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25.juin.201525.6.2015 // Les Crises

Quand “Le Monde” rêve d’un putsch contre Tsipras (+ Acrimed)

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Les eurocrates les plus fous sont prêts à tout, y compris au pire. Il suffit pour s’en convaincre de lire, en ce jour de sommet européen exceptionnel, un récent éditorial signé d’Arnaud Leparmentier. Oubliant que les Grecs se sont choisis démocratiquement ceux qui les gouvernent, celui-ci écrit noir sur blanc comment les destituer !

Markus Schreiber/AP/SIPA

Si les Grecs ont inventé la démocratie, d’autres ont en tête de leur appliquer la technique du coup d’Etatsoft, histoire sans doute de leur faire oublier la version hard expérimentée du temps des colonels.

La chose a été explicitée de manière sereine par Arnaud Leparmentier, éditorialiste du Monde connu pour ses penchants néolibéraux décomplexés. Ayant expliqué que tout le mal venait non de la Troïka mais des Grecs eux-mêmes (air connu) et que l’Europe courait au désastre au cas de « Grexit » (ce qui n’est pas exclu), Leparmentier en arrive à la conclusion suivante : « La Grèce doit trouver un accord avec les Européens. Signé par Alexis Tsipras ou un autre, peu importe ».

Comment ça « peu importe » ? Il y aurait donc un autre représentant du peuple grec que l’on pourrait sortir de sa manche et installer à la place de celui qui a été dûment élu ? On a beau se frotter les yeux, telle est l’hypothèse envisagée par le vénérable éditorialiste d’un journal qui aime à faire des leçons de démocratie à la planète entière.

Lisons le plus avant : « Il existe des précédents peu reluisants. C’était en novembre 2011, au G20 de Cannes, au plus fort de la crise de l’euro : le Premier ministre grec Georges Papandréou et l’Italien Silvio Berlusconi avaient comparu au tribunal de l’euro devant Sarkozy, Merkel et Obama. Bien sûr, ils ne furent pas putschés comme de malheureux démocrates sud-américains victimes de la CIA. Mais de retour dans leur pays, ils ont comme par miracle perdu leur majorité. Papandréou fut remplacé par le banquier central Loukas Papademos et Berlusconi par l’ex-commissaire européen Mario Monti. » Au passage, on appréciera la notion de « tribunal de l’euro », digne des procureurs de l’URSS, avec Obama, le roi du dollar, dans le rôle du juge suprême.

Les Grecs ne jouent pas au poker : ils jouent leur peau, leur souveraineté, leur dignité et leur place dans une Europe qui a tendance à les oublier

Arnaud Leparmentier continue son rêve à voix haute et à plume libérée : « Imaginons donc un scénario de crise : 30 juin, constat de défaut de la Grèce : 1er juillet, panique bancaire et instauration d’un contrôle des changes par Tsipras, contraint et forcé ; 2 juillet, mise en minorité du gouvernement Tsipras par les irréductibles de Syriza ; 3 juillet, constitution d’un gouvernement d’union nationale, avec ou sans Tsipras ; 4 juillet, retour des négociateurs à Bruxelles-Canossa. Odieusement antidémocratique ? Les Grecs jouent au poker. Pourquoi pas nous ? » Fin de la leçon d’éducation civique.

Bref, dans un journal qui sermonne quotidiennement la Russie, un éditorialiste de renom propose de traiter la Grèce avec la délicatesse de Poutine en Ukraine. On a les modèles qu’on peut.

Jusqu’à preuve du contraire, les Grecs ne jouent pas au poker : ils jouent leur peau, leur souveraineté, leur dignité et leur place dans une Europe qui a tendance à les oublier. C’est déjà beaucoup. Comme l’écrit l’économiste américain Jeffrey Sachs, peu suspect de dérive gauchisante puisqu’il fut l’un des instigateurs de la « thérapie de choc » dans la Russie de Boris Eltsine : « Les exigences de l’Europe sont fondamentalement autodestructrices. En les rejetant, les Grecs ne jouent pas. Ils essaient de survivre ».

Sauf à demander à Alexis Tsipras de se suicider pour le plaisir des banquiers, nul ne peut décemment lui suggérer de poursuivre une politique qui a produit une catastrophe humanitaire et économique vérifiable par tous, à l’exception des esprits taquins qui considèrent que la Grèce ne vaut que par les îles ensoleillées où les bobos vont se dorer la pilule pendant les mois d’été. Quant à le menacer d’un complot pour le déstabiliser, comme dans un roman de John Le Carré, c’est la confirmation que les eurocrates les plus fous sont prêts à tout, y compris au pire.

