie occupent, le long de la frontière turque, trois enclaves séparées qui constituent le prolongement naturel des territoires kurdes de Turquie et d’Irak. Historiquement discriminés par le régime et ancrés à une solide identité culturelle, les Kurdes de Syrie ont profité des désordres de la guerre civile pour prendre le contrôle de ces zones qui composent le « Kurdistan syrien »

Le Kurdistan syrien, appelé le Rojava, passe aux mains du Parti de l’union démocratique (PYD), la branche syrienne du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK). Il dispose d’une branche armée, les Unités de protection du peuple (YPG).

Les relations des Kurdes avec les autres parties prenantes au conflit sont fluctuantes : plutôt proches de l’ASL, les YPG entrent en conflit avec des brigades islamistes en juillet 2013. Jouant leur propre carte, les rebelles kurdes concluent parfois des alliances ponctuelles et opportunistes, tantôt avec les forces loyalistes, tantôt avec les rebelles. Hostile au régime de Bachar el-Assad, dont ils souhaitent la chute, les Kurdes du PYD affrontent cependant rarement les forces loyalistes avec lesquelles elles cohabitent dans certaines villes. Les YPG livrent l’essentiel de leurs combats contre les forces djihadistes, et principalement l’État islamique.

En 2015, les effectifs des YPG sont estimés entre 35 000 et 65 000 combattants, dont environ 40% de femmes.

8. Synthèse

On a donc en présence à l’automne 2015 :

  • le gouvernement (alaouite, chiites) : 180 000 (forces armées) + 100 000,
  • l’Armée libre syrienne (sunnite, majoritairement Frères musulmans) : 15 000,
  • le Front islamique (islamistes sunnites durs) : 50 000 à 80 000,
  • Le Front al-Nosra/ al-Qaïda (terroristes sunnites) : 30 000,
  • l’État islamique (sunnites dingues) : 20 000 à 100 000,
  • les Kurdes (sunnites) : environ 35 000 à 65 000.

Les pertes sont estimées à l’automne 2015 :

  • 70 000 soldats tués + 40 000 miliciens
  • 100 000 “rebelles”tués
  • 100 000 civils au moins

P.S. Pour les passionnés, une synthèse plus détaillée ici.

II. Cartes

 1. Le pays

La Syrie comptait 18 millions d’habitants en 2004. Actuellement, la population serait de 23 millions, y compris les 2 millions de réfugiés à l’extérieur. La population se concentre sur 60% du territoire, les 40% restants n’étant pas propice à l’habitat permanent en raison de l’aridité. La densité dans la zone habitée dépasse les 200 habitants par km², dans la région côtière nous atteignons les 400 habitants par km². Environ 60% de la population réside en zone urbaine (avant la crise).

La Syrie est peuplée par différentes communautés ethniques et confessionnelles. , avec environ 70 % d’Arabes sunnites, 20 % d’Arabes alaouites, 4 % de Kurdes sunnites, 6 % de chrétiens.

La région côtière est dominée par la communauté alaouite (70% des provinces de Lattaquié et Tartous), les sunnites (20%) et les chrétiens (10%) y sont surtout concentrés dans les villes.

Lire cet article pour plus de précisions.

2. Les combats

Voici l’évolution des zones de pouvoir dans le pays :

En 2012 :

En 2013 :

En 2014 :

En 2015 :

(Mises à jour ici et ici)

3. Autres cartes

Et en bonus, l’Irak :

L’État islamique en gris :

Une comparaison :

Les frappes russes :

qui semblent avoir été un peu plus efficaces que les dernières américaines…

On se demande bien pourquoi… 🙂

(donc une mobylette et deux pelleteuses, dont une a survécu – coriace la pelleteuse syrienne…)

Nous verrons dans le prochain billet ce que pense la population de tout ceci…

52 réponses à Mieux comprendre la complexité de la guerre civile syrienne

Commentaires recommandés

Astatruc Le 19 octobre 2015 à 09h19

Bonjour, Jeanpatrick,

Un gangster qui utilise le droit international est-il un gangster?
Un gangster qui donne toutes les informations quand à son action est-il un gangster?

La Russie bien sûr n’est pas toute blanche mais elle n’a jamais, comme les usa, prôné des soi-disant guerres pour la démocratie.De plus, la Russie combat(vraiment) le terrorisme des extrémistes religieux(les mercenaires, professionels de l’assassinat-(payés pour tuer) sont inclus , dedans)alors que les usa ne sont là que pour déboulonner Assad et agissent contre l’intérêt des Syriens.
Quitte à en choisir un, je choisis la Russie, les usa pour moi, sont les terroristes de la planète et utilisent tout ce qu’ils peuvent pour détruire les pays qu’ils ont décidé de gouverner par dictateur interposé.

  1. dissy Le 19 octobre 2015 à 00h30
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    Géopolitique: Syrie – le vrai état des forces sur le terrain/ Quelle est la stratégie russe?

    link to leblogalupus.com


  2. Pierre Bacara Le 19 octobre 2015 à 01h08
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    Très très rapidement, faute de temps, à propos de l’armée syrienne :

    En juin 2014, avant l’avènement de l’EI, l’armée syrienne avait déjà perdu 35.000 tués depuis le début de la guerre de Syrie. Si on compte 2,5 blessé par mort (en standard on compte trois), on obtient l’ordre de grandeur de 90.000 blessés. A ce moment-là, plusieurs dizaines de milliers d’hommes avaient déjà déserté les rangs de l’armée, qui comptait encore à ce moment-là peut-être un total de 120.000 ou 130.000 hommes, contre 220.000 en 2011.

    Sur le terrain, les unités de l’armée syrienne qui constituent le coeur du dispositif sont issues de cinq divisions alaouites à la fidélité acquise, qui constituent le noyau des forces armées. Théoriquement, elles comptent 15.000 hommes chacune, les unités opérationnelles étant des brigades de +/- 3.000 hommes.

