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10.juin.201510.6.2015 // Les Crises

[Tout arrive…] Saakachvili, sous mandat d’arrêt, nommé gouverneur d’Odessa…

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On est bien d’accord : en 2008, il y a un conflit armé entre la Russie et la Géorgie – dont le président a fini par faire tirer son armée sur des troupes russes… On ne va même pas chercher à détailler le pourquoi du comment à ce stade.

Et là, Porochenko vient tranquillement de donner la nationalité ukrainienne à l’ancien président géorgien, et de le nommer à la tête d’une région très sensible d’Ukraine, où des Russes ont péri brulés il y a un an (hmmm, et l’enquête au fait ?…. )

C’est moi, ou c’est un sacré message de paix aux Russes ça ?

Ukraine: le président géorgien accuse Saakachvili d’avoir “insulté” la Géorgie

Guiorgui Margvelachvili, lors d'une conférence de presse au palais présidentiel le 13 mai 2014 à Tbilisi

Guiorgui Margvelachvili, lors d’une conférence de presse au palais présidentiel le 13 mai 2014 à Tbilisi

Le président géorgien Guiorgui Margvelachvili a qualifié d'”insulte” à la Géorgie la décision de son prédécesseur Mikheïl Saakachvili d’accepter d’être nommé à la tête de la région ukrainienne d’Odessa, après avoir pris la citoyenneté ukrainienne.

“Ce comportement indécent est incompréhensible”, a déclaré M. Margvelachvili dans des commentaires télévisés diffusés dimanche soir. M. Saakachvili, 47 ans, qui s’était vu accorder le week-end dernier la citoyenneté ukrainienne, “a insulté notre Etat”, a-t-il dénoncé. “Il y a des valeurs plus importantes que la carrière, et parmi elles figure la nationalité de son pays”, a ajouté le président géorgien. Selon la loi géorgienne, un Géorgien qui accepte la citoyenneté d’un autre pays perd automatiquement sa nationalité géorgienne. Cette perte doit toutefois être confirmée par décret, ce qui dans le cas de M. Saakachvili n’a pas été fait pour l’instant. Il reste donc citoyen géorgien. “Que cela soit pour lui comme une épée de Damoclès. Cela sera une décision politique et nous la prendrons quand nous voudrons”, a déclaré la ministre de la Justice géorgienne, Tea Tsouloukiani.

Ennemi juré de Vladimir Poutine, M. Saakachvili a été nommé samedi gouverneur de la région stratégique ukrainienne d’Odessa, avec pour objectif d’y préserver la “souveraineté” du pays et de lutter contre la corruption.

Cette nomination a suscité la fureur de la Russie, accusée par Kiev et les Occidentaux de soutenir militairement les séparatistes prorusses dans l’Est de l’Ukraine, ce qu’elle nie. Président de la Géorgie de 2004 à 2013, Mikheïl Saakachvili, arrivé au pouvoir à l’issue de la “Révolution de la rose” – premier d’une série de soulèvements populaires dans des pays de l’ex-URSS -, a toujours été très proche des autorités pro-occidentales de l’Ukraine. M. Saakachvili est notamment crédité de progrès dans la lutte contre la corruption, mais a été accusé par ses détracteurs de dérives autoritaires. Il est poursuivi en Géorgie pour “abus de pouvoir”, et dénonce de son côté des persécutions politiques.

Source : Le Parisien, le 1er juin 2015.


Ukraine: le pouvoir irrite un peu plus la Russie en nommant Saakachvili à Odessa

Le président ukrainien a choisi de nommer Mikhaïl Saakachvili, ancien chef d’État géorgien, gouverneur de la région d’Odessa. Personnage éruptif et contesté, il avait endigué la corruption en Géorgie et engagé de nombreuses réformes. Jusqu’en 2008, quand la guerre en Ossétie du Sud en a fait la bête noire du Kremlin voire son ennemi n°1.

La nouvelle a été annoncée samedi 30 mai et aussitôt mise en ligne sur le site internet de la présidence d’Ukraine. L’ancien président géorgien Mikhaïl Saakachvili est nommé gouverneur de la région d’Odessa, dans le sud du pays, sur les bords de la mer Noire. La veille, il s’était vu octroyer, in extremis, la citoyenneté ukrainienne. Sa mission ? Préserver la « souveraineté » du pays et lutter contre la corruption. « Nous avons besoin de nouvelles règles, de nouvelles personnes, d’une nouvelle direction, afin d’attirer davantage de touristes et – ce qui est plus important – davantage d’investisseurs à Odessa », a déclaré Saakachvili lors de son investiture. Le nouveau gouverneur est allé jusqu’à annoncer son projet de faire de cette ville portuaire « la capitale de la mer Noire » et a promis de changer radicalement la vie dans la région.

Parmi les élus locaux, certains ont réagi positivement à cette nomination. Mais le maire d’Odessa, Guennadi Trukhanov, s’est montré sceptique, comme le rapporte le site d’information ukrainien ZN UA : « Nous avons vu le résultat des réformes que Saakachvili a pu mener en Géorgie dans un court laps de temps, mais je ne dirais pas que l’on peut reproduire l’expérience d’un pays à l’autre. » D’autres, comme le député Nikolaï Skorik, ancien gouverneur d’Odessa lui-même et aujourd’hui membre de l’opposition, ont vivement critiqué l’arrivée de Saakachvili. « Cela fait un an que les gens de son équipe travaillent pour le gouvernement. Et où est la réforme ? Elle n’est pas là. Eux-mêmes commencent à nous enliser dans des scandales de corruption. Je ne crois pas que Saakachvili va vaincre la corruption dans les douanes et réussir à faire appliquer la loi. Je ne crois pas à l’investissement. Dans un pays en guerre, l’argent ne vient pas. »

Si elle peut surprendre, la nomination de l’ancien président géorgien ne tombe pas du ciel. Saakachvili faisait partie des soutiens étrangers à la révolution du Maïdan depuis son commencement, et c’est un homme qui connaît bien l’Ukraine, pays où il a fait son service militaire à la toute fin de l’URSS et où il a suivi ses études, à cette époque où les citoyens soviétiques circulaient d’une république à l’autre. C’est d’ailleurs sur les bancs de l’université de Kiev qu’il avait rencontré Petro Porochenko, l’actuel président ukrainien, lequel fait appel à lui au lendemain de son élection, en mai 2014, pour le conseiller.

Quelques mois plus tard, Porochenko le nomme à la tête du « conseil international consultatif des réformes », un comité qui compte un Américain et plusieurs anciens ministres européens – des personnalités essentiellement issues d’Europe centrale, un Allemand… mais aucun Français. Saakachvili est donc aux premières loges du pouvoir ukrainien depuis déjà plusieurs mois et ce, en même temps qu’un certain nombre d’autres personnalités étrangères.

Petro Porochenko, en voulant s’attaquer à une corruption endémique dans un pays où intérêts des oligarques et stratégies politiques sont intimement liés, a cherché en effet des personnalités détachées du monde des affaires ukrainien. Ont ainsi été nommés en décembre dernier trois ministres étrangers, comme nous le racontions dans Mediapart : l’Américaine d’origine ukrainienne Natalie Iaresko au ministère des finances, le Lituanien Aivaras Abromavicius à l’économie, et le Géorgien Alexander Kvitachvili à la santé.

D’autres Géorgiens qui avaient gouverné aux côtés de Saakachvili dans les années 2000 ont également rejoint l’exécutif, comme Eka Zgouladzé, affectée au poste de vice-ministre de l’intérieur, qui n’est autre que la mère de la grande réforme de la police géorgienne, celle qui a imposé, dans un pays qui se relevait à peine de l’effondrement du bloc soviétique, une réduction drastique des effectifs, une nouvelle formation des policiers, une fusion des services de police avec l’ancien KGB, la fin des pratiques de corruption et une lutte acharnée contre le crime organisé. Les observateurs parlaient alors d’une « révolution culturelle » menée par une jeune ministre à peine trentenaire…

Enfin, d’autres Géorgiens ont rejoint ces derniers mois des institutions ukrainiennes, comme le parquet et le bureau anticorruption issu de la révolution du Maïdan. Figure également, parmi les proches conseillers du gouvernement à Kiev, Guiorgui Vashadzé, député géorgien et ancien vice-ministre de la justice.