L’étonnant, dans cette affaire, n’est pas que certains préparent une Grèce post-Tsipras imposée par la volonté de créanciers se rêvant en apprentis putschistes. Non, l’étonnant est qu’une telle hypothèse puisse être imprimée noir sur blanc dans un journal comme Le Monde sans susciter de réactions indignées, comme si la démocratie était devenue un passager encombrant.

Source : Jack Dion, pour Marianne, le 22 juin 2015.


Grèce : la croisade d’Arnaud Leparmentier, vice-pape du Monde – par Acrimed

par Frédéric Lemaire, Henri Maler, le 24 juin 2015

Au moment où nous écrivons, les pressions s’accentuent sur la Grèce pour qu’elle accepte les mesures de rigueur imposées par ses créanciers. Depuis plusieurs mois, Le Monde y contribue à travers, notamment, les chroniques furieuses d’Arnaud Leparmentier contre le gouvernement d’Alexis Tsipras. Les réactions à l’activisme du directeur adjoint des rédactions du Le Monde n’ont pas manqué : dans un article exhaustif, Romaric Godin épingle les arguments fallacieux employés par Arnaud Leparmentier pour accabler les Grecs. Pierre Rimbert a quant à lui signé un petit rappel des précédents accès de fièvre libérale d’un éditocrate qui, depuis vingt ans, fait l’éloge des plans de licenciements et peste contre toutes les formes de protection sociale. Mais les partis pris de Leparmentier posent une autre question : au nom de qui parle-t-il ?

Arnaud Leparmentier a encore frappé. Dans une chronique publiée dans Le Monde du 18 juin, il se prend à rêver d’un « scénario de crise » : défaut de la Grèce, panique bancaire, renversement du gouvernement Tsipras, signature de l’accord des créanciers par un nouveau gouvernement. Il est évident que dans l’esprit du directeur adjoint des rédactions du Monde, il n’y a pas d’alternative à l’orthodoxie budgétaire européenne : la rigueur doit être appliquée de gré ou de force.

L’éditocrate n’en était pas à son coup d’essai. « Nous allons continuer de nous ruiner pour les Grecs », se lamentait-il dans une autre chronique datée du 21 janvier [1] parue une semaine avant les élections grecques, plaisamment agrémentée de culture classique :« le masque de Solon tombe : les Grecs refusent de payer des impôts. » La métaphore du masque inspire décidemment Leparmentier. Il signe deux semaines plus tard une nouvelle chronique, datée du 4 févier 2015 et intitulée « Le masque de la tragédie grecque » [2] – masque à travers lequel il faudrait à nouveau percer les mensonges des Grecs.

En voici un réjouissant pot-pourri : la Grèce « n’aurait pas été victime de l’austérité », d’ailleurs « elle ne verse quasiment aucun intérêt » ; la « tragédie » ne serait pas celle qu’on croit, puisque ce sont les braves États baltes, bons élèves de l’austérité, qui paieraient en vérité les excès des « pays du Club Med » (sic) ; enfin, les 18 autres pays de la zone euro auraient une légitimité supérieure à celle du nouveau gouvernement grec pour déterminer du sort du pays. Et« le petit couplet sur la légitimité démocratique du vote des Grecs en faveur de Syriza qui supplanterait les oukases d’une “troïka” (Commission, BCE, FMI) non démocratique est un brin fallacieux » [3].

La croisade d’Arnaud Leparmentier se poursuit avec une autre chronique publiée le 8 avril [4], au titre évocateur : « La France, une Grèce qui s’ignore ». Faisant d’une pierre deux coups, notre croisé châtie la France « plus socialiste que jamais », qui « étouffe sous l’impôt et la dépense publique », et moque « la complainte des Grecs sacrifiés sur l’autel de l’euro et de la rigueur » alors qu’ils connaissent « depuis 1990 » (sic) une croissance supérieure à celle de la France [5].

Jusqu’où ira Leparmentier ? Loin, apparemment. Dans sa dernière chronique, évoquée au début de cet article, il envisage, ni plus ni moins, le renversement du gouvernement d’Alexis Tsipras au nom de l’impérieuse nécessité de l’orthodoxie néolibérale dont il se fait le champion. Les amateurs apprécieront la version « live » de cette chronique, diffusée le lundi 15 juin sur France Inter dans l’émission « Un jour dans le Monde » animée par Nicolas Demorand. En introduction de cette performance bouffie d’importance (« me revoici tel Cassandre » [6]), l’éditorialiste du Monde se veut provocateur : « auditeurs sensibles, éteignez vos appareils, mélenchonistes de tous bords serrez les poings, chronique scélérate, ce soir ».

