Source : La Tribune, Romaric Godin, 17/07/2016

Theresa May (à gauche) a rencontré Nicola Sturgeon à Edimbourg. Mais la tension anglo-écossaise demeure. (Crédits : RUSSELL CHEYNE)

Theresa May (à gauche) a rencontré Nicola Sturgeon à Edimbourg. Mais la tension anglo-écossaise demeure. (Crédits : RUSSELL CHEYNE)

La première ministre écossaise Nicola Sturgeon propose que l’Ecosse fasse partie de l’UE et du Royaume-Uni après le Brexit. Une option inspirée du statut du Groenland vis-à-vis du Danemark. En cas de refus de Londres, elle menace d’organiser un nouveau référendum sur l’indépendance dès 2017.

Nicola Sturgeon, la chef du gouvernement écossais, maintient la pression sur Londres. Vendredi 15 juillet, la nouvelle première ministre britannique Theresa May, s’est rendue à Edimbourg pour rencontrer Nicola Sturgeon. Un geste d’apaisement envers l’Ecosse qui, le 23 juin, a voté à 62 % pour le maintien dans l’Union européenne, alors que le Royaume-Uni dans son ensemble a voté à 52 % pour une sortie de l’UE.

Main tendue de Londres à Edimbourg

A l’issue de cette rencontre, Theresa May s’est engagé à ne pas utiliser l’article 50 du traité de l’UE, qui permet d’en sortir, avant d’avoir défini une position « britannique » sur la stratégie à mener. Autrement dit avant d’avoir intégré dans la position du gouvernement celle des autorités des trois nations autres que l’Angleterre (qui ne dispose pas d’autorité propre), et particulièrement de l’Ecosse.

Pour Nicola Sturgeon, cet engagement est important : il donne de fait une forme de droit de veto à l’Ecosse sur l’article 50, ce qu’elle a volontiers reconnu implicitement. Un droit qui, s’il ne lui permettra pas de stopper le Brexit, lui permettra de dicter ses conditions à l’UE – pressée d’ouvrir les négociations – et au gouvernement britannique – qui s’est engagé à réaliser le Brexit. Grâce à Theresa May, Holyrood, le siège du pouvoir écossais, dispose d’un nouveau moyen de pression.

L’exemple du Groenland

Lors de l’émission télévisée dominicale d’Andrew Marr sur la BBC ce 17 juillet, Nicola Sturgeon a ainsi reconnu ne pas exclure une solution où l’Ecosse pourrait demeurer à la fois dans l’Union européenne et dans le Royaume-Uni, alors que le reste de ce pays ne serait plus dans l’UE. Cette solution est évoquée depuis le 23 juin et est inspirée de certains précédents, comme celui du Danemark et du Groenland.

En 1983, les habitants du Groenland, territoire autonome danois, avait demandé à sortir de l’UE suite à des querelles sur des zones de pêches. En 1985, la grande île avait ainsi quitté l’UE formellement, alors que le Danemark y restait et que le Groenland continuait à faire formellement partie du royaume nordique.

Depuis, les autorités de Nuuq, la capitale du Groenland, ont gagné de plus en plus d’autonomie. Seule la politique étrangère, particulièrement celle relevant de la défense, reste l’apanage exclusif de Copenhague. Pour le reste, le pouvoir danois n’a plus guère son mot à dire dans la politique groenlandaise. Ceci a permis d’éviter l’indépendance du Groenland, mais cette province est clairement de plus en plus étrangère au Danemark. Pour le royaume nordique, cet abandon de l’idée indépendantiste (qui revient parfois, cependant, lors des élections) a un prix élevé : le Danemark finance encore une partie des dépenses publiques de Nuuq et le Groenland envoie 2 députés sur les 179 du Folketing, le parlement danois, qui participent en théorie à la définition de la politique danoise.

Un statut complexe à définir

Un schéma du même type pour l’Ecosse serait-il pensable ? Ceci appelle plusieurs remarques. D’abord, dans le cas danois c’est la « métropole » qui est dans l’UE, ici, ce sera la « province ». L’Ecosse appartiendra à un ensemble plus grand que le Royaume-Uni, ensemble que ce pays a clairement rejeté. La cohabitation s’annonce complexe : l’Ecosse sera plus faible dans le Royaume-Uni, mais pourra s’appuyer sur un ensemble supposé plus fort. Inévitablement, ceci pourrait déboucher sur des tensions.

