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24.septembre.201624.9.2016 // Les Crises

Bertrand Russell sur Lénine

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Source : The Virginia Skeptic

Extrait de LENINE, TROTSKY ET GORKY

Lequel est extrait de La pratique et la théorie du Bolchévisme par Bertrand Russel.

 

Peu après mon arrivée à Moscou j’ai eu une conversation d’une heure avec Lénine en anglais, qu’il parle assez bien. Un interprète était présent, mais ses services furent rarement requis. Le bureau de Lénine est très dépouillé ; il contient un grand bureau, quelques cartes sur les murs, deux bibliothèques, une chaise confortable pour les visiteurs et deux ou trois chaises ordinaires de plus. Il est évident qu’il n’a aucun amour pour le luxe ni même pour le confort. Il est très amical et apparemment simple, sans la moindre trace de dédain.

Si on le rencontrait sans savoir qui il est, on ne pourrait se douter qu’il possède un tel pouvoir ou même qu’il est quelqu’un d’important. Je n’ai jamais rencontré de personnage aussi dépourvu de suffisance. Il regarde ses visiteurs très attentivement et plisse un œil, ce qui donne l’impression d’augmenter, de façon inquiétante, le pouvoir pénétrant de l’autre. Il rit beaucoup ; d’abord son rire paraît simplement amical et gai, mais progressivement j’en suis venu à le sentir plutôt sinistre. Il est dictatorial, calme, incapable de crainte, extraordinairement exempt d’arrivisme, une théorie incarnée. La conception matérialiste de l’Histoire est, semble-t-il, son élément vital. Il ressemble à un professeur dans son désir de faire comprendre cette théorie et dans sa fureur envers ceux qui ne la comprennent pas ou ne la partagent pas ; de même que, dans son amour de l’explication, j’ai eu l’impression qu’il détestait bien des gens et qu’il était un aristocrate intellectuel. […]

Quand je suggérai que les changements possibles en Angleterre pouvaient être réalisés sans effusion de sang, il rejeta ma suggestion comme invraisemblable. J’ai eu l’impression d’un manque de connaissances ou d’imagination concernant la Grande-Bretagne. En effet la tendance entière du marxisme s’oppose à l’imagination psychologique, puisqu’il attribue tout, dans la politique, aux causes purement matérielles.

Je lui demandai ensuite s’il pensait possible d’établir solidement et totalement le communisme dans un pays à si grande majorité de paysans. Il admit que c’était difficile et a ri sur l’échange de nourriture contre du papier que le paysan est contraint de faire ; l’inutilité du papier russe lui a semblée comique. Mais il m’a dit – ce qui est sans doute vrai – que les choses s’arrangeraient d’elles-mêmes quand il y aurait des marchandises à offrir aux paysans. Pour cela il pense en partie à l’électrification dans l’industrie qui, dit-il, est une nécessité technique en Russie, mais prendra dix ans pour être terminée. Il a parlé avec enthousiasme, comme tous le font, du grand plan pour produire de l’électricité au moyen de la tourbe. Bien sûr, il comptait sur la levée du blocus comme le seul remède radical ; mais il n’était pas très optimiste sur son achèvement total ou permanent autrement que par des révolutions dans d’autres pays. La paix entre la Russie bolchevique et les pays capitalistes, a-t-il dit, sera toujours précaire. L’Entente pourrait être amenée à conclure la paix en raison de la lassitude et de ses dissensions internes, mais il demeurait convaincu que la paix serait de courte durée. J’ai trouvé en lui, comme dans presque tous les leaders communistes, beaucoup moins d’ardeur pour la paix et la levée du blocus que dans notre délégation. Il croit que rien d’important ne peut être réalisé sans la révolution mondiale et l’abolition du capitalisme ; je présume qu’il a considéré la reprise de commerce avec des pays capitalistes comme un simple palliatif d’un intérêt douteux.

Il décrivit la tension entre paysans riches et paysans pauvres et la propagande du gouvernement adressée à ces derniers contre les premiers qui conduisait à des actes de violence qu’il semblait trouver amusants. Il parla comme si la dictature à l’égard du paysan devait continuer longtemps, en raison de l’attirance du paysan pour le libre-échange. Il dit qu’il connaissait des statistiques (ce que je peux croire) disant que les paysans ont eu plus de nourriture ces deux dernières années qu’ils n’en avaient jamais eu. “Et pourtant ils sont contre nous,” a-t-il ajouté un peu amer. Je lui demandai sa réponse aux critiques selon lesquelles, dans son pays, il n’avait instauré que la propriété paysanne, et non le communisme ; il répondit que ce n’était pas tout à fait la vérité, mais ne précisa pas ce qu’était la vérité.

La dernière question que je lui posai était si la reprise du commerce avec les pays capitalistes, si elle avait lieu, ne créerait pas des centres d’influence capitaliste, et ne rendrait pas la préservation du communisme plus difficile. Il me semblait que les communistes les plus ardents pourraient bien redouter les relations commerciales avec le monde extérieur, comme conduisant à une infiltration d’hérésie, et rendant le maintien du système en place presque impossible. Je voulais savoir s’il avait un tel sentiment. Il admit que le commerce créerait des difficultés, mais estima qu’elles seraient inférieures à celles de la guerre. Il rappela que, deux ans auparavant, ni lui ni ses camarades ne pensaient pouvoir survivre à l’hostilité du monde. Il attribue leur survie aux jalousies et aux intérêts divergents des différents pays capitalistes, ainsi qu’à la puissance de la propagande bolchevique. Les Allemands, dit-il, avaient ri lorsque les bolcheviques prétendirent lutter contre les armes avec des tracts, mais l’Histoire avait prouvé que les tracts étaient tout aussi puissants. Je ne pense pas qu’il reconnaisse que les partis Travailliste et Socialiste ont eu un rôle quelconque en la matière. Il ne semble pas conscient de ce que l’attitude du Parti Travailliste Britannique a fait beaucoup pour empêcher une guerre de grande ampleur contre la Russie, puisqu’il n’a laissé au gouvernement que la possibilité d’actions clandestines, qui puissent être niées sans mensonge trop flagrant.

