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29.septembre.201129.9.2011 // Les Crises

Critique de STOP ! Tirons les leçons de la crise

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La minute nombriliste…

Comme je viens de recevoir la première critique de STOP ! Tirons les leçons de la crise (moment stressant) par Politis, et qu’elle est très sympa, je vous la fait partager.

Je crée à cette occasion une page dédiée aux critiques : http://www.les-crises.fr/critiques/

Parutions : « Stop ! Tirons les leçons de la crise »

Jeudi 15 Septembre 2011, Par Jeanne Portal, Politis

Olivier Berruyer le dit d’emblée : il n’est pas économiste, maîs il n’est pas non plus néophyte dans cette discipline. Ce spécialiste de la gestion du risque dans la finance et l’assurance est l’auteur d’un blog très apprécié dans la blogosphère (www.les-crises fr), notamment parce qu’il explique les différents aspects des crises économiques de manière pédagogique et conviviale.

On retrouve le ton de ce praticien féru de statistiques, qui évite le jargon des experts, dans ce livre dense, bel outil sur « l’avènement du financiarisme ». Les pans d’un « capitalisme sans projet » y sont soigneusement étudiés, ainsi que les sources de la crise, au travers de graphiques commentés, de dessins de presse et de citations qui présentent le plus simplement possible les mécanismes complexes de la crise financière.

On peut dire que Berruyer réussit son pari d’aiguiser le sens critique du lecteur, replaçant la crise récente dans son contexte historique : « Le troisieme âge du capitalisme est celui du capitalisme financier mondialisé que nous vivons depuis la fin des années 1970. Son esprit est passé du collectif à l’individuel, il érige la liberté, la dérégulation, la réussite individuelle en valeur absolue. Sa figure est le “PDG actionnaire”. ll s’est construit à coup de déréglementation et de financirisation de l’économie. »

Au travers de ces mots, ce jeune diplômé s’interroge sur notre société et son « paroxysme de cupidité », comme tant d’autres aujourd’hui. ll y voit un futur sacrifié au présent « Pourquoi dépenser de l’argent aujourd’hui, même si cela rapportera beaucoup dans cinq ans, puisque l’actionnaire nomade ne sera plus dans l’entreprise dans un mois ? […] C’est finalement cela le financiarisme : un système productif sous-investisseur et sur-distributeur !». Toujours pour l’actionnaire.

Le praticien des marchés dénonce cette croyance en l’avènement d’une véritable science financière. Pour lui, la « rationalité » des marches est impossible quels que soient les efforts des cerveaux payés à prix d’or pour modeliser leurs comportements.

À côte de ces croyances erronées, l’auteur dénonce aussi le problème démocratique posé par la nouvelle finance en raison de l’influence considérable qu’elle exerce sur les pouvoirs publics.

Pour remettre notre système sur les rails de l’intérêt général et de la durabilité, Berruyer propose des dizaines de pistes, très rationnelles.
Je vous rappelle que les informations sur le livre sont consultables ici.

Acheter le livre

Vous pouvez donc l’acheter :

  • de préférence, chez votre libraire préféré (il est très largement disponible), afin de les soutenir dans le contexte difficile actuel ;
  • par Internet, et je vous recommande alors de le commander en ligne ici chez l’éditeur (il y est disponible). Les frais de ports sont payants, mais cela aiderait cette petite maison d’édition, si vous en avez les moyens. Sans elles, pas de livres…
  • sinon, si vous le commandez ailleurs, essayez de choisir une enseigne qui dispose de points de ventes physiques, comme par exemple la Fnac ou de Decitre

Extrait en cadeau…

Petit cadeau, fidèles lecteurs : un extrait téléchargeable gratuitement en cliquant ici.

(NB. la résolution des graphiques et images est très réduite pour ce pdf ; ils sont parfaitement nets dans l’édition papier, qui est de très bonne facture)

Au vu de l’actualité, il s’agit de la conclusion du chapitre sur les dettes publiques, venant après l’analyse aboutissant à la conclusion qu’il allait rapidement être impossible de continuer à augmenter la dette, impossible de la diminuer (par baisse des dépenses ou hausse des recettes), et qu’il allait par conséquent être impossible de continuer à la “rouler”. Je précise que les autres chapitres ont en général plus de graphiques et dessins. 😉

Je vous en souhaite une bonne lecture.

11 réactions et commentaires

  • Rodolphe // 29.09.2011 à 06h56

    Je l’ai acheté, je l’ai dévoré.

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  • Benjisite // 29.09.2011 à 08h44

    C’est mérité 🙂

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  • Nihil // 29.09.2011 à 09h17

    Sur Amazon, le livre d’Olivier se retrouve aux côtés de Stiglitz, Jorion, N. Klein (achats des lecteurs). 4 commenatires de lecteurs seulement….Sans mass-propagander, ce serait peut-être bien d’en ajouter, non ?
    🙂

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  • Britton // 29.09.2011 à 12h50

    Merci Olivier pour ton site et pour ton livre. Tous deux d’une qualité remarquable tant pour la documentation que par le style.
    J’ai aussi dévoré Stop, tirons les leçons de la crise et je le conseille aux étudiants en éco. Ton livre est bien plus explicite que la majorité des ouvrages scolaires et en plus il sort de la doxa “classiques-Keynes-néolib”.
    J’espère qu’il sera lu par nos politiques-qui-se-cherchent-un-programme. C’est de saison.

