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19.juillet.201619.7.2016 // Les Crises

Jean-Claude Michéa : « Ceux d’en bas apparaissent de moins en moins sensibles à l’alternance unique »

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Source : Le Comptoir, Jean-Claude Michéa, 24-02-2016

Socialiste libertaire, communautarien et décroissant, qui n’hésite pas à tacler la gauche ou la religion du progrès, Jean-Claude Michéa n’est pas de ceux qui se laissent facilement enfermer dans une case. Une originalité qui lui a valu de nombreuses attaques de son propre camp – Frédéric Lordon, Philippe Corcuff, Serge Halimi, Luc Boltanski, Isabelle Garo et Jean-Loup Amselle, pour ne citer que les plus connus. Pourtant, depuis plus de vingt ans, le Montpelliérain s’échine à mener une critique radicale et originale du libéralisme et à réhabiliter les classes populaires et leurs pratiques – comme le football –, ignorées et méprisées par les politiques de droite comme de gauche. Nous devons en partie au philosophe la popularisation récente de l’écrivain George Orwell, ainsi que l’introduction en France de la pensée du sociologue et historien américain Christopher Lasch. Notre admiration pour ce « penseur vraiment critique », comme le qualifient les éditions L’Échappée, n’est un secret pour personne. Voilà pourquoi nous avons souhaité lui soumettre quelques questions. Vu la densité de ses réponses, nous avons décidé de les publier en deux fois. Dans cette première partie, Michéa clarifie ces analyses du peuple et du libéralisme.

Le Comptoir : Les cinq dernières décennies ont été marquées en Occident par l’avènement de la société de consommation et de la culture de masse, qui ont opéré une uniformisation des modes de vie inédite. Pier Paolo Pasolini, dont vous êtes un grand lecteur, notait il y a quarante ans que les classes populaires ont été « atteintes dans le fond de leur âme, dans leurs façons d’être » et que l’âme du peuple a non seulement été « égratignée, mais encore lacérée, violée, souillée à jamais ». Peut-on encore réellement, dans ces conditions, parler de peuple et de common decency ?

michea

Jean-Claude Michéa : Il convient d’abord de rappeler que ce que vous appelez la “société de consommation” (telle qu’elle se met en place aux États-Unis au début des années 1920) trouve elle-même sa condition préalable dans la nécessité inhérente à toute économie libérale de poursuivre à l’infini le processus de mise en valeur du capital. Nécessité contradictoire – puisque nous vivons dans un monde clos – mais qui constitue, depuis la révolution industrielle, la clé d’intelligibilité principale (quoique non exclusive) du mouvement des sociétés modernes. Dans un monde où chacun doit finir, tôt ou tard, par être mis en concurrence avec tous – conformément au principe libéral d’extension du domaine de la lutte – il est en effet vital, si l’on veut rester dans la course, d’accroître sans cesse la valeur de son capital de départ (toute attitude “conservatrice” étant nécessairement suicidaire dans une économie “ouverte” et théoriquement concurrentielle).

Bien entendu, cette injonction systémique à la “croissance” et à l’“innovation” n’explique pas seulement la tendance dominante du capital – comme le confirme la moindre partie de Monopoly — à se concentrer entre des mains toujours moins nombreuses (62 individus détiennent aujourd’hui une fortune équivalente à celle de la moitié la plus pauvre de l’humanité !). En conduisant à subordonner toute production de biens ou de services à l’exigence prioritaire du “retour sur investissement” (quand bien même la plupart des marchandises ainsi produites se révéleraient tout à fait inutiles, voire toxiques ou nuisibles pour le climat et la santé humaine), elle encourage simultanément le rêve positiviste d’un monde “axiologiquement neutre” – dont l’ultime impératif catégorique serait business is business contribuant ainsi à noyer progressivement les vertus humaines les plus précieuses (celles qui fondent, par exemple, la civilité quotidienne et les pratiques de réciprocité et d’entraide) dans « les eaux glacées du calcul égoïste » (Marx). C’est d’ailleurs la raison pour laquelle la critique des premiers socialistes s’arrêtait rarement aux seuls aspects inégalitaires et abrutissants du nouveau mode de production industrielle (les fameux satanic mills de William Blake). Elle portait tout autant – sinon plussur le type de société atomisée, mobilitaire et agressivement individualiste qui en constitue l’envers moral, psychologique et culturel obligé (« cette société – notait Pierre Leroux – où tout le monde veut être monarque » et que Proudhon décrivait, pour sa part, comme le « règne de l’absolutisme individuel »). Une fois reconnu ce lien structurel entre « la démoralisation et l’isolement qui enferment chacun dans sa misère privée » (Jaime Semprun) et cette guerre quotidienne de tous contre tous qui constitue l’essence du libéralisme économique, on comprend alors mieux pour quelles raisons logiques le déchaînement planétaire des politiques libérales – sur fond de renoncement de l’intelligentsia de gauche, à partir de la fin des années 1970, à toute critique radicale du système fondé sur l’accumulation du capital – ne pouvait effectivement conduire qu’à saper indéfiniment les fondements mêmes (qu’ils soient anthropologiques, moraux, ou culturels) de toute vie réellement commune.

Kevin « L’Impertinent » Victoire.

Kevin « L’Impertinent » Victoire.

Cela dit, et à moins d’endosser entièrement cette vision haineuse et méprisante des classes “subalternes” qui était celle, lors du procès d’Outreau, de l’incroyable juge Burgaud (vision dans laquelle il n’est d’ailleurs pas très difficile de retrouver le véritable arrière-plan psychologique et intellectuel de toutes les croisades médiatiques et universitaires contre le “populisme”), il me semble néanmoins prématuré d’en conclure que les notions de “décence commune” ou de “peuple” (lui-même à présent réduit par la sociologie d’État à un improbable conglomérat de “minorités”) appartiendraient désormais à un passé révolu. Car s’il est effectivement incontestable que des pans entiers de l’univers moral et culturel des gens ordinaires – pour reprendre l’expression d’Orwell – se sont d’ores et déjà volatilisés sous l’effet des dynamiques “axiologiquement neutres” de la mondialisation juridique et marchande (il suffit d’observer la progression constante des comportements “autistiques” ou asociaux dans l’espace public), il me paraît non moins évident que cette « dissolution de tous les liens sociaux » (Guy Debord) est encore très loin d’avoir atteint ce stade ultime de l’atomisation du monde que Marx associait, dans le livre I du Capital, à l’axiomatique même du libéralisme politique. À savoir celui d’une société où « chacun ne pense qu’à lui et personne ne s’inquiète de l’autre » et dans laquelle « la seule force qui mette en présence et en rapport les individus est celle de leur égoïsme, de leur profit particulier, et de leurs intérêts privés » (une telle description, en revanche, conviendrait déjà beaucoup plus au monde impitoyable des élites modernes).

La plupart des études consacrées à ce sujet (essentiellement, il est vrai, dans les pays anglo-saxons) confirment, en effet, de façon très claire que les valeurs traditionnelles d’entraide et de solidarité – celles que Marx lui-même (je renvoie ici aux travaux décisifs de Teodor Shanin et de Kevin Anderson), avait fini par considérer, dans les dernières années de sa vie, comme l’une des conditions les plus indispensables de la révolution socialiste – sont encore massivement présentes dans les milieux populaires. Si l’on en doute, il suffit simplement de se poser la question suivante : par quel miracle, en effet, les gens ordinaires – dont l’immense majorité doit aujourd’hui vivre avec moins de 2000 € par mois – pourraient-ils faire face aux inévitables aléas de l’existence quotidienne (perte d’emploi ou chute dans la précarité, accident de santé, déménagement imposé par les politiques libérales de “flexibilité”, dégât des eaux ou cambriolage, réparation de la vieille voiture indispensable pour faire ses courses ou se rendre au travail, etc.) si ne subsistait pas, dans des proportions encore considérables, cette pratique traditionnelle de l’entraide et du “coup de main” – entre parents, amis, voisins ou collègues – qui constitue l’essence même de ce que Mauss appelait « l’esprit du don » ? De toute évidence, l’idée désormais largement répandue dans le clergé universitaire selon laquelle “le peuple n’existe plus” relève beaucoup plus du wishful thinking de ceux qui ont personnellement tout à craindre de son réveil politique que de l’analyse objective du monde réel.

« Il me semble néanmoins prématuré d’en conclure que les notions de “décence commune” ou de “peuple” appartiendraient désormais à un passé révolu. »

Aujourd’hui, le libéralisme culturel longtemps hégémonique a du plomb dans l’aile. De plus en plus de voix, de Zemmour à Finkielkraut, attaquent dans les médias la fameuse “pensée unique” et brisent le politiquement correct. Au sein de la gauche de gouvernement, la “ligne Valls”, sécuritaire et peu portée sur le sociétal, semble l’avoir définitivement emporté sur la “ligne Taubira” [la question a été posée avant son départ du gouvernement, NDLR], plus laxiste. Pourtant, l’économie de marché connaît de moins en moins de contestation. La phase “libertaire” du libéralisme, qui a émergé après Mai-68 et que vous avez abondamment analysée dans vos ouvrages est-elle maintenant derrière nous ?

