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4.avril.20234.4.2023 // Les Crises

« Un désastre climatique est en cours, mais il y a des lueurs d’espoir » – Robert Pollin

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Nous devons nous saisir des évolutions positives afin de pouvoir en tirer parti efficacement, affirme l’économiste progressiste.

Source : Truthout, C.J. Polychroniou, Robert Pollin
Traduit par les lecteurs du site Les-Crises

Portrait illustré de l’économiste Robert Pollin, le visage placé devant un globe tourbillonnant bleu et vert. Ayo Walker

La transition énergétique qui consiste à passer des systèmes de production et de consommation d’énergie d’origine fossile à des sources d’énergie renouvelables se fait lentement, et les nombreuses conférences mondiales sur le changement climatique organisées au cours des dernières décennies n’ont pas donné les résultats escomptés. Au vu de la situation, les combustibles fossiles sont encore là pour longtemps, alors même qu’il existe des preuves irréfutables montrant que l’humanité se dirige, comme le dit l’économiste Robert Pollin, « implacablement vers un abîme climatique ».

Mais en dépit de tout cela, le nouveau Pacte vert (Green New Deal) et le combat pour un futur plus durable sont loin d’être enterrés, défend Pollin, l’un des leaders mondiaux parmi les économistes progressistes. Dans l’interview exclusive pour Truthout ci-dessous, Pollin affirme qu’il y a eu beaucoup d’avancées positives ici aux Etats-Unis, mais aussi en Europe et dans le reste du monde, qui montrent que le combat contre le changement climatique n’est pas encore perdu. Pollin est un éminent professeur d’économie et co-directeur de l’Institut de recherche politique et économique (IRPE) à l’Université Amherst du Massachusetts. Il est l’auteur ou le co-auteur d’un grand nombre de livres et d’articles académiques, incluant Crise climatique et le nouveau Pacte vert mondial (avec Noam Chomsky et C.J. Polychroniou, 2020) maist aussi de grands projets de transition vers une économie verte destinés à plusieurs états américains (dont la Californie, le Maine, New-York, l’Ohio, la Pennsylvanie, le Colorado, Washington et la Virginie occidentale) et à différents États, dont les États-Unis, l’Inde, la Corée du Sud, l’Espagne, le Brésil, l’Afrique du Sud et l’Indonésie.

C. J. Polychroniou : Bob, il semble que nous soyons en train de perdre le combat contre le réchauffement climatique. L’année 2022 a été décrite comme « l’année où la transition énergétique a déraillé » alors qu’on s’attend à ce que les émissions carbone dues aux carburants fossiles atteignent des niveaux records et que le Service Copernicus pour le changement climatique affirme que l’été 2022 a été le plus chaud jamais enregistré en Europe, entraînant plus de 20 000 décès excédentaires. Dans le même temps, un nouveau sommet sur le climat (la COP 27) s’est conclu sans enregistrer le moindre progrès concernant les énergies fossiles. Pourquoi les carburants fossiles restent-ils aussi essentiels dans l’économie mondiale, et pourquoi la transition énergétique semble-t-elle avancer à pas de tortue ?

Robert Pollin : Pour commencer, je ne pense pas qu’à l’heure actuelle le bilan de la lutte contre le réchauffement climatique mondial soit aussi sombre que le titre de Forbes magazine que vous citez le laisse entendre. Bien sûr, il y a de nombreuses preuves qui montrent que nous continuons de nous diriger inexorablement vers un abysse climatique. Pourtant, des mouvements inverses importants et très encourageants se sont également fait jour au cours de l’année écoulée. Ces contre-tendances ne sont pas encore suffisantes pour nous mettre sur la voie d’une stabilisation stable du climat. Mais nous devons néanmoins nous réjouir de ces évolutions pour pouvoir en tirer parti au mieux.

Mais commençons par reconnaître quelques dures réalités. Voici quelques indicateurs du rapport 2022 de l’Organisation météorologique mondiale, Etat provisoire du climat mondial :

  • La concentration des trois principaux gaz à effets de serre – le dioxyde de carbone, le méthane et l’oxyde d’azote – ont atteint des records en 2021, et les premières données pour 2022 montrent que cette tendance à l’augmentation va se poursuivre.
  • Les températures mondiales moyennes pour la période 2015-2022 semblent bien correspondre aux huit années les plus chaudes jamais enregistrées.
  • La température aux Royaume-Uni a atteint 40.5°Celsius pour la première fois de son histoire, alors que trois Lands en Allemagne ont connu l’été le plus sec jamais enregistré.
  • Les températures moyennes en journée se sont maintenues au dessus de 43.3° C pendant la vague de chaleur en Inde en mai dernier, alors qu’au Pakistan, les inondations de la mousson de juillet et août ont inondé près de 9% de la superficie totale du pays.

Un article du Washington Post de juillet dernier qui titrait « La vague de chaleur mortelle en Inde va bientôt devenir une réalité mondiale » rapportait que,

À mesure que le réchauffement climatique s’accentue, les conditions qu’on ne rencontrait autrefois que dans saunas ou encore au plus profond des mines sont rapidement en train de devenir une réalité à ciel ouvert pour des centaines de millions de gens qui ne peuvent s’en échapper grâce à la climatisation ou un voyage vers des climats plus frais. Après seulement quelques heures sous une chaleur humide dépassant les 40°C – une mesure connue sous le nom de température de thermomètre mouillé – même les personnes en bonne santé disposant d’ombre et d’eau en quantité illimitée sont susceptibles de mourir, victimes d’un coup de chaleur. Pour ceux qui effectuent un travail physique, le seuil sera même plus proche de 38°C, voire moins.

