Netzpolitik, le scandale allemand qui va bientôt arriver en France

Une enquête pour trahison a visé deux blogueurs qui avaient révélé les projets de surveillance massive d’un service de renseignement fédéral.

Des Allemands ont exprimé leur soutien au site Netzpolitik lors de manifestations.

Des Allemands ont exprimé leur soutien au site Netzpolitik lors de manifestations.©Stefan Boness/Ipon/SIPA

On croyait l’Allemagne plus robuste que les autres démocraties, face au grignotage des libertés fondamentales à la faveur de la lutte antiterroriste. Il n’en est rien. Le ministre fédéral de la justice, Heiko Maas, a forcé mardi le procureur général Harald Range à partir en retraite anticipée, une manoeuvre destinée à livrer un bouc émissaire à l’opinion publique scandalisée par l’affaire Netzpolitik.

Deux responsables du site spécialisé sur les libertés numériques Netzpolitik.org et leur source inconnue, ont fait l’objet d’une enquête pour trahison de secrets d’État après une plainte contre X du patron du service de renseignement intérieur, l’Office de protection de la constitution (BfV). En cause, la publication par le blog de deux documents internes expliquant des projets allemands de surveillance d’Internet dans le but d’illustrer la dérive possible de la République fédérale vers la surveillance généralisée des citoyens. “C’est une intimidation inacceptable”, a dénoncé Reporters sans frontières. “Il est scandaleux de vouloir ainsi réduire au silence des journalistes qui ont, par le passé, dénoncé des abus des services secrets”, a préciséle bureau allemand de RSF, qui a publié les documents litigieux sur son propre site, par solidarité.

Tout devient un secret d’État

Le fondateur de Netzpolitik.org, Markus Beckedahl, et le journaliste André Meister ont eux-mêmes révélé sur le blog l’existence de l’enquête les visant pour soupçon de trahison, déclenchant un tollé outre-Rhin. Rentré de vacances en urgence pour gérer le scandale, le ministre de la Justice Heiko Maas s’est désolidarisé du procureur général Harald Range, tout comme le reste de la classe politique, Angela Merkel comprise. Une manoeuvre un peu facile dans la mesure où ce sont bien les lois rédigées par l’exécutif et votées par le législatif qui ont permis au service de renseignement de déclencher l’enquête judiciaire. “Ce sont les règles du métier”, regrettait d’ailleurs mardi le Frankfurter Allgemeine Zeitung: “À chaque scandale, il faut trouver quelqu’un qui en assume la responsabilité politique.”

Rejeter la faute sur Harald Range est d’autant plus malhonnête que, contrairement à son homologue français, le procureur général allemand ne peut invoquer le principe d’opportunité des poursuites pour, éventuellement, ne pas donner suite. Il n’avait donc pas une grande marge de manoeuvre lorsque le patron du BfV a exigé une enquête en se fondant sur les textes législatifs protégeant le secret d’État, et c’est logiquement qu’il a demandé à des experts indépendants de juger si les documents relevaient bien du secret d’État (la polémique a éclaté avant qu’ils ne rendent leur avis).

“Les libertés de la presse et d’expression (…) ne sont pas illimitées, y compris sur Internet. Elles n’exonèrent pas les journalistes du devoir de respecter la loi”, s’est-il défendu devant la presse après son éviction. L’affaire repose donc entièrement sur le pouvoir donné par la loi aux organes chargés de protéger le secret d’État, et sur l’interprétation de plus en plus large de cette notion.

Le problème va se poser en France

S’il est indispensable de protéger certains secrets, il est tout aussi vital de préserver des garde-fous pour détecter les abus : les contre-pouvoirs sont les piliers de la démocratie. Alors, les projets de surveillance de la population allemande par un service de renseignement fédéral relèvent-ils du secret d’État ? Doivent-ils être cachés aux citoyens, alors qu’ils n’ont pas été consultés sur le sujet ? Rien n’est moins sûr.