Il me semble que c’est surtout là une de ces illusions d’optique qui font le charme de la société du spectacle ! Et comme cette illusion trouve sa source première dans certaines particularités de la situation politique actuelle, il me semble indispensable de revenir un instant sur les racines réelles de cette dernière. Au début de l’année 1996, dans leurs Remarques sur la paralysie de décembre 1995, les rédacteurs de l’Encyclopédie des nuisances avaient ainsi annoncé, avec leur lucidité coutumière, « qu’il n’y aurait pas de “sortie de crise” ; que la crise économique, la dépression, le chômage, la précarité de tous, etc., étaient devenus le mode de fonctionnement même de l’économie planétarisée ; que ce serait de plus en plus comme cela ». Vingt ans plus tard, on est bien obligé d’admettre que ce jugement (qui avait suscité, à l’époque, le sourire goguenard de ceux qui savent) a non seulement été entièrement confirmé par les faits mais qu’il rencontre également un écho grandissant dans toutes les classes populaires européennes (et même, désormais, aux États-Unis), comme en témoignent abondamment les progrès constants de l’abstention, du vote blanc ou du nombre de suffrages se reportant sur les partis dits “antisystème” ou “populistes”. Tout se passe, en effet, comme si ces classes populaires étaient partout en train de prendre conscience, fût-ce sous des formes mystifiées, que les deux grands partis du bloc libéral (ceux que Podemos appelle à juste titre les “partis dynastiques”) n’avaient, en somme, plus d’autre idéal concret à leur proposer que la dissolution continuelle de leurs manières de vivre spécifiques – et de leurs derniers acquis sociaux – dans le mouvement sans fin de la croissance mondialisée, que celle-ci soit repeinte en vert ou encore aux couleurs du “développement durable”, de la “transition énergétique” et de la “révolution numérique”.

Kevin « L’Impertinent » Victoire.

Kevin « L’Impertinent » Victoire.

Devant cette nouvelle situation, où ceux d’en bas apparaissent de moins en moins sensibles, expérience oblige, aux vertus de l’alternance unique, l’aile gauche et l’aile droite du château libéral (dont les ultimes différences tiennent surtout, désormais, aux ambitions personnelles de leurs dirigeants et aux particularités encore marquées de leur électorat historique) se retrouvent donc peu à peu contraintes de réfléchir en commun sur les différentes façons possibles de “gouverner autrement”. Autrement dit, de prolonger de quelques décennies encore la survie d’un système qui prend aujourd’hui l’eau de toute part. Une des solutions les plus prometteuses, à moyen terme, serait incontestablement celle d’un “compromis historique” de type nouveau, que ce compromis prenne la forme d’une “grande coalition” à l’allemande, d’un “front républicain” à la française, ou même, si une situation internationale favorable le permettait, d’une nouvelle “union sacrée”. C’est donc d’abord à la lumière de ce contexte historique inédit (et probablement aussi des menaces de crise économique et financière mondiale qui s’accumulent à l’horizon – je renvoie ici aux analyses décisives de Ernst Lohoff et de Norbert Trenkle dans La grande dévalorisation) qu’il convient, à mon sens, d’expliquer l’actuelle mise en sourdine par l’aile gauche du bloc libéral de certains des aspects les plus clivants, et donc les plus inutilement provocateurs, de son programme “sociétal”. Il serait, en effet, très difficile de convaincre ces catégories populaires qui votent encore traditionnellement à droite, notamment en milieu rural (au XIXe siècle, on appelait souvent les députés de droite les Ruraux) d’apporter durablement leur soutien à un gouvernement de coalition, si l’aile gauche de ce gouvernement ne renonçait pas, au moins pour un temps, à agiter sans cesse devant elles le chiffon rouge de l’abolition de tous les “tabous” de la morale commune, de toutes les frontières protectrices encore existantes et de toutes ces manières de vivre partagées, si bien analysées par E.P. Thompson, qui fondent leur identité régionale et populaire (à l’exception, bien sûr, de cette vieille coutume familiale de l’héritage, à laquelle les intellectuels de gauche − même les plus portés sur la “déconstruction” − demeurent, en général, personnellement très attachés).

Pour autant, cette reconfiguration du champ politique − à terme, encore une fois, très plausible (c’est celle, en tout cas, qui aurait la faveur des marchés financiers) − ne doit pas nous conduire à valider l’illusion que la « phase libertaire du libéralisme », pour reprendre votre expression, serait désormais « derrière nous ». Dans un monde dont tous les évangélistes nous rappellent à chaque instant que son essence profonde est de “bouger” sans cesse, il devrait être, en effet, plus évident que jamais − sauf à croire encore, à l’ère de la mondialisation capitaliste, que l’objectif réel d’une droite libérale moderne serait de défendre l’Église catholique, le monde rural et les valeurs “traditionnelles” − que le libéralisme culturel (ou, si l’on préfère, la contre-culture libérale) représente par définition la seule forme de construction psychologique et intellectuelle qui soit à même de légitimer en temps réel, et dans la totalité de ses manifestations, la dynamique planétaire du capitalisme. Et cela, précisément, parce que la neutralité axiologique de ce dernier le conduit forcément à s’émanciper en permanence de « toute limite morale ou naturelle » (Marx). Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si cette contre-culture de gauche (comme Georges Perec est un des premiers à l’avoir souligné) fournit depuis si longtemps à l’univers mystificateur de la publicité moderne − autrement dit au discours que la marchandise tient sur elle-même − l’essentiel de son langage, de ses codes et de son imaginaire United Colors of Benetton.

« Il est donc indispensable de réapprendre à distinguer les intuitions et les idées qui naissent directement de l’expérience quotidienne des classes populaires. »

Quant à tous ces universitaires “postmodernes”, nourris au lait maternel de Foucault et de Derrida, qui croient encore, ou font semblant de croire, que l’idéologie naturelle du libéralisme serait un mélange “néo-réactionnaire” (pour reprendre ici le terme popularisé par le spin doctor Daniel Lindenberg), de “conservatisme”, d’austérité calviniste et de nostalgie de la famille “hétéro-patriarcale” (dans Why I am not a conservative − un texte écrit en 1960 – Hayek avait pourtant apporté, à la suite d’Ayn Rand, toutes les clarifications nécessaires sur ce point), je leur conseille vivement de tourner un instant leur regard vers cette Silicon Valley qui constitue, depuis des décennies, la synthèse la plus accomplie de la cupidité des hommes d’affaire libéraux et de la contre-culture “californienne” de l’extrême gauche des sixties (Steve Jobs et Jerry Rubin en sont de remarquables exemples). Comme on le sait, c’est en effet dans cette nouvelle Mecque du capitalisme mondial − grâce, entre autres, au financement de Google – que se met aujourd’hui en place le délirant projet “transhumaniste” (porté par l’éternelle illusion d’avoir enfin découvert une source inépuisable de valorisation du capital) d’utiliser toutes les ressources de la science et de la technologie modernes − sciences cognitives, nanotechnologies, intelligence artificielle, biotechnologies etc. − au service prioritaire de la fabrication industrielle d’un être humain “augmenté” (et si possible immortel), ainsi que du nouvel environnement robotisé qui devra en régenter la vie quotidienne, y compris dans ses aspects les plus intimes. Or comment ne pas voir, là encore, que ce projet prométhéen − que tous les Attali du monde nous présentent déjà comme le “capitalisme du futur” − s’accommode infiniment mieux du relativisme moral de la gauche “postmoderne”, de l’idéologie du No border, ou des appels incessants d’une Christiane Taubira (dont on oublie trop souvent qu’elle a longtemps été l’égérie de Bernard Tapie) en faveur d’une “révolution anthropologique” permanente, que de la poussive rhétorique électorale du “sursaut républicain” que Manuel Valls est, aujourd’hui, provisoirement obligé de reprendre à son compte. Ou, a fortiori, de l’idéologie “néo-conservatrice” et religieuse de ces petites villes de l’Amérique profonde qui font trembler tout lecteur de Libération.

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Si l’on veut échapper au confusionnisme savamment entretenu par les médias et par ce qu’Engels appelait la « queue d’extrême gauche de la bourgeoisie », il est donc indispensable de réapprendre à distinguer les intuitions et les idées qui naissent directement de l’expérience quotidienne des classes populaires, avec toutes les ambiguïtés et les illusions qui peuvent naturellement être liées au caractère souvent contradictoire de cette expérience (c’est ce qu’on pourrait appeler, en simplifiant, la “pensée d’en bas”) de cette véritable idéologie dominante qui en constitue, en réalité, la négation. Autrement dit, cette “pensée d’en haut”, toujours réglée sur les intérêts matériels et “moraux” de l’élite au pouvoir, et qui a pour fonction première de définir à chaque instant − sur le ton officiellement “neutre” de l’information “objective” et de l’expertise “savante” (que celle-ci trouve sa source privilégiée dans les constructions des économistes de droite ou dans celles des sociologues de gauche) − non seulement les “bonnes” réponses (celles qui sont politiquement ou économiquement “correctes”) mais également, et même surtout, les “bonnes” questions et le langage dans lequel il convient impérativement de formuler ces dernières (tout le monde aura ainsi remarqué la quantité d’énergie déployée depuis quelques mois par le valeureux personnel médiatique − “experts” psychologiques à l’appui − pour détourner de leur sens initial les termes de “radicalités” et de “radicalisation”[i]).

C’est alors seulement que l’on pourra recommencer à comprendre que le libéralisme économique d’Adam Smith, de Turgot ou de Voltaire, loin de prendre sa source dans la pensée “réactionnaire” d’un Bossuet ou d’un Filmer, trouve en réalité son prolongement philosophique le plus naturel dans le libéralisme politique et culturel des Lumières (dont je ne songe évidemment pas à nier un seul instant les nombreux aspects émancipateurs, notamment partout où sévit encore un système patriarcal et théocratique) et dans l’idée progressiste correspondante selon laquelle tout pas en avant constitue toujours un pas dans la bonne direction (contester un tel dogme reviendrait, en effet, à admettre que, sur un certain nombre de points, c’était mieux avant, proposition que tout intellectuel de gauche, au sens contemporain du terme, se doit de rejeter avec la même horreur qu’un théologien médiéval l’idée que le Christ n’aurait pas été enfanté par une vierge).

macron

Cette analyse permet de comprendre, au passage, qu’en décidant de mettre un terme, tout au long des rugissantes années 1980, au compromis politique et philosophique qui l’enchaînait encore partiellement, depuis l’affaire Dreyfus, à la critique socialiste de la modernité libérale − et cela afin de pouvoir endosser, dans un second temps, les magnifiques habits neufs du libéralisme culturel “californien” (victoire posthume, en somme, de Jean-Jacques Servan-Schreiber) − la gauche mitterrandienne se condamnait donc inéluctablement (comme Rawi Abdelal l’a bien montré dans Capital Rules) à devenir l’un des foyers les plus actifs de la contre-révolution libérale européenne. Autrement dit, l’une des sources privilégiées de toutes les justifications intellectuelles et morales de cette fuite en avant éperdue qui définit la société capitaliste. N’est-ce pas, d’ailleurs, l’excellent Emmanuel Macron lui-même − qui ne manque jamais, au passage, de rappeler tout ce qu’il doit à sa formation althussérienne − qui proclamait fièrement qu’être aujourd’hui de gauche, c’est d’abord faire tout ce qui est en notre pouvoir pour que chaque jeune « ait envie de devenir milliardaire » ?

