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23.mai.201823.5.2018 // Les Crises

Robert Mueller : Parti à la pêche. Par Ray McGovern et Bill Binney

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Source : Ray McGovern & Bill Binneyn Consortium News, 01-05-2018

La stratégie du conseiller juridique spécial Robert Mueller est peut-être d’essayer d’attirer Donald Trump dans le parjure alors que Mueller peut déjà obtenir toutes les réponses à ses questions de la NSA, disent Ray McGovern et Bill Binney.

Après un an d’enquête pour déterminer si la campagne Trump a été infiltrée par la Russie, le conseiller juridique spécial Robert Mueller a, en fait, admis qu’il s’était cassé les dents. Il est soumis à de fortes pressions pour que la mascarade se poursuive jusqu’aux élections de novembre, de sorte qu’il a mis au point une nouvelle tactique avec son équipe de grosses têtes juridiques très coûteuse.

On pourrait penser qu’ils trouveraient quelque chose de moins inconsistant. Après tout, Mueller a été directeur du FBI de 2001 à 2013 et sait où les corps sont enterrés, pour parler cru. Mais il ne semble pas probable qu’il va attraper son homme cette fois-ci. Ainsi, plutôt que de jeter l’éponge, il fait en sorte qu’un institut universitaire essaie de cajoler le président Donald Trump afin qu’il lui vienne en aide.

L’éditorial imprimé du New York Times d’aujourd’hui par Michael S. Schmidt, « Les questions pour le président montrent la profondeur de l’enquête sur l’ingérence russe », dénote une embarrassante tentative désespérée pour amener le président Donald Trump à s’incriminer lui-même. Et, étant donné le tempérament de Trump et son attitude méprisante à l’égard de ses conseillers juridiques, le président pourrait bien mordre à l’hameçon.

Schmidt rapporte que l’équipe juridique puissante de Mueller a préparé plus de quatre dizaines de questions pour Trump « sur un éventail exhaustif de sujets ». En supposant que le Times ait raison et que les questions soient bien celles de Mueller, un titre antérieur du Times en ligne semblerait plus pertinent : « Mueller a des dizaines de demandes de renseignements sur « les recherches larges sur les liens de Trump avec la Russie et l’obstruction ». Non pas la profondeur, comme dans le titre précédent, mais plus large. Profond puits à sec déjà creusé. Une « large quête », ouais, ça pourrait être juste ce qu’il nous faut ! Les questions qui ont été divulguées au Times démontrent une très large recherche, en effet, s’arrêtant juste avant le proverbial, « Quand avez-vous cessé de battre votre femme ? » Ou, dans le cas de Trump, « Quelles discussions avez-vous eu avec Stormy Daniels pendant votre liaison avec elle ? » Schmidt rapporte que « les questions ouvertes semblent être une tentative de pénétrer la pensée du président, de s’attaquer à la motivation derrière certains de ses posts Twitter les plus virulents et d’examiner ses relations avec sa famille et ses conseillers les plus proches ».

Mueller : Une tentative désespérée.

Voici une requête « ouverte » telle que décrite par le Times : « Que s’est-il passé pendant la visite de M. Trump à Moscou en 2013 ». C’est le voyage au sujet duquel un chercheur de l’opposition travaillant pour la campagne Clinton (par le biais d’un montage) est arrivé avec l’histoire scabreuse de « pee-tape » sur Trump fréquentant des prostituées.

Dans la « liste exhaustive des sujets », on trouve également des questions comme celle-ci : « Quelles discussions avez-vous eues avec Reince Priebus en juillet 2017 pour obtenir la démission de Sessions ? Avec qui en avez-vous discuté ? » Dans une tentative de mettre un peu de sérieux derrière cette question, le Times explique que « M. Priebus, qui était le chef de cabinet de M. Trump, a dit qu’il a couru hors de la Maison-Blanche après M. Sessions et l’a imploré de ne pas démissionner. M. Mueller a interviewé M. Priebus et serait en mesure de comparer ses réponses avec celles de M. Trump ». Aha ! Serait-ce un indice de l’approche de Mueller ? Quelque chose qui s’appelle de manière informelle Le manuel de jeu Flynn-Papadopoulos pour les nuls ? Et si le souvenir du Président ne correspond pas exactement à celui de Priebus ? Un moment d’émotion ? Parjure.

Mais est-ce que quelqu’un se soucie vraiment de savoir si les souvenirs ne correspondent pas à de telles futilités ? Jamais auparavant il n’a été aussi clair que l’enquête Mueller est une mascarade à 90 %. Souvent, les avocats ne sont pas très bons à ce jeu. Ce n’est pas une exception.

