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29.mai.201229.5.2012 // Les Crises

[Article exclusif] Ce que cachent les soldes de comptes Target2, par Jens Weidemann

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Cet article est la traduction de la tribune de Jean Weidemann, le gouverneur de la Banque centrale allemande, parue le 12 mars 2012 dans le Frankfurter Allgemeine Zeitung, traduite par Marina pour www-les-crises.fr, que je remercie.

À la lumière des 2 derniers billets, vous devez donc mieux comprendre pourquoi il l’a écrit, et constater qu’il a globalement raison, même s’il est beaucoup trop optimiste…

Ce que cachent les soldes de comptes Target2

Le président de la banque fédérale allemande Weidmann prend la parole au milieu du débat à propos du Target. La clé pour solutionner la crise de la dette ne résiderait pas entre les mains des banques centrales, affirme-t-il dans une tribune de la F.A.Z. (Frankfurter Allgemeine Zeitung).

 Le nouveau Target 2 devient actuellement le symbole de la violente remise en question de la contribution de l’Eurosystème à la limitation de la crise. Que se cache t-il réellement derrière cette notion, qui est pour beaucoup synonyme de risques supplémentaires pour le contribuable?

En bref, Target 2 est le moyen de transfert des liquidités circulant au sein de la Zone euro. Par ce système de paiement, l´argent de la Banque Centrale Européenne est distribué aux banques émettrices nationales de la zone Euro. Ces liquidités se concentrent dans certains pays, en particulier du fait des mesures de refinancement des banques nationales par les banques d´investissement. La transaction est accomplie lorsque l´argent de la banque centrale d´un pays est transféré à un autre pays. À ce moment précis, naissent les créances et obligations contre la BCE, qui sert de chambre de compensation. D’un côté la banque d´émission transférante crée une obligation (un solde de compte Target2 négatif), tandis que de l’autre côté la banque d´émission réceptrice obtient une créance (un solde compte Target2 positif).

Si la politique monétaire dans la zone Euro était centralisée entre les mains de la BCE, il n´y aurait certes plus de compte Target2, mais cela ne provoquerait en soi aucun changement au niveau des risques de la mise à disposition des liquidités.

Avant la crise, les soldes de compte étaient très largement équilibrés. Les liquidités mises à disposition par les banques d’émission nationales pour le refinancement des banques d’investissement étaient essentiellement ponctionnées sur les réserves obligatoires ainsi que sur la monnaie en circulation. La nécessité de refinancer des banques à l’échelle internationale a trouvé théoriquement comme solution un afflux de capitaux privés, entre autres par le truchement de crédits interbancaires. Depuis l’éruption de la crise financière, et principalement de la crise des dettes souveraines, la confiance placée dans certains pays et dans leurs systèmes bancaires respectifs s’est considérablement affaiblie. Les sources de refinancement privées, marchés interbancaires inclus, sont devenues de moins en moins abondantes, se révèlent beaucoup trop chères et se sont de toute façon presque taries. Pour alimenter ce besoin en liquidités, et ainsi couvrir par exemple l´achat de valeurs ou les flux de capitaux, des mesures renforcées ont été prises par l’Eurosystème. Cela c’est révélé possible, puisque l´Eurosystème, depuis le début de la crise financière, avait progressivement augmenté son provisionnement de liquidités, celles-ci étant mises à disposition en contrepartie de garanties de crédits d’une étendue infinie, à bas taux et sur des durées sensiblement plus longues. De plus les exigences de garanties, entre autres les seuils de cotation, ont été largement revues à la baisse.

Le rôle du provisionnement de liquidités a donc radicalement changé: elle ne sert plus seulement à mettre à disposition le minimum d’argent nécessaire à la banque centrale, mais l´Eurosystème remplace désormais à large échelle le marché interbancaire et autres flux de capitaux internationaux.

Le volume total des opérations de refinancement a explosé, passant de 460 milliards d’euros juste avant le début de la crise financière à maintenant 1100 Milliard d´euros, la durée de remboursement moyenne est passée de quelques semaines à 3 ans. Parallèlement la proportion du volume de refinancement des pays en périphérie est passée d’un sixième à deux tiers. Au cours des constants flux nets de liquidités dirigés vers les pays périphériques, la valeur des soldes de Target 2 ont atteint plus de 750 milliards d´euros.