« Il est également fréquent qu’un intellectuel suspecté de professer des idées “réactionnaires”, “racistes” ou “nauséabondes” cherche désespérément à convaincre ses interlocuteurs qu’il est resté fidèle aux “valeurs” fondamentales de la gauche. »

Et au cas où cette analyse paraîtrait encore excessive, il existe, du reste, un critère très simple, et à mon sens infaillible, qui permet de déterminer instantanément, pour n’importe quelle société divisée en classes antagonistes, quelle est sa véritable idéologie dominante et, par conséquent, quel est le seul usage pertinent du terme “politiquement correct”. Au XVIe siècle, par exemple − lorsque la légitimation du pouvoir de la noblesse reposait avant tout sur l’idéologie chrétienne − il était fréquent (et surtout plus prudent !) qu’un penseur radical dissimule son athéisme sous le masque d’une adhésion sincère à la religion officielle. L’attitude inverse − un véritable croyant cherchant à tout prix à se faire passer pour athée − aurait constitué, en revanche, un signe évident d’aliénation mentale. Appliquons donc ce critère aux débats idéologiques de la France libérale contemporaine. On remarquera ainsi qu’il est également fréquent qu’un intellectuel suspecté de professer des idées “réactionnaires”, “racistes” ou “nauséabondes” (on trouvera toutes les listes de proscription nécessaires dans le Monde ou Libération) cherche désespérément à convaincre ses interlocuteurs qu’il est resté fidèle aux “valeurs” fondamentales de la gauche (ou, à tout le moins, qu’on ne saurait le soupçonner d’être un homme de droite ou d’extrême droite). On imagine assez mal, en revanche, la situation inverse. Autrement dit, celle d’un intellectuel de gauche, ou d’extrême gauche, reconnu comme tel, mais qui s’épuiserait pourtant à convaincre son auditoire qu’il est victime d’un malentendu et qu’il a, en réalité, toujours défendu des idées de droite ou d’extrême droite.

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Voilà qui devrait définitivement relativiser, me semble-t-il, l’idée “postmoderne” selon laquelle la Silicon Valley et le capitalisme mondial ne pourraient prospérer durablement qu’à l’ombre du patriarcat, du “racisme” et des valeurs chrétiennes les plus austères et les plus “conservatrices” (valeurs que tout “anticapitaliste” conséquent devrait donc travailler à déconstruire en priorité). Et donner ainsi une fois de plus raison à Marx lorsqu’il définissait le libéralisme politique et culturel de la bourgeoisie “républicaine” (« la sphère de la circulation des marchandises − écrit-il dans le Capitalest, en réalité, un véritable Éden des droits naturels de l’homme et du citoyen ») comme le seul complément philosophique cohérent de toute économie fondée sur l’appropriation privée des grands moyens de production et l’accumulation indéfinie du capital. Aussi bien l’idée baroque ne lui venait-elle jamais à l’esprit − pas plus, du reste, qu’à Proudhon ou Bakounine − de se définir comme un “homme de gauche”.

Notes :

[i] Dans La double pensée (et repris dans l’introduction rédigée par Cédric Biagini, Guillaume Carnino et Patrick Marcolini de l’excellent Radicalité – 20 penseurs vraiment critiques publié aux éditions de L’Échappée), Michéa écrit : « Il conviendrait, une fois pour toutes, de bien distinguer une position radicale d’une posture extrémiste (ou “extrême” − au sens où l’on parle, par exemple, d’un sport extrême). On appellera ainsi une critique radicale toute critique qui s’avère capable d’identifier un mal à sa racine et qui est donc en mesure de proposer un traitement approprié. Une posture extrémiste, au contraire, renvoie essentiellement à cette configuration psychologique bien connue (et généralement d’origine œdipienne) qui oblige un sujet − afin de maintenir désespérément une image positive de lui-même − à dépasser sans cesse les limites existantes (la surenchère mimétique perpétuelle constituant, de ce fait le rituel extrémiste par excellence). »

Pour comprendre le détournement du mot “radicalité”, notamment quand il s’agit de désigner l’extrémisme islamiste, on peut lire l’article Radicalisons-nous de Patrick Marcolini dans La Décroissance n°126, Nous sommes des radicaux, février 2016.

Source : Le Comptoir, Jean-Claude Michéa, 24-02-2016

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Tassin // 19.07.2016 à 09h41

Le niveau de vie est une donnée bien plus déterminante que le nombre d’humains. Surtout que vous n’avez que très peu d’influence possible sur ce dernier alors que la marge de manœuvre sur le niveau de consommation est considérable.
Comme je dis toujours pour illustrer le problème : on peut vivre à 12 milliards de végétariens à vélo en maison paille alors que 1 milliard comme des américains est déjà complètement suicidaire.
On peut aussi dire “les problèmes écologiques ne viennent pas de trop d’enfants mais de trop d’automobiles”.
Du coup les gens qui préfèrent défendre leur niveau de vie “non négociable” en sacrifiant les enfants des autres me semblent assez dangereux.

90 réactions et commentaires

  • Diablo // 19.07.2016 à 04h26

    Il y a quand même des images dont il faut se méfier. Je cite: “62 individus détiennent aujourd’hui une fortune équivalente à celle de la moitié la plus pauvre de l’humanité !”

    Qu’est-ce que ça veut dire ? Est-il question de l’Africain perdu au fond de la brousse ? Du Bangladais vivotant dans son bidonville sur pilotis ? De l’Occidental carrément en négatif avec sa maison, sa voiture, son salon et ses vacances à crédit ? Ce dernier est-il un riche ou un pauvre ?
    Curieusement ces chiffres sensationnalistes ne sont jamais expliqués. On nous les donne en vrac et on les veut volontairement choquants. Pourquoi ?

    Méfions-nous des émotions. Elles sont souvent destinées à détourner notre attention de l’essentiel.
    L’explosion démographique me semble le problème le plus urgent à aborder. En à peine plus d’un siècle la population mondiale à été multipliée par sept. Mais chuuut…. sujet tabou.

    Pourtant cette multitude favorise la compétition de tous contre tous au profit de quelques élus dont parle l’auteur. Elle explique aussi le désastre écologique à échelle planétaire de notre époque ainsi que la disparition de la plupart des libertés individuelles, des acquis sociaux et bien d’autres malheurs.

    Alors quoi ?

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    • Vegeta // 19.07.2016 à 08h28

      “L’explosion démographique me semble le problème le plus urgent à aborder.”

      Méfions-nous des émotions, comme vous le dites si bien 🙂

      Je m’amusais un peu sur Google Earth et franchement, quand on “survole” un peu la Russie, (entre autre, mais surtout), je ne vois pas comment on peut parler de problème démographique. Vous avez déjà vu la place qu’il y a sur notre belle planète pour pouvoir s’étendre et se développer ?

      Pour moi le problème de la surpopulation viendra quand on manquera de place, mais c’est loin, très très loin d’être le cas. Car tant qu’on a de la place, on a de quoi construire et développer, faire pousser de la nourriture etc.

      Le problème de la surpopulation liée à notre planète n’est rien d’autre qu’un problème politique, comme toujours. Ajouté à l’individualisme érigé en religion dans nos société, ca aide pas.

      Et c’est clair qu’avec cet état d’esprit, ca va être dur d’arranger la planète pour pouvoir y vivre à plus … surtout quand pour beaucoup, une énorme partie de la population est considérée comme “inférieur” (consciemment ou non, mais c’est bel et bien le cas malheureusement).

      Quand on reprendra le contrôle de la “politique”, on aura l’espoir de pouvoir améliorer les choses. En attendant, c’est mort.

        +29

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      • jerome // 19.07.2016 à 08h45

        la surpopulation n’est pas qu’un problème de mètre carré par habitant, il en va aussi en plus de la fourniture de bien, de nourriture, d’énergie et le retraitement des déchets qui incombe de cette masse d’humain (déchet matériel mais aussi organique).
        A cela on peux aussi ajouter de la hauteur de la qualité de vie de l’humain (niveau sanitaire, santé, de vie courante, éducation)…
        Tout cela à un coût. Si on doit produire uniquement de la chair à usine et à canon aucun intérêt globalement pour l’élévation de l’humanité…

          +29

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        • Tassin // 19.07.2016 à 09h41

          Le niveau de vie est une donnée bien plus déterminante que le nombre d’humains. Surtout que vous n’avez que très peu d’influence possible sur ce dernier alors que la marge de manœuvre sur le niveau de consommation est considérable.
          Comme je dis toujours pour illustrer le problème : on peut vivre à 12 milliards de végétariens à vélo en maison paille alors que 1 milliard comme des américains est déjà complètement suicidaire.
          On peut aussi dire “les problèmes écologiques ne viennent pas de trop d’enfants mais de trop d’automobiles”.
          Du coup les gens qui préfèrent défendre leur niveau de vie “non négociable” en sacrifiant les enfants des autres me semblent assez dangereux.