La combustion de combustibles fossiles – pétrole, charbon et gaz naturel – qui servent pour produire de l’énergie est de loin le principal facteur de l’augmentation des températures mondiales. Par conséquent, la première et la plus importante des missions pour lutter contre le réchauffement climatique doit être, tout simplement, d’arrêter de brûler du pétrole, du charbon et du gaz naturel pour produire de l’énergie. Forbes a raison de dire que 2022 a apporté une série de revers dévastateurs sur ce front. Tout d’abord, l’invasion de l’Ukraine par la Russie a entraîné des pénuries d’approvisionnement en pétrole et en gaz, en particulier en Europe, qui est fortement dépendante des approvisionnements russes. Ces pénuries ont permis aux géants du pétrole d’augmenter les prix et d’engranger des bénéfices sans précédent. En fait, comme cela a été largement rapporté, les six plus grandes compagnies pétrolières occidentales – ExxonMobil, Chevron, Shell, BP, Equinor et Total – ont réalisé 200 milliards de dollars de bénéfices en 2022, soit plus que n’importe quelle année auparavant dans l’histoire de la filière.

En d’autres termes, les compagnies pétrolières se goinfrent pendant que le monde brûle. Faut-il s’étonner que Wall Street ait manifesté sa vive approbation ? Ainsi, le Financial Times a rapporté que « le géant américain ExxonMobil, qui plus que toute autre acteur du secteur de l’énergie a résisté aux pressions en faveur de la décarbonation, a intensifié sa production en 2022 et a vu ses actions grimper de plus de 50 % au cours de l’année, ce qui lui a permis d’engranger un bénéfice record de 55,7 milliards de dollars. » Il y a ensuite le cas de BP, la major pétrolière qui était jusqu’alors la plus engagée sur la voie de la décarbonation. Mais ses engagements ont fait long feu face à l’explosion des possibilités de profit. Le Financial Times note que cette décision « a suscité la colère des écologistes. […] mais a été approuvée par le marché financier. Les actions de BP ont augmenté de plus de 10 % au cours des 48 heures qui ont suivi, atteignant leur plus haut niveau depuis 3 ans et demi. »

En 2022, la filière charbon a également été relancé. Cela s’explique en partie par les pénuries de gaz naturel provoquées en Europe par la guerre en Ukraine. Toutefois, les plus fortes augmentations de consommation de charbon ne sont pas dues à la guerre, mais plutôt à l’augmentation continue de la consommation en Inde et surtout en Chine. Cette dernière absorbe aujourd’hui environ 50 % de la consommation mondiale de charbon.

Ces évolutions ont conduit le directeur général de Chevron, Mike Wirth, à déclarer triomphalement : « La réalité, c’est que [les combustibles fossiles] font tourner le monde aujourd’hui. C’est ce qui fera tourner le monde demain, dans cinq ans, dans dix ans et dans vingt ans. » Et si Wirth avait raison ? Dans ce cas, nous nous rapprochons certainement de l’abîme climatique, exactement au même rythme que celui auquel se livrent les Mike Wirth du monde entier en s’empiffrant de profits tirés des combustibles fossiles.

Dans ce contexte, quels sont les domaines dans lesquels nous pourrions observer des évolutions positives significatives ? Commençons par les États-Unis, avec la promulgation de la loi sur la réduction de l’inflation (IRA) en août dernier. De façon délibérée, cette loi porte bien mal son nom. Il s’agit essentiellement d’une mesure visant à canaliser des financements à grande échelle vers des investissements dans les énergies propres. Mais l’administration Biden ne pouvait pas l’annoncer ouvertement sans perdre le soutien de Joe Manchin, sénateur de Virginie-Occidentale. Quoi qu’il en soit, suite à l’adoption de l’IRA, les investissements dans les énergies propres ont immédiatement augmenté au cours des trois derniers mois de 2022 pour atteindre 40 milliards de dollars, soit le niveau total de ces investissements pour l’ensemble de l’année 2021. En outre, la plupart de ces nouveaux investissements ont été réalisés dans des États à majorité républicaine, alors que, comme l’a souligné le Wall Street Journal, aucun membre républicain du Congrès n’a voté en faveur de cette loi. Qui plus est, un pourcentage important des nouveaux emplois créés par ces investissements, y compris dans les États gouvernés par les Républicains, est réservé aux membres des syndicats.

En bref, une nouvelle réalité essentielle pourrait bien découler de l’IRA : à savoir que les travailleurs commenceront à voir comment la transition vers l’énergie verte peut être un moteur majeur pour la création d’emplois syndiqués de qualité, dans les États rouges (républicains) comme dans les États bleus (démocrates). Il s’agit là d’une idée maîtresse qui sous-tend le Green New Deal, tel qu’il est défendu aux États-Unis depuis plus d’une décennie par d’excellents groupes tels que Labor Network for Sustainability, BlueGreen Alliance et Reimagine Appalachia. Si ce point était largement reconnu, il pourrait entraîner une adhésion sans précédent à un Green New Deal mondial. Par exemple, cela signifierait que, contrairement au mouvement des Gilets jaunes qui a émergé en France en 2018 et qui exigeait que la justice sociale soit prioritaire par rapport à la justice climatique, le Green New Deal mondial pourrait être perçu comme la voie permettant de fédérer les mouvements en faveur de la justice économique et ceux en faveur de la justice climatique.

Au cours de l’année qui vient de s’écouler, l’Europe a également connu des avancées positives majeures. Elle a réagi à l’effondrement des approvisionnements en pétrole et en gaz en provenance de la Russie par un renforcement drastique des mesures en faveur des économies d’énergie et en accélérant le déploiement des énergies solaire, éolienne et autres sources de renouvelables. Ainsi, en 2022, pour la première fois, les énergies solaire et éolienne combinées ont produit plus d’électricité en Europe que le charbon ou le gaz. Pour aller plus loin, la Commission européenne a mis en place son programme REPowerEU après l’invasion russe. Son objectif est « une augmentation massive des énergies renouvelables, une plus forte électrification ainsi qu’ un remplacement plus rapide des combustibles et de la chaleur d’origine fossile dans l’industrie, les bâtiments et le secteur des transports. » L’objectif étant que les énergies renouvelables fournissent 45 % de l’ensemble de l’énergie en Europe d’ici à 2030. Cela signifierait que la part des énergies renouvelables dans l’approvisionnement énergétique global, qui est actuellement de 22 %, aurait plus que doublé en seulement 6 ans et demi.

