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15.juillet.201115.7.2011 // Les Crises

Livre de la semaine : “Le triomphe de la cupidité”

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Aujourd’hui, je souhaitais vous signaler la sortie en livre de poche de l’excellent livre de Joseph Stiglitz, prix Nobel d’économie.

Je reprends l’intéressante critique de Cdurable à laquelle je souscris totalement :

“Cette crise, l’auteur l’avait annoncée. Aujourd’hui, il démontre qu’elle est au système néolibéral ce que la chute du mur de Berlin, en 1989, fut à l’économie soviétique. Il ne s’agit donc pas d’y répondre dans le cadre exiguë de nos références mais de faire un pas de côté et de la considérer globalement jusqu’à remettre en cause les fondations qui l’ont rendue possible.

Comment en est on arrivé là ? Quelles sont les véritables causes de cette crise ? Comment un système économique a pu ainsi s’imposer au monde ? Comment les élites politiques n’ont pas su entendre les signes avant coureurs (crise asiatique, crise argentine, effondrement d’Enron…) ? Comment le monde de la finance a t il pu prendre le pas sur le monde politique ? Comment un récit économique est il devenu le seul possible sans aucun contre pouvoir ? Comment avons-nous pu accepter une telle montée des inégalités sans prendre conscience des conséquences ? Comment, alors même que l’histoire nous susurrait de prendre garde, avons-nous dérégulé et libéralisé à outrance les capitaux ? Comment la crise du crédit s’est-elle emballée ? Comment expliquer la faillite des institutions et des Etats ? Comment n’a-t-on pas pu ou voulu contrôler les dérives des produits financiers ?

C’est l’histoire de cette crise que l’auteur analyse, toujours avec pédagogie, beaucoup de vie et dans un langage accessible à tous. Mais il ne s’arrête pas là : nous sommes aujourd’hui à la croisée des chemins.

Soit nous continuons à faire triompher la cupidité, à mettre au cœur de nos sociétés économiques le libre marché, l’obsession du court terme, les déréglementations, la libre circulation des capitaux, responsables des pires dérives du système financier ; soit nous acceptons de faire un pas de côté et de considérer les causes fondamentales de notre échec.

Joseph Stiglitz ouvre des réflexions passionnantes et si vitales aujourd’hui : Sommes-nous à l’aube de la fin du capitalisme ou de la mort d’un système ? Que doit-on faire pour en sortir ? Sommes nous prêts à une véritable refondation ou, comme il le semble, nous limitons nous à quelques remèdes cosmétiques ? Bref, est-il raisonnable d’appliquer à une plaie largement gangrénée un simple mercurochrome ?

Joseph Stiglitz apporte dans ce livre des solutions. Il démontre magistralement que les mesures actuellement prises aux États-Unis ou en Europe ne sont pas à la hauteur de l’enjeu et contribueront, pour nombre d’entre elles, à relancer un système qui a échoué et qui ira de crise en crise. Les banques vont poursuivre leurs activités comme avant, la déréglementation dans certains domaines continue à bon train… Ce livre résonne comme un appel, il nous invite, si nous voulons nous garder de terribles déconvenues, à remettre à plat les fondements mêmes de l’économie mondiale.”

Au sommaire : Fabrication d’une crise – La chute et l’après-chute – Réaction malheureuse – Le scandale des prêts hypothécaires – Le grand hold-up américain – La cupidité triomphe de la prudence – Un nouvel ordre capitaliste – De la reprise mondiale à la prospérité du monde – Réformer la science économique – Pour une nouvelle société.

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1 réactions et commentaires

  • Nihil // 20.08.2011 à 16h32

    Je viens de finir ce livre de J. Stieglitz. Je confirme qu’il est à la portée de beaucoup (puisque crois l’avoir compris moi-mêm, mais ce n’est pas forcément une preuve !). Très pédagogique, critique et engagé aussi (l’administration Obama y est critiquée sans ménagement quoiqu’avec un peu plus d’indulgence que celle de Bush, me semble-t-il, et “l’école de Chicago” en prend pour son grade).
    Bref, une saine lecture qui aide à comprendre assez clairemnt objectivement pourquoi nous en sommes là (où ?) et “grâce” à qui.

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