Source : Jonathan Marshall, Consortium News, 05-11-2017

En se faisant l’écho de l’attitude belliqueuse israélo-saoudienne envers l’Iran, le président Trump répète les mêmes erreurs que ses prédécesseurs et invite à des guerres plus larges au Moyen-Orient, et qui pourraient venir renforcer la position de l’Iran, écrit Jonathan Marshall.

Tout juste après la Corée du Nord, l’Iran est le pays le plus diffamé par l’administration Trump. La Maison-Blanche soutient l’injonction du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou selon laquelle « Nous devons tous nous unir pour arrêter la marche de conquête, de soumission et de terreur de l’Iran ».

Le président Donald Trump s’adressant à l’Assemblée générale des Nations Unies le 19 septembre 2017, et consacrant une grande partie de son discours à dénoncer l’Iran. (Capture d’écran de Whitehouse. gov)

Répétant comme un perroquet l’affirmation de Netanyahou selon laquelle l’Iran est « occupée à engloutir les nations » du Moyen-Orient, le directeur de la CIA et membre conservateur du GOP [Grand Ol party, abréviation pour le Parti conservateur, NdT], Mike Pompeo, a averti en juin que l’Iran – qu’il a qualifié de « plus grand pays commanditaire du terrorisme au monde » – exerce désormais une « immense influence… qui dépasse de loin ce qu’elle était il y a six ou sept ans ».

Dans une entrevue avec MSNBC, Pompeo explique : « Que ce soit l’influence qu’ils ont sur le gouvernement de Bagdad ou le renforcement du Hezbollah et du Liban, leur travail aux côtés des Houthis au Yémen [l’article original dit « en Iran », mais à mon avis c’est une coquille, NdT], ou les chiites irakiens qui luttent maintenant le long de la frontière en Syrie… L’Iran est partout au Moyen-Orient ».

Rares sont ceux qui nieraient que l’influence de l’Iran dans la région s’est accrue au cours de la dernière décennie. Cependant, ce qui manque à ces terribles avertissements sur ses desseins impériaux, c’est une réflexion sur la façon dont les politiques agressives des États-Unis et de leurs alliés ont constamment échoué, créant un chaos inutile que l’Iran a exploité à des fins d’intérêt personnel et de légitime défense.

Prenons le cas du Hezbollah, une organisation chiite libanaise que les dirigeants israéliens décrivent comme une menace majeure et qui est presque certainement la cible de la prochaine guerre israélienne. Bien que cette organisation, forte, soutenue par l’Iran soit intervenue activement en Syrie pour soutenir le gouvernement Assad, elle décline toute intention de déclencher une guerre avec Israël.

Elle déclare cependant avec beaucoup d’audace son intention de dissuader une autre invasion israélienne de sa patrie. « Israël devrait réfléchir un million de fois avant de faire la guerre au Liban », a déclaré son leader plus tôt cette année.

Encouragée par les invasions israéliennes

En fait, le Hezbollah doit son existence même aux invasions répétées d’Israël contre leur pays. En 1982, Israël a rompu le cessez-le-feu avec l’Organisation de libération de la Palestine et a envahi le Sud-Liban avec 60 000 soldats. L’administration Reagan n’a pris aucune mesure pour mettre fin à cette invasion, qui a fait des milliers de victimes parmi la population civile et qui a monté une grande partie de la population contre Israël.

Des corps de réfugiés palestiniens dans le camp de Sabra au Liban, 1982, un massacre perpétré par des alliés israéliens au Liban. (Crédit photo : Office de secours et de travaux des Nations Unies pour les réfugiés de Palestine dans le Proche-Orient)

Avec l’argent et les conseils iraniens, la résistance chiite au Liban s’est unie autour de l’organisation connue sous le nom de Hezbollah. « Nous exerçons simplement notre droit légitime à défendre notre islam et la dignité de notre nation », affirme le groupe dans l’un de ses tracts idéologiques. « Nous avons fait appel à la conscience du monde, mais nous n’avons rien entendu. »

Des années plus tard, l’ancien premier ministre israélien Ehoud Barak a admis que « c’est notre présence [au Liban] qui a créé le Hezbollah », et l’ancien premier ministre Yitzhak Rabin a appuyé cette affirmation, rajoutant qu’Israël avait laissé le « génie sortir de la bouteille ».

En 2006, Israël a de nouveau envahi le Liban, cette fois pour exterminer le Hezbollah. Les attaques aveugles d’Israël contre des civils ont été condamnées par les organisations internationales de défense des droits de l’homme. Elles ont également réussi à renforcer l’ennemi même qu’Israël cherchait à anéantir.

