Source : La voie de l’épée, Michel Goya, 26-03-2016

000_8Z8QT-1-635x3571
Je suis fatigué, fatigué de voir la succession des « Je suis » (une ville européenne, les autres sont visiblement de catégorie empathique inférieure), fatigué des bisous, des bougies, des « continuons comme avant ». Je ne suis pas insensible, tout cela est sympathique et même nécessaire, je suis juste fatigué et affligé de constater, qu’accompagné de fausses postures, cela constitue un substitut au combat. Le pathos c’est bien, l’écrasement de l’ennemi c’est mieux.

Je suis écœuré de voir la Haute représentante de l’Union européenne pour les Affaires étrangères s’effondrer en larmes. Imagine-t-on un Clemenceau ou un Churchill s’effondrer de la sorte ou, pour ne pas être taxé de machisme (un mal visiblement plus dangereux pour certains que tous les terroristes de la Terre), une Margaret Thatcher ou une Indira Gandhi ? Ajoutons que, pour ne pas être taxé non plus de chauvinisme, que notre propre Président-chef des armées n’était pas loin de l’état de Federica Mogherini le soir du 13 novembre. Nous avons visiblement plus d’hommes et de femmes de beurre ou, au mieux, de carton que de « Tigre » ou de « Dame de fer ».
En parlant d’Etat justement où est-il ? Vous savez, cette institution dont l’obligation première est d’assurer la sécurité de ses citoyens et la victoire sur ses ennemis, grâce à son monopole de la violence ? Il fut un temps où Français, Belges, Britanniques et autres Alliés, affrontaient des monstres autrement plus forts que l’Etat islamique ou Al Qaïda et en triomphaient par leur courage et leur volonté. Là encore avouons que Verdun, la bataille d’Angleterre ou Bir Hakeim sont bien loin. Oui mais voilà, à l’époque on mobilisait les forces de la nation et on prenait des risques. Quand, après dix-neuf mois de guerre contre Daech (pour ne parler que de cet ennemi), 100 % des pertes françaises sont civiles, c’est clairement que nous ne la faisons pas vraiment et qu’on ne me parle pas des quelques frappes aériennes supplémentaires depuis novembre comme réponse forte. Quand on constate simplement l’incapacité depuis des années à démêler la structure byzantine (vous savez, Byzance et ses débats stériles devant les « musulmans radicaux » de l’époque ?) de l’organisation française du contre-terrorisme, on ne peut que douter d’une réelle volonté d’assurer la sécurité du territoire.

Continuons donc d’accumuler les « Je suis » en espérant que lorsque toutes les grandes villes de l’Union européenne auront été frappées, le gros machin continental impuissant dans lequel nous sommes englués se réveillera. Continuons à tolérer chez nous « l’intelligence avec l’ennemi » et la progression de l’obscurantisme (oui, je sais le « quiétisme », tout ça…mais il y avait aussi beaucoup de « Nazis quiétistes » en Allemagne au début des années 1930), voire à décorer ses promoteurs de nos plus hautes distinctions. Continuons à ne pas nommer les choses pour ne pas froisser. Continuons à ne pas soutenir les démocrates arabes. Continuons à ne pas réfléchir car « réfléchir l’ennemi c’est l’excuser ». Continuons donc à faire semblant. Nous sommes dans la position du grand mou qui prend des gifles de la part des petites frappes de la cour d’école, ne fait rien mais promet à chaque fois, avec ses voisins tout aussi mous, que c’est la dernière.

Il paraît que notre Premier ministre est un admirateur de Clemenceau, mais visiblement il s’est arrêté à l’époque où celui-ci était ministre de l’intérieur (pas la meilleure partie de sa carrière). Clemenceau a été aussi et surtout un de nos plus grands chefs de guerre. Essayons juste d’imaginer quelques instants ce qui se passerait s’il était d’un seul coup au pouvoir à la place de substituts en plastique.

Source : La voie de l’épée, Michel Goya, 26-03-2016

 

Détruire Daech, point de situation

Source : La voie de l’épée, Michel Goya, 28-03-2016

WexSBnj (1)

Depuis août 2014, les Etats-Unis sont à nouveau en guerre en Irak à la tête d’une coalition. Ils y affrontent une nouvelle fois comme ennemi principal, aux côtés de l’Etat irakien, une coalition de forces rebelles sunnites réunies sous le drapeau de l’Etat islamique, dernier avatar de l’organisation d’Abou Moussab al-Zarquaoui en 2003. La victoire était restée en 2007 aux Américains et à leurs alliés. L’EI est pourtant revenu au premier plan en 2013, par la responsabilité première de la politique de l’Etat irakien et dans un contexte rendu encore plus complexe par l’interaction des théâtres de guerre irakien et syrien. Presque deux ans plus tard, la situation opérationnelle reste bloquée par les limites imposées aux forces de la coalition mais surtout par les faiblesses des adversaires locaux de Daech.

Une action de la coalition superficielle

Après de nombreux atermoiements, les Etats-Unis accèdent à la demande d’aide de l’Etat irakien après les succès militaires spectaculaires de Daech en juin 2014. Excluant tout nouvel engagement des forces terrestres directement au combat, le Président Obama n’engage qu’un dispositif aérien, une force de conseillers techniques et une aide matérielle. Le mode opératoire proposé est donc « indirect », consistant en une campagne de frappes sur l’ensemble du système ennemi, y compris en Syrie (en y incluant Jabhat al-Nosra) et un appui à la reconquête du terrain par les forces irakiennes. Une coalition est formée pour soutenir les Etats-Unis qui réunit les principaux pays européens, le Canada et l’Australie. Les monarchies du Golfe y participent symboliquement, préférant utiliser leurs moyens militaires au Yémen. Les forces alliées déployées sont strictement intégrées dans le mode opératoire défini par les Américains, dont les moyens représentent environ 80% du total.

L’action de la coalition, dont il était inconcevable qu’elle suffise seule à la victoire, a d’abord permis de résister aux offensives de l’Etat islamique au Kurdistan irakien puis syrien. Ils n’ont pas permis en revanche d’empêcher l’Etat islamique de s’emparer de Ramadi, capitale de la grande province irakienne d’Anbar, en mai 2015, preuve à la fois de la capacité d’adaptation tactique de l’EI et de la persistance des faiblesses de l’armée régulière irakienne. On peut considérer cependant que cette offensive sur Ramadi, jointe à celle, simultanée, sur Palmyre en Syrie, représente le point culminant de l’extension de l’Etat islamique. En l’absence d’unités de combat étrangères, le refoulement de Daech ne peut cependant survenir que des forces terrestres locales, or, si celles-ci sont nombreuses, elles présentent aussi de grandes faiblesses.

Secondaire pour tous en Syrie

Sur le territoire syrien, l’Etat islamique fait face à trois adversaires différents.

