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12.septembre.201912.9.2019 // Les Crises

Le New York Times admet avoir envoyé un article au gouvernement pour approbation. Par Ben Norton

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Source : Consortium News, Ben Norton, 25-06-2019

Le 25 juin 2019

Le journal américain de référence a donné très récemment un exemple éloquent de la relation de symbiose qui existe entre les médias institutionnels et le gouvernement, par Ben Norton pour Grayzone

Le New York Times a publiquement reconnu qu’il avait envoyé un article au gouvernement américain afin qu’il soit approuvé par les « responsables de la sécurité nationale » avant sa publication.

Cela confirme ce que des correspondants chevronnés du New York Times, comme James Risen, ont affirmé : le journal américain de référence collabore régulièrement avec le gouvernement américain, supprimant les reportages que les hauts fonctionnaires ne veulent pas rendre publics.

Le 15 juin, le Times a rapporté que le gouvernement américain intensifie ses cyberattaques contre le réseau électrique russe. Selon l’article, « l’administration Trump, dans le cadre élargi d’une guerre froide numérique entre Washington et Moscou, utilise de nouveaux pouvoirs pour déployer des outils informatiques de manière plus agressive ».

En réponse à ce reportage, le président Donald Trump a attaqué le Times sur Twitter, qualifiant l’article « d’acte virtuel de trahison ».

Le bureau des relations publiques du New York Times a répondu à Trump à partir de son compte Twitter officiel, défendant l’histoire et notant qu’elle avait, en fait, été approuvée par le gouvernement américain avant d’être publiée.

« Accuser la presse de trahison est dangereux », a déclaré l’équipe de communication du Times. « Nous avons expliqué l’article au gouvernement avant sa publication ».

« Comme le souligne notre article, les responsables de la sécurité nationale du président Trump ont déclaré qu’il n’y avait aucune objection », a ajouté le Times.

[Le croyez-vous, ce faiblard New York Times vient de publier une histoire racontant que les États-Unis multiplient considérablement leurs cyberattaques contre la Russie ? C’est virtuellement un acte de trahison de la part d’un grand journal qui cherche désespérément une histoire, n’importe quelle histoire, même si elle est désastreuse pour notre pays…]

En réalité, le reportage du Times sur l’escalade des cyberattaques américaines contre la Russie est le fait de « fonctionnaires actuels et anciens du gouvernement [américain] ». En fait, le scoop vient de ces apparatchiks, et non d’une fuite ou de l’enquête tenace d’un journaliste intrépide.

Les « vrais » journalistes obtiennent l’approbation de diffuser

La « Résistance » néolibérale autoproclamée a sauté sur l’accusation imprudente de trahison portée par Trump (la Coalition démocratique, qui se vante du « Nous aidons à mettre en œuvre #LaRésistance », a répondu en qualifiant Trump de « marionnette de Poutine »). Le reste de la presse institutionnelle s’est déchaînée.

Mais ce qui a été complètement occulté, c’est ce qui est le plus révélateur dans la déclaration du New York Times : le journal officiel admettait en substance avoir une relation symbiotique avec le gouvernement.

En fait, certains grands experts américains sont même allés jusqu’à insister sur le fait que cette relation symbiotique est précisément ce qui fait que quelqu’un est un journaliste.

En mai, Marc Thiessen, le chroniqueur néoconservateur du Washington Post – ancienne plume des discours du président George W. Bush – a déclaré que l’éditeur de WikiLeaks, d’autre part prisonnier politique, Julian Assange n’est « pas un journaliste », mais bien un « espion » qui « mérite la prison ». ( Par le passé Thiessen a aussi qualifié Assange de « diable ».)

Quelle a été la raison invoquée par le chroniqueur du Post pour invalider les compétences journalistiques d’Assange ?

Contrairement aux « organes de presse réputés, Assange n’a pas donné au gouvernement américain l’occasion d’examiner les informations classifiées que WikiLeaks avait l’intention de divulguer de sorte à leur permettre de soulever des objections en matière de sécurité nationale », a écrit Thiessen. « Les journalistes sérieux n’ont donc rien à craindre. »

En d’autres termes, cette ancienne plume des discours du gouvernement américain, devenu spécialiste des médias institutionnels, insiste sur le fait que ce qui fait de vous un journaliste, c’est votre collaboration avec le gouvernement et la censure en ce qui concerne vos reportages afin de protéger la « sécurité nationale ».