    Les opérations sont menées conjointement par des formations mixtes de brigades sûres, issues de ces cinq divisions, et de brigades moins sûres, qui sont sujettes aux défections. La combinaison tactique de ces éléments hétérogènes est assez complexe et descend au niveau du bataillon. Parfois, les brigades “sûres” sont déployées seules.

    Aujourd’hui, ces unités “sûres” sont réduites à 40.000-50.000 hommes pour un effectif théorique de 70.000/80.000 hommes.

    L’attrition en personnels est la plaie n° 1 de l’armée syrienne.

    Source : Stéphane Mantoux, DSI, février 2015


  3. Bordol Le 19 octobre 2015 à 02h02
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    La carte qui montre que l’EI contrôle un territoire grand comme la Roumanie est à sérieusement remettre en question : ce sur quoi l’EI règne, c’est majoritairement du désert (du sable et des rochers), peu habité (voir pas du tout), peu intéressant stratégiquement (vas-y, déplace-toi en plein milieu du désert en colonne, même avec ou sans drapeaux noirs (les civils qui se déplacent en colonne, dans des toyota…ça trompe qui ?) : les pilotes russes te remercieront chaudement de leur faciliter le travail), peu sûr économiquement (un derrick en plein milieu de l’oued: ça se voit de loin), difficile à arpenter en dehors des routes et demandant de grands efforts logistiques pour le contrôler (notamment des ressources en carburant & en eau…on est loin du temps où T.E. Lawrence faisait le guerre à dos de dromadaires ou de cheval).

    Ce qu’il faut regarder sur ce genre de carte, pour une armée, ce sont les routes et surtout les villes. Et que remarque-t-on ?

    -L’écrasante majorité des zones urbaines sont à l’ouest de la Syrie dans le sud-est de l’Irak et restent aux mains des forces loyalistes (après 4 ans de guerre acharnée, quand-même !)
    -Les villes que contrôle Daech sont majoritairement au nord et marquent donc une confrontation avec les kurdes, principalement.
    -les rebelles qui circulent au milieu de la Syrie non-seulement ne tiennent aucune zone urbaine importante mais sont déployées surtout dans du désert très faiblement habité. Et donc, on doit bien en conclure que cette “immense zone rebelles” correspond moins à un territoire contrôlé qu’à un no man’s land naturel que n’importe quelle bande armée peut arpenter (aussi bien des rebelles que des daechiens ou des loyalistes).
    -L’état Syrien a perdu de précieuses zones au profit de Daech, mais, néanmoins, ce sont les rebelles/qaïdistes (égorgeurs modérés ou rebelles fanatiques, au choix) qui sont le principal ennemi confrontés au gouvernement. Les journalistes s’étonnent que les frappes russes insistent plus sur les rebelles que sur les daechiens mais, la carte prouve que pour Damas, le principal problème sont ces fameux “rebelles”.


    • chios Le 19 octobre 2015 à 09h40
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      a propos de ce commentaire, je ne peux m’empêcher de penser à ce jour où les rebelles ont pris Palmyre.

      Se trouve en plein désert. Des colonnes se déplacent, et il n’y a pas un seul satellite qui capte le “spectacle”????

      Et pendant ce temps, au même moment, on diffuse sur youtube une video, qui encore aujourd’hui me fait froid dans le dos.

      Au dernier étage d’un hôtel de luxe, sur une terrasse, les membres de l’OTAN, passablement émêchés pour oser se “lâcher” à ce point, chantent ‘faux’, bien sûr, comme tous les ivrognes:
      “we are the world”, du chanteur un peu spécial, un jackson quelque chose, “poupée de cire, poupée de son”

      Et cette incompréhensible et ce scandaleux se répète, jour après jour.

      C’en devient fatigant, déprimant même….


      • karima Le 19 octobre 2015 à 11h48
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        et moi je dis qu’on veut nous faire croire à une révolte populaire, au chaos, aux islamistes etc tout ça c’est du pipeau!!!
        C’est juste un mauvais scénario de film sauf qu’un pays millénaire et un peuple magnifique sont en train de se faire hacher menu par la volonté des US!!

        L’ennemi numéro UN chez les arabes et les musulmans et tous les musulmans n’a jamais été le chiite mais Israell!!! pourquoi pourquoi Ces soit disant islamistes massacrent des communautés qui étaient là avant l’islam et détruisent des sites qui ont tjrs été sous la surveillance des musulmans????
        Documentez vous sur les relations qu’on toujours entretenus les frères musulmans avec les US, les relations entre les frères musulmans, les salafistes et les wahabites et j’espère que ceux qui continue à penser que le conflit est religieux reviendront à la réalité!

        Pour ceux qui connaissait la Syrie d’avant comment peut on croire à cette histoire???

        Les russes vont faire le ménage et ils auraient dû le faire depuis longtemps déjà, dès que bush s’est attaqué à l’Irak!!! on ne serait pas dans ce merdier aujourd’hui… Si les russes ne reprennent pas le jeu ça va être de pire en pire…

        Pour ce qui est des colonnes de “djihadistes” dans le désert, il y a exactement les mêmes témoignage au Mali et au Niger : une route traverse un village au milieu de rien. Ce village est surveillé par l’armée française de loin… la colonne entre ds le village, massacre et ressort à l’autre bout et les militaires observent ss bouger une oreille… pourquoi? parce qu’il n’avait pas ordre d’intervenir, fallait laisser filer le lièvre pour justifier la chasse!!!;


  4. Boyington Le 19 octobre 2015 à 02h10
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    Comprends rien, les noms changent, les symboles changent, les couleurs changent.

    Quelqu’un de vraiment aimable pour faire un travail utile : un GIF animé (en français le texte svp) qui montre l’évolution des territoires respectifs ?


    • Alfred Le 19 octobre 2015 à 09h28
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      Cherchez “agathocle de Syracuse” sur gogol il me semble que le type a fait des cartes animées (comme d’autres).