« Surtout depuis la guerre de 2006 avec Israël… une écrasante majorité des chiites ont adopté le Hezbollah comme défenseur de leur communauté », écrit Augustus Richard Norton dans son étude Hezbollah: A Short History. « Cela suggère que les étrangers… cherchant à réduire l’influence du Hezbollah au Liban doivent corriger leur discours sécuritaire plutôt que de prendre des mesures qui le valident. »

Au lieu de cela, bien sûr, les États-Unis et leurs alliés arabes sunnites et turcs ont favorisé le renversement violent du gouvernement syrien, attirant les forces du Hezbollah dans la lutte pour la survie de leur allié de longue date. Alors que le Hezbollah a payé un prix politique et humain pour son expédition militaire, ses soldats ont acquis une énorme expérience de combat, ce qui en fait un ennemi d’autant plus redoutable.

Le cadeau irakien

Le plus grand cadeau géostratégique de Washington à l’Iran a été le renversement sans provocation de l’ennemi juré de l’Iran, Saddam Hussein, en 2003. L’Iran avait perdu des centaines de milliers de vies et des centaines de milliards de dollars dans une guerre de huit ans avec l’Irak, déclenchée par l’invasion de Saddam Hussein en 1980. Non seulement l’administration Bush a tué Saddam, mais elle a aussi donné le pouvoir politique à la majorité de la population chiite irakienne, qui s’est tournée vers l’Iran pour obtenir des conseils spirituels et politiques.

Au début de l’invasion américaine de l’Irak en 2003, le président George W. Bush a ordonné à l’armée américaine de mener un assaut aérien dévastateur sur Bagdad, connu sous le nom de « choc et terreur ».

Cette aubaine n’ a peut-être pas été entièrement de la chance. Le principal lobbyiste irakien de la guerre, le chouchou des néoconservateurs Ahmed Chalabi, a par la suite été identifié par les autorités américaines comme un élément clé du renseignement iranien. Les agents du contre-espionnage américains ont conclu que Chalabi et d’autres exilés irakiens, qui ont colporté de fausses allégations au sujet des armes de destruction massive de l’Irak, avaient « été utilisés comme agents d’un service de renseignement étranger… pour atteindre et influencer les plus hauts niveaux du gouvernement américain », selon les termes d’un rapport du Comité sénatorial du renseignement.

Mais le bureau du secrétaire à la Défense Donald Rumsfeld a mis fin à l’enquête, laissant Chalabi diriger la purge politique du gouvernement irakien, puis devenir vice-premier ministre et ministre irakien du pétrole. La purge dirigée par les Chalabi a pris pour cible les politiciens sunnites irakiens, aggravant la division sectaire du pays et alimentant l’insurrection qui sévit encore aujourd’hui dans le pays. La violence a renforcé l’influence de l’Iran dans le pays, car les milices chiites demandaient l’aide de Téhéran pour défendre leurs communautés.

En même temps, l’opposition populaire à l’occupation américaine a entraîné la montée des terroristes sunnites radicaux. C’est de leurs rangs toujours plus nombreux dans les prisons irakiennes qu’est né l’État islamique. L’État islamique a fait des avancées fulgurantes dans une grande partie de l’ouest de l’Irak en juin 2014, avec la conquête de Fallujah, Tikrit et Mossoul, la deuxième ville la plus peuplée du pays. Alors que son existence même est menacée, le gouvernement irakien assiégé se félicite de l’envoi immédiat de 2 000 soldats iraniens pour aider à bloquer l’offensive de l’État islamique. L’armée de l’air syrienne a également commencé à frapper les bases de l’État islamique en coordination avec Bagdad.

Pression malencontreuse

Washington, en revanche, a rejeté l’appel de l’Irak pour des frappes aériennes et a suggéré que son gouvernement dirigé par les chiites devrait se retirer pour apaiser les sunnites lésés. Ce n’est qu’en août 2014 que le président Obama a autorisé un bombardement limité de l’État islamique pour protéger les minorités menacées par leur avancée militaire. Il va sans dire que de nombreux Irakiens ont remercié l’Iran pour son soutien militaire à un moment critique.

Le journaliste James Foley peu avant son exécution par un agent de l’État islamique en 2014.

« Les Iraniens jouent une partie longue et un jeu de patience », a déclaré Sajad Jiyad, le directeur du Centre de planification et d’études d’Al Bayan à Bagdad. « Ils risquent leur peau. Ils ont perdu trois ou quatre généraux et une douzaine d’officiers supérieurs. »

Alors, lorsqu’un secrétaire d’État « maladroit », Rex Tillerson, s’exprimant en Arabie saoudite, a récemment exigé que Bagdad renvoie chez eux des unités paramilitaires soutenues par l’Iran et qui ont aidé à vaincre l’État islamique, cela n’a pas été très bien reçu par le Premier ministre irakien Haider al-Abadi.

