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22.octobre.201922.10.2019 // Les Crises

Les communications de la CIA ont subi une compromission catastrophique. Tout a commencé en Iran – Par Zach Dorfman et Jenna McLaughlin

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Source : Yahoo! Finance, Zach Dorfman & Jenna McLaughlin, 02-11-2018

Illustration photo Yahoo News ; photos: AP (2), Getty Images (2)

En 2013, des centaines d’officiers de la CIA – dont beaucoup ont travaillé sans relâche des semaines entières – ont bataillé pour endiguer un désastre aux proportions mondiales : un piratage du système de communications secret via Internet utilisé pour communiquer avec les informateurs de la CIA dans les coins obscurs du monde. Des équipes d’experts de la CIA ont fiévreusement travaillé pour mettre à plat et reconfigurer les sites web secrètement utilisés pour ces communications; d’autres équipes ont géré des opérations pour mettre rapidement en sécurité les données et ont supervisé d’autres formes de filtrage.

« Quand ça s’est passé, il n’y a plus eu que ça qui comptait », a dit un ancien fonctionnaire du monde du renseignement. La situation était « catastrophique », a encore révélé un ancien haut responsable du renseignement.

De 2009 à 2013 environ, le monde du renseignement américain a connu des défaillances paralysantes en matière de renseignement liées au système secret de communications par Internet, un service clef de messagerie à distance utilisé par les officiers de la CIA et leurs sources, sur un terrain devenu planétaire. Selon onze anciens officiels du renseignement et de la sécurité nationale, plus d’une vingtaine de sources sont mortes en Chine en 2011 et 2012 des suites d’un problème mondial qui n’avait pas été signalé jusqu’alors, qui s’était originairement produit en Iran puis étendu via la Toile à d’autres pays sans être réparé et ce, en dépit des alertes données.

Le désastre a pris au piège chaque parcelle de la bureaucratie en charge de la sécurité nationale – des diverses agences de renseignement jusqu’aux comités de renseignement du Congrès, en passant par les contractuels indépendants et les gardes-fous internes au gouvernement – forçant une lente et complexe machine gouvernementale à se frotter aux dangers mortels des nouvelles technologies.

Dans un monde où la dépendance aux technologies avancées est sans doute un mal nécessaire pour l’espionnage moderne, particulièrement dans des régions hostiles, où les fonctionnaires américains ne peuvent opérer librement, de tels échecs techniques sont un danger permanent et ne feront que s’accentuer au fil du temps.

« Quand apparaît ce type de compromissions, c’est très mauvais et les perspectives sont sombres », avertit un ancien employé. « Ils se frayent un chemin. Ça ne s’arrête jamais vraiment ».

Un ancien officiel supérieur du renseignement, qui connait directement le dossier, révèle que ses conséquences ont été globales, pour la CIA. « On commence à penser sérieusement aux gens, de la Chine à la Russie, de l’Iran à la Corée du Nord », a dit l’ancien fonctionnaire. La CIA s’est montrée très inquiète pour son réseau « qui se défaisait totalement et dans le monde entier ».

Le reportage de Yahoo New’s sur ces défaillances dans les communications mondiales est basé sur des conversations avec onze anciens fonctionnaires du gouvernement et du renseignement américains, ayant été confrontés directement au sujet et qui ont demandé l’anonymat pour parler de ces opérations sensibles. De nombreux anciens officiels du renseignement ont confié que les dégâts dus au potentiel dysfonctionnement global étaient sérieux – voire catastrophiques – et persisteraient des années durant.

Plus qu’une simple question à propos d’une panne ponctuelle, ce fiasco illustre une dégradation générale dont personne ne s’est jamais vraiment occupé. L’incapacité du gouvernement à traiter la question de la sécurité de ce système de communications, jusqu’à ce que plusieurs sources soient dévoilées en Chine, a été désastreuse. « On est toujours en train de faire face aux répercussions », nous dit un ancien fonctionnaire de la sécurité nationale. « Des dizaines de personnes dans le monde ont été tuées à cause de cela. »

Ce qui est un des plus gros échecs du renseignement de la dernière décennie a débuté en Iran en 2009, quand le gouvernement Obama a annoncé la découverte d’un complexe clandestin d’enrichissement souterrain – un épisode de la course précipitée de l’Iran vers l’armement nucléaire. Furieux face à cette divulgation, les Iraniens se sont mis à chasser les taupes, traquant les espions étrangers, selon un ancien haut responsable du renseignement.

La chasse aux taupes n’a pas été bien difficile, en grande partie parce que le système de communications de la CIA avec ses agents était défaillant. Des ex-employés du renseignement américain ont confié que cette plateforme Internet, d’abord utilisée dans les zones de guerre du Proche-Orient, n’était pas conçue pour résister aux efforts sophistiqués de contre-espionnage d’acteurs étatiques tels que la Chine ou l’Iran. « Il n’était pas du tout destiné à être utilisé sur le long terme pour communiquer avec les sources », nous dit un ancien fonctionnaire. « Le problème est que ce système a bien fonctionné pendant trop longtemps, avec trop de gens. Mais cela restait un système élémentaire ».

