Aujourd’hui, un billet que je voulais faire depuis longtemps : l’évolution des réserves de change par pays…

La Chine

Voici l’évolution longue des réserves de la Chine :

réserves de change Chine

Les effets de la mondialisation à partir des années 1995 puis de son entrée à l’OMC en 2002 sont patents…

Sur une période plus récente :

réserves de change Chine

réserves de change Chine

réserves de change Chine

On observe bien (sans grande surprise) les nets effets des crises à répétition sur les réserves du pays.

Monde

De même pour le monde :

réserves de change monde mondiales

La croissance des réserves est phénoménale…

réserves de change monde mondiales

Plus intéressant encore, observons l’évolution annuelle glissante :

réserves de change monde mondiales

On obtient alors un très bon indicateur de la santé du commerce mondial, et donc un indicateur des crises mondiales.

Cet indicateur est avancé, et on peut détecter l’annonce de crises importantes plusieurs mois à l’avance, en 2008 comme en 2011.

La situation des prochains mois va donc être difficile, comme en 2009 – mais sans relance de la part des États…

réserves de change monde mondiales

réserves de change monde mondiales

On note enfin que la Chine représente à elle seule plus du tiers des réserves mondiales.

Réserves dont une bonne partie ne sera probablement jamais honorée – quelques soucis en perspective…

Nous analyserons dans le prochain billet la situation des réserves de change par monnaie.

45 réponses à 0090 Réserves de change par pays

  1. Joe Bserve Le 28 juin 2012 à 04h12
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    Ca aurait été sympa d’avoir les USA.
    Mais je dis peut-être une énormité, les réserves de changes sont en dollars … alors quelles sont les réserves en devises (Euro, Yen; Or …) des USA ?
     
    Merci


    • chris06 Le 28 juin 2012 à 07h14
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      Le site du FMI donne les réserves pays par pays.
      Pour les USA:
      link to imf.org 

      $150 milliards au 15 Juin 2012, dont seulement $46 milliards en devises étrangères (peanuts!)

      Remarque: ce chiffre comprend $11 milliards de réserves d’or mais qui n’est valorisé qu’à 42$/oz puisque officiellement c’est le trésor américain qui détient l’or, la banque centrale (la FED) ne détenant qu’un avoir sur cet or.
      Au cours actuel, cette réserve est de 1573$ x 261,5 million oz = $ 411 milliards


      • Joe Bserve Le 28 juin 2012 à 21h45
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        Merci à vous.
         
        46 Mds$ c’est peanuts au regard des fortunes domiciliées aux states c’en est même incroyable : 3 multimilliardaires pourraient à eux seuls initier un “bankrun” et faire plier le pays.
         
        Bon en quelle monnaie les convertir c’est un autre problème, un panier de monnaies asiatique serait un juste retour des choses, nos amis coréens se souviennent de 1998 comme nous de 1968, c’est ce qu’une coréenne m’a expliqué.
        A l’époque les USA ont interdit au Japon d’intervenir avec ses immenses réserves de changes ; c’était le boulot du FMI.


  2. Patrick Luder Le 28 juin 2012 à 04h16
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    Une explication excellente sur ce qu’est une réserve de change :

     link to rts.ch 


    • marie Le 28 juin 2012 à 05h03
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      merci Charles Edouard heu …Monsieur Luder :-D  


    • Arnould Le 28 juin 2012 à 07h24
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      Charles-Edouard m’a mis en mode sourire pour la journée!