La jubilation d’Arnaud Leparmentier à l’idée de justifier, à une heure de grande écoute, le renversement d’un gouvernement qu’il honnit (« Eurêka, Syriza a déjà capitulé ») est celle d’un bateleur d’estrade, qui mime la transgression et cultive la provocation. Soyons clair : Arnaud Leparmentier est libre d’avoir ses opinions. Ses interventions soulèvent néanmoins cette question : au nom de qui parle-t-il ?

 

Le « nous » majestueux d’un chroniqueur-éditorialiste

Des défenseurs sourcilleux de la liberté d’opinion soutiendront qu’Arnaud Leparmentier ne parle qu’en son propre nom. En son nom certes, mais en qualité de directeur adjoint des rédactions duMonde. Une position dont il use et abuse partout où il s’exprime et quel que soit le sujet, faisant de lui un porte-parole officieux de l’ensemble de la rédaction.

Certes les bouffées de rage d’Arnaud Leparmentier sur la Grèce se présentent dans Le Monde sous la forme d’une « chronique » et non d’un « éditorial » qui engagerait officiellement l’ensemble de la rédaction. Cette nuance permet au directeur adjoint de la rédaction de s’épargner l’anonymat et le ton traditionnellement plus modéré des éditoriaux non signés. Mais il serait naïf de penser qu’un tel artifice permette aux lecteurs de faire la différence (byzantine) entre l’éditorial de la rédaction et la chronique éditorialisée du directeur en chef adjoint des rédactions… disposés côte-à-côte sur la même page du journal.

Sans compter que, sur le fond, les éditoriaux non signés ne se distinguent pas vraiment des « chroniques » de Leparmentier – exaltation mise à part. Il suffit pour s’en convaincre de lire notrearticle précédent. Qu’on le veuille ou non, sur la Grèce, les partis pris politiques du Monde se confondent avec ceux d’Arnaud Leparmentier.

Certes, il arrive que les articles plus factuels des pages d’information contredisent les grandiloquents anathèmes du vice-pape du Groupe Le Monde, comme ce fut récemment le cas des articles des correspondantes à Athènes Adéa Guillot [7] ou Aline Leclerc [8].

Peut-être les auteures de ces articles et, plus généralement, la majorité des journalistes du Monde sont-ils d’accord avec les commentaires d’Arnaud Leparmentier ? Peut-être pas. Auquel cas, ont-ils les moyens de contester la ligne éditoriale imposée par un vice-pape qui aspire, comme on le murmure dans les couloirs du quotidien, à devenir pape lui-même ? Difficile de le savoir : la démocratie au sein du Monde est aussi transparente que les réunions du Conseil européen.

Quoi qu’il en soit, les journalistes du Monde peuvent apprendre, en lisant le journal pour lequel ils travaillent, qu’Arnaud Leparmentier, non content de parler pour « eux », parle également pour « nous ». Un « nous » prophétique et insistant. Celui du 21 janvier annonçait :« Nous allons continuer de nous ruiner pour les Grecs ». Celui du 18 juin annonce : « Hébétés, nous marchons droit vers le désastre ». Quels sont ces hébétés en marche ? Les journalistes duMonde ? Sans doute pas. Le peuple français, dont Arnaud Leparmentier se ferait le porte-parole sans en avoir reçu le mandat ? C’est peu probable, du moins pour cette fois.

Les peuples européens ? C’est possible. Mais ils sont immédiatement englobés dans une entité : l’Europe. Relisons :« Hébétés, nous marchons droit vers le désastre. C’est l’Europe qui est cette fois menacée. » Une « Europe » qui se confond, comme souvent dans la prose de Leparmentier, avec ses gouvernements – dont on sait en quelle estime ils tiennent la démocratie quand elle contrarie leurs projets. Inutile de douter davantage : le « nous » englobe les gouvernements européens et les éditorialistes-choniqueurs qui partagent le point de vue et les angoisses, non du peuple grec, mais d’Arnaud Leparmentier…

… qui pousse son identification avec les gouvernements européens au point d’imaginer, pour eux, de recourir à un coup de force qui s’apparente à un quasi coup d’État :

