Source : < Hernando Calvo Ospina, 22-11-2011

Extrait d’un entretien avec Danielle Mitterrand, Présidente de “France libertés”

arton15194-aed31Hernando Calvo Ospina est un journaliste colombien réfugié en France et collaborateur, entre autres, du Monde Diplomatique.

Sa présence dans un avion régulier d’Air-France en avril 2009 effraya à ce point les USA qu’ils lui interdirent le survol de leur territoire et exigèrent son déroutage.

Hernando Calvo Ospina a bien voulu nous confier le texte d’un entretien qu’il a eu avec Danielle Mitterrand. Qu’il en soit remercié.

LGS

(Les photos sont celles de l’article original).

Ce qui suit est un extrait de l’entrevue à Mme. Danielle Mitterrand, veuve de l’ex-président français Franço05s Mitterrand, et présidente de l’association « France-Libertés ». A sa lecture il est facile de comprendre pourquoi, et ce depuis plusieurs années, les médias politiques et d’informations dans leur grande majorité ont essayé de l’ignorer.

vendredi 28 octobre 2005 – Entretien réalisé par Hernando Calvo Ospina.

Hernando Calvo Ospina : Mme. Mitterrand, qu’a signifié pour vous l’arrivée au gouvernement de votre époux François ? Est-ce que les idéaux sociaux et politiques qu’il portait dès sa jeunesse ont été reconnus en ces moments-là ?

Danielle Mitterrand : Mai 1981 fut un mois de grande activité, car c’était la préparation de l’arrivée au pouvoir de François. J’essayais d’apporter tout ce qu’il y a de meilleur en moi, pour que ces rêves d’avoir une société socialiste, quoique à l’européenne, deviennent réalité. Mais bien vite j’ai commencé à voir que cette France juste et équitable ne pouvait pas s’établir. Alors je lui demandais à François : Pourquoi maintenant que tu en as le pouvoir ne fais-tu pas ce que tu avais offert ? Il m’a répondu : “Je n’ai pas le pouvoir d’affronter la Banque mondiale, le capitalisme, le néolibéralisme…. J’ai gagné un gouvernement mais je n’ai pas le pouvoir !

J’appris ainsi que d’être le gouvernement, être président, ne sert pas à grand-chose dans ces sociétés sujettes, soumises au capitalisme. J’ai vécu l’expérience directement durant 14 ans. Même s’il essayait d’éviter le côté le plus négatif du capitalisme, les rêves ont commencé à se briser très rapidement.

HCO : Vous n’avez pas assumé le rôle de « première dame » comme l’« exige » la tradition protocolaire. Était-ce un simple caprice ? Ou à cause de convictions politiques ?

DM : Je n’ai pas voulu être une « première dame » comme toutes les autres, et en conséquence j’ai refusé le protocole qu’on a voulu m’imposer. J’étais l’épouse du chef de l’État, d’un homme que j’aimais, mais j’étais aussi libre d’avoir mes propres convictions. Je n’allais pas accepter d’être la simple image de la femme française typique, représentative d’un secteur social ; de sourire devant les caméras et les personnalités ; ou de servir d’ornement aux oeuvres de bénéfices. Avant tout, mon rôle devait consister en mon apport pour la construction d’une société juste.

J’ai eu mes critères et mes réflexions politiques, qui ont parfois fait choc avec celles de François. Si le gouvernement n’allait pas sur une bonne voie, je me devais de le dire, de le critiquer. Je sais que ce n’est pas le rôle d’une « première dame », car normalement elles ne sont qu’un instrument du pouvoir. Chaque fois que les autres ont voulu s’opposer à mes tâches militantes pour des « raisons d’État », pour n’être pas « diplomatiquement correctes », François m’a soutenue car il voyait qu’elles étaient justes. Il ne pouvait essayer de m’empêcher de faire ce qu’il disait défendre.

HCO : Mme. Mitterrand, vous avez fondé « France-Libertés », qui s’est distinguée par son engagement politique, social et humanitaire…

DM : Je l’ai fondée non pas dans l’intention d’en faire un contre-pouvoir, ni pour qu’elle serve au pouvoir. Je voulais prendre mes propres initiatives de solidarité politique, indépendantes des desseins du pouvoir, même si je m’attendais qu’avec le gouvernement socialiste nous aurions des objectifs proches. Mais je me suis vite rendu compte que ce ne serait pas facile. Est arrivé le moment où « France-Libertés » voulait aider des populations opprimées, mais le gouvernement socialiste français soutenait d’une manière ou d’une autre leurs bourreaux. Rapidement j’ai dû me poser la question : Jusqu’où peut-on aller sans provoquer d’ « incidents diplomatiques » ?

Dans l’Association s’est présenté pour nous un questionnement qui ne m’a pas du tout plu : sa présidente, épouse du président de la République, devait-elle respecter la sacro-sainte loi de non-ingérence dans les affaires de l’État, et se priver ainsi de son droit à la solidarité politique et humanitaire, pour ne pas aller à contre-courant ? J’ai continué avec mon projet car je le croyais juste. Alors, même de vieux amis personnels et de lutte ont commencé à m’isoler. Tout le pouvoir et le poids de la diplomatie française ont tenté de m’écraser, usant de tout pour « réparer » mes actions et mes expressions politiques publiques.

danielle-et-francois-mitterrand-344be-beee6J’ai constaté que je ne pouvais pas exercer ma fonction de manière exemplaire si je ne servais pas le marché, le capitalisme. Que mon devoir n’était pas de me préoccuper des torturés ni des affamés. Que si ceux qui étaient écrasés réclamaient l’éducation, la santé ou du travail, je devais tourner la tête de l’autre côté. J’étais la « première dame » et je devais aider, avec mes sourires dans les cocktails, à ce que les intérêts commerciaux de la France progressent. Quand j’écoutais au cours de mes visites aux ambassades les discours du « commercialement correct », où le tout-puissant marché était ce qu’il y avait de fondamental avant la solidarité entre les peuples, cela me donnait l’envie de partir en courant. Je ne pouvais croire que les « bulldozers » du marché pourraient arriver à recouvrir jusqu’aux fondements mêmes de notre culture. Et ils l’ont fait.

