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10.avril.201610.4.2016 // Les Crises

Justine Brabant : « Le conflit au Congo n’est pas oublié, il est mal regardé »

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Je vous recommande ce livre de Justine Brabant sur un conflit qui fait hélas rarement la une des médias…

Source : RFI, Florence Morice, 12-03-2016Capture d’écran 2016-03-14 à 23.10.40

Qui sont les hommes et les femmes qui se battent parfois depuis des décennies dans l’est de la République du Congo… Pourquoi se battent-ils ? Comment sont-ils organisés, de quoi ont-ils peur, à quoi rêvent-ils lorsqu’ils ne sont pas en train de se battre ? Les réponses à ces questions, Justine Brabant est allée les chercher, pendant trois ans, sur les sentiers du Kivu, province de l’est du Congo. Le résultat, c’est un livre qui vient de sortir, intitulé Qu’on nous laisse combattre et la guerre finira. Justine Brabant en parle au micro de Florence Morice.

RFI: A propos de la situation dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC), vous écrivez dans votre livre « Ce n‘est pas un conflit oublié, mais c’est un conflit mal regardé ». Qu’entendez-vous par là ?

Justine Brabant: J’ai longtemps cru que le Congo, on l’avait un peu oublié. En creusant, je me suis rendue compte qu’il n’était pas, à mon sens, oublié parce que dans la presse française, on en parle souvent. J’ajoute également que cette question des sept millions de morts qu’on utilise souvent pour dire « voilà, c’est un conflit oublié, la preuve il y a sept millions de morts et on n’en parle pas assez », c’est en fait un chiffre un petit peu exagéré.

Et finalement vous le remettez en cause dans votre ouvrage ?

Voilà. C’est quelque chose d’un peu contestable et aujourd’hui, les humanitaires s’accordent à dire, sur le bilan chiffré des morts au Congo, qu’il y en aurait plusieurs millions. Donc, conflit pas oublié mais, à mon sens, mal regardé parce que parfois on a tendance à le regarder avec des automatismes qui marchent sur toute l’Afrique, comme par exemple, le prisme du conflit ethnique. Cependant, si l’on raisonne uniquement avec des questions de conflits ethniques, on peut comprendre que certains groupes s’affrontent, mais on ne comprend pas pourquoi, dans un premier temps, ils ont commencé à s’affronter.

Justement vous, pour comprendre cela, vous allez à la rencontre de combattants ou de chefs de guerre congolais pour leur poser la question. Qu’est-ce qu’on vous répond ?

Il y en a beaucoup qui commencent à se décrire en des traits qui sont très surprenants, comme par exemple « résistants » aux invasions menées par des mouvements rebelles venus du Rwanda à l’époque, comme le RCD [Rassemblement congolais pour la démocratie]. D’autres qui se décrivent en « patriotes » ou encore en « protecteurs de leur village », ou « protecteurs d’un Congo » qu’ils jugent menacé par des agressions extérieures.

Vous vous inscrivez donc en faux contre cette image répandue de rebelles sanguinaires qui passent leur temps à piller et à violer. Malgré tout, des exactions sont commises par des groupes armés à l’est de la RDC. Ne craigniez-vous pas qu’on vous accuse d’angélisme ?

Il me semble que j’explique clairement, dans ce livre, le dilemme qu’on a quand on se rend au Congo parce qu’en fait, on sait et on a lu les rapports. Seulement, quand on arrive sur place, on ne se trouve pas face à des gens qui ont l’air de venir de tuer ou de violer des centaines de personnes. J’ai donc considéré que mon travail de journaliste et de chercheuse consistait à raconter ce que j’ai vu et à décrire, avec autant d’honnêteté que possible, ce dilemme parfois très compliqué à gérer entre ce que l’on sait que les gens ont fait et les personnes qui se présentent à nous qui, souvent, s’expriment en des termes très simples et peuvent même paraître parfois sympathiques.

