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17.septembre.201617.9.2016 // Les Crises

14 novembre 2005 : Discours du Président de la République

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14 novembre 2005 – Jacques Chirac réagit aux émeutes dans les banlieues…

C’est pour les plus jeunes : au moins, ils verront qu’un Président, ça peut être comme ça aussi…

(Bien entendu, cela aurait été mieux si les annonces du discours avait pu prendre forme, mais Sarkozy est arrivé un peu plus d’un an après… Mais dans tous les cas, à certains moments, certains mots sont fondamentaux et apaisent…)

Ben dis-donc, il a bien pris le pays depuis… 🙁

“Mes chers compatriotes,

Les événements que nous venons de vivre sont graves. Ils ont entraîné des drames humains et des pertes matérielles considérables. La justice est saisie : elle fera toute la lumière, elle sera sans faiblesse. Les procédures d’indemnisation seront accélérées. A toutes les victimes, à leurs familles, je veux dire ma peine et la solidarité de la nation tout entière.

Ces événements témoignent d’un malaise profond. Certains ont provoqué des incendies dans les quartiers mêmes où ils habitent, ils ont brûlé les voitures de leurs voisins, de leurs proches, ils s’en sont pris à leurs écoles, à leurs gymnases.

C’est une crise de sens, une crise de repères, c’est une crise d’identité.

Nous y répondrons en étant fermes, en étant justes, en étant fidèles aux valeurs de la France.

Face aux violences des dernières semaines, face aux souffrances et aux difficultés de tant de nos concitoyens, notamment parmi les plus vulnérables, la première nécessité, c’est de rétablir l’ordre public. J’ai donné au gouvernement les moyens d’agir. J’ai notamment décidé de proposer au Parlement de proroger, pour une durée limitée, l’application de la loi du 3 avril 1955. Ceux qui s’attaquent aux biens et aux personnes doivent savoir qu’en République on ne viole pas la loi sans être appréhendé, poursuivi et sanctionné. Et je veux rendre hommage aux forces de l’ordre, aux policiers, aux gendarmes, aux pompiers, aux maires et aux élus, aux magistrats, aux travailleurs sociaux, aux enseignants, aux associations qui se sont mobilisés pour ramener le calme et la tranquillité. Ils font honneur à la République.

Des problèmes, des difficultés, beaucoup de Français en ont. Mais la violence ne règle jamais rien. Quand on appartient à notre communauté nationale, on en respecte les règles.
Les enfants, les adolescents ont besoin de valeurs, de repères. L’autorité parentale est capitale. Les familles doivent prendre toute leur responsabilité. Celles qui s’y refusent doivent être sanctionnées, comme la loi le prévoit. Celles qui connaissent de grandes difficultés doivent en revanche être activement soutenues.

Ce qui est en jeu c’est le respect de la loi mais aussi la réussite de notre politique d’intégration. Il faut être strict dans l’application des règles du regroupement familial. Il faut renforcer la lutte contre l’immigration irrégulière et les trafics qu’elle génère. Il faut intensifier l’action contre les filières de travail clandestin, cette forme moderne de l’esclavage.

Mais l’adhésion à la loi et aux valeurs de la République passe nécessairement par la justice, la fraternité, la générosité. C’est ce qui fait que l’on appartient à une communauté nationale. C’est dans les mots et les regards, avec le cœur et dans les faits, que se marque le respect auquel chacun a droit. Et je veux dire aux enfants des quartiers difficiles, quelles que soient leurs origines, qu’ils sont tous les filles et les fils de la République.

Nous ne construirons rien de durable sans le respect. Nous ne construirons rien de durable si nous laissons monter, d’où qu’ils viennent, le racisme, l’intolérance, l’injure, l’outrage.

Nous ne construirons rien de durable sans combattre ce poison pour la société que sont les discriminations.

Nous ne construirons rien de durable si nous ne reconnaissons pas et n’assumons pas la diversité de la société française. Elle est inscrite dans notre Histoire. C’est une richesse et c’est une force.

Mes chers compatriotes, le devoir de la République, c’est d‘offrir partout et à chacun les mêmes chances. Grâce à l’école, grâce au travail des enseignants, un nombre considérable de jeunes issus des quartiers difficiles réussissent dans tous les domaines. Mais certains territoires cumulent trop de handicaps, trop de difficultés. Des territoires confrontés à la violence et au trafic. Des territoires où le chômage est massif et l’urbanisme inhumain. Des territoires où des enfants sont déscolarisés, où trop de jeunes peinent à trouver un emploi, même lorsqu’ils ont réussi leurs études.