            +43

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        • Chris // 19.07.2016 à 12h53

          En effet, une “surpopulation” banalisée/inoffensive est le produit de citadins habitués à tirer la chasse d’eau, à s’approvisionner dans les supermarchés, à compter sur des services publics et circuits de distribution fonctionnels et performants.
          Allez donc discuter de tout ça avec un Palestinien maraicher qui ne dispose plus que du quart de l’eau pour faire pousser ses cultures (détournée par Israël), outre une sécheresse qui s’installe par dérèglement climatique !?

            +6

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      • Alain Audet // 19.07.2016 à 15h58

        Vegeta
        Si l’espèce humaine continue à proliférer comme présentement c.à.d. de façon complètement anarchique cela se fera au dépends de la biodiversité, éliminant en fait de grandes parties de ce qui est le moteur même de la planète sans lequel il sera impossible de faire fonctionner les différents écosystèmes qui conditionnent la qualité de l’air, de l’eau et des terres arables.
        Ce processus de destruction est déjà bien en cours d’ailleurs.
        Nous avons dépassé un point d’équilibre essentiel et la façon de le retrouver est de diminuer l’ensemble des activités humaines jusqu’à ce que les principaux indicateurs environnementaux re viennent au positif et à ce jour il n’y a aucune alternative “croissanciste” qui y parviendra.

          +10

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    • patrick // 19.07.2016 à 08h41

      il y a une confusion volontaire , on fait croire que les 62 (sinistres) individus les plus riches se sont accaparés la moitié de la richesse. En fait leur richesse est le plus souvent virtuelle ( parts de leurs entreprises ) et n’impacte pas la richesse des autres.
      Quand la fortune de Bill Gates ou de Warren Buffet fait +10% en bourse , ça ne prive pas le paysan africain de sa maison de et son lopin de terre, même si ces 10% correspondent à la valorisation de plusieurs milliers de maison avec leurs lopins de terre.

        +12

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      • Alin Javier Hannier // 19.07.2016 à 09h18

        Cela n’imapcte pas la vie des pauvres de contrées lointaines, sauf quand les placements investissements privent les populations locales de la jouissance de leurs terres et leur accès à une eau potable…

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      • Ducky // 19.07.2016 à 10h03

        et pour completer Alin Javier Hannier, cette richesse n’impactant pas la richesse des autres consititue une force de frappe économique (et politique) collossale. Le fait qu’elle se constitue autour d’un petit nombre de personnes dans de telle propotions signifie bien qu’en réalité une très faible partie de la monnaie sert de vecteur d’échange dans le tissu économique “réél” (par opposition à la finance). Et cette tendance ne fait que croître. Autrement dit les agents de l’économie réelle (consomateurs, industries, …) doivent se disputer une part sans cesse plus petite de la quantité de monnaie et, pour acceder à l’investissement, deviennnent donc de plus en plus assujettis à la finance et à tout ses desiderata.

        Bref, cet argent ne fait entre guillemets pas de mal, sauf qu’il ne fait que déferler dans l’économie réelle pour dicter ce qui doit être considéré comme viable économiquement et ce qui ne doit pas l’être.

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      • Milsabor // 19.07.2016 à 18h15

        Patrick il faudrait vous ouvrir à la dimension systémique de la marche du monde globalisé. Bill Gates et Warren Buffet et les 60 autres jumeaux sont propriétaires de tant de choses que même la pluie est à vendre à leur profit. Alors le paysan africain ou sud-américain, il ne peut pas faire pousser les maigres navets de sa subsistance parce qu’il n’a pas les moyens de payer l’eau.

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      • Olympi // 21.07.2016 à 21h13

        Leurs richesses n’est pas du tout virtuelle : Une usine, c’est du dur, des murs, des machines, des brevets.
        La planète terre est fini, l’économie n’est pas un gâteau à se partager, c’est une planète à se partager, des mines à se partager, de l’eau à se partager, du charbon, du pétrole, de l’aire, un flux d’énergie solaire par an à se partager. Une usine c’est un bout de planète qui transforme un autre bout de planète.

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    • DidierF // 19.07.2016 à 09h07

      Est-ce que Michea a dit autre chose que ces fameux 62 ?
      Si vous trouvez à redire au monde actuel, il explique, par exemple, pourquoi les deux insulteurs de Michel Onfray ont commencé en affirmant qu’il n’y a pas de peuple à ONPC. Il explique pourquoi la gauche n’est plus à gauche. Je suis loin d’avoir fini le texte.
      A vous lire, j’ai un doute.

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    • pipo // 19.07.2016 à 09h31

      “Méfions-nous des émotions. Elles sont souvent destinées à détourner notre attention de l’essentiel.”

      C’est juste l’inverse. Nos émotions sont là pour nous protéger.

      Ce sont les psychopathes et autres pervers qui se sont débarrassés de leurs émotions, on voit bien le résultat.
      Reste à comprendre pourquoi elles disparaissent chez eux.

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      • SecuInfo // 21.07.2016 à 21h04

        C’est un dicton les entretiens en psychiatrie passe par un état d’esprit “Empathie” mais pas dans la “Sympathie”.
        L’empathie est la capacité à se projeter dans l’expérience du patient en contrôlant son émotion son ressenti, son but est d’analyser une situation, d’en comprendre les mécanismes, les éléments déclencheurs, c’est la relation d’aide a proprement parlé.
        La sympathie est au contraire une symbiose émotionnelle, un ressenti partagé, une communion entre l’interlocuteur et une personne ou un groupe, elle réconforte un moment mais n’apporte aucune solution rationnelle et l’est dans le domaine du partage émotionnel (peur, joie, tristesse…).

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    • Didier Barthès // 19.07.2016 à 13h54

      Oui Diablo, vous avez évidemment raison, l’explosion démographique est de loin le plus grave problème, c’est celui qui va faire écrouler tous les équilibres écologiques puisque nous prenons la place de toutes les autres espèces.
      En cela, c’est celui qui rendra caduques tous nos autres efforts en matière d’environnement
      Le sujet est tabou c’est vrai, mais depuis quelques années l’association Démographie Responsable milite en ce sens et tente de tirer la sonnette d’alarme
      Il y a deux ans Michel Sourrouille publiait (avec d’autres auteurs) l’ouvrage “Moins nombreux plus heureux” (préface d’un ancien ministre de l’environnement, Yves Cochet). Donc il y a quand même quelques personnes conscientes en France

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    • Kaiel // 19.07.2016 à 14h07

      l’education est le meilleur moyen pour que le taux de fécondité baisse Procurons à tous les peuples du monde les moyens d’y accéder (en corollaire : santé, nourriture et logement), le problème que vous évoqué se réglera et bien d’autres.

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  • Homère d’Allore // 19.07.2016 à 07h48

    Michéa est toujours éclairant.

    Sur les rapports intrinsèques entre libéralisme économique et libéralisme “des moeurs”, l’oeuvre de Houellebecq est tout entière tournée vers cette question.
    Le titre de l’un de ses premiers succès est d”ailleurs” Extension du domaine de la lutte”.

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    • jim // 19.07.2016 à 14h33

      (suite)
      2.C’est alors seulement que l’on pourra recommencer à comprendre que le libéralisme économique d’Adam Smith, de Turgot ou de Voltaire, loin de prendre sa source dans la pensée “réactionnaire” d’un Bossuet ou d’un Filmer, trouve en réalité son prolongement philosophique le plus naturel dans le libéralisme politique et culturel des Lumières (dont je ne songe évidemment pas à nier un seul instant les nombreux aspects émancipateurs……….)

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    • jim // 19.07.2016 à 14h33

      (suite et fin)
      3.Il conviendrait, une fois pour toutes, de bien distinguer une position radicale d’une posture extrémiste (ou “extrême” − au sens où l’on parle, par exemple, d’un sport extrême). On appellera ainsi une critique radicale toute critique qui s’avère capable d’identifier un mal à sa racine et qui est donc en mesure de proposer un traitement approprié. Une posture extrémiste, au contraire, renvoie essentiellement à cette configuration psychologique bien connue (et généralement d’origine œdipienne) qui oblige un sujet − afin de maintenir désespérément une image positive de lui-même − à dépasser sans cesse les limites existantes (la surenchère mimétique perpétuelle constituant, de ce fait le rituel extrémiste par excellence)

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    • Vince // 20.07.2016 à 00h24

      Les idées libérales sont venu en opposition au monarchisme au siècle des lumières, elle repose sur le droit des individus à la liberté et des droits fondamentaux, à la séparation des pouvoirs, la limitation des mandats etc…
      partout où ils ont été appliqués ils ont apportés une croissance économique quelques décennies plus tard.
      autrement dit le libéralisme est idéologie politique et pas économique

      La déclaration des droits de l’homme et du citoyen en est fortement inspirée.

      vous pouvez lire la fiche wikipédia et verrez que Michéa le piposophe vous ment.

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  • FifiBrind_acier // 19.07.2016 à 08h09

    Et alors? ensuite, on fait quoi, concrètement ?

    “Le néo colonialisme de la gauche européenne” par Emir Sader.
    https://venezuelainfos.wordpress.com/2015/04/06/le-neo-colonialisme-intellectuel-de-la-gauche-europeenne-par-emir-sader/

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  • K-Bile // 19.07.2016 à 08h26

    …..ces gens qui ne produisent rien, mais qui parlent beaucoup…..

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    • patrick // 19.07.2016 à 08h29

      c’est un vrai intellectuel , à mettre en parallèle avec BHL et quelques autres du même tabac.

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    • Tassin // 19.07.2016 à 09h43

      Comme si le but de la vie était de produire… Mentalité de capitaliste qu’il convient de dénoncer.

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      • Jules Vallés // 19.07.2016 à 10h47

        Le capitaliste détourne à son profit la part la plus importante possible de la plus-value
        La plus-value est créée par ceux qui produisent.. des richesses,de par leur travail, qui permettent d’échapper au déterminisme naturel, d’instituer des systèmes de santé ou autres systèmes collectifs….
        Le travail (la production) UTILE ne peut disparaître que si l’on accepte de se soumettre entièrement aux forces de la nature

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        • Tassin // 19.07.2016 à 10h58

          Un des problème de notre époque est de ne plus faire la distinction entre travail (nécessaire et indispensable comme vous le faites remarquer) et production (superflu et nuisible).