Parce que finalement à vous lire, on comprend que combattre, pour beaucoup d’entre eux, ce n’est pas forcément un choix mais un engrenage. Quel est l’exemple qui vous a le plus surpris ?

C’était quelqu’un qui était hébergé dans la plaine de la Ruzizi, peu après le génocide au Rwanda, et qui a vu arriver des réfugiés au Congo, et notamment des réfugiés [qui deviendront par la suite les FDLR, les Forces démocratiques de libération du Rwanda]. Dans la suite de ces réfugiés, il y a eu des gens qu’il a vus comme des agresseurs et qui étaient des gens de l’AFDL [Alliance des forces démocratiques pour la libération du Congo] qui ont renversé Mobutu et qui ont installé Kabila au pouvoir.

Quand il a vu arriver ces gens, la première chose qu’on lui a fait, c’est qu’on lui a pris ses vaches. Et lui, en tant que berger, sa vache c’était l’essentiel de sa vie, l’essentiel de son revenu. Alors au début, il a tout simplement pris des flèches ou ce qui lui tombait sous la main et il a rassemblé quelques hommes autour de lui. Il ne pensait pas qu’il s’engageait dans une guerre qui allait durer 20 ans et qui allait faire des millions de morts. La plupart, bien entendu, n’imaginaient pas une seconde que, à l’image de ce berger, ils allaient devenir colonel ou finir par tuer ou encore voir leurs camarades tués. Parfois, ils ont tout simplement commencé par jeter des pierres.

Du coup, vous vous demandez aussi comment appeler ces personnes. Est-ce qu’il faut les appeler des rebelles ? Est-ce qu’il faut les appeler des miliciens ? Est-ce qu’ils ne sont que des supplétifs de l’armée régulière ? Avez-vous trouvé une réponse à cette question, aujourd’hui ?

Disons, à l’inverse, qu’il y a certains termes que j’essaie d’éviter d’utiliser maintenant. J’ai remarqué, au début, que j’avais tendance à parler très facilement de rebelles, en faisant référence à certains des Maï-Maï que j’ai rencontrés. Or, ces groupes locaux d’auto-défense, à leur début, ont été fournis en armes et en logistique par Kinshasa. Par conséquent, est-ce que des groupes, qui font un peu office de supplétifs de l’armée régulière, peuvent être appelés des rebelles ?

Même parler des civils, c’est compliqué parce qu’au Congo, vous avez des gens qui sont étudiants le jour et qui, la nuit, font des patrouilles avec d’autres jeunes du village pour se protéger. Est-ce qu’ils sont déjà un petit peu combattants ou est-ce qu’on peut vraiment parler de civils ? Ce livre, donc, c’est aussi une réflexion sur la manière dont on parle de la guerre. J’ai le sentiment que parfois on donne une image trop blanche ou trop noire de ce conflit alors qu’il est plein de zones grises.

Et plein de frontières poreuses. On le voit bien entre armée régulière et groupes armés puisque beaucoup passent de l’un à l’autre. Poreuses également entre groupes armés et humanitaire ?

Oui. On découvre, en enquêtant, que bon nombre de jeunes combattants, à leurs heures perdues, sont eux-mêmes investis généralement dans des associations, très locales, de développement en rapport avec la paysannerie. Il y en a même certains qui viennent d’ONGs internationales. Il y a ainsi des passerelles qui sont liées au fait que, quand on est jeunes au Kivu et si on est un peu diplômés, les deux débouchés sont généralement la guerre ou l’humanitaire.

Est-ce qu’en voyant tout ça, vous avez eu le sentiment que vos interlocuteurs voulaient réellement mettre fin au conflit ?

Je pense que beaucoup d’entre eux ne sauraient pas quoi faire d’autre que la guerre. Enfin, pour beaucoup, le premier réflexe n’est pas de se dire comment en sortir mais, comment faire avec.

C’est le sens de votre titre ?

