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18.octobre.201518.10.2015 // Les Crises

[70e AG ONU] Afrique du Sud + Nigéria : “Il faut renforcer les mécanismes de lutte contre les paradis financiers, afin que les pays récupèrent les fonds qui leur ont été volés. “

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Afrique du Sud – Débat 2015 de l’Assemblée générale de l’ONU

Allocution de S.E. M. Jacob Zuma, Président de la République d’Afrique du Sud, lors du Débat général de la 70e session de l’Assemblée générale

Excellence Monsieur Mogens Lykketoft président de l’Assemblée générale, Excellence Monsieur le secrétaire général des Nations unies Monsieur Ban Ki-moon, Majesté, Excellence, Mesdames et Messieurs les délégués,

Monsieur le président, je souhaiterais vous féliciter, vous et votre pays le Danemark, à l’occasion de votre élection en tant que président de la 70e session de l’Assemblée générale. Vous pouvez compter sur le plein appui de l’Afrique du Sud durant votre présidence. Nations unies

Le thème que vous avez choisi, les Nations unies, en 70 ans la voie à suivre, pour la paix et la sécurité et les droits de l’Homme, est un thème qui intervient de manière très opportune, un thème pertinent dans le contexte des défis mondiaux auxquels le monde fait face aujourd’hui.

En outre je souhaiterais exprimer toute notre reconnaissance au président de la 69e session de l’Assemblée générale, monsieur Sam Kutesa de la République de l’Ouganda, je le remercie de la façon exemplaire avec laquelle il a représenté l’Afrique en dirigeant les travaux de l’Assemblée générale.

Monsieur le président, le 70e anniversaire des Nations unies représente un moment historique dans l’histoire de la gouvernance mondiale. La charte des Nations unies reprend par ses buts et principes les aspirations des populations opprimées de par le monde. Nous souhaiterions également saluer le rôle de l’Assemblé générale des Nations unies depuis 70 ans. Ancrée dans les principes de l’égalité souveraine, l’Assemblée générale des Nations unies est l’institution internationale la plus représentative et l’organe le plus représentatif des Nations unies. Au fil des ans, l’Assemblée générale est restée au centre de la fourniture d’aide et d’appui aux plus défavorisés, aux marginalisés, aux peuples occupés, colonisés, opprimés de par le monde. Cette auguste instance a appuyé la lutte de l’Afrique du Sud lorsqu’elle a déclaré que l’apartheid était un crime contre l’humanité. Monsieur Oliver Tambo, l’ancien président du mouvement de libération, le congrès national africain, a pris la parole devant l’Assemblée générale des Nations unies, à cette même tribune le 26 octobre 1976, et il s’est adressé aux Nations unies à d’autres occasions encore. Bien d’autres Sud africains éminents ont eu la possibilité dans le cadre des Nations unies de défendre notre recherche de liberté. Les Nations unies ont ainsi donné une voix à ceux qui n’en avaient pas. L’Afrique du Sud libre a été honorée par le fait que l’on a déclaré le 18 juillet comme journée internationale Mandela, c’est un honneur pour notre président fondateur, pour cette icône mondiale qu’est le président Nelson Mandela.

Alors que nous commémorons le 70e anniversaire des Nations unies, je souhaiterais, au nom du peuple de l’Afrique du Sud, exprimer toute notre reconnaissance au monde. Merci d’avoir contribué à nous libérer des chaînes de l’apartheid, à nous libérer du racisme institutionnalisé.

Monsieur le président, l’Assemblée générale des Nations unies continue de donner une voix à ceux qui n’en ont pas et à ceux qui sont opprimés. Lors d’un rebondissement historique, l’Assemblée générale des Nations unies a adopté une résolution pour permettre au drapeau palestinien de battre devant le siège de l’ONU. Cette résolution a été adoptée avec une large majorité. Elle a été appuyée par de nombreuses nations. Des nations venant tant du nord développé que du sud. Il ne peut y avoir aucune paix, aucune sécurité, aucun développement au Proche-Orient sans que la question palestinienne ne soit réglée. Il faut trouver une solution et ce, de manière urgente. Si nous remettons cela à plus tard, dans une décennie, nous n’aurons peut-être plus de territoire pour justifier la solution de 2 états.

