Voici un article que j’ai trouvé intéressant, sur la machine à broyer médiatique.

La victime est le talentueux Scott Adams, créateur de Dilbert.

Il a surtout soutenu Trump en 2016 – nous avions repris ici son article : Donald Trump va l’emporter haut la main. Le créateur de ‘Dilbert’ explique pourquoi

Et comme tout se paye un jour…

Source : Scott Adams, Dilbert, le 22/03/2017

L’automne dernier, avant les élections, une journaliste de Bloomberg a demandé à passer une journée avec moi pour rédiger un article de fond sur mes posts de blog concernant Trump, et sur ma vie en général. Dès la prise de contact je devinais que ce serait un article hostile. La journaliste ne se cachait pas d’être très effrayée par Trump, le voyant comme un monstre raciste, sexiste et homophobe. Vous pouvez donc imaginer ce qu’elle ressentait à mon sujet pour avoir écrit des articles de blog élogieux sur ses talents de persuasion.

J’ai rapidement compris qu’il serait imprudent d’accepter cet entretien. Evidemment cela allait être un article à sensation. La journaliste a tenté faiblement de s’en cacher, mais a échoué lamentablement.

Si j’acceptais cet entretien, je savais que j’allais devenir la cible consentante du ridicule et de la honte, exposant mes défauts au monde – aussi bien les vrais que ceux créés par des fausses nouvelles. Aucune personne rationnelle n’accepterait une telle rencontre. C’était une mission suicide.

J’ai donc accepté l’interview.

Mes lecteurs réguliers savent que je n’éprouve pas d’embarras comme les gens normaux. Je pensais juste que ce serait amusant de les voir écrire à quel point j’avais tort… alors même que les élections étaient sur le point de prouver à quel point j’avais raison.

Le jour où j’ai accepté cette interview, j’ai dit à ma copine Kristina que j’allais être l’objet d’un “article choc” chez Bloomberg. Quand le rédacteur a demandé à parler à mon frère, pour le contexte, je l’ai prévenu que c’était un “coup journalistique”, mais je l’ai invité à le faire quand même, juste pour le fun. Bien sûr, personne de sensé n’aurait accepté d’être interviewé pour un article à sensation sur sa propre famille.

Mon frère a donc accepté l’interview.

Nous allons bien rire à ce propos ce soir. Il s’est fait piéger comme un idiot naïf pour avoir “cru” quelque chose que maman nous avait dit quand on était petits.

Lisez l’article ici et voyez si vous pouvez trouver les fausses nouvelles et les points sur lesquels le contexte a été déformé pour que les choses apparaissent vraies et trompeuses en même temps. Je vous dirai ce que vous avez loupé, si c’est le cas, après que vous l’ayez lu. Comparez vos impressions avec mon rapport sur les fausses nouvelles en dessous.

Voici l’article de Bloomberg par Caroline Winter

Rapport sur les fausses nouvelles

1. L’article et le titre ont repris ma vieille expression “maître-enchanteur” au lieu de la plus récente “maître en persuasion” que j’utilise dans 95% de mon travail. Ce fut un choix intentionnel de la rédactrice pour créer une association avec le KKK dans votre esprit ou, pour le moins, donner un air stupide à l’ensemble.

2. L’anecdote où je lui montre un visuel Whencast sur Victoria’s Secret que j’aurais fait n’est pas arrivée. Ce contenu en était un, créé par une femme, parmi les centaines de Whencasts publics du site. Il se peut que j’aie ouvert celui-là parmi d’autres comme des exemples de ce que peut faire ce logiciel. Mettre l’accent sur cette petite fausse nouvelle (disant que je l’avais créé), et la mettre en relation avec le fait que ma copine serait trop jeune pour moi, crée une atmosphère puissamment et intentionnellement glauque.

