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14.septembre.202314.9.2023 // Les Crises

Guantánamo, armes illégales, surexploitation : les États-Unis piétinent les règles du jeu

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En 1963, l’été de mes 11 ans, ma mère a travaillé à l’évaluation des programmes du Corps de la Paix en Égypte et en Éthiopie. Mon jeune frère et moi avons passé la majeure partie de l’été en France. Nous étions d’abord à Paris avec ma mère avant qu’elle ne parte pour l’Afrique du Nord, puis avec mon père et sa petite amie dans une minuscule ville au bord de la Méditerranée.

Source : Tom Dispatch, Rebecca Gordon
Traduit par les lecteurs du site Les-Crises

À Paris, j’ai vu des touristes américains se promener en short et en sandales, appareil photo en bandoulière, prenant la pose dans les cathédrales et les musées. J’ai écouté les commentaires de ma mère sur ce qu’elle considérait comme leur grossièreté et leur insensibilité. Dans mon esprit d’enfant de 11 ans, j’étais plutôt d’accord. J’avais déjà entendu l’expression « le vilain Américain » – bien que je n’aie rien su du roman prophétique de 1958 portant ce titre sur les bourdes diplomatiques des États-Unis en Asie du Sud-Est en pleine Guerre froide – et il me semblait que ces impolis en France correspondaient parfaitement à cette expression.

De retour chez moi, j’ai confié à un ami (dont les parents, je l’ai appris des années plus tard, travaillaient pour la CIA) que parfois, pendant mon séjour en Europe, j’avais eu honte d’être américain. Elle m’a répondu : « Tu ne devrais jamais ressentir cela. C’est le meilleur pays du monde ! »

En effet, les États-Unis étaient alors le leader de ce que l’on appelait « le monde libre ». Peu importe que tout au long de la Guerre froide, nous ayons activement soutenu des dictatures (en Argentine, au Chili, en Indonésie, au Nicaragua et au Salvador, entre autres) et renversé des gouvernements en voie de démocratisation (au Chili, au Guatemala et en Iran, par exemple). À l’époque du GI Bill, des syndicats puissants, des soins de santé fournis par l’employeur et de la domination économique générale de l’après-guerre, pour la plupart d’entre nous qui étions blancs et à la portée de la classe moyenne, les États-Unis semblaient probablement être le meilleur pays du monde.

Les choses semblent un peu différentes aujourd’hui, n’est-ce pas ? Au cours de ce siècle, les États-Unis sont devenus, à bien des égards, un paria et même, dans certains cas, un hors-la-loi. Voici trois exemples de comportements américains littéralement scandaleux, trois façons dont ce pays s’est démarqué de la masse d’une manière tristement malveillante.

Guantánamo, le camp de prisonniers immortel

En janvier 2002, l’administration du président George W. Bush a créé un camp de prisonniers offshore sur la base navale américaine de Guantánamo Bay, à Cuba. L’idée était d’héberger les prisonniers capturés dans le cadre de ce qui avait déjà été qualifié de « guerre mondiale contre le terrorisme » sur un petit bout de terre « américaine », hors de portée du système juridique américain et des protections que ce système pouvait offrir à toute personne se trouvant dans ce pays. (Si vous vous demandez comment les États-Unis ont pu avoir accès à un morceau de terre sur une île avec laquelle ils entretiennent les relations les plus glaciales, y compris des décennies de sanctions économiques, voici l’histoire : en 1903, bien avant la révolution de 1959 à Cuba, le gouvernement cubain avait accordé aux États-Unis des droits de « coaling » [approvisionnement en charbon, NdT] à Guantánamo, ce qui signifie que la marine américaine pouvait y établir une base pour ravitailler ses navires en carburant. L’accord était resté en vigueur en 2002, et l’est encore aujourd’hui).

Dans les années qui ont suivi, Guantánamo est devenu le lieu de torture et même de meurtre pour des personnes que les États-Unis avaient faites prisonnières en Afghanistan, en Irak et dans d’autres pays allant du Pakistan à la Mauritanie. Après avoir écrit pendant plus de 20 ans sur ces programmes de torture américains qui ont débuté en octobre 2001, je ne peux plus me résoudre à relater une fois de plus toutes les horreurs qui se sont déroulées à Guantánamo ou dans les « sites noirs » de la CIA localisés dans des pays allant de la Thaïlande à la Pologne, ou à la base aérienne de Bagram en Afghanistan, ou encore à la prison d’Abu Ghraib et au camp NAMA (dont la devise était : « Pas de sang, pas de faute ») en Irak. Si vous ne vous en souvenez pas, faites une recherche Google sur ces endroits. Je vous attends.