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  • Yann // 29.09.2011 à 19h49

    Ayant à la fois une formation en sciences dures et en économie, je trouve excellente l’approche de Stop! (et du blog, d’ailleurs…) : argumenter et tirer des conclusions à partir de données statistiques précises sans pour autant prétendre que l’économie n’est qu’une affaire de maths et de rationalité.

    Le seul petit reproche que j’aurais à faire est que je trouve qu’il y a dans certaines parties un peu surabondance de citations; après tout j’ai acheté le livre pour lire O. Berruyer, pas N. Chomsky… (non pas que ses écrits ne soient pas intéressants) J’ai apprécié les quelques phrases de Sarkozy par contre, elles montrent bien à quel point l’homme a brassé de l’air à propos de la crise et du méchant capitalisme financier, pour au final ne pratiquement rien changer au système.

    J’ai une petite question par contre, si ce n’est pas trop demander. Je n’arrive pas bien à comprendre le graphique de la page 94 : l’évolution de la part de l’entreprise dans la répartition de la marge brute semble en effet contredire le graphique précédent, puisque sa valeur est similaire dans la période 1990 – 2010 à celle de 1960 – 1970 (alors que l’investissement a baissé). D’autre part, les intérêts payés aux banques tombent à 0 à la dernière année du graphe, ce qui semble également étrange. Enfin, la partie “Divers” est un peu mystérieuse; en tout cas le lecteur a peu d’indications pour comprendre à quoi elle correspond exactement (est-ce que cela couvre des choses comme le paiement d’obligations, les programmes de rachat d’actions?)

    Serait-il possible d’avoir quelques éclaircissements?

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  • JB Boisseau // 29.09.2011 à 19h58

    “il sort de la doxa classiques-Keynes-néolib”
     
    Phrase intéressante… parce que je crois que si l’on relit Smith, Keynes ou même Hayek, on pourra trouver des critiques très convergentes sur plusieurs dérives actuelles : tous condamnent l’excès de dettes et les excès d’émission monétaires. Olivier le montre très bien dans ce qui est pour moi son maître-article : http://www.les-crises.fr/40-ans-d-incurie-monetaire/
     

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  • Nicolas // 30.09.2011 à 02h32

    pour Nihil ,
    en phase , j’ai ajouté il y a quelques jours une critique ‘5 étoiles’ sur le livre d’Olivier.
    Que l’on soit d’accord ou pas avec les propositions ainsi que le constat fait du système actuel, c’est très instructif car argumenté. Cela pousse à réfléchir et c’est un objectif louable.

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  • Britton // 30.09.2011 à 07h07

    à JB,
    Entièrement vrai je me suis mal expliqué . Olivier a bien résumé ce que je pense “en synthétiser le meilleur” et j’ajouterai “pour les peuples et les nations”. Cela par opposition à ceux en ont retiré le “meilleur” pour leurs profits individuels et nous font avaler cette pilule depuis 30 ans au motif que ce serait ce qu’il y a de mieux.
     
     

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  • Laurent Idlas // 30.09.2011 à 09h24

    Can We Invent A World Based On Moral, Ethic And Empathy?
    Pouvons nous créer un monde basé sur la moralité, l’éthique et l’empathie?
    Cet article(en Anglais, mais sur demande je peux le traduire) traduit tout le bien que je pense du capitalisme(sous toutes ses formes, et y compris celles qui n’ont pas encore été expérimentées dont on pourrait penser que…) et des conséquences à en tirer.
    Surtout il met l’accent sur ce que je pense d’un capitalisme à visage humain qui peut-être pour un court instant donnerait certaines illusions jusqu’au moment où:
    All the tentacles chocking us must be severed, then the hydra must be taking ashore to die in the bright sun away from the “sea of profit” it has been dwelling in for decades. But again, even if this capitalist giant skid dies, unless we change our own psychological makeup at an individual level an other hydra will be shortly born from the seed of our lack of real humanity, our amorality, unethical behaviors and deeply rooted conscious or unconscious selfishness. The world is broken, but to mend it we must understand why, and what within ourselves should be changed to make us better humans.
    Désolé Olivier mais c’est droit ce que je pense des 60 propositions que vous avancez qui pourraient éventuellement “tenir” la route un moment avant que l’hydre ne se réveille à nouveau.
    Faute de comprendre notre constitution psychologique et faute de la changer, la transformer toutes les bonnes intentions(comme celles du Nouvel An) se termineront tôt ou tard(si elles commencent). La République Animale ce livre de Geotges Orwell rappelle-t-il quelque chose à ceux qui l’ont lu? …Dans la nuit on était venu ajouter certains mots…
    Nous sommes tous égaux
    devenait ainsi
    Nous sommes tous égaux, certains le sont plus que d’autres.

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  • JPS1827 // 30.09.2011 à 23h01

    Je suis tombé sur la pétition suivante : http://www.avaaz.org/fr/eu_people_vs_banks_fr/?cl=1300943284&v=10549   qui n’explique pas les mécanismes en jeu aussi clairement que vous, loin s’en faut, puisqu’elle n’explique pas vraiment de quelle façon on pourrait “sauver la Grèce” plutôt que ses créanciers. Malgré tout, cela aurait-t-il un sens selon vous de la signer ?

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  • David // 30.10.2011 à 20h01

    Je viens de terminer ce livre et je félicite l’auteur ! C’est une mine d’information avec des idées qui sortent de la pensée unique actuelle (la croissance à tout prix, … ) Bravo pour tout ce travail ! En espérant que certaines de nos élites politiques le lisent.

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