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5.septembre.20195.9.2019 // Les Crises

La mal information sur la vie internationale : Mensonges, manipulations, silence des médias dominants, par Robert Charvin

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Nul ne peut contester la part restreinte des informations sur l’international dans les grands médias. La concentration extrême du pouvoir de décision dans le domaine de la politique étrangère n’y est pas pour rien : les intérêts économiques et stratégiques sont trop décisifs pour être soumis au contrôle populaire le plus élémentaire ! Les « démocraties » les plus avancées sont hémiplégiques et infirmes : les sommets de l’État et quelques experts sont seuls « qualifiés » et les simples citoyens n’ont rien à apporter, y compris lorsqu’ils sont consultés : en 2005, le « Non » à la « Constitution » européenne des Français n’a pas compté. Il dérangeait les pouvoirs publics et privés et contredisait tous les médias qui avaient appelé à voter « Oui » !

 

Les grands médias, sans complexe, et bien au-delà de la question européenne, mentent, déforment, dissimulent avec plus ou moins de subtilité, pour s’aligner (lorsqu’ils ne sont pas acquis par le recrutement sélectif de leurs éditorialistes) sur les intérêts des groupes qui les financent. Le résultat est une méconnaissance crasse de l’opinion sur la réalité des relations internationales et un enfermement mental des citoyens sur leur pré-carré. Comment s’étonner des relances périodiques d’un chauvinisme étroit, d’un nationalisme arrogant, accompagnés souvent de racisme, au sein des grandes puissances ? Les pouvoirs « enseignent » en effet le mépris des autres et une volonté de puissance bien davantage que la solidarité transnationale (1) !

Le paradoxe est profond à l’heure d’une mondialisation voulue par le monde des affaires et leurs auxiliaires étatiques, qui fait qu’aucune économie nationale et aucun peuple ne peuvent échapper aux ingérences étrangères et à l’impact des intérêts multinationaux partout présents : tout régime, quel qu’il soit, subit ainsi une sorte de « métissage ». L’État le plus attaché à la souveraineté nationale et le peuple le plus patriote sont eux-mêmes victimes d’un environnement international défavorable et se trouvent transformés, malgré eux, par la pénétration d’intérêts qui ne sont pas les leurs. Il en est ainsi particulièrement des rares bastions se réclamant d’un socialisme souvent abâtardi par des sanctions de toutes sortes (embargos, blocage d’avoirs financiers, discriminations commerciales, pressions politiques et idéologiques, etc.) pouvant aller jusqu’au sabotage et à l’intervention militaire.

Les grands médias occidentaux font silence sur ce qui accable, en raison des rapports de force, les régimes qui leur déplaisent : la présentation de la Corée du Nord depuis plus qu’un demi-siècle va jusqu’à la caricature le plus sommaire. Il en est de même pour la Chavisme au Venezuela, comme il en a été par le passé du Vietnam et de Cuba ! La mal information est la règle : un simplisme malsain domine dans le combat qui oppose un « camp » à l’autre, dans un brouillard entretenu par un bavardage incessant sur les « valeurs » et les « idées » ! L’adhésion à l’idéologie des managers capitalistes, doublée d’un « inculture branchée et culottée, bavarde et narcissique », comme l’écrit A. Accardo (2), caractérisent certains spécimens issus d’écoles de journalisme productrices de savoir-faire plus que de savoir. Ce n’est pas le fait de tous les journalismes, mais, précarisés, presque tous acceptent de subir la laisse tenue par les « patrons » (3) !

Les médias dominants, qu’il s’agisse particulièrement des chaînes d’information continue, des radios privées ou publiques, ou de la presse écrite, bénéficiant d’un label quasi-officiel (en France, par exemple, certains journaux sont eux-mêmes « médiatisés » par la radio et la télévision, comme Libération, Le Figaro, Valeurs Actuelles, etc.), sont des outils de fabrication d’une pensée conforme, malgré leur diversité apparente plus ou moins « branchée », source d’une servilité « volontaire » ! L’international est un domaine d’information particulièrement « efficace » pour produire un consensus très favorable aux pouvoirs établis : sans concerner de manière directe les affrontements politiques internes, il favorise une approche sur eux affectée d’un fort coefficient idéologique néolibéral, voire fascisant. Parler d’ « ailleurs » est un excellent moyen de peser sur le « chez soi » : pourquoi se priver d’attaquer sans réserve Chavez puisqu’on atteint en même temps Mélenchon !! Durant des décennies, toute critique de l’URSS permettait de mettre en cause les partis communistes occidentaux qui n’y pouvaient pourtant pas grand chose !

Est utilisée quasi-systématiquement pour toute question internationale une évaluation binaire fondée sur les notions (primaires et quasi-religieuses) du Bien et du Mal, confirmées régulièrement par les courants doctrinaux étasuniens. La transposition dans l’ordre interne va de soi : les médias dominants servent le Bien et ceux qui sont en désaccord se situent dans le camp du Mal !

Enfin, toutes les informations macro-économiques se situent dans le cadre exclusif du capitalisme et de sa gestion : les problèmes propres au socialisme jugé « contre-nature » ne font jamais l’objet que d’un rejet global. Les controverses ne sont admises dans les médias dominants que dans le seul système admis, c’est-à-dire l’économie de marché et sa logique à laquelle nul ne saurait échapper sous peine de désastre social. Il n’y aurait aucune alternative et l’histoire économique n’a nulle place : elle est achevée. La preuve de cette fin de l’évolution a été apportée par l’échec des autres expériences qu’il est donc absurde de vouloir reproduire « chez soi » : pas question de prendre ne compte les multiples agressions économiques et financières subies par l’URSS, Cuba, le Chili, la Corée du Nord, le Venezuela, etc.) !

Dénoncer la pénurie « ailleurs » (ou dans certains cas le succès de telle ou telle mesure qu’il faudrait prendre « chez soi ») est le moyen d’écarter les propositions des oppositions dans notre propre économie ! Y compris si les contextes étrangers sont très différents et rationnellement non transposables. Est ainsi favorisé dans les esprits le concept de « modèle » ou de modèle-repoussoir. Tous les « experts » (sélectionnés) convoqués par les rédactions en chef le confirment évidemment à toutes occasions.

Les règles suivies

L’information internationale par les médias dominants est soumise à certaines règles « d’efficacité » propagandiste, bien que les rédactions s’en défendent en se déclarant « offensées » et victimes d’un populisme inacceptable lorsqu’elles sont mises en cause.

Une courte exposition des méthodes suivies est pourtant difficilement contestable de bonne foi.

Le descriptivisme l’emporte systématiquement. Les événements du jour n’ont ni racine ni histoire. Le flash privilégié, recherchant l’émotion, exclut l’explicitation. On fait usage de l’image symbolique (par exemple, l’enfant blessé dans les ruines d’un bombardement) ou le témoignage individuel choisi, qui suffiraient à faire sens !

Le temps-long n’est pas pris en compte : la question kurde, par exemple, ne remonte-t-elle pas pourtant aux lendemains de la Première Guerre mondiale, et ne soulèverait-elle pas la responsabilité des vainqueurs de 1918 ? La question palestinienne n’aurait-elle pas près de soixante-dix ans, tout comme la question coréenne (dont la guerre dévastatrice de 1950-1953) et ces décennies écoulées n’auraient-elles aucun impact sur l’actualité ?

Chaque événement médiatiquement martelé un ou plusieurs jours consécutifs, avec une forte intensité pour imprégner les esprits, disparaît brusquement pour céder la place à un autre qui lui-même s’efface à son tour:il n’y a pas de suivi. L’objectif n’est pas de faire comprendre mais « d’impressionner » l’esprit pour fabriquer l’opinion désirée par les pouvoirs.

On peut imaginer les dégâts intellectuels qu’une telle méthode produirait dans le domaine de la pédagogie scolaire !

Chaque jour, les événements sont multiples au sein ou entre les quelques 200 États qui se partagent la planète. Les médias dominants font « leur marché », en relation avec l’ordre du jour intérieur monopolisé par les pouvoirs publics et privés, afin de peser sur l’opinion soit pour conforter une idée-reçue générale soit pour agir sur une question précise qu’il s’agit d’orienter. Seront choisis, par exemple, des événements renforçant l’hostilité à la Chine ou à la Russie ou démontrant que la police algérienne sait jouer de la matraque comme la française et que l’on ne saurait s’attarder sur les condamnations du gouvernement français prononcées par les Nations Unies ou le Parlement européen à l’occasion de la répression des Gilets Jaunes à Paris !