L’Allemagne fait face à un dilemme qui touche ou va toucher toutes les démocraties dans l’ère post-Snowden, où les secrets fuitent de plus en plus facilement : faut-il sacrifier la liberté d’expression pour consolider les lois sécuritaires ? “Un peuple prêt à sacrifier un peu de liberté pour un peu de sécurité ne mérite ni l’une ni l’autre, et finit par perdre les deux”, répondait Benjamin Franklin…

En France, avec des textes comme la loi de programmation militaire et la loi sur le renseignement, ce n’est qu’une question de temps avant que le problème ne se pose. D’autant que, contrairement aux Allemands qui sont très sensibles sur le sujet, traumatismes historiques obligent, les Français se désintéressent très largement d’une dérive potentielle de leur système démocratique. En atteste l’indifférence générale dans laquelle la loi sur le renseignement a été adoptée en juin dernier, alors qu’elle donne quasiment carte blanche aux espions pour surveiller les Français, sans intervention de la justice. Chez nous, des journalistes pourraient donc devoir faire face à une telle situation sans le soutien populaire…

Source : Guerric Poncet, pour Le Point, le 5 Août 2015.


Une enquête pour trahison secoue les médias et la justice allemandes

Le fondateur blog allemand Netzpolitik.org, Markus Beckedahl (gauche), l'un journalistes, Andre Meister (droite).

Le fondateur du blog allemand Netzpolitik.org, Markus Beckedahl (gauche), et l’un des journalistes, Andre Meister (droite). – AFP

Une enquête préliminaire pour “haute trahison” visant des journalistes allemands provoque la polémique outre-Rhin. L’affaire a coûté son poste au procureur général allemand.

L’enquête a beau être suspendue, le tollé engendré continue lui de faire des vagues. Le blog allemand Netzpolitik.org est au cœur d’une polémique qui a coûté mardi son poste à un sommité de la justice fédérale, le procureur général allemand, Harald Range. Pour comprendre l’affaire, il faut remonter au jeudi 30 août. Netzpolitik, blog spécialisé dans la défense des droits numériques — récompensé par le passé pour la qualité de son travail d’investigation –, révèle que deux de ses journalistes sont visés par une enquête préliminaire pour ‘”haute trahison”, diligentée par Harald Range.

Jamais, depuis plus de 50 ans, un journaliste allemand n’avait été soupçonné d’un tel motif. En cause : la publication, en début d’année, de documents de l’Office fédéral de protection de la constitution, les services de renseignements allemands, portant sur la surveillance d’Internet.

La révélation de cette enquête par le fondateur du site, Markus Beckedahl, a aussitôt suscité un tollé en Allemagne. L’Association des journalistes allemands a dénoncé une “tentative inadmissible de réduire au silence deux collègues critiques” et a appelé le procureur fédéral à classer l’enquête. L’opposition a aussi dénoncé une “disgrâce constitutionnelle” par la voix de la député des Verts Renate Künast, présidente de la commission des affaires judiciaires du Bundestag. “S’il n’y avait pas de journalisme d’investigation, nous ne saurions rien”, a-t-elle fulminé.

D’un an d’emprisonnement à la perpétuité

Dès le lendemain, le procureur Harald Range, a annoncé la suspension des investigations. Une suspension qui n’est pas synonyme d’un abandon des poursuites. Et pour ce motif, les journalistes encourent d’un an d’emprisonnement à la perpétuité. Plusieurs journaux européens, dont “Libération” en France, ont signé une lettre ouverte pour demander l’arrêt immédiat des poursuites, dénonçant “une attaque contre la liberté de la presse”.

En début de semaine, mardi 4 août, nouveau rebondissement avec l’annonce de la démission du procureur Harald Range. Ce dernier s’en est publiquement pris à son ministère de tutelle, dénonçant son ingérence et y voyant à son tour une “attaque intolérable contre l’indépendance de la justice”. “Influencer une enquête parce que son résultat peut ne pas être politiquement opportun est une attaque intolérable contre l’indépendance de la justice”, a tempêté le procureur mardi.

Ce départ précipité a rapidement fait couler beaucoup d’encre. De nombreux médias et politiques ont souligné la réaction tardive du ministre de la Justice, Heiko Maas, face à une enquête initiée en mai et qu’il n’a manifestement pas tenté d’empêcher, au moins au début. “Il faut savoir quand le ministre a été mis au courant pour la première fois de cette enquête”, a demandé Hans-Pete Uhl, un responsable du parti CSU.