    • Pierre Bacara Le 19 octobre 2015 à 10h05
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      Ca s’appelle le “brouillard de la guerre” (Clausewitz). C’est le problème n°1 de toute situation de conflit (géo-)politique : le chaos dans les données disponibles. La réalité, elle, est précise, mais personne ne la connaît complètement. Seuls les historiens la connaîtront, et encore, après des siècles de sueur, d’erreurs, de contradictions et de mensonges (délibérés ou pas).


      • TuYolPol Le 19 octobre 2015 à 16h23
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        Je crois bien que par définition le mensonge est délibéré. Sinon c’est une méprise. Non ?


        • Pierre Bacara Le 20 octobre 2015 à 02h14
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          Un mensonge de bonne foi reste un mensonge. Le problème du mensonge de bonne foi, c’est la bonne foi.


  5. Van Le 19 octobre 2015 à 04h31
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    si j’ai bien compris les zones loyalistes que le gouvernement syrien contrôle ( qui s’étend du sud d’Alep jusqu’à hama ) sont majoritairement peuplés de sunnites alors elle est ou la guerre confessionnelle sunnite/chiite que nous rabâchent tout le temps les médias et les politiciens ???
    et comment pouvons-nous avoir le nombre exacte de recrutement dans les rangs des organisations terroristes ??? sans savoir ou les cibler dans la guerre anti-terroristes des ” amis de la Syrie ” .
    la définition de L’ASL m’a bien fait rire ” elle se caractérise, pour l’essentiel, par son nationalisme arabe et son objectif démocratique. ” cette même ASL qui borde le Golan contrôlé par israel , après on a des petites confessions ” épaulés par des commandos israéliens et jordaniens ” comment ce groupe armé pourrait être nationaliste alors qu’il se fait ” épauler ” par le pays (israel) qui occupe une partie du territoire syrien ( Golan ) depuis 1967 (le nationalisme arabe s’etait surtout forgé et construit sur la cause Palestinienne avec la nécessité de combattre israel et de récupérer les territoires occupées) .
    ces terroristes ainsi que les pays qui les soutiennent ont cru que plus leur mensonge est gros mieux il passera mais le retour du bâton fera mal et sera encore plus gros mais réel cette fois-ci .


    • Odile Le 19 octobre 2015 à 09h13
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      En effet! On ne constate aucune opération de ces “rebelles” de tout bord en Israel. Israel n’est absolument pas un problème pour ces mercenaires. D’ailleurs, leurs blessés reconnaissants se font soigner par des israéliens, dans le Golan. Netanyaou s’est d’ailleurs fait photographier à leur chevet.


  6. jeanpatrick Le 19 octobre 2015 à 07h03
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    Ils font tout pour nous imposer une confusion, et nous sommes là à essayer de comprendre quelque chose. Nous espérons que la Russie puisse faire quelque chose, oui mais que cherche la Russie exactement? La Russie n’est pas une sainte que je sache alors attention à ne pas se faire mettre de la poudre dans nos yeux seulement parce que Poutine tient tête aux Etats-Unis. Ils essaient tous de se partager la part du gâteau: le Moyen-Orient. Restons vigilants sur les vraies raisons de Poutine dans cette histoire, restons vigilants sur les vraies de l’Amérique car dans les histoires de “gangsters” seule la soif de pouvoir les intéresse.


    • Astatruc Le 19 octobre 2015 à 09h19
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      Bonjour, Jeanpatrick,

      Un gangster qui utilise le droit international est-il un gangster?
      Un gangster qui donne toutes les informations quand à son action est-il un gangster?

      La Russie bien sûr n’est pas toute blanche mais elle n’a jamais, comme les usa, prôné des soi-disant guerres pour la démocratie.De plus, la Russie combat(vraiment) le terrorisme des extrémistes religieux(les mercenaires, professionels de l’assassinat-(payés pour tuer) sont inclus , dedans)alors que les usa ne sont là que pour déboulonner Assad et agissent contre l’intérêt des Syriens.
      Quitte à en choisir un, je choisis la Russie, les usa pour moi, sont les terroristes de la planète et utilisent tout ce qu’ils peuvent pour détruire les pays qu’ils ont décidé de gouverner par dictateur interposé.


      • John V. Doe Le 19 octobre 2015 à 13h26
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        Les USA combattent pour leurs intérêts, les Russes aussi, aucun n’aide les nôtres. Dans ce cas-ci, il s’agit notamment du contrôle de la fourniture d’énergie à l’Europe via la Syrie ou pas (oléoducs/gazoducs). Ils ne sont des anges ni les uns, ni les autres même si pour le moment, les Russes renforcent les pouvoirs établis (pas bien sympas) pendant que les USA sèment le chaos (largement moins sympa) pour servir leurs intérêts en Syrie ou ailleurs.

        Les intérêts bien compris des populations locales tendent à faire penser que pour le moment les Russes sont “les bons” parce que les plus faibles et donc obligés de ménager l’opinion publique occidentale largement manipulée par ailleurs. Mais aucun pouvoir assis sur le lobby politico-militaire n’est “bon” dans son essence. D’ailleurs un pouvoir peut-il jamais être bon, c’est à dire poursuivre des intérêts autre que les siens et ceux de sa caste ?


        • TuYolPol Le 19 octobre 2015 à 16h31
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          Et bien, non, c’est vrai, le destin de tout pouvoir est de se perpétuer par tous les moyens.
          Mais, mais : EU et US se sont discrédités à fond à force de double langage. Personne ne croit plus un mot (bon, si, un peu de monde encore) de leur story. La Russie l’a bien compris, et joue sur ce discrédit, j’en suis sûr. Ils sont en train de se reconstruire une image assez honnête, malgré le feu nourri des médias Occidentaux, avec succès. Je suis par exemple au Maghreb, tout le monde sait à quoi s’en tenir sur l’inefficacité occidentale et l’efficacité russe.