Les premiers combats de l’EI ont d’abord porté contre les autres mouvements arabes sunnites. Profitant de son expérience et de la présence d’anciens officiers irakiens dans ses rangs, l’Etat islamique a assez facilement refoulé les autres groupes arabes de l’Euphrate syrien à partir d’avril 2013. Les mouvements rebelles arabes syriens représentent un ensemble extrêmement fragmenté, aux faibles capacités offensives. La presque totalité de leur effort se porte contre les forces du régime de Bachar el-Assad le long de l’axe de guerre nord-sud qui coupe le pays d’Alep à Deraa. Leur centre de gravité se situe au nord-ouest, dans la province d’Idlib, proche du soutien turc et qui n’est que peu en contact avec la zone tenue par l’Etat islamique. Actuellement, aucun groupe rebelle arabe syrien ne constitue seul une menace sérieuse contre l’Etat islamique.

Il en est sensiblement de même avec le régime syrien, qui a d’abord utilisé l’Etat islamique comme un allié de revers contre les autres mouvements arabes et comme un argument utile dans sa communication. Le cœur du territoire contrôlé par l’Etat islamique étant éloigné de l’axe principal de guerre, l’armée syrienne et ses alliés étrangers n’affrontent Daech que sur quelques points de contact comme dans la région centrale de Hama et de Homs ou encore près d’Alep. L’axe d’effort du régime de Damas se situe depuis plutôt dans le nord, face à Idlib et à Alep. Grâce à l’intervention russe et l’aide accrue de l’Iran, le régime a pu rétablir sa situation dans cette région et entreprendre la reconquête de Palmyre, lien entre le front principal et l’Euphrate. La destruction de l’Etat islamique ou, plus simplement, la prise de Raqqa ne constituent toujours pas, pour l’instant, la priorité des forces d’Assad. La Russie a par ailleurs consacré une partie réduite de ses moyens pour lancer sa propre campagne de frappes contre Daech, peu décisive. Elle désengage actuellement ses unités de combat, ce qui réduit à terme les capacités offensives de l’armée syrienne.

Le principal adversaire de Daech en Syrie a, pour l’instant, été constitué par le Parti de l’union démocratique (Partiya Yekîtiya Demokrat, PYD), branche syrienne du Parti des travailleurs kurdes (PKK). Le PYD dispose de sa propre armée, forte de peut-être 40 000 hommes, dont au moins 7 à 8 000 permanents. Contrairement à la rébellion arabe, très divisée, le PYD exerce un quasi-monopole sur les trois districts kurdes le long de la frontière avec la Turquie. Son objectif de réunion de ces trois zones dans un même ensemble géographique autonome se heurte directement aux organisations qui souhaitent maintenir le lien avec la Turquie et en particulier Daech. L’affrontement entre l’Etat islamique et le PYD, aidé des mouvements kurdes extérieurs, de groupes arabes syriens et des forces américaines s’est terminé par le refoulement de Daech de la frontière turque à l’exception de la région d’Halab, au nord d’Alep.

La région de Raqqa, capitale politique de l’Etat islamique, n’est menacée actuellement par personne, protégée par sa position géographique au cœur du désert syrien, et surtout par le fait que sa prise ne constitue une priorité pour aucun des acteurs syriens, si tant est qu’ils disposent des moyens de la réaliser. Il est possible en Syrie de porter des coups sévères à l’organisation en la coupant définitivement à la frontière turque ou en dégageant Deir ez-Zor mais ces coups, par ailleurs difficiles à réaliser, ne seraient pas décisifs.

Trois faibles armées irakiennes

Même si son projet dépasse de loin le cadre du Levant et s’il a symboliquement banni les frontières, le centre de gravité de l’Etat islamique reste en Irak.

Pour défendre l’ensemble de son territoire, Daech dispose de plusieurs dizaines de milliers d’hommes, les estimations les plus fiables évoquant 30 000 combattants permanents, dont 40% d’étrangers à l’Irak et à la Syrie, auxquels il faut ajouter environ 70 000 auxiliaires des milices locales et des différents services. C’est, en dépit de quelques matériels lourds, une force d’infanterie équipée de véhicules légers et d’armements soviétiques anciens, mais c’est une force compétente tactiquement et surtout plus motivée que ses adversaires. L’Etat islamique, dont les forces sont nécessairement dispersées sur un vaste espace, ne peut guère déployer plus de quelques brigades (une brigade représente environ un millier d’hommes et 150 véhicules) pour défendre une seule ville, sans doute dix au maximum pour une objectif important, comme Mossoul. Trois forces terrestres sont à l’œuvre contre cette armée.

Au moment du départ des forces américaines à la fin de 2011, l’armée irakienne représentait 13 divisions d’infanterie et une division mécanisée, soit environ 210 000 hommes. Après des années de mainmise politique du Premier ministre Maliki, plus soucieux de se préserver d’un coup d’état militaire que d’assurer la sécurité du pays, et malgré l’aide de la coalition (4 500 conseillers et un plan d’équipement de neuf brigades) on pouvait estimer, en janvier 2015, la capacité de manœuvre de cette armée irakienne à 48 000 hommes, réparties dans quelques divisions opérationnelles. Après avoir été à nouveau surprise et humiliée à Ramadi en mai 2015, cette armée a cependant été capable, avec l’aide américaine et après quatre mois de combat avec un rapport de forces de 10 contre 1, de reprendre cette ville à la fin de l’année.

Pour faire face à l’offensive de Daech au printemps 2014, le gouvernement irakien a d’abord fait confiance aux unités de « mobilisation populaire » (Hachd al-Chaabi), soutenues par l’Iran. Cette réunion de milices chiites a permis de défendre Bagdad et ses environs mais elle ne dispose guère de capacités offensives. Il a fallu ainsi attendre le mois de mars 2015 pour réunir les 20 000 hommes nécessaires à une offensive sur Tikrit, à 200 km au nord de la capitale. Malgré un rapport de forces très favorable, il a été nécessaire de faire appel à l’aide américaine pour parvenir à prendre la ville et la contrôler après plusieurs semaines. Pendant toute cette offensive, les milices se sont également signalées par leur brutalité vis-à-vis de la population locale.

La troisième force est constituée par les Peshmergas (combattants) du gouvernement autonome kurde irakien. Celle-ci se compose de trois entités : une force commune de 15 brigades et les armées des deux partis rivaux, le Parti démocratique kurde (PDK) dirigé par la famille Barzani et l’Union patriotique kurde (UPK) de la famille Talabani. Ces forces rarement permanentes, 100 000 hommes en théorie, ont été grandement négligées par le gouvernement commun alors que le Kurdistan bénéficiait depuis 2003 de la paix et des ressources du pétrole. L’offensive de Daech d’août 2014 a donc surpris les Kurdes irakiens dans une situation de démobilisation psychologique et matérielle et alors que les Peshmergas avaient toujours résisté seuls à Saddam Hussein, ils ont été obligés cette fois de faire appel à l’appui aérien des Etats-Unis et à l’aide matérielle des Occidentaux. Après plus d’un an de combat statique et, avec l’aide de renforts extérieurs, ils ont cependant été capables de reprendre le terrain perdu dans les monts Sinjar, victoire qui permet de couper la route qui relie Raqqa à Mossoul.