Trente hommes sont toujours détenus à Guantánamo aujourd’hui. Certains n’ont jamais été jugés. Certains n’ont même jamais été accusés d’un crime. La poursuite de leur détention et de leur torture, y compris, pas plus tard qu’en 2014, l’alimentation forcée punitive et brutale des grévistes de la faim, a confirmé le statut des États-Unis en tant que criminels internationaux. Aujourd’hui encore, le fait de maintenir Guantánamo ouvert témoigne du mépris de ce pays pour le droit international, notamment les conventions de Genève et la convention des Nations unies contre la torture. Il témoigne également d’un mépris pour notre propre système juridique, notamment pour la clause concernant la « suprématie » de la Constitution, qui fait de tout traité international ratifié, comme la Convention contre la torture, « la loi suprême du pays ».

En février 2023, Fionnuala Ní Aoláin, rapporteur spécial des Nations unies sur la promotion et la protection des droits humains et des libertés fondamentales dans la lutte antiterroriste, a été la première représentante des Nations unies autorisée à se rendre à Guantánamo. Horrifiée par ce qu’elle y a trouvé, elle a déclaré au Guardian les points suivants au sujet des États-Unis :

« Il leur incombe de réparer les préjudices qu’ils ont infligés à leurs victimes musulmanes de la torture. Les traitements médicaux existants, tant au camp de prisonniers à Cuba que pour les détenus libérés dans d’autres pays, étaient inadéquats pour traiter de multiples problèmes tels que les lésions cérébrales traumatiques, les handicaps permanents, les troubles du sommeil, les flashbacks et les syndromes de stress post-traumatique non traités. »

« Ces hommes sont tous des survivants de la torture, un crime unique au regard du droit international, et ont un besoin urgent de soins. La torture brise une personne, elle a pour but de la rendre impuissante et sans pouvoir afin qu’elle cesse de fonctionner psychologiquement, et lors de mes conversations avec des actuels et anciens détenus, j’ai observé tous les préjudices qu’elle a causés. »

L’avocat d’un prisonnier torturé, Ammar al-Baluchi, rapporte que ce dernier « souffre de lésions cérébrales traumatiques après avoir été soumis à la technique « walling », où sa tête a été frappée à plusieurs reprises contre le mur ». Il est entré dans une phase de déclin cognitif qui s’aggrave, ses « symptômes comprennent des maux de tête, des vertiges, des difficultés à penser et à accomplir des tâches simples ». Il ne peut pas dormir plus de deux heures d’affilée, « ayant été privé de sommeil à des fins de torture ».

Les États-Unis, insiste Ní Aoláin, doivent fournir des soins de réadaptation aux hommes qu’ils ont brisés. J’ai cependant des doutes sur les pouvoirs curatifs de tout traitement administré par des Américains, même par des psychologues civils. Après tout, deux d’entre eux ont personnellement conçu et mis en œuvre le programme de torture de la CIA.

Les États-Unis devraient en effet payer la facture pour le traitement non seulement des 30 hommes qui restent à Guantánamo, mais aussi des autres qui ont été libérés et qui continuent à souffrir des effets à long terme de la torture. Et il va sans dire que l’administration Biden devrait enfin fermer ce camp de prisonniers illégal, même si cela ne risque pas d’arriver. Apparemment, il est plus facile de mettre fin à une guerre entière que de décider du sort de 30 prisonniers.

Des armes illégales

Les États-Unis font figure d’exception dans un autre domaine : la production et le déploiement d’armes largement reconnues comme présentant un danger immédiat ou futur pour les non-combattants. Les États-Unis ont toujours refusé d’adhérer aux conventions interdisant ce type d’armes, notamment les bombes à fragmentation (ou, par euphémisme, les « armes à sous-munitions ») et les mines terrestres.