Imaginons donc un scénario de crise : 30 juin, constat de défaut de la Grèce ; 1er juillet, panique bancaire et instauration d’un contrôle des changes par Tsipras, contraint et forcé ; 2 juillet, mise en minorité du gouvernement Tsipras par les irréductibles de Syriza ; 3 juillet, constitution d’un gouvernement d’union nationale, avec ou sans Tsipras ; 4 juillet : retour des négociateurs à Bruxelles-Canossa. Odieusement antidémocratique ? Les Grecs jouent au poker. Pourquoi pas nous ? [9]

À « nous » de jouer avec le sort du peuple Grec et de la démocratie ! Décidément, Le Monde est bien malade…

Frédéric Lemaire et Henri Maler
Post-Scriptum : Au Monde, il n’y a pas que le directeur adjoint des rédactions qui fustige l’insoutenable légèreté des Grecs…

 

Dessins de Plantu en « Une » des éditions du Monde, respectivement du 8 et du 15 juin.

Notes

[1] Version intégrale dans l’édition abonnés.

[2] Version intégrale dans l’édition abonnés.

[3] Nous ne développerons pas davantage cet argumentaire rageur, démonté dans La Tribune par l’article de Romaric Godin précédemment cité.

[4] Version intégrale dans l’édition abonnés.

[5] Voir aussi le commentaire de cette chronique dans l’article de Pierre Rimbert cité précédemment.

[6] Détail amusant : Leparmentier se vante dans sa chronique d’avoir eu raison avant tout le monde. Or en février, il affirmait qu’un défaut grec ne pourrait pas « menacer l’euro dans son existence générale ». Quatre mois plus tard, il est contredit par un certain… Leparmentier Arnaud : « Nul ne peut jurer qu’un “Grexit” n’entraînera pas […] un démantèlement de la zone euro » s’inquiète en effet l’éditorialiste du Monde, dans sa chronique du 18 juin.

[7] Par exemple dans un article intitulé « La Grèce intensifie ses tractations avant le sommet crucial de lundi », publié le 21 juin 2015.

[8] Par exemple dans un article intitulé « En Grèce, en euro ou en drachmes : « Nous n’avons rien maintenant, nous n’aurons rien après », publié le 21 juin 2015.

[9] Lire ce commentaire de la chronique de Leparmentier dans Marianne : « Quand “Le Monde” rêve d’un putsch contre Tsipras »

Source : Acrimed, 24/06/2015

Nous vous proposons cet article afin d'élargir votre champ de réflexion. Cela ne signifie pas forcément que nous approuvions la vision développée ici. Dans tous les cas, notre responsabilité s'arrête aux propos que nous reportons ici. [Lire plus]Nous ne sommes nullement engagés par les propos que l'auteur aurait pu tenir par ailleurs - et encore moins par ceux qu'il pourrait tenir dans le futur. Merci cependant de nous signaler par le formulaire de contact toute information concernant l'auteur qui pourrait nuire à sa réputation. 

Commentaire recommandé

Jean sur // 25.06.2015 à 05h31

Les citoyens: tout juste bons à renflouer les banques.
La démocratie : tolérée tant qu’elle n’empêche pas le renflouement des banques.
Le discours sur les ” valeurs de la République” : voile usé qui dissimule de plus en plus mal les points précédents.

48 réactions et commentaires

  • Léa // 25.06.2015 à 02h01

    Sur Acrimed ! Grèce : la croisade d’Arnaud Leparmentier, vice-pape du Monde

    http://www.acrimed.org/article4701.html

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    • V_Parlier // 25.06.2015 à 10h48

      Le Monde… tout est dit. Cette façon qu’ils ont là-bas de voir le monde (le vrai) va faire passer les responsables de la CIA pour des enfants de chœur. C’est dans la nature même de ces pseudo-centristes qui se prennent pour des modérés propres sur eux.

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      • Pietro // 25.06.2015 à 12h01

        Le Monde vitrine de la CIA en France. Avec ses agents stipendiés parmi les journalistes 😉

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        • V_Parlier // 25.06.2015 à 22h54

          Mais j’ai l’impression que çà devient carrément naturel chez eux. Il n’y a même plus besoin de les pousser.