Une reprise de contrôle difficile

En l’Etat actuel des rapports de force, c’est en Irak seulement que la reconquête du terrain est possible, même si des actions secondaires de fixation en Syrie seront sans doute nécessaires pour cela.

Reprendre le terrain que Daech contrôle encore en Irak et en particulier sur le Tigre jusqu’à Mossoul, objectif prioritaire, nécessite de mener encore plusieurs batailles de la même ampleur que celles de Tikrit ou Ramadi. Chacune de ces batailles nécessitera donc de réunir une force d’environ 20 000 hommes, sans doute plus pour Mossoul, et d’envisager entre un ou deux mois de préparation et de bouclage suivis d’une durée équivalente pour la prise de la ville, au prix d’un ou deux mille tués ou blessés. C’est donc, si on n’assiste pas à un effondrement soudain de l’Etat islamique, un effort d’au moins un an qui est demandé aux forces irakiennes. Cela représente sensiblement le délai qu’il avait fallu aux forces américaines (alors 130 000 hommes et 15 brigades) pour, à partir d’avril 2004, vaincre l’armée du Mahdi et reprendre le contrôle du Tigre et de l’Euphrate.

Cet effort, les forces irakiennes, telles qu’elles sont organisées actuellement auront beaucoup de mal à le fournir. Les forces kurdes n’ont que de faibles capacités offensives et elles n’ont pas la volonté de se porter en territoire arabe. Les milices chiites, dont le volume financé par le gouvernement s’est réduit de moitié en un an, sont également incapables de réaliser seules un tel effort au cœur des provinces sunnites. Ce sont ces forces régulières qui auront donc probablement la plus lourde tâche. Leur masse de manœuvre est cependant encore insuffisante et les troupes sont usées. Au rythme actuel de redéveloppement et à condition d’une volonté forte du gouvernement irakien on peut envisager qu’il faudra attendre la fin de l’année 2016 et sans doute le début de 2017 pour que l’armée irakienne ait la consistance suffisante pour mener les batailles successives qui seront nécessaires pour reprendre le terrain à l’ennemi. Le problème est qu’il ne s’agit pas là du plus difficile.

Beaucoup d’arabes sunnites irakiens n’adhérent pas au projet de Daech de Califat indépendant et à cheval sur les territoires actuels de la Syrie et de l’Irak mais ils adhérent sans doute encore moins à celui d’un retour à la situation d’avant 2013. Autrement-dit, si la conquête des territoires actuellement tenus en Irak par l’EI est possible après beaucoup d’efforts, leur contrôle par des forces de sécurité, et pire encore, des milices, toutes presque entièrement chiites, ne mettrait certainement pas fin à la guerre. Il est probable que dans une telle configuration l’Etat islamique, qui pourrait éventuellement bénéficier d’une base arrière en Syrie comme lors de la présence américaine, passerait simplement à la clandestinité. Contrôler militairement les provinces sunnites irakiennes après leur reconquête nécessiterait alors une présence permanente d’au moins 100 000 hommes soumis à une guérilla constante. Cette guérilla sera menée par Daech mais aussi sans doute, la clandestinité entraînant plutôt une fragmentation, par beaucoup d’autres mouvements locaux, anciens ou nouveaux. On ne peut exclure à cette occasion l’apparition d’une nouvelle tendance et d’un nouveau projet qui supplanterait même celui de l’Etat islamique.

L’Etat irakien dispose-t-il, quantitativement et qualitativement, d’une telle force de maintien de l’ordre ? Assurément non en l’état actuel des choses et sa constitution est, là encore, une œuvre de longue haleine. Cela ne suffirait sans doute pas, par ailleurs, à assurer la paix. En réalité, en l’absence de réels changements politiques en Irak, prenant en particulier en compte les aspirations des arabes sunnites, et une transformation de la gouvernance, on ne voit pas très bien comment cette paix pourrait survenir. Le remplacement de Nouri al-Maliki par Haydar al-Abadi, en septembre 2014, n’a pour l’instant guère changé la donne à cet égard.

Quel rôle pour la coalition ?

La victoire contre l’Etat islamique ne peut être sérieusement envisagée sans un projet politique cohérent. Le centre de gravité de la guerre se trouve donc surtout à Bagdad dans la capacité à transformer la pratique locale. Une pression internationale forte sera sans doute nécessaire pour y parvenir, avec la nécessaire coopération de l’Iran. La Russie et l’Arabie saoudite y ont leur part également.

Dans ce contexte, outre cette action politique et diplomatique, le rôle militaire des nations de la coalition, qui pourrait englober la Russie, tout en restant dans le cadre d’un appui au gouvernement irakien et à ses forces armées, peut évoluer selon trois axes pour accélérer le processus de reconquête et permettre de surmonter les blocages tactiques éventuels.

Dans le premier cas, l’action en profondeur sur l’ensemble du « système Daech » peut être rendue beaucoup plus efficace par l’adjonction de moyens de frappes nouveaux comme les hélicoptères et avions d’attaque ainsi que les raids d’infanterie légère, blindés ou d’artillerie. Il ne s’agirait pas de conquérir le terrain à la place des forces irakiennes mais, au prix de risques humains supérieurs, de sortir des limites actuelles du tout aérien.

Ces moyens peuvent aussi, deuxième axe, être employés , à la manière russe en Syrie ou française dans le Sahel, pour l’appui direct des forces terrestres. Ils s’y révèlent bien plus efficaces dans ce rôle, et en tout cas complémentaires, que les chasseur-bombardiers.

Le troisième axe d’effort possible est le renforcement des unités régulières irakiennes par l’injection de forces alliées selon différents modes : logistique, appui-feux et conseil-coordination. On retrouverait ainsi le modèle, militairement efficace, de la force irakienne de l’époque de la présence américaine.

Le dernier niveau est celui d’engagements d’unités de combat. Il ne s’agirait pas, là-encore, de prendre le tout le combat à son compte mais il est évident que l’engagement d’une force mécanisée du niveau brigade ou division agissant en « fer de lance » faciliterait considérablement les opérations de reconquête et permettrait de reprendre Mossoul avant la fin de l’année 2016.

Ces différents modes d’engagement complémentaires des modes actuels sauront dans tous les cas à reconsidérer une fois la mission de reconquête terminée en fonction des perspectives politiques. Ils supposent tous l’acceptation de pertes humaines et pour l’Irak, de ce qui peut apparaître comme une nouvelle intrusion étrangère. Constatons que pour l’instant personne n’y semble prêt, en Irak comme dans la coalition. La France, qui a subi des coups importants de la part de Daech et qui n’a pas les contraintes institutionnelles ou psychologiques des Américains, aurait pu imposer une extension de son champ d’action militaire. Elle a finalement décidé de ne pas prendre plus de risques.