L´Eurosystème a pour mission de mettre l´argent de la banque centrale à disposition des banques solvables, en échange de garanties et sans menacer la stabilité des prix. Par ce bais l’approvisionnement de l´économie en crédits est assurée, et renforce en cela la stabilité des marchés financiers. Mais il faut impérativement respecter la séparation entre politique monétaire et financière, et veiller particulièrement à l’interdiction du financement monétaire des États. Ce n´est par contre pas la mission de la politique monétaire que de financer des banques moribondes, de les maintenir artificiellement en vie ou encore d´assurer la solvabilité des États. Les décisions selon lesquelles les risques grandissants d’insolvabilité des banques et des Etats seraient répartis entre les contribuables des pays membres ne doivent être prises que par les gouvernements et les parlements élus. La limite entre pénurie de liquidités et risques de solvabilité des banques est pour l´instant impossible à déterminer avec précision, d’autant plus pendant une situation de crise où une certaine flexibilité est de mise. En plus de cela, les banques d’émission multiplient les provisionnements pour risques, ce qui peut entraîner un lourd climat de démotivation.

L´augmentation des soldes de compte Target2 peut tout à fait être le fruit d´une politique monétaire, qui dans le cadre de son mandat prendrait en compte l’arrivée de nouvelles crises de liquidités. La critique aveugle de ces soldes est inappropriée, comme il le fut maintes fois souligné par la Bundesbank (banque fédérale allemande, ou BuBa). Pour moi, la satisfaction des exigences de la BuBa sur Target2 ne présente aucun risque en soi, car je tiens un effondrement de la zone Euro pour simplement absurde.

La façon dont les pertes induites par la mise à disposition de liquidités vont oui ou non, et à quel point, se répercuter sur le bilan de la BuBa de dépend pas de son niveau de créance Target2. Cela vaut aussi pour la sortie de pays ayant des soldes de compte Target2 négatifs, situation hypothétique bien que largement débattue dans le grand public.

Dans une telle situation, à laquelle je ne crois pas, le risque serait originairement lié à l´étendue de la mise à disposition des liquidités ainsi qu´à la façon dont elle serait faite. Des abandons de créances auprès de la BCE seraient donc possibles. Les pertes de la BCE devront être endossées par toutes les banques nationales d´émission de l´Eurosystème, et ce indépendamment de leurs soldes de compte Target2.

L´Eurosystème pense à une large majorité que les mesures spéciales monétaires sont limitées et ponctuelles et que celles-ci ne doivent en aucun cas servir de prétexte pour ne pas mettre en œuvre les réformes structurelles nécessaires dans les domaines des politiques financières et économiques. L’enjeu principal est pour moi qu’il ne s’installe aucun risque pour la stabilité en donnant l’impression que la politique monétaire prenne la finance sous son aile. Les risques que l´Eurosystème accepte de prendre sont dans une certaine mesure inévitables, mais nous nous engageons fortement pour que ces risques ne dépassent pas les limites du raisonnable. Un fait d’ailleurs le confirme: l´Eurosystème développe rapidement un projet pour imposer que les banques d´émission renvoient en temps et en heure les flux énormes de liquidités, évitant ainsi une augmentation de l´inflation. La clé pour sortir de la crise réside en fait non pas entre les mains des banques d´émission, mais bien entre celles des pays membres.

Jens Weidemann

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31 réactions et commentaires

  • Strategix // 29.05.2012 à 05h08

    Extrait de la note JP sur l’Eurodivorce (arbre des possibles).
     

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  • samy // 29.05.2012 à 05h41

    “Mais il faut impérativement respecter la séparation entre politique monétaire et financière, et veiller particulièrement à l’interdiction du financement monétaire des États. Les décisions selon lesquelles les risques grandissants d’insolvabilité des banques et des Etats seraient répartis entre les contribuables des pays membres ne doivent être prises que par les gouvernements et les parlements élus.” 
     