Il n’est pas certain que ces objectifs puissent être réellement atteints. À ce jour, le niveau de financement de l’UE pour REPowerEU n’est pas à la hauteur des promesses, puisqu’il ne représente qu’environ 0,2 % du PIB de l’UE par an jusqu’en 2027. Mais là encore, il devrait devenir de plus en plus évident partout en Europe que la transition vers une énergie verte sera un vecteur d’expansion pour le marché de l’emploi et l’augmentation du niveau de vie de la classe ouvrière – en d’autres termes, une alternative manifeste aux économies austéritaires qui prédominent en Europe aujourd’hui. Au fur et à mesure que cette évidence s’imposera, le soutien politique en faveur du financement de REPowerEU atteindra des niveaux beaucoup plus élevés, ce qui pourrait se traduire par une hausse correspondante des financements.

L’élection de Luiz Inácio Lula da Silva en octobre, qui l’a vu être reconduit à la présidence du Brésil, a incontestablement constitué un troisième développement positif majeur au cours de l’année écoulée. Le prédécesseur de Lula, Jair Bolsonaro, était déterminé à raser la forêt amazonienne pour faire place à l’agriculture industrielle et à l’exploitation minière. Outre le fait qu’elle brûle des combustibles fossiles pour se procurer de l’énergie, la déforestation est la principale cause du changement climatique. Lula s’est engagé à mettre fin à celle-ci et à protéger l’Amazonie. Mais il est également vrai que les engagements de Lula concernant cette question vont se heurter à des obstacles, pour la simple raison que la destruction de la forêt tropicale peut générer d’importants profits.

La victoire électorale de Lula doit maintenant être confortée par une forte augmentation du soutien financier en faveur de la protection des forêts au Brésil et ailleurs et, plus généralement, des projets du Green New Deal dans les pays du Sud. Jusqu’à présent, cela n’a pas été le cas, malgré les promesses faites par les pays riches lors du dernier sommet sur le climat qui s’est tenu en novembre en Égypte. En bref, la victoire de Lula, ainsi que l’augmentation rapide des investissements et des emplois dans le domaine des énergies propres aux États-Unis et en Europe, doivent être considérées comme des évolutions positives majeures. Mais il nous reste encore beaucoup à faire pour mettre en échec la stratégie des entreprises qui consiste à détruire la planète au nom du profit.

On insiste de plus en plus sur la nécessité d’adopter des stratégies d’adaptation pour réduire les effets négatifs du réchauffement climatique. Ne devrait-on pas se soucier de faire passer la politique climatique du stade de l’atténuation à celui de l’adaptation ?

Les investissements à grande échelle dans l’adaptation au climat sont un impératif absolu. Revenons à la vague de chaleur sévère qui a frappé l’Inde au printemps dernier. La climatisation est un des moyens évidents de protéger les gens pendant les vagues de chaleur. Et pourtant, seuls 8 % des ménages indiens sont aujourd’hui équipés de climatiseurs. La situation dans la majeure partie du reste du monde n’est guère différente de celle de l’Inde. La crise climatique a fait de l’accès à la climatisation – ainsi que de l’électricité bon marché produite par des sources d’énergie renouvelables pour alimenter les unités – une nécessité.

Plus généralement, le Green New Deal mondial doit intégrer une série de protections solides contre les effets du changement climatique. Il s’agit notamment d’étendre considérablement les installations de stockage disponibles pour les denrées alimentaires, les semences et l’eau douce, et de veiller à ce que ces structures soient elles-mêmes fortement protégées contre les événements climatiques. Il faut également intégrer des infrastructures de gestion de la demande en eau, y compris – là où elles peuvent être introduites sans endommager les écosystèmes locaux – des digues, des barrages, des capacités de pompage, des chaussées perméables et une végétation abondante qui sert de zone tampon pour l’eau. Les bâtiments existants situés dans des zones à risques devraient être modernisés pour intégrer des façades de protection et des toits végétalisés afin de gérer à la fois les eaux de pluie et la chaleur. Les nouveaux bâtiments situés dans ces zone devraient être construits sur des fondations plus élevées ou sur pilotis. L’agriculture biologique présente également d’importants avantages en termes de lutte contre le changement climatique. En effet, elle permet mieux que l’agriculture industrielle de retenir l’eau existante, utiliser cette eau de manière plus efficace et atténuer l’érosion des sols. Les rendements des cultures en sont également plus élevés en cas de sécheresse et des autres formes de stress.

En plus des profits records des grandes compagnies pétrolières en 2022, les subventions mondiales aux combustibles fossiles ont également doublé, passant d’environ 500 milliards de dollars à 1 000 milliards de dollars en 2022.

En plus de toutes ces formes de protection matérielles et autres, les individus et les communautés doivent avoir accès à une assurance financière effective et abordable contre les dommages causés par le changement climatique. Plus généralement, la protection des populations contre les pires effets de celui-ci coûtera de l’argent. Mais cela ne signifie pas que le financement de l’adaptation doive être considéré comme un concurrent du financement de l’atténuation. Les deux sont absolument nécessaires. Ce n’est pas non plus comme si les financements n’existaient pas. En plus des bénéfices record réalisés par les grandes compagnies pétrolières en 2022, les subventions accordées aux combustibles fossiles ont également doublé, passant d’environ 500 milliards de dollars à 1 000 milliards de dollars en 2022. Ce pic des subventions aux combustibles fossiles est survenu après les engagements pris dans le cadre du pacte de Glasgow sur le climat de 2021 en faveur de l’élimination progressive de celles-ci. Les investissements en matière d’atténuation et d’adaptation seront plus que rentabilisés au fil du temps, en protégeant à la fois la main-d’œuvre, les infrastructures matérielles et l’approvisionnement en eau et en nourriture, tout en développant dans le même temps les possibilités d’emploi et en fournissant une énergie moins chère et plus fiable. Tout cela s’ajoute, bien sûr, au fait que ces mesures constituent la seule ligne de conduite qui soit digne des êtres humains face à la crise climatique.

