Source : Le Partage, Chris Hedges, 11-04-2016

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chris_hedges-300x300Article original publié en anglais sur le site de truthdig.com, le 27 mars 2016.
Christopher Lynn Hedges (né le 18 septembre 1956 à Saint-Johnsbury, au Vermont) est un journaliste et auteur américain. Récipiendaire d’un prix Pulitzer, Chris Hedges fut correspondant de guerre pour le New York Times pendant 15 ans. Reconnu pour ses articles d’analyse sociale et politique de la situation américaine, ses écrits paraissent maintenant dans la presse indépendante, dont Harper’s, The New York Review of Books, Mother Jones et The Nation. Il a également enseigné aux universités Columbia et Princeton. Il est éditorialiste du lundi pour le site Truthdig.com.


La vengeance est le moteur psychologique de la guerre. Les victimes en sont la monnaie de sang. Leurs corps servent à sanctifier des actes de meurtre indiscriminés. Ceux définis comme l’ennemi et ciblés pour être massacrés sont déshumanisés. Ils ne sont pas dignes d’empathie ou de justice. La pitié et la peine sont l’apanage des nôtres. Nous faisons vœu d’éradiquer une masse déshumanisée incarnant le mal absolu. Les estropiés et les morts de Bruxelles ou de Paris et les estropiés et les morts de Raqqa ou de Syrte perpétuent les mêmes convoitises sinistres. Nous sommes tous l’État islamique.

“La violence n’engendre que de la violence”, écrit Primo Levi, « dans un mouvement pendulaire qui grandit avec le temps au lieu de s’amortir ».

Le jeu du je-te-tue-tu-me-tues ne cessera qu’après épuisement, lorsque cette culture de mort nous aura brisés émotionnellement et physiquement. Nous utilisons nos drones, nos avions de chasse, nos missiles et notre artillerie pour éventrer des murs et des plafonds, exploser des fenêtres et tuer ou blesser ceux qu’ils abritent. Nos ennemis portent des explosifs au peroxyde dans des valises ou des gilets explosifs et pénètrent dans des terminaux d’aéroports, des salles de concert, des cafés ou des stations de métro pour nous faire exploser, et bien souvent eux avec. S’ils possédaient notre niveau de technologie de mort, ils seraient bien plus efficaces. Mais ce n’est pas le cas. Leurs tactiques sont plus brutes, mais nous ne sommes pas moralement différents. T.E. Lawrence a appelé ce cycle de violence : « les anneaux de la tristesse ».

La religion chrétienne épouse la notion de “guerre sainte”, avec autant de fanatisme que l’Islam. Nos croisades valent le concept du jihad. Lorsque la religion sert à sanctifier le meurtre, il n’y a aucune règle. C’est une lutte entre la lumière et l’obscurité, le bien et le mal, Satan et Dieu. Le discours rationnel est banni. Et « le sommeil de la raison », comme dit Goya, « engendre des monstres ».

Essai nucléaire du 3 juillet 1970 à Mururoa (tir Licorne, 1 MT). Parce que « la France » c’est, entre autres : plus de 200 essais nucléaires depuis 1966, avec les conséquences environnementales et sanitaires que l’on sait (ou que l’on devrait savoir). (Coup de pouce : http://www.bastamag.net/Essais-nucleaires-en-Polynesie-la-France-meprise-les-consequences).

Essai nucléaire du 3 juillet 1970 à Mururoa (tir Licorne, 1 MT). Parce que « la France » c’est, entre autres : plus de 200 essais nucléaires depuis 1966, avec les conséquences environnementales et sanitaires que l’on sait (ou que l’on devrait savoir). (Coup de pouce : http://www.bastamag.net/Essais-nucleaires-en-Polynesie-la-France-meprise-les-consequences).

Les drapeaux, les chants patriotiques, la déification du guerrier et les balivernes sentimentales noient la réalité. Nous communiquons à l’aide de clichés creux et insensés, d’absurdités patriotiques. La culture de masse sert à renforcer le mensonge selon lequel nous sommes les vraies victimes. Elle travestit le passé pour le faire se conformer au mythe héroïque national. Nous sommes censés être les seuls à posséder la vertu et le courage. Nous sommes les seuls à avoir le droit de vengeance. Nous sommes hypnotisés et plongés dans une somnolence commune, un aveuglement orchestré par l’État.

Ceux que nous combattons, n’ayant pas accès à nos machines industrielles de mort, tuent de près. Mais tuer à distance ne nous rend pas moins moralement déformés. Les tueries à longue distance, incarnées par les opérateurs de drones des bases militaires aériennes US, qui rentrent diner chez eux, sont tout aussi dépravées. Ces techniciens opèrent la vaste machinerie de la mort avec une terrifiante stérilité clinique. Ils dépersonnalisent la guerre industrielle. Ils sont les « petits Eichmann ». Cette bureaucratie organisée de la mort est l’héritage le plus marquant de l’Holocauste.

La France, c’est aussi l’invasion coloniale d’Anguilla, d’Antigua, de la Dominique, de Grenade, de la Guadeloupe, de la Martinique, de Montserrat, de Saint-Martin (seulement partie nord), de Saint-Barthélemy, de Sainte-Lucie, de Saint-Vincent-et-les Grenadines, de Saint-Eustache, de Tobago, de Sainte-Croix, de Saint Domingue (Aujourd’hui Haïti et République dominicaine), de la Guyane, du Maroc, de l’Algérie, de la Tunisie, de la République Centrafricaine, du Tchad, du Bénin, du Burkina Faso, de la Guinée, de la Côte d’Ivoire, du Mali, de la Mauritanie, du Niger, du Sénégal, du Togo, du Cameroun, du Liban, de la Syrie, du Cambodge, du Laos, du Vietnam… c’est aussi la mise en place, le soutien à une grande majorité de présidents et dictateurs africains des anciennes colonies françaises (comme Omar Bongo (Gabon), Gnassingbé Eyadéma (Togo), Paul Biya (Cameroun), Denis Sassou-Nguesso (Congo), Blaise Compaoré (Burkina Faso), ou Idriss Déby (Tchad)). La participation, le soutien, le financement ou l’envoi d’armes lors de nombreuses guerres (comme, par exemple, la guerre civile angolaise, entre 1993 et 1995, qui aurait fait entre 500 000 et 1 000 000 de morts, avec une majorité de civils). D’innombrables guerres (Algérie, Corée, Vietnam, Guerre du Golfe, Afghanistan, Lybie, Mali, Centrafrique, Syrie…) et leurs corollaires : des millions de morts civils, aussi appelés « dommages collatéraux », ainsi que d’innombrables destructions environnementales.