    • Mat Le 28 juin 2012 à 07h26
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      Oui, il me parait important de mentionner explicitement que les réserves de changes ne sont pas du cash sur un dépôt à vue mais des bonds ou obligations émises par des états et remboursables à 1-2-5-10-20 ans. Certes ces bonds se revendent/s’échangent sur des marchés, mais il s’agit là de créances qui, si les choses tournent mal, ne seront jamais remboursées. D’où le commentaire en fin de billet

      Réserves dont une bonne partie ne sera probablement jamais honorée – quelques soucis en perspective…
       


      • chris06 Le 28 juin 2012 à 07h39
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        no problem, si les chinois veulent être remboursé, Bernanke imprimera les billets, au lieu d’avoir des obligations en dollars ils auront des billets en dollars qui ne vaudront plus grand chose mais c’est pas grave ils seront quand même remboursé…

        Joke or no joke? A vous de le dire… 


        • Mat Le 28 juin 2012 à 08h04
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          Ben je dirais moitié vrai, moitié faux. Moitié vrai car rien empêche la FED d’intervenir sur le marché secondaire et de racheter les bonds que les Chinois souhaitent vendre. Mais moitié faux car en faisant cela, la FED dégrade son bilan et ainsi la confiance dans le dollar. Si la FED va trop loin dans ce genre de manip, c’est de plus en plus d’acteurs qui vont vouloir se débarrasser de ces bonds, donc encore plus de bonds à racheter par la FED etc… spirale infernale où tout explose à la fin. Toute la question est de savoir où se trouve ce “trop loin”. En général, on le sait qu’on l’a dépassé et c’est trop tard…


  3. TZYACK Le 28 juin 2012 à 05h48
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    Séparer l’or des principales devises montrerait que les Q.E. créent de la monnaie centrale qui est peu après  ”détruite” par l’économie réelle !


  4. DAN Le 28 juin 2012 à 07h09
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    Cette étude nous montre sans ambiguité que la Chine est devenu en un quart de siècle ” l’atelier du monde” c’est à dire qu’elle exporte massivement les produits de grande consommation vers bien sûr l’Europe et les USA et le reste du monde. Le résultat de ce déséquilibre : c’est le déclin industriel de l’Europe et son appauvrissement avec pour couronner le tout la crise que nous connaissons. Toutefois , fatalement la crise économique des pays importateurs auront un impact sur l’activité manufacturière et industrielle de la Chine qui subira  le déclin par diminution des exportations et la perte de valeur des devises accumulées comme par exemple le dollar, d’ou leur appétit pour l’or.


  5. CLAUDE Le 28 juin 2012 à 07h09
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    150 Md$ pour les USA me semble très bas : donc soit dans les mois qui viennent les USA font encore tourner la planche à billets ou ils améliorent grandement leur balance des paiements via leurs exportations ou via un l’émission de T bonds achetés par l’étranger ou enfin la vente massive d’actifs à l’étranger.
    Excellent sujet. Merci


  6. orgent Le 28 juin 2012 à 08h38
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    Imaginons un conflit mondial avec d’un côté l’OTAN et ses satellites européens, et de l’autre Iran-Russie-Chine-Inde et autres BRICS. On peut imaginer que la Chine cesserait de livrer ses produits manufacturés à l’Occident, obligeant l’Europe et les US à se réindustrialiser en catastrophe. Mais dans un tel contexte délétère, quel serait le pouvoir de nuisance de la Chine avec ses réserves de change si elle en inondait le marché occidental via des pays « neutres » ?


    • chris06 Le 28 juin 2012 à 10h45
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      Il est fort difficile d’envisager quelles seraient les conséquences d’un conflit mondial tel que vous l’imaginez. Si on regarde l’expérience des deux précédents conflits mondiaux, les marchés ne continuent pas de fonctionner comme si de rien n’était. La convertibilité des monnaies est suspendue, les marchés sont cloisonnés, etc… et il est fort improbable que la Chine puisse inonder les marchés occidentaux dans de telles conditions.

      M’est d’avis qu’en cas d’un tel conflit mondial les réserves de change de la Chine seront le cadet de nos soucis, mais rassurez vous,  on en aura beaucoup d’autres… de soucis.