    • luc Le 19 octobre 2015 à 14h38
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      la russie veut éviter que les guerriers islamistes entrent en russie


  7. Charlie Bermude Le 19 octobre 2015 à 07h38
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    Eh bien voilà un bon bilan , nécessaire avec les nouveaux developpements .
    Il m’apparait clair qu’il y a une inconnue dans l’affaire , ( c’est à dire ce dépecage de la Syrie en vue du gazoduc Qatari ) c’est Kurde ou Turc ? , si le verrou Alaouite ne saute pas ?
    Et qu’il existe parallélement un imbroglio secondaire entre Israel , Druzes et Liban à deux pas de Damas .
    Et qu’il se pourrait que le projet implose en trappe à sunnites terroristes , l’EI , coincée , sans issue , se retournant vers ses commanditaires ! A moins que ce ne soit l’immigration en Europe ?


    • Alfred Le 19 octobre 2015 à 08h58
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      Pour ce qui concerne les druzes ceux au sud est de Damas (jebel druze) soutiennent Damas alors que le leader de ceux du Liban soutient l’opposition. En Israël, alors que les druzes sont incorporés dans les gardes frontières on a vu des civils druzes bloquer des ambulances transportant des combattants islamistes blesses (la même chose s’est produite en Turquie où des civils ont fait de même en bloquant des ambulances turques transportant des cimentants d’al nosra).


  8. Noureiev Le 19 octobre 2015 à 08h26
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    Un peu obsédé par la nécessité énergique au développement Occidental, je m’étais simplifié la compréhension de la crise en me reportant au projet de gazoduc Qatar/Nabucco passant par la Syrie. Celà faisait suite â la volonté américaine de domination de Brezinski en s’attaquant à la Russie avec un gazoduc permettant de priver l’Europe des ressources russes. L’opposition de Bashar el Assad à ce projet, sous l’égide de la Russie qui possède aussi un port en mer chaude à Tartous est un obstacle à cette finalité. peu après on s’en est pris à l’Ukraine toujours selon le principe d’affaissement de la Russie pour la conquête de l’Est. Cette obsession à renverser Assad en priorité va aussi dans ce sens avec pourquoi pas Daesh pour faire de la place sans s’engager physiquement, gropuscule qui, privé de ressources sera facile à éliminer par la suite.
    Bref, une analyse bien trop simpliste qui pourtant me satisfaisait.


    • scrongneugneu Le 19 octobre 2015 à 19h26
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      Je partage votre analyse Noureiev, mais je crois qu’il faut y ajouter un renversement de situation car l’hégémonie de l’Arabie Saoudite ( et autres pays du golfe ) sur les cours du pétrole à commencé a faire prendre conscience aux Américains, qu’il était peut être temps de remettre l’Iran sur le devant de la scène ( pour faire contre poids ), ce qui fait maintenant fait peur aux Israéliens ( le retour de l’Iran et la victoire d’Assad pourrait mettre le feu aux poudres en Palestine ), aux Turcs ( les Kurdes ne vont pas se gêner pour réclamer leur part du gâteau ) …et étonnamment aux Français… là je cale !


      • Nerouiev Le 19 octobre 2015 à 21h48
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        En fait, pour moi, la guerre froide qui aurait dû se terminer en 1991 avec la vente de la Russie aux USA par oligarques interposés a bel et bien repris après Eltsine et les USA ne l’ont pas digéré. C’était bien parti pour l’hégémonie américaine et plouf, c’est foutu, tout est à refaire. Le complexe militaro industriel américain ne peut pas en rester là, c’est lui qui avec Israël veut s’approprier la Terre entière, comme le dit si bien Attali. Alors tant qu’il y aura un moyen de vaincre la Russie où que ce soit ils tenteront. Comme le disait Churchill me semble-t-il, pour vaincre une flotte ennemie il faut l’empêcher de faire des bateaux ; j’ajouterais ou de prendre la mer : d’où la tentative de prendre à la Russie ses ports en eaux chaude en Crimée immédiatement après le premier échec avec la Syrie. Donc la Russie y tient fortement à ces ports et cette sortie vers la Méditerranée. Et avec l’offre de Chypre, Poutine a augmenté ses possibilités en plus de la Crimée. Vous parlez d’un os pour les USA ! Plus que les Mistrals, ce sont les ports qui l’intéressent. Les terroristes révolutionnaires comme Daesh et associés ne sont que des terroristes pour virer el Assad et la Russie par la même occasion.


  9. EAUX TROUBLES Le 19 octobre 2015 à 09h39
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    une intervention de Bahar Kimyongür qui analyse les chiffres publiés par ‘Le Monde’ ( link to lemonde.fr ) sur la répartition des victimes du conflit en Syrie :

    link to michelcollon.info

    L’article est de Maxime Vaudano, Journaliste au Monde.fr (Passionné par la data, la vérification des promesses de François Hollande et les nouvelles technologies). Cherchez l’erreur.

    Par ailleurs :

    link to lorientlejour.com


    • chb Le 04 novembre 2015 à 00h25
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      Le dossier de l’Orient-Le Jour est sûrement intéressant. J’en retiens surtout le commentaire d’un lecteur :
      Jaber Kamel
      Pourquoi compliquer les choses .

      Il y a d’un cote la legalite, formee du regime syrien avec a sa tete le heros des resistances Bashar El Assad + le hezb resistant avec a sa tete le leader H.N + l’Iran NPR avec a sa tete le guide supreme Khamenei + la Russie NPM de Poutine.
      Et en reserve la Chine qui interviendra au bon moment .

      Et de l’autre cote les forces du complot :
      les us +les israeliens +les francais +les anglais +les bensaouds salafowahabite de toutes categories agissant dans l’illegalite avec toute la cohorte des bacteries innombrables importees qui agissent pour le compte de ces poltrons barbares et sans avenir .


  10. Fsald Le 19 octobre 2015 à 09h52
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    Excellent travail, félicitations.
    Il manquerait pour être un peu plus exhaustif un commentaire sur les fuites WikiLeaks du département d’état US. Est çe prévu pour la suite?


  11. Jean Le 19 octobre 2015 à 10h39
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    Pour compléter, un dossier très complet sur les forces en présence sur l’Orient le Jour.