C’est la conception idéologique expresse des commentateurs américains.

[Julian Assange n’est pas un héros. C’est le diable. http://wpo.st/ep782]

La relation symbiotique qui existe entre les médias institutionnels américains et le gouvernement est connue depuis un certain temps déjà. Les services de renseignement américains jouent avec la presse comme avec un instrument de musique, l’utilisant pour faire fuiter sélectivement des informations à des moments opportuns afin de faire pression sur le pouvoir doux [soft power, NdT] des États-Unis et faire progresser les intérêts de Washington.

Mais rarement cette relation symbiotique n’a été attestée de façon aussi désinvolte et publique.

En 2018, l’ancien journaliste du New York Times, James Risen, a publié un article de 15 000 mots dans The Intercept, donnant un aperçu du fonctionnement de cette alliance tacite.

[1. #JamesRisen : “Un haut fonctionnaire de la CIA m’a dit un jour que sa règle de base pour savoir si une opération secrète devrait être approuvée était : “De quoi cela aura-t-il l’air à la une du New York Times ?”]

Risen a expliqué très précisément comment ses rédacteurs en chef avaient été « tout à fait disposés à coopérer avec le gouvernement ». En fait, un haut fonctionnaire de la CIA a même dit à Risen que sa règle de base pour approuver une opération secrète était : « De quoi ça aura-t-il l’air à la une du New York Times ? »

Il existe un « accord informel » entre l’État et la presse, a expliqué Risen, par lequel des représentants du gouvernement américain « ont régulièrement entrepris des négociations discrètes avec la presse pour tenter d’empêcher la publication d’articles sensibles concernant la sécurité nationale ».

« À l’époque, j’étais généralement d’accord avec ces négociations », a déclaré l’ancien journaliste du New York Times. Il se souvient d’un cas particulier, celui d’un article qu’il écrivait alors sur l’Afghanistan juste avant les attentats du 11 septembre 2001. George Tenet, alors directeur de la CIA, a téléphoné personnellement à Risen et lui a demandé de supprimer l’histoire.

« Il m’a dit que sa divulgation menacerait la sécurité des agents de la CIA en Afghanistan », a dit Risen. « J’ai accepté ».

Risen a dit plus tard qu’il s’était demandé si oui ou non c’était la bonne décision. « Si j’avais raconté cette histoire avant le 11 septembre, la CIA aurait été furieuse, mais cela aurait peut-être pu déclencher un débat public sur la question de savoir si les États-Unis en faisaient assez pour capturer ou tuer ben Laden », a-t-il écrit. « Ce débat public aurait peut-être forcé la CIA à prendre plus au sérieux la question de la capture de ben Laden. »

Ce dilemme a amené Risen à reconsidérer sa position quant aux demandes de censure du gouvernement américain concernant ses articles. « Et cela m’a finalement mis dans une situation de conflit avec les rédacteurs en chef du New York Times », a-t-il dit.

« Après les attentats du 11 septembre 2001, l’administration Bush a commencé à demander à la presse de supprimer plus souvent des articles », a poursuivi Risen. « Ils l’ont fait si souvent que j’ai acquis la conviction que l’administration invoquait la sécurité nationale pour faire supprimer des histoires qui étaient simplement politiquement embarrassantes. »

Dans la période qui a précédé la guerre en Irak, Risen s’est souvent « heurté » aux rédacteurs en chef du Times parce qu’il avait mis en doute les mensonges du gouvernement des États-Unis. Ses articles « soulevant des questions sur le renseignement, en particulier les allégations de l’administration quant à l’existence d’un lien entre l’Irak et Al-Qaïda, ont été tronqués, noyés dans le reste ou complètement exclus du journal ».

« Pour beaucoup de gens au journal, [le rédacteur en chef du Times, Howell Raines] préférait les articles qui soutenaient la cause de la guerre », a dit Risen.

Autre anecdote, l’ancien journaliste du Times se souvient d’un scoop qu’il avait découvert quant à un complot foireux de la CIA. L’administration Bush en a eu vent et l’a convoqué à la Maison-Blanche, où Condoleezza Rice, alors conseillère à la sécurité nationale, a imposé au Times d’enterrer l’histoire.

Rice lui a dit : « Oubliez l’histoire, détruisez mes notes et ne téléphonez plus jamais pour en discuter avec qui que ce soit ».