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  • dissy // 25.06.2015 à 02h54

    Les premiers rats quittent le Titanic PS:

    Le député frondeur Philippe Noguès quitte le Parti socialiste

    En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/politique/article/2015/06/24/le-depute-du-morbihan-philippe-nogues-quitte-le-parti-socialiste_4661092_823448.html#5sQx2P5yXrgCR4HV.99

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  • Jean sur // 25.06.2015 à 05h31

    Les citoyens: tout juste bons à renflouer les banques.
    La démocratie : tolérée tant qu’elle n’empêche pas le renflouement des banques.
    Le discours sur les ” valeurs de la République” : voile usé qui dissimule de plus en plus mal les points précédents.

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    • Popa // 25.06.2015 à 14h03

      Alors ça , ça va vous valoir un petit rappel historique.
      Dans la catégorie “Quand on veut on peu” , je citerais le cas du maréchal de France Philippe Pétain.
      https://fr.wikipedia.org/wiki/Loi_constitutionnelle_du_10_juillet_1940

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    • lvzor // 25.06.2015 à 22h47

      “Les citoyens: tout juste bons à renflouer les banques.
      La démocratie : tolérée tant qu’elle n’empêche pas le renflouement des banques.”

      Très juste remarque.

      Je reste pantois devant le fait que les mêmes qui s’indignent de quelques milliards (fictifs) pour sauver de la faillite (comptable) un pays entier (11 millions d’êtres humains) ont approuvé l’injection de 1500 de ces mêmes milliards pour sauver les banques (et principalement alimenter les golden parachutes, retraites chapeaux, “golden welcome”, stock options, jetons de présence et dividendes…) qui aujourd’hui étranglent la Grèce.

      (Contrairement aux banques, les pays ne sont apparemment pas “too big to fail”.)

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  • Bruno // 25.06.2015 à 06h51

    L’Europe des rentiers mène ici un combat politique: elle défend sa « dette immonde », machine à transférer l’argent des pauvres vers les riches. Si la pompe à fric s’arrête, il faudra un jour non pas songer à travailler, non ce serait trop horrible, mais peut-être revendre sa Ferrari : gross Malheur!

    Les serviteurs médiatiques des rentiers (le Monde, France Inter…), toute honte bue et vaguement peints en « rose-caviar », enragent littéralement devant ces Loups grecs qui ne veulent plus mener la vie des Chiens.

    Ils veulent le monde à leur image, soumis à leurs maitres, venant chercher les thèmes d’actualité du jour à Matignon et leur programme politique à Berlin.

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  • Surya // 25.06.2015 à 07h42

    Sans doute un nostalgique du renversement de l’horrible gauchiste Allende par le très libéral Pinochet. Au moins avec les libéraux c’est cohérent…

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  • FifiBrind_acier // 25.06.2015 à 07h54

    Ce ne serait pas la première fois…
    Berlusconi, qui trainait les pieds pour appliquer l’austérité, a été remplace vite fait par Super Mario Monti.

    En 2011, Papandréou s’était mis en tête d’organiser un referendum sur le plan d’austérité.
    Il a été remplacé, sans élection aucune, par Papadémos Loukas, au pedigree intéressant:
    – ancien gouverneur de la Banque Fédéral de Boston.
    – ancien Gouverneur de la Banque de Grèce de 1994 à 2002, du temps des bidouillages des comptes par Goldman Sachs.
    – ancien Vice Président de la BCE.

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  • Rcool // 25.06.2015 à 08h11

    En effet, je pense que ça fait parti des complications de ces négociations! il y en a qui ont misés sur le lassement du peuple grec et qu’ils vont organiser des révoltes enfin de renverser le gouvernement! pourquoi pas une petite révolution de couleur comme ils essaient aujourd’hui en Arménie, Macédoine, Hongkong etc…!

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  • scipio // 25.06.2015 à 09h29

    Article très révélateur sur le fait que démocratie et libéralisme marchent main dans la main.

    Question la panique qui agite le parmentier ne parait guère compatible avec le discours qui nous dit qu’un accord est sur le point d’être conclu avec la Grèce.
    Enfin, en cas de grexit on voit mal pourquoi l’aile gauche (pour Leparmentier les enragés ) de Syriza renverserait Tsipras si celui ci sortait la Grèce du bourbier européen?