  7. Incognitototo Le 28 juin 2012 à 10h45
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    C’est inexact de dire que la Chine est “entrée dans l’OMC“, depuis 1995 ; il manque une précision importante… En réalité, elle bénéficie d’un régime dérogatoire qui lui permet de n’appliquer aucune des règles communes sur le libre-échange (commercial et financier) et la fixation de la valeur de sa monnaie !!!…
    Par ailleurs, la Chine est un des rares pays à ne strictement rien publier sur ses comptes publics (tout ce que nous connaissons sur elle, sont des extrapolations), ainsi que sur l’utilisation qu’elle fait de ses réserves de change ; tandis que tous ses placements et investissements passent par des places off-shore et des fonds d’investissement occultes…

    Étonnant, que le Monde (à l’exception notable du Brésil qui bataille seul à l’OMC) accepte de telles conditions léonines… un mystère qui avait sa justification quand la Chine mourrait de faim, mais qui aujourd’hui n’a plus de sens…

    P.-S. : j’aurais bien aimé avoir un comparatif entre l’évolution des réserves de change et le PIB mondial, juste histoire de voir, si la TQM fonctionne encore…


    • chris06 Le 28 juin 2012 à 10h57
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      bien dit!


  8. Patrick Luder Le 28 juin 2012 à 11h00
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    Remarquez, qu’au premier abord,
    il faut quand même être un peu dérangé
    pour vouloir acheter de la dette …

    Messieurs Dames,
    J’ai plein de dettes à vendre …
     …  qui veut me les acheter ?

    Ah ben zut alors, si ça ne marche pas,
    c’est que je n’ai pas assez de dettes ? 


    • chris06 Le 28 juin 2012 à 11h43
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      Acheter de la dette = prêter de l’argent

      Petit retour historique

      Code de Hammurabi, Babylone, il y a 3750 ans

      Y sont définis les lois et conditions relatives au prêt d’argent

      Ils étaient vraiment dérangés, ces Babyloniens! [Modéré]


      • Patrick Luder Le 28 juin 2012 à 14h07
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        Un prêt à une relation directe entre un objet, le prêteur et le débiteur, donc avec des conditions connues et une garantie sur l’objet. L’objet du prêt prend autant d’importance que la solvabilité du débiteur. Prêteur et débiteur ont donc conscience de tous les enjeux.
          
        Dans un achat de dette, tous ces liens sont rompus, seule la dette à de la (non-) valeur. Et le seul fait qu’elle soit issue d’un Etat ou d’une banque ne garantis en rien, ni la justification de la dette (un actif comme vous dites) ni sa solvabilité.


        • chris06 Le 29 juin 2012 à 07h22
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          Je dois être retardé mais je ne comprends toujours pas pour quoi acheter la dette de X (particulier, entreprise ou administ. publiques) c’est être retardé mais prêter de l’argent à X, ce ne l’est pas? A priori, il n’y a pas de raisons pour lesquelles les garanties sur “l’objet” ou la solvabilité de l’emprunteur X soient plus garanties dans un cas que dans l’autre ou que les “enjeux” soient mieux connus.


          • Patrick Luder Le 29 juin 2012 à 09h59
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            Le résultat est pourtant bien visible maintenant : des montagnes de dettes qui ne s’accrochent plus à rien de réel … on joue avec les dettes comme on joue avec les actions, c’est juste devenu du grand casino !


          • chris06 Le 29 juin 2012 à 10h22
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            oui mais dans l’absolu c’est pas acheter des dettes qui est dérangé, mais croire que les dettes peuvent croître jusqu’à l’infini

            “ on joue avec les dettes comme on joue avec les actions”

            donc si je te comprends bien, acheter des dettes ou des actions, c’est être dérangé? 

            Et puis, on peut pas mettre tous les comportements de ceux qui achètent des dettes ou des actions dans le même sac, certains le font pour le long terme, d’autres jouent avec ça comme au casino.


          • Patrick Luder Le 29 juin 2012 à 13h59
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            OUI c’est mon avis !
              
            Rien ne sert de se voiler la face, nous sommes en plein dans cette réalité : faire de l’argent avec l’argent (sous toutes ses formes) conduit à des dérives complètement folles => c’est le détournement de toutes les richesses, au profit pécunier de quelques uns.
              