Monsieur le président, ce 70e anniversaire historique des Nations unies représente une possibilité de réfléchir à la structure et au fonctionnement de l’organisation. Cette année, soulignons-le, marque le 10e anniversaire de l’adoption du document final du sommet mondial en 2005, où on avait abordé la question de la réforme des Nations unies. Un nombre important de décisions portant sur cette réforme ont été mis en œuvre depuis ce sommet et notamment les points suivants :

. le remplacement de la Commission des droits de l’Homme par le Conseil des droits de l’Homme, un organe plus efficace

. la création de la commission de consolidation de la paix en tant qu’organe subsidiaire tant de l’Assemblée générale que du Conseil de sécurité des Nations unies.

. La réforme et la simplification du système de gestion des Nations unies.

. L’intégration du concept de l’égalité hommes/femmes grâce à la création d’ONU Femmes

. Une norme issue des membres qui aient la responsabilité de protéger afin d’aider les peuples faisant face aux génocides, aux crimes contre l’humanité, aux crimes de guerre et à l’épuration ethnique.

Nous nous félicitons de ces progrès remarquables. Cependant il nous faut constater que pratiquement aucun progrès n’a été réalisé pour ce qui est de l’engagement pris par les chefs d’état et de gouvernement en 2005, un engagement concernant la réforme du Conseil de sécurité des Nations unies. Il est inacceptable et injustifiable que plus de un milliard de personnes sur le continent africain continuent d’être exclues et ne sont pas membres permanents de la structure essentielle de prise de décisions des Nations unies c’est à dire le Conseil de sécurité.

Un continent qui a une population inférieure à celle de l’Afrique est représenté par 3 pays au Conseil de sécurité des Nations unies en tant que membre permanent. C’est injuste. Les Nations unies ne peuvent faire semblant que le monde n’a pas changé depuis 1945. Nous ne sommes plus des colonies, nous sommes des états libres, indépendants et souverains. Nous nous félicitons du fait que les encouragements vers la réforme du Conseil de sécurité des Nations unies déployée par l’Afrique est eu une incidence, que cela ait donné un certain élan au processus de négociation inter-gouvernemental, qui s’est penché sur la réforme Nous continuerons d’œuvrer avec des états progressistes pour arriver à l’élargissement de la représentation de cet organe.

Monsieur le président, une autre question essentielle qui mérite toute l’attention des délégations, c’est la sélection du secrétaire général des Nations unies qui est désigné par l’Assemblé générale sur recommandation du Conseil de sécurité des Nations unies. Un examen de ce processus est nécessaire pour permettre une participation qui aura plus de sens, une participation de l’assemblée générale à ce processus.

Monsieur le président, vous avez épinglé les droits de l’Homme, la gouvernance, l’état de droit et l’égalité hommes/femmes comme des zones importantes sur lesquelles il fallait se pencher davantage durant la 70e session de l’Assemblée générale des Nations unies. Nous devons faire front sur ce travail qui a déjà été entrepris, visant à élaborer cette liste de droits des Nations unies en 1948 pour renforcer la protection dans des zones comme le racisme, la discrimination à l’égard des femmes, la promotion des droits de l’enfant et des droits des personnes avec un handicap. Nous pensons également que le système des Nations unies concernant les droits de l’Homme, notamment son Conseil des droits de l’Homme, devrait assurer un équilibre entre les droits civils et politique, et également les droits économiques, sociaux et culturels, notamment le droit au développement. Le Conseil des droits de l’Homme doit également être vu comme un mécanisme indépendant et impartial pour ancrer la culture des droits de l’Homme dans le monde entier. Le Conseil des droits de l’Homme devrait éviter de répéter les erreurs de son prédécesseur, la Commission des droits de l’Homme, qui était envahie par la politisation et qui était prise entre le marteau et l’enclume, entre les pays développés et en développement.

Cette année marque également le 50e anniversaire de la Convention internationale sur l’élimination de toutes les formes de discrimination raciale. L’année 2015 nous permet de commémorer le 60e anniversaire de l’adoption de la Charte de la liberté d’Afrique du Sud qui reprend les principes et les valeurs fondamentales qui sont consacrés par notre constitution. L’Afrique du Sud continuera de mener un plaidoyer au sein du système des droits de l’Homme des Nations unies pour combattre le fléau du racisme, de la xénophobie, de la discrimination raciale et autres intolérances et pour appuyer tout ce qui vise à promouvoir une véritable égalité à l’échelle mondiale.