En fait, les États-Unis ont déployé des bombes à fragmentation dans leurs guerres en Irak et en Afghanistan. (Au siècle dernier, ils en ont largué 270 millions uniquement sur le Laos pendant la guerre du Viêtnam). Ironiquement – certains diraient même hypocritement – les États-Unis se sont joints à 146 autres pays pour condamner l’utilisation par la Syrie et la Russie de ces mêmes armes dans la guerre civile syrienne. L’ancienne attachée de presse de la Maison Blanche, Jen Psaki, a déclaré aux journalistes que si la Russie utilisait ces armes en Ukraine (ce qui est effectivement le cas), il s’agirait d’un « crime de guerre ».

Aujourd’hui, les États-Unis ont envoyé des bombes à fragmentation à l’Ukraine, soi-disant pour combler une lacune cruciale dans l’approvisionnement en obus d’artillerie. Ce n’est pas parce que les États-Unis ne disposent pas de suffisamment d’obus d’artillerie conventionnels pour réapprovisionner l’Ukraine. Le problème, c’est qu’en les envoyant là-bas, le pays ne serait plus en mesure de mener deux guerres majeures simultanées (et hypothétiques), comme l’envisage ce que le Pentagone aime à considérer comme sa doctrine de disponibilité.

Que sont les armes à sous-munitions ? Il s’agit d’obus d’artillerie contenant de nombreuses bombes individuelles, ou « sous-munitions ». Lorsqu’un obus est tiré, à une distance maximale de 30 km, il dissémine jusqu’à 90 bombes distinctes sur une vaste zone, ce qui en fait un excellent moyen de tuer un grand nombre de soldats ennemis d’un seul coup.

Ce qui rend ces armes inutilisables pour la plupart des nations, c’est que toutes les bombes n’explosent pas. Certaines peuvent rester là où elles sont tombées pendant des années, voire des décennies, jusqu’à ce que, comme l’indique un éditorial du New York Times, « quelqu’un – souvent un enfant apercevant sur le sol un objet de couleur vive de la taille d’une pile – le déclenche accidentellement ». En d’autres termes, elles peuvent rester actives longtemps après la fin d’une guerre, semant des pièges mortels dans les terres agricoles et les forêts. C’est pourquoi Ban Ki-moon, alors secrétaire général des Nations unies, a parlé du « dégoût collectif du monde pour ces armes abominables ». C’est pourquoi 123 pays ont signé la convention de 2008 sur les armes à sous-munitions. Toutefois, la Russie, l’Ukraine et les États-Unis font partie des pays qui ne l’ont pas encore signée.

Selon le conseiller à la Sécurité nationale Jake Sullivan, les bombes à fragmentation que les États-Unis ont envoyées en Ukraine contiennent chacune 88 bombelettes, avec, selon le Pentagone, un taux d’échec inférieur à 2,5 %. (Cela signifie que pour chaque obus à fragmentation tiré, au moins deux sous-munitions sont susceptibles de ne pas exploser). Nous n’avons aucune idée du nombre d’armes fournies par les États-Unis, mais un porte-parole du Pentagone a déclaré lors d’une réunion d’information qu’il y avait « des centaines de milliers d’armes disponibles ». Il n’est pas nécessaire de faire preuve de beaucoup d’imagination en terme de calcul mathématique pour se rendre compte qu’elles représentent un réel danger pour les civils ukrainiens. Il n’est pas non plus très réconfortant de voir Sullivan assurer au monde que le gouvernement ukrainien est « motivé » pour minimiser les risques pour les civils lors du déploiement des munitions, car « ce sont leurs citoyens qu’ils protègent ».

Pour ma part, je n’ai pas envie de laisser de tels calculs de coûts-avantages entre les mains d’un gouvernement qui lutte pour sa survie. C’est précisément la raison d’être des lois internationales contre les armes non-sélectives : empêcher les gouvernements d’avoir à faire de tels calculs dans le feu de l’action.

Les bombes à fragmentation ne sont qu’un sous-ensemble des armes qui laissent derrière elles des « restes explosifs après la guerre ». Les mines terrestres en sont un autre. À l’instar de la Russie, les États-Unis ne figurent pas parmi les 164 pays qui ont signé la convention d’Ottawa de 1999, laquelle exige des signataires qu’ils cessent de produire des mines terrestres, qu’ils détruisent leurs stocks existants et qu’ils déminent leur propre territoire.