La France, c’est aussi l’invasion coloniale d’Anguilla, d’Antigua, de la Dominique, de Grenade, de la Guadeloupe, de la Martinique, de Montserrat, de Saint-Martin (seulement partie nord), de Saint-Barthélemy, de Sainte-Lucie, de Saint-Vincent-et-les Grenadines, de Saint-Eustache, de Tobago, de Sainte-Croix, de Saint Domingue (Aujourd’hui Haïti et République dominicaine), de la Guyane, du Maroc, de l’Algérie, de la Tunisie, de la République Centrafricaine, du Tchad, du Bénin, du Burkina Faso, de la Guinée, de la Côte d’Ivoire, du Mali, de la Mauritanie, du Niger, du Sénégal, du Togo, du Cameroun, du Liban, de la Syrie, du Cambodge, du Laos, du Vietnam… c’est aussi la mise en place, le soutien à une grande majorité de présidents et dictateurs africains des anciennes colonies françaises (comme Omar Bongo (Gabon), Gnassingbé Eyadéma (Togo), Paul Biya (Cameroun), Denis Sassou-Nguesso (Congo), Blaise Compaoré (Burkina Faso), ou Idriss Déby (Tchad)). La participation, le soutien, le financement ou l’envoi d’armes lors de nombreuses guerres (comme, par exemple, la guerre civile angolaise, entre 1993 et 1995, qui aurait fait entre 500 000 et 1 000 000 de morts, avec une majorité de civils). D’innombrables guerres (Algérie, Corée, Vietnam, Guerre du Golfe, Afghanistan, Lybie, Mali, Centrafrique, Syrie…) et leurs corollaires : des millions de morts civils, aussi appelés « dommages collatéraux », ainsi que d’innombrables destructions environnementales.

“La destruction massive d’êtres humains, mécanisée, rationnelle, impersonnelle et soutenue, organisée et administrée par les États, légitimée et mis en marche par des scientifiques et des juristes, approuvée et popularisée par des universitaires et des intellectuels, est devenue une base de notre civilisation, le dernier héritage, périlleux et souvent réprimé, du millénaire », a écrit Omer Bartov dans « Murder in Our Midst: The Holocaust, Industrial Killing and Representation ( Le meurtre parmi nous : l’holocauste, la tuerie industrielle et la représentation) ».

Nous torturons des prisonniers kidnappés, beaucoup captifs depuis des années, dans des sites secrets. Nous entreprenons des « assassinats ciblés » de soi-disant cibles de haute valeur. Nous abolissons les libertés civiles. Nous causons le déplacement de millions de familles. Ceux qui nous combattent font pareil. Ils torturent et décapitent — reproduisant ainsi le style d’exécution des croisés chrétiens — avec leur propre marque de sauvagerie. Ils règnent en despotes. Douleur pour douleur. Coup pour coup. Horreur pour horreur. Cette folie présente une symétrie redoutable. Elle se justifie par la même perversion religieuse. Il s’agit du même abandon de ce que signifie être humain et juste.

Comme l’a écrit le psychologue Rollo May:

« Au début de chaque guerre… nous transformons rapidement notre ennemi à l’image du démon; puis, puisque c’est le diable que nous combattons, nous pouvons nous mettre sur le pied de guerre sans nous poser les questions gênantes et spirituelles que la guerre soulève. Nous n’avons plus à faire face à la réalisation que ceux que nous tuons sont des personnes comme nous. »

Les tueries et les tortures, plus elles durent et plus elles contaminent leurs auteurs et la société qui avalise leurs actes. Elles privent les inquisiteurs professionnels et les tueurs de la capacité de ressentir. Elles nourrissent l’instinct de mort. Elles propagent la blessure morale de la guerre.

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22 vétérans de l’armée US se suicident chaque jour. Ils le font sans ceinture explosive. Mais ils ont en commun, avec les kamikazes, le besoin urgent de quitter le monde et le rôle sordide qu’ils y ont joué.

“Il vaut mieux souffrir certaines injustices que les commettre”, comme l’avaient compris Albert Camus et Emmanuel Kant. Mais les politiciens, les experts et la culture de masse considèrent cette sagesse comme une faiblesse. Ceux qui parlent sainement, comme Euripide avec son chef d’œuvre anti-guerre « les Femmes de Troie », sont vilipendés et bannis.

Qui sommes-nous pour condamner les meurtres indiscriminés de civils? Avons-nous oublié nos bombardements des villes allemandes et japonaises lors de la seconde guerre mondiale, qui tuèrent 800 000 civils, femmes, enfants et hommes ? Et ces familles oblitérées à Dresde (135 000 morts), à Tokyo (97 000 morts), Hiroshima (80 000 morts) et Nagasaki (66 000 morts) ? Et ces trois millions de civils morts après notre passage au Vietnam ?

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Nous avons largué 32 tonnes de bombes par heure sur le Nord-Vietnam entre 1965 et 1968 — des centaines d’Hiroshima. Et, comme Nick Turse l’écrit dans son livre “Kill Anything That Moves: The Real American War in Vietnam (Tuez tout ce qui bouge : la véritable guerre US au Vietnam)”“ ce tonnage ne tient pas compte des « millions de litres de défoliants chimiques, des millions de kilos de gaz chimiques, et des innombrables bidons de napalm, bombes en grappe, balles explosives, bombes coupe-marguerites qui effaçaient tout sur une surface de 10 terrains de football, des missiles anti-personnel, explosifs, incendiaires, des millions de grenades, et de la myriade de mines différentes”.

Avons-nous oublié les millions qui sont morts dans nos guerres directes et par procuration aux Philippines, au Congo, au Laos, au Cambodge, au Guatemala, en Indonésie, au Salvador et au Nicaragua? Avons-nous oublié le million de morts en Irak et les 92 000 morts en Afghanistan ? Avons-nous oublié les presque 8 millions que nous avons chassés de leur foyers en Irak, en Afghanistan, au Pakistan et en Syrie ?

Il y a eu 87 000 sorties ariennes de la coalition au-dessus de l’Irak et de la Syrie depuis le début de la campagne aérienne contre l’État islamique. Il s’agit du tout dernier chapitre de notre guerre perpétuelle contre les damnés de la terre.

