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22.mai.201822.5.2018 // Les Crises

“Le plus grand joueur de l’histoire mondiale”, par Alastair Crooke

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Source : Strategic Culture, Alastair Crooke, 01-05-2018

John Mauldin nous livre une vision très pertinente de la Chine :

« Dans les années 1990, Robert Rubin, secrétaire au Trésor sous Bill Clinton, négociait les conditions d’admission de la Chine à l’Organisation mondiale du commerce. Mes sources disent qu’il demandait exactement les mêmes choses que Trump veut maintenant… Mais en 1998, au milieu du scandale Monica Lewinsky, Clinton voulait une “victoire” (un peu comme l’actuel président.) Et Rubin n’était pas à la hauteur de ses exigences en matière d’accès au marché et de garanties sur la propriété intellectuelle, etc. Clinton a ensuite retiré les négociations chinoises à M. Rubin et les a remises à la secrétaire d’État Madeleine Albright avec les instructions pour y parvenir.

N’étant pas un expert en commerce, Albright ne comprenait pas les problèmes sous-jacents. Les Chinois ont reconnu qu’elle n’avait rien dans son jeu et ils ont tenu bon. En résumé, mes sources disent qu’elle a effectivement cédé. Clinton a obtenu sa “victoire” et nous sommes restés coincés dans un mauvais accord commercial. Lorsque Trump prétend que nous avons été piégés dans le cadre d’un mauvais accord commercial, il a raison, même si je me demande s’il comprend l’histoire. Quelqu’un lui a peut-être donné le contexte, mais il n’en a jamais parlé dans ses discours. Cet accès à l’OMC, qui s’est finalement produit en 2001, a permis à la Chine de commencer à s’emparer des marchés par des moyens légaux et d’accéder à la propriété intellectuelle américaine sans payer pour cela…

Est-ce que cela fait une différence maintenant ? Probablement pas… Mais on en arrive à la rivalité dont nous avons parlé plus haut. Est-il possible pour les États-Unis et la Chine de rester ensemble dans une organisation comme l’OMC ? Trump semble en douter, car il a menacé de se retirer de l’OMC. Un jour ou l’autre, nous pourrions considérer cette période où un seul organisme régit le commerce international comme une aberration – un beau rêve qui n’a jamais été réaliste. Si c’est le cas, préparez-vous à de grands changements. »

Cela va jusqu’au cœur de l’une des plus grandes questions géopolitiques auxquelles l’Europe et l’Amérique sont confrontées. Mauldin nous donne alors ce qui fait l’objet d’un consensus : « malgré certains de ses discours, je ne crois pas que [Trump] soit idéologiquement contre le commerce. Je pense qu’il veut juste une “victoire” américaine et qu’il est souple sur ce que cela signifie ». Oui, Trump pourrait bien finir par faire du « Clinton », mais l’Amérique a-t-elle une alternative réaliste, si ce n’est de s’accommoder de la montée de la Chine ? Le monde a changé depuis l’ère Clinton : il ne s’agit plus seulement de se disputer sur les termes de l’échange.

Xi Jinping se trouve au sommet du système politique chinois. Son influence s’étend maintenant à tous les niveaux. Il est le leader le plus puissant depuis le président Mao. Kevin Rudd (ancien premier ministre de l’Australie, qui étudie la Chine depuis longtemps) note, « rien de tout cela n’est pour les timorés… Xi a grandi dans la politique du parti chinois telle qu’elle est menée aux plus hauts niveaux. Par l’intermédiaire de son père, Xi Zhongxun… il a reçu des “cours de maître” non seulement sur la façon d’y survivre, mais aussi sur la façon de l’emporter en son sein. Pour ces raisons, il s’est avéré être l’homme politique le plus redoutable de son temps. Il a réussi à devancer, à déborder, à dépasser, puis à éliminer chacun de ses adversaires politiques. Le terme poli pour cela est la consolidation du pouvoir. En cela, il a certainement réussi. »

Et voilà le hic : le monde que Xi envisage est totalement incompatible avec les priorités de Washington. Xi n’est pas seulement plus puissant que n’importe quel prédécesseur autre que Mao, il le sait et a l’intention de laisser sa marque dans l’histoire du monde. Une qui équivaut, voire surpasse, celle de Mao.

Lee Kuan Yew, qui, avant sa mort en 2015, était le premier observateur de la Chine, avait une réponse sans équivoque sur la trajectoire étonnante de la Chine au cours des 40 dernières années : « L’ampleur de la transformation de l’équilibre mondial dû à la Chine est telle que le monde doit trouver un nouvel équilibre. Il n’est pas possible de prétendre qu’il ne s’agit que d’un autre grand joueur. C’est le plus grand joueur de l’histoire du monde. »

L’année 2021 marque le centenaire de la fondation du Parti communiste chinois, et Xi a clairement l’intention qu’en 2021, la Chine présentera les réalisations de ses objectifs du premier centenaire. D’ici là, la Chine espère être l’économie la plus puissante du monde (elle l’est déjà là – sur la base de la parité du pouvoir d’achat), et une puissance émergente de classe mondiale – tant sur le plan politique que militaire. Selon Richard Haas, président du US Council for Foreign Relations, « l’ambition à long terme [de la Chine] est de démanteler le système des alliances américaines en Asie, en le remplaçant par un ordre de sécurité régionale plus bienveillant (du point de vue de Pékin) dans lequel elle jouit d’une place de choix, et idéalement une sphère d’influence à la mesure de son pouvoir ». (mais pourtant, Haas sous-estime peut-être les choses).

Pour atteindre le premier des deux objectifs du centenaire (le deuxième se termine en 2049), la Chine a un volet économique majeur, un volet économique/politique et un volet politique/militaire à la réalisation de ses objectifs.

Le plan « Made in China 2025 » est une vaste politique industrielle qui bénéficie d’un financement public massif en R & D (232 milliards de dollars en 2016), y compris une intégration potentielle explicite à double usage dans l’innovation militaire. Son principal objectif, outre l’amélioration de la productivité, est de faire de la Chine le « leader mondial de la technologie » et de faire en sorte que la Chine devienne autosuffisante à 70% en matériaux et composants clés. C’est peut-être bien connu en théorie, mais peut-être que l’évolution vers l’autosuffisance de la Chine et de la Russie implique quelque chose de plus brutal. Ces États s’éloignent du modèle commercial libéral classique au profit d’un modèle économique fondé sur l’autonomie et une économie dirigée par l’État (comme le préconisent des économistes comme Friedrich List, avant d’être éclipsés par la prédominance de ceux qui pensent comme Adam Smith).

Le deuxième volet de la politique est la fameuse initiative « Belt and Road » [Nouvelle route de la soie, NdT], qui reliera la Chine à l’Europe. Cependant, l’élément économique est souvent ramené en Occident à une « simple infrastructure » – bien qu’à grande échelle. Sa conception représente plutôt une attaque directe contre le modèle économique occidental hyper-financiarisé. Dans une célèbre remarque critique dirigée contre la forte dépendance de la Chine à l’égard d’une croissance de style occidental, axée sur la dette – un auteur anonyme (que l’on croit être Xi ou un proche collègue) a noté (avec sarcasme) l’idée que de grands arbres ne pouvaient être cultivés « en l’air ». Ce qui veut dire que les arbres doivent avoir des racines et pousser dans le sol. Au lieu de l’activité « virtuelle » et financiarisée de l’Occident, l’activité économique réelle découle de l’économie réelle, avec des racines plantées dans la terre. La « nouvelle route de la soie » n’est qu’un catalyseur majeur de l’économie réelle.

Son aspect politique, bien sûr, est évident : Il créera un immense bloc d’échange et d’influence (en renminbis) [Le yuan ou renminbi est la devise nationale de la Chine, NdT] et, étant basé sur la terre, déplacera le pouvoir stratégique de la domination occidentale via la puissance maritime vers des routes terrestres sur lesquelles la puissance militaire conventionnelle occidentale est limitée – tout comme, de la même manière, il transférera la puissance financière du système du dollar de réserve vers le renminbi et d’autres monnaies.