Je pense que si je l’avais rencontré sans savoir qui il était, je n’aurais pas deviné qu’il était un grand homme ; il m’a frappé comme étant trop opiniâtre et étroitement orthodoxe. Sa force vient, je pense, de son honnêteté, son courage, sa foi inébranlable – foi religieuse dans l’évangile marxiste, qui remplace l’espérance du paradis des martyrs chrétiens, sauf qu’elle est moins égoïste. Il a aussi peu d’amour de la liberté que les chrétiens qui souffrirent sous Dioclétien, et ripostèrent quand ils acquirent le pouvoir. Peut-être que l’amour de la liberté est incompatible avec la croyance de tout cœur dans une panacée pour tous les maux de l’humanité. Si oui, je ne peux que me réjouir de la colère sceptique du monde occidental.

J’étais communiste en arrivant en Russie ; mais le contact avec ceux qui ne connaissent pas le doute a intensifié considérablement mes propres doutes, non quant au communisme en soi mais dans la sagesse de s’en tenir à une croyance si fermement que, pour elle, des hommes sont prêts à infliger la misère généralisée.

Source : The Virginia Skeptic

Traduit par les lecteurs du site www.les-crises.fr. Traduction librement reproductible en intégralité, en citant la source.


“Pourquoi je ne suis pas communiste”

Source : Richard Geib’s Personal Website

Par Betrand Russell

russell

“Je suis dans l’incapacité totale de comprendre comment il est arrivé que certaines personnes à la fois humaines et intelligentes aient pu trouver quoi que ce soit d’admirable dans le vaste camp d’esclaves produit par Staline.”

En ce qui concerne toute doctrine politique, il y a deux questions à se poser : (1) ses principes théoriques sont-ils fondés ? (2) Sa mise en pratique est-elle susceptible d’augmenter le bonheur humain ? Pour ma part, je pense que les principes théoriques du communisme sont faux, et je pense que ses maximes pratiques sont de nature à produire une augmentation incommensurable de la misère humaine.

Les fondements théoriques du communisme sont pour la plupart dérivés de Marx. Mes objections à Marx sont de deux sortes : l’une, qu’il avait la tête embrouillée ; et l’autre, que sa pensée a été presque entièrement inspirée par la haine. La doctrine de la plus-value, qui est censée démontrer l’exploitation des salariés sous le capitalisme, a abouti à : (a) accepter subrepticement la doctrine malthusienne de la population, bien que Marx et tous ses disciples la contestent explicitement ; (b) appliquer la théorie de Ricardo de la valeur aux salaires, mais pas aux prix des articles manufacturés. Marx est tout à fait satisfait du résultat, non parce qu’il est en conformité avec les faits ou parce qu’il est logiquement cohérent, mais parce qu’il réussit à éveiller la fureur chez les salariés. La doctrine de Marx selon laquelle tous les événements historiques ont été motivés par des conflits de classe est une extrapolation épidermique et fausse à toute l’histoire mondiale de certaines caractéristiques importantes en Angleterre et en France il y a une centaine d’années. Sa conviction qu’il existe une force transcendante appelée Matérialisme Dialectique régissant l’histoire indépendamment des volontés humaines est une pure mythologie. Ses erreurs théoriques, cependant, ont peu d’importance sinon du fait que, comme Tertullien et Carlyle, son principal désir était de voir ses ennemis punis, sans se soucier de ce qui arrive à ses amis dans le processus.

La doctrine de Marx était déjà mauvaise, mais les développements qu’elle a subis sous Lénine et Staline la rendirent encore pire. Marx avait enseigné qu’il y aurait une période de transition révolutionnaire après la victoire du prolétariat dans une guerre civile et que, pendant cette période, le prolétariat, conformément à la pratique habituelle après une guerre civile, priverait ses ennemis vaincus du pouvoir politique. Cette période devait être celle de la dictature du prolétariat. Il ne faut pas oublier que, dans la vision prophétique de Marx, la victoire du prolétariat devait venir après qu’il ait grandi pour devenir la vaste majorité de la population. La dictature du prolétariat donc, telle que conçue par Marx, n’a pas été essentiellement anti-démocratique. Dans la Russie de 1917, cependant, le prolétariat représentait un petit pourcentage de la population, la grande majorité étant des paysans. Il a été décrété que le parti bolchevique était dépositaire de la conscience de classe du prolétariat, et qu’un petit comité de ses dirigeants était dépositaire de la conscience de classe du parti bolchevique. La dictature du prolétariat aboutit ainsi à être la dictature d’un petit comité, et, finalement, d’un seul homme – Staline. En tant que seul prolétaire conscient, Staline a condamné des millions de paysans à la mort par la famine et des millions d’autres au travail forcé dans les camps de concentration. Il alla même jusqu’à décréter que les lois de l’hérédité seraient désormais différentes de ce qu’elles étaient, et que le noyau cellulaire obéirait aux décrets soviétiques au lieu d’obéir à ce prêtre réactionnaire, Mendel. Je suis dans l’incapacité totale de comprendre comment il est arrivé que certaines personnes à la fois humaines et intelligentes puissent trouver quoi que ce soit d’admirable dans le vaste camp d’esclaves produit par Staline.