La France c’est aussi le deuxième exportateur mondial d’armement en 2015! (avec l’Arabie Saoudite en premier acheteur, pour 10,3 milliards d’euros de contrats en 2015)

La France c’est aussi le deuxième exportateur mondial d’armement en 2015! (avec l’Arabie Saoudite en premier acheteur, pour 10,3 milliards d’euros de contrats en 2015)

Comment pouvons-nous nous indigner vis-à-vis de la destruction de monuments culturels comme Palmyre par l’État islamique alors que nous avons nous-mêmes laissé tant de ruines ? Comme Frederick Taylor le souligne dans son livre « Dresden », durant la seconde Guerre Mondiale et le bombardement de l’Allemagne nous avons détruit d’innombrables « églises, palais, bâtiments historiques, bibliothèques, musées », y compris « la maison de Goethe à Francfort » et les « os de Charlemagne de la cathédrale d’Aix-la-Chapelle », ainsi que « l’irremplaçable contenu de la bibliothèque d’État vieille de 400 ans de Munich ». Se rappelle-t-on qu’en une seule semaine de bombardement durant la guerre du Vietnam, nous avons oblitéré la majeure partie du complexe de temples historique de My Son ? Avons-nous oublié que notre invasion de l’Irak a causé l’incendie de la Bibliothèque nationale, le pillage du Musée national et la construction d’une base militaire sur le site de l’ancienne Babylone ? Des milliers de sites archéologiques ont été détruits en raison de nos guerres en Irak, en Syrie, en Afghanistan et en Libye.

Nous avons perfectionné la technique du meurtre de masse aérien et de la destruction massive que nous appelons “tapis de bombes”« bombardement à saturation »« bombardement de zone »« bombardement d’oblitération »« bombardement massif », ou dans sa dernière version « terreur et effroi » [« Shock and Awe » en anglais, le nom de la campagne de terreur mise en place contre l’Irak lors de son invasion en 2003]. Nous avons créé, à travers notre richesse nationale, les systèmes de gestion et de technologie que le sociologue James William Gibson appelle « technoguerre ». Que furent les attaques du 11 septembre sinon une réponse aux explosions et aux morts que nous avons semés sur la planète ? Nos assaillants se sont exprimés à l’aide du langage dément que nous leur avons enseigné. Et, comme les assaillants de Paris et Bruxelles, ils savaient parfaitement comment nous communiquons.

Les marchands de mort et les fabricants d’armes font partie de la poignée d’individus qui en profite. Nous sommes, pour la plupart, pris dans un cycle de violence qui ne cessera pas tant que l’occupation US du Moyen-Orient perdurera, qui ne cessera pas avant que nous ayons appris à parler dans une langue autre que le cri de guerre, de meurtre et d’annihilation primitif. Nous recouvrerons un langage humain lorsque nous en aurons eu assez, lorsque trop des nôtres seront morts pour le maintien de ce jeu. Les victimes continueront à être principalement des innocents, piégés entre des tueurs sortis de la même matrice.

Chris Hedges


Traduction: Nicolas Casaux

Source : Le Partage, Chris Hedges, 11-04-2016

 

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50 réponses à Nous sommes tous l’État islamique, par Chris Hedges

Commentaires recommandés

Ailleret Le 20 avril 2016 à 00h54

Un article salutaire. Le mal engendre le mal, et c’est de pire en pire. Il n’y a pas de bon massacre, et l’hypocrisie des discours justifiant la mise à mort des « terroristes » et autres « barbares » est insupportable.

Puisque l’auteur évoque les bombardements incendiaires sur les villes allemandes, on peut rappeler l’ouvrage de référence : Jörg Friedrich, L’Incendie, De Fallois, 2004. Selon la directive adressée au Bomber Command en février 1942, l’objectif était « axé sur le moral de la population civile ennemie, notamment celui des ouvriers de l’industrie… Il est clair que les cibles doivent être les zones d’habitation… » (p. 77).

  1. Ailleret Le 20 avril 2016 à 00h54
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    Un article salutaire. Le mal engendre le mal, et c’est de pire en pire. Il n’y a pas de bon massacre, et l’hypocrisie des discours justifiant la mise à mort des « terroristes » et autres « barbares » est insupportable.

    Puisque l’auteur évoque les bombardements incendiaires sur les villes allemandes, on peut rappeler l’ouvrage de référence : Jörg Friedrich, L’Incendie, De Fallois, 2004. Selon la directive adressée au Bomber Command en février 1942, l’objectif était « axé sur le moral de la population civile ennemie, notamment celui des ouvriers de l’industrie… Il est clair que les cibles doivent être les zones d’habitation… » (p. 77).


    • DIDIER Le 20 avril 2016 à 15h26
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      Alors que les Alliés savaient ce qu’il se passait dans les camps de concentration, ils auraient pu faire des frappes aériennes pour empêcher ou retarder l’horreur avant la fin de la guerre.
      Au lieu de cela, les bombardements alliés systématiques, continus des points névralgiques en Allemagne ont participé indirectement à la mort d’un nombre très important de détenus dans les camps de concentration.
      Alors quand j’entends nos dirigeants prôner le “Plus jamais ça” lors de la commémoration des camps, j’éprouve un sentiment de haine en souvenir de mes grands-parents.


      • Lt Anderson Le 20 avril 2016 à 15h52
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        Leur argumentaire pour ne pas agir se faisait sur la base de “il était difficile de toucher précisément les chambres à gaz et fours crématoires” alors qu’il suffisait de détruire les voies de chemin de fer. Le train était l’épine dorsale de la solution finale.
        La mauvaise foi ne les a jamais étouffé.


        • reneegate Le 20 avril 2016 à 16h51
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          Ca fait évidemment penser aux routes d’acheminement du pétrole pour Daesh qui a pu monnayer ainsi ses stocks pendant 4 ans sans être inquiété. La guerre est un instrument joué modérato ou fortissimo et pour les auditeurs hors de question de sortir avant les soli du maitre.


  2. reneegate Le 20 avril 2016 à 01h21
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    Il faut presque du courage, aujourd’hui, tenir de tels propos vous rend suspect, bientôt ce sera : “entente avec l’ennemi”,
    Je ressens toujours un petit pincement au cœur lorsque Laurent Gbagbo (procès CPI actuellement) et donc la Cote d’Ivoire sont absents des listes des victimes de la France.