L’autre aspect, qui a été beaucoup moins remarqué, est la façon dont Xi a réussi à harmoniser ses objectifs avec ceux de la Russie. D’abord prudent à l’égard du projet « nouvelle route de la soie » quand Xi l’a lancé en 2013, le Kremlin, s’est rapproché de l’idée dans la foulée du coup d’État occidental contre ses intérêts en Ukraine, et avec le projet conjoint de l’Amérique avec l’Arabie saoudite pour faire chuter le prix du pétrole (l’Arabie saoudite voulait faire pression sur la Russie pour qu’elle abandonne Assad, et les États-Unis pour affaiblir le Président Poutine, en affaiblissant le rouble et les finances du gouvernement).

Ainsi, en 2015, le président Poutine s’était engagé à lier l’Union économique eurasienne de la Russie et la ceinture économique de la Route de la soie de la Chine, et deux ans plus tard, Poutine était l’invité d’honneur du sommet « Une ceinture, une route », qui s’est tenu à Pékin.

Ce qui est intéressant, c’est la façon dont la Russie a intégré la vision de Xi dans sa propre pensée de la « Grande Eurasie », conçue comme l’antithèse centrale d’un ordre mondial financiarisé et dirigé par les Américains. Le Kremlin, bien sûr, comprend bien que dans le domaine du commerce et de la finance, la position de la Russie en Eurasie est beaucoup plus faible que celle de la Chine. (L’économie de la Chine est huit à dix fois plus importante que celle de la Russie).

Les forces cruciales de la Russie se situent traditionnellement dans les domaines politico-militaire et diplomatique. Ainsi, laissant les initiatives économiques à la Chine, Moscou s’efforce de jouer le rôle d’architecte en chef d’une architecture politique et de sécurité eurasienne, d’un concert de grandes puissances asiatiques et de producteurs d’énergie.

Le président Poutine a, dans un sens, trouvé la symétrie et la complémentarité de la politique de Xi en matière de routes et de couloirs (un équilibre asymétrique de la Russie, si l’on veut, à la force économique brute de Xi) dans sont livre One Map ; Three Regions’ politics [Carte unique ; politique des trois régions, NdT], Bruno Maçães a écrit :

En octobre 2017, Igor Sechin, directeur général de Rosneft, a pris la décision inhabituelle de présenter un rapport géopolitique sur les « idéaux de l’intégration eurasienne » devant un auditoire à Vérone, en Italie. L’une des cartes projetées à l’écran pendant la présentation montrait le supercontinent – ce que les cercles russes appellent « Grande Eurasie » – divisé en trois régions principales. Pour Sechin, la division cruciale n’est pas entre l’Europe et l’Asie, mais entre les régions de consommation d’énergie et les régions de production d’énergie. Les premières sont organisées sur les bords ouest et est du supercontinent : Europe, y compris la Turquie, et l’Asie-Pacifique, y compris l’Inde.

Entre elles, nous trouvons trois régions de production d’énergie : La Russie et l’Arctique, la Caspienne et le Moyen-Orient. Il est intéressant de noter que la carte ne sépare pas ces trois régions, préférant tracer une ligne de délimitation autour des trois. Elles sont contiguës, formant ainsi un seul bloc, du moins d’un point de vue purement géographique.

La carte, note Maçães, « illustre un point important sur la nouvelle image d’elle même qu’à la Russie. Du point de vue de la géopolitique énergétique, l’Europe et l’Asie-Pacifique sont parfaitement équivalentes, fournissant des sources alternatives de demande en ressources énergétiques…. Et, si l’on considère les trois zones [délimitées sur la carte], il devient évident que deux d’entre elles sont déjà dirigées et organisées par un acteur de premier plan : L’Allemagne dans le cas de l’Europe ; et la Chine pour l’Asie-Pacifique ».

C’est dans cette perspective qu’il faut comprendre le regain d’intérêt et l’intervention de la Russie au Moyen-Orient. En consolidant les trois régions productrices d’énergie sous sa direction, la Russie peut être un véritable égal de la Chine dans l’élaboration du nouveau système eurasien. Ses intérêts se situent maintenant plus résolument dans l’organisation d’une volonté politique commune pour la région centrale de production d’énergie, que dans la récupération des »”vieux désirs » de faire partie de l’Europe.

Et la ‘volonté politique’ est aussi le projet de Xi : Alors qu’après que la révolution culturelle de Mao a essayé d’effacer le passé ancien de la Chine et de le remplacer par le « nouvel homme socialiste » du communisme, Xi a de plus en plus dépeint le parti comme l’héritier et le successeur d’un empire chinois vieux de 5 000 ans que seul l’Occident maraudeur a abaissé, écrit Graham Allison, auteur de Destined for War : Can America and China Escape Thucydides’s Trap ? Ainsi, le Parti a évoqué les humiliations passées aux mains du Japon et de l’Occident « pour créer un sentiment d’unité qui s’était fracturé, et pour définir une identité chinoise fondamentalement en désaccord avec la modernité américaine ».

Enfin, Xi s’est engagé à rendre sa puissance à la Chine. Il croit qu’une armée « capable de se battre et de gagner des guerres » est essentielle pour réaliser toutes les autres composantes de la « régénération » de la Chine. L’Amérique a davantage d’organisation militaire que la Chine, cependant que Moscou dispose d’armes technologiquement meilleures – mais la Chine rattrape aussi rapidement l’Occident à cet égard. La coopération militaire stratégique directe entre la Chine et la Russie (la Chine soutenait militairement et politiquement la Russie) était évidente dans la récente poussée de propagande américaine et britannique – Skripal et armes chimiques en Syrie – contre la Russie. Cette coopération agit comme un moyen de dissuasion contre l’entreprise d’une action militaire américaine contre l’un ou l’autre État.

À Washington, contrairement à Pékin, il y a de différentes voix qui tentent de définir comment l’Amérique devrait interagir avec la Chine. Trump a parlé le plus fort, cependant les idéologues sont là aussi, réclamant un réajustement fondamental des termes du commerce et des droits de propriété intellectuelle. Mais l’armée américaine est également convaincue que les États-Unis doivent rester l’hégémon militaire dans la région Asie-Pacifique et que la Chine ne doit pas être autorisée à repousser l’Amérique vers le large. Il y a, cependant, une rare unité à Washington – parmi les « groupes de réflexion » et entre les deux principaux partis politiques – sur un point et un seul : la Chine constitue la menace « numéro un » pour l’ordre mondial « fondé sur des règles » dirigé par les Américains… et devrait être remise à sa place.

Mais quels sont – parmi les objectifs de la Chine décrits ci-dessus – ceux sur lesquels les États-Unis pensent pouvoir d’une manière ou d’une autre « revenir en arrière » et réduire plus substantiellement le poids de la Chine – ce sans entrer en guerre ?

En réalité, Xi peut accorder à Trump suffisamment de concessions mineures (c’est-à-dire sur les questions de prévalence et de propriété intellectuelle) pour permettre à Trump de revendiquer une « victoire » (c’est-à-dire de refaire un coup à la « Clinton »), et d’acheter quelques années de paix économique frileuse, tandis que les États-Unis continuent d’accumuler les déficits commerciaux et budgétaires. Mais en fin de compte, l’Amérique devra décider de s’adapter à la réalité, ou risquer au mieux la régression, ou la guerre au pire.

Cela sera difficile à la fois économiquement et géopolitiquement, d’autant plus que ceux qui prétendent connaître Xi semblent convaincus qu’en plus de vouloir faire de la Chine le « plus grand acteur de l’histoire du monde », Xi aspire aussi à être celui qui, enfin, réunifiera la Chine : non seulement le Xinjiang et le Tibet sur le continent, mais aussi Hong Kong et Taïwan. L’Amérique peut-elle encaisser culturellement l’idée que Taïwan « démocratique » soit militairement unifiée à la Chine ? Pourrait-elle l’échanger contre une solution nord-coréenne ? Cela semble improbable.

Source : Strategic Culture, Alastair Crooke, 01-05-2018

Traduit par les lecteurs du site www.les-crises.fr. Traduction librement reproductible en intégralité, en citant la source.