Pourquoi un gouvernement qui se disait de gauche ne pouvait-il pas répondre aux attentes qu’il avait créées durant tant d’années dans l’opposition, tant au niveau national qu’international ? Devait-on accepter les impératifs d’un système mercantile jusqu’à la soumission ?

HCO : Ce système du marché sauvage, du capitalisme, du néolibéralisme, a à sa tête les États-Unis. Est-ce que la France se soumettait aux desseins de ce pays ?

DM : Durant la célébration du Bicentenaire de la Déclaration des droits de l’Homme – juillet 1989 – j’ai pu voir jusqu’à quel point nous étions soumis aux État-Unis. L’État français n’invita pas plusieurs dignitaires, en particulier des Latino-Américains. Comme par hasard c’était ces pays-là que Washington voulait annuler, détruire. Et je ne vais pas citer de noms, mais c’est facile à vérifier. Je me rappelle avoir dit à François : « Jusqu’à quel point allons-nous être dépendants de l’humeur des États-Unis, ne pas pouvoir choisir nos invités pour nos festivités… ? » Ce fut une honte.

HCO : Mme. Mitterrand, si cela arrive en France, vous devez bien savoir ce qu’il en est sous d’autres latitudes…

DM : Je ne suis pas anti-États-Unis, mais je suis avec le peuple de ce pays et non pas avec l’Administration qui le gouverne. Celle qui se sert de ce peuple pour tirer des bénéfices qui servent à quelques uns. Durant toutes ces années de ma vie, spécialement après la Seconde Guerre mondiale, j’ai pu voir comment les États-Unis foulaient aux pieds la liberté et la démocratie des autres pays, particulièrement les pauvres. Ronald Reagan désigna comme terroriste le gouvernement sandiniste du Nicaragua, quand les terroristes, c’était son Administration et cette « contra » qu’il finançait.

J’étais au Nicaragua peu de temps avant qu’ils détruisent la révolution. Fonctionnait encore ce qui avait été atteint au niveau de l’éducation et de la santé, des choses qu’avait le peuple nicaraguayen pour la première fois de son histoire. Je me rappelle que Daniel Ortega me disait : « Daniella, dis à François qu’il ne peut pas nous laisser tomber ; que l’Europe démocratique ne peut pas nous abandonner… ». Je le lui ai dit en effet. Et il n’a pu rien faire : les États-Unis avaient décidé que les sandinistes devaient s’en aller avec leurs plans de développement social, pour faire place au néolibéralisme et au retour de la misère pour le peuple. Tandis que nous, nous étions en train de fêter le Bicentenaire de la Déclaration des droits de l’Homme !

HCO : Au cours de ces mêmes années Washington resserrait le blocus contre Cuba, essayant d’en finir avec la Révolution.

DM : Le Nicaragua ne pouvait compter que sur Cuba. Et Cuba aussi était en train d’être étranglée par l’embargo des États-Unis, qui continue jusqu’à présent et qui n’a eu d’autre but que celui d’en finir avec tout ce qu’il y a de merveilleux que cette Révolution a réalisé au niveau social : quelque chose d’unique en Amérique latine ; presque unique dans un pays du Tiers-Monde.

Quand en 1989 Cuba se trouvait déjà seule face à Washington, car elle n’avait plus l’appui de l’Union soviétique, je m’y suis rendue. A mon retour j’ai dit à François : « Tu ne peux pas laisser tomber Cuba. Cette Révolution a beaucoup fait pour le peuple. La France ne peut être soumise aux États-Unis. » Il me disait que la France toute seule ne pouvait pas, et qu’en Europe personne ne la suivrait. Que les États-Unis détenaient tout le pouvoir économique, politique et de la propagande, en plus des contre-révolutionnaires de Miami. Je continue aujourd’hui à dire que cette révolution a mérité de se maintenir, car elle l’a fait et c’est le peuple qui la maintient. Par conséquent les États-Unis n’ont pas pu la faire plier. Je connais Fidel depuis très longtemps. J’ai passé beaucoup d’heures à discuter avec lui, à nous dire ce que nous pensons. Je lui ai fait part de toutes les critiques que j’ai au niveau politique. Une fois je lui ai demandé pourquoi il me supportait. Et il m’a répondu : « Parce que tu es une amie sincère. Et les critiques des amis on les écoute parce qu’elles sont honnêtes, même si nous ne sommes pas d’accord sur certaines choses. »

La dernière fois qu’avec François nous avons reçu officiellement Fidel à Paris, en le saluant je l’ai embrassé publiquement sur la joue. Ce qu’ « interdit » le protocole et les « politiquement corrects ». Mais c’est que non seulement Fidel était notre ami, mais aussi qu’il est latin, et les Latins sont tendres. Ce fut un scandale que la presse me rappelle encore.

HCO : Que pense Mme Mitterrand du président vénézuélien Hugo Chávez et des projets nationaux qu’il essaie de lancer ?

DM : Je n’ai jamais aimé les militaires. Mais Chávez, avant d’être un militaire est un homme, un être humain, et il est arrivé au pouvoir par la voie démocratique, et au point de gagner plusieurs élections. Chávez, au milieu de tous les obstacles que mettent sur son chemin les États-Unis et l’opposition dirigée par les riches, tente de faire avancer les programmes sociaux qu’il a offerts au peuple. Évidemment, le monde capitaliste lui est tombé dessus car il ne veut pas qu’un président du Tiers-Monde démontre que le peuple peut effectivement participer aux décisions de l’État et à son développement.

Que ce peuple, avec son leader, marche de l’avant pour ne plus être exploité, ni être analphabète et avoir droit à la santé. C’est ce qui se passe au Venezuela malgré tout. A cause de cela ils veulent éliminer, effacer Chávez. Peu leur importe si c’est le peuple qui l’a élu, et qui doit décider s’il doit le soutenir ou l’enlever de là . Il existe une espèce de rage de la grande majorité de la presse mondiale contre Cuba et le Venezuela. Et c’est parce que ces gouvernements veulent être indépendants, souverains, dignes. Cela dérange. N’oubliez pas que les médias sont dirigés par de puissants capitalistes.

HCO : Mme Mitterrand, est-ce que la France est un modèle de démocratie ? Est-ce une puissance mondiale ?