            Tous ces problèmes n’existeraient pas (pauvreté extrême / perte d’une vie entière de travail / inégalités de travail / excès de dettes ou excès de fortune / etc.) je disais donc, tous ces problèmes n’existeraient pas si la monnaie était au plein service (gratuit) de l’humanité. Nous sommes dans un monde ou l’humanité entière s’est mise au service de la monnaie, avec l’imbécile espoir que chacun pourra en profiter un petit bout, chacun un peu plus que son voisin.
              
            Je connais beaucoup de personnes qui ont naturellement et inconsciemment (instinctivement) cette retenue “Attention, là tu joue avec l’argent des autres!” et par cette simple pensée (souvent même pas exprimée) changent leurs mode de fonctionnement et prennent d’autres options.
              
            OUI donc, j’espère un monde ou le simple fait de faire de l’argent avec l’argent soit dénoncé et condamné.
              
            C’est excessif ? => Peut-être mais pas autant que les fortunes colossales et les dettes abyssales dont on ne peut même plus se représenter les sommes !
              


  9. Benjamin Franklin Le 28 juin 2012 à 12h31
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    On retrouve un peu ici les mêmes problématiques que pour l’eurozone.

    Le déséquilibre commercial Asie-USA étant soldé par des créances (la base des réserves de change, à part l’or), il est logique que les réserves de change chinoises et des autres émergents explosent.

    Maintenant, si on essaie de voir la chose d’un point de vue non mercantiliste :
    la balance commerciale est équivalente à la balance des paiements courants. Ca veut dire qu’un pays déficitaire reçoit des investissements, et un pays excédentaire en émet.

    Dans un pays à forte croissance, typiquement en phase de rattrapage économique, les besoins en investissements et la rentabilité du capital sont souvent importants.  Cet attrait sera partiellement modéré par la fiabilité du système bancaire et juridique du pays, qui est un élément de risque. Le pays va donc attirer les capitaux étrangers, et présenter un déficit commercial, qui sera parfaitement sain. C’était le cas des pays émergents dans les années 70-80.

    Mais cette rentabilité élevée du capital ne dure pas éternellement, et va décroissante avec la progression du rattrapage. C’est là encore parfaitement normal. Comme le faisait remarquer en substance Krugman à la veille de la crise asiatique de 1997 (à l’époque il disait des choses sensées), la rentabilité du capital va décroissant avec son accumulation, pour maintenir une forte rentabilité il faut un accroissement de la productivité des facteurs, qui n’est pas illimitée. En gros, on ne peut pas trouver à l’infini des bons placements à un instant t.

    La réduction progressive de la rentabilité des placements d’un pays émergent devrait donc se traduire par la dévaluation progressive de sa monnaie, qui attirera de moins en moins les investisseurs, et à terme signifiera la réduction du déficit commercial.

    Avant la crise asiatique de 1997, les taux de changes asiatiques étaient cependant fixés par les pouvoirs publics. Les émergents asiatiques ayant surévalué leurs monnaies, ils accumulèrent un déficit commercial malsain, qui s’accumula dans des bulles immobilières.

    Suite à la crise, les pays asiatiques sont partis dans l’excès inverse : ils ont sous-évalué leurs monnaies, et vu de ce fait leurs excédents commerciaux et leurs réserves de change exploser. Cette fuite d’épargne est partie nourrir la bulle immobilière américaine.

    Qu’en retenir ? Que dans un monde où les taux de change et les taux d’intérêts n’étaient pas manipulés par les banques centrales, la Chine présenterait un déficit commercial (normal vu ses besoins en investissements) et les USA un excédent (normal aussi pour un pays fortement développé). Et que la réduction actuellement en cours de l’excédent commercial chinois est une bonne nouvelle pour les chinois (à condition aussi qu’ils épurent et libèrent leur secteur bancaire gangrené par la corruption et entièrement soumis au parti à l’heure actuelle), qui verront leur épargne servir leur développement à eux, et pas à des subprimes.