« L’administration Bush a réussi à convaincre la presse de retenir ou de supprimer des articles concernant la sécurité nationale », a écrit Risen. Et l’administration de Barack Obama a ensuite intensifié la « guerre contre la presse ».

La salle de rédaction du New York Times en 2008, peu après son déménagement à son siège actuel. (Bpaulh, Wikimedia Commons)

Infiltration de la CIA et fabrique du consentement

Dans leur remarquable étude sur les médias américains, « La Fabrication du consentement : De la propagande médiatique en démocratie », Edward S. Herman et Noam Chomsky ont exposé un « modèle de propagande », démontrant comment « les médias servent les puissants intérêts des sociétés qui les contrôlent et les financent et font de la propagande pour leur compte », au moyen de « la sélection de collaborateurs raisonnables et par l’internalisation des priorités et définitions du caractère opportun des informations conformes aux politiques de l’institution par les rédacteurs et journalistes en activité. »

Mais dans certains cas, la relation entre les services de renseignement américains et les médias institutionnels n’est pas seulement une relation de persuasion idéologique, de pression indirecte ou d’amitié, mais plutôt une relation professionnelle.

Dans les années 1950, la CIA a mené une opération secrète appelée Projet Mockingbird, qui lui permettait de surveiller, influencer et manipuler les journalistes américains et les médias, et ce, de façon ouverte afin d’orienter l’opinion publique de façon défavorable vis-à-vis de l’Union soviétique, la Chine et le mouvement communiste international grandissant.

Le bien-connu journaliste Carl Bernstein, anciennement au Washington Post qui a aidé à déterrer le scandale du Watergate, a publié pour Rolling Stone, en 1977, un article majeur ayant pour titre « La CIA et les médias : Comment les médias d’information les plus puissants d’Amérique ont travaillé main dans la main avec la Central Intelligence Agency et pourquoi la Commission Church a couvert tout ça ». [La commission Church, dont le nom complet est « United States Senate Select Committee to Study Governmental Operations with Respect to Intelligence Activities », est une commission formée à l’initiative du Sénat des États-Unis et dirigée en 1975 par le sénateur démocrate Frank Church, NdT].

Bernstein a obtenu de la CIA des documents qui révèlent qu’au cours des 25 dernières années, plus de 400 journalistes américains avaient « secrètement effectué des missions pour la Central Intelligence Agency ».

Bernstein a écrit : « Certaines des relations entre ces journalistes et l’Agence étaient tacites, d’autres explicites. Il y a eu coopération, accommodement et superposition. Les journalistes ont assuré une gamme complète de services clandestins – depuis la simple collecte de renseignements jusqu’à la mise en relation avec des espions dans les pays communistes. Les journalistes partageaient leurs notes avec la CIA. Les rédacteurs en chef partageaient leurs équipes. Certains de ces journalistes avaient obtenu le Prix Pulitzer, éminents reporters qui se considéraient comme des ambassadeurs sans accréditation pour leur pays. Nombre d’entre eux étaient moins emballés : les correspondants à l’étranger qui trouvaient cependant que leur association avec l’Agence les aidait dans leur travail ; les journalistes d’investigation et les pigistes qui s’intéressaient autant aux arcanes de l’espionnage qu’à la publication de leurs articles ; et catégorie la plus mineure, celles des employés à temps plein de la CIA se faisant passer pour des journalistes à l’étranger. Dans de nombreux cas, les documents de la CIA montrent que des journalistes étaient recrutés pour exécuter des tâches pour la CIA, et ce, avec l’accord des différentes directions des principaux organes de presse américains. »

Pratiquement tous les médias américains majeurs ont coopéré avec la CIA, a révélé Bernstein, notamment ABC, NBC, l’AP, l’UPI, Reuters, Newsweek, les journaux du groupe Hearst, The Miami Herald, The Saturday Evening Post et The New York Herald Tribune.

Cependant, a-t-il ajouté, « Selon les responsables de la CIA, les plus précieuses de ces associations sont de loin celles avec le New York Times, CBS et Time Inc. ».

Ces strates de manipulation de l’État, que ce soit la censure ou même la création directe de médias d’informations montrent que, même s’ils prétendent être indépendants, The New York Times et d’autres médias servent de facto de porte-paroles au gouvernement – ou du moins à la sécurité nationale de l’État américain.

Ben Norton est journaliste et écrivain. Il est reporter pour The Grayzone et producteur du podcast « Moderate Rebels », qu’il co-anime avec Max Blumenthal. Son site Web est BenNorton.com et il twitte sur @BenjaminNorton.