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DM : En France on élit et les élus font des lois qu’ils n’ont jamais proposées et dont nous n’avons jamais voulu. Est-ce la démocratie quand après avoir voté nous n’ayons pas la possibilité d’avoir de l’influence sur les élus ? Je ne crois pas que dans aucun des pays qui se disent démocratiques, ceux-là qui croient avoir le droit d’imposer « leur » démocratie aux pays pauvres, il existe la démocratie, à commencer par les États-Unis et la France. La France est une démocratie ? Une puissance mondiale ?

Je le dis en tant que Française : Cela ne veut rien dire. Si on le dit pour les niveaux d’éducation, de la recherche ou la santé, c’est nul. Pour être capables d’aider la paix mondiale, les peuples opprimés ? Nul.

Hernando Calvo Ospina.

http://hcalvospina.free.fr/spip.php?article119

(Traduit par Abacar Fall)

Source : Hernando Calvo Ospina, 22-11-2011

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51 réponses à Danielle Mitterrand : “La démocratie n’existe ni aux USA, ni en France”.

Commentaires recommandés

Cybersapien Le 05 juillet 2016 à 06h23

Notre ennemi c’est les USA, et par extension les anglo-saxons : anglais, australiens…
Ils espionnent sans vergogne nos politiciens et pillent les secrets industriels de nos entreprises de pointe, volent ou plutôt se saisissent de nos entreprises (voir Alstom) nous infligent des amendes pour tout et n’importe quoi, banque par ci, entreprise pas là, nous empêchent d’exporter (Concorde, Rafales, bateaux destinés aux Russes..)
Les USA et leurs citoyens sont eux intouchables, tous les traités leurs permettent de s’exempter de toute responsabilité ; Leurs banques peuvent nous planter, leurs politiciens nous manipuler (Irak), leurs entreprises nous polluer (de MacDo à Monsanto), les GI installent la dictature US partout dans le monde.
Les USA sont comme la France, ou le Portugal, ou l’Espagne, ou les anglais, ou les romains, ou les Grecs en leur temps : des colonisateurs de la pire espèce.
Par contre cela ne dure jamais très longtemps et tout laisse à penser qu’ils sont au bout du chemin !

  1. theuric Le 05 juillet 2016 à 01h41
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    Patientez, madame, le monde ultralibérale s’effondre déjà sous le poids de ses propres fadaises: le monde fonctionne grâce à des principes qui, si ils sont ignorés, se chargent de le remettre à l’endroit par le seul fait de leurs logiques internes.


    • jessim Le 05 juillet 2016 à 05h17
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      C’est sur que les contradictions de ce système pèsent de plus en plus sur la pérennité de leur modèle, mais les têtes pensantes au pouvoir ont bien réfléchis aux portes de sorties et depuis bien longtemps. J’ai bien peur qu’ils nous utilisent pour qu’ils s’en sortent notamment en nous confrontant avec la Russie au sujet de l’Ukraine.

      C’est toujours le même système, le diviser pour mieux régner. Ils font la même chose en Asie pour casser les pieds aux chinois qui sont en train de les bouffer sur le plan économique. La note d’espoir que j’ai maintenant c’est que de plus en plus d’américains sont conscients du jeu très machiavélique de leurs gouvernants successifs notamment les anciens soldats de la guerre d’Irak. Je parie sur un éveil du peuple américain qui fera très mal dans la mesure où tout le monde est armé la-bas.


      • Chris Le 05 juillet 2016 à 08h28
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        “J’ai bien peur qu’ils nous utilisent pour qu’ils s’en sortent notamment en nous confrontant avec la Russie au sujet de l’Ukraine”
        Sommes-nous obligés “d’y aller” ? De mon point de vue, non !


        • RMM Le 05 juillet 2016 à 12h45
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          Pas obligés “d’y aller” ? Les USA vous dirons: “Nous avons les moyens de vous y faire aller: casser vos banques, dégrader vos armées…”
          Voyez cette audition au sénat:
          Général Henri Bentégeat: J’ai un souvenir précis de l’embargo sur les pièces détachées décrété par Donald Rumsfeld à cause de notre refus de l’intervention en Irak ; il ne fut levé que par notre engagement en Afghanistan.
          M. Gaëtan Gorce. – Nous ne sommes allés là-bas que pour des raisons de pièces détachées ?
          Général Henri Bentégeat. … Ces pièces détachées commandaient le système de catapultage de notre porte-avions. http://www.senat.fr/compte-rendu-commissions/20141215/etr.html


          • Prométhée Enchaîné Le 05 juillet 2016 à 13h54
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            Ce genre de raccourci est légèrement malhonnête, bien que vous mettiez le lien. Ceux qui ne liraient pas le texte comprendront que de votre intervention que la participation française à l’Afghanistan n’est qu’une affaire de pièces détachées. La réponse du Général Bentégeat à M. Gorce est “Non, bien sûr.”

            Alors ça ne veut pas dire qu’il n’y a pas de pressions, ou de “bargaining” comme l’appelle ce général, ni qu’il n’y ait pas eu d’autres pressions d’autres types. Mais ça tant que l’on n’en a pas ne serait-ce que le début d’un indice, ça ne permet pas de conclure, selon moi.


          • Yves Le 05 juillet 2016 à 16h17
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            Il me semblait que l’engagement en Afghanistan datait de 2001 alors que le non à la guerre en Irak est de 2003, non?


  2. jessim Le 05 juillet 2016 à 05h08
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    Interview très intéressante mais qui me laisse un gout amer. C’est toujours un plaisir de lire des paroles crus qui respirent à la fois la sincérité et la sagesse mais je suis amer parce que ces gens ont été au pouvoir et n’ont pas lutté contre ce pouvoir que de plus en plus de gens commencent à situer : le gouvernement américain et ses deux bras armés que sont Wall street et les médias.

    C’est un peu comme Michel Rocard qui dénonçait le système bancaire une fois sorti du pouvoir, à ce moment j’ai envie de dire ” hé mais dis donc tu n’as pas été premier ministre” ? Je ne blame pas cette femme en revanche si son mari savait qu’il ne pouvait rien faire pourquoi est-il resté au pouvoir 14 ans ? Pourquoi dès 1983 il a cédé aux sirènes du néo-libéralisme ? Pourquoi a-t-il accepté ces traités européens destructeur maastricht en tête ?