C’est une partie du sens du titre. Le sens, je le laisse à ce vieil homme que j’avais rencontré dans un village où j’étais partie interroger un commandant Maï-Maï. Il a voulu conclure un entretien en disant, « de toute façon, qu’on nous laisse combattre et la guerre finira ».

Je ne sais pas exactement ce qu’il voulait dire par là mais, moi, je le comprends et je l’ai choisi comme titre parce que c’est la clé du paradoxe de cette guerre. De plus en plus de gens, en effet, s’engagent en pensant que c’est grâce à leur engagement que cela se terminera, que finalement il y a eu tellement de violences passées, qu’il faut soi-même, à son tour, prendre les armes pour y mettre fin définitivement, et si besoin en étant encore plus violents que les précédents. C’est un paradoxe terrible mais je pense qu’il explique, en partie, cette guerre qui dure tant.

Qu’on nous laisse combattre et la guerre finira, de Justine Brabant, paru aux Editions La découverte.

Qu’on nous laisse combattre et la guerre finira, de Justine Brabant, paru aux Editions La découverte.

Source : RFI, Florence Morice, 12-03-2016


“Qu’on nous laisse combattre, et la guerre finira”
Avec les combattants du Kivu

Lorsque le Congo se fraie un chemin jusque dans les colonnes de nos journaux, c’est souvent pour raconter les mêmes histoires tragiques : les trafics de minerais qui alimentent les groupes armés, les milliers de femmes violées, les colonnes de réfugiés fuyant une guerre qui semble ne jamais s’arrêter.

Et pourtant, nous ne savons rien ou presque de ceux qui font cette guerre. Pourquoi se battent-ils ? Pourquoi se sont-ils engagés dans une série de conflits qui a fait des millions de morts depuis vingt ans ? D’où viennent ces combattants dont on nous dit qu’ils violent et pillent sans scrupules ? Comment sont-ils organisés, de quoi ont-ils peur, à quoi rêvent-ils lorsqu’ils ne sont pas en train de se battre ? Les réponses à ces questions, Justine Brabant est allée les chercher, pendant trois ans, sur les sentiers du Kivu, province de l’est du Congo.
Elle livre ici la chronique de ses rencontres. Bergers devenus colonels, chefs insurgés de père en fils ou civils qui transportent leur vie dans un sac à dos : elle s’est plongée dans le quotidien de ces hommes – et de ces femmes – dont certains n’ont jamais connu la paix et qui ont la guerre pour seul horizon.
Rompant avec les récits habituels sur la « violence aveugle » et les « conflits ethniques », l’auteure décrit un monde où les frontières se brouillent entre civils et combattants, entre rebelles et forces de l’ordre, entre militaires et humanitaires. Son enquête offre par là même une réflexion originale sur ces guerres qui durent depuis si longtemps qu’on a fini, nous aussi, par ne plus les voir.

Source : Editions La découverte

Commentaire recommandé

Astatruc // 10.04.2016 à 07h52

Les raisons de la guerre.

“Le RDC possède 80% du cobalt mondial, un minéral extrêmement précieux qui est utilisé dans la fabrication d’appareils technologiques modernes comme les armes, les téléphone cellulaires et les ordinateurs. La RDC est peut-être le pays le plus riche du monde en ressources minérales – il a de tout à profusion, des diamants au pétrole – mais son peuple est un des plus pauvres au monde parce que cela fait des générations que ses richesses sont pillées”.
http://www.legrandsoir.info/une-nouvelle-guerre-a-eclate-au-congo-dans-un-silence-assourdissant-workers-action.html

Il semblerait que le Congo comme tous les pays riches soit la proie du financiarisme.La guerre qui y tue semble une fois de plus un outil utilisé pour semer le chaos et faire des affaires avec le plus offrant.Peu importe que les gens meurent, pourvu qu’il y ait des profits.