« Tout le monde l’utilisait bien au-delà de ce pour quoi il avait été prévu », a déclaré un autre ancien fonctionnaire.

Les risques posés par le système semblent avoir été négligés en partie parce qu’il était facile à utiliser, ont déclaré les anciens responsables du renseignement. Il n’y a pas de moyen infaillible de communiquer – surtout dans la vitesse et dans l’urgence – avec des sources présentes dans des environnements hostiles comme l’Iran ou la Chine, ont noté les anciens responsables. Mais un sentiment de confiance dans le système l’a maintenu en fonction beaucoup plus longtemps qu’il n’était prudent ou souhaitable, ont déclaré d’anciens fonctionnaires. La direction de la science et de la technologie de la CIA, qui est responsable du système de communications sécurisées, dit : « Nos s*** sont imprenables, mais ce n’est manifestement pas le cas », a déclaré un ancien fonctionnaire.

Dès 2010, il semble que l’Iran a commencé à identifier des agents de la CIA. Et en 2011, les autorités iraniennes ont démantelé un réseau d’espionnage de la CIA dans le pays, ont déclaré sept anciens responsables du renseignement américain. (En effet, en mai 2011, les responsables du renseignement iranien ont annoncé publiquement qu’ils avaient démantelé un réseau de 30 espions de la CIA ; les responsables américains ont par la suite confirmé la brèche à ABC News, qui a également évoqué une compromission potentielle du système de communication.)

L’Iran a exécuté certains des informateurs de la CIA et en a emprisonné d’autres, dans un revers essuyé par les services de renseignement que l’un des anciens responsables a qualifié d’« incroyablement dommageable ». La CIA a réussi à exfiltrer certaines de ses sources iraniennes, ont déclaré d’anciens responsables.

La compromission réalisée par les Iraniens a conduit à nettement moins d’exécutions d’agents de la CIA qu’en Chine, selon d’anciens responsables. Pourtant, les événements qui s’y sont produits ont entravé la capacité de la CIA à recueillir des renseignements en Iran dans une période critique, au moment même où Téhéran allait de l’avant avec son programme nucléaire.

Les autorités américaines pensent que les Iraniens ont probablement démantelé le réseau des sources de la CIA de manière analytique – ce qui signifie qu’ils se sont représenté ce que Washington savait des opérations de Téhéran, puis ont identifié les Iraniens qui détenaient ces informations et ont finalement ciblé les sources possibles. Cette traque des sources de la CIA a fini par donner des résultats – parmi lesquels le repérage du système de communications secrètes.

Une émission de la télévision iranienne de 2011 qui vantait la destruction du réseau de la CIA par le gouvernement a déclaré que des agents de renseignement américains avaient créé des sites Web pour de fausses entreprises dans le but de recruter des agents en Iran en leur promettant du travail, des visas et une éducation à l’étranger. Les Iraniens qui pensaient au départ répondre à des opportunités légitimes finissaient par rencontrer des agents de la CIA qui cherchaient, selon l’émission, à les recruter, dans des endroits comme Dubaï ou Istanbul.

Bien que les Iraniens n’aient pas précisément dit comment ils avaient infiltré le réseau, selon deux anciens agents des services de renseignement américains, les Iraniens ont géré un agent double qui les a menés au système de communication secret de la CIA. Ce système en ligne permettait aux agents de la CIA et à leurs sources de communiquer à distance dans des environnements opérationnels difficiles comme la Chine et l’Iran, où les rencontres en personne sont souvent dangereuses.

L’absence d’un contrôle approprié des sources peut avoir conduit la CIA à employer par inadvertance un agent double, a déclaré un ancien haut fonctionnaire – une conséquence du besoin urgent de la CIA à l’époque de développer des agents haut placés dans la République islamique. Après cette trahison, les services de renseignements israéliens ont informé la CIA que l’Iran avait probablement identifié certains de ses agents, a déclaré le même ancien responsable.

Les pertes auraient pu s’arrêter là. Mais les responsables américains pensent que les services de renseignements iraniens ont alors été en mesure de pénétrer le système de communications secrètes. A la CIA, il y a eu « un choc et une crainte » quant à la simplicité de la technique utilisée par les Iraniens pour pénétrer avec succès le système, a déclaré un ancien fonctionnaire.

En fait, les Iraniens ont utilisé Google pour identifier le site Web que la CIA utilisait pour communiquer avec ses agents. Parce que Google parcourt continuellement Internet pour obtenir des informations sur tous les sites Web du monde, il peut fonctionner comme un formidable outil d’enquête – même à des fins de contre-espionnage. Et les fonctions de recherche de Google permettent aux utilisateurs d’utiliser des opérateurs avancés – comme « ET », « OU », et d’autres, beaucoup plus sophistiqués – qui éliminent et isolent les sites Web et les données en ligne avec une extrême précision.