Il faut dire qu’à l’image d’Eka Zgouladzé, les membres de l’équipe de Saakachvili se sont distingués pendant les années 2000 par des réformes poussées, s’attaquant notamment à la corruption et à la bureaucratie, et favorisant la libéralisation de l’économie. Le pouvoir à Tbilissi s’est également laissé aller à des dérives, il a cherché à museler l’opposition et les médias et a été fortement contesté, mais la lutte contre la corruption engagée alors par celui que les Géorgiens appelaient « Micha » fut l’un de ses principaux succès et il a été largement applaudi pour cela par différentes organisations internationales.

L’épouvantail qui osa défier l’armée russe

Ainsi, en 2012, un rapport de la Banque mondiale sur la lutte contre la corruption dans l’administration menée entre 2003 et 2011 en Géorgie saluait les progrès de Tbilissi, montrant que les autorités étaient parvenues à mettre fin à « un cercle vicieux de corruption endémique » avec des réformes « appropriées et décisives ». Il indiquait que la méthode employée par l’exécutif de Saakachvili gagnait à être appliquée dans d’autres pays de l’espace postsoviétique, tant sa politique mettait à bas le mythe d’une corruption inscrite dans la culture du pays. Le rapport soulignait que des progrès significatifs avaient été enregistrés dans l’administration fiscale, les services de police, les douanes, mais aussi l’université, le secteur énergétique, les pratiques des entreprises, et les rapports entre usagers des services publics et fonctionnaires.

Mikhaïl Saakachvili a présidé la Géorgie de 2004 à 2013. Il a tout pour être la bête noire du Kremlin : il accède au pouvoir à l’issue du premier des soulèvements populaires qui ont ébranlé, à partir des années 2000, le fragile équilibre postsoviétique. Atlantiste convaincu, passé par les universités américaines après sa formation en Ukraine, il mène en outre, parallèlement aux réformes, une politique ostensiblement pro-américaine. Il fait de son pays l’un des plus gros contributeurs à la coalition militaire en Irak, envoyant jusqu’à 2 000 hommes en 2007, joue la carte du rapprochement européen, espère une adhésion à l’Otan… Et il finit par aller au clash avec Moscou.

Août 2008. Des incidents éclatent à la frontière entre des séparatistes géorgiens soutenus par la Russie et l’armée de Tbilissi. Saakachvili lance alors l’assaut contre les forces militaires russes. Réaction immédiate du Kremlin : en huit jours, le sort de deux provinces frontalières est plié, Tbilissi obligé de reculer devant l’avancée des troupes russes, c’est un lamentable échec pour le président géorgien. La guerre éclair débouche sur l’« indépendance » de l’Abkhazie et de l’Ossétie du Sud, deux États aujourd’hui reconnus par Moscou.

Même si l’on apprendra quatre ans plus tard, de l’aveu de Vladimir Poutine lui-même, que le Kremlin avait en réalité planifié cette action deux ans en amont, pour Moscou, Saakachvili n’en est pas moins l’épouvantail qui osa défier l’armée russe. Rappelons cette heureuse formule que Vladimir Poutine avait eue à son sujet pendant ces quelques jours de Blitzkrieg : « Saakachvili, je vais le faire pendre par les couilles »

La guerre éclair de Géorgie, en août 2008, et la perte des deux provinces séparatistes © DR

Sa nomination à la tête de la région d’Odessa est-elle une provocation de la part de Kiev à l’égard de Moscou ? Tatiana Jean, chercheuse et responsable du centre Russie – Nouveaux États indépendants à l’Ifri, l’institut français des relations internationales, croit plutôt que c’est un « pied de nez », et que le facteur russe, cette fois-ci, n’a pas joué, ou alors « c’était le facteur 45 »

« Ce que montre cette nomination en réalité, explique la spécialiste à Mediapart, c’est qu’en Ukraine, le pool de managers efficaces, non corrompus, non liés à des intérêts économiques et financiers est extrêmement restreint. Certes, Saakachvili n’est pas le plus mauvais des managers. Mais cette décision étonnante, ambiguë, et qui ne peut évidemment qu’irriter Moscou, est avant tout liée au déficit de compétences dans le pays. »

Aucune manifestation de rejet n’a éclaté pour l’instant dans la ville portuaire ukrainienne. « C’est un signal fort, estime Tatiana Jean. C’est une façon de montrer qu’Odessa n’est pas une ville russe, de réaffirmer l’appartenance ukrainienne de la ville : voyez, on peut nommer Saakachvili gouverneur et personne ne proteste. » La nomination de Saakachvili, au fond, est un terrible aveu : celui de l’impossibilité de trouver, en interne, des personnes au-dessus de la mêlée pour mener les réformes. Mais c’est aussi la marque d’un certain isolement de Kiev. Si le pouvoir tend la main à des personnalités de l’Est, cela montre, en creux, la frilosité de l’Ouest européen à prêter main forte aux Ukrainiens dans la conduite des réformes.

Les soutiens de Porochenko, en tout cas, applaudissent. À les croire, la nomination de Saakachvili n’a aucune raison d’agacer le Kremlin. « Je ne vois pas comment les relations entre l’Ukraine et la Russie peuvent empirer, explique le député Oleg Goncharenko à Odessa, joint par Mediapart. Nous sommes déjà en guerre, les relations n’ont jamais été aussi mauvaises, Poutine n’a pas besoin de cela pour faire ce qu’il veut en Ukraine ! »

Ce député élu en novembre dernier sur les listes du « bloc Porochenko », et anciennement président du conseil régional d’Odessa, est convaincu que Saakachvili peut exporter son expérience en Ukraine. « L’oblast d’Odessa constitue l’une des plus grandes régions d’Ukraine, et c’est la plus longue frontière extérieure du pays. C’est une région pleine de ressources, qui a un gros potentiel. L’expérience d’un étranger comme Saakachvili peut non seulement améliorer la situation localement, mais fournir un exemple et contribuer ainsi aux réformes au niveau national. » L’élu le reconnaît pourtant, si les pro-Maïdan dont il fait partie nourrissent beaucoup d’espoir face à cette nomination, les pro-russes de la région ne s’en réjouissent absolument pas.

La région stratégique d’Odessa, si elle est restée à l’écart de la guerre qui a fait à ce jour plus de 6 200 morts dans le Donbass, est traversée par de vives tensions. Logée entre la Transnistrie, province sécessionniste de Modalvie où stationnent des troupes russes, et la Crimée, annexée par la Russie en mars 2014, la ville d’un million d’habitants en grande partie russophone a été aux premières loges des soubresauts qui ont suivi l’effondrement du pouvoir Ianoukovitch, l’an dernier.

Le 2 mai 2014 en effet, un incendie embrase la Maison des syndicats… 48 militants pro-russes y périssent, sans compter les nombreux blessés. Pour l’heure, un seul activiste pro-Kiev a été inquiété dans cette affaire, l’enquête judiciaire semble au point mort, et de nombreux pro-Russes se disent persécutés, comme le raconte ce reportage du Monde publié le mois dernier. De leur côté, des citoyens, principalement des journalistes, ont formé le « comité du 2-Mai » pour mener leurs propres investigations, s’efforçant d’être le plus impartiaux possible. Leurs conclusions ont écarté le scénario du massacre prémédité, mais racontent l’enchaînement d’agressions mutuelles et l’impuissance et la passivité des forces de police ukrainiennes.

Le déclin du clan Kolomoïski

Aujourd’hui, l’atmosphère reste tendue. Des explosions éclatent parfois ici ou là dans Odessa, et si le soutien aux séparatistes de l’Est s’est en partie estompé devant l’ampleur du conflit, de nombreux habitants de la région s’estiment lésés et nourrissent une rancœur face à l’absence de condamnations, un an après le tragique événement. De nombreux anciens affidés au président déchu Viktor Ianoukovitch sont encore dans les rouages du pouvoir local et ne faciliteront certainement pas la tâche du nouveau gouverneur parachuté.

Odessa, ville portuaire au passé riche et aux nombreuses ressources, constitue un point d’autant plus sensible que si jamais le Kremlin décidait d’étendre les troubles en Ukraine, c’est sans nul doute dans cette direction-là qu’il regarderait après Marioupol, l’autre port de la mer Noire encore sous contrôle ukrainien. Odessa, comme Mediapart le relatait à travers un reportage en septembre dernier, fait partie du territoire de la Novorossia, cette « Nouvelle Russie » de l’époque impériale, invoquée depuis l’an dernier par Vladimir Poutine pour mieux asseoir les nouvelles ambitions de la Russie postsoviétique.