    • bourdeaux Le 05 juillet 2016 à 07h33
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      ” pourquoi est-il resté au pouvoir 14 ans ?” Parce que le seul “idéal politique et social” qu’ait jamais eu Mitterrand a été la conquête du pouvoir et sa conservation.
      Je salue l’effort de cette vieille dame fatiguée à faire de son mari un martyr de l’imperium américain, mais face à tout ceux qui ont un peu de mémoire, elle a un boulot colossal de réécriture de l’histoire…


      • alfred Le 05 juillet 2016 à 08h46
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        Vous vous trompez de rancune.
        Le pépé était bien effectivement assoiffé de pouvoir mais la mémé vous n’êtes pas prêt d’en revoir une comme ça. D’ailleurs en quoi ré crit elle l’histoire? Elle n’a jamais nie ni digere 1983.


      • luc Le 05 juillet 2016 à 10h37
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        j’imagine aussi facilement que son égo lui a réclamé de rester au pouvoir et l’accepter les innombrables concessions

        et que sa conscience le rassurait en lui disant que ça pourrait être pire si c’était un autre, et qu’il servait de garde fou pour ne pas tout concéder, faire un peu de résistance… molle

        par ailleurs, ça rappelle marine le pen, qui semble mettre de l’eau dans son vin depuis un moment et laisse un peu tomber son radicalisme… ou encore à mélenchon, si flamboyant pour critiquer la finance mais qui ne veut pas sortir de l’europe…

        toute cette corruption me fait penser qu’une révolution est nécessaire


    • sg Le 05 juillet 2016 à 12h03
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      Exactement, je suis tout à fait d’accord avec Jessim. D’ailleurs, c’est exactement ce que dénonçais la merveilleuse série The Prisoner (l’original de 1967, pas le remake) tout le long de la série et de façon explicite dans le dernier épisode: un Homme véritablement libre ne profite pas d’un système pour essayer de le modifier ou de le dénoncer: il le refuse catégoriquement de bout en bout.

      Cela n’enlève pas de la valeur à des témoignages crus et sincères comme celui-ci. Néanmoins, il faut bien accepter l’évidence: peu de personnes ont le courage de vraiment vouloir changer les choses. Et c’est bien dommage: les principes et les espoirs, ce n’est pas quelque chose que l’on devrait changer selon ses propres intérêts du moment.


      • luc Le 05 juillet 2016 à 12h23
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        “il y a trois types de personnes, répartis selon ce qui, avant tout, guide leurs actions…
        les gens agissent la plupart du temps :
        – soit dans le sens du système dominant,
        – soit en opposition au système dominant,
        – soit dans le sens de leurs convictions personnelles”

        les derniers sont à la fois les plus intéressants et les plus rares, ils suivent ce que certains appellent la voie du milieu…


        • RGT Le 05 juillet 2016 à 18h30
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          Souvent, ceux qui “suivent la voie du milieu” sont stipendiés à la fois par ceux qui suivent aveuglément le système et par ceux qui s’y opposent de manière tout aussi rigide.

          C’est dur de ne pas vouloir se laisser embrigader par l’un des camps (pourquoi toujours deux camps qui s’opposent avec quasiment RIEN ailleurs ?).

          Selon l’interlocuteur, on est soit un “rouge” le couteau entre les dents, soit un “noir” qui collabore avec la dictature du capital.

          Essayer d’expliquer qu’on suit la seule voix de sa conscience, en dehors de tout dogme ou de toute idéologie de pacotille, est un exercice qui s’avère impossible.

          Finalement, les seuls qui le comprennent sont justement ceux qui suivent leur propre voie, même si elle est différente de la notre.

          Malheureusement, ils sont rares.

          Pour exemple, je discutais à midi avec un collègue de travail à propos du Brexit. Il était à la limite de me traiter de “frontiste” parce que je respectais le choix du peuple de Grande-Bretagne…


        • Amsterdammer Le 05 juillet 2016 à 22h36
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          Cette typologie en trois pôles est bof bof.

          On peut aussi agir dans le sens du système dominant ET dans le sens de ses convictions personnelles.

          On peut aussi agir en opposition au système dominant ET dans le sens de ses convictions personnelles.

          Sans compter tous les stades intermédiaires entre anti- et pro-, et qui sont probablement le lot du plus grand nombre.


    • Françoise Le 05 juillet 2016 à 12h11
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      C’est un phénomène universel. Dans quelque domaine que ce soit (politique, santé, au travail, etc.), une fois la personne éjectée, celle-ci se rappelle les dysfonctionnements et autres magouilles, et les dénonce. Elle ne craint plus rien et peut parler sans entraves. Quand elle est “dans le jus”, c’est une autre histoire : pressions en tous genres, menaces (souvent larvées) et autres carcans l’empêchent de réfléchir et lui ordonnent de suivre “l’ordre du jour”. Sinon… Et ce, quelle que soit sa position, y compris Président de la république. Y-a-t-il un remède à cela ? C’est malheureusement peu curable, à moins de créer (?), à l’instar des bœuf-carotte pour la Police, un bureau qui superviserait les faits et gestes de nos politiques… Mais QUI en ferait partie ? ET c’est là que nous tournons en rond, fermentant dans notre propre jus.


    • Subotai Le 05 juillet 2016 à 19h38
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      Que celui qui a déjà été au pouvoir jette la première première pierre.
      Tout ceux qui ont été dirigeants élus de quelque groupe social que ce soit savent la difficulté qu’il y a à tenir le cap de ses convictions et du bon choix.
      L’alternative est simple, se démettre ou se soumettre.
      Alors on essaie une troisième voie.
      On essaie de jouer au plus fin avec les “forces obscures”. On perd, on gagne et on espère toujours qu’au final le résultat sera globalement positif.
      Quelquefois le choix de la démission est considéré (et ça l’est) comme une lâcheté quand on sait par quoi on sera remplacé et ce qui sera fait. Alors on tient et on s’use.
      Alors la flamboyance du “puisque c’est comme ça je m’en vais” peut être traduite la plupart du temps par:
      – Je n’en peux plus, je craque – Allo maman bobo.
      ou
      – Après moi le Déluge – Allez tous crever, sales c…


  3. DocteurGrodois Le 05 juillet 2016 à 05h58
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    Danièle Mitterrand met le doigt sur l’un des vices majeurs de notre démocratie: élire un député c’est lui donner un blanc-seing.