Berlin “enfoncé jusqu’au cou dans le bourbier de la NSA”

La menace de cette enquête continue en tout cas de provoquer l’inquiétude de l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE). Dans un courrier adressé au ministre des Affaires étrangères, la représentante de l’OSCE pour la liberté de la presse, Dunja Mijatovic, a appelé les autorités allemandes à s’assurer du respect de “la liberté d’information et de la liberté des médias” et a dit “espérer” que l’enquête visant Netzpolitik était définitivement close.

Il faut dire que l’imbroglio judiciaire intervient alors que le pays s’interroge sur le degré de collaboration entre les services secrets allemands et l’agence de renseignement américaine NSA. Pour le fondateur de Netzpolitik, Berlin est clairement “enfoncé jusqu’au cou dans le bourbier de la NSA et compagnie”.

Harald Range sait combien les écoutes de la NSA ont une importance particulière en Allemagne. C’est précisément lui qui a récemment renoncé, contre toute attente, aux poursuites dans l’affaire de l’espionnage présumé d’un téléphone de la chancelière allemande Angela Merkel par l’agence américaine.

Source : Daisy Lorenzi, pour Les Echos, le 5 Août 2015.

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22 réponses à Netzpolitik, une histoire de presse et de trahison en Allemagne

Commentaires recommandés

Lysbethe Lévy Le 10 août 2015 à 11h27

Cela fait des années que la presse générale ou mainstream est en chute libre et cela fait que l’état dont nous les citoyens, allons payer le “manque à gagner” appelé “subventions publiques” alors qu’ils devraient faire des profits si bien sur (I have a dream) cette presse dite nationale respectait la Charte de Munich et l’éthique en matière de journalisme indépendant.

Mais ce n’est qu’un rêve bien sur, quand on voit cette presse faire dans le racisme “anti-musulman”, avec des émissions bidons, appelant à la haine souvent masquée des uns contre “les autres” :

– Le service publique contre le secteur privé,

– les grêvistes contre les chômeurs, ou contre les “travailleurs”

– Les français de “souche” contre les français dits “de papiers”

– Les blancs contre les noirs ou arabes

– les croyants contre les non croyants, les chrétiens contre les musulmans, ou inversement.

– les femmes contre les hommes ou inversement

– Les Homos pour ou contre les hétéros

– les classes moyennes contre les pauvres, ou les ouvriers

– La campagne contre la ville

– Les ouvriers contre les RSAistes,

– Les vieux contre les jeunes ou inversement

– Les malades contre les bien-portants

– Les propriétaires contre les allocataires

etc…Pendant que tout les gens se battent par la presse interposée, l’élite, les banques, les grands de ce monde continuent a faire des profits et profitent “de l’atomisation de la société publique.

Diviser les citoyens en catégories diverses et d’intérêts particuliers, en les jetant en pâture comme autant de privilégiés, attisant la jalousie des autres, les anciens citoyens sont devenus autant de catégories n’ayant plus intérêt à se fédérer pour lutter ENSEMBLE contre cette élite prédatrice et toute puissante.

L’atomisation de la société, en multiples petites identités (sexuelles, raciales, classes, religions, genre, etc) s’est d’abord appliquée aux USA avec un grand succès pour vite être introduite en Europe, ou désormais les gens ne se sentent plus solidaires les uns des autres.

Détruire un pays ce n’est pas que détruire ses frontières c’est aussi “déconstruire” les “liens humains et sociaux” établis depuis des centaines d’années autour du modèle de classe sociale aux intérêts contradictoires. La notion de classe sociale que Marx a bien défini..Ce que l’on nommait autrefois le “Capital contre le Travail”.(Annie Lacroix Ritz dit bien le “grand Capital” encore)..

Avant il y avait les classes populaires contre la classe aisée ou riche, maintenant c’est tous contre tous, en bas, oubliant de voir plus haut les vrais responsables de nos maux à tous.

Et c’est bien a cause de la presse, médias télévisés que ce “travail de sape” du “lien social” s’est déconstruit par la propagande constante, de façon très calculée avec des méthodes basées sur les “neurosciences” avec l’aide de spécialistes.versés dans cette discipline nouvelle.