Le Kremlin n’a d’ailleurs pas manqué de railler les nouvelles fonctions de l’ancien chef d’État, tandis que la nouvelle a fait les choux gras des médias russes pendant le week-end. « Saakachvili à la tête de la région d’Odessa. Le numéro de cirque continue… Pauvre Ukraine », a tweeté le premier ministre Dmitri Medvedev. « Saakachvili accusé de crimes contre le peuple géorgien est nommé gouverneur d’Odessa où les néonazis ont brûlé des gens en toute impunité, a tweeté de son côté le délégué aux droits de l’homme du ministère russe des affaires étrangères, Konstantin Dolgov. C’est un symbole profond de la démocratie à la Kiev observée avec bienveillance par l’Occident. »

« Saakachvili à la tête de la région d’Odessa. Le numéro de cirque continue… Pauvre Ukraine », tweet de Dmitri Medvedev

Dans ce contexte, accepter le poste pour l’ancien président Saakachvili relève du défi. Voire d’un coup de folie. Un ancien ministre en poste à Tbilissi sous la présidence Saakachvili nous le confirme : l’ancien chef d’État a besoin d’être « dans le feu de l’action », de « se confronter à la difficulté », de « se sentir nécessaire ». Il témoigne d’un attachement particulier à Odessa. La ville présente en effet des points communs avec Batoumi, ce port géorgien de l’autre rive de la mer Noire, dont Saakachvili voulait faire une vitrine prospère de son pays. C’est sans doute cela qui l’inspire quand il parle de développer le port de marchandises ukrainien. Et c’est dans les rues d’Odessa, au début du XXe siècle, qu’est née cette chanson russe, Kostia Mariaka, « Konstantin le marin », que l’ancien président géorgien a souvent mentionnée comme son air préféré…

Mais il est peu question de sentiments ici. Ambitieux, le nouvel homme fort d’Odessa, qui espère bien retrouver un jour des fonctions politiques dans son propre pays, joue sur ce poste son avenir politique. « S’il se plante sur les réformes à Odessa, il sera fini politiquement. C’est lui – et non pas les Ukrainiens – qui porte tous les risques de cette nomination : risque d’échec sur les réformes, mais aussi risque vital pour sa personne ! », lâche un de ses anciens collaborateurs à Tbilissi.

© Saakachvili, “symbole profond de la démocratie à la Kiev observée avec bienveillance par l’occident” pour Konstantin Dolgov

Étant donné les vents contraires qui soufflent à Tbilissi depuis la fin de son second mandat, Saakachvili, de fait, n’a pas droit à l’erreur. Actuellement poursuivi en Géorgie pour recours abusif à la force lors des manifestations de contestation de son pouvoir, en 2007, il vivait en exil aux États-Unis avant d’être appelé par Porochenko.

À l’annonce de sa nomination à Odessa, la réaction de son successeur à Tbilissi n’a pas été tendre. Pour Guiorgui Margvelachvili, Mikhaïl Saakachvili est le traître à la patrie : « L’ancien président a insulté son pays et l’institution présidentielle. Je ne peux pas comprendre un tel comportement indigne », a-t-il déclaré à une radio russe. Selon la loi géorgienne, accepter la citoyenneté d’un pays tiers conduit, de fait, à la perte de la citoyenneté géorgienne. Mais cette perte doit être confirmée par décret, ce qui n’a pas été fait pour l’instant dans le cas de Saakachvili. Or si ce dernier se voyait privé de sa citoyenneté géorgienne, cela entraînerait la levée des poursuites judiciaires actuellement en cours contre lui : ce n’est pas forcément ce que souhaite l’exécutif en poste aujourd’hui à Tbilissi…

Détesté par Moscou, sous le coup de poursuites judiciaires dans son propre pays, sur le retour d’un exil aux États-Unis, Saakachvili est donc en train d’écrire une nouvelle page surprenante de son parcours. Côté ukrainien, cette nomination confirme le déclin amorcé ces derniers mois du clan de l’oligarque Igor Kolomoïski, l’ancien gouverneur de la grande ville de l’est de Dnipropetrovsk démis de ses fonctions en mars. Le gouverneur d’Odessa sortant est en effet le milliardaire Igor Palytsia, qui n’est autre que le bras droit de Kolomoïski, entré en fonctions l’an dernier après l’incendie de la Maison des syndicats.

Ces derniers mois, le gouvernement a engagé un bras de fer pour reprendre le contrôle d’actifs gaziers et pétroliers et réduire l’influence des oligarques. Kolomoïksi semble accepter le jeu – du moins officiellement. Il s’est retiré de ses fonctions politiques pour mieux se concentrer sur ses affaires et notamment sur son empire médiatique. Mais ce tacticien, 2e ou 3e fortune d’Ukraine, n’a certainement pas dit son dernier mot. Nul doute que d’importantes luttes d’influence continuent de se jouer en coulisses, dans l’ombre du conflit qui se poursuit, dans l’est du pays.

Source : Amélie Poinssot, pour Médiapart, pour les non-abonnés, le 3 juin 2015.


Bonus :

“La nomination de Mikheïl Saakachvili a été violemment critiquée par Moscou avant même d’être officielle. Le délégué aux droits de l’homme du ministère russe des affaires étrangères, Konstantine Dolgov, a ainsi écrit sur son compte Twitter : « Saakachvili accusé de crimes contre le peuple géorgien est nommé gouverneur d’Odessa où les néonazis ont brûlé des gens en toute impunité : c’est un symbole profond de la démocratie à la Kiev observée avec bienveillance par l’Occident ».”

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Commentaire recommandé

Carabistouille // 10.06.2015 à 11h32

Je vous propose une autre analogie:
grosses manifs anti-wallones à Anvers, puis coup d’état Flamand avec l’aide de milices fachistes et néo-nazis flamandes en Belgique. Ieres décisions, l’interdiction du Français comme langue officiel du pays, déclarer la France pays de chiens puants et de racailles juste bons à servir d’esclaves, décréter un jour férié pour célébrer la mémoire de la SS Nordland et décréter comme héros de la patrie tous les célèbres collaborationnistes flamands.
Les wallons se rebellent, exigent un statut fédéral. Le nouveau gouvernement flamand est aussitôt reconnu par les USA, le UK et la RFA. Le nouveau gouvernement envoie l’armée mâter les “terroristes” Wallons. Conjointement, à Liège, une manif de Wallons est sauvagement attaquée par des miliciens flamands sous l’oeil bienveillant des flics flamands. Ils se retranchent dans un bâtiment, et la France entière peut voir des Flamands rigolards regarder bruler vif une cinquantaine de Wallons et tabasser à mort ceux qui essayent de sortir du brasier en gueulant, mort à la vermine française, mort aux putains français.
Ne croyez vous pas que des milliers de volontaires Français iraient immédiatement défendre les wallons massacrés?
Ne croyez vous pas que des milliers de volontaires Français dans l’armée ne demanderaient pas immédiatement une dispo pour aller se battre?
Alors là, les USA et ses clébards accusent la France d’envahir la libre Belgique et décrètent des sanctions contre elle. Etc…

Et on peut tout à fait imaginer que ce soit un scénario tout à fait crédible si un jour la France sortait de l’OTAN et décidait d’adhérer aux BRICS et à l’OCS

51 réactions et commentaires

  • nouche // 10.06.2015 à 01h53

    Avec la crimee russe, le port de Mariupol quasi en novorossia, Odessa confirme sa place de port principal de l’Ukraine, un endroit strategique pour tout trafiquant

    a noter que Porochenko est originaire d’Odessa, ville ou son pere faisait du traffic d’alcool.

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    • Tanouchka // 10.06.2015 à 10h07

      Un vidéo de contexte (je l’ai déjà posté hier mais j’ajoute ici parce que c’est le sujet exact).
      Une guerre de plus pour Porochenko (Ukraine, Moldavie contre Transnistrie)
      http://www.youtube.com/watch?v=lZd-6q0KeFI .
      Découvrez comment Porochenko planifie de “décongeler” (sic) d’anciens conflits pour parvenir à ses fins.

        +11

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    • Tanouchka // 10.06.2015 à 10h15

      A noté aussi que Porochenko et Saakachvili sont les anciens copains de l’université à Kiev, selon une déclaration de Porochenko lui-même.

        +3

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    • René Fabri // 12.06.2015 à 23h20

      @ Mouche. Wikipedia, dans toutes les langues, n’indiquent pas cette origine d’Odessa. Sa famille serait plutôt originaire de Roumanie, quand les frontières étaient un peu différentes. Ou bien alors, il y aurait une confusion entre la ville d’Odessa et l’oblast d’Odessa.
      Peut-être que Porochenko lui-même se déclarerait originaire d’Odessa, mais la fiabilité d’une telle déclaration serait douteuse étant donné le personnage, et étant donné aussi le fait qu’Odessa est plus prestigieux que la frontière roumaine.