Selon l’ancien fonctionnaire du renseignement, une fois que l’agent double iranien a montré aux services de renseignements iraniens le site Web qu’il utilisait pour communiquer avec ses agents traitants de la CIA, ils ont commencé à chercher sur Internet des sites Web ayant des signifiants ou des composants numériques similaires, et ont fini par trouver d’autres sites Web secrets de la CIA en utilisant la bonne série de termes de recherche avancée. À partir de là, les services de renseignements iraniens ont suivi les personnes qui visitaient ces sites, vu d’où elles venaient et commencé à démêler le réseau plus vaste de la CIA.

Les responsables du renseignement américain étaient bien conscients des formidables capacités de cyber-espionnage de l’Iran. Mais ils ont été sidérés que l’Iran ait réussi à démanteler tout un réseau d’espionnage de la CIA en utilisant une technique qu’un fonctionnaire décrit comme rudimentaire – quelque chose que l’on trouve dans les manuels de base.

Les événements n’ont pas été circonscrits à l’Iran ; ils ont à peu près coïncidé avec une débâcle similaire survenue en Chine en 2011 et 2012, où les autorités ont trouvé et exécuté une trentaine d’agents travaillant pour les États-Unis (le New York Times a signalé pour la première fois la disparition des sources de la CIA en Chine en mai 2017). Certains responsables du renseignement américain croient également que l’ancien agent de la CIA basé à Pékin, Jerry Lee, accusé d’espionnage en faveur du gouvernement chinois en mai 2018, est en partie responsable de la destruction du réseau de sources de la CIA en Chine. Mais la trahison de Lee n’explique pas l’ampleur des dégâts, ni la rapidité avec laquelle les services secrets chinois ont pu identifier et détruire le réseau, ont déclaré d’anciens responsables.

Les responsables américains pensent que les services de renseignement chinois ont obtenu un accès physique au système de communication secret transitoire, ou temporaire, utilisé par la CIA pour correspondre avec de nouvelles sources non vérifiées – et ont percé le pare-feu qui le séparait du système de communication secret principal, compromettant ainsi l’ensemble du réseau d’agents de la CIA dans ce pays, selon ce qu’a rapporté Foreign Policy [prestigieux magazine américain paraissant bi-trimestriellement et consacré aux affaires étrangères et à l’économie NdT] en début d’année.

Il n’est pas certain que la Chine et l’Iran aient coopéré, mais selon les anciens responsables, les systèmes de communication utilisés dans les deux pays étaient similaires. Les deux gouvernements ont peut-être brisé le système de façon indépendante. Cependant, des responsables iraniens, chinois et russes étaient engagés dans des échanges de haut niveau sur les questions cybernétiques à cette époque, a rappelé un ancien haut responsable du renseignement – des interactions qui étaient « rétrospectivement très suspectes ».

La CIA a refusé de commenter. La mission iranienne auprès de l’ONU n’a pas répondu aux demandes de commentaires.

Certains responsables du renseignement américain ont interprété ces interactions comme le signe d’une coordination ouverte renforcée entre ces pays, et même d’une alliance naissante contre les États-Unis et leurs partenaires du Groupe des cinq [alliance des services de renseignement de l’Australie, du Canada, de la Nouvelle-Zélande, du Royaume-Uni et des États-Unis, NdT], a dit cette personne. (Les fonctionnaires américains croient également que les fonctionnaires chinois ont communiqué à leurs homologues russes des informations sur leur pénétration du système secret de la CIA).

« Nos adversaires ont considérablement amélioré leur jeu » dans leurs opérations offensives de piratage informatique, y compris celles visant à pirater les plateformes de communication secrètes des États-Unis, au cours de cette période, a déclaré un autre ancien haut responsable du renseignement. Cela comprenait presque certainement un partage d’informations entre ces pays sur les techniques de communication secrètes des États-Unis, ont déclaré plusieurs anciens responsables – la construction d’un « axe du mal » bien réel.

Il y avait des signes discrets d’une coopération potentielle. À l’époque des purges des informateurs de la CIA en Iran et en Chine, de hauts responsables du contre-espionnage du ministère chinois de la Sécurité d’État ont rendu visite à leurs homologues à Téhéran, selon quatre anciens responsables américains.

Certains responsables pensent que les deux pays se sont engagés dans un échange – peut-être avec l’Iran fournissant à la Chine les informations techniques nécessaires pour identifier les signes d’activité en ligne sur leur système de communication, en échange de matériel militaire, a spéculé un ancien responsable. « C’est la manière de procéder des espions », a dit un autre ancien fonctionnaire.

C’est avec une horreur naissante que les responsables américains se sont rendu compte qu’une fois que les services de renseignement iraniens et chinois avaient réussi à localiser les informateurs de la CIA à l’intérieur de leurs propres frontières, ils étaient presque certainement capables de repérer des signatures numériques similaires dans d’autres pays, ont déclaré d’anciens fonctionnaires.