De quoi déplaire à Londres

Du reste, cette solution supposera des changements considérables sur le plan constitutionnel au Royaume-Uni et dépendra largement des modalités de sortie de l’UE du pays. Si le Royaume-Uni ne dispose pas d’un accès au marché unique et de la libre-circulation avec l’UE, il faudra établir des contrôles sur les borders, la frontière entre l’Ecosse et le reste du Royaume-Uni. Il faudra déterminer en cas de conflit quelle législation aura la priorité entre celle de l’UE et celle du Royaume-Uni, et dans quels domaines. Ceci risque de faire grincer bien des dents à Londres.

D’autant qu’il faudra continuer de réserver 56 sièges sur 650 à l’Ecosse à la Chambre des Communes, ce qui représente 8,6 % du total (le Groenland ne pèse que pour 1,1 % du Folketing). L’Ecosse, membre de l’UE participera donc à la confection de la politique hors-UE du Royaume-Uni. Là encore, on imagine la grimace des Conservateurs anglais et de certains partis comme le UKIP.

Vers une dérive écossaise loin du Royaume-Uni ?

Le processus sera donc très complexe et, inévitablement, la question de la nature de l’appartenance de l’Ecosse au Royaume-Uni se posera. Il y aura de fait deux Royaume-Uni : l’un spécifique à l’Ecosse, l’autre regroupant Pays de Galles, Angleterre et Irlande du Nord comme aujourd’hui. Progressivement, la situation de l’Ecosse sera proche des « dépendances de la couronne », comme l’île de Man ou les îles anglo-normandes qui ne font ni partie du Royaume-Uni, ni de l’UE. Leur lien avec Londres se résument à des accords monétaires, politiques et commerciaux et à la reconnaissance du monarque comme souverain (dans les îles anglo-normandes au titre de « Duc de Normandie »).

Rendre l’indépendance inévitable ?

C’est, du reste, peut-être le but de la première ministre écossaise, chef du parti nationaliste SNP : séparer de fait l’Ecosse avant de la séparer de droit. Rendre inévitable progressivement le saut indépendantiste en construisant une solution intenable, mais qui aura conduit à séparer l’Ecosse du reste du Royaume-Uni.

Pas de veto écossais

Face à ce risque et à celui de faire durer indéfiniment le processus écossais préalable à l’ouverture de l’article 50, le nouveau « ministre britannique du Brexit », David Davis a haussé le ton et indiqué que l’Ecosse ne disposait pas d’un droit de veto. Il a précisé la démarche de Theresa May dimanche dans une interview à Sky TV. « Le but est de prendre en compte les inquiétudes des gens qui ont voté pour le maintien dans l’UE (…) et nous ferons ce que nous pourrons pour cela. Mais ils ne peuvent pas avoir de veto parce que nous avons eu 17,5 millions de personnes qui nous ont donné un mandat et nous ont dit ce que nous devons faire. Nous ne pouvons pas leur désobéir ».

Pas de double appartenance pour Londres

David Davis a rejeté, de plus, l’option d’une Ecosse britannique et membre de l’UE. « Je ne crois pas que cela marche. Un de nos défis les plus importants est de traiter de la frontière avec l’Irlande et nous n’allons pas créer d’autres frontières à l’intérieur du Royaume-Uni », a-t-il insisté. Bref, Londres a ouvert la porte aux discussions non pas sur le Brexit, mais sur la voie à suivre. David Davis prévient donc : même sans l’accord de l’Ecosse, l’article 50 pourrait être activé en décembre.

Dilemme pour Theresa May

Face à cette réponse, Nicola Sturgeon a prévenu dimanche que c’était « pour cette raison qu’elle préparait un second référendum sur l’indépendance en 2017 ». Autrement dit, Holyrood pose un ultimatum : ou l’Ecosse reste, d’une façon ou d’une autre dans l’UE, ou il y aura un processus de sécession. « L’Ecosse n’est pas une région du Royaume-Uni, c’est une nation et elle a fait le choix de rester dans l’UE », a indiqué Nicola Sturgeon. Cette menace est sérieuse pour Londres : dans les jours qui ont suivi le vote du 23 juin, les sondages ont donné plus de 55 % de « oui » à l’indépendance. Londres risque donc de devoir choisir entre le Brexit et l’indépendance écossaise.

Référendum unilatéral ?

En réalité, la situation est plus complexe. Le référendum de 2014 avait été accepté par Londres qui s’était engagée à reconnaître le résultat à l’issue d’un accord avec le gouvernement écossais. Cette fois, il n’est pas certain que Theresa May accepte le même processus. L’Ecosse en sera réduite à organiser un référendum unilatéral qui ne sera pas reconnu par le Royaume-Uni. Une grave crise politique pourrait en découler et ceci pourrait affaiblir le camp de l’indépendance en rajoutant de l’incertitude à l’incertitude. D’autant que l’économie écossaise, dépendante du pétrole, n’est pas au mieux.