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        • Tassin // 19.07.2016 à 11h54

          J’ajouterais également que le capitalisme ne se résume pas à la propriété privée des grands moyens de production.
          Le capitalisme est un système basé sur l’accumulation de capital. Dans ces conditions, produire pour produire, que ce soit de manière privée ou collectivisée, relève d’une mentalité capitaliste.

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  • patrick // 19.07.2016 à 08h28

    « chacun ne pense qu’à lui et personne ne s’inquiète de l’autre »

    oui , et ce n’est pas un problème de libéralisme mais bien un problème d’étatisme.
    l’état veut s’occuper de tout, légifère sur tout et ponctionne les citoyens pour s’occuper de tout, je n’ai donc aucune raison de m’inquiéter de l’autre puisque l’état s’en occupe et qu’il me dit que je ne suis pas capable de le faire . Et en plus l’état s’occupe aussi de moi et me protège contre moi-même.
    Nous ne sommes pas dans une société libérale , bien au contraire, l’état s’occupe de tout.

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    • Chris // 19.07.2016 à 13h04

      Pourtant, l’Etat, c’est nous, non ? Situation qui est en train de dramatiquement changer avec la privatisation des biens publics… accaparés précisément par des entités privées : retour au féodalisme.

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      • patrick // 19.07.2016 à 14h16

        l’état c’est de moins en moins nous , c’est ça le problème.
        la privatisation n’est pas le problème , de nombreuses choses sont mieux gérer par le privé ( on se souvient de la Régie Renault, de Bull , .. on voit arriver la catastrophe Areva/EDF .. ).
        Le problème c’est la collusion entre les politiques et leurs copains du privé et toutes les ententes et corruptions qui vont avec

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        • red2 // 20.07.2016 à 10h40

          EDF appartient certes à l’État mais depuis qu’elle est cotée en bourse et est devenue une société anonyme (2004), elle est une entreprise comme les autres !

          J’adore les gens qui croient critiquer l’Etat mais en fait critique la disparition de l’Etat! Si la situation d’Edf est devenu catastrophique c’est bien parce que ce n’est plus un service public mais une boite privée comme les autres qui n’a rien à faire de l’intérêt général et à pour seul objectif de maximiser sont profit.

          Ce que l’on observe aujourd’hui c’est bien le recul de l’Etat dans tout les domaine pas l’inverse. Vous me faites penser au communistes d’URSS qui devant l’échec de leur modèle économique demandez d’aller toujours plus loin dans ce modèle…

          “La folie, c’est de faire toujours la même chose et de s’attendre à un résultat différent.” Albert Einstein

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      • Anouchka // 19.07.2016 à 14h56

        “L’état c’est nous”, c’est vrai du point de vue de l’idéologie libérale justement. Mais Marx a bien montré le phénomène de privatisation de l’Etat à l’œuvre dans les démocraties libérales (les hauts fonctionnaires ont tendance à considérer l’Etat comme leur propriété privée dont ils peuvent tirer profit). Le même phénomène s’est d’ailleurs produit dans les pays communistes (avec l’emprise des apparatchiks sur l’économie)

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        • patrick // 19.07.2016 à 16h36

          donc le problème ici n’est pas “libéralisme/communisme”, les êtres humains sont ce qu’ils sont et si on leur donne du pouvoir ils essaieront d’en avoir encore plus et de pérenniser le système qui leur donne du pouvoir.
          la solution est donc de limiter l’état à ses fonctions de base , supervisé par des élus aux pouvoirs également limités. Sinon c’est la dérive assurée , comme celle que nous vivons actuellement.

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          • Micmac // 19.07.2016 à 18h39

            Euh… mais le pouvoir économique auquel on laisse libre cours en démantelant l’État ne pose aucun problème? Le pouvoir économique serait désincarné d’après vous? Il n’y aurait pas d’autres hommes assoiffés de pouvoir derrière les multinationales?

            Pour moi, la solution est inverse : un État fort, mais sous fort contrôle démocratique.

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            • patrick // 19.07.2016 à 20h51

              un état fort ? oui mais dans ses missions régaliennes ( défense des libertés des citoyens , sécurité des personnes et des biens ), et ne s’occupant surtout pas d’économie.
              Tout le contraire de l’état actuel , fort contre les citoyens , réticent à les défendre mais prompt à sabrer dans les libertés , et s’occupant d’économie pour avantager les copains.

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            • Micmac // 19.07.2016 à 21h30

              C’est curieux parce qu’il me semble bien que l’État ne s’est jamais aussi peu mêlé d’économie et qu’il semble bien vouloir le faire de moins en moins, et les choses ne semblent pas s’améliorer pour autant…

              La gestion de la monnaie laissée à la BCE, le code du travail soumis à des accords de branches, et toutes les mesures prises depuis des années, privatisations massives en tête, vont dans ce sens. Ça devrait aller mieux, non?

              Je ne sais pas ce que vous entendez par un État réduit à ses pouvoirs régaliens sous fort contrôle démocratique… C’ est juste une administration, un État réduit à ses pouvoirs régaliens… La démocratie n’a plus rien a y faire.

              Et si jamais le peuple demande démocratiquement à l’état de faire plus que ses pouvoirs régaliens, on fait comment? Il faudrait le lui interdire constitutionnellement. Tiens, c’est curieux, c’est exactement ce que font les traités Européens. Vous devriez être contant, ce qui se met en place est exactement ce que vous souhaitez.

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            • patrick // 19.07.2016 à 21h46

              les interventions de l’état :
              – VTC, Uber … sévèrement réglementés voire interdits
              – toutes autres formes d’ubérisation, AirBnB …. même chose
              – logement : de la réglementation , encore de la réglementation ( et des prix qui s’envolent pour une qualité qui baisse , et un manque de logements )
              – transition énergétique : gaspillage et b..l complet dans le secteur de l’énergie et mise en vrille du marché .

              et puis l’inénarrable Ségo avec BPIFrance, Heuliez …

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            • Micmac // 19.07.2016 à 22h13

              Alors ça c’est bien la meilleurs! Si les Überoïdes ne sont pas conformes à la réglementation, il est nécessaire que l’État applique sont pouvoir régalien, que vous appréciez tant… Vous trouvez qu’il y a trop de réglementations? Réjouissez vous, le pouvoir actuel fait tout pour les faire disparaître à petit feu…

              Le logement est bien trop soumis au marché, et c’est bien pour ça qu’il y a des problèmes. Et si les communes riches appliquaient la loi sur leur quota de logement sociaux, ça ne pourrait pas faire de mal.

              Le “marché” de l’énergie? Mais c’est la libéralisation elle-même qui a mis la pagaille! Lors du monopôle d’EDF, l’électricité était beaucoup moins cher, et une transition énergétique bien plus facile à planifier. Et le “marché” de l’électricité n’existe que dans la tête des gourous libéraux : l’électricité ne se stocke pas et se perd lors de son acheminement, ce n’est pas un marché.

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    • Vincentdb // 19.07.2016 à 17h04

      “L’état s’occupe de tout”.C’est du moins ce qu’il souhaite faire croire. L’état que nous connaissons, a soldé son pouvoir d’organisation pour garder celui de la matraque. Et de temps en temps, il faut changer les matraques qui ont trop servi.

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      • patrick // 19.07.2016 à 21h49

        c’est justement le problème d’un état qui veut tout gérer, tout controler.
        il part dans tous les sens , gaspille tout le fric sans qu’on arrive à comprendre comment il fait pour bruler autant de fric et finalement tape sur ses citoyens pour essayer de maintenir son pouvoir.

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  • Florence // 19.07.2016 à 08h30

    Premières remarques : j’ai de plus en plus de mal à valider le discours sur le peuple d’un lieu ou d’une personne qu’il est difficile de lui rattacher directement.
    L’aura et la référence que devient Michéa en ce domaine finit par être gênante, d’autant qu’il semble le seul à dire ce qu’il en serait de la réalité de ce peuple – on l’a compris populaire ici.
    Enfin, il me semble urgent de faire un bilan critique sérieux de la sécurité sociale, et même de tous ces avantages dits acquis dont “bénéficierait” le peuple. (Outre une dérive et une illusion sur ses vrais services redistributeurs et/ou réparateurs, le cas de la sécu pourrait bien illustrer le cas d’un superbe trésor largement déchiqueté par ceux qui mettent, ont mis et peuvent mettre la main dessus – tandis que la mutualisation massive pousse parallèlement et probablement à déresponsabilisation individuelle sans égal…)
    En tête : exclusion du système croissante, bureaucratisation croissante par nature déjà lourde et de contrôle, inefficacité, emprise des pouvoirs classiques en plus des industriels de la santé, intolérance et pseudo-scientifisme, ETC, ETC.
    Bon, c’est un commentaire de lectrice (populaire ou pas !) qui n’a pas réussi à dépasser pour l’instant les premiers paragraphes de l’entretien, sûrement intéressant.
    La lassitude, en fait devant un discours qui surfe encore, en prétendant rentrer dans le bouillon.

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  • jplchrm // 19.07.2016 à 08h49

    La pensée de Michéa est particulièrement éclairante pour les jeunes antilibéraux (et anti-utilitaristes) de gauche des années soixante-dix qui, bien qu’ayant conservé l’essentiel de leurs convictions tout au long de leur vie, se sont retrouvés épinglés avec une étiquette d’extrême-droite au cours de ces dernières années. Voila un paradoxe que Michéa a bien démêlé dans ses différents ouvrages. Opposant la vision réductrice droite-gauche du discours politique, il en a rappelé et décrit la structure ternaire originale (bleu, blanc, rouge) élaborée au début du XIXeme siècle. Personnellement, la lecture de ses livres (à commencer par “l’Empire du moindre mal”) m’a changé la vie. Ses sources contradictoires (Leroux, Bastiat, Lasch, etc.) sont également très intéressantes.