Théâtre de l’Absurde

Mueller sait mieux que quiconque où et comment trouver des turpitudes au sujet de la campagne de Trump, la collusion avec la Russie ou quoi que ce soit d’autre. Le fait qu’il ait été capable de produire si peu de choses – et qu’il essaie de soutirer de l’aide du président lui-même – en dit long.

Snowden : Tyrannie clé en main. (Photo : Capture d’écran sur WikiLeaks)

Mueller n’a pas besoin d’envoyer son équipe dans une « vaste quête » avec des questions « ouvertes » sur un « ensemble exhaustif de sujets ». S’il y avait des preuves tangibles de la collusion entre la campagne Trump et la Russie, Mueller aurait presque certainement su où chercher et, dans le monde actuel de la surveillance générale, l’aurait déjà trouvé. Il est difficile de croire qu’il aurait échoué, au cours de son enquête longue d’un an, à utiliser tous les leviers à sa disposition – les leviers qu’Edward Snowden a appelés « tyrannie clé en main » – pour « récupérer la marchandise » sur Trump.

Voici ce que les médias « grand public cachent à la plupart des Américains : L’Agence nationale de sécurité (NSA) recueille tout : tous les courriels, les appels téléphoniques, les messages, les télécopies – tout, et les stocke dans des bases de données géantes. OK ; nous savons que cela dépasse l’entendement, mais la capacité technologique est là, et la politique est de « tout collecter ». Tout est intercepté et stocké dans de vastes entrepôts. (Les outils pour analyser/évaluer correctement ce flot d’informations ne correspondent pas à la réalité miraculeuse de la collection, de sorte que la meule de foin ne cesse de croître et que les aiguilles deviennent de plus en plus difficiles à trouver. Mais c’est une autre histoire.)

Comment s’est passée la collecte sous stéroïdes ? Vous l’avez entendu mille fois – « Après le 11 septembre, tout a changé ». En bref, lorsque le vice-président Dick Cheney a dit au directeur de la NSA et au général de la Force aérienne Michael Hayden de ne pas tenir compte du quatrième amendement, Hayden a salué sèchement.

Ainsi, après le 11 septembre, l’ancien premier commandement de la NSA, « Tu ne recueilleras pas d’informations sur les Américains sans mandat de la cour », a suivi la voie du quatrième amendement. (Quand cela est devenu public, l’ancien directeur de la NSA, l’Adm. Bobby Ray Inman, a déclaré ouvertement que Hayden avait violé la loi, et l’ancien directeur de la NSA, le Général William Odom, a déclaré que Hayden devrait être traduit en cour martiale. Les médias « mainstream » timorés ont supprimé ce qu’Inman et Odom avaient dit.)

Les « Hop » l’espiègle

Le 17 janvier 2014, lorsque le président Barack Obama a ordonné à la communauté du renseignement de limiter leurs recherches de données sans mandat pour analyse/évaluation à deux « hops », soit il ne comprenait pas ce qu’il autorisait, soit il s’inclinait, comme il en avait l’habitude, devant ce dont la communauté du renseignement prétendait avoir besoin (de peur qu’on dise qu’il était « laxiste en matière de terrorisme »).

Les directeurs du renseignement étaient très satisfaits de sa décision parce que, essentiellement, elle les autorisait à espionner n’importe qui sur la planète. Pour s’expliquer : « hop » est un terme utilisé dans la théorie des graphes pour l’analyse des réseaux sociaux. (Pendant la Première Guerre mondiale, cette activité était appelée reconstruction du réseau. Pendant et après la Seconde Guerre mondiale, elle a été désignés sous le nom de chaîne de contacts. La pratique générale aux États-Unis remonte au moins jusqu’à la guerre civile. En observant qui rendait visite à qui à Washington, les Pinkerton ont pu découvrir un réseau d’espionnage confédéré.

« Hop » se réfère à une connexion dans une série de connexions dans un réseau social. Par exemple, je vous appelle (c’est le premier saut [hop]) ; puis vous appelez quelqu’un d’autre (deuxième hop). Un autre terme pour le hop est le degré de séparation, 2 hops = 2 degrés de séparation.

Plusieurs d’entre nous, anciens étudiants de la NSA et membres de Veteran Intelligence Professionals for Sanity (VIPS) ont tenté, en vain, d’avertir la Maison-Blanche du danger de laisser le deuxième saut s’appliquer aux ministères ou aux entreprises. La raison est évidente : si vous incluez des « entreprises » comme Google, par exemple, qui a jusqu’à un milliard de connexions par jour, cela ne prendra pas beaucoup de temps avant que vous ayez inclus tout le monde.