    • Mat Le 28 juin 2012 à 13h08
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      Pardon ?
      La crise asiatique est la faute des pays en question de part leur mauvaise gestion des taux d’intérêts ? Ce n’est bien entendu pas relié du tout à la libre circulation des capitaux, qui a permis des investissements sauvages qui ont gonflé une bulle et qui sont repartis aussi sec lorsque la bulle a éclaté. Non bien entendu. Je pense surtout que les pays asiatiques ont essayé de gérer comme ils ont pu mais étaient mains liées face à cette liberté de circulation des capitaux.
       
      Les USA devrait être en excédent commercial ? Oui je le pense aussi, ce serait plus juste. Mais c’est clairement pas le cas et à dessein. Cela permet d’acheter le monde avec des dollars fraichement imprimés qui reviennent aussi sec aux USA sous forme d’épargne. Très bon moyen de vivre à crédit sur le dos du monde et ça fait 50 ans que ça dure mais on arrive au bout tout doucement…
       
      Ce que je retiens moi, c’est plutôt que tout cela est plus une question de rapports de force que de bien pensance économique dans un monde où tout le monde agirait pour garantir un équilibre.


      • Benjamin Franklin Le 28 juin 2012 à 14h02
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        Ba oui, les pays asiatiques sont responsables de la crise de 97.

        Parce que s’ils n’avaient pas surévalué leur monnaie, jamais les investissements sauvages ne se seraient déversés chez eux pour créer une bulle.

        C’est aussi simple et dur que ça.

        Les USA peuvent imprimer tous les dollars qu’ils veulent, leur déficit commercial n’est possible que parce que le parti communiste chinois le veut bien. si le PCC n’avait pas sous-évalué le yuan pendant presque une décennie, il n’y aurait pas eu d’excédent commercial chinois.

        Ah, et les dollars fraîchement imprimés ne reviennent pas aux USA sous forme d’épargne. Ils vont dans les coffres du trésor chinois.


        • Mat Le 28 juin 2012 à 14h10
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          Bon peut-être, je ne suis pas spécialiste de la crise asiatique, il y a peut-être eu des erreurs de leur part…

          Ah, et les dollars fraîchement imprimés ne reviennent pas aux USA sous forme d’épargne. Ils vont dans les coffres du trésor chinois.

          Par contre là, ce ne sont pas des dollars, mais justements des bonds du trésors qui ont été acheté avec les dollars. Une forme d’épargne donc. Me trompe-je ?


          • Benjamin Franklin Le 28 juin 2012 à 15h10
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            Dollars ou bonds du trésor US, fondamentalement c’est la même chose. Les bonds ne sont qu’une autre forme de monnaie, une créance, une promesse de remboursement dans l’avenir. Les chinois échangent leurs produits réels contre des créances américaines (en bonds plutôt qu’en monétaire pur d’ailleurs). Dans l’affaire, ce sont les chinois qui épargnent (ils placent leur richesse aux USA) et les américains qui s’endettent (ils sont sensés rembourser, ou en tous cas payer des intérêts sur les créances).


          • Mat Le 28 juin 2012 à 15h21
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            Dollars ou bonds du trésor US, fondamentalement c’est la même chose.
             

            Mouai… Moi je fais quand même la différence entre je possède 10 dollars et M Dupont me doit 10 dollars. Certes, le pouvoir d’achat associé aux 10 dollar que je possède peut varier de la même manière que la valeur de la créance que j’ai sur M Dupont. Certes je peux revendre la créance de M Dupont sur un marché pour avoir des dollars. Mais ce n’est pas la même chose.
             
            En fait, on peut considérer que c’est la même chose tant que tout va bien et qu’on est sûr que M Dupont va rembourser. Il n’y a pas si longtemps que ça, on disait que les bonds grecques, espagnoles… et les euros c’était la même chose. On trouvera plus grand monde aujourd’hui pour redire ça.


          • Benjamin Franklin Le 28 juin 2012 à 16h45
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            C’est tout le problème de la monnaie justement ! Même le dollar cash n’est qu’une reconnaissance de dette, dont la valeur dépend de la confiance des usagers envers le gouvernement américain.