Aux racines des événements que nous venons de vivre, il y a évidemment cette situation.

Nous sommes à l’œuvre pour y répondre. Beaucoup a déjà été entrepris : les zones franches urbaines pour ramener de l’emploi dans les quartiers ; le plan de rénovation urbaine pour remplacer les barres et les tours par un habitat plus humain ; le plan de cohésion sociale pour lever un à un les handicaps dont souffrent les plus vulnérables ; des mesures fortes pour permettre aux familles surendettées de s’en sortir ; le contrat d’accueil et d’intégration. La loi sur l’école entre en application : elle donnera à chaque élève les moyens d’acquérir le socle des connaissances indispensables et permettra de lutter plus efficacement contre le fléau de l’illettrisme.

Et le gouvernement vient de prendre des décisions nouvelles pour aider davantage les personnes et les territoires qui ont moins d’atouts que les autres.

Sachez que cette volonté politique et cet engagement financier majeur de la France sont sans précédent. Ils commencent à apporter des réponses aux problèmes des quartiers difficiles. Mais il s’agit nécessairement d’un effort de longue haleine.

Cependant, mes chers compatriotes, nous ne changerons pas les choses en profondeur sans l’engagement de chacun. Sans une profonde évolution des esprits.

Nous appartenons à une grande Nation, par son Histoire, mais aussi par les principes sur lesquels elle est fondée. Une Nation qui rayonne dans le monde.

Et ce soir je veux dire aux Françaises et aux Français, et plus particulièrement aux plus jeunes, que par delà les doutes et les difficultés que chacun peut connaître, nous devons tous être fiers d’appartenir à une communauté qui a la volonté de faire vivre les principes d’égalité et de solidarité, et qui fait pour cela des efforts considérables. C’est une chance d’appartenir à la communauté française. Chacun doit en avoir conscience et agir en conséquence.

Mais je veux dire aussi à tous les Français que pour que ce modèle singulier continue à vivre, pour qu’il garde toute sa force, nous ne pouvons transiger avec certains principes.

Nous le savons bien, les discriminations sapent les fondements même de notre République. Une Haute autorité de lutte contre les discriminations a été créée. Ses pouvoirs sont considérables, puisqu’elle pourra désormais infliger des sanctions. Mais ne nous y trompons pas. Ce combat ne pourra être gagné que si chacune et chacun d’entre nous s’y engage vraiment et personnellement.

Les entreprises et les organisations syndicales doivent se mobiliser aussi sur la question essentielle de la diversité et de l’emploi des jeunes issus des quartiers en difficulté. Il n’est pas question d’entrer dans la logique des quotas, qui montre en quelque sorte du doigt ceux qui en bénéficient et qui est injuste pour ceux qui n’y ont pas droit. Il s’agit de donner aux jeunes les mêmes chances face à l’emploi. Combien de Curriculum Vitae passent encore à la corbeille en raison du nom ou de l’adresse de l’intéressé ? Je rencontrerai sur cette question les représentants des partenaires sociaux dans les prochains jours.

Pour mieux aider les jeunes, notamment les jeunes en difficulté, à aller vers l’emploi, j’ai décidé de créer un service civil volontaire, associant accompagnement et formation. Il concernera 50.000 jeunes en 2007.

J’appelle aussi tous les représentants des communes à respecter la loi qui leur impose d’avoir 20 % au moins de logements sociaux. Oh, j’ai conscience des difficultés. Mais on ne sortira pas de la situation actuelle, si l’on ne met pas en cohérence les discours et les actes.

Je rencontrerai également l’ensemble des responsables de l’audiovisuel. Les médias doivent mieux refléter la réalité française d’aujourd’hui.

Et j’invite les chefs des partis politiques à prendre leur part de responsabilité : les élus, la représentation nationale doivent eux aussi refléter la diversité de la France. C’est une exigence pour faire vivre notre démocratie.

Mes chers compatriotes, soyons lucides. Soyons courageux. Sachons tirer toutes les leçons de cette crise. Chacun doit respecter les règles, chacun doit savoir que l’on ne viole pas impunément la loi. Mais sachons aussi nous rassembler pour agir dans la fidélité aux principes qui font la France : la communauté nationale tout entière en sortira meilleure et plus forte.