3. Kristina ne vit pas avec moi. Elle dormait chez moi de manière temporaire alors que sa maison était en travaux.

4. Quand un article vise à être favorable, vous voyez des photos qui me montrent sous un air relativement avantageux, comme celle-ci de Peter Duke :

Quand un article veut vous montrer sous un mauvais jour au lecteur, vous voyez des photos comme celle-ci, tirée de l’article de Bloomberg :

C’est une pratique standard des deux côtés du spectre politique. Les publications choisissent les photos qui informent sur leur penchant, non pas sur le sujet.

5. Le titre suggère que je suis en quelque sorte, peut-être, en faveur d’un génocide. Evidemment, je ne suis pas en faveur d’un génocide, et l’article plus loin explique cela mollement. Mais, en attendant, le mal est fait. Votre cerveau est plus influencé par ce que vous lisez en premier, surtout si c’est un gros titre.

6. Le titre dit que Trump me fascine. J’accepterais qu’on établisse ce point comme hypothèse, mais l’article n’y répond pas du tout. Cela implique que je suis un imbécile crédule, plutôt qu’une des rares personnes qui ont prévu la victoire de Trump et qui ont fourni à cette prédiction des tas de raisons soutenues par la science cognitive.

7. L’article a été commencé avant les élections. Il était à l’origine censé être publié à ce moment-là. Mais une chose amusante est arrivée, qui a tout gâché pour Bloomberg. Trump a gagné, et ce faisant, il m’a fait passer pour moins stupide. C’est la justesse de mes prédictions, contre toute attente, qui aurait dû figurer dans le titre de tout article dépourvu d’intentions hostiles.

8. Pour expliquer mon idée de “tir mortel de la linguistique”, la rédactrice s’est ‘intéressée à l’incident “regardez ce visage” à propos de Carly Fiorina. Elle aurait pu mentionner “Ted le menteur”, ou “Bush le mou”, ou “l’escroc Hillary”. Ce sont tous des exemples plus forts, mais qui ne m’auraient pas fait apparaître comme sexiste hors contexte. Contrairement à l’exemple de Fiorina.

9. La rédactrice se réfère à mon large éventail de centres d’intérêts comme à des “obsessions inhabituelles”, transformant ainsi des discussions ordinaires sur le fitness ou des habitudes de régime en quelque chose qui sonne comme du fétichisme.

10. L’année dernière, l’auteur d’un livre sur la séduction titré “The Game” m’a envoyé un exemplaire de son livre. C’est une pratique commune entre auteurs. Parfois cela arrive parce qu’un auteur pense qu’un autre auteur pourrait être intéressé par le livre. Parfois un auteur espère que son livre sera mentionné publiquement, augmentant ainsi ses ventes. Pour cette raison, j’ai de nombreux livres que je n’ai pas lus partout à la maison. La rédactrice de Bloomberg s’est intéressée seulement à celui-ci. Le livre “Pre-suasion” qu’elle mentionne a aussi été dédicacé et envoyé par l’auteur pour les mêmes raisons. Mais celui-là, je l’ai lu (il est super !).

On peut considérer ce tour de persuasion autour du livre comme un coup à la “Mein Kampf”. Si quelqu’un vous donne un livre que vous n’avez pas demandé, quelque part ce livre révèle quand même votre âme.

11. La rédactrice m’a demandé ce qui m’arriverait personnellement si Trump gagnait. J’ai parlé des bons et des mauvais côtés. Elle a choisi seulement ces paroles qui me font passer pour un connard : “Si Trump est élu, mon profil va exploser, parce que je fais partie d’un très petit groupe de personnes qui ont publiquement dit qu’il gagnerait haut la main. … Je deviendrai très populaire,” dit-il avec satisfaction.

Notez les pointillés avant “Je deviendrai très populaire.” C’est le signe d’une citation trafiquée. Ils l’ont construite à partir d’extraits de mes propos, en enlevant le contexte qui les aurait rendus “non-connardesques”.