Veto espagnol

Surtout, rien ne garantit une « bonne volonté européenne ». Jean-Claude Juncker, le président de la Commission européenne, s’est fait taper sur les doigts pour avoir reçu après le Brexit Nicola Sturgeon, ce qu’a refusé de faire Donald Tusk, le président du conseil de l’UE. Dans la foulée, l’Espagne et la France ont annoncé qu’ils refuseraient toute entrée simplifiée de l’Ecosse dans l’UE. En cas de référendum unilatéral ou de déclaration unilatérale d’indépendance, l’Ecosse risque de rencontrer un refus européen, alimenté par Madrid. En Catalogne, les Indépendantistes réfléchissent en effet à de tels moyens pour se séparer de l’Espagne. Le royaume ibérique ne peut accepter en Ecosse, ce qu’il refuse en Catalogne. Bref, la stratégie de Nicola Sturgeon est pleine d’audace, mais elle a des faiblesse.

Source : La Tribune, Romaric Godin, 17/07/2016

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38 réponses à Brexit : l’ultimatum de l’Écosse à Londres, par Romaric Godin

Commentaires recommandés

pyrignis Le 19 juillet 2016 à 02h39

Les états-nations sont les seules entités à faire encore face aux multi-nationales. C’est donc une stratégie tout a fait logique de leur par de vouloir les affaiblir. Et comme elle ont des moyens colossaux et qu’elle y ont toutes intérêt … les états-nations s’affaiblissent progressivement.

  1. dupontg Le 19 juillet 2016 à 00h50
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    comparer en pourcentage l’ecosse et ses 5 millions d’ecossais avec l’angleterre et ses plus de 50 millions n’est pas tres coherent..

    surtout quand dans le meme temps on refuse l’autodetermination de la Crimée qui disposait d’un statut encore plus autonome que l’ecosse,et de circonstances encore plus critiques


    • Anouchka Le 19 juillet 2016 à 11h13
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      Le pararele avec la Crimée est intéressant sauf que l’Ecosse se pense comme une nation à part entière, ce qui n’est pas le cas de la Crimée.


      • znarf Le 19 juillet 2016 à 16h14
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        Et pourquoi la Crimée ne se penserait pas comme une nation à part entière ?


        • vincent Le 19 juillet 2016 à 19h00
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          Vous voulez peut être un Kosovo Bis? Le diviser pour mieux régner est la stratégie de l’ouest depuis la guerre froide, de plus nombreux sont les pays à s’être constitué sur plusieurs peuples et à les faire coexisté, avec plus ou moins de violence, mais c’est toujours mieux de faire parti d’un ensemble, sinon quand on voit ce que la fin de l’autriche hongris à donner en terme de guerre, on sait ce qui se passera.


          • Olivier Berruyer Le 19 juillet 2016 à 20h48
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            “sinon quand on voit ce que la fin de l’autriche hongris à donner en terme de guerre, ”

            ce qui est intéressant, c’est que c’est quand même l’Autriche Hongrie qui a déclenché la 1ere Guerre Mondiale, je dis ça, je dis rien…


            • vincent Le 20 juillet 2016 à 01h08
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              Ecoutez les conférence d’Henri Guillemin sur la première guerre mondiale, et vous verrez que ce n’est pas aussi évident . Même Hannah Arendt l’a souligné dans un de ses ouvrages en citant Clémenceau. On lui demandait ce que retiendrait les historiens de ce “problème” il a répondu “Je l’ignore, mais ils ne diront pas que la Belgique a envahit la France.”

              La première guerre mondiale a été voulu par les parti de la guerre Russe et Français, L’Autriche Hongrie sur la Fin faisait coexister une myriade de peuple différent qui du jour au lendemain se sont retrouvés privée d’accès à la mer et à certaines ressources. L’Autriche Hongrie a été aussi le seul empire à préserver l’europe de l’invasion Ottomane. Depuis que cet empire a été détruit ces régions sont en retard ou en guerre sauf pour certaines.

              Enfin un empire ne règne pas 6 siècle sur tant de diversité si son fonctionnement n’est pas solide.

              Alors oui ils ont déclenché la guerre, les français ont fait en sorte que ce soit les autrichiens et les allemands qui ouvrent les hostilités pour que l’on retienne que c’est eux les fautifs.

              Alors avant d’accuser l’Autriche de toutes la responsabilité de la 1ère GM, revoyez votre jugement et creusez le sujet.