En dehors d’une rupture stratégique toujours possible, le scénario le plus probable est donc une poursuite des opérations actuelles avec une lente progression des forces irakiennes, pour autant qu’elles soient appuyées par la coalition, et leur enlisement dans un long combat de contre-guérilla. On peut même envisager, pour peu que l’Irak échoue à se transformer politiquement, à l’établissement d’un statu quo et la création de fait d’un « Sunnistan » contrôlé par Daech. Une nouvelle fois l’intolérable finirait par être toléré.

Source : La voie de l’épée, Michel Goya, 28-03-2016

Nous vous proposons cet article afin d'élargir votre champ de réflexion. Cela ne signifie pas forcément que nous approuvions la vision développée ici. Dans tous les cas, notre responsabilité s'arrête aux propos que nous reportons ici. [Lire plus]Nous ne sommes nullement engagés par les propos que l'auteur aurait pu tenir par ailleurs - et encore moins par ceux qu'il pourrait tenir dans le futur. Merci cependant de nous signaler par le formulaire de contact toute information concernant l'auteur qui pourrait nuire à sa réputation. 

39 réponses à Je suis la guerre, par Michel Goya

Commentaires recommandés

Pascalcs Le 03 avril 2016 à 03h27

“La Russie a par ailleurs consacré une partie réduite de ses moyens pour lancer sa propre campagne de frappes contre Daech, peu décisive. Elle désengage actuellement ses unités de combat, ce qui réduit à terme les capacités offensives de l’armée syrienne.”…..

Il me semble que le retrait de Daech soit engagé sur tous les fronts. Ils ont perdu une grande partie du contrôle des territoires frontaliers avec la Turquie, ils se sont retirés de Palmyre et subissent désormais une attaque sur leur place forte de Mosul. Mosul, haut lieu de leur caliphat. Alep, certes pas contrôlée par Daech, est tombée.
Ils ont perdus, sous l’effet des bombardements russes, des milliers de camions citerne et n’ont plus qu’une fraction des revenus pétroliers d’avant l’arrivée des Russes et de leur action qui a mis au grand jour le mensonge des occidentaux en Syrie et vis à vis de Daech.

Si ça c’est “peu décisif”, alors que dire des résultats des presque 2 ans de bombardements dans le sable des occidentaux…. ?

  1. Pascalcs Le 03 avril 2016 à 03h27
    Afficher/Masquer

    “La Russie a par ailleurs consacré une partie réduite de ses moyens pour lancer sa propre campagne de frappes contre Daech, peu décisive. Elle désengage actuellement ses unités de combat, ce qui réduit à terme les capacités offensives de l’armée syrienne.”…..

    Il me semble que le retrait de Daech soit engagé sur tous les fronts. Ils ont perdu une grande partie du contrôle des territoires frontaliers avec la Turquie, ils se sont retirés de Palmyre et subissent désormais une attaque sur leur place forte de Mosul. Mosul, haut lieu de leur caliphat. Alep, certes pas contrôlée par Daech, est tombée.
    Ils ont perdus, sous l’effet des bombardements russes, des milliers de camions citerne et n’ont plus qu’une fraction des revenus pétroliers d’avant l’arrivée des Russes et de leur action qui a mis au grand jour le mensonge des occidentaux en Syrie et vis à vis de Daech.

    Si ça c’est “peu décisif”, alors que dire des résultats des presque 2 ans de bombardements dans le sable des occidentaux…. ?


  2. DUGUESCLIN Le 03 avril 2016 à 06h39
    Afficher/Masquer

    Malgré une vision intéressante de Michel Goya, il semble plutôt pessimiste.
    L’armée syrienne s’est considérablement renforcée sur tous les plans. Quand au retrait russe, il n’est que politico-tactique. Les forces russes suffisamment efficaces sont encore très présentes. En cas de besoin,(invasion des limitrophes par exemple), il suffit de quelques heures aux forces russes pour revenir en nombre. Mais les limitrophes l’ont compris et ne sont pas prêts à s’y risquer. Quand à une intervention en masse de l’OTAN il n’est pas envisageable ni politiquement ni matériellement. L’essentiel est fait, il ne reste plus qu’à peaufiner. L’armée syrienne, renforcée, y compris d’opposants divers, n’a plus besoin d’agir dans l’urgence. Les russes ne font pas dans le “et-tout-cela-pour-rien”, ils sont pragmatiques et font dans “l’efficace” et le calme. Les soutiens de daech sont de plus en plus difficiles. Le processus est irréversible.


  3. Jacob Linder Le 03 avril 2016 à 07h16
    Afficher/Masquer

    Bien que Michel Goya connaisse son sujet, il n’ose pas faire les liens essentiels et regarder les vraies causes de certains événements. Ainsi, il écrit, dès le début de son article : “L’EI est pourtant revenu au premier plan en 2013, par la responsabilité première de la politique de l’Etat irakien et dans un contexte rendu encore plus complexe par l’interaction des théâtres de guerre irakien et syrien. “.
    Mais l’état irakien a été mis en place par les américains. Si cet état est mal né, c’est l’entière responsabilité des américains. Si l’état irakien n’a pas les moyens de lutter, c’est l’entière responsabilité des américains. Quant à la situation en Syrie, qui a une influence considérable sur la situation irakienne, qui est responsable ? C’est bien les américains qui font la guerre à la Syrie via leurs alliés (Turquie, Arabie saoudite, Quatar) et leurs supplétifs (France)… Les terroristes utilisent des armes américaines (missiles antichars TOW entre autre) et Française …
    Michel Goya écrit ensuite que la Syrie utilise Daesh comme “allier de revers”, ça en dit long sur sa soumission à la propagande de guerre de notre gouvernement.


    • Furax Le 03 avril 2016 à 08h32
      Afficher/Masquer

      Oui, je partage hélas votre avis.

      Autant je partage et partageais déjà l’opinion de M Goya sur les dirigeants français et occidentaux, sur nos faiseurs d’opinion et sur la seule partie d’opinion médiatisée (les “je suis machin”, “”show must go on” et autres lotophages), autant je suis très déçu de voir que M Goya participe à la manipulation du Système sur la réalité de la situation au Moyen Orient, en usant d’euphémismes trompeurs et de silences tout aussi trompeurs.

      Quelle est cette opposition syrienne éclatée dont il parle ? Ce sont à 90% des islamistes stipendiés par l’Arabie Saoudite, le Qatar et la Turquie. Par les USA aussi. Leur projet est le même que celui de Daech pour ce qui nous concerne nous pays occidentaux.

      Alors je renvoie M Goya à ses chères études : il faut nommer l’ennemi pour pouvoir le vaincre. Même si on a le droit de le tronçonner pour le vaincre par étapes.


    • Ailleret Le 03 avril 2016 à 09h07
      Afficher/Masquer

      Tout à fait d’accord. Michel Goya est toujours intéressant à lire, mais il est moyennement honnête ; en tous cas, sa lucidité paraît bridée par un atlantisme incurable qui touche de nombreux militaires de notre armée.