D’anciens responsables ont déclaré que les retombées des compromissions ont probablement été d’envergure mondiale – mettant potentiellement en danger toutes les sources de la CIA qui ont utilisé une version quelconque de ce système basé sur Internet dans le monde.

« Vous établissez ces réseaux qui sont de toute évidence essentiels pour que nous puissions vraiment comprendre ce que nos adversaires manigancent – c’est un motif de fierté – et lorsque quelque chose d’aussi précieux commence à s’effondrer, la préoccupation est de savoir si nous avons construit un château de cartes », selon un ancien haut fonctionnaire. « Beaucoup de signaux d’alarme se sont déclenchés » dans la période, a-t-il dit, parce que « toutes les méthodes et procédures que nous utilisions ont exposées par ce que les Chinois et les Iraniens avaient découvert. Vous vous rendez compte que vous êtes aveugle. »

Ces multiples défaillances croisées du système de communication ont créé des problèmes systémiques pour l’agence. « Il y a eu une cascade d’effets qui se sont propagés vers l’extérieur » depuis les atteintes initiales, a déclaré un autre ancien agent du renseignement. « Une partie du problème a été d’essayer de déterminer les effets sur les deuxième et troisième cercles ».

Réparer cette brèche a dû être abordé avec une délicatesse extraordinaire car les tentatives de réparation pouvaient exposer les sources. L’Iran ou la Chine auraient pu alors cibler et retourner ces sources de la CIA, ou utiliser les informations les concernant comme monnaie d’échange avec d’autres services de renseignement, ont déclaré d’anciens fonctionnaires. À peu près à la même époque, des agents du renseignement iranien ont également commencé à proposer agressivement à des agents de la CIA de devenir des agents doubles – ce qui signifie qu’ils avaient d’une manière ou d’une autre identifié le personnel de l’agence, peut-être grâce à cette compromission plus large, a déclaré un ancien responsable des renseignements.

La Russie est l’un des pays où l’impact semble avoir été maîtrisé. Les responsables de la CIA qui se concentrent sur la Russie étaient au courant du désastre en Chine et ont rapidement ajusté leurs communications avec les sources, selon certains anciens fonctionnaires. Certains aspects des opérations de la CIA en Russie ont historiquement été isolés du reste de l’agence, ce qui a probablement contribué à minimiser les dégâts. Mais le problème a été si grave au Proche-Orient que la CIA a été forcée de suspendre à plusieurs reprises l’utilisation des systèmes de communication clandestine sur Internet.

Les problèmes ont été exacerbés par le cyber-espionnage iranien de plus en plus agressif. Les Iraniens « étaient très bons sur le plan tactique » a déclaré un ancien fonctionnaire, et ils étaient doués pour « percer les communications de bas niveau sur le terrain, comme entre les forces irakiennes et leurs homologues américains ».

À partir de 2013 environ, les cyber-experts iraniens ont semblé suivre les agents de la CIA à l’extérieur de leurs frontières, comme au Yémen, où l’Iran a fini par pénétrer dans le système de communications secrètes sur Internet, selon un ancien agent. Pendant ce temps, des réunions d’urgence ont dû être programmées à l’agence parce que les Iraniens avaient « piraté des systèmes qui n’avaient rien à voir avec eux », a dit cette personne – c’est-à-dire ceux qui se trouvaient en dehors de l’Iran.

« L’Iran cherchait agressivement à démanteler les systèmes », a déclaré l’ancien responsable. « Ils ne faisaient plus que seulement se protéger. »

*****

Alors que l’Iran faisait des avancées rapides dans le système de communications secrètes de la CIA, à Washington, une plainte interne déposée par un sous-traitant du gouvernement avertissant les autorités de ce qui se passait exactement s’est perdu dans un système d’alertes kafkaïen.

En 2008 – bien avant que les Iraniens ont arrêté des agents – un sous-traitant du ministère de la défense nommé John Reidy, dont le travail consistait à identifier, contacter et gérer les sources humaines pour la CIA en Iran, avait déjà sonné l’alarme à propos d’une « faille massive du renseignement » liée aux « communications » avec les sources. D’après la dénonciation de Reidy, accessible au public mais fortement expurgée, on lui aurait dit en 2010, que le « scénario cauchemardesque » à propos de la plate-forme de communication secrète, sur lequel il avait mis en garde, s’était effectivement produit.

Reidy a refusé de discuter de son cas avec Yahoo News. Mais deux anciens fonctionnaires du gouvernement, directement au fait de sa révélation et de l’enquête sur les compromissions en Chine et en Iran, ont confié à Yahoo News que Reidy avait identifié les faiblesses – et les premières compromissions – qui ont fini par s’abattre sur l’ensemble de la plate-forme de communications secrètes.