  1. bm607 Le 10 août 2015 à 04h03
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    ” le ministre de la Justice Heiko Maas s’est désolidarisé du procureur général Harald Range, tout comme le reste de la classe politique, Angela Merkel comprise. Une manœuvre un peu facile dans la mesure où ce sont bien les lois rédigées par l’exécutif et votées par le législatif qui ont permis au service de renseignement de déclencher l’enquête judiciaire….”
    On voit bien là la malhonnêteté de l’exécutif, qui pond des lois liberticides et se rabat sur le lampiste quand ça fait des vagues qui risquent de lui coûter des voix, en jouant les vierges effarouchées. Faux-cul et lamentable.

    “… “Influencer une enquête parce que son résultat peut ne pas être politiquement opportun est une attaque intolérable contre l’indépendance de la justice”, a tempêté le procureur mardi…”
    Doublement lamentable, après s’être attaqués de fait à la presse par les ouvertures que permettent leurs lois liberticides, ils s’attaquent comme le dit H. Range à l’indépendance de la justice qui ne fait en l’occasion que faire respecter ces lois, ce qu’on lui avait demandé par dépôt de plainte. Deux piliers de la démocratie en voie de désagrégation, c’est fort.

    “… Une suspension qui n’est pas synonyme d’un abandon des poursuites….”
    Gâteau sur la cerise, les poursuites ne sont aucunement abandonnées.
    Ni bien sûr les lois liberticides de surveillance d’internet, mais là c’eut été trop de démocratie de toute façon.

    On frise les sommets de la malhonnêteté (voire plus) quand même.

    Mais ça ne risque pas d’arriver chez nous tout ça
    (supposer que chez nous la presse aux ordres ferait mousser un tel sujet pour secouer l’opinion -qui s’est “un peu” désintéressée des lois liberticides récentes passées au nom de la lutte anti-terrorisme, comme il a été dit dans un des articles ci-dessus- ou que la classe politique réagirait -dans réagir il y a agir qui est un mot tabou au gouvernement-, on a bien le droit de rêver c’est une des rares choses encore permises, tolérées plutôt).

    Sinon, d’autres journaux on relaté cette affaire, comme ici :
    http://www.ouest-france.fr/allemagne-le-procureur-general-harald-range-ete-remercie-3603912
    où on retrouve quelques compléments d’infos.


    • Pierre Fouétart Le 10 août 2015 à 10h27
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      Tsk, ça suffit, maintenant, Charlie !

      Tu vas ranger ta chambre et tout de suite, ça ne peut plus durer !
      Tu n’en sortiras que lorsque tu auras retrouvé ton cerveau.


  2. passerby Le 10 août 2015 à 09h06
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    En même temps, je lis que en Angleterre un professeur de psychologie fournit des conseils au gouvernement sur le meilleur façon de manipuler les gens. https://firstlook.org/theintercept/2015/08/07/psychologists-work-gchq-deception-unit-inflames-debate-among-peers/

    Si je vivais en dictature, je trouverais tout cela normal, mais j’espèrerais un jour vivre en démocratie.
    Mais comme nous vivons déjà en démocratie, que pouvons-nous espérer alors?


    • gerard Le 10 août 2015 à 23h41
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      Il n’y a pas de contradiction. C’est bien la représentation populaire et souveraine qui a voté la loi sur le renseignement électronique après la navette au Sénat et relecture à l’Assemblée. Tout est donc bien démocratique – “le pouvoir à l’assemblée”.


    • achriline Le 11 août 2015 à 14h06
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      passerby vous dites : “Mais comme nous vivons déjà en démocratie …?”

      C’est du 2ème degré j’espère …


  3. Charlie Bermude Le 10 août 2015 à 11h18
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    Attention , attention avec les Allemands . Quand ils font savoir leurs appréhensions , c’est pas comme les Français , manifester leurs sentiments , faire de l’esbrouffe puis rentrer dans l’ordre .
    . Non c’est qu’ils ont un plan B dont il sont surs du résultat . Et pour çà ils feront ce qu’il faut .
    Ainsi Hitler il a perdu la guerre c’est entendu , mais il a commis de tel dégats que le monopole des colonies est terminé , ils ont accés comme les autres a se qui était reservé . C’était le but : leur place à la Table Ronde .
    En fait ils l’ont gagné : la guerre .