« Aucune partie n’a le droit d’intervenir dans les affaires irakiennes », a-t-il déclaré. Abadi a qualifié les forces de mobilisation populaire de « patriotes irakiens », et non pas de simples mandataires de l’Iran, et a insisté sur le fait qu’elles « devraient être encouragées car elles seront l’espoir du pays et de la région ». Encore quelques points de plus pour Téhéran.

L’État islamique ne se serait peut-être jamais propagé en Syrie si les États-Unis n’avaient pas publiquement promu le renversement du gouvernement Assad en 2011, après des années d’efforts clandestins de Washington et d’Israël pour affaiblir le régime et promouvoir les divisions sectaires au sein de la Syrie.

Le renversement du régime de Kadhafi en Libye, soutenu par les États-Unis, a grandement contribué à la montée des forces islamistes radicales en Syrie, et a libéré d’importants stocks d’armes et des centaines de combattants endurcis pour répandre leur révolution en Syrie.

Vers la fin de 2011, des États dirigés par les sunnites comme la Turquie, l’Arabie saoudite et le Qatar ont commencé à financer et à armer les rebelles islamistes militants en Syrie, y compris Al-Qaïda et même l’État islamique. La guerre qui en a résulté a fait des centaines de milliers de morts parmi les combattants et les civils, déraciné des millions de réfugiés et dévasté des cités antiques.

L’administration Obama s’est avérée tout aussi naïve que l’administration Bush quant à l’efficacité de l’intervention armée. Décrivant les espoirs de la Maison-Blanche selon lesquels le soulèvement de la Libye « se propagerait dans d’autres nations de la région » et alimenterait les mouvements anti-régime en Syrie et en Iran, le Wall Street Journal a rapporté : « La Syrie a été pendant 30 ans l’allié stratégique le plus proche de l’Iran dans la région. Les responsables américains estiment que le défi croissant lancé au régime de M. Assad pourrait motiver les forces démocratiques iraniennes. »

Au lieu de cela, bien sûr, le conflit syrien a poussé les partisans de la ligne dure iranienne à envoyer des unités des Gardiens de la révolution et des forces du Hezbollah pour défendre leur allié. Avec l’aide de la puissance aérienne russe, ils ont inversé la tendance en faveur d’Assad, laissant le régime de Damas intact et largement redevable à Téhéran.

Le gâchis yéménite

Reprenant les allégations de longue date de l’Arabie saoudite, l’administration Trump insiste également sur le fait que l’Iran est un important bailleur de fonds des forces tribales houthi qui ont balayé le nord du Yémen pour prendre le contrôle de la majeure partie du pays au début de 2015. En mars de cette année-là, avec le soutien des États-Unis, une coalition d’États arabes dirigée par les Saoudiens a lancé une campagne militaire contre la terre brûlée pour chasser les Houthis, au nom de la résistance contre l’Iran.

Le roi saoudien Salman dit au revoir au président Barack Obama à l’Erga Palace après une visite d’État en Arabie saoudite le 27 janvier 2015. (Photo officielle de la Maison-Blanche par Pete Souza)

Les bombardements aveugles de la coalition sur des cibles industrielles et d’autres cibles civiles, y compris des écoles et des hôpitaux, ont dévasté une grande partie du pays et détruit l’économie. Son blocus des ports a provoqué une famine massive et déclenché la pire épidémie de choléra au monde.

« Les cyniques peuvent faire valoir que la véritable stratégie de la coalition saoudienne est de compter sur la famine et la maladie pour user le peuple yéménite », a observé l’ancien conseiller de la Maison-Blanche et analyste de la CIA Bruce Riedel. « Les Nations Unies ont qualifié la guerre de pire catastrophe humanitaire du monde… (Cependant) l’Iran est le seul pays gagnant, car il fournit aide et expertise aux Houthis à une infime fraction du coût de l’effort de guerre saoudien, tandis que les ennemis du Golfe de la République islamique dépensent leurs fortunes pour un conflit dans lequel ils se sont lancés sans but ultime ni stratégie. »

Les experts soulignent que Washington a choisi le mauvais allié dans cette confrontation. « Les Houthis sont l’un des rares groupes du Moyen-Orient qui n’ont guère l’intention ou la capacité d’affronter les États-Unis ou Israël », écrit Asher Orkaby, conférencier à Harvard. « Loin d’être aligné sur les extrémistes, le mouvement houthi s’est souvent opposé à l’État islamique… et Al-Qaïda dans la péninsule arabique. C’est l’Arabie Saoudite qui soutient depuis longtemps les groupes islamistes sunnites au Yémen. »