Les défenseurs de l’environnement s’inquiètent de plus en plus du fait que la lutte contre le réchauffement climatique pour sauver la planète traite le changement climatique séparément de l’empreinte écologique au sens large. Par exemple, certains contestent le fait que le changement climatique ne soit pas considéré comme le principal moteur en matière de perte de biodiversité. Le réchauffement climatique et la biodiversité peuvent-ils être traités de concert ?

Le réchauffement climatique et la perte de biodiversité peuvent certainement être, dans une large mesure; envisagés comme un tout, même si, tant les causes que les solutions ne se recoupent pas toutes systématiquement. Le principal facteur de perte de biodiversité est le changement d’affectation des sols. Il s’agit notamment de la destruction des habitats des animaux par la déforestation et les empiètements anthropiques connexes, mais aussi de la déstabilisation des habitats restants par l’augmentation de la fréquence et de la gravité des vagues de chaleur, des sécheresses et des inondations. Selon une étude réalisée en 2018 par le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC), une hausse des températures de deux degrés Celsius risquerait d’entraîner « des déplacements d’espèces vers des latitudes de plus en plus hautes, des dommages aux écosystèmes (par exemple, les récifs coralliens, les mangroves, les herbiers marins et autres écosystèmes de zones humides), une perte de productivité des pêcheries (aux basses latitudes) et des modifications de la chimie des océans (par exemple, l’acidification […] ainsi que des zones mortes). » L’écologiste Pamela McElwee ajoute que « si nous atteignons le seuil de 2 °C, 18 % des insectes, 16 % des plantes et 8 % des vertébrés devraient perdre plus de la moitié de leur aire de répartition géographique, et des extinctions localisées sont quasiment certaines ». La solution est simple : ne pas permettre au réchauffement de la planète de franchir le seuil de 2°C ou, d’ailleurs, le seuil plus strict de 1,5°C, seuil que le GIEC juge désormais indispensable.

Mais il est également vrai que, comme l’a souligné une étude du GIEC de 2021, « les mesures basées sur la technologie qui sont efficaces pour atténuer le changement climatique peuvent constituer de sérieuses menaces pour la biodiversité. » Par exemple, cette étude du GIEC décrit comment la demande accrue de minéraux nécessaires à la fabrication d’éoliennes, de panneaux solaires, de moteurs et de batteries de voitures électriques peut avoir de graves répercussions sur les terres émergées et les océans, dans la mesure où l’exploitation minière des fonds marins devient une nouvelle source majeure d’approvisionnement en minerais. Certaines solutions sont à la fois évidentes et difficiles à mettre en œuvre. Il s’agit notamment de renforcer considérablement la capacité de recyclage des minerais là où la demande augmente, de développer des technologies dans les secteurs de l’énergie renouvelable où les besoins en minerais sont moins importants, ainsi que d’insister sur des exigences strictes en matière de durabilité environnementale et sociale dans le cadre des opérations d’exploitation minière.

En d’autres termes, les défis liés à la mise en place d’un cadre unifié efficace pour lutter à la fois contre le changement climatique et la perte de biodiversité sont immenses. Mais nous n’avons tout simplement pas d’autre choix que de continuer à construire ce mouvement qui doit être capable de les relever.

Cet entretien a été légèrement remanié pour plus de clarté.

Copyright © Truthout. Ne peut être reproduit sans autorisation.

C.J. POLYCHRONIOU

C. J. Polychroniou est économiste politique/scientifique, auteur et journaliste. Il a enseigné et travaillé dans de nombreuses universités et centres de recherche en Europe et aux États-Unis. Actuellement, ses principaux intérêts de recherche portent sur l’intégration économique européenne, la mondialisation, le changement climatique, l’économie politique ainsi que la politique des États-Unis et la déconstruction du projet politico-économique du néolibéralisme. Il contribue régulièrement à Truthout et est membre du Public Intellectual Project de Truthout. Il a publié de nombreux livres et plus de 1000 articles qui sont parus dans nombre de revues, de magazines, de journaux et de sites d’information populaires. Plusieurs de ses publications ont été traduites en plusieurs langues étrangères, notamment en arabe, chinois, croate, espagnol, français, grec, italien, néerlandais, portugais, russe et turc. Ses derniers livres sont Optimism Over Despair : Noam Chomsky On Capitalism, Empire, and Social Change (2017) ; Climate Crisis and the Global Green New Deal : The Political Economy of Saving the Planet (avec Noam Chomsky et Robert Pollin comme principaux auteurs) ; The Precipice : Neoliberalism, the Pandemic, and the Urgent Need for Radical Change, une anthologie d’entretiens avec Chomsky publiée à l’origine sur Truthout et rassemblée par Haymarket Books ( 2021) ; et Economics and the Left: Interviews with Progressive Economist (2021).

Source : Truthout, C.J. Polychroniou, Robert Pollin, 26-02-2023

Traduit par les lecteurs du site Les-Crises

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Commentaire recommandé

vert-de-taire // 04.04.2023 à 11h24

SUBLIME !

Pas un instant, ce brillant économiste progressiste ne s’est posé la question de l’économie.
Elle est si naturelle !
Les capitaux « doivent » se placer dans les énergies non-fossiles – si simple
C’est si simple que depuis 1992 (le SOMMET de Rio 30 ANS !!! ) tout a tellement changé que c est presque comme si rien n’avait été fait … bcp de bruit pour rien
Et depuis les grandes messes continuent à occuper les esprits
POUR quémander (aux dominants) la fin du pétrole en évitant de ruiner le monde, c’est-à-dire les actionnaires.
SURTOUT ne jamais parler du régime économique (et totalitaire) qui nous a mené à cette situation délirante ni le fait qu’il ne PEUT pas changer la règle d’or du PROFIT donc en trouver un AUTRE.
C’est le seul VRAI blocage.
Le tout électrique nucléaire a raté (qqs catastrophes planétaires en cours dérangent) alors on nous propose l’hydrogène comme vecteur tampon au tout nucléaire a relancer de toute urgence (pour en crever plus vite sinon comment produire l’hydrogène ?).
Mais il faut fermer gaz et pétrole aux gueux, une bonne guerre arrangera tout çà.
[modéré]

27 réactions et commentaires

  • Grd-mère Michelle // 04.04.2023 à 11h10

    Un peu dommage que R.Pollin n’évoque pas aussi la nécessité de résoudre le problème du gigantesque gaspillage d’énergies (humaine, en termes de recherche scientifique et de force de travail, et « fossiles », destinées à l’hyper-production, l’hyper-consommation d’un tas de trucs absolument inutiles et superflus) perpétré quotidiennement, et « pensé » en vue de continuels « grandioses » projets…
    Son analyse et ses propositions sont pertinentes et encourageantes, mais il me semble qu’un rétablissement d’un équilibre planétaire des conditions de la vie ne pourra être réalisé qu’à condition de distinguer les besoins réels, essentiels, des « fantaisies » que les humains se croient permis de s’octroyer.