15 réactions et commentaires

  • vincent // 10.04.2016 à 02h01

    Voila un discours qui est aux antipodes de l’interventionnisme occidental, m’est avis que le cas du Congo peut très bien s’appliquer à d’autre conflit. Cela choque mon entourage quand je dis qu’on ne peut rien faire et qu’on ne doit pas agir dans des pays où il y a des conflits de ce genre, car l’histoire doit se faire. Du coup je passe pour un laisser faire de massacre.
    Le vielle homme a raison après tout, il a peut être compris que c’est dans la nature de l’homme de s’entre tuer, et qu’il faut laisser passer l’orage et un jours quelque chose sera construit autrement.

    Enfin une dame qui va à la rencontre des gens, loin des ONG, loin des “rendez vous en terre inconnue” et autre BHL hypocrite va t’en guerre, ici un réel intérêt pour ces peuples, pour les comprendre, peut être l’un des chemin pour avoir un départ de solution. Si on adoptait tous cette démarche dans nos contrées, pour sur que le monde nous paraîtrait moins affolant et plus vivable. Et puis, devons nous rappeler le passif de l’europe? Ok cela a été des bataille rangée fait de coup de canon et de grand stratège, mais les guerres de 30 ans, 7 ans, voir 60 ans qui ont secoué le continent durant son histoire, alors un conflit de 20 ans dans l’histoire humaine. .

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  • Astatruc // 10.04.2016 à 07h52

    Les raisons de la guerre.

    “Le RDC possède 80% du cobalt mondial, un minéral extrêmement précieux qui est utilisé dans la fabrication d’appareils technologiques modernes comme les armes, les téléphone cellulaires et les ordinateurs. La RDC est peut-être le pays le plus riche du monde en ressources minérales – il a de tout à profusion, des diamants au pétrole – mais son peuple est un des plus pauvres au monde parce que cela fait des générations que ses richesses sont pillées”.
    http://www.legrandsoir.info/une-nouvelle-guerre-a-eclate-au-congo-dans-un-silence-assourdissant-workers-action.html

    Il semblerait que le Congo comme tous les pays riches soit la proie du financiarisme.La guerre qui y tue semble une fois de plus un outil utilisé pour semer le chaos et faire des affaires avec le plus offrant.Peu importe que les gens meurent, pourvu qu’il y ait des profits.

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  • Perret // 10.04.2016 à 08h58

    Excellente chose que de promouvoir ce livre. Il faut aussi parler de l’élection présidentielle qui vient d’avoir lieu au Congo Brazzaville, de l’autre côté du fleuve. Sassou N’Guesso y est arrivé 4e avec environ 10 % des voix (après 32 ans au pouvoir). Les deux premiers sont le Mokoko et Kolelas. Le 3e est Okombi. Il devrait y avoir un second tour opposant Mokoko à Kolelas, mais le pouvoir a organisé un putsch constitutionnel et se dit réélu. Les hélicoptères mitraillent chaque jour les quartier populaires de Brazzavile, il y a des dizaines de morts avérés, peut-être des centaines. Dans le plus grand silence et la plus grande indifférence. Paris n’intervient pas, laisse faire. Manuel Valls, très proche de Sassou, comme sa musicale épouse, verrouille, Hollande et Ayrault regardent ailleurs. N’est-ce pas immonde ?

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    • Nicolas // 10.04.2016 à 15h15

      Oui enfin on est intervenue en Libye et en Syrie pour défendre la démocratie.
      Pour quel résultat….
      Je suis pas sur qu’une intervention militaire la bas puisse réellement amélioré les choses. Sans conté qu’on vas nous accusé de vouloir s’approprier les ressources du pays.