12. Cette citation est hors-contexte : “Dans la cuisine, Adams a installé trois micro-ondes de façon à pouvoir “préparer beaucoup de pop-corn en même temps.” Le contexte manquant est que j’ai conçu la maison sachant que celui qui fait le pop-corn pour toute la maisonnée rate le début du film. D’ailleurs, les micro-ondes supplémentaires sont toujours bien pratiques. Je les utilise en même temps bien souvent. Comment ceci peut devenir subitement une pratique idiote ?

13. Ma petite amie, Kristina, a un diplôme de troisième cycle de l’Université de Berkeley, joue de plusieurs instruments, a réussi dans plusieurs domaines et compte à présent 3,3 millions de suiveurs sur Instagram. La rédactrice a mentionné sa taille de soutien-gorges.

14. Cette citation a été bricolée pour me faire passer pour un raciste et un sexiste parce que j’ai écrit sur Trump. “Adams a dit que son avancement professionnel a été contrecarré par des embauches au nom de la diversité. “Il n’y avait aucun espoir pour qu’un autre homme blanc obtienne bientôt une promotion,” a-t-il écrit dans Dilbert 2.0 : 20 Years of Dilbert. (Plus loin dans le livre, il note que son émission de télévision Dilbert a été annulée après que “la chaîne a pris une décision stratégique de se concentrer sur des shows avec des acteurs afro-américains.”)

Les deux évènements sont vrais, mais dans le premier cas, elle a omis le fait que mes patrons mont dit explicitement qu’ils ne pouvaient pas promouvoir un homme blanc. Je ne l’ai pas inventé. De même, la chaîne UPN a littéralement pris la décision de se concentrer sur le public afro-américain au même moment. Ce n’était pas uniquement mon interprétation des évènements.

Voici le problème de ce type de reportage hors contexte : je suis aussi le gars qui pense que les hommes devraient rester en dehors de la question de l’avortement et laisser les femmes décider si cela doit être légal. J’ai aussi blogué mes idées sur la réparation de l’esclavage. Je me suis aussi décrit dans l’interview comme étant “ultra-libéral” sur les questions sociales, parce que je le suis. Si vous laissez de côté ce contexte, les anecdotes semblent constituer une explication sur les raisons qui m’ont fait devenir si terrible.

15. L’article cite mon ami et collègue dessinateur Stephan Pastis comme étant consterné par mon soutien à Trump, et spéculant sur le fait que la raison pourrait en être que, tout simplement, les dessinateurs meurent d’envie d’attirer l’attention.

Bien sûr que je meurs d’envie d’attirer l’attention. En plus, c’est mon travail. Cette partie n’est pas contestée.

Mais je pense que la citation de Stephan datait d’avant le résultat des élections, quand les gens pensaient encore que j’étais dingue de prédire la victoire de Trump. Aujourdhui, je pense que Stephan ajouterait une seconde hypothèse : je l’ai fait parce que je pensais que j’avais raison, et qu’il me semblait important de partager avec le monde ce que je voyais venir à des kilomètres.

Et puis aussi je meurs d’envie d’attirer l’attention. C’était un deux-en-un.

16. La rédactrice m’a harcelé en plusieurs occasions pour que je fasse une comparaison entre Dogbert et Trump. J’ai dit que la personnalité de Dogbert est basée sur mes propres pensées intimes les plus sombres et n’a rien à voir avec Trump sauf qu’ils sont tous les deux ambitieux à l’extrême. Alors elle a écrit ceci : “J’ai pensé que le but de ces BD était de se moquer de la cruauté de Dogbert – pas de la célébrer. Mais Adams semble enchanté par la victoire d’un président Dogbertesque.” WTF ?

Cela fait 16 éléments intentionnellement biaisés ou incorrects dans un seul récit.