Et vous pouvez compter sur ma détermination.

Vive la République ! Vive la France !”

chirac-14-11-2005

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sissa // 17.09.2016 à 06h54

C’est cela qui est fou avec la situation actuelle: à côté des ses successeurs, même Chirac apparaît comme un homme d’état.
L’histoire de la cinquième république semble se résumer à la détérioration inexorable du personnel politique, en particulier les présidents.

33 réactions et commentaires

  • sissa // 17.09.2016 à 06h54

    C’est cela qui est fou avec la situation actuelle: à côté des ses successeurs, même Chirac apparaît comme un homme d’état.
    L’histoire de la cinquième république semble se résumer à la détérioration inexorable du personnel politique, en particulier les présidents.

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    • Django // 17.09.2016 à 08h28

      Pourtant ce n’est que la partie immergée de l’iceberg. Mais ce qui est bizarre, c’est qu’en fait, ce sont toujours les mêmes depuis 40 ans que l’on voit et entends, non ? juppé, conbendit, sarkozy, mélenchon,hollande, et bien d’autres : ils sont dans les couloirs du pouvoir depuis longtemps…
      Ce n’est pas comme si c’était “du tout neuf” à chaque élection…

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      • Toussi toussa // 17.09.2016 à 16h24

        Mais la famille Le Pen n’est pas vraiment tombée de la dernière pluie !
        https://fr.wikipedia.org/wiki/Front_national_(parti_fran%C3%A7ais)

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        • triari // 20.09.2016 à 21h21

          Ha ? Les Lepen ont participé à un gouvernement ?

          Non pas que je les porte particulièrement dans mon cœur, mais sachons ne pas dire de contre-vérité.

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      • Raskolnikov // 20.09.2016 à 08h04

        Tout ceci est logique. Nous avons tout simplement laisse plus de pouvoir a l’UE. Meme Chirac ne pouvait plus que faire de beaux discours.
        U

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    • Alain Cavaillé // 17.09.2016 à 09h33

      Et par là-même de la France…mais en évoquant les “logements sociaux”, il le savait déjà !

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  • Babar // 17.09.2016 à 07h18

    Un beau discours c’est vrai; il y en eût d’autres sous Chirac par exemple celui de Villepin devant l’ONU pour désolidariser la France de la coalition qui va déclencher l’invasion de l’Irak. Mais il y a aussi eu le discours sur “le bruit et l’odeur” (je résume): le ressenti du français de souche voisin d’une famille issue de l’immigration…
    Chirac est un homme politique comme beaucoup d’autres, il est différent quand approchent les élections, il est différent selon les interlocuteurs, il est différent dans ses mots et dans ses actes. Ce n’est bien sûr pas spécifique des hommes politiques et tous les hommes politiques ne sont pas ainsi mais cela reste un comportement basique dans la vie politique.

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    • visiteur // 17.09.2016 à 17h42

      Les discours des hommes politiques sont généralement produits par une équipe qui travaille en coulisses (les “speech writers”), et leurs termes soigneusement pesés (ce qui est compréhensible, vu les possibles conséquences politiques ou diplomatiques).

      Alors, combien de Chirac dans ce discours de Chirac, combien de Villepin dans le discours de Villepin ? Ces deux discours furent-ils remarquables précisément parce que leurs orateurs ont passé outre les précautions d’usage de leurs “nègres” pour y mettre du leur ?

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      • Rémi // 17.09.2016 à 20h27

        Oui et non un discours est assumé par celui qui le signe. Donc 100% Chirac ou Villepin.
        Les speech writer ne font que fournire une aide á la rédaction dans la direction que l’on leur demande.
        Après, je suis d’accord sans eux la qualité des discours serait plus basse. Quoique. Certains conseillés, suivez mon Buisson, parviennent un peser dans un sens plus bas.

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    • V_Parlier // 19.09.2016 à 22h59

      A l’époque on lui reprochait d’user trop des mots: “fermeté”, “justice”, “sanctions”, etc… Et j’entendais même: “Oh ce Chirac trop sécuritaire, qu’il est dangereux!”. Sa marge de manoeuvre était donc assez réduite (et déjà sur le volet économique aussi, d’ailleurs). Aujourd’hui je comprends donc pourquoi le problème s’est multiplié et pourquoi tout le monde trouve ce discours si doux et sage à présent. (En bref: Il aurait juste fallu joindre les actes à la parole).