              Une piste.
              https://www.youtube.com/watch?v=d65aVl7s6RA bonne soirée


            • Anouchka Le 20 juillet 2016 à 08h17
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              Vincent,
              Sans vouloir lancer un débat sur les causes de la première guerre mondiale (qui sont très discutées par les historiens), il me semble très présomptueux d’accuser la France, qui n’avait à priori que très peu d’intérêt dans l’affaire.
              Même si tous ont joué un jeu dangereux, il me semble qu’il serait tout de même plus juste de dire que la première GM a été déclenchée par la rivalité entre les empires centraux et la Russie sur la question de leur influence réciproque dans les Balkans. Et les complexes d’infériorité impérialiste des Allemands(théorie de la Mitteleuropa) ont pesé très lourd dans la balance.


            • Anouchka Le 20 juillet 2016 à 08h51
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              Vincent,
              Concernant la pérennité de l’Autriche-Hongrie, il me semble important de souligner que l’unité était due au caractère monarchique et autocratique du pouvoir central.
              Certes la décomposition de ce vaste ensemble multi-ethnique était voulue par les Alliés (par les USA notamment) pour des raisons géostratégiques, mais on peut aussi penser qu’il aurait été difficile d’appliquer le principe démocratique dans un ensemble dominé par la composante allemande de la population (qui plus est à une époque où les idées racistes paraissaient tout à fait acceptables et légitimes)


            • vincent Le 20 juillet 2016 à 09h15
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              Eh bien de l’intérêt ils en avaient, peut être guillemin soulève une raison qui lui ait chère, mais je crois bien qu’il y en a eu d’autre, les politiques français ne voulaient pas de l’impôt sur le revenu, et déclencher une guerre était un moyen pour eux de faire reculer le vote de cette loi, bien sûr ils n’ont jamais cru qu’elle durerait autant de temps avec autant de mort, mais ils étaient très intéressé par la guerre.

              J’ajoute que la mort du prince héritier, a été fait par deux agents russes et que l’enquête autrichienne avait innocenté la Serbie de cet acte.

              La France a bien envahit le monde pour son propre intérêt pourquoi donc n’aurait elle pas fait la guerre à l’autriche pour les même raison? Et j’ai dit simplement que c’était un tord de vouloir faire porter le chapeau à l’Autriche c’est peu l’histoire officiel qui nous dit cela. La France a participé à la création de ce conflit sciemment, y a pas qu’un seul responsable,

              Peut être oui des régimes autocratique, mais rien n’empêche les évolution politique même au seins de ce genre d’état, au passage la France aussi s’est batit sur des peuples différents, Basque, Gascon, Celtes, Saxons, Latin, mais bon on les a tellement écrasé qu’aujourd’hui les différences ne se voient plus, il n’empêche que la france n’est plus un régime autocratique.


            • vincent Le 20 juillet 2016 à 09h19
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              On a voulu cette guerre, et on a fait sorte que les déclencheur soient ceux d’en face, même s’il a pas fallut grand chose pour pousser les allemands, pour moi les autrichiens n’y avaient rien a gagné. Le traité de Versaille est surement l’un des pire qui ait été appliqué à ces pays après les conquête de Napoléon. Alors gardons nous de nous penser les anges dans cette histoire, on a détruit l’autriche Hongrie mais la France elle est toujours là. Cherchez l’erreur.


        • cording Le 19 juillet 2016 à 19h53
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          La Crimée n’a jamais été une nation à part entière. Ses habitants ont plébiscité le retour à la mère-patrie la Russie.


        • Perekop Le 20 juillet 2016 à 10h27
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          Znarf : Poser la question, c’est révéler une bien grande ignorance. Ou vouloir provoquer ?
          L’histoire de la Crimée est liée à celle de la Russie depuis le Xe siècle, avec quelques interruptions, et la Crimée est essentiellement peuplée de Russes. Il n’y a jamais eu de “peuple Criméen”, doté de sa langue et de ses traditions.
          Je rappelle au passage qu’il n’y a pas non plus de “Kosovars”, il n’y a qu’un territoire historiquement serbe, peuplé de Serbes et hélas d’Albanais, aujourd’hui arraché à la Serbie pour le plus grand profit des Etats-Unis.
          Au contraire, l’Ecosse est une réalité à part entière, avec sa langue et son peuple, tous deux celtes.


  2. Caliban Le 19 juillet 2016 à 01h33
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    Sur le “long terme” (quelques décennies) il semble qu’on assiste à un affaiblissement général des Etats-nations.

    Le phénomène paraît global, un mouvement centrifuge s’empare des nations au fur et à mesure que s’accentue la globalisation. L’explication souvent avancée est celle d’un “replis identitaire” : face aux incertitudes croissantes qui affectent les peuples, les vieilles frontières historiques, culturelles & religieuses refont surface.