      Écrire : « le régime syrien (…) a d’abord utilisé l’État islamique comme un allié de revers contre les autres mouvements arabes » relève d’une propagande de bas étage, ou d’un conformisme indigne du colonel Goya. Sinon, qu’il apporte les preuves de ses dires. A-t-il oublié les soldats du « régime syrien » exécutés l’an dernier dans l’amphithéâtre de Palmyre, cet officier de l’armée du « régime français » ?


    • Silk Le 03 avril 2016 à 09h15
      Afficher/Masquer

      Je dirais même que c’est d’un interventionnisme dont il faut se méfier.

      Avec cette logique, il faudrait vite intervenir (comme on est intervenu en Libye).
      Si ca a dérapé, c’est la faute au regime irakien ? Ben voyons, il passe aussi bien vite sur le fait que s’il n’y avait pas eu une déstabilisation de la Syrie, Daech n’aurait jamais pu grossir comme ca à été le cas.

      Quant à soutenir les “démocrates arabes” ca fleure bon le soutien trop tardif aux révolutionnaires à la carte de crédit. Il n’ose le formuler ainsi mais il aurait voulu qu’on intervienne plus tôt pour aider ces “démocrates”.


      • christian gedeon Le 03 avril 2016 à 15h33
        Afficher/Masquer

        Sous peine de vous contredire,l’intervention est inévitable,d’une façon ou d’une autre. Et elle devra malheureusement être d’une extrême violence,sous peine de subir une violence encore plus grande…oups,je parlais de la Lybie!


    • Wilmotte Karim Le 03 avril 2016 à 22h59
      Afficher/Masquer

      https://www.youtube.com/watch?v=X5GpxK9bFs8

      Moyens de Daech audition de Myriam Benraad, chercheure associée à l’IREMAM
      Où elle montre que le problème est avant tout Irakien (et lié à la guerre de 2003 et d’avant).

      La question est maintenant de reconstruire. Et pas seulement les destructions en terme de bâtiment.


  4. christian gedeon Le 03 avril 2016 à 08h23
    Afficher/Masquer

    Voilà un article qui a l’apparence de la raison…juste l’apparence,en fait. Quelques considérations d’ordre militaire d’une banalité à pleurer(pour gagner,il faut être plus forts et mieux organisés…ah boooon?) et “bénéficier ” de plus de frappes et de soutien militaire occidental…et russe ( quelle découverte!),puis…puis rien en fait.Sur les causes lointaines et proches de cette catastrophe,rien.Sur le fait que ce sont les “alliés ” des occidentaux qui financent,arment,payent Daech et Al Nosra(quand ce ne sont pas directement les “occidentaux “)…rien.Sur le fait que les armes des “insurgés ” et Daech et de Nosra,sont en grabde partie fournies directement ou indirectement par ces mêmes occidentaux…rien.C’est un article de kriegspiel…un jeu de Risk grandeur nature…rien d’autre.


    • Furax Le 03 avril 2016 à 08h33
      Afficher/Masquer

      En fait l’essentiel des armes de Daech sont irakiennes. Ce sont les armes d’Al Nosra et Ahrar al Sham, les succursales locales d’Al Qaïda, qui sont occidentales.


      • christian gedeon Le 03 avril 2016 à 15h31
        Afficher/Masquer

        Vous me faite marrer…les armes saisies par Daech à Mossoul étaient…américaines…le réarmement de l’armée (sic!) irakienne new wave. Une bande d’incapables complètement corrompus et choisis sur le seul thème de la debaassisation…aussi nuls les uns que les autres,qu’ils soient chiites ou sunnites…et çà les occidentaux ne pouvaient en aucun cas l’ignorer…irakiennes les armes? Tu parles Charles!


    • RMM Le 03 avril 2016 à 14h44
      Afficher/Masquer

      En effet.
      Et n’est-il pas suspect que M. Goya ne dise pas un mot du formidable obstacle à la lutte contre Daesh que contitue la Turquie, dont la Russie vient une fois de plus, de dénoncer les méfaits devant le Conseil de Sécurité? Et l’on peut en dresser une autre, sans doute plus longue, de ceux de l’Arabie séoudite (+ le Qatar et vassaux) – dont pourtant M. Goya englober parmi les pays utiles: “La Russie et l’Arabie saoudite y ont leur part également.”
      M.Goya aurait pu aussi faire le lien entre la création à Baghdad du centre de coordination 5+1, les importantes livraisons d’armes russes vers l’Iraq, et les avancées de l’armée iraquienne constatées ces derniers mois…
      Et avant de parler d’une coalition US “qui pourrait englober Russie”, l’auteur devrait examiner le phénomene de ces frappes américaines qui visent régulierement des positions iraqiennes et les autres forces anti-Daesh, dont la dernière (27 mars) a tué 30 soldats: http://en.farsnews.com/newstext.aspx?nn=13950108000039
      On voit bien, en effet, que la propagande US n’a pas épargné M.Goya.


  5. LeFredLe Le 03 avril 2016 à 10h50
    Afficher/Masquer

    “Je suis écœuré de voir la Haute représentante de l’Union européenne pour les Affaires étrangères s’effondrer en larmes”

    ça doit faire la joie des Daesh & co qui doivent y voir la preuve de notre faiblesse…


    • bm607 Le 03 avril 2016 à 11h46
      Afficher/Masquer

      Pour ma part ce qui m’avait soufflé c’est la capacité “d’émotion sélective” de cette personne : en Ukraine elle n’en avait rien à faire des civils massacrés à l’est, droite dans ses bottes, il n’y avait que se faire photographier en train de serrer la main de Poro en soutenant la guerre de l’autre main par force désinformation sur le conflit http://www.7sur7.be/7s7/fr/1505/Monde/article/detail/2254943/2015/03/17/Plan-d-action-europeen-contre-la-desinformation-russe.dhtml qui l’intéressait, et là la pauvre choute des larmes de circonstances dignes d’un politicien en campagne, c’est très fort dans l’hypocrisie répugnante (dire qu’il y en a qui la croient sincère… ce n’est pas possible, je vais me réveiller !).

      On peut l’afficher en grand cette image (à côté d’une autre des horreurs du conflit en Ukraine, celles-là ne manquent pas par contre) pour les cas où on serait tenté à l’avenir de croire encore nos politiques, elle vaut bien en l’occurrence ses 1000 mots.

      (Pour moi, elle trône maintenant fièrement dans ma galerie des horreurs, entre celles de V. Nuland et ses gâteaux à Kiev, de C. Powell et sa fiole d’ADM, et de Hollande “mon ennemi c’est la finance” au Bourget).