        +1

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  • Serge // 10.06.2015 à 03h48

    Tout arrive ,en effet …Même réussir à faire passer ce qui est abject pour de la démocratie vertueuse.
    Ah elle est belle notre “démocrachie” !
    Tiens,j’ai même du mal à écrire ce court commentaire,tellement j’ai la nausée .
    Cela ne les choque pas plus que ça à Médiapart ?
    Ils ne savent pas non plus qu’Odessa a été fondée ex nihilo par Catherine II ?
    A quand une base de l’OTAN dans la ville du “cuirassé Potemkine”?
    Une pensée pour ses habitants et ceux qui y sont nés : les violonistes Nathan Milstein,Oïstrakh,les pianistes Sviatoslav Richter,Emil Guilels,le mathématicien Vladimir Arnold etc etc …

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    • DERIBASS // 10.06.2015 à 05h03

      Une pensée au premier gouverneur français d’Odessa ( 1803-1814 ), nommé par le tsar Alexandre I : Armand Emmanuel Duplessis ” Duc de Richelieu ” dont la statue est érigée en haut de l’escalier de Potemkine . Une autre pensée d’un autre français ayant succédé au Duc : Alexandre-Louis Andrault de Langeron ou le Comte de Langeron . De retour à Odessa en 1815, Alexandre Ier lui donne le gouvernement militaire, en remplacement de Richelieu, de la province de la Nouvelle Russie. Sous son commandement, les exportations de cette province atteignent la somme de 14 millions de roubles par an (maximum atteint en 1817), ceci parce qu’il avait déclaré le port d’Odessa, port franc (aucune taxe n’était perçue pour les marchandises arrivant par la ville). Il crée à Odessa le lycée Richelieu, institution d’élite permettant la formation des nouveaux émigrants venant de Grèce et des fils des riches marchands de la ville. Il supervise également la construction du jardin botanique de la ville et du boulevard Primorsky (boulevard maritime). Odessa nomma une rue et une plage en son honneur et il est considéré comme un de ses fondateurs.
      Il prit également le commandement des cosaques de la mer Noire.

      De la part d’un amoureux de la ville d’Odessa

        +28

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  • BEYER Michel // 10.06.2015 à 06h10

    J’ai écouté ARTE, hier soir, l’émission “28 mn”. Ce fut un festival antirusse, antiPoutine, avec même parfois des relents anticommunistes. Dans ce type d’émission, Elisabeth Quin joue de la prunelle tout azimuth. Pas même un simple petit contradicteur. Les séparatistes sont venus de nulle part (la Russie bien sûr). L’avion MH17 abattu, des témoignages (mais ce n’est pas certain ) corroborent la version d’une action des séparatistes. Ils auraient cru que c’était un avion militaire ukrainien. Donc, ils ne sont pas fautifs à 100%. Et tout à l’avenant…..
    Heureusement, je viens de lire que le Vatican refuse de suivre les occidentaux contre la Russie. Ce Pape, si il continue à prendre des décisions courageuses va se mettre en danger.

    http://fr.sputniknews.com/international/20150609/1016484619.html

      +39

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    • Thierry46 // 10.06.2015 à 15h52

      oui, cette émission est un concentré de bobo-néo-conservatisme.
      aucun débat contradictoire, pire que c dans l’air..c’est dire.

        +18

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  • dupontg // 10.06.2015 à 06h37

    a noter au passage que Staline etait aussi georgien..
    Pour ceux qui diabolisent la Russie et ont soutenu curieusement la georgie lors du dernier conflit.

      +11

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  • yannis // 10.06.2015 à 06h37

    saakachvili , est l’illustration de la perversion des anglos-saxons , qui sont passés de la BARBARIE

    au déclin sans passer par la case civilisation , mot dont ils ne connaissent pas le sens .

    c’est pourquoi ils répètent le même schème , qu’a la fin de la guerre de 1940 , où ils ont protégés
    et employés les waffen ss, sous prétexte de combattre la russie .
    ils ont bien employés un R.schuman frappé d’indignité nationale et l’ancien nazi de la waffen ss
    walter hallstein.pour construire le glacis géopolitique us face à la russie , appelé UE .
    Les anglos saxons ne respectent aucun droit de l’homme , aucun droit international , et ne représentent aucune valeur , auxquelles nous sommes attachés , nous peuple civilisé .
    rejetons l’OTAN , comme nous avons rejeté les nazis dont il (otan) s’inspire des méthodes

      +53

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  • Ovuef2R // 10.06.2015 à 07h23

    Dans le journal du 30 mai à 18h sur France Culture ( http://www.franceculture.fr/player/reecouter?play=5043527# à 5’15 ) on y apprend que la guerre de 2008 avait été suscitée par la Russie et quel Russiea annexé “de fait” une partie de la Géorgie depuis!
    Comme si ce n’étaient pas les militaires géorgiens qui avaient profité du feu d’artifice des JO de Pékin pour lancer leur offensive, tuant des soldats russes de maintien de la paix en plus de civils, pendant que toutes les télés regardaient ailleurs. Agression anticipée, bien avant, par les russes et leurs services secrets..
    Pour France Culture Saakachvili à Odessa, où il n’y a pas eu d’incendie à priori en 2014, est une bonne nouvelle pour la lutte contre la corruption et la protéger de V Poutine qui lorgne dessus…
    On y apprenait aussi, la minute précédente, que la Gay Pride était interdite en Russie, et aura value à ses participants des oeufs et des bombes lacrymo par les orthodoxes russes. Mais on aura pas un mot sur celle autorisée en Ukraine et qui s’est soldée par des coups et des violences de la part des ultra nationalistes…
    Sur la fin on parle de la grave erreur des chinois avec leurs constructions d’îles dans la mer de Chine qui va leur mettre les US à dos (en plus des vietnamiens et des japonais).
    Radio France, la seule sans publicité à tout bout de champ, la radio “Pour ceux qui en ont entre les oreilles” était leur slogan, il y a longtemps, on se demande bien ce qu’ils y mettent maintenant, dans les oreilles de leurs auditeurs…

      +52

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    • eskape // 10.06.2015 à 14h52

      pour l’histoire, on peut toujours voir le doc de la tv russe Russia.ru sur la guerre de 2008 en georgie – évidemment le point de vue russe, mais ça compte aussi, non?
      (fait en 2013, donc avant “lesévénements” en ukraine, ainsi inutile d’y voir une propagande dirigée contre l’ukraine, bien qu’il y ait déjà quelques infos qui la concernent, ainsi que les EU et l’OTAN et dont le sens rétrospectif est très intéressant)
      https://www.youtube.com/watch?v=mYteeDbLffQ
      (seul défaut, c’est en russe, je ne sais pas si qqn peut le trouver sous-titré, mais je le poste néanmoins pour les connaisseurs)

      et comme cela a été réclamé ici sur un autre post, je signale que par la même occasion, ca vaut le coup de voir aussi cet autre doc russe, sur le début du bordel en syrie, fait “de l’intérieur” en 2012, où tout est déjà dit, et c’est en cela que c’est passionnant (je crois qu’on ne parlait même pas encore de “EI”, “ISIS”, “Daesh”, “al-nosra”, etc…, mais de “modérés” et d'”armée syrienne libre” – eh bien, c’est intéressant de voir à quel point ils étaient déjà modérés…)
      https://www.youtube.com/watch?v=y-VCQMR009U

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  • openmind // 10.06.2015 à 08h12

    Juste une idée qui me vient sur ce triste sir.

    J’ai comme l’impression qu’il ne va pas vivre vieux….

    Je creuse un peu: je constate que les idiots utiles ou autre infiltrés de tout poil formés aux USA (Saakash vient de là comme tant d’autres) sont parfois sacrifiés pour la grande cause démocratique otanesque lorsque le besoin s’en fait sentir. Nemtsov peut très bien s’analyser comme cela. Je pense que Saakash a failli y passer en 2008 mais là il faudra avoir une sacrée garde rapprochée….les Black water peut-être pour éviter les odessites énervés (y en a et y a de quoi) les Ukrainiens ulcérés et les quelques russes bien planqués avec une petite lunette qui émet une lumière rouge….mais bon je peux complètement me tromper….

    Salut à tous.

      +8

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  • Ardèchoix // 10.06.2015 à 08h33

    Nous avons un ancien président de paradis fiscal nommé à la tête de l’Europe, alors accepter la nomination en tant que gouverneur de la ville d’odessa un homme qui est sous mandat d’arrêt est une suite logique de ce monde en perdition.
    Une pensée pour les martyrs de la maison des syndicats.