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  • KEBIR // 19.07.2016 à 08h59

    Ecrire que “62 individus détiennent aujourd’hui une fortune équivalente à celle de la moitié la plus pauvre de l’humanité !” démontre bien que l’on est plus depuis longtemps dans la libre entreprise et donc dans le véritable libéralisme.
    Au lieu de faire le procès au libéralisme, il est donc urgent de dénoncer le “capitalisme de connivence” qui permet aux mutinationales ( y compris les banques et la finance) et aux plus grandes fortunes d’organiser notre escalvage…

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    • Renard // 19.07.2016 à 10h09

      « La libre concurrence aboutit à de formidables monopoles privés… Tout ce que le libéralisme économique avait rêvé est démenti. » (Jean Jaurès, 23 juin 1912)

      Le “véritable” libéralisme n’a malheureusement jamais existé, c’est une marotte qui a toujours été agité par les possédants. Ainsi, le medef se cache toujours derrière les TPE/PME pour justifier la toute puissance du CAC 40.

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      • Frédéric // 19.07.2016 à 21h20

        Ou bien il n’a existé que dans les souks fermés où chaque marchand est directement en concurrence avec son petit voisin. Finalement, au lieu d’HEC, il faudrait former les fururs économistes en immersion dans un de ces souks. Le reste n’est qu’idéologie.

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    • Au sud de nulle part // 19.07.2016 à 10h15

      Ah bon ? À l’opposé il me semble bien que le libéralisme est une idéologie faite sur mesure pour justifier la domination d’une classe de privilégiés sans morale et a donc été adopté en tant que tel par tous les dominants et leurs larbins en constituant depuis 40 ans la base des systèmes politiques et économiques oligarchiques qui consistent à imposer la liberté des riches, y compris celle des criminels reconnus, à ceux qui ne le sont pas.
      Dans ce sens le fait que “62 individus détiennent aujourd’hui une fortune équivalente à celle de la moitié la plus pauvre de l’humanité” nous prouve au contraire que le libéralisme a remporté de francs et constants succès au cours des dernières décennies.

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    • Au sud de nulle part // 19.07.2016 à 10h36

      En 1978 Jose Pinera modifia le code du travail chilien pour inverser la hiérarchie des normes afin de privilégier les accords d’entreprise. Jose Pinera était ministre du travail sous Pinochet qui avait pour grand ami et conseiller le célèbre Milton Friedman promoteur du libéralisme et fondateur de l’École de Chicago de sinistre mémoire. (Petit coucou à la Loi Travail et au Parti Socialiste en passant).
      À votre sens était ce une mesure libérale ? Et si oui était ce une mesure de nature à favoriser le fait que “62 individus détiennent aujourd’hui une fortune équivalente à celle de la moitié la plus pauvre de l’humanité !” ?

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      • patrick // 19.07.2016 à 12h45

        un grand ami ? n’exagérons rien , Friedman a juste rencontré Pinochet 2 ou 3 fois.
        Pinochet voulait redresser le pays suite à l’expérience désastreuse de Allende , mais il restait fermement attaché à la toute-puissance de l’état sur l’économie, il y a eu quelques clash avec ses ministres “libéraux” mais il a bien été obligé de lacher du lest pour sortir le pays de l’ornière.

        Prochaine expérience : comment sortir le Vénézuéla de la misère où le socialisme l’a mis ?

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        • Au sud de nulle part // 19.07.2016 à 13h13

          Étrangement vous ne répondez pas aux questions posées. Il faut dire que les réponses sont évidentes…
          Si le Vénézuela est dans la misère c’est bien par la faute des milliardaires vénézuéliens fanatiques du libéralisme soutenus par les États-Unis. Le plus grand tort du chavisme est sans aucun doute de les avoir laissés prospérer tandis qu’ils sapaient librement les fondements de la révolution bolivarienne jour après jour.
          La recette qui sera appliquée au Vénézuéla sera la même que partout dans le monde : plus de libéralisme pour soigner les méfaits et dégâts du libéralisme. Et bizarrement le peuple s’appauvrira encore plus et les milliardaires s’enrichiront encore plus pendant que certains nous expliqueront que le vrai libéralisme c’est pas ça et qu’il n’a jamais existé. Comme le communisme.

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          • yann // 19.07.2016 à 14h14

            Vous faites erreur tous les deux. Le problème du Vénézuéla est avant tout le fait qu’il s’agit d’un pays spécialisé dans la production énergétique. On a ici l’exemple typique d’un pays qui a suivi les affres de la mondialisation en se spécialisant dans le domaine où il avait un avantage comparatif comme le veut la couillonnade des théories du libre-échange. Le Vénézuéla s’est donc spécialisé dans la production de pétrole, évidemment l’effondrement du prix du pétrole a déséquilibré la balance des paiements et fait s’effondrer le pays. N’importe quel politique aurait échoué, qu’elle soit libéral-stupide ou cryptocommuniste.

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            • yann // 19.07.2016 à 14h14

              La seule porte de sortie est d’en finir avec le libre-échange. De favoriser la production locale pour une consommation locale. Il faut déglobaliser nos économies. Comme disait Keynes, il faut minimiser plutôt que maximisé les interdépendances entre nations de façon à ce qu’à terme il n’y ait plus de contagion de crise. Il est triste de voir que les intellectuels continue à opposer Marxisme et libéralisme alors qu’à mon sens ce sont deux théories complètement fausses héritées du positivisme du 19e siècle et de la croyance au déterminisme total hérité de Descartes. Le monde est trop complexe pour être réduit à la lutte des classes ou à la pseudo-loi de l’offre et la demande.

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            • patrick // 19.07.2016 à 14h19

              oui , et ça a été aggravé par le fait que Chavez a pompé toutes les ressources issues du pétrole , bien avant l’effondrement des cours pour arroser toute sa clientèle électorale.
              Donc il n’a pas fait les investissements nécessaires pour maintenir l’outil d’extraction au niveau, et en verrouillant toute l’économie il n’a pas préparé les périodes de chute des cours.

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            • Micmac // 19.07.2016 à 18h38

              Parce que les prédécesseurs de Chavez n’avaient rien pompé du tout d’après vous? Ils investissaient l’argent?

              Les investissement du gouvernement vénézuélien sont peut être critiquables, mais l’argent est parti dans l’éducation et la santé, pas dans les paradis fiscaux sur les comptes de la grande bourgeoisie.

              Quant à la situation des plus pauvres, elle est bien meilleurs qu’avant l’arrivée de Chavez au pouvoir. Quand on ne parlait pas du tout du Vénézuela… Mais il a suffit que Chavez arrive au pouvoir pour que les critiques fusent de partout, alors que la situation précédente était bien pire.

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          • Au sud de nulle part // 19.07.2016 à 14h36

            Oui, tout ça et puis aussi un peu que les réseaux de distribution sont accaparés par la ploutocratie qui organise les pénuries.

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            • patrick // 19.07.2016 à 21h52

              c’est la faute des autres !! toujours les autres !!
              L’état vénézuélien contrôle tout , il a même envoyé l’armée occuper les usines pour les obliger à produire … sans matières premières 🙂
              Le gouvernement Vénézuélien est juste corrompu et incompétent , pas ma peine d’aller chercher les fautifs ailleurs.

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            • babelouest // 19.07.2016 à 22h01

              Patrick n’étant probablement qu’un neocon qui s’ignore, refuse de voir que c’est la CIA (ou un autre organisme US similaire) qui a mis les éléments pour torpiller le Venezuela. On ne peut reprocher à Maduro – et à Chavéz – que de n’avoir pas avoir assez tôt coupé le pied aux grands capitalistes de son pays, en particulier les patrons de médias. Le reste ressemble fort à cet embargo qui plombe Cuba, mais ne l’a pas empêché de résister parce qu’il en a pris vraiment les moyens.

              Washingto delenda est

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    • Serge // 19.07.2016 à 12h59

      “Dénoncer” n’est guère signe de grande vertu…
      ‘Capitalisme de connivence’, multinationales et grandes fortunes sont les sous-produits exacerbés du libéralisme. S’ils ont pu croître et subsister jusqu’à ce jour, c’est exclusivement grâce au terreau du libéralisme.
      Refuser de s’en prendre à celui-ci serait faire preuve d’un aveuglement sinon coupable, tout au moins suicidaire…

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      • patrick // 19.07.2016 à 20h55

        pour lutter contre le libéralisme il faut plus d’état .. donc plus de copinage , plus de clientèlisme, plus d’entente avec les grands groupes et les banquiers … plus de capitalisme de connivence 🙂

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        • babelouest // 19.07.2016 à 22h02

          Non Patrick, il faut TUER complètement le capitalisme. Par TOUS les moyens.

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    • Micmac // 19.07.2016 à 16h23

      En regardant l’histoire récente, nous sommes partis d’un système keynésien dans les années 70 qui avaient bien des défauts, mais assurait quand même des inégalités supportables et un niveau de vie descend à presque tous. Non pas que ce système ait été un aboutissement ultime, mais c’était quand même moins pire…

      Les “libéraux” sont sortis du bois à la fin des années 70 avec la carotte et le bâton : “Laissé nous faire, l’ancien système est obsolète” et bien sûr “There is no alternative”.

      Aujourd’hui on peut faire un bilan empirique du libéralisme amené dans les fourgons de la “Révolution Conservatrice” de Thatcher et Reagan : un désastre financier, social, industriel, culturel d’ampleur mondial.

      L’expérience des dernières décennies m’amène à une conclusion définitive. Rien d’idéologique, juste l’examen des 40 dernières années. Donc, aujourd’hui, il n’y a plus que deux catégories de libéraux : les crapules et les crétins.