  6. Olympi Le 03 avril 2016 à 10h58
    Afficher/Masquer

    C’est quoi le problème de pleurer ? Il est interdit de montrer ses émotions ? Michel Goya, préférerait que nos dirigeant soient remplit de colère ? La colère est mauvaise conseillère dit-on. Veut-il vraiment qu’on emmène nos soldats se faire tuer pour le plaisir de “libérer” l’Irak ou la Syrie ?

    Non, M. Goya nous ne sommes pas en guerre, Daesh et notre président ont beau le répéter, nous ne sommes pas en guerre. Quelques groupuscules politiques qui tuent quelques dizaines de personnes par an en France, ce n’est pas et vous le notez très bien ce que j’appelle une guerre.

    La question c’est quand Daesh sera écrasé, ils iront où ses soldats ? Guerre insurrectionnelle en Irak et en Syrie ou partiront-ils sur un autre champ de bataille, en Afrique ? Peut-être qu’un sunnistant n’est pas la pire des solutions ?


    • USAMA ANDCO Le 03 avril 2016 à 12h30
      Afficher/Masquer

      Que cette personne fonde en larmes pendant un discours, en Jordanie je crois, est quand même le signe de l’état de délitement politique des nations européennes.
      Tout le monde a le droit de pleurer, sauf que cette dame est “Haute Représentante de l’Union pour les affaires étrangères et la politique de sécurité”.
      Qu’elle pleure sur l’échec de sa “politique de sécurité”, on peut l’admettre mais il existe des lieux et des époques, où on attend des gens qui prétendent à de telles responsabilités, autre chose que des pleurs, non ?
      Il est vrai qu’entre Flamby et Mogherini, on se sent bien défendus.
      Imagine-t-on messieurs Poutine ou el Assad pleurer quand ils prennent un coup ?
      Il est vrai que ce sont des dictateurs…


    • christian gedeon Le 03 avril 2016 à 15h25
      Afficher/Masquer

      Oui c’est une honte pour la “ministre des affaires étrangères ” de l’ue (sic!) de se mettre à pleurer ,pardonnez moi, comme une taffiole( au sens marseillais du terme et sans connotation sexuelle),et oui ,la colère aurait dû l’habiter et des mots forts suivis d’actions fortes…Si,nous sommes en guerre à la Valls,en paroles molles,et sans matière… seule l’action forte et déterminée nous sortira de là,et encore,ce n’est pas prouvé. Vous faites manifestement partie des gens qui sous estiment les islamistes. Vieux réflexe de supériorité coloniale…qui se veut “raisonnable ” et qui n’est pardonnez moi,au mieux qu’inconscient,au pire que lâche. ne sous estimez pas la volonté et l’intelligence des islamistes… c’est une erreur mortelle! je le dis et je le répète sans arrêt,ne prenez pas les islamistes pour des cons! Ils ne le sont pas!


  7. Tonnelle Le 03 avril 2016 à 12h42
    Afficher/Masquer

    Deuxième grosse perle(après une innombrable suite d’amalgames, de portes ouvertes, de lieux communs, d’accusations vagues, ambiguës, d’analogie historique gratuites et hors sujet) dans la première partie du texte, l’auteur voue aux gémonies l’Arabie Saoudite en accusant nos gouvernant de collaboration et même de décorer ces promoteurs du terrorisme. En accusant systématiquement nos gouvernants de mollesse.
    Dans la deuxième partie, l’auteur dit que pour résoudre le problème en Syrie, il faut compter sur …. l’Arabie Saoudite, mise au même niveau que la Russie.
    L’auteur de ce galimatas a-t-il toute sa raison. Au trois quart de “l’article” on ne sait toujours pas ce qu’il veut.


  8. Grégory Le 03 avril 2016 à 12h52
    Afficher/Masquer

    Or, maybe:

    Daech dans nos vie c’est rien et donc qu’on l’admette consciemment ou que ce soit l’inconscient qui se charge de faire peser cette variable à sa juste part dans notre approche du réel, l’essentiel est qu’en pratique on s’en fout, et à raison.

    Ca n’empêchera pas la récupération politique et l’étalement inévitable de la médiocrité déjà là aux manettes, avec ou sans Daech. Là aussi, je pense que le message passe et que la vision que le public a de ses leaders est actualisée en conséquence. A mon avis, tout sera payé, en temps et en heure.


  9. Owen Le 03 avril 2016 à 13h09
    Afficher/Masquer

    Beaucoup de vives réactions, attention à l’hystérie collective…
    Lisez le premier texte : il s’en prend à la veulerie de l’UE, de ses Etats ( en tout cas la France, la Belgique et la Grande Bretagne), qui ont lutté par le passé contre des ennemis autrement plus puissants.
    S’il est atlantiste, il châtie bien ses amis en tout cas. Et il montre que les résultats de la coalition, emmenée par les USA, sont bien limités contre le DAESH.

    Moi je lis surtout un militaire qui examine les forces en présence sur le terrain et qui constate qu’aucune force combattante n’est en mesure, à elle seule, d’éradiquer DAESH. Là-dessus, ses analyses sont pertinentes.
    Si le grand rêve de l’Etat Islamique sur les ruines fumantes de l’Irak et e la Syrie n’est plus à l’ordre du jour, DAESH n’a pas disparu pour autant.
    La reprise de Palmyre a duré 3 semaines, et non pas quelques jours comme les médias ont annoncé , qui par ailleurs annoncent la reprise de Racca depuis plus d’un mois. Mossoul est toujours à DAESH, ainsi que Deir Ez Zor, dont j’ai tellement lu qu’il a été bombardé…
    Il en appelle à plus d’engagement de la coalition, avec un appui terrestre, ce qui objectivement ne pourrait qu’aider Poutine et El Assad et l’Irak.
    S’il ne donne pas à Poutine la part belle qu’il mérite, être de son côté de ne me fait pas dire que DAESH est en voie d’éradication, ce que ses explications me confirment .


  10. NeverMore Le 03 avril 2016 à 13h24
    Afficher/Masquer

    “Sur le territoire syrien, l’Etat islamique fait face à trois adversaires différents”

    Ils sont très forts …

    Là, on les plaint :
    “La presque totalité de leur effort se porte contre les forces du régime de Bachar el-Assad le long de l’axe de guerre nord-sud qui coupe le pays d’Alep à Deraa”.

    Là on dit “ouf ! ” :
    “la prise de Raqqa ne constituent toujours pas, pour l’instant, la priorité des forces d’Assad.”

    Assad n’est vraiment qu’un second couteau … Et je ne parle pas des Russes qui ne sont rien à côté des “forces de la coalition” menée par les USA et l’Arabie Saoudite.


    • RMM Le 03 avril 2016 à 14h57
      Afficher/Masquer

      Oui, il y a une certaine inversion dans les propos de M. Goya:
      les “nations de la coalition” (dont il exclut les pays arabes) luttent dontre Daesh, la Syrie et l’Iraq ne font presque rien;
      Les USA font tout le travail, mais il serait bon quand meme d’inviter a ajouter son poids (minime) a la pression internationale qu’il convient de mettre sur les acteurs pour les amener a un processus politique.
      M. Goya ne se rend pas compte que si le processus politique en Syrie est enfin engage – vaille que vaille – c’est bien grace à la Russie.