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Commentaire recommandé

Charles // 22.05.2018 à 13h04

Ouais.
Regardez la très démocratique Inde, quelles sont les lois qui sont actuellement votées, à quel point elles sont loin d’une dictature.
Le Patriot Act, la surveillance (autorisée) par les GAFA, les dernières lois françaises en matière de terrorisme et de liberté de la presse.
La Chine n’a jamais prétendu être une démocratie, au contraire de nous autres. Faisons-nous mieux en comparaison de nos prétentions morales ?
La France attaque un pays (la Syrie) qui ne lui a rien fait, en toute illégalité, sans que les Français aient leur mot à dire (ni même leurs représentants, les députés et sénateurs). Où est la démocratie ? Sarkozy et ses successeurs se sont assis sur le dernier référendum portant sur l’Europe. Où est la démocratie ?
Je ne sais pas dans quel pays vous vivez.

76 réactions et commentaires

  • calal // 22.05.2018 à 08h16

    La mondialisation s’arretera quand les “gros” n’y auront plus avantage. Ce moment se rapproche et j’y contribue en achetant le plus possible chez Jack MA. Gros gain de pouvoir d’achat, presque sur que pas de tva pour l’etat et j’envoie mes euros aux rivaux de mes rivaux.Les commerces de centre ville n’ont pas fini de boire la tasse.

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  • Fritz // 22.05.2018 à 08h22

    L’Eurasie se réveille. Le monde va changer de base…

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  • Stef1304 // 22.05.2018 à 09h46

    En résumé, dans leur hubris débridé, les « occidentaux » ont poussé la Russie dans les bras de la Chine, après avoir favorisé le redressement de celle-ci ( sur le dos de leur propre population).

    De la bêtise et du cynisme…

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    • Sandrine // 22.05.2018 à 10h03

      La crainte des USA vis à vis de la Russie est justifiée d’un point de vue géo-stratégique. C’est l’Europe qui aurait pu faire le choix de se tourner vers la Russie au lieu de rester enchaînée aux US.
      Quand à la puissance de la Chine, c’est l’ideologie des avantages comparatifs (ou «comment se tirer une balle dans le pied en détruisant son industrie au profit des autres ») qui en est le principal artisan.

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      • moshedayan // 22.05.2018 à 10h38

        Précisez l’Europe de l’Ouest surtout, l’Europe de l’Est commence déjà à mieux comprendre ce qui s’annonce : Serbie, Slovaquie se tournent plus fréquemment mais discrètement vers la Russie, la Bulgarie s’intéresse à nouveau au projet gazoduc “south-stream” mais veut éviter de nouvelles pressions américaines (par l’OTAN), le point de rupture n’est pas loin à Sofia (mais les Américains vont encore tenter “d’arroser” des corrompus bulgares, sauf que pour l’instant ils ont peu payé).

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    • Bouddha Vert // 22.05.2018 à 10h57

      C’est exact, mais l’humanité est habité par l’hubris, ce n’est pas l’apanage des occidentaux.
      Depuis 2 siècles une partie de l’humanité vit pleinement le “plaisir technologique”, aujourd’hui c’est le moteur mondial.
      Cet article comme la plupart des focus analytiques n’arrive jamais à prendre le recul nécessaire pour se remémorer notre terrienne situation, avec ces limites et notre envie permanente de les faire sauter.

      Malheureusement, le jour où ce rappel s’imposera à nous, c’est certainement parce que nous ne serons matériellement plus en capacité d’extraire les trésors de la Terre.
      Nos politiques sont décidément incapables de gérer la déplétion, nous ne sommes décidément pas sages.

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    • RGT // 23.05.2018 à 08h30

      “( sur le dos de leur propre population)”…

      Peut-être pas tant que ça…
      Certes, la vie n’est pas facile dans les provinces du centre et du nord de la Chine mais les chinois sont très heureux de leur vie qui ne cesse de s’améliorer.

      Et de plus ils sont très fiers de ne plus être considérés comme des sous-hommes qui ont été abondamment été exploités par les occidentaux depuis quelques siècles.

      Le gouvernement n’est pas très “ouvert” mais comme me disaient des chinois quand j’étais dans leur pays, on ne peut pas maintenir la cohésion d’une telle population en laissant tout faire.

      De plus, les chinois on un sens inné de la négociation et parviennent toujours à trouver un compromis satisfaisant.
      Il ne procèdent pas comme les occidentaux qui font rouler leurs muscles pour intimider leurs adversaires. Ils procèdent par petites touches et au final obtiennent ce qu’ils veulent sans pour autant entrer en conflit avec leurs adversaires.
      C’est ça la diplomatie, et ils sont experts en la matière, particulièrement vis à vis le “l’exceptionalisme” de certains pays qui imposent leurs vues par la force.

      Si on ne veut pas se retrouver dans le fossé il faudra bien écouter les chinois, les russes et tous les autres peuples car l’heure du retour de bâton est bel et bien arrivée.

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      • TZ // 23.05.2018 à 17h10

        Vous semblez oublier toutes les mesures de contrôles, dignes de Orwell et Philip K. Dick réunis, du gouvernement chinois sur sa population.

        Les “chinois heureux” dont vous parlez sont les nouveaux riches et une partie des classes moyennes, celle qui ne réfléchit que peu et ne se sent pas encore concernée par la société du contrôle et l’extrême pollution dans de nombreuses provinces. Les autres trinquent ou angoissent…

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        • Tacite // 24.05.2018 à 11h04

          Et les “Occidentaux heureux” sont pareillement les nouveaux riches et la frange supérieure de la classe moyenne. Ils pensent n’avoir rien à se reprocher et donc ne reféchissent guère au Big Brother mis en place de concert par les GAFA et les gouvernements. Quant à la pollution, elle finira par atteindre tout le monde, des plus riches aux plus pauvres. Donc, en Occident ou en Chine, 25% de la population se rejouit. Le reste trinque ou angoisse.

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  • Louis Robert // 22.05.2018 à 11h19

    Tout est remarquablement bien confirmé ici, et fort succinctement: l’Empire (l’Occident impérial et ses quelques vassaux de moindre importance), est totalement dépourvu de vision quant à l’avenir du monde.

    En effet, en présence du “plus grand joueur de l’histoire mondiale”… les États-Unis pensent pouvoir d’une manière ou d’une autre « REVENIR EN ARRIÈRE » (je souligne) et réduire plus substantiellement le poids de la Chine…

    Or comme le faisait remarquer Gandhi, « la fin est dans les moyens », qui sont ici dérisoires. Le monde n’évolue pas par reculs, bien plutôt pas bons en avant… désormais sans précédents dans l’histoire de l’humanité. L’Empire déjà dépassé s’effondre d’aveuglement et d’ignorance qui lui font sous-estimer grossièrement la Chine. Imperturbable et déterminée, elle poursuit inlassablement sa Longue Marche, 5000 ans d’histoire et de civilisation, sous le regard d’un monde qui « n’en croit toujours pas ses yeux »… qui n’ont pourtant encore rien vu.

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    • Louis Robert // 22.05.2018 à 20h11

      Correction: “BONDS en avant”… Désolé.

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    • TZ // 23.05.2018 à 17h11

      Par sûr que le “bond en avant” chinois résiste au grand bond en arrière écologique et économique imminent.

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      • Faut se mettre au courant // 24.05.2018 à 13h10

        L’écologie a été inscrite tout récemment dans la contitution chinoise.
        En est-il de même dans les pays occidentaux ?…

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  • Duracuir // 22.05.2018 à 11h56

    Ce qui aurait tendance à être rassurant sur les intentions mondiales de la Chine, c’est que ce pays, en 5000 ans d’histoire n’a jamais été expansionniste.
    Ce qui est moins rassurant, c’est que son “lebensraum” est clairement trop petit pour sa population et qu’il est pourri par 40 ans d’industrie acharnée. Et qu’il a justement la population pour mettre 300 millions de Chinois en Europe, autant en Afrique, autant en Amérique du sud et autant en Amérique du Nord tout en en gardant 300 à la maison. Et ça avec un contrôle acharné de la démographie.
    Le premier à s’inquiéter(et ils le sont) devrait être le voisin russe: une si immense Sibérie, quasi vide et pleine de millions d”hectare de bonnes terres, de réserve inépuisable d’eau pure et de matières premieres à en rêver….