    Syrie : qui combat qui, et où
    link to lorientlejour.com

    Carte interactive Rozkhovsky des combats en Syrie
    http://syria.liveuamap.com


  12. Bernard Samson Le 19 octobre 2015 à 11h19
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    Déjà en 2012 …
    Défendre l’indéfendable.
    Un soir d’hiver au début de l’année 2012, j’ai sonné à la porte de mon voisin de palier du CROUS Paris-Bastille pour lui taxer du sel. C’est comme ça que j’ai rencontré Wissam, doctorant syrien à l’École pratique des hautes études. Mes problèmes culinaires ont bien vite laissé place à une discussion sur la révolte syrienne – c’était encore un peu avant l’offensive de Homs et le plongeon dans la guerre civile. Il était loin d’être emballé par les élans révolutionnaires de son pays. Sans être un soutien d’Assad, il m’a expliqué pourquoi il préférait voir le régime rester en place.
    (…)
    link to vice.com


    • SanKuKai Le 19 octobre 2015 à 17h29
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      Interview très interessante.
      Et j’aimerais revenir sur les declarations de l’un des intervenants:
      “Dima: L’armée du gouvernement est constituée de conscrits appelés à se battre dans leur propre ville, pas de militaires professionnels. Comment peut-on croire qu’ils massacrent leurs voisins ?”

      En cherchant un peu j’ai trouvé cet article de de M. Collon en 2012:
      link to michelcollon.info

      Le fait que l’armée Syrienne soit une armée de conscription est loin d’être un détail.
      Le fait que ces soldats fassent partie du peuple Syrien met à mal toute la narrative de nos journaux sur “le Boucher de Damas” qui massacre son propre peuple.

      Et celle de L. Fabius qui se résume au paradoxe: pour rétablir le pouvoir du peuple (démocratie) il faut laisser le front al-nostra détruire les soldats du peuple.

      Et malheureusment, l’article de M. Collon est toujours d’actualité: On entend jamais parler de ces soldats. Pour nos journaux ils n’existent toujours pas.


  13. EAUX TROUBLES Le 19 octobre 2015 à 13h40
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    Merci qui ?

    “Il y a deux semaines, l’administration Obama lançait une enquête pour savoir d’où pouvaient provenir les pick-up Toyota avec lesquels Daesh parade. La réponse a été semble-t-il trouvée…ce sont les Etats-Unis qui les ont livrés.

    C’est le journal allemand Deutsche Wirtschafts Nachrichten (Les Nouvelles économiques allemandes) qui publie cette information.”

    link to francais.rt.com


  14. geoffrey Le 19 octobre 2015 à 13h40
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    Bonjour, Bonsoir,
    pour faire simple, pourquoi parler de guerre civile ?
    seuls les neu-neus pensent encore qu’il y a des rebelles SYRIENS “democratiseux” en Syrie…
    only des mercenaires et autres terroristes etrangers, d’ou ma question du debut
    Geoffrey, le communiste belge


  15. NeverMore Le 19 octobre 2015 à 14h10
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    Depuis au moins 1 an, les forces US aident les rebelles “modérés”, et ceux qui sont du même côté que ces derniers. D’où le recul important des forces gouvernementales depuis cette date …

    Les Russes ont au minimum stoppé cette dégradation, malgré l’intervention des rafales et des génies tacticiens et stratèges tels que Hollande et Fabius.


  16. Ced Le 19 octobre 2015 à 14h18
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    Bonjour,

    La situation au moyen orient se résume par un simple mot : PARADOXE (s).
    Quand on analyse cette histoire dans le sens élites dirigeantes>histoire>peuple, on remarque la différence entre le conte et les faits.

    Les faits : on soutient un gouvernement composé de nazis en Ukraine et des terroristes (al nosra groupetto ben laden dixit fabius) en Syrie. On accuse les russes de combattre le terrorisme et le nazisme. Dans ce monde merveilleux, il existe des nazis et des terroristes modérés. On exporte la démocratie par des coups d’états. Quand même !!!

    Le conte : on nous raconte le contraire.

    Monde de dupes et de paradoxes


  17. Parousnik Le 19 octobre 2015 à 15h25
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    Curieux tout de même que l’EI soit créer sous occupation occidental en IRAK… ce qui met en évidence la stratégie du chaos décidé par Washington… tant en Irak qu’en Libye ou en Syrie. Sans opposition d’un pouvoir fort nous pouvons piller ses pays en toute tranquillité… pétrole gaz ou oeuvres d’art… Et puis l’EI ne dispose pas tant de pétrole que cela alors d’ou vient son armement sophistiqué et ses milliers de véhicules 4X4 flambant neuves… qui paie Washington Londres Paris ????


  18. Pierre Bacara Le 19 octobre 2015 à 15h50
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    Ce matin, j’ai acheté pour la première fois le magazine Raids, qui fait ce mois-ci sa une sur le groupe Alfa des forces spéciales russes. Je savais que Survie, en particulier François-Xavier Verschave, exploitait ce titre comme l’une de ses sources.

    Au menu du N° 353 de septembre :