Pour ajouter à l’ironie du sort, les cheikhs paranoïaques de Riyad ont créé la menace même qu’ils ont décidé d’écraser avec leur invasion en 2015. Les liens iraniens avec les Houthis étaient jusqu’alors négligeables. Commentant les années de tentatives visant à les salir comme des pions de l’Iran, l’ambassadeur des États-Unis au Yémen a rapporté dans un câble classifié en 2009, « Le fait que… il n’y a toujours pas de preuves convaincantes de ce lien doit nous forcer à considérer cette allégation avec un certain scepticisme. »

Deux anciens membres du Bureau de la planification des politiques du Département d’État ont récemment confirmé que « la grande majorité de l’arsenal Houthi… a été saisi dans des stocks de l’armée yéménite », non fournis par l’Iran.

Cependant, à mesure que la guerre dévastatrice se poursuit, l’Iran a fourni aux Houthis une formation, des conseils et des munitions terrestres modestes. « L’Iran a exploité, à bon marché, la campagne menée par les Saoudiens, et a ainsi fait du renforcement de l’influence iranienne au Yémen une prophétie saoudienne qui se réalise elle-même », observent-ils.

« En assistant les Saoudiens au Yémen », ajoutent-t-ils, les États-Unis ont… renforcé l’influence iranienne au Yémen, sapé la sécurité saoudienne, rapproché le Yémen de l’effondrement et provoqué davantage de morts, de destructions et de déplacements dans la population yéménite. »

Le Qatar et au-delà

Dans un moment de folie singulière, le président Trump a twitté en juin dernier son soutien à un blocus politique et économique dirigé par les Saoudiens contre le Qatar, un émirat minuscule mais riche en gaz du Golfe. Riyadh est en partie lésé par le parrainage d’Al Jazeera, le radiodiffuseur politiquement dérangeant du Qatar. L’action de Trump a surpris et embarrassé le Pentagone, qui exploite une immense base militaire au Qatar.

Le président Donald Trump pose pour des photos avec des épées cérémonielles à son arrivée au palais de Murabba, en tant qu’invité du roi saoudien Salman, le 20 mai 2017, à Riyad, en Arabie Saoudite. (Photo officielle de la Maison-Blanche par Shealah Craighead)

L’Iran a rapidement profité de cette dernière gaffe saoudienne. Il a ouvert son espace aérien aux vols qatariens qui étaient interdits de traverser la péninsule arabique. Il a expédié des vivres pour remplacer les fournitures perdues par la fermeture de la frontière saoudienne du Qatar. En remerciement, le Qatar a rétabli des relations diplomatiques complètes avec Téhéran après avoir rappelé son ambassadeur il y a deux ans.

« Ce conflit a poussé le Qatar vers d’autres acteurs cruciaux de la région : l’Iran, la Turquie, la Russie, la Chine », a déclaré Rob Richer, ancien directeur adjoint associé des opérations à la CIA. « Ce sont des joueurs qui ont maintenant beaucoup plus d’influence, car nous diminuons notre influence dans la région. De cette façon, le blocus a en fait sapé tout ce que les Saoudiens et les Émiratis voulaient en poussant les Qatariens dans les bras de ces autres acteurs régionaux. »

Jour après jour, en d’autres termes, les États-Unis et leurs partisans de la région ont semé le désordre par leurs interventions militaires secrètes ou non au Moyen-Orient. Il est tout à fait naturel que l’Iran, qui a longtemps été la cible de Washington et de ses alliés (parfois pour des raisons compréhensibles), tente de saisir les occasions de défendre ses intérêts.

La leçon que nous devrions en tirer, c’est que la lutte contre l’Iran et la promotion des intérêts américains en matière de sécurité exigeront moins d’interventions de l’extérieur, et pas plus d’incursions auto-destructrices dans la région.

Comme l’a récemment observé Renad Mansour, chercheur de Chatham House, tant que les États-Unis n’auront pas surmonté leurs réactions contre-productives face aux craintes obsessionnelles de l’influence iranienne, « les Iranophobes auront raison sur une chose : l’Iran est le joueur le plus intelligent de la région ».

Jonathan Marshall est l’auteur ou le co-auteur de cinq ouvrages sur la sécurité nationale et les relations internationales.

Source : Jonathan Marshall, Consortium News, 05-11-2017

Traduit par les lecteurs du site www.les-crises.fr. Traduction librement reproductible en intégralité, en citant la source.