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    • Sandrine // 22.05.2018 à 12h06

      Arrêtons avec cette fable qu’en 5000 ans d’histoire la Chine n’a jamais été impérialiste. La Chine est un empire qui contient en son sein une multitude de minorités plus ou moins bien assimilées par l’ethnie majoritaire (Han)

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      • Duracuir // 22.05.2018 à 12h46

        Oui, on appelle ça une nation, pas un empire.

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        • Sandrine // 22.05.2018 à 14h16

          Les peuples tibétains et autres populations turcophones et/ou mongoles apprécieront…

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        • Sandrine // 22.05.2018 à 14h36

          En outre ce n’est pas parce que cet empire s’est assoupi à la fin du XVe siècle qu’il a vocation à rester dans cet état. La Chine s’est toujours pensée comme centre du monde.

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          • Vincent // 23.05.2018 à 09h29

            Un peuple qui a construit sa philosophie, sa manière de penser, et sa culture en se protégeant de l’extérieur, le tout ceinturé par une muraille multimillénaire n’a pas vocation à envahir le monde. Il l’a toujours craint en réalité.

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          • Françoise // 23.05.2018 à 19h55

            “La Chine s’est toujours pensée comme centre du monde.”
            Ce n’est pas particulier à la Chine. Toutes les “grandes” civilisations ont eu/ont encore ce travers.

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          • Faut se mettre au courant // 24.05.2018 à 13h17

            Ils ont inventé seulement les nouilles, la poudre et le papier.
            Sans même parler des découvertes chinoises sur les méridiens et le chi (médecine, découvertes toujours pas intégrée chez nous).
            Alors, s’ils veulent, ils peuvent être fiers. Qu’aurait été notre “civilisation” sans le papier, la poudre et les nouilles ?…
            …Et ce n’était pas dans leurs usages de demander des propriétés intellectuelles.

            En attendant, ils sont les premiers à avoir introduit l’écologie dans leur constitution, si je ne me trompe (si vous connaissez un seul autre pays à avoir introduit l’écologie dans sa constitution, prière de faire signe).

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            • Le Minotaure // 24.05.2018 à 19h22

              Je ne crois pas que les propos de Sandrine soient de nier les richesses de la civilisation chinoise. Effectivement ils se pensent centre du monde comme tous les Empires, Etats Unis en tête (la France aussi bien qu’elle n’en ait plus les moyens depuis longtemps).

              La Chine a construit la grande muraille, et donc ? Tous les grands empires sédentaires d’Eurasie ont, pendant l’antiquité et les débuts du Moyen Age (pour l’Occident) chercher à se protéger des peuples nomades, tout en tentant de les vassaliser lorsqu’ils étaient en position de force. C’était vrai des Chinois, mais aussi des Romains, des Byzantins, des Sassanides, des Tsars russes etc. ça ne détermine pas les Chinois à rester pour toujours au sein de leur espace traditionnel. D’ailleurs ça fait déjà un bout de temps qu’ils en sont sortis.

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    • Kiwixar // 22.05.2018 à 12h30

      Leur population? Très très bientôt, les Chinois auront 1/3 de la population à la retraite. Leur soucis va être les soins médicaux et l’accompagnement de tous ces vieux avec peu de petits-enfants pour les suivre (style : 4 grand-parents pour 1 petit-enfant).

      Ils vont devoir importer de la main d’oeuvre (infirmières, soins à domicile) des Philippines à tour de bras, massivement.

      Ce genre de pyramide des âge ne fait pas de la Chine un pays expansionniste. Envahir la Sibérie avec quoi? des ptits vieux en déambulateur?

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    • moshedayan // 22.05.2018 à 13h25

      L’image que vous avez de la Sibérie équivaut aux Grandes Plaines américaines. Or, même si quelques urluberlus rêvent du réchauffement climatique pour libérer de nouvelles terres en Sibérie, mis à part la frange “méridionale” et le Primorié, le climat sibérien n’est pas une légende. Regardez des vidéos sur les transports, l’exploitation forestière à l’automne et au printemps en Sibérie, ça ne donne pas envie de s’y installer. Les Chinois ont bien d’autres terres à “civiliser”, ils connaissent l’avancée du Désert de Gobi. C’est un rêve des Américains de voir la Chine s’en prendre à la Russie sibérienne.

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      • Sandrine // 22.05.2018 à 15h35

        C’est aussi une crainte très forte de nombreux russes. Le sous-sol sibérien est extrêmement riche et il y a déjà de nombreux chinois installés au sud de la Sibérie en Russie (parfois illégalement)

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        • gavrilo-sans-principe // 22.05.2018 à 17h45

          Non, la Chine est à moitié vide. Si les Chinois ne vieillissent pas trop vite, ils vont d’abord peupler leur propre territoire avant de s’en prendre à la Sibérie russe. Au grand dam des think tanks néo-cons qui en rêvent et nous sortent toujours les mêmes âneries…

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        • Chris // 22.05.2018 à 17h55

          La Russie loue également des centaines d’hectares de terre cultivables en périphérie des frontières chinoises ce qui ne laissent pas d’inquiéter les autochtones russes qui craignent une dévastation des sols des superficies louées.

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    • raloul // 22.05.2018 à 23h57

      Bonjour !

      Oui, la Russie, du moins ses autorités, s’en inquiètent. Un de mes proches a voulu faire une thèse de doctorat sur le sujet de l’influence économique et culturelle chinoise en Sibérie (je résume…) et les services russes l’en ont empêché par divers moyens. Sujet trop sensible. Ça vous semble peut-être exagéré mais c’est du vécu.
      Je crois que l’anti-«impérialisme occidental», certes louable, de certains commentateurs et analystes leur fait vite oublier que Chine et Russie sont aussi des rivaux, sur certains plans du moins. Le mercantilisme chinois fait aussi des ravages en Russie. Ça devrait faire réfléchir les Européens, enfin ceux qui ont encore un cerveau…

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    • Fund_touch // 24.05.2018 à 00h26

      Ça parle de la crainte d’un envahissement migratoire chinois, mais je me demande si ce genre de propos serait reçu aussi sagement si quelqu’un parlait de la crainte d’être arrosé par xxx millions d’africains.

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      • Le Minotaure // 24.05.2018 à 19h31

        Je ne crois pas à cette histoire de vague migratoire chinoise maisbil y a tout de même une différence. Les centaines de millions d’Africains ne sont pas épaulés par la deuxième (voir première) puissance économique de la planète.

        Même argument pour les Européens qui croient sans rire être les nouveaux Amérindiens. Les amérindiens ont été les victimes d’Etat puissants dont les colons n’étaient que l’avant garde.

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  • Duracuir // 22.05.2018 à 11h58

    D’ailleurs, je ne comprends pas cette hystérie anti-russe des USA et de leurs agents impériaux. Au contraire, la Russie, très cyniquement, devrait être une force de contention de première ligne et de premier ordre de la Chine pour les intérêts occidentaux. Je ne comprends rien .

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    • Sandrine // 22.05.2018 à 12h29

      C’est bien ce que les Russes se tuent à nous expliquer depuis la reconquête sur les Tatars… mais nous avons toujours eu tendance à les croire (et à les rejeter) du côté asiatique.
      Sans doute l’empire russe a toujours été un concurrent idéologique (et symbolique) trop fort pour le saint empire romain germanique (dont le flambeau a été repris par les USA pour le malheur de l’Europe) -ce qui explique que les nations d’Europe occidentales aient toujours cherché soit à le marginaliser, soit à l’avaler.

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    • Seraphim // 22.05.2018 à 18h46

      Sachez que les Russes non plus ne comprennent rien. Je vis en Chine, j’interroge les Russes, parfois haut placés qui sont ou passent ici. Ils le disent “nous voulons, nous, être proches de l’Europe, pourquoi faut-il que nous soyons poussés dans les bras de la Chine?” Ils le disent depuis 2007 exactement. Ils ont rechigné, longtemps, à vendre du pétrole, du gaz, des équipements à la Chine en faisant traîner les accords. Désormais c’est fini, ils vendent de plus en plus, mais…Ils ne “comprennent” toujours pas pourquoi il doit en être ainsi.