    – politique de recrutement du renseignement français.
    – arrivée des Chinois à Djibouti et devenir des fournitures d’armes chinoises à l’Iran.
    – l’ancien responsable des forces d’intervention du ministère de l’Intérieur tadjik aurait rejoint l’EI en Syrie ; les djihadistes du Caucase russe font leur allégeance à l’EI. La plupart d’entre eux sont tchétchènes ou daghestanais. A noter, parmi les Tchétchènes qui combattent déjà dans les rangs de l’EI, Abou Omar el-Chichani, de son vrai nom Tarkhan Batiracvili ([sic] Batiracvili ??? – son père est géorgien, d’où le nomde famille). Sur ce Monsieur, présenté comme l’un des chefs militaires de l’EI, la source de Raids est le FSB.
    – Renforcement des forces armées libanaises
    – Déploiement U.S. en Lettonie
    – Rupture au Liban entre Ansar Allah (sunnite) et le Hezbollah
    – Arrivée des F-22 en Allemagne
    – AQMI s’agite en Algérie
    Libye : le gal Khalifa Haftar, proche de la CIA et placé par Washington à la tête de l’armée libyenne mise en place à la suite de la chute de Khadafi, est remercié.
    – Le 1er août 2015, Aïman el-Zawahiri, chef suprême d’el-Qaïda, a prêté allégeance au mollah Akhtar Mohammad Mansour, successeur du célèbre mollah Omar (décédé en 2013) à la tête des Talibans afghans. Suit une description très détaillée de l’organisation d’el-Qaïda, sous la plume apparemment assurée d’un certain M. Alain Rodier.
    – La major égyptien Hisham Ali Ashmaoui, ancien officier des forces spéciales égyptiennes, a rejoint le réseau Jamal, héritier du Jihad islamique égyptien et proche d’el-Qaïda. Il a suivi une formation auprès du front el-Nosra.
    – pp. 24 à 26, ORGANIGRAMME DETAILLE DES MILICES CHIITES IRAKIENNES (encore M. Alain Rodier)
    – Dossier sur la guerre au Yémen.
    – Dossier de couverture : Spetzgruppa A, alias groupe Alfa (FSB). 8 pages denses. [Ceux-là vont peut-être être appelés à faire eux aussi du “bon boulot“, pour paraphraser notre très expressif ministre des Affaires étrangères]
    – Présentation du livre Stay-behind, les réseaux de la Guerre froide, Gérard Desmaretz, éditions Jourdan, 2015, au sujet, comme son nom l’indique, des fameux Stay Behind de la CIA, du MI-6 et du SDECE. [Note : le plus célèbre membre de cette structure mondiale est le célèbre général allemand Reinhard Gehlen, chef du service de renseignement de l’OKH (armée de Terre allemande jusqu’en 1945) puis fondateur du BND, les services allemands actuels.

    6,95 €, dans tous les kiosques.

    Au sujet de Raids, François-Xavier Verschave avait peut-être raison.

    Qu’il repose en paix.


    • Pierre Bacara Le 19 octobre 2015 à 16h17
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      PLus précisément en ce qui concerne la Syrie : les milices chiites irakiennes les plus présentes syr les fronts syriens sont :

      – Organisation Badr pour la reconstruction et le développement, plus connue sous le nom de brigade Badr. 20.000 combattants, dirigée par le ministre des transports irakien, Hadi el-Ameri. Elle est la mailice la plus engagée contre l’EI en Syrie.

      – Harakat Hezbollah al-Nujaba, issue de l’armée du Mahdi de Moqtada el-Sadr [dont la participation a la guerre d’Irak a été largement médiatisée en son temps, notamment contre les Marines et Blackwater]. Harakat Hezbollah al-Nujaba ests ur tous les fronts syriens.

      – Saraya Teleaa el-Kharasani. Elle est la milice chiite irakienne qui accueille les volontaires chiites bahreinis et koweitiens. Elle est connu pur avoir en charge la défense de la mosquée Saïda Zaïnab de Damas [la grand mosquée chiite de Damas, célèbre dans tout le Moyen-Orient. Son architecture est exceptionnelle].

      Pour ces qui est des forces iraniennes régulière en Syrie, les pasdarans (Gardiens de la Révolution iraniens) sont signalés aux côtés de la milice chiite syrienne Lioua Abou Fadl el-Abbas (LAFA), 10.000 hommes, elle-même également épaulée par le Hezbollah libanais (8.000 hommes ?). Raids confirme que tous les théâtres d’opérations des pasdarans en Syrie et ailleurs sont coordonnés par le major-général Qassem Souleïmani, dont il a été question plus haut. Alain Rodier note que les Pasdarans commencent à souffrir du manque d’effectifs.


  19. papyscoot Le 19 octobre 2015 à 18h40
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    Je n’ai personnellement aucun sentiment positif à l’égard du député de la droite populaire Jacques Myard ( UMP maintenant LR) Vice-président du groupe d’Amitié France-Syrie. Cependant dans sa question à Fabius le 17/06/2015 dont voici un extrait (ci-dessous) il pose clairement la question du jeu dangereux que conduit le responsable du quai d’Orsay.

    link to youtube.com

    “… Or depuis quelques semaines, emboîtant le pas aux Américains, à l’Arabie saoudite, au Qatar et à la Turquie, la France a choisi, afin de faire tomber le régime de Damas et lutter contre l’État islamique, de soutenir al-Nosra, mouvement terroriste affilié à Al-Qaïda. Il est vrai que ce mouvement, afin de se refaire une virginité, a changé de nom et s’appelle désormais Jaysh al-Fateh, l’armée de la conquête ! Son chef, Mohamed al-Joulani, affirme sur Al Jazeera qu’il appliquera la charia en Syrie après la victoire. Voilà une annonce qui comblera de joie toutes les minorités religieuses, dont les chrétiens d’Orient ! Hier, une roquette est tombée sur le lycée français où les enfants passaient les épreuves du brevet ! La politique que vous menez, monsieur le ministre, dont l’obsession est de faire tomber Damas, aura pour conséquence d’y installer Al-Qaïda, ce qui traduit à l’évidence une habileté diplomatique consommée ! Quand cesserez-vous de suivre ces génies de la géopolitique que sont les Américains et les Saoudiens qui jouent les apprentis sorciers et mettent le feu au Proche Orient ?”

    Que dire de plus sur ce conflit dans lequel on cherche désespérément qui est responsable de tous ces morts et blessés et de tous ces migrants qui déferlent sur l’Europe. Pendant combien de temps encore allons nous avaler les couleuvres que nous tendent gentiment les médias? A qui profitent tous ces crimes contre l’humanité ?


    • Frédérique Le 20 octobre 2015 à 01h37
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      @papyscoot

      Pour compléter votre commentaire, Fabius, comme à son habitude, s’est fendu d’une réponse évasive et s’est bien gardé d’expliquer son soutien moral et matériel à Al Nosra lié à Al Quaida.

      Il s’est contenté d’un “nous discutons avec les arabes”, après avoir rappelé l’immoralité qu’il y aurait à inclure dans les discussions “le criminel Bachar Al Assad.”