29 réponses à Comment les bévues américaines ont renforcé l’Iran, par Jonathan Marshall

Commentaires recommandés

Duracuir Le 30 décembre 2017 à 09h53

Trump n’est que le visage des USA. Arrêtez cette attitude puéril qui consiste à tout charger sur Trump en se disant qu’une fois dégagé, Oncle Sam deviendra intelligent, honnête et bienveillant.
On a fait la même erreur avec Bush. Et quoi? Même Obama a du s’écraser en moins de deux devant le deep state et le fait qu’il soit beau, classe et noir n’a pas empêché que sous sa présidence les USA ont balancé plus de bombes que sous Bush, qu’il aient réduits la Libye, le Soudan du Sud, le Yemen, à une bouillie sanglante, qu’il y a eu plus d’assassinats “ciblés” que sous Bush, avec plus de “dommages collatéraux”, que Gantanamo est resté ouvert, qu’ils ont réprimé la démocratie hondurienne dans le sang, qu’ils ont générés une anarchie fachiste en Ukraine avec un risque élevé de guerre mondiale, qu’ils ont magouillé d’indignes carabistouilles médiatico judiciaires au Brésil, au Chili, en Argentine pour en chasser les politiciens réellement attachés à la souveraineté de leur pays pour les remplacer par des larbins, qu’ils ont plongé la Syrie dans une folie sanglante par une “révolution de couleur”, qu’en politique intérieure, ils ont autorisé les banques à saisir les biens des particuliers sans titre de propriété, qu’ils ont fait proliférer les gaz de schiste en pourrissant leur sol et leur eau, qu’ils ont creé une pseudo sécu qui ne profite qu’aux labos et professionnels avec explosion des coûts des primes, explosion des franchises, explosion des coûts des actes, abaissement dramatique des plafonds de remboursement. Sous Obama, les flics ont tué plus de monde que sous Bush et la police s’y est militarisé. Les coûts de l’enseignement supérieur ont été multiplié par quatre, et j’en passe et j’en passe. Et pourtant je reste persuadé qu’Obama était un type bien ,mais sans réseau ni appui.
Et quand je vois comment Trump est traité alors qu’il est riche et dispose de puissants appuis, je comprends mieux le pourquoi sous Obama.
Trump est un type répugnant certes, mais ne croyez pas que la folie, la profonde stupidité et la monstruosité actuel de l’action des USA n’est du qu’à Trump. Lui passé, tout continuera et empirera.

  1. atanguy Le 30 décembre 2017 à 06h35
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    “Dans un moment de folie singulière, le président Trump a twitté en juin dernier son soutien à un blocus politique et économique dirigé par les Saoudiens contre le Qatar”

    Comme si la folie de Trump n’était pas continue… Enfin,on commence ici a comprendre que Trump est un fou dangereux qui n’hésitera pas a déclencher une guerre au moyen orient comme d’ailleurs des guerres dans le reste du monde.


    • Duracuir Le 30 décembre 2017 à 09h53
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      Trump n’est que le visage des USA. Arrêtez cette attitude puéril qui consiste à tout charger sur Trump en se disant qu’une fois dégagé, Oncle Sam deviendra intelligent, honnête et bienveillant.
      On a fait la même erreur avec Bush. Et quoi? Même Obama a du s’écraser en moins de deux devant le deep state et le fait qu’il soit beau, classe et noir n’a pas empêché que sous sa présidence les USA ont balancé plus de bombes que sous Bush, qu’il aient réduits la Libye, le Soudan du Sud, le Yemen, à une bouillie sanglante, qu’il y a eu plus d’assassinats “ciblés” que sous Bush, avec plus de “dommages collatéraux”, que Gantanamo est resté ouvert, qu’ils ont réprimé la démocratie hondurienne dans le sang, qu’ils ont générés une anarchie fachiste en Ukraine avec un risque élevé de guerre mondiale, qu’ils ont magouillé d’indignes carabistouilles médiatico judiciaires au Brésil, au Chili, en Argentine pour en chasser les politiciens réellement attachés à la souveraineté de leur pays pour les remplacer par des larbins, qu’ils ont plongé la Syrie dans une folie sanglante par une “révolution de couleur”, qu’en politique intérieure, ils ont autorisé les banques à saisir les biens des particuliers sans titre de propriété, qu’ils ont fait proliférer les gaz de schiste en pourrissant leur sol et leur eau, qu’ils ont creé une pseudo sécu qui ne profite qu’aux labos et professionnels avec explosion des coûts des primes, explosion des franchises, explosion des coûts des actes, abaissement dramatique des plafonds de remboursement. Sous Obama, les flics ont tué plus de monde que sous Bush et la police s’y est militarisé. Les coûts de l’enseignement supérieur ont été multiplié par quatre, et j’en passe et j’en passe. Et pourtant je reste persuadé qu’Obama était un type bien ,mais sans réseau ni appui.
      Et quand je vois comment Trump est traité alors qu’il est riche et dispose de puissants appuis, je comprends mieux le pourquoi sous Obama.
      Trump est un type répugnant certes, mais ne croyez pas que la folie, la profonde stupidité et la monstruosité actuel de l’action des USA n’est du qu’à Trump. Lui passé, tout continuera et empirera.