L’affaire de Reidy était compliquée. Après qu’il a dénoncé la situation, il a été mis fin à son contrat de sous-traitance avec SAIC, une entreprise de Virginie qui travaille sur les produits et l’assistance de technologies de l’information du gouvernement. Selon la divulgation au public, il a contacté l’inspecteur général de la CIA et les enquêteurs du Congrès au sujet de sa situation comme employé, mais il s’est heurté à de la résistance, en partie parce que la protection des lanceurs d’alerte est compliquée quand il s’agit de contractuels fédéraux, et il est resté employé.

Pendant ce temps, tout au long de 2010 et 2011, la compromission a continué de s’étendre, et Reidy a fourni des détails aux enquêteurs. Mais en novembre 2011, Reidy a été licencié en raison de ce que ses supérieurs ont qualifié de conflit d’intérêts, car Reidy gérait en même temps sa propre entreprise. Reidy a cru qu’il s’agissait en vérité de représailles.

Dans un appel adressé en 2014 à l’inspecteur général de la communauté du renseignement et publié pour la première fois par McClatchy News, Reidy décrit les premiers signes de compromission avec des détails étonnants – bien qu’à l’époque, il n’était pas évident, à cause de ce qui avait été censuré, de savoir de quel problème il parlait. « Au fur et à mesure que nos efforts s’intensifiaient, nous avons commencé à remarquer des anomalies dans nos opérations… des sources, soudainement et sans raison, ont cessé toute communication avec nous », écrit-il.

Il s’était rendu compte que quelque chose n’allait pas du tout avec le réseau des sources humaines de l’agence. « L’infrastructure de communications américaines était assiégée », écrivait-il. M. Reidy a averti que le problème ne se limitait pas à un seul pays – il s’étendait à tous les pays où la CIA opérait. Près de 70 pour cent des opérations de l’époque ont été potentiellement compromises, a-t-il noté. En d’autres termes, toute une catégorie d’agents de la CIA – ceux qui utilisaient une version ou une autre du système en ligne – était en danger. « La CIA est au courant », a-t-il écrit. « La conception et la maintenance du système sont défectueuses ».

La plainte de Reidy n’a pas été véritablement prise en compte pendant de nombreuses années. Mais lorsque l’arrestation à grande échelle de sources en Iran a eu lieu, la CIA a fini par lancer une enquête. Les décès en Chine ont amené les enquêteurs à mettre les bouchées doubles. Des équipes de la CIA, du FBI et du House Permanent Select Committee on Intelligence [commission permanente du Congrès des États-Unis chargée de surveiller les activités des agences de renseignement, NdT] se sont efforcées de comprendre ce qui s’était passé – et ont cherché à enrayer les dégâts.

« Pouvez-vous imaginer à quel point toute cette histoire aurait été différente si la CIA [l’inspecteur général] avait donné suite aux avertissements de Reidy au lieu de s’en prendre à lui ? », a déclaré Kel McClanahan, l’avocat de Reidy. « Pouvez-vous imaginer à quel point toute cette histoire aurait été différente si les comités de surveillance du Congrès avaient fait de la supervision au lieu de croire la CIA sur parole quand elle disait qu’il n’était qu’un fauteur de troubles ? »

Irvin McCullough, analyste de la sécurité nationale au sein du Government Accountability Project, un organisme sans but lucratif qui travaille avec les lanceurs d’alerte, a présenté la question en termes encore plus frappants. « C’est l’une des défaillances les plus catastrophiques du renseignement depuis le 11 septembre », a-t-il dit. « Et la CIA a puni la personne qui a mis le problème en lumière. »

La découverte des réseaux de la CIA a ravivé les débats au sein de la communauté du renseignement américain sur les mérites des communications avec les sources basée sur de la haute technologie plutôt que sur de la basse technologie. Dans certains coins du monde du renseignement, « il y avait une forte croyance selon laquelle la technologie était la solution à tous les problèmes de communication », selon un des anciens fonctionnaires. Les partisans des méthodes plus anciennes – telles que les marques de craie, les communications éclatées, les laissez-passer et les tampons à usage unique – étaient considérés comme « antédiluviens », a déclaré ce fonctionnaire.

L’échec du système de communication a fait l’objet de discussions approfondies lors d’audiences à huis clos tenues par les comités du renseignement de la Chambre et du Sénat, selon plusieurs anciens fonctionnaires. « Certains sénateurs et membres du Congrès sont devenus fous-furieux à ce sujet, et ils avaient raison de l’être », a dit l’un d’eux.

Un porte-parole du Comité sénatorial du renseignement a refusé de commenter. La Commission du Congrès sur le renseignement n’a pas répondu aux demandes de commentaires.

L’une des principales préoccupations de ceux qui connaissent l’ampleur de la défaillance est que les institutions qui en ont la responsabilité n’ont jamais été tenues de répondre de leurs actes. Il n’est pas facile de mener une enquête exhaustive, « mais il y a l’obligation absolue de le faire, car si vous ne le faites pas, tout ce que vous faites, c’est de jouer aux dés avec des vies futures », a déclaré un ancien haut fonctionnaire.

Même plusieurs années après la brèche, le problème de la communauté du renseignement reste de rendre des comptes.