  3. Vladimir Le 20 avril 2016 à 08h48
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    Brillant! Quit genius! Tout est dit. Pas un mot à rajouter ou à jeter! Ecrit avec des tripes et de talent.
    Ceux que nous combattons, n’ayant pas accès à nos machines industrielles de mort, tuent de près. Mais tuer à distance ne nous rend pas moins moralement déformés. Les tueries à longue distance, incarnées par les opérateurs de drones des bases militaires aériennes US, qui rentrent diner chez eux, sont tout aussi dépravées. Ces techniciens opèrent la vaste machinerie de la mort avec une terrifiante stérilité clinique. Ils dépersonnalisent la guerre industrielle.


  4. oscar Le 20 avril 2016 à 08h52
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    Ça fait très propagande et anachronique d’avoir truffé le texte d’un Américain, prenant comme référence les USA, de longues références à la France ! Je comprends la démarche mais ça reste quand même de la propagande.
    L’erreur de raisonnement induite : tous les États se valent. Si vous voulez mettre dans le même sac France et USA à votre guise mais que faire de la Russie, de la Suisse ou de l’Islande par exemple ?

    Bah typique d’un raisonnement gauchiste anarchiste idéaliste. Idéalisme athée qui plus est qui a généralement une très faible capacité de résistance face à l’âpreté du réel. Si l’anarchisme est constitué de bons textes et bonnes références, l’adaptation au réel est absente. Les futurs bataillons d’un mondialisme dévoyé intellectuel-compatibles ?


    • LS Le 20 avril 2016 à 12h30
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      Oui, j”ai aussi été gêné par le décalage entre les propos de Chris Hedges et les ajouts de Nicolas Casaux.
      Les idées de Nicolas, véhiculées par les ajouts, sont précisées ici :
      http://partage-le.com/2015/03/ce-qui-ne-va-pas-avec-la-civilisation-derrick-jensen/
      Du nihilisme, à mon sens.


      • oscar Le 20 avril 2016 à 17h12
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        Vous êtes sûr du lien ? Ça correspond pas vraiment à ce que vous dîtes puisqu’il y ait fait un compte rendu d’ouvrage qui n’est pas le sien.

        Ce que je vois dans votre lien c’est un gros A. Soit c’est celui d’apprenti qu’on colle derrière les bagnoles soit c’est celui d’anar 🙂
        Mais c’est vrai qu’on peut considérer le gauchisme comme un nihilisme. D’ailleurs je crois que Lénine en causait déjà dans son : « le gauchisme, la maladie infantile du communisme »
        On est d’accord sur le fond : il aurait mieux valu expurger le texte des ajouts fait par le traducteur.


    • Annouchka Le 20 avril 2016 à 12h59
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      Je trouve au contraire que c’est une tres bonne initiative d’avoir rajouté ces images concernant la France.
      On aime bien rejeter la faute sur les seuls USA, c’est tellement plus facile d’identifier un coupable… Énième variante de la propension des humains de désigner un bouc émissaire, histoire de ne pas regarder trop en face leurs instincts guerriers et violents.


    • groucho Le 20 avril 2016 à 13h43
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      “l’adaptation au réel” ?
      Le réel, en ce qui concerne les affaires humaines, n’est qu’une pure construction.
      Exemple : les Etats-Unis ont envahi l’Irak en 2003. Ils ont décidé de le faire. Ils auraient tout aussi bien pu décider autre chose et ne pas envahir l’Irak. Le réel d’aujourd’hui serait probablement très différent de ce qu’il est.
      On voit bien que la question centrale est la suivante : au nom de quel réel souhaitable (futur) ont-ils pris précisément cette décision, plutôt qu’une autre ? Question corollaire : partageons-nous cette même vision du futur ? S’adapter au réel, c’est évidemment répondre oui et renoncer à toute alternative ! C’est un choix possible…


    • oscar Le 20 avril 2016 à 17h26
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      @ groucho, annouchka, pascalcs
      J’ai rien à dire sur le texte de ce bon monsieur ce que je critique c’est la méthode utilisée par ce militant-traducteur qui est pourtant constamment dénoncée sur ce blog : manipulation médiatique et autre caviardage. Photo truquée (taille de Sarkozy), mensonge (la France est derrière la Russie en matière de vente d’armes, elle est même généralement derrière la Chine et l’Allemagne les autres années). Mais le plus grave : détournement de texte pour y inclure une propagande qui n’a pas nécessairement de rapport avec la teneur du texte et qui n’y est pas dans le texte original.
      Mais je vois que ça ne surprend pas beaucoup de monde. Comme quoi quand la propagande médiatique brosse dans le sens du poil ça gène beaucoup moins.


      • reneegate Le 20 avril 2016 à 18h13
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        Et alors? vous voulez combattre la démesure par la modération? Ce n’est plus de la non violence c’est du christianisme “prêchi prêcha” (tendre l’autre joue). L’auteur ne prétend pas couvrir l’actualité mais s’exprime, le traducteur n’est pas hors sujet non plus puisque la France est à l’avant garde des dernières agressions occidentales. F.Hollande a même feint de ne pas connaitre les études du MIT concernant l’utilisation des armes chimiques en Syrie et regrette que les US ne l’aient pas suivi dans ce qui était une erreur sinon une manipulation. Je trouve pour ma part tout à fait pertinent de mettre en parallèle l’interventionnisme français en Afrique (pousser des présidents élus en prison) et l’interventionnisme américain en Amérique du Sud (écarter des présidents élus du pouvoir) quoique bien plus “évolué” et “subtil” désormais (il s’agit d’une comparaison bien sur)


        • oscar Le 20 avril 2016 à 19h27
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          Combattre une démesure mensongère par une autre démesure mensongère ? Raccourcis, à peu près, mensonges, conclusions hâtives. Oui je pense que c’est HS et que cela pollue et discrédite le texte de ce journaliste. Demandez lui son avis sur vos ajouts pour rire. En général tout ça finit très capitalo-compatible. Question de temps. Pour cette raison je pense que vous ne combattez rien du tout mais êtes les alliés objectifs de ce que vous prétendez combattre.


          • reneegate Le 20 avril 2016 à 22h20
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            Si je comprends bien je suis aussi dans le sac? Sachez qu’à la longue, ça n’a jamais fait dans le capitalo compatible dans mon cas.