Au fait, Bloomberg a fait vérifier les informations de l’article par une tierce-personne qui m’a posé un tas de questions pour confirmation. C’est une pratique habituelle pour les publications importantes. Aucun des faits que j’ai mentionnés ici n’a été évoqué. Les vérificateurs ne vérifient pas l’exactitude des témoignages de l’auteur, et ils ne vérifient pas le contexte manquant.

Quand des citoyens normaux lisent les informations, ils pensent qu’elles sont globalement justes. Mais quand vous êtes le sujet du reportage, vous constatez des fausses nouvelles partout. J’ai pensé que je devais partager cette opinion avec vous, pour que vous affutiez votre sens critique quand vous voyez ce genre de choses présenté comme étant la vérité.

En plus, je meurs d’envie d’attirer l’attention. Je n’aurais pas pu résoudre le financement de la santé sans cela, entre autres choses. L’attention, c’est fun, mais c’est aussi un outil.

Vous pourriez encore vous demander pourquoi j’ai accepté d’être interrogé pour un coup journalistique, à part mon désir de publicité. Mon frère vient juste de m’envoyer une très courte vidéo de sa réaction quand il a commencé à lire l’article. Je pense que ça répondra à toutes vos questions.

Mise à jour: Un utilisateur de Twitter attentif m’a envoyé des articles de 2015 de Caroline Winter. Vous pourriez vous demander si elle traite tous ses sujets de la même façon.

Vous allez rire quand vous relierez les pointillés.

Vous pourriez bien adorer mon livre parce que je meurs d’envie d’attirer l’attention.

Source : Dilbert, le 22/03/2017

Traduit par les lecteurs du site www.les-crises.fr. Traduction librement reproductible en intégralité, en citant la source.

10 réponses à Quelques fausses nouvelles à mon sujet de la part de Bloomberg, par Scott Adams

Commentaires recommandés

Morne Butor Le 21 mai 2017 à 12h50

Cela me rappelle une expérience personnelle avec une journaliste sur un sujet technique. Par échange d’emails, nous avions finalisé l’article que j’avais rédigé pour l’essentiel et nous étions tombé d’accord sur l’article à publier. Bien évidemment j’achète mensuel dans lequel parait mon article et ô stupeur ! bien que le cœur de l’article n’ait pas changé, la conclusion est exactement l’inverse de celle que nous avions convenus ensemble. Bien évidemment je contacte la journaliste qui me dit que ce n’est pas vrai que l’article n’a pas été changé, me traitant à demi mot de fou taré. Quelques jours après, elle s’excuse platement. C’est son rédacteur en chef qui a retourné complètement la conclusion…
Depuis, lors je n’achète plus que très rarement du papier journal. Et je me paye même le luxe de voir le regard étonné des démarcheurs qui me voient refuser un abonnement gratuit pour quelques semaines ou mois à des journaux.

  1. relc Le 21 mai 2017 à 08h07
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    « mon idée de “tir mortel de la linguistique” »

    Pour ceux qui aiment comprendre ce qu’ils lisent, l’explication est dans cet autre billet d’Adams = http://blog.dilbert.com/post/128776840091/trump-engineers-a-linguistic-kill-shot-for-fiorina =

    On y apprend qu’un Linguistic Kill Shot dans le vocabulaire d’Adams est une variété de ce qui en français est une expression assassine ou un mot qui tue.

    Ce qui le distingue de la simple insulte, nous dit Adams, est qu’il met subitement des mots sur ce que vous pensiez déjà confusément. Et si vous n’êtes pas d’accord avec son idée principale, il n’a aucun pouvoir. Trump choisit seulement les mots avec lesquels vous êtes d’accord à un niveau viscéral. Exemples :
    Jeb Bush semble vraiment mou

    [vous n’aviez pas eu l’idée de l’exprimer, mais maintenant que Trump l’a dit vous êtes d’accord]

    Et pour Fiorina look at that face, vulgairement « voyez-moi la gueule qu’elle a ! », qui pour Adams n’a rien à voir avec la question sexiste de savoir si elle est jolie ou attirante ou en bonne santé, mais correspond à ce qu’il ressentait : quand elle parle de politique, elle a la gueule d’une épouse fâchée


  2. Alfred Le 21 mai 2017 à 10h58
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    Au moins OB vous saurez à quoi vous attendre lorsqu’un journaliste vous proposera de vous tirer le portrait.