     
    Tout est dit, ce passage résume assez bien l’idée : des liquidités à l’infini pour les banques, mais sous le contrôle “des gouvernements et des parlements élus”, et la rigueur pour les États (“veiller particulièrement à l’interdiction du financement monétaire des États”).
    D’autant que si les États n’ont pas la capacité de venir directement en aide aux banques en difficulté dans son pays, la réponse des gouvernements et des parlements est connue d’avance. Aucun gouvernement n’ayant intérêt à laisser couler une banque, il y a fort à parier que les politiques voteront à tour de bras les plans de sauvetage qui seront nécessaires.
     
     
    Un objectif caché : institutionnaliser le sauvetage des banques par la BCE, afin d’empêcher que la vague de nationalisation des banques en difficulté ne se poursuivre, selon le principe sauvetage contre prise de participation au capital. Il faut dire que l’épidémie menace. En clair, M. Weidmann veut accorder aux banques ce qu’on refuse obstinément de faire pour les  États. C’est tellement gros que ça en devient pathétique.
    Mais aussi, il s’agit bien sûr de conserver le système financier intact, de façon à ce que les États soient contraints de continuer à emprunter auprès des banques. De son point de vue, il faut à tout prix conserver cette fabuleuse rente que sont les obligations sur les dettes souveraines, un véritable pactole. 
     
     
    En conclusion, M. Weidmann est un monétariste tout à fait conventionnel. Certes un peu pervers, c’est là sa seule originalité…

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    • Flo // 29.05.2012 à 09h22

      Pardon, je trouve votre interpétation plutôt tendancieuse.

      Dans votre citation, vous avez sauté une phrase importante:
      “Ce n´est par contre pas la mission de la politique monétaire que de financer des banques moribondes, de les maintenir artificiellement en vie ou encore d´assurer la solvabilité des États.”

      M. Weidemann ne propose donc pas vraiment “des liquidités infinies pour les banques” ou de “institutionnaliser le sauvetage des banques par la BCE”.

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      • samy // 29.05.2012 à 12h35

        “Ce n´est par contre pas la mission de la politique monétaire que de financer des banques moribondes, de les maintenir artificiellement en vie ou encore d´assurer la solvabilité des États.”
         
        Ok. Alors qui s’apprête à venir en aide aux banques en péril, si ce ne sont les États ?  Et bien il reste la BCE…  
        Sauf que la BCE ne peut plus user d’expédients, son bilan se creuse, et  d’autre part il n’est pas prévu dans les statuts de la BCE d’accorder des prêts à des banques “insolvables” (sans contrepartie), même à 1%. D’où le mécano proposer par M. Weidemann, qui “prendrait en compte l’arrivée de nouvelles crises de liquidités”. Il s’agit donc bien de s’affranchir des règles prudentielles en cours, ceci afin de venir en aide aux banques insolvables. Ce qu’il refuse en revanche d’envisager pour venir en aide aux États devenus insolvables…
         
        Mais tu remarqueras également qu’il se garde bien d’évoquer lui-même l’hypothèse de nouvelles règles prudentielles, puisqu’il préconise en quelque sorte la politique du cas par cas (“sous le contrôle des gouvernements et des parlements”). bref, le laxisme monétaire à tous les étages, mais c’est autorisé seulement pour les banques. CQFD
         
        Par ailleurs, je te ferais remarquer que les facilités accordées aux banques insovables se sont faites sans contrepartie, contrairement à ce qu’on impose aux États en “faillite”. 
         
         
        Donc je confirme ma première intervention, mais si tu as un autre décryptage à proposer, on est impatient de te lire…

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        • bourdeaux // 29.05.2012 à 13h00

          @ samy
          Je n’ai pas la même lecture que toi des propos de l’auteur : « Les décisions selon lesquelles les risques grandissants d’insolvabilité des banques et des Etats seraient répartis entre les contribuables des pays membres ne doivent être prises que par les gouvernements et les parlements élus. » Il me semble clair ici que l’auteur considère la mutualisation du sauvetage des banques comme des états, aux frais de la BCE et donc des contribuables, comme un détournement de la mission de la BCE. C’est pour cela qu’il rappelle que les peuples doivent être consultés par l’intermédiaire des gouvernements et des parlements élus avant de sauver des structures  insolvables avec la garantie de LEUR BCE.

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          • samy // 29.05.2012 à 13h12

            Tu l’as dit un peu plus bas (commentaire 5) : “le texte est un peu trop technique pour toi”.
             