Monsieur le président, ce 70e débat général se tient dans un contexte de préoccupation internationale croissante face à la monté de l’extrémisme violent, du terrorisme, face à des brutalités indicibles que nous condamnons dans les termes les plus forts. Nous nous félicitons des réunions qui se tiendront en marge de l’Assemblée générale afin d’examiner les progrès réalisés dans la lutte contre le terrorisme au Proche-Orient et dans le nord de l’Afrique. Nous souhaiterions souligner que le Conseil de sécurité des Nations unies doit tenir compte des points de vue du continent africain et de ses organisations sous-régionales lorsque il se penche sur les conflits en Afrique dans l’avenir. La situation actuelle en Libye et dans la région du Sahel est une conséquence directe du fait que certains membres du Conseil de sécurité des Nations unies n’ont pas suivi les conseils émanant de l’Union africaine. Le concept de responsabilité de protéger à été mal utilisé pour faire progresser des intérêts politiques étroits, des intérêts, disais-je, qui n’avaient rien à voir avec les aspects fondamentaux de la prévention d’atrocité de masse. La crise des réfugiés que connaît l’Europe aujourd’hui est malheureusement le fruit immédiat de la militarisation de certains troubles civils, notamment le fait d’avoir armé massivement des civils et des groupes de l’opposition en Libye et en Syrie et également dans d’autres pays touchés. Il faut dire que ce problème est anthropique et donc il est essentiel que lorsque l’on parle de l’extrémisme violent et du terrorisme dans certaines régions d’Afrique et au Proche-Orient, que l’on examine les causes premières du problème et qu’on ne se borne pas à examiner les symptôme. Ce qui mérite également toute notre réflexion, c’est cette doctrine du changement de régime et son rôle dans la continuation des conflits et de l’instabilité dans certaines parties de notre continent et dans le monde.

Monsieur le président, nous nous félicitons de l’accord de paix récemment signé entre les parties au Soudan du Sud. Nous exhortons les Nations unies et toutes les parties prenantes d’appuyer le peuple soudanais alors qu’il œuvre pour résoudre les défis actuels. Nous réitérons notre appui au peuple du Sahara occidental et nous exhortons la communauté internationale d’appuyer leur lutte pour l’auto-détermination pour la liberté, les droits de l’Homme et la dignité.

Nous nous félicitons également du rétablissement des relations diplomatiques entre Cuba et les États-Unis, et la libération des cinq cubains. Nous réitérons notre appel pour que l’embargo financier et économique soit levé afin d’aider le peuple cubain à obtenir leur liberté économique.

Nous saluons la contribution de sa sainteté le pape François au processus de normalisation entre Cuba et les États-Unis. Nous nous félicitons grandement de la contribution du Saint Père de manière générale dans sa recherche de paix, de justice pour mettre fin à la pauvreté et aux souffrances comme il l’a dit avec éloquence à l’Assemblée générale et dans d’autres instances.

Monsieur le président, nous félicitons les Nations unies de leur rôle essentiel, ce rôle que cette auguste instance a joué en matière de maintien de la paix et nous insistons pour que des ressources soient allouées aux Nations unies pour ce faire, notamment en Afrique.

Monsieur le président, Majesté, Excellence, l’échec de la conférence d’examen du traité de non prolifération, le fait de ne pas être arrivé à un accord alors que l’on marque les 70 ans depuis la première utilisation de l’arme nucléaire au Japon, est un revers terrible dans notre engagement visant à libérer le monde des armes de destruction massive et notamment des armes nucléaires. Il est impossible de vivre en sécurité lorsqu’il y a des armes nucléaires. Les conséquences humanitaires qu’aurait l’utilisation d’une arme nucléaire que ce soit de manière accidentelle ou sciemment serait catastrophique pour l’humanité. Nous nous félicitons de l’accord conclu récemment portant sur le programme nucléaire iranien. Nous nous félicitons de la reconnaissance du droit à l’Iran à utiliser pacifiquement l’énergie nucléaire.