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  • Gregoire // 25.06.2015 à 13h20

    La création de l’UE devait mettre fin aux guerres, coup d’Etat et assurer la stabilité dans l’UE… voilà la preuve que nos politocards mentaient une fois de plus que ce soit avant Masstricht ou en 2005 et que l’UE n’a été créé que pour féodaliser l’Europe “Moderne”. Cet écrivailleur (surnommé la patate dans les couloirs du Monde), prouve que ces maitres commencent à faire dans leurs frocs…puisque la violence d’un coup d’Etat, d’une révolution de couleur d’ assassinats, semble n’être que la seule issue face à cette Renaissance Démocratique grecque.
    Mais ces issues criminelles prouveraient leurs limites intellectuelles ce qui est finalement rassurant pour l’avenir démocratique de l’Europe car c’est l’intelligence l’avenir…

     16

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  • Fabrice // 25.06.2015 à 13h25

    Juncker l’avait dit :

    http://www.les-crises.fr/juncker-il-ne-peut-y-avoir-de-choix-democratique-contre-les-traites-europeens/

    et même si certains médias se réveillent :

    http://blogs.mediapart.fr/blog/jean-michel-naulot/170615/crise-grecque-la-democratie-contre-les-traites

    A mon avis la grèce (comme déjà dit) est un exemple de ce que annonçait honnêtement Juncker, et pour qu’il soit si honnête vu qu’il est pourtant connu pour avoir truqué pas mal de dossiers d’évasion fiscale c’est que la messe est dite et que seule une révolte généralisée, pourrait faire plier l’Europe (de Bruxelles pour éviter les tatillons).

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  • saintaubin // 25.06.2015 à 13h57

    et ,au fait,qui sont les actionnaires et propriétaires du ” Monde ” ?

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  • Louis Robert // 25.06.2015 à 14h00

    Par sa conduite tout au long de la crise ukrainienne (elle n’a pas changé au moment d’écrire ceci…), Le Monde a montré qu’il était au dessous de tout. — Il ne reste plus à l’honnête homme qu’à ignorer tout à fait l’ensemble de cette presstitution avérée et au plus haut point méprisable. Lui tourner le dos est devenu un impératif moral.

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  • Popa // 25.06.2015 à 14h17

    Ce qui est le plus intéressant dans ce papier c’est les commentaires sur le site du monde.
    http://www.lemonde.fr/idees/reactions/2015/06/17/les-grecs-hebetes_4655631_3232.html
    Presque unanimes pour dénoncer un parti-pris malheureux et des conclusions hâtives de l’auteur.

    Même les lecteurs du monde ne sont plus d’accord avec la soupe qu’on leur sert , c’est dire l’état des contres pouvoirs dans notre “démocratie représentative” .

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  • Caliban // 25.06.2015 à 14h17

    Manifestement le flash totalitaire de janvier n’était pas qu’un flash.

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  • lon // 25.06.2015 à 15h56

    Plantu fidèle à lui-même …

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  • georges glise // 25.06.2015 à 16h39

    certes leparmentier rime avec le potage et le hâchis du même nom, mais il va au bout de la logique libérale qui a toujours été celle du monde. certes le monde n’a jamais soutenu, en apparence du moins, les putschistes et les dictatures, mais dès que j’ai commencé à le lire, lorsque je suis entré étudiant à la fac en 1958, quand il était à 40 anciens francs, j’ai constaté qu’il était, plus encore que le figaro de l’époque, le journal des financiers, des banquiers, des boursicoteurs de tout poil. en demandant aux grecs et à syriza de se renier ou de disparaître, leparmentier va simplement au bout de cette logique libérale qui a toujours été celle du monde, journal de référence, mais de quelle référence et révérence, celle de wall street, de la city et de la bourse de paris, même si le monde a toujours essayé de tromper son monde, il n’a jamais été au service du programme du conseil national de la résistance, et il a toujours traité par le mépris la classe ouvrière et ses représentants syndicaux et politiques.

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    • Ago // 25.06.2015 à 21h52

      Excellent !
      A mourir de rire tellement c’est d’une réalité percutante

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  • Taras // 25.06.2015 à 16h43

    Ces gars-là n’aiment pas la démocratie, celle qui sent le peuple et la sueur mais ils cachent en général mieux leurs intentions. La pression de l’actualité fait tomber les masques de certains tartuffes démocrates qui ne peuvent plus réfréner leurs véritables aspirations, sous fond de panique grandissante.

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  • Feuille de Mars // 25.06.2015 à 16h45

    Plantu me déçoit assez sur ce coup-là.