      • Patrick Luder Le 28 juin 2012 à 14h39
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        @Benjamen :”Ayant surévalué leurs monnaies, ils accumulèrent un déficit commercial malsain, qui s’accumula dans des bulles immobilières.” /// “ils ont sous-évalué leurs monnaies, et vu de ce fait leurs excédents commerciaux et leurs réserves de change exploser. Cette fuite d’épargne est partie nourrir la bulle immobilière américaine.”
          
        Les bulles immobilières ne sont pas toujours liées aux balances commerciales, mais elles sont toujours dues à un excès spéculatif de construction (on construit plus que nécessaire), avec des causes toujours différentes. Pour les Américains, poussés par les banques cherchant à faire plus d’affaires. Pour les Espagnoles, construisant des villages entiers destinées à des retraités qui ne sont finalement pas venus en masse passer leur vieillesse dans cet Eldorado.
          
        Des explosions de prix comme en Suisse (Genève et Zürich) sont dus à un manque de terrain (villes non extensibles) et donc un trop grand manque de bâtiments. Ce ne sont pas des bulles car le problème est durable => on ne peut pas créer du terrain à construire (villes coincées entre lac et montagnes).
          
        En résumé, j’aimerais qu’il soit une fois compris ici que des immeubles trop chers peuvent très bien provenir d’un manque durable de bâtiments. Dans ce cas, ce ne sont pas des bulles mais des déséquilibres durables entre offre et demandes. Dans ce genre de cas, le seul moyen de faire baisser les prix et de décentraliser les industries et les entreprises (et donc les habitats qui vont avec) donc revoir entièrement l’urbanisme d’une région ou d’un pays.
          


        • Benjamin Franklin Le 28 juin 2012 à 16h41
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          Ah oui, il y a des endroits où les prix de l’immobilier sont naturellement élevés, à cause de leur localisation généralement.

          Mais ces endroits ne sont pas suffisamment nombreux pour expliquer des bulles d’ampleur nationale.

          Concernant les exemples que tu évoques d’ailleurs :
          -quand on manque de place en deux dimensions, on construit en hauteur. A Paris par exemple, il existe une loi débile qui interdit la construction au delà d’une certaine hauteur (37 m je crois). A 10 000€ le m², si la loi sautait, ça construirait partout, le parc de logement doublerait en 10 ans, et les prix baisseraient enfin.
          Alors c’est une question de choix architecturaux. Une ville-musée c’est bien pour des riches bobos, les pauvres ont des goûts plus pragmatiques.
          -comme tu dis, on peux déplacer les zones d’activités. Si le régulateur le permet. En Ile de France, si le plan d’occupation des sols était moins ubuesque, une grande zone d’activité se développerait rapidement dans l’Est de la région, là où les classes moyennes viennent s’installer pour des raisons de coût du logement justement. Mais non. Les régulateurs préfèrent que 2-3 millions de personnes s’entassent dans le RER tous les jours pour aller travailler à l’Ouest.


        • chris06 Le 29 juin 2012 à 07h09
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          @Patrick,

          “Les bulles immobilières ne sont pas toujours liées aux balances commerciales, mais elles sont toujours dues à un excès spéculatif de construction (on construit plus que nécessaire)”

          Pourquoi, si on construit plus que nécessaire, les prix augmentent ils?
          Un excès spéculatif de construction est plutôt la conséquence d’une bulle que la cause.

          Pour qu’il y ait bulle il faut deux choses (c’est vrai pour l’immobilier comme pour tout autre bien):

          1. un excès de liquidités
          2. des idées reçues qui perdurent (du genre, “la pierre est un placement sûr”, les prix ne peuvent que monter…) 

          Le fait qu’il y ait des endroits où l’offre est limitée (eg le centre de Paris ou Genève) explique pourquoi les prix y sont plus élevés qu’ailleurs, et le resteront sans doute pour longtemps, mais quand une bulle immobilière explose, ce sont bien tous les prix qui baissent, comme maintes fois démontré par le passé (et encore aujourd’hui : les prix dans le centre historique de Barcelone baissent tout autant qu’ailleurs en Espagne même s’ils restent toujours plus élevés qu’ailleurs).