    • Fabrice Le 10 août 2015 à 11h41
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      Charlie Bermude,

      tout est question d’optique en Europe on se focalise sur l’Allemagne, mais allez en Afrique et je pense que pour eux ce n’est pas l’Allemagne le problème mais certainement la France, voir le Royaume-Uni au même plan que les Etats-Unis.

      En Asie je pense que l’on ne doit pas être loin du même topo, bien que notre interventionnisme sur ce continent a été remplacé par les Etats-Unis.

      On voit notre persécuteur d’hier comme la principale source de nos maux, ce qui nous permets souvent de manière fort pratique d’oublier nos propres torts. J’ai toujours eu des soucis avec l’esprit d’emmanuel Todd car il pousse à cet aveuglement et nous défausse de nos responsabilités de manière bien commode.


  4. Lysbethe Lévy Le 10 août 2015 à 11h27
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    Cela fait des années que la presse générale ou mainstream est en chute libre et cela fait que l’état dont nous les citoyens, allons payer le “manque à gagner” appelé “subventions publiques” alors qu’ils devraient faire des profits si bien sur (I have a dream) cette presse dite nationale respectait la Charte de Munich et l’éthique en matière de journalisme indépendant.

    Mais ce n’est qu’un rêve bien sur, quand on voit cette presse faire dans le racisme “anti-musulman”, avec des émissions bidons, appelant à la haine souvent masquée des uns contre “les autres” :

    – Le service publique contre le secteur privé,

    – les grêvistes contre les chômeurs, ou contre les “travailleurs”

    – Les français de “souche” contre les français dits “de papiers”

    – Les blancs contre les noirs ou arabes

    – les croyants contre les non croyants, les chrétiens contre les musulmans, ou inversement.

    – les femmes contre les hommes ou inversement

    – Les Homos pour ou contre les hétéros

    – les classes moyennes contre les pauvres, ou les ouvriers

    – La campagne contre la ville

    – Les ouvriers contre les RSAistes,

    – Les vieux contre les jeunes ou inversement

    – Les malades contre les bien-portants

    – Les propriétaires contre les allocataires

    etc…Pendant que tout les gens se battent par la presse interposée, l’élite, les banques, les grands de ce monde continuent a faire des profits et profitent “de l’atomisation de la société publique.

    Diviser les citoyens en catégories diverses et d’intérêts particuliers, en les jetant en pâture comme autant de privilégiés, attisant la jalousie des autres, les anciens citoyens sont devenus autant de catégories n’ayant plus intérêt à se fédérer pour lutter ENSEMBLE contre cette élite prédatrice et toute puissante.

    L’atomisation de la société, en multiples petites identités (sexuelles, raciales, classes, religions, genre, etc) s’est d’abord appliquée aux USA avec un grand succès pour vite être introduite en Europe, ou désormais les gens ne se sentent plus solidaires les uns des autres.

    Détruire un pays ce n’est pas que détruire ses frontières c’est aussi “déconstruire” les “liens humains et sociaux” établis depuis des centaines d’années autour du modèle de classe sociale aux intérêts contradictoires. La notion de classe sociale que Marx a bien défini..Ce que l’on nommait autrefois le “Capital contre le Travail”.(Annie Lacroix Ritz dit bien le “grand Capital” encore)..

    Avant il y avait les classes populaires contre la classe aisée ou riche, maintenant c’est tous contre tous, en bas, oubliant de voir plus haut les vrais responsables de nos maux à tous.

    Et c’est bien a cause de la presse, médias télévisés que ce “travail de sape” du “lien social” s’est déconstruit par la propagande constante, de façon très calculée avec des méthodes basées sur les “neurosciences” avec l’aide de spécialistes.versés dans cette discipline nouvelle.


  5. Charlie Bermude Le 10 août 2015 à 11h54
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    Tout à fait d’accord avec çà . Vous dessinez bien la hiérachie . Je voulais juste insister sur l’aspect efficacité des Allemands , comme Todd sans doute mais sans son tropisme Anglosaxon .
    Là en l’occurence , il s’agit d’un courant Allemand que je situerai quelque part en décalage avec les souhaits de l’oncle Sam , celui de créer un mur entre Europe et Russie , un peu plus à l’Est , l’autre mur étant tombé du fait que des Allemands ont dit : Mehr rot als tod , quelque chose comme çà mon Allemand n’est pas parfait : plutot rouge que mort .