Je me suis toujours trouvé en désaccord avec Marx. Ma première critique hostile a été publiée en 1896. Mais mes objections au communisme moderne vont plus loin que mes objections à Marx. C’est l’abandon de la démocratie que je trouve particulièrement désastreux. Une minorité appuyant ses pouvoirs sur les activités de la police secrète est vouée à être cruelle, oppressive et obscurantiste. Les dangers du pouvoir irresponsable parvinrent à être généralement reconnus au cours des XVIIIe et XIXe siècles, mais certains ont oublié tout ce qui a été douloureusement appris pendant les jours de la monarchie absolue, et sont retournés à ce qu’il y avait de pire au Moyen Age avec l’étrange illusion d’être à l’avant-garde du progrès.

Il existe des signes qu’au cours du temps le régime russe deviendra plus libéral. Mais, bien que cela soit possible, c’est très loin d’être certain. En attendant, tous ceux qui apprécient non seulement l’art et la science, mais une quantité suffisante de pain et la délivrance de la crainte qu’un mot imprudent de leurs enfants à un instituteur puisse les condamner aux travaux forcés dans un désert de Sibérie, doivent faire ce qui est en leur pouvoir pour préserver dans leur propre pays une manière de vivre moins servile et plus prospère.

Certains, opprimés par les maux du communisme, arrivent à la conclusion qu’une guerre mondiale est le seul moyen efficace de les combattre. Je pense que c’est une erreur. À une autre époque, une telle politique eût été possible, mais maintenant la guerre est devenue si terrible et le communisme si puissant que personne ne peut dire ce qui resterait après une guerre mondiale, et ce qui en résulterait serait probablement au moins aussi mauvais que le communisme. Cette prédiction ne repose pas sur les effets inévitables des destructions massives par les bombes à hydrogène et au cobalt et peut-être les maladies volontairement propagées. La façon de lutter contre le communisme n’est pas la guerre. Ce qui est nécessaire, en complément de ces armements en tant que dissuasion des communistes d’attaquer l’Occident, est une diminution des motifs de mécontentement dans les régions les moins prospères du monde non-communiste. Dans la plupart des pays d’Asie, il y a une pauvreté abjecte que l’Occident doit atténuer autant qu’il est en son pouvoir de le faire. Il y a aussi une grande amertume causée par les siècles d’insolente domination européenne en Asie. Cela devrait être traité par une combinaison de tact patient et d’engagements décisifs de renoncer aux reliques de la domination blanche telle qu’elle survit en Asie. Le communisme est une doctrine prenant sa source dans la pauvreté, la haine et les conflits. Sa propagation ne peut être stoppée qu’en diminuant l’emprise de la pauvreté et de la rancune.

Texte provenant de Portraits de mémoire, publié en 1956

Source : Richard Geib’s Personal Website

Traduit par les lecteurs du site www.les-crises.fr. Traduction librement reproductible en intégralité, en citant la source.

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Commentaire recommandé

Bobforrester // 24.09.2016 à 09h50

En comparaison avec l opinion de Russel lire ” les dix jours qui ébranlèrent le monde” de John Reed , un ACTEUR de la révolution d Octobre et non un ” communiste”:sic de salon.
Cette opinion de Russel destinée à discréditer les révolutionnaires est commune, on en retrouve la trace déjà dans le portrait de Robespierre fait par la petite bourgeoise effrayee par la Revolution et la guerre de classe. Cette même petite bourgeoisie qui applaudît Munich.

49 réactions et commentaires

  • Heimskringla. // 24.09.2016 à 07h01

    J’ai comme l’impression désagréable que c’est toujours d’actualité…

      +3

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    • Pierre // 24.09.2016 à 08h10

      Je plussoie. Voir (par exemple) le lien suivant :
      https://framablog.org/2012/01/17/apple-iphone-ipad-chine-enfant/
      Ce n’est qu’un exemple. De nombreux autres sites dénoncent cet abus. Une simple recherche sur votre moteur de recherche préféré vous le confirmera. Et quand on pense que la Chine sous-traite une partie de sa production vers des pays où la main-d’oeuvre est moins chère…

        +3

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      • Lysbeth Levy // 26.09.2016 à 13h16

        Pierre savez vous qu’en CHine les enfants vont à l’école et que les étudiants chinois sont aussi valables que chez nous ? Renseignez vous mais il semble que cet article est de la pure propagande anti-chinoise. J’ai fait des recherches et la source est un journal occidental installé à Hong-Kong depuis fort longtemps mais libre (tiens ?) de donner de la désinformation. Imaginez vous que les chinois ont souvent un seul enfant, et que les parents font tout pour eux “les petits empereurs”sont souvent gâtés et élevés par les grands parents. Faire attention à cette odieuse propagande qui doit être sans arrêt décrypter…https://fr.wikipedia.org/wiki/South_China_Morning_Post
        Voyez vous des enfants ou des jeunes femmes ?http://micgadget.com/3793/the-real-truth-behind-foxconns-suicide-cluster/
        Tout ça pour diaboliser un pays comme la Russie, l’Iran ou la Chine, Brésil, et tous ces pays trop indépendants ou de plus en plus développés.http://www.investigaction.net/Les-plus-gros-mensonges-sur-la/..