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  • Christian Gedeon // 22.05.2018 à 12h33

    Tres curieuse la fascination qu’exerce cet homme sûrement brillant qui n’est finalement que le dictateur absolu de la Chine, presque proclamé Empereur des Fils du Ciel…son control data a déjà des résultats extraordinaires qu’Adolf ét Joseph auraient plébiscité sans hésitation…UN DICTATEUR ÉST NE…

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    • Charles // 22.05.2018 à 13h04

      Ouais.
      Regardez la très démocratique Inde, quelles sont les lois qui sont actuellement votées, à quel point elles sont loin d’une dictature.
      Le Patriot Act, la surveillance (autorisée) par les GAFA, les dernières lois françaises en matière de terrorisme et de liberté de la presse.
      La Chine n’a jamais prétendu être une démocratie, au contraire de nous autres. Faisons-nous mieux en comparaison de nos prétentions morales ?
      La France attaque un pays (la Syrie) qui ne lui a rien fait, en toute illégalité, sans que les Français aient leur mot à dire (ni même leurs représentants, les députés et sénateurs). Où est la démocratie ? Sarkozy et ses successeurs se sont assis sur le dernier référendum portant sur l’Europe. Où est la démocratie ?
      Je ne sais pas dans quel pays vous vivez.

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      • Sandrine // 22.05.2018 à 17h38

        Quelle conclusion souhaitez-vous que l’on tire de votre commentaire ?
        Ce n’est pas parce que dans nos vieilles démocratie se développe un totalitarisme rampant qu’il faut être complaisant avec le totalitarisme dur qui se profile en Chine sous couvert de libéralisme économique.
        Je suis de plus en plus gênée par les discours relativistes qui prospèrent dans les commentaires sur ce site. « A quoi bon dénoncer les crimes de tel ou tel pays puisque les US (ou les Européens) ont fait (ou font) la même chose » lit-on de manière récurrente; et à chaque fois, la même cohorte de « + ». Il faut dire que ces commentaires sont induits par les choix des textes qui tournent parfois en boucle sur ce type de sujet.
        Modération : merci de ne pas supprimer mon message cette fois. Je souhaiterais avoir une réponse.

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        • Subotai // 22.05.2018 à 19h03

          En quoi le système politique dont les Chinois s’accommode est un crime?
          Il ne s’agit pas de relativisme mais de priorité. Charité bien ordonnée comme d’abord par soi.
          Le chemin vers une Dictature dans lequel nous sommes engagés, devrait nous occuper plus que celui des autres.
          A moins que désigner et fustiger un “mal” ailleurs ne serve qu’a camoufler le notre.

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        • Louis Robert // 22.05.2018 à 20h32

          Ce site présente en exergue cette première citation:

          « Je suis citoyen des États-Unis et j’ai une part de responsabilité dans ce que fait mon pays. J’aimerais le voir agir selon des critères moraux respectables. Cela n’a pas grande valeur morale de critiquer les crimes de quelqu’un d’autre – même s’il est nécessaire de le faire, et de dire la vérité. Je n’ai aucune influence sur la politique du Soudan, mais j’en ai, jusqu’à un certain point, sur la politique des États-Unis. » [Noam Chomsky, The Guardian, 20 janvier 2001.]

          P.S. Je passe sous silence l’insupportable hypocrisie, si répandue, de ne voir que la paille, dans l’oeil d’autrui… qui nous cache si parfaitement « l’Occident terroriste » (Chomsky/Vltchek).

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          • Sandrine // 22.05.2018 à 21h13

            Je suis fort aise de vous voir citer l’évangile…
            C’est exactement de ça que je voulais parler: j’ai essayé de l’expliquer dans un message précédent mais j’ai été censurée. Je vais donc essayer d’etre plus elliptique cette fois : c’est typiquement chretien de s’accuser de nombreuses turpitudes… pour éviter le péché décrit par la parabole de la paille et de la poutre, précisément … et c’est exactement ce que font les bonnes âmes de ce site qui passent leur temps à épingler les USA et leurs valets européens, ces impies !
            Nietzsche aurait certainement parlé de nihilisme à ce propos. Et il n’aurait pas eu complètement tort!

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        • Julien // 23.05.2018 à 04h32

          Bonjour Sandrine,

          1) “Nos vieilles démocraties” n’en ont jamais été, nous sommes dans une “démocratie” représentative. Ce qui est très différent.

          2) il ne s’agit pas de relativisme mais de bon sens. Comment voulez-vous dénoncer la torture ou le totalitarisme d’un autre pays si vous êtes vous même un tortionnaire / dictateur ? Un bandit qui juge un autre bandit… Cela n’a pas de sens. L’occident n’est simplement pas en position de dire quoi que ce soit.

          Alors à titre individuel on peut effectivement s’émouvoir du sort des tibétains, dire que c’est mal, se plaindre… Et dénoncer… Comme on peut le faire pour les indiens d’Amérique…

          Par ailleurs, je n’imagine pas nos dirigeants “gérer” 1,3 milliards d’individus… Pour répondre aux défis écologiques notamment. La réalité de la Chine est totalement différente de la nôtre. Dans mon cas ce n’est pas de la complaisance, c’est une simple observation des réalités.

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          • Sandrine // 23.05.2018 à 09h09

            Dire que partout sur la terre l’homme est prompt à voler le bien d’autrui (en particulier ses terres) et à l’asservir à son bon plaisir… est certainement une marque de bon sens.
            Mais ce n’est pas la même chose que dire que la Chine n’est pas un empire, que c’est une gentille nation inoffensive et que son modèle de développement est tout à fait digne d’admiration (ce que vous dites puisque vous prétendez que nous ne serions pas capables, avec nos méthodes, de gérer 1,5 milliard d’habitants). La Chine et les Chinois sont avides de puissance et de revanche sur l’occident, voila le secret de leur réussite actuelle; et nous serions bien avisés de ne pas trop nous y tromper : la Chine ne nous veut pas du bien.

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            • Julien // 23.05.2018 à 11h55

              « La Chine et les chinois sont avides de puissance et de revanche ».

              Sur la puissance oui, dans la mesure où cela leur permet de préserver leurs intérêts, comme toutes les autres nations du monde.

              Sur la revanche non. J’ai l’impression que c’est là votre fantasme. On ne parle pas du Japon post traités inégaux. Je pense que la Chine est forte d’un grand recul sur l’histoire de son pays et du monde.

              Je les vois davantage centrés sur eux-même, dans une logique (comment dire ?) « d’inclusion » plutôt que de conquête.

              Vous voyez ce que je veux dire ?

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            • Tepavac // 24.05.2018 à 07h29

              Prendre des précautions et des mesures de sûreté est une chose, dénigrer publiquement un état et sa population en est une autre, qui n’apporte qu’une illusion de sécurité.
              Nous pouvons même ajouter, que dans les relations internationales c’est une grave erreur.

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            • bili // 25.05.2018 à 05h08

              “La chine ne nous veut pas du bien” tout la question est qui est ce “nous” ?
              La superclace occidentale et 2% les plus riche ou le peuple occidental ?

              Et dans tout les cas les nation de moyennes puissance (comme la france)seront toujours mieux traitée dans un monde multipolaire plutôt qu un monde dominé par une seule puissance.
              Car dans un monde multipolaire les nation moyennes sont mieux traiter de peur d un renversement d alliance avec l “ennemie”
              Tandis que dans un monde dominé que par 1 seul empire on est reduit à de simple nation vassal…
              La preuve par l histoire: pendant la periode de la guerre froide la France (surtout sous De Gaulle qui jouait tt les cartes) etait respecté. Apres l effondrement de l URSS les USA on écrasé leur allié qu il ne considerais plus comme des partenaires mais comme des etats vassaux…
              Il est de l interet de la France de favoriser des contre puissance face à l empire hégémonique des USA.

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          • Sandrine // 23.05.2018 à 09h21

            A la limite, ce type de vision extasiée sur la Chine me fait penser à l’admiration qui prevalait en France entre-les-deux guerre pour les régimes fascistes. Le patronat fut prompt à s’allier aux capitalistes allemands exactement comme il est prompt aujourd’hui à s’allier avec les Chinois.