Paradoxalement, les États-Unis font régulièrement des dons pour financer le déminage dans le monde, ce qui est certainement une bonne chose, compte tenu de l’héritage qu’ils ont laissé, par exemple, au Viêtnam. Le New York Times écrivait en effet en 2018 :

« Depuis la fin de la guerre en 1975, au moins 40 000 Vietnamiens auraient été tués et 60 000 autres blessés par des mines terrestres américaines, des obus d’artillerie, des bombes à fragmentation et d’autres munitions qui n’ont pas explosé à l’époque. Celles-ci ont enfin explosé lorsqu’elles ont été manipulées par des récupérateurs de ferraille ou des enfants qui ne se doutaient de rien. »

C’est assez chaud pour vous ?

À l’heure où j’écris ces lignes, environ un tiers de la population du pays vit en alerte canicule. Cela représente 110 millions de personnes. Une vague de chaleur s’abat sur l’Europe, où 16 villes italiennes sont en alerte et où la Grèce a fermé l’Acropole pour éviter que les touristes ne meurent d’un coup de chaleur. Cet été s’annonce pire en Europe que le record de l’année dernière, où la chaleur a tué plus de 60 000 personnes. Aux États-Unis aussi, la chaleur est de loin la principale cause de mortalité liée aux conditions météorologiques. On se demande pourquoi le gouverneur du Texas, Greg Abbott, a signé un projet de loi supprimant les pauses pour boire obligatoires pour les travailleurs extérieurs, alors que la dernière vague de chaleur était sur le point d’arriver.

Pendant ce temps, la vallée de l’Hudson à New York et certaines parties du Vermont, dont sa capitale Montpelier, ont été inondées la semaine dernière par une tempête qui n’arrive qu’une fois par siècle, tandis qu’en Corée du Sud, des ouvriers se sont précipités pour sauver les personnes dont les voitures étaient coincées dans le tunnel de Cheongju, complètement submergé par les pluies torrentielles de la mousson. La Corée, comme une grande partie de l’Asie, s’attend à des fortes pluies pendant l’été, mais celles de cette année – comme tant d’autres statistiques météorologiques – ont été littéralement hors normes. Les journalistes ont enfin vécu un changement maritime radical (qui n’est pas sans rappeler l’extraordinaire changement de température des eaux de surface dans l’océan Atlantique). Finies les suggestions moyennement convaincues selon lesquelles le changement climatique « pourrait jouer un rôle » dans la survenue d’événements météorologiques extrêmes. Les journalistes du monde entier partent désormais du principe que c’est la réalité.

Cependant, lorsqu’il s’agit de faire face à l’urgence climatique, les États-Unis sont une fois de plus à la traîne. Dès 1992, lors du Sommet de la Terre des Nations unies à Rio de Janeiro, le président George H. W. Bush s’est opposé à toute limitation des émissions de dioxyde de carbone. Comme le rapportait alors le New York Times, « montrant un intérêt personnel pour le sujet, il a, à lui seul, forcé les négociateurs à supprimer du traité sur le réchauffement climatique toute référence à des échéances pour le plafonnement des émissions de substances polluantes ». Et même à l’époque, Washington s’opposait aux efforts des pays les plus pauvres pour nous arracher un peu d’argent afin de les aider à couvrir les coûts de leurs propres efforts en matière d’environnement.

Certaines choses ne changent pas beaucoup. Bien que le président Biden ait annulé la décision de Donald Trump de retirer les États-Unis des accords de Paris sur le climat, son propre bilan en matière de climat se résume à une combinaison de deux pas en avant (le financement de la transition vers l’énergie verte prévu dans la loi sur la réduction de l’inflation de 2022, par exemple) et d’un grand pas en arrière (l’approbation du projet de forage pétrolier Willow de ConocoPhillips sur des terres fédérales du versant nord de l’Alaska, sans parler de ce qui fait la fierté du sénateur Joe Manchin, le projet Mountain Valley Pipeline concernant le gaz naturel, d’une valeur de 6,6 milliards de dollars).

Et lorsqu’il s’agit de remédier aux dommages que nos émissions ont causés aux pays les plus pauvres du monde, notre pays est toujours en retard d’un métro et en déficit de milliards de dollars. En fait, le 13 juillet, l’émissaire pour le climat John Kerry a déclaré lors d’une audition au Congrès que les États-Unis ne paieraient « en aucun cas » des réparations aux pays en développement qui subissent les effets dévastateurs du changement climatique. Bien que les États-Unis aient soutenu (du moins en principe) la création d’un fonds destiné à aider les pays les plus pauvres à atténuer les effets du changement climatique lors de la conférence COP 27 de l’ONU en novembre 2022, comme l’a rapporté Reuters, « l’accord n’a pas précisé qui alimenterait le fonds ni comment l’argent serait déboursé ».