          +2

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  • Malbrouck // 24.09.2016 à 08h21

    Articles très intéressants .
    Le premier a donc été écrit en 1920 .
    Lénine le théoricien , le tacticien , est Lénine .
    Une sorte de Robespierre .
    Et B. Russel est B. Russel .
    C’est à dire intellectuel anglais , influent , appartenant à un empire puissant, rayonnant sur le monde , mers et terres , en perte de vitesse depuis l’éveil de “l’impérialisme américain” issu de la guerre 14/18 .
    Autrement dit qu’il rejette ou n’ait rien compris à Marx n’est pas étonnant .
    Qu’il juge la révolution russe à l’aune du stalinisme en 1950 n’est pas faire acte de clairvoyance .
    C’est faire un constat .
    Cependant le stalinisme était dans les gènes de la révolution russe , accaparée par une poignée d’idéologues , de militants révolutionnaires , les bolcheviques , convaincus “qu’on ne fait pas d’omelette sans casser des oeufs”.
    Et des oeufs on en a cassé .
    Mais bon : voyons nos révolutions à nous , Français , depuis 1789 à la Commune ….

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  • RGT // 24.09.2016 à 08h48

    Le communisme, c’est le capitalisme pour les pauvres et le socialisme pour les apparatchiks.

    Vous remplacez apparatchik par ploutocrate et vous vous rendez compte que nous vivions aussi dans un système identique dans les sociétés “libérales”.

    Finalement, la différence est surtout sémantique.

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    • n1ko // 24.09.2016 à 12h01

      “Finalement, la différence est surtout sémantique.” : et c’est là ce qui compte ! Si ça n’était que syntaxique, les mots n’auraient plus de sens propre…

        +4

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  • TuYolPol // 24.09.2016 à 09h47

    J’étais communiste en arrivant en Russie et puis dans l’autre texte Je me suis toujours trouvé en désaccord avec Marx. Un détail.

    Dans la plupart des pays d’Asie, il y a une pauvreté abjecte que l’Occident doit atténuer autant qu’il est en son pouvoir de le faire. Il y a aussi une grande amertume causée par les siècles d’insolente domination européenne en Asie. Cela devrait être traité par une combinaison de tact patient et d’engagements décisifs de renoncer aux reliques de la domination blanche telle qu’elle survit en Asie

    Un aveu pieux et sans effet.
    Je me demande ce qu’il dirait aujourd’hui. À mon avis, les penseurs libéraux, voyant les effets de leur doctrine en roue “libre”, ou du moins ce qu’on en a fait, seraient catastrophés.
    Un problème fondamental est que la régulation est le parent pauvre de toutes les doctrines libérales, ce qui en fait une doctrine de l’excès livré à ses propres limites. Et comme il faut bien que les limites se manifestent à un moment donné, on les voit arriver par d’autres chemins et violemment : religions autoritaires, climat, société. Est-il possible d’être plus idéologue que ça, pour avoir refusé de le voir venir ?

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  • Bobforrester // 24.09.2016 à 09h50

    En comparaison avec l opinion de Russel lire ” les dix jours qui ébranlèrent le monde” de John Reed , un ACTEUR de la révolution d Octobre et non un ” communiste”:sic de salon.
    Cette opinion de Russel destinée à discréditer les révolutionnaires est commune, on en retrouve la trace déjà dans le portrait de Robespierre fait par la petite bourgeoise effrayee par la Revolution et la guerre de classe. Cette même petite bourgeoisie qui applaudît Munich.

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    • Prométhée Enchaîné // 24.09.2016 à 12h20

      L’Histoire a donné raison à Russell. L’URSS, malgré ses différentes phases et sa longévité, n’est jamais parvenue à se réformer. En comparaison, les sociétés libérales ont atteint un niveau de prospérité finalement ahurissant et la liberté s’y est plutôt développée. Comme le fait remarquer Jancovici, un ouvrier (occidental) d’aujourd’hui vit comme un nabab d’hier, quand il n’est pas au chômage… Le problème, c’est que les révolutionnaires d’aujourd’hui, bien qu’incomparablement plus éduqués, mieux nourris, mieux lotis en somme, que les révolutionnaires d’hier, n’ont toujours pas le pouvoir, et croient toujours dans cette fameuse panacée que même la Chine a partiellement abandonnée au profit de mécanismes de l’économie de marché, sans être parvenue à résoudre les problèmes de l’inégalité et de la liberté.

        +12

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      • Tonton Poupou // 25.09.2016 à 13h45

        Mais la Chine est peut être plus en phase avec la pensée de Karl Marx que ne l’aurait été l’URSS, qui objectivement parlant à aussi quelques belles réussites à son actif.
        Le communisme est une association où le libre développement de chacun est la condition du libre développement de tous. Karl Marx.
        Le communisme est l’énigme résolue de l’Histoire. Le mouvement entier de l’Histoire est l’acte de procréation de ce système. Marx.
        En cela, l’URSS certainement a été la première tentative. Elle a échoué. Mais d’autres remettrons l’ouvrage sur le métier.
        Quand le premier avion a volé 60 secondes, nous avons su que les avions du futur voleraient 10 heures. Howard Zinn.

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        • Prométhée Enchaîné // 25.09.2016 à 17h41

          Je ne suis pas spécialiste de la question, mais je doute que l’économie de marché soit bien compatible avec le marxisme, et l’inégalité existant en Chine le paradis entrevu par tonton Marx. Or le décollage de la Chine a débuté précisément à partir des transformations libérales opérées par Deng Xiaoping (contribuant aussi à la remise en question de l’URSS).