Source : Consortium News, Ben Norton, 25-06-2019

Traduit par les lecteurs du site www.les-crises.fr. Traduction librement reproductible en intégralité, en citant la source.

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LA ROQUE // 12.09.2019 à 06h53

Le New York Times a publiquement reconnu qu’il avait envoyé un article au gouvernement américain afin qu’il soit approuvé par les « responsables de la sécurité nationale » avant sa publication.

En France la complaisance des médias mainstream envers le gouvernement est telle qu’ils n’ont même pas besoin d’envoyer d’article pour approbation.

16 réactions et commentaires

  • LA ROQUE // 12.09.2019 à 06h53

    Le New York Times a publiquement reconnu qu’il avait envoyé un article au gouvernement américain afin qu’il soit approuvé par les « responsables de la sécurité nationale » avant sa publication.

    En France la complaisance des médias mainstream envers le gouvernement est telle qu’ils n’ont même pas besoin d’envoyer d’article pour approbation.

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    • Jaffar le sournois // 18.09.2019 à 08h05

      Une analyse du système médiatique occidental par Alexandre Zinoviev, La grande rupture, 1999

      “Bien entendu, les médias font partie des domaines de présence et d’activité des capitaux et des intérêts de l’État, mais il serait erroné de les réduire à cela. Ils constituent quelque chose de plus vaste, dépassant les cadres des affaires et de la politique. C’est, pourrait-on dire, la «troisième puissance» de l’occidentisme. C’est tout à la fois l’information et la désinformation, l’apo­logétique et la critique, la collaboration avec le pouvoir et les affaires et l’opposition au pouvoir et aux affaires, la prédication de la morale et la prédication de la débauche, l’instruction et l’abrutissement, la lutte des idées et des intérêts, le reflet de la vie, l’expression de la réalité, le façonnement de l’existence — bref, la quintessence de la vie sociale dans toutes les manifes­tations de sa subjectivité. Les médias forment l’arène de la vie sociale, tout en étant l’un de ses facteurs pri­mordiaux. Ils se composent de dizaines de milliers d’institutions, d’organisations, d’entreprises, employant des centaines de milliers d’individus. Elle fait participer à son activité des millions de personnes de toutes catégories sociales. Les médias sont le plus puissant instrument de façonnement des
      connaissan­ces, des sentiments et des goûts des grandes masses humaines ainsi qu’un instrument d’influence sur ces masses, allant dans le sens souhaité par quelqu’un.”

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    • Jaffar le sournois // 18.09.2019 à 08h10

      (suite et fin) “Il n’existe pas formellement un centre d’où seraient dirigés les médias. Mais, dans les faits, ceux-ci
      fonc­tionnent exactement comme s’ils recevaient leurs ins­tructions d’une direction centrale telle que le Comité central du PC d’Union soviétique. Il y a là une sorte de «main invisible», qui n’a pratiquement jamais été étu­diée de manière rationnelle. Les informations la con­cernant paraissent rarement dans la presse. Elle se compose d’un cercle relativement restreint de person­nes, qui recueillent les recommandations émises par un cercle plus large de politiciens, d’hommes d’affaires, de politologues, de journalistes, de conseillers, etc., et donnent le signal d’une action consensuelle des médias sur certaines questions. A l’échelon des médias parti­culiers, il existe un grand nombre de collaborateurs expérimentés qui devinent immédiatement les nouvel­les positions, et même qui devancent l’« instance supérieure». Entre alors en jeu une armée de réalisa­teurs formés à remplir n’importe quelle tâche dans l’esprit de la nouvelle orientation. Les personnes for­mant ce mécanisme sont mutuellement reliées par une multitude de contacts personnels.
      (…) Les médias sont la divinité sans visage de la société occidentale, vénérée même par ceux qui se croient ses directeurs et maîtres. Tout ce que font ces gens est de servir leur divinité en qualité de prêtres – contre bons salaires et profits bien entendu…”

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  • Eric83 // 12.09.2019 à 07h59

    Le prétendu respectable Robert Mueller qui a tenté vainement et lamentablement de démontrer la collusion “Trump-Russie” se retrouve de nouveau sous le feu des projecteurs pour ses “services” lors de l’enquête sur les attentats du 9/11… “services”, pour les victimes, l’Etat US ou le Deeps State ?