Bienvenue dans la solastalgie

J’ai récemment appris un nouveau mot, la solastalgie. Il s’agit en fait d’un nouveau mot, créé en 2005 par le philosophe australien Glenn Albrecht pour décrire « la détresse produite par les changements environnementaux qui ont un impact sur les gens étant directement liés à leur environnement d’origine ». Glenn Albrecht s’est intéressé aux communautés rurales indigènes d’Australie, attachées depuis des siècles à leur lieu de vie, mais je pense que le concept peut être étendu, au moins métaphoriquement, au reste d’entre nous, dont les vies sont aujourd’hui affectées par les douloureuses présences (et absences) engendrées par le changement environnemental et climatique : la présence d’une chaleur, d’un feu, d’un bruit et d’une lumière sans précédent ; la présence de pluies et d’inondations mortelles ; et l’absence croissante de glace aux pôles de la Terre ou sur ses montagnes. Dans ma propre vie, entre autres choses, c’est la perte des lucioles et la tristesse presque infinie de voir rarement plus que quelques faibles étoiles.

Bien sûr, le « meilleur pays du monde » n’a pas été le seul à créer les horreurs que j’ai décrites. Et les gens ordinaires qui vivent dans ce pays ne sont pas à blâmer pour ces horreurs. Pourtant, en tant que bénéficiaires de la générosité de cette nation – sa beauté, ses aspirations, sa démocratie profondément blessée mais qui respire encore – nous sommes, comme l’a souligné la philosophe Iris Marion Young, responsables de ces horreurs. Il faudra initier une action politique organisée et collective, mais il est encore temps de ramener notre pays hors-la-loi au sein de ce qui devrait être une communauté unie de nations confrontées aux horreurs qui se profilent sur cette planète. C’est du moins ce que j’espère et ce que je crois.

Copyright 2023 Rebecca Gordon

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Rebecca Gordon, une habituée de TomDispatch, enseigne à l’université de San Francisco. Elle est l’auteur de Mainstreaming Torture, American Nuremberg : The U.S. Officials Who Should Stand Trial for Post-9/11 War Crimes [La torture normalisée, le Nüremberg américain : Les représentants des États-Unis qui doivent être jugés pour les crimes de guerre post 11 Septembre] et travaille actuellement à un nouvel ouvrage sur l’histoire de la torture aux États-Unis.

Source : Tom Dispatch, Rebecca Gordon, 25-07-2023
Traduit par les lecteurs du site Les-Crises

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Commentaire recommandé

azuki // 14.09.2023 à 13h33

Citez-moi 1 seul traité ou accord que les USA on tenue dès que ça sert moins bien leur intérêts, depuis que «les gentils Cowboys» ont génocidé «les méchants indiens» ?

Je ne parle pas des choses en cours, comme celle de sacrifier jusqu’au dernier Ukrainien, mais plutôt des choses comme la destruction de leur allié et «meilleur rempart contre le fanatisme musulman» en Irak dès qu’il a voulu prendre des initiatives personnelles, itou en Iran où ils ont aider à remplacer un gentil dictateur devenu soudainement méchant par un fanatique religieux qu’ils pensaient plus «complaisant».

D’ailleurs si vous n’avez pas compris qu’ils sont en train de virer la France de l’Afrique, et qu’ils font de plus en plus de l’Europe un terrain de guerre militaire et économique pour tenter de compenser leur effondrement interne, il va falloir commencer à réfléchir sérieusement ! Les USA ne sont l’allié de personne dans leur course au pouvoir hégémonique absolu. Le martyr de Julien Assange a au moin un intérêt, c’est de démontrer de manière aveuglante qu’ils pensent que le monde entier leur appartient et que leur lois sont valables universellement.

Réfléchissez, je vous dis.