      • olivier Le 30 décembre 2017 à 11h31
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        “Et pourtant je reste persuadé qu’Obama était un type bien , »

        Vous venez de démontrer le contraire apres une longue listes de faits. Mais non, l’aveuglement est plus fort que vous, vous accrochez aux apparences pour juger : « le fait qu’il soit beau, classe et noir ».

        Mais je ne m’étonne même pas, les barrieres mentales sont pour beaucoup incontournable. L’epoque ne sais plus juger, l’esprit critique est paralysé. Sur un autre fil en revanche, Ben Salman ne trouve aucune grâce à vos yeux. Les boussoles qui indiquent le sud ont au moins le bon gout d’indiquer quelque chose de cohérent.


        • Duracuir Le 30 décembre 2017 à 12h19
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          Je reste persuadé qu’Obama a fait ce qu’il a pu avec ce qu’il avait. C’est à dire très très très peu.
          Malgré tout, je me rappelle fort bien que pour l’affaire Libyenne, il s’est méchamment fait forcer la main. En l’affaire Ukrainienne, il a fait en sorte d’éviter le pire et il fut à l’origine, non pas de la détente d’une situation qui s’acheminait vers le critique, mais à l’arrêt de la montée de tension, et ne l’oublions pas, avec Hollande en petit télégraphe entre lui et Poutine.
          En l’affaire Syrienne, il a stoppé au dernier moment les velléités bellicistes de ses faucons arc-bouté sur la décision de la chambre anglaise(en laissant d’ailleurs Hollande tout seul avec ses petits poingts).
          En l’affaire Iranienne il a toujours tenté l’apaisement à la fureur de la Clinton et de son gang néocon.
          Je n’oublie pas qu’il a viré tous les néo-cons de Bush de la haute administration mais que la Clinton lui a réimposé assez rapidement.
          Ensuite, je ne vois pas le rapport avec MBS, crétin sanguinaire s’il en est.


          • olivier Le 30 décembre 2017 à 13h54
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            Le rapport est simple, vous distribuez des bons point en fonction d’un jugement relativiste qui vous est propre. Classe Obama, abject Trump, crét!n MBS. Basé sur quoi ? apparement pas sur les faits, mais une volonté qui s’auto-justifie. Le crét!n a pris les rênes de l’AS en attendant.

            Vos bons point de moralité ont le gout du partis pris subjectif. Vous croyez sottement qu’Obama est arrivé la ou il est par hasard alors que vous n’avez que l’etat profond à la bouche ? pauuuuvre Obama, victime éternelle…


            • tepavac Le 30 décembre 2017 à 14h59
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              ” pauuuuvre Obama, victime éternelle…”

              Avec cette retombée, vous contredisez ce que vous reprochez à Duguesglin, a savoir “la distribution des bons-points”.

              Pourtant vous avez raison, répéter mécaniquement les noms d’oiseaux inlassablement reproduit par les médias, fini par s’insérer dans tous les discours. Même les nôtres, c’est désolant. Car nous devons bien l’admettre, que savons-nous réellement de ces personnes hormis ce que diffusent à longueur de temps ces médias ?

              Médias, dont nous sommes certains qu’ils tout sauf indépendants, pour ne pas dire très partisans.

              Concernant MBS, tout est dit dans le billet annexe, Trump élu, toute l’équipe de l’AS qui à ouvertement soutenue Clinton à été mise hors-jeu!


            • Olivier Le 31 décembre 2017 à 15h50
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              1) c est duracuir et non pas ´duglesguin’

              2) l’ironie vous echappe

              3) vous m’avez mal compris. Je n’evoque rien de mecanique meme si vous n’avez pas tord de souligner un certain conformisme moutonier. Je parle d’une tendance a juger moralement sur des bases indefinies et plus que floues.

              J’estime qu’on a assez d’element pour porter un jugement. Je n’ai nullement besoin de sonder les coeurs et les reins pour faire l’addition des 2 mandats d’Obama.