Les événements ne sont pas retenus au quotidien pour leur intérêt intrinsèque, leur caractère inédit, leur portée plus ou moins grande, mais pour leur « utilité » dans la bataille locale du moment (sociale, idéologique, institutionnelle, etc.). Il s’agit d’illustrer par une image internationale « significative » ce qu’il est « convenable » de penser dans l’ordre interne : l’exercice médiatique, de parfaite mauvaise foi, se veut avant tout « pédagogique » !

Dans l’ordre international, les rédactions disposent d’une grande « liberté » : les citoyens sont pour la plupart hors d’état de vérifier leurs dires, à la différence de ce qui peut être affirmé dans l’ordre interne. Dans la masse des événements survenant sur tous les continents, où les citoyens disposent de quelques moyens d’évaluation, il y en a toujours quelques-uns qu’il suffit de repérer et de développer pour légitimer n’importe quelle cause !

Aucun ne s’impose objectivement au détriment de tous les autres ! Aux journalistes « responsables » (4) d’être habiles, capables de bien choisir les faits et aux « sachants » qui offriront une petite musique d’objectivité, de bien canaliser les débats, de déstabiliser éventuellement le mal-pensant invité par exception et tout exprès pour rendre crédible les « bien » pensants invités « réguliers » parce que leur position est connue à l’avance !

Il est évidemment exclu que les dominants soient dominés, ne serait-ce qu’accidentellement (d’où la rareté de passage télé ou radio d’un Bourdieu (dans le passé), d’un Onfray ou d’un Badie (aujourd’hui), ou plus généralement des universitaires en nombre capables (pourvu qu’ils soient sollicités) de faire front aux « abonnés » du style Minc, Finkelkraut, B-H. Lévy et autres Zémour ou Ménard et d’une cohorte de faux experts plus ou moins économistes ou politistes sortis de fondations et organismes fantômes, lorsqu’on a besoin d’eux !

La répétition est une autre règle lorsque le fait traité est potentiellement « persuasif ». L’information continue audiovisuelle permet de pratiquer un véritable « bombardement » de l’opinion qui ne peut qu’y être sensible. A cette critique de cette insistance partisane, il est répondu que d’autres informations (non « exemplaires » pour le système) ont été aussi données dans l’esprit pluraliste qui est la doctrine officielle. Mais il n’est pas précisé si ces informations « secondaires » n’ont été diffusées qu’après 23 heures, une ou deux fois, en bas d’écran, avec ou sans images, à la différence des « principales » !

Ainsi, la plus ou moins grande intensité répétitive et la maîtrise des horaires et des mises en scène créent les conditions d’un respect fictif d’une pseudo-«objectivité », dont se réclament hautement les professionnels du média mensonge ! Or, le pluralisme n’est pas cette « objectivité » inaccessible, mais une honnêteté élémentaire prenant en compte le plus grand nombre possible d’événements internationaux, en leur donnant un contenu explicatif.

Le fait que sur les différentes chaînes de télé et radio la sélection des informations internationales soit standard ne serait pas la preuve d’une volonté de formatage de l’opinion, mais au contraire du respect d’une « Vérité » unique face aux colporteurs de « fake news », est une triste plaisanterie. Il suffirait pour en faire la démonstration de faire l’historique des différentes fausses « vérités » largement diffusées et répétées, par exemple celles portant sur l’armée irakienne et « ses armes de dissuasion massive » ou sur le « massacre » de Benghazi par les mercenaires de M. Kadhafi, origine de la destruction par la France et l’OTAN de la Libye.

Les événements internationaux « préférés » par les grands médias ne sont pas les mouvements populaires lorsqu’ils sont porteurs de revendications sociales, sauf s’ils se produisent dans des pays « ennemis ». Ce qui est mis en avant, ce ne sont pas les peuples, mais leurs dirigeants qui seraient « bons » ou « mauvais » !

Cette personnalisation de la vie internationale est poursuivie à l’extrême et les affrontements se résument à des « guerres de têtes » de personnalités ayant leurs petits et grands défauts, ou au contraire leurs vertus, porteurs de hautes « valeurs » : les intérêts matériels en jeux ne font jamais la une, au profit d’une sorte de psychologisation des problèmes. Il est évidemment plus « simple » et plus convainquant de transformer les conflits internationaux en quasi-querelle de voisinage entre individus (Trump/Poutine, par exemple), susceptibles de se résorber s’il y a changement de personnages !!

Un fait n’est jamais « pur ». Il est toujours « traité » par l’informateur qui fabrique l’impression qu’en a « l’informé ». Le ton du commentateur, les mots qu’il utilise, éventuellement la musique de fond qui accompagne l’image, la proximité d’autres informations qui la contaminent, travestissent au gré des médias la réalité brute difficilement accessible. Une « bonne » rédaction est par fonction manipulatrice : les adjectifs qualificatifs sont utilisés avec opportunité (pour un dirigeant honni qu’on ne négligera pas d’appeler « dictateur »), l’ironie bienvenue (particulièrement pour les petits États du Sud dont certains aspects peuvent apparaître folkloriques), la prudence austère qui s’impose (s’il s’agit du Vatican ou d’Israël). Le style doit aller jusqu’à l’indignation (pour les violations des droits de l’homme dans un pays non occidental ou pour les guerres destructrices lorsqu’elles ne sont pas « justes », par exemple celles de la Russie (et non d’une coalition pro-occidentale comme au Yémen) dont on doit admettre les « dommages collatéraux »….

Il faut parvenir à bien dissocier comme étant de nature totalement différente les « dictatures » des « démocraties », les guerres « justes » et les autres, les interventions « humanitaires » et le recours à la force armée, les élections chez les alliés et celles (toujours contestables) des autres… Il convient d’être « simple », d’éviter la notion de contradiction, de se refuser à la complexité du réel, obstacles à une compréhension « saine » des relations internationales favorable au maintien d’un ordre établi, moindre mal grâce à un Occident travaillant sans cesse au progrès de l’Humanité !

Pour les médias dominants, un lanceur de pavé contre les forces de l’ordre à Paris, ou contre la police de Mme Park (aujourd’hui en prison) à Séoul (5) est un voyou, c’est un citoyen lucide et courageux s’il est « gazé » à Alger (6) ou à Caracas ! Un manifestant tué ou blessé à Paris n’est qu’une « bavure » fruit d’un comportement individuel dans le cadre du maintien de « l’ordre républicain », dans les pays peu appréciés comme le Venezuela c’est le résultat de la nature répressive des pouvoirs !

Ces pratiques font que les médias dominants sont nécessairement atteints d’un discrédit croissant (10% des Français leur font encore confiance), qu’il s’agisse de la Pravda de la fin de l’URSS ou de BFMTV sous la présidence Macron. Ils ont le « devoir » cependant de surmonter, par toute une gamme de diversions, leur absence de principe, l’incohérence de leurs jugements de valeur et l’affaiblissement de la culture démocratique de nombreux journalistes, souvent sélectionnés pour leur adéquation aux « normes » admises et leur servilité opportuniste (7) !

Quelques illustrations

Dans l’ordre intérieur, c’est le social qui fait l’objet de toutes les censures et autocensures : les revendications nécessairement budgétisables contredisent en effet la logique d’un capitalisme sans scrupule qui ne cède rien lorsqu’il s’agit d’argent !

Dans l’ordre international, de même, est neutralisé tout ce qui concerne les transactions financières, « l’optimisation » fiscale, les phénomènes de concentration, la concurrence jamais libre et toujours faussée ! Il convient de faire croire à une société internationale « équilibrée », grâce au « libre jeu des lois du marché », c’est-à-dire ce qu’il y a de mieux pour assurer la croissance et le progrès. Le cœur du système est donc soigneusement protégé par les médias dominants.

L’ordre de l’Union Européenne fait ainsi l’objet de toutes les « précautions » médiatiques : quels que soient les reproches que certains lui font, l’Union Européenne, la Commission et la BCE bénéficient d’une grande complaisance médiatique : on l’a constaté lorsque l’État grec s’est opposé à elle ainsi qu’à l’occasion du Brexit et des contestations italiennes. En France, l’épisode du « Non » au Référendum de 2005, malgré le soutien total et quasi-unanime des médias au « Oui », puis la manipulation parlementaire, ont été présentées de manière caricaturale.

Le traitement des paradis fiscaux et de l’évasion fiscale est d’une très grande complaisance : il n’y a de critiques médiatiques qu’à l’encontre de quelques « brebis galeuses à col blanc », mais jamais le procès n’est fait au système de fraude « légale » tolérée par les États. Les affaires « Paradise papers » ou « Panama papers » ont été dépolitisées au maximum et les propositions de mesures contraignantes n’ont pas été soutenues.