      +66

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  • yves // 10.06.2015 à 08h42

    “Même si l’on apprendra quatre ans plus tard, de l’aveu de Vladimir Poutine lui-même, que le Kremlin avait en réalité planifié cette action deux ans en amont, pour Moscou”

    on comprend bien que les détracteurs de la Russie puissent penser que Poutine tente de refaire un empire style soviet, qui dit que dans 4 ans il n’avouera pas avoir planifié les événements en Ukraine? ah pardon, il a déjà avoué pour la Crimée.
    Attend-t’il maintenant que Poroshenko lui déclare officiellement la guerre pour faire le même coup qu’en Géorgie?
    les atlantistes déclenchent les conflits puis après tout le monde fait de son mieux pour avoir sa part du gâteau.
    bref, il n’y a aucun “gentil” dans l’histoire, bien au contraire, il n’y en a pas un pour rattraper l’autre 🙁

      +2

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    • yannis // 10.06.2015 à 09h52

      Les gentils n’ont jamais existé dans les enjeux géostratégiques ,

      N’oublions pas que saakchvilli à été mis au pouvoir par la CIA

      « Formé aux Etats-unis, venu au pouvoir grâce à un soulèvement orchestré par la CIA, il lança dès son élection une purge contre les anciens collaborateurs du président Chevardnadze, se rapprocha des États-Unis et d’Israël et soutint toute action anti-Russe. » voltaire.org

      Il ne peut etre considéré que comme un agent de la CIA , qui a comme ordre de route:

      « La nomination de Mikheil Saakachvili comme gouverneur d’Odessa doit se comprendre comme une menace à l’encontre de la Russie. En effet, Odessa est le port frontière permettant à la Transnistrie (État pro-Russe non-reconnu) de fonctionner. Il aura donc la possibilité de bloquer son économie. »

      Une épine dans le pied de la RUSSIE mise en place par les dégénérés de washington qui promeuvent leur idéologie totalitaire !

        +23

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      • anne jordan // 11.06.2015 à 17h37

        cette nomination doit surtout se comprendre comme un coup de pouce à la PRIVATISATION , que dis je au dépeçage de l’Ukraine .

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    • Scrib // 10.06.2015 à 10h32

      M’est d’avis que Poutine à un plan sous le coude, quoiqu’il arrive…
      Quoi de plus normal que d’avoir un plan en cas d’événement en transnistrie, un autre en cas d’attaque sur la Crimée (quoi qu’on pense de l’ “annexion”), un autre en cas de dialogue posé et réfléchie avec l’Ukraine, ou avec l’OTAN, ou avec les US…

      Ca serait que folie, que d’attendre bien gentimment de voir ce qui arrive et de réfléchir seulement à ce moment de ce qu’il convient de faire.

      Donc avoir un plan en cas de problème avec la Géorgie, 2 ans avant des évènements qu’il avait anticipés, me parait nullement être un crime. (J’ai cru comprendre qu’il n’avait rien provoqué)

      Tout comme il avait très certainement un plan d’action en cas d’aboutissement du mouvement Maidan, et surement un autre dans le cas inverse. (Ici, Poutine n’a jamais été mis en cause dans le mouvement Maidan… On lui reproche pas un coup d’état que je sache… ni même les référundums d’initiative populaire des fameuses “républiques auto-proclamée”, on lui reproche pas non plus le fait que le gouvernement central ukrainien ai envoyé d’office l’armée sur ces “républiques”…)

      Je me demande toujours : Que ferions nous, nous – français, si le pays Basque Espagnol souhaitait se rattacher à la France plutot qu’a l’Espagne, et que l’Espagne y envoyait l’armée d’office… Resterions nous à les regarder se faire tuer sous les bombes ?… demanderions nous un cessez le feu ? … On les aiderait en sous mains à se défendre ? Les Basques Francais feraient quoi ? (les plus tétus répondront que ca n’arivera pas… ce à quoi je répondrait qu’on n’aurait pas imaginé les évènements ukrainiens qu’on connais aujourd’hui il y a de ça 2 ans)

      Je pense que nos “élites” ont des plans en cas de Grexit, de Brexit, en cas de Catalexit, etc…
      Allons nous leur reprocher d’avoir des plans pour tout cas de figure ?

        +21

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      • Léa // 10.06.2015 à 11h22

        ‘Je me demande toujours : Que ferions nous, nous – français, si le pays Basque Espagnol souhaitait se rattacher à la France plutôt qu’a l’Espagne, et que l’Espagne y envoyait l’armée d’office… Resterions nous à les regarder se faire tuer sous les bombes ?…’

        A moins que l’ Espagne vire à gauche, gauche, on ne ferait probablement rien ! Comme on a rien fait en 1936 ( à part parquer les réfugiés espagnols dans des camps immondes http://gurs.free.fr/index.html ). On refilerait la patate chaude à l’ UE.

        Si les catalans aimeraient bien quitter l’ Espagne pour devenir une région de l’ UE, je doute que les basques veuillent se soumettre au pouvoir de Bruxelles ou même à celui de Paris..

        Et à la fin c’est l’ OTAN qui gère.

        Les basques n’ont pas du oublier Guernica.

        Après, que Poutine ait des plans pour contrer les tentatives de l’ OTAN UE, contre son pays c’est logique. Sinon il ne ferait pas son boulot.

        Mais on ne peut pas dire que la France qui avait des plans pour la Lybie, la Syrie, le Mali la RCA et l ‘ukraine ait été bien inspirée.

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        • Carabistouille // 10.06.2015 à 11h32

          Je vous propose une autre analogie:
          grosses manifs anti-wallones à Anvers, puis coup d’état Flamand avec l’aide de milices fachistes et néo-nazis flamandes en Belgique. Ieres décisions, l’interdiction du Français comme langue officiel du pays, déclarer la France pays de chiens puants et de racailles juste bons à servir d’esclaves, décréter un jour férié pour célébrer la mémoire de la SS Nordland et décréter comme héros de la patrie tous les célèbres collaborationnistes flamands.
          Les wallons se rebellent, exigent un statut fédéral. Le nouveau gouvernement flamand est aussitôt reconnu par les USA, le UK et la RFA. Le nouveau gouvernement envoie l’armée mâter les “terroristes” Wallons. Conjointement, à Liège, une manif de Wallons est sauvagement attaquée par des miliciens flamands sous l’oeil bienveillant des flics flamands. Ils se retranchent dans un bâtiment, et la France entière peut voir des Flamands rigolards regarder bruler vif une cinquantaine de Wallons et tabasser à mort ceux qui essayent de sortir du brasier en gueulant, mort à la vermine française, mort aux putains français.
          Ne croyez vous pas que des milliers de volontaires Français iraient immédiatement défendre les wallons massacrés?
          Ne croyez vous pas que des milliers de volontaires Français dans l’armée ne demanderaient pas immédiatement une dispo pour aller se battre?
          Alors là, les USA et ses clébards accusent la France d’envahir la libre Belgique et décrètent des sanctions contre elle. Etc…

          Et on peut tout à fait imaginer que ce soit un scénario tout à fait crédible si un jour la France sortait de l’OTAN et décidait d’adhérer aux BRICS et à l’OCS

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          • Scrib // 10.06.2015 à 13h43

            Si votre réponse à pour but d’éclairer ma lanterne sur ce que je ferais… je vous rassure… je le sais parfaitement … malheureusement dirais-je… 🙂

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          • Pavlo // 10.06.2015 à 19h24

            La Belgique est déjà fédérale… de plus, le binationalisme du pays est bien scindé geographiquement (c’est à dire qu’à part quelques zones, notamment Bruxelles, il n’y a pas de “policier flamand” en Wallonie, ni de “policier wallon” en Flandre).

            Cela étant dit, en 1950…
            A l’époque un referendum pour refuser ou accepter un roi collabo a donné des resultats extremement tranchés (“al ‘ukrainienne”). La Wallonie s’est même soulevé. Il y a eu des manifestants tués par la police et ça a vraiment mis le feux aux poudres. Dans certaines localités wallones il y a eu un vrai pouvoir parallèle, avec la police locale qui distribuait des armes à la population! Il y a eu aussi un début d’attentats à l’explosif (la Résistance c’était il y a à peine 5 ans, le savoir faire était tout chaud).
            Et aussi un congrès national wallon, qui discutait de la secession. Et de demander l’aide de l’armée française. Et oui.