  11. daniel Le 03 avril 2016 à 13h49
    Afficher/Masquer

    Pour recentrer les débats sur la simple réalité:

    1- les Russes ont fait en 5 mois plus que la coalition en 5 ans, contre Daesh et Al-Qaida. Il est de bon ton à l’Otan de se moquer des forces russes. Tout cela est de la propagande.

    2-Les USA arment toujours des pro-Al Qaida, les Turques fournissent les moyens de communication, et l’Arabie Saoudite paye le matériel et le personnel. Les USA les ont fait admettre comme interlocuteur valable à Genève.

    3- La Turquie s’oppose toujours à la présence kurde à Genève contre tout bon sens. La Turquie continue à aider Daesh en l’employant pour lutter contre les Kurdes syriens. Des assassins de Daesh transitent sur son territoire, l’armée kurde les transporte et facilite leur passage frontalier pour prendre à revers les Kurdes.

    4- Daesh est une création occidentale que la coalition a soutenue pendant plus de 4 ans. Le revirement date de Novembre 2015. Des efforts de propagande énorme ont été fourni pour cacher ce fait et induire en erreur l’opinion.

    Chaque point peut-être sourcé. ( Modération: pitié. ce sont les interlignes qui donnent l’impression de longueur ! )


    • daniel Le 03 avril 2016 à 15h37
      Afficher/Masquer

      Horreur : Il s’agit de l’armée turque qui aide Daesh contre les Kurdes du PYD.

      Le PYD annonce loucher vers la prise de Raqqa. Il rassemble des volontaires arabes prêt à combattre sous le drapeau d’une coalition Kurde et Arabe. La prise de Raqqa est une nécessité pour le Rojava, mais la ville est à dominante arabe. Le PYD a prévu de longue date de laisser la ville à une administration arabe amie.


    • Wilmotte Karim Le 03 avril 2016 à 23h23
      Afficher/Masquer

      Daesh est une “création” irakienne issue du soulèvement contre les USA après l’invasion! Si vous voulez, création commune des USA par leur agression et leur violence, de la résistance sunnite, de l’intervention des islamistes étrangers, de la dictature “chiite” de Maliki.
      Sa renaissance après le “surge” est liée à la persistance de l’écartement politique des Irakiens sunnites. Daesh a repris du poil de la bête d’abord en Irak!

      Il ne suffira pas de bombarder, reprendre les positions. Et se limiter à la Syrie n’est pas une option (ou très risquée). Ça va pas être simple et la situation risque de rester instable bien après une victoire militaire.

      Pour se rassurer, on dira que au moins la Russie semble avoir une vision politique claire.


  12. Adriana Le 03 avril 2016 à 15h14
    Afficher/Masquer

    On commence par tarir leur ressources financières, ce serait beacoup plus efficace et beacoup plus intelligent.
    De toutes façons La France n’a pas de conditions financières pour soutenir une guerre,
    L’armée va très mal en point et les français ne veulent pas payer le prix de retour: les morts.


  13. christian gedeon Le 03 avril 2016 à 15h47
    Afficher/Masquer

    je crois que peu ont pris la varie mesure que ce qui se passe. le théâtre syro irakien est presque devenu secondaire…la guerre est en Lybie,mais elle est aussi en Tunisie et en Algérie. Mais aussi en Europe,quoiqu’en pensent les bêtifiants. Europe,en gros 30 millions de musulmans(hypothèse basse). même si 90 % de ces musulmans sont de parfaits républicains,il reste un vivier de 3 millions de musulmans sensibles aux thèses islamistes…même si seul 10 % des ceux là sont susceptibles de passer à l’acte,faites le calcul….il faut arrêter de se cacher derrière de fausses valeurs républicaines ” que diable…et que dire de la Bosnie,du Kosovo et l’Albanie devenus bases arrières officielles de Daech et de Nosra el Qaïda? Sous estimer son ennemi est l’assurance d’aller au devant de graves déconvenues…sans compter les molenbek pour parler français disséminés sur tout le territoire européen… On préfère la honte à la guerre? On aura la honte ET la guerre! C’est comme çà.


  14. antoniob Le 03 avril 2016 à 16h24
    Afficher/Masquer

    Le point de la situation de Michel Goya sur Daech est effectivement surprenant lorsqu’il reprend telle quelle l’intox américaine selon laquelle la Russie et la Syrie ne combattent pas réellement Daech.
    Or, la priorité ayant éte de reconstituer le territoire syrien en reprenant du terrain depuis l’Ouest du pays, et de consolider ces territoires avant de pouvoir continuer éventuellement, la logique stratégique la plus claire explique que Daech, installé dans le desert et plus à l’Est, n’ai pas été ciblé autant que les “rebelles” qui maintenaient par exemple, Alep coupée en deux.
    Ipso facto cela montre que la présence de Daech au centre et à l’Est a toujours été considérée comme un moindre mal, ou pas un mal du tout, par les “Occidentaux” , tout occupés à aider les rebelles à renverser le gouvernement, donc à prendre le contrôle des régions de l’Ouest.
    cette guerre reste comme un cas assez unique de guerre par proxy, par intermédiaires, de la part d’une alliance islamo-occidentale contre un état souverain.

    Le problème bien sûr étant que après les fumées de l’enfumage, les protagonistes restent nus, et la France notamment a flingué dans les grandes largeurs son statut international.


  15. lon Le 03 avril 2016 à 17h09
    Afficher/Masquer

    Eh oui, tant qu’on aura des Federica Mogherini et d’autres specimen de la bourgeoisie européenne bien-pensante aux postes-clés de l’UE, on aura toujours besoin du grand frère américain pour nous dire quoi faire .


  16. Furax Le 03 avril 2016 à 17h30
    Afficher/Masquer

    Vous savez, il ne faut pas blâmer Mme Mogherini pour ses larmes. Verser des larmes est une question de culture, d’émotion, et cela peut être parfois même calculé (même si ce n’était à l’évidence pas factice chez Mme Mogherini.

    Un des plus grands et des plus machiavéliques hommes d’Etat de toute l’Histoire de l’humanité, qui a rencontré un succès absolument extraordinaire et exceptionnellement durable, l’empereur Auguste, versait de temps en temps des larmes en public.

    En revanche, il faut blâmer Mme Mogherini et toute la clique à laquelle elle appartient pour la politique à la fois minable et criminelle qu’ils ont menée, qui est un fiasco total et qui est la cause des malheurs qui frappent aussi bien les syriens que les parisiens ou les bruxellois.

    Si ces gens avaient le moindre sens de l’honneur, ils démissionneraient et quitteraient toute activité politique.