Il n’est donc pas étonnant que les dirigeants de la NSA et le reste de la communauté du renseignement aient été ravis de la décision prise par Obama en janvier 2014. Cela signifiait qu’ils pouvaient continuer à collecter et à cibler qui ils voulaient. Essentiellement, cela signifie que le FBI, la NSA et la CIA croient qu’ils ont l’autorisation de surveiller tout citoyen américain sans mandat du tribunal. Et c’est ce qu’ils font.

Construction parallèle et écoutes téléphoniques

Mais lorsque le FBI, par exemple, trouve des preuves suffisantes pour engager des poursuites, il doit contourner les règles de procédure pénale en créant une « construction parallèle ». Il s’agit d’obtenir des preuves similaires à celles des données collectées par la NSA et d’utiliser les nouvelles preuves « légales » en cour, sans dire aux juges, avocats ou accusés où ils les ont obtenues à l’origine. Ceci, bien sûr, peut être assimilé à un parjure et s’applique également à toutes les demandes de mandat et les affidavits sous serment présentés pour obtenir les mandats. L’ancien directeur du FBI, M. Mueller, a dit qu’il était à l’aise avec ce procédé, que le Bureau utilise depuis 2001, juste après le 11 septembre.

Obama : S’incliner devant la communauté du renseignement.

Dans une interview accordée en 2011 par Barton Gellman pour le magazine Time, Mueller a clairement indiqué que son FBI utilisait le programme « Stellar Wind » depuis fin 2001. Il s’agit du programme par lequel la NSA a recueilli et stocké des données nationales sur pratiquement tous les citoyens américains.

Donc, en substance, Mueller et son FBI étaient d’accord pour tromper le tribunal et le prévenu, refusant aux prévenus le droit à une divulgation complète et appropriée. Finalement, la surveillance de n’importe qui dans la campagne Trump ou dans son administration, signifierait que la NSA/FBI/CIA pourrait « légalement » (selon leurs propres normes déformées) espionner toutes les personnes associées à l’administration Trump, même rétroactivement, remontant bien avant le début de la campagne. Cela signifie que Mueller pourrait avoir accès à toutes les réponses avant même qu’il ne pose la première à Trump.

Nous ne savons pas exactement ce qui a poussé Trump à prétendre il y a un an qu’il avait été « mis sur écoute » (« mise sur écoute » qui a suivi la voie de l’Edsel Ford [Edsel fut une marque éphémère du groupe Ford (Années-modèle 1958 à 1960), honorant le fils disparu du fondateur, NdT]), mais si on lui a dit qu’il avait été surveillé, il a probablement été informé avec exactitude. Nul doute qu’il n’était/est qu’un hop, un saut, et un bond loin des autres sous surveillance, sans aucune exigence même pour le saut et le bond – encore moins un mandat.

Ray McGovern (rrmcgovern@gmail.com) a été analyste de la CIA pendant 27 ans ; de 1981 à 1985, il a présenté le mémoire quotidien du président Reagan aux plus hauts responsables de la sécurité nationale du président Reagan. William Binney (williambinney0802@comcast.net) a travaillé pour la NSA pendant 36 ans, prenant sa retraite en 2001 en tant que directeur technique de l’analyse et des rapports militaires et géopolitiques mondiaux ; il a créé de nombreux systèmes de collecte encore utilisés par la NSA.

Source : Ray McGovern & Bill Binneyn Consortium News, 01-05-2018

Traduit par les lecteurs du site www.les-crises.fr. Traduction librement reproductible en intégralité, en citant la source.

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Commentaire recommandé

Jetaimalbert // 23.05.2018 à 12h30

Il pourrait peut être venir faire un stage en France ce cher procureur, histoire d’enquêter sur du solide, et en particulier la vente d’Alstom et le rôle bien ambigu de notre ‘banked-president’.
Et, tant qu’on y est, sur l’ensemble des trahisons de nos 1er de cordée, qui se sont assis depuis des années sur l’article 5 de la constitution, en vendant à tour de bras les bijoux de famille – entre autre sous pression étrangère ;
“Le Président de la République veille au respect de la Constitution […] Il est le garant de l’indépendance nationale, de l’intégrité du territoire et du respect des traités”

12 réactions et commentaires

  • Aladin0248 // 23.05.2018 à 07h44

    On rêve d’un monde où tous ces gens, plus nuisibles les uns que les autres, seraient contraints de gagner leur vie par la pratique intense d’un métier manuel (outre que cela leur ferait beaucoup de bien).