    Si l’on considère la relation avec nos élus comme un contrat, on leur signe en toute confiance un mandat vierge qu’ils ont tout loisir d’abuser, sans recours ni conséquence autre que l’éventuelle non-réélection. Et ils ne se gênent plus.

    Les citoyens croient signer un mandat de représentation, et ils se retrouvent soumis à un mandat de tutelle. Car les élus ne se comportent plus en représentants, mais en patriciens qui savent ce qui est bon pour la plèbe malgré elle. Qui avait signé pour une loi El Khomri en 2012? Vous. Mais vous ne le saviez pas encore.


    • athena42 Le 05 juillet 2016 à 12h17
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      100% d’accord. Apparemment, c’était même prévu pour ça.(cf Sieyès)
      Ils ne se gênent même plus pour prétendre qu’ils ont une légitimité démocratique, quand bien même la mesure ne figurait pas dans le programme (cf Hollande et “mon ennemi est la finance”, rigole qui pourra)
      Et de plus, les mêmes viennent nous donner ensuite des leçons sur “ceux qui font le jeu du FN”!
      Mais ce sont eux!!!
      20 ans que je suis la politique française, 20 ans que j’entends cet argument (et c’est de pire en pire, ça se répand, maintenant le moindre écrivaillon pas d’accord avec son contradicteur va sortir cet “argument”!)


      • RGT Le 05 juillet 2016 à 18h39
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        20 ans ? Moi, ça fait le double…

        Et le “beau discours” de Danièle Mitterrand me laisse un goût vraiment amer dans la bouche, surtout après la trahison de “Tonton” en 1983..

        C’est étrange, à l’époque, elle avait tendance à raser les murs au lieu de prendre son rouleau à pâtisserie pour remettre les idées de son “jules” en place !!!

        Au vu de son passé, je mettrais plutôt ses remarques sur le compte d’un Alzheimer tardif.
        Cette maladie fait souvent dire aux personnes atteintes le contraire de ce qu’elles disaient (et faisaient) quand elles avaient toute leur tête.


      • Amsterdammer Le 05 juillet 2016 à 22h42
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        Hollande et “mon ennemi est la finance”

        Sauf que le mou de l’Elysée n’a jamais prononcer le mot ‘ennemi’ à propos de la finance.
        Il a – habillement – parlé d’adversaire, en sachant que les gogos entendront ‘ennemi’.

        La preuve… 😀


    • Papagateau Le 06 juillet 2016 à 02h26
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      Parce que tout ceux dont la voix arrive à passer à la télé sont pire encore.

      Et pourquoi la télé sélectionne les pires ?
      http://arretsurinfo.ch/loligarchie-financiere-aux-commandes-de-linformation-donc-de-la-democratie/
      Allez jusqu’au schéma et grossir.


  4. Cybersapien Le 05 juillet 2016 à 06h23
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    Notre ennemi c’est les USA, et par extension les anglo-saxons : anglais, australiens…
    Ils espionnent sans vergogne nos politiciens et pillent les secrets industriels de nos entreprises de pointe, volent ou plutôt se saisissent de nos entreprises (voir Alstom) nous infligent des amendes pour tout et n’importe quoi, banque par ci, entreprise pas là, nous empêchent d’exporter (Concorde, Rafales, bateaux destinés aux Russes..)
    Les USA et leurs citoyens sont eux intouchables, tous les traités leurs permettent de s’exempter de toute responsabilité ; Leurs banques peuvent nous planter, leurs politiciens nous manipuler (Irak), leurs entreprises nous polluer (de MacDo à Monsanto), les GI installent la dictature US partout dans le monde.
    Les USA sont comme la France, ou le Portugal, ou l’Espagne, ou les anglais, ou les romains, ou les Grecs en leur temps : des colonisateurs de la pire espèce.
    Par contre cela ne dure jamais très longtemps et tout laisse à penser qu’ils sont au bout du chemin !


    • gracques Le 05 juillet 2016 à 06h52
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      Les USA sont impérialistes ….. OK
      de la pire espèce ?
      Quand on regarde notre passé ?
      et qui aimerai à avoir à comparer celui que nous subissons des US avec un autre impérialisme ?
      Rien n’est noir ou blanc
      Ils ont eu des camps de concentration (pour les japs US) mais pas de déportés de masse ou de goulag…. ils ont massacres les indiens sur le territoire qu ils se sont adjugés ….. pas mieux que les Espagnols….. ils ont eu l’esclavage et la ségrégation , mais pas au niveau de l’apartheid

      Ils ne sont pas pires , ni meilleurs , mais plus puissants ….. si c’est la fin de leur puissance , gare à ce qui va le remplacer … la fin de l’impérialisme Athènien ou Romain n’a pas amené que du positif (euphemisme) à ceux qu’ils avaient dominés.


      • Ardéchoix Le 05 juillet 2016 à 08h46
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        D’accord avec votre analyse, mais j’aurais dit :
        “Ils ne sont pas pires , ni meilleurs , mais plus endetté “


      • FL Le 05 juillet 2016 à 09h41
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        Un empires, le devient par la puissance militaire. C’est le cas des USA, ils ne dérogent pas à la règle, les Etats Unis d’Amérique conquièrent le monde à l’occasions des deux guerres mondiales considérées ici d’une certaine manière comme étant des “opportunités merveilleuses”.
        Après avoir consentit à l’effort des guerres de conquêtes, l’empire se maintient à moindre frais en puisant aux sein des peuples soumis, les individus qui moyennant rétributions sonnantes, trébuchantes et “breloquantes” auront à cœur de garantir l’impérium que l’empire leur aura accordé.
        Ces représentants donc, s’y emploieront avec conviction en racontant les belles histoires des “gentils” démocrates qu’ils sont, aux ignorants que nous sommes mais aussi par le mensonge, par les pressions économiques, par la force policière ou militaire, par les révolutions de couleurs, dans tous les cas selon les conditions locales et par des tas d’autres moyens dont beaucoup restent à inventer…

        Notre génération a réapprit cette réalité. Malheureusement, elle risque de réapprendre que lorsque l’empire se voit menacé “existentiellement” , il recourt naturellement de nouveau à la guerre, la grande la vrai.

        https://www.youtube.com/watch?v=l2F5qaHzkj0

        USA: 60 % de l’armement mondiale, reste du monde: 40% ! et quant bien même ce serait à proportions inverses, ça promet.