Monsieur le président, la 70e session de l’Assemblée générale des Nations unies a adopté le programme de développement de l’après 2015. Le document final représente une victoire pour le monde en développement. En effet, il affirme que le programme à l’horizon de 2030 doit faire fond sur les tâches qui n’avaient pas été terminées au titre des OMD. En outre le programme de développement à l’horizon 2030 est universel car les objectifs de développement durable qui ont été adoptés s’appliquent aux pays développés et en développement. Il a été clairement reconnu que le principe des responsabilités communes mais différenciées et des capacités différentes étaient essentielles. La déclaration contient également un objectif spécifique pour arriver à l’égalité hommes/femmes et assurer l’autonomisation des femmes et des jeunes filles. Ceci est particulièrement opportun, étant donné que cette année nous commémorons le 20e anniversaire de la Plate-forme d’action de Beijing et le 15e anniversaire de la résolution des Nations unies sur les femmes, la paix et la sécurité.

Monsieur le président, étant à l’origine de la Plate-forme de Durban pour une action renforcée par le biais de laquelle le cycle des négociations actuelles au titre de la Convention-cadre sur le changement climatique se tient, l’Afrique du Sud a un intérêt tout particulier et un engagement spécifique par rapport au succès de la conférence de Paris au mois de décembre. Nous demandons que soit appliqués trois volets du mandat de Durban. En d’autres termes,

. Combler la lacune actuelle avant 2020 en respectant les obligations juridiques existantes par les pays développés et une action renforcée.

. L’entrée en vigueur de la 2e période d’engagement du protocole de Kyoto.

. L’adoption d’un nouvel accord pour la période après 2020, à Paris, qui contiendrait tous les éléments essentiels, notamment les moyens de mis en œuvre, les mesures concernant les pertes et les dommages et des mesures de réponses. Nous souhaitons un accord juridiquement contraignant, ambitieux et équitable, à Paris, qui s’appliquerait à toutes les parties. En outre, pour l’Afrique du Sud, en tant que président du groupe des 77 et la Chine, un ensemble de mesures à Paris qui serait creux et vide sur le plan financier, ne serait pas acceptable. L’Afrique du Sud a présenté une contribution déterminée sur le plan nationale au secrétariat de la convention-cadre avant la date butoir du 1er octobre. Ce qui montre que nous sommes prêts à participer à la conférence de Paris.

Monsieur le président, nous nous associons au monde pour commémorer les 70 ans des Nations unies. Alors que nous commémorons cet anniversaire historique, la réforme du Conseil de sécurité des Nations unies et le renforcement de l’Assemblée générale des Nations unies et d’autres organes restent essentiels. A la fin de cette 70e session, nous devrions être en mesure d’adopter une feuille de route disposant de calendriers clairs, applicables portant sur les priorités de cette organisation et sur la réforme de cette dernière. Nous devons agir ainsi afin que les Nations unies restent une force pertinente, une force de changement dans le monde.

Monsieur le président, avant de clôturer mon intervention, permettez moi de souligner les offres présentées par la Chine, des offres qui doivent passer par les Nations unies. Mais la Chine a souligner l’appui qu’elle souhaitait apporter à l’Afrique pour arriver à 100 millions de dollars américains d’aide non militaire à l’Union africaine dans les 5 années à venir, afin d’appuyer la création d’une force permanente africaine et des capacité africaines pour une réponse immédiate aux crises. Nous souhaiterions souligner que cette offre est très bien venue par l’Afrique.

Merci beaucoup et veuillez m’excuser, j’avais un chat dans la gorge.