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  • Benoit // 25.06.2015 à 16h58

    Et encore, il y a celui là qui vient de sortir où le monde annonce très fièrement qu’on pourrait mettre
    “Yannis Stournaras, un homme très apprécié des cercles européens”, gouverneur de la banque grecque, au pouvoir, “sans élections nécessaires”

    http://www.lemonde.fr/economie/article/2015/06/25/les-grecs-evoquent-divers-scenarios-politiques-en-cas-d-echec-des-negociations_4661628_3234.html

    Quel scandale

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    • Carabistouille // 25.06.2015 à 17h04

      Procès d’intention agaçant. Soit vous n’avez rien compris, soit vous êtes un menteur.
      L’article du Monde dont vous parlez est assez équilibré (pour une fois) et n’annonce rien fièrement comme vous l’affirmez. Il parle de cet éventualité avec plutôt de la dénonciation dans le ton.
      Y en a vraiment marre de ce systématisme. Vous pourrissez la crédibilité du site avec ce genre d’intervention. Et si la modération supprimait ça, vous hurleriez à la censure. Lamentable.

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      Alerter
      • catherine Balogh // 25.06.2015 à 19h47

        Bonjour Carabistouille,

        à chacun sa manière de percevoir ce qu’il lit.Je ne trouve pas que l’écrit de Benoit mérite autant de mépris.
        On est nombreux ici et il est important d’être tolérant et courtois, pour ne pas “décribiliser” ce blog.
        merci.
        Cordialement.

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      • georges glise // 27.06.2015 à 21h18

        carabistouille, eh oui votre nom est très éclairant pour définir les carabistouilles des ultra-libéraux contre tsipras et syriza, je sens que nous allons bien rigoler lorsqu’on aura les résultats du référendum grec! à moins que d’ici là il y ait eu le putsch souhaité par leparmentier, ou l’invasion par l’otan.

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  • Crapaud Rouge // 25.06.2015 à 17h25

    Et Tsipras, le-démocrate-qui-défend-son-peuple, de discuter sans fin avec ces gens qui se foutent royalement de la démocratie. S’il ne gagne pas, il laissera de lui l’image d’un idiot qui s’est fait rouler dans la farine.

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    • languedoc30 // 25.06.2015 à 20h36

      Vous êtes cruel, mais je ne suis pas loin de penser comme vous. Il pourra toujours revenir devant ses électeurs et leur dire combien ce fut difficile et le nombre de couleuvres qu’ il a dû avaler pour un résultat aussi médiocre, parce que je ne peux pas imaginer que Merkel cède sur la restructuration de la dette dont les allemands ne veulent pas. Sauf si les américains font pression.
      J’aimerais tant qu’il leur claque la porte au nez en leur disant d’aller se faire voir.

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  • Beaugrand // 25.06.2015 à 19h46

    Comme dit le chanteur “plus rien ne m’étonne” : quand les kleptocrates s’allient aux bobocrates, ça donne Le Monde et Le Parmentier …

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  • Gregoire // 25.06.2015 à 20h47

    Vous avez oubliez les Palais souterrains de Saddam Hussein, ses multiples sosies, les bases ultra moderne de Ben Laden…l’invasion de l’Ukraine par V.Poutine etc etc… Un journal qui n’a même pas vu la crise de 2008 arriver… à boycotter sous toutes ses formes…

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  • Beatrix // 25.06.2015 à 21h20

    Putsch?
    Malheureusement, je crois qu’il n’y a même pas besoin d’un putsch soft ou hard contre Tsipras et Syrisa. La division qui se fait sentir à cause des concessions successive commence à se sentir nettement et les composantes se mettent enfin à exprimer leurs divergences fondamentales. La dissolution de Syrisa sera vraisemblable. Une nouvelle élection deviendra probable et ce sera par cette porte que le danger va s’introduire.
    Ce danger est bien présent depuis la percée de Syrisa en janvier.

    Il y a comme un malaise quand, tous les jours, on lit des positions contradictoires
    On peut avoir de l’empathie pour la souffrance des Grecs mais on ne parvient pas à se convaincre d’une nette victoire de Syrisa. De négociations en négociations, on a l’impression que Tsipras et Varoufakis reculent et courbent sur l’essentiel des revendications sur lequel ils ont été élus. Ces revendications sont tellement contradictoires et inconciliables.

    Vouloir faire plier l’UE ou lui faire changer de politiques et de nature aura été un échec.

    Le billet de James Petras le dit mieux que moi.
    http://www.globalresearch.ca/syriza-plunder-pillage-and-prostration-how-the-hard-left-embraces-the-policies-of-the-hard-right/5455695

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    • Citoyen // 26.06.2015 à 04h55

      Il est d’ailleurs assez curieux que l’on continue à surfer sur le déjà fameux “Changer l’Europe” (UE en fait) “Autre Europe” (UE en fait).. cela ressemble trop furieusement aux habituels slogans élections européennes (slogans mensongers)

      En effet, on se tue à répéter que l’UE est fondée sur le MARCHÉ, le CAPITALISME FINANCIER.