    • Caliban Le 19 juillet 2016 à 01h38
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      Dans ce contexte global / mondial, on peut s’interroger sur le rôle joué par la Construction européenne :
      • qui s’empresse de reconnaître certaines auto-déterminations (rappelons le comportement de l’Allemagne lors de l’explosion de la Yougoslavie) pour mieux s’élargir
      • qui met à mal d’un même mouvement le cadre démocratique national (l’inscription de l’ordo-libéralisme dans les traités prive les peuples de toute alternance politique véritable, voir l’épisode grec) et l’Etat providence (privatisation des services publics).
      • qui sape l’unité territoriale des Etats (redécoupages régionaux, c’est à dire création d’entités mieux adaptées pour traiter / s’endetter auprès de Bruxelles), voire linguistique

      Les exemples écossais et catalans – “indépendantistes pro-européens” – mettent en évidence un des plus gros mensonges de la Construction européenne :
      • loin d’apporter une solidarité paisible entre les nations, elle les détruit
      • loin de créer un “peuple européen”, la Construction européenne accentue le mouvement centrifuge des nationalismes


      • RGT Le 19 juillet 2016 à 19h20
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        Les écossais ne veulent pas être sous domination anglaise, et depuis des siècles…

        Les anglais sont des anglo-saxons et les écossais sont des celtes.

        Les anglais sont anglicans et les écossais catholiques.

        Les anglais n’aiment pas trop les français tandis que les écossais les adorent, histoire oblige (entraide contre l’ennemi commun entre autres).

        J’ai passé pas mal de temps en Écosse et je me sens beaucoup plus proche des écossais que des anglais…
        C’est vraiment culturel, nous pensons à peu près de la même manière alors qu’avec les anglais c’est plus difficile.

        Etc, etc, etc…

        En fait, les écossais se foutent royalement d’appartenir à l’UE. tout ce qu’ils souhaitent réellement c’est d’être débarrassés des anglais.

        L’UE n’est pour eux qu’un moyen leur permettant de “foutre dehors” ces #*! d’anglais.

        Ils vivent sous tutelle anglaise depuis des siècles. S’ils arrivent à s’en débarrasser ce n’est pas pour aller s’engouffrer dans une “nouvelle galère”.


        • laertes Le 19 juillet 2016 à 23h41
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          Les anglais sont des anglo-saxons et les écossais sont des celtes : non. L’Ecosse comme l’Angleterre a subi de nombreuses invasions : normandes, norvégiennes et l’élément celtique reste très important en Angleterre.
          “Les anglais sont anglicans et les écossais catholiques” certainement pas. Il y a plus de catholiques en Angleterre en pourcentage qu’en Ecosse. De plus l’Ecosse est en majorité presbytérienne (puritains calvinistes) .
          Non, les écossais ne ” se foutent pas royalement d’appartenir à l’UE”. Leurs votes sont assez partagés.


        • Grognard Le 20 juillet 2016 à 00h07
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          L’Auld Alliance a encore du sens chez les Scots.


      • leravidemilo Le 19 juillet 2016 à 19h32
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        quelques semaines du brexit, quelque 3 mois du referendum consultatif hollandais… je trouve inapproprié, et même injuste, de parler à propos de la Grèce, d’un “épisode”, y compris dans le cadre de votre argumentaire, que je partage.
        * Car d’une part, “l’épisode” est loin, d’être fini; Le peuple grec n’a vraiment pas dit son dernier mot, et l’hiver sera chaud!
        * Également du fait que le traitement infligé à ce peuple a joué le rôle de révélateur de la nature de l’U.E, et de l’euro, particulièrement pour les jeunes générations et en tous cas en France.
        * Mais également du fait que ce “petit” pays est situé dans une zone d’où peuvent surgir, assez prochainement, nombre de surprises, revers, et retournements géopolitiques, ce que noseurocrates patentés, dans leur légendaire aveuglement, ont visiblement oublié, dans leurs calculs.


      • Caliban Le 19 juillet 2016 à 22h50
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        @RGT
        Il ne faut pas exagérer la “domination” actuelle des Anglais sur les Ecossais. Cela dit, ces derniers sont parfaitement en droit de demander leur indépendance : mon propos n’est pas d’approuver ou des désapprouver les indépendantistes mais de tenter de comprendre le rôle que joue la Construction européenne dans la résurgence de ces nationalismes “endormis”. Comment comprendre par exemple pourquoi un peuple – écossais ou catalan – qui souhaite son indépendance s’appuie sur l’UE ? Comment agit l’UE dans cette circonstance ?

        @leravidemilo
        “épisode” indique justement une série. Par contre il me paraît difficile de dire si la prochaine crise sera en Grèce ou ailleurs. Pour les Grecs la situation est critique mais les issues politiques me paraissent désormais plus bouchées que jamais : comment un Grec pourrait-il encore avoir confiance dans son bulletin de vote aujourd’hui ?