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            • Julien // 23.05.2018 à 12h02

              Que pensez-vous des Indiens (eux-aussi dans les BRICS) ? Diriez-vous qu’ils sont de dangereux expansionnistes ?

              Non, ce n’est pas une vision extasiée, encore une fois, l’observation d’une partie d’echecs plutôt passionnante.

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            • Sandrine // 23.05.2018 à 14h16

              @ Julien,
              Malgré les dérives nationalistes récentes, je ne vois pas de plan méthodique pour contrôler l’ensemble des technologies de pointe de la part des Indiens. Je me trompe peut-être, mais il n’y a pas chez eux de stratégie pluri-décennale pour dominer le marché des terres rares, pour être à la pointe de l’intelligence artificielle, des manipulations génétiques sur des embryons humains et de la surveillance de la population par internet. Même si nous voulions donner un coup d’arrêt à la recherche dans ces domaines , pour des raisons éthiques, par exemple, nous ne le pouvons plus, du fait de cette pression chinoise. Nous sommes déjà colonisés symboliquement par la Chine.
              Et le problème majeur, de cette course dans laquelle les Chinois nous entraînent, c’est qu’ils n’ont pas la même éthique que nous, du fait de leur culture radicalement différente, et ils n’ont absolument pas l’intention de s’adapter à notre éthique (ce qui est tout à fait normal du reste, nous en ferions autant).
              La différence éthique et culturelle est beaucoup moins importante avec l’Inde (L’Inde, depuis l’Antiquité a été en constant dialogue avec le monde gréco-romain).
              Je ne dis pas que nous sommes meilleurs qu’eux. Je dis simplement que nous devons faire attention à ne pas nous nier nous-mêmes sous prétexte d’acceptation de « l’Autre ».

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            • Julien // 24.05.2018 à 02h34

              @Sandrine

              Je vois mieux où vous voulez en venir.

              Mais là en effet vous inversez les rôles… Qui réagit à la politique agressive de l’autre ?

              La volonté de puissance (et non de conquête) des Chinois pourrait-elle être engendrée par l’expansionnisme US ? Qui nous entraîne dans cette “course” depuis plusieurs siècles ? Pour moi, c’est bien “l’homme blanc” (pour reprendre les amérindiens) et l’occident.

              Quand on étudie l’histoire du Japon, on se rend compte que leur expansionnisme (qui pour le coup était réel) n’était qu’une réaction à l’expansionnisme occidental. Le Japon devait “se mettre à niveau” (s’industrialiser) pour survivre.

              Désormais la Chine… Même combat. La chronologie des faits nous démontre donc l’inverse de ce que vous avancez.

              Maintenant en effet, on peut critiquer la forme de réaction de la Chine vis-à-vis de l’OTANIE. Mais que devraient-ils faire alors ? Soumission ou compétition existe-t-il une alternative ?

              Au-delà de ça, on ne voit que des humains accrochés à leurs territoires. Sans doute est-ce archaïque vu les défis qui s’annoncent.

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            • Sandrine // 24.05.2018 à 09h41

              @ Julien
              Il est certain que ce sont les occidentaux qui ont initié cette dynamique infernale. Et il faut souligner aussi que la puissance actuelle de la Chine est fondée sur leur maitrise de la science et des techniques occidentales. Néanmoins prétendre (comme @Vincent plus haut) que « la Chine n’a pas vocation à envahir le monde », qu’elle aurait toujours eu peur de l’extérieur est une douce illusion. Si la Chine a besoin de matières premières, elle ira les chercher là où elles se trouvent, comme les USA l’ont fait, alors que eux aussi, pouvaient donner l’impression d’avoir une « vocation » au protectionnisme.
              Le problème n’est pas la Chine, le problème est la science occidentale entre les mains de la Chine.

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            • Julien // 24.05.2018 à 16h10

              @Sandrine

              “Le problème n’est pas la Chine, le problème est la science occidentale entre les mains de la Chine.”

              Ou la science entre les mains de l’humain…

              Je comprends. Je ne sais pas. Je reconnais que j’aurais plutôt tendance à leur faire davantage confiance qu’aux ricains (sans doute à tort en effet). Davantage ne voulant pas dire totalement on est d’accord.

              On réfléchit plus en terme de contre pouvoir en ce moment. Une fois au pouvoir, faut espérer qu’ils ne soient pas plus hégémoniques que l’empire actuel…

              Toutefois, leur position géographique et leur histoire me laissent penser qu’ils agiront différemment. Ce qu’on observe aujourd’hui.

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            • Tom // 30.05.2018 à 01h21

              @sandrine : la civilisation occidentale avec aujourd’hui à sa tête les USA après l’empire britannique, est une civilisation éthique ?? Les indiens d’Amérique , les incas , les aztèques, les victimes de l’opium et de la guerre de l’opium en Chine ( allez visiter le musée de la guerre de l’opium à hong kong), les victimes d’Hiroshima, Nagasaki ….et aujourd’hui les palestiniens, les syriens, les irakiens, lybiens, serbes………et spinoza doivent se retourner dans leur tombe.
              La loi de l’action et de la réaction, vous connaissez?
              Les chinois et les russes, qui connaissent très bien le degré de cruauté, de duplicité (visage pale à la langue fourchue) et de nuisance du monde occidental propose une autre alternative. Ils n’impose rien , contrairement aux occidentaux avec les USA comme leader.
              Et en ce qui concerne les matières premières, ils proposent de les acheter, et ils n’ont jamais envahi aucun pays pour se les approprier. C’est des commerçant, pas des guerriers aventuriers sanguinaires sponsorisés par les usuriers de LA CITY.
              Bien à vous.

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          • Faut se mettre au courant // 24.05.2018 à 13h37

            Les tibétains ont été sortis de l’esclavage théocratique avec droit de vie et de mort et de torture sur les serfs par le Parti Communiste Chinois.

            Le Dalaï Lama est une personnification d’imposture, “représentant du bouddhisme” selon le story-telling, avec seulement 2% des bouddhistes dans le monde. “L’Océan de Sagesse”, aux sophismes lénifiants et à la religion primitive matinée de “pratiques ésotériques de magie noire”, pour envers et endroit de la médaille..

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            • Faut se mettre au courant // 24.05.2018 à 13h42

              Ce n’est pas les chinois qui ont contraint les occidentaux à leur acheter de l’opium, mais l’empire britannique qui les y a contraint, avec toutes les conséquences macrosociales associées. De cela, ils se souviennent très bien, mais peut-être pas vous. Oui, ils ont une “revanche” à prendre. Oui, leur civilisation a 5000 ans d’âge et était autrefois le “centre du monde”. Oui, elle va le redevenir.

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            • Sandrine // 24.05.2018 à 18h46

              Avec la même pertinence les Allemands ont déclenché la guerre à l’est en 41 pour sortir les soviétiques de leur barbarie et leur apporter les lumières de la domination allemande… on raconte tout et son contraire au sujet du dalaï lama (y compris que c’est un ancien nazi) – en fonction du type de discours idéologique que l’on veut avaliser.
              Mais la question n’était pas là. Donc je ne polémiquerai pas plus
              En tout cas, bravo, vous avez réussi à fournir un exemple éclatant de ce que j’explique plus bas en réponse à Tepavac [modéré]. Vous me faites penser à tous ces « Mao » de l’epoque soixante-huitarde qui se rengorgeaient avec la révolution culturelle, pendant laquelle – ils ne le savaient pas – dans les campagnes, on pratiquait l’anthropophagie rituelle à l’egard des déviants (une résurgence traditionnelle remise au goût du « communisme » chinois)

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            • Faut se mettre au courant // 25.05.2018 à 01h09

              Il me semblerait que ce soit plutôt vous qui vous rengorgiez avec les concepts fumeux tellement frelatés de “vieilles démocraties” (qui n’en ont jamais été, des démocraties = “pouvoir du peuple”, et pas vieilles du tout si l’on compare aux 5000 ans d’existence de la Chine) et de “science occidentale” (depuis quand la science appartient-elle à un bloc humain quel qu’il soit, c’est risible).

              …Et vous en arrivez à voir une sorte de mal absolu dans la Chine et dans les chinois. Que vous considérez comme adversaires-ennemis irréductibles par avance. Dont vous avez peur.