  17. Frédéric Le 03 avril 2016 à 19h12
    Afficher/Masquer

    “On peut même envisager, pour peu que l’Irak échoue à se transformer politiquement, à l’établissement d’un statu quo et la création de fait d’un « Sunnistan » contrôlé par Daech. Une nouvelle fois l’intolérable finirait par être toléré.”

    Si la paix est intolérable, alors, oui, continuons la guerre de la part de pays éloignés de miliers de kilomètres et continuons à mettre en dangers les citoyens de ces pays et continuons à provoquer les vagues de réfugiés dont on ne veut pas dans les pays qui poursuivraient la guerre. Pourquoi au juste? Parceque la paix est intolérable etc. etc.

    M. Goya est une personne peu intéressante au point de vue logique pure. L’explication de ce manque de logique apparent doit sûrement venir du fait que qu’il fait partie d’un lobbie quelconque de l’armement.


    • christian gedeon Le 05 avril 2016 à 12h39
      Afficher/Masquer

      Il n’y aura pas de sunnistan(nouvelle lune des anti ceci et anti celà,et ultralibéraux ethniques)…et j’aimerais bien qu’on arrête de confondre les sunnites et les wahhabites…c’est une erreur grave. NON,tous les sunnites ne sont pas des islamistes avec le couteau entre les dents.Le wahhabisme et ses dérivés sont le cancer des sunnites…et beaucoup de sunnites se battent contre ce cancer,malgré le soutien occidental manifeste au régimes wahhabistes…Confondre sunnisme et wahhabisme est une grave erreur,et une saloperie…


  18. Robin Roland Le 03 avril 2016 à 22h03
    Afficher/Masquer

    “Il fut un temps où Français, Belges, Britanniques et autres Alliés, affrontaient des monstres autrement plus forts que l’Etat islamique ou Al Qaïda et en triomphaient par leur courage et leur volonté”

    De quels “monstres” et de quels “courage” ou “volonté” cet homme parle-t-il ? Il cite plus loin les évènements de la 1ère GM, une guerre d’intérêts purement économiques et politico-politiques, un gâchis humain sans précédent, motivé par des jeux d’alliance dont les peuples n’avaient cure. Une guerre caractérisée par une désinformation de masse, une propagande imbuvable et une violence sociale hors norme (refus de combattre = désertion = exécution) ; comment peut-on faire passer cela pour une démonstration de courage de la part des dirigeants ?

    Le programme d’histoire actuel des lycées, même dans son état actuel (tellement simplifié qu’il n’a plus aucune substance ni sens) réussi quand même à ne pas tomber dans ce nationalisme stérile.

    Je suis très déçu d’une telle comparaison, aussi bancale que révoltante, avec un évènement qui entache la réputation de notre pays depuis plus d’un siècle.

    Les a-t-il lus, ces fameux journaux de propagande français ? Se souvient-il de la vie sur le front, avec ces pions qu’on envoyait à l’abattoir, habillés en bleu ciel pétant et habitant dans des trous boueux susceptibles de s’effondrer à tout moment sous prétexte que “le front doit avancer” ?

    On devrait inventer la machine à remonter le temps rien que pour lui faire revivre cette époque, histoire de regarder si son analyse serait aussi lumineuse sur le front fumeux de Verdun.

    P.S: Malgré tout, même si ce n’est malheureusement pas son intention, on peut du coup faire un parallèle avec la situation actuelle au Moyen-Orient et auparavant en Libye, si on exclue l’enrôlement de force. Quand on se risque à prendre la science de Goya à revers, on découvre soudain qu’il a raison malgré lui…


  19. moshedayan Le 03 avril 2016 à 23h19
    Afficher/Masquer

    Très bref et sans prétendre être dans le vrai : je pense que les rapports du Mossad, un jour accessibles, montreront peut-être l’incurie de la diplomatie française dans l’affaire syrienne (qui aurait pu éviter d’être une “affaire syrano-iranienne” en partie aujourd’hui). Face au “merdier occidental” créé, Israêl maintient sa prudence, s’entend discrètement avec la Russie, avertit des dangers les Etats-Unis et ne sait quoi dire avec l’Iran maintenant. Merci Messieurs Hollande et Fabius !


  20. Sale gosse Le 04 avril 2016 à 00h32
    Afficher/Masquer

    Le Pentagone enrôle des dizaines de rebelles syriens dans un nouveau programme de formation.

    Washington entraîne «des dizaines» de rebelles dans l’espoir de corriger les erreurs de sa précédente initiative, qui a coûté des millions de dollars alors que la majorité de l’équipement militaire est tombée entre les mains des djihadistes.

    https://francais.rt.com/international/18438-pentagone-formation-rebelles-syriens


  21. Dominique Le 04 avril 2016 à 17h22
    Afficher/Masquer

    « Continuons à ne pas soutenir les démocrates arabes. »

    Là, j’aimerais bien un peu de précisions SVP, M. Goya. Quels démocrates arabes aurions-nous dû soutenir, ces derniers temps ?


    • christian gedeon Le 05 avril 2016 à 12h43
      Afficher/Masquer

      Excellent…mais M. Goya n’ a pas de réponse et pour cause… Ah si,nous avons soutenu Morsi en son temps…un démocrate de folie,n’est ce pas?


  22. christian Le 06 avril 2016 à 12h02
    Afficher/Masquer

    Nous sommes dans la position du grand mou qui prend des gifles de la part des petites frappes de la cour d’école, ne fait rien mais promet à chaque fois, avec ses voisins tout aussi mous, que c’est la dernière.
    N’importe quoi. Nous sommes les petites frappes qui terrorisons le monde, et les quelques victimes françaises civiles ne sont rien à côté des dizaines ou centaines de victimes civiles des agissements de la france. en vendant des armes aux saoudis, valls se vantait d’assurer des futurs emplois, il s’est bien gardé de se vanter d’aussi assurer les futurs attentats.
    Le terrorisme n’est qu’un phénomène négligeable, il est dommage d’y apporter tant d’attention, mais les vies des blancs sont tellement importantes qu’il faut des fleurs et des larmes de crocodiles.
    La guerre nous ne la subissons pas, nous nous en nourrissons !


  23. christian Le 06 avril 2016 à 15h14
    Afficher/Masquer

    Les larmes de Federica Mogherini sont des larmes de racistes et de suprémaciste blancs, a-t-elle pleuré la mort de Kadhafi, les centaines de manifestants tués en égypte par sissi ou des yéménites massacrés à l’aide d’armes et de renseigments européens ?
    Et je rappelle que la guerre de la france en syrie est illégale donc criminelle, et que le crime d’agression militaire d’une nation souveraine est bien pire que le crime de terrorisme. La france n’a aucun droit de bombarder qui que ce soit en syrie, contrairement à la russie qui a été invitée par le gouvernement légitime de syrie, comme en son temps l’urss en afghanistan. Les guerres actuelles sont quasi toutes des guerres d’agression occidentales, la france est une nation belliqueuse et les gens du passé tel la brute génocidaire et alcolisée churchill ne devraient pas être de référence.


Charte de modérations des commentaires