« Si nous laissons continuellement ce genre de choses se produire, et que le Congrès ne fait rien, et que les institutions ne font rien, nous allons au devant des pires problèmes », a dit un autre ancien fonctionnaire.

Les gens diront : « Je suis allé voir l’inspecteur général et cela n’a pas marché ; je suis allé ailleurs et cela n’a pas marché. Les gens croiront que c’est un jeu. Cela mènera à la corruption et à l’espionnage. Quand les gens voient que le système est corrompu, ça affecte tout. »

En fin de compte, a dit l’ancien fonctionnaire, « nos propres institutions représentent notre plus grande menace interne. »

Source : Yahoo! Finance, Zach Dorfman & Jenna McLaughlin, 02-11-2018

Traduit par les lecteurs du site www.les-crises.fr. Traduction librement reproductible en intégralité, en citant la source.

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Commentaire recommandé

RGT // 22.10.2019 à 08h23

Les USA s’insurgent contre le fait que leurs barbouzes aient été identifiées et neutralisées par les pays qu’ils espionnaient mais trouvent tout à fait normal d’aller chercher les barbouzes des autres pays “jusque dans les chiottes”…

Et quand on se contente de constater les effets des “bienfaits” des suites de l’infiltration de ces barbouzes de la CIA dans les pays “déplaisants” (se terminant par des “révolutions de couleur” puis par la “libération” de ces pays par l’armée US) alors que les barbouzes des pays cibles se contentent seulement de récolter des infos pour éviter ces “menus problèmes” se traduisant par quelques centaines de milliers de morts dans la population civile.

De plus, la CIA se permet même de monter de faux dossiers à l’encontre des “ennemis de l’Amérique” afin de les discréditer et faire passer ces pays pour d’ignobles contrées peuplées de barbares ne songeant qu’à “égorger la Démocratie”.

Au fait, combien de barbouzes de la CIA infiltrés chez les “alliés de l’Amérique” pour espionner les dirigeants et éventuellement “accidenter de la vie” les gêneurs potentiels qui pourraient s’opposer aux “actions bienveillantes” de l’oncle Sam ?

Vous me répondrez que la France fait pareil… Mais bon, les barbouzes françaises, hormis dans les films dont les dialogues ont été écrits par Michel Audiard, sont plutôt des branquignols qui se font prendre le doigt dans le pot de confiture quand ils ne se contentent pas de faire du tourisme dans les pays visés.

20 réactions et commentaires

  • Alligator427 // 22.10.2019 à 08h08

    “En fait, les Iraniens ont utilisé Google pour identifier le site Web que la CIA utilisait pour communiquer avec ses agents.”

    […]

    “Selon l’ancien fonctionnaire du renseignement, une fois que l’agent double iranien a montré aux services de renseignements iraniens le site Web qu’il utilisait pour communiquer avec ses agents traitants de la CIA, ils ont commencé à chercher sur Internet des sites Web ayant des signifiants ou des composants numériques similaires, et ont fini par trouver d’autres sites Web secrets de la CIA en utilisant la bonne série de termes de recherche avancée.”

    Google m’a tuer…

    Merci pour la traduction de ce long article.

      +20

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  • emmanueL // 22.10.2019 à 08h11

    La vraie raison de l’attitude belliqueuse des USA, vexées, contre l’Iran et la Chine, voire la Russie ?

      +6

    Alerter
    • Pasenax // 22.10.2019 à 10h20

      Pas compliqué : ce sont des pays qui limitent la prédation des multinationales américaines sur leur sol et le sol de leurs amis. Intolérable ….

        +25

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  • emmanueL // 22.10.2019 à 08h15

    Détourner les regards de l’échec, dont la responsabilité est essentiellement interne, tenter de distraire les adversaires pour les empêcher de pousser leur avantage… on n’est pas loin de comportements de cours d’écoles.

      +8

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  • RGT // 22.10.2019 à 08h23

    Les USA s’insurgent contre le fait que leurs barbouzes aient été identifiées et neutralisées par les pays qu’ils espionnaient mais trouvent tout à fait normal d’aller chercher les barbouzes des autres pays “jusque dans les chiottes”…

    Et quand on se contente de constater les effets des “bienfaits” des suites de l’infiltration de ces barbouzes de la CIA dans les pays “déplaisants” (se terminant par des “révolutions de couleur” puis par la “libération” de ces pays par l’armée US) alors que les barbouzes des pays cibles se contentent seulement de récolter des infos pour éviter ces “menus problèmes” se traduisant par quelques centaines de milliers de morts dans la population civile.

    De plus, la CIA se permet même de monter de faux dossiers à l’encontre des “ennemis de l’Amérique” afin de les discréditer et faire passer ces pays pour d’ignobles contrées peuplées de barbares ne songeant qu’à “égorger la Démocratie”.

    Au fait, combien de barbouzes de la CIA infiltrés chez les “alliés de l’Amérique” pour espionner les dirigeants et éventuellement “accidenter de la vie” les gêneurs potentiels qui pourraient s’opposer aux “actions bienveillantes” de l’oncle Sam ?