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      • Micmac // 19.07.2016 à 22h27

        Sauf que l’on met ce qu’on veut dans ces 57%… Dans un pays qui a des restes de services publics, la part de l’État dans l’économie est nécessairement plus importante que dans des pays qui ont tout libéralisé.

        Remplacez la sécurité sociale par un système d’assurance privée, supprimez les retraites par répartition, privatisez complètement EDF, SNCF, les hôpitaux… et vous verrez la part de l’État dans le PIB fondre sans que ça ne profite à personne (enfin, si, mais à très peu de gens…). On payera moins de cotisations sociales mais beaucoup, beaucoup plus d’assurances privés.

        Vous n’allez quand même pas comparer la petite crisette de la fin des années 70 avec le désastre actuel? Ça serait quand même sacrément gonflé de mettre la crise que nous vivons sur le dos des Keynésiens alors qu’aucune mesure keynésienne n’a été prise depuis 30 ans! Si, une petite parenthèse Jospin qui semble avoir créé massivement des emplois et rééquilibré les compte publics, mais chut, faut pas le dire…

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  • DidierF // 19.07.2016 à 09h21

    A lire les commentaires, je suis tranquille. Le liberalisme est bien installé dans les têtes. Nous serons fort dépourvus le jour où il ne pourra plus fonctionner. Ça va être la superbagarre générale très chaude. Pour l’instant, il nous permet de pérorer chacun dans son coin sans nous taper dessus les uns et les autres. Quand il ne le permettra plus, nous passerons aux actes.
    Mas Max, on vient !

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  • openmind // 19.07.2016 à 09h57

    Michéa a le mérite de mettre le pied à l’étrier lorsqu’on sort de la vision scolaire ou journalistique occidentale réduite du monde réel qui nous entoure.

    Ceci étant dit, en parlant du domaine de la lutte et de son extension, je ne suis pas sûr qu’il dérange beaucoup notre Jean-Claude ou le petit Michel H qui dès qu’il s’agit de désigner plus distinctement les causes de nos problèmes autre qu’une dérive du capitalisme planétaire inhérent à nos sociétés progressistes blabla… se perdent en analyses certes intéressantes mais mis à part citer Attali (trop facile) ou Taubira ( simple agent de l’Empire en marche) la lutte s’arrête là sur le débat d’idées. Houellebecq s’est couché depuis longtemps, dès qu’il s’agit de monter à l’assaut, c’est trop risqué, ne fait pas Verdun qui veut….Michéa est derrière le sac de sable…que va-t-il faire quand l’ennemi qui montre de plus en plus son vrai visage ( Waren Buffet:” ma classe celle des riches est en train de gagner”) règnera sans partage?

    Bref le jour où Michéa commencera à citer Eustache Meullins “les secrets de la réserve fédérale” ou même Soljenitsine “2 siècles ensemble” il passera dans le vrai domaine de la lutte.

    Comprenne qui peut.

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  • Guadet // 19.07.2016 à 10h20

    Michéa est génial ! Merci.
    L’abolition des privilèges, l’égalitarisme et le libéralisme de la Révolution française ont en fait profité aux riches au détriment des pauvres, dans la lignée des pères libéraux et des Lumières du XVIIIe siècle, comme l’explique Michéa. En effet, le développement capitaliste des riches classes nobles et bourgeoises était freiné par certains privilèges et en particulier ceux des corporations, l’équivalent des actuels “acquis sociaux”. Si les nobles ont “généreusement et héroïquement” abandonné leurs privilèges, c’est qu’ils ne servaient pas leur fortune, alors que l’abolition concomitante des autres privilèges leur permettait d’imposer une déréglementation et donc la seule loi du marché à leurs ouvriers et à leurs concurrents.
    Nous avons appris à détester le système des privilèges du régime monarchique d’avant 1789. Ce système avait pourtant le double avantage de tempérer l’exploitation des pauvres par les riches et de limiter la main-mise de l’État sur la société civile.

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    • Tassin // 19.07.2016 à 10h40

      Que de confusions.
      Une des principales: les nobles n’ont jamais “généreusement et héroïquement” abandonné leurs privilèges, c’est la bourgeoisie montante qui souhaitait les abolir pour mieux profiter du pouvoir politique jusque là réservé à la noblesse.
      Critiquer l’exploitation des pauvres par la classe capitaliste ne doit pas conduire à idéaliser une hypothétique exploitation “soft” des pauvres par la noblesse.

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      • Guadet // 19.07.2016 à 10h55

        Vous n’avez pas compris.
        D’abord, je faisais allusion à l’image d’Épinal de la nuit du 4 août, que vous semblez ne pas connaître.
        Ensuite je rappelais seulement que les privilèges des corporations assuraient un certain salaire et certains droits aux ouvriers, c’est tout.

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        • Tassin // 19.07.2016 à 11h05

          Oui vous avez raison de dire que les corporations étaient relativement protectrices. Mais c’était vrai tant que le pouvoir tolérait les revendications des corporations. Sinon on avait vite fait d’envoyer les troupes pour régler le problèmes de quelques artisans ou paysans récalcitrants.

          Par ailleurs la composition de l’assemblée qui a aboli les privilèges la nuit du 4 août était majoritairement composée de représentants du tiers-état, pas de la noblesse.

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          • Anouchka // 19.07.2016 à 12h22

            Non, certains nobles et membres du bas clergé se sont déclarés solidaires du tiers-état.
            Avez-vous des exemples d’envoi de troupe royale contre les chefs des corporations?
            Les “privilèges” étaient appelés également “libertés”. Et n’oublions pas que la conception rousseauiste de la Nation (l’intérêt général comme principe absolu et égalitariste qui s’impose aux intérêts particuliers) a ouvert la voie aux totalitarismes du XXème siècle.

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            • Tassin // 19.07.2016 à 13h51

              Il existait des nobles favorables au tiers-état tout comme il existe des poissons volants, c’est vrai, mais ceux-ci ne constituent pas la majorité du genre.

              A propos des totalitarisme du XXème siècle, vous voulez dire que le XXème siècle a été pire que la monarchie?

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            • Anouchka // 19.07.2016 à 14h23

              Les nobles favorables au libéralisme (suppression des privilèges) et à la monarchie constitutionnelle étaient beaucoup plus nombreux que ce que vous sous-entendez.
              La Fayette, Mirabeau, Condorcet… Ça ne vous dit rien?

              Concernant le fait que le XXème siècle ait été beaucoup plus sanguinaire et plus oppressif que la période de l’absolutisme français, je crois que ce n’est plus à prouver

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            • Tassin // 19.07.2016 à 14h49

              J’avoue avoir vérifié à l’instant car j’étais persuadé du contraire et à priori effectivement le XXème siècle a été le siècle le plus violent de toute l’histoire de l’humanité.

              Extrait :”Si l’on rapporte le nombre de décès pour cause de guerre à l’ensemble des décès de cette même période, on obtient un taux exceptionnel de 5 à 10%. En d’autres termes, la violence d’État a directement frappé un vingtième à un dixième des êtres humains morts dans la période 1914-1947. C’est dix fois plus que les grandes périodes de guerre habituelles (époque napoléonienne, guerres du XVIIIe siècle…).”
              https://www.herodote.net/2001_2011_la_decennie_la_moins_violente_depuis_1840-article-1193.php

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  • yann plouc du 35 // 19.07.2016 à 10h29

    je n’ai pas lu cet homme, je vais le faire. Cet article est en tout cas rafraichissant. Cette notion de “décence commune” me parle bien, c’était la base de mon éducation, je suis vieux,55 ans. Aujourd’hui, les jeunes profs se posent plein de questions sur “l’implicite”, ils n’ont plus de nord … l’objectif de l’éducation semble de plus en plus être de déboussoler les générations futures pour en être plus facilement les bourreaux… Oui je sais, ça fait vieux con de dire ça, mais je ne suis pas persuadé que l’on vive mieux aujourd’hui que du temps d’Epictète. Et ce qui me fait suer, c’est d’y avoir contribué …

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    • Alter // 19.07.2016 à 11h47

      Le niveau en orthographe des 5eme (2015) sont du niveau des CM1 (1987).
      Les enfants ne font plus les maths modernes (et notions de raisonnement par déduction, par absurde…) depuis la fin des années 80.
      L’Europe prône les QCM et la bêtise des citoyens.

      Et les profs sont perdus car dernier rempart alors que les parents passent leur temps sur les écrans (télé, Smartphone, tablette, ordi,…).

      Mais des moutons blancs biens dociles, c’est finalement le but.

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    • daniel21 // 19.07.2016 à 21h11

      il faut bien 55 ans pour devenir ” jeune “; c’est du boulot !
      Pendant la lecture de Michéa ( absolument essentielle) qui va vous faire retrouver vos 20 ans, je conseil , si je peux me permettre ” le bel Age ” de Régis Debray
      laissez donc ” la jeunesse et le jeunisme ” au fabriquant de yaourt libéral.
      un vioque de 60 printemps

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  • NoDJ // 19.07.2016 à 10h51

    Le lien entre les excès (ultra) et les dévoiements (néo) des libéralismes économique et sociétale est des plus intéressant, conduisant à la destruction des valeurs “normales” ou habituelles (ultra) et à la mise en place de contre-valeurs (néo).
    Structure :
    (i) X (possédant des limites propres)
    (ii) Ultra-X (tendance à s’affranchir de toute limite pour soi)
    (iii) Néo-X (imposition de nouvelles limites pour les autres)

    Dans le domaine économique le libéralisme fonctionne parce qu’il reconnait des règles (comme celle de l’offre et de la demande), l’Ultra-libéralisme tend à une déréglementation totale des échanges, sauf que bientôt de nouvelles règles apparaissent (la nature ayant horreur du vide) non plus intrinsèques (pour soi) mais extrinsèques (pour autrui). Les règles du Néo-libéralisme ne restreignent plus le marché mais contraignent la société (exemple : privatisation des profits, socialisation des pertes).
    On pourra appliquer le même schéma dans les domaines social, sociétal (par ex. de la théorie du genre au transhumanisme) et même individuel.
    Normalement chacun (chaque soi) reconnait que sa propre liberté s’arrête là où commence celle des autres, le corrélatif étant un minimum de solidarité, l’Ultra-soi (néologisme), voudra ne pas voir la liberté des autres, et le Néo-soi (néologisme), voudra les mettre à son service.