            Comme quoi ça peut aussi arriver “près de chez vous”

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            • Carabistouille // 10.06.2015 à 20h05

              Surtout que pendant 800 ans, l’Europe s’est entre-massacrée gaiement pour le contrôle de la Belgique(les Flandres…)

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            • Citoyen // 17.06.2015 à 01h56

              1950
              Et puis…on assassina Julien Lahaut…le très populaire communiste et extraordinaire résistant, prisonnier.. l’Homme qui avait le Soleil dans sa poche..(ainsi nommé en raison de son comportement en camp nazi, avec les autres..)
              On n’a bien entendu jamais retrouvé le-les meurtriers (des locaux ‘royalisto-léopoldiens-version Léopold III l’ami d’Hitler et sans doute d’autres collusions)
              C’est que dans l’Empire US on n’aime pas les communistes. Ce sont des vilains.Et quand ils sont très populaires encore moins (Voir Gladio partout.. nos amis nous veulent du bien)

              Et puis on nomma son jeune fils qui avait comme amis Franco, Hiro-Hito, Mobutu et d’autres éminents démocrates-qui-plaisent-tant-à-nos-amis-qui-nous-veulent-du-bien.

              Le tout sous une propagande de ‘gentillesse-qui-aime-les-nanfants’ servie à grosses louches par complicité de tous les gouvernants de tous les ‘partis’.

              Et puis, l’audacieuse et baroudeuse ‘presse’ belge s’est tue. A relayé la propagande. Sur tout, tout le temps, sur les innombrables nazis fachos belges recyclés. Au gouvernement, sous l’ère Tindemans – son ami nazi fut Ministre. Qui l’eut su? Qui protesta? Personne, Rien. Nada. Aucun parti politique ni syndicat ni… ni… n’a RIEN dit.

              1960
              Il y eut La grève générale de l’hiver 1960-1961 déclenchée contre le programme d’austérité du gouvernement belge de Gaston Eyskens,
              Tiens, déjà, l’austérité… en pleines ‘trente glorieuses’… curieux, non?

              Elles furent insurrectionnelles. Encore.

              Là,la presse belge se manifesta dans la désinformation massive de guerre, pour faire croire que les flamands n’étaient pas aussi chauds que les wallons. Divide et impera.

              La presse belge, relais parfait de la nomenklatura.

              Ensuite, oh hasard, les amis anglo-saxons du protectorat colonie belge firent surgir de leur chapeau magique, la ‘régionalisation’ qui deviendra fédéralisation (qui n’a rien résolu du tout évidemment, le but n’étant pas celui-là, le but faisant partie du grand projet condominium européen devant progressivement dissoudre les Etats et les morceler en régions car la puissance multinationale n’aime p a s les Etats, trop forts.)

              1970
              Ensuite vint la ‘crise’ pétrolière. Et les cohortes de crises se suivant et se ressemblant toutes dans l’austérité-rigueur-il-faut-payer-la-.dette.
              Usual Bullshit.

              1980
              Ensuite, il y eut les millions de manifestants anti-Otan-missiles-USA.

              Là, on ne plaisante plus.

              Un gouvernement austéritaire-qui-est-séduit-par-le-pinochettisme s’installe dans une dureté effroyable. Un hasard…toujours. C’est fou. Le hasard fait t o u j o u r s bien les choses qui conviennent au moment où cela convient à-nos-amis-qui-nous-veulent-du-bien.

              Soudain la terreur s’abat sur la population. Tueurs du Brabant et fausses CCC,
              Armée dans les rues.
              Meurtres et terreur.
              Pétrole hors de prix, prix de tout en folie.
              Nos-amis-nous-veulent_du-bien.

              Chute du mur de Berlin.
              1990
              Gouvernement austérité, on recommence.Il faut réduire la dette etc…

              1991 Assassinat du Président du Parti Socialiste, le truculent A.Cools.
              On a trouvé les ‘coupables’ quant aux assassins… voir le reste…
              On en profite pour discréditer tout le parti socialiste.. une aubaine.
              (Tout le monde soupçonne tout le monde, la baroudeuse et osée presse belge ne se prive pas .. de jouer le jeu. Libres, on vous dit)

              Il faut réduire la dette et inventer des impôts, des taxes qui frappe le travail.
              Apparaît évidemment un Ministre des Finances qui bazarde tout le système fiscal au profit des extrêmements riches.

              La population belge, subissant depuis des décennies et ignorant tout de tout, ne b o u g e évidemment pas. De temps en temps, elle meugle. Puis rentre au pré dans son affectueusement vénérée automobile.(On ne divorce pas de son auto, on y reste attaché dans la sclérose mentale et la stase des rêves des années 50) On a juste 50 ans de retard dans ses habitudes et on en est fier.
              Pub-réclame apparaissent à la télé publique (avant interdit) et partout.

              2000
              Ah on privatise à qui mieux-mieux.
              Enfin, en Belgique, on ne ‘privatise’ pas comme ailleurs, en vendant.
              On donne. Astucieux, suffit, grace à l’aimable collaboration de la baroudeuse presse belge, d’organiser des sagas dramatiques dignes des meilleures séries télé américaines. Feuilleton, épisodes, rebondissements, accusation, des mois durant. Pendant ce temps, le belge n’y voit que du feu.
              Soudain, apparaissent des ‘sauveurs’.
              Jamais des racheteurs. Des sauveurs miraculeux. Hop, gratuit.
              C’est mieux que la corruptocratie. C’est l’idiocratie combinée à la voyoucratie.
              Nos-amis-qui-nous-veulent-du-bien-aiment-les-colonies-corrompues.
              Meilleur contrôle. Simple. En plus capitale de l’OTAN et de l’UE. On ne rigole pas avec ça. Faut un cadre propice. Et une population abrutie de petit esprit. Cramponnée à sa sacoche de petit.

              Euthanasie votée et tout le reste dans le sociétal dans le vent sans se poser de questions. Car pour cela, il faut un cerveau. Et non de la bouillie. A l’impossible, nul n’est tenu.

              2010 et plus
              Drame digne d’une série américaine, il faut un gouverne-meeeennt.
              Permet la mise en place de l’austérité… quels que soient les partis qui y sont. Ben voyons. La populace n’y voit que du feu et elle est bien contrôlée. Pas de réactions.

              En 2014, un gouvernement austéritaire et avec plein d’amis de nazis dedans.
              Rien. Il ne se passe rien. La population n’est même pas outrée. Elle qui à 50% depuis 20 ans est abreuvée de calmants-.par-de-gentils-médecins-qui-veulent-du-bien.

              Expulsions d’européens qui représentent-une-charge. Expulsions de migrants-réfugiés. Racisme au niveau officiel. Et populaire.
              Amis de nazis au gouvernement. Austérité. Destruction droits sociaux. Propositions littéralement féodales.Dans tout.
              On ne soigne pas les prisonniers… on leur permet de demander … l’euthanasie. Solution.
              Population ne réagit même pas. Trouve ça bien. La peine de mort qui ne dit pas son nom, c’est comme les nazis en Belgique.
              Rien. Silence.On y aime le glauque et l’irresponsabilité morale. Ça, ça plaît beaucoup. Ne pas se poser de questions, ne pas penser, ne pas savoir et surtout ne p a s déranger. Surtout pas.

              La Belgique, colonie USA depuis 1945, c’est comme l’Ukraine. Une presse très similaire. Un peuple crédule. Très petit-habitudes.
              Les tanks et bombes en moins.
              Pour l’instant…

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        • Carabistouille // 10.06.2015 à 12h15

          Je vous en propose encore une autre:
          au Mexique, le mouvement du Chiappas reprend de plus belle et s’allie avec tous les mouvements anti corruption et anti-narcos du pays. Le gouvernement et les cartels réagissent violemment. Les milices zapatistes et citoyennes semblent être vachement bien organisées et équipées pour être vraiment sorties du néant. On apprend que l’ambassadeur de Russie au Mexique a dit à celui de la Chine ” on n’a quand même pas mis 10mds de dollars dans ce pays pour laisser le pouvoir actuel en place”.
          Puis coup d’état des zapatistes et citoyens. Immédiatement, le nouveau gouvernement déclare les Yankees comme d’épouvantables impérialistes ayant semé la misère, la corruption et la mort dans leur pays depuis près de deux siècles. Dans la foulée, des techniciens militaires Russes et Chinois arrivent à Mexico. Le gouvernement intègre des ministres venezueliens, équatoriens et Boliviens.
          Le gouvernement ferme sa frontière avec l’ennemi US et nationaliste tous les avoirs US.
          Ouverture de bases navales et terrestres Russes et Chinoises et manoeuvre militaires conjointes à moins de 500 km du Rio Grande. Le Venezuela, face à l’attitude agressive des USA et dans sa volonté manifeste de recréer son arrière cour sud-américaine demande immédiatement un traité défensif avec la Russie et la Chine qui proposent d’installer des missiles nucléaires au Nicarague, Venezuela, Equateur et Bolivie.