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          • bourdeaux // 29.05.2012 à 13h29

            Samy, les visiteurs peuvent échanger leur point de vue sans pour autant s’envoyer des vannes à la moindre occasion…Je vous trouve un tout petit peu agressif.

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          • Patrick Luder // 29.05.2012 à 13h48

            Aïïïe quelle bourde : “les peuples doivent être consultés par l’intermédiaire des gouvernements et des parlements élus” … ça c’est du déplumage de pigeon … c’est comme cela que cela se passe en France ? La seule voix de peuple est celle de l’élection (et encore) … c’est plus de la démocratie c’est de la démo-crassie …

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          • bourdeaux // 29.05.2012 à 13h58

            Entièrement d’accord avec vous là-dessus Patrick, ça ne se passe effectivement pas comme cela chez nous ( enfin disons qu’on nous fait re-voter jusqu’à ce qu’on vote “bien”) Mais là c’est un allemand qui parle, et qui occupe un poste qui réclame un peu de doigté : il s’interdit donc probablement de recommander des référundums, de mon point de vue…

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        • Patrick Luder // 29.05.2012 à 13h31

          Quand Jens Weidemann dit : “les risques grandissants d’insolvabilité des banques et des Etats seraient répartis entre les contribuables des pays membres ne doivent être prises que par les gouvernements et les parlements élus”
          Je comprends aussi que ni les autres pays ni les peuples ne doivent être consultés => les risques (de répartition d’insolvabilité des banques et des Etats) doivent être assumés par le gouvernement de chaque pays.
           
          Oui, la BCE n’est pas sensée financer directement les Etats mais elle le fait quand même indirectement au travers des banques nationales avec un double risque pour certains pays d’insolvabilité et des banques et des Etats … Si un Etat et ses banques deviennent insolvable ensemble se sera bien la BCE qui devra répartir les pertes au travers des autres Etats solvables (s’il en reste).
           
          Je vous redonne ici l’avis autorisé d’un banquier Suisse qui explique tout ceci avec des mots plus compréhensibles :
          Je reviens sur votre question du prêt de la BCE de 1’000 milliards d’euro. Le but est de prêter l’argent aux banques pour une période de 36 mois au taux de 1 %. Celles-ci détenant des actifs toxiques, n’arrivaient plus à emprunter sur le marché interbancaire et se trouvaient à court de liquidités. La BCE (et les dirigeants politiques) étaient persuadés que cet argent servirait également à financer,(sous forme de crédit) les entreprises et les ménages et que la croissance repartirait à la hausse…. Les banques espagnoles, italiennes ont financé leur état respectif (emprunt 1 % prêt entre 3-6 %) en prenant une marge. L’avantage pour l’Espagne et l’Italie est qu’ils ont pu se refinancer à des taux favorables. Au lieu de favoriser le prêt aux entreprises, les banques ont durci leurs conditions de prêt et réduit leur crédit en cours. Dans le même temps les banques sont sommées par l’autorité bancaire européenne (EBA) de porter leur fonds propres à 9 % de leurs actifs risqués. Beaucoup de banques vont devoir se débarrasser de leurs actifs risqués et pour chaque trillion d’euros de cession d’actifs, on estime que la croissance diminue de 3 %….. De plus dans 3 ans, les banques qui ont empruntés devront rembourser !! Les LTRO (long term refinancing operation) permettent de maintenir en vie des banques qui auraient sans doute fait faillite. Ces prêts ont ramenés ont ramené pendant un moment le calme sur les marchés et a permis de gagner du temps.
          La monnaie banque centrale  représente les encaisses en billets et les avoirs sur le compte courant des banques à la Banque centrale. But : 1° constituer des réserves obligatoires. 2° acheter des devises à la banque centrale. 3° régler ce qu’elle doit aux autres banque. Théoriquement cette “monnaie banque centrale” n’est pas utilisée à d’autres fins. En parcourant le net, j’ai trouvé une théorie intéressante. un article expliquait pourquoi à son avis les USA sortent “plus vite” de la crise (donc de la récession) que les pays de la zone euro. La banque fédérale à acheter massivement des bon du trésor américaine (donc de la dette américaine) à des taux compris entre 0 et 1 %. Ainsi le fardeau de la dette n’augmente pas (trop) et il n’y a pas besoin de trop réduire les dépenses et surtout pas besoin de trop augmenter les impôts. Intéressante vu que ces 2 derniers points sont souvent le point de départ d’une récession. Vu que la BCE a prêter massivement aux banque européennes par le biais de ces fameux LTRO, pourquoi ne pas faire la même chose avec les états. Imaginer la Grèce qui ne payerai que 1 % de taux d’intérêt au lieu des 6-8 voir 10 % actuellement. Elle pourrait ainsi certainement faire face aux paiements des intérêts sans couper dans les salaires, les dépenses sociales etc…et ainsi sortir plus vite de la crise. Bien sûr que ce pays doit en même temps réformer beaucoup de choses (paiement des impôts, éradication du travail au noir). mais si on calcule sur 10 ans. => 300 milliards au taux actuel de 6 % = 18 milliards d’intérêts annuel x 10 ans = 180 milliards uniquement d’intérêts // 300 milliards à 1 % = 3 milliards annuellement x 10 = 30 milliards d’intérêts