        • RGT Le 20 juillet 2016 à 08h16
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          Concernant l’influence de l’UE sur l’indépendantisme écossais, il est vraiment négligeable.

          Relisez l’histoire (pas celle des vainqueurs) et vous verrez que ce sentiment est bien ancré en Écosse depuis très très longtemps…

          Déjà, dans les années 70, j’avais des amis écossais qui venaient en France et qui revendiquaient fortement leur identité et leur désir de quitter la “perfide Albion”.

          Les écossais parlent toujours leur langue entre eux et lorsqu’ils souhaitent faire comprendre à des anglais qu’ils sont des intrus ils leur parlent en écossais…
          Un peu comme les basques, les catalans ou certains corses (peu de corses en fait) dont les revendications sont largement antérieures à la naissance de l’UE.

          Ensuite que l’UE utilise ces identités pour faire pression sur les états-nations est un fait avéré, mais l’UE se contente seulement de tenter d’instrumentaliser des sentiments très anciens.
          D’ailleurs l’UE joue avec le feu car si ces identitaires refusent la tutelle des capitales locales ils risquent fort de refuser aussi la tutelle du “centre du monde”.
          Leur rapprochement vis à vis de Bruxelles est purement opportuniste. Mais ces crétins d’eurocrate$ administratifs et bornés ne peuvent pas le comprendre, l’identité étant un concept qui leur échappe totalement.


        • Caliban Le 20 juillet 2016 à 11h27
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          “Leur rapprochement vis à vis de Bruxelles est purement opportuniste. Mais ces crétins d’eurocrate$ administratifs et bornés ne peuvent pas le comprendre, l’identité étant un concept qui leur échappe totalement.”

          Si nous, nous parvenons à comprendre les enjeux je pense que n’importe quel crétin en est capable. Qu’il soit administratif, eurocrate ou écossais, ou les trois.

          En revanche je ne suis pas certain que ce que vous qualifiez d’opportunisme écossais ne soit pas plus simplement une supercherie : le parlement souverain d’Ecosse ne le serait plus du tout une fois en prise directe avec Bruxelles. Drôle d’indépendance, non ? Et s’agissant de l’UE, drôle de manière de promouvoir la concorde entre les peuples que de tenter de profiter de leurs divisions ancestrales…


    • pyrignis Le 19 juillet 2016 à 02h39
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      Les états-nations sont les seules entités à faire encore face aux multi-nationales. C’est donc une stratégie tout a fait logique de leur par de vouloir les affaiblir. Et comme elle ont des moyens colossaux et qu’elle y ont toutes intérêt … les états-nations s’affaiblissent progressivement.


      • Louis Robert Le 19 juillet 2016 à 16h36
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        Nous assistons à une lutte entre l’Empire corporatif financiarisé et les états-nations. Subvertis, ceux-ci ne tentent déjà plus que de préserver parfois, timidement et derrière des portes closes, les quelques miettes de “pouvoir” qu’accepte de leur concéder, à contrecoeur, cet Empire en quête d’une hégémonie mondiale incontestée. C’est dire que la bataille pour la survie de la démocratie est engagée et que, désespérant, le pronostic annonce clairement l’issue prochaine. Ce que certains appellent “le populisme” atteste précisément d’un dernier sursaut, dérisoire de lucidité, des populations agonisantes.


    • LS Le 19 juillet 2016 à 08h51
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      Le phénomène est global mais il ne s’agit pas uniquement, ni même principalement, d’un “repli identitaire”.
      L’optimisation territoriale d’une économie face à la mondialisation libérale est de constituer des ensembles présentant une population en paix, solidaire, résiliente aux crises, avec une spécialisation productive claire, un état de droit libéral (souveraineté collective faible), centrés sur des agglomérations dégagées des obligations de solidarités avec les territoires adjacents et en réseau entres-eux.
      Une communauté multiculturel n’est pas un avantage pour cela.
      Bien sûr, c’est optimal si les relations inter”nationales” sont pacifiques et ouvertes et qu’on se fous de justice sociale ou de démocratie, mais dans le cas contraire les gros ensembles nationaux souverains, même multiculturels, retrouvent leur intérêt.


    • red2 Le 19 juillet 2016 à 09h44
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      Ce repli identitaire dont vous parlez pourrait cependant aussi très bien profiter aux “vieilles Nations” potentiellement bien plus puissantes pour nous protéger de la globalisation.

      Ce ne semble cependant pas être le cas….