Les journalistes soumis aux classes décadentes et corrompues ont, comme elles, peur de la vérité, comme disait Jaurès dès 1904 ! Ils appartiennent à cet « extrême centre », au cœur de l’idéologie rampante du système médiatique, option qui permet successivement tous les ralliements (aussi bien à Sarkozy, à Hollande et à Macron, ce dernier omniprésent sous toutes ses facettes sur toutes les chaînes, expression d’un « Nouveau » monde parfaitement analogue à l’ancien. En se parant des atours de la « modération » à propos des questions financières les plus « délicates », les médias dominants sauvegardent le libéralisme financier et sa place hors toute controverse politique !

Pour ces « honnêtes » observateurs que sont les journalistes des grands médias, le monde se divise sans nuance entre deux types d’État, deux types de système socio-économique, dirigés par deux types de dirigeants : les « Bons » (les États-Unis, même avec Trump, le capitalisme et les responsables allemands, britanniques, ….) et les « mauvais » (la Russie, la Chine, l’Iran, ainsi que Poutine, les dirigeant du P.C. Chinois, etc.). Les médias ne font pas dans la nuance : ces derniers ne réussissent jamais rien, sont en crise permanente et « nous » menacent dangereusement ! Bref, tout irait bien dans le monde s’ils n’existaient pas.

Le délire atteint parfois des sommets : pour les seules dernières décennies, on peut collecter les absurdités accumulées contre la Corée du Nord ou la Libye !

Les médias occidentaux n’ont cessé, par exemple, d’annoncer la mort du régime de Pyong Yang et de brandir la menace qu’il représentait pour la paix du monde, incarnée par le sempiternel défilé militaire, présenté sur tous les écrans, visiblement la seule activité des Nord-Coréens fanatisés. A ce spectacle édifiant, se sont ajoutés jusqu’au revirement de Trump, les commentaires télévisés et radio des « experts » les plus analphabètes sur les horreurs sans pareil du régime nord-coréen.

L’évolution des États-Unis sur le sujet a pris à contre-pied la mal-information européenne qui a donc, avec regret, changé de ton et … « d’experts », sans pour autant rappeler les dégâts économiques, politiques et humains de 70 ans d’embargo !

M. Kadhafi, assimilé à un fou dangereux, et la Jamahiriya libyenne n’ont pas été mieux traités jusqu’à la guerre de Sarkozy et B-H. Lévy détruisant tout le pays vivant toujours dans le chaos huit ans après ! Les médias préfèrent aujourd’hui le silence quasi-total sans le moindre repentir.

A l’inverse, le moindre tressaillement positif en Arabie Saoudite, comme l’autorisation de conduire pour les femmes, est salué comme un bond en avant démocratique ! Dollars et pétrole obligent !

Sur l’Afrique (notamment francophone), où se multiplient les élections présidentielles truquées, les médias occidentaux dominants font preuve de discrétion : l’indignation pour les fraudes électorales est orientée dans d’autres directions ! C’est que les médias doivent être prudents avec les Bolloré, et certains grands groupes comme Total qui ont de gros intérêts en ces terres difficiles et sont donc complaisant avec les pouvoirs locaux les plus corrompus (8).

Lorsque les troupes de l’OTAN ont détruit tout le Moyen Orient et continuent de le faire avec l’Arabie Saoudite au Yémen, il est « expliqué » que ces guerres sont menées dans le respect du droit humanitaire, ce qui n’est pas le cas des Russes en Syrie, par exemple, « allié inconditionnel » du bourreau de Damas ! Les journalistes n’ont pas à s’interroger sur le coût des « guerres justes » mais seulement sur celui des interventions russes ou iraniennes, dont la malfaisance est une évidence !

La nouvelle dictature brésilienne n’inquiète pas les journalistes spécialistes d’Amérique du Sud. Par contre, le Venezuela chaviste mérite toutes les accusations, bien que le régime bolivarien ait sorti, avant de connaître la crise actuelle largement due aux politiques étasuniennes, des milliers de Vénézueliens de la misère !

Il est clair, pour les médias dominants, qu’aucune expérience d’orientation socialiste ne doit bénéficier du moindre crédit parce qu’il va de soi qu’aucune ne « doit » réussir !

Depuis Allende jusqu’à Maduro, via le régime cubain, il a été médiatiquement proclamé que l’échec était programmé ! C’est autant de coups frappant la gauche occidentale lorsqu’elle est solidaire.

Enfin, lorsque la question est trop délicate pour être jugée sans prudence (c’est le cas par exemple du problème des migrants ou du conflit entre le Pakistan (allié des États-Unis) et l’Inde (contre-feu à la Chine), les grands médias font leur marché dans le cheptel des intellectuels occidentalo-centristes et acquis à la « culture Wall Street », même s’ils n’ont pas grand chose à dire : le bavardage branché et modéré des heureux experts élus fait gagner du temps aux journalistes à qui il est recommandé de conserver une posture « neutre » et modérée.

Plus généralement, les grandes lignes stratégiques des médias dominants satisfont les préoccupations des pouvoirs publics et privé eux aussi dominants en Occident.

Ayant besoin d’ennemis, le système médiatique cultive un esprit « guerre froide » et un monde unipolaire dont le centre est l’Occident, contre toute avancée d’une multipolarité pourtant favorable aux échanges et au maintien d’une paix équitable.

L’OTAN (à la différence des Nations Unies) n’est jamais mise en cause, malgré le premier rôle qu’y jouent les seuls États-Unis et son unilatéralisme agressif (800 bases militaires à travers le monde). Elle est au contraire médiatiquement soutenue, comme on l’a vu pour la crise ukrainienne, la réintégration de la Crimée à la Russie ainsi que pour l’agressivité polonaise ou balte vis-à-vis du Kremlin.

Quant aux droits de l’homme et à l’humanitaire, ils sont traités de manière très différenciée selon les cas.

Ils occupent parfois l’essentiel au point de subordonner tout autre problème ; ils passent aux oubliettes lorsque les pouvoirs qui les violent sont associés à l’Occident, comme c’est le cas pour la Turquie d’Erdogan, pivot de l’Alliance Atlantique, y compris lorsqu’elle massacre le peuple kurde. Il en est de même pour les droits des migrants dont on oublie qu’il s’agit d’humains, relégués derrière un sécuritarisme envahissant.

Ces orientations générales n’excluent pas des expressions ponctuelles de positions critiques faisant croire qu’il n’y a pas monolithisme, illusion ayant le « mérite » de renforcer la crédibilité d’un pensée conforme mais renouvelée, si on la compare, par exemple, à l’époque gaulliste des débuts de la V° République française. La pseudo « élite » qui exerce son hégémonie par la voie médiatique a, il faut le reconnaître, la capacité d’innover et d’offrir à l’opinion des variations qui lui permettent de durer (9).

Ainsi, au jour le jour, se développe en continu une mal-information qui formate, en usant du détour de l’international, les citoyens afin qu’ils adoptent une position « politiquement correcte » dans l’ordre interne. C’est le seul but du temps et de la place limités accordés aux relations internationales. Cette propagande intensive est à la « société dite démocratique, comme le dit Noam Chomsky, ce que la matraque est à l’État totalitaire « ! Si la matraque est douloureuse, la pratique des médias occidentaux a la « vertu » de fabriquer à la chaîne des imbéciles ignares qu’il est difficile de guérir.

En paraphrasant G. Bachelard affirmant qu’ « il n’est de science, que critique », on peut conclure « qu’il n’est d’information authentique, que critique », c’est-à-dire en rupture avec l’État et l’argent.

Mais comment y parvenir ?

Dans le cadre du système, il est évident que le réalisme interdit toute solution.

Mais « le réalisme, réplique Bernanos, est le bon sens des salauds ».

On en est là !

 

Notes :

1. On peut rappeler comment les « boatpeoples » vietnamiens et anticommunistes étaient « applaudis », à la différence des réfugiés chiliens par exemple, expulsés par Pinochet, accueillis par les communistes et les progressistes européens.

2. A. Accardo. Pour une socio-analyse du journalisme. Agone. 2017.

3. Cf. A. Lancelin. La pensée en otage. S’armer intellectuellement contre les médias dominants. Les liens qui libèrent. 2018.

4. Cette catégorie très privilégiée et très restreinte, acquise au système, est à distinguer de la masse des journalistes plus ou moins précaires qui ne peuvent pas exercer réellement leur métier (la moitié des journalistes français sont des smicards totalement dépendants de leur employeur).