          L’offre de logements à Paris a beau être limitée, une partie significative de ces logements sont des placements spéculatifs et, comme on va pouvoir s’en rendre compte maintenant que la bulle immobilière française est en train d’exploser, ceux qui ont placé de l’argent là dedans voudront s’en débarrasser, accélérant le mouvement inéluctable de chute des prix.

          Des biens dont le prix ne peuvent jamais baisser (je parle en termes réels bien sûr), ça n’existe pas, même à Genève ou Zürich. Ce qui existe, par contre, ce sont des idées reçues, des illusions qui perdurent, comme quoi le prix de quelque chose ne peut jamais baisser.
           


          • Benjamin Franklin Le 29 juin 2012 à 08h39
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            Tout à fait d’accord.
            J’ajouterais que pour qu’une bulle grossisse vraiment, il faut en plus rationner l’offre. Généralement par diverses mesures réglementaires stupides.

            Aux Etats-Unis par exemple, les subprimes (l’excès de liquidités) se sont déversées partout, mais les prix immobiliers ne se sont vraiment envolés que dans certaines régions et certaines métropoles. Qui étaient bizarrement celles où il était le plus compliqué, le plus lent ou le plus coûteux d’obtenir un permis de construction.


          • Patrick Luder Le 29 juin 2012 à 10h06
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            chris et Benjamen,

            Là ou on ne se comprend pas c’est que le spéculatif n’a rien à faire dans l’immobilier. Comme son nom l’indique, l’immobilier est destiné à la très longue durée et ne devrait pas pouvoir être servis juste comme achat-vente avec bénéfice (ou perte).

            Je vous signale encore une fois que le prix de la construction n’a pas de marge ni aucun élasticité (sauf pour le terrain), les matériaux sont à prix plus ou moins fermes, la main-d’oeuvre soumis à convention, donc avec des prix très serrés.

            D’ailleurs certains pays interdisent toute spéculation … ou essaient de le freiner au maximum, par exemple avec de fortes taxes à la revente dans les cinq ans.  


          • chris06 Le 29 juin 2012 à 10h54
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            @patrick,

            que tu dises “le spéculatif ne devrait rien avoir à faire dans l’immobilier”, c’est une chose (ça suppose la mise en place de nombreuses mesures qui ne sont pas en place aujourd’hui et qui seront difficiles à contrôler, mais bon, c’est un point de vue qui est tout à fait défendable) mais en attendant, le marché immobilier est tout aussi spéculatif qu’un autre.

            “(sauf pour le terrain)”
            comme je l’ai déjà indiqué ailleurs, la majeure partie de la spéculation immobilière qui a conduit aux bulles qui explosent un peu partout dans le monde aujourd’hui a eu lieu dans le foncier. 

            “D’ailleurs certains pays interdisent toute spéculation”
            ah oui? Lesquels? 


          • Patrick Luder Le 29 juin 2012 à 14h17
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            C’est la même dérive que cet autre post. Si j’achète ou je construis un immeuble, c’est pour y vivre ou y exercer une activité. Celui qui achète un immeuble seulement pour spéculer est déjà dans une dérive humaine vouée à l’argent!
              
            Pour ta question (recherche rapide, j’ai pas affiné) : Chine link to lexpress.fr  //  Allemagne link to base.d-p-h.info  //  France link to luciole.unblog.fr  //  Suisse link to swissinfo.ch
              