Source : ONU 11/10/2015, transcrit par les lecteurs du blog www.les-crises.fr


Nigéria – Débat 2015 de l’Assemblée générale de l’ONU

Allocution de S.E. M. Muhammadu Buhari, Président de la République fédéral du Nigéria, lors du Débat général de la 70e session de l’Assemblée générale

Monsieur le Président de l’Assemblée générale,
Monsieur le Secrétaire général
Mesdames et Messieurs les Chefs d’État et de gouvernements

Mesdames et Messieurs les délégués

Mesdames et Messieurs

Monsieur le Président,

Au nom du gouvernement et du peuple du Nigeria, j’aimerais vous féliciter ainsi que votre pays, pour votre élection à la présidence de la 70e session de l’Assemblée Générale des Nations Unies. Je voudrais également saluer votre prédécesseur, M. Sam Kahamba Kutesa ainsi que le Secrétaire général, M. Ban Ki-Moon, qui ont redoublé d’efforts afin d’élaborer le programme pour le développement de l’après 2015 et pour maintenir notre engagement envers les idéaux des Nations Unies. Je remercie M. Ban Ki-Moon de sa récente visite au Nigeria, visite au cours de laquelle nous avons pu engager des discussions extrêmement utiles.

Monsieur le Président,

Il y a cinquante-cinq ans, presque jour pour jour, mon prédécesseur, le Premier ministre du Nigeria, AIhaji Tafawa Balewa, s’est exprimé du haut de cette tribune pour déclarer la volonté du Nigeria de développer et de maintenir des relations amicales avec tous les pays. Il a également assuré le monde de l’engagement de notre pays en faveur du respect des principes fondateurs des Nations Unies.

Monsieur le Président,

Mon pays, le Nigeria, est animé par cette conviction, même lorsque nous sommes parfois confrontés à des conflits territoriaux avec nos voisins. Nous respectons les principes internationaux, nous respectons l’état de droit ainsi que la Charte de cette organisation. Nous avons énormément contribué aux missions de maintien de la paix des Nations Unies. Moi-même en tant que jeune officier, j’ai servi au Congo et au Liban. Le Nigeria a contribué aux efforts de maintien de la paix des Nations Unies en Éthiopie, au Libéria, en Sierra Leone et au Darfour. En outre, nous sommes fiers de nos contributions à d’autres activités des Nations Unies, notamment au sein de la Commission de consolidation de la paix, du Conseil des droits de l’homme et de la réforme du secteur de la sécurité.

Monsieur le Président,

Nous sommes ravis de constater que de nombreux pays se sont engagés à mettre en œuvre le programme de développement de l’après-2015 ainsi que les objectifs du développement durable (ODD) en se dotant de moyens de mise en œuvre. Ces cadres qui succèdent aux OMD ont été adoptés, Monsieur le Président, avec des ambitions extrêmement élevées. Néanmoins, nous devons être à la hauteur des objectifs de coopération au sein de la communauté internationale d’ici l’année 2020. Il faut un véritable un appui universel.

Et ce parce que les ODD reflètent les espoirs et les aspirations du monde entier. J’aimerais souligner que pour que ces ODD qui viennent d’être adoptés soient traduits dans la réalité, ils doivent être réalisables. Dans ce contexte, l’objectif principal d’éradication de la pauvreté et de la réduction des inégalités doit être mis en œuvre, grâce à un nouveau partenariat international et grâce à des politiques concrètes et des mesures telles que soulignées dans le Programme d’action d’Addis-Abeba. Heureusement, ces deux objectifs principaux des ODD se retrouvent au cœur du nouveau programme de développement du Nigeria. Soulignons Monsieur le Président, que les investissements étrangers directs sont complétés par l’aide publique au développement. Ceci est nécessaire et c’est souligné dans le Programme d’action d’Addis Abbeba. C’est essentiel pour combler les lacunes de développement. A cet égard, j’aimerais appeler les états industrialisés à s’acquitter de leur promesse d’accorder 0,7% de leur PIB pour l’aide au développement. A l’exception du Royaume-Uni, j’ai cru comprendre, que tous les pays concernés ont répondu à cet appel. Dans le cadre des ODD nous devons améliorer la vie des populations des pays en développement, mais aussi de tous les pays.

Le Secrétaire général a lui-même divisé les ODD en six sections essentielles, à savoir :

– la dignité
– la prospérité
– la justice
– le partenariat

– la planète

– et les peuples

Alors que nous nous penchons sur notre histoire et que nous nous rappelons les terribles événements qui ont donné naissance aux Nations Unies en 1945, j’aimerais proposer un septième élément fondamental : la Paix.