5. Le mouvement populaire en Corée du Sud qui, de manière massive et pacifique, a réussi à imposer la démission de Mme Park, en 2017, a été pratiquement passé sous silence en Europe. L’ « exemple » était « dangereux » !

6. Comme il est de tradition pour les gouvernements et les médias français, la position vis-à-vis des événements en Algérie est celle des « 2 fers au feu » : on se garantit pour la suite quelle qu’elle soit en se gardant d’opter clairement pour une force ou une autre (voir la « prudence » lors de la guerre civile entre les Islamistes et l’armée dans les années 1990 ou lors des élections présidentielles d’avril 2019).

7. Lorsque les journalistes les plus « éminents » (les seuls responsables du discours dominant) sont mis en cause pour leur suivisme, leur courtisanerie et leur agressivité (y compris dans le Service Public) contre les opposants, ils ont tendance à faire bloc, profitant du silence obligé de leurs confrères plus précaires. Ils dénoncent alors le « complotisme » et le « populisme », sans en donner la moindre définition. Ce corporatisme est préfabriqué dans les écoles de journalisme où l’on enseigne surtout un certain « savoir-faire » sans exiger la culture critique nécessaire.

8. Les critiques sont beaucoup plus fermes lorsqu’il s’agit de certains pays plus distants de l’Europe, comme par exemple, le Soudan ou l’Algérie, par exemple. Il y a donc un regard très différent sur les pratiques intérieures identiques des États selon leur orientation extérieure. Voir R. Charvin. « Nouvelle « guerre froide » ou nouveau type de belligérance ? » in Relations Internationales (Paris), n° 108. Janvier-mars 2017.

9. Heureusement, « l’Histoire est un cimetière d’élites », comme l’écrit Thomas Bo Homore (Élites and Society. Londres. Watts. 1964).

Source : Robert Charvin, 11-03-2019

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Commentaire recommandé

Frexit // 05.09.2019 à 08h03

Une seule solution : ne plus regarder les “grand-messes” du 20H de la télévision publique et privée (TF1, France 2, France 3 etc.). Ne plus lire les journaux aux mains d’une poignée de milliardaires (Le Monde, le Figaro, etc.); ne plus écouter les chaînes d’infos en continu (France info, etc.). Il faut en avoir la volonté et le courage.
Il existe sur internet de nombreux sites d’information (dont “les crises” est un exemple) qui offrent une alternative, qui se disent “indépendants”. A prendre évidemment avec précaution. Mais, avant tout il faut être ACTEUR de sa compréhension du monde. Il faut savoir choisir ses sujets, les suivre dans la durée, les creuser, ne pas se disperser.
Ca demande du temps et ce n’est pas toujours facile.
C’est contraire à l’esprit de notre société où règne la dictature de l’instantanéité.
Et dans les conversations courantes, même chez nos soi-disant “élites”, on ne peut que constater le vide de la pensée

59 réactions et commentaires

  • Catalina // 05.09.2019 à 07h50

    très bon article à mon sens qui devrait être lu par chaque Français ou autre personne occidentale.
    Ensuite, les médias appartiennent à la même kaste qui posséde les multinationales, ce ne sont plus des médias d’information mais des faiseurs d’opinion, en un mot, la manipulation.
    C’est bien pour ça qu’ils les achètent.
    Le comble, ces “médias” appartenant aux ultras-riches bénéficient de subventions tirées de la poche de ceux qu’ils manipulent.
    On n’en est là, on paie pour se faire manipuler.
    A quand un médiaberg ?

      +41

    Alerter
    • Logique // 05.09.2019 à 11h15

      Exemple de minute anti-russe (ou dois-je dire de racisme anti-russe?) hier sur franceinter, un jour dans le monde, 27′ 26″.

      Verbatim:

      “L’histoire de Simba racontée par le Moscow Times, c’est l’histoire du racisme en Russie. Et de l’impasse de beaucoup d’immigrés là-bas. Simba, il vient du Zimbabwe et il est arrivé à Moscou il y a quatre ans, aujourd’hui il a réussi à faire danser des jeunes russes sur sa musique. Eh oui, vous l’entendez derrière moi, il est DJ et c’est grâce au soutien d’associations de réfugiés, car le rêve d’eldorado s’est heurté à une réalité bien plus dure. Vous comprenez, dit-il au Moscow Times, je ne peux pas me fondre dans la masse, je me démarque, si je suis simplement en train de marcher comme ça, ils vont direct se dire: eh, t’as vu ce mec noir là-bas et immédiatement ce qu’il leur vient à l’esprit c’est: je vais vérifier ses papiers pour voir s’il est en règle, alors c’est un peu dur, dit-il. Le racisme est une DURE réalité en Russie exacerbé par le nationalisme prôné au Kremlin par le président Poutine, mais Moscou ne ferme pas ses portes pour autant, en fait il est plus facile d’acheter un visa pour la Russie que d’en obtenir un pour l’Europe, alors beaucoup d’Africains pensent que la Russie ça ressemble à l’Europe, et qu’ils vont pouvoir s’intégrer. Ensuite ils sont pris au piège, la situation se dégrade sur place et dans leur pays d’origine, ils ne peuvent plus rentrer, mais ils ne décrochent pas non plus le statut de réfugié en Russie.”

      Source:

      https://www.franceinter.fr/emissions/un-jour-dans-le-monde/un-jour-dans-le-monde-04-septembre-2019

      Ce morceau d’anthologie devrait être proposé dans toutes les écoles et à tous les journalistes.

        +12

      Alerter
  • Frexit // 05.09.2019 à 08h03

    Une seule solution : ne plus regarder les “grand-messes” du 20H de la télévision publique et privée (TF1, France 2, France 3 etc.). Ne plus lire les journaux aux mains d’une poignée de milliardaires (Le Monde, le Figaro, etc.); ne plus écouter les chaînes d’infos en continu (France info, etc.). Il faut en avoir la volonté et le courage.
    Il existe sur internet de nombreux sites d’information (dont “les crises” est un exemple) qui offrent une alternative, qui se disent “indépendants”. A prendre évidemment avec précaution. Mais, avant tout il faut être ACTEUR de sa compréhension du monde. Il faut savoir choisir ses sujets, les suivre dans la durée, les creuser, ne pas se disperser.
    Ca demande du temps et ce n’est pas toujours facile.
    C’est contraire à l’esprit de notre société où règne la dictature de l’instantanéité.
    Et dans les conversations courantes, même chez nos soi-disant “élites”, on ne peut que constater le vide de la pensée

      +78

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    • Catalina // 05.09.2019 à 08h15

      ça fait plus de 35 ans que je ne regarde pas ces faisieurs d’opinion, et franchement, vu qu’ils ne servent pas l’information, ils ne m’ont JAMAIS manqué, bien au contraire. Même avant internet, j’avais interdit les “informations ” chez moi je voulais préserver mes enfants de tout cet enfumage.
      Et voyez-vous, j’en savais autant que mes cherscompatriotes !
      ;O)

        +22

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    • Véronique // 05.09.2019 à 08h43

      Je fais le contraire. Je regarde ces médias (en général plutôt les chaînes d’info en continu), de façon à prendre la mesure de la propagande. Il n’y a que de cette façon qu’on peut se rendre compte jusqu’où ça va, et qu’on peut apprendre leurs méthodes.

        +32

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      • RGT // 05.09.2019 à 09h55

        À mon humble avis, je pense que Catalina a pris la bonne position.

        De toutes façons vous ne manquerez pas d’être informée des dernières “informations véridiques adoubées par le “Ministère de la Vérité”) simplement quand vous serez pris à parti par 99,9% des moutons qui vous entourent.
        Particulièrement les membres de votre famille que vous n’avez pas choisi et qui souvent (si vous arrivez à échapper au carcan qui vous est imposé de part votre “naissance”) sont strictement à l’opposé de vos convictions intimes.

        Pourquoi perdre un temps précieux qui pourrait être utilisé pour des occupations bien plus enrichissantes?

        Lors du “référendum” de 2005 je n’ai même pas cherché à entendre les les invectives fleuries qui ont dû être prononcées sur tous les médias nationaux.
        Et pour rester en accord avec mes convictions je ne me suis même pas “bougé le cul” pour accomplir mon “devoir civique” car je savais pertinemment que les chaînes seraient imposées quel que soit le résultat de cette consultation.