      +8

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    • Chris // 23.05.2018 à 12h15

      Suggérer que les métiers manuels sont une punition me parait bien réducteur. Je connais des manuels heureux, passionnés par leur métier, de l’ouvrage bien faite et s’intéressant au monde.
      Les travaux manuels laissent beaucoup de temps au mental… pour ceux qui aiment réfléchir. Les mains certes sont occupées, mais l’esprit lui, voyage et inspecte les sujets avec une profondeur certaine, revenant par couches successives car sollicité par le présent ouvrage.
      Je fais les meilleures découvertes d’interconnexions en m’activant manuellement.
      Ou peut-être n’est-ce que mon mode de fonctionnement… ?

        +13

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      • Jetaimalbert // 23.05.2018 à 12h39

        C’est plus ou moins ce qu’Aladin dit, la contrainte pour des gens hors-sol allant peut-être jusqu’à se faire griller une tartine, un métier manuel leur ferait voir les choses autrement que d’avoir à magner un club de golf.
        ça appuie leur manquement, pas le ‘manuel’ du dit-métier.
        Il me semble ..

          +1

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      • Haricophile // 23.05.2018 à 14h56

        C’est une punition pour les 1% qui ont l’habitude d’avoir des domestiques et des esclaves pour toutes leur tâches. Il y a même une équipe scientifique qui se sont posée la question de savoir si le manque total d’empathie des super-riches n’était pas directement corrélée, avec une réponse qui semble assez positive, avec la déconnexion totale des tâches que tout a chacun a normalement a assumer pour sa vie quotidienne. Il faudrait que je retrouve ça.

          +4

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        • Tatave // 23.05.2018 à 19h42

          Le manque total d’empathie est aussi une caractéristique des pervers dits narcissiques. Et on sait qu’ils sont nombreux dans la classe dirigeante, ce peut être une partie de l’explication.

            +2

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      • Yenmarre // 24.05.2018 à 14h53

        Très bonne réflexion. Nous sommes au moins deux.

          +0

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  • relc // 23.05.2018 à 07h58

    « il fait en sorte qu’un institut universitaire essaie de cajoler le président Donald Trump afin qu’il lui vienne en aide. »

    lire
    « il se donne à fond dans des cajoleries pour que Donald Trump lui vienne en aide »

    “he is making a college try at cajoling President Donald Trump into helping him out.”

    “college try”, expression du langage familier, = tentative enthousiaste où l’on met toute son énergie, grand effort déployé pour le succès du groupe auquel on appartient.

      +6

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  • Kiwixar // 23.05.2018 à 08h51

    Une tentative de coup d’État au ralenti. Tous ces types sont obligés de réussir à destituer Trump, sinon ils vont se prendre un sacré retour de bâton (prison à perpette comme le font les zuniens, style 350 ans de taule dont 0 avec sursis).

      +9

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  • Chris // 23.05.2018 à 12h25

    Les Etats-Unis ont depuis longtemps rejoint l’Union Soviétique, mais ils l’ignorent, tellement ils s’enfoncent et se vautrent dans la paranoïa narcissique.

      +0

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    • Haricophile // 23.05.2018 à 15h01

      L’ex Union Soviétique, je précise car il y en a encore trop qui confondent la Russie actuelle avec l’Union Soviétique du temps de la dictature prétendument “communiste” (mais aussi communiste que Hollande, Valls et Macron sont socialiste et le Pape Musulman…).

        +9

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  • Jetaimalbert // 23.05.2018 à 12h30

    Il pourrait peut être venir faire un stage en France ce cher procureur, histoire d’enquêter sur du solide, et en particulier la vente d’Alstom et le rôle bien ambigu de notre ‘banked-president’.
    Et, tant qu’on y est, sur l’ensemble des trahisons de nos 1er de cordée, qui se sont assis depuis des années sur l’article 5 de la constitution, en vendant à tour de bras les bijoux de famille – entre autre sous pression étrangère ;
    “Le Président de la République veille au respect de la Constitution […] Il est le garant de l’indépendance nationale, de l’intégrité du territoire et du respect des traités”

      +19

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  • Michel B. // 23.05.2018 à 17h29

    Le débat qui prend forme en ce moment aux USA : celui de la non conformité à la Constitution de la nomination du Procureur Special Mueller : il a été désigné par Rod Rosenstein du Département de la Justice, en se voyant conférer des pouvoirs que seuls le Président et le Sénat sont habilités à lui donner.

    Cette histoire est l’une des plus grosses farces politiques de notre temps. Comme des lapins duracell, les médias depuis près de deux ans reprennent à l’infini les accusations de collusion avec la Russie. Pour le meilleur et pour le pire. A ce petit jeu, champion hors catégorie, CNN a perdu 30% de ses auditeurs en un an. Ce suicide collectif du camp démocrate US est extraordinaire !

      +13

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