      Pour changer l'”Europe”, il faut donc faire table rase de tous les Traités ultra-libéraux qui FONDENT l’UE. Inspirés et commandités par les USA-foi religieuse capitaliste, rédemption par les “marchés”
      Or le “marché” signifie banques et corporativisme p r i v é.
      Point,.

      Le reste, c’est de la soupe démago religieuse.

      Position de Syriza sur le TTIP?
      Allo, on n’entend rien..

      Podemos en tout cas se déclare pro USA, pro marchés, pro OTAN, pro banques privées, etc….(nombreuses interviews visibles)

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      • achriline // 26.06.2015 à 12h07

        Disons-le et répétons-le CHANGER l’europe est impossible. Pour changer le moindre article des traités il faut la majorité absolue.
        Il vous suffit d’imaginer une famille de 28 personnes qui doit choisir quel programme télé regarder ce soir.

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        • Beatrix // 28.06.2015 à 15h07

          Tout à fait d’accord avec vous.
          L’Empire n’est pas réformable.

          Avant de devoir engager une vaine bataille contre lui, la France qui a la chance de ne pas en être encore là, devrait réfléchir à sa sortie des trois entités qui l’emprisonnent, c’est-à-dire sortir de l’euro, de l’UE et de l’OTAN, et reprendre ses droits souverains sur sa monnaie et sa politique étrangère, sur son économie et de sa sécurité(particulièrement intoxiquée par la communauté internationale du renseignement qui la manipule).

          Qu’est ce qui la retient quand on voit que l’Islande, tout petit pays, en répudiant sa dette, se redresse et retrouve la croissance en juste trois années? Dans cette période de reprise de ses droits souverains, son peuple n’avait pas souffert de famine, ni de manques pénalisants.

          Je suis sûre qu’aujourd’hui, les TCE-sceptiques seront plus nombreux qui dépasseront les 54,6% de 2005 et une bonne proportion de Euro-hostiles les rejoindra. Le retour au franc français n’aura que des avantages avec le redémarrage de l’économie française, y compris pour les riches et la classe moyenne.
          En prime, l’indépendance politique permettra de nouer des relations avec des pays dont le développement actuel se trouve dans une courbe dynamique. La France et l’Europe ne sont plus le centre ou le phare du monde, sinon qu’elles le sont comme zone repliée et sinistrée. Heureusement pour le reste de la planète, la zone est circonscrite .

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  • lvzor // 25.06.2015 à 21h47

    Depuis quelque 35 ans la principale qualité requise pour être propulsé aux fonctions dirigeantes est la servilité : la conséquence logique en est le réflexe pétainiste qui caractérise en toute circonstance ceux qui les exercent. Dès lors il est inévitable que leur pratique en matière de communication se fonde sur les principes propres aux ministères de la propagande du siècle dernier.

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  • fouineur // 26.06.2015 à 07h42

    Vous parlez de “désir des journalistes”. Je pense plutôt qu’il s’agit pour la plupart de petits télégraphistes qui doivent obéir aux ordres (des banquiers et mafieux du système) s’ils veulent garder leur travail. Sauf pour les plus gros et gras d’entre eux (les éditorialistes payés grassement pour leur propagande grossière, avec les subventions que nous versons en tant que contribuables), qui sont des collabos actifs du système.

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  • Laetizia // 26.06.2015 à 08h07

    Plantu caricaturiste, portraitiste… s’est planté. Son Tsipras n’est pas ressemblant et a besoin d’un écriteau pour être reconnu.

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  • John // 26.06.2015 à 19h54

    Il y a aussi le gars de Libé.(ai oublié son nom) Il peut faire concurrence à ce “journaliste” du Monde.

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  • Bobleymar // 01.07.2015 à 11h35

    « La Grèce doit trouver un accord avec les Européens. Signé par Alexis Tsipras ou un autre, peu importe ».

    On imagine bien mal la même phrase mais en remplaçant Tsipras par Merkel ou Hollande.
    Mais pour les euro-béats et autres libéraux qui nous parlent de démocratie à longueur d’articles, aujourd’hui celle-ci n’est plus une nécessité mais devient optionnelle lorsqu’elle entrave l’orthodoxie libérale de l’Union Européenne.

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