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    • Olivier // 04.04.2023 à 22h27

      Hélas pour votre plaidoyer d’apparence séduisante, vous oubliez l’essentiel : le propre de l’humain est dans le superflu. L’excès de dons comme l’excès de lui-même. L’homme est fantaisiste par nature, il ne serait se contenter d’un simple pieu dans de l’eau de mer tel une moule. L’homme à un besoin réel de superflu. L’homme a besoin de technologies pharaoniques, d’industries titanesque de l’electronique, de la métallurgie, de l’energie, de l’information et de beaucoup d’autre encore pour clamer son avis a des etrangers dans un lieu transitoire et temporaire qui n’existe pas vraiment (et malgré un coût carbone proprement démentiel). C’est pour cette raison que toutes les tentatives pour promouvoir decroissance et rationnement se solderont par un échec, (et des morts, rappelons qu’un recul de PIB se traduit par un recul de la santé et de l’esperance de vie).

      On ajoutera que la vie est par nature gaspillage et exubérance, le paon en est un excellent exemple. Sinon il n’y aurait que des cailloux. Bonne soirée.

        +5

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      • Didier // 05.04.2023 à 12h16

        Discours tout à fait digne d’un publicitaire. L’humanité s’est passée de «technologies pharaoniques» et d’«industries titanesques» pendant environ deux cent mille ans. La fantaisie peut s’exprimer autrement que par l’accumulation insensée de biens matériels. La santé et l’espérance de vie reculent aussi dans les pays à fort PIB. Et le paon, tout vaniteux qu’il est, n’a jamais détruit tout son écosystème. Bonne journée.

          +5

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        • Olivier // 06.04.2023 à 22h39

          Joli. En vrac :
          – « Pharaonique » aurait du vous mettre la puce a l’oreille, cela fait bien longtemps que la question materielle dépasse les limites du rationalisme moderne, avec ou sans electricité. C’est une question d’imagination et celle-ci ne se décroisse pas sans abimer l’homme.
          – Merci de confirmer ce que je dit : un recul du PIB tue. La décroissance tuera. Elle tue déjà.
          – La paon n’est pas vaniteux, il n’a que faire de la vanité. Vous venez de faire un anthropomorphisme. Il est, point. Il nous dit quelque chose de la nature et de la vie à ceux qui savent entendre.
          – Au regard de ce dernier point, comment interpréter votre regard sur les écosystèmes ? Les espèces interagissent avec leur milieu et modifient plus ou moins leur écosystème pour le rendre favorable (voir les Syntermes dirus, une espèce assez douée pour s’étendre et modifier son habitat, visible depuis l’espace comme les pyramides). J’ajouterais que l’homme génère son propre écosystème : rat, cafard, chat, chien, mammifère et insecte opportunistes, etc. Et enfin, comme l’homme ne peut pas vivre (encore) en dehors de son écosystème, et qu’il vit encore, on peut en conclure que son écosystème n’est pas détruit. La vanité ne serait-elle pas de s’imaginer être capable de le détruire ? L’abimer oui, mais le détruire ? Voila une idée vaniteuse typiquement humaine. En revanche, ce que j’apprécie avec ce terme c’est qu’il renvoie étymologiquement à une construction. Donc un construit, un ouvrage.

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          • Didier // 08.04.2023 à 00h28

            Dans l’ordre :
            – «Pharaonique» m’a bien mis la puce à l’oreille. Vous raisonnez sur un laps de temps d’environ 5000 ans, soit 2,5% de la durée de l’aventure humaine. L’imagination peut s’orienter ailleurs que dans la seule question matérielle – et l’a toujours fait. En outre, il y a une différence entre agir dans un monde encore largement inconnu et perçu comme infini, sans perception nette des conséquences, et agir dans un monde connu et fini, avec une connaissance beaucoup plus précise des enjeux.
            – Je ne confirme rien du tout. Dans un pays à fort PIB comme les USA, l’état général de santé de la population est lamentable, malgré d’innombrables périodes de croissance du PIB. Ce n’est pas une question de croissance, mais de répartition et de choix : de volonté politique, pas de déterminisme économique.
            – Votre remarque sur le paon est aux limites de la cuistrerie. Les figures de style aussi nous disent quelque chose de la vie, pour qui sait les comprendre.
            – Votre dernier argument relève du sophisme pur. Celui qui chute d’un immeuble peut lui aussi se dire, au premier étage, «je ne suis pas mort, donc voila la preuve que je ne tombe pas». Nier la destruction actuelle, archi-documentée, de notre écosystème par l’action humaine relève de la pensée magique, n’en déplaise à vos considérations philologiques.

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            • Olivier // 08.04.2023 à 10h53

              – Votre 1er argument reste HS. Le 2e (ailleurs que dans « la seule »…) n’est qu’une pirouette dans une fausse opposition. Personne ne dit que c’est « la seule ». Mais la restreindre revient à décroître le potentiel de l’homme, donc l’homme lui-même. C’est totalitaire, liberticide. Les totalitarisme s’évertuent à étouffer la « fantaisie » ou à la mettre en élevage intensif. Toujours contre l’homme. L’homme bâtit, accompagne matériellement la mort depuis l’aube (les pyramides, la puce a l’oreille, encore). Derrière votre anthropologie défaillante ce n’est rien de moins que la question de la morale. Quand la connaissances des enjeux : vanité.