          Pour l’hypothèse du communisme triomphant, je n’en sais rien, mais jusqu’ici il n’a pas engrangé beaucoup de réussites propres…

            +5

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          • Tonton Poupou // 26.09.2016 à 10h50

            La Chine, Prométhée, n’en est pas au stade du Communisme, mais au stade du Socialisme. ………. Chaque chose en son temps. Rappelez vous :
            Le communisme est l’énigme résolue de l’Histoire. Le mouvement entier de l’Histoire est l’acte de procréation de ce système.

              +2

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            • bourdeaux // 27.09.2016 à 17h21

              “Le mouvement entier de l’Histoire est l’acte de procréation de ce système.”
              Le communisme a rendez-vous avec l’histoire, c’est cela ?
              L’histoire ne fixe aucun rendez-vous, elle ne pose que des lapins.

                +1

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            • georges glise // 29.09.2016 à 14h31

              quel socialisme en chine! moi je n(y vois qu’un développement capitaliste majeur, comme en russie depuis l’éclatement de l’urss

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    • sissa // 25.09.2016 à 20h30

      Le point de vue de Russel, esprit critique rejetant les croyances sans fondement, s’est révélé tout à fait exact, au contraire de de lui de Reed, idéologue aux convictions fortes. Il avait le même genre de fanatisme que celui de ceux qui s’engagent pour Daesh.
      Au passage, Reed était issu d’un milieu aisé, et Russel était unaristocrate et non un petit bourgeois.

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    • dede // 25.09.2016 à 22h50

      bertrand russell a fait de la prison pour delit de pacifisme.

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    • krokus // 27.09.2016 à 13h37

      La révolution d’octobre???le début d’un massacre épouvantable,et rien d’autre…une saloperie sans nom…la destruction programmée par les allemands de la Russie…voilà ce qu’ a été la révolution d’octobre! une saloperie de complot déjà “neocon”…la volonté de détruire la montée en puissance de la Russie en matière industrielle… d’éliminer l’élite russe… d’essayer de détruire l’âme même de ce pays en tuant de façon horrible le Tsar et sa famille. C’est çà cette putain de révolution d’octobre…mais la Russie a la mémoire longue et a adoubé ,en quelque sorte,un nouveau Tsar…la révolution d’octobre,d’inspiration germanique a lamentablement échoué… si elle n’avait pas eu lieu,l’Allemagne impériale eut été écrasée bien plus tôt,et Hitler ne serait jamais apparu… Hitler est l’enfant naturel de cette fantasmée révolution d’octobre…

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      • krokus // 29.09.2016 à 11h58

        Je n’ai eu besoin de reprendre la thèse de personne…c’est mon opinion depuis plus de trente ans,à la suite de mes propres recherches.Lénine n’était qu’un agent stipendié des allemands,et rein d’autre. Et sa mission était de mettre par terre la Russie et de la maintenir par terre autant que possible,d’où le massacre des élites techniques,et plus tard la politique de la famine généralisée… le somme t a été atteint avec Gorbarchov digne successeur de Lénine et l’alcoolique Eltsine…si Poutine n’était pas survenu,contre toute attente,la Russie serait aujourd’hui dépecée et totalement soumise à l’Allemagne et à la nouvelle Allemagne,les USA…

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  • Olivier // 24.09.2016 à 10h01

    “(2) Sa mise en pratique est-elle susceptible d’augmenter le bonheur humain ?”

    Le bonheur, que vous le vouliez ou non. Que de ravage en son nom, en Russie comme ici (Vendée).

    “Peut-être que l’amour de la liberté est incompatible avec la croyance de tout cœur dans une panacée pour tous les maux de l’humanité. Si oui, je ne peux que me réjouir de la colère…”

    PS : je ne comprend pas la liste de mots clef anti-spam pour ce type d’article : contre-productif et ne permettant pas de développer une pensée construite.

      +2

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  • Tonton Poupou // 24.09.2016 à 10h37

    Si il fallait seulement évaluer une idéologie (ou une religion) à l’aune de ses crimes, de ses fautes, de ses erreurs ou ses dérives, alors aucune ne serait capable de parvenir à satisfaire pleinement la totalité du genre humain. Car rien ni personne ne détient toute la vérité, mais tout le monde détient une petite part de la vérité. Et c’est l’addition de toutes ces petites parts qui est la vérité. A présent il ne vous reste plus qu’à découvrir où sont ces petites parts et qui les détient.

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    • Olivier // 24.09.2016 à 15h04

      Amen. C’est un sermon pour l’idéologie du relativisme ? Le champs des idées disponible pour la recherche de la Vérité est un peu plus large que cela. On peut aussi juger un arbre à ses fruits et commencer par le relativisme, puis qu’il a justement pignon sur rue en ce moment.

      Je ne vous en veut pas, mais il manque très souvent une profondeur a la réflexion qui ne permet pas de replacer les éléments dans un contexte plus large. Peut-être est-ce une question de méthode et de cohérence. En tous cas je salue bien bas votre recherche de vérité. Plutôt vous que l’apathie. Ne vous arrêtez pas.

        +6

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      • Tonton Poupou // 25.09.2016 à 11h41

        Cher Olivier,
        merci pour votre commentaire. Je me plais à penser que nous sommes des compagnons de route sur le chemin de la vérité. Et comme chacun le sait la vérité comme tous les idéaux est un horizon inatteignable, plus on avance plus il recule, mais le plus important est le parcours que l’on fait pour l’atteindre.
        Bien à vous.

          +0

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        • Olivier // 25.09.2016 à 22h36

          Merci.
          Si je puis me permettre, osez imaginer que la vérité est atteignable, cela bouleversera positivement votre paradigme.
          Bien à vous également.