  6. Esope Le 10 août 2015 à 12h01
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    Plus que jamais, l’information est au cœur de tous les jeux de pouvoir. Toutes les informations peuvent pour certains être des armes utilisées contre d’autres. Cela se passe au niveau individuel comme au niveau collectif, entre individus et entre pays.
    La bienpensance ordinaire s’insurge quand des informations concernant la vie privée d’un individu sont mises sur la place publique sans son approbation, elle demande des mesures publiques interdisant de telles pratiques qui pourraient favoriser des actions à l’égard des agissements de cet individu (d’autant plus facilement d’ailleurs s’il contrevient aux intérêts collectifs).
    Elle s’insurge tout autant quand des informations concernant le fonctionnement des services publics, au service des intérêts collectifs, ne sont pas mises sur la place publique (secrets d’Etat pour éviter que d’aucuns puissent saboter des mesures destinée à protéger les intérêts collectifs).
    Moralité, la bienpensance ordinaire est au service des intérêts individuels et opposée aux intérêts collectifs.
    J’ai du mal à comprendre mais je suis sans doute obtus et provocateur, les intérêts collectifs seraient-ils à mettre à la poubelle ?
    Il y a probablement un juste milieu. En dernier ressort, comme d’habitude, c’est à la justice de trancher. Dommage qu’elle soit si souvent aveugle, comme il est dit.


  7. Charlie Bermude Le 10 août 2015 à 12h02
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    J’ajoute pour renforcer mon post précédent que plutot rouge que mort a été suivi d’actes bien précis et percutants , l’achat de gaz Russe à bon prix , avec construction d’un oléoduc qui a pris la précaution élémentaire de ne pâs passer par la Pologne , ni autre faux cul .
    C’est celà à mon avis qui a précipité la chute du Mur , c’est du solide à long terme .


  8. Gilles Le 10 août 2015 à 17h41
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    Une drôle de nouvelle publiée par global research:

    Obama a renouvelé le soutien à l’autodétermination du Dombass le 17 juillet 2015 au nom des USA pour la 56 ° fois depuis 1959 (soit pendant les mandats de 10 présidents successifs) !!!!!

    http://www.globalresearch.ca/us-congress-and-president-obama-officially-recognize-donbass-public-law-86-90-1959/5467942


    • Paola44 Le 11 août 2015 à 17h02
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      J’comprends pô… ça veut dire que ce qu’il dit et ce qu’il fait, ça n’a rien à voir alors ? Ou alors qu’il ne sait pas ce qu’il signe ni ce qu’il fait ? A quoi il sert ce papier alors? Et Obama, à quoi il sert? J’comprend pô…


      • Lysbethe Lévy Le 13 août 2015 à 09h25
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        ben mince, mon alarme s’allume toute seule en pleine nuit, affolement (nous avons eu un incendie en HLM il y a quelques années ) et au réveil le téléphone sonne : l’essai ayant été concluant dit la voix, appellez nous a ce numero 09 …………et vous aurez un RDV pour en parler ! En réfléchissant je me dis que la “voix ” connait mon adresse, a déclenché le système d’alarme à 1 heure du matin, réveillant tout le monde, et encore on a du l’arrêter….en enlevant la pile…Ne serait ce pas une forme de surveillance indirecte ? Etrange non ?


  9. Nadia M Le 10 août 2015 à 18h36
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    Donc les traitres accusent de haute trahison des journalistes qui révélent leur trahison!


  10. Charles Michael Le 10 août 2015 à 20h22
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    ce qu’il y a d’un peu affligeant c’est le faible nombre de commentaires sur le sujet plutot fondamental des libertés.

    à comparer au flot sur l’histoire de la tocante à jules (45 quand j’y suis passé cette aprèm.)


    • gerard Colin Le 10 août 2015 à 23h48
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      faire des commentaires pour augmenter le compte, c’est comme s’auto-plusser sur Facebook.