    Plus on est riche, moins on a de morale, c’est prouvé :
    http://www.lemonde.fr/planete/article/2012/02/29/plus-on-est-riche-moins-on-a-de-morale-c-est-prouve_1649297_3244.html

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  • valles // 19.07.2016 à 12h46

    Le concept de “sobriété heureuse” de Pierre RABHI permet de concevoir par opposition une “opulence malheureuse” du fait de sa frustration chronique a la consommation, le capital n’est que le symptôme de la mise en compétition des personnes.
    Que ce soit pour gagner sa vie ou pour jouer, est’il si pertinent d’exacerber les comportements reptiliens enfouis dans notre cortex pour stimuler la masse productive de notre corps constitué.

    Le foot a été inventé comme tous les jeux pour se distraire entre glandus , la mise en compétition n’est qu’histoire d’institution qui sous de fausses bannières va tirer les ficelles macabres du libéralisme économique.

    Tout cela n’est qu’histoire de gros cons au moins avec la “sobriété heureuse” la vie donne largement plus qu’elle ne prend.

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  • jim // 19.07.2016 à 12h55

    Plutôt brillant!

    Je ne peux m’empêcher de penser et de dire que

    Jean-claude pense, et cherche à coller au peuple dans sa pensée,

    alors que Frédéric récite, tout engoncé qu’il est dans un cadre idéologique strict et à mille lieues de ce que pense veut et vit le peuple dans sa quasi totalité.

    Merci Jean-Claude!
    Et merci Olivier de répandre un peu cet oxygène là.

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  • Anouchka // 19.07.2016 à 14h16

    L’auteur ne va pas jusqu’au bout de sa logique quand il parle de “l’idéal émancipateur des Lumières” (positif selon lui) – qu’il faudrait séparer nettement du Libéralisme.
    C’est précisément là à mon avis que le bats blesse. On ne peut pas séparer les deux – à moins de prétendre avoir le beurre, l’argent du beurre et la crémière en prime.

    Michea ne développe pas non plus la différence entre “libéral” et “libertaire”, or à mon avis, il n’est pas si simple de départager les deux sur le plan philosophique.

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    • jim // 19.07.2016 à 15h02

      Je ne crois pas un instant que Michéa confonde libertarisme et libéralisme.
      Je vous recopie ici un extrait de son “La double pensée, retour sur la question libérale”.

      “A l’origine aucun penseur libéral n’aurait donc songé à célébrer dans l’ilimitation absolue l’aboutissement normal de ses axiomes politiques. Loin d’appeler au développement d’un monde sans frontières (…) les îonniers du libéralisme (aussi bien politique qu’économique) se vivaient au contraire comme des esprits réalistes et modérés. C’est même leur sens des limites et leur abscence totale d’illusion sur la nature humaine qui étaient supposés mettre définitivement l’humanité à l’abris de l’hubris et de l’enthousiasme propre aux fanatiques idéologiques et religieux.”

      On ne peut plus clair n’est ce pas?

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      • Anouchka // 19.07.2016 à 16h24

        Ben, non, pas vraiment éclairant. Le passage que vous citez montre que les libéraux du XVIIIe n’étaient pas des idéalistes totalitaires (contrairement à certains de nos ultra-libéraux contemporains…) mais n’explore pas les “potentiels” de l’idée libérale – le potentiel libertaire justement.
        En ce qui me concerne, entre le libéralisme des révolutionnaires de 1789 et les anarchistes de la première internationale, par exemple, je ne vois qu’une continuité, pas d’opposition – continuité basée sur la confiance en la rationalité et l’autonomie du sujet

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    • Micmac // 19.07.2016 à 16h39

      Il faut éviter les caricatures et les raccourcis en ce qui concerne “Les Lumières”. Ce n’est pas du tout un mouvement monolithique, et surtout pas en ce qui concerne les questions économiques…

      Entre Rousseau qui va jusqu’à remettre en cause la propriété privée et le physiocrate Condorcet, fervent partisan de Turgot, il y a plus qu’un gouffre, un océan.

      Ce clivage était aussi présent dans la Révolution Française, qu’on ne peut réduire à une révolution libérale. Même si les libéraux ont gagné à la fin, en éliminant les rousseauistes Robespierre et Baboeuf…

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  • Babar // 19.07.2016 à 15h33

    Suite au commentaire de Tassin de 14h49
    Intuitivement je pensais aussi que le XXème siècle a été le plus meurtrier de l’histoire de l’humanité.
    Par extrapolation je me demandais si, ne serait ce qu’en raison de la croissance démographique, depuis l’époque historique chaque siècle a été plus meurtrier que le précédent? Cela a t il été documenté ou réfuté? Malgré ces morts de masse, à ma connaissance, la courbe de croissance de l’espèce humaine en prenant le siècle pour unité ne s’est jamais inversée. Y aurait il qq chose comme un taux +/- constant de morts provoquées proportionnel à la population?

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  • Anouchka // 19.07.2016 à 16h57

    Rousseau et Robespierre sont pour les droits de l’homme, la souveraineté nationale… Notions qui fondent le libéralisme. I

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    • Renard // 19.07.2016 à 19h00

      Et également pour la souveraineté populaire.. Notion qui fonde le socialisme.

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  • des pas perdus // 19.07.2016 à 19h46

    Article intéressant.
    Ceci dit, Michea n’échappe pas à un certain verbiage comme pas mal d’intellectuels.
    Certes, les concepts sont utiles, mais pour le grand public dont je suis, il devrait simplifier sa prose pour que sa pensée soit comprise (immédiatement) par tous, quitte à faire des renvois pour les lecteurs qui souhaitent “creuser” sa pensée.
    Tant que les intellectuels “critiques” ne feront pas un tel effort, comment voulez-vous que leur pensée se diffuse largement ?

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    • Aktaro // 19.07.2016 à 20h08

      Il y a une rigueur nécessaire dans la démonstration, surtout lorsqu’on est dans une posture critique, si l’on veut éviter de tomber dans le charlatanisme.
      La diffusion, la vulgarisation doit être à la main d’autres.
      En ce qui concerne Michéa, ses idées sont largement diffusées, y compris dans des publics que l’on attendrait pas forcément, de par les chroniqueurs, polémistes qui l’ont lu.
      Je pense notamment à Zemmour qui le cite ouvertement (le zemmour de la critique du libéralisme sociétal et marchand, pas celui de l’essentialisation de l’islam).
      Maintenant, Michéa reste très lisible pour qui veut bien y consacrer un peu de temps et d’attention. Si vous avez le temps de laisser un commentaire sur les crises, je pense que c’est à votre portée.

        +2

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  • Aktaro // 19.07.2016 à 19h50

    C’est un vrai plaisir de lire du Michéa sur les crises.
    Je l’ai lu plus haut, mais ça s’applique également pour moi, le lire a changé ma vie, tout du moins la perception profonde que je pouvais avoir de notre monde, voire de notre civilisation.
    Notamment, l’analyse qu’il fait du mouvement, de la déconstruction comme étant la produit d’une logique plus profonde qui prend sa source dans le libéralisme philosophique. La mécanique derrière le cadran.
    Des sociétés traditionnelles qui ne peuvent penser le mouvement, la modernité occidentale qui ne peut penser en dehors du mouvement.
    Le monde de demain est peut être celui qui pourra penser le mouvement et la stabilité, évoluer et conserver voire restaurer, croître et décroître.

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  • babelouest // 19.07.2016 à 20h28

    Je vois des commentaire à faire dresser les cheveux sur la tête.

    Le néolibéralisme veut volontairement tuer les neuf dixièmes de la population mondiale, par différents moyens, en leur retirant tout accès raisonné aux ressources naturelles. Les “survivants” ne seraient là que pour servir d’esclaves, de sycophantes, “et autres épiceries”, pour les Maîtres du Monde. Est-ce acceptable ? Non. D’autant que de plus en plus, le monde monopolaire se heurte à un monde multipolaire plus sain. Cela peut aboutir à un clash terrible pour le genre humain.

    Que pourra-t-il en sortir ? Des solutions comme celle que j’avais écrite il y a environ quatre ans. Elle ne plaira pas à tout le monde.

    http://ti1ca.com/tyevzqqi-Anarchie-A5-2016-Anarchie-A5-2016.pdf.html

    En plus, l’écologie est en prime, sans supplément d’investissement…. (hi hi hi)

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  • Alain Rousseau // 19.07.2016 à 22h27

    Une petite remarque en passant : il est dit dans le chapeau que Michéa a dû subir les “attaques” d’un certain nombre d’intellectuels de gauche.

    “Critiques”, tout simplement, me paraît plus conforme à la réalité. Ne faisons pas de Michéa, qui mérite sans doute mieux que ça, un énième intellectuel-seul-contre-tous-victime-de-la-bienpensance-de-gôche-déconnectée-de-la-vraie-vie-des-vrais-gens, catégorie médiatique où on se bouscule déjà assez au portillon.

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  • Alain Rousseau // 20.07.2016 à 12h41

    Puisque Michéa cite Steve Jobs et Jerry Rubin comme preuves de la nature ontologiquement marchande de la contre-culture californienne des années 70, il serait bon de lui rappeler que Réné Viénet, qui fut en ses vertes années un des plus proches compagnons d’armes de son cher Guy Debord et un des situs les plus virulents s’il en fut, s’est vite reconverti dans le juteux commerce du nucléaire civil entre la France et Taiwan. A ce petit jeu-là, on peut prouver tout et n’importe quoi.

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