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          • samy // 29.05.2012 à 13h43

            “Vu que la BCE a prêter massivement aux banque européennes par le biais de ces fameux LTRO, pourquoi ne pas faire la même chose avec les états.”

            Je vois que vous avez mis un beaucoup d’eau dans votre vin monétariste… Mais en effet, ça ne serait pas une mauvaise idée. Avec un taux entre zéro et 1%, c’est raisonnable. Mais les allemands n’en accepteront jamais (?) le principe. Le monétarisme est pour eux une sorte de religion.

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          • Patrick Luder // 29.05.2012 à 13h53

            Ah ça c’est pas moi qui le dit, c’était dans le texte de l’avis autorisé d’un “banquier Suisse”. Perso, je suis fondamentalement contre la dette Etatique, elle ne devrait être réservée qu’à de grands projets et être remboursée dans les 5 à 10 ans. Une dette permante ne sert à rien, toute personne sensée en conviendra !

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  • BA // 29.05.2012 à 06h30

    Lundi 20 décembre 2010 :
     
    Le contribuable à la rescousse de sa banque centrale.
     
    Ce n’est qu’une phrase dans la déclaration finale des chefs d’Etat de la zone euro lors du Conseil européen de vendredi 17 décembre 2010. Mais elle pourrait peser plusieurs milliards d’euros dans les comptes publics des seize Etats de la monnaie unique. Ces dirigeants européens déclarent en effet « être déterminés à garantir l’indépendance financière des banques centrales de l’Eurosystème », c’est-à-dire de la Banque centrale européenne (BCE) et des seize banques centrales nationales des pays ayant adopté l’euro, à l’instar de la Banque de France.
     
    Cela rappelle que les contribuables des Etats membres doivent renflouer la banque centrale de leur pays (par exemple les contribuables français pour la Banque de France) si elle n’était plus suffisamment capitalisée pour continuer sa mission.
     
    Le président de la BCE, Jean-Claude Trichet, a pris soin de faire répéter cette obligation aux chefs d’Etat lors du dîner de jeudi 16 décembre 2010. Le matin même, il avait acté avec ses homologues du Conseil des gouverneurs de la BCE le doublement du capital de la banque centrale européenne, grâce à une injection de 5 milliards d’euros venant des banques centrales nationales (711 millions d’euros pour la Banque de France).
     
    Jean-Claude Trichet s’inquiète de couvrir les pertes éventuelles qu’encourent la BCE et, par ricochet, les banques centrales nationales de la zone euro, si les obligations de la Grèce, de l’Irlande, du Portugal et de l’Espagne, qu’elles ont achetées pour 72 milliards d’euros depuis mai pour aider ces Etats membres, n’étaient pas remboursées.
     
    Aussi, la BCE a rappelé, dans un avis du 9 décembre 2010 à propos du doublement du capital de la Banque de France (« une opération comptable ne modifiant pas ses fonds propres », selon une source proche de l’établissement), que, « dans l’éventualité où le capital de la banque centrale nationale deviendrait inférieur à son capital statutaire, voire négatif, l’Etat membre concerné serait tenu de la pourvoir des fonds nécessaires dans un délai raisonnable afin de respecter le principe d’indépendance financière ».
     