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      • Toubib53 // 10.04.2016 à 16h11

        La solution passe par cesser de soutenir des marionnettes inféodées aux politicards français afin d’uniquement préserver des intérêts financiers de notre pays … le peuple congolais n’est qu’une variable d’ajustement Qu’il meure c’est le dernier des soucis des supposés “défenseurs des droits de l’homme”

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      • Perret // 10.04.2016 à 19h22

        Le mot intervenir, dans ce cas, ne va pas plus loin que faire des déclarations publiques exigeant de Sassou qu’il organise un second tour entre les deux candidats arrivés en tête et qu’il se retire. Mais il est certain que le passage en rase-motte d’un rafale sur le palais de Sassou à Oyo, au nord du pays, loin de la population, serait de nature à déclencher une panique salutaire. Cela ne risque pas d’arriver, malheureusement. Le militaire, en France, n’est actionné qu’en consolidation et non en contradiction de la prédation.
        En outre, une simple déclaration d’Ayrault dénonçant les massacres commis par les milices du pouvoir et quelques unités de l’armée entraînerait aussitot une condamnation de Sassou par l’ONU.
        Les ressources du pays sont accaparées par le dictateur et sa famille avec rétributions des décideurs étrangers qui s’accomodent de la situation dramatique de la population. Cherchez qui est intervenu publiquement en faveur de Sassou mi-janvier dernier à Paris et vous saurez qui est acheté.

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  • Denis Monod-Broca // 10.04.2016 à 09h07

    “Qu’on nous laisse combattre, et la guerre finira”.
    Éternelle illusion. Qui entretient, depuis que l’homme est homme, l’engrenage diabolique de la violence réciproque.
    Si nous savions être raisonnables, si nous savions voir les choses comme elles sont, si nous savions nous abstenir de désigner “bons” et “méchants”, nous aiderions à la paix plutôt que toujours aider à la guerre…

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  • Durand // 10.04.2016 à 09h36

    D’emblée, je trouve un peu légère, voire suspecte, cette analyse qui ne repose que sur le ressenti d’acteurs locaux n’ayant pas le recul nécessaire pour replacer ces confits dans le cadre plus large de l’interventionnisme américain dans cette partie de l’Afrique. Savent-ils eux-même qui leur fourni les armes qu’ils utilisent, qui manipule cette région depuis la chute de Mobutu, qui a organisé sa chute et pourquoi ?

    http://afrique.kongotimes.info/rdc/politique/7543-plan-machiavelique-cia-pentagone-operation-paper-rdc-politique-etrangere.html

    Il est un peu facile de régler une question complexe en laissant de côté le paramètre le plus important permettant d’expliquer la situation : faire reposer les raisons de ce conflit sur une mésentente entre tribus voisines alors qu’elles sont manipulées par des puissances qui les dépassent et qui organisent et financent dans la région, comme dans tant d’autres sur la planète, les changements de régimes utiles à leur hégémonie.
    Mobutu, comme Saddam, comme Mouammar, comme de Gaulle, comme Ianoukovich…, la liste est longue, aussi longue que l’histoire de l’Angleterre et des États Unis, de la City et de wall street…

    Un article sur un tel sujet qui ne mentionne pas une seule fois la CIA, la DIA est plus que suspect…
    Son titre pourrait être : “Le Congo, par le petit bout de la lorgnette”…

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    • Durand // 10.04.2016 à 09h52

      “Son enquête offre par là même une réflexion originale sur ces guerres qui durent depuis si longtemps qu’on a fini, nous aussi, par ne plus les voir.”

      Le fait qu’en coulisses, les mêmes puissances agissantes possèdent également les organes de presse les plus importants et de nombreux moyens de pression sur nos gouvernements n’est sans doute pour rien dans ce constat !!!!…

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  • petitjean // 10.04.2016 à 12h28

    beaucoup d’angélisme. Ce livre n’éclaire en rien sur les causes de ce conflit qui n’en finit pas

    l’auteur passe sous silence les immenses richesses de ce pays qui excitent tant d’ appétits

    qui tirent les ficelles ? Qui livre les armes ? qui a intérêt à ce que ça dure ? A qui profite cette instabilité de la RDC ?