      • Lyonnais Le 05 juillet 2016 à 10h53
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        Les USA n’ont pas besoin de camps de concentration chez eux, leurs pires saloperies ils les délocalisent : Viet-Nam, Guatemala, Chili, Argentine, Nicaragua, Indonésie etc… etc..


      • millesime Le 05 juillet 2016 à 11h01
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        Vous semblez défendre cet impérialisme à tendance “unipolaire” (Brzezinski)
        il y a tout de même une grande part de vérité dans les propos de Danielle Mitterand non ?
        quant à ce qui va remplacer l’impérialisme US….???
        un monde “multipolaire” peut-il émerger ?


      • TomDoe Le 05 juillet 2016 à 15h24
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        Ce qui est drole dans votre commentaire c’est que selon vous les USA ont fait la meme chose que les autres.
        En fait LA SOMME A EUX TOUT SEULS de tout ce que les autres pays ont fait individuellement. Pas mal vu du tout je trouve. 😀


      • Amsterdammer Le 05 juillet 2016 à 22h58
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        Les Etats-Unis ont leur propre goulag, un goulag capitaliste, fournisseur de main d’oeuvre corvéable à merci.

        http://laniel.free.fr/INDEXES/PapersIndex/AMERICANGULAG/AMERICAN%20GULAG.htm

        Depuis les années 80, et plus encore sous Clinton, l’allongement démesuré des peines de prison a transformé le système carcéral en un secteur économique des plus lucratifs.

        On peut même soutenir que le XIIIe amendement n’a, dans la pratique, pas aboli l’esclavage, mais l’a seulement limité à ceux qui sont reconnus coupables d’un crime.

        Or il se trouve que, comme par hasard, ces prisons sont peuplées de noirs…

        Un goulag capitaliste, donc, qui a réintroduit l’esclavage des noirs par une voie détournée et vicieuse : exclusion socio-économique des noirs + peines de prison démesurées.


    • Pampita Le 05 juillet 2016 à 10h56
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      Tout à fait d’accord, Cybersapien, mais seriez-vous prêt, réellement prêt je veux dire, à voter pour ceux qui s’opposent à cet impérialisme ? Je n’en suis pas sûr, voyez-vous.
      Si on a demain un Hollande-Le Pen au second tour, je suis persuadé que la majorité des lecteurs, qui font ici de grandes envolées sur l’impérialisme US et le danger qu’il représente, iront finalement quand même voter… Hollande !
      Et c’est comme ça que les empires perdurent : par la complicité des électeurs à qui on agite des chiffons rouges.

      NB : je précise que, ne vivant pas en France, je ne vote jamais pour personne. Aussi, ce message n’est pas une pub pour le FN ; il vise simplement à montrer que beaucoup de personnes ne vont pas au bout de leurs idées.


      • CQFD Le 05 juillet 2016 à 15h27
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        Peut-être parce que les gens n’ont pas qu’une unique idée, et ne sont pas prêts à les sacrifier toutes au profit d’une seule? Que voter Le Pen est entrer dans le jeu qui consiste à dresser deux groupes défavorisés les uns contre les autres pour mieux détourner l’attention du système qui les oppresse? Et qu’entre le statu quo et la roulette russe, le second paraît encore pire que le premier.


      • RGT Le 05 juillet 2016 à 18h59
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        Pas sûr qu’en cas de “duel” Le Pen – Hollande ce dernier remporte le trophée.

        Les français se sont bien fait avoir en 2002 avec le duel Chirac – Le Pen (père), ce qui a permis à Jacquouille la Fripoulle d’obtenir un score digne des plus grandes ripoubliques bannières.

        De toutes façons, quel que soit le résultat des “érections pestilentielles” [(c) Coluche] nous aurons droit à une nouvelle couche de “libéralisme décomplexé”.

        Je dirais que la seule manière de réellement voter CONTRE l’impérialisme, consiste à ne pas se “bouger le cul” pour aller apporter son soutien à des types qui ne pensent qu’à leur seul intérêt.

        Si seulement 10% des électeurs se rendaient dans les urnes, quelle serait la légitimité “démocratique” des zélus zélés ?
        … NULLE !!!

        Mais il n’y aura JAMAIS de quorum pour valider une “élection démocratique”.

        Et les protestataires seront stipendiés pour avoir fait le jeu de la “Peste Brune”.


      • Cybersapien Le 06 juillet 2016 à 05h27
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        Je vous réponds bien volontiers.
        J’étais militant PS et, plus jamais je ne referai cette erreur, au PS ou ailleurs.
        Si une majorité veut du FN, qu’ils le fassent.
        Tout les français le regretterons amèrement ; Si ils sont sot au point d’oublier l’histoire tant pis.
        Je fais, de mon coté, le plus possible pour influer sur différents acteurs : presse, politiques, pour apporter ma contribution à la mesure de mon influence.
        Si chacun agit de la sorte, ce sera déjà pas mal !
        Si tu ne t’intéresse pas à la politique ; La politique, elle, s’occupe de toi tous les jours


    • DocteurGrodois Le 05 juillet 2016 à 15h25
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      Tout faux.

      Au bout du bout les USA sont nos alliés indéfectibles, et la Grande Bretagne est notre alliée la plus profonde et la plus fiable. Je vous renvoie à deux guerres mondiales, et à l’opération Serval au Mali, ou la GB a mis a disposition ses gros porteurs, ses équipages et commandos, sans conditions (alors que les US exigeaient paiement cash par avance pour la même faveur).

      Ce qui fait la différence c’est la défense des intérêts nationaux. Les coupables ne sont pas les Américains qui ne font que défendre les leurs, mais ceux qui chez nous n’opposent aucune résistance, au mieux.