              Si je voulais être lapidaire, je vous dirais : “lavez-vous le cerveau d’abord, il sera temps de réfléchir posément, factuellement, ensuite”. Oh, zut, j’ai été lapidaire, pardon.

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            • Julien // 25.05.2018 à 04h16

              @Sandrine

              Je pense que vous faites fausse route au sujet des chinois. En tous cas, vous me semblez manichéenne. Sans doute certains sont trop béats en occident. Mais ne tombons pas dans l’excès inverse (le péril jaune).

              C’est quoi cette histoire d’anthropophagie ?

              Objectivement, il faut vivre ici (je vis en Asie) pour bien comprendre et voir ce qu’est le Bouddhisme, ses dérives (mercantiles et autre)… En particulier le Bouddhisme tibétain est réputé pour être “le pire” (le plus dogmatique, le plus intégriste).

              Le Dalaï-lama est loin d’être Gandhi. Là encore il faut relativiser : c’est un vecteur d’influence financé par la CIA… C’est de notoriété publique. On ne peut pas faire comme si ce n’était pas le cas.

              Cela ne veut pas dire qu’il faut massacrer tous les tibétains.

              Mais je soutiens simplement ce qui a été dit par “faut se mettre au courant” : on peut également s’interroger sur le quotidien de ces derniers aujourd’hui… Est-il meilleur qu’à l’époque de la théocratie ?

              Désolé mais tout est complexe…

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            • Sandrine // 25.05.2018 à 07h55

              @faut se mettre au courant : lapidaire veut dire concis. Pas exactement le style de vos écrits.
              @Julien; concernant le dalaï -lama, je n’ai pas vraiment d’objections; je suis plutôt d’accord avec ce qui a été dit. Mais vous savez, Napoléon,lors de sa campagne de Russie, pensait qu’il serait reçu à bras ouverts par les serfs car il projetait d’abolir le servage. Contre toute attente ceux-ci préfèrent leurs maîtres qui avaient le mérite d’être de la même religion qu’eux. Donc vraiment non, rien n’est simple..
              Je n’ai rien contre la Chine. Ce contre quoi je me bats, c’est contre les Français qui oublient leurs racines.
              A propos de l’anthropophagie, vous trouvez des références dans le lien ci-joint :
              https://wikimonde.com/article/Histoire_du_cannibalisme_en_Chine

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            • Faut se mettre au courant // 26.05.2018 à 17h13

              Bon, alors là vous sous-entendez que les tibétains voudraient être un pays indépendant. Ce qui reste à vérifier (souhait d’indépendance), et ce qui ne sera pas (indépendance d’un Tibet, chinois depuis le XIIIème siècle ; Himalaya impossible à céder, pour la Chine).

              Je vous sens susceptible, pour en être amenée à tenter de critiquer un style.

              Quand au vôtre, de style, j’apprécie une fausse objectivité, de forme, et une irrationalité, de fond ; une tendance au sous-entendu et à l’insinuation. Avec la tentation aussi des petites piques “personnalisées” fantasmatiques deci delà, “maoïste” par ci, analphabête par là, pourquoi pas si cela vous agrée.

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        • Georges // 23.05.2018 à 13h54

          @Sandrine,

          Vous désirez une réponse.

          Les commentaires relatifs sont faits pour essayer de laisser émerger une autre vision des rapports mondiaux.

          Ces commentaires qui relativisent en comparant essayent souvent de montrer que l’attitude de l’occident est depuis bien trop longtemps une attitude de “donneur de leçon” et que cette mentalité ne peut pas continuer.

          En général, le bonheur, vient de la paix (entre pays et paix sociale aussi) et ça englobe donc tout un tas de valeurs qui sont bien défendues en théorie par l’occident (et ces valeurs sont attaquées par des forces de pouvoir en occident, contre les peuples qui refusent de se réveiller tant qu’ils ont du pain et des jeux). Mais l’occident veut les exporter (ces valeurs). Cette exportation n’est pas humaniste mais cynique trop souvent, si ce n’est pas pour dire toujours, liée à des intérêts géopolitiques de domination idéologiques et de contrôles des ressources, qui vont sur leur fin. L’exportation de ces valeurs n’est qu’un prétexte pour intervenir pour les intérêts géopolitiques.

          Il ne faut pas oublier l’histoire et la considération de l’occident pour les autres peuples, avec les massacres qui sont allés avec. Ça ne s’est bien atténué qu’à partir de la deuxième moitié du XXème siècle et il reste de toute manière des mentalités qui se sentent bien supérieures dans beaucoup d’endroits en occident. Ça se sent rien que dans la façon d’employer les mots et des formules toutes faites. Ce sont des attitudes inconscientes. Et pour cela il faut inlassablement rappeler l’histoire, relativiser, voir ce qui se passe chez nous.

          On peut commenter chez les autres uniquement si on est capable de s’interdire une ingérence violente. On a un point de vue (lié à une histoire, comme pour les autres), pas une solution absolue toute faite que tout le monde doit suivre.

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          • Faut se mettre au courant // 24.05.2018 à 13h45

            “Ça ne s’est bien atténué qu’à partir de la deuxième moitié du XXème siècle”

            “Atténué” est très certainement un grosse exagération.

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        • Tepavac // 23.05.2018 à 21h52

          “complaisant avec le totalitarisme dur”

          J’avoue ne pas comprendre le sens de vos déclarations sur ce site. Site dans lequel nous ne cessons de nous battre pour autant les libertés individuelles que les souverainetés nationales, alors pourquoi cette ingérence quelques peu véhémente envers un pays tiers ???

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          • Sandrine // 24.05.2018 à 09h40

            « ingérence envers un pays tiers »… Vous me prêtez des pouvoirs que je n’ai pas…
            Je suis d’accord que le principe de ce site est de militer pour la liberté (de parole, des peuples à disposer d’eux-mêmes, etc.). Et que de ce fait, il est normal que sur ce site soient dénoncées les ingérences impérialistes et les manipulations idéologiques ; normal donc de rappeler les crimes des occidentaux qui se prétendent les parangons de la morale universelle.
            Pour autant, il est bon aussi de rappeler que l’amour des ennemis et l’auto-flagellation est une marque de fabrique de l’occident chrétien ; C’est sans doute très salutaire sur le plan mystique et spirituel ; mais en faire son axe de conduite politique peut s’avérer extrêmement dangereux pour la survie d’un peuple, surtout quand les autres peuples autour ne défendent pas du tout ce type de valeurs…
            C’est précisément le travers de la gauche humaniste, tellement imprégnée d’idéaux chrétiens laïcisés – et qui par ailleurs est pourtant régulièrement vilipendée dans les billets et les commentaires du site. Je voulais juste souligner ce paradoxe

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          • Sandrine // 24.05.2018 à 11h03

            Donc, quand j’ai répondu au commentaire de Charles qui a été mis en exergue de ce post : « Quelle conclusion souhaitez-vous que l’on tire de votre commentaire ? », je voulais qu’il m’explique quel bénéfice il pensait que soit tiré de cette séance d’auto-flagellation (il n’est bien sûr pas le seul à faire ça, ce genre de commentaire revient comme une litanie à chaque billet ou presque).
            Personnellement, j’ai toujours pensé que l’auto-flagellation était un peu contre-productif ; elle ne sert souvent qu’à persuader les autres que celui qui fait ça 1) est un peu « dingo » ; 2) qu’il doit effectivement avoir beaucoup de choses à se reprocher pour agir de la sorte.

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      • Christian Gedeon // 22.05.2018 à 20h19

        Je n’ai as bien vu le rapport avec Ping….mais bon,si vous dites. L’Inde,les Gafa,la Syrie,ét le marché de ma tante Sidonie.

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    • petitjean // 22.05.2018 à 14h46

      Il y a les dictatures qui ne se cachent pas et…………………………les autres qui sont de vraies fausses démocraties !
      Tous, ou la plupart, des pays occidentaux sont de fait de véritables dictatures…….qui ne disent pas leur nom……………..