          Les USA restent serein, proposent leur assistance au nouveau gouvernement et offrent même un prêt gratuit non remboursable. 🙂

            +19

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      • KB // 10.06.2015 à 16h55

        Petite remarque. Cette phrase-là est un exemple d’une pure hypocrisie “Même si l’on apprendra quatre ans plus tard, de l’aveu de Vladimir Poutine lui-même, que le Kremlin avait en réalité planifié cette action deux ans en amont, pour Moscou”. Ce que V.Poutine dit est qu’il y a eu un plan d’action en cas d’agression de la Géorgie, je souligne ” agression “. Ce n’était pas en aucun cas un plan d’invasion de la géorgie. Puisque les provocations de la part de la Géorgie étaient trop nombreuses, exactement comme aujourd’hui à Donetsk : on les bombardent, l’OSCE constate, L’Occident regarde ailleurs, le Canada et autres y envoient leurs instructeurs, et tout ceci est dans le but purement humanitaire, je suppose. Rien n’a changé depuis les événements tragiques en Ossétie.
        P.S. On en parle de cette nomination dans les blogs russes. On craint que cela puisse viser la Transnistrie.

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      • seb // 10.06.2015 à 23h24

        Exact.
        Tous les pays ont déjà les plans pour détruire d’autres pays même des alliés. C’est le but de la Défense. Se préparer à toute éventualité, afin de réagir vite. Les objectifs nucléaires sont déjà tous connus à l’avance depuis des décennies …
        A moins d’être un gros naïf et de croire que les stratèges militaires se tournent les pouces en temps de paix.

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    • Perekop // 10.06.2015 à 10h41

      <pour Yves :Qu'est-ce que c'est que ces salades ? Poutine n'a rien avoué du tout, il a juste dit – je pense que cela doit s'appliquer dans le cas de la Géorgie comme de la Crimée, qu'il était informé de menaces et qu'il a préparé les troupes à toute éventualité. Rien à voir avec un projet d'annexion. Attention à ce que vous dites, cher Monsieur…

        +22

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      • Astrolabe // 10.06.2015 à 15h56

        En effet, je n’ai lu nulle part, ni entendu à la télévision russe, que je suis pas à pas, que Poutine ait “avoué” qu’il avait planifié, etc, etc. Pour moi, c’est bidon, à moins qu’on me donne le lien vers cet enregistrement (pas l’article, je le connais). Dire qu’il avait “prévu”, c’est autre chose. Car s’il avait planifié, ce serait une bien mauvaise planification: les russes se sont fait descendre entre 12 et 17 chasseurs avec les Bouk que l’Ukraine avait livrés à la Géorgie et leurs troupes étaient de l’autre côté des montagnes. D’ailleurs des experts militaires m’ont dit que Saakachvili s’y était lui même bien mal pris, car il suffisait de faire sauter le côté sud du seul tunnel empruntable par des chars (jetez un oeil sur la carte détaillée sur google maps, vous verrez), or cela n’a pas été fait, pourquoi ?. Au lieu de 24 heures, il aurait fallu des jours pour les russes pour venir avec tout le matériel lourd par les petites routes de montagne.
        En ce qui concerne la lutte contre la corruption et les magouilleurs, elle a été conduite par Micha d’une façon assez sympa pour les autres pays: on a demandé aux voyous de ramasser leurs billes et d’aller jouer ailleurs (en Russie, dans les autres pays de l’es-URSS, mais aussi et surtout, en Europe !!! C’était ça ou une balle perdue. On dit merci qui ???

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        • KB // 10.06.2015 à 17h14

          Je voudrais en ajouter à votre comm.
          Voilà ce qu’on dit en Russie. La Géorgie a attaqué l’Ossétie du Sud dans la nuit du 7 au 8.08. Les troupes russes sont arrivées 2 jours plus tard. Et cela parce qu’elles ont reçu l’ordre assez tardivement. On en oublie souvent mais à l’époque le président c’était Medvedev, et V. Poutine le premier ministre. V. Poutine assistait aux Jeux Olym. à Pékan et Medvedev était trop mou et lâche pour donner un tel ordre, probablement il attendait que cela s’arrangerait tout seul. V. Poutine a interrompu sa visite à Pékan, est revenu à Moscou, comme on dit en russe ” a tapé sur la table ” et les choses ont commencé à bouger.

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        • Louis Joseph // 10.06.2015 à 22h04

          Il y a une “interprétation” des propos de Vladimir Poutine, de mémoire oui il a dit lors d’une interview que l’état major avait étudié un scénario mais en aucun cas il n’a parlé de “préparation”…
          Pour rappel il y a eu une lettre ouverte de généraux russes publiée sur RIA Novosti (entre autres). Ils constataient le “faible niveau” des forces russes dans ce conflit et le début des reformes importantes dans l’armée russe date de 2009…

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    • languedoc30 // 10.06.2015 à 15h29

      Porochenko veut faire un coup d’éclat pour faire oublier aux ukrainiens le fiasco économique dans lequel ils se trouvent. Il nomme Saakach gouverneur d’Odessa avec ordre de foutre le bor.el en Transnistrie. C’est énorme, mais ils sont tellement idiots ces deux pauvres mecs, qu’ils en sont bien capables.

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  • BA // 10.06.2015 à 10h24

    Saakachvili est une marionnette des Etats-Unis.

    Comme Jean Monnet.

    Dans l’hebdomadaire PARIS-MATCH, publié le 27 octobre 1951, page 18, le journaliste pose la question :

    « Que pensez-vous de la fédération européenne ? »

    Le général Eisenhower répond :

    « Rien ne pourrait nous être plus agréable que d’apprendre que les Etats d’Europe occidentale ont décidé de réunir dans une ville d’Europe – disons à Luxembourg – des délégués responsables, avec mandat de rédiger l’acte constitutionnel de l’Europe, de désigner la capitale de l’Europe, etc. et qu’à partir du 1er janvier, l’Europe occidentale fonctionnera comme fédération. Aucune décision ne pourrait mieux nous aider dans la tâche que nous poursuivons. »

    En 1951, les Etats-Unis avaient décidé de créer une fédération européenne.

    Les Etats-Unis l’avaient rêvé, Jean Monnet a commencé à le faire.

    A propos de Jean Monnet :

    Concernant les participants aux réunions du Groupe de Bilderberg, Jean Monnet est sur la première page, à la dernière ligne :

    http://www.danielestulin.com/wp-content/uploads/portraits_bilderberg.pdf

    Sur la deuxième page, à la première ligne, nous pouvons voir la photo d’un certain George C. McGhee.

    George McGhee a servi comme ambassadeur américain en Turquie en 1952-1953, où il a soutenu sa candidature réussie à l’adhésion à l’OTAN.
    George McGhee a joué un rôle dans les relations américaines avec la République du Congo et la République dominicaine au début des années 1960.
    De Novembre 1961 à Avril 1963, il a occupé le poste de sous-secrétaire d’État aux affaires étrangères, sous l’admnistration Kennedy.
    George McGhee a été nommé ambassadeur en Allemagne de l’Ouest de 1963 à 1968.

    (Source : Wikipedia, version en langue anglaise)

    Une citation très importante :

    « Je pense que vous pourriez dire, déclara un jour le diplomate américain George McGhee, que le traité de Rome, qui a créé le Marché commun, a été mûri pendant ces réunions de Bilderberg et aidé par le flot de nos discussions. »

    Source : “L’Europe sociale n’aura pas lieu”, de François Denord et Antoine Schwartz, édition Raisons d’agir, page 40.

    George McGhee avait le mérite de la franchise : le traité de Rome a été mûri pendant les réunions du groupe Bilderberg dans les années 1954 – 1955 – 1956.

    Dès le début de la construction européenne, le traité de Rome était voulu par les Etats-Unis.

    Le traité de Rome est l’oeuvre de grands banquiers, de grandes entreprises multinationales, de diplomates et de militaires membres de l’OTAN.

    Dès le début, la construction européenne était anti-populaire, anti-sociale, anti-démocratique.

    Et ça continue encore aujourd’hui.

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  • St3ph4n3 L. // 10.06.2015 à 10h49

    Ne serait-on pas en plein mythe de la rédemption ?