        Bien sûr, ça n’a pas manqué et tous ceux qui prenaient des postures “outragées” quand j’annonçais l’arnaque à venir n’ont pu que reconnaître la justesse de mes prédictions.
        Certains on même tenté d’esquiver la question en prétendant que Narközy avait inscrit cette “action divine” dans son “programme” et qu’il s’était contenté d’appliquer les “désirs des français”.

        Où il y a de la gêne , il n’y a pas de plaisir…

        De toutes façons, son “opposante” aurait strictement pris la même décision si elle était parvenue à se faire élire.
        Le choix était simple : hémorroïdes ou hémorroïdes.
        Pour parvenir à échapper à ce “divin destin” il aurait simplement suffi de ne plus voter avec ses pieds, ce qui me semble bien sûr impossible pour la majorité de la population embrigadée dans les “valeurs” de la ripoux-blique.

          +11

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        • Véronique // 05.09.2019 à 16h08

          Mais je ne regarde pas ces médias au lieu d’autre chose. C’est en plus du reste, ça permet de connaître les arguments, de prendre la température, de voir venir les choses, de mieux connaitre aussi les protagonistes, de savoir aussi de quoi ils ne parlent pas.
          J’ai vu par exemple des GJ sur les plateaux tv bien en peine face aux agressions (je ne peux pas dire autrement) de certains “journalistes”. Avec une expérience d’écoute critique ils auraient été meilleurs.

            +10

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    • tchoo // 05.09.2019 à 10h30

      Cela fait des années que je regarde plus aucun journaux télévisé, que je N’en écouté plus aucun à la radio et que je ne lis plus les journaux l’après.
      Et bien vous savez quoi, je me trouve très souvent plus informé que la plupart de mes collègues.
      Les sources d’informations sont tellement nombreuses et diversifiées que la presse mainstream ne sert plus à grand chose

        +15

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    • Fritz // 05.09.2019 à 10h34

      Je fais comme vous, @Frexit et @tchoo. Je n’ai jamais eu de télé, au grand dam du fisc qui cherche désespérément à me faire payer la redevance, je ne lis plus les journaux, sauf L’Équipe pendant le Tour de France (et encore, c’est deux fois plus cher qu’il y a douze ans, et il y a moins de contenu, car ils sont passés au format tabloïd) ; quant à mon poste de radio, il est tombé en panne il y a un an et demi, et bizarrement, je n’ai pas éprouvé le besoin d’en acheter un autre.

        +15

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    • Kokoba // 05.09.2019 à 10h56

      Cela ne changera strictement rien.

      Les médias sont financés par l’argent public et l’argent des milliardaires qui peuvent se permettre de dépenser des milliards pour leur propagande.

      Et en arretant de les regarder, vous n’arreterez aucune propagande puisque vous ne convaincrez que ceux qui sont déjà convaincus.

      La seule possibilité est de prendre le pouvoir pour passer les réformes qui feront la différence :
      – plus de financement public (sauf la radio/télévision publique évidemment)
      – plus d’avantages fiscaux/sociaux aux journalistes
      – interdiction aux industriels/grands patrons de posséder aussi un groupe de média
      – éclatement des grands groupes en petites entités
      etc…

      Mais pour prendre le pouvoir en ayant contre vous tous les médias, bonne chance…

        +11

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    • jp // 05.09.2019 à 13h25

      je vis par choix sans radio ni télé et ça ne me manque pas.
      Le plus difficile, ce sont les remarques des proches qui me trouve “étrange”.
      Je me bats, au risque de ma fâcher, avec mes voisines dont j’aide un peu les gosses scolarisés quand je dis “pas de télé” le soir en semaine sinon cette aide ne sert pas. L’horreur, c’est la télé allumée toute la journée chez certaines personnes avec les bébés qui regardent.
      J’ai l’impression que les gens (et pas que les vieux) sont addicts à la télé, les enfants et leur parents.

        +12

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    • Vladimir K // 05.09.2019 à 14h58

      La solution vient plutôt de la base, à savoir de l’éducation : l’école doit continuer à enseigner l’esprit critique comme elle le faisait auparavant. Comme vous le dites, même les alternatives doivent être prises avec précaution (égalité et réconciliation par exemple est un média alternatif indépendant, ce qui ne l’empêche pas d’envoyer un certain nombre de conneries et quelques infos cohérentes)

      Donc vraiment, ce qui sauvera le public, c’est l’esprit critique et l’esprit d’analyse, y compris sur des sujets qu’il ne peut pas maîtriser lui-même.

        +6

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    • medmed // 06.09.2019 à 04h33

      Et c’est exactement ce que je fais depuis plusieurs années. Fini, les TF1, France 2 et compagnie. Je m’informe exclusivement via le net.. Je choisi mes médias, Je ne suis plus prisonnier d’une propagande permanente qui est a mes yeux encore plus redoutable et efficace que toutes les censures des dictatures.
      Le mensonges et la désinformation sont partout. La critique de ce qu’on voit et lit doit être permanent pour se frayer un chemin vers la vérité.

        +2

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    • Tardieu // 07.09.2019 à 07h49

      ” Ne plus lire…”
      Ne plus lire non plus les médias dits alternatifs (modéré) qui tiennent en permanence un discours démagogique où leur double langage illustre sans ambigüité leur adhésion à l’idéologie de la classe dominante…

      Ne serait-ce pas plutôt la corruption des classes moyennes et du mouvement ouvrier qui s’accommodent du régime en place, et qui ont les moyens de s’informer correctement, qui poserait problème ?

      A quoi cela sert-il de dénoncer les médias institutionnels, l’oligarchie, le capitalisme, ses institutions, les dérives totalitaires du régime, si on ne décide pas de rompre avec eux, si on ne s’engage pas à les combattre jusqu’à l’instauration d’une République sociale ?

      Si c’est juste pour se donner bonne conscience ou pour récupérer du fric en brassant du vent à longueur de temps, à part pour leurs auteurs et ceux qui s’y retrouvent parce qu’ils se ressemblent, dites-moi, cela sert à quoi au juste, cela va changer quoi ? Rien !

        +1

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  • Serge WASTERLAIN // 05.09.2019 à 08h04

    Michel Collon est un des rares journalistes à avoir une écoute critique des medias et à dénoncer ”les medias mensonges”. Car on n’en est plus à “la mal information”, mais nous sommes carrément confrontés aux mensonges et à la propagande !
    Voici ces conseils pour ne pas se faire endoctriner, si tant que cela soit possible :
    https://www.youtube.com/watch?time_continue=5&v=xM_zJuCQGjc

      +18

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  • Geoffrey // 05.09.2019 à 08h08

    j’ai eu peur au début, signe de gauchisme dans les premiers paragraphes..

    mais l’auteur s’est très bien repris : brillante analyse !

    bien sûr, les médias dominants passent les plats pour “qui-vous-savez”, ce qui nous indique que la Vérité est qqch d’utile à la domination, qu’en nous la soustrayant, “ils” gardent le contrôle…

    que leur effort pour nous manipuler a une raison d’être, en l’occurrence le contrôle du vote (en Afrique, moins : l’AK47 fait tout le boulot).

    Non pas que si on votait MONSIEUR ALLENDE 2.0, ils se refuseraient à engager un pipi-nochet pour faire le sale boulot, mais c’est bcp plus coûteux (imaginez le coût de maintien d’une police fasciste dans CHAQUE pays européen…des millions d’euros !!!).

    Le contrôle des esprits est le premier outil de domination : qqn qui ne connait pas son ennemi – ni son nom ni son visage, a peu de chance d’en faire sa cible ; il est par ailleurs enclin à frapper un bouc émissaire controuvé par leurs soins (d’une pierre deux coups).

    Geof’, communiste

      +11

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    • RGT // 05.09.2019 à 10h19

      “imaginez le coût de maintien d’une police fasciste”

      Ne vous en faites pas, le budget est déjà approuvé et appliqué depuis de nombreuses années.

      Et si l’on se contente de regarder les objectifs réels des chiens de garde légalement armés on s’aperçoit que la “sauvegarde des institutions” est leur seule et unique mission.

      Donc, par transitivité la sauvegarde des fesses des “grands serviteurs de l’état” des hordes de gueux malodorants qui dans leur bêtise infinie remettent en cause les décisions incontournables et justes des “élites de la nation”.

      Et pour en ajouter une couche, ces “défenseurs de la paix publique” sont si embrigadés et manipulables qu’ils peuvent être corvéables à merci et travailler gratuitement (les heures supplémentaires n’étant jamais payées) en remerciant l’état divin qui leur permet d’avoir la “satisfaction du devoir accompli” après avoir passé leur temps libre en étant réquisitionnés pour aller molester les “hordes de hooligans en gilets jaunes” qui viennent “saper les fondements de la nation” (comme Benalla).