  2. DUGUESCLIN Le 30 décembre 2017 à 07h40
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    Les pressions sont énormes sur Donald Trump. Les hégémonistes ne le lâchent pas.
    Mais en obtempérant à leurs injonctions, ou en jouant leur jeu, il ne fait que renforcer les alliances anti-hégémonistes. Est-ce un habile calcul de sa part qui lui permettra “in fine” d’appliquer sa politique d’abandon des ingérences sans être accusé de trahison?
    Donald Trump est difficile à situer, en joue-t-il volontairement? Jouer au fou pour inquiéter tout le monde, est une façon possible de brouiller le jeu. C’est au résultat final que nous pourrons en juger.


    • atanguy Le 30 décembre 2017 à 07h51
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      @DUGUESCLIN
      “C’est au résultat final que nous pourrons en juger.”
      Ben oui,le résultat final sera bien final quand tu auras,avec moi, reçu une bombe sur la tronche.


      • DUGUESCLIN Le 30 décembre 2017 à 08h23
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        Nous avons de bonnes raisons d’avoir peur face aux incertitudes. Mais si Clinton avait été élue, alors qu’elle voulait bombarder l’Iran, nous ne serions plus dans l’incertitude, qu’en serait-il aujourd’hui?
        Nous aurions peut-être déjà pris des “bombes sur la tronche”. Ou peut-être pas. Le “bluff” est dans la culture américaine.


        • atanguy Le 31 décembre 2017 à 21h18
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          “Les Etats-Unis n’ont “jamais été aussi proches” d’une guerre nucléaire avec la Corée du Nord, a déclaré dimanche l’ex-chef d’Etat-major américain Mike Mullen, pour qui le président Donald Trump a créé une atmosphère “incroyablement dangereuse”.”
          cqfd
          Quant a Clinton,n’oublies pas qu’elle était en campagne et qu’elle voulait avoir “l’air guerrier” du fait que c’est une femme. Certainement une grosse bêtise de sa part…


    • Kiwixar Le 30 décembre 2017 à 09h37
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      @Duguesclin : je partage ton avis, Trump est difficile à cerner (qu’y a-t-il sous les excès et les louvoiements pour ne pas se faire assassiner) et c’est aux résultats qu’on pourra l’évaluer. Déjà, si on pouvait finir 2018 sans une guerre majeure (Iran, Corée) permettant aux Marionnettistes un reset du système financier mondial…


    • Chris Le 30 décembre 2017 à 12h08
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      Une personnalité difficile à cerner, qui affronte un rejet complet de la nomenklatura US, tweete et retweete, gigote dans tous les sens, saute d’un plat à l’autre et réussit l’exploit de laisser la responsabilité de sa politique extérieure… au Congrès (vote d’aout 2017) !
      Trump à lui tout seul est une entreprise de démolition qui réussit plutôt bien : à ma grande satisfaction.
      Il démolit l’Empire, enlevant cale après cale, mine de rien, en brouillant les pistes et s’illusionnant lui-même. Après Trump, les USA ne seront plus jamais comme avant. Finalement, les Deplorables l’ont bien choisi.
      Il incarne parfaitement l’emblématique Donald (*Duck, 1934)… après Mickey Mouse-Obama.
      Oui c’est un fou, mais pas plus abruti que ses coreligionnaires hallucinés et cramponnés au pouvoir dans leurs officines climatisées.
      Une incarnation d’un Gorbatchev américain ?
      * Saviez-vous qu’un dessin aniné de 1941 fut consacré à la mobilisation du Donald lorsque les États-Unis entrèrent en guerre contre le Japon ? Une WW2 qui allait consacrer la puissance des USA : tout un symbole.


    • bluetonga Le 30 décembre 2017 à 12h52
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      Une chose est claire : jamais un président américain n’a dû faire face à une telle coalition dès les débuts de son mandat : la quasi-totalité des médias, la totalité de l’appareil démocrate et une bonne partie de l’appareil républicain, les cadres et des pans entiers d’organismes tels que le FBI voire la CIA ou le Pentagone, qui avaient leurs aises avec HRC. Sans vergogne, tous ces honorables apparatchiks visent peu ou prou l’impeachment sous le prétexte de scandales bidons, montés de toutes pièces comme le russiagate. Que Trump ne soit pas encore KO, dans les cordes ou au tapis implique pour le moins un très bon jeu de jambes, une maestria de l’esquive et de la feinte.

      A noter que c’était déjà plus ou moins le cas sous Obama, et que la cacophonie des déclarations publiques des agents d’État va croissant au fil des années, témoignant de la sourde et intense lutte de pouvoir qui se joue dans les arcanes de la maison blanche.


  3. Bob5 Le 30 décembre 2017 à 08h19
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    Du nouveau sur le front iranien. Tentative de changement de régime en cours http://telegra.ph/Iran—Des-agents-de-changement-de-régime-détournent-des-manifestations-économiques-12-30..