      +0

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  • georges dubuis // 10.06.2015 à 13h37

    J’en suis à moitié de l’excellent livre de Guy Mettan , Russie Occident, une guerre de 1000 ans. Voilà donc une de ses perles qu’il a trouvé, p 194, sur l’abîme de la conception de l’autorité entre l’Occident et la Russie, fantaisie vs rigueur.
    “Au magnat polonais Samuel Maskiewicz qui négociait avec les moscovites avant d’envahir Moscou en 1612 et appelait les Russes à s’unir avec les Polonais pour obtenir la liberté, les Russes ont répondu:
    Votre voie est la liberté, la nôtre est la servitude. Vous n’agissez pas par volonté mais par simple caprice: le fort pille le faible; il peut s’emparer de la propriété d’autrui et même de sa vie….Alors que chez nous, même un estimé boyard n’a pas l’autorité d’offenser la plus simple des personnes. A la première plainte, le tsar apporte la justice et le droit. Si le souverain agit justement , c’est dans les limites de son autorité. Comme Dieu, le tsar punit et pardonne. C’est plus facile pour nous de souffrir les offenses du tsar que de notre frère, parce qu’il gouverne le monde entier”
    GPS: un peu plus sur l’Eurasie
    https://www.youtube.com/watch?v=UJeHqN2dDKg

      +7

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  • Charlie Bermude // 10.06.2015 à 16h27

    On est vraiment la dans le monde des mafieux . Au mépris des convenances de base . Tout çà est arrosé d’argent en veux tu , en voilà , auréolé dans les attributs usurpés de la puissance sociale .
    A l’Est c’est encore plus cru qu’à l’Ouest , mais le fond est le méme . Il est urgent et j’ai la conviction que çà verra le jour que ce monde n’est plus la maitrise de la monnaie . çà tarde mais çà vient . Et que çà n’existe plus que dans sa niche dont çà ne devrait pas sortir : les cloaques .

      +4

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  • Alae // 10.06.2015 à 17h53

    Et après, certains se demandent comment Zakharchenko a fait pour réussir sa mobilisation.
    On se fiche des gens et ensuite, on s’étonne qu’ils prennent les armes ?

      +3

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  • Macarel // 10.06.2015 à 19h01

    Poutine est bien patient, à sa place j’aurais lancé un “blitzgrieg” pour ramener l’Ukraine dans le giron russe.
    Mais il y a risque d’affrontement nucléaire, donc patience… mais jusqu’à quand face aux provocations des mafieux de Kiev et de leurs maîtres occidentaux ?
    Le Pape François a bien raison de s’inquiéter pour la paix mondiale.

      +2

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  • GLEB // 10.06.2015 à 19h24

    Les embauches internationales sont bizarres en Ukraine.
    Ils ont besoin de pompiers à Kiev et ils nomment un pyromane à Odessa … Etrange

      +9

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  • RGT // 10.06.2015 à 20h04

    Je viens de découvrir le stratagème machiavélique que Poutine va utiliser pour forcer Saakachvili à demander l’asile en Corée du Nord et pour faire fuir tous les oligarques d’Ukraine.

    Voici des images du premier essai très fructueux durant lequel Saakachvili entouré des membres de la garde nationale ukrainienne se fait piéger une première fois et pète un câble (insultes en géorgien sous-titré anglais, désolé) : https://www.youtube.com/watch?v=EcWfAwp_uSk

    Décidément, Vladimir Poutine est encore plus retors que je ne pouvais l’imaginer.

    Les prochains sur sa liste sont Hollande, Merkel, Obama, Vals, Macron, BHL, Soros, Brezinsky et quelques autres… Ça va être sanglant (et peut-être sans glands en cas d’automutilation) !!!

    A leur place je rattacherais immédiatement TOUS les pays membres de l’OTAN à la Fédération de Russie. Cette torture est intenable

      +4

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  • Andrea // 10.06.2015 à 20h19

    Saakachvili nommé Gouverneur d’Odessa, on l’aurait lu dans un journal satirique il y a deux semaines, on en rirait avec hilarité légère.

    C’est le fonctionnement de l’Ukraine. Les Gouverneurs des Oblasts sont choisis et nommés par Kiev, par quel processus jnsp mais c’est pas la peine d’investiguer, car de tte manière le processus est corrompu et repose sur des traffics d’influence, le controle de l’économie, des entreprises d’étât et autres, milices privées, etc.

    Ceci dit, la nomination d’un externe surprend. (Passons sur le fait qu’il n’est pas Ukrainien, cela ne veut plus rien dire.) Il n’a pas de contacts, de réseaux, pas d’assise dans la population, aucune connaissance du terrain, de gouvernance de l’endroit, c’est un parachuté ignorant. Il n’a aucune chance, zéro, de faire x z ou y comme action dans ce poste qui convient à quiquonque. Son autorité ne sera pas suffissante.

    Donc c’est une nomination stupide et dangereuse de la part de Kiev, un mauvais calcul. (Suggéré, imposé par les USA? Pcq Poroshenko l’aime bien? Aucun autre candidat ‘valable’?)

    Kolomoisky au moins faisait partie du tissu Ukrainen et controlait plein de trucs (illégitimement, etc.)

    Le but c’est bien sur de controler Odessa, empecher la contestation, l’opposition, les séparatistes, etc.

      +5

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    • dupontg // 11.06.2015 à 02h34

      malheureusement la proximité de la transnistrie avec odessa,
      et le passé beliqueux de ce triste sire,
      me font penser à la mise en place d’un nouveau front militaire.
      d’ailleurs porochenko en parle regulierement

        +5

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  • SgtPepper // 10.06.2015 à 21h18

    ?

    L’Abkhazie est, d’après l’ONU, une république autonome faisant partie de la Géorgie.

    L’Ossétie du Sud, idem. 4 états reconnaissent ont reconnu son indépendance (combien de membres de l’ONU, déjà? 200, quelque chose comme ça?), tous APRES la guerre de 2008. Dont Nauru, qui a reçu 10 millions d’euros de la Russie en échange.

    Donc bon.

      +0

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    • Surya // 10.06.2015 à 21h30

      on se demande si vous savez lire en fait ?

      http://fr.wikipedia.org/wiki/Abkhazie

      “L’Abkhazie a déclaré son indépendance de la Géorgie en tant que République d’Abkhazie en 1992.”

        +5

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  • georges dubuis // 10.06.2015 à 22h17

    Tiens, tiens,tout ceci nous rappelle une autre situation
    « Quand nous disons que les Arabes sont les agresseurs et que nous nous défendons, ce n’est qu’à moitié vrai. En termes de sécurité et de vie quotidienne, certes, nous nous défendons. […] Mais cette lutte ne représente qu’un aspect du conflit, qui est en substance d’ordre politique. Et en termes politiques, nous sommes les agresseurs, et eux se défendent. »
    Ben Gourion en 1938, cité par Benny Morris
    Victimes (Righteous Victims, 1999), 2003, page 731.

      +7

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  • Taras // 11.06.2015 à 10h12

    On attend impatiemment que Poro nomme BHL proconsul de Transnitrie et la Dream team sera au complet.

      +3

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  • Taras // 11.06.2015 à 10h24

    En tant qu’Ukrainien Poro se mefie tellement des Ukrainiens qu’il a commence par les baquer de son gouvernement pour les remplacer par des etrangers.A la fin, se mefiant de lui meme, il s auto remplacera par un Allemand ou un Americain et le programme d auto sabordage du pays sera pleinement accompli.
    Pensant renouer avec son identite l Ukraine s enfonce depuis Maidan dans un processus d alienation, signe que sans la Russie l’identite ukrainienne elle-meme n ‘existe pas. En reniant la Russie ele s’est reniee elle-meme ; le fait de nommer des etrangers a des postes clefs en est un signe patent.

      +11

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  • chios // 12.06.2015 à 08h39

    En attendant, c’est ce même Kolomoisky qui va tout faire pour enfoncer Saakachvili.
    Odessa c’est son fief, entre autres, et le gouverneur évincé était son homme de main.
    Kolomoisky a perdu une fois, il n’est pas dit qu’il perdra la seconde manche.
    Ce sont ses combines et sources de revenus qui sont en jeu.
    Pour autant que Porochenko et Saakachvili soient à couteaux tirés, ce qui n’est pas sûr.

    Ou alors, le géorgien va se fondre dans les circuits existants, en s’attaquant aux mini-corruptions, genre réforme spectaculaire des agents de la circulation, renouvellement complet du personnel, lutte contre la petite contre-bande etc. etc. tout en couvrant les agissements des gros poissons…
    Sa situation pécuniaire ne doit pas être brillante, il a besoin de se refaire…

      +1

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