      A un moment, il faut bien comprendre que pour éviter d’être espionné électroniquement, il faut commencer par éviter de s’immerger dans ce monde virtuel de l’internet, continuellement accroché à son smartphone. C’est comme de garder continuellement un doigt dans la prise électrique et de se plaindre qu’EDF ne coupe pas le courant par sécurité.dans toute la ville.


  11. Günter Schlüter Le 11 août 2015 à 09h51
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    À quel point, la valeur informationnelle du contenu propagé par les médias allemands est nul peut se mesurer sur le site propagandaschau.wordpress.com ou le site https://www.publikumskonferenz.de qui fait la critique des médias du service public allemand et http://www.nachdenkseiten.de qui fait une revue de contenus des médias et incite les lecteurs à une propre réflexion de ce qui se passe en Allemagne, en Europe et dans le reste du monde (les trois sites uniquement en allemand naturellement). Mais pour ceux qui pratiquent et comprennent bien la langue de Goethe, tout bénéf 😉


  12. Sébastien Le 11 août 2015 à 13h43
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    La liberté de la presse n’est qu’une fiction. Qui a inventé cette formule stupide d’ailleurs? Comme cette pépite au goût de faux chocolat appelée “indépendante”. Indépendante de qui, de quoi?
    Toujours une sémantique appropriée pour désignée un concept quand la réalité en est l’exact contraire. Il suffit de le matraquer à longueur de temps pour tout le monde y croit. Matraqué où çà? Dans les médias, pardi! Autant se remettre ces propres récompenses en faisant son auto-critique. Pardon, auto-éloge. Trop fort!
    Les journalistes sont les héros du monde américano-libre, n’est-ce pas monsieur Clark Kent, journaliste le jour/Superman en l’air? Quant à Peter Parker, il passe son temps a jouer les photographes pour le Daily Bugle en essayant de s’auto-prendre en photo…
    Et je ne vous parle même pas du justicier chef d’entreprise milliardaire-philantrope Batman/ Bruce Wayne, qui grenouille dans l’oligarchie comme un poisson dans l’eau. Quel héros!


  13. petitjean Le 11 août 2015 à 19h25
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    la trahison des journalistes ne date pas d’hier !

    jugez plutôt:

    “Relisez bien ce qu’on en disait déjà il y a plus d’une siècle:

    « À New York, lors d’un banquet, le 25 septembre 1880, le célèbre journaliste John Swinton se fâche quand on propose de boire un toast à la liberté de la presse :
    « Il n’existe pas, à ce jour, en Amérique, de presse libre et indépendante. Vous le savez aussi bien que moi. Pas un seul parmi vous n’ose écrire ses opinions honnêtes et vous savez très bien que si vous le faites, elles ne seront pas publiées. On me paye un salaire pour que je ne publie pas mes opinions et nous savons tous que si nous nous aventurions à le faire, nous nous retrouverions à la rue illico. Le travail du journaliste est la destruction de la vérité, le mensonge patent, la perversion des faits et la manipulation de l’opinion au service des Puissances de l’Argent. Nous sommes les outils obéissants des Puissants et des Riches qui tirent les ficelles dans les coulisses. Nos talents, nos facultés et nos vies appartiennent à ces hommes. Nous sommes des prostituées de l’intellect. Tout cela, vous le savez aussi bien que moi ! » »
    (Cité dans : Labor’s Untold Story, de Richard O. Boyer and Herbert M. Morais, NY, 1955/1979.)”

    Il suffit aussi de relire la Charte des journalistes pour mesurer l’étendue de leur trahison……


  14. peyo Le 13 août 2015 à 11h35
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    Les néolibéraux veulent transformer nos pseudo démocraties en pseudos dictatures, ce qui arrangerait leurs affaires pour longtemps, du moins le croient-ils, ils commencent vraiment à nous faire peur. Les intérêts des citoyens ne les intéressent plus du tout, seuls, bénéfices de la finance et des cartels comme centre de réflexion, comme leurs grands amis américains.


  15. Jorge Le 19 août 2015 à 23h10
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    Il faut préciser que Range a porté plainte contre trahison de l’état tandis qu’il aurait pu qualifier la plainte de “divulgation d’information confidentielle”, peine pour laquelle la peine est beaucoup plus faible.


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