  10. carlos Le 28 juin 2012 à 13h08
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    Si on présente les réserves de changes par pays, on pourrait constater que les pays “riches” n’accumulent pas de réserves; et les pays du BRIC ont des réserves. Pourquoi? Simplement parce qu’un pays comme les USA, tout comme les pays de la zone euro, ont la confiance des marchés et les BRICs n’ont pas cette confiance et donc ont besoin de réserves pour s’acheter cette “confiance”. Ce qui veut dire que la “question des réserves” est aussi de nature politique, pour ne pas dire militiare. Pour illustrer cela, je  prends l’exemple des réserves des pays du golfe. Ces pays ont-ils la liberté d’investir leurs réserves en chine, en Russie ou au Brésil. Certainement pas… et pour cause: ils n’ont pas d’autonomie  économico-financière parce qu’ils n’ont pas d’autonomie de défense. De fait, ils dépendent des USA. Deuxième exemple: Michel a proposé de désactiver les sous-marins nuclaires français pour économiser 3,5 Md Euros. Réponse du gouvernement (+ de la droite): pas question… ça nous pourrait garantir notre liberté et assurer la paix dans le monde… Il ya a de quoi rire!!!!


  11. carlos Le 28 juin 2012 à 13h15
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    Si on présente les réserves de changes par pays, on pourrait constater que les pays “riches” n’accumulent pas de réserves; et les pays du BRIC ont des réserves. Pourquoi? Simplement parce qu’un pays comme les USA, tout comme les pays de la zone euro, ont la confiance des marchés et donc ils peuvent imprimer de la monnaie sous toutes ses formes; alors que les BRICs n’ont pas cette “confiance” et donc ont besoin de réserves pour s’acheter cette “confiance” (car personne ne veut de leurs monnaies!!!). Ce qui veut dire que la “question des réserves” est aussi de nature politique, pour ne pas dire militaire. Pour illustrer cela, je  prends l’exemple des réserves des pays du golfe. Ces pays ont-ils la liberté d’investir leurs réserves en chine, en Russie ou au Brésil. Certainement pas… et pour cause: ils n’ont pas d’autonomie  économico-financière pour cela… et aussi parce qu’ils n’ont pas d’autonomie de défense. De fait, ils dépendent des USA pour leur sécurité. Deuxième exemple: Michel Rocard a proposé de désactiver les sous-marins nuclaires français pour économiser 3,5 Md Euros. Réponse du gouvernement (+ de la droite + ttes gauches confondues): pas question… ça nous pourrait garantir notre liberté et assurer la paix dans le monde… Il ya a de quoi rire!!!!


  12. Mat Le 28 juin 2012 à 14h06
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    Tout à fait d’accord, la seule façon pour qu’un pays fasse de sa monnaie, la monnaie de référence mondiale, c’est d’avoir une balance des paiements négatives, pour que la monnaie sorte justement du pays et aille dans le monde.
     
    Je réagissais plutôt sur l’aspect “juste” ou “va dans le sens d’un équilbrage des économies”. Et ce n’est pas “juste” qu’un pays seul émette la monnaie mondiale. Une solution de type BANCOR permettrait ce genre d’équilibrage où le dollar ne serait qu’une monnaie parmi celles qui composeraient le panier de monnaies. A ce moment là, la balance des paiements négatives des USA ne seraient plus une nécessité et au contraire un handicap, mais bon c’est un tout autre sujet et encore de la fiction (quoique…).


  13. Benjamin Franklin Le 28 juin 2012 à 15h08
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    @Olivier
    Pas forcément. Les réserves de change portent sur des déséquilibres commerciaux accumulés, la balance commerciale n’est qu’un instantané. Même si les USA repassent en excédent commercial, il faudrait un certain temps pour que l’excédent solde toutes les créances passées.

    @Mat
    C’est simple à obtenir : il suffirait que les autres pays cessent d’acheter des créances américaines. La puissance géopolitique et économique américaine fait que le dollar reste une valeur sûr. Mais ça peut ne pas durer. Les achats frénétiques d’or par les banques centrales de toute la planète sont très sûrement une anticipation de la dégradation du dollar comme valeur refuge.


  14. Yves Le 28 juin 2012 à 20h40
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    Merci, très intéressant. Un avis Olivier sur le prix de l’or quand on sera au plus fort de la crise monétaire ? Actuellement, le salaire moyen français correspond à 40g d’or … Avez-vous la possibilité de connaître le prix de l’or exprimé en salaire moyen sur une très longue période pour la France ou les US (perspective historique).


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