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  • Nerouiev // 17.09.2016 à 07h55

    Il suffit de regarder qui sont leurs maîtres outre Atlantique et ça n’a pas l’air de vouloir s’arranger pour l’avenir. L’Occident se meurt inexorablement, le modèle est ailleurs.

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  • Homère d’Allore // 17.09.2016 à 08h49

    Beau discours de Jacques Chirac.

    Mais les actes ont-ils suivi ? Bien au contraire.

    Le ministre de l’intérieur de le l’époque, un certain Nicolas Sarkozy a, avec l’assentiment du Président de la République, permis à l’UOIF de contrôler de nombreuses associations dans les banlieues pour assurer “la paix civile”, c’est à dire la transformation des revendications sociales en revendications religieuses.

    C’est avant tout pour éviter une guerre sociale que les tensions sont deviées vers des problématiques religieuses censées être des dérivatifs. Mais ces dernières n’empêchent pas la violence, elles la transforment et lui donnent d’autres revendications.

    En revanche, ces revendications, culturelles et religieuses, souvent très réactionnaires, ont le mérite, pour les classes dominantes, d’être rejetées par la grande majorité de la population. Donc, cela rend impossible une action commune des pauvres contre celles ci.

    Si Zemmour a table ouverte dans les médias, c’est qu’il divise le camp des victimes des politiques économiques ordolibérales.

    Si Olivier Berruyer n’est plus du tout visible dans les mêmes médias, c’est strictement pour les raisons inverses.

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    • Olivier Berruyer // 17.09.2016 à 09h26

      “Beau discours de Jacques Chirac. Mais les actes ont-ils suivi ? Bien au contraire.”

      Oh bien sûr. Mais il y a des moments où même un seul discours est important.

      Et mon cas médiatique importe peu. Todd a été vomi l’année dernière, alors que son bouquin appelle à la paix civile. Zemmour c’est tout le contraire.

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      • Homère d’Allore // 17.09.2016 à 10h38

        En effet, le lynchage médiatique d’Emmanuel Todd a sans doute pour cause profonde, consciente chez certains mais inconsciente le plus souvent, qu’il pointe les véritables responsables en particulier l’alignement de notre politique économique sur celle de l’Allemagne via la monnaie unique.
        Politique privilégiant les détenteurs de patrimoine, le plus souvent âgés, au détriment de la jeunesse.

        Et son concept des MAZ (classes moyennes âgées catholiques zombies) est un miroir que certains veulent briser pour ne pas voir leur propre visage.

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    • marc // 17.09.2016 à 10h06

      voilà une bien bonne analyse je trouve

      “Si Zemmour a table ouverte dans les médias, c’est qu’il divise le camp des victimes des politiques économiques ordolibérales.”

      tout à fait d’accord, beaucoup de gens désapprouvent zemmour et cela va empêcher l’uniformité d’un vote contestataire massif front national à la prochaine présidentielle, c’est “diviser pour mieux régner”

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  • Balthazar // 17.09.2016 à 10h38

    Un homme d’Etat, un grand serviteur pendant plus de 40 ans au service de la nation, un rempart face à la Haine, “la maison brûle et je regarde ailleurs”… C’est beau, je croirais assister à l’eulogie de cet autre grand serviteur de l’Etat, le grand Charles.
    40 ans de leur politique, voilà le résultat.
    Heureusement qu’ils avaient et ont un programme économique hein, sinon qu’est ce que ce serait!
    Hommage aux 6 millions de gens qui ont refusé de participer à leur programme économique.
    Heureusement qu’ils apaisent et intègrent, sinon ….
    Hommage à la France, en mode Liban depuis 2001.
    Heureusement qu’ils exportent nos valeurs à l’étranger, dans toutes ces dictatures fascistes.
    Le monde est plus sûr, plus heureux grace à eux.
    Moi, president, je…

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  • HP // 17.09.2016 à 10h57