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    • John V. Doe // 22.05.2018 à 16h31

      Nous avons déjà notre dictateur en Europe : l’UE https://www.rtbf.be/info/economie/detail_l-ue-pourra-conclure-ses-prochains-accords-commerciaux-sans-parlements-nationaux?id=9924433 et la raison avouée de ce coup de force vient en fin d’article “ces accords font face à une opposition publique grandissante dans toute l’Europe, ce qui rend incertaine leur ratification par l’ensemble des Parlements nationaux et régionaux européens.” Ben tiens 😀

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  • Daniel // 22.05.2018 à 15h17

    “Au lieu de l’activité « virtuelle » et financiarisée de l’Occident, l’activité économique réelle découle de l’économie réelle, avec des racines plantées dans la terre. La « nouvelle route de la soie » n’est qu’un catalyseur majeur de l’économie réelle.”
    Tout est dit !
    En occident, les Etats sauvent les Banques. En dehors du mur de l’UE et de l’OTAN, les Etats pensent au développement physique pour diminuer la pauvreté.
    Je vous invite à découvrir cette conférence de Juin 2015 où un représentant Chinois aborde le sujet de ce que c’est les Nouvelles Routes de la Soie pour la Chine et ce Qu’apporte au monde le projet « Une ceinture, une route » ?
    http://www.institutschiller.org/Regard-sur-le-concept-nouveau-d.html

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  • Hervé // 22.05.2018 à 15h33

    en complément de l’article, comme je ne saisissais pas ce que signifiat “le piège de Thucydide”, je suis tombé sur ce blog du Monde, le blog de Langlois:
    Le « piège de Thucydide »: La Chine et le monde depuis 1949
    qui parle du même livre de Graham Allison (qui à remis au goût du jour la théorie):
    http://langlois.blog.lemonde.fr/2015/09/19/le-piege-de-thucydide/

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  • Seraphim // 22.05.2018 à 16h17

    La Chine n’arrivera pas à son “made in China 2025” hélas. En effet elle n’est déjà plus autonome ne serait-ce qu’en charbon, ou en soja. Ah oui bien sûr pour les bagnoles et les machines, elle peut assurer 70% de sources chinoises, mais pour l’énergie à mettre dedans, tintin! Ce slogan est un voeu pieux, ou un peu vieux même. Dans d’innombrables villages du sud, les enfants, qui font une heure de marche à pied le matin ET le soir pour aller à l’école, n’ont pas de chaussures et se partagent les stylos. Alors Xi peut se la jouer avions copiés et surveillance généralisée, n’empêche, il n’y a au bout aucune victoire, pour personne.

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    • Chris // 22.05.2018 à 18h02

      “les enfants, qui font une heure de marche à pied le matin ET le soir pour aller à l’école”
      C’est le régime qu’eurent mes parents et grand-parents/oncles/tantes, lesquels moururent (sauf une grand-mère chétive) largement nonagénaires en bonne santé.
      Pas de problème cardiaque ni d’obésité ! Et les gamins apprenaient TOUS à lire et à écrire sans tyranniser les instituteurs !

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    • Julien // 23.05.2018 à 06h35

      Votre commentaire me fait penser à ce qu’on me disait il y a quelques années : “la Chine est partie trop tard”. Ils ont déjà perdu la course au pétrole, disait-on…

      En réalité les chinois n’ont pas perdu la course. Ils n’ont jamais fait la course.

      Ils ont su se placer aux bons endroits aux bons moments. Comme tout autre pays, ils ont des atouts, des ressources, des alliés… Et sont maintenant incontournables.

      Je trouve qu’ils cherchent davantage une place qu’une victoire. En tous cas leur mode d’action est très intéressant à observer.

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      • Faut se mettre au courant // 24.05.2018 à 13h59

        La Chine est passé en 50 ans de pays du tiers monde à première puissance économique mondiale.

        Comme elle dispose d’une direction centralisée qui prévoit à long terme et qui corrige les erreurs, beaucoup ne seraient pas à l’abri de nouvelles surprises avec ce pays (qui, je le rappelle, viens d’inscrire l’écologie dans sa constitution, ce que nous n’avons pas encore été foutus de faire ici, nous n’avons qu’un farceur comme M. Hulot).

        Souvenons nous, d’un Cohn-Bendit personnification d’aveuglement qui affirmait stupidement fier de lui à la télé dans les années 90 : “d’accord, ils nous vendent des produits à bas prix, mais c’est très bien puisque nous, nous allons leur vendre des TGV et des Airbus”.

        Résultat des courses, aujourd’hui 30 ans après la Chine dispose du plus important réseau massif de TGV au monde, qu’elle fabrique elle-même, avec une expérience de déploiement et maintenance dans des conditions climatiques variées et extrêmes, et la Chine vend des TGV au monde entier (certains projets envisagent de relier tous les continents par TGV chinois). Pour les équivalents Airbus, c’est en préparation.

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  • moshedayan // 22.05.2018 à 18h53

    A certaines réactions, je vois, à tort peut-être, toutes les ambiguïtés de pensées occidentales sur la Russie. Que faire des Russes ? Les accepter, les rejeter, déplorer qu’ils se voient en Eurasie, les “avaler”, etc… Cela me fait rappeler certaines réflexions (liées aux idées du marquis de Custine ?), dans les années 90. C’était du style : les Russes …”ce sont finalement des Africains d’Europe”, c’était facile à dire avec Eltsine et la corruption… Ma réponse, pour ce que j’ai vécu : les Russes sont les Russes, comme les Italiens sont italiens. Chercher à avoir des relations normales ce serait déjà suffisant et peu importe qu’ils soient aussi près des Chinois. Quoi ! Vous voulez prévenir quoi ? vous préparez à quoi ? C’est déjà être prétentieux d’avoir des intentions pour soi et les dicter à un autre, non ? Principe de Spinoza : faire du bien à l’autre suscite naturellement la sympathie de l’autre (cf à peu près ça dans l’Ethique)

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  • Rond // 22.05.2018 à 22h11

    Billet et commentaires passionnants, comme d’habitude. Merci.
    La grandeur des peuples ne se mesure pas à l’aune de ses montagnes d’or, la puissance de son armée, ni à l’âge de sa “civilisation, mais plutôt à ce qu’il en est ou en sera fait. Puissent ces “puissances émergées” aider l’Humanité à grandir. Pour le reste, vagues et vents.

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  • Tacite // 24.05.2018 à 11h24

    Je viens d’acquérir un portable Chinois et j’en suis plus fier que si j’avais une Pomme. Ou du moins, ai-je l’impression d’aller dans le sens du vent de l’Histoire, celui qui vient d’Asie tout en ménageant mon portefeuille.
    Plus sérieusement, la Chine, si elle se méfie réellement des illusions de richesse créées par la finance et y préfère l’économie réelle alliée à un capitalisme d’État a toutes les chances de tailler de belles croupières à un Occident confi dans les certitudes de l’indépassable de son modèle de société.
    Elle achète de bonnes terres françaises, de bonnes entreprises, une part grandissante de l’Afrique, fait de l’oeil à l’Amérique du Sud, côte ouest.
    En échange, elle ne promet rien. En tout cas ni la liberté ni la démocratie. Elle place ses pions pour l’avenir sur le long terme. Ce n’est plus un plan quinquennal, mais plutôt centennal, voire plus.
    Heureusement, la catastrophe environnementale qui se prépare aplanira tout, ubris excité de l’Occident et celui, plus subtil, de la Chine.
    À lire cet article, on le comprend : nous avons déjà perdu. Nous refusons encore de l’accepter ! Les rodomontades d’un Trump, d’un Macron (ou Micron) ou même d’une Merkel n’y changeront rien. Sans parler de la Désunion Européenne.
    Xi ? Il doit lui arriver de bien rigoler lorsqu’il pense à l’Occident !
    Bref un article éclairant !

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    • Faut se mettre au courant // 24.05.2018 à 14h07

      Pour la 4ème fois dans les commentaires de ce billet, je porte à votre attention que la Chine vient d’inscrire l’écologie dans sa constitution.

      On peut donc raisonnablement penser qu’elle détiendra bientôt une expérience et un savoir-faire écologistes qui renforceront encore sa position commerçante. Pendant que l’UE et la France se noient dans le ridicule écologique.

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