  5. Bobforrester Le 20 avril 2016 à 09h05
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    Le probleme de l auteur c est son point de vue moral . C est bien de dénoncer l hypocrisie de l imperialisme et ses massacres qui sont hyper connus mais tout ça est superficiel n explique rien et pire renvoie tous les méchants dos à dos en minimisant les atrocités commises de sang froid par des fanatiques qui ne sont pas dans des avions qui se délectent en crucifiant des enfants ou qui partent s.engager pour des tueries par desoeuvrement. Cf F.Engels sur la mentalité des paysans Afghans.


    • chb Le 20 avril 2016 à 10h43
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      Un autre problème collatéral de l’article, c’est qu’il sous estime la connivence entre les terroristes et leurs si moraux éradicateurs : l’empire US a créé al Qaeda (contre les cocos en AfPak), et de même a construit l’organisation état islamiste. Il a en effet aidé et équipé la Daèche via ses alliés/vassaux la Turquie et les pétrodictatures, en même temps qu’il a offert à la nébuleuse ”djihadiste” un magnifique argument de recrutement : la violence impérialiste occidentale que décrit Chris Hedges.
      Ironique, quand les USA se désolidarisent peut-être des saoudiens, à l’occasion d’une prochaine déclassification de 28 pages du rapport sur le 11 septembre : ce document est censé montrer un financement, par la théocrate monarchie de Riyad, de certains des 15 saoudiens pirates de l’air présumés ! Le Pentagone depuis 2001 n’aurait donc pas puni les vrais responsables de la Terreur, en épargnant sciemment ses copains/ennemis saoudiens ? Allons donc, encore une ”erreur”.


    • amer Le 20 avril 2016 à 12h36
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      Ce point de vue moral n’est pas un problème, je pense, Chris Hedge a déjà largement écrit sur la guerre, ses motivations et ses atrocités avec bien de détails.

      Pour moi il a écrit ce texte condensé sur la guerre et ses justifications pour nous faire prendre consciences à travers les divers exemples des guerres d’agressions et ses conséquences de ripostes des victimes, de l’absurdité du double standard et du deux poids deux mesures dont le traitement médiatique et la “conscience légitimisante” des agresseurs en font échos. Il ne renvoie pas du tout “dos à dos” les victimes et les bourreaux mais expliquent qu’une “guerre aveugle” ne peut engendrer que “vengeance aveugle” dans la mesure que les armes “sophistiquées et précises” ne font aucune distinction entre civils et éléments armés. Ce texte est un appel aux esprits pacifistes minoritaires dans les milieux politico-intellectuels actuels.


  6. Furax Le 20 avril 2016 à 09h17
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    Le problème de cet article prétendument savant, au motif qu’il rappelle plusieurs exemples passés, c’est que l’auteur extrapole de manière statique ces cas passés au cas du djihadisme. Et en plus il raisonne de manière illogique en absolvant les autres meurtriers au motif qu’ils ont aussi eu des victimes civiles.

    Le Japon a certes subi de nombreuses pertes civiles pendant la seconde guerre mondiale. Mais c’est bien lui qui, de sa propre initiative, a engagé la guerre en Asie dès 1937 et y a commis des massacres épouvantables.

    Même chose pour l’Allemagne nazie.

    Quant au djihadisme, même si les USA portent une immense responsabilité, il s’agit d’un rouet politique autonome, rien d’autre qu’un nouvel avatar obscurantiste de l’impérialisme musulman arabe. Pour mémoire, l’alliance des Saoud et du wahabbisme existe depuis le début du 18ème siècle et avait constitué un 1er royaume saoudien, aussi grand que le pays actuel, avant d’être détruit par les ottomans.

    Bref, même sans l’impérialisme US, on aurait quand même eu l’expansionnisme et la violence islamistes financés par l’argent du pétrole et trouvant des appuis parmi une partie des musulmans immigrés en Europe ou en Amérique.


    • Annouchka Le 20 avril 2016 à 15h28
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      Prétendre faire le tri entre les guerres d’agression (type celles menées par l’Allemagne nazie, le Japon, etc.) et les guerres défensives (celle que nous menons contre le djiadisme?) est un exercice très délicat.
      Meme dans le cas de l’Allemagne Nazie, par exemple, qui parait etre le cas le plus “indéfendable”: les nationalistes allemands des années 20-30 qui sont venus grossir les rangs nazis étaient persuadés que l’Allemagne etait la victime d’une affreuse injustice depuis le traité de Versailles. L’attaque de la Pologne en 39, à leurs yeux, n’était qu’une façon de récupérer des terres qui leur appartenaient de droit et qui avaient injustement spoliés lors du traité de Versailles (même chose d’ailleurs pour l’Ukraine, obtenue selon eux, suite au traité de Brest-litovsk)


      • Furax Le 20 avril 2016 à 23h47
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        Oui, certes. Ils étaient persuadés qu’il était de leur devoir vital envers leur race germanique de s’assurer un espace vital et d’y soumettre les faced de leur point de vue inférieures qui se trouvaient dans la place. Les soumettre en partie, parce que comme ils étaient trop nombreux, il fallait en faire partir un grand nombre, soit en les chassant, soit en les tuant, seule une minorité étant conservée pour être utilisée comme serfs.

        On s’en fiche de la sincérité. C’est une notion non pertinente. Comme l’a dit je ne sais plus qui, “No villain thinks he’s a villain”. Les méchants sont sincères, mais ce sont des méchants.

        Même chose pour les djihadistes. Ils sont sincères, méchamment sincères mais vraiment sincères. C’est pourquoi l’idée qu’on puisse discuter avec eux est absurde, même s’il peut y avoir une minorité de repentis sincères.

        Dans l’immense majorité des cas, ce n’est pas un chemin de Damas qui a conduit les nazis à regretter leurs crimes et ce n’est pas un chemin de Damas qui conduira les djihadistes à regretter les leurs. C’est le fait qu’ils ont été vaincus. La morale qui triomphe, c’est le plus souvent avant tout la morale des vainqueurs.


        • Anouchka Le 21 avril 2016 à 08h45
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          Donc, si je vous comprends bien, pour vous, il n’y a qu’une seule religion vraie, la votre, la notre et tous ceux qui sont contre elle, les “méchants” sont dignes d’être anéantis ?
          Nazis, djiadistes… Tous au bûcher, si possible avec supplice préalable, histoire de décourager ceux qui seraient tentés de penser comme eux?