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  • kèsse // 24.09.2016 à 10h42

    Moi, je pense que le Bertrand, c’était loin d’être un con. Un mathematicien connait fort bien la force ou la faiblesse qu’une idée abstraite peut avoir … parce qe normalement, c’est un peu son travail. Mettre en doute ce qui apparait beau au premier regard, le tester, chercher des voies, des solutions, revenir dessus, douter … C’est la démarche mathématique puis, parfois, quand on a tout testé, on se sent dépité … inutile, illegitime … Alors on passe autre chose en se disant qu’on en avait l’intuition.

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  • Jmk011 // 24.09.2016 à 11h14

    Se moquer de la théorie et de la doctrine marxiste, notamment le matérialisme historique et le matérialisme historique, pour leur “déterminisme” alors que Russell lui-même a voulu résoudre la philosophie en termes mathématiques, c’est un peu l’hôpital qui se f… de la Charité. Lord Bertrand Russell, malgré toute son intelligence et son génie en maths justement, se perd lui- même dans ses contradictions internes, faisant passer Lenine pour un benêt petit-bourgeois dans les années 20 et se disant non communiste après la condamnation par Krouchtchev des crimes staliniens. Ne pas oublier que, tout Lord qu’il ait été fait depuis, il s’est prononcé contre l’intervention britannique lors de la 1e guerre mondiale, et a d’ailleurs fait de la prison pour cela. Et si la GB l’ avait suivi alors, l’Allemagne aurait très probablement vaincu la France, arriérée militairement à l’époque par rapport à son ennemi.

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    • Jmk011 // 24.09.2016 à 11h40

      Pardon, au début de la 1e phrase, lire : le matérialisme dialectique et le matérialisme historique !!

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  • Homère d’Allore // 24.09.2016 à 11h20

    Lénine, qu’on l’admire ou qu’on le maudisse, c’était la rencontre de la plume et du sabre.

    Il est très rare, dans l’Histoire, de voir des intellectuels agir en mettant leurs mains dans le cambouis (et aussi le sang) comme il est aussi peu fréquent de voir des hommes d’action avoir une très solide réflexion théorique.

    Bien sûr, des gens très respectables comme Russel, soucieux de la vie humaine n’auraient jamais accepté de tuer quiconque.
    Mais, sans l’industrialisation du premier plan quinquennal (1928-1933) décidé par Boukharine et appliqué par Staline et qui fut la cause d’abominables souffrances, surtout dans les campagnes, quel aurait été la résistance possible de l’armée soviétique pendant la Grande Guerre Patriotique ?

    On peut penser qu’elle n’aurait pas pu l’emporter.

    Et dans ce dernier cas, l’ensemble du peuple russe (et les slaves en général) aurait été exterminé. C’était dans le programme d’Hitler.

    Donc, on ne peut juger cette période que sur un terme un peu plus long.

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    • Olivier // 24.09.2016 à 13h59

      Je suis le seul que le “Mais” dérange ? L’armée de la Russie tsariste n’aurais pas pus se moderniser ni le pays s’industrialiser ? La renouveau de la marine Russe étais déjà entrepris par Nicolas 2 dès 1906 (sous-marins). C’étais le 5e plus gros budget militaire mondiale. En revanche la révolution Russe à permis à l’Allemagne de prendre le contrôle de la Baltique. On peut penser qu’un renouveau de la Russie aurait contenu plus efficacement l’expansion allemande.

      Sur un terme encore plus long, les deux idéologies citées ont en commun une seule et même source. Faire de Lenine un sauveur involontaire des peuples slaves et un vainqueur indirect du nazisme me parait, comment dire… j’hésite.

      Je me méfie du “tout est relatif, pourquoi juger, il faut bien casser des oeufs pour faire des omelettes”

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      • Homère d’Allore // 24.09.2016 à 15h24

        Selon la formule de Gide:

        “La morale a les mains propres mais elle n’a pas de mains”.

        Quant à la source commune des “deux idéologies citées”, pouvez-vous préciser votre propos ?

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        • santiago64 // 24.09.2016 à 19h09

          Cette citation est de PÉGUY et son énoncé exact est : “Kant a les mains pures, mais il n’a pas de mains”. Ce qui est une critique exacte de la philosophie idéaliste de Kant qui prétend ne pouvoir parvenir à la connaissance de l’être, en tant qu’être. Dont la conséquence est la négation de toute connaissance RÉELLE y compris scientifique.

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        • Olivier // 24.09.2016 à 19h54

          Pour faire court : produits des “Lumières”, ce sont des humanismes progressistes dont le but est la création de “l’homme nouveau”.

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          • bourdeaux // 27.09.2016 à 17h33

            Si je peux me permettre de compléter votre réponse : la source commune me semble être surtout la suppression des sociétés libérales (au sens politique).

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      • Homère d’Allore // 24.09.2016 à 15h40

        Et, bien sûr, si l’on veut faire de l’uchronie, on peut imaginer que la Russie des Tzars aurait industrialisé le pays. Elle avait commencé à le faire au prix d’une gigantesque dette vis à vis de l’occident et en particulier de la France.

        Mais cela aurait aussi été payé au prix du sang. Pour éliminer sa paysannerie, l’Angleterre a mis un siècle et demi et a usé de féroces répressions (enclosures, Poor Laws contre le vagabondage des paysans chassés des terres, déportation en Australie…)

        Les Etats Unis ont axé leur accumulation primitive sur l’esclavage et l’accaparement des terres indiennes, massacres et déportations à la clef.