    Vous me répondrez que la France fait pareil… Mais bon, les barbouzes françaises, hormis dans les films dont les dialogues ont été écrits par Michel Audiard, sont plutôt des branquignols qui se font prendre le doigt dans le pot de confiture quand ils ne se contentent pas de faire du tourisme dans les pays visés.

      +30

    Alerter
    • moshedayan // 22.10.2019 à 09h57

      La France de Patrick Cohen Europe1 sautillait de joie ce samedi dernier sur sa grande réussite de débauchage de l’agent “Farewell” du KGB, qui finit emprisonné (“pauvre gars” après un fait divers où il tua un policier russe), puis exécuté après un procès de “haute trahison”. Et Patrick Cohen en remettait une couche avec le Mur de Berlin… Bref, les voix de la 2e Guerre froide sont là…
      Plus généralement, cet article ne fait que prouver que l’Occident (et les autres aussi) utilisent tous les Médias dont Internet comme des outils d’espionnage et de manipulation. Rien de nouveau en fait.
      L’Ukraine est un cas d’école : ce pays est tellement infecté par la CIA, le BND, un peu moins les SR français et anglais… et aussi le FSB-GRO qu’il n’arrive plus à reprendre pour l’instant son destin…
      Les Occidentaux y sont largement dominants dans “l’infection” grâce à la corruption… Le GRU ukrainien est dirigé de facto par la CIA, grâce aux dollars régulièrement versés et aux stages de perfectionnement “OTAN” proposés à ses agents. Le Congrès des Etats-Unis ne demandera jamais un bilan financier des sommes versées dans ce domaine du renseignement à l’Ukraine, sauf quand les “rats” s’enfuiront avec l’avancée russe …(“l’avancée russe” c’est le registre de langue des agents…)

        +29

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  • GAFFET Michel (@GAFFET2) // 22.10.2019 à 09h49

    le terme de compromission n’est pas adéquat et sent trop la transposition littérale de l’anglais au français , et même nuit à la compréhension de l’article , ce terme a en effet un tout autre sens en français.
    Il aurait fallu mettre : la mise au grand jour, ou la révélation du secret , etc , certes des périphrases pas très satisfaisantes mais plus claires pour un esprit français
    Les difficultés de traduction sont réelles , mais si on pouvait éviter d’introduire dans notre langue de faux amis étrangers , quel bonheur ce serait
    Merci

      +18

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    • Jean-Pierre Georges-Pichot // 22.10.2019 à 10h06

      Bien sûr. “Compromission” en français veut dire quelques chose comme “concession faite en dépit du devoir”. On parle des “compromissions d’un élu avec des intérêts privés”. Un terme dont l’usage serait en surchauffe aujourd’hui si les journalistes étaient honnêtes et savaient le français. Autrement dit, “compromission” ne reprend pas comme substantif le sens de “compromettre” comme dans “cette décision compromet notre sécurité”. (Encore une phrase qui devrait être courante par les temps qui courent). En anglais en revanche, c’est ce dernier sens qui s’applique avec “compromission”. Une meilleure traduction passerait donc, soit par une tournure verbale : “Les communications de la CIA ont été compromises” (mais cela semble un peu faible dans le cas présent), soit par une tournure incluant un substantif décrivant plus précisément une situation de risque vital comme “menace”, “mise en danger”, “pénétration”, etc…

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    • BogdanBink // 22.10.2019 à 11h49

      Le terme compromission convient très bien. C’est juste que c’est le terme des professionnels du secteur.
      Bref un nouveau mot pour certains.

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      • amipb78 // 22.10.2019 à 18h14

        Le jargon des professionnels est justement trop souvent calqué sur des mots anglais qui n’ont pas forcément la même signification que dans notre langue. Pour cela, l’informatique est une sorte de no man’s land linguistique (l’anglicisme est voulu 😉 ).

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  • Jean-Pierre Georges-Pichot // 22.10.2019 à 09h50

    Tout cela est un peu long pour dire quoi ? Primo : la CIA espionne. Secondo : les pays espionnés se défendent. Tertio : comme n’importe quelle organisation géante, le renseignement américain souffre d’un problème bureaucratique. Et alors ?

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    • Louis Robert // 22.10.2019 à 11h00

      Très long, très très long, et répétitif… pour nous rappeler à quel point la Chine et l’Iran, oui l’Iran et la Chine, (et même la Russie!?) sont vraiment, mais alors TERRIBLEMENT méchants, qui font disparaître les gens, même nos bons, nos meilleurs amis, comme ça, tout bonnement. Tout à coup, plus de nouvelles de nos amis! Vous imaginez? Tous de bons gars (de bonnes filles, toutes?).

      Non mais enfin… ça s’fait pas ça!!! Tout de même… A-t-on idée??? S’infiltrer partout comme ça? Pi y en a partout, hein? Un vrai fléau. On dirait des… de la… Non? Vous trouvez pas ? Pas moyen d’être en securité.