    Dès lors, le contribuable paierait aussi cette note d’une faillite d’un Etat de la zone euro, comme la Grèce ou l’Irlande, jusqu’ici secouru par la BCE et ne pouvant plus rembourser ses emprunts.
     
    http://www.latribune.fr/journal/edition-du-2012/economie-international/1091163/le-contribuable-a-la-rescousse-de-sa-banque-centrale.html

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  • BA // 29.05.2012 à 09h40

    Mardi 29 mai 2012 :

     

    L’Italie emprunte 8,5 milliards d’euros à six mois à des taux en nette hausse.

    L’Italie a emprunté mardi comme prévu 8,5 milliards d’euros à six mois, mais a dû concéder des taux en nette hausse en raison des fortes tensions sur les dettes des pays fragiles de la zone euro, sous l’effet des inquiétudes concernant l’Espagne, a annoncé la Banque d’Italie.

    Les taux de ces obligations se sont inscrits à 2,104%, contre 1,772% lors de la dernière opération similaire le 26 avril.

    Le marché obligataire est secoué par les craintes des investisseurs à l’égard de l’état de santé du secteur bancaire espagnol, ce qui entraîne une tension des taux espagnols et des taux italiens dans leur sillage.

    La grande banque espagnole Bankia, qui croule sous les actifs immobiliers risqués, a demandé vendredi soir une aide à l’Etat de 19 milliards d’euros.

    L’Italie, qui fait face depuis la mi-avril à un net rebond de ses taux lors de ses émissions, à l’exception d’une certaine détente enregistrée mi-mai, procédera à une nouvelle émission obligataire mercredi, cette fois à moyen-long terme.

    (©AFP / 29 mai 2012 11h25)

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  • bourdeaux // 29.05.2012 à 11h26

    Le texte est un peu technique pour moi, mais si je comprends bien, WEIDMANN nous alerte sur le détournement qui est fait d’un mécanisme mis en place pour assurer une bonne liquidité des banques d’investissement, par l’intermédiaire des banques centrales nationales. Ce mécanisme serait en fait utilisé pour fournir d’énormes liquidités à des établissements dans le coma pour leur éviter la faillite. Est-ce bien cela ?

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    • samy // 29.05.2012 à 12h52

      Weibmann ne nous alerte pas, c’est une proposition qu’il fait. Et effectivement, le mécanisme en question vise “à fournir d’énormes liquidités à des banques dans le coma pour leur éviter la faillite” (pour utiliser tes termes).

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      • Patrick Luder // 29.05.2012 à 13h59

        Repousser un problème insoutenable à plus tard et à d’autres en l’augmentant démesurément … Samy, tu appelles cela une proposition ? C’est de l’ingérence criminelle, selon moi mériterait lynchage (médiatique) sur la place publique …
        Les Italiens sont sur une bonne voie, chasse au gaspillage et à l’ingérence, chasse ouverte à tous et avec la collaboration de l’Etat => bravo – bravo – bravo … Les Italiens sont sur une bonne voie, mais ils ont encore du chemin à parcourir …

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        • samy // 29.05.2012 à 14h12

          “Samy, tu appelles cela une proposition ? ”

          1. Ce n’est pas MA proposition
          2. Tu as vraiment du mal à comprendre ce que tu lis, c’est chronique chez toi 
          3. À l’avenir je m’abstiendrai de répondre à tes interventions. Parler avec toi c’est l’embrouille assurée… 

          Cordialement 

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          • Patrick Luder // 29.05.2012 à 15h14

            Samy, il n’y a pas d’attaque contre toi … c’est un échange cordial, je reformule donc : Samy, penses-tu que ce que propose Weidemann est cohérent ? Moi je n’appelle pas cela une propositiom, c’est de l’ingérence etc.

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      • Fabrice // 29.05.2012 à 14h06

        Personnellement je pense qu’il vaut mieux qu’on les nationalise pour la valeur qu’elles vaudront à ce moment.

        Ce sera plus clair on fait le tri on sépare les activités plutôt, que cette solution sans fin qui se montrera autant voir plus honéreuse, sans retour sur investissement et nous pourrons mettre au carré ce [autocensure] qui favorise l’inconscience au quotidien ou pour citer notre auteur favori “le capitalisme pour nous et le socialisme pour les banques” ou “face je gagne pile tu perds”.