      Et quand ils prennent conscience que la vocation qui les a poussé à entrer dans cette “noble fonction” a été détournée et qu’ils ont été victimes d’une escroquerie la seule issue qu’ils trouvent pour résoudre ces contradictions morales insurmontables consiste à se tirer une balle dans la tête avec leur arme de service.

      Les “Brigades de la Mort armées jusqu’aux dents qui circulent 4 par 4” dans notre nation existent bel et bien.

      Et l’essentiel de leur mission n’est PAS de protéger la population des criminels, sinon ça se saurait.
      Les rues seraient jonchées de cadavres d’énarques truffés de plombs.

        +14

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      • euphorbe // 05.09.2019 à 20h50

        RGT Vous êtes, ou étiez de la maison ?

          +2

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  • Eric83 // 05.09.2019 à 08h39

    “Ce que l’on voit n’est qu’un point de départ, il faut creuser, mettre en relation, mettre au jour les articulations cachées qui donnent sens aux événements disparates et éclatés qui nous submergent.” Bruno Bertez

    J’ai gardé en mémoire cette phrase aussi juste que limpide…qui va totalement contraire à l’objectif de manipulation et de de propagande du système politico-médiatique.

    Je viens de relire le texte de Bruno Bertez datant de juillet 2016 et dont cette phrase est issue. J’invite chacun à le lire tant ce qu’il discernait il y a 3 ans éclate au grand jour.
    https://lesmoutonsenrages.fr/2016/07/05/regard-sur-la-societe-post-brexit-sur-la-pente-du-terrorisme-domestiquepar-bruno-bertez/

      +2

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    • euphorbe // 05.09.2019 à 20h40

      Eric83 j’ai lu votre article sur les moutons enragés. ça reste trop théorique, on ne rentre pas dans le concret, pas d’exemple ,c’est pas avec ça qu’on peut faire bouger les foules endormies.

        +1

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  • basile // 05.09.2019 à 08h51

    un journaliste anglais a récemment raconté sur un plateau télé, n’avoir su que très tardivement (en sortant de GB) que c’était les Soviétiques qui avaient gagné la guerre, et non les Anglo-américains comme on le leur serine en GB.

    Car bien sûr, le camp du bien ne fait jamais de propagande

      +26

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    • biblo // 05.09.2019 à 11h37

      “c’était les Soviétiques qui avaient gagné la guerre”

      bof, c’est une vision trop simpliste (et trop arrangeante pour les anti-américains primaires) car sans les Américains l’Angleterre serais probablement tombé ce qui aurais considérablement changé la donne. Aussi les moyens colossaux mobilisés pour sécuriser la côte atlantique + uboat + v1 etc. etc. aurait pu être alloué au front de l’Est, on peut donc aussi imaginer que sans l’entré en guerre des Américains les Russes n’auraient pas pu gagner leur part de la guerre. ( ne pas oublier non plus la situation géographique extrêmement différente des deux nations, ce qui implique des stratégies elles aussi très différente…)

        +1

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      • euphorbe // 05.09.2019 à 20h08

        biblo je ne peux pas laisser dire ça : http://berrichou.free.fr/nombre_de_morts_en_1945.htm
        non, on ne peut pas commencer un commentaire sur la guerre par “bof”. et d’ailleurs, vous n’y étiez pas.

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        • biblo // 06.09.2019 à 10h14

          Mais bien évidemment, si vous le dites… Par contre admettez quand même que je puisse commencer le commentaire d’un commentaire traitant de la propagande post-guerre par “bof”.

          Pour le reste j’ose croire que j’y étais surement au moins autant que vous .

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      • Arnaca // 06.09.2019 à 06h50

        Celui qui gagne une guerre est celui qui inflige à l’ennemi des pertes telles qu’il ne peut pas poursuivre le combat.
        De mémoire, avec une possible imprécision négligeable vu l’ordre de grandeur:
        Les nazis ont perdu 5,5 millions de soldat dans les conflits de la 2ème guerre mondiale. Pertes infligées par l’URSS : 4 millions, par les alliés, 1,5 millions, dont quelques centaines de milliers par les USA.
        Sans autre commentaire.

          +4

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        • Arnaca // 06.09.2019 à 07h47

          Les actes héroïques des GI’s, la valeur de leurs officiers, la science de leurs tacticiens, la sagesse de leurs dirigeants, font l’objet d’innombrables films et récits généreusement financés par le Pentagone et quasiment imposés par les chaînes de diffusion aux « amis des USA ». Par contre, je défie le quidam euro-atlantique moyen de citer un film de guerre soviétique de plus que « quand passent les cigognes » et encore connu que de quelques vieux intellos.
          Et on parle de propagande russe ? Les Russes sont encore incapables de propager un fait indéniable hors de leurs frontières et se font jeter comme des malpropres hors des cérémonies de commémoration de la victoire des forces alliées.
          Sous peu, et c’est déjà rampant, on les jettera simplement hors de l’histoire de la deuxième guerre mondiale.
          En même temps, craignant que les Russes ne l’envahissent ces prochains jours, les fidèles amis US se proposent généreusement de dépanner l’Europe. À commencer, sans aucune prétention hégémonique bien entendu, par lui fournir du gaz plus cher mais qui sent bon la liberté contrairement au gaz russe, fer de lance de l’occupation nauséabonde.

            +6

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          • biblo // 06.09.2019 à 11h41

            “Les Russes sont encore incapables de propager un fait indéniable hors de leurs frontières”

            Oui je vois ça ! Enfin bon, les russes capables de vaincre l’empire du mal à eux tout seul mais incapable de le faire savoir… on se demande vraiment pourquoi.

            Mais plus sérieusement, la Russie était en état de siège, elle défendait son territoire, nombre de ses plus grandes villes et même sa capitale étaient fortement exposées, ce qui n’était pas du tout le cas des US.
            Une stratégie défensive implique de grosse perte chez l’assaillant (le plus souvent) et d’autre part la “Russie” (probablement parce qu’elle n’avais pas le choix, j’en conviens) a utilisé ces hommes comme de la vulgaire chair à canon, comme de l’ouvrier corvéable à merci (au moins un certain temps).

            Même si tout cela est bien évidement une immense tragédie, vos chiffres sorti de leur contexte ne rime pas à grand chose, navré de vous l’apprendre.

              +0

            Alerter
            • arnaca // 06.09.2019 à 15h40

              Les Soviétiques (car les russes n’étaient pas seuls impliqués) n’ont pas vaincu l’empire du mal à eux seuls, seulement 80%.
              Les faits sont têtus et les chiffres, contexte ou pas les étayent.
              Quand une armée se déclare incapable de poursuivre le combat par épuisement de ses forces armées, que 80% de ses pertes sont dûs à l’action d’une certaine armée et 20% par d’autres, il importe peu de savoir pourquoi et comment cela s’est produit pour pouvoir déclarer que l’armée qui a tué le plus de soldats ennemis peut être considérée comme le principal vainqueur.
              “mes” chiffres riment donc avec supériorité armée.
              Il n’est ici pas question de dommages civils, d’impact économique ou d’idéalisme socio-politique, mais de confrontation armée.
              Quant à la scotomisation de ces faits comme de toute information positive en provenance de Russie , vous vivez dans un monde parallèle si vous ignorez que de plus en plus de gens sont persuadés que les alliés et singulièrement les USA sont les principaux vainqueurs des nazis.
              Et c’est précisément le résultat de la mal-information, sujet de l’article dont on discute.

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              Alerter
  • charles // 05.09.2019 à 09h18

    superbe article.

    Cependant le problème aujourd’hui c’est moins les médias que la grande masse informe appelée à voter alors qu’elle se refuse à toute d’éducation au détriment de son plaisir permanent (pour autant que l’on croit que les élections de ce pays ne sont pas purement et simplement truquées).

      +8

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  • calahan // 05.09.2019 à 10h01

    ancien monde, nouveau monde, c’est vrai que c’est en vogue comme concept à la télé ou à la radio entre les pubs pour des trucs qui servent à rien.J’ai entendu ces expressions dans la bouche d’éditorialiste dont la maitrise des sujets abordés laisse souvent franchement à désirer .

    je me souviens m’être posé la question, mais de quoi parle t’il ?

    Pour ce qui me concerne le nouveau monde c’est C. Colomb qui le découvre en 1492, point barre, un continent vierge de toute culture européenne, c’est quand même autre chose comme trouvaille que cette expression pour qualifier un système politico économique qui se voudrait global et l’unique horizon auquel il faudrait se soumettre :
    ça c’est la dictature.