La paix, Monsieur le Président, est chère au cœur des Nigérians. Nous luttons avec le Tchad, le Niger et le Cameroun contre Boko-Haram. Malheureusement, cette lutte ne suscite pas l’attention de la communauté internationale, pas autant que les conflits au Moyen-Orient alors que les souffrances sont tout aussi grandes. Il s’agit d’une guerre de valeur entre le progrès et le chaos; en faveur de la démocratie et de l’état de droit. Boko Haram se nourrit de la faiblesse des innocents et se cache derrière une interprétation tronquée de l’Islam. Boko Haram est bien loin des vrais principes de l’Islam.

Beaucoup de mes collègues qui participent à ce débat souhaitent savoir ce que notre gouvernement compte mettre en œuvre face à ce problème. Les amis du Nigeria et les investisseurs étrangers doivent savoir que nous avons l’intention de nous atteler à ce problème. Nous allons lutter contre les inégalités qui découlent du chômage et des politiques du gouvernement précédent qui ont favorisé certaines personnes au détriment du plus grand nombre. Nous avons l’intention de mettre l’accent sur une éducation technologique de qualité en faveur du développement et nous allons également jeter les bases d’un système de santé efficace pour la prise en charge des personnes âgées, des personnes les plus défavorisées et des infirmes. Aujourd’hui la lutte contre le terrorisme est notre principale priorité.

Le nouveau gouvernement du Nigéria que je préside a l’intention d’élaborer une stratégie solide pour éradiquer Boko Haram. Le Nigeria ainsi que ses voisins le Tchad, le Cameroun, le Niger et le Bénin coopèrent ensemble afin de lutter contre cette menace commune au sein du cadre régional de la Commission du Bassin du Lac Tchad. Nous avons créé une équipe multinationale spéciale afin de lutter et de vaincre Boko Haram. Nous avons pu chasser les troupes de Boko Haram de la plupart de leurs bastions, nous avons pu arrêter beaucoup de leurs responsables et libérer des centaines d’otages.

Monsieur le Président,

L’un de nos principaux objectifs est de sauver les jeunes filles de Chibok afin de les ramener en vie et en bonne santé. Nous n’épargnons aucun effort pour garantir leur sécurité et pour qu’elles retrouvent leurs familles. Ces jeunes filles sont constamment dans nos esprits et dans nos projets.

Monsieur le Président,

Le terrorisme est loin d’être la seule menace qui sape le bien-être de nos sociétés dans le monde. On peut penser à la corruption, la criminalité financière transfrontalière, la cybercriminalité, le trafic d’êtres humains, la diffusion des maladies transmissibles, les changements climatiques et la prolifération des armes. Voilà autant de défis du 21ème siècle que la communauté internationale doit relever collectivement.

Permettez-moi de réaffirmer notre engagement inébranlable en faveur de la lutte contre la corruption et les flux financiers illicites. Sans aucun doute, la corruption et les crimes financiers transfrontaliers sont des obstacles au développement, à la croissance économique, à l’épanouissement et au bien-être des citoyens du monde entier. Le Nigeria est prêt et à l’intention d’établir des partenariats avec les agences internationales et les pays de façon bilatérale, afin de lutter contre la criminalité et la corruption. J’appelle tout particulièrement la communauté internationale à redoubler immédiatement d’efforts et à renforcer les mécanismes de lutte contre les paradis financiers, afin que les pays récupèrent les fonds qui leur ont été volés.

Monsieur le Président,

Le monde est également confronté à un nouvel enjeu : la traite des êtres humains. C’est un fléau qui sévit depuis longtemps mais qui a pris une nouvelle dimension. En Afrique, nous sommes choqués de voir des réseaux internationaux abuser d’hommes et de femmes fuyant vers l’Europe et qui souvent meurent noyés dans la Méditerranée. Nous condamnons dans les termes les plus forts et les plus fermes ces passeurs et nous appuyons toutes les mesures visant à les traduire en justice. Dans le même temps, nous saluons les gouvernements européens, notamment l’Italie et l’Allemagne, qui font preuve de compréhension et qui traitent avec humanité ces réfugiés. L’année dernière, notre continent a du faire face à l’épidémie du virus Ebola. Nous remercions très sincèrement la communauté internationale pour les efforts collectifs visant à éradiquer cette maladie mortelle. Nous ne sommes pas encore sortis de la crise, mais nous aimerions saluer tout particulièrement les États-Unis, le Royaume-Uni, la France et la Chine pour leur assistance dans la lutte contre l’épidémie d’Ebola et dans les soins apportés aux personnes infectées en coopération avec les pays d’accueil.