              – Si. Analysez la crise grecque de 2008, le recul de son PIB et de l’espérance de vie (idem Corée, Chypre). C’est factuel. La pensée magico-economique du volontarisme n’y peut rien.

              – Vos mots. De même qu’avec les tombes, il semble que le paon et la construction du miroir de la vanité passent sous le radar. Il est significatif qu’il porte cette figure : elle n’a aucun rapport avec le paon. C’est une projection de nous même sur la nature, une illusion. Le paon embêtait énormément Darwin d’ailleurs.

              – Une démonstration tout bête sur l’imprécision des termes. « Qui chute » n’est pas « a terre », « En partie » n’est pas « en totalité », « Abimer » n’est pas « détruire », etc. La « philologie » est cruciale. Ces approximations volontaire de la pensée servent a construire des discours anxiogène pour soutenir des politiques économique. Cela n’a que peu de rapport avec les réalités scientifiques. N’en déplaise aux millénaristes craintifs.

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      • Brigitte // 05.04.2023 à 20h32

        Si l’on admet que la Nature n’a aucun dessein et que l’évolution n’est qu’hasard et nécessité, que gain et perte à l’échelle géologique, ce qui n’est pas évident à concevoir pour beaucoup, alors où peut-on situer l’espèce humaine ? au sommet de l’évolution? oui sans doute donc la chute est proche. Toute espèce qui prolifère trop est vouée à laisser la place à d’autres, plus adaptables, plus frugales. Ce n’est pas l’IA et les eEnR qui vont y changer quelque chose car ce n’est pas de l’adaptation au sens biologique du terme mais du progrès technologique donc de la croissance. Or qui dit croissance dit pénurie différée.
        Le seul espoir serait de s’auto-réguler intelligemment mais ça ne semble pas être l’option choisie. Le changement de sexe, comme chez les poissons et les insectes, la stérilité, sont-elles des tentatives biologiquement programmées, sous couvert de mode? qui sait…mais cela ne suffira pas. Reste le changement climatique, qui, s’il est à la hauteur de nos prévisions, sera efficace. Finalement, c’est peut-être notre seule chance de survie…en tant qu’espèce.

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        • olivier // 06.04.2023 à 23h13

          Si.
          Tout votre raisonnement tiens dans les deux première lettres : si. Je pourrais vous faire la même réponse qu’a Philippe II de Macédoine mais ce serait passer a côté de votre contresens. Il faut d’abord comprendre que la nécessite exclu le hasard. C’est l’un ou l’autre. Pas et. La vie n’était pas nécéssaire, même Jacques Monod le conçoit.

          Le hasard n’est en effet pas concevable pour qui analyse la situation avec sa raison. Le hasard est la plus improbable des réponses d’un point de vue probabiliste : la probabilité mathématique de l’apparition de la vie est pratiquement nulle. Les lois de la nature-scientifiques contredisent la thèse du hasard. Enfin Monod remarque que l’homme n’était pas nécéssaire et qu’il était lui aussi encore plus improbable. Nous aurions gagné a la loterie de l’univers ? Si le hasard aveugle nous a jeté dans les profondeurs du néant alors nous aurions plutôt tiré le mauvais numéro. Le plus improbable est que cela nous soit intelligible.

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      • Grd-mère Michelle // 12.04.2023 à 13h56

        @0livier le 4/4 à 22h27
        [modéré]
        Cette question est bien sûr cruciale… tout comme celle des choix d’ hyper-production en tout genre, qui, dès l’avènement de la « révolution industrielle », ont mené au désastre évoqué dans l’article.

        Ce qui distingue l’être humain des autres animaux et qui caractérise, selon moi, son degré d’évolution, c’est bien sûr sa capacité à dominer ses instincts(à condition qu’il exerce celle de les identifier précisément, de distinguer la part du réel, de l’imaginaire et du symbolique dont son « mental », son « esprit »-amalgame de mots et d’impressions de sensations-est constitué).
        Que nous participions au phénomène de la vie sur terre est indéniable, mais n’oubliez pas que nous avons, de longue date, inventé les mots LIBERTÉ, ÉGALITÉ, SOLIDARITÉ.

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    • RGT // 06.04.2023 à 14h16

      R.Pollin ne se pose pas vraiment LA bonne question, celle qui dérange VRAIMENT. mais qui apportera sans doute la SEULE solution au désastre climatique et environnemental qui ravage cette planète : L’humanité.

      L’humanité est de loin la PIRE ESPÈCE INVASIVE et de loin la PLUS NUISIBLE pour l’environnement qui n’ait jamais existé.

      J’ai vraiment HONTE d’en faire partie et je fais tout mon possible pour AVOIR UN IMPACT LE PLUS RÉDUIT vis à vis du milieu naturel et des autres espèces.

      LA SEULE SOLUTION PÉRENNE pour sauvegarder l’écosystème consiste simplement à supprimer les sources de pollution environnementale et d’émission de gaz à effet de serre.

      la Terre a déjà connu des espèces invasives qui ont détruit leur environnement mais ces espèces n’ont pas eu un impact global car elles n’ont commis leurs méfaits que dans des zones géographiques limitée et se sont éteintes quand elles ont tout détruit, ce qui a permis ensuite à d’autres espèces de se développer…

      L’homme est une espèce invasive qui a étendu son influence sur toute la planète et causera la mort de toutes les autres espèces…

      Il n’y a donc qu’une seule alternative : Que l’espèce humaine s’éteigne AVANT les autres et surtout qu’elle ne réapparaisse JAMAIS…

      Que l’humanité cesse de détruire son environnement est une utopie…

      Tant qu’il existera des humains vivants ils pilleront toutes les ressources disponibles par pure cupidité.
      Les discours de « décroissance » et autres délires concernant les « énergies vertes » n’y changeront rien car si certains font des efforts il permettront aux autres d’avoir encore plus

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      • utopiste pragmatique // 08.04.2023 à 13h16

        La cupidité permanente n’est pas un état naturel. Elle est le produit artificiel de la société de consommation.
        Et il se trouve que si l’humanité veut survivre, elle va devoir y mettre fin, de même qu’au règne des apparences et du mensonge permanent.
        Et le surnombre ne va pas durer non plus. Bon gré, mal gré, la population mondiale va être beaucoup réduite.
        Alors, doucement camarade. Il est inutile de maudire les générations à venir. Et l’aigreur n’est bonne ni pour le cœur, ni pour l’esprit.