  5. Arcousan09 Le 05 juillet 2016 à 08h12
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    Cela fait longtemps que j’ai acquis à travers mes lectures que nos politiques, le premier en tête, n’avaient qu’un seul pouvoir celui d’une obéissance servile aux diktats de la banque mondiale, du libéralisme échevelé.
    La notion de démocratie ne sert que d’emballage pour endormir le peuple pour qu’il ne se rende pas compte de son asservissement ……


  6. Betty Le 05 juillet 2016 à 08h41
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    Amer constat, nous ne vivons plus depuis fort longtemps en Démocratie mais en Démagogie…


  7. Ardéchoix Le 05 juillet 2016 à 09h22
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    Un petit peu hors sujet encore que !
    Merci à ce journaliste d’avoir trouvé les mots sur ce que mon petit cerveau a subi ce jour là. A partir de 38mns
    https://www.youtube.com/watch?v=uRawWLYX8K0


  8. CLÉMENT Le 05 juillet 2016 à 09h22
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    Merci pour cette très belle interview de Danielle Mitterand. Mais tout ce qui est dénoncé dans cet entretien sur le capitalisme, le néolibéralisme, l’hypocrisie des politiques est bien connu du peuple et paradoxalement celui-ci votera quand même finalement à droite ou à gauche et cette mascarade repartira pour un tour !! Et cela durera tant que le peuple ne changera pas d’attitude et que le mode des élections restera le même.


  9. Merle Le 05 juillet 2016 à 10h12
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    Avoir le pouvoir, ce n’est pas être Dieu. Il faut se soumettre aux contraintes de la réalité. Il ne suffit pas que je sois président et que je déclare que la France doit être un monde rempli de licornes et d’arc-en-ciel pour que cela puisse être le cas.

    C’est bien tout le problème de la pensée de gauche: elle ignore purement et simplement la nature humaine, ne considérant les humains que comme des corps vides que l’on peut remplir. Oui les Etats-Unis sont terribles, mais ils ont un empire à faire tourner. On ne dirige pas les humains avec des bisous, et bien stupide serait la nation qui se détruirait, comme la France, pour le bien-être des autres.

    Jamais l’Histoire ne s’arrêtera, car il y aura toujours des empires à construire, étendre, détruire. On ne peut pas vivre et laisser vivre.


    • Spiridon Le 05 juillet 2016 à 10h35
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      Le problème n’est pas exactement que les USA soient un empire, cherchant son bien et son intérêt. Mais que ce bien et cet intérêt, au lieu d’être des moyens destinés à entretenir et faire croitre la société américaine, sont captés par une infime proportion de personnes, pas toutes américaines d’ailleurs, mais désormais mondialisées (UK, Israël, Arabie Saoudite..), et dont le pouvoir et le bien-être s’épanouissent au détriment des sociétés, y compris et en premier lieu de la société américaine. Cet accaparement n’est pas démocratique ; il n’est pas non plus ‘national’. Ses tentacules mondiales le rendent démesuré, et menaçant. Pour tout le monde. Des îles Tonga à la Lituanie.


      • Merle Le 05 juillet 2016 à 11h23
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        Le phénomène que vous décrivez est la conséquence des axiomes qui sous-tendent cet empire. Ils sont décris par John Locke. Le libéralisme (accumulation illimitée des richesses) fusionné avec le capitalisme (propriété privée des biens de production).

        Tous les systèmes reposent sur des axiomes. Et ces axiomes ont tous leurs avantages et leurs conséquences. On peut déjà constater que ces deux axiomes permettent la liberté et l’égalité dans une moindre mesure. Elles ne sont pas totales, mais elles sont présentes. Il est difficile de trouver un autre système politique qui propose mieux. Friedmann disait que choisir la liberté, donnait la possibilité d’acquérir un peu d’égalité et un peu de liberté. Choisir l’égalité ne permet d’obtenir ni la liberté, ni l’égalité.

        Que faire?


        • Spiridon Le 05 juillet 2016 à 11h49
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          Non. Je ne crois pas. C’est la rhétorique usuelle, mais aussi usée: depuis Churchill et la ‘démocratie’, le moins mauvais dans le pire!
          Or les ‘axiomes’ qui sous-tendent la politique et l’économie américaine ne sont plus seulement libéralisme et capitalisme, fusionnés ou pas. Ils l’ont peut-être été mais quelque chose a changé, que Roosevelt pressentait, qu’Eisenhower a dénoncé, que Kennedy a essayé d’enrayer. Ce n’était pas obligatoire ni mécanique. Truman aurait pu (et dû, selon toute la vraisemblance des sondages) ne pas être choisi comme vice président en 1945. Wallace était tout à fait compatible avec le ‘libéralisme et le capitalisme’. Oliver Stone (“Une autre histoire de l’Amérique”) décrit cet épisode comme le point de départ de tout le problème américain. La cause du virage c’était la politique anti-soviétique ou pas. Politique Extérieure, pas politique économique


    • Prométhée Enchaîné Le 05 juillet 2016 à 10h59
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      J’irai plus loin. Cette interview est celle qui m’a fait tirer la conclusion inverse de celle d’Asselineau sur la menace américaine. Son idée est que l’Europe est une construction américaine qui sert à nous dominer et qu’il faut donc en sortir. Mon point de vue est que si les Etats-Unis veulent nous dominer, ils n’auront pas moins de leviers lorsque nous seront hors de l’Europe, ne serait-ce que se servir de l’Allemagne contre nous, sans même évoquer la question énergétique qui est en fait la seule à se poser.

      La France, ces derniers-temps a dû se compromettre avec le Qatar, l’Arabie Saoudite ou encore l’Azerbaïdjan (sur ce dernier, cf. Cash Investigation)… pourquoi d’après vous ?
      Les Etats-Unis, c’est sous Roosevelt qu’ils ont noué un partenariat avec l’Arabie Saoudite : vous avez le pétrole, nous avons les armes. Vous nous refilez du pétrole, nous vous protégeons. Ce contrat a été renouvelé sous G. W. Bush pour encore près d’un demi-siècle si je ne me trompe pas.