          • Anouchka Le 21 avril 2016 à 09h05
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            “Dans l’immense majorité, ce n’est pas un chemin de Damas qui a conduit les Nazis à regretter leurs crimes”
            Je ne pense pas que les nazis se soient repentis de leurs crimes, bien au contraire. La majorité s’est soumis à la nouvelle norme triomphante (la démocratie) comme ils s’étaient soumis à la norme nazie. Mais les plus fanatiques et les plus compromis dans les crimes, eux, ne se sont pas repentis, car, précisément, ne pas regretter ce qu’ils avaient fait était la seule solution de survie pour eux (survie psychologique). La morale des vainqueurs, comme vous dites, n’a rien d’une morale, car un principe moral, pour être moral doit être absolument universel.
            La morale des vainqueurs dont vous parlez est juste ” la loi du plus fort” qui donne le “droit” de se venger de celui qui vous a fait du tort. Cela n’a rien à voir avec la justice. Il s’agit juste d’imposer un ordre par la violence.


            • Anouchka Le 21 avril 2016 à 09h23
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              Sans aller aussi loin que Tolstoi qui prônait “la non résistance au mal”, je crois que pour être juste (et ne pas céder à la tentation de la vengeance) il faut toujours essayer d’avoir une attitude “réparatrice”.
              Et cela passe forcément par l’équité, c’est à dire la prise en compte et la reconnaissance des mobiles profonds de ceux qui ont commis le mal. Et avec la conscience que nous pourrions tous potentiellement être criminel, que nos sociétés sont et ont été criminelles par le passé.


        • J Le 21 avril 2016 à 08h53
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          Les repentis (il y en a) ne sont plus djihadistes (dans la mesure où ce sont des repentis sincères, mais je n’ai pas entendu parler d’exceptions flagrantes). Les ex-musulmans ne sont plus musulmans. Pourquoi ne pas essayer de les pousser dans ce sens, avec justement l’appui des ex ? Ca peut aussi avoir un impact en amont sur ceux qui ne le sont pas encore.


        • Annouchka Le 21 avril 2016 à 16h41
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          Empêcher de nuire, d’accord.
          Punir et se venger : pas d’accord

          Un bon djihadiste est un djihadiste mort? Non. Un bon djihadiste est un djihadiste repenti (comme saint Paul après sa rencontre du Christ sur le chemin de Damas, si vous voulez).
          Irréalisme? Faiblesse? Je ne le pense pas. Détruire ses ennemis sans pitié, ça c’est précisément un raisonnement de type nazi.


          • Anouchka Le 21 avril 2016 à 16h55
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            “Ils étaient persuadés qu’il était de leur devoir vital envers leur race germanique, etc…” Écrivez-vous, Furax.
            Oui, la guerre des nazis était motivée par l’orgueil et l’égoïsme. Mais est-ce que ce n’était pas le cas de toutes les guerres impérialistes de l’époque?


          • J Le 22 avril 2016 à 08h25
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            Assez d’accord pour les repentis. Mais on propose quoi, pour les amener au repentir ? Ils se battent pour leur religion telle qu’ils la conçoivent, et ils ont pour eux l’exemple de leur Prophète et des siècles de tradition. On leur dit quoi, pour les faire changer d’avis, et surtout pour dissuader ceux qui hésitent à les rejoindre ? On oppose quelle contre-propagande à leur propagande ? Le “vrai Islam”, ça ne marche pas, ça ne tient pas la route.


  7. Jmk011 Le 20 avril 2016 à 10h01
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    Ce texte d’un journaliste américain est excellent mais incomplet : il ne parle en effet des guerres que comme des guerres de religion avec pour “slogan” le “je te tue tu me tues”, c’est à dire œil pour oeil dent pour dent, alors que pratiquement toutes les guerres et notamment les guerres modernes ont essentiellement un but économique (pétrole au moyen orient par ex) et ne sont “justifiées” par leurs auteurs, essentiellement les USA et leurs alliés/affidés que pour défendre la liberté des peuples…. qu’ils vont écraser sous les bombes. La véritable origine de ces guerres est l’impérialisme US, lui-même provenant du système capitaliste mondialisé, et la religion n’est qu’un prétexte parmi d’autres. La lutte contre ce système doit être accomplie par les peuples aspirant à la véritable liberté, et en ce sens la guerre menée par les différents djihadistes est totalement contre- productive car elle s’attaque elle-même à la liberté des hommes.


    • sacco Le 20 avril 2016 à 13h20
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      Il y a certaine façon de ne pas lire l’autre, pour justifier de mettre à sa place sa propre pensée : relation d’exclusion. C’est dommage ! Exemple : le texte du journaliste américain parle à l’évidence de TOUTES les guerres (les quelques référence aux guerres dites de religion sont pertinentes et de caractère historique) ; le couplet sur les guerres djihadistes est étrange, parce qu’elles sont forcément concernées et incluses dans les propos du journaliste lesquels indiquent clairement que discuter de “contre-productivité” ou pas de la guerre C’EST DÉjÀ cela un discours de guerre et une discussion d’inhumanité ; face aux exactions innombrables et terribles contre la personne humaine de presque tous les dirigeants on éprouve de la haine ; alors, on est tenté… par tuer. C’est dommage pour votre propos, parce que, par ailleurs, je partage votre façon de penser que les guerres sont toujours des guerres de domination et de profit sur autrui quelles qu’en aient été les motivations (hypocrites) avancées.


  8. manessa Le 20 avril 2016 à 10h37
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    Il est stupide de blâmer la France pour ‘l’invasion coloniale’ en cette année 2016 ou la libre circulation est la règle spécialement en Europe et dans les dom-tom et plébiscitée par tous (les départements d’outre-mer sauf la réunion votent massivement à gauche).

    Les pays cités plus haut sont responsables de leurs développements à travers les siècles ce qui pèse sur leurs capacités de défense et du manque de contrôle de leurs dirigeants face aux autres puissances/lobby, il est trop facile de toujours blâmer les autres…!

    Un ‘bon’ président africain = vote du peuple, un dictateur africain = imposer par la France dans cette version de l’histoire victimaire.

    Votre faiblesse de populace Française qui vote merveilleusement grace au média a laissé fabius les mains ****** sur la Syrie, détruire la Lybie (sarko bhl), la liste est longue, allez vous accuser l’eu, les États-Unis, l’OTAN, le terrorisme, l’extrême droite, hollande, votre voisin ou vous même ?