    • Silk Le 21 mai 2017 à 16h36
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      Ca, je pense (espère) qu’il fera attention (genre enregistrer tout l’interview :).


      • Subotai Le 21 mai 2017 à 20h12
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        Yes Man!
        Enregistrer soit même toute conversation avec un journaliste. Fondamental!
        Maintenant avec Internet, en cas de litige, publication du verbatim sonore. 🙂


        • Vladimir K Le 23 mai 2017 à 17h02
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          Ça me fait penser quand le Petit Journal (Canal+) a essayé de debunker une chaîne de TV russe qui avait interrogé des français des banlieues, et le Petit Journal s’est fait lui-même debunker en retour par les journalistes russes (qui ont diffusé les rush) et le blogueur Anatoliy Shariy


  3. Morne Butor Le 21 mai 2017 à 12h50
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    Cela me rappelle une expérience personnelle avec une journaliste sur un sujet technique. Par échange d’emails, nous avions finalisé l’article que j’avais rédigé pour l’essentiel et nous étions tombé d’accord sur l’article à publier. Bien évidemment j’achète mensuel dans lequel parait mon article et ô stupeur ! bien que le cœur de l’article n’ait pas changé, la conclusion est exactement l’inverse de celle que nous avions convenus ensemble. Bien évidemment je contacte la journaliste qui me dit que ce n’est pas vrai que l’article n’a pas été changé, me traitant à demi mot de fou taré. Quelques jours après, elle s’excuse platement. C’est son rédacteur en chef qui a retourné complètement la conclusion…
    Depuis, lors je n’achète plus que très rarement du papier journal. Et je me paye même le luxe de voir le regard étonné des démarcheurs qui me voient refuser un abonnement gratuit pour quelques semaines ou mois à des journaux.


  4. Lionel Le 21 mai 2017 à 17h10
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    La mésaventure de Scott Adams me fait furieusement penser à ce que Michael Crichton appelait “The Gell-Mann Amnesia Effect”. En gros : on réalise les conneries que racontent certains journalistes quand on lit des articles sur des sujets que l’on maîtrise, et on prend pour argent comptant les autres articles (enfin, sauf peut-être les lecteurs de ce blog…)

    L’article en lien contient un large extrait du texte de Crichtton : http://hackeducation.com/2017/04/20/disinfo


    • Raoul C, Le 21 mai 2017 à 18h58
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      J’ai été un jour interviewé par un journaliste de l’AFP. Il avait son idée (le titre même de son article) avant de m’appeler. Il s’est servi de moi comme témoin pour donner foi à son titre alors que je lui avait dit explicitement (le voyant venir) que c’était un point mineur et que le problème était nettement plus vaste, plus profond, etc. Quand sa dépêche est parue j’étais outré, je l’ai appelé, il m’a dit poliment que je pouvais m’époumoner cela ne changerait rien (vous n’aimez pas l’article, mais le titre n’est pas faux), non le titre n’était pas faux, mais visait à diaboliser, à caricaturer et à ne pas analyser plus profondément la situation…

      Je ne fais plus aucune confiance dans les journalistes.

      J’ai d’autres exemples en tête portant sur des sujets que je connais bien et lus dans des grands périodiques français comme Le Point auquel j’ai été longtemps abonné.


  5. hezediel Le 21 mai 2017 à 18h32
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    Super heureux que vous traduisiez Adams que je suis depuis longtemps ! Il avait prevu l’election de Trump. Je vous conseille de jeter un oeil sur les papiers à l’acide de Brandon Smith. Attention, il decoiffe !


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