    A propos de l’homme Jacques Chirac, ses propos sont très certainement sincères. Chaque fois que le chargé de relation de l’Armée du Salut venait le rencontrer à la mairie de Paris pour lui demander de l’aide en faveur de tels ou tels déshérités, il trouvait toujours porte ouverte. Jacques Chirac sortait alors son carnet de chèques sans en faire la moindre publicité.
    L’action politique est un autre champ, où il y a souvent loin entre les idéaux personnels et ce que les rapports de force permettent de réaliser. Au moins n’aurons-nous pas eu honte de lui à l’échelle internationale ; il n’a pas, à l’inverse de ses successeurs, bradé l’honneur collectif par calcul ou pusillanime. A ce titre, il rejoint de grandes figures de notre histoire, de ces chefs d’état qui ne sortaient pas d’écoles de commerce ou du droit des affaires. Une page est tournée.

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  • Krystyna Hawrot // 17.09.2016 à 11h01

    Ca fait drôle d’entendre ce discours 10 ans après. Chirac, ce qui est positif pour lui est qu’il y a ses beaux discours qui restent et pas ses actes qui étaient plus que notoirement insuffisants. Rappelez vous des “raffarinades” qui valent bien Macron… A l’époque Chirac venait de s’assoir sur le vote des Français qui venaient de refuser le TCE… en faisant très bien le lien entre l’Union Européenne, la directive Bolkestein et les délocalisations! J’ai fait un certains nombres de débats à l’époque dans toute la France et j’ai bien vu que les gens avaient bien compris. Et que fait Chirac? Le CPE pour “donner l’emploi” aux discriminés de banlieue! Le problème est qu’il aurait fallu remettre en cause l”ultralibéralisme et massivement investir dans l’industrie et dans l’éducation! Jamais je n’ai pu trouver d’emploi de prof à l’époque car déjà on n’embauchait personne! On décourageait les volontaires d’entrer dans l’Education Nationale! L’Etat s’appuyait sur les bénévoles dans le secteur associatif! Alors nonobstant les discours, nous payons 20 ans d’absence d’investissement.

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  • Catalina // 17.09.2016 à 11h35

    Je vous soumet un site que je trouve bien intéressant, chacun se fera son opinion.

    “Le Système est une usine à gaz complètement inefficace, qui prend eau de toutes parts, qui est incapable d’assurer sa propre protection, et qui cherche des boucs émissaires pour camoufler son incompétence, son inefficacité et sa paralysie “.

    http://lachute.over-blog.com/article-nouvelles-du-beau-bordel-planetaire-62671289.html

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  • Girault // 17.09.2016 à 13h03

    Comme ce discours résonne maintenant! Face à ceux qui disent que rien n’a été fait, je soulignerais le fait que moins d’un an après s’ouvrait la campagne électorale de 2007 mettant Sarko au pouvoir et qu’il n’a pas eu le temps de continuer les réformes cohérentes avec son discours.
    A l’avis général de tous ceux qui l’ont approché, le Pdt Chirac était humain. Il aimait le populo. Il était attaché à l’idée du pacte républicain. C’est lui qui a reconnu la responsabilité de la France dans les crimes de Vichy et honoré la mémoire des Justes. Il est également à la source du principe de précaution dans la constitution ainsi que la création du Samu Social. Pour l’Irak tout le monde sait. Politiquement, je n’étais pas de son bord. Mais je sais reconnaître les qualités d’un opposant. Il n’avait pas cette froideur reptilienne de nos dirigeants actuels. C’était un homme.

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  • Girault // 17.09.2016 à 13h13

    Une autre facette de cet homme que l’on caricaturait volontiers en beauf avec bière choucroute et survet :
    http://culturebox.francetvinfo.fr/le-blog-de-thierry-hay/2016/06/21/exposition-jacques-chirac-au-musee-du-quai-branly-la-passion-des-arts-lointains.html
    De mon point de vue, un piètre politique, mais ceci (cf le post précédent) explique peut-être cela. Son discours nous fait prendre la mesure des dérives actuelles. Merci pour ce rappel.

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  • Chris // 17.09.2016 à 13h37

    De fait, Chirac était un vrai socialiste, fourvoyé à la droite, tout comme Mitterrand était de droite fourvoyé à la gauche.
    J’ai une lettre de lui, répondant à mes remerciements pour nous avoir épargné la honte de la guerre irakienne, même si ensuite, sous la pression de l’embargo US, la France envoya des soldats.
    Un texte standard de circonstance, mais complété par un paragraphe manuscrit commentant un autre sujet que j’avais évoqué. Tout Chirac.