      L’immoralité de laisser s’éterniser une guerre qui fait des milliers de victimes n’a pas touché pépère plus que ça, par contre.


      • papyscoot Le 20 octobre 2015 à 19h17
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        Il est intéressant de voir l’article du Monde d’hier midi.

        link to lemonde.fr

        Ont peut voir sur le schéma interactif que l’EI est le seul groupe de belligérants pour lequel les soutiens ne sont pas mentionnés. Une crise soudaine de pudeur a empêché le “journaliste” de montrer la vérité toute nue.


  20. belamicci Le 19 octobre 2015 à 20h32
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    Nous vous remercions d’avoir mis à notre disposition avec forces détails « les composantes politiques » et les forces en présence en conflit dans le dossier syrien..Je mets composantes politiques entre guillemets car c’est plus une machination qu’une véritable opposition à un parti au pouvoir étant donné d’abord que nous avons affaire à des intégristes de tous bords à la solde de l’étranger.
    Nous remarquons surtout qu’il n’ y a rien d’une opposition normale pacifique,organisée face à un pouvoir qui a été au départ surmédiatisé comme “monstrueux” qui gaze ses propres concitoyens.par les médias occidentaux pour tromper l’opinion!.
    Les langues se délient de plus en plus et on apprend vite que ce bourbier a été sciemment préparé pour de sombres projets notamment le remodelage de toute une vaste région allant de l’Afrique du Nord à l’Afghanistant en frôlant la frontière russe à cause de la question ukrainienne montée de toutes pièces par les pays de l’OTAN.
    Nous observons que ces futures “démocrates” à l’occidental sont représentés par les groupes islamiques les plus durs comme el Nosra dont le champion de la politique extérieure française Fabius a vite dit “qu’elle faisait du bon boulot”pendant que son homogue américain lui collait une étiquette de terroriste.
    De l’autre,les USA forment militairement des soldats qui sont avec el QAIDA qu’ils disent combattre.
    On imagine le grand complot contre la syrie et ses alliés russes et iraniens à travers cette crise .et on pensait facilement atteindre après la Russie (rappelez vous son isolement récent par l’Occident à cause de l’Ukraine,un scénario de manipulation évidente).
    Enfin,les masquent tombent les américains avouent leur forfaiture en formant des troupes pour enliser un pays,la Turquie ,l’Arabie et le Qatar étant ceux qui tirent pour l’heure les meilleurs dividendes .Les différentes composantes de cette anarchique opposition ayant fait allégeance soit pour les uns ou les autres pour des raisons géopolitiques ou religieuses.
    Poutine en mettant son pied dans cette belle fourmilière a dérangé bien des plans voire un grand complot qui se préparait contre la Russie elle-même.L’engagement en force et spectaculaire du président russe en Syrie en étant une preuve évidente !


  21. anne jordan Le 19 octobre 2015 à 21h26
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    merci pour cet excellent travail !


  22. V_Parlier Le 19 octobre 2015 à 21h29
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    “l’Armée syrienne libre était la principale force armée opposée au régime de Bachar el-Assad et à l’armée régulière (…) elle se caractérise, pour l’essentiel, par son nationalisme arabe et son >objectif démocratique<".
    Mouais, les maïdanistes à Kiev étaient vus comme ça aussi, jusqu'à ce qu'ils prennent (beaucoup plus facilement) le pouvoir…


  23. Merle Le 19 octobre 2015 à 22h07
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    Merci pour ce travail.


  24. koui Le 19 octobre 2015 à 22h20
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    Ce qui me frappe dans cette guerre est :
    1 Le nombre très faible de combattants rapporté à la population
    2 La relative stabilité des fronts
    3 Le niveau très élevées de perte prêté aux force gouvernementales bien armées face aux rebelles
    4 La faible proportion de pertes civiles par rapport aux combattants
    5 Les changement de marque des groupes rebelles

    Le nombre total de combattants est d’environ 500000 en estimation haute aprés 210000 combattants tués, une proportion de morts trés élevé. Par contre, 7000000 combattants c’est peu comparé à la population (3,5%), surtout qu’il y a beaucoup d’étrangers parmi eux. Cela s’explique par la faible mobilisation par le régime en dehors des communautés alaouite et chrétiennes (15% de la population, 3 millions). Les rebelles recrutent sur la communauté sunnite arabe beaucoup plus large (70%, 14 millions) mais avec peu de succès. Les kurdes sur une population équivalente à celle des alaouites et chrétiens (15%, 3 millions). L’intervention de faibles contingents étrangers prend alors une importance considérable. 2 ou 3000 combattants volontaires et motivés du Hezbollah, chiites du Liban (1 million) prennent alors une dimension militaire disproportionnée par rapport au chiffre brut.

    Les fronts ne bougent pratiquement pas entre les loyalistes et les rebelles depuis 2012, aucun camps n’étant capable de lancer une offensive décisive par manque d’hommes.

    Les chiffres des pertes gouvernementales sont supérieurs aux pertes rebelles. Ces chiffres semblent totalement fantaisistes ou alors, c’est que l’armée d’Assad est trés incompétente car elle a plein de vieux avions et de vieux chars que ses adversaires n’ont pas. Il faut dire que les chiffres sont donnés par l’OSDH, c’est à dire, le gouvernement britannique. On pourrait imaginer que les morts rebelles sont sous estimés en ne tenant pas compte des djihadistes étrangers, chair à canon des rebelles syriens, qui sont envoyés à peine formés sur les chars d’Assad. Ce n’est qu’une hypothèse qui en vaut une autre.

    1 mort sur 3 qui est civil, c’est peu dans une guerre civile ou on massacre sans aucun respect des droits de l’homme, par haine pure de l’autre. Je ne crois pas que les chiffres de la guerre américaine en Irak soit aussi doux pour le peuple. le nombre de mort civil est encore plus douteux que celui des combattants.

    Les zones rebelles reste inchangées en global, mais c’est l’affiliation des combattants qui change en fonction de la paye et de approvisionnement en armes. Est ce que les combattants rebelles ont changé politiquement? Difficile à établir.