  9. christian gedeon Le 20 avril 2016 à 12h39
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    Oulala… oh le bel anachronisme. Qui ne peut peut adhérer,dans le principe,au fond de l’article finalement assez gentillet et qui consiste à dire que le mal entraîne le mal. OK.Mais l’argumentation elle même prête juste à sourire,sans s’énerver. Une planquée de lieux communs,des comparaisons bizarres(mais que vient faire Dresde là dedans?),et une obsession biblique tordante.Sans parler de la sempiternelle référence aux Croisades,qui montre surtout une ignorance affligeante de ce qu’ont été les Croisades…mais bon,là n’est pas le sujet,çà nos mènerait dans des considérations que le format requis ne permet pas. Les bisounours sont parmi nous. Mea culpa,mea culpa,mea maxima culpa!


  10. Rémi Le 20 avril 2016 à 13h32
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    Mahleureusement je crains que vous ne nous surestimmiez.
    87000 sorties aériennes pour que des avions protégent des avions qui largent trois bombes.
    Notre super technologies est devennue innefficace ou inutilisable. (Sinon l’EI serait de l’histoire ancienne car tout serait rasé et mort.)
    Par contre d’accord la violence engendre la violence et nous devrions obtenir que nos états n’aient pas le droit de tuer quelqu’un sans un référendum.
    Ca nous éviterait les Fabiuseries et autres invasion de la Lybie.


    • christian gedeon Le 21 avril 2016 à 11h27
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      IO semble que vous n’ayez pas compris que l’essentiel des bombes étaient larguées,partout,sauf là où il fallait.


  11. Fabrice Le 20 avril 2016 à 13h53
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    J’ai effectivement un soucis avec ce texte, autant j’ai conscience des crimes passés et présent mais mettre le tout au même niveau ça laisse un goût amer.

    Autant je prône la connaissance du passé pour éviter les erreurs de ce renouveler autant mettre sur le même plan la colonisation et les conflits actuels c’est justifier tout et n’importe quoi.

    Je m’estime responsable des actes des gouvernements qui se sont succédé pendant mon âge adulte et héritier du devoir de mémoire des précédents, mais je n’accepterais pas qu’on vienne me faire de reproches sur les guerres napoléoniennes … (j’abuse mais faut arrêter le délire) comme il ne me viendrait pas à l’idée de reprocher les morts de ma famille pendant les deux guerres mondiales à un allemand (je sais certains intervenants sont spécialisés mais bon, c’est sans fin sinon et on ne trouvera jamais une solution pour repartir sur des bases saines).


    • Annouchka Le 20 avril 2016 à 21h11
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      Ce n’est pas une question de responsabilité pénale ou morale par rapport aux crimes des guerres passées.
      Le problème est celui de l’autorité morale des civilisations qui ont généré ces guerres criminelles. Et le constat final est celui que toutes les civilisations, y compris notre civilisation occidentale moderne, sont souillées par ce “péché originel” de la violence guerrière et du massacre des innocents.


  12. pinaute Le 20 avril 2016 à 14h45
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    Un article qui met dans sa vraie perspective le mal qui ronge nos âmes. Comment espérer un monde meilleur avec un tel handicap? Nous devons d’abord chacun de nous nous changer à l’intérieur avant de penser vouloir changer le monde.


  13. lim75 Le 20 avril 2016 à 16h30
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    Ce qui est terrible, c’est que, même si nous ne participons pas directement à ces horreurs, nous en sommes tous complices : pour paraphraser Voltaire, c’est à ce prix que nous avons du pétrole, des matières premières, des débouchés économiques en Occident.

    Au fond, rien n’a changé depus le XVIIIème siècle.

    “En approchant de la ville, ils rencontrèrent un nègre étendu par terre, n’ayant plus que la moitié de son habit, c’est-à-dire d’un caleçon de toile bleue; il manquait à ce pauvre homme la jambe gauche et la main droite.

    «Eh! mon Dieu! lui dit Candide en hollandais, que fais-tu là, mon ami, dans l’état horrible où je te vois?
    — J’attends mon maître, M. Vanderdendur, le fameux négociant, répondit le nègre.
    — Est-ce M. Vanderdendur, dit Candide, qui t’a traité ainsi?
    — Oui, monsieur, dit le nègre, c’est l’usage. On nous donne un caleçon de toile pour tout vêtement deux fois l’année. Quand nous travaillons aux sucreries, et que la meule nous attrape le doigt, on nous coupe la main; quand nous voulons nous enfuir, on nous coupe la jambe: je me suis trouvé dans les deux cas. C’est à ce prix que vous mangez du sucre en Europe.” Voltaire, Candide


  14. Lea_ Le 20 avril 2016 à 20h01
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    “Nous” ?? Il conviendrait de parler des Américains.

    “Ceux qui nous combattent font pareil. Ils torturent et décapitent — reproduisant ainsi le style d’exécution des croisés CHRETIENS”

    Il peut nous citer des événements où des chrétiens décapitaient ceux qu’ils voulaient conquérir ?

    “La religion CHRETIENNE épouse la notion de “guerre sainte”, avec autant de fanatisme que l’Islam.”

    C’est fou comme cet auteur attaque les chrétiens. Certes, c’est très à la mode mais ça sent vraiment la naphtaline.
    Pensée émue à tous ces chrétiens égorgés et décapités par l’Etat islamique.
    Non, nous ne sommes pas tous l’Etat islamique!


    • roger santos Le 20 avril 2016 à 20h22
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      entièrement d’accord avec vous Léa, j’avais fait une réponse dans le même sens mais qui n’est pas passé, dommage.
      nous sommes au XXIème siècle, il n’y a pas lieu de remonter aux croisades car je n’oublie pas non plus les guerres menées par l’islam, les attaques pirates en Méditerranée, l’invasion de l’Andalousie, d’une partie de la France et des lieux saints. Les croisades partaient à chaque fois pr libérer Jérusalem. Récemment le world trade center a explosé, attentats de partout à travers le monde dont l’Espagne, la France, la Tunisie, Iran, Irack, Pakistan, la liste est longue.
      A ce jour nous devons nous défendre et aider (mais est-ce bien raisonnable) différents pays contre l’islam. Déjà entre eux ils s’égorgent, se font sauter joyeusement et se lapident entre sunnites, chiites, salafistes,frères musulmans, wahhabites et j’en oublie…
      Alors, cet article est vraiment mal venu et je le rejette tout à fait !