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  • RGT // 17.09.2016 à 14h53

    Mon épouse enseignait à l’époque à Clichy sous Bois.

    C’était fin septembre et elle profitait du soleil dans un lieu public assise sur un banc.

    A côté d’elle, deux “djeuns” discutaient et (sans vouloir les “espionner”) elle comprit qu’ils parlaient de l’enseignement au collège.

    Surviennent deux “archers de Sarko”, en tenue de combat et mitraillette au poing qui les menacent de leurs armes en leur demandant leurs papiers d’une manière très … méprisante.

    Les jeunes effrayés s’exécutent et mon épouse intervient alors pour prendre leur défense en demandant aux policiers s’ils pouvaient se montrer plus respectueux, ces jeunes se contentant de parler de sujets scolaires.

    L’un des deux se retourna vers mon épouse, lui enfonça le canon de son arme dans le ventre et lui dit “Toi, la vieille, tu fermes ta gueule ou on t’enferme au poste pendant 48 heures !!!“.

    C’était avant le fameux “nettoyage au Kârcher”, mais les flics envoyés dans les cités faisaient tout pour faire monter la pression.

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    • ManuUK // 22.09.2016 à 20h42

      A-t-Elle porté plainte ? Il y a de quoi faire intervenir la police des polices.

      C’est un peu le probleme avec les temoignages, a part eveiller de l’indignation, Ils n’ont pas de fonction et je m’en mefie beaucoup. Cela n a rien avoir avec vous, mais si je les accepte, alors j’accepte tout…

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  • RGT // 17.09.2016 à 15h05

    Ensuite on s’étonne qu’un jeune se soit enfui quand les “Forces de l’Ordre” sont arrivées.
    Je ne sais pas s’il avait quoi que ce soit à se reprocher, mais une chose était certaine : Le comportement des policiers dans ces banlieues était terrifiant pour tous les habitants.
    Et visiblement la hiérarchie avait soigneusement sélectionné les “candidats” pour “pacifier” ces quartiers.

    Je me souviens, dans mon enfance, il y avait à l’époque les “gardiens de la paix” qui faisaient leur tournée à bicyclette (les fameuses “hirondelles”).
    Ils étaient très respectueux de la population, très polis, et personne n’avait peur d’eux car ils étaient d’abord au service de la population et qu’ils parlaient avant de “défourailler”.

    Mais à l’époque le pouvoir était tenu d’une main de fer par un vieux dictateur aux cheveux blancs qui est parti peu de temps après la révolution de couleur qui nous a libérés.

    Heureusement pour nous, sinon où serions-nous aujourd’hui ? En Corée du Nord ?

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    • Yves // 19.09.2016 à 17h11

      Ce type de police existe toujours dans certaines démocraties, Grande-Bretagne et Japon pour ne citer que ces 2 exemples (les monarchies parlementaires semblent donner de meilleurs résultats que les “Républiques” en ce domaine du respect et de l’autorité). La France préfère se tourner vers le système US ou allemand, on a donc le résultat des objectifs qu’on s’est fixé.

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    • RC // 20.09.2016 à 01h10

      On ne peut pas toujours laisser dire n’importe quoi. Non, dire que “Le comportement des policiers dans ces banlieues était terrifiant pour tous les habitants” est absurde par sa démesure.

      J’ai travaillé (dans un domaine de développement social et d’aide aux chômeurs) de 1995 à 2005 sur le secteur est du Val d’Oise (notamment Villiers-le-bel). En maint endroit la police brillait par son absence tant elle était dépassée par une délinquance (grosse ou petite) envahissante et manquait de moyens et de personnel. Et, c’est VRAI, dans certaines cités, ce n’est pas la police qui faisait la loi. Loin de là…
      Les policiers avaient tendance à se retrancher dans leurs bureaux et ne pas intervenir pour les incivilités et la délinquance ordinaire : chaque fois qu’ils arrivaient sur le terrain, ils avaient affaire à des provocations et à des accusations systématiques de “racisme”. Une simple arrestation de dealer nécessitait des forces démesurées.
      PS : un nombre non négligeable de ces forces de l’ordre étaient elles-mêmes “issues de la diversité” !…

        +3

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  • RGT // 17.09.2016 à 16h12

    Plus le temps passe et plus je trouve que Jacquouille la fripouille n’était pas si mal que ça.