      Cela pourrait simplement avoir des cause très politiques, on fait croire aux naïfs qu’une écosse ou une Catalogne indépendante mènerai une politique differente de Londres ou de Madrid, une politique plus démocratique, plus sociale et moins pro 0,1%. Sauf que c’est simplement faux! La preuve ils voudraient rester dans l’UE… Et qui pense franchement que la classe politique et l’oligarchie catalane sont moins pire que celles de Madrid ? Comment croire que si l’Espagne ou le RU sont incapables de lutter contre la globalisation une Écosse ou une Catalogne indépendante le pourrait ? Le PIB de l’écosse c’est environ 230 milliard d’euro soit moins que la capitalisation de General-electric ou a peine plus de la moitié du chiffre d’affaire d’Exxonmobil (CA de 430 milliards de dollars…)


      • Caliban Le 19 juillet 2016 à 16h13
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        “Ce ne semble cependant pas être le cas…. ”

        Je crois que la Construction européenne est – dans un contexte propice – le petit “coup de pouce” qui favorise la “désintégration” des nations européennes. C’est sur l’UE que les indépendantistes s’appuient pour défendre leur cause et en retour c’est l’UE qui :
        • instaure une impuissance de fait des politiques nationales (les traités fixent les politiques économiques, sans alternative véritablement possible)
        • promeut les “euro-régions” (redécoupages, charte des langues régionales, …) pour mieux saper l’autorité étatique

        N’oublions pas que le fédéralisme est dans ce capharnaüm le plus petit dénominateur commun des européistes, le plus ancien aussi. Malgré toutes les difficultés engendrées, les échecs successifs et l’opposition populaire, il s’agit probablement la seule constante de la construction européenne. Une fuite en avant éperdue.


  3. Louis Robert Le 19 juillet 2016 à 03h35
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    Selon moi, le Royaume est bien plus Uni que l’on ne semble prêt à se l’avouer outre Manche. Ayant une longue histoire commune, les nations y ont tissé des liens subtils, très anciens et très forts, que rien ne saurait facilement rompre. Les liens du sang y seront les derniers à céder devant le “progrès” que prétendent apporter des institutions nouvelles.

    La Chine s’est bien accommodée d'”un pays, deux systèmes”, faisant fi du scepticisme occidental. Je parie donc que le Royaume saura bien adopter une position “aux caractéristiques toutes britanniques” dont, par delà les hauts cris, l’UE jugera dans son intérêt de s’accommoder.

    Non, le Royaume n’est pas la Grèce… et l’UE est bien plus dépendante de ses membres et vulnérable qu’elle n’ose se l’avouer. N’étant pas ce qu’elle croit être, un grand moment de vérité et de réalisme s’annonce déjà, incontournable.


    • Krystyna Hawrot Le 20 juillet 2016 à 12h10
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      En tout cas, la Grèce est un Etat nation unitaire et les Grecs restent un peuple uni. Malgré la crise, aucune île, ni même celles qui sont les plus prospères, la Crête et Rhodes, n’ont jamais demandé la sécession. Les nations existent et c’est une culture populaire nationale qui permet la sauvegarde des liens sociaux et la solidarité. Qu’on se le dise!


  4. Babar Le 19 juillet 2016 à 07h58
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    C’est tout le paradoxe de vouloir faire une entité européenne qui implique une solidarité entre ses membres mais dans un contexte néo libéral qui au contraire considère l’individu comme unité et prône la “libre concurrence” comme cadre.
    On voyait déjà que la concurrence interne entre les membres de l’UE était sévère, l’Allemagne qui s’était préparée à cela se taillant la part du lion.
    L’UE souhaite s’étendre et se renforcer mais son “idéologie” pousse vers l’atomisation.
    Toute région qui connaitra un développement accru par rapport au pays qui l’abrite souhaitera garder son avantage sans partage. On a pas fini de rire : d’un coté le cancer grandit par accrétion de l’autre les métastases se détachent…
    Quel autre pronostic possible que l’issue fatale du patient?


  5. SanKuKai Le 19 juillet 2016 à 10h54
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    “l’Ecosse sera plus faible dans le Royaume-Uni, mais pourra s’appuyer sur un ensemble supposé plus fort. Inévitablement, ceci pourrait déboucher sur des tensions.”

    Malin le petit “supposé” bien placé, Romaric 🙂
    Car on verra qui est plus faible ou plus fort lors du prochain défaut Grec ou de la prochaine déroute des banques Italiennes.


  6. cording Le 19 juillet 2016 à 11h51
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    Les Ecossais ont envie de changer de maître : des Anglais aux bureaucrates de l’UE plus lointains et intransigeants.


  7. Vincent Le 19 juillet 2016 à 12h32
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    Quitter un état fédéral (le R-U) avec qui les liens sont très forts , pour entrer dans un autre état fédéral (l’UE) autoritaire et sans lien culturel, me paraît incohérent.