    l’auteur passe sous silence l’essentiel. Un livre pour rien

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    • Durand // 10.04.2016 à 14h10

      petitjean,

      Un autre détail passé sous silence et néanmoins d’une d’importance majeure et tout-à-fait d’actualité…, concerne la manière dont les compagnies minières américano-canadiennes extorquent à ces pays le juste impôt qu’elles leur doivent, en situant leurs sièges dans des paradis fiscaux…

      Si en Occident, “l’optimisation fiscale” ne nous réduit pas encore tous à la mendicité, pour les peuples de ces pays, ce qu’elle engendre de corruption et de misère est effroyable depuis longtemps…

        +7

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      • petitjean // 10.04.2016 à 16h08

        ce livre ne va pas au fond des choses. Est-ce volontaire ?

        l’oligarchie veut les richesses sans en payer le prix. Hélas de trop nombreux état africains sont “achetés” et…………….les peuples trinquent. Les peuples pas éduqués portent les flinguent, s’entretuent tandis que les zélites portent les valises de billets

        je crois que c’est aussi vieux que le monde

        les “grandes sociétés occidentales” se foutent des droits de l’Homme et…….c’est vrai aussi des dirigeants occidentaux

        je crois quand même que les plus grands prédateurs sont les américains

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        • Durand // 10.04.2016 à 20h22

          RDC… L’agenda caché des Etats-Unis :

          “Jean-Marie Bockel, ancien ministre de la Coopération au développement sous Nicolas Sarkozy l’a très bien compris. Il commentait la chute de Compaoré en ces termes : « Quelles que soient les qualités d’un certain nombre de chefs d’Etat, à un moment donné, il y a l’usure du pouvoir. » En effet, prenons les exemples de Mobutu au Congo, Ben Ali en Tunisie ou Moubarak en Egypte. Tous ont été pendant plusieurs décennies des alliés majeurs des puissances occidentales et de leurs intérêts économiques. Mais tous sont arrivés au point de rupture, où ils n’étaient plus capables de contrôler leur peuple et gérer leur pays au seul profit des multinationales et des intérêts géostratégiques étasunien et français. Tous ont dû partir. ”
          http://www.michelcollon.info/Les-USA-ont-un-agenda-cache-en.html

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  • laxmi // 10.04.2016 à 19h34

    Merci pour cet éclairage, qui vise manifestement à décrire autre chose qu’une situation géo-stratégique. En se plaçant “au ras du terrain”, J. Brabant nous montre une complexité des conflits qui est rarement décrite.

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  • EBoetie2099 // 11.04.2016 à 07h44

    Bonjour à tous,

    Cet article me laisse pantois personnellement. Des analyses économiques, politiques ont démontrer les causes réelles de ces conflits. Comme en Syrie, même si cela ne se résume pas à cela, tout repose sur le pillage des ressources du sol (le pétrole en Syrie et toute la région, les ressources minérales, métaux rares au Congo…).
    Ce serait le plus grand des hasards que ces conflits majeurs faisant le plus grand nombre de mort ces dernières décennies ne soient que des conflits intérieurs et ethniques…

    Un journaliste que j’aimerais bien faire interroger par un autre vrai journaliste qui connait bien le dossier pour l’interroger sur ce point.

    Quelle est la conclusion de ses arguments ? Laissons-les régler leurs pbs pour ne pas semer le chaos ? Et bien désolé, la réponse est bien sur que non car il ne s’agit pas de renverser une monarchie absolue comme en 1789, il s’agit de remonter au niveau des états qui financent la guerre et qui ont créer ce climat d’intérêt économique sur le sol de part leurs modes de vie capitalistes et matérialistes… franchement, qui sera content d’avoir un collier en diamant quand il mourra de faim ou d’un cancer à force d’intoxication alimentaire et de pollution de l’environnement ? Problème : Intervenir oui ! Mais certainement pas les gouvernements d’Europe et USA qui sont en fait la vrai source de ce conflit…

      +1

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