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  • christian gedeon // 22.10.2019 à 11h11

    On en reparlera dans quelques mois…Vous ne trouvez pas curieux qu’au pays USA ,on se laisse pénétrer aussi facilement? Moi,si. Info ou …intox,intox étant pris au sens renseignements du terme? Bien malin est qui le dira.

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  • Chris // 22.10.2019 à 11h13

    Cet article éclaire d’un jour nouveau l’acharnement contre des Assange, Snowden et Manning.
    Big Brother en a pris plein ses naseaux fumants !
    Ce pays est devenu tellement boursoufflé, arrogant et prétentieux qu’il en vient à s’auto-détruire.
    Les exemples pullulent : le F35, B1-2, les porte-avions classe Ford, le Max 737, les délocalisations des industries vitales aux économies locales, la dette pharaonique, le dollar PQ, les désastres écologiques précurseurs de déserts, surmortalité et situations Mad Max, etc…
    Les “sanctions” tout azimut ralentissent certes le mouvement, mais l’addiction paranoïaque et déviante de l’exceptionnalisme américain – et anglo-saxon en général y compris les membres singeurs de l’OTAN – lui sera définitivement fatal : un vapotage funeste…
    Et nous, pauvres imbéciles, suivons le mouvement.

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  • Haricophile // 22.10.2019 à 11h16

    Ça résume bien ce que j’ai lu je ne sais plus où : La CIA est «performante» sur les points opérationnels, mais n’est qu’une gigantesque bureaucratie avec des méthodes et procédures obsolètes et trop souvent mal sécurisées concernant son fonctionnement interne.

    Cet article est extrêmement drôle sur bien des points de vue. L’outil «sophistiqué» consistant à connaitre les opérateurs logiques des moteurs de recherche est a plier de rire.

    Ils découvrent que leurs armes sont à double tranchant, dont «l’espionnage généralisé» des GAFAM et des «bigdata» en général…

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    • Louis Robert // 22.10.2019 à 11h43

      Lao Tse (« Tao Teh Ching »: chapitre 30):

      « Il est dans la nature d’une arme de guerre de se retourner contre son détenteur. »

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  • Crundchu // 24.10.2019 à 09h27

    Comme c’est amusant, on joue au cador et on trouve plus cador que soi.
    Comme d’habitude dans un article rédigé par des américains il y a beaucoup de conditionnels, un bon paquet d’informateurs “anonymes” et des détails techniques qui laissent rêveur sur les capacités techniques des rédacteurs de l’article comme sur les capacités des concepteurs de cet outil de communication pour des agents d’un service “secret”.
    En fait c’est tellement “gros” que ça dégage un intense fumet de désinformation.

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  • max // 24.10.2019 à 10h29

    Une attaque informatique pleinement réussi est celle qui passe inaperçue. Hors quand pour des raisons diverses et notamment narcissiques les USA/Israël se ventent de leurs succès dans le sabotage de centrifugeuses, les iraniens prennent des contre-mesures, ainsi quand l’article dit : Les autorités américaines pensent que les Iraniens ont probablement démantelé le réseau des sources de la CIA de manière analytique – ce qui signifie qu’ils se sont représenté ce que Washington savait des opérations de Téhéran, puis ont identifié les Iraniens qui détenaient ces informations et ont finalement ciblé les sources possibles.
    Aujourd’hui les centrifugeuses de l’Iran ne sont plus des IR1 mais des IR4 et même IR6.
    C’est maintenant qu’il eut fallu utiliser Stuxnet mais c’est trop tard et maintenant les iraniens eux aussi peuvent jouer à ce petit jeu.
    De plus l’armée israélienne est à plus de 1.500 km de Téhéran mais l’armée iranienne via la Syrie est en permanence à la frontière israélienne.

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  • JnnT // 24.10.2019 à 22h10

    Un exemple chimiquement pur du danger de l’hybris…
    Au fait, la CIA en est au même point que le F35 ou le système anti-missiles US.
    Et Trump qui menace sur 360 degrés en brandissant le gros bâton de Théodore Roosevelt !
    Du temps d’Obama, les USA cherchaient à se faire aimer – sans être plus aimables pour autant. Sans doute la moins mauvaise des politiques pour eux. Si tous ceux que Trump menace quotidiennement – presque tous les pays sauf les USA – venaient à se coaliser, que se passerait-il ? Ou plutôt que va-t-il se passer ? Car cela se trame.
    Le problème pour nous, c’est que la chute des USA, quelque forme qu’elle prenne, sera perçue comme celle de l’occident tout entier, donc la nôtre également.

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  • Fernand Martin // 31.10.2019 à 16h56

    N’ayant personnellement aucune compétence dans le Renseignement et les activités criminelles associées, je me contente d’éprouver un immense réjouissement à la lecture de cet article.
    Voir les yankees dans toute leur puissance et arrogance piégés par les persans est en effet une chose délectable

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