    La dictature du marché est en marche avec des “VRP” (sans offense aux VRP) comme Macron ou Trump etc….etc….en tête de gondoles.

      +5

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  • Fritz // 05.09.2019 à 10h09

    « L’OTAN (à la différence des Nations Unies) n’est jamais mise en cause », note Robert Charvin.
    C’est exact, et c’est hautement significatif puisque l’OTAN est une organisation de guerre froide. Et c’est d’autant plus surprenant que la France était sortie de cette organisation en 1966.

    Une exception, et encore : aux belles heures de la guerre du Kosovo, des auditeurs appelaient les radios pour s’indigner de la « modération » de l’OTAN qui ne bombardait pas assez de cibles en Serbie. Il faut dire que ces auditeurs avaient été chauffés à blanc par la propagande des médias, laquelle s’alimentait à une source : le porte-parole de l’OTAN, Jamie Shea. Comme quoi, tout se tient.

    Shea avoua lui-même un certain malaise devant le comportement moutonnier des journalistes, « un peu trop dépendants d’une seule source d’information » (Le Monde, 25 mars 2000 : « Kosovo, un an après », p. x).

      +13

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  • Ecureuil // 05.09.2019 à 10h30

    Excellent article qui révèle le véritable visage de cette politique dictatoriale engagée par les “puissants” de ce monde, au détriment de leur peuple ! Ces mêmes puissants, avec l’aide des médias dominants (très bien expliqué dans cet article), veut transformer ce monde en pays à deux castes moyen-nageuse : Les “seigneurs” et les “cerfs” ! A vous, “peuples asservis”, de pousser une nouvelle révolution contre ces monstres assassins, qui ne méritent qu’un enfermement à vie !

      +7

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  • Jean-Pierre Georges-Pichot // 05.09.2019 à 10h39

    Désolé, mais j’ai l’impression que ce long topo enfonce des portes ouvertes. Va-t-il au delà de cette simple formule : les médias contemporains tolérés par le pouvoir ont repris, dans les conditions changées par le progrès technique, le rôle historique de l’Eglise. Car de quoi s’agit-il ? On se fonde sur un dogme : l’idéologie de la prétendue démocratie prétendument représentative et économiquement libérale. On formate un personnel prédicant qui sera seul autorisé de parole publique et qui prêche le dogme. Ce personnel, un tout petit nombre de personnes, pratique quotidiennement le sermon. C’est un clergé, plus homogène sans doute que les ordres religieux d’autrefois. La forme du sermon est inchangée depuis les pères de l’Eglise : partir d’une anecdote exemplaire. La fabriquer au besoin. En déduire une morale. Justifier une mesure prise par le pouvoir et recommander un comportement collectif. Les sujets mis en avant quotidiennement sont toujours rigoureusement les mêmes dans tous les médias. Vous n’avez pas remarqué ? Est-ce que cela ne dit pas assez à quel point l’information est orchestrée ?

      +20

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    • Ecureuil // 05.09.2019 à 10h53

      La plus part des médias sont subventionnés par l’état, c’est à dire, NOUS !

        +7

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  • ien // 05.09.2019 à 10h42

    Très vaste sujet. La destruction de l’Éducation Nationale est sans doute pour beaucoup dans le déficit d’esprit critique de nos concitoyens, livrés sans défense intellectuelle aux “grands médias”. Ayant exercé mon propre esprit critique, dans la mesure de mes capacités, je ne me fais plus infecter par l’information officielle et ses hussards déguisés en presse indépendante, notamment sur le Net. Je me débrouille pour m’informer “ailleurs” et partout. Mais, un peu d’espoir: en 1789, beaucoup pensaient que la monarchie de droit divin était éternelle. La bêtise de ce système et l’avidité de ses exécutants induit sans doute sa perte.

      +10

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  • affreuxjojo // 05.09.2019 à 11h08

    Très bon article, mais cette défense sous jacente du socialisme me gêne: nous sommes dans un état socialiste. Le seul capitalisme qui y prévaut est le capitalisme de connivence. C’est le capitalisme tout court, avec toutes nos PME et PMI, qui crée toute notre richesse.
    D’autre part, l’état et la presse nous mentent depuis toujours.. C’est seulement depuis l’avènement d’internet que ça nous saute aux yeux.

      +5

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    • euphorbe // 05.09.2019 à 12h29

      affreuxjojo internet nous ouvre les yeux : le plan coudenhove-kalergi va achever de vous les ouvrir en très grand.

        +4

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    • Renard // 05.09.2019 à 15h16

      Il n’y a de capitalisme que le capitalisme de connivence, d’ailleurs le mot même de capitalisme implique l’idée de connivence. (Capitalisme signifie gouvernement du Capital donc connivence entre l’Etat et le Capital)
      ou alors j’aimerais un exemple historique contraire mais ne vous fatiguez pas à chercher car cela n’existe pas..

        +5

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  • Matt // 05.09.2019 à 11h25

    Bof. C’est très descriptif (beaucoup d’exemples) mais très peu analytique.

    Il y a un certain nombre de biais.

    Le premier est celui de considérer “la presse” comme un tout homogène. L’auteur présuppose que tous les medias obéissent à une même logique (presse papier nationale / locale, journalistes télé, information web …). Mettre tout dans le même sac, à grand renforts d’exemples soigneusement choisis, aboutit de la part de l’auteur à suspecter que les medias sont animés par une volonté de nuire.

    Le deuxième biais est celui de prendre au sérieux l’image d’Epinal du journaliste professionnel de l’information objective. Où et depuis quand ? On aurait pour le coup aimé avoir des exemples. L’auteur semble idéaliser le journalisme, par conséquent sa critique à un intérêt assez réduit : il décrit une déception personnelle.

    Peut-être faut-il se montrer plus terre-à-terre en prêtant davantage attention aux conditions de production de l’information :
    • qui paie l’information (capital)
    • quelles formations pour les producteurs d’information (capital culturel)
    • d’où proviennent les sources d’informations originales (circuits)
    • …

    La médiocrité de l’information grand public est indéniable. Mais peut-on exiger d’entreprises privées, poursuivant légitimement le profit dans un secteur hyperconcurrentiel, d’assurer une mission démocratique d’information visant l’objectivité et assurant la pluralité ?

      +1

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    • tachyon // 05.09.2019 à 11h45

      “…d’entreprises privées, poursuivant légitimement le profit, …”
      Mes vagues souvenirs d’économie me disent que le profit est ce qui reste quand tout est payé. Et ce profit va aux actionnaires (aux propiétaires), c’est à dire à ceux qui ne travaillent pas mais qui, donc, exploitent….
      Pourquoi cela devrait-il être légitime, devrait-il être tolérer ???

        +7

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    • Matt // 05.09.2019 à 12h13

      @tachyon

      Vos souvenirs d’écolier sont juste mais un peu hors sujet ou alors j’ai mal compris votre remarque.

      Les organes de presse sont des entreprises privées, par définition des entités ayant pour but le profit :
      • objectif qu’elles parviennent difficilement à atteindre, le secteur est en faillite et soutenu à bout de bras par le secteur public (hormis quelques exceptions : Mediapart, Canard Enchaîné)
      • de mon point de vue, cet objectif entre par nature en contradiction avec la “mission” que l’auteur de ce texte semble assigner à la presse (mythe de la presse libre et indépendante éclairant le citoyen dans ses choix politiques)

      Une partie de la solution pour une presse réellement indépendante, serait d’aller au bout du processus en :
      • supprimant la publicité
      • nationalisant le secteur (y compris les écoles de journalisme) et en confiant la direction aux journalistes eux-mêmes sous forme de coopérative

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      • petitjean // 05.09.2019 à 13h16

        médias d’état ou médias privé c’est la même chose
        ils sont les outils du projet mondialiste
        les français, pour ne parler que d’eux, ne lisent pas* , donc la presse privées ne peuvent pas être rentabilisées. Cette presse privée vit avec la pub, les subventions de l’état et……des juteuses niches fiscales ! (ce sont , par exemple, les annonceurs qui ont imposé un changement radical de la ligne éditoriale du Figaro dans les années 80 !!)
        *comparez les tirages de la presse français à ceux de Grande Bretagne ou Allemande (qui n’en reste pas moins des organes de propagande aussi )

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      • Matt // 05.09.2019 à 14h46

        “ils sont les outils du projet mondialiste”

        Croire qu’il y a un “projet” vous entraîne immanquablement vers une explication finaliste. C’est à dire que vous restez dans un propos circulaire qui n’explique rien et se contente d’affirmer une opinion.