    https://nypost.com/2019/09/07/robert-mueller-helped-saudi-arabia-cover-up-its-role-in-9-11-attacks-suit/

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    • RV // 14.09.2019 à 09h45

      lisez le rapport Mueller, ne vous contentez pas des résumés et on en reparlera

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  • DVA // 12.09.2019 à 08h14

    Cela me suffit comme info …”Les mots du journaliste américain John Swinton, à l’occasion d’un banquet célébrant la supposée liberté de la presse en 1880, viennent immédiatement à l’esprit : “Il n’existe pas de presse libre et indépendante. Pas un seul parmi vous n’ose écrire ses opinions honnêtes et vous savez très bien que si vous le faites, elles ne seront pas publiées. On me paye un salaire pour que je ne publie pas mes opinions. Le travail du journaliste est la destruction de la vérité, le mensonge patent, la perversion des faits et la manipulation de l’opinion au service des puissances de l’argent. Nous sommes les outils obéissants des puissants et des riches ; nos talents, nos facultés et nos vies appartiennent à ces hommes. Nous sommes des prostituées de l’intellect.”

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  • Calal // 12.09.2019 à 10h05

    Il faut bien comprendre cette notion de “deep state “, d’État profond: cette notion devient centrale dans nos démocraties.
    Les fonctionnaires sont de moins en moins neutres et l’Alliance technocratie-argent privé diminue le pouvoir du peuple.
    Il suffit de voir le débat récent entre Dudley,un ancien de la fed,et Trump,président élu, pour se rendre compte du problème.

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  • guzy // 12.09.2019 à 10h31

    A ceux qui maitrise très bien l’anglais (car ça va vite) je conseille vivement d’aller voir the Jimmy Dore Show sur YT. C’est un comédien de stand up américain très marqué à gauche qui avec ses potes fait un véritable travail journalistique de démontage des MSN, l’humour en plus. C’est très efficace.
    “Quand je me regarde je me fais peur, quand je me compare je me rassure”. Le niveau de malhonnêteté et de parti-pris des grands réseaux US (ABC, NBC, CNN…) est proprement hallucinant, l’élection de Trump les a rendu fous et a fait sauter toute barrière déontologique : complotisme et fausses nouvelles à longueur de journée. Ces centristes “progressistes” se dévoilent en tout cas pour ce qu’ils sont : des néo-conservateurs pro-guerre et pro-business à fond, avec une petite touche caritative et verte en plus pour dire qu”‘on est “de gauche” et un niveau d’intolérance et de puritanisme pro-LGBT incroyable dès qu’on touche aux questions sociétales. L’épisode où Jimmy Dore démonte le “mea culpa” du directeur de la rédaction du NYT sur le Russiagate est à mourir de rire. Fox News apparait par contraste comme plus honnête, en tout cas certains de ses journalistes comme Tucker Carlson, qui a des positions très anti-guerre. Dore le reconnait avec tristesse. Les commentaires sont aussi très intéressants à lire, il montre le niveau de défiance qui frappe les médias, quelles que soient les opinions politiques des gens.

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  • Tardieu // 14.09.2019 à 14h53

    “Le New York Times admet avoir envoyé un article au gouvernement pour approbation”, ah ben dites donc, en voilà une affaire qui va révolutionner la manière des lecteurs d’interpréter la situation !

    On l’appelait simplet…
    “même s’ils prétendent être indépendants, The New York Times et d’autres médias servent de facto de porte-paroles au gouvernement – ou du moins à la sécurité nationale de l’État américain.”

    Non, sans blague, en voilà de l’info !

    Allez, c’était hier :

    David Rockefeller, Commission Trilatérale, 1991.

    – Nous sommes reconnaissants au Washington Post, au New York Times, au magazine Time, et aux autres grandes publications dont les directeurs ont assisté à nos réunions et respecté leurs promesses de discrétion depuis presque quarante ans. Il aurait été pour nous impossible de développer notre projet pour le monde si nous avions été exposés aux lumières de la publicité durant ces années. Mais le monde est aujourd’hui plus sophistiqué et préparé à l’entrée dans un gouvernement mondial. La souveraineté supranationale d’une élite intellectuelle et de banquiers mondiaux est assurément préférable à l’autodétermination nationale des siècles passés.

    Consortium News

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  • Tardieu // 14.09.2019 à 15h09

    “Consortium News” n’a rien à faire en bas de mon commentaire, c’est une erreur.

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