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        • samy // 29.05.2012 à 14h19

          “Personnellement je pense qu’il vaut mieux qu’on les nationalise pour la valeur qu’elles vaudront à ce moment.
          Exactement. Mais c’est justement ce que Weidemann veut éviter à tout prix.

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  • samy // 29.05.2012 à 14h08

    “Ah ça c’est pas moi qui le dit, c’était dans le texte de l’avis autorisé d’un “banquier Suisse”. Perso, je suis fondamentalement contre la dette Etatique, elle ne devrait être réservée qu’à de grands projets et être remboursée dans les 5 à 10 ans. Une dette permante ne sert à rien, toute personne sensée en conviendra !”

    Je me disais aussi… 

    Oui mais moi, contrairement à toi, je vis dans le monde réel. Et dans le monde réel tous les États de la zone euro sont endettés jusqu’au coup (y compris l’Allemagne). Le problème n’est donc pas de savoir si on est pour ou “contre l’endettement public” (personne n’est contre), mais de trouver une solution pour s’en sortir, à partir d’une solution donnée. 

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    • Patrick Luder // 29.05.2012 à 15h24

      Budget équilibré et sécurisé … le tout à l’Etat est dispendieux et déresponsabilisant, je suis pour une relocalisation des tâches et des frais !

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  • samy // 29.05.2012 à 14h18

    “Personnellement je pense qu’il vaut mieux qu’on les nationalise pour la valeur qu’elles vaudront à ce moment.

    Exactement. Mais c’est justement ce que Weidemann veut éviter à tout prix.

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  • BA // 29.05.2012 à 19h23

    Mardi 29 mai 2012 :
     
    Portugal/Banque centrale : risque de contagion “très accentué”
     
    Le Portugal, qui s’efforce de reconquérir la confiance des marchés en appliquant un exigeant plan d’aide international, est menacé par un risque de contagion “très accentué” alors que la crise de la dette continue de sévir, en Grèce et en Espagne notamment.
     
    L’économie portugaise et son système financier sont confrontés à “un risque très accentué de contagion des effets des développements adverses au plan international”, a estimé la Banque du Portugal (BdP) dans un rapport publié mardi.
     
    “Au plan international, les principaux risques sont associés à l’éventuelle aggravation de la crise de la dette souveraine en zone euro et à une performance économique plus mauvaise que prévu chez les principaux partenaires commerciaux du Portugal”, a souligné la BdP dans son Rapport de stabilité financière.
     
    La banque centrale portugaise s’inquiète ainsi de l’impact d’une dégradation de la situation en Grèce, dont la sortie de la zone euro semble de plus en plus envisageable, et en Espagne, voisin du Portugal et son principal marché d’exportation.
     
    Au plan interne, la BdP relève également des risques liés “à la capacité d’appliquer de façon efficace les mesures nécessaires au respect du programme” de redressement négocié avec l’Union européenne et le Fonds monétaire international en échange d’un prêt de 78 milliards d’euros.
     
    Tout en affirmant que ce plan d’aide avait évité un ajustement “abrupt et désordonné”, la Banque du Portugal juge qu’il “devrait continuer à impliquer un ralentissement de l’activité économique en 2012, avec la conséquence d’une hausse du chômage et du nombre d’entreprises en faillite ou insolvables”.
     
    En raison d’une cure d’austérité sans précédent, l’économie portugaise devrait connaître cette année une récession de plus de 3% du PIB, tandis que le taux de chômage a déjà atteint un niveau record avoisinant les 15%.
     
    http://www.romandie.com/news/n/PortugalBanque_centrale_risque_de_contagion_tres_accentue_dev16290520121545.asp

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  • DAN // 29.05.2012 à 20h44

    Il faut arrêter de rêver , le refinancement à l’infini des banques en faillite est totalement utopique . Il faut savoir que le peuple allemand n’est plus d’accord de passer à la caisse , la pression fiscale dans le pays est énorme , pour eux le retour au DM serait une délivrance car ils ont compris qu’il n’y a plus de solution pour sauver l’euro, pour eux c’est un puit sans “boden” c’est à dire sans fond. Par contre il ne veut pas porter l’entière responsabilité de l’échec , pour eux il faut revenir à l’euros à six et non pas  à l’ensemble des pays de la zone euros comme actuellement.