5 réactions et commentaires

  • calal // 14.09.2023 à 10h34

    marrant toujours la meme trame: une grosse partie du texte qui « donne des gages » en critiquant l’amerique puis vers la fin,apres avoir obtenu l’assentiment de son lecteur, l’auteur glisse la « dose de poison »: ici l’idee que l’amerique doit consentir a « sauver le climat  » pour expier ses erreurs morales passees .
    PS: evidemment l’auteur n’a pas oublie le petit croche-pied a trump « Bien que le président Biden ait annulé la décision de Donald Trump de retirer les États-Unis des accords de Paris sur le climat, son propre bilan en matière de climat se résume à une combinaison de deux pas en avant (le financement de la transition vers l’énergie verte prévu dans la loi sur la réduction de l’inflation de 2022, par exemple) et d’un grand pas en arrière  »

    Effectivement comme le dit l’auteur « Certaines choses ne changent pas beaucoup. »…

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  • azuki // 14.09.2023 à 13h33

    Citez-moi 1 seul traité ou accord que les USA on tenue dès que ça sert moins bien leur intérêts, depuis que «les gentils Cowboys» ont génocidé «les méchants indiens» ?

    Je ne parle pas des choses en cours, comme celle de sacrifier jusqu’au dernier Ukrainien, mais plutôt des choses comme la destruction de leur allié et «meilleur rempart contre le fanatisme musulman» en Irak dès qu’il a voulu prendre des initiatives personnelles, itou en Iran où ils ont aider à remplacer un gentil dictateur devenu soudainement méchant par un fanatique religieux qu’ils pensaient plus «complaisant».

    D’ailleurs si vous n’avez pas compris qu’ils sont en train de virer la France de l’Afrique, et qu’ils font de plus en plus de l’Europe un terrain de guerre militaire et économique pour tenter de compenser leur effondrement interne, il va falloir commencer à réfléchir sérieusement ! Les USA ne sont l’allié de personne dans leur course au pouvoir hégémonique absolu. Le martyr de Julien Assange a au moin un intérêt, c’est de démontrer de manière aveuglante qu’ils pensent que le monde entier leur appartient et que leur lois sont valables universellement.

    Réfléchissez, je vous dis.

      +25

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    • OJBA // 16.09.2023 à 20h25

      Les américains n’ont pas d’alliés, ils n’ont que des vassaux ou des ennemis.

        +1

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      • step // 20.09.2023 à 10h35

        c’est vrai de tout pays ayant la prétention d’être un empire (maritime ou terrestre). Quand l’europe a eu la prétention de former des empires ils ont successivement esclavagisé puis colonisé (pour leur bien déjà à l’époque) l’Afrique. Idem de l’empire Arabe sur les slaves à l’époque de l’empire bizantin (slaves qui est la racine étymologique de « esclave »). Idem des même slaves sur les minorités des limes de leur empire russe naissant. (tatars, cosaques…). Idem à l’intérieur de l’empire pourtant fermé de chine entre les l’ethnie régnante et l’ethnie majoritaire (répression, colonisation intérieure, acculturation). Méthode toujours d’actualité avec les ouighours. Je ne parle même pas des civilisations d’amérique centrale qui se sont largement massacrées les unes les autres afin d’établir la suprématie de leur citée avant d’être balayées par les expéditions espagnoles ou des japonais pendant la seconde guerre mondiale (nankin..). Les US ne font en aucun cas exception.. . Leur spécificité est d’adosser leurs crimes à un soft power médiatique capable de tout justifier. Les autres empires de l’histoire ont bien entendu fait de même, mais à l’heure du « village global », l’exposition au bourrage de mou est démultipliée.
        Il ne faut pas se faire de grosse illusions sur l’espèce de primates territoriaux agressifs que nous sommes. Je ne connais pas de civilisation qui ne se roulera pas dans la fange criminelle pour pouvoir voler une part de gâteau supplémentaire à son voisin. La fin de l’article est un vœux pieux, il faut donc avoir la foi, or je suis athée.

          +1

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  • Josy // 14.09.2023 à 13h40

    Un pays envahi par des « religieux « en plein désir de puissance, et de la richesse qu’on peut en attendre lorsqu’on est bien armé et qu’on ne craint pas un dieu qui doit forcément être de votre côté puisque vous possédez la « vraie vérité  » :la votre et non pas celle du club voisin.
    Un penchant que l’on appellerait nazisme à notre époque puisqu’on débat pour savoir si les amérindiens et ensuite les noirs sont de la même espèce que les blancs sortis des bagnes européens.
    les « exploits « criminels cumulés et outranciers des USA ,leur absence de compassion et de condamnation des grands crimes ,en font des mafieux exceptionnels , des psychopathes dangereux et contagieux par les déchainements de haine et l’attrait -répulsion que provoquent leurs débauches de tueries.

      +18

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