      Ma conclusion est que la France seule ne peut rien, et pourra de moins en moins avec les tensions sur l’approvisionnement énergétique et l’émergence des pays en développement. Si l’on ajoute à cela la nécessiter de peser sur la question du climat, ou même sur celle d’un certain mode de vie à défendre à l’international, je ne trouve pas de contradictions à la hauteur de tout ça.


      • Durand Le 05 juillet 2016 à 16h08
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        Prométhée,

        C’est sûr que si la France sort de l’UE, les gouvernants américains vont nous maudire… Mais ne maudissaient-t’ils pas déjà de Gaulle à sont retour au pouvoir en 1958 ?… Les “Marines” n’ont pas pilonné la France pour autant… Il faudra bien décider un jour s’il est plus raisonnable de laisser le contrôle de l’Allemagne aux américains (qui en font leur cheval de Troie en Europe pour servir l’OTAN…), ou s’il ne vaudrait pas mieux qu’aux deux bouts de l’Europe, la Russie et la France s’en chargent…

        Aucune Europe ne sera “autre” ni “nouvelle” tant que cette question ne sera pas tranchée. Et comme de nombreux pays, parmi les 28, ne voudront pas lâcher l’OTAN, si la France sort de l’UE, elle n’aura comme assise politique “que” sa propre souveraineté, ce qui n’est pas si mal pour décider de SES futures collaborations, européennes ou autres…

        L’approvisionnement énergétique n’est qu’un problème d’indépendance diplomatique. Si nous n’avions pas suivi la politique américaine, nous aurions conservé les multiples sources d’approvisionnement qu’un pays responsable se doit d’avoir : Libye, Algérie, Russie, Nigeria, Russie, Kazakhstan… À cause des guerres auxquelles nous participons, seule la péninsule arabique consent à nous servir, mais au prix de quelles compromissions ?

        Quant à la question écologique et climatique, je ne vois pas en quoi l’UE serait exemplaire…! Tous nos grands fleuves sont pollués, et la PAC, sous pression des lobbies, contribue imperturbablement au bon fonctionnement de nos services d’oncologie…


        • Prométhée Enchaîné Le 06 juillet 2016 à 11h23
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          Il faut hiérarchiser les problèmes, et le vrai gros problème qui se présente pour l’heure est l’approvisionnement énergétique. Peu importe la politique menée, l’approvisionnement est voué à diminuer et la demande dans le monde à croître.

          Admettons qu’une France indépendante puisse s’approvisionner correctement… si ce n’est pas le cas de ses voisins, ça va commencer à secouer. Vous allez me dire que ça sera le cas aussi au sein de l’Union Européenne. Mais précisément, nous réfléchirons au problème ensemble, de fait.

          L’UE n’est sans doute pas parfaite, mais en prenant en compte le PIB, le niveau de vie et les émissions de CO2, je pense que l’UE a un certain leadership sur cette question, sans parler de la France.


      • ofj Le 06 juillet 2016 à 21h17
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        Citation de condolezza Rice après le discours de Villepin à l’ONU refusant le concours de la France pour la guerre en Irak :
        Forget Russia, forgive Germany, punish France.
        Que la France reste ou pas dans l’UE elle sera toujours menacée par les dirigeants US. En revanche, hors de l’UE, elle ne sera plus soumise aux diktats des dirigeants allemands.


  10. Alex Le 05 juillet 2016 à 11h35
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    Madame Danielle Mitterrand semble avoir une approche idéologique intéressante et juste mais, au-delà du discours demeurent les actes et la je constate une certaine contradiction.

    En effet je ne doute pas que les Etats-Unis convoitent l’Afrique depuis longtemps mais, est-ce pour les intérêts “états-uniens” ou pour les intérêts “français” que François Mitterrand à fait assassiné Thomas Sankara?

    Les ricains ont bon dos, certes ce ne sont pas des anges, loin de la, mais les autorités française ne sont pas les dernières non plus quand il s’agit de s’en prendre aux pays pauvres.

    Finalement François Hollande est le bon élève de François Mitterrand.
    Faire carrière, monté en grade sans trop faire de vagues et une fois en place s’accrocher au pouvoir en acceptant toute les compromissions…


  11. Julian Le 05 juillet 2016 à 14h24
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    Aveux d’impuissance terribles. Ah, certes !

    L’impuissance, subie ou acceptée, de son très atlantiste mari, François Mitterrand, face au Maitre américain.

    Avec un minimum d’objectivité et de bonne foi, Madame Mitterrand aurait pu, en son temps, soutenir l’action multilatéraliste de de Gaulle, ouverte au droit des peuples à disposer d’eux-mêmes, contre les empires.

    Mais non ! Comme la gauche dite “socialiste”, elle a raté cette séquence historique, pourtant capitale. En un temps, les années 60, où la finance et le Maitre n’avaient pas toutes les cartes.

    Ce constat me permet de relativiser -quelque peu- son lamento.


  12. KATHERINE MAHEO Le 05 juillet 2016 à 20h05
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    Madame Mitterrand est loin d’être exemplaire Dans son association 63% des dons étaient employés uNIQUEMENT POUR ELLE dénoncée par la cour des comptes
    de plus son admlration pour Chavez dont la fille est devenue la plus riche du Vénézuéla !! et dont toute la famille a largement profité du dieu Pétrôle ET DE SES REVENUS
    Chavez qui a réduit à la misère son peuple , alors que ce pays est le plus riche de l’Amérique du sud
    quelle clarté avait ‘elle? quelle lucidité? quelle morale?
    Vraiment cette femme est tout sauf un exemple !


  13. peyo Le 05 juillet 2016 à 22h22
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    Tous les empires s’effondrent, l’histoire humaine est ainsi. Le prochain sur la liste sont les USA, à trop tirer sur la ficelle, elle casse. Miterrand a contribué au renforcement de l’Empire, comme un bon bourgeois raconteur de chansons pour arriver au pouvoir. Très mauvais souvenir. Seul le PCF de l’époque a réussi à faire passer du progrès, très vite stoppé par l’égocentrique Miterrand, petit homme sans courage politique devant son maître Américain.


  14. georges glise Le 06 juillet 2016 à 13h03
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    encore merci à danielle mitterrand pour ses convictions inébranlables et pour les avoir si bien exprimées, et pour l’ensemble de son action au service des opprimés de tous les pays du monde.


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