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      • Grd-mère Michelle // 11.04.2023 à 14h20

        « La cupidité permanente n’est pas un état naturel. Elle est le produit artificiel de la société de consommation. »
        Oui, et le récent article sur les « Psy-ops » le confirme.
        La manipulation de l’inconscient désir fondamental (de rester en vie le plus longtemps possible et de la reproduire) des êtres humains (comme de tous les êtres vivants) a commencé par l’invention de fables affirmant une « vie après la mort », paradisiaque ou infernale, invention destinée à les contraindre, à les plier aux ordres de « dirigeants » se racontant à eux-mêmes des histoires pour justifier leurs exactions.
        (Voir la sempiternelle collusion des diverses religions avec les successifs pouvoirs politiques/militaires, suivie de la féroce compétition entre elles/eux.
        Dernier « avatar » de cette compétition: le nouvel « évangélisme », forme de protestantisme chrétien qui envahit subrepticement les territoires traditionnellement « guidés » par d’autres religions, quelles qu’elles soient.)
        L’aventure qui s’offre à chacun-e et à tou-te-s, qui peut ré-introduire un minimum d’équilibre et d’apaisement à nos sociétés déboussolées, c’est de se poser les bonnes questions, à commencer par celle-ci: qu’est-ce que je désire faire, moi, de ma courte vie, et de quoi ai-je besoin pour accomplir ce désir?
        Et cette autre, aussi essentielle: qu’est que JE NE VEUX PAS faire, à aucun prix?

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  • vert-de-taire // 04.04.2023 à 11h24

    SUBLIME !

    Pas un instant, ce brillant économiste progressiste ne s’est posé la question de l’économie.
    Elle est si naturelle !
    Les capitaux « doivent » se placer dans les énergies non-fossiles – si simple
    C’est si simple que depuis 1992 (le SOMMET de Rio 30 ANS !!! ) tout a tellement changé que c est presque comme si rien n’avait été fait … bcp de bruit pour rien
    Et depuis les grandes messes continuent à occuper les esprits
    POUR quémander (aux dominants) la fin du pétrole en évitant de ruiner le monde, c’est-à-dire les actionnaires.
    SURTOUT ne jamais parler du régime économique (et totalitaire) qui nous a mené à cette situation délirante ni le fait qu’il ne PEUT pas changer la règle d’or du PROFIT donc en trouver un AUTRE.
    C’est le seul VRAI blocage.
    Le tout électrique nucléaire a raté (qqs catastrophes planétaires en cours dérangent) alors on nous propose l’hydrogène comme vecteur tampon au tout nucléaire a relancer de toute urgence (pour en crever plus vite sinon comment produire l’hydrogène ?).
    Mais il faut fermer gaz et pétrole aux gueux, une bonne guerre arrangera tout çà.
    [modéré]

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    • JPP // 04.04.2023 à 17h42

      La production d’H2 gazeux par hydrolyse a un rendement de seulement 10%
      Produit à partir des hydrocarbures il faut dégazer au moins 7 fois plus de CO2.

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    • alain maronani // 04.04.2023 à 21h34

      L’hydrogène..il faut utilise plus d’énergie pour le produire que ce qu’il peut fournir….c’est utilisé dans le domaine spatial parce qu’il peut-être compressé à de très basses températures.

      C’est très explosif aussi…

      La thermodynamique est une science cruelle…et les carburants fossiles sont difficiles a battre….investissement de 1 joule pour en récupérer 40….

      https://fr.wikipedia.org/wiki/Joule

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  • Didier // 04.04.2023 à 13h40

    La réaction boursière aux positions d’ExxonMobil illustre jusqu’à l’absurdité combien « lémarchés » font preuve d’une inefficience totale pour traiter les problèmes réels.

    Mais bon, un dogme religieux ne se discute pas.

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  • Agargocgai // 04.04.2023 à 13h52

    « La planète va très mal mais il y a des solutions ». Voilà quarante ans qu’on nous sert ce discours. Vu l’état actuel de la planète, il faudrait peut-être changer de message !
    La destruction de la biodiversité et la surpopulation humaine sont des problèmes aussi importants que le réchauffement climatique !
    Rien qu’en France, quand on regarde les déchets et décharges (sauvages ou non) trouvés partout sur le territoire, on comprend vite qu’il y a une inculture écologique chez beaucoup de français.
    Beaucoup de blabla écologique et de greenwashing, peu d’écologie scientifique ! Les nouvelles générations commencent à s’en rendre compte !

      +11

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    • Grd-mère Michelle // 04.04.2023 à 15h18

      « …peu d’écologie scientifique! »
      Là, vous mettez le doigt sur LE problème qui nous empêche de progresser intelligemment.
      Alors que le génie humain (celui qui permet de comprendre en observant intensément), possède des capacités inouïes qui ont permis de surmonter les difficultés inhérentes à la faiblesse et à la petitesse de notre espèce de mammifères, et même de pallier à ses absences d’ailes et de branchies, il est inadmissible que l’ensemble des scientifiques ne soit pas convié (et bien rémunéré) à s’attaquer aux défis auxquels notre négligence et nos ambitions mal-placées nous ont exposé-e-s.
      Car, sans aucun doute(et avec l’aide précieuse des ordinateurs), leurs efforts conjoints pourraient nous proposer des solutions claires et précises, que chacun-e, selon ses capacités, pourrait s’atteler à mettre en œuvre.
      Juste une question de volonté politique…concertée.
      Mais on continue à perdre son temps à se jauger comme des bêtes apeurées, comme si on n’avait pas avancé d’un poil sur le chemin de l’évolution…

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      • Bouddha Vert // 07.04.2023 à 21h34

        Le génie humain… et le génie des vers de terre n’est il pas encore plus spectaculaire, sans genre, sans griffes, sans dents, sans carapace, sans yeux?
        « il est inadmissible que l’ensemble des scientifiques ne soit pas convié Car… leurs efforts conjoints pourraient nous proposer des solutions claires et précises, que chacun-e, selon ses capacités, pourrait s’atteler à mettre en œuvre. »
        Conviés par qui? le maître ou la maîtresse du monde?
        Des solutions claires et précises mais à quel problème?