      • christian gedeon Le 21 avril 2016 à 11h11
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        Ah,quand même. Une réaction non auto flagellatrice… çà fait du bien de temps en temps au milieu de la marée de pleureuses qui battent leur coulpe à hue et à dia! Et plus près de nous,la Bosnie,le Kosovo,et une partie de l’Albanie sont en train de se transformer,dans un silence ahurissant,en base islamiste de départ pour une offensive tous azimuts. Rien n’est écrit à ce sujet ou presque…et pourtant,même Sarajevo devient chaque jour un peu plus islamiste. Cachez ce sein que je ne saurais voir,en quelque sorte.


  15. Olympi Le 20 avril 2016 à 20h18
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    « Au 1er décembre 2015, Airwars a en effet relevé la mention de 267 incidents ayant impliqué des pertes civiles en Irak et en Syrie. En recoupant les sources, Airwars estime que 115 incidents peuvent être considérés comme rapportés de manière fiable, ayant tué entre 682 et 977 civils. Cet écart s’explique par la difficulté de vérifier les informations dans les zones tenues par l’Etat islamique. »
    C’est bon, on s’est bien vengé, on peut rentrer à la maison là, non ?

    source :
    http://tempsreel.nouvelobs.com/monde/20151201.OBS0526/frappes-contre-l-etat-islamique-le-delicat-bilan-des-victimes-civiles.html
    ou http://www.lemonde.fr/proche-orient/article/2015/08/03/des-centaines-de-civils-victimes-collaterales-des-bombardements-aeriens-contre-l-etat-islamique_4710090_3218.html


  16. christian Le 21 avril 2016 à 08h44
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    Aucune nation ne ressemble autant aux usa que la france: même exceptionalisme, même impérialisme, même messianisme, même militarisme – jusqu’à Mélenchon qui défend l’armée française et le 14 juillet) – même armée basée sur l’agression – l’armée française n’a jamais pu défendre la france, ni en 1914, ni en 1939 – et déni par de larges pan de la population du caractère raciste et criminel de ladite nation. Certains commentaires ici me le rappellent tous les jours, tellement ils ressemblent aux commentaires que l’on pouvait lire sur des sites états-uniens dès le 11 septembre 2011. Les politiciens français entament le même refrain que leurs homologues états-uniens: nous sommes attaqués à cause de nos valeurs de liberté et de démocratie, nos bienveillantes guerres coloniales (actuelles, pas celles du passé) n’y sont pour rien.
    Excellent article et excellente traduction (quant à la fidèlité de laquelle je peux rien dire, je n’ai pas encore lu l’orginal de M. Hedges).


    • christian gedeon Le 21 avril 2016 à 11h03
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      L’Armée Française n’ a pas pu défendre la France en 1914? Ni en 1939…. des millions de tués et blessés en 14/18….plus de cent mille morts en quelques semaines en 1940,et des blessés sans nombre…la France Libre,Bir Hakeim,l’Italie,la campagne de France,la résistance d’origine militaire ! çà ne vous dit rien? En 1940, ce n’est pas l’armée qui est en cause,mais un commandement installé on sait quand,n’est ce pas? Et un désarmement fait on sait quand aussi,je crois,n’est ce pas? Et l’arme au pied au moment de la réoccupation de Rhur,et on sait pourquoi,n’est pas? Alors,désolé de le dire de façon aussi virulente,mais arrêtez vos c……..s!


      • Furax Le 21 avril 2016 à 13h37
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        Si, en 1940, l’armée a porté une grande part de responsabilité dans la défaite. Et en particulier le corps des officiers supérieurs qui etait dominé par des gérontes et par des gens à la pensée tactique et stratégique complètement vermoulue.

        Et pourtant, ce sont des stratèges français qui ont les premiers conçu la guerre de mouvement avec des forces mécanisées. C’est le général Estienne, véritable père de la victoire française en 1918 parce qu’il a mis toute son énergie à concevoir et imposer dans l’armée le recours au char d’assaut, qui avait déjà tout mis sur le papier. Il suffisait de le faire. Les allemands l’ont fait, pas les français.


        • Annouchka Le 21 avril 2016 à 13h44
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          Vous faites référence au blitz krieg? Il me semblait qu’il y avait une responsabilité des américains dans cette histoire ( les détails techniques de l’opération blitz krieg auraient été fournies aux allemands par des firmes américaines, Ford notamment)


      • christian Le 21 avril 2016 à 18h15
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        Vexé, M. Gedeon, que je qualifie l’armée française de ce qu’elle est, une institution lâche et criminelle axée sur les guerres d’agression et de colonisation, si possible contre un ennemi ne pouvant pas se défendre ?
        armée et française avec un grand A et un grand F, vous devez avoir une haute opinion de ces criminels uniformés.


        • christian gedeon Le 22 avril 2016 à 11h36
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          M. Gédéon n’est pas vexé,mais attristé par vos bêtises…çà ne mérite pas discussion. Mais sincèrement vous êtes plus à plaindre qu’à critiquer.


  17. Michel Martin Le 21 avril 2016 à 15h23
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    Illustration de la paille et de la poutre! Cette réflexivité lucide dérange et c’est tant mieux.


  18. Bobleymar Le 23 avril 2016 à 12h56
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    “Il y a eu 87 000 sorties ariennes de la coalition au-dessus de l’Irak et de la Syrie depuis le début de la campagne aérienne contre l’État islamique. Il s’agit du tout dernier chapitre de notre guerre perpétuelle contre les damnés de la terre.” Faut-il rire ou pleurer, les islamistes sont les nouveaux damnés de la terre… et Daech le nouveau communisme protégeant les prolétaires de l’impérialisme capitaliste occidental peut-être ?
    Il est difficile aujourd’hui d’être pacifiste quand quelqu’un qui se dit pacifiste tient de tels propos. La complainte et l’auto-flagellation sur nos guerres passées et notre colonialisme est trop facile. Nous avons été des salauds, nous le restons encore parfois (souvent surement) mais cela ne justifie pas le fait que les autres le soient aussi. Ici malgré une faible critique anti daech je ne perçois qu’une longue dénonciation de l’ignominie occidentale comme si, au fond, l’islamisme n’était qu’un produit de notre propre impérialisme… On se critique pour ne pas critiquer les autres… Et tout cela mélangé avec des arguments pacifistes solides et traditionnels ne donne qu’un rata entre la dénonciation légitime de la guerre et la complaisance avec l’islamisme…


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