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  • ykpaiha // 29.05.2012 à 23h09

    J’ai une impression de plus en plus positive de la situation.
    Pourquoi ?
    Parce que justement elle est devenu incompréhesible.
    Alors que la simplicité serait de dire que l’Euro a été une erreur et qu’il vaut mieux repenser son mécanisme, on assiste a une plétore de BHL de la finance dont les remedes ne sont la que pour faire durer…leur propre existance.
    J”avais une question simple au sujet de la mécanique de l’euro, et si tout simplement on ne calquais pas l’euro sur le FCFA (et autres francs dailleurs)…
    Car depuis 1939 (48) cette monnaie , bien avant que l’euro foute le bordel la aussi, tout ce systeme fonctionnait pas trop mal malgré de forte disparités économiques des “utilisateurs” et meme leur indépendance. Seuls des fondements idéologiques sont venus perturber sa mise en place et son développement!!!
    Donc on sait crééer des monnaies fonctionnelles et on invente des usines a gaz ?
    Question 
    Qu’est ce qu’on attend pour un euro CFA …! C”est une question bien sur !!

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  • christo // 02.06.2012 à 18h56

    C’est marrant de voir… votre aveuglement. Mon analyse rejoint les premiers commentaires : ce type est une crapule. Ni plus ni moins.
    Et il faut mettre ce papier dans le contexte d’un débat de plus en plus public en Allemagne au sujet de Target 2…. Qui commence à devenir trop “voyant”, dangereux. Car le populo allemand, commence à comprendre ce qui lui pend au nez…
    Le patron de la Buba a donc été envoyé pour déminer (vaine tentative de déminage).
    Et ce qu’il dit est très clair (si on enlève les premiers paragraphes pour endormir le populo) :
     
    ” La critique aveugle de ces soldes est inappropriée, comme il le fut maintes fois souligné par la Bundesbank (banque fédérale allemande, ou BuBa). Pour moi, la satisfaction des exigences de la BuBa sur Target2 ne présente aucun risque en soi, car je tiens un effondrement de la zone Euro pour simplement absurde.”
     
    Voilà : critiques dénuées de fondement, et “aucun risque” ! Circulez y’a rien à (a)voir. On croît rêver.
    Ce crétin devrait nous expliquer ce qui se passera pour le bilan de la Buba si Grèce, Espagne et Italie sortaient de l’euro, suite à un défaut… Hum ? Implosion.
    L’enfumage absolu continue ensuite :
     
    La façon dont les pertes induites par la mise à disposition de liquidités vont oui ou non, et à quel point, se répercuter sur le bilan de la BuBa de dépend pas de son niveau de créance Target2. Cela vaut aussi pour la sortie de pays ayant des soldes de compte Target2 négatifs, situation hypothétique bien que largement débattue dans le grand public.
    “Situation hypothétique…” Là encore, une véritable hallucination.
    Cette crapule dit en clair : pertes pas liées au niveau de créances target2… Sous entendu plus Target2 enfle (côté allemand) [et il va enfler], plus… y’a pas de problème. 😉
    Et plus on s’enfonce dans le rouge côté PIGS (soldes négatifs) plus… y’a pas de problème.
    Fa-bu-leux.
    Ca fait longtemps que je dis que la soi disante vertueuse Allemagne est un mythe absolu.
    La banque centrale allemande participe du système, et n’est pas en opposition, ni de près ni de loin.
    Et son patron est à l’image de l’über crapule Draghi (et Trichet avant lui, le bien nommé) et de tous ses petits copains banquiers centraux.
    Bref, réveillez vous bon sang !

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    • Patrick Luder // 02.06.2012 à 19h47

      Croustillant mais tellement vrai …: Aveuglement   crapule   dangereux   vaine tentative de déminage   inappropriée   absurde   “aucun risque”   Implosion   enfumage absolu    hallucination   crapule(encore)   y’a pas de problème   on s’enfonce dans le rouge   y’a pas de problème   Fa-bu-leux   la soi disante vertueuse Allemagne est un mythe absolu   réveillez vous bon sang !

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