        Ah si ça allait moins mal, on s’en porterait tous bien mieux, non?

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        • Grd-mère Michelle // 11.04.2023 à 15h14

          L’ensemble des scientifiques, convié par qui? Mais par les représentant-e-s des peuples, chacun-e en fonction des compétences(provisoires) qui leur sont accordées et des particularités (géographiques, géologiques, hydrologiques, etc…) des régions dont ils/elles ont la responsabilité, sans toutefois perdre de vue les besoins essentiels des autres régions, proches ou lointaines(toutes différentes, toutes interdépendantes, car les « systèmes » physiques n’ont que faire des frontières!).
          Une entente cordiale de l’immense masse des peuples de la terre, déterminés par la volonté de préserver leur biotope commun, et de ne plus « se laisser faire » par des « dirigeant-e-s » halluciné-e-s qui n’ont pas d’autre objectif que de diviser pour régner.

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    • ouvrierpcf // 07.04.2023 à 19h22

      Les nouvelles générations commencent à s’en rendre compte ah bon ? Avec leur i phone ? Leur pc ! Leur trotinette électrique ? Leur vélo électrique ? Leurs séjours linguistiques en Australie ? Au Texas ? Leur télé travail leur i conférence ? Enfin tout cela ne produit donc aucun kilo carbone non non !! Je me marre

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  • alain maronani // 04.04.2023 à 14h10

    Quand on sait que la totalité des énergies dites vertes n’ont servi qu’a contribuer a L’AUGMENTATION de la consommation énergétique mondiale et que 900 centrales destinées à la production de l’électricité à partir du charbon vont venir au monde on lit avec détachement les pronostics…

    Je regardais un reportage intéressant sur l’Inde et l’Himalaya ou des pans entiers de montagne s’écroulent, l’Inde un pays dont plus de 60 % de l’électricité produite l’est à partir du charbon…la Chine est dans une situation identique et les USA pas loin derrière.

    Par habitant les 2 pays les plus énergivores sont l’Australie et le Canada tous les 2 des pays dont les intérêts miniers de par le monde sont considérables.

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    • ouvrierpcf // 07.04.2023 à 19h35

      Lorsque Maurice Thorez participa à la nationalisation des charbonnages de France par la création des Houillères nationales di Nord PAS de Calais HBNPC il ordonna en prei en premier la création d’un centre de recherche Pour pour par exemple créer la première brique fabriquée à partir des de hets miniers des terrils montagne des déchets Pour inventer une nouvelle source d’énergie issue du gaz grisou Lors de la fermeture des HBNPC la première exploitation qui fut feri fut le centre de recherches de Mazingarbe Les Australiens racheterent le brevet grisou qu ils revenderent aux …. USA qui nous revendent leur soit disant gaz de schistes cherchez l’erreur

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  • Brigitte // 05.04.2023 à 09h39

    Les EnRe (électriques) sont le pivot de la transition énergétique = révolution industrielle = nouvelle économie. Sans changer de paradigme économique, cela va nous mener à toujours plus de pollution, de pénurie, d’injustice et de CO2.
    Bien sur qu’il faut changer de mix énergétique mais il faut le faire dans un contexte national. Or, le pilotage dictatorial de l’UE va une fois de plus, à l’encontre des intérêts de la France.
    Les pays dont l’électricité dépend du thermique (gaz, charbon) comme la plupart des pays de l’UE dont l’Allemagne, peuvent faire baisser (un peu) leur bilan carbone avec des EnRe puisque ça se déduit du thermique très carboné. En France, le nucléaire étant déjà décarboné, se lancer dans les EnRe tête baissé n’a aucun sens. Il vaut mieux réfléchir sur le moyen terme et innover avec des énergies décarbonées et vraiment renouvelables, comme la biomasse.
    Seulement voilà, la financiarisation de l’économie veut de la rentabilité à court-terme et l’état sert de tremplin donc nous… qui payons !!!

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    • alain maronani // 05.04.2023 à 20h27

      Rien a voir avec l’UE..c’est un contexte MONDIAL…il y a une competition INTENSE sur les prix de fabrication, etc..le premier qui baisse sa garde est mort.

      La biomasse ne fait pas fonctionner un pays industrialise.

      Vous ne POUVEZ pas changer si les AUTRES ne le font pas. Sans accord international contraignant RIEN ne se passera, une verite cruelle.

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  • pepe // 05.04.2023 à 20h28

    Ce qui est absolument terrible chez la plupart des économistes et qui abasourdi tous les experts en énergie que j’ai pu écouter ou lire, notamment Vaclav Smil qui est probablement après 30 ouvrages de référence un de types les plus pertinents sur ces domaines; c’est que ces énocomistes ou autres politiques ne comprennent absolument pas le sujet, vraiment.
    C’est absolument terrifiant de voir que nos élites ne pannent rien de rien au sujet: le rendement énergétique des renouvelables solaires et éoliens est absolument catastrophiques car nous ne savons pas absolument pas construire une grille électrique qui supporterait des pertes massives de production de courant car il n’y a pas de vents ou de soleil: IL FAUT DES BACKUPS PILOTABLES pour éviter d’effondrer le système électrique et il n’y en a pas 36, c’est soit du fossile, soit du nucléaire.

    De base de toute façon il suffit de voir les métriques de production des éoliennes; au mieux pour 100 de puissance installée vous avez 20 de puissance délivrée et il faut un backup pilotable qui est capable de remplacer intégralement l’absence de production quand il n’y a pas de vent, on est obligé d’installer quasiment 100 d’éolien + 20 de nucléaire ou autre pilotable.

    C’est un gachis de resources absolument phénoménal et en plus l’intensité en matériaux des renouvelables qui est jusqu’a N fois plus intense par Kilo Watt Heure. Et il faut recommencer tous les 20 ans …

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