    Malgré toutes ses bourdes, ses casserolles et son comportement de girouette.

    Je ne l’aimais pas mais en vieillissant je m’aperçois qu’il était largement moins nocif que ses prédécesseurs et successeurs.

    Je dis nocif car s’il était loin d’être blanc comme neige, chaque fois qu’il faisait une connerie il se prenait les pieds dans le tapis ou se faisait prendre les doigts dans le pot de confiture.

    Ce qui au final l’a empêché d’avoir un pouvoir de nuisance aussi développé que les autres politiciens du même niveau.

    Il m’arrive même parfois de me demander s’il ne faisait pas exprès de s’emmêler les pinceaux pour ne pas mettre en place une “instruction” qu’il n’approuvait pas. Ce serait alors le summum de la “résistance sociale sans en avoir l’air”.

    Le locataire actuel est sans doute le plus sournois d’entre tous, ayant même dépassé son maître.
    Il fait semblant de buller et de courir les filles toute la journée alors qu’il œuvre en sous-main pour la destruction méticuleuse de la nation.

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  • Micmac // 17.09.2016 à 22h10

    Je pense aussi que Hollande et ses “spin doctors” ne voient pas d’un mauvais œil la monté du FN et de ses idées. Leur passivité face au “zemmourisme” s’explique très bien.

    Ils s’imaginent qu’ainsi MLP prendra surtout des voix à droite, et qu’au bout du compte Hollande pourra se placer en dernier recourt face à l’extrême droite. Un incorrigible optimiste inconséquent comme Hollande pense très habile de jouer ce jeu dangereux.

    Je n’ai rien pour appuyer ce que j’écris, mais ça me semble assez plausible.

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    • RGT // 18.09.2016 à 10h25

      C’est bien la stratégie du PS depuis le début des années 80…
      Mitterrand a sournoisement favorisé la montée du FN qui représentait strictement RIEN avant ses intrigues.

      Dans son cas, ça a été très efficace, le PCF se vidant de tous ses sympathisants suite à la destruction des “valeurs” de ce parti dans le “Programme Commun”…

      Et il a aussi plombé le RPR en permettant à son aile droite de trouver un parti dont le “mentor” était “moins gauchiste” que Chirac.

      Cette stratégie s’est allègrement retournée contre le PS en 2002 et nous avons eu droit à une ré-élection du “Chi” avec un score à faire pâlir d’envie Poutine et Kim Jong Hun.

      Et ils continuent joyeusement (les cons), jouant avec le feu sans le moindre risque de se brûler.
      De toutes façons (c’est mon avis personnel) si jamais le FN arrive au pouvoir, rien ne changera vraiment car malgré toutes les “positions” des dirigeants de ce parti, ce sont bien les ploutocrates qui financent qui décident.
      Et comme les immigrés sont une “variable d’ajustement” indispensable ils resteront, juste en étant un peu plus ostracisés dans les discours politiques.

        +1

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    • Dahool // 18.09.2016 à 11h15

      Bonjour Micmac

      OK avec votre analyse de l’utilité du FN. Par contre, pour qu’Hollande se pose en dernier recours, faut il qu’il passe le premier tour. Le FN étant assuré d’être au second (30%).

      Ma théorie est que Hollande va multiplier les candidats à gauche (frondeurs fictifs et voleurs de voix), tout en espérant que la droite explose (pas indispensable pour réussir son pari) et passer par un trou de souris (15/20%). C’est gagné, le front républicain marchera au second tour, c’est évident. X/FN – 65/35% max 60/40.

      Je ne vois pas d’autres possibilités.

      La tambouille politique dans toute sa splendeur.

      Ps: hors sujet, [Modéré hors sujet effectivement]

        +2

      Alerter
  • Narm // 20.09.2016 à 14h18

    j’ai bien aimé le : “Chacun doit respecter les règles, chacun doit savoir que l’on ne viole pas impunément la loi. Mais”

    j’ai tronqué à “mais” car , cela est un grand et beau discours. Encore faudrait-il qu’il soit suivi d’effet, surtout par tous nos politiques. car pour l’exemple, et bien depuis, c’est raté. Et en ce moment tout ce que l’on entend n’en est que le contraire.

      +1

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