        C’est de mon point de vue précisément la plus détestable conséquence de cette information spectacle paresseuse qui dégouline des écrans : l’opinion reine qui fait l’économie de la recherche des causes.

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        • euphorbe // 05.09.2019 à 21h08

          Matt il manque à votre culture les bases essentielles qu’ont été la volonté et les décisions faites par les U.S.A. de fabriquer l’U.E. de toutes pièces pour nous vassaliser dès 1945 ( regardez sur le site de l’ UPR qui gouverne la france et l’europe tout est sourçé et vérifiable ) et encore avant dans les années 1920 :
          le plan coudenhove-kalergi.

            +3

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        • Matt // 05.09.2019 à 23h22

          Y a-t-il un rapport entre “le plan coudenhove-kalergi” et le sujet de l’échange avec le précédent contributeur ? Je n’ai pas bien saisi 🙁

            +0

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  • Macgille // 05.09.2019 à 11h54

    Toujours la bonne vieille recette :
    – Victimisation.
    – Révision de l’histoire.
    – Déshumanisation des “coupables”.
    – Gains par discrimination positive des “victimes” pour réparation de “préjudice” subi.
    – Entrée au panthéon des valeurs “progressistes”.
    – Élévation totémique des dites valeurs.
    – Campagne de rééducation médiatique.

      +4

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  • X-101 // 05.09.2019 à 12h03
    • ellilou // 05.09.2019 à 14h08

      Quel grand artiste 🙂 Il y a quelques jours il a interprété “Wish you were here” à Londres devant le ministère de l’intérieur en soutien à Julian Assange dans le plus strict silence médiatique (à ma connaissance, détrompez moi si nécessaire…mais j’en doute fort) français, anglais, etc…

        +10

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  • cincinnato1961 // 05.09.2019 à 12h13

    L’exemple majeur du fonctionnement des médias dans l’Ouest est le trmp-gate et toute l’ambaradan de la fausse nouvelle mondiale 2016-2019.

      +1

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  • Haricophile // 05.09.2019 à 12h21

    Depuis un moment déjà, on connait le nom de cette stratégie : « L’occupation du temps de cerveau disponible ».

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  • Bonsensiste // 05.09.2019 à 12h34

    J’ai banni l’audio visuelle depuis le début du millénaire, je suis parfaitement au courant de cette dictature qui nous maltraite tous les jours ! ils “fabriquent des extrémistes de tout bords, droite gauche, Féministes , homophobes ethnophobes … bref il faut que les peuples aient des arguments pour se taper dessus, laissant la voie libre aux ordures fricocrates !
    Un exemple actuel Mobilcom au Vietnam ,:
    5 hauts dignitaires , dont deux ex ministres des Telecom sont en prison pour corruption et risquent au minimum perpétuité pour avoir racheté une entreprise en faillite ! Qui en parles en occident , pourquoi pas un traitement identiques à ceux qui ont vendus Alstom à GE e en faillite ?

      +5

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  • Vincent P. // 05.09.2019 à 12h59

    Voici un joli sursaut de conscience chez un sujet Anglais (4min.32) :
    https://www.youtube.com/watch?v=C4D9pLVxrds

    (attention le petit générique est un poil brutal ! )

    Je note que chez nous, même quand un journaliste de la trempe de Taddeï se barre chez RT, tout le monde s’en fout ! ma mère et ma grand-mère -par exemple- ne savent même pas de qui il s’agit : elles préfèrent les redifs d’Hercule Poireau et d’Arabesque…

      +3

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  • petitjean // 05.09.2019 à 13h05

    On ne nait pas ignorant, on le devient !
    depuis l’enfance nous subissons une propagande, un terrorisme intellectuel de tous les instants ! Partout , dans les associations , les médias, les clubs sportifs, dans le monde dit de la “kulture”, dans toutes les structures, c’est le lavage de cerveau permanent !
    Donc, l’immense majorité du peuple n’a aucune conscience politique, aucune culture économique, aucune culture historiques, pour ne rester que dans ces trois domaines
    Et ce peuple ignare, et content de l’être, à l’immense et redoutable pouvoir de décider du destin du pays !!
    C’est effrayant !!………………………………………………..

      +4

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    • Véronique // 05.09.2019 à 16h27

      Je pense surtout que beaucoup de personnes n’ont pas envie de se fatiguer les neurones. Il y a un phénomène assez récent, c’est le culte du loisir. Il faut avoir des loisirs, profiter de la vie, et on ne manque pas de loisirs, depuis 10 à 15 ans il y en a une pléthore : télé, ordi/internet, consoles de jeux, smartphone, mais aussi à l’extérieur, cinéma, divers lieux dédiés aux jeux, parcs d’attraction, restaurants et lieux de consommation variés, parcs aménagés, galeries commerciales, séjours de vacances ou week-ends dans des cabanes, dans des trains etc.
      C’est fatigant et peu distrayant de chercher à comprendre ce qui se passe, c’est triste, pas enthousiasmant, on ne s’éclate pas en découvrant toute la misère de la vie politique, de la vie économique.

        +9

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  • Julien // 05.09.2019 à 13h56

    Oui les médias mainstream sont des propagandistes acharnés. Probléme pour eux, internet existe et cela permet aux gens de recouper les sources et d’y voir plus clair. Encore faut il en avoir la volonté. Dans les années 90 et avant ce n’était pas possible car pas d’Internet, du coup la génération post 68 a pris l’habitude de gober tout cru ce qui est dit à la TV. Télévision qui s’efforce de dire aux jeunes générations qu’aller chercher l’info sur internet c’est dangereux, c’est à coup sur complotiste mais heureusement ils ont le decodex. Formidable outil de propagande neo fasciste. le problème finalement ne réside pas tant dans les médias et leur façon de faire mais plutôt dans l’éveil des populations. Il faut donc absolument et des que possible parler des médias et expliquer aux plus endormis à quel point il se font enfiler lorsqu’on leur dit que Macron est vraiment exceptionnel et va sauver le pays, comme les micros trottoir de partisans LREM qui finalement sont complément absorbés par les mensonges des médias tout en étant persuadé d’être bien informés et de détenir la vérité la vraie !! les exemples j’en ai à la pelle, le pire dans tout ça c’est le manque de culture et de connaissance de la masse biberonnée à la télé-réalité et à la musique de très mauvaise qualité…. il faut oser poser ses parties intimes et dire à ces gens qu’ils faut qu’ils arrêtent d’être C..

      +7

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  • JEAN PHILIPPE REUTER // 05.09.2019 à 17h39

    tres bel article.une contre vérité cependant ecrire qu onfray n est presque plus invité sur les medias dominant releve de la gageure.j ai compté( lors de la sortie d un de ses multiples ouvrages ) 18 passages environ par semaine radios teles.c est vrai qu il est tres utile a l oligarchie.

      +7

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  • Pierre // 05.09.2019 à 17h51

    Je conseille vivement de voir les 2 vidéos de Trouble Fait sur youtube : “l’influence de la publicité sur les média et youtube” très intéressantes et qui explique bien pourquoi les médias non indépendant ne peuvent pas nous informer !

      +4

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  • serge // 05.09.2019 à 18h00

    Il “suffit” de s’intéresser aux sites non MSM (français) qui, malgré leurs faibles moyens, exposent quelques jolies synthèses tant en économie qu’en politique ou science. Et également de jeter un oeil sur les médias étrangers, soit en langue locale (pour ceux qui peuvent), soit en utilisant quelques outils de traduction. Les MSM ne sont pas tous du même bord suivant les pays. En même temps cela nous donne aussi quelques infos de chez nous vu d’ailleurs, ce qui est parfois fortement réjouissant.
    Maintenant, cela prend du temps à rechercher et à croiser, temps dont tout un chacun n’a pas forcément un gros volume. Et un peu de capacité de recul pour y réfléchir. Après, ce n’est pas facile de confronter ces infos avec ses relations qui se cantonnent bien souvent aux médias de base. Et là c’est un peu pleurant de se retrouver dans une faible minorité…

      +5

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  • Henri Tanson // 08.09.2019 à 09h01

    Le problème principal peut se résumer à la question du monopole par l’oligarchie de l’ensemble des médias “mainstream”.
    Que les médias soit partisans, ça a toujours été le cas.
    Mais c’est la première fois que tous les médias appartiennent à des milliardaires… (9).
    Solution : organiser et encourager la diversité et interdire le financement des médias par des financiers.

      +1

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