        Pour industrialiser rapidement l’URSS (en cinq ans ce qui en a pris 100 en Angleterre et 50 en France), il fallait arracher la valeur ajoutée du secteur primaire pour la transférer dans l’investissement massif du secteur secondaire.
        Arracher ses moyens de subsistance à un paysan, c’est pas facile. C’est même toujours affreux. Quels que soient les gouvernements et les “idéologies”.

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        • Olivier // 24.09.2016 à 20h54

          Remarques intéressantes, je ne maitrise pas suffisamment cet aspect pour argumenter.

          Elle m’embête néanmoins car elle semble faire la part belle a une idéologie qui, on pourrais le penser à vous lire, est un mal pour un plus grand bien grâce à cette industrialisation forcée que seul la révolution pouvais apporter. En somme, la quantité incalculable de décès semblent devenir des dommages collatéraux inéluctable à une modernisation nécessaire. Les œufs d’une bonne omelettes. De plus les “soucis alimentaires” de 31-33 repose bien sur les épaules d’un homme et n’est pas un simple “accident industriel”.

          2 questions et une remarque cependant :
          – Pourquoi raccourcir à 5 ans ?
          – Si comparaison n’est pas raison, L’ère Meiji du japon ne rentre pas dans votre schéma rapide = affreux. Du moins me semble-t il…
          – L’exemple des Etats Unis ne me parait pas pertinent, nous parlons d’industrialisation (ici le nord donc).

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          • georges glise // 29.09.2016 à 14h55

            le développement industriel du nord des usa s’est produit surtout aprçs l’abolition de l’esclavage et la guerre de sécession, cela fournissait au nord les prolétaires dont il avait besoin.

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        • bourdeaux // 27.09.2016 à 17h45

          Il faut croire qu’un peu plus que sa valeur ajoutée fut arrachée au secteur primaire de l’URSS, puisqu’au milieu des années 70, le tiers de la population soviétique travaillait dans ledit secteur, sans parvenir à nourrir suffisamment le reste de la population, quand les 4% seulement de la population des USA produisait assez pour subvenir aux besoins nationaux et exporter massivement ses excédents.
          Quant à l’accumulation primitive” due à l’esclavage aux US, les nombreuses autres régions du monde ayant pratiqué l’esclavage ont-elles aussi accumulé, ou furent-elles trop idiotes pour le faire ?

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  • Krystyna Hawrot // 24.09.2016 à 12h55

    Le problème est que le capitalisme néolibéral n’est pas plus réformable que ne l’était la Russie tsariste à l’aube de la Grande Guerre de 1914 qui a accouché d’une Révolution que tout le monde savait inévitable… Plus le système empêche la moindre réforme, plus il faut s’attendre à un bouleversement sanglant. Le bolchévisme est devant nous et ce ne sera plus en Russie qu’il va surgit, puisque justement la Russie a réussi à se réformer et à sortir du néolibéralisme destructeurs! Les jeunes d’aujourd’hui qu’on emprisonnent ferme pour juste des manifs après les avoir battus copieusement, eux sont nos bolchéviques de demain… hélas! La démocratie sera le cadet de leur soucis!

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    • Olivier // 24.09.2016 à 14h45

      que tout le monde savais inévitable… vous voulez dire, comme la guerre civile et ethnique qui va nous tomber dessus à bras raccourcis ? Je ne partage pas votre vision “bourdieusiene” et constructiviste de la société.

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    • Karim Wilmotte // 24.09.2016 à 17h53

      1- De l’intérêt de refaire du bolchévisme en 2016?
      On ferra quelque chose de 2016, qui aura des liens sans doute avec le bolchévisme, mais n’en sera en aucun cas (par les mêmes structures de production, pas les mêmes populations, pas le même contexte, etc).

      2- La Russie, pas néolibérale?
      Qu’il y ait un combat en cours en Russie entre les différents courants de la bourgeoisie russe, soit.
      Et qu’il puisse sembler que le courant “éclairé” soit dominant, soit. Mais il n’est absolument pas certain qu’il l’emporte.

      Par ailleurs, quand bien même l’emporterait-il, il lui faudrait immanquablement devenir “néo-libéral” et impérialiste (sous réserve que ce ne soit pas déjà en cours) pour maintenir son taux de profit. C’est juste une question de temps.

      3- En cas d’effondrement à l’ouest, il n’est pas du tout certain du voir des Républiques Socialistes Soviétiques renaitre de leurs cendres (et ce ne sera toujours pas l’URSS de 1921, de 1932, de 1941 ou de 1991).

      Face aux difficultés que représenteraient un effondrement de l’ouest (et donc, de l’économie mondiale, Russes et Chinois compris), et avec le retour en grâce des idéaux révolutionnaires, prétendre qu’une nouvelle révolution russo-soviétique est impensable relève sans doute plus du pari que d’autre chose.

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    • bourdeaux // 27.09.2016 à 18h11

      Le capitalisme neolibéral n’est ni réformable ni irréformable, car comme tout systéme économique, sa capacité à se réformer ne dépend que du système politique auquel il est attaché dans un pays donné. Or, il m’avait semblé que les systèmes capitalistes avaient jusqu’ici été plutôt couplés à des sociétés de liberté (où la réforme est donc par nature possible), ce qui n’est pas étonnant car le capitalisme qui serait mis en route dans une société sans une bonne dose de libertés individuelles effectives ne pourrait pas vivre.
      A l’inverse il me semble que les sociétés qui ont pratiqué le marxisme ont toutes commencé par pratiquer une politique liberticide, et ont toujours combattu les libertés politiques (se souvenir par exemple du sort fait aux tentatives de libéralisation hongroise et tchécoslovaque dans les années froides). Il n’est donc pas surprenant qu’elles n’aient pu se réformer qu’une fois mortes.