    La population est de 20 millions dont 2 millions ont fuit à l’étranger et peut être 5 millions vers la zone loyaliste. Combien reste t il d’habitant en zone rebelle? 5 ou 6 millions peut être.


    • Wilmotte Karim Le 20 octobre 2015 à 11h10
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      En 2014, il semble que la Syrie légale a beaucoup reculé.


  25. couci couça Le 20 octobre 2015 à 08h42
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    Petite question :
    Quand nous apprenons que des jeunes musulmans français ou convertis partent en Syrie quels rangs vont ils rejoindre ?


    • Alfred Le 20 octobre 2015 à 09h00
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      En toute logique ils vont “faire du bon travail” au minimum voire rejoindre le drapeau noir pour les exemples qui ont été médiatisés.


      • couci couça Le 20 octobre 2015 à 13h11
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        Merci de ta réponse mais j’ai recherché “drapeau noir” : pas trouvé …


  26. SEBLEB Le 20 octobre 2015 à 10h23
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    J’ai lu avec attention le pavé wikipedia sur la guerre civile syrienne.

    Cette lecture est troublante :

    Dans un premier temps 2011 début 2012, on a un régime qui réprime brutalement des manifestations pacifiques. et ou il n’est pas fait mention de groupes islamistes radicaux. Les désertions de soldats et d’officiels confirment un schéma classique peuple contre clique au pouvoir. Et en spectateur une ONU impuissante, désarmée par les vétos Russes et Chinois.

    Puis la guerre se régionalise puis s’internationalise et le schéma de base se brouille, des mercenaires de tout poils soutenus par des opportunismes et ingérences non moins divers et variés entrent en scène. Le pouvoir en place cherche a lâcher du lest mais il est déjà trop tard. Le conflit est dénaturé : sa source a priori noble disparaît masquée par des enjeux autres jusqu’à quasiment disparaître tant dans le discours qu’en terme d’acteurs.

    Cette vision tranche avec l’approche médiatique y compris au regard des derniers développements et retournements, Ou l’on veut voir en Poutine un sauveur de la situation.

    Car si l’on se rappelle des premières heures du conflit pour remettre tout cela en perspective, alors Poutine apparaît sous un autre jour, beaucoup plus cynique … Un grand stratège qui avait plusieurs coups d’avance sur cet échiquier.

    On se prendrait même a supposer qu’il avait prévu que les USA comme a leur habitude se trouveraient des alliés non recommandables …


    • Wilmotte Karim Le 20 octobre 2015 à 11h12
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      Et d’autres font remonter le conflit à 1982 avec une violence latente de et contre l’état et les Frères Musulman Syrien.


    • Frédérique Le 20 octobre 2015 à 13h32
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      @SEBLEB

      Oui mais alors, qu’elles auraient été les raisons du véto chinois?


    • aleksandar Le 20 octobre 2015 à 21h00
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      Il se trouve que parmi les gentils militants pacifistes, il y avait des pas gentils et pas pacifistes qui ont tiré sur les forces de l’ordre.
      Des snipers au milieu de miliatnts pacifistes, ca ne vous rappelle rien ?
      Allez, je vous aide, c’est un pays et son nom commence par Uk…..


      • chb Le 04 novembre 2015 à 00h15
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        L’intro historique de Wikipedia indique ”Ces manifestations en faveur de la démocratie, majoritairement pacifiques et touchant tout le pays, sont réprimées brutalement par le régime. Peu à peu, le mouvement de contestation se transforme en une rébellion armée.”
        Cette description correspond aux plans des forces occidentales, qui ont déjà fait le coup dans moult pays. Irak, Iran, Afghanistan des années 80-90 avec les al Qaeda pour “sauver le pays” du soviétisme, Kosovo, Soudan, Libye, Côte d’Ivoire etc.
        En Syrie, ce qui me frappait au début des “manifestations pacifiques” où les fameux snipers pas identifiés ont frappé très tôt, c’était que la démission de B al Assad n’était pas une revendication populaire. Les gens demandaient du boulot et du pain, une baisse des prix du gaz et des services récemment privatisés, la fin de la corruption, le remplacement de tel ou tel gouverneur. Se rendant bien compte (exemple de la Libye, tout frais) que l’islamisme takfiriste allait apporter le chaos, ils applaudissaient al Assad jusque dans les cortèges funéraires des victimes ; victimes de qui ? Notre presse à l’unisson accusait le “régime sanguinaire” depuis Beyrouth, sans parler des pompiers et facteurs et militaires conscrits massacrés par dizaines. Les infos venaient toujours de l’OSDH, dont on s’est progressivement rendu compte que c’était une officine de propagande, prompte à mettre sur le dos de l’armée les meurtres sectaires et destructions. C’est-à-dire que la diabolisation initiale du régime, qui sert encore aujourd’hui à Fabius pour justifier le soutien aux rebelles, est largement fallacieuse. On peut donner en exemple le massacre au sarin de la Goutha, juste avant que Hollande ne lance son bombardement de Damas (et en fait, non, il n’y est pas allé parce que le Parlement britannique et le congrès US n’ont pas cru à la responsabilité du régime dans cette affaire). Tout récemment, une autre opération médiatique a recyclé des photos horribles de torture, soi-disant prises par un agent syrien qui aurait ensuite fait défection : ces photos avaient été montrées à l’ONU il y a deux ans, sans convaincre personne car ça puait le coup monté ; hé ben la diplomatie française s’en est pourtant servie pour appuyer son nouvel appel à renverser Bachar.
        Guerre et vérité ne font pas bon ménage… Flanbi qui déclare sa flamme à l’assassin Netanyahu et va lécher les pieds des Saoud et autres dictateurs patentés ne fait pas avec eux de chichis “démocratisants”, alors sa détestation du président syrien élu et réélu n’a sans doute qu’un lointain rapport avec les droits de l’homme. Ou alors à la mode Jules Ferry, ce colonialiste raciste dont François Hollande a revendiqué l’héritage en entrant à l’Elysée ?


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