  4. gracques Le 30 décembre 2017 à 08h58
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    Trump nous montre ce qu,il est un braillard sans colonne vertébrale , il était assez intelligent pour raconter ce qui pouvait le faire élire pendant la campagne , mais ne s’appuie pas sur les forces politiques qui pourraient faire bouger les lignes aux states .
    Donc il est neutralise , comme Obama .


    • WASTERLAIN Serge Le 30 décembre 2017 à 09h34
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      Les forces politiques qui pourraient faire bouger les lignes n’existent pas? car rien ne résiste à l’état profond US (militaro-industriel) ! Sauf Trump en lui faisant des concessions; sont-elles apparentes ? Seul l’avenir nous le dira, comme le fait si bien remarquer DUGUESCLIN


  5. max Le 30 décembre 2017 à 09h40
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    Autant je souscris à ce qui est dit dans le récit, en particulier en ce qui concerne l’Iran.
    Mais en ce qui concerne le Liban, malgré l’échec d’Israël à mater le Hezbollah, les israéliens ont obtenu quelque chose de plus vital à savoir l’eau.
    On l’oublie souvent et même à dessein, que si les musulmans font la guerre pour les lieux saints de Jérusalem, les israéliens font la guerre pour l’eau, que ce soit le lac de Tibériade ou la rivière Hasbani au Liban.
    Aujourd’hui la question de l’eau est encore plus importante que jamais.
    Les populations israéliennes et palestiniennes ont été multipliées par 10 depuis 1947.
    Le fleuve Jourdain, la mer Morte et le lac de Tibériade sont des cloaques.
    La surpopulation, tant israélienne que palestinienne au regard des terres (400.000 israéliens habitants illégalement dans des colonies en Cisjordanie et 200.000 dans les nouveaux quartiers juifs de Jérusalem Est ainsi que la raréfaction de l’eau rendent maintenant illusoires la solution a deux états.


  6. Bernard GRAPPERON Le 30 décembre 2017 à 13h21
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    Clinton, Bush, Obama, Trump, Chacun suivant sa propre personnalité aurait pu prendre comme slogan électoral « Le changement c’est maintenant » être élu et considéré comme l’homme le plus puissant de la planète. Mais il y a des forces obscures mais terriblement efficaces, par exemple le complexe militaro-industriel, qui leur a dit « Rastreint hè valet, marche dans les clous » (expression populaire imagée utilisée en Belgique). Et, pour leur tranquillité ils ont marché sans dévier.
    C’est en quelque sorte l’impression résumée, et combien juste, qui ressort de la politique des USA et des commentaires précédents.


  7. Libvert.fr Le 30 décembre 2017 à 14h10
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    Dans chaque pays, il y a des gens biens. Je préfère donc ceux qui ne participent pas à l’escalade de la violence (contre ex : http://www.worldtribune.com/russia-selling-non-nato-compatible-s-400-to-turkey/ )


  8. calal Le 30 décembre 2017 à 16h26
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    il semble qu’il y ait des violences dans plusieurs villes en iran actuellement.

    US State Department Hints At Iran Overthrow: Are We Witnessing The Early Stages Of Regime Change? d’apres zerohedge.


    • Josephine Le 31 décembre 2017 à 15h52
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      Vu aussi . C’est quand même bizarre le timing.


  9. martin Le 30 décembre 2017 à 19h04
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    L’exemple de Chalabi est révélateur. Je fais l’hypothèse que la Russie et l’Iran pratiquent le contrôle réflexif sur les USA. Trump n’est rien d’autre que leur “champion”, c’est à dire le plus apte à faire sottise sur sottise en fonction des signaux qu’il perçoit ou croit percevoir. Un champion, vous dis-je!


  10. dupontg Le 30 décembre 2017 à 22h53
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    trump est un pro du spectacle et du chiqué (catch)..
    Ceux qui pensent au premier degres à travers ce que racontent les medias systeme sont doublement trompés.
    Je reste persuadé que ses changements de plans permanents servent à derouter ses adversaires qui n’arrivent pas à le coincer .Il a beaucoup parlé et commis quelques actions spectaculaires,mais finalement les resultats sont plutot à contre courant camme ses missiles en Syrie qui ont servi à masquer des accords tacites avec les Russes.
    Il va falloir attendre encore pour pouvoir situer le personnage..
    il a quand meme reussi à controler la cour supreme,passer ses promesses fiscales,contrarier serieusement l’otan et l’UE ,faire capoter l’alena et continuer son plan anti immigration..
    en un an seul contre tous c’est déjà pas si mal..
    j’allais oublier les attaques sur les moeurs du clan hollywoodien avec ses ramifications dans le club democrate,qui pourrait etre un bon angle d’attaque pour drainer le marais


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