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    • georges glise // 29.09.2016 à 14h59

      il me semble au contraire que depuis eltsine et poutine la russie est devenue un pilier du néolibéralisme, comme le japon, la chine et l’ue.

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  • Renard // 24.09.2016 à 20h03

    Il faudrait publier “Pourquoi le socialisme ?” d’Albert Einstein pour équilibrer 😉

    http://wp.me/p6haRE-qR

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  • theuric // 25.09.2016 à 01h18

    Ressasser les vieilles antiennes me paraît passablement limité, j’ai l’impression que les capacités inventives sont aujourd’hui forclos.
    Le problème que posent communisme et libéralisme économique est le même: qu’est-ce qui importe, la politique ou l’économie, poser la question c’est déjà y répondre.
    Si je parle d’un effondrement idéologique c’est que communisme et libéralisme n’existent plus puisqu’ils se sont amalgamés sous forme du néolibéralisme, système qui n’a fait qu’intégrer le pire de ses deux composants passés.
    Qui ne sont que les éléments complémentaires l’un de l’autre.
    Maintenant, nous devons construire de nouvelles approches et laisser aux historiens le soin d’étudier le passé.
    Ou alors nous retournerons en arrière en une rétrogression historique, voie sur laquelle nous sommes déjà entrés.
    Là se trouve notre réelle responsabilité, mais je crains qu’en cela peu sont ceux pouvant le comprendre, ce confort du conformisme nous mène tous au chaos, mais qui veut oser ne pas être entendu?

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  • antoniob // 25.09.2016 à 13h33

    Russell ne saisit pas que l’avènement des Bolchéviques n’était que le résultat d’une catastrophe économique, militaire, sociale, qui avait frappé la Russie depuis le début de la guerre en 1914. Le front germano-russe fut très meurtrier, avec des pertes russes énormes, les blocus des Empires centraux plongèrent le pays dans le chaos. Les Bolchéviques en exil reçurent aussi un appui de l’Empire Allemand, dans l’idée de déstabiliser le régime tsariste. L’idée allemande fonctionna: le régime s’effondra, mais crise économique grave, occupation étrangère et guerre civile forgèrent un état d’esprit de guerre permanente.
    Il n’agit plus du tout de la pertinence de théories se prévalant à tort ou à raison du marxisme, ni de valeurs éthiques, mais d’un état bolchévique qui s’est formé dans un état d’esprit de guerre totale, et qui conserve cette mentalité jusqu’à Kroutchov.
    Lénine puis Staline c’est comme une sorte de très longue Terreur sous le mot d’ordre de la patrie en danger.

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  • christian gedeon // 26.09.2016 à 01h25

    C’est fou quand même!il y en a encore pour “justifier ” Lénine et sa clique sanguinaire.Sidérant. En oubliant soigneusement de préciser que le sieur Lénine a été envoyé en Russie,sous haute protection…germanique,en train blindé,pour déstabiliser la Russie, et soulager le front russe de l’armée allemande. Ce qui fût fait. Que chacun en tire les conclusions qu’il voudra.

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  • Christophe Vieren // 26.09.2016 à 11h22

    La question est bien moins capitalisme versus socialisme (ou commuisme) mais DEMOCRATIE versus OLIGARCHIE.
    Il me semble donc que la noeud du problème est : comment organiser une véritable démocraite pérenne. Cela passe d’abord par une CONNAISSANCE la plus vaste et la plus partagée. ce qui posent la question de qui définit et diffuse l’information
    Et ensuite par les modalités des prises de décisions à tous les niveaux géographiques et temporels.
    La démocratie représentative semble avoir partout failli dans ses modalités actuelles même si certains pays font mieux ( pays scandinaves, suisse, ….) que d’autres (USA, France, …).

    La “démocratie” (une partie du peuple) athénienne semble avoir fait mieux puisqu’elle a été stable durant 170 ans (c’était encore la même partie du peuple qui gouvernait), avant d’être détruite par des causes extérieures (guerre).
    Probablement faut-il prendre ce qu’il y a de mieux dans les deux.

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  • Rimbelautre // 26.09.2016 à 13h25

    Un mot d’Illitch lui-même qui colle merveilleusement au texte du propagandiste occidental :

    “Ces intellectuels bourgeois qui se prennent pour le cerveau de la Nation, dans les faits, c’est pas un cerveau, c’est de la merde.”

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  • georges glise // 29.09.2016 à 15h09

    sur le marxisme, vous avez tous oublié que marx n’était pas marxiste; il décrit le capitalisme et son fonctionnement, et c’est toujours d’actualité; l’économie décrite par marx dans le capital reste vraie à 100 pour 100. quant à sa vision de l’histoire succession de modes de production dont l’un engendre l’autre, elle n’est guère contestable. le léninisme et le stalinisme se sont largement écartés de la théorie marxiste, et ils l’ont transformée en idéologie ressemblant à un soap opera.

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  • georges glise // 29.09.2016 à 15h23

    lénine eest cependant encore assez proche de marx (il avait 12 ans à la mort de marx:) pour lui la révolution en russie est une opportunité, mais il comptait surtout sur la révolution dans les pays développés, l’allemagne en particulier. lénine meurt en 1924, hélas pour la russie. staline inverse le léninisme en faisant des mouvements révolutionnaires des serviteurs zélés de la russie (komintern) et en transformant la dictature du prolétariat en dictature sur le prolétariat, et sur le plan économique c’est avec lui que l’accumulation primitive se réalise le plus, pour déboucher sur le développement néo-libéral après la dislocation de l’urss.

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