    La bonne image de l’UE qu’ont les Ecossais, par simple anglophobie, me semble un prétexte. Mme Sturgeon est mauvaise joueuse, elle ne reconnaît pas le Non à l’indépendance voté en 2014. Elle veut rejouer le match, mais c’est trop tard. Il faudra revenir dans au moins 10 ans.


  8. Geneviève B 30 Le 19 juillet 2016 à 13h44
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    « Le but est de prendre en compte les inquiétudes des gens qui ont voté pour le maintien dans l’UE (…) et nous ferons ce que nous pourrons pour cela. Mais ils ne peuvent pas avoir de veto parce que nous avons eu 17,5 millions de personnes qui nous ont donné un mandat et nous ont dit ce que nous devons faire. Nous ne pouvons pas leur désobéir ».

    J”aime la fin du texte! J’aimerais bien entendre cela de nos dirigeants français! J’avais oublié que c’était possible! Serions nous dans un autre monde en France?


    • Jean Paul B. Le 19 juillet 2016 à 14h45
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      Exact, demandons aux représentants de l’attelage PS-PRG-EELV-Modem-LR ce qu’ils en pensent du mandat donné en mai 2005 par la majorité du peuple français lors du référendum sur la constitution européenne.
      La Démocratie oui, mais pas trop!!!


  9. ernest Le 19 juillet 2016 à 15h46
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    “Should Scotland be an independant country ?”

    Telle avait été la question posée aux Écossais il y a de cela moins de deux ans, et dont personne semble vouloir aujourd’hui se souvenir. Pourtant la réponse du peuple écossais fut alors très claire : “No”, à 55,3 %.

    Il me semble donc que ce prétendu débat (de savoir si l’Ecosse devrait rester dans l’UE) était clos avant même d’avoir surgi – du moins pris selon l’angle démocratique de la question : les Écossais ont fermement réaffirmé en 2014 leur appartenance au Royaume uni, et, en 2016, les britanniques DANS LEUR ENSEMBLE ont choisi de quitter l’UE.

    Il y a en effet un biais à considérer que les Écossais auraient exprimé leur souhait de rester dans l’UE, puisque la question leur a été posée EN TANT QUE BRITANNIQUES et non en tant qu’Écossais.

    Pour faire un parallèle, imaginons qu’en 2017 Juppé ou Hollande ou n’importe quelle autre calamité est élu Président de la République. Jamais les habitants de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur ne pourront se prévaloir de ce que Marine Le Pen aura fait le meilleur score dans leur région, pour faire sécession et obtenir que celle-ci devienne leur Président de la République à eux.


    • Subotai Le 19 juillet 2016 à 19h15
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      Dis comme ça, ça a l’air d’être politiquement logique, mais en réalité, le poids de l’Histoire donne aux choses un tout autre aspect.
      Le même type de démonstration avec la Corse comme sujet change totalement la donne. 🙂
      Sans parler de la Polynésie, de Mayotte, voire de la Bretagne…. 😀


      • Ernest Fleury Le 20 juillet 2016 à 08h31
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        A ma connaissance la Corse et la Bretagne sont toujours françaises, non ? Nous n’en sommes pas encore (mais ça vient, ça vient…) à organiser des referenda proposant l’indépendance de telle ou telle région (ah si, l’Alsace, avec le projet de CTA en 2013. Ils ont dit non très clairement à 56% des suffrages), n’en déplaise à Bruxington qui pousse sempiternellement dans ce sens là. Diviser pour mieux régner.

        https://www.upr.fr/conferences/les-euro-regions-et-lobjectif-des-redecoupages-territoriaux-en-france

        La question de l’appartenance à l’UE n’est qu’un prétexte brandi par les Européistes pour défaire ce qui a été réaffirmé haut et fort en 2014 par les Écossais eux-mêmes et qui constitue la question essentielle : la Grande Bretagne est-elle, oui ou non, une nation souveraine ? Le peuple Écossais en tout cas, lui, a dit oui. Lui a-t-on mal expliqué ? A-t-il mal compris la question ? A-t-il mal voté ? Doit il revoter ou faut il interpréter ce non comme un vote qui en fait voudrait dire oui ? La Sturgeon s’agite, mais les Ecossais, eux ? Je tends l’oreille…. non, je n’entends rien.


  10. vincent Le 19 juillet 2016 à 19h37
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    Au fait en parlant de l’Europe voici une excellente parodie qui devrait plaire aux lecteurs et à Olivier.

    https://www.youtube.com/watch?v=hSNetJf7ABU

    A voir les 6 épisodes valent le détour, je crains pourtant que cette peinture caricatural ait quelque réalité hélas.


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