Monsieur le Président,

Le Nigeria a souscrit et a entériné les objectifs 13,14 et 15 des ODD concernant les changements climatiques. Au Nigeria, la désertification et l’érosion des sols ainsi que leur dégradation conduisent à la perte de la biodiversité et constituent de véritables menaces pour notre environnement. Sous l’égide de la Commission du bassin du lac Tchad nous avons adopté une approche régionale pour relever ce défi. Nous nous réjouissons de la tenue du Sommet sur le climat à Paris en Décembre 2015. Ce sommet devrait revigorer l’optimisme de l’humanité dans sa lutte contre cette menace à laquelle toutes les communautés sont confrontées.

Monsieur le Président,

Nous assistons à une augmentation terrible des conflits favorisés par la disponibilité des armes de petit calibre. J’appelle tous les pays membres à respecter les principes de la charte des Nations unies. Tout d’abord, il faut mettre en œuvre le traité sur le commerce des armes. Cela garantira le transfert uniquement légal de ces armes. Les trafiquants d’armes et les trafiquants d’êtres humains constituent deux fléaux que l’humanité doit éradiquer.

Monsieur le Président,

Alors que nous procédons à ces débats annuels, nous ne devons pas oublier les principes qui ont conduit à la fondation de l’Organisation des Nations Unies. Parmi ces principes on retrouve la coexistence pacifique et le droit à l’autodétermination des peuples. Dans ce contexte, Monsieur le Président, la question non résolue du droit à l’autodétermination du peuple palestinien et du Sahara occidental, deux nations, qui d’après les Nations Unies devraient pouvoir réaliser ce droit inaliénable, doivent voir lever tout obstacle qui reste sur cette voie. La communauté internationale a décidé de résoudre la question palestinienne grâce à la solution de deux États -qui reconnaît le droit légitime de chaque État à exister en paix et en sécurité. Le monde n’a plus d’excuses ou de prétextes pour reporter la mise en œuvre de la liste extrêmement longue des résolutions du Conseil de sécurité sur cette question. Nous n’avons plus le droit non plus, de refuser à ces peuples de mettre fin à l’occupation et au blocus

Monsieur le Président, Mesdames et Messieurs les délégués des états membres,

Les nations unies célèbrent leurs 70 ans. Et l’on peut compter bien plus de 70 grandes réalisations obtenues grâce aux Nations Unies. J’espère que dans les 70 prochaines années, les Nations Unies parviendront à contrôler les changements climatiques, à éliminer les maladies transmissibles, à lutter contre les grands conflits et les conflits locaux et par conséquent à éliminer le problème des réfugiés. J’espère que nous prendrons des mesures pour réduire les disparités et les inégalités entre les nations et au sein des nations et surtout, j’espère que nous pourrons éliminer les armes nucléaires.

Monsieur le Président,

Etant donné que c’est la première fois que je m’adresse à cette Assemblée, je vous remercie ainsi que les délégués, de m’avoir écouté avec autant de patience. Je vous remercie.

Source : ONU 11/10/2015, transcrit par les lecteurs du blog www.les-crises.fr

Commentaire recommandé

Surya // 18.10.2015 à 13h29

c’est complètement faux. L’irlande a un énorme problème d’évasion fiscale alors que leur IS est à 13%

2 réactions et commentaires

  • Guillaume Besset // 18.10.2015 à 11h59

    Deux remarques me viennent à l’esprit :

    – Interdire les armes à plutôt montré une augmentation de la violence dans le passé :
    http://www.mondialisation.ca/les-armes-feu/16215?print=1

    – Lutter contre les paradis fiscaux est très bien, mais il ne faut pas oublier que dans les pays ayant peu d’impôts (dépenses bien priorisées), il y a tout simplement moins d’évasion !

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    • Surya // 18.10.2015 à 13h29

      c’est complètement faux. L’irlande a un énorme problème d’évasion fiscale alors que leur IS est à 13%

        +7

      Alerter
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